La langue française

Aile

Sommaire

  • Définitions du mot aile
  • Étymologie de « aile »
  • Phonétique de « aile »
  • Citations contenant le mot « aile »
  • Traductions du mot « aile »
  • Synonymes de « aile »

Définitions du mot « aile »

Trésor de la Langue Française informatisé

AILE, subst. fém.

I.− ZOOL. Membre qui permet à la plupart des oiseaux et des insectes et à quelques mammifères de voler :
1. Les ailes sont, comme nous l'avons vu, des membres attachés aux parties latérales de la poitrine. Elles sont destinées spécialement au vol. Un ordre entier d'insectes en est privé, les aptères; un autre ordre n'en a que deux, les diptères : mais le plus grand nombre en a quatre. G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 1, 1805, p. 460.
2. De tous les volatiles, ceux dont le vol est le plus curieux et le plus à notre portée sont les insectes. Les uns ont des ailes de la plus fine gaze, comme la mouche : elle exécute toute sorte de vols, et quand il lui plaît, elle s'arrête en l'air, et y devient stationnaire; d'autres, tels que les papillons, ont des ailes couvertes d'écailles fines comme la poussière, et brillantes des plus vives couleurs. J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 153.
3. Qu'avait donc vu ce condor? (...) L'énorme oiseau s'approchait, tantôt planant, tantôt tombant avec la vitesse des corps inertes abandonnés dans l'espace. (...) Il mesurait plus de quinze pieds d'envergure. Ses ailes puissantes le portaient sur le fluide aérien presque sans battre, car c'est le propre des grands oiseaux de voler avec un calme majestueux, tandis que pour les soutenir dans l'air il faut aux insectes mille coups d'ailes par seconde. J. Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 1, 1868, pp. 125-126.
4. Tout vivant est donc persuadé par sa forme; mémoire et prévision, c'est toujours la même chose que son corps; les deux sont ensemble dans le battement de l'aile d'un oiseau. Toute la forme, les os creux, les muscles, les plumes, le fort et la pointe de l'aile, tout cela exprime une parfaite physique de l'air. Aussi l'oiseau battra des ailes jusqu'à sa mort, toujours attaché à la règle du vol, et encore contre l'exception. Le sentiment de la règle est animal et chevillé au corps; bien mieux c'est le corps lui-même. Alain, Propos,1923, p. 554.
À titre d'aile. En battant de l'aile avec énergie, de manière à accélérer le vol :
5. ... aussi-tôt qu'il [l'aigle à tête chauve] voit l'aigle pêcheur parvenu à la hauteur de son aire, ce monarque des oiseaux quitte le sien, le poursuit à titre d'aile jusqu'à ce que le pêcheur, convaincu de son infériorité, abandonne sa proie. Alors ce fier antagoniste, les ailes repliées, s'élance comme un trait, et, avec une inconcevable adresse, ressaisit la proie avant qu'elle ait atteint la rivière. J. de Crèvecœur, Voyage dans la Haute Pensylvanie et dans l'État de New-York,t. 1, 1801, pp. 252-253.
Rem. À tire d'aile se disait à l'orig. en parlant des aigles et des faucons.
Par métaph. Avec toute la vigueur et toute la célérité possibles :
6. Ici il nous présente l'intelligence humaine comme une chambre obscure percée de quelques fenêtres par où la lumière pénètre, et là il se plaint d'une certaine espèce de gens qui font avaler aux hommes des principes innés, sur lesquels il n'est plus permis de disputer. Forcé de passer à tire d'aile sur tant d'objets différents, je vous prie de supposer toujours qu'à chaque exemple que ma mémoire est en état de vous présenter, je pourrois en ajouter cent, si j'écrivois une dissertation. Le chapitre seul des découvertes de Locke pourroit vous amuser pendant deux jours. J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg,t. 1, 1821, pp. 452-453.
7. Sans attendre la réponse d'Eugène, Madame de Restaud se sauva comme à tire-d'aile... H. de Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 70.
8. L'inspiration, cette folie de la génération intellectuelle, s'enfuyait à tire-d'aile à l'aspect de cet amant malade. H. de Balzac, La Cousine Bette,1846, p. 200.
9. ... tandis que les autres musiques, par la multiplicité distincte des thèmes et de leurs modulations, se créent si l'on peut dire peu à peu leur propre espace sonore, l'espace sonore wagnérien nous enveloppe dès le départ, et dès le départ aussi nous sature de son tissu opulent, qui fait songer à un lourd et inusable brocart à l'intérieur duquel alors les thèmes eux-mêmes tantôt fusent et pointent à tire-d'aile comme quelque oiseau, tantôt pèsent, insistent, glissent, s'insinuent. Ch. Du Bos, Journal,déc. 1927, p. 383.
[Chez certains oiseaux terrestres (autruche) ou aquatiques (cygnes, pingouins et manchots)] Membre dévié de sa fonction première, qui facilite la course ou la natation :
10. Cependant, si l'on considère que les oiseaux aquatiques (comme les palmipèdes), que les échassiers et que les gallinacés ont cet avantage sur tous les autres oiseaux, que leurs petits, en sortant de l'œuf, peuvent marcher et se nourrir; et, surtout, si l'on fait attention que, parmi les palmipèdes, les manchots et les pingouins, dont les ailes, presque sans plumes, ne sont que des rames pour nager, et ne peuvent servir au vol, ce qui rapproche, en quelque sorte, ces oiseaux des monotrèmes et des cétacés; on reconnoîtra que les palmipèdes, les échassiers et les gallinacés doivent constituer les trois premiers ordres des oiseaux, et que les colombins, les passereaux, les rapaces et les grimpeurs, doivent former les quatre derniers ordres de la classe. J.-B. Lamarck, Philosophie zoologique,t. 1, 1809, pp. 150-151.
P. ext. Membrane formant parachute chez certains mammifères et reptiles; nageoire pectorale permettant à certains poissons de se soutenir dans l'air en planant :
11. Les poissons qui n'ont point de vessie natatoire ont beaucoup moins de moyens de changer leur hauteur dans l'eau. La plupart restent au fond, à moins que la disposition de leur corps ne leur permette de frapper l'eau de haut en bas avec beaucoup de force : c'est ce que font les raies avec leurs vastes nageoires pectorales, qui portent avec raison le nom d'ailes, puisque le moyen que ces poissons employent pour s'élever, est absolument le même que celui des oiseaux. G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 1, 1805, pp. 505-506.
12. Les ailes des poissons volans sont assez analogues, pour la structure, à celles du dragon; mais elles sont formées par l'extension des nageoires pectorales, ou de quelques rayons situés au-dessous de ces nageoires. Elles ne fournissent pas non plus à un vol continu. G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 1, 1805p. 517.
Rem. Assoc. fréq. a) Syntagmes avoir des ailes, battre des ailes, ouvrir, étendre, déployer les ailes; battement d'aile(s), coup(s) d'aile(s), à tire-d'aile(s); b) Oppos. paradigm. aile(s)/ membre(s), pieds; aile/flèche; ailes/rames pour nager, nageoires.
P. méton.
1. Aile singulière. ,,Nom d'une espèce de petit oiseau du Paraguay.`` (Besch. 1845, attest. isolée.)
2. Aile + de + corbeau, mouche, hanneton ou scarabée. De la couleur d'une aile de corbeau, hanneton, mouche ou scarabée :
13. Aux nuances vert roseau, emma, gris fumée, flamme de punch, dont nous avons parlé, il faut ajouter les couleurs alezan doré, aile de mouche (sorte de gris) et canelle. Journal des dames et des modes,1821, p. 488.
Rem. Dans cet emploi, aile est inv.
ART CULIN. [En parlant d'une volaille préparée pour la table] Partie charnue allant du haut de la poitrine à la cuisse jointe à l'aile proprement dite :
14. Les oies saignées, on les ouvre, on les fend, on les débarrasse de leurs foies, et on les découpe en quartiers : ailes, cuisses, poitrines et carcasses. J. de Pesquidoux, Chez nous,t. 1, 1921, p. 49.
Bouts d'ailes. Plumes à écrire provenant du bout d'une aile d'oie. (Attesté ds Besch. 1845, Ac. 1878, DG).
FAUCONN. Loc. Monter sur l'aile. ,,On dit monter sur l'aile, donner du bec et des pennes, pour exprimer les différentes manières de voler. Monter sur l'aile, c'est s'incliner sur une des ailes, et s'élever principalement par le mouvement de l'autre; donner du bec et des pennes, c'est accélérer le vol par l'agitation redoublée de la tête et de l'extrémité des ailes.`` (Baudr. Chasses 1834).
MYTH. (et, p. ext., p. allus. à la myth.). L'aile est attribuée à un être mythique, à une représentation allégorique... :
15. le griffon Lion à bec de vautour avec des ailes blanches, les pattes rouges et le cou bleu. G. Flaubert, La Tentation de saint Antoine,1874, p. 196.
16. Je me souviens de Piriac; c'est en face l'île Dumet, une île toute pleine d'oiseaux, et de Guérande aussi. Il doit y avoir dans l'église des bas-reliefs curieux représentant de bons diables à fourches et à ailes? G. Flaubert, Correspondance,1876, p. 326.
17. ... la Liberté cuirassée d'airain qui fend les airs de ses ailes déployées (...) domine toute l'œuvre [la Marseillaise, par Rude] ... A. Rodin, L'Art,1911, p. 98.
18. mercure. − Merci. C'est à mes pieds que les autres humains me reconnaissent, aux ailes de mes pieds. J. Giraudoux, Amphitryon 38,1929, II, 5, p. 117.
19. Choisissez de vivre à genoux plutôt que de mourir debout afin que l'univers trouve son ordre mesuré à l'équerre des potences, partagé entre les morts tranquilles et les fourmis désormais bien élevées, paradis puritain privé de prairies et de pain, où circulent des anges policiers aux ailes majuscules parmi des bienheureux rassasiés de papier et de nourrissantes formules, prosternés devant le dieu décoré destructeur de toutes choses et décidément dévoué à dissiper les anciens délires d'un monde trop délicieux. A. Camus, L'État de siège,1948, p. 247.
II.− Emplois sc. et techn. [P. anal. de forme et/ou de disposition, plus rarement de couleur, de mouvement, de fonction] Chacun des éléments latéraux − pouvant affecter ou rappeler la forme d'une aile − qui se déploient symétriquement par rapport à un corps central auquel ils adhèrent ou sont contigus.
A.− SC. BIOL. et SC. DE LA TERRE
1. ANAT. HUM.
a) Chacune des parties similaires disposées symétriquement des deux côtés de certains organes impairs (nez; apophyses : os sphénoïde, thyroïde, ptérygoïde, etc.) :
20. 1) Nombre des os du crâne des mammifères. Les quadrumanes ont tous les huit os du crâne; mais souvent le sphénoïde est divisé en deux parties, dont l'une forme les ailes orbitaires et les apophyses clinoïdes antérieures, et l'autre les ailes temporales, les apophyses clinoïdes postérieures et la fosse basilaire. (...). Dans le cochon, le tapir et l'hippopotame, les deux pariétaux ne forment qu'une pièce unique. Leur frontal est double. Le rhinocéros a le pariétal et le frontal doubles; des animaux de cette famille et des deux suivantes reste très-long-temps divisé en deux pièces; l'une forme l'aile orbitaire ou les petites ailes d'ingrassias; l'autre produit les grandes ailes ou les apophyses temporales, qui sont ici beaucoup moindres. Cette disposition est absolument opposée à celle qu'on observe dans l'homme. G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 2, 1805, pp. 20-21.
21. ... dans le cheval. Ce cartilage, nommé semi-lunaire par les hippotomistes est analogue à l'inférieur de l'homme, il est aussi formé de deux branches; une, presque parallèle au septum, longue et étroite; l'autre, placée dans l'aile extérieure du nez, courte et presque carrée. Tout le reste de cette aile extérieure n'est qu'un repli de la peau, qui forme d'abord un cul-de-sac, dont la convexité est sensible en dehors et qu'on nomme fausse narine; une fente longue et étroite de la paroi interne conduit dans la narine vraie. G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 2, 1805pp. 662-663.
22. Elle [Jeanne] avait, sur l'aile gauche de la narine, un petit grain de beauté... G. de Maupassant, Une Vie,1883, p. 5.
23. ... elle [une femme] cherchait Damien en aveugle, c'est-à-dire que je voyais battre flaireuses, les ailes de son parfait petit nez ... Colette, Ces plaisirs,1932, p. 24.
Rem. Noter l'assoc. syntagm. de ailes du nez avec battre, s'ouvrir.
b) Sert également à désigner :
