La langue française

Tronc

Sommaire

  • Définitions du mot tronc
  • Étymologie de « tronc »
  • Phonétique de « tronc »
  • Citations contenant le mot « tronc »
  • Images d'illustration du mot « tronc »
  • Traductions du mot « tronc »
  • Synonymes de « tronc »
  • Antonymes de « tronc »

Définitions du mot tronc

Trésor de la Langue Française informatisé

TRONC, subst. masc.

A. −
1. Partie d'un arbre comprise entre les racines et la naissance des branches maîtresses, constituée de tissus ligneux au centre (cœur) et de tissus mous à l'extérieur (écorce). Tronc lisse, noueux, rugueux; tronc creux, moussu, vermoulu; tronc droit, élancé; tronc déraciné; vieux troncs couverts d'écailles; abattre, couper, équarrir, évider, scier un tronc; s'adosser à un tronc. Des arbres s'espaçaient, tordus et mal venus, de petits ormes au tronc gris, tachés d'une lèpre jaunâtre (Goncourt, Journal, 1895, p. 891).La voiture descendait en d'admirables bois dont il devinait la beauté au volume des troncs frappés par les phares et leur rectitude de colonnes (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 268).
P. anal., ARCHIT. Tronc (de colonne). Fût d'une colonne, dé d'un piédestal qui supporte le fût. Comme la colonne est une réminiscence de l'arbre, on donne quelquefois au fût le nom de tige, qui rappelle mieux son origine naturelle. On dit aussi, par la même raison, le tronc de la colonne, et, dans d'autres cas, le vif (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin, 1876, p. 128).Au moment où je m'approchais d'elle [la cathédrale de Lisieux] à tâtons, une subite clarté l'inonda; tronc par tronc, les piliers sortirent de la nuit, détachant vivement, en pleine lumière sur un fond d'ombre, le large modelé de leurs feuilles de pierre (Proust, Past. et mél., 1919, p. 95).
Arg. [Appellation raciste appliquée à un Maghrébin] Tronc (de figuier). Synon. bicot2(pop., péj.), crouillat (fam., injurieux), raton1(pop., péj.).Les Crouilles [crouillats] qui vivaient à Paris avant guerre, eux, ils respectaient le code. Mais les nouveaux débarqués (...) avaient fait tache d'huile (...). Maintenant, les Troncs se risquaient (...) jusqu'à l'Opéra, les Champs-Élysées (Le Breton, Rififi, 1953, p. 43).
2. Boîte en bois ou en métal, percée d'une fente ou d'une glissière, destinée à recevoir l'argent des aumônes, des offrandes dans les lieux publics et, en particulier, dans les églises. Tronc des pauvres; dévaliser, piller, voler un tronc. C'était pour lui un devoir que de frauder l'octroi; il n'allait jamais au spectacle en payant, (...) et racontait comme une farce excellente qu'il avait coutume, aux bains froids, de mettre dans le tronc du garçon un bouton de culotte pour une pièce de dix sous (Flaub., Éduc. sent., t. 1, 1869, p. 185):
Les fidèles (...) ont poussé à la roue et aidé à faire du catholicisme ce qu'il est devenu, ce quelque chose d'émasculé, d'hybride, de mol, cette espèce de courtage de prières et de mercuriale d'oraisons, cette sorte de sainte tombola où l'on brocante des grâces, en insérant des papiers et des sous dans des troncs scellés sous des statues de saint! Huysmans, Oblat, t. 2, 1903, p. 201.
P. métaph. Je me devais à moi-même d'acclamer la République, quelle qu'elle fût (...). Je me devais aussi de mettre ma petite bourse, denier de la veuve, dans le tronc de la défense patriotique (Sand, Corresp., t. 6, 1870, p. 46).
Loc., au fig., vieilli. Voler le tronc des pauvres. Faire des profits malhonnêtes aux dépens des pauvres. (Dict. xixeet xxes.).
Arg. Tête. Synon. tirelire (arg., pop.), tronche (pop.).Avoir qqc., se mettre qqc. dans le tronc. On voulait seulement te dire un mot (...).Vous vouliez uniquement me refiler quelques valdas dans le tronc (Simonin, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 21).
