Taxer : définition de taxer


Taxer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TAXER, verbe trans.

A. − Fixer le prix (des denrées).
1. [Le compl. désigne des denrées] Taxer le fourrage, le pain, les vivres. Il faut taxer la farine et guillotiner quiconque spécule sur la nourriture du peuple (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 20).Les bouchers ont décidé ce mouvement pour protester contre les prix taxés sans rapport avec les prix de vente du bétail sur pied dont ils sont approvisionnés (Le Figaro, 19-20 janv. 1952, p. 8, col. 1).
2. DR. Taxer les dépens d'un procès. Taxer les vacations à tant (Besch. 1845-46).
B. −
1. Imposer, soumettre à une taxe. On l'a taxé bien haut; taxer d'office; taxer les objets de luxe, les signes extérieurs de richesse, les grandes fortunes, les importations. Cet abus de cette horrible chose, la boisson et dans la boisson cet abus lui-même (...) que les gouvernements devraient sinon supprimer (...) du moins terriblement taxer et imposer: l'absinthe! (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Confess., 1895, p. 110).[Les] Conseils directoriaux (...) ne se résignèrent pas aisément à taxer légèrement le tabac (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 580).
2. Arg. de la prostitution. Taxer qqn.Obliger une prostituée à réaliser un gain minimum. Une prostituée sur quatre a été violée dès l'enfance, le plus souvent par son père (...). Sept femmes sur dix sont « maquées » et « taxées », annonce Benoîte Groult dans sa préface à « La Dérobade » (Le Nouvel Observateur, 17 mai 1976, p. 64, col. 3).
C. − Au fig.
1.
a) Taxer qqn de qqc.
Accuser quelqu'un de. Taxer d'avarice, d'imprudence, de malhonnêteté, de méchanceté, de négligence, de vanité. Personne ici ne songe au fait qu'une nouvelle condamnation de Dreyfus, pour trahison commise en faveur de l'Allemagne, taxerait de mensonge le gouvernement allemand, qui a déclaré solennellement devant le monde que l'Allemagne n'avait eu affaire ni directement ni indirectement avec Dreyfus (Affaire Dreyfus, 1900, p. 254).
Qualifier, traiter quelqu'un de. Je n'avais pas l'honneur de connaître M. Taine, ajouta M. de Charlus (avec cette irritante habitude du « Monsieur » inutile qu'ont les gens du monde, comme s'ils croyaient, en taxant de monsieur un grand écrivain, lui décerner un honneur, peut-être garder les distances, et bien faire savoir qu'ils ne le connaissent pas) (Proust, Sodome, 1922, p. 1052).Bien que mes idées religieuses me fassent taxer de vieux réactionnaire, vous avez pu comprendre combien chez moi le Français cède le pas sur tout autre personnage (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 145).
Rem. Taxer pour traiter est considéré comme une impropriété. Dupré 1972 note cependant: ,,Cette faute est assez répandue``.
b) Taxer qqn de + inf. (vieilli).Blâmer quelqu'un de. Taxer d'être avare. Il revint dans sa bonne ville Et très bientôt (...) Se vit promu (...) Président, s'il vous plaît, du Tribunal civil De la ville, et taxé par les uns d'être vil, Par les autres d'être un malin (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Invect., 1896, p. 335).
Empl. abs. ,,Je ne taxe personne`` (Besch. 1845-46). ,,Je ne fais tomber sur personne le soupçon, le reproche, l'accusation dont il s'agit`` (Besch. 1845-46).
2. Taxer qqc. de qqc.Qualifier quelque chose de. Taxer une affirmation de mensonge. N'est-ce pas le plus grand malheur qui puisse affliger un parti, que d'être représenté par des vieillards, quand déjà ses idées sont taxées de vieillesse? (Balzac, Cabinet ant., 1839, p. 19).En France, 30 millions d'hectares, sur 45 millions qui constituent « le domaine de la chasse », restent livrés « à la chasse banale, que l'on doit taxer de véritable plaie » (Brunhes, Géogr. hum., 1942, p. 195).
3. Taxer qqc. à qqn (pop., néol.).Voler, emprunter. Synon. fam. piquer.,,Il m'a taxé mon pépin (il m'a emprunté mon parapluie sans vraiment me le demander)`` (MerleFr. branché1986).
D. − Empl. pronom.
1. réfléchi
a) Fixer une somme qu'on s'engage à donner pour un certain objet. Tous ses amis se taxèrent pour lui venir en aide; toutes les villes se taxèrent à l'envi pour subvenir aux besoins de l'État (Ac.1935).Chauvel (...) souriait dans sa barbe.Ah! La mauvaise race! criait maître Jean. Mais lui, disait:Que voulez-vous? Ces gens-là s'aiment, ils n'ont pas assez mauvais cœur pour se taxer, ni se faire du mal (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 108).
