La langue française

Tâter

Définitions du mot « tâter »

Trésor de la Langue Française informatisé

TÂTER, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Trans. dir. Explorer en exerçant une légère pression; toucher doucement pour ressentir la nature d'une chose ou pour déceler une sensation de chaud ou de froid, de dureté ou de mollesse, de sécheresse ou d'humidité, etc.
1. [Le suj. désigne une pers.] Toucher avec la main ou les doigts et plus rarement avec une autre partie du corps. Tâter doucement, prudemment; tâter avec des doigts peu sûrs, avec sagacité, d'une main anxieuse.
a) [Le compl. d'obj. dir. désigne une partie du corps] Tâter une bosse, une cheville, des côtes, son front. Dites donc, s'exclama-t-il avec admiration, vous en avez des biceps. Fichtre fichtre fichtre ça fait plaisir à tâter (Queneau, Loin Rueil, 1944, p. 109):
1. Je tirai ma montre: il n'était que deux heures et demie. J'aurais cru, quant à moi, que mon voyage avait duré trois nuits. Je me tâtai bras et jambes, pour voir si j'étais au complet; dans ces sortes d'expéditions, on sait ce qui part, on ne sait pas ce qui arrive. About, Roi mont., 1857, p. 215.
Tâter le pouls de/à qqn. Presser légèrement l'artère pour sentir le rythme de la tension artérielle et déceler une éventuelle anomalie. La Rapet s'approcha du lit et considéra la mourante. Elle lui tâta le pouls, lui palpa la poitrine, l'écouta respirer (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Diable, 1886, p. 237).
Au fig. V. pouls B 2.
Tâter qqn.Poser ses mains sur le corps ou sur une partie du corps de quelqu'un, souvent avec une certaine sensualité. Les mains des soldats tâtaient les filles dans l'ombre et faisaient lever des rires (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 144):
2. J'entre, et je vois une femme qui me passe les mains sur le corps, sous le châle, sur le... enfin, partout. A-t-on vu une horreur pareille? On me prenait pour de la contrebande. − Ah! Je devine, on voulait voir si tu n'entrais rien de prohibé, de l'eau-de-vie ou autre chose. − Prohibé ou non, j'ai administré à la commère une poussée dont elle se souviendra. Tâter une femme ainsi: vilaine malhonnête! Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 435.
b) [Le compl. d'obj. dir. désigne un animal] Examiner une bête au toucher pour déceler une anomalie ou pour évaluer sa qualité marchande. [Le paysan] se perdit aussitôt dans la foule criarde et lente, agitée par les interminables marchandages. Les paysans tâtaient les vaches, s'en allaient, revenaient, perplexes, (...) épiant l'œil du vendeur, cherchant sans fin à découvrir la ruse de l'homme et le défaut de la bête (Maupass., Contes et nouv., Fic., 1883, p. 124).Thomas (...) tâta les reins de la bête; il fit jouer le ressort des jambes. Il toucha doucement la blessure d'entre-cuisses (Giono, Gd troupeau, 1931, p. 37).
c) [Le compl. d'obj. dir. désigne un inanimé] Tâter une bouillotte, une couverture de fourrure, une flanelle, le moelleux d'une robe. Les bras étendus, le vieux prêtre timide Tâte les murs épais du corridor humide (Vigny, Poèmes ant. et mod., 1837, p. 153).
P. anal., vx. Tâter le pavé. Ne pas pouvoir s'appuyer fortement en marchant. (Dict. xixeet xxes.).
d) P. ell. Éprouver par le toucher. Moi, je suis comme saint Thomas, il faut que je voie, que je tâte (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 54).
2. [Le suj. désigne une pers.] Toucher avec un objet pour reconnaître, éprouver, apprécier.
a) [Le compl. d'obj. dir. désigne une partie du corps] C'est comme une poigne de chirurgien, qui tâte avec de l'acier un fond de plaie (Goncourt, Ch. Demailly, 1860, p. 162).Le lendemain, il faudrait encore retourner chez le quenottier, ouvrir la bouche, se faire tâter toutes les dents avec le manche de l'outil (Huysmans, Sœurs Vatard, 1879, p. 99).
b) [Le compl. d'obj. dir. désigne un animal] Un lieuvre ed' dix, onze livres, pas ed' moins!... S'en est fallu ed' peu que j'y tâte el' râble avec mon bâton (Martin du G., Gonfle, 1928, i, 1, p. 1173).
c) [Le compl. d'obj. dir. désigne un inanimé] S'aider d'un instrument pour se repérer ou avoir des informations sur la solidité ou la fiabilité de quelque chose. Ils avancent avec précaution sur le désert de neige, attachés à la même corde, Tartarin en avant, tâtant de son piolet gravement (A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p. 251).Quelqu'un s'avance en tâtant le mur, avec un bâton, aveugle, et arrive à moi (Barbusse, Feu, 1916, p. 316).
