Dessein : définition de dessein


Dessein : définition du Wiktionnaire

Nom commun

dessein \de.sɛ̃\ ou \dɛ.sɛ̃\ masculin

  1. Intention d’exécuter quelque chose, projet.
    • Mais mon dessein n’est pas de faire un gros livre, et je tâche plutôt de comprendre beaucoup en peu de mots, comme on jugera peut-être que j’ai fait, […] — (René Descartes, La Géométrie, texte modernisé de l’édition Victor Cousin)
    • Le dessein de Dieu est plus de perfectionner la volonté que l’esprit. — (Blaise Pascal, Pensées)
    • Pauvres chagrins d’amour ! que vous êtes étranges ! et comme vos desseins sont impénétrables ! — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 111.)
    • Or le dessein de Leontidas estoit de m’élever jusques en l’aage de me marier, et puis de me donner à l’un de ses neveux qu’il avoit esleu pour son héritier, n’ayant jamais peu avoir des enfans. — (Honoré d’Urfé, L’Astrée)
    • […], Thrasybule, bien informé de tout, et qui n’ignorait point les desseins d’Alyattes, s’avisa de cette ruse : […]. — (Hérodote, Histoire, traduction Larcher, Paris, Charpentier, 1850)
    • Au début de son pontificat, il s’était, il est vrai, montré bienveillant, moins par générosité naturelle, que dans le dessein de favoriser la conversion des juifs. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Elle était couchée auprès de moi. Elle se retourna sans aucun dessein de me proposer une posture ; […]. — (Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IV)
  2. Projet, plan d’un ouvrage.
    • Le dessein d’un poème, d’une tragédie, d’un tableau.
  3. Conception d’une œuvre à réaliser avec un objectif donné.
    • Le dessein du Créateur.
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Dessein : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DESSEIN. n. m.
Intention d'exécuter quelque chose. Concevoir un dessein. Former un dessein. Faire dessein de. Avoir des desseins. Avoir dessein de voyager. Changer de dessein. Cacher son dessein. Exécuter son dessein. Accomplir ses desseins. Il le fit servir à ses desseins. Être l'instrument des desseins de quelqu'un. Prévenir, renverser, traverser, ruiner les desseins de quelqu'un. Découvrir, pénétrer, éventer le dessein des ennemis. Il y est allé de dessein prémédité, de dessein formé. Il ne va pas là sans dessein. Il est dans le dessein de faire telle chose. Il était parti dans le dessein, avec le dessein d'aller vous voir. Les desseins de la Providence, Ses arrêts. Il signifie aussi Projet, plan d'un ouvrage. Le dessein d'un poème, d'une tragédie, d'un tableau.

À DESSEIN, loc. adv. Exprès, avec intention. Je l'ai fait à dessein.

À DESSEIN DE, loc. prép. En vue de, dans l'intention de. Il va chez lui à dessein de le faire changer de résolution, à dessein de lui parler.

Dessein : définition du Littré (1872-1877)

DESSEIN (dè-sin ; l'n se lie dans le parler soutenu : un dè-sin-n habile ; au pluriel, l's se lie : des dè-sin-z habiles) s. m.
  • 1Mode déterminé d'après lequel on conçoit quelque chose, plan. Le dessein de ce poëme est très heureux. Quiconque connaîtra l'homme verra que c'est un ouvrage de grand dessein qui ne pouvait être ni conçu ni exécuté que par une sagesse profonde, Bossuet, Connaiss. IV, 1. Après avoir expliqué le dessein de cet ouvrage, Bossuet, Hist. Préf. Pour recueillir tout mon dessein et tout le caractère de saint Charles en peu de mots, Fléchier, Panég. II, p. 282.
  • 2Ensemble de combinaisons pour obtenir un résultat. Si le roi de Suède s'est jeté dans le péril plus avant que ne devait un homme de ses desseins et de sa condition, Voiture, Lettre 74. Vous savez les desseins de tout ce que j'ai fait, Corneille, Héracl. II, 3. Elle [Sémiramis] soutint les vastes desseins de son mari, Bossuet, Hist. III, 4. Peut-être, au défaut de la fortune, les qualités de l'esprit, les grands desseins, les vastes pensées pourront nous distinguer du reste des hommes, Bossuet, Duch. d'Orl. Qui peut de vos desseins révéler le mystère, Sinon quelques amis engagés à se taire ? Racine, Baj. IV, 7.

    Dessein sur, vue sur l'avenir de quelque personne ou de quelque chose. Les desseins qu'il a sur son peuple, Bossuet, Hist. II, 1. Il ne leur prédit que les desseins de Dieu sur eux, Massillon, Car. Voc. Ainsi le Seigneur dans ses desseins de miséricorde sur vous…, Massillon, ib. Accomplir les desseins éternels de la Providence sur les justes, Massillon, Car. Mélange. Et comment connaîtrez-vous les desseins de Dieu sur votre destinée ? Massillon, Car. Voc. Il faut que vous soyez instruit, même avant tous, Des grands desseins de Dieu sur son peuple et sur vous ? Racine, Athal. IV, 2.

    Avoir des desseins sur, former des entreprises pour gagner, pour attaquer, etc. Ils ne cesseront de faire de nouveaux desseins sur…, Bossuet, Hist. I, 8. Ces Grecs ont craint que nous n'eussions des desseins sur leur liberté, Fénelon, Tél. X.

    Avoir dessein pour ou sur une femme, songer à gagner son cœur, à en faire sa maîtresse. Villarceau, en parlant au roi d'une charge pour son fils, prit habilement l'occasion de lui dire qu'il y avait des gens qui se mêlaient de dire à sa nièce que Sa Majesté avait quelque dessein pour elle, Sévigné, 106. Pour cacher les desseins qu'il avait sur Mme de Senantes, Hamilton, Gramm. 4.