b) Se juger, s'accuser soi-même. Il s'est taxé de trop d'indulgence (Littré).
2. réciproque. S'accuser réciproquement. Se taxer de tous les vices. Ils se sont taxés tous les deux de poltronnerie (Besch.1845-46).Ils se taxaient mutuellement d'hypocrisie (Lar. 19e).
3. passif
a) Être imposé. Tout se taxe actuellement, même l'air que nous respirons (Nouv. Lar. ill.).
b) Se taxer de.Être qualifié de. Son intelligence, étroite, mesquine, spécialisée, ne s'élevait jamais jusqu'à cette vision supérieure de la vie, après laquelle un effort désintéressé ne se taxe plus de naïveté (Martin du G., Devenir, 1909, p. 13).On est parvenu à bannir de l'esprit tout ce qui se peut taxer à tort ou à raison de superstition, de chimère (Breton, Manif. Surréal., 1erManif., 1924, p. 23).
Prononc. et Orth.: [takse], (il) taxe [taks]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1247 tauxer « régler les frais de justice, les amendes » (doc. ds Runk., p. 99); xiiies. tausser « évaluer, estimer à sa valeur » (Poire, 53 ds T.-L.); ca 1260 tausier « id. » (Ménestrel Reims, 435, ibid.); 1283 tausser « id. » (Philippe de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, 26, 986, 1100, 1513); b) 1271-72 taxer « id. » (doc. de La Rochelle ds Z. fr. Spr. Lit. t. 84, p. 345); 1464 taxer « fixer la taxe à payer par quelqu'un » (doc. ds Bartzsch, p. 99); 1679 « régler officiellement le prix d'une denrée » (Rich.); 1690 taxer (qqc.) « mettre un impôt (sur quelque chose) » (Fur.); 2. 1538 « blâmer, accuser » (Est.). Empr. au lat.taxare « toucher souvent et fortement; blâmer, reprendre, estimer, évaluer », lui-même empr. au gr. τ α ́ σ σ ε ι ν « ranger, fixer » (pour l'hist. de taxare, v. en partic. Ern.-Meillet). La forme taxer a évincé tausser (v. taxation). Fréq. abs. littér.: 246. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 566, b) 395; xxes.: a) 204, b) 223.
DÉR. 1.
Taxable, adj.Qui peut être taxé, soumis à une taxe. Synon. imposable.Denrées, marchandises taxables. Dans l'entreprise moderne, l'amortissement n'est plus pratiquement autre chose qu'un bénéfice non taxable réservé à de nouveaux investissements (Univers écon. et soc., 1960, p. 22-8).− [taksabl̥]. − 1resattest. 1482 (Lettres de Louis XI ds Bartzsch, p. 116), 1788 (Fér. Crit.); de taxer, suff. -able*.
2.
Taxateur, -trice, subst.a) Dr. Personne qui taxe, qui fixe la taxe. La réglementation du commerce des grains tomba en désuétude (...) Roland ne cessait de la condamner (...), alors que les taxateurs venaient de déchaîner encore une fois des troubles violents (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 287).Empl. adj., dr. Juge taxateur. Juge qui taxe les dépens. (Dict. xixeet xxes.). b) Subst. masc., télécomm. ,,Appareil qui permet d'enregistrer et de calculer le coût des communications téléphoniques`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983). − [taksatœ:ʀ], fém. [-tʀis]. Att. ds Ac. dep. 1762. − 1resattest. a) 1703 « juge qui taxe les dépens » (Arrêt du Parlement de Provence du 28 juin ds Trév. 1752), b) 1768 « individu chargé de fixer la taxe » (Éphém. Citoy., I, 182 ds Brunot t. 6, p. 247), c) 1798 « employé des postes qui taxe les envois » (Ac.); de taxer, suff. -(at)eur2*; cf. anciennement 1464 taxeur (J. Lagadeuc, Catholicon ds Gdf.); taxador est att. en a. gasc. dès 1378 (Levy Prov.).
3.
Taxatif, -ive, adj.,dr. Que l'on peut taxer. Synon. imposable, taxable.Les dépens sont toujours taxatifs (Besch.1845-46,s.v. taxer).Des revenus taxatifs (Quillet 1965). − [taksatif], fém. [-i:v]. − 1resattest. 1585 « relatif à la taxe? » (J. Papon, Premier Notaire, 685 ds Hug.), 1845 « qui peut être taxé » (Besch.); de taxer, suff. -(at)if*; cf. 1585 taxativement « relativement à la taxe? » (J. Papon, op. cit., 199 ds Hug.); 1692 taxativement « d'une manière qui taxe, qui détermine » (Boislisle, Corresp. contrôl. génér., p. 283 ds Littré Suppl. 1877).
BBG.Quem. DDL t. 11. − Verreault (Cl.). Les Adj. en -able en franco-québécois. In: Trav. de ling. québécoise. 3. Québec, 1979, annexe 2 122; p. 218 (s.v. taxable).