P. anal. Tâter une route, un chemin, etc. L'éprouver. L'aide de camp: Il paraît que l'empereur est arrivé hier par la route de Nogent à Sézanne. Blucher: J'ai fait tâter cette route, elle est impraticable (Dumas père, Barrière Clichy, 1851, i, 2, p. 29).
Au fig. Tâter le terrain. Apprécier l'état d'une affaire en posant des questions discrètes. Synon. sonder* le terrain.Laurent Fabius a fait une descente au commissariat du 6èmearrondissement de Paris dans la nuit de mardi à mercredi, histoire de tâter le terrain avant son quart d'heure télévisé en partie consacré à la sécurité (Libération, 20 déc. 1984, p. 20).
3. [Le suj. désigne un animal] Si l'on a soin d'en « amorcer » quelques-unes [des abeilles], en les posant sur la farine répandue, elles la tâtent, la goûtent, reconnaissent ses qualités à peu près équivalentes à celles de la poussière des anthères, retournent à la ruche, annoncent la nouvelle à leurs sœurs (Maeterl., Vie abeilles, 1901, p. 260).
En partic. [Le suj. désigne un cheval, une bête de somme] Tâter le terrain, le sol, etc. Ne pas marcher franchement, ne pas avoir les pieds sûrs. Ce cheval tâte le terrain (Ac.).L'âne (...) tâtait l'herbe du sabot, avec précaution (Schwob, Monelle, 1894, p. 46).
4. [Le suj. désigne un inanimé] Peut-être, un jour que la mort nous tâtera (...), les reverrons-nous (...), ces longues avenues de lits bien blancs (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mes hôp., 1891, p. 329).
5. Au fig.
a) Tâter qqn.Interroger quelqu'un discrètement pour essayer de connaître ses dispositions vis-à-vis de quelque chose. Il faut que j'aie avec ta pauvre grand'mère une conversation où je la tâte, pour savoir si elle a jamais envisagé la possibilité de ton mariage (Bourget, Actes suivent, 1926, p. 149).
b) [Le compl. désigne qqc. d'abstr.] Expérimenter, essayer, mettre à l'épreuve. Tâter le caractère, sa vocation, sa sensibilité. Je prenais le train de Paris. Passant par Monte-Carlo, j'allai tâter la chance au Casino. La chance s'étant montrée contraire, je remontais le lendemain matin dans le train de Paris (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 237).
Tâter le courage de qqn. Commencer à attaquer, à offenser quelqu'un, pour voir s'il se défendra ou s'il sera poltron. (Dict. xixeet xxes.).
Tâter l'opinion. Sonder les idées de l'opinion publique que constituent les gens. Jenkins avait jugé à propos de disparaître pendant quelque temps, laissant madame continuer à fréquenter les salons encore ouverts, afin de tâter et tenir en respect l'opinion (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 182).Par un journal, vous tâteriez l'opinion, vous distingueriez le courant (Barrès, Déracinés, 1897, p. 279).
Tâter l'ennemi. Mettre à l'épreuve les forces ennemies en engageant quelques escarmouches. [Montluc] s'entendait à merveille, dans une escarmouche, à tâter l'ennemi, c'est-à-dire à connaître sa marche et à son attitude s'il avait peur ou s'il était en force et solide (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 11, 1854, p. 100).
Tâter le jeu. Tester l'adversaire en essayant de deviner sa tactique. Les escrimeurs qui tâtent le jeu d'un tireur inconnu, afin d'y entrer (Bourget, Disciple, 1899, p. 33).
c) Vx. N'en tâter que d'une dent. N'en avoir que peu ou pas du tout, ne pas obtenir ce qu'on désirait. (Dict. xixeet xxes.).
6. Spécialement
a) CHASSE. [Le suj. désigne un chien] Sembler toucher avec le nez l'odeur qu'un animal (gibier, etc.) a laissée sur son itinéraire. Les chiens tâtent la terre et se rabattent sur la voie (La Hêtraie, Chasse, vén., fauconn., 1945, p. 157).
b) CH. DE FER. Mesurer l'échauffement des freins en donnant des petits coups sur les roues. On diminue le nombre [des ruptures de bandages] en tâtant fréquemment les roues au marteau (Bricka, Cours ch. de fer, t. 2, 1894, p. 7).
c) MARINE
Tâter le fond. ,,Le toucher à la sonde, s'assurer que la sonde le touche bien, en la levant un peu et la refilant. De même, toucher le fond avec la gaffe, pour s'assurer de sa nature et du brassiage`` (Merrien 1958). Synon. fam. de sonder.Je ne suis plus sûr de notre position, il faudrait tâter le fond (Merrien1958).
