La langue française

Bassin

Définitions du mot « bassin »

Trésor de la Langue Française informatisé

BASSIN1, subst. masc.

I.− Récipient portatif à fond plat et bords relevés, de forme ronde ou ovale et de dimensions variables, le plus souvent destiné à contenir un liquide.
A.− Ustensile de cuisine sans manche, de moyenne profondeur, généralement en métal et utilisé pour cuire ou laver. Bassin de cuivre, de zinc. Synon. bassine :
1. Madame Morin me lava avec une grosse éponge dans un bassin de cuivre. Cela fait songer aux vieilles peintures qui représentent la nativité de Marie. Mais, à vrai dire, je fus trempé dans un chaudron à faire les confitures. A. France, Le Petit Pierre,1918, p. 7.
P. méton. Le contenu de ce bassin :
2. Quand l'écume point, il retire le tout du feu, le jette dans un drap solide, l'exprime à son tour à chaud au-dessus d'un bassin d'eau froide, entre deux bâtons épais. Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 47.
P. ext. Plat creux servant à présenter un dessert :
3. La chanteuse portait des deux mains, un grand bassin de porcelaine, plein jusqu'au bord, d'oranges de la Chine, confites; ... Bourges, Le Crépuscule des dieux,1884, p. 311.
Spéc., BOULANGERIE. Grande casserole à queue utilisée autrefois par les boulangers.
B.− Accessoire pour les ablutions, la toilette, la lessive (cf. aiguière ex. 1) :
4. Une grande armoire, adossée au mur en face, une table recouverte d'une serviette, avec dessus un bassin en émail blanc, un peigne, une brosse, du savon sur une soucoupe; et, sous la table, un broc d'eau et un seau en émail bleu. Simenon, Les Vacances de Maigret,1948, p. 93.
5. ... le premier de ces établissements possède des éléments d'un « déjeuner » en vermeil du roi de Rome, par Biennais, ainsi que le bassin et son trépied, également en vermeil, ciselés par les frères Mandredini, de Milan, ... S. Grandjean, L'Orfèvr. du XIXes. en Europe,1962, p. 116.
Rem. dans l'ex. 4 bassin est synon. de cuvette*.
1. P. ext., rare. Grande cuve tenant lieu de baignoire :
6. Quelquefois, lorsqu'elle est sortie de son bassin de zinc, vêtue de sa peau toute seule, − une peau sans poils et douce que je lèche avec respect, − elle ne remet pas tout de suite ses peaux de linge et d'étoffe. Colette, Sept dialogues de bêtes,1905, p. 16.
2. Spéc. Bassin oculaire (vx). ,,Petit vase de forme ovale dont on se sert pour se baigner l'œil`` (Ac. 1835). Bassin à barbe; bassin de barbier. Plat à bord échancré utilisé pour délayer le savon. Bassin ou plus rarement plat-bassin. Récipient utilisé par les malades pour aller à la selle. Aller au bassin (Ac. 1798-1878). Synon. vx bassin de garde-robe (Ac. 1798-1932, Guérin 1892, DG et Quillet 1965).
P. anal., rare. Caisse ou bac aménagé pour les besoins d'un animal :
7. Elle coucha dans un panier, se confia au bassin de sciure comme un chat bien appris, et quand je m'étendis dans l'eau tiède, sa tête rieuse et terrible parut, avec deux pattes, au rebord de la baignoire... Colette, La Maison de Claudine,1922, p. 228.
C.− Vase ou plat, généralement de métal précieux, utilisé lors de cérémonies religieuses ou rituelles. Bassin d'argent, d'or :
8. ... je me suis attardé dans la chapelle de Mithra, j'ai regardé (...), la pierre ronde où s'appuyait la tête du taureau à qui l'on tranchait la gorge, le petit bassin qui recueillait le sang. Green, Journal,1935, p. 15.
P. méton. Le contenu de ce bassin :
9. Soudain un des jongleurs, les bras tendus vers le lac, s'écrie : « Divinité de la vengeance, est-ce toi qui sors de l'abîme avec cet orage? Oui, tu viens : reçois nos vœux! » Le jongleur lance une vipère dans les flots; un autre prêtre répand le bassin de sang sur le feu : une triple nuit s'étend sous les voûtes. Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 485.
Spéc. Récipient servant à recueillir les offrandes. Bassin à aumônes.
Au fig. Cracher au bassin. Synon. cracher au bassinet.
D.− [P. anal. de forme]
1. BOT., rare. Bassin d'or ou bassinet. Synon. bouton d'or :
10. ... faites-moi respirer du lointain de votre adolescence ces fleurs des printemps que j'ai traversés moi aussi il y a bien des années. Venez avec la primevère, la barbe de chanoine, le bassin d'or, ... Proust, Du côté de chez Swann,1913, p. 126.
2. TECHNOLOGIE
a) Bassin de balance. Synon. de plateau* de balance.
P. métaph. :
11. J'accorde que les idées mystiques et extraordinaires puissent quelquefois mener à d'importantes découvertes : il faut aussi mettre dans l'autre bassin de la balance les inconvénients qui peuvent en résulter. J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg,t. 2, 1821, p. 261.
12. Tant que l'homme est opposé à l'homme, la propriété fait contrepoids à la propriété, et les deux forces s'équilibrent : dès que l'homme est isolé, c'est-à-dire opposé à la société que lui-même il représente, la jurisprudence est en défaut, Thémis a perdu un bassin de sa balance. Proudhon, Qu'est-ce que la propriété?1840, p. 182.
b) HORTIC. Bac utilisé pour la culture des fleurs ou des arbustes.
c) CÉRAM., MÉTALL., VERRERIE. Partie d'un four servant de réceptacle à une matière en fusion. Four à bassin; bassin de coulée. CHAPELLERIE, vx. Plaque de métal utilisée pour donner leur forme aux chapeaux. OPT. Outil sphérique servant à tailler les verres de lunettes.
II.− P. ext. Construction, excavation ou réservoir naturel destiné à recueillir ou retenir de l'eau dans un but ornemental ou utilitaire.
A.− Ouvrage ornemental de pierre, de marbre, parfois petit étang, tenant lieu de pièce d'eau ou de réceptacle aux eaux d'une fontaine, d'un jet d'eau. Bassin de fontaine; fontaine à bassin :
13. L'allée des tilleuls s'interrompait, au niveau du rond-point occupé par le grand bassin au milieu duquel s'élevait un groupe de tritons et de néréides soufflant dans leurs conques pour former, lorsque jouaient les eaux, un diadème liquide, aux fleurons d'écume. A. France, Le Lys rouge,1894, p. 329.
Spéc. [À l'entrée ou dans un édifice relig.] Petite pièce d'eau servant aux ablutions, aux cérémonies purificatoires (cf. piscine) :
14. Les marbres les plus précieux étaient employés au pavé et à la décoration du bassin central [des baptistères], dans lequel descendaient les catéchumènes. A. Lenoir, Archit. monastique,t. 1, 1852, p. 103.
P. métaph. :
15. Je relis les caractères de La Bruyère. Si claire est l'eau de ces bassins, qu'il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur. Gide, Journal,1926, p. 826.
Au fig., loc. vieilli. Tomber dans le bassin. Prendre fin brusquement. Faire des ronds dans les bassins. Passer son temps à faire des choses vaines :
16. Je ne suis qu'un viveur lunaire Qui fait des ronds dans les bassins, Et cela, sans autre dessein Que devenir un légendaire. Laforgue, L'Imitation de Notre-Dame la Lune,Locutions des Pierrots, 1886, p. 247.
B.− Ouvrage ou cavité naturelle tenant lieu de réservoir pour l'utilisation ou le traitement de l'eau.
1. [Pour l'alim., l'élev., l'irrigation, l'industr., etc.] Bassin d'irrigation, d'alevinage, d'épuration, de décantation, de retenue; bassin régulateur.
2. Spéc. [Pour la natation] Bassin de natation ou, p. ell., bassin. Grand, petit bassin (cf. piscine).
3. Emplois techn.
a) MAÇONN. Espace entouré de sable où les maçons détrempent la chaux.
b) SAL. Bassin ou bassin de repos. Espace entouré de terre ou de maçonnerie où le sel se dépose par évaporation de l'eau.
c) TANN. Bassin ou bassin de trempe. Cuve où les peaux sont baignées dans le tannin.
C.− [Dans un port fluvial ou mar.] Enceinte aménagée pour recevoir les bateaux.
1. [Pour les opérations de chargement et de déchargement] Bassin de mouillage, de marée :
