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Ventre

Sommaire

  • Définitions du mot ventre
  • Étymologie de « ventre »
  • Phonétique de « ventre »
  • Citations contenant le mot « ventre »
  • Images d'illustration du mot « ventre »
  • Traductions du mot « ventre »
  • Synonymes de « ventre »
  • Antonymes de « ventre »

Définitions du mot ventre

Trésor de la Langue Française informatisé

VENTRE, subst. masc.

I. − [Désigne la partie du tronc opposée au dos]
A. − [Chez l'être hum.]
1.
a) Partie antérieure du corps qui s'étend de la taille aux cuisses et qui comprend la paroi et la cavité abdominales. J'ai reposé la nuque sur son ventre nu (sensation exquise), j'ai entendu, la joue sur son ventre, le gargouillement de ses intestins, comme le petit bruit de la neige qui dégèle (Montherl., Pitié femmes, 1936, p. 1103).
Danse du ventre. Danse orientale féminine caractérisée par des mouvements rythmés du ventre. Parmi les danseuses de la danse du ventre, j'en remarque une tout à fait extraordinaire, qui, lorsqu'on l'applaudit, dans la complète immobilité de son corps, a l'air de vous faire de petits saluts avec son nombril (Goncourt, Journal, 1889, p. 1027).P. méton. Musique qui accompagne cette danse. Les flonflons d'une danse du ventre venaient, du café-concert voisin (Rolland, J.-Chr., Foire, 1908, p. 681).
MÉD. Ventre en bateau. ,,Aspect particulier du ventre qui présente une dépression centrale encadrée par les dernières côtes et les os iliaques`` (Garnier-Del. 1972). Ventre de bois. Contracture permanente et douloureuse de la musculation abdominale, caractéristique de la péritonite. On ne retrouve pas de grandes contractures et de ventre de bois comme dans les péritonites (Quillet Méd.1965, p. 155).
Loc. fam.
Marcher, passer sur le ventre de/à qqn.[Dans un cont. guerrier] Passer sur le ventre d'une armée. Culbuter, mettre en déroute l'adversaire et poursuivre plus avant l'offensive. Ce que Paris attendait (...) c'était (...) la victoire, la délivrance. Cela (...) ne faisait aucun doute: on culbuterait les Prussiens, on leur passerait sur le ventre (Zola, Débâcle, 1892, p. 573).Au fig. Marcher, passer sur le ventre de/à qqn. Employer tous les moyens, même les plus déloyaux, pour éliminer une personne, pour arriver à ses fins. Rougon n'était plus qu'un vil ambitieux qui passait sur le ventre de son pauvre frère et s'en servait comme d'un marchepied pour monter à la fortune (Zola, Fortune Rougon, 1871, p. 257).Dubreuilh avait des alliés, des disciples, des instruments; pas un ami. Comme il écoutait bien! avec quel abandon il parlait! et il était prêt à vous marcher sur le ventre, à la première occasion (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 238).
Taper sur le ventre de/à qqn. Traiter quelqu'un avec une grande familiarité. Comment Lambert-Thiboust et Delacour font recevoir un vaudeville. − Ils vont chez Carpier (...). Lambert-Thiboust lit très bien et imite tous les acteurs (...). On tape sur le ventre à Carpier, et le tour est fait (Goncourt, Journal, 1853, p. 105).
(Être, se mettre) à plat ventre devant qqn. Adopter une attitude servile. Synon. s'aplatir* devant qqn.Être à plat ventre devant la noblesse, un grand nom. Ce Paris à plat ventre, ces hommages qu'il recevait d'habitude avec une bonhomie de despote familier, l'emplissaient de mépris, ce jour-là (Zola, Argent, 1891, p. 252).
P. méton., vieilli. [Ventre désigne les habits qui le recouvrent] (Manger, parler, rire) à ventre déboutonné. (Manger, parler, rire) sans contrainte, en toute liberté. Buffon leur parle [à ses amis de jeunesse] à ventre déboutonné, comme on dit; c'est franc, naturel, mais nullement distingué (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 14, 1860, p. 323).Les sept burent et mangèrent à ventre déboutonné, se vengèrent d'une abstinence de quatre ans, quatre ans sans viande, ni pommes de terre, ni vin, ni alcool (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 435).
Loc. proverbiale, vieilli. (Avoir) le dos au feu, le ventre à table. (Être) confortablement installé; prendre tous ses aises. Buvez et faites brindisi à sa santé (...), mes bons amis, le ventre à table et le dos au feu (Courier, Lettres Fr. et Ital., 1806, p. 701).
[Dans de nombreux jurons vieillis] Par le ventre! Truand! je suis truand, ventre de Christ! Versez-moi à boire! (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 458).MmePrudence: (...) Elle est au lit (...) avec un homme qui la pelote. M. Ledaim, éclatant (...) : Ça y est!... ah! sang du Christ! ventre du pape! faut-il que les femmes soient canailles (Courteline, Vie de ménage, Extralucide, 1897, p. 246).Ventre (de) Dieu. V. ventredieu rem. s.v. ventrebleu ex. de Rolland.
P. méton. Personne, individu. C'est l'Internationale noire, les ventres dorés, les requins, les tyrans. « Rouspétez les morts! on vous a » (...) dix millions d'hommes qui se bouzillent les uns, les autres, à leur santé! (Genevoix, Boue, 1921, p. 281).
b) Partie antérieure du tronc au-dessous de la taille considérée du point de vue de sa proéminence plus ou moins grande, de sa musculature. Synon. fam., pop. bedaine, bide1, bidon1, panse.Avoir le ventre plat, rond; avoir du ventre; perdre son ventre. Il était vraiment encore bel homme, bien que tout gris. Haut, svelte, élégant, sans ventre (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Fini, 1885, p. 1015):
1. Laurent regardait son frère de côté, d'un air perplexe et intéressé. Il dit en souriant: − Tu prends un peu de ventre. − Oui, dit Joseph en hochant la tête, cela prouve que je ne suis pas un vrai riche. Les vrais riches, ça mange, ça boit, ça dévore, ça n'a pas mal à l'estomac et ça reste maigre. Duhamel, Combat ombres, 1939, p. 30.
SYNT. Ventre aplati, arrondi, ballonné, bedonnant, bombé, charnu, dur, creusé, déformé, effondré, enflé, énorme, flasque, gonflé, gros, hydropique, large, lisse, maigre, mou, nu, plein, proéminent, rebondi, repu, tendu; ventre étroit, musclé, musculeux, obèse, protubérant, renflé; côtés, milieu, tour du ventre; opulence, rondeur du ventre; ventre en ballon, en creux, en œuf, en pointe; ventre à l'air; s'allonger, se coucher, s'étendre, se jeter, ramper à plat ventre, ventre contre terre; dormir, s'étendre, se mettre, être vautré sur le ventre; frapper, taper sur le ventre de qqn; crever, ouvrir, palper le ventre de qqn; donner, envoyer, flanquer, recevoir des coups de baïonnette, d'épée, de fusil, de genou, de pied, de tête dans le ventre; s'enfoncer, entrer dans l'eau jusqu'au ventre; être mouillé jusqu'au ventre; se prendre, se tenir le ventre à deux mains; rentrer le ventre; paroi, peau, poil du ventre.
Ventre de bourgeois, de curé, de financier, de poussah, de prélat, de propriétaire. Gros ventre d'homme bien nourri. Jaurès, un homme gros, vieilli, déjà poussif, sanguin, avec sa barbe sel et moutarde, son torse de lutteur, et son ventre de bourgeois, son écharpe tricolore et son cœur rouge, ses erreurs et sa grande inspiration (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 341).
2.
a) [Considéré comme le siège de la digestion et en partic. comme contenant l'estomac et les intestins] Viscères du ventre; flux de ventre; avoir une descente, un relâchement de ventre; avoir le ventre paresseux, serré, rempli; avoir la faim au ventre; avoir, se mettre qqc. de chaud dans le ventre. La question du ventre revenait, impérieuse, décisive. Des héros peut-être, mais des ventres avant tout. Manger, c'était l'unique affaire (Zola, Débâcle, 1892, p. 228).
Locutions
Avoir mal au ventre. Avoir des douleurs stomacales ou intestinales. La petite Joséphine a eu mal au ventre pour avoir mangé trop de confitures (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 228).Au fig., fam. [Accompagnant une réaction de refus, de rejet de la part du locuteur] Faire mal au ventre. Dégoûter, écœurer profondément. « (...) Il est un petit peu trop tard pour se battre; s'il voulait du badaboum, il n'avait qu'à s'en prendre aux Allemands. » Le blond hausse les épaules (...) « Tiens! Tu me fais mal au ventre! » dit-il (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 212).
(Avoir) le ventre creux, le ventre vide. (Avoir) l'estomac vide; (ressentir) une forte sensation de faim. Il se sentait le ventre vide, n'ayant pas dîné (Zola, Bête hum., 1890, p. 212).Je sais pas si vous avez déjà eu le ventre creux vous autres et que vous êtes passé par un restaurant d'iousque qu'y a des volailles qui rôtissent à petit feu su une broche? (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 69).
Avoir le ventre plein. Être rassasié, ne plus rien pouvoir avaler. Nos princes chassent; on danse à la cour; le peuple est heureux, la canaille a le ventre plein (Sandeau, Mllede La Seiglière, 1848, p. 243).
Avoir le ventre dans les talons. Être extrêmement las, fatigué. Madame qui n'avait pu dormir de toute la nuit, fatiguée par les courses de la veille (...) le front plissé, haletante, trépidante et si lasse qu'elle avait, disait-elle, le ventre dans les talons, (...) passa la dernière revue de l'hôtel (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 197).
Avoir la reconnaissance du ventre. Avoir de la reconnaissance pour les personnes qui vous ont bien nourri ou, p. ext., aidé matériellement. Ces Argentins avaient la reconnaissance du ventre, ils vouaient à nos grands chefs une de ces admirations qui n'était pas dans une musette (Céline, Voyage, 1932, p. 100).