    Il se dit aussi des projets d'une femme pour gagner le cœur d'un homme. Avant que la Vallière eût aucun dessein sur le cœur du roi, Voltaire, Louis XIV, 25.

    Dans le même sens, mais archaïquement. Toutes basses amours sont pour vous trop petites ; Ayez dessein aux dieux, Régnier, Sat. XII. Tous deux ont eu dessein dessus ma liberté, Rotrou, Vencesl. IV, 6.

    Dessein contre, plan formé contre. Peut-elle contre vous former quelque dessein ? Racine, Phèd. I, 1.

  • 3Détermination à quelque chose. Il est parti dans le dessein de faire telle chose. Lors était tout mon dessein Du jeu d'amour et de la table, Régnier, Stances rel. Je pense qu'en me dissuadant de ce dessein et en ayant peur pour moi, on a eu peur de moi aussi, Voiture, Lett. 28. Je suis venu à bout, Dieu merci, de mon dessein, Voiture, Lett. 42. Dans un si grand dessein rien n'est à négliger, Corneille, Sertor. II, 2. Je forme un beau dessein que son amour m'inspire, Corneille, Rodog. II, 4. Arrache-lui du cœur ce dessein de mourir, Corneille, Cinna, III, 5. Que direz-vous, madame, Du dessein téméraire où s'échappe mon âme ? Corneille, Sertor. II, 2. Si vous aviez dessein d'attaquer cette place, Corneille, Nicom. I, 3. Vous avez bien vu que j'ai fait mes efforts Pour rompre son dessein et calmer ses transports, Molière, Tart. IV, 5. Le ciel parfois seconde un dessein téméraire, Molière, Dép. amour. III, 1. Il forma le dessein de le perdre, Pascal, Prov. 2. En suite de tant d'occasions si surprenantes on a pris le dessein d'examiner leurs livres pour en faire le jugement, Pascal, Prov. 3. Il [Pépin] sut la soutenir [la puissance] par un grand mérite et prit le dessein de s'élever à la royauté, Bossuet, Hist. I, 11. Antiochus conçut le dessein de perdre ce peuple, Bossuet, ib. II, 5. Voulez-vous qu'un dessein si beau, si généreux…, Racine, Androm. I, 4. Dans ce dessein vous-même il faut me soutenir, Racine, Mithr. II, 6. Le dessein en est pris, je pars, cher Théramène, Racine, Phèd. I, 1. Rien ne me retient plus, et je puis dès ce jour Accomplir un dessein qu'a formé mon amour, Racine, Baj. II, 1. Ma mère a ses desseins, madame, et j'ai les miens, Racine, Brit. II, 3. On ne sait point d'où part ce dessein furieux, Racine, Phèd. V, 5. Je médite un dessein digne de mon courage, Racine, Mithr. II, 2. Gardez qu'avant le coup votre dessein n'éclate, Racine, Androm. III, 1. Protésilas est entré dans le dessein de Philoclès, Fénelon, Tél. XII. Qui change ses desseins découvre sa faiblesse, Voltaire, M. de César, III, 5. Lanterne en main, dans l'Athènes moderne Chercher un homme est un dessein fort beau, Béranger, Nouv. Diog.

    Bon dessein, c'est-à-dire bonnes intentions. Non que je désapprouvasse les lois, qui, pour remédier à l'inconstance des esprits faibles, permettent, lorsqu'on a quelque bon dessein, qu'on fasse des vœux ou des contrats qui obligent à y persévérer, Descartes, Méth. III, 2. Ils ont regret du passé et bon dessein pour l'avenir, Pascal, Prov. 10.

    Faire dessein, avoir l'intention de… Ayant fait dessein de ruiner ma foi…, Malherbe, V, 6. Il n'y a point d'apparence qu'un particulier fît dessein de réformer un État, en y changeant tout dès le fondement et en le renversant pour le redresser, Descartes, Méth. II, 2. Depuis que j'ai fait dessein de douter de toutes choses…, Descartes, Médit. 4. Si tu faisais dessein de m'éblouir les yeux…, Corneille, Héracl. I, 2. Je te promets, marquis, qu'il fait dessein d'aller sur le théâtre rire avec tous les autres, Molière, Impromptu, 3.

  • 4 Absolument. Intention arrêtée, vues arrêtées. Il y a là du dessein. Vous avez du dessein, de la prudence, Sévigné, 432. Plus ces historiens font voir de dessein dans les conquêtes de Rome, plus ils y montrent d'injustice, Bossuet, Hist. III, 6. Le peuple agit par sa fougue et non par ses desseins, Montesquieu, Espr. II, 3.
  • 5Sans dessein, sans intention. Ce qu'elle en a fait a été sans dessein, Molière, Sicil. 16. Il marche sans dessein, ses yeux mal assurés N'osent lever au ciel leurs regards égarés, Racine, Brit. V, 8.

    À bon dessein, à bonne intention. Toutefois cela peut avoir été fait à bon dessein, Voiture, Lett. 42. Pour lui avoir coupé le bord de sa robe, quoique ce fût à bon dessein, Bossuet, Polit.

    De dessein formé, de propos délibéré. être mauvais plaisant de dessein formé, Molière, Critique, sc. 1. Qui, bien loin d'être touchés de la perte d'une âme, affectent d'y contribuer positivement, y travaillant de dessein formé…, Bourdaloue, Sur le scandale, 1er Avent, p. 101.

  • 6À ce dessein, dans cette intention, à cet effet. Attale à ce dessein entreprend sa maîtresse, Corneille, Nicom, I, 5. Mais elle-même vient ; hélas ! à quel dessein ? Corneille, Théod. V, 3.

