Vouloir : définition de vouloir


Vouloir : définition du Wiktionnaire

Verbe

vouloir \vu.lwaʁ\ transitif direct 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Avoir l’intention, la volonté de faire quelque chose, s’y déterminer.
    • C'est là aussi que végètent misérablement les bédouines qui ont voulu suivre leurs maris prisonniers. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 94)
    • Il veut partir demain. Il veut faire ce voyage. Il n’en veut rien faire.
  2. (En particulier) Avoir une volonté agissante, efficace.
    • Cet homme veut ce qu’il veut. (Absolument) Il ne sait pas vouloir.
  3. Commander, exiger avec autorité.
    • La mode aurait voulu que lui et ses fils revêtissent des costumes flamboyants pour exécuter leurs concerts, […]. — (André Dhôtel, Le Pays où l’on n’arrive jamais, 1955)
    • Dieu le veut. Le roi veut que vous obéissiez. Votre père veut que vous alliez là.
  4. Avoir autorité sur l’homme, en parlant des choses.
    • La loi veut qu’on s’abstienne de telle chose. La raison veut qu’on prenne ce parti.
  5. Désirer ; souhaiter.
    • Il était difficile aux juifs d'échapper à leur sort, car, étant serfs de leurs seigneurs, ils n'avaient pas le droit de se déplacer comme ils l'auraient voulu. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Le roi et les privilégiés auraient voulu que les états délibérassent comme en 1614, c'est-à-dire « par ordre ». Les privilégiés auraient eu immanquablement la majorité et les états auraient été incapables d'opérer aucune réforme sérieuse. — (Jacques Godechot, Les constitutions de la France depuis 1789, Garnier-Flammarion, 1970, p.22)
    • Ses économies sombraient, son ventre poussait, mais il ne s'en préoccupait guère; il buvait à longueur de temps avec ceux qui voulaient bien le suivre. — (Michaël Perruchoud, Poil au temps, Éditions L'Âge d’Homme, 2002, page 99)
  6. Permettre ; consentir.
    • Fallait que je me les caille assez pour que Mathis veuille bien me réchauffer à l'horizontale, mais pas trop ! Ça faisait une bonne heure que je poireautais et j'avais pas de réseau sur mon portable... — (J. Arden, Les chaînes du passé, vol. 3 : Les sentinelles de l'ombre, Rebelle Éditions, 2014, chap. 41)
    • Oui, je le veux bien. Si vous le voulez, il le voudra aussi.
  7. Prétendre ; affirmer avec une grande insistance.
    • Et enfin, vous voudriez que Dieu fît courir le soleil, qui est quatre cent et trente-quatre fois plus grand que la terre, rien que pour pommer nos choux ? — (Umberto Eco, L'île du jour d'avant, Grasset & Fasquelle, 1996)
  8. Demander un prix d’une chose qu’on veut vendre.
    • Il veut cent mille francs de sa terre. Combien voulez-vous, que voulez-vous de ce cheval ?
  9. Être d’un caractère ou d’une nature à demander, à exiger telle chose ou telle autre.
    • Cette affaire veut être conduite avec ménagement. Cette plante veut un terrain humide.
  10. Pouvoir, en parlant des choses inanimées.
    • Cette machine ne veut pas marcher. Ce bois ne veut pas brûler.
  11. (vouloir de, généralement sous forme négative) Accepter, malgré des conditions ou des conséquences défavorables.
    • Je n’en ai pas voulu parce qu’outre qu’il louchait abominablement ; il aurait fallu me séparer de ma fille, et, de fait, je ne m’en souciais pas. — (Henry Monnier, Les bourgeois de Paris, 1854)
    • Il n’eût pas voulu d’un trône à ce prix.
    • Je n’en veux à aucun prix.

Nom commun

vouloir \vu.lwaʁ\ masculin

  1. Volonté, faculté de vouloir.
    • …, elle se sentit heureuse, comme on est heureux à vingt ans du premier exercice de son vouloir. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Il pensa aussi qu'il était devenu meilleur, car, dans la force trop brutalement saine de son corps brisé, et la trop orgueilleuse énergie de son vouloir alangui, il était plus doux. — (Isabelle Eberhardt, La Rivale, 1904)
    • Et je me plongeais alors dans la plus absurde débauche, m’abandonnais jusqu’à l’illusion de supprimer en moi tout vouloir. — (André Gide, La porte étroite, 1909, Le Livre de Poche, page 181)
  2. (Avec les adjectifs bon ou mauvais) Bienveillance, malveillance.
    • Le roi, par suite du mauvais vouloir des nobles et des privilégiés, allait avoir à traiter avec la nation qu'il redoutait. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
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Vouloir : définition du Littré (1872-1877)

