La langue française

Flanc

Sommaire

  • Définitions du mot flanc
  • Étymologie de « flanc »
  • Phonétique de « flanc »
  • Évolution historique de l’usage du mot « flanc »
  • Citations contenant le mot « flanc »
  • Traductions du mot « flanc »
  • Synonymes de « flanc »
  • Antonymes de « flanc »

Définitions du mot « flanc »

Trésor de la Langue Française informatisé

FLANC, subst. masc.

I.
A.− [Chez l'être humain]
1. Chacune des deux parties latérales symétriques (droite et gauche) situées au-dessous des fausses côtes; partie latérale du tronc, de tout le corps. Synon. côté.Il se souleva brusquement, saisit à deux mains son grand bâton étendu à son flanc et articula un jurement énergique (Sand, Meunier d'Angib.,1845, p. 230).Dans la calèche, elle aimait (...) le contact de ce petit corps sur lequel elle penchait le sien, le serrant jalousement contre son flanc (Goncourt, MmeGervaisais,1869, p. 303).[Chez le type respiratoire] le tronc est (...) trapézoïde, à base supérieure, les épaules larges, surtout vues de dos, le sternum long, la taille fine avec à peine un doigt de flanc (Mounier, Traité caract.,1946, p. 212):
1. Sur le lit reposaient deux corps nus (...). J'admirais en silence leurs membres déliés et robustes, et la respiration heureuse qui enflait leur poitrine et creusait leurs flancs. Green, Autre sommeil,1931, p. 75.
SYNT. Flanc droit, gauche; flanc creux, décharné, étroit, large, maigre; épée, fusil, sabre au flanc; être étendu, allongé sur le flanc.
[Avec une valeur métaph.; accompagné d'un compl. prép. de désignant un inanimé] Y aura-t-il un État dans l'État, un allié naturel et permanent de l'étranger parmi nous, un port et une porte ouverte aux flancs du royaume? (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t. 12, 1857, p. 333).
Locutions
a) Sur le flanc. Alité. Au fig. Fatigué, las, incapable de toute activité. Il toussait, il s'excusait, en disant qu'une goutte d'eau-de-vie le mettait sur le flanc (Zola, Assommoir,1877, p. 622).Et son long monologue inexprimé le laissait sur le flanc, endolori et vidé de soi (Arnoux, Seigneur,1955, p. 98).
b) Au fig.
Fam. Se battre les flancs pour (+ inf.). Faire de grands efforts de volonté, s'évertuer. Ses lettres me paraissent bien raisonnables, mais j'ai peur qu'elle ne se batte un peu les flancs pour m'écrire et, de peur de m'attrister, fasse bonne contenance en dépit d'elle-même (Flaub., Corresp.,1849, p. 127).Il vaut mieux avoir des illusions que de n'en avoir plus du tout. J'en ai encore trois ou quatre (...) mais je me bats les flancs pour les conserver (Mérimée, Lettres à une inconnue,1870, p. 67).
Pop. Se caler les flancs. Se rassasier. Synon. se caler les joues.Quand je veux bien dîner, j'achète deux ronds de saucisson et je me cale les flancs (Esnault, Notes compl. Poilu,1956).
Fam. Tirer au flanc. Employer divers moyens pour se soustraire à une tâche, à ses obligations. Synon. vulg. tirer au cul*.Plusieurs petits bourgeois avares, partis pour toucher une solde de mercenaires et résolus à tirer au flanc (Malraux, Espoir,1937, p. 497).Eux qui avaient rechigné, gouaillé, tiré au flanc, désobéi, ils s'étaient redonné un chef : un colonel (...) ils avaient pris un nom : les Croix de Feu! (Vialar, Carambouille,1949, p. 249).En compos. Un tire-au-flanc*. Tirage* au flanc.
Région. (Canada). Flanc(-)mou. Personne sans énergie, qui manque de courage. Il réclamait (...) un gobelet d'eau, un outil, ou s'informait de l'heure, afin d'obtenir un répit. Le père Didace, le surveillait : − Le flanc-mou! Va-t-il encore s'éreinter (Guèvremont, Survenant,1945, p. 35).
Littér. Avoir une plaie au flanc; avoir le fer au flanc. Être le siège d'une grande peine, d'un tourment. Si tu as ton rêve, moi j'ai ma plaie au flanc, qui m'a rongé et m'a laissé vide (...). C'est fini (...). Je ne crois plus à rien, à rien, à rien! (Zola, Paris,t. 1, 1897, p. 228).Solange Dandillot était revenue de Gênes avec le fer au flanc. Gênes aurait dû être une circonstance décisive. Qu'en était-il né? Rien (Montherl., Lépreuses,1939, p. 1372).[Avec une valeur métaph.; avec un compl. prép. de désignant un inanimé] La luxure est une plaie mystérieuse au flanc de l'espèce. Que dire, à son flanc? À la source même de la vie (Bernanos, Journal curé camp.,1936, p. 1126).Les hommes au pouvoir jetteront-ils le manteau sur cette plaie au flanc de la Nation? (Mauriac, Nouv. Bloc-notes,1961, p. 296).
2. P. méton.
a) Vieilli. La partie du corps où la vie semble profondément logée, qui est le lieu de la sensibilité. Mon Dieu m'a dit : « Mon fils il faut m'aimer. Tu vois Mon flanc percé... » (Verlaine, Œuvres compl.,t. 1, Sagesse, 1881, p. 236).
b) Littér. [Chez la femme] Siège de la gestation. Synon. entrailles, ventre.Je ne te crois pas capable d'aimer huit jours une femme qui, pour échapper à un malheur inévitable, irait prêter aux caresses maritales un flanc fécondé par toi (Sand, Corresp.,t. 1, 1835, p. 307).Avez-vous lieu de présumer que vous soyez le père de l'enfant que MmeLuneau porte dans son flanc? (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Cas MmeLuneau, 1883, p. 109).