    La locution à ce dessein peut très bien et très correctement remplacer la mauvaise locution dans ce but, qui s'écrit et se dit si souvent.

  • 7À dessein, loc. adverb. Avec une intention toute particulière. Il a été incivil à dessein. À dessein d'éblouir le roi, Rome et la cour, Corneille, Nicom. I, 5. C'était donc à dessein qu'elle cachait ses yeux Comme rouges de honte en sortant de ces lieux, Corneille, Théodore, IV, 6. C'est peut-être à dessein de vous entretenir, Racine, Brit. IV, 1. Orcan, qui me dictait ce cruel stratagème, La servait à dessein de la perdre elle-mème, Racine, Bajaz. V, 11.

    À dessein que, avec le subjonctif. Cela a été dit à dessein que vous en fissiez votre profit. Mais il n'est arrivé ce dessein qui me tue, Qu'à dessein que ta gloire en prenne plus d'éclat, Corneille, Imitation, III, 29.

REMARQUE

1. Voltaire, sur ce vers d'Héraclius, II, 7 : Quel dessein faisiez-vous sur cet aveugle inceste ? remarque qu'on ne dit pas faire des desseins, mais faire des projets. Toutefois Corneille a encore ailleurs cette locution : J'avais fait ce dessein avant que de l'aimer, Corneille, Cinna, V, 2. Bossuet aussi a dit faire des desseins, dans le sens d'entreprendre contre. Ces raisons font croire que le scrupule de Voltaire n'est pas fondé.

2. On a reproché à Racine d'avoir dit achever un dessein : Et ne le forçons pas par ce cruel mépris D'achever un dessein qu'il peut n'avoir pas pris, Racine, Alex. I, 3. ; attendu, dit d'Olivet, qu'un dessein, un projet n'est pas une chose commencée.

SYNONYME

DESSEIN, PROJET. Ces deux mots expriment une détermination de faire quelque chose. Le dessein est ce qu'on dessine ou désigne d'avance (car dessiner et désigner sont deux mots identiques) ; le projet est ce qu'on jette en avant. Dessein exprime donc quelque chose de plus arrêté que projet.

HISTORIQUE

XVIe s. Et si n'estoit point l'apprest qu'il faisoit, moindre ne moins suffisant que requeroit le desseing de son entreprise, Amyot, Démétr. 60. Son desseing [le but de la philosophie] est de chercher la verité, Montaigne, II, 230. Projecter le desseing [plan] d'un livre, Montaigne, IV, 220. Un tas de gens, interpretes et contreroolleurs ordinaires des desseings de Dieu, faisants estat de trouver les causes de chaque accident, Montaigne, I, 248.

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Dessein : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

DESSEIN, s. m. terme de l’art de Peinture. Le mot dessein regardé comme terme de l’art de Peinture, fait entendre deux choses : il signifie en premier lieu la production qu’un artiste met au jour avec le secours du crayon ou de la plume. Dans une signification plus générale dont cette premiere dérive sans doute, il veut dire l’art d’imiter par les traits les formes que les objets présentent à nos yeux.

C’est dans ce dernier sens qu’on employe le mot dessein, lorsqu’on dit que le dessein est une des parties essentielles de la Peinture. Il s’est élevé des disputes assez vives, dans lesquelles il s’agissoit d’établir des rangs & une subordination entre le dessein & la couleur. On jugera facilement que ceux qui étoient plus sensibles aux beautés du coloris qu’à celles du dessein, ou qui étoient amis d’un peintre coloriste, donnoient la preférence à cette partie brillante de l’art de peindre ; tandis que ceux qui étoient affectés différemment, ou qui croyoient les habiles dessinateurs compromis, soûtenoient le parti contraire. Que pouvoit-il arriver de-là ? ce qui résulte ordinairement des discussions que la partialité produit ; elles n’ont aucune solidité ; elles ne contribuent point à la perfection des Arts, ni à ce bien général que tout homme, qui fait usage de son esprit, devroit avoir en vûe ; elles ne méritent d’être citées que comme des abus de l’esprit. L’imitation générale de la nature, qui est le but de la Peinture, consiste dans l’imitation de la forme des corps, & dans celle de leurs couleurs. Vouloir décider lequel du dessein ou de la couleur est le plus essentiel à l’art de peindre, c’est vouloir déterminer lequel de l’ame ou du corps de l’homme contribue plus à son existence.

Pour parvenir à bien dessiner, il faut avoir de la justesse dans les organes qu’on y employe, & les former par l’habitude, c’est-à-dire en dessinant très fréquemment.

C’est par le dessein qu’on commence à s’initier dans les mysteres de la Peinture ; & ceux qui s’y dévoüent, consacrent pour en acquérir la connoissance, l’âge dans lequel la main docile se prête plus aisément à la souplesse qu’exige ce genre de travail. L’usage a en quelque façon prescrit une méthode qu’il est bon de faire connoître. C’est celle que prennent les jeunes éleves lorsque d’habiles maîtres daignent diriger leurs premiers pas, & qu’ils suivent en continuant leurs études à l’académie royale de Peinture, lorsqu’ils ont mérité d’être admis à son école.

