La langue française

Vocation

Sommaire

  • Définitions du mot vocation
  • Étymologie de « vocation »
  • Phonétique de « vocation »
  • Citations contenant le mot « vocation »
  • Images d'illustration du mot « vocation »
  • Traductions du mot « vocation »
  • Synonymes de « vocation »
  • Antonymes de « vocation »

Définitions du mot « vocation »

Trésor de la Langue Française informatisé

VOCATION, subst. fém.

I. − RELIGION
A. − BIBLE. Appel particulier venant de Dieu. Synon. élection (v. ce mot B 1 a).Le quatrième évangéliste connaissait mieux que les autres (...) ce qui concerne la vocation des apôtres (Renan, Vie Jésus, 1863, p. 483).
Vocation d'Abraham. Appel que Dieu lança au patriarche Abraham pour qu'il soit le père des croyants. L'Eucharistie (...) annonce l'abolition des sacrifices sanglans; elle est aussi l'image de la vocation d'Abraham, et de la première alliance de Dieu avec l'homme (Chateaubr., Génie, t. 1, 1803, p. 48).
Vocation de Moïse. Appel que Dieu lança à Moïse pour qu'il soit le libérateur et le législateur du peuple hébreu. Tout un mouvement de pensée religieuse a en effet voulu assigner une fonction médiatrice aux prophètes de l'Ancien Testament, à Moïse en particulier. Plusieurs textes de l'Ancien Testament même décrivent en ce sens la vocation de Moïse, sans toutefois prononcer le mot « médiateur » (Philos., Relig., 1957, p. 36-5).
Vocation des Gentils. Appel que Dieu lança aux païens pour les inviter à connaître l'Évangile et à entrer dans l'Église. Origène parle de l'ange de la vocation des Gentils, de l'ange de la Grace (Dupuis, Orig. cultes, 1796, p. 60).
B. − Mouvement intérieur par lequel l'être humain se sent appelé par Dieu et voué à la vie religieuse. Vocation ecclésiastique, monacale, sacerdotale, religieuse; vocation contrariée, forcée, tardive; suivre sa vocation; répondre, résister à sa vocation; avoir, ne pas avoir la vocation. Son père désirait en faire un prêtre. Mais le vieil abbé n'a pas voulu, le petit manquant tout à fait de vocation (Zola, Rêve, 1888, p. 48).Il m'a demandé: « Pourquoi n'entrez-vous pas dans les ordres? Comment se fait-il que vous n'ayez pas quitté le monde? » Je lui dis qu'on n'entre pas dans les ordres sans vocation (Green, Journal, 1947, p. 111).
C. − Vieilli. ,,Ordre extérieur de l'Église, par lequel les évêques appellent au ministère ecclésiastique ceux qu'ils en jugent dignes`` (Ac. 1835, 1878). Vocation extérieure (Ac. 1835, 1878).
II.
A. − Inclination, penchant impérieux qu'un individu ressent pour une profession, une activité ou un genre de vie. Vocation artistique, militaire, musicale; vocation pour le commerce, le théâtre, la peinture; vocation pour le célibat; se sentir une vocation d'historien, de romancier, de poète; rater sa vocation; se détourner de sa vocation. Quoiqu'il n'eût aucune vocation pour le mariage, on l'avait conduit, le couteau sur la gorge, devant le prêtre (About, Grèce, 1854, p. 200).Il me fit part de sa vocation littéraire. Ce gamin de sixième composait des tragédies en vers! De véritables tragédies, en plusieurs actes, comme dans ses livres de classe (Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. XLII).
Vocation de + inf.Avoir la vocation de gouverner, de régner. D'un mauvais compositeur acharné à produire, on pourrait dire qu'il a la passion, mais non la vocation d'écrire des œuvres musicales (Lal.1968).
P. iron. Au fond, sa véritable ambition eût été d'être joli garçon; j'ai peu vu de vocations plus manquées que celle-là! (Goncourt, Journal, 1863, p. 1254).
En partic. Inclination, penchant marqué pour une profession exigeant dévouement et désintéressement (enseignement, médecine, recherche scientifique). Les Écoles régimentaires n'ont donné jusqu'ici que de très-médiocres résultats. Cela tient à ce que l'on n'improvise pas un professeur; l'enseignement demande une vocation et une aptitude particulières (Davout, Réorg.milit., 1871, p. 19).
Loc. Par vocation. Par goût, par inclination très prononcée. J'entrai par vocation dans le métier des armes, j'appris les lettres par plaisir (Camus, Dév. croix, 1953, 1rejournée, p. 532).
B. − Destination individuelle de chaque être humain. Synon. destinée, mission.Le protestantisme (...) prend au sérieux l'enseignement de la Genèse: la vocation de l'homme n'est-elle pas de dominer la terre, d'y assurer le règne de l'homme? (Univers écon. et soc., 1960, p. 64-14).