Taxer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TAXER, verbe trans.

A. − Fixer le prix (des denrées).
1. [Le compl. désigne des denrées] Taxer le fourrage, le pain, les vivres. Il faut taxer la farine et guillotiner quiconque spécule sur la nourriture du peuple (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 20).Les bouchers ont décidé ce mouvement pour protester contre les prix taxés sans rapport avec les prix de vente du bétail sur pied dont ils sont approvisionnés (Le Figaro, 19-20 janv. 1952, p. 8, col. 1).
2. DR. Taxer les dépens d'un procès. Taxer les vacations à tant (Besch. 1845-46).
B. −
1. Imposer, soumettre à une taxe. On l'a taxé bien haut; taxer d'office; taxer les objets de luxe, les signes extérieurs de richesse, les grandes fortunes, les importations. Cet abus de cette horrible chose, la boisson et dans la boisson cet abus lui-même (...) que les gouvernements devraient sinon supprimer (...) du moins terriblement taxer et imposer: l'absinthe! (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Confess., 1895, p. 110).[Les] Conseils directoriaux (...) ne se résignèrent pas aisément à taxer légèrement le tabac (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 580).
2. Arg. de la prostitution. Taxer qqn.Obliger une prostituée à réaliser un gain minimum. Une prostituée sur quatre a été violée dès l'enfance, le plus souvent par son père (...). Sept femmes sur dix sont « maquées » et « taxées », annonce Benoîte Groult dans sa préface à « La Dérobade » (Le Nouvel Observateur, 17 mai 1976, p. 64, col. 3).
C. − Au fig.
1.
a) Taxer qqn de qqc.
Accuser quelqu'un de. Taxer d'avarice, d'imprudence, de malhonnêteté, de méchanceté, de négligence, de vanité. Personne ici ne songe au fait qu'une nouvelle condamnation de Dreyfus, pour trahison commise en faveur de l'Allemagne, taxerait de mensonge le gouvernement allemand, qui a déclaré solennellement devant le monde que l'Allemagne n'avait eu affaire ni directement ni indirectement avec Dreyfus (Affaire Dreyfus, 1900, p. 254).
Qualifier, traiter quelqu'un de. Je n'avais pas l'honneur de connaître M. Taine, ajouta M. de Charlus (avec cette irritante habitude du « Monsieur » inutile qu'ont les gens du monde, comme s'ils croyaient, en taxant de monsieur un grand écrivain, lui décerner un honneur, peut-être garder les distances, et bien faire savoir qu'ils ne le connaissent pas) (Proust, Sodome, 1922, p. 1052).Bien que mes idées religieuses me fassent taxer de vieux réactionnaire, vous avez pu comprendre combien chez moi le Français cède le pas sur tout autre personnage (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 145).
Rem. Taxer pour traiter est considéré comme une impropriété. Dupré 1972 note cependant: ,,Cette faute est assez répandue``.
b) Taxer qqn de + inf. (vieilli).Blâmer quelqu'un de. Taxer d'être avare. Il revint dans sa bonne ville Et très bientôt (...) Se vit promu (...) Président, s'il vous plaît, du Tribunal civil De la ville, et taxé par les uns d'être vil, Par les autres d'être un malin (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Invect., 1896, p. 335).
Empl. abs. ,,Je ne taxe personne`` (Besch. 1845-46). ,,Je ne fais tomber sur personne le soupçon, le reproche, l'accusation dont il s'agit`` (Besch. 1845-46).
2. Taxer qqc. de qqc.Qualifier quelque chose de. Taxer une affirmation de mensonge. N'est-ce pas le plus grand malheur qui puisse affliger un parti, que d'être représenté par des vieillards, quand déjà ses idées sont taxées de vieillesse? (Balzac, Cabinet ant., 1839, p. 19).En France, 30 millions d'hectares, sur 45 millions qui constituent « le domaine de la chasse », restent livrés « à la chasse banale, que l'on doit taxer de véritable plaie » (Brunhes, Géogr. hum., 1942, p. 195).
3. Taxer qqc. à qqn (pop., néol.).Voler, emprunter. Synon. fam. piquer.,,Il m'a taxé mon pépin (il m'a emprunté mon parapluie sans vraiment me le demander)`` (MerleFr. branché1986).
D. − Empl. pronom.
1. réfléchi
a) Fixer une somme qu'on s'engage à donner pour un certain objet. Tous ses amis se taxèrent pour lui venir en aide; toutes les villes se taxèrent à l'envi pour subvenir aux besoins de l'État (Ac.1935).Chauvel (...) souriait dans sa barbe.Ah! La mauvaise race! criait maître Jean. Mais lui, disait:Que voulez-vous? Ces gens-là s'aiment, ils n'ont pas assez mauvais cœur pour se taxer, ni se faire du mal (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 108).