(Ne pas) se casser le tronc. (Ne pas) réfléchir, s'inquiéter. Te bile pas pour ça (...) te casse pas l'tronc. Ça ira (Le Breton, Loi rues, 1955, p. 199).Se taper le tronc. Faire un bon repas. Synon. pop. se taper la cloche (v. cloche1).Ces caves, en train de se taper le tronc sans malice, (...) me donnaient un bel exemple. Ils ne se dispersaient pas en conneries, eux (Simonin, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 211).
3. P. anal. ou au fig.
a) Partie principale, essentielle à partir de laquelle peut éventuellement s'opérer une division, une différenciation. Nous sommes un rameau du tronc bénédictin voué à une vie de labeur corporel et de pénitence (Huysmans, En route, t. 2, 1895, p. 284).La seule solution raisonnable était de renoncer à terminer les Thibault comme je l'avais prévu; et d'enter sur le tronc des six parties déjà publiées un autre dénouement (Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. xcviii).
En partic. Souche d'une famille. Tu vois [dit Pascal], en bas [de l'Arbre généalogique], voici le tronc, la souche commune, Tante Dide (Zola, Dr Pascal, 1893, p. 105).Les bourgeons qui se développent naturellement sont toujours les bourgeons terminauxc'est-à-dire: ceux qui sont les plus éloignés du tronc familial (Gide, Faux-monn., 1925, p. 1051).
b) Tronc commun, ou absol., tronc. Portion qui est commune avant de se diviser. La première grande entreprise a été l'établissement d'un embranchement ferré, reliant le territoire de la ville nouvelle au tronc du Pacific-Railroad et tombant à la ville de Sacramento (Verne, 500 millions, 1879, p. 156).Selon que l'aiguille est ouverte ou fermée, le train [de wagonnets] qui vient du tronc commun s'engagera sur l'une ou l'autre des branches (Haton de La Goupillière, Exploitation mines, 1905, p. 694).
ÉDUC. Unification de l'enseignement portant sur un programme de base et qui est donné durant la période initiale d'un cycle d'étude à des élèves, à des étudiants, avant qu'intervienne une spécialisation. L'idée démocratique du tronc commun est apparue dans les projets de réforme de l'enseignement proposés après la seconde guerre mondiale (Coudray1973).
B. −
1. Partie moyenne du corps humain (formée par le thorax, l'abdomen et le bassin) reliée à la tête par le cou, et qui porte les membres. Synon. buste, torse.Tronc court, élancé, harmonieux; muscles du tronc; partie supérieure, inférieure du tronc. Sur le lit, le tronc nu sans scrupules étale Dans le plus complet abandon La secrète splendeur et la beauté fatale Dont la nature lui fit don (Baudel., Fl. du Mal, 1857, p. 198).Le longiligne est étroit dans l'ensemble, avec des membres très longs et un tronc démesurément court (Mounier, Traité caract., 1946, p. 216).
En compos. Ces personnes graves [des caissières], au sourire figé, immuable (...) n'ont pas besoin de jambes; des femmes-troncs (Arnoux, Zulma, 1960, p. 65).Actuellement la tendance est à l'exérèse limitée de l'organe cancéreux sans se lancer vers ces mutilations excessives qui aboutirent, voilà quelques années, à des « hommes-troncs » ou des femmes « exentérées » (R. Schwartz, Nouv. remèdes et mal. act., 1965, p. 178).
P. méton.
[À propos d'une pers.] Aussitôt entouré de tasses, de verres, et imbibé de café et de liqueurs et de bière, le glorieux tronc [un invalide cul-de-jatte] tout guilleret, tout branlant sur ses assises de poussah, racontait ses campagnes à la femme qui était venue s'asseoir à côté de lui (E. de Goncourt, Élisa, 1877, p. 112).
Reproduction d'un tronc humain. Tronc d'une marionnette, d'une poupée, d'une statue. Aidez-moi, (...) à fabriquer des pantins (...), vous me rendrez grand service en découpant des têtes, des bras, des jambes et des troncs sur les patrons que voici (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 180).
2. ZOOL. [Chez les vertébrés] Partie du corps sur laquelle se fixent la tête, les pattes et la queue. Ces guivres couvertes d'écailles, ces lézards au tronc hideux, ces chimères pleines d'angoisses, tous ces emblèmes du péché, de l'illusion et de la souffrance, vivaient avec moi d'une vie fatale, inerte, indestructible (Sand, Lélia, 1833, p. 182).
Vieilli. ,,Ensemble des sections céphaliques, thoraciques et abdominales d'un insecte`` (Séguy 1967).