Avoir les yeux plus gros, plus grands que le ventre. Être incapable de manger autant qu'on se le promettait; au fig., voir trop grand, surestimer ses capacités. J'ai toujours, comme nous disons, les yeux plus grands que le ventre. Quand je m'attaque à un sujet, je voudrais y faire entrer le monde entier (Zola, Corresp.[avec J. van Santen Kolff], t. 2, 1891, p. 737).On alla chercher un taxi pour conduire le bouillant impatient, qui avait eu les yeux plus gros que le ventre et qui commençait à avoir mal au cœur, à son hôtel (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 311).
Bouder contre son ventre. Refuser ce dont on a envie, notamment de la nourriture. Si les délicats n'avaient rien tortillé de trois jours, nous verrions un peu s'ils bouderaient contre leur ventre; ils se mettraient à quatre pattes et mangeraient aux ordures comme les camarades (Zola, Assommoir, 1877, p. 752).
Se remplir le ventre. Boire et manger jusqu'à satiété. Lorsqu'il est cuit à point [un rôti], on le laisse refroidir (les Grecs ne tiennent pas à manger chaud), et l'on attend, pour se remplir le ventre, que le Christ soit ressuscité. Les sept dixièmes des sujets du roi Othon ne mangent de la viande que ce jour-là (About, Grèce, 1854, p. 149).
Se brosser, se frotter le ventre (pop.). Se priver de manger par obligation; p. ext., se priver de quelque chose. Ça tournait à la dégringolade lente (...), avec des hauts et des bas cependant, des soirs où l'on se frottait le ventre devant le buffet vide, et d'autres où l'on mangeait du veau à crever (Zola, Assommoir, 1877, p. 644).
Se serrer le ventre (pop.). Se priver de nourriture, réduire l'importance des repas par souci d'économie; p. ext., faire des économies. Synon. se serrer la ceinture*.La Compagnie, atteinte par la crise, était bien forcée de réduire ses frais (...) et, naturellement, ce seraient les ouvriers qui devraient se serrer le ventre, elle rognerait leurs salaires (Zola, Germinal, 1885, p. 1284).
(Nourriture) qui tient au ventre. (Nourriture) qui remplit l'estomac sans qu'il soit besoin d'en consommer de grandes quantités. Cette bonne soupe de choux et de pommes de terre qui tient au ventre et fait du bon sang net (Giono, Colline, 1929, p. 75).
Manger, boire à plein ventre. Manger, boire en grande quantité. Il y a deux jours qu'elle grelottait malgré la touffeur immobile de l'air. Elle a dû boire à plein ventre de l'eau de la citerne qui sert seulement pour les bêtes (Giono, Colline, 1929, p. 103).
Tout fait ventre. Tout peut être source de profit. Gabrielle haussa affectueusement les épaules et recompta les points de son tricot on acceptait des commandes de pull-overstout fait ventre (La Varende, Indulg. plén., 1951, p. 257).
Proverbe. Ventre affamé n'a pas d'oreilles. Il est impossible de discuter avec quelqu'un qui a faim. Asseyons-nous. Létumier, vous ferez votre discours au dessert... Ventre affamé n'a pas d'oreilles (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 173).
b) [Considéré comme le siège des organes génitaux internes et, chez la femme, comme le siège de la gestation] Ventre de femme enceinte, mal de ventre. Les simagrées de cette dame, ses attaques de nerfs revêtaient pour lui des explications très simples, qui le rendaient assez grossier envers le ventre d'où il était sorti (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 201).
DROIT
Curateur au ventre. Curateur nommé pour s'occuper d'un enfant qui naît après le décès du père. Si, lors du décès du mari, la femme est enceinte, il sera nommé un curateur au ventre par le conseil de famille (Code civil, 1804, art. 393, p. 73).
Vx. Le ventre anoblit. La noblesse se transmet par la mère. La dernière (...) était, contrairement à la loi salique, héritière du nom, des armes et des fiefs. Le roi de France avait approuvé la charte du comte de Champagne en vertu de laquelle, dans cette famille, le ventre anoblissait et succédait (Balzac, Tén. affaire1841, p. 71).
3. Vieux
a) Grande cavité du corps. Ventre inférieur, moyen, supérieur. (Dict. xixeet xxes.).
b) Petit ventre. Synon. vieilli de bas-ventre. (...) on ne doit pas manger si l'on ne travaille pas.Oh bien! en ce cas, je travaillerai tous les jours, disait vivement l'enfant.Voilà bien l'influence du petit ventre, disait l'Empereur, en tapant sur celui de Tristan; c'est la faim, c'est le petit ventre qui fait mouvoir le monde (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 874).
4. Loc. fig.
a) [En tant que support physiol. des manifestations affectives]
Avoir la peur, la rage au ventre. Être saisi par une rage, une peur violente. Le soir je me suis couché à une heure, et encore par raison. J'avais une rage de style au ventre à me faire aller ainsi le double de temps encore (Flaub., Corresp., 1852, p. 467).
Avoir, se sentir le diable au ventre. Déployer une activité intense; en partic., se laisser aller à ses passions, ne pas être maître de ses passions. Synon. avoir le diable au corps*.Ce matin, je me sens le diable dans le ventre, je ne puis tenir en place (Stendhal, Corresp., t. 1, 1813, p. 397).Tu te rappelles encore comme j'avais le diable au ventre, maintenant je suis comme un ange (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 98).
Tenir au ventre. Avoir une grande importance. Synon. tenir au cœur*.Ces encyclopédistes qui avaient organisé « la ruée contre la croix », auraient reconnu dans Rousseau leur plus véritable ennemi, une sorte d'homme de Dieu, et ils auraient été dans cette affaire « les spadassins d'une cause qui les tient au ventre » (Guéhenno, Jean-Jacques, 1950, p. 222).
b) [Dans des loc. exprimant le courage, l'énergie, la volonté] Connaître, savoir, voir ce que qqn a dans le ventre. Savoir ce que quelqu'un pense réellement, quelles intentions il a; savoir ce dont quelqu'un est capable. Lucien (...) déploya son esprit comme s'il n'en faisait pas commerce, et fut proclamé homme fort (...). Oh! il faudra voir ce qu'il a dans le ventre, dit Théodore Gaillard (Balzac, Illus. perdues, 1839, p. 417).Brunet se sent froid et calme: la colère des autres, ça le calme toujours. Il attend; il va savoir ce que Schneider a dans le ventre. Schneider fait un violent effort (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 265).
Avoir qqc. dans le ventre/ne rien avoir dans le ventre. Avoir/ne pas avoir du courage, de l'énergie, de la volonté; avoir/ne pas avoir quelque chose d'important, d'essentiel dans la vie. À voir cette facile production d'œuvres si diverses [de M. Clésinger], on devine (...) un homme qui a l'amour de la sculpture dans le ventre (Baudel., Curios. esthét., 1859, p. 277).Ce curé-là n'avait rien dans le ventre, et tout compte fait, mieux valait qu'il fût expulsé de La Belle Angerie (H. Bazin, Vipère, 1948, p. 95).
c) Ventre mou. Point faible d'une personne, d'une organisation, d'une société. Les Syriens se sont montrés en effet intransigeants. Pour eux, tenir Zahlé, c'est protéger « le ventre mou de la Syrie » contre toute agression israélienne (Le Point, 18 avr. 1981, p. 67, col. 3).
B. − [Chez les animaux; p. oppos. à dos] Partie du corps comprenant la paroi de l'abdomen et les viscères de la cavité abdominale, fréquemment tournée vers le sol. Une bête est venue jouer dans la prairie. Ce devait être une femelle de blaireau. Elle s'est mise sur le dos, le ventre en l'air, un beau ventre large et velouté comme la nuit et qui était plein et lourd (Giono, Regain, 1930, p. 107):
2. ... Quenu (...), une longue cuiller à la main, arrosait dévotement les ventres dorés des oies rondes et des grandes dindes. Il restait des heures (...), un peu abêti (...) et (...) ne se réveillait que lorsqu'on débrochait. Les volailles tombaient dans les plats; les broches sortaient des ventres (...); les ventres se vidaient, laissant couler le jus par les trous du derrière et de la gorge... Zola, Ventre Paris, 1873, p. 643.
[À propos d'un cheval] Ventre de vache; ventre avalé, tombant. Ventre trop volumineux dépassant les côtes. (Dict. xixeet xxes.).
[À propos d'un quadrupède, gén. un cheval] Ventre à terre. Très rapidement, avec célérité. Arriver, courir ventre à terre; pousser un cheval ventre à terre. Un pur sang en liberté, qui (...) part au galop, la crinière au vent, à longues foulées souples et gracieuses, puis ventre à terre (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 210).P. anal. [À propos d'une pers.] J'ai des fourmis dans les jarrets, je me tortille (...): il est de toute importance que je me remette à courir. Je saute sur mes pieds, je file ventre à terre (Sartre, Mots, 1964, p. 205).
P. méton. Fourrure du ventre de certains animaux. Une houppelande de velours noir fourrée de quinze cents ventres de menu vair (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. 492).En compos. [Sido] n'a jamais su qu'à chaque retour l'odeur de sa pelisse en ventre-de-gris, pénétrée d'un parfum châtain-clair (...) m'ôtait la parole (Colette, Sido, 1929, p. 11).
En partic. [Chez les poissons] Partie inférieure du corps qui s'étend des ouïes à l'anus. Les fleuves rouloient pêle-mêle, les argiles détrempées, les troncs des arbres, les corps des animaux, et les poissons morts, dont on voyoit le ventre argenté flotter à la surface (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 224).
Vieilli. [Dans de nombreux jurons] Ventre de loup! ventre de bœuf! Ah! ventre de biche! la nuit a été bonne et bien employée! (...) Voilà comme il faut passer la vie! (Kock, Compagn. Truffe, 1861, p. 273).
II. − [Désigne tout ou partie de qqc.]
A. − P. anal. (avec le ventre de l'être hum.)
1. P. anal. (avec la forme parfois rebondie du ventre hum. et en insistant sur l'idée de cavité).