[Avec une valeur métaphys., avec un compl. prép. de désignant un inanimé] La révolution se leva, prête à mettre au jour la génération guerrière que huit siècles d'héroïsme avaient déposée dans ses flancs (Chateaubr., Mém.,t. 4, 1848, p. 578).Au moment où nous sommes, une gestation auguste est visible dans les flancs de la civilisation (Hugo, Paris,1867, p. 17).Que l'armistice fût ou non inévitable, il portait dans ses flancs la politique de Montoire (Mauriac, Journal,1950, p. 113).
B.− [Chez l'animal] Chacune des deux régions latérales (droite et gauche) délimitées par la dernière côte, la cuisse et le ventre; partie latérale de tout le corps. Ce muscle écarte la nageoire du flanc et la porte en devant (Cuvier, Anat. comp.,t. 1, 1805, p. 336).C'est en regardant les muscles circulaires rouler au flanc des couleuvres qu'il a compris le drame silencieux de l'universelle faim (Faure, Hist. art,1912, p. 214).Wolf (...) se tapit sous la table, dans les jupes de Kate, et n'en bougea plus, le flanc haletant (Peyré, Matterhorn,1939, p. 170):
2. Bamara père [un lion] rugit, roule des yeux terribles, fronce sa courte crinière, découvre ses crocs et, de long en large, se promène en se battant les flancs d'une queue irritée. Maran, Batouala,1921, p. 160.
− Domaine de l'hippologie.,,Région basse du thorax, sur laquelle agit la jambe du cavalier`` (St-Riquier-Delp. 1975).
Cheval qui bat du/des flancs. Cheval essoufflé. (Dict. xixeet xxes.).
SYNT. Flanc d'un âne, d'une baleine, d'un chevreuil, d'un crocodile, d'un faisan, d'un taureau, d'une vache, etc.; serrer, éperonner les flancs d'un cheval.
C.− Loc. Flanc à flanc. Côte à côte. C'étaient des bêtes de taille presque égale serrées flanc à flanc (Giono, Gd troupeau,1931, p. 17).Pendant ces quarante années où nous avons souffert flanc à flanc, tu as trouvé la force d'éviter toute parole un peu profonde, tu as toujours tourné court (Mauriac, Nœud vip.,1932, p. 18).Elle s'est allongée flanc à flanc avec moi et les deux chaleurs de son corps et du soleil m'ont un peu endormi (Camus, Étranger,1942, p. 1161).
II.− P. anal.
A.−
1.
a) [S'appliquant à la partie verticale de divers éléments ou choses] Partie latérale, côté. Quatre bottines, deux grandes et deux petites, traînaient au pied du lit, tombées sur le flanc (Maupass., Bel-ami,1885, p. 357).La lumière blanche (...) sur le flanc d'un vase, se rit en couleurs multipliées (Claudel, Repos 7ejour,1901, III, p. 857):
3. ... il existe dans la Suisse un grand nombre de petites lignes à crémaillère grimpant au flanc des montagnes et destinées à hisser les touristes sur les cimes les plus escarpées, témoin le chemin de fer électrique de la Jung-Frau qui amène les voyageurs au sommet même des glaciers. Soulier, Gdes applic. électr.,1916, p. 158.
Spéc., MAR. Sur les nouveaux croiseurs cuirassés on a été conduit à ne pas percer de sabords dans les entreponts supérieurs pour ne pas trop découper la cuirasse des flancs (Croneau, Constr. nav. guerre,t. 1, 1892, p. 7).
SYNT. Flanc d'une colline, d'un coteau, d'un ravin, d'un roc, d'un rocher, d'un talus, d'une vallée; flanc d'un bâtiment, d'une maison, d'un mur; flanc d'un bateau, d'une barque, d'un paquebot; flanc d'une voiture; flanc d'une armoire, d'une commode; flanc d'une bouteille, d'une cruche, d'une théière, d'un verre; flanc d'un arbre, d'une citrouille, d'un concombre, etc.
À flanc de. Sur la pente de. Je vis une maison rustique, mais très grande et d'un aspect attrayant qui semblait située à flanc de coteau, sur une belle prairie déclive (Lacretelle, Am. nupt.,1929, p. 108).On les trouve [les plus beaux exemplaires de saphir-astérie] à flanc de colline dans des dépôts de roches ignées (Metta, Pierres Préc.,1960, p. 75).
b) P. méton. et au plur. Partie intérieure (d'une chose creuse). Le déjeuner (...) où l'on mit en commun les succulentes victuailles extraites des flancs insondables du carnier de maître Trotabas (Arène, Veine argile,1896, p. 192):
4. ... pour tout meuble, il y avait là un lit de fer, une table de bois blanc et deux chaises, sans compter une vieille armoire en noyer, aux flancs immenses, où tenait tout un monde. Zola, Débâcle,1892, p. 489.
2. En partic.
a) GÉOL. Flanc (d'un pli). Chacune des parties qui plongent de part et d'autre d'un plan axial (d'apr. George 1970). Synon. face de raccordement.Flanc normal. Celui d'un pli* anticlinal. Flanc inverse. Celui d'un pli* synclinal. Une description détaillée des Alpes de Glaris (...) contenait des preuves de l'existence de grands plis couchés à flanc inverse étiré (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 1, 1961, p. 381).
b) MÉCAN. ,,Portion de la surface d'une dent comprise entre la surface de tête et la surface de pied`` (Clé mots 1973). S'il est nécessaire [dans un engrenage] que le pignon soit conduit avant la ligne des centres, la dent de la roue possède alors un flanc rectiligne (Andrade, Horlog.,1924, p. 123).Le profil est la section du flanc par une surface donnée définie par rapport à la surface primitive de référence (Clé mots1973).