Tâter le vent. Avancer lentement pour voir jusqu'à quelle limite on peut aller dans le lit du vent sans que les voiles fasseyent. (Dict. xixeet xxes.).
d) MINES ET CARR. Tâter un parement. ,,Tracer, sur un bloc à tailler, une ligne dans le sens de la plus grande dimension pour exécuter la première ciselure`` (Noël 1968).
e) MUS. Tâter des cordes, tâter un clavier. En tester la sonorité. Dans le prélude (...) les luthistes semblaient « tâter les cordes », et les clavecinistes, vérifier l'accord (BrenetMus.1926, p. 151).
f) PÊCHE. ,,Raidir la ligne après la touche, mais avant de ferrer, afin de se rendre compte du comportement du poisson à qui l'on doit laisser le temps d'avaler l'appât avant de le piquer`` (d'apr. Lar. encyclop.).
g) PEINT. Travailler sans hardiesse, sans vigueur, d'un main hésitante et timorée. (Dict. xixeet xxes.).
B. − Empl. trans. indir.
1. Tâter de qqc.
a) Vieilli. [Le compl. désigne ce qui se mange ou se boit] Goûter, manger. Tâter d'un pâté, d'un rôti, d'une viande; tâter de la grande cuisine. Je suis propriétaire de magnifiques vignobles, fils de riche propriétaire, et vous tâterez de mon vin, fait par mon père (Stendhal, Nouv. inéd., 1842, p. 285).Une bande de chacals qui rôdait par ici a voulu tâter de nos provisions (Du Camp, Mém. suic., 1853, p. 4).
GASTR. Tâter à qqc.Faire un léger essai, afin de savoir si ça a bon ou mauvais goût. Tâter à une sauce, à un vin. (Dict. xixeet xxes.).
b) [Le compl. désigne un inanimé abstr.] S'essayer à quelque chose, expérimenter quelque chose. Tâter de la liberté, de la vie nocturne, des voyages, de tous les métiers. La république! Y pensez-vous, mon fils? La France en a tâté et sait trop ce qu'elle vaut (Sandeau, Sacs, 1851, p. 45).Il n'a jamais voulu tâter d'un seul magasin, ni des bureaux, même comme gardien et même de nuit (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 66).
2. Au fig., fam.
a) En tâter
α) Goûter à, s'essayer à quelque chose. Il s'assit sur le divan: « C'est là-dessus que vous opérez? demanda-t-il d'un air amusé. − Oui; vous voulez en tâter? − Qui sait? dit-il (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 502).Comme il s'asseyait pour manger sa soupe, Françoise, qui le servait, tourna un instant derrière lui. Enfin, elle éclata, toute rouge. − Dis, rentre ta chemise, c'est dégoûtant. Il était mal planté, il s'emporta. − Nom de Dieu! As-tu fini de m'éplucher?... Ne regarde pas, si ça t'offusque... T'as donc bien envie d'en tâter, morveuse, que t'es toujours là-dessus? (Zola, Terre, 1887, p. 205).
β) Vivre quelque chose de difficile. Synon. pop. en baver.C'était pour eux, tous les chagrins! c'était pour eux toutes les complaintes! (...) Ils voulaient pas moi que je m'en mêle, que je fasse même mine de les aider... que j'en tâte un peu (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 357).
γ) ESCR., vx. Se battre en duel. (Dict. xxes.).
b) Y tâter
α) Exceller dans un jeu, dans une activité. Le ballon fendit l'air à quarante mètres de là, à la cime des poteaux de but: le fameux drop-goal de Lando, célèbre à l'école. − Eh bien, il y tâte, votre copain, me dit l'entraîneur ravi (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 205).
β) Dans le domaine sexuel, pop.S'initier, goûter au plaisir. Question de femmes, d'abord, il était terrible mon père, s'il me soupçonnait d'avoir envie d'aller y tâter un peu il devenait extrêmement féroce (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 167).
3. Vieilli, fam. Tâter de qqn.Fréquenter quelqu'un, le plus souvent avec une connotation sexuelle. Tâter des actrices, des chanteuses. S'il est une fille Bien gentille Quiu veuille tâter d'un mari Bien nourri, Qu'elle vienne à ma table; Je serai bien aimable (Nadaud, Chansons, 1870, p. 34).Cinq femmes descendirent sur le perron (...). Elles ne s'étaient point fait prier, sûres d'être bien payées, connaissant d'ailleurs les Prussiens, depuis trois mois qu'elles en tâtaient (Maupass., Contes et nouv., t. 2, MlleFifi, 1881, p. 160).
II. − Empl. pronom..
A. − réfléchi
1. Se toucher. Quand je me vois pas, j'ai beau me tâter, je me demande si j'existe pour de vrai (Sartre, Huis clos, 1944, 5, p. 136).