a) Partie renflée d'un objet creux destiné à recevoir, à contenir quelque chose. Ventre d'une aiguière, d'une amphore, d'une carafe, d'une corbeille, d'une cruche, d'une marmite, d'une potiche, d'une théière; ventre d'un bidon, d'un flacon, d'un pot. Une vieille commode hollandaise à gros ventre et à massives poignées de cuivre (A. France, Livre ami, 1885, p. 216).Le soleil (...) entrait dans les pièces de la maison (...), jouant avec les surfaces polies, se reposant complaisamment aux ventres des bouteilles, aux panses des soupières (Pergaud, De Goupil, 1910, p. 233).
MAR. [À propos d'un navire] Partie bombée des œuvres vives d'un navire. Ventre d'une barque, d'un chalutier, d'un navire, d'un paquebot. La nuit s'est fermée, réduisant la mer à son langage de clapotis, claquements de gueule, mâchouillement obscur entre les ventres des bateaux amarrés (Colette, Naiss. jour, 1928, p. 60).
b) Partie bombée, renflée de quelque chose. Ventre d'une contrebasse, d'une guitare, d'une viole. C'était la seconde [répétition] de Zénobie, et elle alla si bien, que les musiciens de l'orchestre applaudirent, selon l'usage, avec leurs archets sur le ventre de leurs violons (Sand, Consuelo, t. 3, 1842-43, p. 252).
Spécialement
MAR. Vx. Ventre d'une voile. Arrondi d'une voile gonflée par le vent. (Dict. xxes.). Mod. ,,Courbe prise vers l'avant par un mât tenu seulement par la tête`` (Merrien 1958). Une martingale empêche les mâts (...) de prendre du ventre, de faire ventre (Merrien1958).
CONSTR. Arrondi pris par une construction sous l'effet d'un poids important, d'une trop forte pression. [La vieille maison] a comme un ventre produit par le renflement que décrit son premier étage affaissé sous le poids du second et du troisième (Balzac, Interd., 1836, p. 115).
Faire ventre. [Le suj. désigne un mur, un enduit, un plafond] Sortir de l'aplomb d'un des parements. Synon. boucler2.Les maisons horribles qui font face au Capitole [à Toulouse] font ventre sur la place (Stendhal, Mém. touriste, t. 3, 1838, p. 71).
MÉTALL. Partie la plus large d'un haut fourneau, située à la jonction de la cuve et des étalages. La masse noire du haut fourneau se dressa (...) La cuve, en dessous, dressait son cône noir, et c'était ensuite, dès le ventre jusqu'au bas des étalages, une puissante armature de métal soutenant le corps de briques (Zola, Travail, t. 1, 1901, p. 154).
c) Partie intérieure de quelque chose, les parois extérieures pouvant éventuellement être renflées, arrondies. Ventre d'un fiacre. Les mauvaises odeurs semblaient sortir du ventre des maisons (Maupass., Pierre et Jean, 1888, p. 246).Nous glissons, nous roulons, nous tombons vivants dans le ventre de la tranchée (Barbusse, Feu, 1916, p. 275).
2. [À propos de qqc. de plein]
a) P. anal. (avec la forme arrondie du ventre hum.). Partie large, évasée de quelque chose; partie arrondie ou légèrement incurvée. Des arbres à gros ventre et à toute petite tête (Renard, Journal, 1897, p. 417).À chaque va-et-vient du bras d'Antoine, le ventre poli de la lampe de cuivre reflète une main monstrueuse, le bout d'un nez fantastique (Colette, Ingénue libert., 1909, p. 242).
Spécialement
ANAT. Partie renflée de certains muscles allongés. La plupart d'entre eux [les muscles striés] présentent une partie moyenne, corps ou ventre, et deux extrémités (G. Gérard, Anat. hum., 1912, p. 13).
PHYS. (acoust.). [Dans les ondes stationnaires; p. oppos. à nœud] Région de l'espace où l'amplitude des vibrations est maximale. [Les] positions [du pont mobile sur les deux fils de concentration du champ hertzien] correspondent aux ventres ou aux nœuds du champ (Turpain, Applic. prat. ondes électr., 1902, p. 23).
b) P. anal. (de position avec le ventre, partie centrale du corps hum.). Partie centrale. Il savait comment (...), en faisant passer un boulevard sur le ventre d'un vieux quartier, on jongle (...) avec les maisons à six étages (Zola, Curée, 1872, p. 387).Un petit tour avec Monsieur Teste, dont j'ai le début, et on en ferait le ventre avec des morceaux de mes notes (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1912, p. 427).
c) P. anal. (avec le ventre en tant que siège des viscères de la cavité abdominale).
α) Intérieur, partie la plus profonde de quelque chose qui généralement est pénétrée. Ventre de la terre. P. métaph. Un réseau de racines allait chercher Au ventre du péché Quelque pepsine (Péguy, Quatrains, 1914, p. 536).Un soufflé brûlant dont le ventre cachait une glace acide et rouge (Colette, Chéri, 1920, p. 141).
β) Intérieur de quelque chose, qui est formé d'éléments complexes et essentiels. Avez-vous seulement regardé la bagnole du major Sugden? 150.000 milles dans le ventre, de bons vieux pistons qui cognent, une ferraille qui brinqueballe de partout (Genevoix, E. Charlebois, 1944, p. 193).
B. − P. anal. (avec le ventre de l'animal)
1. P. anal. (de position avec le ventre de l'animal dirigé vers le sol). Ventre d'un avion, d'un char; hauteur sous ventre. La voiture pareille à un insecte géant retourné sur le dos montrait son ventre de vernis noir, de ferraille et de cambouis (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1411).
2. P. anal. (de couleur). Ventre de + subst. désignant un animal, en appos. avec valeur d'adj.De la couleur du ventre de l'animal concerné. Blanc ventre de poisson. Une collection d'habits du XVIIIesiècle: habits fleur de soufre, gorge de pigeon, pluie de rose, caca dauphin, et couleur désespoir d'opale et ventre de puce en fièvre de lait (Goncourt, Journal, 1857, p. 341).Ta main a-t-elle peint ce nuage couleur de ventre d'ourse blanche, aux contours irisés? (Arnoux, Juif Errant, 1931, p. 60).
3. Région. (Québec). Ventre de bœuf. Fondrière. Évidemment, il faudra enlever toute la terre noire... Mais oui, autrement la gelée fera travailler l'asphalte et vous aurez des ventres de bœuf le printemps prochain (A. Giroux, 14 rue de Galais, 1954, p. 7 ds Richesses Québec 1982, p. 2409).
REM.
Ventrailles, subst. fém. plur.,vieilli ou région. (Centre). Viscères d'un animal. (Dict. xxes.). Jeter des ventrailles de lapin (Lar. Lang. fr.).
Prononc. et Orth.: [vɑ ̃:tʀ ̭]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1050 « chez la femme, le siège de la gestation » (Alexis, éd. Chr. Storey, 453); b) 1614 c'est le ventre de ma mère je n'y retourne plus « se dit d'une chose dont on est peu satisfait et qu'on ne veut pas recommencer » (La Resjouissance des harangeres et poissonnières des Halles, 10 ds Quem. DDL t. 19); c) av. 1615 dès le ventre de sa mère « dès sa naissance » (Pasquier, Recherches de la France, p. 562); d) 1685 curateur au ventre (Sorel, Francion, éd. Colombey, 264); 1690 avoir qqc. dans le ventre (Sorel, Francion, éd. Colombey, 264); 1690 avoir qqc. dans le ventre (Fur.); 2. ca 1100 « partie antérieure du tronc » (Roland, éd. J. Bédier, 3922); 1452 passer par dessuz le ventre de qqn (Jean de Bueil, Jouvencel, éd. L. Lecestre, II, p. 131); 1585 passer sur le ventre à qqn (N. Du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, II, p. 318); 1685 (demander pardon) ventre à terre (Fur.); 1853 taper sur le ventre à qqn (Hugo, Châtim., Paris, Hachette, 1932, p. 287); 1880 danse du ventre (Zola, Nana, p. 237); 3. a) 1remoit. xiies. « l'abdomen en tant que siège de la digestion » (Psautier Cambridge, éd. F. Michel, XXI, 15, p. 26); ca 1165 « estomac » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 29290); 1552 remplir son ventre (Est.); 1798 se remplir le ventre (Ac.); b) 1640 tout fait ventre (Oudin Curiositez, p. 565); c) 1680 (rire) à ventre déboutonné (Rich.); 1694 avoir mal au ventre (Ac.); d) 1808 se serrer le ventre (Hautel); 1861 se brosser le ventre « ne pas trouver un emploi lucratif de ses forces ou de son talent » (Larch., p. 263); 1881 se brosser le ventre « ne pas avoir à manger » (Rigaud, Dict. arg. mod.); e) 1837 prendre du ventre (Balzac, Employés, p. 110); 1840 avoir du ventre (Id., Œuvres div., t. 2, p. 18); 1844 avoir un ventre de député ministériel (Id., Gaudissart II, p. 286); f) 1680 ventre à planer « planchette que le tourneur appuyait contre son ventre quand il planait une pièce de bois » (Rich.); 4. 1452 avoir du cœur au ventre (Jean de Bueil, op. cit., p. 179); 1611 mettre le cœur au ventre (Cotgr.); 1618 faire connaître ce que l'on a dans le ventre (Comte de Cramail, Coméd. des Prov., II, 3 ds Livet Molière t. 3, p. 770); 1623 voir ce que qqn a dans le ventre (Sorel, Francion, éd. Colombey, 264); 1690 avoir qqc. dans le ventre (Fur.); 1718 faire rentrer les paroles dans le ventre (Ac.). B. 1. 1314 ventre du doi « partie charnue du doigt » (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, 945, t. 1, p. 226); 1575 « partie centrale d'un muscle » (Paré, Œuvres, I, 9, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 1, p. 126); 2. a) 1327 « partie creuse et renflée d'un objet » (Palgrave, The ancient Kalendars and Inventories, III, 168); 1616 ventre du navire (D'Aubigné, Hist., II, 81 ds Littré); 1690 ventre d'un luth (Fur.); 1928 ventre (d'un avion) (Saint-Exup., Courr. Sud, p. 5); b) 1552 faire ventre « se bomber (d'un mur) » (Est.); 3. 1754 phys. (Diderot, De l'interprétation de la nature, XXXVI ds Œuvres philos., éd. P. Vernière, 1964, p. 205); 4. 1932 « partie inférieure d'une voiture » (Romains, Hommes bonne vol., t. 3, p. 159); 5. 1967 « partie centrale d'une page d'un journal » (Voyenne). Du lat. venter, ventris « ventre », « sein de la mère », « intestins », « renflement, flancs d'un objet ». Fréq. abs. littér.: 4 770. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 209, b) 8 581; xxes.: a) 10 156, b) 6 840. Bbg. Quem. DDL t. 8, 14, 15, 16, 17, 19, 28.