17. Boulogne fut mis à même de recueillir à lui seul plus de deux mille bâtiments de diverses espèces. Outre son port naturel, on y obtint un bassin artificiel à l'aide d'un barrage fermé au milieu par une écluse de vingt-quatre pieds de largeur. Ce bassin reçut huit ou neuf cents bâtiments toujours à flot et en constant état d'appareillage; ... Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 2, 1823, p. 258.
P. métaph. :
18. ... il y eut un moment où l'on crut réellement (...) où l'on crut tout de bon qu'on entrait à pleines voiles dans un second bassin politique, dans la seconde période toute libérale de l'Empire. Sainte-Beuve, Premiers lundis,t. 3, 1869, p. 254.
Spéc. Bassin en eau profonde. Plan d'eau creusé à une profondeur telle que les paquebots ou les navires ayant un grand tirant d'eau puissent accoster même à marée basse. Bassin à flot. [Dans les ports à marée] Enceinte accessible à haute mer et qui, fermée par des portes étanches, garde un niveau d'eau à peu près constant. Bassin ouvert. [Dans les ports fluviaux ou sans marée] Enceinte spécialisée accessible directement. Synon. darse.
2. [Pour la constr. ou la réparation des bateaux] Bassin de calfatage, de carénage, de construction, d'échouage, de radoub.
Spéc., MÉCAN. Bassin de carène; bassin d'essai de carène. [Dans un laboratoire d'hydrodynamique] Petit plan d'eau où sont vérifiés expérimentalement les tracés de coque (d'apr. Gruss 1952).
III.− P. anal.
A.− Partie de l'écorce terrestre en forme de cavité ou de dépression.
1. Cavité creusée dans le sol par l'érosion des eaux, des glaces ou par l'action volcanique :
19. Les montagnards suivant une tradition immémoriale, appellent ces bassins gigantesques des « oulés », c'est-à-dire pots, marmites : ce qui ramène bien l'idée de bouillonnements formidables ayant empli ces cuves de granit... Pesquidoux, Le Livre de raison,1925, p. 175.
En partic. Espace creusé à la confluence des eaux d'un torrent des neiges d'un glacier. Bassin collecteur, fermé; bassin de réception.
P. métaph. :
20. Dans la bulle d'Innocent X contre Jansénius (1653), il n'y a que cinq propositions condamnées; dans la bulle de Clément XI contre Quesnel, il y en aura cent et une. On dirait d'une chute d'eau qui se brise et s'épand à la seconde cascade : c'est bien comme dans les cascades où le volume se multiplie en tombant. Nous ne nous embarquerons pas dans ce second bassin du jansénisme; ... Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 100.
2. Partie élargie du lit d'un cours d'eau :
21. Par le rajeunissement du relief qui a été la conséquence de ces révolutions, un nouveau creusement de vallées a commencé; une nouvelle impulsion a été imprimée à toutes les forces vives des eaux; elles ont taillé des bassins, formé des lacs; ... Vidal de La Blache, Tabl. de la géogr. de la France,1908, p. 287.
Spéc., p. ext. Portion de territoire où s'alimente un cours d'eau, un lac ou une mer et dont la limite est la ligne de partage des eaux. Bassin fluvial, hydrographique, lacustre; bassin d'une mer.
P. métaph. :
22. Le peuple avait coulé tout entier comme un fleuve. Voilà ce qui restait de cette race neuve Dont le bassin du monde avait été rempli! Lamartine, La Chute d'un ange,2eVision, 1838, p. 1015.
3. GÉOL. Vaste dépression immergée, ou dont la mer s'est retirée, et constituant une unité géologique. Bassin aquitain, parisien.
P. ext. Région formant une unité par les ressources de son sous-sol. Bassin charbonnier, houiller, minier, pétrolifère, sidérurgique; bassin de potasse :
23. Comme type de bassin houiller et industriel, éloigné de la mer, on pourrait choisir le bassin de Saint-Étienne, ou encore le bassin de Montceau-Blanzy avec le Creusot qui correspond à une étroite dépression entre les deux massifs de terrains anciens du Morvan et du Charolais. J. Brunhes, La Géogr. hum.,1942, p. 229.
P. métaph. :
24. Je savais très bien que mon cerveau était un riche bassin minier, où il y avait une étendue immense et fort diverse de gisements précieux. Mais aurais-je le temps de les exploiter? Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 1037.
P. méton. L'administration d'un bassin houiller :
25. ... je défalquais sur les 6 milliards : a) la valeur des propriétés fiscales du bassin houiller de la Sarre, qui seraient annexées à la France; ... Joffre, Mémoires,t. 2, 1931, p. 375.
P. anal. :
26. ... pour le lait lui-même, consommé à l'état frais la vitesse de transport reste un élément déterminant : elle impose des limites maximales à l'aire de ramassage qui s'établit autour d'une grande cité, aire qu'on a qualifiée de bassin laitier. M. Wolkowitsch, L'Élev. dans le monde,1966, p. 173.
B.− [Chez les vertébrés supérieurs et en partic. chez l'homme] Enceinte osseuse servant de base au tronc et d'appui aux membres inférieurs. Synon. ceinture pelvienne.Le grand, le petit bassin; les os, les muscles du bassin; une fracture du bassin.
P. méton. euphémique. La partie inférieure du tronc :
27. Poussive, hissant avec peine son bassin énorme, la mère Lachaume gravit l'escalier du métro, émergea dans la cour de la gare. Druon, Les Grandes familles,t. 1, 1948, p. 27.
28. Mais après les merveilles Qui n'ont pas de pareilles De l'épaule et du sein, Faut sur un autre mode Dresser une belle ode Au glorieux bassin. Verlaine, Odes en son honneur,1893, p. 17.
Prononc. : [basε ̃]. Enq. : /basẽ.
Étymol. ET HIST. − 1. 1165-70 « récipient portatif creux » (B. de Ste Maure, Troie, éd. L. Constans, Paris, 1908 t. 4, 26096 : Or e argent, pailes e dras, Bacins e copes e henas); 1360 bacin a aumône (Inv. de Louis d'Anjou, 624 dans Gay : Un très grand bacin d'argent blanc et y a 4 grans ances, dont chascun tient à 2 testes de lyon, et est à mettre l'aumosne de la salle, et doit seoir sur un pié de fer, et poise 182 m. 50); d'où fig. xvies., cracher au bassin « donner de l'argent » (Monluc, Commentaires L VII dans Hug. : Je pouvois aussi dire aux Huguenots [...] que, s'ilz ne crachoient au bassin, je les ferois tous ruyner. Combien m'en eussent-ilz donné pour estre asseurés de leurs vies et biens); 1363 bacin a barbier (Inv. du duc de Norm. dans Gay : Un bacin à barbier d'argent blanc et est semé de clos d'argent sur le bort et poise 10 m. 6 1/2, o.); 1387 bacin de chaise (Cpte roy. Laborde, voBacin, ibid. : A Clément de Messy, chauderonnier, demeurant à Paris, pour ... 2 bacins de leitton pour mettre dessoubz la chaiere de retrait du roy, 32 s. p.); 1591 bacin a cracher (3eCpte roy. de P. de Labrouyere, fo136 vo, ibid. : Ung petit bassin d'argent à cracher, pes 1/2 m. 12 esc.); 2. p. ext. 1539 « construction ordinairement en pierre, pour recevoir l'eau » (Est. : Le bassin d'une fontaine, crater); p. anal. 3. 1546 anat. « ceinture osseuse qui forme la base du tronc » (Ch. Estienne, Dissect. des Parties du corps, 29, 3 dans Quem. : le creux et capacité des os des flancs [...] comme d'ung bassin dans lequel sont posez et assiz les boyaulx); 4. xvies. géogr. « région où un fleuve a son cours » (M. du Bellay, 376 dans Littré : La Durance a naturellement son bassin et cours incertain); 5. 1683 mar. (Guillet dans Jal1: Bassin, Chambre ou Darsine, est un petit port particulier pratiqué dans un plus grand, soit pour la commodité du radoub, soit parce que le fond ou l'abry y sont meilleurs). Du lat. vulg. baccinus (issu du b. lat. bacchinon « bassin » : vies. Grégoire de Tours, Franc. 9, 28 dans TLL s.v., 1662, 10), vie-ixes., Capit. reg. Franc., 128, 30 dans Mittellat. W. s.v., 1307, 21, de même orig. que bac*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1 509. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 975, b) 2 032; xxes. : a) 1 844, b) 1 680.
BBG. − Duch. 1967, § 63. − Gottsch. Redens. 1930, p. 349. − Rommel (A.). Die Entstehung des klassischen französischen Gartens im Spiegel der Sprache. Berlin, 1954, p. 48, 58, 67. − Wartburg (W. von). Französisch bassin. Z. rom. Philol. 1955, t. 71, p. 448.