2. Au fig. Hésiter, peser le pour et le contre avant de se décider à prendre position ou à agir. Se tâter politique-ment. On se tâtait, en haut lieu, pour savoir si le moment n'était pas venu de faire un appel direct et pressant à l'appui de la Grande-Bretagne, sous la forme, par exemple, d'une lettre personnelle du président de la République au roi George (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 518).
3. Arg. Se tâter, (aller) se faire tâter. Synon. de aller se faire voir*, se fouiller.Si le patron s'imagine que je vais me la fouler pour terminer ce travail, il peut se tâter (Rossignol, Dict. arg., 1901, p. 98).Tu ne viens pas? C'est bien entendu? − C'est bien entendu. Je ne viens pas. − Alors va te faire tâter (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 103).
Arg. des voyous. Se faire tâter. Être arrêté. (Ds Esn. 1966).
B. − réciproque. Se toucher l'un l'autre. En l'entendant conter ses merveilleuses histoires, Quatrefeuilles et Saint-Sylvain riaient comme les autres et, se tâtant du coude, lorgnaient (...) la chemise (France, Barbe-Bleue, Chemise, 1909, p. 209).
Prononc. et Orth.: [tɑte], (il) tâte [tɑ:t]. [ɑ] < amuïssement de s implosif; préservé dans une certaine mesure par la pré-sence de l'accent circonflexe; au fur et à mesure que la syll. s'éloigne de l'accent [ɑ] tend à devenir [a]. V. tâtonnant, tâtonnement, tâtonner. Ac. 1694, 1718: taster; dep. 1740: tâter. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1remoit. du xiies. taster « explorer par le toucher » (Psautier Cambridge, CXIII, 14 ds Gdf. Compl.); ca 1160 taster « id. » (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 1249); b) ca 1155 taster al pulz « presser légèrement l'artère du poignet pour connaître la rapidité des battements du cœur » (Brut, 8263 ds T.-L.); 1180-90 tater le pous (Renart, éd. M. Roques, 18634); 1280 taster au pous (Philippe de Beaumanoir, Jehan et Blonde, éd. S. Lécuyer, 683-684); 1594 taster le poux à qqn (sur une affaire) « essayer de connaître ses dispositions, ses sentiments sur une affaire » (G. Du Vair, Actions et traictez oratoires, 173 ds Quem. DDL t. 19); c) 1160-74 taster « explorer (un pays, un terrain) » (Wace, Rou, III, éd. A. J. Holden, 5245); d) 2emoit. du xiiies. taster (aucun) « mettre à l'épreuve » (Anc. Sermon fr., p. 55 ds T.-L.); 1718 tâter l'ennemi « faire des mouvements, de petites attaques, pour connaître les dispositions de l'ennemi » (Ac.); e) expr. α) 1680 tâter le pavé « marcher avec hésitation (en parlant d'un cheval) » (Rich.); 1694 « marcher avec hésitation (en parlant d'une personne), agir avec circonspection, avec irrésolution » (Ac.); β) 1690 tâter le terrain « marcher avec hésitation (en parlant d'une personne); fig. agir avec précaution, avec circonspection » (Mmede Sévigné, Lettre à MmeDe Grignan du 21 juin ds Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 981); 2. 1160-74 soi entretaster « se frapper réciproquement, se toucher de l'épée » (Wace, Rou, III, éd. citée, 3973); fin xiies. taster « frapper » (Robert le Diable, 3275 ds T.-L.); 3. fin xiiies. [date des mss] taster « caresser en palpant » (Thèbes, éd. L. Constans, Appendice III, 2853, p. 143). B. 1. a) Ca 1160 taster de « jouir de, avoir sa part de » (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 8218); b) 1174-78 taster de qqc. « s'adonner à (un vice) » (Etienne de Fougères, Manières, éd. R. A. Lodge, 148); c) ca 1225 taster « essayer, faire l'expérience de » (Pean Gatineau, St Martin, 9566 ds T.-L.); d) ca 1590 se taster « s'examiner, se consulter, se sonder sur quelque chose » (Montaigne, Essais, II, 6, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, t. 1, p. 380); 1718 « être trop attentif à sa santé » (Ac.); 2. 1165-70 taster de qqc. « goûter à quelque chose, en manger pour en jouir » (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 5106). Continue le lat. pop. *tastare, contraction du lat. vulg. *taxitare, fréquent. du lat. class. taxare « toucher souvent et fortement ». Fréq. abs. littér.: 1 393. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 820, b) 2 515; xxes.: a) 2 650, b) 2 278.
DÉR.
Tâtement, subst. masc.,peu us., vx. Action de tâter, expérience. Qui plus qu'eux [les débauchés] est habitué à cette recherche du fond des choses, et, si l'on peut ainsi parler, à ces tâtements profonds et impies? (Musset, Confess. enf. s., 1836, p. 318).− [tɑtmɑ ̃]. Supra prononc. − 1reattest. 1530 (Palsgr.); de tâter, suff. -(e)ment1*.
BBG.Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 550.