VOULOIR (vou-loir), je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez, ils veulent ; je voulais ; je voulus ; je voudrais ; veuille, qu'il veuille, veuillons, veuillez, qu'ils veuillent ; que je veuille, que tu veuilles, qu'il veuille, que nous voulions, que vous vouliez (voy. sur ces deux dernières formes la remarque 2), qu'ils veuillent ; que je voulusse ; voulant ; voulu v. a.
  • 1Être en volonté de. Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos, Malherbe, VI, 18. Qui veut également tout ce qu'on lui propose, Dans le secret du cœur souvent veut autre chose, Corneille, Othon, v, 1. Ne veuillez pas vous perdre, et vous êtes sauvé, Corneille, Poly. IV, 3. M. de Beaufort et Mme de Montbazon ne voulaient proprement rien à force de tout vouloir ; et ces sortes d'esprit assemblent toujours dans leurs imaginations des choses contradictoires, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 221, dans POUGENS. [Louis XIV] Voulant la paix, quoiqu'il fasse la guerre Avec succès, depuis plus de trente ans, La Fontaine, Poés. mêlées, LXXII. Célimène : Voulons-nous nous asseoir ? - Arsinoé : Il n'est pas nécessaire, Molière, Mis. III, 5. Elle [une religieuse] sort quand elle veut ; mais elle ne le veut guère, parce qu'elle a principalement dans la tête de vouloir aller en paradis, Sévigné, 322. La profonde obscurité du cœur de l'homme, qui ne sait jamais ce qu'il voudra, qui souvent ne sait pas bien ce qu'il veut, Bossuet, Anne de Gonz. Ô mon Dieu, dit-il, vous le voulez ; que votre volonté soit faite ; je me jette entre vos bras, Bossuet, Louis de Bourbon. Saint Thomas a dit que la volonté était naturellement réfléchissante sur elle-même, qu'on aimait à aimer, qu'on voulait vouloir, Bossuet, États d'orais. v, 5. Dès que l'âme veut que le bras soit mû, le bras est mû, quoiqu'elle ne sache pas seulement ce qu'il faut faire pour le remuer, Malebranche, Rech. vér. II, I, 5. Laissez faire, ils ne sont pas au bout ; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout, Racine, Plaid. I, 7. Moi, je ne veux rien ; c'est ma femme qui veut, Destouches, Fausse Agnès, I, 1. Puisque madame le veut, que Suzanne le veut, que vous le voulez vous-même, il faut bien que je veuille aussi, Beaumarchais, Mar. de Figaro, II, 20. Vous me donnez l'espérance d'un temps plus heureux ; je veux espérer, Letourneur, Trad. de Cl. Harl. Lett. LXXXII.

    Absolument. Si tout est fait pour nous, s'il ne faut que vouloir, Que n'employons-nous mieux ce souverain pouvoir ? Que ne régnons-nous sur nous-mêmes ? Deshoulières, t. I, p. 132. Et vous reconnaîtrez mes soins, si vous voulez, Racine, Andr. IV, 3. Encore une fois, il faut vouloir ; le célèbre curé de Saint-Sulpice voulut, et il bâtit sans aucun fonds un vaste édifice [Saint-Sulpice], Voltaire, Pol. et lég. Embell. de Paris. On ne peut vouloir qu'en conséquence de ce qu'on sent ou de ce que l'on a senti, Bonnet, Ess. anal. âme. XI. J'ai toujours la puissance de vouloir, non la force d'exécuter, Rousseau, Ém. IV. Dès lors elle [l'âme] ne se borne plus à désirer ; elle veut ; car on entend par volonté, un désir absolu, et tel, que nous pensons qu'une chose désirée est en notre pouvoir, Condillac, Traité sens. I, II, 9.

    Terme de turf. Comme il veut, exclamation que pousse souvent la foule au moment où le cheval gagnant va atteindre le poteau, et signifiant qu'il lui est facile de gagner sans effort.

    Vouloir ou en vouloir, se dit, en termes de haras, d'une jument qui paraît disposée à souffrir l'étalon.

    Tu l'as voulu, vous l'avez voulu, se dit par forme de reproche à quelqu'un qui a fait quelque faute contre laquelle il avait été prémuni. Vous l'avez voulu ; vous l'avez voulu, Georges Dandin, vous l'avez voulu ; cela vous sied fort bien, et vous voilà ajusté comme il faut, Molière, G. Dand. I, 9.

    On dit : Je voudrais au lieu de : je veux, pour exprimer modestement son désir. Je voudrais vous entretenir en particulier.

    Par une sorte de défi. Je voudrais bien voir qu'il osât l'entreprendre. Je voudrais bien voir cela.

    Il ne sait ce qu'il veut, se dit d'un homme irrésolu, qui ne sait pas se décider.

    Faire de quelqu'un ce qu'on veut, tout ce qu'on veut, avoir un grand empire sur ses sentiments, sur ses actions. Un roi n'a qu'à vouloir ; on fait de cette nation-ci [la française] tout ce qu'on veut, Voltaire, Dict. phil. Courtisan lettré.

    Cet homme veut ce qu'il veut, il l'exige, il le veut fortement.

    Familièrement. Que veux-tu, que voulez-vous (sous-entendu, qu'on dise, qu'on fasse) ? et signifiant il en est ainsi. Que veux-tu, mon pauvre nourricier ? il faut bien obéir à notre maître, Molière, Méd. malgré lui, I, 5. Que veux-tu ? mais, s'il faut ne te rien déguiser, Mon innocence enfin commence à me peser, Racine, Andr. III, 1. Que voulez-vous ? il a les préjugés de son pays, ceux de son parti et les siens propres, Voltaire, Dial. XVI. Le comte : Je ne te reconnaissais pas, moi ; te voilà si gros et si gras… - Figaro : Que voulez-vous, monseigneur ! c'est la misère, Beaumarchais, Barb. de Sév. I, 2.

    Dieu le veuille ! se dit pour marquer qu'on souhaite qu'une chose arrive ou qu'on en doute.

    Il veut que cela soit, veuille Dieu, veuille diable, se dit d'un homme qui veut venir à bout de quelque chose à quelque prix que ce soit et par toutes sortes de moyens, justes ou injustes.

    On dit dans le même sens : Veuille Dieu, veuille sa mère.

  • 2Vouloir, avec un nom de personne pour complément, avoir la volonté que la personne soit telle ou telle, ou qu'elle se présente. Je vous veux raisonnable. Mascarille : Voulez-vous deux témoins qui me justifieront ? - Albert : Veux-tu deux de mes gens qui te bâtonneront ? Molière, Dép. amour. III, 10. Dieu vous voulait où vous êtes, Maintenon, Lettre à Mme de Bouju, t. v, p. 267, dans POUGENS.

    Vouloir une femme, en désirer la possession. Je sais que les ans lui mettront Comme à toi les rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même outrage qu'à tes cheveux : Mais voilà comme va le monde, Je t'ai voulue, et je la veux, Malherbe, IV, 16.