c) FORTIF. ,,Partie du bastion comprise entre la courtine et la face`` (d'apr. Bach.-Dez. 1882). Le flanc d'un bastion, un flanc bas, un flanc rasant (Ac.).
d) ARTILL. ,,Chacun des côtés adjacents au fond de la rayure du canon d'une arme à feu`` (Lar. encyclop.). L'un des flancs qui dirige plus particulièrement le projectile et contre lequel il presse (...) est appelé flanc de tir (Alvin, Artill., Matér.,1908, p. 40).
e) HÉRALD. Bord latéral de l'écu; pièce honorable verticale qui touche au(x) bord(s) dextre et/ou sénestre de l'écu. Point en chef du flanc dextre (senestre). La Fasce, d'un Flanc à l'autre, occupe le milieu de l'Écu, horizontalement (P.-B. Gheusi, Le Blason,Paris, M. Darantière, 1933, p. 75).Le Flanc dextre et le Flanc sénestre se construisent chacun d'un côté de l'Écu. Deux modules de large. Ces Figures sont très rares, surtout sans autres attributs (P.-B. Gheusi, Le Blason,Paris, M. Darantière, 1933p. 74).
B.−
1. Dans le lang. milit. Partie latérale (droite ou gauche) d'une armée, d'une troupe disposée en ordre profond (s'oppose à front). Flanc d'un bataillon, d'une colonne. Le centre [d'un corps d'armée] sous les ordres de d'Argenteau, marche sur Montenotte, pour couper l'armée française en tombant sur son flanc gauche (Las Cases, Mém. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 349).Des fractions d'infanterie prussienne (...) fusillent le flanc de la brigade (Foch, Princ. guerre,1911, p. 197).Pendant la bataille de Cannes (...) il [Hannibal] laissa enfoncer son flanc pour envelopper son adversaire par surprise (Proust, Guermantes 1,1920, p. 417).
Marche de flanc. Progression d'une troupe présentant son flanc parallèlement au front de l'ennemi. Cette marche était dangereuse. Ce n'était rien moins qu'une marche de flanc (Stendhal, Napoléon,t. 2, 1842, p. 136).
Par le flanc droit/gauche [Commandement par lequel on ordonne aux soldats d'effectuer un quart de tour (à droite ou à gauche)] Par le flanc droit! en colonnes! marche! (Mérimée, Théâtre Cl. Gazul,1825, p. 124).
Loc. Prêter (le) flanc (à). Découvrir, exposer le flanc (d'une troupe) aux attaques de l'ennemi. Le malheur fut (...) que je ne pus me présenter de front; je fus contraint de prêter le flanc (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 371).Il [le général de Sonnas] avait été asticoté par les avant-postes de Zobel pendant la petite heure où il avait prêté le flanc (Giono, Bonh. fou,1957, p. 392).
Au fig. Donner prise à (la critique, des attaques). L'archevêque [M. de Harlay] prêtait flanc du côté des mœurs (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 7, 1863-69, p. 178):
5. Se laisser voir avec un grand désir non satisfait, c'est laisser voir soi inférieur, chose impossible en France, si ce n'est pour les gens au-dessous de tout; c'est prêter le flanc à toutes les mauvaises plaisanteries possibles... Stendhal, Amour,1822, p. 139.
P. anal., TECHN. FEU. Flanc(s) (d'un incendie). ,,Parties de la bordure d'un incendie comprises entre la tête et l'arrière et qui sont sensiblement parallèles à la direction principale de propagation`` (Métro 1975).
2. Usage courant. De flanc, en flanc. Sur le côté, de biais. Le duc envoya (...) Philippe de Saveuse avec cent vingt lances pour tourner les Dauphinois et les attaquer en flanc (Barante, Hist. ducs Bourg.,t. 4, 1821-24, p. 341).Les rayons lumineux éclairaient en flanc une chaîne de montagnes (Gautier, Tra los Montes,1843, p. 67).Quand il se jette à corps perdu sur toi, tu fais un échappement sur ta droite du pied gauche en tournant sur la pointe du pied droit (...) tu le prends en flanc, et tu l'enfiles comme une grenouille (Goncourt, R. Mauperin,1864, p. 241).Au fig. Il opéra une retraite de flanc, garant prudemment son derrière au ras des murailles du bureau (Courteline, Train 8 h 47,1888, 1repart., IV, p. 43).
Prononc. et Orth. : [flɑ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 « partie latérale du corps de l'homme et de certains animaux » (Roland, éd. J. Bédier, 3158); 2. fin du xiies. « partie du corps où la vie semble profondément logée » (Cl. de Barking, Vie de Ste Catherine, éd. W. MacBaine, 960); 3. 3equart du xiiies. [ms.] al flan d'une montegne (Alexandre, éd. H. Michelant, p. 66, 20); 4. 1559 « côté droit ou gauche d'une troupe » (Amyot, Philop., 16 ds Littré). De l'a. b. frq. *hlanka « partie latérale du corps », cf. l'a. h. all. lancha « id. » (Graff t. 2, col. 222; Schützeichel2), m. néerl. lanke « id.; hanche » (Verdam). Flanc a prob. été refait sur flanche « id. » (fin du xies. ds T.-L.), qui était directement issu du frq., d'apr. des couples comme brassebras, etc. Fréq. abs. littér. : 3 083. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 898, b) 4 866; xxes. : a) 4 205, b) 3 794. Bbg. Kroesch (S.). The Etymology of Fr. flanc. Mod. Philol. 1925, t. 23, pp. 225-229. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins, Paris, 1859, p. 411. − Wagner (R.-L.). Le Sens du subst. fr. côté. In : [Mél. Reid (T.B.)]. Oxford, 1972, p. 254.