Wiktionnaire

Verbe

tâter \tɑ.te\ transitif direct 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se tâter)

  1. Toucher, manier doucement une chose, pour connaître son état.
    • Tâtez cette étoffe, elle est douce, moelleuse.
    • Tâter le pouls, Presser légèrement l’artère du poignet pour connaître la rapidité des battements du cœur.
    • Ce cheval tâte le terrain.
  2. (Figuré) Explorer pour obtenir de premiers rudiments de connaissance.
    • Dès sa première tétée, l’enfant commence à tâter le monde. — (Bélanger, Henri, Place à l’homme, Hurtubise HMH, Montréal (Québec), 1972)
  3. (Figuré) (Familier) Essayer de connaître les dispositions, les sentiments de quelqu’un sur quelque chose
    • Tâter le pouls à quelqu’un sur une affaire.
  4. (Figuré) Essayer de connaître l’état d’esprit d’une personne.
    • Tâter l’ennemi, Faire des mouvements, de petites attaques pour connaître les dispositions de l’ennemi.
  5. (Vulgaire) Patiner une femme.
  6. (transitif indirect) Goûter à quelque chose.
    • — À propos de poulet, monsieur tâterait-il d’un chapon ? — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907) Note : Il vieillit en ce sens et ne se dit guère que par plaisanterie.
    • ― Quoi ! Sans même tâter de cette friture de goujons de Seine qui est la renommée de cette auberge ! — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
  7. (transitif indirect) (Figuré) (Familier) Essayer quelque chose, connaître par expérience ce que c’est.
    • Il faut le laisser tâter du métier de soldat.
    • Elle ne serait pas la première pintade de la Haute qui trouverait piquant de tâter du Bolchevik, d’attirer sous son drap ces buveurs de sang dont le monde bourgeois a fait ses épouvantails… — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 104)
    • Elles braillent en voyant des araignées, mais elles poignarderaient leur coquin aussi facilement qu’on commande une glace au chocolat. Les souris sont comme ça, mais peut-être que vous en avez déjà tâté. — (Peter Cheyney, Les femmes s’en balancent, traduction de Michelle et Boris Vian, Gallimard, 1949, page 11)
  8. (Pronominal) (réfléchi) S’examiner, se consulter, se sonder sur quelque chose.
    • Il s’est tâté là-dessus.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TÂTER. v. tr.
Toucher, manier doucement une chose, pour savoir si elle est dure ou molle, sèche ou humide, froide ou chaude, etc. Tâtez cette étoffe, elle est douce, moelleuse. Tâter le pouls, Presser légèrement l'artère du poignet pour connaître la rapidité des battements du cœur. Fig. et fam., Tâter le pouls à quelqu'un sur une affaire, Essayer de connaître ses dispositions, ses sentiments sur une affaire. En termes de Manège, Ce cheval tâte le terrain, Il ne marche pas franchement, il n'a pas les pieds sûrs. Fig. et fam., Tâter le terrain, Agir avec précaution, avec circonspection, se renseigner avant d'agir. Il ne faut pas se hâter dans cette affaire; tâtez d'abord le terrain.

TÂTER signifie aussi, figurément, Essayer de connaître l'état d'esprit d'une personne. Je l'ai tâté sur cette affaire, il ne veut pas s'y engager. Tâter l'ennemi, Faire des mouvements, de petites attaques pour connaître les dispositions de l'ennemi. Tâter le courage de quelqu'un ou Tâter quelqu'un, Commencer à l'offenser, à l'attaquer, pour voir comment il se défendra.

TÂTER s'emploie aussi intransitivement et signifie Goûter à quelque chose, goûter de quelque chose. Je tâterais volontiers de ce vin, de ce perdreau. Il vieillit en ce sens et ne se dit guère que par plaisanterie. Il signifie, au figuré, Essayer de quelque chose, connaître par expérience ce que c'est. Il ne veut plus entendre parler de ce procès, il n'en a que trop tâté. Il faut lui laisser tâter du métier de soldat. Il est familier en ce sens.

SE TÂTER signifie S'examiner, se consulter, se sonder sur quelque chose. Il s'est tâté là-dessus.

Littré (1872-1877)

TÂTER (tâ-té) v. a.
  • 1Employer le toucher afin de connaître. Tâter une étoffe. Tâtant son ennemi au défaut des armes, il lui plongea son poignard dans le flanc, Vaugelas, Q. C. IX, 5. L'un l'autre ils s'accusaient de cette violence, Et sans lumière aucune, en querellant le sort, Sont venus doucement tâter si j'étais mort, Molière, Éc. des femmes, v, 2. Je tâte votre habit ; l'étoffe en est moelleuse, Molière, Tart. III, 3.

    Tâter le pouls à quelqu'un, appuyer ses doigts sur l'artère du bras, ou toute autre artère accessible, pour connaître le mouvement du sang. Clitandre tâtant le pouls à Sganarelle : Votre fille est bien malade, Molière, Am. méd. III, 5.

    Fig. Tâter le pouls, questionner quelqu'un pour connaître ses dispositions au sujet d'une affaire.

    Fig. Se tâter le pouls, examiner ce que l'on peut. Je sonde ma portée et me tâte le pouls, Régnier, Sat. I.

    Tâter le chemin, reconnaître si un chemin est praticable. Tous les pavés sont devenus impraticables… voyant que nous ne voyions plus rien, et qu'il fallait tâter le chemin…, Sévigné, 430.

    Familièrement. Il tâte le pavé, il ne peut pas s'appuyer fortement en marchant.

    Terme de manége. Ce cheval tâte le terrain, il ne marche pas franchement, il n'a pas les pieds sûrs.