La partie supérieure évasée de l'oreille. (Attesté ds Bouillet 1859, Privat-Foc. 1870, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e).
,,La partie latérale de diverses régions du cerveau.`` (Pt Rob.), ,,ailes blanches, aile grise du tronc cérébral`` (Rob.).
Ailes du cœur (Séguy 1967, attest. isolée) : ,,fibres musculaires situées au-dessus du diaphragme dans la cavité péricardiale.`` (Séguy 1967, attest. isolée).
2. BOTANIQUE
a) ,,On nomme ailes les deux pétales latéraux de la corolle papilionacée, qui représentent en effet assez bien les ailes d'un papillon. Ordinairement ces pétales recouvrent les deux pétales inférieurs, souvent soudés et constituant la carène qui enveloppe les organes sexuels, comme une nacelle (dans le pois de senteur).`` (Privat-Foc. 1870) :
24. Des pois de senteurs, pareils à des vols de papillons posés, repliaient leurs ailes fauves, leurs ailes roses... É. Zola, La Faute de l'Abbé Mouret,1875, p. 1347.
b) ,,On nomme aussi ailes, des lames membraneuses qui se développent dans certains fruits, tels que ceux du frêne et de l'orme.`` (Privat-Foc. 1870) :
25. Les graines apparaissent alors, (...) portant chacune une aile latérale faite d'une lame des tissus superficiels de l'écaille. Plantefol, Cours de botanique et de biologie végétale, t. 2, 1931, p. 266.
c) ,,On nomme encore ainsi toutes les membranes saillantes des végétaux disposées aux côtés de la tige, des rameaux, etc.`` (Bouillet 1859).
Ailes d'artichauts. ,,On nomme encore aile, chez les Artichauts, les têtes secondaires qui se développent sur la tige de chaque côté et un peu au-dessous de la tête principale; les petites têtes qui se développent sur cette même tige, mais plus bas encore, reçoivent dans le langage vulgaire le nom de poivrades.`` (É.-A. Carrière, Encyclopédie horticole, 1862); (attesté ds Besch. 1845, Nouv. Lar. ill. et Lar. 20e).
d) Branches des arbres en espaliers qui poussent de part et d'autres des branches mères. (Attesté ds Besch. 1845, Lar. 3 et Pt Rob.) :
26. Aile se dit aussi, dans la culture des arbres fruitiers dirigés en espalier, des parties placées de chaque côté de la tige, d'où les noms d'aile droite ou d'aile gauche qu'on leur donne suivant qu'elles occupent l'un ou l'autre de ces deux côtés. É.-A. Carrière, Encyclopédie horticole,1862, p. 13.
e) Aile de pigeon. ,,Nom vulgaire d'un champignon.`` (Nouv. Lar. ill.; autre attest. ds Besch. 1845).
3. GÉOL. Aile d'un pli. Flanc :
27. Ce cas est le plus fréquent dans les Alpes, où il a pour conséquence habituelle le laminage et l'amincissement de l'aile renversée ou flanc inverse du pli... A. de Lapparent, Abrégé de géologie,1886, p. 399.
4. ZOOLOGIE
a) Embranchement des cœlentérés. Aile de mer (Nouv. Lar. ill.; autre attest. ds Besch. 1845), ,,nom vulgaire d'un zoophyte, la pennatule.`` (Nouv. Lar. ill.; autre attest. ds Besch. 1845).
b) Mollusques.
,,On appelle ainsi vulgairement : 1ola lèvre de certaines coquilles (l'aile d'aigle); 2odiverses coquilles, à cause de leurs couleurs (aile de papillon), ou de leur forme générale (aile de corbeau).`` (Besch. 1845); (attesté également ds Nouv. Lar. ill. et Lar. 20e).
,,Nom donné aux nageoires de quelques céphalopodes et ptéropodes, tels que les argonautes et les carinaires.`` (Nouv. Lar. ill.); (attesté ds Besch. 1845 et Lar. 20e).
B.− ARTS DE LA GUERRE, LUTTES POL. et SOC., JEUX et SP.
1. ARMÉE
a) [Dans l'armée romaine] Terme militaire technique qui a présenté plusieurs sens :
,,Dans l'armée primitive, c'est une patrouille de cavalerie chargée de protéger le flanc de la légion.`` (Lavedan 1964).
,,Dans l'organisation militaire de la République, ce sont les contingents alliés qui encadrent les citoyens et, dans le combat, prennent place aux deux extrémités de l'armée : d'où leur division en deux sections principales l'ala dextra et l'ala sinistra.`` (Lavedan 1964).
,,Les alliés fournissant surtout de la cavalerie, le mot ala prit la signification plus générale d'unité de cavalerie, comme cohorte est l'unité d'infanterie. L'aile comprend de 400 à 500 hommes sous la République et de 500 à 1 000 sous l'Empire. Elle est toujours formée d'hommes de nationalités différentes.`` (Lavedan 1964).
Rem. Attesté ds Nouv. Lar. ill. et Littré.
b) [Dans l'armée terrestre ou navale mod.] Chacune des parties latérales d'une armée en marche ou en ordre de bataille :
28. Les frégates se tiennent peu éloignées sur les ailes, tant qu'elles n'ont pas d'ordre de chasser en avant ou en arrière; ou de s'étendre sur les ailes. Will.1831.
29. amphitryon. − Je les gagne [mes victoires] par l'enveloppement de l'aile gauche avec mon aile droite, puis par le sectionnement de leur aile droite entière par mes trois quarts d'aile gauche, puis par des glissements répétés de ce dernier quart d'aile, qui me donne la victoire. alcmène. − Quel beau combat d'oiseaux! Combien en as-tu gagné, aigle chéri? amphitryon. − Une, une seule. J. Giraudoux, Amphitryon 38,1929, I, 3, pp. 36-37.
Rem. Assoc. fréq. aile droite, aile gauche. Autres syntagmes enveloppement de, par l'aile, sectionnement de l'aile, mouvement des ailes, sur l'aile; déployer les ailes; trois quarts d'aile, quart d'aile.
[Dans le mouvement de conversion d'une troupe] Aile marchante. Partie la plus éloignée du pivot, celle qui décrit un arc de cercle :
30. La 5earmée, à l'aile marchante, ne doit en aucun cas laisser l'ennemi saisir sa gauche; les autres armées, moins pressées dans l'exécution de leur mouvement, pourront s'arrêter, faire face à l'ennemi et saisir toute occasion favorable pour lui infliger un échec. F. Foch, Mémoires,t. 1, 1929, p. 92.
P. ext. [En parlant de l'affrontement entre groupes sociaux] . Groupe offensif doué d'une grande combativité et entraînant les autres à sa suite :
31. Aile marchante de la Maçonnerie, qu'elle entraîne aux actions les plus ténébreuses et criminelles, (...) la Sûreté générale, dite « Nationale », commande aux préfets... L. Daudet, La Police politique,1934, p. 95.
2. [En parlant de formations sociales, politiques]
a) Groupement, parti de droite ou de gauche, caractérisé par rapport à un centre dit modéré :
32. À qui se plaint que ce ne soit pas sur l'opinion centrale du pays que prenne appui le revirement national : c'est nécessairement « sur l'aile » que se fait un virage. Non point sur les ailes; mais sur une aile spécialement. Une révolution a beau se dire « nationale », elle marque toujours le triomphe d'un parti. A. Gide, Journal,17 oct. 1941, pp. 101-102.
b) Aile droite d'une formation. Groupement des éléments dont l'orientation conservatrice est la plus forte au sein de la formation :
33. ... M. Hochegourde appartient au groupe le plus avancé de la « Fédération démocratique laïque », dont le programme a sans doute des parties excellentes, mais risquait de nous compromettre un peu vis-à-vis de l'aile droite du parti catholique, dont l'évolution est très lente et qui s'en tient prudemment à la tradition radicale-socialiste, au chauvinisme près. G. Bernanos, L'Imposture,1927, p. 394.
c) Aile gauche d'une formation. Groupement des éléments dont l'orientation progressiste est la plus forte au sein de la formation :
34. Thiers, dont l'influence grandissait tous les jours, s'opposait à Gambetta qu'il traitera bientôt de « fou furieux ». Les modérés du gouvernement désavouèrent leur fougueux collègue et le « dictateur » donna sa démission. Le parti républicain allait donc aux élections divisé. Son aile gauche, la plus ardente, compromettait la république par l'idée de la guerre sans fin que rejetait le bon sens du pays. J. Bainville, Histoire de France,t. 2, 1924, pp. 220-221.
3. JEUX et SP.
a) Jeu d'échecs :
35. Les Blancs cherchent à prendre l'initiative sur l'aile-dame afin de localiser le conflit sur cette partie du front... Les Échecs, Combat, 19-20 janv. 1952, p. 3, col. 5.
b) [En parlant d'une équipe de football, de rugby, etc.] Extrémité droite ou gauche de la ligne d'attaque, par opposition au centre. Demi-aile, trois-quarts aile. Joueur placé à cette position dans l'aile droite ou gauche de l'équipe :
36. Personnages. Le demi aile, capitaine de l'équipe troisième de football dans un grand club parisien, 26 ans, 1 mètre 74, 69 kilos. L'extrême droite Jacques Peyrony, élève de philo au lycée, 17 ans, 1 mètre 71, 62 kilos. L'arrière Beyssac, vendeur dans une maison d'articles de sport. Le demi centre Ramondou, étudiant. Le chef jardinier du stade et le Feu. H. de Montherlant, Les Olympiques,1924, p. 359.
37. ... le Racing jouait avec quatre trois-quarts centre, Gérald et Laurent qui opéraient aux ailes étant, en réalité, des centres. Rugby, L'Écho des sports, 10 févr. 1941.
C.− ARTS PRATIQUES et B.-A.
1. ARCHITECTURE
a) Partie latérale d'un bâtiment jointe au corps principal soit à angle droit, soit dans toute autre direction :
38. ... à part deux de ses gendres qui n'habitaient pas l'hôtel, tous les autres avaient là leurs appartements, dans les ailes de gauche et de droite, ouvertes sur le jardin; tandis que le bâtiment central était pris entièrement par l'installation des vastes bureaux de la banque. É. Zola, L'Argent,1891, p. 94.
39. Il continua donc d'errer en cherchant le lieu de l'embarcadère, autour de la longue maison châtelaine aux ailes inégales, comme une église. Lorsqu'il eut contourné l'aile sud, il aperçut soudain les roseaux, à perte de vue, qui formaient le paysage. Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes,1913, pp. 98-99.
40. Derrière la tour et parallèlement à la vallée, un second corps de bâtiment venait former avec la façade une équerre régulière. Cette aile, bâtie dans le goût italien, à la manière des palais dont Claude Gelée aime à semer ses paysages, faisait avec la sombre façade un parfait contraste. J. Gracq, Au château d'Argol,1938, p. 24.
Rem. Assoc. fréq. aile droite, aile gauche.
P. anal. :
41. Mais ce qu'il fallait admirer, c'était la table. Six chandelles proprement ajustées dans des bouteilles illuminaient une nappe chargée de mets rustiques et d'ustensiles pittoresques; au milieu, un potage fumant; sur les ailes, trois ou quatre variétés d'omelettes; autour, et symétriquement disposées, des chopines d'étain remplies, les unes d'un petit muscat du Valais, les autres de l'eau du glacier. R. Tœpffer, Nouvelles genevoises,1839, p. 412.
42. Il me fallait quelquefois rôder dans toute une aile de Paris... J. Vallès, Les Réfractaires,1865, p. 48.
b) ,,Les Grecs donnaient le nom de ptera (ailes) aux rangées latérales de colonnes isolées qui régnaient le long des murs d'un temple en dedans ou en dehors. Le mot latin ala, qui a la même signification, désignait une partie de la maison romaine (...). Nous appelons quelquefois ailes les bas-côtés de nos églises.`` (Chabay t. 1 1875).
Rem. Selon Ac. 1835, 1878, Littré et Ac. t. 1 1932, les anciens appelaient ailes d'un temple, les murs latéraux avec ou sans péristyle :
43. Rappelez-vous un moment les vieux monastères ou les cathédrales gothiques, telles qu'elles existoient autrefois; parcourez ces ailes du chœur, ces chapelles, ces nefs obscures, ces cloîtres pavés par la mort, ces doubles sanctuaires remplis de sépulcres. F.-R. de Chateaubriand, Génie du Christianisme, t. 2, 1803, p. 346.
44. Le portique de l'église Saint-Pierre consistait en trois galeries, l'une appliquée à la face antérieure du bâtiment, et les deux autres formant de chaque côté des ailes saillantes en guise de fer à cheval. A. Thierry, Récits des temps mérovingiens,t. 2, 1840, pp. 138-139.
c) [Dans un théâtre] De chaque côté de la scène, espace où s'opèrent les mouvements des décors, où circulent les gens de service et où se tiennent les acteurs avant d'entrer en scène :
45. On va les [les comédiens] visiter dans leurs loges. « Durant la Comédie, ils observent un grand silence pour ne pas troubler l'acteur qui parle, et se tiennent modestement sur des sièges aux ailes du théâtre pour entrer juste. En quoi ils peuvent se régler sur un papier attaché à la toile, qui marque les entrées et les sorties ». Les Parisiens, vers ce temps-là, ont le choix entre une quinzaine de spectacles par semaine, près de huit cents dans la saison. R. Brasillach, Pierre Corneille,1938, pp. 364-365.