BASSIN2, subst.

Fam. Personne qui agace son entourage par des propos oiseux. Synon. bassinoire2:
1. Il [le père Blanchot] pontifie, il mâche ses paroles avec enthousiasme, (...); quel vieux bassin! En voilà pour une heure! Il va nous poser des questions idiotes... Colette, Claudine à l'école,1900, p. 147.
Emploi adj. :
2. Aux confidences sur ses émotions de jeune fille succédèrent des confidences plus intimes sur son mari. Elle me les fit complètes, (...) elle me demandait en réclamant une approbation : « Est-il bassin? ... Dis-moi, est-il bassin? ... Crois-tu qu'il m'a rasée... Hein? ... » Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Cri d'alarme, 1886, p. 1061.
P. ext., rare. [À propos d'un événement] Contrariant, ennuyeux.
Prononc. : [basε ̃].
Étymol. ET HIST. − 1858 (L. Larchey, Les Excentricités de la lang. fr. en 1860, p. 377 : bassin et bassinoire servent à désigner un facheux et un importun). Déverbal de bassiner2*.
BBG. − Rog. 1965, p. 83. − Sain. Lang. par. 1920, p. 369.

Wiktionnaire

Nom commun

bassin \ba.sɛ̃\ masculin

  1. (Anatomie) Grande cavité osseuse qui forme la base du tronc et sert de point d’attache aux membres inférieurs.
    • Cette dame s’est fracturé le bassin.
    • Là où, par exemple, on tient à mettre en valeur les caractères gynoïdes de la taille et du bassin (comme dans la littérature au tournant du XXe siècle), on va privilégier les vertugadins, les crinolines, les tournures et les corsets, lesquels vont finir par reconfigurer les corps en retour. — (Gaétan Brulotte, Œuvres de chair : figures du discours érotique, Presses de l’Université Laval, 1998, p. 453)
  2. Récipient ménager ressemblant à un grand plat creux et de forme ronde ou ovale.
    • On leur donna ensuite à laver dans un bassin d’or garni d’émeraudes et de rubis. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée XVIII, L’Ermite, 1748)
    • Quand nous eûmes pris la délicieuse boisson, l’hôtesse nous apporta de l’eau dans un bassin en fer, pour nos ablutions […] — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, E. Plon & Cie, Paris, 1883, p. 95)
  3. Les bassins d’une balance : (Par extension) Ses deux plateaux.
  4. (Religion) Plat où l’on reçoit les offrandes à la messe.
    • Il mit quelques pièces de monnaie dans le bassin.
  5. (Médecine) Vase à l’usage des malades pour recueillir les selles.
    • Un jour, ma femme à moi aussi me regardera de ses yeux consternés ; je souffrirai d’un cancer ou bien je serai estropié. Rien à faire ! Je perdrai toute tenue, je me dégonflerai, sans compter les mille petites misères qui fondent sur les malades et sur les morts : faire sur un bassin, ne plus dominer son sphincter, sentir mauvais, se liquéfier. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 112.)
    • […], il s'est réveillé et m'a demandé de lui passer le bassin. Histoire d'être un peu gentille, je lui ai dit : « C'est bien la première fois que je vois un nouveau-né réclamer le bassin. » Il m'a répondu : « C'est le cerveau qui commande le cul. Avec un cerveau comme le mien, vous ne voudriez pas que je me conchiasse !... »
      Il a de ces réparties !... J'en suis restée bouche bée — mon bassin à la main.
      — (Pierre-Maurice Richard, Eugène, une fantaisie de la nature, Éditions Londreys, 1989, chap. 4)
  6. (Architecture) Pièce d’eau, ordinairement bordée de pierre ou de marbre.
    • Soudain, au bord du bassin, nous vîmes un petit chat qui buvait. Nous nous dissimulâmes derrière une touffe de seringas. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • Elle se redressa, longea le bassin qui se dressait au milieu du jardin, prit de l’eau dans ses mains et la porta à ses yeux pour cacher les traces de ses larmes. — (Out-el-Kouloub, « Zaheira », dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
    • Bassin d’arrosage, de pisciculture, de décantation.
  7. (Océanographie) Zone océanique profonde.
    • Il [l’océan Indien] peut-être [sic] grossièrement divisé en deux parties principales, de part et d’autre de l’affleurement des Chagos et des Maldives, le long de 72°E (figure 45). La partie occidentale regroupe la mer d’Arabie, le bassin de Somalie, le bassin des Mascareignes (entre Madagascar et la ride joignant les Seychelles à l’Ile [sic] Maurice et la Réunion), et le canal de Mozambique. La partie orientale, la plus vaste, comprend le golfe du Bengale, le bassin de l’océan Indien central, le bassin des Cocos, le bassin Wharton et le bassin nord-australien, entre l’Australie et les Îles de la Sonde. — (Bernard Stéquert, ‎Francis Marsac, La Pêche de surface des thonidés tropicaux dans l’océan Indien, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome, 1986)
    • Bassin océanique : Voir BASSIN d). — (Bassin océanique, Dictionnaire hydrographique (S-32) de l’Organisation hydrographique internationale (OHI), 2010)
  8. (Géographie) Zone géographique en dépression.
    • Comme héritier de sa mère, Agnès de Bar, fille du comte Renault et épouse du comte Albert de Chiny, l’évêque Arnoul avait aussi des droits territoriaux dans le bassin de l’Aire et sur les coteaux argonnais. — (Jean François Louis Jeantin, Histoire de Montmedy et des localités meusiennes, Manuel de la Meuse, partie 1, 1861, p. 238)
    • Ici même, sur ce dernier ourlet du plateau de Lorette, qui commande le plaine de Douai-Liévin et le bassin de Lens […] la lutte fut infernale. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p. 199)
    • Il s’agit d’un système d’information transnational de crues mis en place dans les bassins de la Moselle, de la Nahe et, pour partie, de celui du Rhin (environ 55 000 km²). — (Examens environnementaux de l’OCDE : Luxembourg, OCDE, 2010, page 198)
    • Bassin : […]c) Ensemble de la zone contribuant à l’alimentation d’une rivière, d’un lac, d’un réseau de drainage. On dit aussi bassin hydrographique, bassin fluvial et bassin versant.
      d) Dépression de forme générale plus ou moins arrondie et d’étendue variable.
      — (Bassin, Dictionnaire hydrographique (S-32) de l’Organisation hydrographique internationale (OHI), 2010)
  9. (Géographie) Région socio-économique, groupement de ressources.
    • Le bassin houiller du Nord.
  10. (Démographie) Définition manquante ou à compléter. (Ajouter)
    • Bassin de population, d’emploi.
    • Le bassin d’emploi de Montbéliard se confond de plus en plus avec celui de Belfort.
  11. (Marine) Lieu où les bâtiments jettent l’ancre. Grande enceinte pratiquée dans un port à marée, dans un havre, et fermée par des portes ou des vannes, pour que l’eau ne s’en écoule pas et maintienne toujours à flot un certain nombre de bâtiments.
    • Voici le service du steamer : Il sortira du bassin chaque jour à la marée descendante, et se rendra sur le point d'arrivée des cutters; là il recevra toutes les pêches , comme il est dit plus haut; […]. — (D. Allègre, « De la pêche dans le bassin et sur la côte extérieure d'Arcachon », dans les Actes de l'Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, 3e année, 1er trimestre, Bordeaux, chez Honoré Gazay, 1841, p. 627)
    • Bassin : a) Étendue d’eau abritée, servant aux opérations portuaires, en communication soit avec la mer, soit avec un Avant-port, soit avec un autre bassin, parfois par l’intermédiaire d’une écluse.
      ) Abréviation de bassin de radoub (cale sèche).
      […] — (Bassin, Dictionnaire hydrographique (S-32) de l’Organisation hydrographique internationale (OHI), 2010)
    • Ce port est bon, mais son bassin est très petit.
    • Les bassins du Havre.
    • Bassin à flot : Bassin fermé par une écluse qui maintient constante la hauteur de l’eau.
    • Bassin de marée : Où la hauteur d’eau est soumise au flot et au jusant.
    • Bassin naturel, artificiel, de calfatage, d’échouage, de radoub, de carénage.
  12. (Belgique) (Par extension) Piscine.
    • Je vais au bassin (de natation) avec l’école demain.