C. − DR. ,,Droit, en général conféré par la loi, auquel son bénéficiaire ne peut renoncer avant l'événement qui l'actualise (ouverture de la succession, survenance de l'état de besoin), mais qui existe dès avant à l'état de virtualité, d'éventualité`` (Juridique 1987). La vocation successorale ou héréditaire: droit pour le successible d'être appelé à la succession; la vocation alimentaire : droit pour une personne de réclamer des aliments à un parent, en cas de besoin (Juridique1987).
Locutions
Avoir vocation à, pour + subst. ou inf.Être qualifié pour. Le parti a vocation normale pour constituer le cabinet s'il est au pouvoir, le contrôler s'il est dans l'opposition (Meynaud, Groupes pression en Fr., 1958, p. 37).Les géographes universitaires sont appelés à reconnaître qu'ils ont vocation à former non seulement des professeurs, voire des chercheurs, mais aussi des cadres pour l'économie (Colloque géogr. appl., 1962, p. 161).Chaque corps groupe les fonctionnaires soumis au même statut particulier et ayant vocation aux mêmes grades (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 241).
Ouvrir vocation à + subst. ou inf.Donner droit à (v. droit3II A 1 b). La commission départementale d'admission établit la liste des élèves admis sans examen dans les classes de 6e, cette admission ouvrant éventuellement vocation à l'attribution d'une bourse (Encyclop. éduc., 1960, p. 135).
III. − Destination à laquelle un établissement, une région, un pays paraît être voué de par ses caractéristiques intellectuelles ou matérielles. Vocation agricole, industrielle, maritime, touristique d'une région. Le problème reste l'institution de cours à plein temps, problème compliqué par la vocation du CNAM [Conservatoire National des Arts et Métiers] à être « cours du soir », parallèle à une activité professionnelle (Encyclop. éduc., 1960, p. 275).Le Gouvernement, en se prononçant pour une vocation du Sud-Ouest aux activités aéro-spatiales, a décidé l'installation de divers établissements scientifiques ou d'enseignement supérieur dans cette région (Amén. terr., 1964, p. 15).
En partic.
Aptitude que présente un sol à une production déterminée. Vocation céréalière, horticole d'un sol, d'une terre. On conçoit très bien les compagnies papetières créant (...) des filiales ayant pour objet l'acquisition et le boisement de terres à vocation forestière (Industr. fr. bois, 1955, p. 25).
Vocation d'un magasin. ,,Politique commerciale d'un magasin en fonction de son positionnement sur le marché`` (Wellhoff Comm. 1977). Chaque magasin a donc une vocation (...). Avoir un assortiment étroit et profond (spécialiste) ou (...) privilégier un département alimentaire, non alimentaire (WellhoffComm.1977).
REM.
Vocationnel, -elle, adj.,hapax. L'esprit d'indépendance sera entretenu non seulement par l'étude, mais par une éducation que Gandhi nomma « vocationnelle » (Rolland, Gandhi, 1923, p. 37).
Prononc. et Orth.: [vɔkasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1200 « appel de Dieu à lui » (Dialogue Grégoire, éd. W. Foerster, p. 155); 2. a) ca 1470 « destin vers lequel une personne semble être portée de par sa nature même » (Jean de Bueil, Jouvencel, éd. C. Favre et L. Lecestre, t. 2, p. 25); 1656 (Pascal, Lettre à Mademoiselle de Roannez, sept. ds Œuvres compl., éd. J. Chevalier, p. 506, VIII, I); b) 1676 « mouvement intérieur par lequel on se sent porté à la vie religieuse » (Maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, t. II, p. 51 ds Pougens ds Littré); 3. 1467 « situation, condition » (ds Lettres de Louis XI, éd. J. Vaesen, t. 3, p. 143); 1673 « inclination pour un état, talent » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 632). Empr. au lat.vocatio, -onis « action d'appeler », « invitation » d'où en b. lat. eccl. « appel fait par Dieu » vies. ds Blaise Lat. chrét., « invitation de Dieu à la foi » iers., ibid., « appel à tel genre de vie, état » ives., ibid. formé sur le supin vocatum de vocare « appeler », dér. de vox, vocis « voix ». Fréq. abs. littér.: 1 154. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 832, b) 1 190; xxes.: a) 1 498, b) 2 658. Bbg. Blochw.-Runk. 1971, p. 127 (s.v. vocationnel). − Goug. Mots. t. 3 1975, p. 231. − Quem. DDL t. 34.