d) Terme de fortification. ,,Sorte de défense formant la partie extrême d'une contre-queue, ou l'extrémité d'un ouvrage à corne, à couronne, à tenaille, etc. L'aile est une défense composée, soit d'une, soit de deux branches (Gén. Bard.).`` (Besch. 1845); (également attesté ds Ac. Compl. 1842, Littré, Nouv. Lar. ill. et Lar. 20e).
2. ART. CULIN. ,,Partie de la lardoire où se met le lardon pour piquer la viande.`` (Besch. 1845); (attesté d'autre part ds Ac. 1878, Nouv. Lar. ill. et Lar. 20e).
3. ARTS GRAPH. Ailes(-)de(-)moulin (ou aile de moulin). ,,Imposition pour certaines formes d'impression destinées à être mises en retiration sur elles-mêmes et où les pages sont disposées à la façon des ailes de moulin. Après le premier passage, la feuille de papier est pivotée`` d'un demi-tour en son centre pour la retiration dite en ailes de moulin. Ce mode d'imposition est utilisé pour les impressions de modèles en deux couleurs ou pour la réglure des tableaux.`` (Comte-Pern. 1963) :
46. Lorsqu'on a à imprimer en double un modèle dont le verso doit être blanc ainsi que le feuillet qui l'accompagne, l'imposition se fait en aile de moulin. É. Leclerc, Manuel de typographie,1897, p. 344.
4. CHORÉGR. Battre, faire des ailes de pigeon. S'élever et exécuter un saut en imitant avec les jambes le battement d'ailes des oiseaux. (Attesté ds Nouv. Lar. ill., Lar. 20eet Rob.) :
47. ... Leclair, qui avait appris le violon dans sa jeunesse fut d'abord danseur au théâtre de Rouen, puis maître de ballet à Turin. C'est alors qu'il composa quelques airs de danse que l'on trouva charmants, et qu'il abandonna les entrechats et les ailes de pigeon pour se livrer sérieusement à l'étude du violon. L. Grillet, Les Ancêtres du violon,t. 2, 1901, p. 125.
5. MODES
a) Bord latéral d'un chapeau :
48. ... les enseignes rutilantes [des hôtels] détonnaient comme l'habit noir et les escarpins d'un maître d'hôtel au milieu des coiffes savoyardes, des vestes de futaine, des feutres de charbonniers à larges ailes. A. Daudet, Tartarin sur les Alpes,1885, p. 233.
b) Partie saillante et rigide de quelques coiffures, dont la forme rappelle une aile d'oiseau :
49. ... il n'y passait pas grand monde [dans la rue], de temps à autre (...) le collet brodé d'un élève, deux bonnes sœurs en cornettes à ailes ... A. Daudet, L'Évangéliste,1883, p. 32.
c) Longue et large bande de tissu souple qui orne certaines coiffes et se déploie librement :
50. Puis il s'engagea dans une route bordée de haies vives, le long desquelles passaient des femmes de Dinard, droites sous leur large coiffe de batiste aux ailes flottantes. A. France, Le Lys rouge,1894, p. 313.
d) Fantaisie de plumes :
51. Pour parler de façon générale, beaucoup de jais ainsi que d'acier bleui doit orner les chapeaux : j'ai vu des plumes de coq avec paillettes de jais ou d'acier bleui et des feuillages entiers de l'un et de l'autre, enfin des ailes de fantaisie mi-plume et mi-jais et des broderies splendides sur tulle, ces dernières d'un prix relativement très-élevé. Quantité de jolies soies pour garnitures, une entre autres dont j'ignore encore le nom... S. Mallarmé, La Dernière mode,1874, p. 728.
e) Ailes de moulin. ,,Les chapeaux de nos dames, ceux au moins qu'elles portent en négligé, sont surmontés de grands nœuds que les modistes appellent ailes de moulin, et qui méritent ce nom par leur forme et leur disposition en croix.`` (L'Observateur des modes, 31 mai 1823, p. 240).
f) Ailes de pigeon (...) ,,Genre de frisure en usage au xviiiesiècle et dans la première partie du xixesiècle pour la coiffure masculine, les boucles s'écartant de la tête au-dessus des oreilles et figurant un battement d'ailes.`` (Leloir 1961) :
52. L'usage de la poudre amena, dans la coiffure des hommes et des femmes, des changemens innombrables. (...) Pendant que les hommes imaginaient les coiffures en fer à cheval, en aile de pigeon, à mille boucles, à la cavalière, les femmes renchérissaient sur un ridicule dont elles voulaient se conserver le privilège. V. de Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin,t. 4, 1813, pp. 276-277.
g) Ailes de moulins. ,,xviies. manchettes de dentelles attachées aux manches du pourpoint.`` (DG, attest. unique).
6. MUS. Aile ou èle. ,,Instrument cité par Guillaume de Machaut, qui appartient à la famille des cithares et ressemble à un psaltérion, tendu de cordes verticales, dont tout ou partie affecte la forme d'une aile.`` (Duf. t. 1 1965, s.v. èle, p. 361).
Rem. On lit dans Gastoué, Primitifs de la musique française, 1922, p. 106 : ,,Le frestel (...) pourrait avoir été une espèce de chalumeau (...) on trouve dans la même acception le mot aile ou èle pour désigner de semblables instruments ...``
D.− TECHNOL. DIVERSES
1. AÉRON. Organe d'élévation, de support, de propulsion, d'un appareil volant.
En partic., mod. Chacune des surfaces planes fixées de part et d'autre du corps d'un avion et qui assurent son maintien en équilibre :
53. De là, pour l'aéronaute, nécessité d'incliner le gouvernail horizontal, la queue de l'oiseau mécanique et les bonnettes latérales, ses ailes planeuses, de manière à ne point sombrer ... La Landelle, Aviation,1863, p. 223 (Guilb. Aviat. 1965).
54. Il semble que le travail des ingénieurs, des dessinateurs, des calculateurs de bureau d'études ne soit ainsi, en apparence, que de polir et d'effacer, d'alléger ce raccord, d'équilibrer cette aile, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une aile accrochée à un fuselage, mais une forme parfaitement épanouie, enfin dégagée de sa gangue, une sorte d'ensemble spontané, mystérieusement lié, et de la même qualité que celle du poème. Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retrancher. A. de Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, pp. 169-170.
P. méton. Les Ailes. Les avions et les aviateurs. Les Ailes françaises (Quillet 1965, attest. unique).
Rem. Certaines loc., employées proprement pour les oiseaux, sont reprises dans le domaine de l'aviat. :
55. Voilà qui intéresse singulièrement Jacques L'Aumône, car il est lui-même ingénieur et travaille à plusieurs inventions sensationnelles. (...). Il phosphore, il rupine à bloc et un jour brraoumm il eurêkate ça y est il a trouvé. Il a trouvé quoi? Mais tout simplement le plus lourd que l'air. Le premier il traverse la Manche, le premier il assure la liaison Paris-New-York, le premier il fait le tour du globe d'un seul coup d'aile. R. Queneau, Loin de Rueil,1944, pp. 45-46.
56. ... Et, cette nuit j'entendais le ronron des avions alliés qui repassaient très haut dans le ciel, retour de leur mission de destruction. Ils n'en finissaient pas. Il devait y en avoir beaucoup. Je ne sais pourquoi Aix était leur centre de ralliement, où ils tournaient longtemps en rond avant d'aller rejoindre leurs bases à tire-d'aile, en Afrique du Nord, en Sicile et peut-être déjà en Italie méridionale ou en Corse. B. Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 298.
57. Une centaine d'avions déploieront leurs ailes dans le ciel de la péninsule. Ch. de Gaulle, Mémoires de guerre,Le Salut, 1959, p. 228.
2. AGRIC. Partie latérale d'un soc de charrue :
58. ... la pointe dite « carrée fixe » est constituée par un épaississement à section carrée de l'extrémité de l'aile du soc. T. Ballu, Machines agricoles,1933, p. 51.
3. ARMES et ARMURERIE
a) ,,Évasement en forme d'éventail des parties extérieures des genouillères et des cubitières d'armure.`` (Leloir 1961); (attesté ds Nouv. ill. et Lar. 20e).
b) ,,Ce mot est encore appliqué aux expansions saillantes de certaines armes, lances, bourdonnasses, masses d'armes, etc.`` (Nouv. Lar. ill.; attesté d'autre part ds Ac. Compl. 1842 et Lar. 20e).
c) ,,s. f. pl. T. de chevalerie. Plaques oblongues ou carrées, représentant les armoiries de l'écu du chevalier et attachées sur chaque omoplate de la cotte de mailles ou de la cuirasse en fer plain.`` (Besch. 1845, seule attest.).
4. ARTS MÉT.
a) ,,Le tourneur appelle ailes des pièces de bois plates et triangulaires qu'on attache transversalement à l'une des poupées du tour, afin de pouvoir tourner des cadres ronds.`` (Chesn. 1857); (attesté ds Besch. 1845, Nouv. Lar. ill.-Lar. 3).
b) ,,Bande de plomb servant à maintenir les losanges de verre dans les panneaux des vitraux.`` (Lar. 20e).
5. AUTOM. Partie de la carrosserie qui recouvre les roues et fait office de garde-boue. Aile(s) avant, arrière, aile(s) droite(s), gauche(s) :
59. Champcenais, presque malgré lui, passait le bras par la fenêtre de la voiture pour toucher l'épaule du chauffeur et l'obliger à faire attention. Il imaginait l'aile de l'auto cognant un homme, le renversant; et aussitôt un resserrement de la foule sur la voiture, un grondement, des cris, l'auto poussée de côté vers le fleuve, basculée dans l'eau avec ce qu'elle contenait. J. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Le 6 octobre 1932, pp. 169-170.
Prendre un virage sur l'aile. Prendre un virage à vive allure.
6. BÂTIMENT
a) Ailes de cheminée. ,,Les parties du mur dossier élevées de chaque côté d'une souche de cheminée, soit d'aplomb, soit en pente pour lui donner plus de force.`` (Chabat t. 1 1875); (attesté ds Besch. 1845).
b) Aile d'une cornière, d'un fer profilé (Lar. 20e). ,,Partie constitutive du fer, aux extrémités de l'âme qui est la partie moyenne.`` (Lar. 20e); ( attesté également ds Lar. 3) :
60. Pour [les chapeaux de chevalement] (...) qui comprennent des cales ou une âme en bois, les prix [de la série] comprennent les entailles et arrondis des ailes des fers. E. Robinot, Vérification, métré et pratique des travaux du bâtiment,t. 2, 1928, p. 33.
c) (...) les ailes d'une fiche (Chesn. 1857), ,,sont [en serrurerie] de petits morceaux de fer à charnières qui soutiennent et font mouvoir des portes, des fenêtres et des volets brisés`` (Chesn. 1857); (attesté ds Besch. 1845, Chabat t. 1 1875 et Nouv. Lar. ill.).
d) Ailes de lucarne (Lar. 20e), ,,[en maçonnerie] parties qui reposent sur les chevrons.`` (Lar. 20e); (attesté d'autre part ds Besch. 1845, Chabat t. 1 1875 et Nouv. Lar. ill.).
e) Ailes de mouche (Chabat t. 1 1875) : ,,1omouvements de sonnette en forme de branche de bascule (...); 2oles ancres des têtes de cheminée en brique; 3oespèces de scellements très-fendus.`` (Chabat t. 1 1875).
Rem. Selon Besch. 1845, l'expr. ailes de mouche désigne des ,,clous qui servent à attacher une latte, Petites tiges en fer que l'on pose dans le pigeonnage des tuyaux de cheminées pour les consolider.``
f) Aile de poutre. ,,Renforcement d'équerre aux deux extrémités de l'âme de la poutre.`` (Barb.-Cad. 1963) :
61. [pour un pont roulant] (...) il faut (...) fixer des bandes de cuivre isolées sous les ailes des poutrelles... R. Champly, Nouvelle encyclopédie pratique,t. 4, 1927, p. 35.
g) ,,Charpentes formant cintre, qui soutiennent la partie postérieure d'une toiture et l'unissent à la flèche.`` (Lar. 20e; attesté d'autre part ds Nouv. Lar. ill.).
7. CORDERIE. ,,Les ailes du touret sont de petites planches qu'on place en croix pour retenir le fil sur le touret presque rempli.`` (Chesn. 1857).
8. FILATURE. ,,Instrument employé au dévidage de la laine, du coton ou du fil.`` (Nouv. Lar. ill.); attesté d'autre part ds Littré.
9. HORLOG. ,,... on donne le nom d'aile à la dent de la pièce appelée pignon ...`` (Chesn. 1857).
10. MARINE
a) Aile de l'archipompe. ,,Nom donné à l'espace qui sépare chacun des côtés de l'archipompe de la muraille du navire.`` (Jal 1848); (attesté ds Nouv. Lar. ill.).
b) Aile de dérive. ,,La semelle ou Aile de Dérive, ou simplement Dérive, est fixée par une cheville à la préceinte du navire qui la porte. Elle tourne autour de cette cheville (...) lorsqu'elle est à l'eau, elle s'enfonce profondément, et offre sous le vent − car c'est naturellement de ce côté que doit être la semelle − un grand moyen de résistance au navire, et par conséquent diminue beaucoup la dérive qu'il y aurait dans les routes autres que celle du vent arrière. Il y a une semelle à tribord et une autre à bâbord. On n'applique ces Ailes de dérive qu'aux bâtiments à fonds plats. C'est surtout en Hollande qu'on se sert de cet auxiliaire pour la navigation au plus près.`` (Jal 1848, s.v. semelle); (attesté ds Nouv. Lar. ill., Lar. 20e, Lar. 3 et Quillet 1965).