    Fig. Tâter le pavé, le terrain, agir avec précaution, avec circonspection. Enfin, elles ont tant tortillé autour de moi, qu'ayant tâté et trouvé le terrain favorable, elles m'ont avoué qu'elles avaient fait écrire cette lettre par Démonville, Sévigné, 435. Ils savent tâter le terrain et s'y accommoder, Gherardi, Théât. ital. t. II, p. 100.

  • 2 Fig. Essayer de connaître la capacité, les opinions d'une personne, mettre une personne à l'épreuve. Adieu ; je vais tâter mon gendre là-dessus, Scarron, Jodelet, III, 3. Tâtez-la par divers endroits pour découvrir par où les grandes vérités peuvent mieux entrer dans sa tête, Fénelon, Éduc. filles, 7. Il est question de les voir en particulier [les hommes]… de les tâter de tous côtés, de les sonder pour découvrir leurs maximes, Fénelon, Tél. XXIV. Il cessa de me tâter, et, changeant de discours de peur de m'inspirer quelque défiance…, Lesage, Guzm. d'Alf. IV, 5. Je jugeai bien qu'il avait dessein de tâter mon esprit ; je me tins sur mes gardes et me préparai à mesurer tous mes mots, Lesage, Gil Bl. VII, 2. J'espère bien que tous les Choiseul me permettront de mettre leurs noms en gros caractères parmi les souscripteurs de Corneille ; je vais d'abord tâter le roi, Voltaire, Lett. d'Argental, 23 juin 1761.

    Fig. Je tâcherais… mes chers enfants, de me mettre en état de venir un peu tâter la Providence, prendre part au bonheur de mes cadets, et vivre avec les vivants, Sévigné, 13 mars 1680.

    Tâter l'ennemi, faire des démonstrations hostiles, de petites attaques, pour connaître ses dispositions.

    Tâter le courage de quelqu'un, ou, simplement, tâter quelqu'un, commencer à l'attaquer, à l'offenser, pour voir s'il se défendra. Tout est plein de ces poltrons adroits qui cherchent, comme on dit, à tâter leur homme, c'est-à-dire à découvrir quelqu'un qui soit encore plus poltron qu'eux, et aux dépens duquel ils puissent se faire valoir, Rousseau, Hél. I, 60.

    Terme de manége. Tâter son cheval, essayer la finesse et les moyens du cheval que l'on monte.

    Terme de marine. Tâter le vent, essayer de loffer quand on est au plus près, pour voir si les voiles continueront à porter et si l'on peut loffer davantage.

  • 3Tâter une chose, l'essayer pour voir ce qu'on en peut tirer. Un problème proposé par M. le marquis de l'Hôpital dès 1692 aux géomètres, comme méritant leur recherche, et qui certainement n'avait pas été dix ou onze ans sans être tâté et même bien tourné de tous les sens par les plus habiles, Fontenelle, Saurin. Tâte tous les sujets et guette tous les mots, Delille, Convers. I.
  • 4 Terme de peinture. Travailler d'une main servile et peu hardie.
  • 5 V. n. Explorer par le toucher. Léandre : Avez-vous des témoins ? - L'intimé : Monsieur, tâtez plutôt : Le soufflet sur ma joue est encore tout chaud, Racine, Plaid. II, 6. Mais, dit le nain, j'ai bien tâté ; mais, répondit l'autre, vous avez mal senti, Voltaire, Microm. 4. Voyez, tâtez, mesurez, pesez, nombrez, assemblez, séparez, et soyez sûr que vous ne ferez jamais rien de plus, Voltaire, Lett. à M. L. C. 23 déc. 1768.
  • 6Tâter à, faire un léger essai d'une chose pour en connaître la qualité. Tâter aux sauces. Tâter au vin.
  • 7Tâter de…, manger ou boire d'une chose, non pour en connaître les qualités, mais pour en jouir. Jupiter, s'il était malade, Reprendrait l'appétit en tâtant d'un tel mets, La Fontaine, Fabl. XI, 6. Au moins je tâterai de l'oie. - Nous l'avons mangée à dîner, Brueys, Avoc. Pat. III, 13. Je vais tâter du vin dont nous boirons ce soir Une ample effusion, Regnard, le Distr. I, 7.

    Activement, dans le même sens ; tournure qui a vieilli. De ces manches qu'à table on voit tâter les sauces, Molière, Éc. des mar. I, 1.

  • 8 Par extension. Jouir en général, avoir sa part de. Maints présages à tous connus Faisaient bien juger que Turnus, Comme époux en toute sa vie Ne tâterait de Lavinie, Scarron, Virg. VI. Que je serais heureuse de tâter un peu de cette sorte de vie avec une telle compagnie ! Sévigné, 25 juill. 1689. Je crois qu'il y a une dose de tendresse dans mon cœur, qui tient à votre personne, et dont les autres mères ne tâtent pas, Sévigné, à Mme de Grignan, 12 févr. 1690. Mme de Kerman est une fort aimable personne, j'en ai tâté, Sévigné, 19 avr. 1689. Il achetait mille choses qu'il donnait imprudemment à la Senantes… la petite Saint-Germain n'en tâtait plus que bien rarement, Hamilton, Gramm. 4. La noblesse n'est pas une chimère, mais quelque chose de très réel, très solide, très bon, dont on sait tout le prix, chacun en veut tâter, Courier, Lett. à l'Acad. des inscr.