Trésor de la Langue Française informatisé

VOCATION, subst. fém.

I. − RELIGION
A. − BIBLE. Appel particulier venant de Dieu. Synon. élection (v. ce mot B 1 a).Le quatrième évangéliste connaissait mieux que les autres (...) ce qui concerne la vocation des apôtres (Renan, Vie Jésus, 1863, p. 483).
Vocation d'Abraham. Appel que Dieu lança au patriarche Abraham pour qu'il soit le père des croyants. L'Eucharistie (...) annonce l'abolition des sacrifices sanglans; elle est aussi l'image de la vocation d'Abraham, et de la première alliance de Dieu avec l'homme (Chateaubr., Génie, t. 1, 1803, p. 48).
Vocation de Moïse. Appel que Dieu lança à Moïse pour qu'il soit le libérateur et le législateur du peuple hébreu. Tout un mouvement de pensée religieuse a en effet voulu assigner une fonction médiatrice aux prophètes de l'Ancien Testament, à Moïse en particulier. Plusieurs textes de l'Ancien Testament même décrivent en ce sens la vocation de Moïse, sans toutefois prononcer le mot « médiateur » (Philos., Relig., 1957, p. 36-5).
Vocation des Gentils. Appel que Dieu lança aux païens pour les inviter à connaître l'Évangile et à entrer dans l'Église. Origène parle de l'ange de la vocation des Gentils, de l'ange de la Grace (Dupuis, Orig. cultes, 1796, p. 60).
B. − Mouvement intérieur par lequel l'être humain se sent appelé par Dieu et voué à la vie religieuse. Vocation ecclésiastique, monacale, sacerdotale, religieuse; vocation contrariée, forcée, tardive; suivre sa vocation; répondre, résister à sa vocation; avoir, ne pas avoir la vocation. Son père désirait en faire un prêtre. Mais le vieil abbé n'a pas voulu, le petit manquant tout à fait de vocation (Zola, Rêve, 1888, p. 48).Il m'a demandé: « Pourquoi n'entrez-vous pas dans les ordres? Comment se fait-il que vous n'ayez pas quitté le monde? » Je lui dis qu'on n'entre pas dans les ordres sans vocation (Green, Journal, 1947, p. 111).
C. − Vieilli. ,,Ordre extérieur de l'Église, par lequel les évêques appellent au ministère ecclésiastique ceux qu'ils en jugent dignes`` (Ac. 1835, 1878). Vocation extérieure (Ac. 1835, 1878).
II.
A. − Inclination, penchant impérieux qu'un individu ressent pour une profession, une activité ou un genre de vie. Vocation artistique, militaire, musicale; vocation pour le commerce, le théâtre, la peinture; vocation pour le célibat; se sentir une vocation d'historien, de romancier, de poète; rater sa vocation; se détourner de sa vocation. Quoiqu'il n'eût aucune vocation pour le mariage, on l'avait conduit, le couteau sur la gorge, devant le prêtre (About, Grèce, 1854, p. 200).Il me fit part de sa vocation littéraire. Ce gamin de sixième composait des tragédies en vers! De véritables tragédies, en plusieurs actes, comme dans ses livres de classe (Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. XLII).
Vocation de + inf.Avoir la vocation de gouverner, de régner. D'un mauvais compositeur acharné à produire, on pourrait dire qu'il a la passion, mais non la vocation d'écrire des œuvres musicales (Lal.1968).
P. iron. Au fond, sa véritable ambition eût été d'être joli garçon; j'ai peu vu de vocations plus manquées que celle-là! (Goncourt, Journal, 1863, p. 1254).
En partic. Inclination, penchant marqué pour une profession exigeant dévouement et désintéressement (enseignement, médecine, recherche scientifique). Les Écoles régimentaires n'ont donné jusqu'ici que de très-médiocres résultats. Cela tient à ce que l'on n'improvise pas un professeur; l'enseignement demande une vocation et une aptitude particulières (Davout, Réorg.milit., 1871, p. 19).
Loc. Par vocation. Par goût, par inclination très prononcée. J'entrai par vocation dans le métier des armes, j'appris les lettres par plaisir (Camus, Dév. croix, 1953, 1rejournée, p. 532).
B. − Destination individuelle de chaque être humain. Synon. destinée, mission.Le protestantisme (...) prend au sérieux l'enseignement de la Genèse: la vocation de l'homme n'est-elle pas de dominer la terre, d'y assurer le règne de l'homme? (Univers écon. et soc., 1960, p. 64-14).