3. ANAT. Partie d'une formation anatomique prise isolément sans ses branches et ses ramifications. Tronc aortique, artériel, collecteur, lymphatique, nerveux, vasculaire, veineux. Les canaux qui accompagnent les troncs bronchiques sont dilatés par la lymphe ou par des exsudats fibrineux (Nocard, Leclainche, Mal. microb. animaux, 1896, p. 242).
Tronc basilaire. Tronc artériel formé par la réunion des deux artères vertébrales au niveau du sillon bulbo-protubérentiel. [L'artère vertébrale] s'anastomose, sur la gouttière basilaire avec celle du côté opposé pour former le tronc basilaire (G. Gérard, Anat. hum., 1912, p. 448).
Tronc cérébral. Ensemble formé par le bulbe, la protubérance et le mésencéphale. On distingue les voies d'association médullaires, les voies d'association du tronc cérébral, c'est-à-dire de la zone comprise entre la moelle et le cerveau hémisphérique proprement dit, enfin les voies d'association du cerveau hémisphérique (Quillet Méd.1965, p. 323).
C. − GÉOM. Tronc de cône, de prisme, de pyramide. Partie d'un cône, d'un prisme ou d'une pyramide, comprise entre la base et une section plane parallèle à la base. Dans les tubes démontables, l'orifice est un tronc de cône creux appliqué sur les parois de cette cavité (Caillère, Hénin, Minér. argiles, 1963, p. 87).
Prononc. et Orth.: [tʀ ɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1155 trunc « corps d'un arbre, depuis la naissance des racines jusqu'aux branches » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 4649); 1176-81 tronc (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 3511); 1636 p. anal. tronc de colonne (Monet); 2. a) ca 1245 « origine commune à partir de laquelle s'opère une différenciation » ici « ligne principale d'une famille d'où sortent les autres » (Vie Edouard le Confesseur, éd. K. Y. Wallace, 3825); b) 1964 pédag. tronc commun (Le Monde, 20 mai ds Gilb. 1980); 3. 1314 anat. « partie principale d'un nerf, d'un vaisseau, qui se divise en plusieurs branches » (Henri de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos,398); 4. xves. [ms.] « sorte de boîte percée d'une fente où l'on dépose aumônes et offrandes dans les églises » (De Vita Christi, B. N. 181, fo101a ds Gdf. Compl.); 5. 1559 « partie du corps humain où sont fixés la tête et les membres » (Amyot, Pomp., 110 ds Littré); 1611 « corps d'un vertébré sans tête ni membre » (Cotgr.); 6. a) 1676 tronc du piedestal « partie du piédestal situé entre la base et la corniche » (Félibien, p. 763); b) 1876 géom. Tronc de cône. Tronc de pyramide triangulaire (Lar. 19e); 7. 1926 arg. « tête » (arg. des voyous ds Esn. 1966); cf. 1927 (Dussort, Preuves exist., dép. par Esnault, 1938, p. 81). Du lat. class. truncus « tronc d'arbre, souche ». Fréq. abs. littér.: 2 456. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 5 372, b) 3 246; xxes.: a) 2 643, b) 2 531.
DÉR. 1.
Tronchet, subst. masc.a) Gros billot de bois porté sur trois pieds servant à doler. (Dict. xixeet xxes.). b) Billot sur lequel est fixée la bigorne des orfèvres (Dict. xixeet xxes.). [tʀ ɔ ̃ ʃ ε]. Att. ds Ac. dep. 1762. − 1resattest. ca 1260 « billot » (Menestrel de Reims, 205 ds T.-L.), en partic. a) 1680 « gros billot de bois dont se servent les tonneliers » (Rich.), b) 1765 « billot sur lequel est fixée la bigorne » (Encyclop. t. 16); dimin. de tronc.
2.
Tronconique, adj.a) Qui constitue un tronc de cône. Pièce, segment tronconique. Si le damage est exécuté à la main, on met en place la forme tronconique du pourtour qui a reçu le nom de « manteau » ainsi que les broches en bois qui ménageront l'emplacement des tuyères (Barnerias, Aciéries, 1934, p. 209).b) Qui a la forme d'un tronc de cône. Son cigare tranché par la surprise, il en cracha le bout tronconique et mâchouillé qui lui restait entre les dents (Arnoux, Zulma, 1960, p. 307). [tʀ ɔ ̃kɔnik]. Att. ds Ac. 1935. 1reattest. 1872 (Littré); de tronc, de cône*, suff. -ique*.
BBG.Quem. DDL t. 15 (s.v. tronconique), 30.