c) Aile de passerelle. ,,Plate-forme latérale, prolongeant la passerelle vers l'extérieur.`` (Besch. 1845, attest. isolée).
d) Aile de pigeon. ,,Nom d'une petite voile triangulaire qu'on grée à l'extrémité supérieure des mâts; elle remplace quelquefois le Papillon, qui est une petite voile carrée.`` (Jal 1848); (attesté ds Ac. Compl. 1842, Nouv. Lar. ill., Lar. 20eet Quillet 1965).
e) Aile de la cale. ,,La partie de la cale la plus éloignée du plan vertical passant par la quille. Elle suit le contour intérieur de la carène, de chaque côté du navire. Les portions du chargement ou de l'arrimage qui sont le long du bord dans la cale sont aux ailes de la cale.`` (Jal 1848); (attesté ds Besch. 1845, Nouv. Lar. ill., Lar. 20eet Quillet 1965).
Rem. Selon Gruss 1952 et Quillet 1965, aile se dit aussi du côté d'un entrepont.
f) ,,Yacht de régate de 7,10 m.`` (Quillet 1965, attest. unique).
11. MÉCAN. [Dans un certain nombre de mécanismes] Parties planes et larges disposées symétriquement autour d'un axe central.
a) Chaque pale, chaque branche de l'hélice d'un navire, d'un avion ou de mécanismes tels que les propulseurs ou les turbines :
62. Lorsque le propulseur (...) possède plusieurs ailes ou branches, chacune est formée (...) par (...) des surfaces hélicoïdes distinctes dont les génératrices sont disposées symétriquement autour de l'axe. L. Marchis, Leçons sur la navigation aérienne,1904, pp. 609-610.
63. L'arbre de l'hélice, vissant dans l'onde inerte ses quatre ailes frémissantes, ébranlait toute cette grande nef d'une rumeur perpétuelle, mais plus sourde encore. P. Mille, Barnavaux et quelques femmes,1908, p. 252.
b) Chaque pale, rayon ou châssis de la roue d'un moulin à vent ou à eau, des roues de soufflants ... :
64. Le poisson, comme je l'ai dit, se gouverne avec ses nageoires, et il rame avec sa queue, à laquelle il donne un mouvement d'ondulation qui le porte en avant; ce mouvement se décompose dans l'eau, comme celui du vent sur les plans inclinés du cerf-volant qu'il élève en l'air, et des ailes du moulin à vent qu'il fait tourner. Peut-être réussirait-on à employer le cours d'une rivière pour faire tourner une roue à pales obliques, plongée dans l'eau perpendiculairement à son courant : il y a apparence qu'il la ferait circuler, comme le cours de l'air fait tourner les ailes inclinées du moulin à vent; ... J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 192.
Rem. Le syntagme aile de moulin, utilisé ici dans son sens propre, est repris figurément dans d'autres techn.
12. PÊCHE Ailes de filet de pêche (Baudr. Pêches 1827). ,,Ce sont des bandes de filet qu'on ajoute aux côtés des filets en manche.`` (Baudr. Pêches 1827).
13. P. ET CH.
a) Ailes d'une chaussée. ,,les deux côtés en pente d'une chaussée, séparés par la rangée de pavés du milieu qu'on appelle tas.`` (Chabat t. 1 1875).
Rem. Attesté ds Besch. 1845, Nouv. ill., Lar. 20eet Lar. 3 où l'on trouve : ,,aile de pavé ou de chaussée``. Chesn. 1857 donne également : ,,ailes de pavé``.
b) Aile(s) de pont. ,,Mur soutenant les berges d'une rivière ou d'un fleuve pour protéger les culées d'un pont contre le courant de l'eau, le choc des péniches ou de tout corps flottant ou entraîné.`` (Barb.-Cad. 1963); attesté ds Lar. 3 et Pt Rob.).,,Par ailes de pont, on désigne l'élargissement pratiqué sur les culées, pour faciliter les abords du pont.`` (Chesn. 1857); (attesté ds Besch. 1845, Nouv. Lar. ill., DG, Lar. 20e, Ac. t. 1 1932 et Rob.).
Rem. Noter que la même expr. désigne 2 choses sensiblement différentes.
c) Mur en aile. ,,Aile (mur en) : mur de soutènement prolongeant le nu d'une culée avec jonction continue et non anguleuse.`` (Barb.-Cad. 1963) :
65. ... il faut raccorder les culées avec ce dernier [le remblai]. On peut le faire, soit au moyen de murs en retour, soit au moyen de murs en aile. Bricka, Cours de chemins de fer,1894, pp. 140-141.
III.− Emplois métaph. plus ou moins usuels, plus ou moins fam. ou arg.
A.− Arg. ou pop.
1. Aile. Bras :
66. − Mademoiselle, voulez-vous accepter mon aile. (...) − Prends mon aile, s'y te touche, je le crève. Ch. Virmaître, Dict. d'argot fin-de-siècle,1894, p. 6.
2. Voleuse à l'aile :
67. [Une femme, feignant de se tromper, prend votre bras par derrière.] Votre compagne est une voleuse à l'aile (l'aile ou l'aileron, c'est le bras du pante)! Hogier-Grison, Les Hommes de proie,Le Monde où l'on vole, 1887, p. 282.
3. Avoir un coup dans l'aile. Être ivre.
4. Aile de pigeon. ,,Vieux camarade.`` (Ch.-L. Carabelli, [Langue populaire]).
B.− Loc. diverses plus ou moins usuelles ou fam.
1. Loc. où l'aile est symbole de mouvement, d'élan, de rapidité, d'épanouissement, de réussite, de vie.
a) [En parlant d'une pers.] Avoir des ailes. Se mouvoir avec facilité, être leste, rapide :
68. ... Séphora court à la fenêtre juste à temps pour voir Christian II franchir le perron d'un air vainqueur. Il plane, il a des ailes. A. Daudet, Les Rois en exil,1879, p. 426.
b) [Le compl. d'attrib. est une pers., un animal] Donner des ailes à. Faire courir rapidement :
69. Dans ce moment, un char paroît à l'extrémité de la plaine. Penchée sur les coursiers, une femme échevelée excite leur ardeur, et semble vouloir leur donner des ailes. F.-R. de Chateaubriand, Les Martyrs,t. 2, 1810, p. 104.
La peur donne des ailes :
70. Tiens, Berniquet, qui se sent voué à la prison, a choisi le couvent : il se fait novice! Pour voler vers Dieu, la peur donne des ailes. H. de Montherlant, Demain il fera jour,1949, I, 2, p. 712.
c) [En parlant d'une pers., d'une collectivité] Voler de ses propres ailes. Agir sans le secours, sans la protection d'autrui :
71. Et si cela pouvait être, cet homme que nous n'aurions tenu qu'à l'aimable état de chrysalide, pour voler de ses propres ailes, il lui eût fallu sortir du cocon de sa pensée? A. Breton, Les Manifestes du Surréalisme,1930, p. 121.
Rare. [En parlant d'une chose] :
72. Lorsque l'œil, se confiant à ses premières habitudes, aux leçons qu'il a reçues du tact, commence à voler de ses propres ailes, et va saisir la couleur à l'extrémité des rayons où la main avait déjà rencontré la résistance, cette impression simple et isolée de couleur suffit pour effectuer dans le centre cérébral la détermination ou l'idée de résistance, associée par une constante répétition; ... Maine de Biran, De l'Influence de l'habitude sur la faculté de penser,1803, p. 75.
2. Loc. où aile a la même valeur, mais qui suggèrent par ailleurs une idée d'empêchement, d'obstacle.
[En parlant d'une pers., d'une entreprise, d'une idée] Avoir du plomb dans l'aile. Être sérieusement touché :
73. Mardi 30 août. Gambetta a décidément du plomb dans l'aile et les popularités ne se refont pas plus que les virginités. E. et J. de Goncourt, Journal,août 1881, p. 126.
74. Un équilibre, dans la paix, est-il seulement concevable, avec les éléments actuels? L'idéal démocratique a du plomb dans l'aile. R. Martin du Gard, Les Thibault,Épilogue, 1940, p. 898.
En avoir dans l'aile. [En parlant d'une pers.] Être malade, subir un revers, un échec; être amoureux :
75. Voici mon frère, dit-il à l'amazone... Traitez doucement le pauvre garçon; il en a dans l'aile depuis un certain jour qu'il vous a vue au Louvre. P. Mérimée, Chronique du règne de Charles IX,1829, p. 98.
P. ext. :
76. Enfin, cette chère Commission en a dans l'aile. Le Figaro,3 juill. 1888(L. Larchey, Dict. hist. d'argot, Nouv. suppl., 1889, p. 4).
En donner dans l'aile. Rendre amoureux :
77. C'est une magicienne, aimable petit Brettinoro; une ensorceleuse, une Circé, une Manto, que la charmante qui m'en a donné dans l'aile. Elle laisse reposer sur mon visage son regard de Cynthie égarée au royaume des Ondines, et voilà ma gueuse d'âme qui me quitte, qui s'en va, qui s'enfuit je ne sais où, telle une somnambule. O.-V. Milosz, L'Amoureuse initiation,1910, p. 44.
Baisser l'aile. Être triste, fatigué, découragé.
Battre des ailes, de l'aile. Chercher à s'élancer, à s'élever, à se réaliser sans y parvenir :
78. Et de même que sous ses doigts [de Désirée] les petits oiseaux morts retrouvaient un semblant de vie, ses illusions, ses espérances mortes elles aussi (...) battaient encore des ailes de temps en temps avec un effort mêlé d'angoisse et l'élan d'une résurrection. A. Daudet, Fromont jeune et Risler aîné,1874, p. 239.
Battre de l'aile. Être en difficulté :
79. ... son personnel [de Ferry] (...) haïssait Clemenceau, lui prêtait les pires noirceurs et, pour son journal qui battait de l'aile, des combinaisons malpropres. L. Daudet, La Vie de Clemenceau,1942, p. 56.
Ne battre que d'une aile. Avoir perdu de sa vigueur, de son crédit, de sa prospérité :
80. À partir de ce moment, la fabrique ne battit plus que d'une aile; petit à petit les ateliers se vidèrent, chaque semaine un métier à bas, chaque mois une table d'impression de moins. A. Daudet, Le Petit Chose,1868, p. 10.
81. Alors, un beau jour, on entend dire : − Vous savez... Gontran; je viens de le revoir. Il est fichu. Depuis huit jours, il ne battait plus que d'une aile. Il répétait : « Je sens, je sens que je m'en vais. » Pourtant on espérait encore. Mais c'en est fait. A. Gide, Les Nouvelles Nourritures,1935, p. 294.
Arracher, brûler, casser, couper, rogner les ailes.
Arracher, brûler, casser, couper, rogner les ailes à qqn. Lui retrancher de ses richesses, de son autorité, de son pouvoir, de son assurance.
Arracher, brûler, casser, couper, rogner les ailes à qqc. Lui ôter tout pouvoir, tout élan :
82. Mais les échevins sont là; ils rognent les ailes au génie sous prétexte d'alignement. L. Reybaud, Jérôme Paturot,1842, p. 243.
83. Ne craindra-t-il pas, s'il ne casse les ailes à ses idées, d'épouvanter les éditeurs prudents, les journaux timides? J. Vallès, Les Réfractaires,1865, p. 23.
84. Notre âme a peur... peur de banni! Elle recule devant la mort et plus encore devant la vie. Elle redoute tout ce qui lui ôte l'espérance, tout ce qui la limite, l'emprisonne et l'étouffe, tout ce qui lui coupe les ailes. Or la vie détruit tous ses rêves et la mort lui fait regretter la vie. H.-F. Amiel, Journal intime,10 avr. 1866, p. 236.
S'arracher, se brûler, se casser les ailes, griller ses ailes :
85. − (...) Elles s'inclinent devant Dieu comme des herbes qu'un vent presse, sans malice, sans trouble, sans beauté. Elles se tiennent pour peu remarquables et savent qu'elles ne doivent quelque valeur qu'à leur effacement devant Dieu. − Alissa! m'écriai-je, pourquoi t'arraches-tu les ailes? A. Gide, La Porte étroite,1909, p. 570.
86. Je suis sûre que sous votre gravité de jeune quakeresse, vous êtes toute prête à vous brûler les ailes comme un petit insecte éphémère, à la première bougie venue... J. Anouilh, La Répétition,1950, III, p. 87.
Gagner de l'aile :
87. Le fait est que Chambre, Sénat, ministres gagnent de l'aile et laissent bravement à la Cour de Cassation le soin de nous tirer d'affaire. MM. Dupuy et Freycinet ont les pouvoirs nécessaires, mais n'en veulent pas user. La Cour de Cassation n'a qu'un devoir douteux : à elle d'en faire usage pour sauver d'embarras les députés qui n'osent prendre un parti, les ministres qui n'osent agir. G. Clemenceau, Vers la réparation,1899, p. 501.
Laisser une aile, ses ailes. Être diminué :
88. Les idéalistes comme nous doivent n'approcher de ce feu-là qu'avec beaucoup de précautions. Nous y laisserions presque toujours notre tête ou nos ailes. E. Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse,1883, p. 194.
89. ... je veux que dans huit jours le Paris-Bonheur révolutionne la place (...) la lisière bleu et argent sera connue d'un bout de la France à l'autre... Et vous entendrez la plainte furieuse de nos concurrents. Le petit commerce y laissera encore une aile. É. Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 47.