C. − DR. ,,Droit, en général conféré par la loi, auquel son bénéficiaire ne peut renoncer avant l'événement qui l'actualise (ouverture de la succession, survenance de l'état de besoin), mais qui existe dès avant à l'état de virtualité, d'éventualité`` (Juridique 1987). La vocation successorale ou héréditaire: droit pour le successible d'être appelé à la succession; la vocation alimentaire : droit pour une personne de réclamer des aliments à un parent, en cas de besoin (Juridique1987).
Locutions
Avoir vocation à, pour + subst. ou inf.Être qualifié pour. Le parti a vocation normale pour constituer le cabinet s'il est au pouvoir, le contrôler s'il est dans l'opposition (Meynaud, Groupes pression en Fr., 1958, p. 37).Les géographes universitaires sont appelés à reconnaître qu'ils ont vocation à former non seulement des professeurs, voire des chercheurs, mais aussi des cadres pour l'économie (Colloque géogr. appl., 1962, p. 161).Chaque corps groupe les fonctionnaires soumis au même statut particulier et ayant vocation aux mêmes grades (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 241).
Ouvrir vocation à + subst. ou inf.Donner droit à (v. droit3II A 1 b). La commission départementale d'admission établit la liste des élèves admis sans examen dans les classes de 6e, cette admission ouvrant éventuellement vocation à l'attribution d'une bourse (Encyclop. éduc., 1960, p. 135).
III. − Destination à laquelle un établissement, une région, un pays paraît être voué de par ses caractéristiques intellectuelles ou matérielles. Vocation agricole, industrielle, maritime, touristique d'une région. Le problème reste l'institution de cours à plein temps, problème compliqué par la vocation du CNAM [Conservatoire National des Arts et Métiers] à être « cours du soir », parallèle à une activité professionnelle (Encyclop. éduc., 1960, p. 275).Le Gouvernement, en se prononçant pour une vocation du Sud-Ouest aux activités aéro-spatiales, a décidé l'installation de divers établissements scientifiques ou d'enseignement supérieur dans cette région (Amén. terr., 1964, p. 15).
En partic.
Aptitude que présente un sol à une production déterminée. Vocation céréalière, horticole d'un sol, d'une terre. On conçoit très bien les compagnies papetières créant (...) des filiales ayant pour objet l'acquisition et le boisement de terres à vocation forestière (Industr. fr. bois, 1955, p. 25).
Vocation d'un magasin. ,,Politique commerciale d'un magasin en fonction de son positionnement sur le marché`` (Wellhoff Comm. 1977). Chaque magasin a donc une vocation (...). Avoir un assortiment étroit et profond (spécialiste) ou (...) privilégier un département alimentaire, non alimentaire (WellhoffComm.1977).
REM.
Vocationnel, -elle, adj.,hapax. L'esprit d'indépendance sera entretenu non seulement par l'étude, mais par une éducation que Gandhi nomma « vocationnelle » (Rolland, Gandhi, 1923, p. 37).
Prononc. et Orth.: [vɔkasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1200 « appel de Dieu à lui » (Dialogue Grégoire, éd. W. Foerster, p. 155); 2. a) ca 1470 « destin vers lequel une personne semble être portée de par sa nature même » (Jean de Bueil, Jouvencel, éd. C. Favre et L. Lecestre, t. 2, p. 25); 1656 (Pascal, Lettre à Mademoiselle de Roannez, sept. ds Œuvres compl., éd. J. Chevalier, p. 506, VIII, I); b) 1676 « mouvement intérieur par lequel on se sent porté à la vie religieuse » (Maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, t. II, p. 51 ds Pougens ds Littré); 3. 1467 « situation, condition » (ds Lettres de Louis XI, éd. J. Vaesen, t. 3, p. 143); 1673 « inclination pour un état, talent » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 632). Empr. au lat.vocatio, -onis « action d'appeler », « invitation » d'où en b. lat. eccl. « appel fait par Dieu » vies. ds Blaise Lat. chrét., « invitation de Dieu à la foi » iers., ibid., « appel à tel genre de vie, état » ives., ibid. formé sur le supin vocatum de vocare « appeler », dér. de vox, vocis « voix ». Fréq. abs. littér.: 1 154. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 832, b) 1 190; xxes.: a) 1 498, b) 2 658. Bbg. Blochw.-Runk. 1971, p. 127 (s.v. vocationnel). − Goug. Mots. t. 3 1975, p. 231. − Quem. DDL t. 34.