  • 3Commander, exiger avec autorité. Il a dit : Je le veux, désobéirez-vous ? Corneille, Cid, II, 1. Je veux moins de valeur et plus d'obéissance, Racine, Iphig. IV, 6. Sa fière autorité veut de la déférence, Voltaire, Sémiram. I, 4. Je le veux, je le veux… comme il dit çà, ce monsieur ! je le veux… ah ! le roi dit bien : nous voulons, Collé, Part. de chasse, III, 7. Obéissez, je le veux. - Ma foi, il a dit : je le veux, comme un homme qui y est habitué, Al. Duval, Menuis. de Livonie, III, 3.
  • 4Souhaiter, désirer. Qu'est-ce que vous voulez, mon papa ? ma belle maman m'a dit que vous me demandez, Molière, Mal. imag. II, 11. Je voudrais que toutes les âmes éloignées de Dieu fussent présentes à ce discours, Bossuet, Anne de Gonzague. Voulez-vous du public mériter les amours, Sans cesse en écrivant variez vos discours, Boileau, Art p. I. Cependant, quand je veux oublier cet outrage, Et cacher à mon cœur cette funeste image, Vous osez à mes yeux rappeler le passé ! Racine, Mithr. IV, 4. Je viens vous rappeler qu'on me veut pour lord-maire, Delavigne, Popularité, I, 8. Je voudrais m'emparer de toute la nature, P. Lebrun, Marie Stuart, III, 1.
  • 5Consentir à. Oui, je le veux bien. Il faut vouloir tout ce que vous voulez. Veut-elle bien céder à la nécessité ? Corneille, Médée, III, 2. Je veux bien l'avouer, ces nouvelles m'étonnent, Corneille, Hor. III, 5. Seigneur, voulez-vous bien vous en fier à moi ? Corneille, Nicom. IV, 3.

    Par civilité, veuille, veuillez, aie, ayez la bonté, la complaisance. Veuille me dire au plus tôt ce que tu penses de tout cela. Veuillez vous souvenir Que les événements régleront l'avenir, Corneille, Pomp. II, 4. Veuillez être discret, Et n'allez pas, de grâce, éventer mon secret, Molière, Éc. des femmes, I, 6.

    Voulez-vous bien ? est quelquefois une formule impérative. Voulez-vous bien vous taire ? taisez-vous. Voulez-vous bien finir ? finissez. Voulez-vous bien n'être pas joli comme ça ! Beaumarchais, Mar. de Fig. II, 6.

    Je veux bien a quelquefois une signification hautaine comme de supérieur à inférieur. Je veux bien que vous sachiez que vous n'avez rien à ordonner ici. Si vous ne le savez, je veux bien vous l'apprendre, Corneille, Nicom. II, 3.

    Anciennement, vouloir bien, ne pas craindre de. [Condé, répondant à la harangue du président de Maisons, dit] qu'ayant appris de la bouche de la reine que Sa Majesté ne leur avait permis de s'assembler que pour le tarif et les rentes, il voulait bien leur dire qu'il ne souffrirait point leur désobéissance ni leurs entreprises, Mme de Motteville, Mém. à la date de 1648. Je quittai un mari qui m'aimait, pour me jeter entre les bras d'un jeune homme qui avait bien voulu depuis peu de temps me faire savoir que je lui étais devenue odieuse, Scarron, Nouvelles, l'Adultère innocent. Cela [la perruque exprimée en vers] est dit en quatre vers que je veux bien vous écrire ici, afin que vous me mandiez si vous les approuvez, Boileau, Lett. à Maucroix, 29 avril 1695.

  • 6Il s'emploie pour marquer la concession que l'on fait, pour admettre hypothétiquement une chose. Je vous que cette offense attaque votre gloire ; Mais qui l'osa commettre a pu ne pas le croire, Rotrou, Antig. IV, 6. Ils regorgent de biens et d'honneurs, je le veux, Bourdaloue, 1er avent, sur la récompense des saints. Qu'il soit doux, complaisant, officieux, sincère ; On le veut : j'y souscris, et suis prêt à me taire, Boileau, Sat. IX. Mais je veux qu'on vous laisse une part dans la gloire : Que produit pour l'État cette noble victoire ? Delavigne, Vêpr. sicil. I, 2.

    Familièrement. Je veux bien que cela soit, je veux que cela soit, je suppose que cela soit, quoique je n'en convienne pas, ou quand cela serait vrai.

    Si vous voulez, si vous l'admettez. Quand on veut parler d'un grand conquérant, chacun pense à Alexandre ; ce sera donc, si vous voulez, ce même Alexandre qui nous fera voir la pauvreté des rois dans leurs conquêtes, Bossuet, la Vallière. Le corps qui avait concentré dans ses mains tous les pouvoirs, manqua aux engagements qu'il avait pris avec ses sujets, ou, si l'on veut, avec ses esclaves, Raynal, Hist. phil. IV, 31. Que voulez-vous qu'il ait dit… ? comment imaginez-vous qu'il ait pu dire… ? Que voulez-vous, mon père, que j'aie fait ? Molière, Fourber. II, 3.

  • 7Prétendre. Chacun veut en sagesse ériger sa folie, Boileau, Sat. IV. Cette inclination qu'on veut que vous ayez pour le jansénisme, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 20 nov. 1702. Je ne sais ; il veut absolument Que j'aie eu quelque part à cet enlèvement, Baron, École des pères, IV, 2. Oui, grand Dieu, c'est en vain que l'humaine faiblesse Sans toi veut se parer du nom de la sagesse, Racine L. la Grâce, I. Saviez-vous que c'est moi que ce couplet veut ridiculiser ? Genlis, Théâtr. d'éduc. le Méchant par air, IV, 6.
  • 8Vouloir de, avec un substantif pour complément, rechercher, accepter. Je ne veux point d'un trône où je sois leur captive, Corneille, Othon, III, 3. Vous avez dit qu'il était bien aisé de quitter le monde, quand le monde ne voulait plus de nous, Massillon, Avent, Afflictions. Que le public veuille ou non veuille De tous les charmes qu'il accueille…, Voltaire, Lett. en vers et en prose, 14. Si Mlle Gothon veut bien de monsieur, il n'y a pas à aller par quatre chemins, Carmontelle, Prov. la Guinguette, sc. 6. Je ne veux pas d'un monde où tout change, où tout passe, Lamartine, Médit. I, 18.