Traîner l'aile. Être en difficulté :
90. Tante Alix était bien. Eugène traînait l'aile. H.-F. Amiel, Journal intime,23 sept. 1866, p. 463.
Vouloir voler sans avoir d'ailes, avant d'avoir des ailes; n'avoir pas l'aile assez forte. Entreprendre une chose au-dessus de ses forces.
3. Loc. dans lesquelles l'aile est symbole de protection.
Être sous l'aile de, s'abriter sous l'aile de, vivre sous l'aile de :
91. Ce nouvel état, de vivre sous l'aile de sa mère, défrayé de tout, et dans une insouciance de petit garçon, fut de son goût. Il ne demanda qu'à le conserver. Il le conserva vingt ans. H. de Montherlant, Les Célibataires,1934, p. 758.
Prendre sous son aile, couver de ses ailes, couvrir de ses ailes, garder sous ses ailes, mettre sous son aile :
92. Voilà encore un ennui qui va vous arriver; car je m'adresserai encore à vous pour mille soins fraternels et paternels; vous avez pris les Contemplations sous une de vos ailes; voudrez-vous prendre les Petites épopées sous l'autre? V. Hugo, Correspondance,1857, p. 276.
4. Loc. dans lesquelles l'aile − que l'on enlève − représente un profit.
Vx. Tirer pied ou aile de (ou à) qqc., de qqn, rapporter ou emporter pied ou aile de qqc. En tirer ou en rapporter quelque avantage :
93. Chacun se lance; non : à la cour, on se glisse, on s'insinue, on se pousse. Il n'est fils de bonne mère qui n'abandonne tout pour être présenté, faire sa révérence avec l'espoir fondé, si elle est agréée, d'emporter pied ou aile, comme on dit, du budget, et d'avoir part aux grâces. P.-L. Courier, Pamphlets politiques,Lettres au rédacteur du « Censeur », 1819-1820, p. 33.
94. ... cette grande dame vient me demander quelque chose qui dépend de moi uniquement (...); j'ai toujours pensé que l'arrivée de ce neveu m'en ferait tirer pied ou aile. Stendhal, La Chartreuse de Parme,1839, p. 230.
95. J'ai appris à Fontainebleau qu'il y avait à Londres une serre admirable... Si je l'avais su plus tôt, j'aurais essayé de vous en rapporter pied ou aile. P. Mérimée, Lettres à Madame de la Rochejacquelein,1870, p. 159.
Tirer une plume de l'aile à qqn, arracher une plume à l'aile de qqn. Lui extorquer quelque chose :
96. ... ça faisait vingt-cinq mille. Une affaire superbe! De toutes les façons, Muffat la [Rose Mignon] lâchait; c'était un joli tour de force [pour son mari] d'avoir tiré cette dernière plume de son aile. É. Zola, Nana,1880, p. 1344.
Stylistique − Le mot et les expr. dans lesquelles il entre se prêtent, dans la lang. littér., à de très nombreux emplois métaph. Voici qq. ex. qui donneront une idée de cette richesse; plusieurs de ces emplois appartiennent déjà à une certaine lang. littér. commune qui a sa paradigmatique et sa syntagmatique : . Les ailes (des vaisseaux). Les voiles : 97. Et toi, Marseille, assise aux portes de la France Comme pour accueillir ses hôtes dans tes eaux, Dont le port sur ces mers, rayonnant d'espérance S'ouvre comme un nid d'aigle aux ailes des vaisseaux; (...) Reçois mes derniers vœux en quittant la patrie, Mon premier salut au retour! A. de Lamartine, Voyage en Orient, t. 1, 1835, p. 22. . Une aile (de cheveux) : 98. Madeleine est un peu plus petite qu'Olivier. Elle le regarde d'en bas. Elle a des cheveux châtains avec, par-dessus, une grande aile de cheveux blonds toute libre et toujours à voler. Et des yeux par où on voit tout dans elle. J. Giono, Le Grand troupeau, 1931, p. 82. L'aile, symbole de tout principe élévateur : 99. Descendre d'un mouvement où la pesanteur n'a aucune part... La pesanteur fait descendre, l'aile fait monter : quelle aile à la deuxième puissance peut faire descendre sans pesanteur? S. Weil, La Pesanteur et la grâce, 1943, p. 13. L'aile est prêtée à ce qui se déplace, se meut, ce qui sert à la communication pour suggérer l'idée du mouvement : 100. Un courrier transmet la lettre; mais la réponse [du ministre] est apportée sur les ailes du télégraphe; [1811]. Raban et Marco Saint-Hilaire, Mémoires d'un forçat ou Vidocq dévoilé, t. 2, 1828-1829, p. 311. 101. Ce nuage différait des autres nuages; il était vivant. Il bruissait et battait des ailes, et s'abattait sur la terre non en grosses gouttes de pluie, mais en bancs de sauterelles roses, jaunes et vertes, plus nombreuses que les grains de sable au désert libyque; ... T. Gautier, Le Roman de la momie, 1858, p. 333. 102. En dépit d'un « hon! » initial, le renseignement menaçait de ne pas sortir aisément de la bouche grande ouverte, lorsque du fauteuil qui bornait MmeMéridier sur la droite, une réponse vint sur les ailes d'une voix curieusement maîtresse d'elle-même, assurée et charmante, qu'Augustin ne s'était jamais lassé d'entendre et d'admirer. J. Malègue, Augustin ou le Maître est là, t. 2, 1933, p. 37. [L'aile est attribuée à une abstraction] Pour suggérer une idée de mouvement, d'élan, alliée à celle de légèreté ou d'élévation, d'épanouissement, de progrès... : 103. Eh bien! l'âme est partout; la pensée a des ailes. Volons, volons chez eux retrouver leurs modèles, Voyageons dans leur âge, où, libre, sans détour, Chaque homme ose être un homme et penser au grand jour. A. Chénier, L'Invention, 1794, p. 17. 104. ... l'empirisme est un donjon étroit et abject d'où l'esprit emprisonné ne peut s'échapper que sur les ailes d'une hypothèse. C. Bernard, Principes de médecine expérimentale, 1878, p. 77. 105. Jamais on ne songe aux mots. Directement et comme face à face on voit toujours jaillir la pensée vivante, avec ses palpitations, ses sursauts, ses essors soudainement rabattus, ses coups d'ailes inouis, depuis le sarcasme et la familiarité jusqu'à l'extase..., les hauts et les bas de la vie intérieure. M. Barrès, Mes cahiers, t. 12, 1erjuill. 1919-juin 1920, p. 279. Rem. Syntagmes fréq. les ailes de l'action, de l'ambition, de l'âme, de l'amour, du désir, de l'énergie, de l'enthousiasme, de l'espoir, de l'esprit, de la fantaisie, du génie, de la gloire, des idées, de l'imagination, de la liberté, de la passion, des plaisirs, des rêves, des songes, de la vertu, ... . Pour suggérer l'écoulement (du temps, des heures, des jours...) : 106. ...minutes bienheureuses qu'on voudrait retenir toujours par le bout fragile de leurs ailes! A. Daudet, Le Nabab, 1877, pp. 59-60. . Plus rarement. Pour suggérer une idée de mouvement qui détruit, ravage, blesse : 107. Et il sentit maintenant − et la pleine conscience lui sembla battre son front comme l'aile même de la folie − qu'il l'avait lui-même amenée à Albert pour la plonger au sein de leur vie double, ... J. Gracq, Au château d'Argol, 1938, p. 67. . [P. anal. avec la poule couvrant de ses ailes les poussins] Pour suggérer une idée de protection. Sous l'aile de : 108. J'allais entrer dans la marine en 1783 quand la flotte de Louis XVI surgit à Brest : elle apportait les actes de l'état civil d'une nation éclose sous les ailes de la France. F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 4, 1848, p. 579. . Plus rarement. [P. anal. avec les ailes d'un oiseau rapace] Pour suggérer au contraire l'idée d'une menace, d'un étouffement : 109. (...) Le silence élargi déploya Ses deux ailes de plomb sur les choses tremblantes. Puis, brusquement, le ciel convulsif flamboya. Ch.-M. Leconte de Lisle, Poèmes barbares, Qaïn, 1878, p. 19. . Rare. Donner des ailes (à qqc.). Faire prendre de l'importance, faire s'étendre : 110. Cet oubli passa pour du mépris et donna des ailes à la calomnie. Stendhal, Lucien Leuwen, t. 2, 1836, p. 178. [L'aile est attribuée à une pers.] Pour suggérer l'élan, l'idéal, la vitalité qui l'animent : 111. Oui, ma vie! Oui, tout rit à deux âmes fidèles. Tu viens : l'été, l'amour, le ciel, tout est à moi! Et je sens qu'il m'éclôt des ailes Pour m'élancer vers toi! M. Desbordes-Valmore, Élégies, Le Présage, 1833, p. 153. . Coup d'aile. Élan, mouvement : 112. Ils ont le pouvoir, ils ont l'argent; ils trouvent même autour d'eux des dévouements, un besoin de se donner. Ce qui leur manque, c'est la spiritualité, c'est la flamme, c'est le coup d'aile. M. Barrès, Mes cahiers, t. 9, 1ersept. 1911-1erjanv. 1912, p. 188. . Pour suggérer l'idée que cette personne protège qqn ou qqc. : 113. ... la vague mélancolie physique dont sont atteintes les jeunes filles qui n'ont jamais quitté l'aile maternelle lui imprimait alors une sorte d'idéal. H. de Balzac, César Birotteau, 1837, p. 103.
Prononc. − 1. Forme phon. : [εl]. Passy 1914 transcrit [ε ˑ] mi-long; Goug. 1961 transcrit une durée longue. Pour l'explication de cette durée, cf. abaisser. − Rem. DG transcrit le mot avec une durée longue; Fér. Crit. t. 1 1787, cependant, a déjà senti cette syllabe comme brève : ,,Ce mot se prononce comme elle, pr. pers., mais s'écrit bien différemment.`` 2. Homon. : elle (pron.), hèle (il, verbe héler), ale (subst. fém.). 3. Dér. et composés : ailer, aileron, ailetage (cf. Lar. encyclop.), aileter (cf. ibid.), ailette, ailier, alifère, aliforme, aligère.
Étymol. ET HIST. − Entre 1121 et 1135 « partie du corps des oiseaux qui leur sert à voler » (Philippe de Thaün, Bestiaire, éd. Walberg, 1250 ds T.-L. : De chameil dous piez at [Assida], D'oisel dous eles at); d'où p. ext. 1. 1172-1174 « partie latérale d'un bâtiment » (G. de Pont-Sainte-Maxence, La Vie de St Thomas le martyr, éd. Walberg, 5651, ibid. : Pur l'iglise del Nort, e en l'ele del Nort, E vers le Nort turnez, suffri sainz Thomas mort); 2. av. 1307 « partie latérale d'une armée en ordre de bataille » (Guillaume Guiart, Branche des Royaux Lignages, éd. Buchon, II, 11225, ibid. : Leur granz batailles ordenoient, Dont moult furent longues les eles); 3. id. « flanc d'un navire » (Id., op. cit., id. II, 10229, ibid. : La nef Gui de Namur... Cele ou l'amiraut est costoie De tel äir au trespasser Qu'ele en esmie et fait quasser Du lonc de l'un costé les eles); 4. 1546 anat. « moitiés inférieures des faces latérales du nez » (Ch. Estienne, Dissect. des Parties du Corps, 17, 9 ds Quem. t. 1 1959 : aelles du nez [ou] narines [ou] pinnes); 5. 1680 (Rich. t. 1 : ailes de moulin à vent. On parle d'ordinaire de la sorte, mais les meuniers disent les volans d'un moulin à vent). Du lat. ala attesté dep. Plaute, Bacch., 51 ds TLL, 1463, 84, à l'emploi 1 dep. Vitruve, 4, 7, 2, ibid., 1468, 41; à l'emploi 2 dep. Cato, Orig., 99, ibid., 1469, 18.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 6 432. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 9 961, b) 13 098; xxes. : a) 8 234, b) 6 883.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Bar 1960. − Barb.-Cad. 1963. − Baudr. Chasses 1834. − Baudr. Pêches 1827. − Baulig 1956. − Bél. 1957. − Bible 1912. − Boiss.8. − Bouillet 1859. − Bréz. Pierre 1968. − Canada 1930. − Chabat t. 1 1875. − Chauss. 1969. − Chautard 1937. − Chesn. 1857. − Comte-Pern. 1963. − Cuisin 1969. − Daire 1759. − Darm. Vie 1932, p. 111. − Dauzat (A.). L'attraction paronymique dans le français populaire contemporain. Archivum romanicum. 1937, t. 21, p. 202. − Dauzat (A.). Études de linguistique française. 2eéd. Paris, 1946, p. 254 (Bibl. du Fr. mod.). − Duf. t. 1 1965, p. 361. − Dumas 1965 [1873]. − Dup. 1961. − Éd. 1967. − Esn. 1966. − Fér. 1768. − France 1907. − Gautrat 1970. − Gay t. 1 1967 [1887]. − Giteau 1970. − Gottsch. Redens. 1930, pp. 82-84; p. 96, 121. − Gruss 1952. − Guilb. Astronaut. 1967. − Guilb. Aviat. 1965. − Jal 1848. − Jossier 1881. − Lacr. 1963. − Larch. 1880. − La Rue 1954. − Lavedan 1964. − Le Breton 1960. − Le Clère 1960. − Leloir 1961. − Littré-Robin 1865. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 145, 234. − Michel 1856. − Mont. 1967. − Noter-Léc. 1912. − Nysten 1814-20. − Poignon 1967. − Pope 1961, § 182, 231, 494, 589, 687, 708, 725, 1098. − Prév. 1755. − Privat-Foc. 1870. − Remig. 1963. − Rog. 1965, p. 45. − Sain. Lang par. 1920, p. 411. − Sandry-Carr. 1963. − Sandry-Carr. Cycl. 1963. − Séguy 1967. − Soé-Dup. 1906. − Timm. 1892. − Will. 1831. − Zastrow (D.). Entstehung und Ausbildung des französischen Vokabulars der Luftfahrt mit Fahrzeugen ,,leichter als Luft`` (Ballon, Luftschiff) von den Anfängen bis 1910. Tübingen, 1963, p. 210, 388, 410, 459, 468 (Beih. zur Z. rom. Philol. 105.).