b) Se juger, s'accuser soi-même. Il s'est taxé de trop d'indulgence (Littré).
2. réciproque. S'accuser réciproquement. Se taxer de tous les vices. Ils se sont taxés tous les deux de poltronnerie (Besch.1845-46).Ils se taxaient mutuellement d'hypocrisie (Lar. 19e).
3. passif
a) Être imposé. Tout se taxe actuellement, même l'air que nous respirons (Nouv. Lar. ill.).
b) Se taxer de.Être qualifié de. Son intelligence, étroite, mesquine, spécialisée, ne s'élevait jamais jusqu'à cette vision supérieure de la vie, après laquelle un effort désintéressé ne se taxe plus de naïveté (Martin du G., Devenir, 1909, p. 13).On est parvenu à bannir de l'esprit tout ce qui se peut taxer à tort ou à raison de superstition, de chimère (Breton, Manif. Surréal., 1erManif., 1924, p. 23).
Prononc. et Orth.: [takse], (il) taxe [taks]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1247 tauxer « régler les frais de justice, les amendes » (doc. ds Runk., p. 99); xiiies. tausser « évaluer, estimer à sa valeur » (Poire, 53 ds T.-L.); ca 1260 tausier « id. » (Ménestrel Reims, 435, ibid.); 1283 tausser « id. » (Philippe de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, 26, 986, 1100, 1513); b) 1271-72 taxer « id. » (doc. de La Rochelle ds Z. fr. Spr. Lit. t. 84, p. 345); 1464 taxer « fixer la taxe à payer par quelqu'un » (doc. ds Bartzsch, p. 99); 1679 « régler officiellement le prix d'une denrée » (Rich.); 1690 taxer (qqc.) « mettre un impôt (sur quelque chose) » (Fur.); 2. 1538 « blâmer, accuser » (Est.). Empr. au lat.taxare « toucher souvent et fortement; blâmer, reprendre, estimer, évaluer », lui-même empr. au gr. τ α ́ σ σ ε ι ν « ranger, fixer » (pour l'hist. de taxare, v. en partic. Ern.-Meillet). La forme taxer a évincé tausser (v. taxation). Fréq. abs. littér.: 246. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 566, b) 395; xxes.: a) 204, b) 223.
DÉR. 1.
Taxable, adj.Qui peut être taxé, soumis à une taxe. Synon. imposable.Denrées, marchandises taxables. Dans l'entreprise moderne, l'amortissement n'est plus pratiquement autre chose qu'un bénéfice non taxable réservé à de nouveaux investissements (Univers écon. et soc., 1960, p. 22-8).− [taksabl̥]. − 1resattest. 1482 (Lettres de Louis XI ds Bartzsch, p. 116), 1788 (Fér. Crit.); de taxer, suff. -able*.
2.
Taxateur, -trice, subst.a) Dr. Personne qui taxe, qui fixe la taxe. La réglementation du commerce des grains tomba en désuétude (...) Roland ne cessait de la condamner (...), alors que les taxateurs venaient de déchaîner encore une fois des troubles violents (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 287).Empl. adj., dr. Juge taxateur. Juge qui taxe les dépens. (Dict. xixeet xxes.). b) Subst. masc., télécomm. ,,Appareil qui permet d'enregistrer et de calculer le coût des communications téléphoniques`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983). − [taksatœ:ʀ], fém. [-tʀis]. Att. ds Ac. dep. 1762. − 1resattest. a) 1703 « juge qui taxe les dépens » (Arrêt du Parlement de Provence du 28 juin ds Trév. 1752), b) 1768 « individu chargé de fixer la taxe » (Éphém. Citoy., I, 182 ds Brunot t. 6, p. 247), c) 1798 « employé des postes qui taxe les envois » (Ac.); de taxer, suff. -(at)eur2*; cf. anciennement 1464 taxeur (J. Lagadeuc, Catholicon ds Gdf.); taxador est att. en a. gasc. dès 1378 (Levy Prov.).
3.
Taxatif, -ive, adj.,dr. Que l'on peut taxer. Synon. imposable, taxable.Les dépens sont toujours taxatifs (Besch.1845-46,s.v. taxer).Des revenus taxatifs (Quillet 1965). − [taksatif], fém. [-i:v]. − 1resattest. 1585 « relatif à la taxe? » (J. Papon, Premier Notaire, 685 ds Hug.), 1845 « qui peut être taxé » (Besch.); de taxer, suff. -(at)if*; cf. 1585 taxativement « relativement à la taxe? » (J. Papon, op. cit., 199 ds Hug.); 1692 taxativement « d'une manière qui taxe, qui détermine » (Boislisle, Corresp. contrôl. génér., p. 283 ds Littré Suppl. 1877).
BBG.Quem. DDL t. 11. − Verreault (Cl.). Les Adj. en -able en franco-québécois. In: Trav. de ling. québécoise. 3. Québec, 1979, annexe 2 122; p. 218 (s.v. taxable).