    Populairement. En veux-tu ? en voilà, abondamment, en grande quantité. C'était un bal magnifique : il y avait des glaces en veux-tu ? en voilà.

  • 9Demander un prix d'une chose qu'on veut vendre. Il veut cent mille francs de sa terre. Combien voulez-vous, que voulez-vous de votre voiture ?
  • 10 Fig. Se dit des choses qui ont de l'autorité. La loi veut que… La raison voulait qu'on prît ce parti. Ce qu'il [Calvin] pouvait [dans la conjuration d'Amboise] ? rompre absolument l'entreprise, en la faisant déclarer au roi ou à la justice ; l'ordre des empires le veut ; la loi éternelle l'ordonne, Bossuet, Déf. Var. 1er disc. 19.

    Le malheur, le bonheur a voulu que…, il est arrivé par malheur, par bonheur que… Puisque mon malheur veut que je sois cette victime publique, Guez de Balzac, liv. I, lett. 5. Son bonheur voulut que les Turcs ne l'attaquassent pas dans ces funestes conjonctures, Voltaire, Ann. Emp. Ferdinand II, 1634.

  • 11 Fig. Être d'un caractère à exiger l'emploi de (avec un nom de personne pour sujet). Il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte. Ils vous diront… Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné, Et d'un sceptre de fer veut être gouverné, Racine, Athal. IV, 3.
  • 12 Fig. Demander, réclamer, avec un nom de chose pour sujet. Un si rare service… Veut l'honneur le plus rare et le plus éclatant, Corneille, Hor. v, 2. Comme en un grand dessein et qui veut promptitude…, Corneille, Sert. v, 6. Un intérêt pressant veut que je vous implore, Racine, Esth. II, 7. Et pour être approuvés De semblables projets veulent être achevés, Racine, Mithr. III, 1. Les ouvrages qui veulent être faits avec une certaine légèreté, Rousseau, Conf. III. L'histoire de ses maux voudrait un long discours, Delille, Én. I. L'amitié ne veut pas qu'on tente l'impossible, Arnault, Oscar, I, 3.

    Il se dit, dans un sens analogue, des cas régis par une préposition, par un verbe, des modes exigés par une conjonction. Quoique veut le subjonctif. Ce verbe veut l'accusatif. Cette préposition veut l'ablatif.

  • 13 Fig. Se prêter à, avec un nom de chose pour sujet. Cette machine ne veut pas marcher. Ce n'est pas seulement la propriété d'avoir qu'on a attribuée à des êtres inanimés et à des idées abstraites, on leur a aussi attribué celle de vouloir ; on dit : Ce bois ne veut pas brûler ; cette clé ne veut pas tourner, etc. Dumarsais, Trop. II, 1.
  • 14Être disposé de manière à. La disposition et la décoration de ces jardins [de Colbert à Sceaux] voulaient rappeler en petit ceux de Versailles, J. Dumesnil, Histoire des amat. franç. t. II, p. 329.
  • 15Vouloir du bien, vouloir du mal à quelqu'un, avoir de l'affection ou de la haine pour lui. Peuple, qui me veux mal, et m'imputes à vice D'avoir…, Malherbe, v, 4. C'est me vouloir du bien d'une étrange manière ! Molière, Mis. IV, 3. L'amour par lequel on se veut du bien et on désire en général sa béatitude, Bossuet, Préf. sur l'instr. past. de M. de Cambrai, VI, 71. Mlle d'Hamilton ne lui voulut aucun mal de la promptitude dont il obéissait au roi son maître, Hamilton, Gram. 11. Le pauvre garçon est sensible, et on lui en veut du mal, Marivaux, Pays. parv. 6e part. Je me trouve bien confuse de voir que vous m'ayez tant aimée, vous qui devez me vouloir tant de mal, Marivaux, Marianne, 4e part. J'ai l'âme aimante, et je me suis toujours attaché aux gens, moins à proportion du bien qu'ils m'ont fait que de celui qu'ils m'ont voulu, Rousseau, Conf. III.

    Particulièrement. Vouloir du bien à quelqu'un, être disposé à le protéger, à l'avancer. J'honore sa valeur, j'estime sa personne, Et penche d'autant plus à lui vouloir du bien, Que, s'en voyant indigne, il ne demande rien, Corneille, Héracl. I, 2. Je le gronde quelquefois ; mais je lui veux du bien, Goldoni, Bourru bienfais. II, 2.

    Que le mal que je lui veux m'arrive, me puisse arriver, se dit pour exprimer qu'on est bien éloigné de souhaiter du mal à quelqu'un. Je ne l'aime guère ; que le mal que je lui veux m'arrive ! Genlis, Théâtre d'éduc. la Lingère, I, 2.

    Fig. Vouloir du mal, vouloir mal à une chose, la condamner, en être irrité. Je suis sotte, et veux mal à ma simplicité De conserver encor pour vous quelque bonté, Molière, Mis. IV, 3. Que l'éclat de la plus belle victoire paraît sombre [à côté d'une mort chrétienne] ! qu'on en méprise la gloire et qu'on veut de mal à ces faibles yeux qui s'y sont laissé éblouir ! Bossuet, Louis de Bourbon.

    Se vouloir du bien, du mal, avoir de l'affection, de l'inimitié l'un pour l'autre. Deux personnes qui se voulaient tant de bien, Hamilton, Gram. 8. Je n'ai vu jamais aucun de ceux qui l'entouraient se vouloir du mal l'un à l'autre, Rousseau, Confess. v.