Wiktionnaire

Nom commun

tronc \tʁɔ̃\ masculin

  1. (Botanique) (Foresterie) (Jardinage) Corps d’un arbre, tige considérée sans les branches.
    • Il n’y a pas jusqu’à ces pâles oliviers dont l’aspect n’ajoute à l’austérité du paysage. La plupart ont éclaté par le milieu, le tronc s’est effondré, l’arbre s’est séparé en morceaux […] — (Hippolyte Taine, Voyage en Italie, vol. 2, 1866)
    • On vient d’abattre à Lyon un platane géant. Cet arbre cubait près de 12 mètres et le tronc seul pesait 19540 kilogr. — (Bulletin de la Société royale forestière de Belgique, volume 15, 1908, page 224)
    • […] et déjà nous accostions à l’estacade du bois de la Chaise, un bois de pins tristes et d’yeuses superbes, aux troncs tordus, au feuillage presque noir. — (Octave Mirbeau, Notes de voyage, dans La Vache tachetée, 1918)
    • Constatez, docteur, la férocité inintelligente des propriétaires de cette forêt, voyez ces kilomètres d’abatis, sans un seul tronc debout… — (Charles Le Goffic, Brocéliande, avec la collaboration d’Auguste Dupouy, La Renaissance du Livre, 1932, p. 46)
  2. (Anatomie) Origine, partie principale d’un vaisseau, d’un nerf.
    • Le tronc d’une artère, d’une veine.
    • Tronc artériel, tronc veineux.
  3. (Anatomie) Partie principale du corps d’un homme, d’un animal, sans la tête ni les membres.
    • À ce tronc si court sont attachés des membres d’une longueur gigantesque : l’enjambée faite est ainsi profitable à une marche fort rapide […] — (Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Quelques Considérations sur la Girafe, 1827)
    • D’un coup de rasoir, je lui coupai la tête, et le tronc, d’où un flot de sang s’échappait, gigota quelques secondes sur le parquet. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
  4. (Géométrie) Partie comprise entre la base d’un cône, d’une pyramide, d’un prisme, et sa section par un plan.
    • Un tronc de cône, de pyramide.
  5. (Architecture) Fragment d’un fût de colonne.
    • Tronc de colonne,
  6. (Généalogie) (Figuré) Ligne directe des ascendants et des descendants, d’où partent les branches ou lignes collatérales.
    • Ces deux familles sont de deux branches qui sortent du même tronc.
  7. (Religion) Boîte, coffre de bois ou de métal posé ordinairement dans les églises et qui possède une fente pour recevoir l’argent des aumônes.
    • Cependant le nommé Ignace Mélisse étoit accusé, le 26 mai, devant la cour d'assises de l'Ain, d'avoir volé, à l'aide d'une baguette imprégnée de glu , l'argent qui se trouvoit dans le tronc de l'église de Saint-André-de-Corcy. — (L'Ami de la religion et du roi: journal ecclésiastique, politique et littéraire, du samedi 13 juin 1835, p.582)
    • Nous voilà rendus aux jésuites,
      Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
      Il va pleuvoir des eaux bénites,
      Les troncs vont faire un argent fou.
      — (Jean-Baptiste Clément, La Semaine sanglante, 1871)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TRONC. (Le C ne se prononce pas.) n. m.
Corps d'un arbre, tige considérée sans les branches. Un tronc d'arbre. On a coupé toutes les branches, il ne reste plus que le tronc. Le tronc de cet arbre est creux. Le tronc est pourri. En termes d'Anatomie, il se dit de l'Origine, de la partie principale d'un vaisseau, d'un nerf. Le tronc d'une artère, d'une veine. Tronc artériel, tronc veineux. Il se dit aussi de la Partie principale du corps d'un homme, d'un animal, sans la tête ni les membres. Un cadavre dont il ne reste que le tronc. En termes de Géométrie, il se dit de la Partie comprise entre la base d'un cône, d'une pyramide, d'un prisme, et sa section par un plan. Un tronc de cône, de pyramide. En termes d'Architecture, Tronc de colonne, Fragment d'un fût de colonne.