Les premiers essais se bornent ordinairement à tracer des lignes paralleles en tous sens, pour apprendre à faire usage d’un crayon de sanguine qu’on enchâsse dans un porte-crayon. Ce porte-crayon, long d’environ un demi-pié, est un tuyau de cuivre, du diametre d’une grosse plume ; il est fendu par les deux bouts de la longueur d’un pouce & demi, pour qu’il puisse se preter aux différentes grosseurs des crayons qu’on y adapte, & qu’on y fait tenir en faisant glisser deux petits anneaux qui resserrent chaque bout du porte-crayon, & qui contiennent, par ce moyen, le petit morceau de pierre rouge qu’on y a inséré. On aiguise cette pierre avec un canif, & l’on tient le porte-crayon, comme on tient une plume ; à cela près que les doigts sont placés vers le milieu, au lieu que l’on tient la plume presqu’à son extrémité. De plus, comme les traits qu’on doit former ont des dimensions plus grandes que celles qui constituent les lettres de l’écriture ; on ne doit pas se borner à ce que peut donner d’étendue au crayon le développement des jointures des doigts, en supposant le poignet arrêté ; mais il faut que le poignet devenu mobile glisse lui-même sur le papier, & parcoure en se portant d’un côté & d’autre, sans roideur, l’étendue des traits que l’on se propose de former. Cette façon de dessiner est d’autant plus essentielle que l’on doit avoir grand soin de commencer par copier des desseins, dont la grandeur des parties développe la main.

Les premiers desseins qu’on imite sont ordinairement ceux qu’un habile maître a faits lui-même d’après la nature. On dessine chaque partie du corps en particulier avant d’en dessiner un entier ; & l’on dessine ces parties fort grandes, afin d’en connoître mieux les détails. Après avoir étudié le développement de chaque partie de la tête, par exemple, on en forme un ensemble, c’est-à-dire qu’on assigne à ces parties leur juste place & leur proportion dans une tête entiere. On la dessine dans différens points de vûes, afin de connoître les changemens qui arrivent dans les formes lorsqu’on regarde la tête de face, de trois quarts de face, de profil, ou lorsqu’on la voit par en-haut, ou par-dessous : ensuite on fait la même étude sur les autres membres. Les piés & les mains (quelquefois trop négligés dans ces premieres études) ajoûtent beaucoup de grace & d’expression, si l’on sait les dessiner avec force, avec élégance, & sur-tout si on les rend avec vérité. S’est-on suffisamment exercé à dessiner les parties détaillées ? on entreprend une figure entiere, & c’est cette sorte de figure ou d’étude qu’on nomme académie.

C’est dans ces premiers essais que pour se former une idée plus précise, plus juste, & plus profonde des formes, il seroit à souhaiter que les jeunes gens dessinassent l’ostéologie du corps humain d’après de bons anatomistes, ou encore mieux d’après la nature même. Ce sont les os qui décident en partie les formes extérieures ; & lorsqu’on connoît bien la structure des os, leurs emmanchemens, la façon dont ils se meuvent, on est bien plus sûr de leur assigner leur place & leur proportion. L’étude des muscles qui les font agir, & dont la plûpart sont extérieurs, est une suite de cette observation. J’en rappellerai encore l’application en parlant bien-tôt du dessein qu’on fait d’après le modele.

Il y a trop de différence entre copier sur une surface plate ce qui est tracé sur une surface semblable, ou dessiner sur cette même surface ce qu’on voit de relief, pour qu’on puisse passer tout d’un coup de la façon de dessiner que l’on vient de décrire à celle avec laquelle on dessine d’après la nature. On a trouvé un milieu qui aide à passer de l’un à l’autre, & c’est ce qu’on appelle dessiner d’après la bosse. La bosse n’est autre chose qu’un objet modelé en terre, ou jetté en moule, ou taillé en plâtre d’après nature ; ou bien c’est une statue de marbre, de bronze, &c. ou un bas-relief. Ces objets qui ont la même rondeur que la nature, sont privés de mouvement ; & l’éleve, en se tenant bien juste dans le même point de vûe, voit toûjours sa figure sous le même aspect, au lieu que le moindre mouvement involontaire & presqu’insensible dans le modele vivant embarrasse le jeune artiste en lui présentant souvent des surfaces nouvelles & des effets de lumiere différens.

Il faut au reste faire un usage modéré de cette étude de la bosse : un jeune homme qui n’en connoît point encore le danger, y puiseroit peut-être un goût sec & froid, dont il pourroit se faire une habitude. L’usage trop fréquent de la bosse est aussi dangereux pour ceux qui veulent bien dessiner la figure, que le secours du manequin (lorsqu’on en abuse) l’est pour ceux qui veulent bien drapper : il faut donc que l’éleve passe le plûtôt qu’il lui sera possible à l’étude de la nature, alors il recommencera à étudier suivant l’ordre qu’il a déjà suivi. Il dessinera chaque partie sur la nature même ; il la comparera avec les premiers desseins de ses maîtres, & même avec la bosse, pour mieux sentir la perfection que la nature offre à ses yeux. Il mettra ensemble une tête ; il la considérera sous divers aspects ; l’imitera dans tous les sens : ensuite allant par degrés, & se fixant à chaque partie, il parviendra enfin à dessiner une figure entiere. C’est alors que les réflexions sur l’Anatomie lui deviennent encore plus nécessaires : il est tems de comparer la charpente avec l’édifice ; de voir l’un auprès de l’autre les os, & l’apparence extérieure de ces os, les muscles à découvert, & les effets de ces muscles, tels qu’ils paroissent sur le modele, en le mettant dans différentes attitudes. Ces images rapprochées, comparées, resteront à jamais dans la mémoire, & seront une base solide sur laquelle s’appuiera la science du dessein.