Adjectif

bassin \Prononciation ?\

  1. (argot parisien, début du XXe siècle) Ennuyeux.
    • Mon petit Toby, tu es bassin. — (Colette, Dialogues de bêtes, Le voyage)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BASSIN. n. m.
Grand plat creux et de forme ronde ou ovale. Bassin de cuivre, d'argent, de vermeil. Bassin de faïence. Bassin de porcelaine. Bassin à laver les mains. Il se dit aussi du Plat où l'on reçoit les offrandes à la messe. Il mit quelques pièces de monnaie dans le bassin. Bassin à barbe, Bassin dont le bord est échancré d'un côté et dans lequel on met de l'eau pour se faire la barbe. On dit plutôt Plat à barbe. Bassin de garde-robe, ou simplement Bassin, Vase destiné à recevoir les déjections. Le malade demande le bassin. Passer le bassin à un malade. Les bassins d'une balance, Les deux plateaux d'une balance. Par analogie, en termes de Jardinage, il se dit d'une Pièce d'eau, ordinairement bordée de pierre ou de marbre. Le grand bassin des Tuileries. Bassin de fontaine, Réservoir en forme de bassin, qui reçoit les eaux d'une fontaine. En termes de Marine, il signifie Lieu où les bâtiments jettent l'ancre. Ce port est bon, mais le bassin en est petit. Il se dit aussi d'une Grande enceinte pratiquée dans un port à marée, dans un havre, et fermée par des portes ou des vannes, pour que l'eau ne s'en écoule point et tienne toujours à flot un certain nombre de bâtiments. Les bassins du Havre. Le grand, le petit bassin. Ouvrir, fermer les bassins. Bassin de construction, Ouvrage d'architecture nautique destiné à la construction et à la réparation des navires et aussi à les recevoir à flot. Les bassins de construction de Toulon. En termes de Géographie, Bassin d'un fleuve, Territoire arrosé par un fleuve et par ses affluents, depuis sa source jusqu'à son embouchure. Le bassin de la Seine, de la Loire, etc. Le bassin de la mer Noire, de la mer Caspienne, etc. L'espace arrosé par tous les cours d'eau qui s'y jettent. Il se dit, par extension, d'une Vaste plaine entourée de montagnes ou de collines élevées. Cette ville est au centre d'un magnifique bassin, d'un riche bassin. Le bassin houiller du Nord de la France. En termes d'Anatomie, il se dit de la Grande cavité osseuse qui forme la base du trône et sert de point d'attache aux membres inférieurs. Le bassin est plus large chez la femme que chez l'homme.

Littré (1872-1877)

BASSIN (ba-sin) s. m.
  • 1Grand plat creux. Bassin à laver les mains, à laver les pieds. Claire comme un bassin, nette comme un denier, Régnier, Sat. X. Dans la tente d'Achille, il y a des bassins, des broches, des vases, Chateaubriand, Génie, II, II, 11.

    Bassin à barbe, plat creux avec une gorge dont on se sert pour faire la barbe.

    Bassin, espèce de plat creux et rembourré que l'on passe sous les malades qui ne peuvent se lever, pour qu'ils aillent du ventre.

    Bassin magique, bassin dont certains sorciers se servent pour leurs prétendues prédictions.

  • 2Ce qu'un bassin contient. Un bassin d'oranges.
  • 3Bassins de balance, les deux plateaux d'une balance.

    Fig. Outre la moitié de sa raison, l'homme met de plus dans le bassin de Dieu tout le poids de son cœur, Chateaubriand, Génie, I, VI, 5.

    En termes d'astronomie, les Bassins, deux grandes étoiles de la Balance.

  • 4Plat où l'on reçoit les offrandes à la messe. Il mit quelques pièces de monnaie dans le bassin.

    Locution populaire. Cracher au bassin, cracher dans le bassin, faire un déboursé.

  • 5Grand vase à mettre de l'eau, cuve, baignoire. Bassin de marbre. Petit bassin.
  • 6Réservoir d'eau. Bassin de bains publics. Bassin pour une naumachie.

    Pièce d'eau dans un jardin, dans un parc.

    Fossé qui a de l'eau, autour d'une ville.

    Par extension. Le bassin de la mer.

  • 7Endroit d'un port où les vaisseaux sont à flot et à l'abri des agitations de la mer.

    Partie d'une rivière, d'un canal, qui est comprise entre deux ponts dans une ville.

  • 8 Terme de géographie. Espace au fond duquel coule un fleuve, et dont toutes les pentes sont dirigées vers ce fleuve. Le bassin de la Seine.

    Plaine entourée de montagnes, de collines. Cette ville est située dans un magnifique bassin. Vous préférez les bords de la Seine au beau bassin de nos Alpes, Voltaire, Lett. Cideville, 4 janv. 1761. Il fait un temps assez doux dans notre bassin, entre les Alpes et le mont Jura, Voltaire, Lett. d'Argental, 19 déc. 1764.

  • 9 Terme de géologie. Dépression à la surface du sol, vers le centre de laquelle coulent et convergent des eaux.

    Certain massif de couches ou réunions de terrains qui déterminent le caractère d'une contrée.

    Ensemble de couches qui remplissent une cavité ou dépression.

  • 10 Terme d'anatomie. Canal courbe, à parois osseuses, qui, terminant inférieurement le tronc, lui sert de base, et qui fournit un point d'appui aux membres inférieurs. Grand bassin, portion du bassin qui soutient une partie des intestins. Petit bassin, celui qui est placé au-dessous du grand bassin, et qui se divise en une partie moyenne portant le nom de cavité pelvienne, et en deux ouvertures portant le nom de détroits.
  • 11 Terme de métiers. Trou creusé en terre, dans lequel on fait couler le cuivre fondu.

    Espace entouré de sable où les maçons détrempent la chaux.

    Plaque de fer ou de cuivre pour fabriquer les chapeaux.

    Casserole à queue dont se sert le boulanger.

    Terme d'opticien. Sphère de cuivre jaune fondu et de divers rayons, à laquelle est adapté un appendice à pas de vis, lequel appendice sert soit à communiquer des mouvements, soit à le fixer solidement sur un support vertical.

HISTORIQUE

XIIe s. Le sang [il] lui trait du cors près de demi bacin, Ronc. p. 195.

XIIIe s. Si demanda plain bachin d'aighe : et maintenant li couru uns varlès aporter en un bachin d'argent, et li mist en la main senestre, Chron. de Rains, 113. Que nulles gorgeretes à bacin ne soient fetes, que l'endroit et l'envers ne soient neufes et toutes de coton dedenz, Liv. des mét. 371. Cheveus [elle] ot blons com un bacin, La char plus tendre qu'un pocin, la Rose, 527. Si savoit garder [regarder] el bachin, Pour rendre perle et larrechin, Roman d'Eust. le moine.

XIVe s. Un bacin à barbier, d'argent blanc, et est semé de cloz d'argent sur les bors, De Laborde, Émaux, p. 149. Un bacin d'argent avec la chaine, à mettre lampes, De Laborde, ib. À Roger de Paris, pour trois grans bacins d'arain, pour laver les piez, De Laborde, ib. Deux bacins d'or à laver les mains, à un esmail de rose ou [au] fons, esmailliez de France et semez de petits escussons de France sur les bords, De Laborde, ib.

XVe s. Hanaps, godets, escuelles de bois et d'estain, chandelliers, bacins…, Froissart, II, III, 35.