Trésor de la Langue Française informatisé

VENTRE, subst. masc.

I. − [Désigne la partie du tronc opposée au dos]
A. − [Chez l'être hum.]
1.
a) Partie antérieure du corps qui s'étend de la taille aux cuisses et qui comprend la paroi et la cavité abdominales. J'ai reposé la nuque sur son ventre nu (sensation exquise), j'ai entendu, la joue sur son ventre, le gargouillement de ses intestins, comme le petit bruit de la neige qui dégèle (Montherl., Pitié femmes, 1936, p. 1103).
Danse du ventre. Danse orientale féminine caractérisée par des mouvements rythmés du ventre. Parmi les danseuses de la danse du ventre, j'en remarque une tout à fait extraordinaire, qui, lorsqu'on l'applaudit, dans la complète immobilité de son corps, a l'air de vous faire de petits saluts avec son nombril (Goncourt, Journal, 1889, p. 1027).P. méton. Musique qui accompagne cette danse. Les flonflons d'une danse du ventre venaient, du café-concert voisin (Rolland, J.-Chr., Foire, 1908, p. 681).
MÉD. Ventre en bateau. ,,Aspect particulier du ventre qui présente une dépression centrale encadrée par les dernières côtes et les os iliaques`` (Garnier-Del. 1972). Ventre de bois. Contracture permanente et douloureuse de la musculation abdominale, caractéristique de la péritonite. On ne retrouve pas de grandes contractures et de ventre de bois comme dans les péritonites (Quillet Méd.1965, p. 155).
Loc. fam.
Marcher, passer sur le ventre de/à qqn.[Dans un cont. guerrier] Passer sur le ventre d'une armée. Culbuter, mettre en déroute l'adversaire et poursuivre plus avant l'offensive. Ce que Paris attendait (...) c'était (...) la victoire, la délivrance. Cela (...) ne faisait aucun doute: on culbuterait les Prussiens, on leur passerait sur le ventre (Zola, Débâcle, 1892, p. 573).Au fig. Marcher, passer sur le ventre de/à qqn. Employer tous les moyens, même les plus déloyaux, pour éliminer une personne, pour arriver à ses fins. Rougon n'était plus qu'un vil ambitieux qui passait sur le ventre de son pauvre frère et s'en servait comme d'un marchepied pour monter à la fortune (Zola, Fortune Rougon, 1871, p. 257).Dubreuilh avait des alliés, des disciples, des instruments; pas un ami. Comme il écoutait bien! avec quel abandon il parlait! et il était prêt à vous marcher sur le ventre, à la première occasion (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 238).
Taper sur le ventre de/à qqn. Traiter quelqu'un avec une grande familiarité. Comment Lambert-Thiboust et Delacour font recevoir un vaudeville. − Ils vont chez Carpier (...). Lambert-Thiboust lit très bien et imite tous les acteurs (...). On tape sur le ventre à Carpier, et le tour est fait (Goncourt, Journal, 1853, p. 105).
(Être, se mettre) à plat ventre devant qqn. Adopter une attitude servile. Synon. s'aplatir* devant qqn.Être à plat ventre devant la noblesse, un grand nom. Ce Paris à plat ventre, ces hommages qu'il recevait d'habitude avec une bonhomie de despote familier, l'emplissaient de mépris, ce jour-là (Zola, Argent, 1891, p. 252).
P. méton., vieilli. [Ventre désigne les habits qui le recouvrent] (Manger, parler, rire) à ventre déboutonné. (Manger, parler, rire) sans contrainte, en toute liberté. Buffon leur parle [à ses amis de jeunesse] à ventre déboutonné, comme on dit; c'est franc, naturel, mais nullement distingué (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 14, 1860, p. 323).Les sept burent et mangèrent à ventre déboutonné, se vengèrent d'une abstinence de quatre ans, quatre ans sans viande, ni pommes de terre, ni vin, ni alcool (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 435).
Loc. proverbiale, vieilli. (Avoir) le dos au feu, le ventre à table. (Être) confortablement installé; prendre tous ses aises. Buvez et faites brindisi à sa santé (...), mes bons amis, le ventre à table et le dos au feu (Courier, Lettres Fr. et Ital., 1806, p. 701).
[Dans de nombreux jurons vieillis] Par le ventre! Truand! je suis truand, ventre de Christ! Versez-moi à boire! (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 458).MmePrudence: (...) Elle est au lit (...) avec un homme qui la pelote. M. Ledaim, éclatant (...) : Ça y est!... ah! sang du Christ! ventre du pape! faut-il que les femmes soient canailles (Courteline, Vie de ménage, Extralucide, 1897, p. 246).Ventre (de) Dieu. V. ventredieu rem. s.v. ventrebleu ex. de Rolland.
P. méton. Personne, individu. C'est l'Internationale noire, les ventres dorés, les requins, les tyrans. « Rouspétez les morts! on vous a » (...) dix millions d'hommes qui se bouzillent les uns, les autres, à leur santé! (Genevoix, Boue, 1921, p. 281).
b) Partie antérieure du tronc au-dessous de la taille considérée du point de vue de sa proéminence plus ou moins grande, de sa musculature. Synon. fam., pop. bedaine, bide1, bidon1, panse.Avoir le ventre plat, rond; avoir du ventre; perdre son ventre. Il était vraiment encore bel homme, bien que tout gris. Haut, svelte, élégant, sans ventre (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Fini, 1885, p. 1015):
1. Laurent regardait son frère de côté, d'un air perplexe et intéressé. Il dit en souriant: − Tu prends un peu de ventre. − Oui, dit Joseph en hochant la tête, cela prouve que je ne suis pas un vrai riche. Les vrais riches, ça mange, ça boit, ça dévore, ça n'a pas mal à l'estomac et ça reste maigre. Duhamel, Combat ombres, 1939, p. 30.
SYNT. Ventre aplati, arrondi, ballonné, bedonnant, bombé, charnu, dur, creusé, déformé, effondré, enflé, énorme, flasque, gonflé, gros, hydropique, large, lisse, maigre, mou, nu, plein, proéminent, rebondi, repu, tendu; ventre étroit, musclé, musculeux, obèse, protubérant, renflé; côtés, milieu, tour du ventre; opulence, rondeur du ventre; ventre en ballon, en creux, en œuf, en pointe; ventre à l'air; s'allonger, se coucher, s'étendre, se jeter, ramper à plat ventre, ventre contre terre; dormir, s'étendre, se mettre, être vautré sur le ventre; frapper, taper sur le ventre de qqn; crever, ouvrir, palper le ventre de qqn; donner, envoyer, flanquer, recevoir des coups de baïonnette, d'épée, de fusil, de genou, de pied, de tête dans le ventre; s'enfoncer, entrer dans l'eau jusqu'au ventre; être mouillé jusqu'au ventre; se prendre, se tenir le ventre à deux mains; rentrer le ventre; paroi, peau, poil du ventre.
Ventre de bourgeois, de curé, de financier, de poussah, de prélat, de propriétaire. Gros ventre d'homme bien nourri. Jaurès, un homme gros, vieilli, déjà poussif, sanguin, avec sa barbe sel et moutarde, son torse de lutteur, et son ventre de bourgeois, son écharpe tricolore et son cœur rouge, ses erreurs et sa grande inspiration (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 341).
2.
a) [Considéré comme le siège de la digestion et en partic. comme contenant l'estomac et les intestins] Viscères du ventre; flux de ventre; avoir une descente, un relâchement de ventre; avoir le ventre paresseux, serré, rempli; avoir la faim au ventre; avoir, se mettre qqc. de chaud dans le ventre. La question du ventre revenait, impérieuse, décisive. Des héros peut-être, mais des ventres avant tout. Manger, c'était l'unique affaire (Zola, Débâcle, 1892, p. 228).
Locutions
Avoir mal au ventre. Avoir des douleurs stomacales ou intestinales. La petite Joséphine a eu mal au ventre pour avoir mangé trop de confitures (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 228).Au fig., fam. [Accompagnant une réaction de refus, de rejet de la part du locuteur] Faire mal au ventre. Dégoûter, écœurer profondément. « (...) Il est un petit peu trop tard pour se battre; s'il voulait du badaboum, il n'avait qu'à s'en prendre aux Allemands. » Le blond hausse les épaules (...) « Tiens! Tu me fais mal au ventre! » dit-il (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 212).
(Avoir) le ventre creux, le ventre vide. (Avoir) l'estomac vide; (ressentir) une forte sensation de faim. Il se sentait le ventre vide, n'ayant pas dîné (Zola, Bête hum., 1890, p. 212).Je sais pas si vous avez déjà eu le ventre creux vous autres et que vous êtes passé par un restaurant d'iousque qu'y a des volailles qui rôtissent à petit feu su une broche? (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 69).
Avoir le ventre plein. Être rassasié, ne plus rien pouvoir avaler. Nos princes chassent; on danse à la cour; le peuple est heureux, la canaille a le ventre plein (Sandeau, Mllede La Seiglière, 1848, p. 243).
Avoir le ventre dans les talons. Être extrêmement las, fatigué. Madame qui n'avait pu dormir de toute la nuit, fatiguée par les courses de la veille (...) le front plissé, haletante, trépidante et si lasse qu'elle avait, disait-elle, le ventre dans les talons, (...) passa la dernière revue de l'hôtel (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 197).
Avoir la reconnaissance du ventre. Avoir de la reconnaissance pour les personnes qui vous ont bien nourri ou, p. ext., aidé matériellement. Ces Argentins avaient la reconnaissance du ventre, ils vouaient à nos grands chefs une de ces admirations qui n'était pas dans une musette (Céline, Voyage, 1932, p. 100).
Avoir les yeux plus gros, plus grands que le ventre. Être incapable de manger autant qu'on se le promettait; au fig., voir trop grand, surestimer ses capacités. J'ai toujours, comme nous disons, les yeux plus grands que le ventre. Quand je m'attaque à un sujet, je voudrais y faire entrer le monde entier (Zola, Corresp.[avec J. van Santen Kolff], t. 2, 1891, p. 737).On alla chercher un taxi pour conduire le bouillant impatient, qui avait eu les yeux plus gros que le ventre et qui commençait à avoir mal au cœur, à son hôtel (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 311).
Bouder contre son ventre. Refuser ce dont on a envie, notamment de la nourriture. Si les délicats n'avaient rien tortillé de trois jours, nous verrions un peu s'ils bouderaient contre leur ventre; ils se mettraient à quatre pattes et mangeraient aux ordures comme les camarades (Zola, Assommoir, 1877, p. 752).
Se remplir le ventre. Boire et manger jusqu'à satiété. Lorsqu'il est cuit à point [un rôti], on le laisse refroidir (les Grecs ne tiennent pas à manger chaud), et l'on attend, pour se remplir le ventre, que le Christ soit ressuscité. Les sept dixièmes des sujets du roi Othon ne mangent de la viande que ce jour-là (About, Grèce, 1854, p. 149).
Se brosser, se frotter le ventre (pop.). Se priver de manger par obligation; p. ext., se priver de quelque chose. Ça tournait à la dégringolade lente (...), avec des hauts et des bas cependant, des soirs où l'on se frottait le ventre devant le buffet vide, et d'autres où l'on mangeait du veau à crever (Zola, Assommoir, 1877, p. 644).
Se serrer le ventre (pop.). Se priver de nourriture, réduire l'importance des repas par souci d'économie; p. ext., faire des économies. Synon. se serrer la ceinture*.La Compagnie, atteinte par la crise, était bien forcée de réduire ses frais (...) et, naturellement, ce seraient les ouvriers qui devraient se serrer le ventre, elle rognerait leurs salaires (Zola, Germinal, 1885, p. 1284).
(Nourriture) qui tient au ventre. (Nourriture) qui remplit l'estomac sans qu'il soit besoin d'en consommer de grandes quantités. Cette bonne soupe de choux et de pommes de terre qui tient au ventre et fait du bon sang net (Giono, Colline, 1929, p. 75).
Manger, boire à plein ventre. Manger, boire en grande quantité. Il y a deux jours qu'elle grelottait malgré la touffeur immobile de l'air. Elle a dû boire à plein ventre de l'eau de la citerne qui sert seulement pour les bêtes (Giono, Colline, 1929, p. 103).
Tout fait ventre. Tout peut être source de profit. Gabrielle haussa affectueusement les épaules et recompta les points de son tricot on acceptait des commandes de pull-overstout fait ventre (La Varende, Indulg. plén., 1951, p. 257).
Proverbe. Ventre affamé n'a pas d'oreilles. Il est impossible de discuter avec quelqu'un qui a faim. Asseyons-nous. Létumier, vous ferez votre discours au dessert... Ventre affamé n'a pas d'oreilles (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 173).
b) [Considéré comme le siège des organes génitaux internes et, chez la femme, comme le siège de la gestation] Ventre de femme enceinte, mal de ventre. Les simagrées de cette dame, ses attaques de nerfs revêtaient pour lui des explications très simples, qui le rendaient assez grossier envers le ventre d'où il était sorti (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 201).
DROIT
Curateur au ventre. Curateur nommé pour s'occuper d'un enfant qui naît après le décès du père. Si, lors du décès du mari, la femme est enceinte, il sera nommé un curateur au ventre par le conseil de famille (Code civil, 1804, art. 393, p. 73).
Vx. Le ventre anoblit. La noblesse se transmet par la mère. La dernière (...) était, contrairement à la loi salique, héritière du nom, des armes et des fiefs. Le roi de France avait approuvé la charte du comte de Champagne en vertu de laquelle, dans cette famille, le ventre anoblissait et succédait (Balzac, Tén. affaire1841, p. 71).
3. Vieux
a) Grande cavité du corps. Ventre inférieur, moyen, supérieur. (Dict. xixeet xxes.).
b) Petit ventre. Synon. vieilli de bas-ventre. (...) on ne doit pas manger si l'on ne travaille pas.Oh bien! en ce cas, je travaillerai tous les jours, disait vivement l'enfant.Voilà bien l'influence du petit ventre, disait l'Empereur, en tapant sur celui de Tristan; c'est la faim, c'est le petit ventre qui fait mouvoir le monde (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 874).
4. Loc. fig.
a) [En tant que support physiol. des manifestations affectives]
Avoir la peur, la rage au ventre. Être saisi par une rage, une peur violente. Le soir je me suis couché à une heure, et encore par raison. J'avais une rage de style au ventre à me faire aller ainsi le double de temps encore (Flaub., Corresp., 1852, p. 467).
Avoir, se sentir le diable au ventre. Déployer une activité intense; en partic., se laisser aller à ses passions, ne pas être maître de ses passions. Synon. avoir le diable au corps*.Ce matin, je me sens le diable dans le ventre, je ne puis tenir en place (Stendhal, Corresp., t. 1, 1813, p. 397).Tu te rappelles encore comme j'avais le diable au ventre, maintenant je suis comme un ange (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 98).