Wiktionnaire

Nom commun

flanc \flɑ̃\ masculin

  1. Chacune des parties latérales du corps de l’homme ou des animaux, qui est depuis le défaut des côtes jusqu’aux hanches.
    • Le flanc droit. — Le flanc gauche. — Il eut le flanc percé d’un coup de flèche.
  2. Partie qui va de la patte d’avant à la patte d’arrière, chez les quadrupèdes.
    • La rainette, atteinte en plein flanc, écartait les pattes et ouvrait la gueule en montrant son goitre blanc. — (Louis Pergaud, Un sauvetage, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Les flancs d’un cheval. — Presser les flancs de sa monture. — Le lion se bat les flancs avec sa queue.
  3. (Par extension) Ventre ou partie du ventre qui est comprise entre les deux flancs.
    • Le fils que ses flancs ont porté.
    • Le flanc qui l’a conçu.
  4. (Par analogie) Côté de diverses choses.
    • Puis commence la descente, vers l'ouest, le long du flanc septentrional de la cordillère qui forme l’épine dorsale de l'île. — (Frédéric Weisgerber, Huit jours à Ténériffe, dans la Revue générale des sciences pures et appliquées, Paris : Doin, 1905, vol.16, pp. 1039)
    • Ce jour-là, précisément, Étienne Lecourt, par le sentier abrupt, hérissé de rochers et bordé de déclivités dangereuses, qui serpente au flanc de la montagne, avait grimpé jusqu’à Cornabeuf […]. — (Louis Pergaud, La Disparition mystérieuse, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • (Architecture) Le flanc d’un bastion.
    • (Marine) Le flanc d’un vaisseau.
    • Une voiture sur le flanc.
    • Un flanc bas.
    • Un flanc rasant.
    • (Militaire) Le flanc d’un bataillon, d’un escadron.
    • (Militaire) Les flancs d’une colonne, d’une armée.
    • (Militaire) Une marche de flanc.
    • (Militaire) Couvrir le flanc d’un bataillon.
    • (Militaire) Prêter le flanc à l’ennemi.
    • (Militaire) Découvrir le flanc.
    • (Militaire) Attaquer l’ennemi par le flanc.
    • (Militaire) Une attaque de flanc : Une attaque sur le flanc, contre le flanc de l’ennemi.
    • (Militaire) Prendre les ennemis de flanc.
    • (Militaire) Par le flanc droit, par le flanc gauche : Termes de commandement militaire dont on se sert pour ordonner aux soldats d’une troupe de se tourner chacun à droite ou à gauche.
  5. (Héraldique) Le côté dextre ou sinistre de l'écu ; pièce qui correspond au bord de l'écu.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FLANC. n. m.
Chacune des parties latérales du corps de l'homme ou des animaux, qui est depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Il eut le flanc percé d'un coup de flèche. Pour les Quadrupèdes, il se dit de la Partie qui va de la patte d'avant à la patte d'arrière. Les flancs d'un cheval. Presser les flancs de sa monture. Le lion se bat les flancs avec sa queue. Un cheval qui bat du flanc. Fig. et fam., Être sur le flanc, Être très fatigué. Fig. et fam., Se battre les flancs. Voyez BATTRE. Il désigne par extension le Ventre, ou la partie du ventre qui est comprise entre les deux flancs. Le fils que ses flancs ont porté. Le flanc qui l'a conçu. Il se dit, par analogie, du Côté de diverses choses. Le flanc d'un vaisseau. Le flanc, les flancs d'une montagne; en termes de Fortification : Le flanc d'un bastion. Un flanc bas. Un flanc rasant; en termes de Guerre : Le flanc d'un bataillon, d'un escadron. Les flancs d'une colonne, d'une armée. Une marche de flanc. Couvrir le flanc d'un bataillon. Prêter le flanc à l'ennemi. Découvrir le flanc. Attaquer l'ennemi par le flanc. Une attaque de flanc, Une attaque sur le flanc, contre le flanc de l'ennemi, Prendre les ennemis de flanc. Par le flanc droit, par le flanc gauche. Termes de commandement militaire dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner chacun à droite ou à gauche. Fig., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. Prêter le flanc à la critique, au ridicule. Tirer au flanc, Terme d'argot militaire, S'épargner, par de petites ruses, une corvée ou un ouvrage. Bat-flanc, Pièce de bois suspendue qui sépare les chevaux à l'écurie.

Littré (1872-1877)

FLANC (flan ; le c ne se lie pas, excepté dans : de flan-k en flanc ; au pluriel, l's se lie : des flan-z allongés) s. m.
  • 1Chaque côté du corps, depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Se repose la nuit sur l'un et l'autre flanc, Régnier, Sat. V. Le lion hérisse sa crinière… il bat ses flancs avec sa longue queue, Fénelon, Tél. II. Un dieu qui d'aiguillons pressait leurs flancs poudreux [des chevaux], Racine, Phèdre, V, 6. Il a observé que les Tartares de Crimée et de la province de Cuban jusqu'à Astracan, sont de taille médiocre, qu'ils ont les épaules larges, le flanc étroit, les membres nerveux, les yeux noirs et le teint basané, Buffon, Hist. nat. hom. Œuv. t. V, p. 19, dans POUGENS. Tout me pèse [au malade] et me lasse ; aide-moi, je me meurs ; Tourne-moi sur le flanc, ah ! j'expire ! ô douleurs ! Chénier, le Malade.