    Fig. Se vouloir mal de quelque chose, s'en faire des reproches. Je l'aime et le dédaigne, et, n'osant m'attendrir, Je me veux mal des maux que je lui fais souffrir, Corneille, Tite et Berén. I, 1. Laissez ; je me veux mal d'une telle faiblesse, Molière, D. Garc. II, 6. Je me veux mal de mort d'être de votre race, Molière, Fem. sav. II, 7.

    Se faire bien vouloir, mal vouloir de quelqu'un, gagner son affection, s'attirer son inimitié.

  • 16Vouloir le bien de quelqu'un, vouloir lui être utile. Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres, est qu'ils veulent leur bien, Vauvenargues, Réfl. 160.
  • 17En vouloir à quelqu'un, avoir contre lui un sentiment de rancune. Ne m'en veuille pas trop d'avoir agi sans te consulter. Leur secte [des chrétiens] est insensée, impie et sacrilége… Mais sa fureur ne va qu'à briser nos autels, Elle n'en veut qu'aux dieux, et non pas aux mortels, Corneille, Poly. I, 3. Il faut que l'on en veuille à Mlle de Murçai à la poste, ou que son écriture indéchiffrable en veuille aux yeux des commis, Maintenon, Lett. à Mme de Villette, 3 fév. 1682. Comme il [Hartsoeker] était accusé d'en vouloir toujours aux plus grands hommes, tels que MM. Huyghens, Leibnitz, Newton, il se justifie par en parler plus librement que jamais, Fontenelle, Hartsoeker. Aristophane en voulait à Euripide ; il va dans cette pièce jusqu'à lui reprocher qu'il était fils d'une vendeuse d'herbes, Fontenelle, Rem. sur Aristoph. Les anciens peignaient Jupiter prenant le tonnerre composé de trois flèches brûlantes dans la patte de son aigle, et le lançant sur ceux à qui il en voulait, Voltaire, Dict. phil. Tonnerre.

    En vouloir à la vie de quelqu'un, avoir formé le projet de le tuer. Je ne suis plus son fils, s'il en veut à vos jours, Corneille, Héracl. I, 4. Va, César est bien loin d'en vouloir à ta vie, Voltaire, M. de Cés. I, 3.

    En vouloir à, avec un nom de chose comme complément, être irrité contre cette chose, la condamner. Voilà, mon père, comme agissent ceux qui n'en veulent qu'aux erreurs, et non pas aux personnes ; au lieu que vous, qui en voulez aux personnes plus qu'aux erreurs, vous trouvez que ce n'est rien de condamner les erreurs, si on ne condamne les personnes à qui vous les voulez imputer, Pascal, Prov. XVIII. Elle [l'hérésie] n'en voulait d'abord parmi nous qu'aux abus prétendus du culte ; elle a depuis attaqué le culte lui-même, Massillon, Petit carême, Obstacles.

    S'en vouloir, se reprocher un tort. Non, laissez-moi, je m'en veux de vous avoir écouté si longtemps, Picard, Collatéral, v, 2.

    En vouloir à, avoir des prétentions sur. Cousine, il te connaît, et t'en veut tout de bon, Corneille, le Ment. III, 5. Puisque Jason en veut à la toison dorée, Corneille, Tois. d'or, IV, 1. Quand l'ennemi se présentant, Comme il en voulait à l'argent, Sur le mulet du fisc une troupe se jette, La Fontaine, Fabl. I, 4. Un certain drôle qui, dit-on, en veut à ma nièce, Hauteroche, Cocher supposé, sc. 20. J'en veux à votre cœur, non pas à votre bourse, Montfleury, Femme juge et partie, II, 2. Marton, quel est donc cet homme qui vient de me saluer si gracieusement, et qui passe sur la terrasse ? est-ce à vous à qui il en veut ? Marivaux, Fauss. confid. I, 6. Je sais bien qu'en amour il n'est pas mal d'avoir le consentement de la personne à qui on en veut, Voltaire, l'Ingénu, 5.

    En vouloir à, diriger une attaque sur. D'autres disaient qu'on en voulait à quelque petite ville du pays de Trèves, Pellisson, Lett. hist. t. I, p. 402. Ouais ! il me semble que j'entends un chien qui aboie ; n'est-ce point qu'on en voudrait à mon argent ? Molière, l'Av. I, 7. M. de Louvois est parti pour voir ce que les ennemis veulent faire : on dit qu'ils en veulent à Maestricht, Sévigné, 293. Toujours la calomnie en veut aux gens d'esprit, Gresset, le Méch. I, 2.

    En vouloir signifie aussi quelquefois chercher, désirer de rencontrer. Je ne te cherchais pas, j'en voulais à ton maître, Hauteroche, Esp. foll. v, 13.

    À qui en voulez-vous ? qui prétendez-vous attaquer ? et aussi, qui demandez-vous ? qui cherchez-vous ? Êtes-vous de cette maison, ma bonne dame ? - Oui, monsieur ; à qui en voulez-vous, vous dis-je ? Lamotte, Magnifique, II, 4.

    À qui en veut-il ? de qui se plaint-il ?

    Fig. Le bonheur en veut à…, la chance est pour… Le bonheur en voulut à mon père ; Vardes tomba et fut désarmé, Saint-Simon, 10, 120.

    Le malheur lui en veut, la chance est contre lui. Hélas ! la pauvre fille, le malheur lui en voulait, ce jour là, Marivaux, Pays. parv. 1re part.

  • 18Vouloir dire, signifier. Que veut dire ce mot, ce procédé ? Equus veut dire en français cheval.

    Entendre ce que parler veut dire, comprendre à demi-mot.

    Que veut dire cet homme ? que prétend cet homme ? que demande-t-il ?

    Que veut dire cela ? Que veut dire ceci ? s'emploie quelquefois pour marquer un simple étonnement.

    Qu'est-ce que cela veut dire ? affirme un sentiment mêlé d'improbation.