Taxer : définition du Wiktionnaire

Verbe

taxer \tak.se\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se taxer)

  1. (Vieilli) Régler, fixer le prix des denrées, des marchandises, de quelque autre chose que ce soit.
    • On a taxé les vivres.
    • Oseriez-vous me soutenir que c’est me payer trop cher, que je vaux moins de vingt mille francs ? Que diable ! on a son amour-propre aussi ; on ne peut pas se laisser taxer trop bas non plus. — (Comtesse de Ségur, L’Auberge de l’Ange-Gardien, 1888)
    • Taxer les dépens d’un procès.
    • On a taxé ses vacations à tant.
  2. Imposer, soumettre à une taxe.
    • Les compagnies pétrolières seront taxées à hauteur de 115 millions d’euros pour financer la revalorisation du barème forfaitaire kilométrique décidée la semaine dernière par Matignon, a annoncé lundi 11 avril la ministre de l’Économie […]. — (Challenges.fr, avril 2011)
  3. Accuser ; qualifier.
    • Chez d'autres, le manque d'habitude de lire typographiquement produit le même résultat; des fautes évidentes leur échappent sur trois épreuves, et ils les taxent de fautes typographiques. — (A. Frey, Nouveau manuel complet de Typographie, nouvelle édition revue, corrigée & augmentée par M.E. Bouchez, Manuels-Roret, 1857, part.1, page 188)
    • En examinant avec soin, en étudiant scrupuleusement, et dans les moindres détails, les ouvrages défensifs de ces temps, on comprend ces récits d’attaques gigantesques que nous sommes trop disposés à taxer d’exagération. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • L’islam radical, […], peut conduire à une cruelle répression. Des hommes qui refusent de brider leur raison seront taxés de Satans et se verront dénier leurs droits et leur qualité d’hommes. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p. 112)
    • Harland, qui a fort bien connu Vavilov, condamne sans réserves les théories mitchouriniennes, taxe Lyssenko de charlatan et dénonce les odieuses manœuvres qui ont abouti à la révocation des principales figures de la génétique soviétique. — (Joël Kotek et Dan Kotek, L’affaire Lyssenko, page 196, Éditions Complexe, 1986)
    • La Dépêche revient sur le sujet quelques semaines plus tard en réaction à une campagne d'affiches patronales sur les murs de la ville taxant les syndicats qui n'acceptaient pas les diminutions « légales » de salaires d'être de véritables « gréviculteurs » et de constituer une menace pour l'ordre social. — (Denis Coton, Contribution à l'histoire politique française de l'entre-deux-guerres: un député-maire de Troyes, René Plard, 1888-1946, éd. D. Gueniot, 2005, page 80)
    • […], d'aussi loin que le me rappelle j’ai été […] taxé de tout et de n'importe quoi par ceux-là même qui ne veulent pas savoir que c'est celui qui dit qui y est – car c'est toujours celui qui dit qui y est. — (Grégoire Bouillier, Le Dossier M, livre 2, Éditions Flammarion, 2018)
  4. (Familier) Prendre par la force ou par la menace.
    • On lui a taxé sa montre.
    • Je me disais que je n'avais qu'à m'approcher de lui, lui faire les poches, taxer le pognon et partir en sifflotant, décontracté. Il ne tenait plus sur ses jambes. — (Franz Bartelt, Le Jardin du bossu, Gallimard, 2004)
  5. (Pronominal) Fixer une somme qu’on s’engage à donner pour un certain objet.
    • Tous ses amis se taxèrent pour lui venir en aide.
    • Toutes les villes se taxèrent à l’envi pour subvenir aux besoins de l’État.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Taxer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TAXER. v. tr.
Régler, fixer le prix des denrées, des marchandises, de quelque autre chose que ce soit. On a taxé les vivres. On a taxé le pain, la viande à tant. Taxer les dépens d'un procès. On a taxé ses vacations à tant. Il signifie aussi Imposer, soumettre à une taxe. On l'a taxé bien haut. On a taxé la commune à tant. Taxer d'office.