Lorsque l’artiste est parvenu à bien dessiner une figure nue, il pourra la drapper ; ensuite la joindre avec une autre, ce qui s’appelle groupper : mais il faut sur-tout qu’il répete cet exercice long-tems pour acquérir de la réputation, & long-tems encore pour ne la pas perdre après l’avoir acquise. C’est cet usage de dessiner continuellement la nature, qui donne & qui conserve à un artiste ce goût de vérité qui touche & intéresse machinalement les spectateurs les moins instruits. Le nombre des parties du corps humain, & la variété que leur donnent les divers mouvemens, forment des combinaisons trop étendues pour que l’imagination ou la mémoire puisse les conserver & se les représenter toutes. Quand cela seroit possible, les autres parties de la Peinture y apporteroient de nouveaux obstacles. Comme les parties de cet art sont moitié théoriques & moitié pratiques, il faut que la réflexion & le raisonnement servent principalement pour acquérir les premieres, & que l’habitude réitérée aide à renouveller continuellement les autres.

On vient de regarder jusqu’ici le dessein comme ayant pour but d’imiter les contours & les formes du corps humain, parce que c’est en effet dans l’art de peinture son objet le plus noble, le plus difficile, & que celui qui le remplit se trouve avoir acquis une facilité extrème à imiter les autres objets ; cependant quelques-uns de ces autres objets demandent une attention singuliere.

Les animaux veulent un soin particulier pour être dessinés correctement, & avec la grace & le caractere qui est propre à chacun d’eux ; ce sont des êtres animés sujets à des passions, & capables de mouvemens variés à l’infini : leurs parties different des nôtres dans les formes, dans les jointures, dans les emmanchemens. Il est nécessaire qu’un peintre fasse sur-tout des études d’après les animaux qui se trouvent plus liés avec les actions ordinaires des hommes, ou avec les sujets qu’il a dessein de traiter. Rien de plus ordinaire aux peintres d’histoire que l’obligation de représenter des chevaux ; on trouve cependant assez souvent à desirer sur ce point dans leurs plus beaux ouvrages. Il est à souhaiter que les jeunes artistes apprennent à en connoître bien l’anatomie ; ensuite des réflexions sur les mouvemens des parties qui les composent, leur fourniront assez de lumieres pour ne pas blesser la vraissemblance, & pour ne pas donner lieu de détourner par une critique légere l’attention qu’on doit au sujet qu’ils traitent.

Le paysage est encore une partie essentielle de l’art de dessiner. La liberté que donnent ses formes indéterminées, pourroit faire croire que l’étude de la nature seroit moins nécessaire pour cette partie ; cependant il est si facile de distinguer dans un dessein & dans un tableau un sit pris sur la nature de celui qui est composé d’imagination, qu’on ne peut douter du degré de perfection qu’ajoûte cette vérité qui se fait si bien sentir ; d’ailleurs quelqu’imagination qu’ait un artiste, il est difficile qu’il ne se repete, s’il n’a recours à la nature, cette source inépuisable de variété.

Les draperies, les fleurs, les fruits, tout enfin doit être dessiné, autant qu’on le peut, sur le naturel.

On se sert de differens moyens pour dessiner, qui sont tous bons quand ils remplissent l’objet qu’on s’est proposé. On dessine avec la sanguine, avec la pierre noire, avec la mine de plomb, avec la plume & l’encre de Chine. On se sert pour ombrer du pinceau & de l’estompe : on fait ainsi des desseins plus ou moins rendus, plus ou moins agréables, sur les fonds qu’on croit plus propres à son objet. Les pastels, même de différentes couleurs, servent à indiquer les tons qu’on a remarqués dans la nature. Enfin, l’art de dessiner embrasse une infinité de parties qui seront détaillées dans les articles & sous les noms qui pourront les rappeller ; tels sont l’effet des muscles, la pondération des corps, la justesse de l’action, la proportion des parties, le trait, les passions, les groupes : de même au mot Esquisse nous étendrons davantage ce que nous avons indiqué au commencement de cet article, sur les desseins regardés comme la premiere pensée des artistes. Cet article est de M. Watelet, receveur général des finances, & honoraire de l’académie royale de Peinture.

Dessein, est, en Musique, l’invention du sujet, la disposition de chaque partie, & l’ordonnance du tout.

Ce n’est pas assez que de faire de beaux chants & une bonne harmonie ; il faut lier tout cela à un sujet principal, auquel se rapportent toutes ces parties de l’ouvrage, & par lequel il soit un.

Cette unité doit se montrer dans le chant, dans le mouvement, dans le caractere, dans l’harmonie, dans la modulation. Il faut que tout cela se rapporte à une idée générale qui le réunisse : la difficulté est d’associer ces préceptes avec la variété, sans laquelle tout devient ennuyeux. Sans doute le musicien, aussi-bien que le poëte & le peintre, peut tout oser en faveur de cette variété charmante, pourvû que sous prétexte de contraster, on ne nous donne pas pour des ouvrages bien dessinés des musiques toutes hachées & cousues de petits morceaux étranglés, & de caracteres si opposés que l’assemblage en fasse un tout monstrueux :

Non ut placidis coeant immitia, non at
Serpentes avibus geminentur, tigribus agni
.

C’est donc dans une distribution bien entendue, dans une juste proportion entre toutes les parties, & dans une sage combinaison des differens préceptes, que consiste la perfection du dessein ; & c’est en cette partie que les Musiciens Italiens ont souvent montré leur goût.

Ce que je dis du dessein général d’un ouvrage ; s’applique aussi en particulier à chaque morceau qui le compose ; ainsi l’on dessine un chœur, une ariette, un duo : pour cela, après avoir imaginé son sujet, on le distribue selon les regles d’une bonne modulation, & selon la modulation convenable, dans toutes les parties où il doit être entendu, avec une telle proportion qu’il ne s’efface point de l’esprit des auditeurs, & qu’il ne se représente pourtant jamais à leur oreille qu’avec les graces de la nouveauté ; c’est une faute de dessein de laisser oublier son sujet ; mais c’en est une plus grande de le poursuivre jusqu’à l’ennui. (S)

Dessein, en Architecture, est une représentation géométrale ou perspective sur le papier, de ce qu’on a projetté.