TRONC se dit figurément, en termes de Généalogie, de la Ligne directe des ascendants et des descendants, d'où partent les branches ou lignes collatérales. Ces deux familles sont de deux branches qui sortent du même tronc.

TRONC désigne encore une Boîte, un coffre de bois ou de métal posé ordinairement dans les églises et qui a une fente pour recevoir l'argent des aumônes. Tronc pour les prisonniers, pour les enfants trouvés. Le tronc des pauvres. Mettre un tronc dans une église. Mettre une offrande dans le tronc. Vider le tronc.

Littré (1872-1877)

TRONC (tron ; le c ne se prononce jamais : un tron énorme ; c'est au XVIIe siècle la règle de Chifflet, Gramm. p. 208 ; au pluriel l's se lie : des tron-z énormes) s. m.
  • 1Le gros d'un arbre, le corps d'un arbre considéré sans les branches et sans les racines. Un tronc noueux. Qui diable vous a fait aussi vous aviser, à quarante-deux ans, de vous débaptiser, Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie [la Souche] Vous faire dans le monde un nom de seigneurie ? Molière, Éc. des f. I, 1. Moi ! je pourrais trahir le Dieu que j'aime ? J'adorerais un dieu sans force et sans vertu, Reste d'un tronc par les vents abattu ? Racine, Esth. II, 9. Près de Vitry, sur les bords de la Seine, il y a une couche épaisse de troncs d'arbres assez bien conservés, Brongniart, Traité de min. t. II, p. 33.

    Fig. Il y a des vices qui ne tiennent à nous que par d'autres, et qui, en ôtant le tronc, s'emportent comme des branches, Pascal, Pens. VI, 11, édit. HAVET.

    Fig. Il faut se tenir au tronc de l'arbre, il faut se tenir au parti le plus assuré.

  • 2 Terme de botanique. Partie principale de la tige des arbres dicotylédonés d'où partent les branches.
  • 3 Terme d'anatomie. La partie la plus considérable d'une artère, d'une veine, d'un nerf, celle qui n'a encore fourni aucune division. Tronc artériel. Tronc veineux.

    Tronc innominé ou brachio-céphalique, artère qui naît de la partie antérieure de la convexité de la crosse de l'aorte.