Tenir au ventre. Avoir une grande importance. Synon. tenir au cœur*.Ces encyclopédistes qui avaient organisé « la ruée contre la croix », auraient reconnu dans Rousseau leur plus véritable ennemi, une sorte d'homme de Dieu, et ils auraient été dans cette affaire « les spadassins d'une cause qui les tient au ventre » (Guéhenno, Jean-Jacques, 1950, p. 222).
b) [Dans des loc. exprimant le courage, l'énergie, la volonté] Connaître, savoir, voir ce que qqn a dans le ventre. Savoir ce que quelqu'un pense réellement, quelles intentions il a; savoir ce dont quelqu'un est capable. Lucien (...) déploya son esprit comme s'il n'en faisait pas commerce, et fut proclamé homme fort (...). Oh! il faudra voir ce qu'il a dans le ventre, dit Théodore Gaillard (Balzac, Illus. perdues, 1839, p. 417).Brunet se sent froid et calme: la colère des autres, ça le calme toujours. Il attend; il va savoir ce que Schneider a dans le ventre. Schneider fait un violent effort (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 265).
Avoir qqc. dans le ventre/ne rien avoir dans le ventre. Avoir/ne pas avoir du courage, de l'énergie, de la volonté; avoir/ne pas avoir quelque chose d'important, d'essentiel dans la vie. À voir cette facile production d'œuvres si diverses [de M. Clésinger], on devine (...) un homme qui a l'amour de la sculpture dans le ventre (Baudel., Curios. esthét., 1859, p. 277).Ce curé-là n'avait rien dans le ventre, et tout compte fait, mieux valait qu'il fût expulsé de La Belle Angerie (H. Bazin, Vipère, 1948, p. 95).
c) Ventre mou. Point faible d'une personne, d'une organisation, d'une société. Les Syriens se sont montrés en effet intransigeants. Pour eux, tenir Zahlé, c'est protéger « le ventre mou de la Syrie » contre toute agression israélienne (Le Point, 18 avr. 1981, p. 67, col. 3).
B. − [Chez les animaux; p. oppos. à dos] Partie du corps comprenant la paroi de l'abdomen et les viscères de la cavité abdominale, fréquemment tournée vers le sol. Une bête est venue jouer dans la prairie. Ce devait être une femelle de blaireau. Elle s'est mise sur le dos, le ventre en l'air, un beau ventre large et velouté comme la nuit et qui était plein et lourd (Giono, Regain, 1930, p. 107):
2. ... Quenu (...), une longue cuiller à la main, arrosait dévotement les ventres dorés des oies rondes et des grandes dindes. Il restait des heures (...), un peu abêti (...) et (...) ne se réveillait que lorsqu'on débrochait. Les volailles tombaient dans les plats; les broches sortaient des ventres (...); les ventres se vidaient, laissant couler le jus par les trous du derrière et de la gorge... Zola, Ventre Paris, 1873, p. 643.
[À propos d'un cheval] Ventre de vache; ventre avalé, tombant. Ventre trop volumineux dépassant les côtes. (Dict. xixeet xxes.).
[À propos d'un quadrupède, gén. un cheval] Ventre à terre. Très rapidement, avec célérité. Arriver, courir ventre à terre; pousser un cheval ventre à terre. Un pur sang en liberté, qui (...) part au galop, la crinière au vent, à longues foulées souples et gracieuses, puis ventre à terre (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 210).P. anal. [À propos d'une pers.] J'ai des fourmis dans les jarrets, je me tortille (...): il est de toute importance que je me remette à courir. Je saute sur mes pieds, je file ventre à terre (Sartre, Mots, 1964, p. 205).
P. méton. Fourrure du ventre de certains animaux. Une houppelande de velours noir fourrée de quinze cents ventres de menu vair (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. 492).En compos. [Sido] n'a jamais su qu'à chaque retour l'odeur de sa pelisse en ventre-de-gris, pénétrée d'un parfum châtain-clair (...) m'ôtait la parole (Colette, Sido, 1929, p. 11).
En partic. [Chez les poissons] Partie inférieure du corps qui s'étend des ouïes à l'anus. Les fleuves rouloient pêle-mêle, les argiles détrempées, les troncs des arbres, les corps des animaux, et les poissons morts, dont on voyoit le ventre argenté flotter à la surface (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 224).
Vieilli. [Dans de nombreux jurons] Ventre de loup! ventre de bœuf! Ah! ventre de biche! la nuit a été bonne et bien employée! (...) Voilà comme il faut passer la vie! (Kock, Compagn. Truffe, 1861, p. 273).
II. − [Désigne tout ou partie de qqc.]
A. − P. anal. (avec le ventre de l'être hum.)
1. P. anal. (avec la forme parfois rebondie du ventre hum. et en insistant sur l'idée de cavité).
a) Partie renflée d'un objet creux destiné à recevoir, à contenir quelque chose. Ventre d'une aiguière, d'une amphore, d'une carafe, d'une corbeille, d'une cruche, d'une marmite, d'une potiche, d'une théière; ventre d'un bidon, d'un flacon, d'un pot. Une vieille commode hollandaise à gros ventre et à massives poignées de cuivre (A. France, Livre ami, 1885, p. 216).Le soleil (...) entrait dans les pièces de la maison (...), jouant avec les surfaces polies, se reposant complaisamment aux ventres des bouteilles, aux panses des soupières (Pergaud, De Goupil, 1910, p. 233).
MAR. [À propos d'un navire] Partie bombée des œuvres vives d'un navire. Ventre d'une barque, d'un chalutier, d'un navire, d'un paquebot. La nuit s'est fermée, réduisant la mer à son langage de clapotis, claquements de gueule, mâchouillement obscur entre les ventres des bateaux amarrés (Colette, Naiss. jour, 1928, p. 60).
b) Partie bombée, renflée de quelque chose. Ventre d'une contrebasse, d'une guitare, d'une viole. C'était la seconde [répétition] de Zénobie, et elle alla si bien, que les musiciens de l'orchestre applaudirent, selon l'usage, avec leurs archets sur le ventre de leurs violons (Sand, Consuelo, t. 3, 1842-43, p. 252).
Spécialement
MAR. Vx. Ventre d'une voile. Arrondi d'une voile gonflée par le vent. (Dict. xxes.). Mod. ,,Courbe prise vers l'avant par un mât tenu seulement par la tête`` (Merrien 1958). Une martingale empêche les mâts (...) de prendre du ventre, de faire ventre (Merrien1958).
CONSTR. Arrondi pris par une construction sous l'effet d'un poids important, d'une trop forte pression. [La vieille maison] a comme un ventre produit par le renflement que décrit son premier étage affaissé sous le poids du second et du troisième (Balzac, Interd., 1836, p. 115).
Faire ventre. [Le suj. désigne un mur, un enduit, un plafond] Sortir de l'aplomb d'un des parements. Synon. boucler2.Les maisons horribles qui font face au Capitole [à Toulouse] font ventre sur la place (Stendhal, Mém. touriste, t. 3, 1838, p. 71).
MÉTALL. Partie la plus large d'un haut fourneau, située à la jonction de la cuve et des étalages. La masse noire du haut fourneau se dressa (...) La cuve, en dessous, dressait son cône noir, et c'était ensuite, dès le ventre jusqu'au bas des étalages, une puissante armature de métal soutenant le corps de briques (Zola, Travail, t. 1, 1901, p. 154).
c) Partie intérieure de quelque chose, les parois extérieures pouvant éventuellement être renflées, arrondies. Ventre d'un fiacre. Les mauvaises odeurs semblaient sortir du ventre des maisons (Maupass., Pierre et Jean, 1888, p. 246).Nous glissons, nous roulons, nous tombons vivants dans le ventre de la tranchée (Barbusse, Feu, 1916, p. 275).
2. [À propos de qqc. de plein]
a) P. anal. (avec la forme arrondie du ventre hum.). Partie large, évasée de quelque chose; partie arrondie ou légèrement incurvée. Des arbres à gros ventre et à toute petite tête (Renard, Journal, 1897, p. 417).À chaque va-et-vient du bras d'Antoine, le ventre poli de la lampe de cuivre reflète une main monstrueuse, le bout d'un nez fantastique (Colette, Ingénue libert., 1909, p. 242).
Spécialement
ANAT. Partie renflée de certains muscles allongés. La plupart d'entre eux [les muscles striés] présentent une partie moyenne, corps ou ventre, et deux extrémités (G. Gérard, Anat. hum., 1912, p. 13).
PHYS. (acoust.). [Dans les ondes stationnaires; p. oppos. à nœud] Région de l'espace où l'amplitude des vibrations est maximale. [Les] positions [du pont mobile sur les deux fils de concentration du champ hertzien] correspondent aux ventres ou aux nœuds du champ (Turpain, Applic. prat. ondes électr., 1902, p. 23).
b) P. anal. (de position avec le ventre, partie centrale du corps hum.). Partie centrale. Il savait comment (...), en faisant passer un boulevard sur le ventre d'un vieux quartier, on jongle (...) avec les maisons à six étages (Zola, Curée, 1872, p. 387).Un petit tour avec Monsieur Teste, dont j'ai le début, et on en ferait le ventre avec des morceaux de mes notes (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1912, p. 427).
c) P. anal. (avec le ventre en tant que siège des viscères de la cavité abdominale).
α) Intérieur, partie la plus profonde de quelque chose qui généralement est pénétrée. Ventre de la terre. P. métaph. Un réseau de racines allait chercher Au ventre du péché Quelque pepsine (Péguy, Quatrains, 1914, p. 536).Un soufflé brûlant dont le ventre cachait une glace acide et rouge (Colette, Chéri, 1920, p. 141).
β) Intérieur de quelque chose, qui est formé d'éléments complexes et essentiels. Avez-vous seulement regardé la bagnole du major Sugden? 150.000 milles dans le ventre, de bons vieux pistons qui cognent, une ferraille qui brinqueballe de partout (Genevoix, E. Charlebois, 1944, p. 193).
B. − P. anal. (avec le ventre de l'animal)
1. P. anal. (de position avec le ventre de l'animal dirigé vers le sol). Ventre d'un avion, d'un char; hauteur sous ventre. La voiture pareille à un insecte géant retourné sur le dos montrait son ventre de vernis noir, de ferraille et de cambouis (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1411).
2. P. anal. (de couleur). Ventre de + subst. désignant un animal, en appos. avec valeur d'adj.De la couleur du ventre de l'animal concerné. Blanc ventre de poisson. Une collection d'habits du XVIIIesiècle: habits fleur de soufre, gorge de pigeon, pluie de rose, caca dauphin, et couleur désespoir d'opale et ventre de puce en fièvre de lait (Goncourt, Journal, 1857, p. 341).Ta main a-t-elle peint ce nuage couleur de ventre d'ourse blanche, aux contours irisés? (Arnoux, Juif Errant, 1931, p. 60).
3. Région. (Québec). Ventre de bœuf. Fondrière. Évidemment, il faudra enlever toute la terre noire... Mais oui, autrement la gelée fera travailler l'asphalte et vous aurez des ventres de bœuf le printemps prochain (A. Giroux, 14 rue de Galais, 1954, p. 7 ds Richesses Québec 1982, p. 2409).
REM.
Ventrailles, subst. fém. plur.,vieilli ou région. (Centre). Viscères d'un animal. (Dict. xxes.). Jeter des ventrailles de lapin (Lar. Lang. fr.).
Prononc. et Orth.: [vɑ ̃:tʀ ̭]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1050 « chez la femme, le siège de la gestation » (Alexis, éd. Chr. Storey, 453); b) 1614 c'est le ventre de ma mère je n'y retourne plus « se dit d'une chose dont on est peu satisfait et qu'on ne veut pas recommencer » (La Resjouissance des harangeres et poissonnières des Halles, 10 ds Quem. DDL t. 19); c) av. 1615 dès le ventre de sa mère « dès sa naissance » (Pasquier, Recherches de la France, p. 562); d) 1685 curateur au ventre (Sorel, Francion, éd. Colombey, 264); 1690 avoir qqc. dans le ventre (Sorel, Francion, éd. Colombey, 264); 1690 avoir qqc. dans le ventre (Fur.); 2. ca 1100 « partie antérieure du tronc » (Roland, éd. J. Bédier, 3922); 1452 passer par dessuz le ventre de qqn (Jean de Bueil, Jouvencel, éd. L. Lecestre, II, p. 131); 1585 passer sur le ventre à qqn (N. Du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, II, p. 318); 1685 (demander pardon) ventre à terre (Fur.); 1853 taper sur le ventre à qqn (Hugo, Châtim., Paris, Hachette, 1932, p. 287); 1880 danse du ventre (Zola, Nana, p. 237); 3. a) 1remoit. xiies. « l'abdomen en tant que siège de la digestion » (Psautier Cambridge, éd. F. Michel, XXI, 15, p. 26); ca 1165 « estomac » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 29290); 1552 remplir son ventre (Est.); 1798 se remplir le ventre (Ac.); b) 1640 tout fait ventre (Oudin Curiositez, p. 565); c) 1680 (rire) à ventre déboutonné (Rich.); 1694 avoir mal au ventre (Ac.); d) 1808 se serrer le ventre (Hautel); 1861 se brosser le ventre « ne pas trouver un emploi lucratif de ses forces ou de son talent » (Larch., p. 263); 1881 se brosser le ventre « ne pas avoir à manger » (Rigaud, Dict. arg. mod.); e) 1837 prendre du ventre (Balzac, Employés, p. 110); 1840 avoir du ventre (Id., Œuvres div., t. 2, p. 18); 1844 avoir un ventre de député ministériel (Id., Gaudissart II, p. 286); f) 1680 ventre à planer « planchette que le tourneur appuyait contre son ventre quand il planait une pièce de bois » (Rich.); 4. 1452 avoir du cœur au ventre (Jean de Bueil, op. cit., p. 179); 1611 mettre le cœur au ventre (Cotgr.); 1618 faire connaître ce que l'on a dans le ventre (Comte de Cramail, Coméd. des Prov., II, 3 ds Livet Molière t. 3, p. 770); 1623 voir ce que qqn a dans le ventre (Sorel, Francion, éd. Colombey, 264); 1690 avoir qqc. dans le ventre (Fur.); 1718 faire rentrer les paroles dans le ventre (Ac.). B. 1. 1314 ventre du doi « partie charnue du doigt » (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, 945, t. 1, p. 226); 1575 « partie centrale d'un muscle » (Paré, Œuvres, I, 9, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 1, p. 126); 2. a) 1327 « partie creuse et renflée d'un objet » (Palgrave, The ancient Kalendars and Inventories, III, 168); 1616 ventre du navire (D'Aubigné, Hist., II, 81 ds Littré); 1690 ventre d'un luth (Fur.); 1928 ventre (d'un avion) (Saint-Exup., Courr. Sud, p. 5); b) 1552 faire ventre « se bomber (d'un mur) » (Est.); 3. 1754 phys. (Diderot, De l'interprétation de la nature, XXXVI ds Œuvres philos., éd. P. Vernière, 1964, p. 205); 4. 1932 « partie inférieure d'une voiture » (Romains, Hommes bonne vol., t. 3, p. 159); 5. 1967 « partie centrale d'une page d'un journal » (Voyenne). Du lat. venter, ventris « ventre », « sein de la mère », « intestins », « renflement, flancs d'un objet ». Fréq. abs. littér.: 4 770. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 209, b) 8 581; xxes.: a) 10 156, b) 6 840. Bbg. Quem. DDL t. 8, 14, 15, 16, 17, 19, 28.