XVIe s. Un petit bassin de cuivre ou un petit chaudron, Paré, XVI, 26. La Durance a naturellement son bassin et cours incertain, Du Bellay, M. 376. Vierge plus blonde qu'un bassin, Marot, IV, 180. Avez-vous jamais entendu que signifie : cracher au bassin ? Rabelais, dans DE LABORDE, Émaux, p. 149.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1Ajoutez :

Bassin hydrographique d'un cours d'eau, la portion de la surface terrestre qui écoule ses eaux dans le cours d'eau.

Bassin maritime ou bassin lacustre, ensemble des bassins hydrographiques de tous les cours d'eau qui s'écoulent dans une même mer ou dans un même lac.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

BASSIN, s. m. se dit en général ou d’un réservoir d’eau, ou d’un vaisseau destiné à en puiser ou à en contenir. Voy. ci-dessous des définitions & des exemples des différentes sortes de bassins.

Bassin (en Architecture), c’est dans un jardin un espace creusé en terre, de figure ronde, ovale, quarrée, à pans, &c. revêtu de pierre, de pavé, ou de plomb, & bordé de gason, de pierre ou de marbre, pour recevoir l’eau d’un jet, ou pour servir de réservoir pour arroser. Les Jardiniers appellent bac, un petit bassin avec robinet, comme il y en a dans tous les petits jardins du potager à Versailles.

Bassin de fontaine, s’entend de deux manieres, ou de celui qui est seulement à hauteur d’appui au-dessus du rez-de-chaussée d’une cour ou d’une place publique : ou de celui qui est élevé sur plusieurs degrés, avec un profil riche de moulures & de forme réguliere, comme ceux de la place Navone à Rome.

Bassin figuré, est celui dont le plan a plusieurs corps ou retours droits, circulaires ou à pans, comme ceux de la plûpart des fontaines de Rome.

Bassin à balustrade, celui dont l’enfoncement plus bas que le rez-de-chaussée, est bordé d’une balustrade de pierre, de marbre ou de bronze, comme le bassin de la fontaine des bassins d’Apollon à Versailles.

Bassin à rigole, celui dont le bord de marbre ou de caillou, a une rigole taillée, d’où sort d’espace en espace un jet ou bouillon d’eau, qui garnit la rigole, & forme une nappe à l’entour de la balustrade, comme à la fontaine du rocher de Belvéder à Rome.

Bassin en coquille, celui qui est fait en conque ou coquille, & dont l’eau tombe par nappes ou gargouilles, comme la fontaine de Palestrine à Rome.

Bassin de décharge, c’est dans le plus bas d’un jardin, une piece d’eau ou canal, dans lequel se déchargent toutes les eaux après le jeu des fontaines, & d’où elles se rendent ensuite par quelque ruisseau ou rigole dans la plus prochaine riviere.

Bassin de partage ou de distribution, c’est dans un canal fait par artifice, l’endroit où est le sommet du niveau de pente, & où les eaux se joignent pour la continuité du canal. Le repaire où se fait cette jonction est appellé point de partage. Il y en a un beau à Versailles au-dessus des réservoirs du parc au cerf, & un autre à Chambly, appellé le bassin des sources.

Bassin de port de mer, c’est un espace bordé de gros murs de maçonnerie, où l’on tient des vaisseaux à flot. Voyez plus bas Bassin (Marine.)

Bassin de bain, c’étoit dans une salle de bain chez les anciens, un enfoncement quarré long où l’on descendoit par degrés pour se baigner ; c’est ce que Vitruve appelle labrum.

Bassin à chaux, vaisseau bordé de maçonnerie, & plancheyé de dosses ou maçonné de libages, dans lequel on détrempe la chaux. Mortarium dans Vitruve, signifie autant le bassin que le mortier. (P)

Construction des bassins des Jardins. On ne sauroit apporter trop de soin à la construction des bassins & pieces d’eau ; la moindre petite fente qui augmente toûjours de plus en plus, peut devenir, par la pesanteur de l’eau, une fente considérable.

On place ordinairement les bassins à l’extrémité ou dans le milieu d’un parterre : ils ne font pas moins bien dans un potager, dans une orangerie & dans les bosquets. Leur forme ordinaire est la circulaire, il y en a cependant d’octogones, de longs, d’ovales, & de quarrés : quand ils passent une certaine grandeur, ils se nomment pieces d’eau, canaux, miroirs, viviers, étangs & réservoirs.

Pour la grandeur des bassins, on ne peut guere déterminer de juste proportion, elle dépend du terrein ; & celle qui est entre le jet & le bassin, est déterminée par la chûte & la force des eaux : leur profondeur ordinaire est de 15 à 18 pouces, ou deux piés tout au plus, & s’augmente quand ils servent de réservoirs.

On construit les bassins de quatre manieres, en glaise, en ciment, en plomb, & en terre franche : soit le bassin A (fig. 1. Jardin.) qu’on veut construire en glaise, de six toises de diametre dans œuvre ; faites ouvrir la place tracée sur le terrein, de ce qu’il convient pour les épaisseurs du pourtour & du plafond ; le mur de terre B doit avoir un pié au moins ; le mur de douve, ou d’eau C, dix-huit pouces, & le corroi de glaise entre-deux, dix-huit de large, ce qui fait en tout quatre piés, dont il faut augmenter de chaque côté le diametre pour la fouille : on a donc huit piés en tout ; on creusera aussi, pour le fond ou plat-fond du bassin, deux piés plus bas que la profondeur qu’on lui voudra donner ; ces deux piés de fouille seront pareillement occupés par le corroi de glaise de dix-huit pouces, & les autres six pouces seront pour le sable & le pavé qu’on répandra dessus la glaise ; ainsi ce bassin creuse de sept toises deux piés de diametre, & de quatre piés de bas, reviendra à six toises d’eau dans œuvre, & deux piés de creux, qui sont l’étendue & la profondeur requises. Elevez & adossez, contre les terres, le mur B d’un pié d’épaisseur depuis le bas de la fouille, jusqu’à fleur de terre ; bâtissez de moellons, libages, ou pierres de meuliere avec du mortier de terre ; faites ensuite apporter la glaise dans le fond du bassin, que vous préparerez en la rompant par morceaux, en y jettant de l’eau, & la labourant deux ou trois fois sans y souffrir aucunes ordures ; faites ensuite jetter par pelletées la glaise contre le mur, & pétrir à piés nuds, de dix-huit pouces d’épaisseur, & de sept à huit piés environ de large, tout au pourtour de ce mur, pour y poser, à dix-huit pouces de distance, le mur de douve C, qui doit porter sur une plate-forme & racinaux DD. Prenez du chevron de trois pouces d’épaisseur, ou des bouts de planches de bateau, épais de deux pouces, & larges de cinq à six ; enfoncez-les à fleur de glaise, de trois piés en trois piés, ensorte qu’ils débordent un peu le parement du mur en dedans le bassin, c’est ce que l’on nomme les racinaux ; mettez ensuite dessus de longues planches de bateau dont deux, jointes ensemble, seront de la largeur du mur, lesquelles vous cloüerez ou chevillerez sur les racinaux ; vous poserez ensuite la premiere assise du mur de douve, que vous éleverez à la hauteur de l’autre, & de dix-huit pouces d’épaisseur, bâti avec du mortier de chaux & sable. On remplira le vuide, ou l’espace entre les deux murs E, appellé le corroi, d’une glaise bien préparée, & on la pétrira jusqu’à fleur de terre.

Pour travailler au plat-fond F, on remplira de glaise toute l’étendue du bassin pour y faire un corroi de dix-huit pouces de haut, en recommençant à pétrir les glaises que l’on a d’abord étendues au-delà des racinaux, & les liant avec celles du plat-fond, qu’on couvrira ensuite de sable, de cinq à six pouces de hauteur, avec un pavé garni d’une aire GG, d’un pouce d’épaisseur de ciment, ou une blocaille de pierres plates posées de champ & à sec dans le sable pour nettoyer plus proprement le bassin, & empêcher le poisson de fouiller.