TAXER signifie encore Accuser. On le taxe d'avarice. On le taxe d'être avare.

SE TAXER signifie Fixer une somme qu'on s'engage à donner pour un certain objet. Tous ses amis se taxèrent pour lui venir en aide. Toutes les villes se taxèrent à l'envi pour subvenir aux besoins de l'État.

Taxer : définition du Littré (1872-1877)

TAXER (ta-ksé) v. a.
  • 1Régler, limiter le prix des denrées, des marchandises. Taxer le prix du pain. Taxer la viande.

    Fig. Il importe de ramener tout ce que nous faisons au motif qui l'a produit, et de taxer toutes nos actions dans notre cœur même, Massillon, Carême, Confess.

    Régler les frais de justice. Taxer des vacations.

    Terme de procédure. Fixer les frais de justice faits dans un procès, une faillite.

  • 2Faire une imposition soit en deniers, soit en denrées. Je reçois un arrêt du conseil d'en haut de M. l'abbé Tribolet, qui me taxe à donner aux pauvres de mes villages vingt boisseaux de blé par mois, Sévigné, à Mme de Guitaut, 4 févr. 1694. Du jour où la nation permit aux rois d'établir un impôt général sans son concours, et où la noblesse eut la lâcheté de laisser taxer le tiers état pourvu qu'on l'exceptât elle-même…, Tocqueville, l'Anc. régime et la révol. II, 10.

    Taxer d'office, régler par autorité supérieure et extraordinaire la taxe qu'un taillable devait payer. Comme sa taxe avait été portée trop haut, l'intendant la diminua et le taxa d'office.

    Fig. Ainsi on taxe son jeu et ses plaisirs pour les pauvres : on les fait entrer en société de son gain, Massillon, Carême, Vérit. culte. Il [Épaminondas] leur disait : Sphrodias a une fille en âge d'être mariée ; il est trop pauvre pour lui constituer une dot ; je vous ai taxés chacun en particulier suivant vos facultés, Barthélemy, Anach. ch. 5.