Wiktionnaire

Nom commun

ventre \vɑ̃tʁ\ masculin

  1. (Anatomie) Abdomen, cavité du corps de l’être humain et des animaux qui contient les intestins.
    • Il est plus grand que je ne le pensais en voyant sa photo, une carrure d'ours, mais il a engraissé et, s'il a toujours des bras musclés, son ventre ballotte. — (Louise Doughty, Je trouverai ce que tu aimes, Belfond, 2012)
  2. (Anatomie) Estomac, partie du corps recevant les aliments.
    • […] il ne reste plus un habitant, plus une tête de bétail, plus un boisseau de grain. L’intendance ne réussit plus à pourvoir aux besoins de tous les ventres affamés dont elle a la charge. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 96)
  3. (Anatomie) Utérus, organe de la gestation chez la femme et les femelles des animaux.
    • L’enfant se retourne dans le ventre de la mère.
  4. (Par extension) Proéminence que présente cette partie du corps.
    • C’était un gros homme, court et tassé, très étrange. Il avait un ventre énorme, qui croulait en bourrelets flasques sur des cuisses presque maigres, […]. — (Octave Mirbeau, Le colporteur, 1886)
    • Puis, il se renversa sur sa chaise, épanoui, les prunelles chargées de jubilation, le ventre ballotté de remous. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 12)
    • Son ventre retombait en plis grassouillets sur une taillole de flanelle grège retenant le pantalon. — (Jean Siccardi, La Chênaie de Seignerolle, Presses de la Cité, 2010, chap. 17)
  5. (Par analogie) Flancs, partie renflée de certaines choses.
    • Le ventre d’une bouteille, d’un flacon. — Le ventre d’un navire.
    • Cette muraille fait le ventre, Elle bombe, elle menace ruine.
  6. (Anatomie) Dans un muscle, corps épais, rouge et contractile aux deux extrémités duquel on trouve les parties tendineuses.
  7. (Physique) Point où l’amplitude de l’onde stationnaire est maximale.
    • Les nœuds et les ventres d’une corde qui vibre.
  8. (Figuré) (Par analogie) Lieu où l’on vend de la nourriture.
    • Dans l’ancien ventre de Paris, aux Halles, tous les SDF s’appellent Jonas. C’est leur royaume dévasté. — (Christophe Ayad, Coronavirus : avec les joggeurs, les poivrots, les livreurs, les promeneurs de chiens, les drogués, les migrants… dans la nuit confinée de Paris, Le Monde. Mis en ligne le 17 avril 2020)
  9. (Figuré) (Par analogie) Lieu central de l’activité.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Littré (1872-1877)

VENTRE (van-tr') s. m.
  • 1La cavité du corps qui contient l'estomac et les intestins. Avoir mal au ventre. Ventre enflé, gonflé, tendu. Donc vous vous figurez qu'une bête assommée Tienne votre fortune en son ventre enfermée ? Du Ryer, Scévole, II, 4. Millancourt, qui me servait de second, avait été blessé dans le ventre et désarmé, Retz, II, 9. S'il était là, je lui donnerais tout à l'heure de l'épée dans le ventre, Molière, Fourber. II, 9. Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre, Hugo, Feuilles d'aut. 40.

    Être le dos au feu et le ventre à table, prendre toutes ses commodités en mangeant.

    Se serrer le ventre, étreindre fortement le ventre avec une courroie, ce qui amortit le sentiment de la faim.

    On l'a battu dos et ventre, on lui en a donné dos et ventre, sur le ventre et partout, on lui a dansé les deux pieds sur le ventre, se disent d'un homme qui a été excessivement maltraité.

    Fig. Maltraiter de paroles ou par des critiques fondées. Nous en donnerons sur dos et ventre à tous ces petits Catons comme vous, qui nous méprisent par envie, Diderot, Neveu de Rameau.

    Ventre à terre, le ventre appuyé sur le sol. Il leur cria : ventre à terre. Tu les posteras ventre à terre, entre ci et le quartier général, Hamilton, Gram. 3. On se jetait à genoux ou ventre à terre, Voltaire, Cand. 18.

    Fig. Enfin se traînant, gravissant, et par sauts et par bonds, toujours le ventre à terre, il a tant fait…, Beaumarchais, Mémoires, 4e mém.

    Fig. Demander pardon ventre à terre, demander pardon avec toute sorte de soumissions.

    Ventre à terre, se dit d'un cheval qui galope extrêmement vite, et qui, s'allongeant beaucoup, a le ventre près de terre. Ce cheval va ventre à terre.

    On dit aussi : ce cavalier, ce courrier va ventre à terre, il fait aller son cheval ventre à terre.

    On dit encore : ce cocher nous a menés ventre à terre. Les jeunes gens qui en cabriolet se piquent d'aller ventre à terre, croient avoir le meilleur air du monde, Genlis, Maison rust. t. I, p. 177, dans POUGENS. Et puis ventre à terre d'ici en Angleterre avec des chevaux de poste, Picard, Conteur, II, 2.

    Sur le ventre, couché sur le devant du corps. Le capitaine ordonna à ses soldats de se coucher sur le ventre.

    À plat ventre, en étant couché sur le devant du corps. Pâtre étendu à plat ventre sur la paille, Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 500.

    Fig. Être à plat ventre devant quelqu'un, lui faire bassement la cour.

    Fig. Mettre le feu sous le ventre à quelqu'un, l'irriter, l'aigrir, l'exciter.

    Passer sur le ventre, marcher sur le ventre à quelqu'un, le terrasser et passer par-dessus lui, le considérant comme renversé sur le dos. Passant dessus le ventre à sa troupe mutine, Corneille, Mél. IV, 9. Darius, se tournant de son côté et lui adressant la parole, lui demanda s'il le trouvait assez puissant pour passer sur le ventre de l'ennemi, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 224, dans POUGENS. Il [Charles Édouard]… s'empara d'Édimbourg, passa sur le ventre à quatre mille Anglais à Preston, Chateaubriand, Stuarts, Jacques II.

    Fig. Passer sur le ventre à quelqu'un, remporter l'avantage sur lui, parvenir au but malgré lui, obtenir un avancement auquel il avait droit. Quel plaisir pensez-vous qu'eût pris ce bonhomme [Octavius, père d'Auguste] de voir son fils, après avoir marché sur le ventre à ses ennemis et fait mettre les armes bas en tout l'empire, présider au repos et à la paix universelle ? Malherbe, Traité des bienf. de Sénèque, III, 32. Mais avec ce secours, pour peu qu'on sollicite, L'argent passe, morbleu, sur le ventre au mérite, Montfleury, Femm. juge et part. II, 1.

    Fig. Taper sur le ventre à quelqu'un, être familier avec lui.

  • 2Réceptacle des aliments et des boissons. Que tout chantre Boive à plein ventre, Béranger, Concord. Il n'engageait jamais [à dîner] ces soi disant gastronomes qui ne sont que des gloutons, dont le ventre est un abîme, et qui mangent partout, de tout et tout, Brillat-Savarin, Physiologie du goût, Méditation XXIX. Il [l'homme] a toujours travaillé pour son ventre plus que pour son cœur et son esprit, Georges Sand, Rev. des Deux-Mondes, 1er juin 1868, p. 580.

    Être sujet à son ventre, se laisser aller à sa gourmandise.

    À ventre déboutonné, en se déboutonnant le ventre, pour manger beaucoup. Après avoir très bien dîné Jusqu'à ventre déboutonné, Scarron, Typh. I.

    On dit aussi rire à ventre déboutonné, pour dire : rire beaucoup.

    Fig. Cet homme s'est donné de son épée dans le ventre, se disait autrefois d'un homme qui avait vendu son épée pour boire.