Dessein an trait, est celui qui est tracé au crayon ou à l’encre, sans aucune ombre.

Dessein lavé, est celui où les ombres sont marquées avec l’encre de la Chine.

Dessein arrêté, est celui qui est cotté pour l’exécution, & sur lequel a été fait le marché signé de l’entrepreneur & du propriétaire.

Le dessein peut être regardé comme le talent le plus essentiel à l’architecte ; c’est par son secours qu’on peut se rendre compte des formes qu’il convient de donner à chaque partie du bâtiment, relativement aux principes de la convenance. Sans le dessein, le génie le plus fécond & le plus ingénieux se trouve arrêté dans ses productions, & la nécessité dans laquelle se trouve le meilleur architecte d’ailleurs d’avoir recours à une main étrangere pour exprimer ses idées, ne sert souvent au contraire qu’à les énerver & produire un composé de parties estimables en elles-mêmes, mais qui faute d’être dessinées par l’architecte, ne produisent dans un bâtiment qu’un ensemble mal assorti.

Le dessein n’intéresse pas seulement l’architecte ; car sous ce nom on comprend en général la figure, l’ornement, l’architecture civile & militaire ; par cette raison on ne croit pas trop avancer de dire qu’il devroit entrer dans le plan de toute éducation ; chez les hommes du premier ordre, pour acquérir du goût, dont le dessein est l’ame ; chez les hommes bien nés pour leurs usages personnels, & chez les artisans pour avancer & se distinguer plus rapidement dans leur profession. Voyez un des discours que j’ai prononcé dans mes leçons publiques, sur la maniere de parvenir à l’étude des Sciences & des Arts, imprimé en 1748 chez Mariette. (P)

Desseins pour faire ornemens ou sur fleurs naturelles, comme sur des roses, giroflées, ou autres fleurs. Prenez du sel armoniac & le broyez avec du vinaigre & un peu de sucre-candi, & le gardez en un petit vaisseau de terre : puis prenez la fleur que vous voudrez enjoliver, & attachez-en les feuilles artistement l’une sur l’autre avec un peu de cire rouge afin qu’elles soient plates ; ensuite, avec un pinceau que vous tremperez dans la liqueur susdite, faites dessus telles armes, cœur enflammé, chiffres, ou autres choses à votre volonté, & laissez secher cela environ une ou deux heures, après quoi posez dessus or ou argent en feuilles, le pressant légerement avec du coton ; ce qui ne sera point attaché s’en ira, & l’ouvrage restera net & beau sur la fleur, dont vous ôterez adroitement la cire rouge que vous y aurez mis.

* Dessein, terme de Gasier, ce sont les figures dont l’ouvrier enrichit son étoffe, & qu’il copie d’après le peintre.

Quand on travaille des gases brochées, il faut, avant que d’avoir lancé le premier coup de navette, que le dessein soit représenté sur les fils de la chaîne, non pas à la vérité avec des couleurs, mais avec une quantité prodigieuse de petites ficelles, qui pouvant lever les fils de la chaîne à mesure qu’on en a besoin, indiquent au fabriquant quelle espece de soie il doit y mettre avec l’espoulin. Cette maniere de préparer l’ouvrage s’appelle lire un dessein ou lire la figure : voici comment cela se pratique.

On prépare un papier beaucoup plus large que l’étoffe qu’on veut monter, & d’une longueur proportionnée à ce qu’on y veut dessiner. On le divise dans sa longueur, en autant de lignes noires qu’il doit y avoir de fils à la chaîne, & on le traverse ensuite dans sa largeur par d’autres lignes, qui forment avec les premieres de petits quarrés à angles égaux. Ce papier ainsi disposé, le dessinateur dessine ses figures & y employe les couleurs convenables ; & quand le dessein est achevé, un ouvrier le lit tandis qu’un autre le met sur le simblot ou semple.

Lire le dessein, c’est nommer à celui qui monte le métier le nombre de lignes noires, c’est-à-dire de fils compris dans l’espace qu’il lit, en expliquant si c’est du fonds ou de la figure.

Mettre sur le simblot ou semple ce qui a été lû, c’est attacher à chaque ficelle qui répond aux lisses, de petits cordons qui doivent lever les fils qu’on a nommés ; ce qui se continue jusqu’à ce que le dessein soit entierement lû.

Comme chaque piece d’étoffe est composée de plusieurs répétitions du même dessein ; lorsque tout le dessein est tiré, le tireur pour recommencer pour ainsi dire à dessiner de nouveau le dessein sur la chaîne, n’a qu’à remonter au haut du simblot les ficelles à nœuds coulans qu’il avoit descendues en-bas ; ce qu’il doit faire autant de fois qu’il est nécessaire jusqu’à ce que la piece soit entierement fabriquée.

Après que le dessein est lû & le métier tout-à fait remonté, il ne faut pas un habile ouvrier pour le tirer ; une femme, un enfant suffit : car il ne s’agit plus que de tirer, les unes après les autres, les ficelles du simblot à mesure qu’elles se présentent, & que le tisseur le commande.

* Dessein, terme de Rubanier. Les Tissutiers-Rubaniers ont aussi un dessein pour monter leur métier, mais qui est bien plus simple que celui des ouvriers de la grande navette. Ce dessein ainsi que l’autre est tracé sur un papier, où plusieurs lignes qui se traversent à angles égaux représentent les fils de la trame & de la chaîne ; mais au lieu des traits qui forment les façons dans le premier, celui-ci n’a que des points noirs que l’on place dans quelques-uns des petits quarrés, selon les figures que l’ouvrier veut donner à son ruban.