Les bassins de ciment (fig. 2.) sont construits d’une maniere bien différente. On recule la trace du bassin, d’un pié neuf pouces dans le pourtour, & autant dans le plat-fond, ce qui est suffisant pour retenir l’eau ; ainsi pour un bassin de six toises de diametre, on fouillera six toises trois piés & demi, & on creusera un pié neuf pouces plus bas que la profondeur qu’on a dessein de lui donner. Elevez & adossez contre la terre le mur de maçonnerie H, depuis le fond jusqu’au niveau de la terre, & bâti de moellons & libages, avec du mortier de chaux & sable tout autour ; ensuite commencez le massif du fond I, d’un pié d’épaisseur, & construit des mêmes matériaux & mortier ; on joindra au mur, & au plat-fond, un massif ou chemise de ciment K, de neuf pouces d’épaisseur bâti de petits cailloux de vigne mis par lits, & couverts de mortier de chaux & ciment, qu’il ne faut point épargner, de maniere que les cailloux ne se touchent point, & regorgent de mortier partout ; il faudra enduire le tout avec du mortier plus fin, c’est-à-dire, avec du ciment passé au sas avant que de le délayer avec la chaux, unir cet enduit avec la truelle, & le frotter ensuite plusieurs jours avec de l’huile.

Les bassins de plomb (fig. 3.) n’ont de singulier, dans leur construction, que les murs faits du mortier de plâtre, parce que la chaux mine le plomb ; on fera le mur de terre L, du double d’épaisseur de celui du plat-fond M, & l’on assûrera dessus ces murs les talles de plomb n, n, n, qui seront jointes ensemble avec des nœuds de soudure o, o, o.

Les bassins en terre franche sont à peu près construits comme ceux de glaise, à l’exception que les corrois seront plus larges, ayant trois & quatre piés, & les murs d’un pié & demi ou deux, seront en mortier de terre seulement, & fondés sur la masse de terre franche qui regne dans tout le terrein. Ces bassins se peuvent faire avec un seul mur du côté de l’eau, en délayant la terre franche sur le bord, & la coulant dans le corroi.

On aura soin d’entourer le pourtour des bassins, de bordures de gason, afin de préserver les corrois de l’ardeur du soleil. (K)

Bassin (Marine.) on donne ce nom, dans les ports de mer, au lieu où l’on retire les vaisseaux pour les mettre plus à l’abri, les radouber, les armer & desarmer avec plus de facilité, ou y faire les réparations nécessaires. Voyez Pl. VII. fig. 1. Mar. un bassin coté AA, & sa disposition au milieu de l’arsenal. Il y a deux sortes de bassins ; les uns qu’on peut emplir & mettre à sec à volonté, au moyen d’une écluse qui en ferme l’entrée ; & d’autres qui sont tout ouverts, & dont le fond étant de vase molle, se remplit d’eau quand la mer monte, & se vuide quand elle descend. Voyez Darse. (Z)

Bassin, en terme d’Anatomie, est la partie la plus inférieure de la cavité de l’abdomen : il est ainsi appellé de sa ressemblance à un bassin ou à une aiguiere, appellée pelvis en Latin. Voyez Abdomen.

Le bassin est toûjours plus large ou plus grand dans les femmes que dans les hommes, pour faire place à l’accroissement du fœtus. Voyez Matrice.

Cette cavité est très-bien fortifiée par les os, pour mettre à couvert des injures du dehors les parties qui y sont contenues. Le bassin est formé ou environné par les os des hanches, le coccyx, & l’os sacrum. Voyez Hanche, Coccyx.

Le bassin des reins est un grand sinus ou cellule membraneuse dans la partie concave des reins. Voy. l’article Anat. les Planch. & leur explic. Voy. Reins. Des douze mammelons des reins sortent douze canaux appellés tuyaux membraneux, fistulæ membranaceæ ; ils se réunissent ensuite en trois grosses branches, d’où enfin il en résulte une seule qui forme le bassin ; ce bassin venant encore à se contracter, se termine en un canal membraneux appellé l’urétere. Voy. Mammelon & Uretere.

L’urine étant séparée du sang par les canaux urinaires, auxquels elle a été apportée par les mammelons, les tuyaux membraneux la reprennent pour la reporter dans le bassin, d’où elle se décharge dans l’urétere, & de-là dans la vessie, &c. Voy. Urine, &c.

Bassin oculaire, instrument de Chirurgie, petite soûcoupe ovale très-commode pour laver l’œil. Sa matiere est d’argent ; sa construction consiste en une petite gondole qui a environ un pouce cinq lignes de long, sur dix ou onze lignes de diametre, plus élevé par les angles que dans le milieu, afin de s’accommoder à la figure globuleuse de l’œil : elle n’a pas plus de cinq lignes de profondeur, & est montée sur un pié artistement composé, comme on peut le voir dans la fig. 16. Pl. XXIII. ce pié a environ deux ou trois pouces de hauteur.

Pour se servir de cet instrument, il faut le remplir à moitié de la liqueur avec laquelle on veut bassiner l’œil, puis on le prend par le pié, & l’on baisse la tête, afin de faire entrer le globe de l’œil dans la soûcoupe, qui est construite de façon à occuper toute la circonférence de la cavité orbitaire : on ouvre ensuite l’œil, & la liqueur contenue dans ce bassin le mouille parfaitement.

Fabrice d’Aqua-pendente, célebre Medecin-Chirurgien, & professeur d’Anatomie à Padoue, a le premier imaginé l’application des remedes aqueux sur l’œil : il se servit d’abord de ventouses communes que l’on tenoit sur l’œil avec la main, comme le bassin oculaire dont on vient de parler ; ce qu’il remarqua être fort incommode : il en fit faire avec des anses sur chaque côté, dans lesquelles on passoit un cordon pour attacher le vase derriere la tête. Ces petits vaisseaux de crystal faits de façon à s’appliquer exactement sur la circonférence de l’orbite, lui parurent exiger encore une perfection ; car les liqueurs tiedes faisant transpirer la partie, & la matiere de cette transpiration ne trouvant aucune issue, l’œil & les parties qui l’avoisinent pouvoient se gonfler par l’usage de ces remedes. Pour prévenir les fluxions, & autres accidens qui seroient l’effet du défaut de transpiration, il fit ajoûter au-dessus de la gondole un petit tuyau percé, par lequel on pût aussi verser les liqueurs convenables au moyen d’un entonnoir, après avoir mis le vase en situation. L’auteur la nomme phiole oculaire, & assûre avoir dissipé des cataractes commençantes par l’usage des remedes convenables appliqués par le moyen de cet instrument. (Y)

Bassin (vente au) Comm. nom que l’on donne à Amsterdam aux ventes publiques qui se font par autorité de justice, & où préside un officier commis par les bourgue-mestres, qu’on nomme vendu-meester, c’est-à-dire, maître de la vente. On appelle cette vente vente au bassin, parce qu’avant que de délivrer les lots ou cavelins au plus offrant & dernier enchérisseur, on frappe ordinairement sur un bassin de cuivre, pour avertir qu’on va adjuger. Voyez Vendu-meester. (G)

Bassins d’une balance, sont deux especes de plats qu’on suspend au bout des bras d’une balance, & dans lesquels on met les poids qu’on veut peser. V. Balance. (O)

Bassin, terme de Boulanger, est une espece de casserole à queue de tole blanche, ou fer-blanc épais, dont on se sert pour puiser l’eau dans la chaudiere, & la mettre dans le pétrin en quantité convenable. Voy. Pl. du Boulanger, fig. 4.

Bassin, instrument de Chapelier, c’est une grande plaque ronde de fer ou de fonte, qui se place sur un fourneau, pour bâtir les étoffes dont on compose les chapeaux.

Les Chapeliers ont aussi des bassins à dresser les bords des chapeaux : ces bassins ont au milieu une ouverture ronde, assez grande pour y faire entrer les formes les plus larges. Ces bassins sont ordinairement de plomb, & ont par-dessus deux mains, afin que le chapelier puisse les mettre sur les bords des chapeaux, & les enlever facilement. V. Chapeau. Voyez la fig. 4. Pl. du Chapelier.

Bassin a barbe, est une espece de plat creux, rond, & quelquefois ovale, dont les Barbiers-Perruquiers se servent pour savonner le visage des personnes qu’ils rasent. Ce plat est toûjours échancré par un de ses côtés, afin de pouvoir être serré près du cou de la personne qu’on savonne, de peur que l’eau de savon qui tombe du visage ne coule le long du cou & sur les habits.

Les bassins à barbe se font de plusieurs sortes de matieres ; il y en a de fayence, de porcelaine, d’étain, de cuivre, d’argent, &c. Voyez sa fig. Plan. du Perruquier.