    Il fait un dieu de son ventre, le ventre est tout pour lui. Qui se conduisent en ennemis de la croix de Jésus-Christ, qui auront pour fin la damnation, qui font leur dieu de leur ventre, Sacy, Bible, St Paul, Épît. aux Philippiens, III, I, 9.

    Il se dépite, il boude contre son ventre, se dit d'un enfant qui se mutine et ne veut pas manger, et, figurément, d'un homme qui, par dépit, refuse ce qu'on sait qu'il désire et qui lui convient.

  • 3Le ventre considéré par rapport aux fonctions d'évacuation qu'il accomplit. Cet aliment lâche le ventre. Décharger son ventre. Le flux de ventre, le cours de ventre. Quand vous avez le matin une grâce à demander à un ministre ou à un premier commis, informez-vous adroitement s'il a le ventre libre, Voltaire, Dict. phil. Ventres paress.

    Avoir le ventre paresseux, aller rarement à la selle.

  • 4Le ventre, considéré quant à la proéminence qu'il présente. Il a du ventre. Je commence à prendre du ventre. Son ventre l'incommode.

    Ce cheval n'a point de ventre, il est serré des flancs.

    Ce cheval a du ventre, son ventre est trop gros.

    Terme de manége. Ventre de vache, ventre trop affaissé et débordant les côtes.

    Ventre de biche, ventre de la couleur de celui de la biche ; c'est à peu près la même chose que ventre lavé.

  • 5Bas-ventre, partie inférieure du ventre. Un coup dans le bas-ventre. Plus, dudit jour, un bon clystère détersif, composé avec catholicon double, rhubarbe, miel rosat et autres, suivant l'ordonnance, pour balayer, laver et nettoyer le bas-ventre de monsieur, Molière, Mal. imag. I, 1.

    Petit ventre, le ventricule, l'estomac.

    Le petit ventre se dit vulgairement pour bas-ventre, hypogastre. M. de Turenne tué d'un boulet qui le frappa au petit ventre, Pellisson, Lett. hist. t. II, p. 381.

  • 6En parlant des femmes et des femelles d'animaux, la partie où se forment les enfants, les petits de l'animal, et où se passe la gestation. Les enfants, pendant qu'ils sont renfermés au ventre de leur mère, Descartes, Méth. v, 8. Ils étaient comme quand on sort du ventre de sa mère, et noirs comme des diables, Sévigné, 31. Tout le monde sait que le ventre de certains animaux, chez les anciens, était un de leurs plus délicieux mets ; que le sumen, c'est-à-dire le ventre de la truie, parmi les Romains, était vanté par excellence, et défendu même par une ancienne loi censorienne comme trop voluptueux, Boileau, Réfl. crit. sur Longin, Réfl. VI.

    En jurisprudence, curateur au ventre, curateur que l'on nomme à l'enfant dont une femme est enceinte au moment du décès de son mari.

    Le ventre anoblit dans certains pays, c'est-à-dire que les femmes nobles communiquent la noblesse à leurs enfants, bien que les pères ne soient pas nobles. Maison où le ventre anoblit, et qui, par ce beau privilége, rendra vos enfants gentilshommes, Molière, G. Dand. I, 4. À combien d'enfants serait utile la loi qui déciderait que c'est le ventre qui anoblit ! mais à combien d'autres serait-elle contraire ! La Bruyère, XIV. Charles VII donna à la famille de la Pucelle d'Orléans des lettres patentes par lesquelles le ventre anoblissait, Voltaire, Mœurs, 162.

    Fig. C'est le ventre de ma mère, je n'y retournerai jamais, ou, simplement, c'est le ventre de ma mère, c'est-à-dire je ne m'engagerai jamais plus dans une pareille affaire.

  • 7 Terme d'anatomie ancienne. Le ventre supérieur, ou la cavité de la tête, le ventre moyen ou la poitrine, le ventre inférieur ou l'abdomen.

    Particulièrement, la partie intérieure du corps qui est sous les côtes. Il lui arracha le cœur du ventre.

    Tant que le cœur me battra dans le ventre, tant que je vivrai.

    Fig. Mettre, remettre le cœur au ventre à quelqu'un, lui donner, lui redonner du courage. Comme vous voyez, monsieur, c'en est assez pour me remettre le cœur au ventre, puisque c'est une preuve que ma voix n'est pas entièrement perdue, Boileau, Lett. à Racine, 23 août 1687.

    Fig. Faire rentrer les paroles dans le ventre à quelqu'un, le faire repentir de ce qu'il a dit, ou l'empêcher de continuer. Palsangué ! laissez-la donc parler ; vous lui rembourrerez les paroles dans le ventre, Gherardi, Théât. ital. t. I, p. 450.

    Fig. Avoir dans le ventre, être capable de. Je saurai ce qu'il a dans le ventre.

    Fig. Il n'avait que cet ouvrage dans le ventre, se dit d'un auteur qui, après un ouvrage, n'en produit plus d'autre, ou qui, après en avoir donné un bon, n'en donne plus que de mauvais.

    Fig. Cet homme n'a pas six mois, n'a pas un an dans le ventre, n'a pas six mois, un an à vivre. C'est un homme qui mourra avant qu'il soit peu, et qui n'a tout au plus que six mois dans le ventre, Molière, Mar. forcé, 12. Je n'ai pas ici mes calculs de la vie humaine ; mais il est clair que, nous autres animaux à deux pieds, nous n'avons que vingt-deux ans dans le ventre l'un portant l'autre, Voltaire, Lett. d'Alembert, 7 mai 1761.

    Fig. Il n'a pas six mois, un an dans le ventre, il ne sera pas six mois, un an dans le poste qu'il occupe, dans la situation où il est. Cela ne vaut rien ; ces gens-là manqueront incessamment, et ils n'ont pas encore huit jours dans le ventre, Dancourt, les Agiot. II, 7. Ces cuistres-là [la Sorbonne] n'en ont pas encore pour longtemps dans le ventre, Voltaire, Lett. Chabanon, 11 janv. 1768.

  • 8 Par dérision, le ventre, le centre dans les assemblées délibérantes, par opposition à la droite et à la gauche. Au ventre toujours fidèle, J'ai pris, suivant ma leçon, Place à dix pas de Villèle, Béranger, Ventru. Trouvez-moi une tournure plus propre [que l'apostrophe] à remuer une assemblée, à étonner la droite, à émouvoir le ventre, Courier, Lettre x.
  • 9 Fig. Partie la plus large d'un vase. La cruche au large ventre est vide en un instant, Boileau, Lutr. I.
  • 10 Fig. La partie creuse et intérieure d'un corps quelconque. Et dans le ventre creux du pupitre fatal Va placer de ce pas le sinistre animal, Boileau, Lutr. III.

    Terme de marine. Partie centrale de la coque d'un navire.

    Terme de métallurgie. Partie la plus large d'un haut fourneau ; endroit où se réunissent les étalages et la cuve.

  • 11 Terme de maçonnerie. Partie d'un mur qui boucle ou qui sort de son aplomb sur un de ses parements. Cette muraille fait ventre, ou fait le ventre.
  • 12 Terme de physique. Nom donné aux points où les vibrations présentent le plus d'amplitude, par opposition à nœuds. Les ventres et les nœuds de vibration se succéderont alternativement, Poisson, Instit. Mém. scienc. 1817, t. II, p. 394.
  • 13 Terme d'anatomie. Partie moyenne et renflée des muscles.

    Terme d'histoire naturelle. Dans les coquilles, partie la plus renflée de la surface extérieure d'une valve.

    Bord inférieur ou abdominal des coquilles bivalves.

    Dans les coquilles spirivalves dont on ne découvre que le dernier tour de spire, la face de ce tour qui correspond à l'ouverture, ou seulement la partie gauche de l'ouverture.

  • 14 Terme de gravure. La partie d'un burin qu'on aiguise pour le rendre tranchant.

    Ventre à planer, palette de bois de chêne que le tourneur applique sur son estomac quand il veut planer une pièce de bois.

  • 15Ancien terme de chimie. Ventre de cheval, fumier, dans lequel on enferme certains vaisseaux, pour faire diverses opérations, par le moyen de la chaleur qu'il contient.
  • 16Ah ! ventre ! ancienne sorte de jurement (de Dieu est sous-entendu, comp. VENTREBLEU). Ah ! ventre ! il est tout vrai que vous avez raison, Corneille, Illus. com. III, 3. Par la mort ! par la tête ! par le ventre ! si je le trouve, je le veux échiner, Molière, Fourber. II, 9.

    PROVERBE

    Tout fait ventre, les aliments les plus communs rassasient comme les plus délicats.

    À ventre soûl cerises amères, quand on a d'une chose à satiété, elle déplaît.

    Habit de velours, ventre de son, se dit de celui qui épargne sur sa nourriture et fait des dépenses d'ostentation.

    Ventre affamé n'a point d'oreilles, l'homme pressé par la faim n'écoute rien.

HISTORIQUE

XIe s. L'osberc [le haubert] desclot josque par sum le ventre, Ch. de Rol. CCLXXXVII.

XIIe s. Plus en auroie le cuer [cœur] del ventre clair [satisfait], Ronc. p. 158. [Un homme] Out mult esté grevé de grant enfermeté, E out d'idropisie le ventre mult enflé, Th. le mart. 94.

XIIIe s. Cil ki son diu fait de son ventre, Gui de Cambrai, Barl. et Jos. p. 70. Li enfes qu'el a el ventre, devient loiax [légitime] par le [la] vertu du mariage, Beaumanoir, XVIII, 2. ù [où] le cuer de mon ventre trait [m'attire], Partonop. v. 4530.

XIVe s. En ceste guise s'accorderent, Et tantost à Kalles manderent, Ce qu'il pensoient en leur ventres, Guiart, t. I, p. 338, v. 7815. Jà soit que ledit Symon ait esté nez et procreez en loial mariage, et qu'il soit franche personne et de franc ventre hors de toute servitude, Du Cange, venter.

XVe s. Au fort, il faut que je le die, Ce qui fait le ventre lever Ce n'est fors que plaisant folie, Orléans, Bal. 136.

XVIe s. Il fut bien si estonné, qu'il eust voulu estre au ventre de sa mere, Marguerite de Navarre, Nouv. VI. La verge anoblit et le ventre [la mere] affranchit, Loysel, 40. L'autre tout ventre, lippu, couperosé…, D'Aubigné, Hist. I, 113. Deux gentils-hommes xaintongeois faussans un corps-de-garde en plain midi en l'eau jusques au ventre des chevaux…, D'Aubigné, ib. II, 49. Ils laisserent dans les tranchées le ventre en sus [morts] 400 de ceux qui avoient courage…, D'Aubigné, ib. II, 51. Les esperons des navires engagez dans le ventre des autres, D'Aubigné, ib. II, 81. Ce conseil privé mit le cœur au ventre d'Abdala, D'Aubigné, ib. II, 205. Il mit ce soir là 6000 hommes le ventre au soleil, le reste sauvé dans la nuit, D'Aubigné, ib. II, 322. L'assassin [J. Clément] tira de sa manche un cousteau, duquel il lui donna dans le petit ventre [à Henri III], D'Aubigné, ib. II, 387. Ces roiaux avoient caché dans leur ventre deux coulevrines : comme donc les liguez estoient prests de faire la charge, les autres se fendent…, D'Aubigné, ib. III, 222. Ventre de loup ! monsieur, savez-vous pas bien comment nous avions dejeuné ? D'Aubigné, Faen. I, 6. La division commune et vulgaire, qui est faite en trois ventres, superieur, moyen, inferieur, nommés par ces noms, teste, thorax et epigastre, Paré, I, 1. Le ventre du muscle, Paré, I, 1. Les femmes de Naples de tout temps ont mieux aimé avoir le ventre de bureau que de velours [que se mal nourrir], Paré, XIX, 16. Il passa sur le ventre à tout ce qui se presenta pour lui resister, Mém. s. du Guesclin. ch. 5. Sans ce qu'on l'eust essayé, ne sçavoir qu'il ha au ventre, Aresta amorum, p. 160, dans LACURNE. Ils ont rempli trois feuillets de papier en dos et en ventre [le recto et le verso], Nouv. coust. gén. t. III, p. 282. Au ventre, tout y entre, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 278. En petit ventre grand cueur, Cotgrave Il n'est horologe plus juste que le ventre, Cotgrave Lors cessoit de manger, quand le ventre luy tiroit, Rabelais, I, 21.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VENTRE.
16Ajoutez :

Ventre de moi, sorte de juron. Ventre de moi ! que deviendrai-je ? Scarron, Virg. IV.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VENTRE, (Anat.) en latin venter, en grec κοιλία. Le ventre chez les anatomistes modernes, veut dire dans sa signification la plus étendue, une cavité remarquable où sont contenus quelques-uns des principaux visceres. A prendre ce mot dans ce sens, tout le corps est divisé en trois ventres, dont l’inférieur s’appelle communément l’abdomen ; celui du milieu thorax, & le supérieur la cavité de la tête.