  • 3Accuser quelqu'un d'un défaut, d'un tort, soupçonner. Cicéron le taxe [Épicure] de cela [avoir méprisé les lettres] et particulièrement du peu d'estime qu'il faisait de la dialectique, La Mothe le Vayer, Vertu des païens, II, Épicure. M. Chapelain dit que taxer ne doit point être banni du beau langage ; M. de la Mothe le Vayer est du même sentiment ; il ajoute que c'est une pure imagination de dire que taxer pour noter et même pour accuser ne doit plus être employé dans le beau style, Vaugelas, Rem. not. Th. Corn. t. I, p. 371, dans POUGENS. Je m'offre à vous y servir, puisqu'il m'en a déjà taxée, Molière, G. Dand. I, 7. Le commissaire : Comment ? vous croyez donc qu'un homme de justice ?… - Sganarelle : Ce que j'ai dit n'est pas pour taxer votre office, Molière, Éc. des mar. III, 5. Les remontrants avaient déclaré que des hommes de grand nom et de grande réputation dans la réforme avaient établi des choses qui ne convenaient pas avec la sagesse de Dieu ; ces grands hommes qu'ils voulaient taxer étaient les auteurs de la réforme, Calvin, Bèze…, Bossuet, Var. XI. Tubéron avait taxé de crime la conduite de ceux qui avaient porté les armes contre César, Rollin, Traité des Ét. III, 3.

    Absolument. Je ne taxe personne, je ne fais tomber sur personne le soupçon, le reproche dont il s'agit.

  • 4Se taxer, v. réfl. Fixer la somme qu'on veut donner. Ces sages sénateurs avaient quelquefois pour le peuple une juste condescendance, comme lorsque dans une extrême nécessité non-seulement ils se taxèrent eux-mêmes plus haut que les autres, ce qui leur était ordinaire, mais encore qu'ils déchargèrent le menu peuple de tout impôt, Bossuet, Hist. III, 6. Dans quelques pays, les moines s'y étant emparés des dîmes au préjudice des curés, les paysans ont été obligés de se taxer eux-mêmes pour fournir à la subsistance de leurs pasteurs, Voltaire, Dict. phil. Impôt.
  • 5S'accuser soi-même. Il s'est taxé de trop d'indulgence.

    S'accuser réciproquement. Ils se taxent de mauvais procédés.

REMARQUE

Quelques-uns disent encore ce méchant mot : Il m'a taxé en ma réputation. Il faut dire : il a maltraité ma réputation ; ce mot de taxé ne vaut rien dans cet endroit, Marg. Buffet, Observ. p. 65, 1668. Cette remarque n'a plus de place aujourd'hui.

HISTORIQUE

XIIIe s. Desquels la value jugeons et taussons à la somme de…, Du Cange, taxare. Et taxa on les despens à cent mil livres de tournois à reprendre dedens cinq ans, Chr. de Rains, p. 223. Quant il fet ses establissemens, il tauxe l'amende, Beaumanoir, XLIX, 4.

XVe s. Le comte de Vuarvich par pitié fut respité de la mort, et tauxé à telle penitence que je vous diray, Froissart, IV, p. 293.

XVIe s. Et qu'il ne payeroit rançon, fors que il meismes se voudroit tauxer, Menard, Hist. de Guesclin, p. 298, dans LACURNE. Taxant et maudissant par cris desesperez Les astres sans raison contre lui conjurez, Desportes, Angelique, 1. … pour un prix d'argent qu'il leur taxa, Amyot, Caton, 43. Ce neantmoins encore ne peut il pas eviter que ses malveuillans ne l'en taxassent et blasmassent, Amyot, Pomp. 4. Ce que j'ay dit n'est pas pour taxer ceux de qui j'ay parlé, la vertu desquels j'ay tousiours grandement admirée, Lanoue, 611.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TAXER.
3Ajoutez :

Taxer de, avec un verbe à l'infinitif. La reine lui faisait la guerre de ce qu'il lui avait apporté des bas de soie incarnats, jaunes et bleus, le voulant taxer d'avoir mal choisi les couleurs propres à la condition présente, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.

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Taxer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TAXER, v. act. (Gram.) c’est fixer un prix à une chose. Voyez les articles Taxe.

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Étymologie de « taxer »

Étymologie de taxer - Littré

Provenç. taxar ; espag. tasar ; portug. taixar ; ital. tassare ; du lat. taxare, taxer, blâmer, proprement toucher souvent, fréquentatif de tagere pour tangere (voy. TACT).