    Que veut dire cette clause ? elle ne signifie rien.

    Que veulent dire ces vers ? on n'en comprend pas le sens.

  • 19Au XVIIe siècle, quand vouloir était suivi d'un verbe réfléchi, on mettait souvent le pronom personnel avant le verbe vouloir ; cela peut encore être employé. Je me suis voulu jeter dans le hasard, Corneille, Héracl. II, 2. Les examinateurs s'étant voulu écarter un peu de cette méthode, Pascal, Prov. III. Et Mignot aujourd'hui s'est voulu surpasser, Boileau, Sat. III. Comme cette affaire fit alors un fort grand bruit, et que les ennemis de Port-Royal s'en sont voulu prévaloir dans la suite contre ce monastère, Racine, Port-Royal, I. À propos de la paix de Ryswyk, ne trouvez-vous pas qu'elle est si glorieuse aux alliés et nommément au roi Guillaume, qu'on ne peut assez admirer que la France se soit voulu assujétir à une mortification si honteuse ? Bayle, Lett. à Constant, 14 nov. 1697.

    Dans ces cas, l'usage du XVIIe siècle était de ne pas faire accorder voulu, malgré la forme réfléchie.

    PROVERBE

    Ce que femme veut, Dieu le veut, les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent, et viennent à bout de l'obtenir.

REMARQUE

1. L'impératif est veuille, veuillons, veuillez. Cependant l'Académie dit : veux, voulons, voulez, quand on engage à avoir une volonté ferme. On en trouve en effet des exemples dans les auteurs modernes : Ne m'en veux pas (V. HUGO) ; Veux-le bien (COUSIN, Fragments, p. 211, 1833) ; Voulons le faire (BONIFACE, Gramm. n° 363) ; Voulez sortir (ID.). Ces exemples sont rapportés et condamnés par M. Jullien, Gramm. p. 117, qui recommande de dire : Ne m'en veuille pas, veuillez-le bien, veuillons le faire, veuillez sortir. C'est là, il ne peut y avoir de doute, le véritable impératif. Les autres formes sont récentes et à peine intelligibles.

2. M. Jullien dit : « Au présent du subjonctif le Dictionnaire de l'Académie donne voulions, vouliez. Je crois que c'est à tort. Fléchier, à la fin de son Traité des jeux de théâtre, écrit : Ne croyez que nous veuillions vous effrayer, Le grammairien Cl. Irson [XVIIe s.] n'admettait que ces formes. Régnier Desmarais remarquait que l'usage de voulions, vouliez, contraire à l'analogie, commençait à s'introduire, et, de fait, Mme de Sévigné emploie le plus souvent ces formes. Une épigramme de Piron (Œuvres complètes, VI, p. 505) porte : Pourvu que vous m'en veuilliez croire. » La forme dont M. Jullien prend la défense est certainement la meilleure. Vouloir est un verbe où l'i, qui appartient au subjonctif roman, a modifié l'o, l'ou du radical (comme l'a dans vaille, de valoir) ; et c'est un barbarisme assez récent et désormais autorisé par l'usage que de dire voulions, vouliez ; mais c'est un meilleur usage de dire veuillions, veuilliez.

3. Molière a fait quelquefois voudriez de deux syllabes : Mais le mal c'est… que monsieur votre père Est un autre vilain qui ne vous laisse pas, Comme vous voudriez bien, manier ses ducats, Molière, l'Ét. I, 2. C'est un archaïsme : dans l'ancienne langue ce mot et les mots analogues n'étaient que de deux syllabes. Aujourd'hui ils sont de trois.

HISTORIQUE

Xe s. Voldrent la veintre li Deo inimi [les ennemis de Dieu], Eulalie. À ezo nos voldret concreidre li rex pagiens, ib. [Elle] Volt lo seule [siècle] lazsier, si ruove krist, ib.

XIe s. Kil [Qui le bétail] voldrad clamer emblet, e il volge doner wage…, Lois de Guill. 25. [Je vous donnerai] Teres e fiez tant cum vos en vuldrez, Ch. de Rol. v. Ademplir [je] voeill vostre comandement, ib. XXII. Mais li quens Guenes illoec ne volsist estre, ib. XX. Voillet o non, tut i laisset sun tens [sa vie], ib. CIX.

XIIe s. Et Dieus pour quoi le consent [pourquoi Dieu y consent-il], Qu'il se veut [qu'on veuille] si bien mentir ? Couci, IV. Quel guerredon ele me voudra rendre, ib. v. Et s'il est riens qui m'en puisse partir, Ne quier je [je ne demande pas] ja savoir, ne Diex le vueille ! ib. VIII. Je ne doi pas [à l'] amors grant mal vouloir, ib. IX. Ou veuil ou non, servir la [la servir] me convient, ib. XX. Ne me vout [voulut] pas Diex pour neiant doner Touz les soulaz qu'ai eüs en ma vie, ib. XXII. Du tort et de la honte me vorroie vengier, Sax. XVI. Li plus hardis des trois vossist [voudrait] estre à Paris, ib. XXIV.

XIIIe s. En cele nuit li empereres Alexis prist de son tresor quanqu'il en pot porter, et enmena de gent ce qu'il en pot mener et qui aler s'en vodrent avec lui, Villehardouin, LXXXIII. Si, comme Diex vout, [ils] desconfirent les Grieus, et les commencierent à abattre et à ocirre, Villehardouin, CXXXVII. Rien que la vielle vueille, [elle] ne li veut contredire, Berte, XI. Vueillez que cors et ame et quantque j'ai soit vo [vôtre], ib. XXXII. Je veuil pour vous mon cor travailler et pener, ib. XLIII. Je veus par vostre amour ici en droit vouer…, ib. XLII. Mieus [je] voudroie estre morte, si me soit Diex sauvere [sauveur]…, ib. CXIII. Car certes el [l'Envie] ne vorroit mie, Que biens venist, neis [même] à son pere, la Rose, 258. Gars, pourquoi es-tu si hardis, Qui bien velz estre d'un garçon Dont j'ai mauvese soupeçon ? ib. 3547. L'une veut d'un, l'autre veut d'autre ; Ce que fait l'une, ne fait l'autre, Contenance des femmes.