Hippocrate appelle le thorax le ventre supérieur, ἡ ἄνω κοιλίν, & nomme l’abdomen le ventre inférieur, ἡ κάτω κοιλίν. Mais d’autres fois lorsqu’il parle de la laxité ou de la constriction du bas-ventre, il nomme κοιλίν, les affections des gros boyaux ; & dans un endroit du quatrieme épidem. le mot κοιλίν, est employé pour signifier les excrémens des intestins.

Ventre du cheval, (Maréchal.) ses mauvaises qualités sont de descendre trop bas, ce qu’on appelle ventre de vache ou ventre avalé.

Ventre, (Critique sacrée.) ce mot se prend pour le fond de quelque chose, Jon. ij. 3. & au figuré pour le cœur, l’ame. Vous connoitrez la beauté de la sagesse, lorsque vous la garderez au fond de votre cœur, in ventre tuo, xxij. 18. Les fruits du ventre, fructus ventris, ce sont les enfans : vous aurez pour héritier de votre trône, unum de fructu ventris, un de vos fils, Ps. cxxxj. 11. (D. J.)

Ventre, terme d’artillerie, qui se dit d’un canon lorsqu’il est couché à terre sans affut. Ainsi un canon est sur le ventre lorsqu’il n’a point d’affut.

Ventre, c’est dans le mortier la partie proche de sa culasse, qui s’appuie sur le coussinet de l’affut. Voyez Mortier. (Q)

Ventre de cheval, (Chimie.) les Chimistes n’entendent autre chose par ce mot que le fumier récent. On trouve aussi quelquefois dans leurs livres à la place de cette expression, celle de bain de fumier. Ils se servent de la chaleur qui s’excite naturellement dans le fumier, pour exécuter quelques opérations, & principalement des digestions. Voyez Digestion, (Chimie.)

Ce sont principalement les Alchimistes qui exécutent leurs longues digestions à la chaleur du ventre de cheval.

Il est assez connu que les fours à faire éclorre des poulets, proposés par M. de Reaumur, s’échauffent par la chaleur du fumier ou du ventre de cheval. On entend encore par ventre de cheval, un appareil plus compliqué, dans lequel le vaisseau qui contient le fumier est adapté à un bain-marie, ou à un bain de vapeurs. Celui-là sert aux mêmes usages, savoir aux digestions faites principalement dans des vues alchimiques. (b)

Ventre, (Jurisp.) ce terme en droit, a différentes significations.

Quelquefois par là l’on entend la mere d’un enfant, comme quand on dit que le ventre affranchit, & que la verge annoblit, partus sequitur ventrem.

Quelquefois par le terme de ventre on entend l’état d’une femme ou fille enceinte. On ordonne l’inspection du ventre par des matrones, pour vérifier si une femme ou fille est enceinte.

Quelquefois enfin ce terme ventre se prend pour l’enfant dont une femme ou fille est enceinte. On donne un curateur au ventre lorsqu’il s’agit des intérêts de l’enfant conçu & non encore né, ou pour veille, sur la mere & sur l’enfant, soit de crainte qu’il n’y ait supposition de part, ou pour empêcher que la mere ne fasse périr son fruit, ou qu’elle ne dérobe la connoissance de son accouchement & ne détourne son enfant. Voyez au digeste le tit. de inspiciendo ventre, & ci-devant les mots Curateur au ventre, Inspection, Matrone. (A)

Ventre, s. m. (Architect.) bombement d’un mur trop vieux, foible ou chargé, qui boucle & qui est hors de son à-plomb. Ainsi quand un mur est en cet état, on dit qu’il fait ventre, & qu’il menace ruine. (D. J.)

Ventre, ou gorge, Hydraul.) on appelle ainsi une fondriere entre deux montagnes, qui se rencontre dans la conduite des eaux, & qu’on est obligé de traverser pour raccorder les différens niveaux des montagnes, & donner à l’eau un écoulement naturel. (K)

Ventre, terme de Potier d’étain, c’est la partie du milieu d’un vase, comme d’une pinte, qui est un peu plus grosse, plus large & plus élevée que les autres parties. (D. J.)

Ventre, terme de Tourneur, sorte de planchette de bois, que le tourneur met devant son estomac lorsqu’il veut planer ou percer du bois ; on le nomme aussi poitrail. (D. J.)

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Étymologie de « ventre »

Du moyen français ventre, de l’ancien français ventre, du latin venter.
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Wallon, veintt ; provenç. ventre ; espagn. vientre ; ital. ventre ; du latin ventrem ; sanscr. udara ; lithuanien, vedara, estomac

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Phonétique du mot « ventre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ventre vɑ̃tr

Citations contenant le mot « ventre »

  • Et si l’on vous disait que pour obtenir un ventre plat, il suffisait de retenir votre respiration ? C’est tout le principe du Stomach Vacuuum, nouvelle technique ventre plat qui fait fureur dans le monde des influenceurs. Alors, miracle ou arnaque ? Vous êtes partantes pour essayer ? 3,2,1, respirez ! Marie France, magazine féminin, Stomach Vacuum : la technique miracle pour un ventre plat sans effort
  • La procédure était terminée, lorsque le pilote a craqué. Les gendarmes ont remarqué du sang sur ses vêtements. Il venait de se planter un couteau dans le ventre. , Contrôlé en excès de vitesse, le motard se plante un couteau dans le ventre à Forges-les-Eaux | L'Éclaireur - La Dépêche
  • L'existence sur cette terre semble pleine d'attraits, en particulier quand le ventre est plein, ou que le bas-ventre s'attend au plaisir. De Simon Vestdijk / Le Serveur et les vivants
  • De nombreux organes se situent côte à côte au niveau de l’abdomen. Les origines des douleurs sont ainsi très nombreuses. Les appareils digestifs, reproducteurs ou urinaires se trouvent impliqués. Ils présentent des symptômes plus ou moins similaires. Certaines préparations non pharmaceutiques permettent de se défaire efficacement d’un mal de ventre. Presse santé, Les solutions naturelles pour soigner un mal de ventre
  • Ventre affamé n'a pas d'oreilles, mais il a un sacré nez. Alphonse Allais, Le Chat noir, La Table Ronde
  • Ventre affamé n'a point d'oreilles. Jean de La Fontaine, Fables, le Milan et le Rossignol
  • Ventre plein sonne bien, ventre creux sonne mieux. De Proverbe français
  • On prend les hommes par le ventre. De Proverbe québécois
  • Le ventre plein fait la tête vide. De Proverbe italien
  • Le monocle, une vitrine de ventre. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • C’est pas un mal de ventre qui va guérir un autre mal de ventre. De Proverbe québécois
  • Le ventre est le plus grand de tous les dieux. De Euripide
  • Personne ne sort avant du ventre de sa mère. De Proverbe arabe
  • Il n'est pire sourd que ventre affamé. De Boris Vian
  • Le ventre ne connaît que ce qui se renouvelle. De Massa Makan Diabaté / Kala Jata
  • Demain du ventre du temps surgira une année nouvelle. De Njabulo S. Ndebele / Portrait de l'amour
  • Trop intime, rarement touché... L’idée que l’on nous masse le ventre peut faire un bide. Pourtant, le ventre, c’est le centre. Soin holistique, le Chi Nei Tsang révèle les précieux secrets de cette zone à bichonner.  Marie Claire, Le soin Chi Nei Tsang, le massage du ventre et de l'esprit - Marie Claire
  • Celui dont le ventre crie famine ne peut converser avec celui qui est repu. De Proverbe chinois
  • Rentrer son ventre sur la bascule ne rend pas moins lourd. De José Artur
  • Rachel Trapani témoigne avec une photo de son ventre. Le Huffington Post, Rachel Legrain-Trapani dévoile son ventre une semaine après son accouchement | Le Huffington Post LIFE
  • Il y a des avantages à vivre dans le ventre d'une baleine... mais comment j'en suis arrivé là ? France Bleu, PODCAST - Le Confin des contes : le ventre de la baleine
  • Le nouveau rover martien de la NASA, dont le lancement est prévu ce jeudi 30 juillet, a un hélicoptère miniature dans le ventre. "Persévérance" sera le cinquième rover de la NASA à s'envoler vers Mars, et son passager clandestin, l'hélicoptère Ingenuity, sera le premier engin spatial de ce type. Environ deux mois après l'atterrissage, le rover est programmé pour déposer l'hélicoptère à la surface martienne et observer le minuscule drone effectuer une série de vols d'essai. Business Insider France, La NASA place le premier hélicoptère interplanétaire dans le ventre de son rover martien
  • La manifestation la plus courante des ballonnements est une sensation de gonflement, au niveau du ventre. Les ballonnements peuvent être causés par différents mécanismes touchant les systèmes de la rate, de l'estomac et du foie. C'est une dysharmonie dans ce système qui provoque ballonnements et douleurs abdominales. Chez certaines personnes, chez qui les ballonnements se font plus réguliers, on parlera plutôt de sensibilité digestive. FemininBio, Ballonnements : quelle alimentation pour dégonfler le ventre ? - FemininBio
  • Pour redescendre le postérieur, vous devez expirer plus ou moins fort afin de vider tout l’air qui se retrouve dans votre ventre. Il faut également un moment lié à l’apnée comme le montre Alexandra Rosenfeld dans ses différentes vidéos. Il est assez difficile d’expliquer le phénomène, il vaut mieux regarder une vidéo et suivre tous les exercices. Barbanews.com, Alexandra Rosenfeld : elle partage une astuce miracle à ses abonnés sur Instagram pour un ventre plat !
  • J’ai une boule au ventre, j’ai envie de pleurer, heureusement qu’on a fait la paix il y a dix mois à Monaco. Pu… 66 ans. Le Telegramme, « J’ai envie de pleurer » : Michel Guyot très attristé par la mort d’Alex Dupont - Disparition d'Alex Dupont - Le Télégramme

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Traductions du mot « ventre »

Langue Traduction
Anglais belly
Espagnol estómago
Italien pancia
Allemand bauch
Chinois 肚皮
Arabe بطن
Portugais barriga
Russe живот
Japonais
Basque sabela
Corse pancia
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Synonymes de « ventre »

Source : synonymes de ventre sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « ventre »

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