Wiktionnaire

Nom commun 1

aile \ɛl\ féminin

  1. (Zoologie) Partie du corps d’un animal, tel qu’un oiseau, un insecte ou un chiroptère, lui permettant de voler.
    • Ce sont les larves des pucerons […]. Complètement développées, ces larves deviennent de jolis insectes, pourvus de quatre ailes diaphanes, presque deux fois plus longues et plus larges que le corps entier, et soutenues par quelques rares nervures. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, Les Métamorphoses et la généagénèse, Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 3, 1856 (pp. 496-519))
    • Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. — (Charles Baudelaire, L’Albatros.)
    • (Figuré) Ce fut une jouissance pour notre jeune garçon de se sentir emporté sous les ailes de la Doris, à travers cette mer un peu houleuse au large, très maniable d’ailleurs avec l’allure du grand largue. — (Jules Verne, P’tit Bonhomme, ch. 2-14, J. Hetzel et Cie, Paris, Illustrations par Léon Benett, 1891)
  2. (Cuisine) Cette partie d’une volaille préparée pour être mangée, qui comprend l’aile proprement dite et la portion charnue du haut de l’estomac au-dessus de la cuisse.
    • Servir une aile de perdreau.
  3. (Aéronautique) (Par analogie) Élément d’un avion destiné à assurer sa portance dans l’air ; grand châssis garni de toile d’un moulin à vent ; branche d’une hélice ou pale de l’hélicoptère.
    • Un moulin à vent se compose essentiellement d'un arbre porté sur un petit bâtiment en bois, […]. Dans certains cas, le corps du moulin est fixe et forme une tour en maçonnerie, sur laquelle peut tourner la toiture en entraînant avec elle l'arbre et les ailes. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 114)
    • Les ailes du ventilateur, ce hanneton, chassent comme des feuilles les cartes du mort étalées sur la table, […]. — (Paul Nizan, Aden Arabie, chap. V, Rieder, 1932 ; Maspéro, 1960, p.76)
    • Dans le choc très brutal de l’amerrissage, un croisillonnage céda et l'extrémité de l’aile gauche baignait dans l'écume. — (Jean Mermoz, Mes Vols, p. 73, Flammarion, 1937)
  4. (Architecture) Extension d’un édifice, généralement en deux parties jointes de chaque côté au corps principal du bâtiment.
    • Ces bois, étendus sur une centaine d’hectares, rejoignaient les deux ailes du château, une ancienne demeure, de style Louis XIII, à l’allure de ce qu’on appelle encore dans certaines campagnes une « maison de noblesse ». — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap. 1, 1910)
    • De l’autre côté du mur, dans l’aile réservée aux femmes, il y a des jeunes filles dont nul n’a parlé : […]. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
  5. (Automobile) Élément de carrosserie d’une voiture qui masque le haut des roues.
    • Suite à un accident, l’aile de ma voiture doit être changée.
  6. (Horlogerie) Dent d’un pignon.
  7. (Militaire, Sport) Chacune des extrémités d’une formation disposées à droite et à gauche du centre, face à l’adversaire.
    • L’aile droite d’une armée.
  8. (Par extension) Protection ; surveillance.
    • Se réfugier sous l’aile de sa mère.
  9. (Figuré) (Par extension) Élan.
    • C'est contre sa bigoterie, sa stupidité, la stupidité mesquine des médiocres qui veulent briser les ailes du génie, que Thea Kronborg devra livrer la plus dure des luttes qui la mèneront finalement au succès. — (Albert Baiwir, Le déclin de l'individualisme chez les romanciers américains contemporains, Liège : Faculté de Philosophie et Lettres & Paris : Librairie E. Droz, 1943, page 377)
  10. (Par analogie) (Botanique) Selon le contexte.
    1. Membrane bordant un organe ou le prolongeant.
      • samares à ailes convergentes, restant attachées sur l'arbre une partie de l'hiver. — (Les arbres du Québec: comment les identifier facilement de L. Z. Rousseau p.20, 1948)
    2. Pétale latéral des fabacées, ou encore sépale latéral des polygalacées.
  11. (Histoire) Partie du vêtement que l’on laissait flotter.
  12. (Héraldique) Meuble représentant une aile d’oiseau dans les armoiries. Elle est généralement représentée éployée (on voit le dessous), les rémiges primaires tournées vers le chef. À rapprocher de demi-vol et vol.
    • D’argent à cinq ailes de sable posées en sautoir, qui est de la famille Carrabal de Navarre → voir illustration « armoiries avec 5 ailes »
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AILE. n. f.
Membre qui sert à certains animaux pour se soutenir en l'air et pour voler. Les ailes des oiseaux sont revêtues de plumes. Les ailes des chauves-souris sont membraneuses. Les ailes de certains insectes sont si déliées qu'elles en sont transparentes. Un oiseau qui étend les ailes, qui déploie ses ailes. Un oiseau qui vole à tire-d'aile. Un oiseau qui tire de l'aile. Les pigeons ont l'aile forte, l'aile raide. Un moineau qui bat des ailes. Un oiseau blessé qui ne bat que d'une aile. Une poule qui rassemble ses poussins sous ses ailes. Les ailes d'un moucheron. Les ailes d'un papillon. On figure ordinairement les anges avec des ailes. Les poètes et les artistes donnent des ailes à la Victoire, à la Renommée, à l'Amour, au cheval Pégase, aux Vents, au Temps, aux Heures, à Mercure, etc. Poétiquement, Sur les ailes, sur l'aile des vents, des zéphyrs. Sur les ailes du temps. Etc. Prov. et fig., La peur donne des ailes, Elle précipite la marche, la course. Le mal a des ailes, Il arrive promptement. Prov. et fig., Ne battre plus que d'une aile, Avoir beaucoup perdu de sa vigueur, de son crédit, de sa considération. Depuis sa maladie, il ne bat plus que d'une aile. Cette affaire est bien compromise : elle ne bat plus que d'une aile. Prov. et fig., Il a du plomb dans l'aile. Il en a dans l'aile, se dit d'un Homme à qui il est survenu quelque altération grave dans la santé ou quelque disgrâce. Prov. et fig., Tirer une plume de l'aile à quelqu'un, Attraper quelque chose à quelqu'un, tirer de l'argent de lui. Arracher à quelqu'un une plume de l'aile, une belle plume de l'aile, Lui ôter quelque chose de considérable, le priver de quelque emploi. Prov. et fig., Rogner les ailes à quelqu'un, Lui retrancher de son autorité, de son crédit, de ses profits. Prov. et fig., Vouloir voler sans avoir des ailes, Entreprendre une chose au-dessus de ses forces; et Voler de ses propres ailes, Être en état de se passer du secours d'autrui. Prov. et fig., Tirer pied ou aile d'une chose, En tirer quelque profit de manière ou d'autre. Prov. et fig., Cette jeune fille est encore sous l'aile de sa mère, Elle est encore sous la conduite et la surveillance de sa mère. L'aile, les ailes du Seigneur, La protection de Dieu. Seigneur, couvrez-moi de vos ailes. Je ne craindrai rien à l'ombre de vos ailes.

AILE se dit aussi de Cette partie d'un volatile préparé pour être mangé, qui comprend l'aile proprement dite et la portion charnue du haut de l'estomac au-dessus de la cuisse. Servir une aile de perdreau, une aile de chapon, une aile de bécasse. Le haut de l'aile, le bas, le bout de l'aile. Ailes d'oie confites. Par analogie, en termes d'Arts, Les ailes d'un moulin à vent, Les grands châssis garnis de toile qui sont mis en mouvement par le vent. Les ailes d'une hélice, Les branches de l'hélice. Les ailes d'un aéroplane, Dispositif rappelant les ailes d'oiseau. Voyez HÉLICOPTÈRE. Par extension, en termes d'Architecture, Les ailes d'un édifice, Les deux parties d'un édifice qui sont jointes de chaque côté au principal corps de bâtiment. Les deux ailes d'un bâtiment. Un bâtiment qui n'a qu'une aile. Aile en retour. - Les anciens appelaient Ailes d'un temple Les murs latéraux d'un temple, avec ou sans péristyle; ce qui a fait donner, par quelques auteurs modernes, le nom d'Ailes aux Bas côtés ou nefs latérales d'une église. Les ailes d'une église. Ailes de pont, Les évasures circulaires ou à pans coupés qu'on pratique aux extrémités d'un pont pour faciliter la circulation. Ailes de théâtre, Les côtés du théâtre où se meuvent les châssis des décors et où se tiennent les acteurs pour entrer sur la scène par la droite ou par la gauche. Ailes de mouche, Les ancres employées aux angles des coffres de cheminées construits en briques. En termes militaires, Les ailes d'une armée, d'une troupe, Les deux extrémités d'une armée, d'une troupe rangée en ordre de bataille. L'aile droite, l'aile gauche d'une armée, d'un bataillon. L'aile droite de la première ligne. L'aile gauche de la seconde ligne. L'aile marchante. La cavalerie qui voltigeait sur les ailes. L'aile droite était appuyée à un bois, à un village. Il commandait l'aile droite. Le général replia son aile droite, ou simplement sa droite. On dit de même L'aile gauche, l'aile droite d'une armée navale, etc. En termes d'Anatomie, Les ailes du nez, Les deux parties du nez qui forment le côté extérieur des narines. En termes d'Horlogerie, Les ailes d'un pignon, Les dents d'un pignon. En termes de Corderie, Les ailes d'un touret, Les deux planchettes en croix qui servent à retenir le fil sur le touret, lorsqu'il est près d'être rempli. En termes de Botanique, Les ailes d'une fleur papilionacée, Les deux pétales latéraux. Ailes de pigeon, Cheveux disposés en aile de chaque côté. En termes de Sports,

AILE se dit de l'Extrémité droite ou gauche des lignes de joueurs.

Littré (1872-1877)

AILE (è-l') s. f.
  • 1Membre qui sert aux oiseaux à voler. On donne aussi ce nom aux parties à l'aide desquelles beaucoup d'insectes et quelques mammifères se soutiennent dans l'air. Les ailes des chauves-souris sont membraneuses.

    Poétiquement. Iris volant d'une aile légère, Fénelon, Tél. XVI.

    Fig. et poétique. Les ailes des zéphyrs. Sur les ailes du temps la tristesse s'envole, La Fontaine, Fab. VI, 21. Mon esprit diminue, au lieu qu'à chaque instant On aperçoit le vôtre aller en augmentant : Il ne va pas, il court, il semble avoir des ailes, La Fontaine, ib. XII, 1. Dieu que la lumière environne, Qui voles sur l'aile des vents, Racine, Esth. I, 5. Si nous montons sur les ailes des vents…, Massillon, Temples. On a beau être porté sur les ailes de la fortune au-dessus de tous les autres, Massillon, Malh. L'aimant, de nos vaisseaux seul dirigeant les ailes, Chénier, 6. Ne donnons pas à l'hymen les ailes de l'amour, Chateaubriand, Génie, I, I, 10. Viens, mon coursier… Prête sous moi des ailes à la mort, Béranger, Ch. du Cosaque. L'automne accourt et sur son aile humide M'apporte encor de nouvelles douleurs, Béranger, Voy. imaginaire. On ne vole point des mêmes ailes pour sa fortune, que l'on fait pour des choses frivoles et de fantaisie, La Bruyère, 4.

  • 2Locutions diverses. Le mal a des ailes, il arrive promptement.

    La peur donne des ailes, elle précipite la marche du plus lent.

    Familièrement. Battre de l'aile, être mal à son aise.

    Ne battre que d'une aile, être déchu de son premier état, ne plus jouir de la même considération.

    En avoir dans l'aile, être atteint d'une maladie grave, d'une disgrâce imprévue, et aussi être amoureux. Pour quelque belle, Mon doucereux neveu, vous en avez dans l'aile, Montfleury, Fille capt. I, 9.

    Tirer une plume de l'aile à quelqu'un, lui arracher une concession, en obtenir un sacrifice.

    Rogner les ailes à quelqu'un, retrancher ses profits, son autorité, ses moyens d'action. Votre intendant qui m'a rogné les ailes, Molière, l'Avare, V, 2.

    Voler de ses propres ailes, être en état de se passer d'aide.

    Vouloir voler sans avoir des ailes, entreprendre une chose au-dessus de ses forces.

    C'est la plus belle plume de son aile, c'est le plus clair de son revenu, sa plus belle prérogative, etc.

    Tirer pied ou aile d'une chose, en tirer un profit, un avantage, si médiocre qu'il soit. Tous les gens de quelque considération qui avaient eu des places dans les conseils en tirèrent pied ou aile, Saint-Simon, 520, 153. Il n'est fils de bonne mère qui n'abandonne tout pour être présenté, avec l'espoir fondé d'emporter pied ou aile, comme on dit, du budget, Courier, I, 205.

  • 3 Fig. Protection. Être sous l'aile de sa mère, sous sa surveillance, sous sa protection. Les moments que les frères et les sœurs passent réunis sous l'aile de leurs vieux parents, Chateaubriand, René, 204. Sa mère encor la tenait sous son aile, La Fontaine, Aveux. L'Église nous a tenus sous ses ailes comme des petits qu'elle enfantait, Massillon, Résurr. L'a-t-elle tenue pour ainsi parler sous ses ailes ? Bossuet, Coméd. Pour vous mettre à couvert, jetez-vous sous l'aile de la pauvreté, Bossuet, Serm. Sept.

    Dans le langage de l'Écriture, l'aile, les ailes du Seigneur, la protection de Dieu. Il les met à couvert sous l'aile de sa protection, Bossuet, II, Pass. 3. Montrons ce jeune roi que vos mains ont sauvé, Sous l'aile du Seigneur dans le temple élevé, Racine, Athal. I, 2. Un ange du Seigneur, sous son aile sacrée, A donc conduit vos pas et caché votre entrée ? Racine, Esth. I, 3.

  • 4Partie charnue d'une volaille, depuis le haut de l'estomac jusque sous les cuisses. Servez-moi une aile.
  • 5 Fig. et par extension. Les ailes d'un moulin, les châssis garnis de toile que le vent met en mouvement et qui font tourner la meule. Le vent a cassé une aile au moulin.
  • 6Les ailes d'un édifice, les deux parties qui de chaque côté sont jointes au corps principal. Aile droite, aile gauche, doivent s'entendre non par rapport à la personne qui regarde, mais par rapport au bâtiment même.

    Chez les anciens, ailes d'un temple, les murs latéraux avec ou sans péristyle.

    Chez quelques auteurs modernes, ailes d'une église, bas côtés ou nefs latérales.

  • 7Les ailes d'une armée, d'une flotte, les deux extrémités d'une armée rangée en bataille ; l'aile droite, l'aile gauche d'une armée.
  • 8 Terme de fortifications. Les côtés d'un ouvrage avancé qui tient au corps de la place.
  • 9En horlogerie, les ailes d'un pignon, les dents d'un pignon.

    Dans les corderies, les ailes d'un touret, les deux planchettes en croix qui servent à retenir le fil sur le touret, lorsqu'il est près d'être rempli.

  • 10En anatomie, les ailes du nez, les côtés extérieurs des narines.
  • 11En architecture, ailes de mouches, les ancres employées aux angles des coffres de cheminées de brique.
  • 12En fauconnerie, monter sur l'aile, se dit d'un oiseau quand il s'incline sur une aile, et qu'il s'élève par le mouvement de l'autre.
  • 13Bande de plomb qui sert à engager les losanges du verre dans le panneau des vitres.
  • 14 Terme de pêche. Ailes de filet, bandes de filet qu'on ajoute aux côtés des filets en manche.

HISTORIQUE

XIIe s. Devers l'eele del nort s'en est li bers alez, E à un pilier s'est tenuz e acostez, Th. le Mart. 148.

XIIIe s. Cil croisa moult de peule [peuple], et s'en allerent à deus ales : li premiere ale arriva à Acre à une saint Michiel…, Chr. de Rains, p. 89. Dès eles commence à ferir Et à batre, et s'en va volant Desus un orme haut et grant, Ren. 5442.