XIVe s. Et par consequent il lui veult très grans biens come à home, Oresme, Éth. 242. Adont li bers Bertran hautement dit li a : En volez vous encores ? or ne me celez jà, Guesclin. 1808.

XVe s. Or veuille-je raconter et retourner aux messages d'Angleterre, Froissart, I, I, 65. [Son cheval] l'emporta, voulust ou non, droit en-my le logis des Anglois, Froissart, I, I, 91. Si escripsit devers messire Jean d'Armignac que à ce besoin il ne lui voulsist faillir, Froissart, II, II, 1. Là furent faits plusieurs chevaliers… qui estre le volrent, Froissart, II, II, 58. Tous ceus faisoient du roi ce qu'ils vouloient, et le menoient et le demenoient ainsi comme il leur plaisoit, Froissart, II, III, 36. Et quand il fut assailly, alors il dit : que voulez-vous que je vous die ? Jeh. de Saint. ch. 3. Puisque le cueur de moi avez, Le vostre fault que me laissiez ; Car sans cueur vivre ne pourroye ; Faictes en, comme vous vouldrez, Ma seule souveraine joye, Orléans, Bal. 2. Et le roy… faisoit ce qu'on vouloit ; aussi estoit-il aucunement empesché de maladie, Juvénal Des Ursins, Charles VI, 1407. Aucuns ont voulu dire que ledit conte du Mayne avoit intelligence avec eulx, Commines, I, 3. Le conte de Charolois vouloit dire que le roy ne les devoit rachapter [certaines villes], luy ramentevant combien il estoit tenu à sa maison durant qu'il estoit fugitif de son pere, Commines, I, 12.

XVIe s. Je ne suis point voulu passer oultre jusques à ceste heure, Marguerite de Navarre, Lett. LVIII. Où est l'ami que tant bon on reclame, Qui pour l'ami voulust bailler son ame ? Marot, I, 265. Compter vous vueil un debat qui m'esveille, Marot, I, 399. Chante qui veut, balle qui veut baller ; Ce seul plaisir seulement je vousisse…, Marot, II, 393. Balaam, vousist-il ou non, ne se peut tenir de dire que Dieu n'est pas semblable aux hommes, pour mentir, Calvin, Instit. 157. La raison le veult ainsi, Rabelais, Garg. I, 28. Si par nous eust esté pourté faveur à tes malvouluz, Rabelais, I, 31. Ce que j'en dy, ce n'est pas mal que je vous vueille…, Rabelais, Pant. III, 31. Un obstiné, qui une mesme chose Veutet deveut cent fois en un instant, Saint-Gelais, 4. Nostre langue n'est tant irreguliere, qu'on voudroit bien dire, Du Bellay, J. I, 11, verso. Que pleust aux muses, pour le bien que je veux à nostre langue, que…, Du Bellay, J. I, 35, recto. Quasi touts desestimez et mal voulus, Montaigne, IV, 24. Ceux à qui nous ne voulons point de bien, Lanoue, 74. Son auctorité le rendoit mal voulu, à cause qu'il estoit homme superbe, Amyot, Thésée, 22. Ils estoient tous deux bien voulus de leurs semblables, Amyot, Rom. 7. Ils sont plus tourmentés sans comparaison de leurs douleurs quand il veut pleuvoir, que lors qu'il fait beau temps, Paré, IX, 5. Je suis de tel advis : me blasme de ceci, M'estime qui voudra, je le conseille ainsi, Ronsard, 125.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. VOULOIR. - REM. Ajoutez :

4. Avec le prétérit indéfini de vouloir, et un que suivant, Mme de Sévigné a mis le verbe de la proposition subordonnée au prétérit indéfini du subjonctif : Elle n'a jamais voulu qu'il ait été saigné, 5 août 1671 ; Ils n'ont pas voulu que nous soyons partis plus tôt, 25 mai 1689. On dirait plutôt : qu'il fût saigné ; que nous partissions ; mais il n'y a rien à redire à ces phrases de Mme de Sévigné.

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Vouloir : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOULOIR, v. act. (Gramm.) être mu par le désir ou par l’aversion. Voyez l’article Volonté.

On dit comment s’intéresser à un homme qui voit sa perte, qui la reconnoit, & qui la veut ? quand les rois veulent, ils ordonnent, & à des gens bassement disposés à leur obéir aveuglément ; ils ne peuvent donc être trop attentifs à ne vouloir que des choses justes ; je veux que vous réussissiez, mais la suite de ce succès la voyez-vous ? ce bois ne veut pas bruler ; cette clé ne veut pas tourner dans la serrure ; vous voulez que j’aie tort, & je le veux aussi, puisque je vous aime & que vous êtes belle ; que veulent tous ces gens ? que veulent ces préparatifs de guerre au milieu de la paix ? on est bien & mal voulu souvent sans l’avoir mérité ; cet ignorant en veut à tous les habiles gens ; il en veut à toutes les femmes ; veuille Dieu, veuille le diable, cela sera.

Vouloir, s. m. (Gram.) c’est l’action de la volonté. On dit le vouloir des dieux ; il semble que ce mot entraine plus de force & de nécessité que volonté.

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Vouloir : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « vouloir » les plus populaires.

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Étymologie de « vouloir »

Étymologie de vouloir - Littré

Bourg. veloi ; wallon, voleur ; provenç. voler ; ital. volere ; du lat. fictif volere, dérivé de l'indicatif latin volo, je veux ; re ϐούλομαι, ϐόλομαι ; goth. viljan ; all. wollen ; angl. to will ; radical sanscr. var, vri, choisir.