Bassin, s. m. (Lunetier.) les Miroitiers-Lunetiers se servent de divers bassins de cuivre, de fer ou de métal composé, les uns grands, les autres plus petis, ceux-ci plus profonds, ceux-là moins, suivant le foyer des verres qu’ils veulent travailler. Voyez les fig. 1. & 2. Pl. du Lunetier ; la premiere représente un bassin de six pouces de foyer ; B le bassin, A son profil : la seconde représente un bassin de trois pouces de foyer ; B est le bassin, & C son profil. Ces bassins sont représentés dans les figures scellées sur la table de l’établi.

C’est dans ces bassins que se font les verres convexes : les spheres, qu’on nomme autrement des boules, servent pour les verres concaves ; & le rondeau, pour les verres dont la superficie doit être plane & unie. Voyez ces deux derniers outils à leurs lettres.

On travaille les verres au bassin de deux manieres : pour l’une l’on attache le bassin à l’arbre d’un tour, & l’on y use la piece, qui tient avec du ciment à une molette de bois, en la présentant & la tenant ferme de la main droite dans la cavite du bassin, tandis qu’on lui donne avec le pié un mouvement convenable : pour l’autre, on affermit le bassin sur un billot ou sur un établi, n’y ayant que la molette garnie de son verre qui soit mobile. Les bassins pour le tour sont petits, & ne passent guere six à sept pouces de diametre : les autres sont très-grands, & ont plus de deux piés de diametre.

Pour dégrossir les verres qu’on travaille au bassin, on se sert de grès & de gros émeri : on les adoucit avec les mêmes matieres, mais plus fines, & tamisées : le tripoli & la potée servent à les polir : enfin on en acheve le poliment au papier, c’est-à-dire, sur un papier qu’on colle au fond du bassin. Quelques-uns appellent ces bassins des moules, mais improprement. Voyez Miroitier & Lunette.

La maniere la plus convenable pour faire ces bassins, est le fer & le laiton, l’un & l’autre le plus doux qu’on puisse trouver : car comme ils doivent être formés sur le tour, la matiere en doit être traitable & douce, mais pourtant assez ferme pour bien retenir sa forme dans le travail des verres. Ces deux sortes de matieres sont excellentes, & préférables à toutes les autres : le fer néanmoins est sujet à la rouille, & le laiton ou cuivre jaune à se piquer & verdir par les liqueurs acres & salées ; c’est pourquoi ces deux matieres demandent que les instrumens qui en sont faits soient proprement tenus, bien nettoyés & essuyés après qu’on s’en est servi. L’étain pur & sans alliage est moins propre pour le premier travail de verre qui est le plus rude, à cause que sa forme s’altere aisément : on peut cependant l’employer utilement après l’avoir allié avec la moitié d’étain de glace. Le métal allié, qu’on ne peut former au tour à cause de sa trop grande dureté, comme celui des cloches qui est composé d’étain & de cuivre, ne vaut rien pour les formes dont nous parlons.

On peut préparer ces deux matieres à recevoir la forme de deux manieres, suivant qu’elles sont malléables ou fusibles : elles demandent toutes deux des modeles sur lesquels elles puissent être formées, au moins grossierement d’abord, pour qu’on puisse ensuite les perfectionner au tour. La matiere malléable demande pour modele des arcs de cercle, faits de matiere solide sur les diametres des spheres desquelles on veut les former. Celle qui est fusible demande des modeles entiers de matiere aisée à former au tour ; comme de bois, d’étain, &c. pour en tirer des moules dans lesquels on puisse la jetter pour lui donner la forme la plus approchante de celle qu’on desire ; car il est ensuite fort aisé de la rendre réguliere, & de la perfectionner au tour.

Quoiqu’on puisse forger les formes de laiton ou cuivre jaune à froid au marteau, je conseille cependant de les mouler en fonte, & de leur donner même une épaisseur convenable à la grandeur de la sphere dont on veut les former, aussi bien qu’à la largeur de la superficie qu’on veut leur donner : premierement à cause qu’étant forgées & écrouïes à froid, elles feroient aisément ressort sur leur largeur, & qu’elles altéreroient par ce moyen leur forme dans l’agitation du travail ; en second lieu, pour empêcher par cette épaisseur convenable que ce métal s’échauffant sur le tour, ne se roidisse contre l’outil, comme il fait pour l’ordinaire, se rejettant dehors avec violence jusqu’à s’applanir, ou même devenir convexe de concave qu’il étoit, s’il n’a pas une épaisseur suffisante pour résister à son effort.

Pour faire les modeles qui doivent servir à faire les moules de ces platines, on ne sauroit employer de meilleure matiere que l’étain, à cause qu’on peut le fondre avec peu de feu, & le tourner nettement sans altérer sa forme. Le bois néanmoins qui est plein, comme le poirier ou le chêne, qui est gras & moins liant étant bien sec, y peut servir assez commodément : pour l’empêcher même de s’envoiler, & de se déjetter à l’humidité de la terre ou du sable qui servent à les mouler, aussi-bien que dans les changemens de tems, il convient de l’enduire & imbiber d’huile de noix, de lin, ou d’olive au défaut de ces deux premieres, laissant doucement sécher ces modeles d’eux-mêmes, dans un lieu tempéré & hors du grand air.

La meilleure maniere de mouler ces modeles, est celle où l’on employe le sable. Tout cuivre n’est pas propre pour faire ces formes : on doit choisir celui qui est jaune, & qu’on nomme laiton doux ; on peut aussi se servir d’étain pur d’Angleterre, ou de celui d’Allemagne, allié avec moitié d’étain de glace. Le fer bien doux est aussi fort propre pour faire les bassins à travailler les verres.

M. Goussier a trouvé une méthode de donner aux bassins & aux moules dans lesquels il fond les miroirs de télescopes, telle courbure qu’il peut souhaiter, soit parabolique, elliptique, hyperbolique, ou autre dont l’équation est donnée. Cette méthode sera expliquée dans un ouvrage particulier qu’il doit donner au public, sur l’art de faire de grands télescopes de réflexion, d’en mouler les miroirs, de maniere qu’ils sortent du moule presque tout achevés.

Nous allons expliquer la machine dont il se sert pour concaver les formes ou bassins concaves de courbure sphérique : cette machine est la même que celle dont il se sert pour donner aux bassins ou aux moules toute autre courbure, en y faisant seulement quelques additions dont nous donnerons l’idée à la fin de cet article.

Cette machine représentée fig. 9-15. Pl. du Lunetier, est proprement un tour en l’air, dont l’axe FH est vertical ; il passe dans deux collets F & H, fixés l’un à la table & l’autre à la traverse inférieure d’un fort établi, qui est lui-même fortement attaché au mur de l’attelier.

Le premier de ces collets F est ouvert en entonnoir, pour recevoir la partie conique de l’axe représenté en F fig. 15. le second H est seulement cylindrique.

Vers la partie inférieure de l’axe, à deux ou trois pouces du collet H, est fixée une poulie G, sur laquelle passe la corde sans fin qui vient de la roue horisontale I, que l’on met en mouvement au moyen du bras L, qui se meut librement sur les pivots de l’arbre RS. Ce bras comunique par le lien LK à la manivelle excentrique de l’axe de la roue. Cette méchanique est la même que celle du moulin des Lapidaires. Voyez Moulin.

La partie supérieure de l’axe HF est armée d’un cercle de fer exactement tourné & centré sur l’axe qui est soûtenu par trois ou quatre branches, qui partant de l’axe, vont s’attacher à sa circonférence. Il appelle cette piece main, qui est représentée séparément fig. 15. on en va voir la raison, & combien il est essentiel qu’elle soit exactement centrée.

Aux deux côtés de la main sont fixées sur l’établi deux poupées DD ; la ligne qui joint ces deux poupées doit passer le centre de l’anneau de la main : c’est sur ces deux poupées que l’on fixe la regle de fer MM, au moyen de deux vis nn, en sorte qu’une de ses arrêtes soit un diametre de la main dans laquelle on place le bassin, représenté fig. 13. & 14. cette derniere le représente en profil, aa est un rebord qui s’applique sur l’anneau de la main ; on y fait un repaire commun pour pouvoir replacer le bassin au même point où on l’a placé la premiere fois. Le bassin doit être de laiton fondu, & tourné auparavant sur le tour en l’air. Voyez Tour en l'air.