Wiktionnaire

Nom commun

vocation \vɔ.ka.sjɔ̃\ féminin

  1. (Religion) Mouvement intérieur ressenti comme un appel de Dieu à se consacrer à son service.
    • De là vint l’usage, pour les matrones et les jeunes filles nobles, de prendre le voile et de se réfugier dans les couvents, non pas parce qu’elles y étaient appelées par la vocation, mais seulement pour préserver leur honneur de la méchanceté sans frein de l’homme. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  2. Inclination que l’on ressent pour un état.
    • Charles résolut de hasarder sur le tapis rouge de la Guerre son audace provençale qu’il prit, à l’exemple de tant d’autres, pour une vocation. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • La vraie marque d'une vocation est l'impossibilité d'y forfaire, c'est-à-dire de réussir à autre chose que ce pour quoi l'on a été créé. L'homme qui a une vocation sacrifie tout involontairement à sa maîtresse œuvre. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 52.)
    • La nostalgie d'une vocation est elle-même une vocation. — (Julien Green, Journal, 10 décembre 1961)
    • Le statut d’entrepreneur individuel spécialisé dans la chnouf semble en contradiction avec une vocation de pédagogue se destinant à enseigner les valeurs du sport. À moins de se spécialiser dans le cyclisme. — (Bourse d'études, dans Marianne (magazine), n°772 du 11 février 2012, p. 43)
  3. Disposition, talent.
    • De ces leçons, de ces efforts, il en était résulté ce phénomène, assez ordinaire chez les natures poussées par la vocation, que, sans le savoir, Modeste composait, comme on peut composer sans connaître l’harmonie, des cantilènes purement mélodiques. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • M. Tom Smallways était fruitier de son état et jardinier par vocation, et Jessica, sa modeste épouse, vaquait aux soins de la boutique. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 6 de l’éd. de 1921)
  4. Fonction supérieure que l'on croit devoir remplir pour des raisons morales ou transcendantes.
    • La vocation de l’homme est d’être utile à ses semblables.
    • Il remplit sa vocation en soulageant les infortunés.
  5. But, utilité, fonction, raison d'être.
    • [...] les deux types de société qui s'affrontent depuis la victoire, à la fin des années 1920, de la révolution bolchevique en Russie, exaltent le travail en oubliant que les machines n'ont d'autre vocation que de nous en délivrer. — (Virgil Tanase, Saint-Exupéry, Gallimard, « folio - biographies », 2013, p. 193)

Nom commun

vocation \vəʊ.ˈkeɪ.ʃən\

  1. Vocation.
  2. Profession.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VOCATION. n. f.
Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à se consacrer à son service. Répondre, résister à sa vocation. Suivre sa vocation. La vocation des gentils, La grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l'Évangile. La vocation d'Abraham, Le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants.

VOCATION désigne aussi l'Inclination que l'on ressent pour un état. Il se sent de la vocation pour les lettres, pour le barreau. Je ne m'oppose point à sa vocation. Je ne veux pas contrarier sa vocation. Il signifie encore Disposition, talent. Il a une vocation pour ces sortes d'affaires. Il a une vocation décidée pour la peinture, la musique. Il désigne également un Certain ordre de la Providence que l'on doit suivre. La vocation de l'homme est d'être utile à ses semblables. Il remplit sa vocation en soulageant les infortunés.