  • 4Buste du corps humain dont on a séparé la tête, les bras et les cuisses. On donne à ce héros [Pompée] la mer pour sépulture ; Et le tronc sur les flots roule dorénavant Au gré de la fortune, et de l'onde, et du vent, Corneille, Pomp. II, 2. Son corps [de Déiphobe] tout mutilé n'est plus qu'un tronc hideux, Delille, Én. VI.
  • 5En zoologie, chez les vertébrés, la partie principale du corps de l'animal, celle sur laquelle s'articulent les membres.

    Dans les insectes hexapodes, synonyme de thorax ou partie du corps comprise entre la tête et l'abdomen.

    Souche ou partie commune, plus ou moins vivante, sur laquelle sont insérés et réunis organiquement une multitude d'individus.

  • 6 Terme de vénerie. Ramure du cerf où sont attachés les andouillers
  • 7 Terme d'architecture. Tronc de colonne, partie inférieure du fût d'une colonne.
  • 8En géologie, ligne directe d'une même famille, d'où sortent les branches collatérales. Je ne vois rien en vous qu'un lâche, un imposteur… Et d'un tronc fort illustre une branche pourrie, Boileau, Sat. v. Les races provenant d'un tronc commun s'éloigneront d'autant plus de cette race primitive, qu'elles en auront été séparées plus anciennement, Buffon, Ois. t. XII, p. 233.
  • 9Petit coffre placé dans l'église, ordinairement auprès du bénitier, et aussi ailleurs, et scellé dans le mur, au haut duquel il y a seulement une petite fente pour y jeter les aumônes des personnes charitables ; le tronc d'église est primitivement un tronc d'arbre, dans lequel on a fait un creux ; ce creux est recouvert d'un couvercle. Vous dites qu'on a ouvert un tronc à Saint-Merri, Pascal, Prov. XVII. Croirait-on qu'il fut ordonné de mettre un tronc à toutes les églises d'Allemagne, pour recevoir des contributions volontaires [guerre contre les Turcs] ? c'est la première fois qu'on a demandé l'aumône pour faire la guerre, Voltaire, Ann. Emp. Rodolphe II, 1594. On a transporté dans les temples, en lui conservant son nom et sa forme, le tronc des primitives aumônes, Marchangy, Tristan le Voyag. XL.

    Fig. Voler le tronc des pauvres, faire des profits illégitimes aux dépens des nécessiteux.

    Il y avait des troncs semblables chez les Juifs dans le temple de Jérusalem. Lorsqu'ils voyaient qu'il y avait trop d'argent dans le tronc, le secrétaire du roi venait avec le pontife, et ils en tiraient et comptaient l'argent qui s'était trouvé dans la maison du Seigneur, Sacy, Bible, Rois, IV, XII, 10.

  • 10 Par analogie de forme, se dit d'ouvertures, de bouches où l'on met des écrits, des dénonciations. [à Venise] le tronc où tout délateur peut, à tous les moments, jeter avec un billet son accusation, Montesquieu, Esp. XI, 6.

HISTORIQUE

XIIe s. D'une espée forbie et blanche Estoit li pons sor l'eve froide ; Mais l'espée estoit fors et roide Et avoit deus lances de lonc ; De chasque part ot un grant tronc Où l'espée estoit cloffichiée, la Charrette, 3022. Les escus font et percier et troer… Et de lor lances firent les trons voler, Raoul de Camb. 271.

XIVe s. Laquel racine [grosse veine] gete un tronc, lequel tronc s'estent ou [au] foie, H. de Mondeville, f° 27, verso. Quant la pomme d'icelluy chou est ostée, l'en replante le tronc de ce chou, Ménagier, II, 5.