XVe s. Les archers sur ele et les gens d'armes au front, Froissart, II, II, 67. Ainsi, en eux dissimulant et boutant hors de la presse, ils s'en vinrent sur un coin de la bataille, et firent une aelle, Froissart, II, III, 79. Ce duc [d'Anjou] se tenoit communement à Paris, et supportoit dessous ses aelles ceux de Paris, Froissart, II, II, 135. Estre devroient diffamez, S'ilz ne voloient de bonne elle Vers les grands biens qui sont en elles, Orléans, Rondel. 38. Et voloient de si haulte aisle, que à peine on en osoit parler, Juvénal Des Ursins, Charles VI, 1392.

XVIe s. Si vous souffrez qu'un oyseau de basse aelle Au nid de l'aigle aille à force loger…, Marot, J. V, 65. Dont il revint tost en vie et si sain Qu'il s'en vola battant l'une et l'autre aile, Saint-Gelais, 200. Elle vous tire à tous les coups quelque argent de sous l'aile, Despériers, Contes, X. La pesanteur des Parisiens donna des aeles à la paix, D'Aubigné, Hist. II, 119. Le regiment de Combelle fut le premier qui arriva en Haynaut avec quelque trouppe de noblesse, qui marcherent sous son aile, D'Aubigné, ib. II, 385. Les ailes du nez, Paré, III, 2. Je ne le puis si peu raccointer [Plutarque], que je n'en tire cuisse ou aile, Montaigne, III, 355. On les a veu voler d'une aile si hault que…, Montaigne, I, 41.

On remarquera qu'au XVIe siècle la locution tirer pied ou aile était tirer cuisse ou aile ; ce qui se rapporte mieux à une volaille qu'on découpe.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

AILE. Ajoutez :
14Instrument servant à dévider. J'ai vu à Tarare des femmes qui bobinaient leur fil avec de petites ailes en osier ; ces ailes sont à six pans ; elles sont parfaitement réglées pour l'échevette anglaise, Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet., t. IV, p. 248.
15 Terme d'archéologie romaine. Nom d'une troupe de cavalerie.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

AILE, s. f. (Ecrivain.) Les Ecrivains entendent par l’aile d’une plume la partie supérieure & barbue d’une plume. Ils y distinguent le dessus & le dessous, la partie cannelée qu’ils nomment l’aile intérieure ou le dedans de l’aile, & la partie lisse qu’ils appellent l’extérieure ou le dessus.

Aile, ala. Les Hébreux sous le nom d’aile entendent non-seulement les ailes des oiseaux, mais aussi le pan des habits, l’extrémité d’un pays, les ailes d’une armée ; & dans le sens figuré & métaphorique, la protection, la défense. Dieu dit qu’il a porté son Peuple sur les ailes des aigles ; c’est-à-dire, qu’il les a tirés de l’Egypte comme un aigle porte ses petits sous ses ailes. Le Prophete prie Dieu de le protéger sous ses ailes : il dit que les enfans des hommes esperent dans la protection de ses ailes, in tegmine alarum tuarum sperabunt. Ruth prie Booz d’étendre sur elle l’aile de son habit : expande pallium tuum (Hébreu) alam tuam super famulam tuam. Dans Jérémie ij. 34, le sang s’est trouvé dans vos ailes, dans le pan de vos habits. Isaïe parlant à l’armée du Roi d’Israel & de Syrie, qui devoit venir sur les terres de Juda, dit : l’étendue de ses ailes remplira toute votre terre, ô Emmanuel. Le même Prophete nomme les sistres des Egyptiens cimbalum alarum, apparemment à cause des baguettes qui joüoient dans les trous du sistre. Exod. xix. 4. Deut. xxxij. 11. Psal. xxj. 9. xxv. 8. Ruth iij. Is. viij. 8. & xviij. 1.

Ailleurs il nomme l’aile de la terre l’extrémité du pays. Isaïe xiv. 16. Nous avons oüi les loüanges du juste de l’extrémité de la terre : à finibus terræ, (l’Hébreu) ab alis terræ. Voyez aussi Job xxxviij. 13. Tenuisti extrema terræ. Malach. vj. 2. On donne aux rayons du soleil le nom d’ailes : orietur vobis sol justitiæ & sanitas in pennis ejus : ou plûtôt on nous représente le soleil comme ayant des ailes à cause de la rapidité de sa course. Les Poëtes donnent quelquefois des ailes aux animaux qui traînent le char d’Apollon : ils en donnent aussi à Mithras, qui est le soleil. Osée iv. 19. parlant du vent, nous le représente avec des ailes : ligavit eum spiritus in alis suis. Calmet, Dict de la bib. tom. I. lettre A. pag. 88. (G)

Aile, en Anatomie, se dit de différentes parties, comme des inférieures du nez, des deux lames osseuses de l’apophyse ptérigoide, des quatre apophyses de l’os sphenoide, dont deux sont appellées les grandes ailes, & deux les petites ailes. Voyez Pterigoide, Sphenoide, Nez, &c. Voyez Pl. I. Anatomie, fig. 2. 5. HIK VX4 l’os sphenoide. VX4 les grandes ailes. H l’aile externe. I l’aile interne. K le petit crochet qui s’observe à l’extrémité de l’aile interne. (L)

Aile, partie du corps des oiseaux qui est double, & qui correspond à nos bras & aux jambes de devant des quadrupedes. C’est par le moyen des ailes que les oiseaux se soûtiennent en l’air & volent. Tout animal qui peut voler, a des ailes ou des parties de son corps qui ressemblent à des ailes pour la figure & pour le mouvement, comme on le voit dans plusieurs insectes tels que les mouches, les papillons, les scarabés, &c. On trouve même des animaux bien différens des insectes & des oiseaux, qui sont cependant conformés de façon qu’ils peuvent voler ; tels sont les chauve-souris & l’écureuil volant. Aussi y a-t-il beaucoup de différence entre toutes ces sortes d’ailes ; les unes sont membraneuses, les autres sont cutanées. Voyez Insecte, Chauve-souris, écureuil. Les ailes des oiseaux sont couvertes de plumes, ou pour mieux dire les plumes sont la principale partie des ailes des oiseaux. Cette conformation paroît la plus favorable pour le vol : cependant il y a des oiseaux qui ne peuvent pas voler, quoiqu’ils aient des ailes ; tels sont le pingouin, l’émeu & l’autruche.

Il ne sera ici question que des ailes des oiseaux. Voici ce que dit à ce sujet M. Formey, Secrétaire de l’Académie Royale des Sciences de Berlin, dans un manuscrit qu’il nous a remis.

« Ailes, parties du corps des oiseaux, qui sont les instrumens du vol, & qui sont façonnées pour cet effet avec beaucoup d’art, placées à l’endroit le plus commode du corps, & le plus propre à le tenir dans un exact équilibre au milieu d’un fluide aussi subtil que l’air. En général, toute la structure des ailes est parfaitement convenable à leur méchanisme

» Elles sont façonnées avec beaucoup d’art. Cet art incomparable brille dans la construction de chaque plume. Le tuyau en est extrèmement roide & creux par le bas, ce qui le rend en même tems fort & léger. Vers le haut il n’est pas moins dur, & il est rempli d’une espece de parenchyme, ou de moelle, ce qui contribue aussi beaucoup à sa force & à sa légereté. La barbe des plumes est rangée régulierement des deux côtés, large d’un côté & étroite de l’autre. On ne sauroit assez admirer l’exactitude du sage Auteur de la nature dans le soin exact qu’il a pris d’une partie aussi peu considérable que le paroît cette barbe des plumes qui sont aux ailes. On y peut observer entr’autres ces deux choses. 1°. Que les bords des filets extérieurs & étroits de la barbe se courbent en bas ; au lieu que ceux des intérieurs & plus larges, se courbent en haut. Par ce moyen les filets tiennent fortement ensemble ; ils sont clos & serrés, lorsque l’aile est étendue, de sorte qu’aucune plume ne perd rien de la force ou de l’impression qu’elle fait sur l’air. 2°. On peut remarquer une adresse & une exactitude qui ne sont pas moins grandes, dans la maniere dont les plumes sont coupées à leur bord. Les intérieures vont en se rétrécissant, & se terminent en pointe vers la partie supérieure de l’aile. Les extérieures se rétrécissent d’un sens contraire, de la partie supérieure de l’aile vers le corps, du moins en beaucoup d’oiseaux. Celles du milieu de l’aile ayant une barbe partout égale ne sont gueres coupées de biais ; de sorte que l’aile soit étendue, soit resserrée, est toujours façonnée & taillée aussi exactement que si elle avoit été coupée avec des ciseaux. Mais pour revenir à la rissure même de cette barbe dont nous avons entrepris l’examen, elle est composée de filets si artistement travaillés, entrelaçés d’une maniere si curieuse, que la vûe n’en peut qu’exciter l’admiration, sur-tout lorsqu’on les regarde avec des microscopes. Cette barbe ne consiste pas dans une seule membrane continue ; car alors, cette membrane étant une fois rompue, ne se remettroit en ordre qu’avec beaucoup de peine : mais elle est composée de quantité de petites lames, ou de filets minces & roides, qui tiennent un peu de la nature d’un petit tuyau de plume. Vers la tige ou le tuyau (sur-tout dans les grosses plumes de l’aile) ces petites lames sont plus larges & creusées dans leur largeur en demi-cercle ; ce qui contribue beaucoup à leur force, & à serrer davantage ces lames les unes sur les autres, lorsque l’aile fait ses battemens sur l’air. Vers le bord ou la partie extérieure de la plume, ces lames deviennent très-minces, & se terminent presqu’en pointe ; en dessous elles sont minces & polies, mais en dessus leur extrémité se divise en deux parties, garnies de petits poils, chaque côté ayant une différente sorte de poils. Ces poils sont larges à leur base ; leur moitié supérieure est plus menue & barbue.

» Les ailes sont placées à l’endroit le plus commode du corps. Il est constant que dans tous les oiseaux qui ont le plus d’occasion de voler, les ailes sont placées à l’endroit le plus propre à balancer le corps dans l’air, & à lui donner un mouvement progressif aussi rapide que les ailes & le corps sont capables d’en recevoir. Sans cela nous verrions les oiseaux chanceler à tout moment, & voler d’une maniere inconstante & peu ferme ; comme cela arrive, lorsqu’on trouble l’équilibre de leur corps, en coupant le bout d’une de leurs ailes, ou en suspendant un poids à une des extrémités du corps. Quant à ceux qui nagent & qui volent, les ailes pour cet effet sont attachées au corps hors du centre de gravité ; & pour ceux qui se plongent plus souvent qu’ils ne volent, leurs jambes sont plus reculées vers le derriere, & leurs ailes plus avancées vers le devant du corps.

» Structure des ailes. La maniere dont les plumes sont rangées dans chaque aile est fort étonnante. Elles sont placées dans un ordre, qui s’accorde exactement avec la longueur & la force de chaque plume : les grosses servent d’appui aux moindres ; elles sont si bien bordées, couvertes, & défendues par les plus petites, que l’air ne sauroit passer à travers ; par là leurs impulsions sur ce fluide sont rendues très-fortes. Enfin pour finir cet article qui mériteroit que nous nous y arrêtassions plus long-tems, quel appareil d’os très-forts, mais sur-tout légers, & formés avec une adresse incomparable ! quelles jointures qui s’ouvrent, se ferment, ou se meuvent de quelque côté que l’occasion le demande, soit pour étendre les ailes, soit pour les resserrer vers le corps ! en un mot, quelle diversité de muscles, parmi lesquels la force singuliere des muscles pectoraux mérite sur-tout l’attention, parce qu’ils sont beaucoup plus forts & plus robustes dans les oiseaux que dans l’homme, que dans tout autre animal qui n’a pas été fait pour voler. Plaçons ici la remarque de Borelli à cet égard : pectorales musculi hominis flectentes humeros, parvi & parum carnosi sunt, non æquant quinquagesimam aut septuagesimam partem omnium musculorum hominis. Contra in avibus pectorales musculi validissimi sunt, & æquant, imo excedunt, & magis pendent quam reliqui omnes musculi ejusdem avis simul sumpti. De motu animal. Vol. I. Prop. 184. M. Willughby après avoir fait la même remarque, ajoûte la réflexion suivante : C’est par cette raison, que s’il étoit possible à l’homme de voler, ceux qui ont considéré le plus attentivement ce sujet, croyent que pour entreprendre une pareille chose avec espérance de succès, on doit tellement ajuster & ménager les ailes, que pour les diriger on se serve des jambes & non des bras, parce que les muscles des jambes sont beaucoup plus robustes, comme il l’observe très-bien. Willug. Ornith. L. I. c. 1. §. 19, apud Derham Theol. Phys. p. 474 ». Ici finit le Manuscrit de M. Formey, pour le mot aile.

Je n’ajouterai à cet article qu’une énumération des principales parties de l’aile. « Tous les oiseaux, dit Willughby, ont à l’extrémité de l’aile une sorte d’appendice en forme de doigt, qu’il appelle l’aile secondaire extérieure, ou la fausse aile extérieure ; elle n’est composée que de quatre ou cinq plumes. Quelques oiseaux ont un rang de plumes sur la partie intérieure de l’aile ; c’est ce qu’on appelle la fausse aile intérieure. Ses plumes sont ordinairement blanches. On distingue dans les ailes deux sortes de plumes : les grandes qui sont celles qui servent le plus pour le vol, c’est pourquoi on les appelle alarum remiges, comme si on disoit, les rameurs ou les rames de l’aile ; les autres plumes sont les plus petites, elles recouvrent la partie inférieure des grandes, ce qui leur a fait donner le nom de remigum tegetes. On distingue celles qui sont sur la face extérieure de l’aile, & celles qui sont sur la face intérieure. Ces plumes sont disposées sur l’une & sur l’autre face par rangs qui suivent la longueur de l’aile & qui se surmontent les uns les autres. Les plumes qui se trouvent sur la côte de l’aile sont les plus petites ; les autres sont plus grandes à mesure qu’elles approchent des grandes plumes de l’aile. On les a appellées alarum vestitrices, parce qu’elles revêtent les ailes en dessus & en dessous. (I)

Aile, s’emploie aussi en Fauconnerie ; on dit : monter sur l’aile ; donner du bec & des pennes, pour exprimer les différentes manieres de voler. Monter sur l’aile, c’est s’incliner sur une des ailes, & s’élever principalement par le mouvement de l’autre. Donner du bec & des pennes, c’est accélérer le vol par l’agitation redoublée de la tête & de l’extrémité des ailes.