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Étymologie de taxer - Wiktionnaire

(Siècle à préciser) Du latin taxare.
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Phonétique du mot « taxer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
taxer takse play_arrow

Conjugaison du verbe « taxer »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe taxer

Citations contenant le mot « taxer »

  • Taxe numérique. Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré à la télévision nationale mardi 21 juillet qu’il envisageait une taxe numérique à l’échelle européenne pour les grandes multinationales technologiques, sur le modèle de la taxe que la France a indiqué vouloir imposer cette année. En janvier dernier, le président français avait décidé de reporter la mise en place d’une taxe sur certaines des plus grosses firmes de la Silicon Valley, après que Washington avait menacé de taxer davantage les produits français exportés aux États-Unis. www.euractiv.fr, La taxe numérique européenne considérée comme la meilleure ressource propre de l’UE – EURACTIV.fr
  • https://www.capital.fr/votre-argent/taxer-encore-plus-les-assurances-auto-lidee-surprenante-de-la-conference-citoyenne-1375032 Capital.fr, Taxer encore plus les assurances auto ? L’idée surprenante de la Convention citoyenne - Capital.fr
  • Le gouvernement réfléchirait à taxer les complémentaires santés qui ont réalisé des économies avec l'épidémie de coronavirus. Challenges, Le gouvernement veut taxer les complémentaires santé - Challenges
  • En tant qu’avocat, je pense immédiatement aux difficultés juridiques que la mise en place d’une telle taxe impliquerait. Par exemple, les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) interdisent de taxer plus fortement une marchandise étrangère qu’une marchandise nationale. Par conséquent, si un produit chinois se retrouvait subitement plus fortement taxé à l’intérieur de l’Union européenne, il faudrait obligatoirement qu’une taxation équivalente s’applique aux produits européens. Techniques de l'Ingénieur, La taxe carbone aux frontières, vraiment efficace pour financer le plan de relance européen ? | Techniques de l'Ingénieur
  • De même, dans le cadre de cette volonté de taxer davantage ce nouveau pan de l'économie, le parlement français a voté le 11 juillet 2019 la taxe GAFA, ou « Digital Service Tax ». La nature des revenus concernés est bien définie et seules les activités de publicité ciblée et de services d'intermédiation entre internautes sont visées par le texte. Dès que les seuils sont dépassés - à savoir un chiffre d'affaires mondial supérieur à 750 millions d'euros et un chiffre d'affaires français supérieur à 25 millions d'euros - un taux de 3% sera appliqué à l'assiette de l'impôt[4]. Grâce aux revenus de cette taxe, la fonction redistributive de l'impôt peut permettre de soutenir l'économie. Pourquoi ne pas envisager d'utiliser cet argent dans le cadre du plan de financement des retraites par exemple ? C'est également ce qu'il s'est passé en 2015 lorsque Fleur Pellerin a décidé d'augmenter la « taxe Copé » sur les fournisseurs d'accès à Internet, comme Orange, Bouygues Telecom ou SFR, pour financer l'audiovisuel public. Ce raisonnement considère les revenus imposables des entreprises du numérique comme significatifs, notamment du fait de chiffres d'affaires mondiaux qui sont très élevés. Cependant, il ne faut pas oublier le fossé existant entre chiffre d'affaires et base imposable, surtout dans le cadre de l'économie numérique dont la difficile localisation des activités, ainsi que la nature ambiguë de certains revenus, contribue à l'érosion de la base imposable. Affiches Parisiennes, L'impact économique de la fiscalité numérique en France: taxer plus pour gagner plus ?
  • Il ne faut pas trop taxer la patience des femmes sous prétexte qu'elles en ont beaucoup. Quand elles l'ont épuisée, les choses n'en vont que plus mal. De Claire Martin / Doux-amer
  • Le gouvernement est avant tout une organisation coûteuse qui sert à surveiller les indisciplinés et taxer les bons citoyens : le gouvernement ne fait pas grand chose pour les gens honnêtes à part les ennuyer. De Edgar Watson Howe / Notes for My Biographer
  • L’intellectuel dont la richesse est toute intérieure n’a rien à craindre du percepteur qui voudrait le taxer sur ses signes extérieurs de richesse. De Raymond Devos
  • L'amour est la seule chose au monde que le gouvernement ne peut pas taxer. De Anonyme

Images d'illustration du mot « taxer »

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Traductions du mot « taxer »

Langue Traduction
Corse imposta
Basque zerga
Japonais 税金
Russe налог
Portugais imposto
Arabe ضريبة
Chinois
Allemand mwst
Italien imposta
Espagnol impuesto
Anglais tax
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Synonymes de « taxer »

Source : synonymes de taxer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « taxer »


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