Littré (1872-1877)

VOCATION (vo-ka-sion ; en vers, de quatre syllabes) s. f.
  • 1Action d'appeler, qui ne se dit qu'au figuré et en parlant des appels que Dieu fait à l'homme. Jésus-Christ n'a point voulu du témoignage des démons, ni de ceux qui n'avaient pas vocation, mais de Dieu et de Jean-Baptiste, Pascal, Pens. XXIV, 23 bis, édit. HAVET. Il pose les fondements de son Église par la vocation de douze pêcheurs, Bossuet, Hist. II, 6. C'est dans la vocation qui nous prévient et dans la persévérance finale qui nous couronne, que la bonté qui nous sauve paraît toute gratuite et toute pure, Bossuet, Duch. d'Orl. Vocation peu sincère qu'ils [les auteurs de la réforme] attribuaient à Dieu, lorsqu'il appelait, à l'extérieur, ceux que, dans le fond, il avait exclus de sa grâce, les prédestinant au mal, Bossuet, Var. XI.

    Terme de l'Écriture. La vocation d'Abraham, le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants. Les fausses divinités se multipliaient : et c'est ce qui donna lieu à la vocation d'Abraham, Bossuet, Hist. I, 2.

    La vocation des gentils, la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l'Évangile. Il [Dieu] lui découvre [à saint Paul] le secret profond de la vocation des gentils, Bossuet, Hist. II, 7. La vocation des gentils substitués à la place d'un peuple autrefois si chéri et si privilégié, Rollin, Traite des Ét. v, 2e part. I, 1.

  • 2Ordre extérieur de l'Église par lequel les évêques appellent au ministère ecclésiastique ceux qu'ils en jugent dignes. La vocation extérieure. Il ne suffit pas d'avoir la saine doctrine, et il faut outre cela de deux choses l'une : ou des miracles pour témoigner une vocation extraordinaire de Dieu, ou l'autorité des pasteurs qu'on avait trouvés en charge, pour établir la vocation ordinaire et dans les formes, Bossuet, Var. I, 28.

    Il se dit dans le même sens chez les protestants. Les oppositions qu'il [Jurieu] a faites à la vocation de M. Basnage pour ministre ordinaire de cette ville [Rotterdam]…, Bayle, Lett. à Minutoli, 27 août 1691.

  • 3Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à quelque genre de vie. Il ne faut pas examiner si on a vocation pour sortir du monde, mais seulement si on a vocation pour y demeurer, Pascal, Lett. à Mlle de Roannez, 9. Un état qui est établi de Dieu est de la vocation de Dieu, c'est-à-dire qu'il y en a plusieurs que Dieu destine à cet état, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 77. C'est que rien n'a tant de rapport au salut que la vocation à un état, et que souvent c'est à l'état qu'est attachée toute l'affaire du salut, Bourdaloue, Domin. 1er dim. après l'Épiph. Devoir des pères envers leurs enfants, p. 15.

    Particulièrement. Mouvement intérieur par lequel on se sent porté à la vie religieuse. La princesse Bénédicte, la plus jeune des trois sœurs, fut la première immolée à ces intérêts de famille… malgré une vocation si peu régulière, la jeune abbesse devint un modèle de vertus, Bossuet, Anne de Gonz. La peur de m'en repentir [d'être entrée au couvent] m'a fait passer par-dessus des mouvements que mille autres auraient appelés vocations, Maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, 1676, t. II, p. 51, dans POUGENS. Si l'on ne le voyait de ses yeux, pourrait-on jamais s'imaginer l'étrange disproportion que le plus ou le moins de pièces de monnaie met entre les hommes ? ce plus ou ce moins détermine à l'épée, à la robe ou à l'Église : il n'y a presque point d'autre vocation, La Bruyère, VI. Religieuse sans vocation, elle chercha un amusement convenable à son état, Mme de Caylus, Souvenirs, p. 95, dans POUGENS.