XVIe s. Mais luy, à tous les troncz il baisoit les reliques, et à chascun donnoit, Rabelais, Pant. II, 17. Lexive faite des cendres de troncs de febves, Paré, XV, 38. Les Egyptiens, ayans couppé la teste, en jetterent le tronc du corps [de Pompée] hors de la barque, Amyot, Pomp. 110. Des hauts pins esbranchés les tronches my cavées, Belleau, Poésies, t. I, p. 178, dans LACURNE. En succession venant du costé du troncque [le tronc de père et de mère]…, Coust. gén. t. II, p. 867.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

TRONC, s. m. (Bot.) Le tronc est la partie des plantes qui naît de la racine, & qui ordinairement soutient les feuilles, les fleurs, & les fruits ; on distingue deux sortes de tronc qui sont la tige & le chaume.

La tige est simple ou composée. La tige simple est celle qui se continue sans interruption depuis le bas de la plante jusqu’au haut ; elle est dénuée ou garnie de branches & de feuilles ; elle s’éleve droit ou obliquement, en s’entortillant, ou en se pliant ; elle se panche, elle retombe, ou elle rampe, ou elle pousse des sarmens ; elle est vivace, en arbrisseau, en sous-arbrisseau, ou annuelle ; elle est cylindrique, à deux angles, à trois angles, &c. à plusieurs angles ; elle est cannelée, en gouttiere, lisse, velue, raboteuse, ou hérissée de poils.

La tige branchue pousse des branches latérales qui montent, ou qui s’écartent ; elle a de grosses branches, quantité de petits rameaux ; elle porte des supports, ou elle est prolifique ; elle a d’ailleurs tous les attributs de la tige non branchue.

La tige composée est celle qui se perd en se ramifiant ; elle se divise en deux branches ; elle se partage en deux rangs de branches, ou elle se sous-divise.

Le chaume est une tige fistuleuse & garnie de feuilles, qui porte ordinairement des épis ou des panicules comme dans les graminées ; le chaume est entier, ou branchu, uniforme, articulé, écailleux, dénué ou garni de feuilles. flor. paris. Prodr.

Tronc, en Anatomie, signifie le buste du corps humain, à l’exclusion de la tête & des membres. Voyez Buste.

Tronc se dit aussi du corps principal d’une artere ou d’une veine, à la difference de ses branches & de ses rameaux. Voyez Veine & Artere.

Ce mot se dit particulierement de certaines parties de l’aorte & de la veine cave. Voyez les Planches anat. Voyez aussi Aorte & Veine cave.

Tronc, s. m. (Archit.) c’est le fût d’une colonne, & le dé d’un piédestal.

Tronc, (terme d’église.) coffre de bois ou de fer, fixé dans un endroit de l’église, & fermant à la clé ; le haut de ce coffre est fait en talud, ayant au milieu une fente pour recevoir les aumônes que les gens de bien donnent aux pauvres de la paroisse. Les trones furent établis en France dans les églises au commencement du xiij. siecle par Innocent III. afin que les fideles y pussent déposer leurs aumônes en tout tems.

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Étymologie de « tronc »

(XIIe siècle) Du latin truncus (« tronqué, tronc »).
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Picard, tronche ; provenç. tronc ; espagn. et ital. tronco ; du lat. truncus, qui vient de l'adj. truncus, coupé, tronqué.

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Phonétique du mot « tronc »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tronc trɔ̃

Citations contenant le mot « tronc »