    Vous en tâterez, c'est-à-dire vous en passerez par là, vous aurez ce bonheur ou ce malheur. Point, Tartufe est votre homme, et vous en tâterez, Molière, Tart. II, 3.

    Vous n'en tâterez plus, vous n'aurez plus la chose dont il s'agit. Voilà ce que c'est d'avoir causé ; vous n'en tâterez plus, et je vous laisse sur la bonne bouche, Molière, G. Dandin, II, 7.

    Il n'en tâtera que d'une dent, il n'en aura que peu, il n'obtiendra pas ce qu'il désire.

    En tâter, se battre. Et comme on nous fit lors une paix telle quelle, Nous sûmes l'un à l'autre en secret protester Qu'à la première vue il en faudrait tâter, Corneille, le Ment. IV, 1.

  • 9Essayer, faire l'expérience de quelque chose. L'un est soûl de la guerre civile, l'autre n'en a jamais voulu tâter, Guez de Balzac, le Prince, 2. Vous avez voulu tâter de la noblesse ; et il vous ennuyait d'être maître chez vous, Molière, G. Dandin, I, 3. J'eusse opiné à tâter du climat de Provence, cette année, Sévigné, 30 oct. 1689. A-t-elle [Pauline, la fille de Mme de Grignan] tâté de Lucien ? est-elle à portée des Petites Lettres [les Provinciales] ? Sévigné, 15 janv. 1690. Je n'avais point encore tâté du dégoût et du chagrin de n'avoir point de vos lettres, Sévigné, 10 juill. 1680. Il faut qu'un honnête homme ait tâté de la cour, La Bruyère, VIII. Allez, vous êtes fou de vouloir, à votre âge, Pour la seconde fois tâter du mariage, Regnard, Fol. amour. I, 3. Je suis un vieux gladiateur accoutumé à être condamné aux bêtes dans l'arène ; mais je tremble de voir une femme [Mme Denis, auteur d'une pièce de théâtre] qui veut tâter de ce combat, Voltaire, Lett. d'Argental, 11 juillet 1752. Pardon, mon cher ange ; ce n'est pas ma faute, si j'ai tâté un peu de l'agonie aux approches de l'équinoxe, selon ma louable coutume, Voltaire, ib. 8 mars 1775. Il avait tâté de plusieurs métiers avant de se fixer, Grimm, Corresp. t. I, p. 389. Depuis qu'elle avait voulu tâter de la littérature, Rousseau, Conf. IX. Je n'attends que la paix pour voyager ; je tâterai de différents pays, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 22 déc. 1759.
  • 10Ne pas tâter de, ne pas mordre à, ne pas être pris à. Il a beau dire, je ne tâte pas de son amour pour la Provence, Sévigné, 32. Chavigny fit le malade, mais M. le Prince ne tâta pas de cette duperie, Saint-Simon, 8, 98.
  • 11Se tâter, v. réfl. Appliquer sur soi-même le toucher. Pourtant, quand je me tâte et que je me rappelle, Il me semble que je suis moi, Molière, Amph. I, 2.
  • 12 Fig. Examiner ses sentiments, se sonder sur quelque chose. Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie, Corneille, Pomp. III, 1. Il faut se tâter, se manier, se sonder, pour savoir qu'on est vain, Malebranche, Rech. vér. II, II, 6. Ce n'est que dans un commerce libre et ingénu qu'on peut bien connaître les hommes, qu'on se tâte, qu'on se démêle et qu'on se mesure avec eux, Vauvenargues, Œuv. compl. t. I, p. 122, dans POUGENS.
  • 13Être trop attentif à sa santé. Il se tâte continuellement.

    Fig. Un peuple qui se tâte sans cesse, et trouve tous les endroits douloureux…, Montesquieu, Esp. XIV, 13.

  • 14Essayer de connaître réciproquement la force l'un de l'autre. [Dans une discussion] on se tâte, pour ainsi dire, l'un l'autre dans les premiers coups qu'on se porte ; quand on s'est un peu expliqué, quand on croit avoir découvert où chacun met la difficulté, et avoir senti le faible, tout ce qui suit est plus vif, plus pressant, Bossuet, Conf. avec Claude, Avertissement. Après s'être tant tâtés et regardés en Europe, la guerre enfin se déclara de fait par les impériaux en Italie, Saint-Simon, 95, 1. On se tâta, on s'étudia, on chercha à se lasser, à se surprendre réciproquement, Raynal, Hist. phil. XIX, 3.