    Par extension. La voyez-vous passer, la nuée au flanc noir ? Hugo, Orient. 1.

    Familièrement. Être sur le flanc, être alité. Voilà trois semaines qu'il est sur le flanc.

    Terme de manége. On dit qu'un cheval a du flanc quand ses côtes sont amples et bien tournées. On dit qu'il a les flancs cousus, lorsqu'il y a si peu d'épaisseur de l'un à l'autre flanc qu'ils semblent cousus.

    Battre du flanc ou des flancs, se dit d'un cheval essoufflé.

    Fig. Se battre les flancs pour quelque chose, s'agiter, se donner beaucoup de mouvement sans succès, métaphore prise du lion qui se bat les flancs de sa queue quand il est irrité. Je me bats les flancs pour trouver la façon d'être la moins malheureuse qu'il me soit possible ; car, pour le mot d'heureux, il ne me paraît guère fait que pour les romans, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 3 oct. 1764.

  • 2Le sein, les entrailles. Mes yeux ont vu son sang Couler à gros bouillons de son généreux flanc, Corneille, Cid, II, 9. Je vois que votre honneur demande tout mon sang, Que tout le mien consiste à vous percer le flanc, Corneille, Hor. II, 3. Des victimes vous-même interrogez le flanc, Racine, Iphig. I, 2. Narbas, on va plonger le couteau dans son flanc, Voltaire, Mérope, III, 5. Barbare, il est trop vrai : viens épuiser mon flanc Du reste infortuné de cet auguste sang, Voltaire, Zaïre, V, 10.

    Poétiquement. Le sein d'une mère. Elle porte en ses flancs un fruit de cet amour, Corneille, Sertor. III, 4. Il mêle avec l'orgueil qu'il a pris dans leur sang La fierté des Nérons qu'il puisa dans mon flanc, Racine, Brit. I, 1. Ce fils qu'une amazone a porté dans son flanc, Racine, Phèdre, I, 3.

  • 3Se dit des objets creux et enfoncés. Et dans les flancs affreux de leurs roches sanglantes Remportent à grands cris ces dépouilles vivantes, Voltaire, Henriade, IV. Soit dans les flancs obscurs des rochers d'Inistore, Arnault, Oscar, II, 1.
  • 4Côté d'une chose. Le flanc d'un vaisseau. En août 1773, à Montigny-sur-Braine, bailliage de Châlon, vicomté d'Auxonne, en creusant le puits de la cure, on a trouvé, à trente-trois pieds de profondeur, un arbre couché sur son flanc, dont on n'a pu découvrir l'espèce, Buffon, Addit. théor. terr. Œuv. t. XIII, p. 195, dans POUGENS. Des torrents écumeux se précipitent le long des flancs de cette montagne, Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virg.

    Terme de géographie. Pente d'une montagne ; la partie comprise entre la cime et le pied.

    Terme d'architecture. Le côté d'un pavillon par lequel il est joint à un autre corps de bâtiment.

  • 5 Terme de fortification. Partie du bastion qui est entre la face du bastion et la courtine et qui sert à défendre la courtine, le flanc et la face du bastion opposé. Un flanc bas. Un flanc rasant.
  • 6 Terme militaire. Le côté d'une troupe, par opposition à son front. Le flanc d'un bataillon. Il avait chargé le maréchal en flanc, Sévigné, 204. Si, après avoir mis en désordre l'aile gauche qui lui était opposée, il eût pris le reste des ennemis en flanc et eût pénétré jusqu'au centre où était Artaxerce, il y a très grande apparence qu'il aurait remporté une victoire complète, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 163, dans POUGENS. Les Russes l'avaient-ils prévenu ? sa manœuvre était-elle manquée ? n'aurait-il point mis assez de rapidité dans cette marche, où il s'agissait de dépasser le flanc gauche de Kutusof ? Ségur, Hist. de Nap. IX, 2.

    Par le flanc droit, par le flanc gauche, commandement dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner à droite ou à gauche. On dit dans le même sens : faire par le flanc gauche, par le flanc droit.

    Marche de flanc, marche d'une armée qui se dirige par le côté qu'un de ses flancs occupe. Une lettre de Berthier à Kutusof, datée du premier jour de cette marche de flanc, fut à la fois une dernière tentative de paix et peut-être une ruse de guerre, Ségur, Hist. de Nap. IX, 1.

    Une troupe prête le flanc, quand son flanc, qui est son côté faible, est exposé aux attaques de l'ennemi. En défilant si près de l'ennemi, il fallait marcher serré pour ne pas lui prêter un flanc trop allongé, Ségur, Hist. de Nap. IX, 2.

    Fig. Prêter le flanc, donner prise aux attaques de la critique. Malheur à qui prête le flanc au ridicule, Rousseau, Hél. II, 17.

HISTORIQUE

XIe s. Greles ès flancs et larges les costez, Ch. de Rol. CCXXVII.

XIIe s. Que mauvais homs vous ait au flanc pendue [la bonne épée Durandal], Ronc. p. 105. Le cors e le ventrail durement freit [froid] [il] aveit, E de sun mal del flanc achaisenus [maladif] esteit, E pur ço tut adès chaudement se vesteit, Th. le mart. 155.