  • 4Un certain ordre des choses auquel on doit se conformer. La vocation de l'homme est d'être utile à ses semblables. Elle [Marie-Thérèse] suivit sa vocation ; et jamais vie ne fut plus pure, Fléchier, Mar.-Thér. On ne travaille que pour jouir ; cette alternative de peine et de jouissance est notre véritable vocation, Rousseau, Hél. IV, 11. Les femmes n'ont d'autre vocation parmi nous que les devoirs domestiques, Staël, Corinne, XIV, 1.
  • 5Inclination que l'on se sent pour un état. Une vocation contrariée. Il se sent de la vocation pour le commerce, pour le barreau. Un rien détermine souvent la vocation d'un écrivain, D'Olivet, Hist. Acad. t. II, p. 150, dans POUGENS. Granville : Te souvient-il, mon cher, qu'autrefois dans la classe Tu te mêlais déjà de déclamation ? Ton instinct t'y portait - Belrose : Dis ma vocation, Delavigne, Coméd. I, 4.
  • 6Disposition, talent. Il a une vocation décidée pour la peinture. La petite d'Heudicourt est jolie comme un ange ; elle a été de son chef huit ou dix jours à la cour, toujours pendue au cou du roi ; cette petite avait adouci les esprits par sa jolie présence : c'est la plus belle vocation pour plaire que vous ayez jamais vue ; elle a cinq ans ; elle sait mieux la cour que les vieux courtisans, Sévigné, 4 déc. 1673.

HISTORIQUE

XIVe s. Les vocations [appels en justice] et les citations, Chron. de St-Denys, t. II, f° 193, dans LACURNE.

XVe s. Guillaume Erambourt doubtant que le mary de sa fille ne s'aperceust de telles vocations [appels, signes], Du Cange, vocatio.

XVIe s. Jesus Christ, au commencement de sa predication, n'a pas voulu faire ouverture aux gentils, mais a differé leur vocation, Calvin, Instit. 350. Mesme Jesus-Christ ne s'y est point ingeré soymesme, mais a obei à la vocation de son pere, Calvin, ib. 1155. Les peres en ceci ne peuvent mieux pourvoir, que d'aviser de quelle profession ils veulent que leurs enfants soyent, à fin d'accommoder les estudes à la vocation, Lanoue, 122. Ils font d'une telle profession [la guerre] (qui doit estre comme extraordinaire) une vocation perpetuelle, laquelle ils exaltent par dessus toutes autres, Lanoue, 479. L'une et l'autre [déclaration], après avoir declarée illégitime la vocation [des états], remettoient les diferens de l'Eglise à un concile, D'Aubigné, Hist. III, 276. Des personnages qui tiroient d'escrire et leurs tiltres et leur vocation [à qui le talent d'écrire formait titres etvocation], Montaigne, I, 288.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VOCATION. Ajoutez :
7 Terme de droit. Vocation testamentaire, droit conféré par un testament. Qu'elle [la testatrice] avait non pas entendu soumettre la vocation des seconds institués à un cas spécial et déterminé, mais… qu'il s'agit de décider si la vocation au legs universel s'est ouverte pour les mineurs, Gaz. des Trib. 18 nov. 1874, p. 1105, 3e col. Les substitués qui n'ont à invoquer aucune vocation testamentaire immédiate n'ont ni titre, ni qualité pour se porter héritiers bénéficiaires, ib. 20 déc. 1876, p. 1227, 2e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOCATION, s. f. en terme de Théologie ; grace ou faveur que Dieu fait quand il appelle quelqu’un à lui, & le tire de la voie de perdition pour le mettre dans celle du salut.

Dans ce sens-là nous disons, la vocation des juifs, la vocation des gentils.

Il y a deux sortes de vocations, l’une extérieure & l’autre intérieure : la premiere consiste dans une simple & nue proposition d’objets qui se fait à notre volonté : la seconde est celle qui rend la premiere efficace en disposant nos facultés à recevoir ou embrasser ces objets.

Vocation se dit aussi d’une destination à un état, ou à une profession. C’est un principe que personne ne doit embrasser l’état ecclésiastique ni monastique sans une vocation particuliere. Voyez Ordres, Ordination, &c.

Les catholiques soutiennent que la vocation des pasteurs ou théologiens réformés est nulle & invalide ; & parmi les Anglois-mêmes, quelques-uns prétendent qu’une succession qui n’ait point été interrompue est nécessaire pour la validité de la vocation des prêtres. Voyez Ordination.