  • On demande homme-tronc pour fondation arbre généalogique. De Pierre Dac
  • Un paysan, c'est un tronc d'arbre qui se déplace. De Jules Renard
  • Un tronc qui reste dix ans dans le fleuve ne devient pas crocodile. De Proverbe sénégalais
  • Couteau qui ne fait pas le tour du tronc n’emporte pas le chou. De Proverbe français
  • L'arbre qui nait tordu ne redresse jamais son tronc. De Zoé Valdés / La Douleur du dollar
  • L'énergie déborde des êtres comme les larmes de résine perlent du tronc du pin. De Sylvain Tesson / Petit traité sur l’immensité du monde
  • Et l'on devrait rendre obligatoire Par arrêté municipal L'usage de la femme-tronc pour les pauvres. De Boris Vian / Barnum's Digest
  • J’ai cru que c’était un figuier plein de figues, alors que c’était un tronc plein de moustiques. De Proverbe algérien
  • La science est le tronc d'un baobab, qu'une seule personne ne peut embrasser. De René Trautmann / Littérature Populaire à la Côte-des-Esclaves
  • Sur quelque arbre que ton père soit monté, si tu ne peux grimper, mets au moins la main sur le tronc. De Proverbe africain
  • Couper le tronc, les branches, les feuilles d'un arbre est chose aisée, tandis que la destruction des racines requiert de la patience. De Jean-Marie Adiaffi / La Carte d'identité
  • L'oiseau qui n'a jamais quitté son tronc d'arbre, ne peut savoir qu'ailleurs il y a du millet. De Ahmadou Kourouma / En attendant le vote des bêtes sauvages
  • Peu avant sa mort, on lui dit : Mon cher Maître, vous êtes solide comme un chêne. Il répondit : Pour le tronc, ça va ; c'est le gland qui m'inquiète ! De Théophile Gautier
  • S'ils en existent qui ne rêvent que d'être Blancs, l'avenir se chargera de leur faire comprendre que "le séjour dans l'eau ne transforme pas un tronc d'arbre en crocodile". De Seydou Badian / Sous l'orage
  • Les plaisanciers utilisent l'étoile polaire, les bûcherons repèrent le nord grâce au lichen sur les troncs et les citadins savent où est le sud en repérant l'orientation des antennes paraboliques sur les balcons. De Alain Dautrat / Pensées de sel
  • Un bûcheron de 50 ans a reçu un tronc d'arbre sur le pied, vendredi 17 juillet 2020 vers 15h30 à Lammerville (Seine-Maritime). Les pompiers et le Samu sont intervenus sur place pour le dégager. L'hélicoptère Viking du Samu a aussi été mobilisé pour l'évacuer d'urgence vers l'hôpital. En fin d'après-midi, la gravité de ses blessures n'était pas connue. tendanceouest.com, Lammerville. Un bûcheron se retrouve le pied coincé sous un tronc d'arbre
  • Vers 1h30, une première victime a été prise en charge rue de la Concorde, dans le secteur Matabiau, après avoir été transpercée par une lame au niveau du tronc. Les circonstances de l'agression restent pour l'heure indéterminée. Les sapeurs-pompiers et le Smur sont rapidement intervenus sur place avant de prodiguer les premiers soins à l'homme de 26 ans, puis de le transporter dans un état grave au CHU Rangueil. ladepeche.fr, Deux agressions à l'arme blanche dans le centre-ville de Toulouse cette nuit - ladepeche.fr
  • Lancer de tronc, course de buffles ou encore “calcio storico”, sorte de rugby florentin qui remonte au XVIe siècle : la série documentaire “Sports d’ailleurs”, sur Netflix, s’intéresse à huit disciplines très particulières. Au-delà de la curiosité des règles, la série documentaire met en lumière l’héritage culturel attaché à ces pratiques ancestrales. Télérama, “Sports d’ailleurs” sur Netflix : prêts pour le lancer de tronc ou le catch fétiche ?
  • C’est un arbre à croissance assez rapide qui peut atteindre de 7 à 8 mètres de hauteur dès l’âge de 20 ans. Il développe ensuite une cime étalée qui lui permet d’atteindre au maximum 15 à 20 mètres. Son tronc est recouvert d’une écorce crevassée ou en écailles. The Conversation, Quel est cet arbre dans ma ville ? Le catalpa commun, l’arbre des Indiens Cherokee

Images d'illustration du mot « tronc »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « tronc »

Langue Traduction
Anglais trunk
Espagnol maletero
Italien tronco
Allemand kofferraum
Chinois 树干
Arabe جذع
Portugais tronco
Russe ствол
Japonais トランク
Basque enbor
Corse u troncu
Source : Google Translate API

Synonymes de « tronc »

Source : synonymes de tronc sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « tronc »

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