Ces points noirs, qu’on appelle pris, désignent les fils de la chaîne qui doivent se lever, & les espaces vuides qu’on appelle laissés, signifient ceux des fils qui doivent rester dans leur situation. C’est au milieu de ces fils pris ou laissés que la navette passe pour former la figure. Quand l’ouvrier veut monter son métier, un ouvrier lui nomme le dessein & lui compte le nombre des pris & des laissés, afin qu’il attache aux hautes-lisses qui doivent lever les fils pris de la chaîne, des petits bouts de ficelle à nœuds coulans pour les tirer, quand il est nécessaire dans le courant de l’ouvrage : on n’en met point aux laissés, qui doivent rester dans leur situation ordinaire. Le reste se fait de même que pour le dessein des ouvriers à la grande navette. Voyez l’article précédent ; voyez aussi l’article Patron.

* Dessein, (Manufact. en soie.) modele en grand de toute la figure que l’étoffe doit contenir. Voyez l’article Velours.

Dessein. On appelle dessein parmi les ouvriers en tapisserie de haute-lisse, le tableau qu’ils ont derriere eux, & sur lequel ils travaillent leur ouvrage. Ils donnent encore ce nom aux traits qu’ils tracent sur la chaîne de la tapisserie avant que de la commencer. Le dessein de la basse-lisse est placé sous les fils de la chaîne. Voyez Haute-lisse & Basse-lisse.

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Dessein : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « dessein » les plus populaires.

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Étymologie de « dessein »

Étymologie de dessein - Littré

Voy. DESSIN, qui n'est qu'une autre orthographe de dessein ; ital. disegno.

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Étymologie de dessein - Wiktionnaire

De l’italien disegno, du latin designo.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « dessein »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dessein desɛ̃ play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « dessein »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dessein »