XIIIe s. Diex confonde la mere qu'en [qui en] ses flans la porta, Berte, LXXVIII.

XVIe s. Ilz vouloient que leurs gens feissent teste et flanc en tout sens, selon que l'affaire et le besoing s'en presenteroit, Amyot, Pélop. 40. Il feit marcher les siens contre les Lacedaemoniens, qui avoient les flancs desnuez de gens de cheval, Amyot, Philop. 16. La navire capitainesse, pendant que les vagues luy donnerent en flanc, resista aux coups de mer, Amyot, Pyrrh. 31. Ilz se rengerent et se serrerent ensemble au long d'un flanc de rocher umbragé et obscur, Amyot, Aratus, 25. Des granges des quelles la couverture pend jusques à terre et sert de flancq, Montaigne, I, 237. Là où les flancs des bastions se peuvent emboucher ou briser, quand les espaules sont debiles, Lanoue, 337. Plus servit aux assiegez un petit logis pour deux arquebusiers à la fois, que la Mothe avoit fait au bas de la contr'escarpe, ayant pris sa ligne de deffence à fleur de la ruine ; et ainsi l'experience et la necessité leur faisant faire grossierement dès-lors ce que nos plus subtils ingenieux d'aujourd'hui appellent flancs-fichez, D'Aubigné, Hist. I, 313.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

FLANC. Ajoutez :
7 Terme de fortification. Angle de flanc, angle formé par un flanc avec la courtine voisine.
8 Terme d'artillerie. Dans un canon rayé, flancs d'une rayure, les deux surfaces obliques qui la limitent de chaque côté.

Flanc de chargement, le flanc contre lequel appuient les ailettes du projectile lorsqu'on le pousse au fond de l'âme ; flanc de tir, celui contre lequel appuient ces ailettes, lorsque le projectile est lancé par la poudre.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

FLANC, s. m. (Gramm.) il se dit proprement des parties latérales du ventre d’un animal : on l’a étendu à beaucoup d’autres acceptions. Voyez les articles suivans.

Flanc, en terme de Guerre, se dit par analogie du côté d’un bataillon, d’un escadron ou d’une armée. Voyez Aile.

Attaquer l’ennemi en flanc, c’est le découvrir par le côté, & faire feu dessus. Les ennemis nous prirent en flanc. Il faut couvrir les flancs de l’infanterie par des aîles de cavalerie, ou par quelque ouvrage qui empêche l’ennemi de tomber dessus.

En général, les flancs d’une troupe ou d’une armée en bataille, doivent toûjours être à l’abri des attaques de l’ennemi. Lorsque la situation des lieux les expose à ce danger, il faut y remédier par des corps de troupes capables de les en garantir. M. de Follard veut qu’on employe ses colonnes dans cette circonstance. Voyez Ordre de Bataille. (Q)

Flanc, en terme de Fortification, est une ligne tirée de l’extrémité de la face d’un ouvrage, vers l’intérieur ou la gorge de cet ouvrage : telle est la ligne FG, Pl. I. de la Fortification, fig. 1.

Le flanc du bastion est la partie qui joint la face à la courtine. Voyez Bastion. Il doit avoir au moins vingt toises, & au plus trente ; mais sa grandeur en général doit se regler par l’étendue des parties qu’il doit défendre, & où l’ennemi peut s’établir pour le battre. Voyez Fortification. (Q)

Flanc bas ou Place basse ; c’est ainsi qu’on appelle dans la Fortification, des especes de flancs que les anciens ingénieurs construisoient parallelement au flanc couvert de leurs places, & au pié de son revêtement. Voyez Cazemate. Voyez aussi à la suite du mot Fortification, la construction du chevalier de Ville, du comte de Pagan, &c.

Les flancs bas servent à augmenter la défense du flanc ; & comme ils sont peu élevés, l’ennemi a peu de prise sur eux, & leur feu rasant lui cause beaucoup d’obstacles dans le passage du fossé. Les tenailles de M. de Vauban peuvent tenir lieu de cette sorte de flanc. Voyez Tenaille. (Q)

Flanc concave, (Fortific.) est un flanc couvert qui forme une ligne courbe, dont la convexité est tournée vers le dedans du bastion. Voyez la construction du flanc concave dans le système de M. de Vauban, à la suite du mot Fortification. Quelques auteurs donnent au flanc concave le nom de tour creuse, parce qu’il a la même figure en-dedans le bastion, qu’une partie des tours dont on se servoit anciennement dans la fortification. (Q)

Flanc couvert, (Fortific.) est celui dont une partie rentre en-dedans le bastion, laquelle est couverte par l’autre partie vers l’épaule, qui est arrondie ou en épaulement. Voyez Orillon & Épaulement.

Le flanc est aussi couvert, dans plusieurs constructions, par le prolongement de la face du bastion, arrondie ou en épaulement.

L’avantage du flanc couvert est d’être moins exposé à l’ennemi, & de conserver quelques canons vers l’épaule du bastion, qui servent beaucoup à la défense du fossé & du pié des breches. (Q)

Flanc oblique ou second Flanc, (Fortific.) c’est, lorsque la ligne de défense est fichante, la partie GE (Pl. I. de Fortific. fig. 4.) de la courtine EF, comprise entre le prolongement DG de la face CD du bastion, & l’angle F du bastion opposé. On appelle cette partie second flanc, parce que les soldats qui y sont placés, découvrent la face CD & le fossé du bastion opposé, comme le flanc, mais cependant d’une maniere beaucoup plus oblique. Voyez Feu de Courtine & Ligne de défense.