Aile, terme de Botanique. Les ailes des fleurs légumineuses sont les deux pétales qui se trouvent placés entre ceux que l’on a nommés le pavillon & la carene ; ce sont les mêmes pétales qui représentent les ailes de papillon dans ces mêmes fleurs auxquelles on a aussi donné le nom de papilionacées à cause de cette ressemblance. On entend aussi quelquefois par le mot d’ailes de petites branches qui sortent de la tige ou du tronc des plantes. On ne doit pas prendre le mot d’aile pour celui d’aisselle qui est l’angle que la feuille forme avec sa tige. Voyez Aisselle des plantes. On donne le nom d’aile à la petite membrane qui fait partie de certaines graines, par exemple, de celles de l’érable ; on appelle ces graines semences ailées. On dit aussi tige ailée, lorsqu’il y a de ces sortes de membranes qui s’étendent le long d’une tige. (I)

Aile, terme d’Architecture. Les Anciens comprennent généralement sous ce nom le portique & toutes les colonnes qui sont autour d’un temple, c’est-à-dire celles des faces aussi-bien que celles des côtés. Ils appelloient péripteres les temples qui avoient des ailes tout à l’entour ; & par conséquent les colonnes des faces de devant & de derriere, étoient selon eux, des ailes. Voyez Périptere.

Aile se dit, par métaphore, d’un des côtés en retour d’angle, qui tient au corps du milieu d’un bâtiment.

On dit aile droite & aile gauche par rapport au bâtiment où elles tiennent, & non pas à la personne qui le regarde ; ainsi la grande galerie du Louvre, en regardant le château du côté de la grande cour, est l’aile droite du palais des Thuileries.

On donne encore ce nom aux bas-côtés d’une Église.

Ailes de mur. Voyez Mur en ailes.

Ailes de cheminée : ce sont les deux côtés de mur dans l’étendue d’un pié, qui touche au manteau & tuyau d’une cheminée, & dans lesquels on scelle les boulins pour échafauder.

Ailes de pavé ; ce sont les deux côtés ou pente de la chaussée d’un pavée depuis le tas droit jusqu’aux bordures.

Ailes se dit aussi des deux plus petits côtés d’un vestibule. Vitruve, Lib. VI. pag. 212. (P)

Aile ; espece de bierre très-commune en Angleterre & en France. M. James, Anglois, & qui doit savoir par conséquent ce que c’est que l’aile, dit qu’elle est jaunâtre, claire, transparente & fort piquante ; qu’elle prend au nez, qu’elle est apéritive & agréable au goût ; qu’il n’y entre ni houblon ni autres plantes ameres ; & que sa grande force vient d’une fermentation extraordinaire qu’on y a excitée par quelques ingrédiens acres & piquans.

Nos Brasseurs au contraire entendent par aile, la même chose que par métiers, une liqueur sans houblon ; la premiere dissolution de la farine dans l’eau chaude, qu’on fait ensuite bouillir & dont on obtient, sans autre préparation, une liqueur doucereuse, même sucrée, mais jusqu’à la fadeur, & qui n’est pas de garde.

Ailes de saint Michel, est le nom d’un ordre de Chevalerie institué en Portugal en 1165, suivant le Pere Mendo, Jésuite, ou en 1171, suivant D. Michieli, comme on le peut voir dans son Tesoro militar de Cavalleria. Alphonse-Henri premier, Roi de Portugal, fonda cet ordre à l’occasion d’une victoire qu’il avoit remportée sur le Roi de Séville & les Sarrasins, & dont il attribuoit le succès au secours de S. Michel, qu’il avoit pris pour patron contre les Infideles.

La banniere de cet Ordre étoit une aile semblable à celles de l’Archange, de couleur de pourpre, & environnée de rayons d’or. La regle des Chevaliers étoit celle de S. Benoît. Ils faisoient vœu de défendre la Religion chrétienne, & les frontieres du Royaume, & de secourir les orphelins. Leur devise étoit quis ut Deus ? qui est en Latin la signification du mot Hébreu, Michel. (G)

Ailes, s. f. pl. en terme de Guerre, sont les deux extrémités d’une armée rangée en bataille : on les distingue en aile droite & en aile gauche. Voyez Armée, Bataillon, &c. La cavalerie est ordinairement portée sur les ailes, c’est-à-dire sur les flancs, à la droite & à la gauche de chaque ligne ; on la place ainsi afin de couvrir l’infanterie qui est au milieu. Voyez Ligne & Flanc.

Pan, l’un des Capitaines de Bacchus, est regardé comme le premier inventeur de cette maniere de ranger une armée en bataille ; & c’est-là la cause, à ce qu’on prétend, pourquoi les Anciens, qui nommoient cornua ce que nous appellons ailes aujourd’hui, representoient Pan avec des cornes à la tête. Voyez Panique.

Ce qu’il y a de certain, c’est que cette maniere de ranger les armées est très-ancienne. On sait que les Romains donnoient le nom d’ailes à deux corps de troupes de leurs armées, qui étoient placés l’un à droite & l’autre à gauche, & qui consistoient l’un & l’autre dans 400 chevaux & 4200 fantassins. Ces ailes étoient ordinairement de troupes alliées, & leur usage étoit de couvrir l’armée Romaine, comme les ailes d’un oiseau servent à lui couvrir le corps. Les troupes des ailes étoient appellées alares, & alares copiæ.

Aujourd’hui les armées sont divisées en aile droite, aile gauche, & centre.

Ailes signifie aussi les deux files qui terminent la droite & la gauche d’un bataillon ou d’un escadron. Du tems qu’on avoit des Piquiers, on les plaçoit dans le milieu, & les Mousquetaires aux ailes. (Q)

Ailes, dans la Fortification, sont les côtés ou les branches des ouvrages à corne, à couronne & autres ouvrages extérieurs. V. Ouvrage à corne, &c.

Les ailes ou côtés doivent être flanqués ou par le corps de la place, lorsqu’elles n’en sont pas trop éloignées, ou du moins par des redoutes, ou par des traverses faites dans leur fossé. Celles des ouvrages à corne placés vis-à-vis les courtines, sont flanquées ou des demi-lunes collatérales ou des faces des bastions. Il en est de même des ouvrages à corne placés vis-à vis les bastions, & des ouvrages à couronne.

Il faut observer que si l’on veut que ces ailes soient exactement défendues, leur extrémité vers la campagne ne doit être éloignée des parties qui les défendent que de la portée du fusil, c’est-à-dire de 120 ou 140 toises. Il faut aussi que la défense n’en soit pas trop oblique ; autrement elle devient très-foible, & d’un très-léger obstacle à l’ennemi. (Q)

Les Ailes du nez. Voyez Nez. (L)

Ailes de chauve-souris, vespertilionum alæ, en Anatomie, sont deux ligamens fort larges & membraneux, qui tiennent le fond de la matrice attachée aux os de l’ilium ; leur nom vient de la ressemblance qu’elles ont avec les ailes d’une chauve-souris. (N)

Ailes, nom que les Horlogers donnent aux dents d’un pignon. Voyez Dent, Pignon.

Pour que la roue mene uniformément le pignon, lorsque la dent rencontre l’aile dans la ligne des centres, il faut que la face de cette aile soit une ligne droite tendante au centre. Voyez Roue, Engrenage. (T)

Ailes, se dit, en Jardinage, des arbres ou des plantes qui poussant des branches à côté les unes des autres, forment des especes d’ailes. On voit aux artichaux, des pommes à côté du principal montant & sur la même tige ; ces pommes sont appellées les ailes d’un pié d’artichaux. (K)

Ailes, terme de Tourneur ; ce sont deux pieces de bois plates & triangulaires qu’on attache en travers à une des poupées du tour, pour lui servir de support, quand on veut tourner des quadres ronds.

Ailes, ou Ailerons, en terme de Vitrier, sont les extrémités les plus minces du plomb qui entretiennent les pieces de verre dont un panneau de vitre est composé ; & qui recouvrant de part & d’autre ces mêmes pieces, empêchent que le vent ni la pluie ne passent entre le plomb & le verre. Voyez Lingotiere.

Ailes, (Manége) les ailes de la lance sont les pieces de bois qui forment l’endroit le plus large de la lance au-dessus de la poignée. Voyez Lance. (V)

Ailes, en Blason, se portent quelquefois simples & quelquefois doubles ; on appelle ces dernieres ailes conjointes. Quand les pointes sont tournées vers le bas de l’écusson, on les nomme ailes renversées, & ailes élevées, quand les pointes sont en haut. Voyez Vol. (V)

Ailes, (terme de riviere.) sont deux planches formant arrondissement, de trois pouces d’épaisseur, que l’on met au bout des semelles d’un bateau foncet en avant & en arriere.

Aile, partie de moulin à vent. Voyez Moulin.

Aile de fiche, ou Couplet ; c’est la partie de ces ouvrages de serrurerie qui s’attache sur le bois, & qui est entraînée dans le mouvement d’une porte, d’une fenêtre, d’un volet brisé ; en un mot, on donne le nom d’aile, à tout ce qui n’est pas la charniere.

Aile, se dit de la partie des lardoires à l’usage des cuisiniers & rotisseurs, qui est fendue en plusieurs parties, & évasée autant qu’il le faut pour recevoir le lard, dont on veut piquer une viande.

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Étymologie de « aile »

Berry, ale ; bourguig. aule ; provenç. ital. et espagn. ala ; de ala, aile. On regarde ala comme une abréviation de axla, comme tela, toile, est pour texla, et axla est le radical d'axilla (voy. AISSELLE).

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Phonétique du mot « aile »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
aile ɛl

Citations contenant le mot « aile »

  • Quand la pauvreté se faufile par la porte, d'un coup d'aile l'amour entre par la fenêtre. De Oscar Wilde / Le Portrait de Dorian Gray
  • Puisqu'on dit que le bonheur N'existe pas sur la terre Que l'aile de mes chimères Puisse nous conduire ailleurs. De Jacques Dutronc / Opium
  • Votre corps, d'une extrémité d'aile à l'autre, n'existe que dans votre pensée, qui lui donne une forme palpable. De Richard Bach / Jonathan Livingstone le goéland
  • Ainsi va le monde ici-bas. Le temps emporte sur son aile Et le printemps et l'hirondelle, Et la vie et les jours perdus De Alfred de Musset / A Juana
  • Le coup d’aile de l’imaginaire est nécessaire pour que le vécu devienne un vécu écrit. Pour que l’inconscient se manifeste sans le dire. De Henry Bauchau / Le Présent d’incertitude
  • La parole est une aile du silence. De Pablo Neruda
  • Je ne suis ni l'aile droite ni l'aile gauche. Je suis l'oiseau. De Proverbe indien
  • L’homme a l’amour pour aile et pour joug le besoin. De Victor Hugo / Les contemplations
  • La vérité monte d'un coup d'aile jusqu'au symbole. De Emile Zola / Lettre à Henry Céard sur Germinal
  • Oh, le beau triomphe que de casser l’aile au rêves ! De Alphonse Allais / A se tordre
  • La nuit tombe, vous frôle en passant de son aile noire toute humide. De Alphonse Daudet / Lettres de mon moulin
  • Pas d'aile, pas d'oiseau, pas de vent, mais la nuit, Rien que le battement d'une absence de bruit. De Eugène Guillevic / Sphère
  • L'amour, c'est l'aile que Dieu a donnée à l'homme pour monter jusqu'à lui. De Michel-Ange / Lettres familières
  • La liberté n'est pas un vain néant ; Songe toujours que d'une aile rapide La liberté voltige en l'effleurant. De Anonyme / Impromptu
  • L'amour c'est l'aile de l'âme qui nous élève au-dessus des vicissitudes de la vie. De Antonio Pelletier / Coeurs et homme de coeur
  • Mais la tradition est aujourd’hui menacée dans son existence même. A cause de l’opinion publique relayée par les défenseurs de la cause animale ? A cause du désintérêt des jeunes générations pour l’élevage de coqs de combat, trop contraignant ? Alors, le désir du jeune Rémy de perpétuer la tradition risque de battre de l’aile. D’autant plus qu’en 2015, le Conseil Constitutionnel a confirmé l’interdiction d’ouvrir de nouveau gallodromes (les salles de combats de coqs). France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, "Combats de coqs" : la tradition bat de l’aile, les derniers coqueleurs tentent de ne pas y laisser toutes leurs plumes
  • La députée Fiona Lazaar quitte un groupe LRM jugé trop à droite, d’anciens « marcheurs » se structurent en parti… Epuisés par une séquence régalienne qu’ils subissent, les députés de l’aile gauche de LRM survivent mal à cette fin d’année Le Monde.fr, La lente agonie de l’aile gauche de LRM
  • Le premier est une grande aile volante d’une capacité de 200 passagers. Ce design de rupture a des avantages: un meilleur aérodynamisme, une meilleure portance et une grande capacité de stockage du carburant. Mais l’aile volante a aussi des défauts, notamment une instabilité naturelle par rapport à un appareil classique, formé d’un tube et de deux ailes. Elle pose aussi la question de l’interface avec les installations aéroportuaires, qui sont inadaptées à ce stade. LEFIGARO, Aile volante, avion électrique rechargeable: comment Airbus prépare l’avion du futur

Traductions du mot « aile »

Langue Traduction
Anglais wing
Espagnol ala
Italien ala
Allemand flügel
Chinois 翅膀
Arabe جناح
Portugais asa
Russe крыло
Japonais
Basque hegal
Corse ala
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Synonymes de « aile »

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