  • Les noms que portent les rues les avenues les ronds points de France, les statues qui trônent dans les espaces publics français rendent hommage aux personnes nommées et font l’apologie d’un récit écrit à dessein à partir de faits historiques donnés. Maghreb Online, La France, un Etat construit sur les décombres des traites négrières et du colonialisme. - Maghreb Online
  • Un homme de Meteghan River, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, est accusé de méfaits et de possession d'une arme dans un dessein dangereux. Il aurait fait feu sur plusieurs automobilistes lundi dernier. Radio-Canada.ca, Un homme de Meteghan River arrêté pour avoir fait feu sur des automobilistes | Radio-Canada.ca
  • La manifestante avait comparu le même jour devant la Cour municipale de Québec pour avoir participé à un attroupement illégal, commis un méfait sur un divan, gêné l’emploi d’un bien en bloquant Honoré-Mercier et eu en sa possession une arme dans un dessein dangereux pour la paix publique. Le Soleil, Port d’arme dans un dessein dangereux: une manifestante du G7 acquittée par la Cour supérieure | Justice et faits divers | Actualités | Le Soleil - Québec
  • La facture de la crise du Covid-19 a officiellement été présentée ce vendredi aux représentants des salariés d'Air France et de sa filiale régionale Hop, après plusieurs heures de débats engagés en début de matinée et qui se sont prolongés jusqu'en début de soirée. Le nombre des suppressions de postes est, comme prévu, moins important que les premières estimations, probablement distillées à dessein, qui dépassaient les 8.000 emplois . Les Echos, Air France présente une facture sociale de la crise déjà très allégée | Les Echos
  • « le Kremlin continue pourtant de jouer de sa seule capacité de nuisance plutôt que d’y affirmer un authentique dessein de puissance » ; Je trouve curieux que J.P. Filiu veuille que la Russie montre sa puissance au Moyen-Orient, alors que cette région est déjà l’objet de tensions entre l’Iran et les USA, entre Israël et les Palestiniens, entre la Turquie et la Syrie et qu’il s’y déroule déjà quatre guerres (Syrie, Iraq, Yémen, Libye).Mais dans la même phrase il reproche à la Russie son intervention en Syrie contre les groupes djihadistes (Al-Nostra, EI) qui ont perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l’Humanité. Si la Russie est plus visible aujourd’hui qu’il y a dix ans, c’est parce qu’après la chute du communisme, la plupart des pays historiquement alliés depuis les années cinquante (Iraq, Syrie, Libye) avaient cherché des appuis financiers et politiques en Occident. C’est l’impuissance de l’Europe autant que le désengagement américain, qui a laissé une ouverture à la Russie. Les déboires du gouvernement syrien affaibli par les victoires des insurgés étaient une bonne occasion pour un grand retour de la Russie, qui redevient un acteur incontournable du Proche-Orient. Contrairement à ce que prétend le Professeur, ce n’est pas Poutine qui a bloqué la situation en Syrie, mais Erdogan. L’intervention de l’armée turque, contre les kurdes syriens au nord-est et au profit des djihadistes d’Idlib, prolonge inutilement et dangereusement une guerre que les islamistes ont perdue (l’ASL a rapidement disparue faute de soutien à l’étranger). Erdogan sait qu’en tant que membre de l’Otan, il ne risque pas une attaque directe des russes (qui provoquerait une crise majeure). Par contre les escarmouches sur la ligne de front (accidentelles ou préméditées) vont au fil des semaines alimenter la tension et empêcher tout règlement politique et retarder le retour des réfugiés. Cette politique du pire qui nuit gravement aux populations est voulue par la Turquie, car c’est la seule carte à jouer qu’elle possède, et elle espère que les Russes et les Etatsuniens finiront par se lasser et abandonner la Syrie aux alliés d’Erdogan (les Frères Musulmans). Le Professeur pense que Poutine doit soutenir les « forces révolutionnaires » au Proche-Orient, mais il se trompe de siècle : aujourd’hui les forces révolutionnaires sont des islamistes et ne sont plus des socialistes panarabes. Les forces révolutionnaires sunnites sont soutenues par la Turquie, le Qatar ou l’Arabie, les forces révolutionnaires chiites sont soutenues par l’Iran. Si la Russie soutien encore Assad et Haftar, c’est parce qu’ils sont les derniers représentants de cet « ordre ancien » qui avait assuré la stabilité de la région par des dictatures pour partie dans l’orbite de l’URSS et pour partie dans celle des USA. Le chaos dure depuis une décennie, parce que les USA n’ont plus la volonté de s’impliquer fortement dans la région (le contrôle du Golfe Persique n’est plus un enjeu comme en 1990 et la sécurité d’Israël est garantie par le retrait de l’Egypte et de l’Arabie de la listes des pays ennemis) et parce que la Russie n’a plus les moyens financiers et humains du pacte de Varsovie pour mener une politique impérialiste (idéologique et économique, mais a quand même besoin de bases aéronavales extérieures pour rester une grande puissance), qu’enfin la résurgence de mouvements djihadistes (très difficile à extirper de populations pauvres et incultes) complique la résolution politique des problèmes. Toutefois Erdogan se trompe en pensant que Poutine pourrait être sensible à la misère du peuple syrien (il n’a pas d’opinion publique sensibilisée aux Droits de l’Homme) et finir par abandonner le gouvernement syrien aux salafistes. Des seules garanties sur la base de Tartous ne suffira pas à amadouer Poutine, car il se présente volontiers (photo de cet article) comme le protecteur des chrétiens (en digne héritier des Tsars) et des gouvernements en place, ce qui, peut lui valoir des contrats (en particulier d’armements) dans de nombreuses dictatures (et elles sont plus nombreuses que les démocraties). Contrairement à ce que pensent quelques intellectuels, il n’y a pas de solution possible sans le désarmement des toutes les milices et leur remplacement par un état fort et policier, capable de maintenir la paix civile. Les antagonismes religieux et ethniques ne pourront se dissiper qu’après des décennies de paix et grâce au développement économique, autant dire aux calendes grecques … c’est bien malheureux pour ces peuples, dont les minorités continuent à choisir l’exil faute d’espoir. Un si Proche Orient, L’heure de vérité pour Poutine au Moyen-Orient – Un si Proche Orient
  • L'homme n'est peut-être pas absolument fini, il se forme et se crée dans l'expérience de la vie, de la lutte de l'esprit, dans les épreuves de sa destinée. L'homme n'est que le dessein de Dieu. De Nikolaï Berdiaiev / Esprit et liberté
  • Les mots ne sont que les mots, à peu près rien sans leur dessein que l’on confie au ton et qui transcende leur sens à jamais prisonnier des dictionnaires. De Daniel Pennac / Le Dictateur et le hamac
  • Quiconque connaîtra l'homme verra que c'est un ouvrage de grand dessein, qui ne pouvait être conçu ni exécuté que par une profonde sagesse. De Jacques-Bénigne Bossuet / De la connaissance de Dieu et de soi-même
  • Poursuivre lentement l'exécution d'un dessein, et le divulguer, est le même que parler d'une chose pour ne pas la faire. De Cardinal de Richelieu / Testament politique
  • Combien il est contraire au dessein de Dieu que la vérité de sa religion soit aussi évidente et claire pour tous les hommes qu'une démonstration mathématique. De Isaac Newton / Ecrits sur la religion
  • Le danger pour l'homme est de vivre dans l'unique dessein de plaire à la société au point d'en perdre son entité. De Eric Hude
  • La lutte contre les inégalités sociales est le grand dessein collectif qu'une nation devrait se donner. De Jacques de Bourbon Busset / Tu ne mourras pas
  • Rien de fastidieux comme des larmes qu'on n'a pas fait couler à dessein. De Jean Rostand / De la vanité
  • Il n’est point dessein de bourreau qui ne lui soit suggéré par le regard de la victime. De Pier Paolo Pasolini / Ecrits corsaires
  • L’on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein forcé de trahir. De François de La Rochefoucauld / Maximes
  • Ce qui est hasard à l’égard des hommes est dessein à l’égard de Dieu. De Jacques-Bénigne Bossuet / Politique Tirée des propres paroles de l’Ecriture sainte
  • Le dessein de l’art est de lutter contre les obligations. De Amedeo Modigliani
  • Mourir c’est prendre conscience du dessein de l’existence. De Benoît Gagnon
  • Il ne faut rien faire sans dessein. De Proverbe oriental
  • On méprise les grands desseins lorsqu'on ne se sent pas capable des grands succès. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • Les desseins qui ont besoin de beaucoup de temps pour être exécutés ne réussissent presque jamais. Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Réflexions sur la monarchie universelle en Europe
  • On estime les grands desseins, lorsqu'on se sent capable des grands succès. Isidore Ducasse, dit le comte de Lautréamont, Poésies, II
  • Quoique les hommes se flattent de leurs grandes actions, elles ne sont pas souvent les effets d'un grand dessein, mais des effets du hasard. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes

Images d'illustration du mot « dessein »

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Traductions du mot « dessein »

Langue Traduction
Corse scopu
Basque helburua
Japonais 目的
Russe цель
Portugais objetivo
Arabe غرض
Chinois 目的
Allemand zweck
Italien scopo
Espagnol propósito
Anglais purpose
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Synonymes de « dessein »

Source : synonymes de dessein sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « dessein »


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