La plûpart des anciens ingénieurs étoient fort partisans du second flanc ; mais l’expérience a fait remarquer qu’il n’opéroit presque rien d’avantageux dans la défense ; parce que le soldat étant obligé de se placer de côté pour découvrir la face du bastion opposé, n’est pas dans cette situation en état de nuire beaucoup à l’ennemi : aussi M. le comte de Pagan l’a-t-il supprimé dans ses constructions, en quoi il a été imité par M. le maréchal de Vauban.

Ceux qui voudront voir tout ce qu’on peut dire en faveur & contre le second flanc, n’auront qu’à consulter le livre intitulé, nouvelle maniere de fortifier les places, tirée des méthodes du chevalier de Ville, du comte de Pagan, & de M. de Vauban.

L’auteur de cet excellent ouvrage prétend répondre à toutes les objections qu’on a faites contre le second flanc ; qu’on doit l’employer lorsque l’angle flanqué du bastion se trouve fort obtus, & qu’il ne cause aucune diminution sensible au flanc. On peut encore voir dans la troisieme édition de nos élémens de Fortification, les raisons qui peuvent déterminer à s’en procurer ou à les éviter. (Q)

Flanc simple ou plat, (Fortific.) c’est le flanc ordinaire du bastion en ligne droite. Voyez Bastion. (Q)

Flanc de Vaisseau, (Marine.) c’est la partie qui se présente à la vûe de l’avant à l’arriere, ou de la poupe à la proue.

Etre flanc à flanc, voyez Prolonger.

Flancs, (Manége, Maréchall.) parties latérales du ventre ou de l’abdomen.

Les flancs comprennent l’espace qui est au-dessous des reins, entre les fausses côtes & les hanches ; ils doivent être pleins, & au niveau des côtes & du ventre. Il est des chevaux dont les flancs sont creux par vice de conformation : alors on observe communément que la derniere des fausses côtes est en eux à une distance considérable des hanches. Souvent aussi ces sortes de chevaux sont plats ; leurs côtes, bien loin de tracer un demi-cercle, sont serrées, elles ont une forme avalée & applatie. Des flancs ainsi retroussés ou coupés, annoncent toûjours que l’animal n’est pas propre à une longue fatigue & à de grands travaux. Les flancs du cheval qui a de l’ardeur, ont ordinairement cette imperfection, parce qu’il mange peu & dissipe beaucoup. Des maladies de longue durée qui jettent l’animal dans une sorte de marasme, dont les impressions sont douloureuses, & qui affectent des parties sensibles, le rendent accidentellement très-étroit de boyau : s’il manque entierement de corps, si ses flancs offrent aux yeux une cavité profonde, nous disons que le cheval est cousu. Lorsque d’ailleurs ses côtes sont bien tournées, ses flancs se rétablissent aisément.

On doit attentivement examiner les flancs de tous les chevaux que l’on achete, & principalement ceux des chevaux qui sont vieux, non-seulement en ce qui concerne la conformation de cette partie, mais sur-tout par rapport aux mouvemens des muscles qui concourent a la respiration ; mouvemens qui sont plus vifs, plus précipités & plus altérés, selon les diverses maladies dont l’animal peut être attaqué. Le flanc est altéré, lorsque la dilatation ou la contraction, ou, pour m’expliquer plus clairement, lorsque le soûlevement ou le resserrement de ces mêmes muscles sont plus prompts que dans l’état naturel. Si l’animal est âgé, cette altération est à craindre ; s’il est jeune, elle exige de grands ménagemens & un régime particulier : car elle ne peut avoir été occasionnée que par la mauvaise nourriture ou par un grand feu, & un travail excessif & outré. En retranchant l’avoine à l’animal dans ces derniers cas, en le mettant à une diete humectante & rafraîchissante, en lui administrant quelques lavemens émolliens, en lui faisant une legere saignée ; en prescrivant ensuite l’usage du lierre terrestre en poudre, donné chaque matin dans du son à la dose de demi once, pendant un mois, & même pendant un espace plus considérable de tems, s’il en est besoin, on sera assûré de calmer l’agitation de son flanc.

Le battement en sera beaucoup plus vif, s’il est causé par la fievre. Voyez Fievre. L’expiration entrecoupée par une nouvelle inspiration, qui fait appercevoir conséquemment un mouvement redoublé lors de la dilatation des faces latérales de l’abdomen, caractérise la pousse. Voyez Pousse. &c. (e)

Flanc. Les écrivains donnent aussi ce nom aux deux lignes droites qui se trouvent au milieu des deux côtes de la lettre O, qui sont en effet comme ses deux flancs.

Flanc, (à la Monnoie.) Le métal ayant été fondu en lames, & passé par les laminoirs avec un instrument appellé coupoir ou emporte-piece (voyez l’article Coupoir), on coupe de la lame un morceau rond comme une piece unie au palet, d’une grandeur & d’une épaisseur conséquente à l’empreinte que doit recevoir cette espece de palet, qu’on appelle flanc, pour devenir une monnoie. Ce flanc ou piece unie, avant de passer au balancier, est donnée aux ajusteurs, pour la rendre du poids qu’elle doit avoir ; ensuite on la recuit, en la fait bouillir dans un fluide préparé, &c. enfin elle continue d’être appellée flanc jusqu’à ce qu’on y ait empreint l’effigie, les armes, légendes de tranches ou cordonnet. Voyez Couper, Blanchir.