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Étymologie de « vocation »

Provenç. vocatio ; espagn. vocacion ; ital. vocazione ; du lat. vocationem, de vocare, appeler (voy. VOYELLE).

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Du latin vocatio.
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Phonétique du mot « vocation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vocation vɔkasjɔ̃

Citations contenant le mot « vocation »

  • Le bonheur est la vocation de l'homme. De Henri Lacordaire
  • Le secret du succès est de faire de ta vocation tes vacances. De Mark Twain
  • La chance est un hasard, le bonheur une vocation. De Alexandru Vlahuta / Pensées
  • Une vocation est un miracle qu'il faut faire avec soi-même. Louis Jouvet, Écoute mon ami, Flammarion
  • Toute vocation commence par l'admiration. De Michel Tournier /
  • La vocation, c'est avoir pour métier sa passion. De Stendhal
  • Une vocation ne se nourrit pas de grands rêves. De Louise Marchand / La fille balafrée
  • Une civilisation n’a pas vocation à être un miroir. De François-Robert Zacot / Un autre regard sur le monde
  • Les vocations manquées déteignent sur toute l'existence. Honoré de Balzac, La Maison Nucingen
  • Telle est la vocation de l'homme : se délivrer de sa cécité. Max Ernst, Écritures, Gallimard
  • La vocation est un absolu inconditionnel que toutes les réussites altèrent ; plus grande est la vocation, plus vague sa définition projetée. De Hubert Aquin / Trou de mémoire
  • La politique, on a ça dans le sang. L’engagement public, c’est une vocation. Au lycée, je suivais déjà les débats nationaux, j’ai même eu un livre d’Alain Juppé à Noël. Et, en 2007, mon premier cours de droit avec Alex Türk a été une révélation !... L'Indicateur des Flandres, Élizabeth Boulet: «L’engagement public, c’est une vocation»
  • Ecrire n'est pas une vocation, mais un désir ferme de provocation. De Georges Raby / Les Dents longues
  • Un journaliste, c'est quelqu'un qui a manqué sa vocation. De Otto von Bismarck
  • La vocation n'est que le résultat de la pratique. De Jean Piat / Les Plumes des paons
  • Le véritable poète a pour vocation d'accueillir en lui la splendeur du monde. De Johann Wolfgang von Goethe / Divan occidental-oriental
  • Ecrivain. Ce n'est pas un métier, mais une vocation, un don. De Alice Parizeau / Blizzard sur Québec
  • Ecrire n'est pas un métier. C'est une vocation. De Claude Jasmin / Cyberpresse.ca - 21 Avril 2002
  • L'ermite nie la vocation de la civilisation, en constitue la critique vivante. De Sylvain Tesson / Dans les forêts de Sibérie
  • Le psychologue clinicien est un professionnel qui a validé un master 2 en psychologie, soit un bac +5. A ceci s’ajoute une conditionnalité dans le choix du master et des stages car tout psychologue en titre n’a pas vocation à être au chevet du patient. Bon nombre des facultés ont considéré que la maitrise devait être faite en deux ans en raison des objectifs professionnels à atteindre. Ceci prolonge donc à 6 ans la durée des études, comme pour certaines professions médicales. Marianne, "Les psychologues n’ont pas vocation à devenir des paramédicaux" : lettre ouverte à Olivier Véran | Marianne
  • On parle souvent aujourd'hui d'une crise des vocations qu'il s'agisse de la vocation sacerdotale, religieuse ou bien de la vocation au mariage. Comment être certain que son engagement tiendra ? Cette interrogation refroidit plus d'un aux portes de la mairie, de l'autel ou du couvent... Le Père Jacques de Préville revient sur ce qu'est profondément la vocation monastique selon Benoit." La plus grande patience " est nécessaire à la vocation du moine. , " La vocation est un attrait, une attirance, que Dieu met dans l'âme "

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Traductions du mot « vocation »

Langue Traduction
Anglais vocation
Espagnol vocación
Italien vocazione
Allemand berufung
Chinois 职业
Arabe مهنة
Portugais vocação
Russe призвание
Japonais 職業
Basque bokazioa
Corse vucazione
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Synonymes de « vocation »

Source : synonymes de vocation sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « vocation »

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