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Étymologie de vouloir - Wiktionnaire

(Xe siècle) Du latin vulgaire *volere (relevé sous la forme du gérondif volendi ; de l’indicatif présent 2e pers. : si voles VIIIe siècle), réfection du latin classique volo d’après les formes du radical vol-.
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Phonétique du mot « vouloir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vouloir vulwar play_arrow

Conjugaison du verbe « vouloir »

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Citations contenant le mot « vouloir »

  • Alain Cocq est dijonnais. Lourdement handicapé à cause d’une maladie orpheline qui s’aggrave, il appelle Emmanuel Macron à légaliser le droit à l’aide active à mourir dans la dignité. Il lui a adressé une lettre, avant de vouloir mettre fin à ses soins le 26 août prochain.  France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Alain Cocq : "J'ai décidé de mourir en arrêtant mon traitement"
  • Quand je lis un peu partout que les jeunes sont responsables de certains cas de transmission de la COVID-19 parce qu’ils se réunissent et font le party, je trouve ça choquant. Mais peut-on vraiment leur en vouloir ? Le Journal de Montréal, Peut-on en vouloir aux jeunes? | Le Journal de Montréal
  • WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a déclaré jeudi ne pas vouloir reporter l'élection présidentielle américaine prévue le 3 novembre prochain, quelques heures après avoir évoqué cette éventualité, mais il a dit rester préoccupé par les problèmes que pourrait engendrer le vote par correspondance de millions d'électeurs. Challenges, USA: Trump dit ne pas vouloir reporter l'élection, s'inquiète du vote par correspondance - Challenges
  • Frank Lampard (entraîneur de Chelsea, battu par Arsenal 2-1 en finale de la Coupe d'Angleterre) : "Nous avions bien démarré en marquant un but et en contrôlant le match. On ne peut en vouloir qu'à nous-mêmes à partir de là pour ce qui concerne notre jeu, nous sommes devenus suffisants, jouant en passes courtes. Mais au final, ce n'est jamais une partie de plaisir et on les a laissés revenir dans le match. Et c'est difficile de se remettre dans le match après ça. On y est arrivé lors de grandes périodes du second acte, mais beaucoup de choses aujourd'hui sont de notre faute. Nous avons été lents et on leur a permis de nous mettre sous pression. Nous n'avons pas assez bien joué pour remporter une finale. Beaucoup de choses se sont accumulées contre nous, non ? Deux blessures aux adducteurs (Azpilicueta et Pulisic) et une épaule luxée (Pedro), Willian qui s'est blessé hier (vendredi), Kanté qui n'était pas remis... On est à la fin d'une très, très longue saison. Je sais que c'est le cas pour tout le monde, je ne cherche pas d'excuses, mais aujourd'hui, c'était la goutte de trop". Des propos relayés par Sport24. http://www.lebuteur.com, International : Chelsea - Lampard : "On ne peut en vouloir qu'à nous-mêmes"
  • “Nous devons le vouloir plus. Évidemment nous en parlons, il y a des passages où nous avons été vraiment bons, et il y en a d’autres où nous ne l’avons pas été. Il faut juste en vouloir plus. Je pense qu’ils le voulaient plus, ils se sont jetés sur les ballons plus que nous ce soir et ça les a aidés, ils sont restés dans le match, et à la fin ils ont pu lieux exécuter que nous.” Fox Basket Infos, De'Aaron Fox était prêt, pas son équipe : "Nous devons le vouloir plus"
  • A vouloir trop avoir, l’on perd tout. De Proverbe français
  • Il ne faut pas en vouloir aux événements. De Marc-Aurèle
  • Se vouloir libre, c'est aussi vouloir les autres libres. De Simone de Beauvoir / Pour une morale de l'ambiguïté
  • Vouloir jouer aux échecs contre soi-même est aussi paradoxal que vouloir marcher sur son ombre. De Stefan Zweig / Le Joueur d’échecs
  • Vouloir du bien à une femme, est-ce en vouloir à son mari ? De Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
  • Le suicide, ce n’est pas vouloir mourir, c’est vouloir disparaître. De Georges Perros / Papiers collés
  • Se souvenir ranime ; vouloir se souvenir détruit. De Claire France / Autour de toi, Tristan
  • Croire ce doit, être vouloir croire. De Jean Simard / Mon fils pourtant heureux
  • Pour croire il faut vouloir croire. De Silvio Pellico / Devoirs des hommes
  • Qui délibère oublie de vouloir. De Alain
  • Vouloir transformer c’est d’abord et toujours vouloir supprimer. De Michel Polac / Hors de soi
  • Vouloir tard, ce n'est pas vouloir. De Sénèque / De bénéficiis
  • La liberté, pour l'homme, consiste à faire ce qu'il veut dans ce qu'il peut, comme sa raison consiste à ne pas vouloir tout ce qu'il peut. Antoine Rivaroli, dit le Comte de Rivarol, Discours sur l'homme intellectuel et moral
  • Dans un État, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, De l'esprit des lois
  • Vous l'avez voulu, vous l'avez voulu, George Dandin, vous l'avez voulu […]. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, George Dandin, I, 7, Dandin
  • Qui veut la gloire passionnément, finit par l'obtenir, ou du moins en approche de bien près. Mais il faut vouloir, et non pas une fois ; il faut vouloir à tous les instants. Marie Jean Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard, Visite à Buffon
  • Car la jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut. Jean Cocteau, La Difficulté d'être, Éditions du Rocher
  • Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard. Honoré de Balzac, La Vendetta

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Traductions du mot « vouloir »

Langue Traduction
Corse voli
Basque nahi
Japonais をしたい
Russe хочу
Portugais quer
Arabe اريد ان
Chinois 想要
Allemand möchte
Italien volere
Espagnol querer
Anglais want to
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Synonymes de « vouloir »

Source : synonymes de vouloir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « vouloir »


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