Au-dessus du bassin, dans la direction de l’axe HF, est fortement scellée dans le mur une potence de fer AB, à la surface supérieure de laquelle est un petit trou de forme conique : ce trou doit être précisément dans la direction de l’axe HF, & autant éloigné de la surface du bassin F, que l’on veut que le foyer du même bassin le soit.

Le trou dont nous venons de parler reçoit la pointe b de la vis a, fig. 10. qui traverse la partie supérieure de l’ouverture O du compas B C, fig. 9. Ce compas est formé par quatre regles de fer ou de bois, assemblées comme on voit en b, même fig. La partie inférieure C du compas BC, représentée en grand fig. 11. est quarrée, & garnie de deux frettes de fer OP, qui servent, au moyen des vis qui les traversent, à assujettir le burin ab, qui est aigu en b ; l’autre burin représenté fig. 12. est arrondi, & sert à effacer les traits que le premier peut avoir laissé sur le bassin.

Toutes choses ainsi disposées, on applique le dos du burin contre la regle de fer MM, qui est courbée en arc de cercle dont le centre est la pointe de la vis a. Pour qu’elle soit parallele à la surface du bassin, on avance ou on recule cette regle, en sorte que lorsque le dos du burin glisse contre son arrête, la pointe du burin décrive exactement un diametre du bassin.

Maintenant si on fait mouvoir l’extrémité inférieure du compas le long de la regle de fer MM, en même tems que le bassin E est mis en mouvement par le moyen de la roue I, comme il a été expliqué, on conçoit que la pointe du burin dont le compas est armé, doit emporter toutes les parties de métal du bassin qui excedent la surface sphérique concave qui a pour centre le point autour duquel le compas se meut, qui est la pointe du pivot de la vis a : mais comme la pointe de cette vis est par la construction dans la direction de l’axe de rotation HF, & que la pointe du burin décrit un arc de cercle, cela produit le même effet que si un secteur de cercle tournoit sur la ligne qui passe par le centre & le milieu de l’arc du secteur, qui, comme il est démontré en Géométrie, décrit une surface sphérique.

Après que la pointe du burin a enlevé les parties du métal qui excédoient la surface sphérique concave, on efface les traits qu’elle peut avoir laissés avec le burin arrondi représenté fig. 12. que l’on met en place du premier.

Pour décrire une surface paraboloïdale, hyperboloïdale, ou autre, il suffit, comme on voit, de trouver le moyen de faire décrire à l’extrémité du burin la parabole, l’hyperbole, ou autre courbe dont le secteur, à cause du mouvement de rotation du bassin, décrira la surface que la courbe engendreroit en tournant sur son axe : c’est ce que M. Goussier exécute par le moyen de plusieurs leviers, qui font hausser ou baisser le point de suspension a du compas, à mesure que son extrémité inférieure C avance de côté ou d’autre. Cette machine sera représentée & expliquée dans l’ouvrage annoncé dans cet article.

Bassin d’empli, en terme de rafinerie de sucre, est un vase de cuivre qui ne differe du bassin de cuite que par son embouchure qui fait le demi-cercle. Voy. Bassin de cuite. On l’appelle bassin d’empli, parce qu’il sert effectivement à faire les emplis, & à transporter la cuite du rafraîchissoir dans les formes. Voyez Forme & Rafraichissoir.

Bassin de cuite est, parmi les Rafineurs de sucre, un vase de cuivre tenant à peu près deux seaux, de figure oblongue, arrondi vers son extrémité où il est le plus profond, & angulaire vers son embouchure. Il est garni de deux poignées, & surmonté de deux hauts bords, qui diminuent jusqu’à l’embouchure où ils n’excedent plus le fond. Ce bassin sert à transporter la cuite dans le rafraîchissoir. Voyez Cuite & Rafraichissoir.

Bassin à clairée, parmi les Rafineurs de sucre, est un vase rond, & également surchargé de bords tout autour, & qui représente assez la figure d’un seau : vers son fond il y a un commencement de tuyau, qui fait même piece avec le bassin, dans lequel on emmanche la dale. Voyez Dale. Ce bassin sert à passer la clairée. Voyez Clairée & Passer.

Bassins, Bassinets, ou Boutons d’or, elychrysum, fleur basse de diverses couleurs, ordinairement jaunes, à dix feuilles assez larges, & un godet au milieu de la même couleur, & qui porte sa graine. Cette fleur demande beaucoup d’eau & de soleil, avec de la terre à potager : on la leve au bout de trois ans pour en ôter le peuple. Il y en a de plusieurs especes ; le simple à fleur jaune, le bassinet à fleur d’écarlate, le double à fleur jaune, le bassinet à feuilles frangées, & le bassinet rond. Ils fleurissent tous au printems. (K)

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Étymologie de « bassin »

(Vers 1165) De l’ancien français bacin, du latin populaire baccinus, baccinum, de baccus, bacca « bac », du gaulois °bacca « charge, fardeau » (cf. gallois baich, breton bec’h, irlandais bac « obstacle »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Bourguig. baissin ; picard, bachin ; provenç. et espagn. bacin ; ital. bacino ; bas-lat. bassinus, et, dans Grégoire de Tours, bacchinon : cum duabus pateris ligneis quas vulgo bacchinon vocant. Diez rejette la dérivation allemande de Becken, bassin, attendu que, si c'était là l'origine, on aurait dit en français baquin et non bassin, le k allemand ne se changeant pas en sifflante dans les langues romanes. Il le tire du celtique bac, creux, cavité (voy. BAC). Ce qui fortifie cette étymologie, c'est que Grégoire de Tours paraît indiquer bacchinon comme appartenant à la langue du pays.

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Phonétique du mot « bassin »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bassin basɛ̃

Évolution historique de l’usage du mot « bassin »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « bassin »

  • Un bateau suivra de près Grégory, tout au long de la traversée. A bord, sa femme et ses deux enfants pour les encouragements et un maître nageur sauveteur pour le soutien en cas « de dérive, de fatigue, de problème ». « J’ai aussi une bouée rouge pour qu’on me repère parmi tous les bateaux qui traversent le bassin. Ça serait bête que je me prenne une plate », sourit le sportif qui aura planqué des « plaquettes » (palmes de mains) dans sa bouée si « jamais le courant est vraiment trop fort ». , Déconfinement en Gironde : Il relève le défi du premier tour du Bassin d’Arcachon à la nage et en courant
  • Des étudiants du bassin de Thau. ..de quelle université? La fac de moule, l'école nationale supérieure de l'huître farceuse? Étudiants gnan gnan . midilibre.fr, Sète : des étudiants du Bassin de Thau mobilisés contre les violences policières - midilibre.fr
  • Olivier Riondet est également à la recherche d'une salle municipale, sur le bassin du Puy, pour enseigner de manière régulière, sa passion. Comme il l'exprime, selon une citation de Yuri Buenaventura : « Danser, c'est comme parler en silence. C'est dire plein de choses sans dire un mot. » www.leveil.fr, Une nouvelle association dédiée s’installe sur le bassin ponot - Le Puy-en-Velay (43000)
  • Le Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon a installé à sur des plages d’Audenge et de Gujan-Mestras des "totems" destinés à surveiller le niveau de l’eau.  SudOuest.fr, Bassin d’Arcachon : un totem électronique pour surveiller le niveau de l’eau
  • Dès ce week-end, à Connantre, si la météo le permet, le bassin biologique accueillera à nouveau les baigneurs. À Fère-Champenoise et Sézanne, les piscines ouvriront d’ici quelques jours. Journal L'Union abonné, La réouverture des bassins annoncée dans le Sud-ouest marnais
  • Ce montage permet de voir à quel point le sable bouge à la sortie des passes sud du bassin d’Arcachon, à quel point rien n’est jamais vraiment pareil. SudOuest.fr, Bassin d’Arcachon : un internaute publie un timelapse du banc d’Arguin et de la dune du Pilat sur cinq ans

Images d'illustration du mot « bassin »

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Traductions du mot « bassin »

Langue Traduction
Anglais basin
Espagnol cuenca
Italien bacino
Allemand becken
Portugais bacia
Source : Google Translate API

Synonymes de « bassin »

Source : synonymes de bassin sur lebonsynonyme.fr

Bassin

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