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Étymologie de « flanc »

Du vieux-francique *hlanka.
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Provenç. flanc ; espagn. et portug. flanco ; ital. fianco. Les étymologistes tirent d'ordinaire ce mot du haut allemand lancha, flanc, auquel répond une forme rare, hlancha ; à quoi Diez objecte que la forme flancha, dont on aurait besoin, n'a pas encore été trouvée ; que l'articulation germanique hl ne se rend pas en français par fl, ni en italien par fi (cependant on cite, des Reali di Francia, Fiovo dérivé de Chlodoveus) ; et que les noms germaniques féminins en a gardent d'ordinaire leur genre dans les langues romanes. De là il conclut que l'origine germanique est peu probable, et que l'origine latine l'est davantage. Cette origine est flaccus, mou, faible, avec l'épenthèse de l'n (comme dans ancolie pour acolie) ; la partie molle, faible, ayant été appelée le flanc, comme en allemand die Weiche, la partie molle. Mais, hr se rendant par fr (voy. freux, frime), l'étymologie germanique reste plus probable. C'est du roman que les langues germaniques ont tiré leur Flanke.

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Phonétique du mot « flanc »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
flanc flɑ̃

Évolution historique de l’usage du mot « flanc »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « flanc »

  • La Débauche et la Mort sont deux aimables filles, Prodigues de baisers et riches de santé, Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles Sous l’éternel labeur n’a jamais enfanté. De Charles Baudelaire / Les Fleurs du mal
  • le pire ennemi du marin, ce n’est pas la tempête qui fait rage ; ce n’est pas la vague écumante qui s’abat sur le pont, emportant tout sur son passage ; ce n’est pas le récif perfide caché à fleur d’eau et qui déchire le flanc du navire ; le pire ennemi du marin, c’est l’alcool ! De Hergé / Le capitaine Haddock dans Le Crabe aux pinces d'or
  • Car de nombreux sélectionnés se sont fait porter pâle, trouvant des excuses pour ne pas participer à sept semaines de stage inespérées. Pouvant sanctionner ces tire-au-flanc d’une mise à pied de la sélection, Samuel Garcia dit avoir entendu les auteurs, regrettant que certaines excuses ne fussent pas vraiment valables. Lui, qui aurait aimé être appelé en sélection dans l’Hexagone à l’époque où il œuvrait à Bordeaux, ne comprend pas que des joueurs ne mettent pas le service du pays au-dessus de tout. , Foot - Coup de gueule de Garcia envers les tire-au-flanc | La Dépêche de Tahiti
  • Dans la vallée d'Aspe, en Béarn, des œuvres éphémères sont dessinées à flanc de montagne. Pas de crayons mais des débroussailleuses pour tailler les fougères pour ces artistes particuliers. Franceinfo, Pyrénées-Atlantiques : des œuvres à flanc de montagne dans la vallée d'Aspe
  • Mercredi à 18 h 10, un accident de la circulation s’est produit sur la D54. Un homme au volant d’un camion nacelle circulait dans le sens Cubry-lès-Faverney - Bourguignon-lès-Conflans, quand il a perdu le contrôle du véhicule, à l’entrée du village. Le camion a terminé sa course sur le flanc, dans la cour d’une ferme. , Faits-divers - Justice | Le camion nacelle termine sa course sur le flanc
  • Les sapeurs-pompiers de Longwy sont intervenus ce mardi matin pour un accident survenu rue Jeanne-d’Arc, à Gorcy. Une voiture circulant dans le sens Gorcy-Musson aurait percuté une autre automobile stationnée le long de la chaussée, avant de se retrouver sur le flanc. , Faits-divers - Justice | Sa voiture finit sur le flanc : une octogénaire désincarcérée
  • Surpris par un animal qui traversait la route, le conducteur a perdu le contrôle de son camion qui a quitté la chaussée pour finir sa course sur le flanc, en contrebas et dans un champ. SudOuest.fr, Brossac (16) : un camion frigorifique sur le flanc sur la D731
  • Deux voitures sont entrées en collision ce jeudi soir. Une Audi a percuté une Fiat 500 qui a fini sur le flanc. Une jeune femme et ses deux enfants ont été emmenés à l’hôpital. LA VDN, Une voiture sur le flanc à Vaudricourt après une collision… à cause d’une guêpe
  • Lundi 29 juin, vers 20 h 45, un poids lourd transportant des rails de chemin de fer s’est couché sur le flanc pour une raison indéterminée. L’accident s’est produit sur l’autoroute A4 dans le sens Paris-Metz. Journal L'Union, Un poids lourd couché sur le flanc a perturbé la circulation sur l’autoroute A4 près de Sainte-Ménehould lundi soir
  • En juin 2007, l’Association des anciens résistants des Camps Bayeux et Beaumont qui avaient séjourné, durant l’été 1944, au Mas de Ribes, avait souhaité implanter une stèle. En présence de nombreux élus, parmi lesquels les maires de Laval-Pradel et du Martinet directement concernés pas le Mas de Ribes sur le flanc du Rouvergue, mais aussi des autorités civiles et militaires, la population…, ce vibrant hommage avait été rendu à la résistance. Chaque année depuis, l’association venait déposer une gerbe au pied de la stèle sur cette propriété privée aimablement cédée à M. Chambon. midilibre.fr, Un hommage aux anciens résistants du Mas de Ribes - midilibre.fr

Traductions du mot « flanc »

Langue Traduction
Anglais flank
Espagnol flanco
Italien fianco
Allemand flanke
Chinois 侧翼
Arabe الخاصرة
Portugais flanco
Russe фланговый
Japonais 側面
Basque saihets
Corse fiancu
Source : Google Translate API

Synonymes de « flanc »

Source : synonymes de flanc sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « flanc »

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