HISTORIQUE

XIIe s. Mains unt, e ne tasterunt, Liber psalm. p. 176. Gusté en ai [du fruit du paradis] ; Deus ! quel savor ! Unc ne tastai d'itel sador, Adam, p. 27. Li reis, quant il out tasté le commencement de la proesse des Juis…, Machab. II, 13.

XIIIe s. Signour, tastez, et si veez Que dame Deux est moult souez [doux], Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 282. Plus tost qu'il pot, vint cele part, Taste, si ad l'enfant trové, Marie de France, Frêne. Le bras prent et taste le pous, Ren. 19528. Puis [le médecin] li taste, qu'il n'i areste, Au pous du bras…, Bl. et Jehan, 673. Tastant à la main, à maniere d'avugle, Miracles St Loys, p. 175.

XIVe s. Ainsi furent Anglois es grans bois de Cisay, Qui boivent liement si bon vin que d'Aussai [Alsace] ; Hé dieux ! dient Anglois, ains tel vin ne tastai, Guesclin. 22115-22134. Tu cognoistras male complexion en la plaie, se tu vois la pel d'environ la plaie trop rouge et chaulde à taster, Lanfranc, f° 12, verso.

XVe s. Aveugle suy, ne sçay où aler doye ; De mon baston, affin que ne forvoye, Je vais tastant mon chemin çà et là, Orléans, Bal. 64. Si fut tasté et quis, et la lettre trouvée sur lui, Froissart, I, I, 228. Et leur dit qu'ils prissent mille hommes d'armes et deux mille archers, et s'en allassent tastant et regardant selon la riviere de Somme, Froissart, I, I, 276.

XVIe s. Que saint Antoine me arde, si ceulz tastent du piot qui n'auront secouru la vigne ! Rabelais, Garg. I, 27. Je n'ai tasté des verges qu'à deux coups, et bien mollement, Montaigne, II, 73. Ce mystere commençoit à taster ma souspeçon, Montaigne, IV, 227. Il la fit taster par tout [la rivière] ; en fin fut trouvé un gué, Lanoue, 642. Il emporte trois barricades sans les taster, D'Aubigné, Hist. II, 171. Si tu tastes de la chaux dissoute sur le bout de la langue, tu trouveras une mordication salsitive, Palissy, 33. Quand il eut un peu tasté des richesses et des delices de l'Orient, Amyot, Anton. 27. Quand deux grandz capitaines comme ces deux là se sont tastez une fois en tels hazards…, Brantôme, Duc d'Albe.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « tâter »

Provenç. et anc. espagn. tastar ; ital. tastare ; d'un verbe itératif, d'après Diez, formé du latin taxare, qui signifie toucher fortement et souvent. Tastare représente donc une forme fictive taxitare. L'allemand tasten vient des langues romanes.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Début XIIe siècle) De l’ancien français taster (« explorer en touchant »), du latin populaire tastare issu de taxare, lui-même issu de tangere.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « tâter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tâter tate

Citations contenant le mot « tâter »

  • Pour une consommation optimale, l'abricot doit être cueilli à maturité, car il ne mûrit plus une fois ramassé. Pour bien le choisir sur le marché, l’idéal serait de pouvoir le tâter : l’abricot doit être souple pour constater un léger creux. Surtout ne vous fiez pas à sa couleur, elle arrive avant qu’il ne soit mûr. Une fois à la maison, consommez-le rapidement, ou cuisinez-le, en tarte tatin par exemple.  Europe 1, La recette de l'abricot façon tarte tatin, simple et gourmande
  • J’ai eu la chance de tâter le jeu dans différents endroits du monde sur la plupart des voitures officielles avec les pilotes officiels également. Ce n’est pas moins de 13 lieux qui nous ont été proposés et je dois dire qu’ils étaient tous assez variés. Le classique Monte-Carlo que j’ai fait avec une Lancia Delta, à l’ancienne en passant par la Turquie, le Mexique, le Japon, le Pays de Galles et j’en passe. J’ai donc pu par cette variété de lieux, tâter la neige, la boue, la poussière ou encore la pluie. Très bon choix de la part du studio et, je dois vous dire que j’ai hâte de voir la version complète du titre. Il n’y avait pas de mode carrière dans cette build, ce qui reste compréhensible. Le tout évidemment pour nous tenir en haleine jusqu’à la sortie définitive de WRC 9. Les Players du Dimanche, WRC 9 - Preview – Les Players du Dimanche
  • Lors des consultations pour la composition du nouveau gouvernement, Jean-Yves Le Drian est, lui, sollicité par Emmanuel Macron pour savoir si il a «des idées de femmes de gauche qui pourraient rejoindre le gouvernement». Le ministre des Affaires étrangères appelle Ségolène Royal pour «tâter le terrain». Au cours de cet échange, l’ex-ministre de l’Ecologie assure que son arrivée au gouvernement «n’aurait de sens que pour une politique plus sociale, plus écologiste, plus démocratique». , "L’autre folle de Ségo", Ségolène Royal réagit à la gaffe de Jean-Yves Le Drian
  • Partout, on voit des moutons transportés sur les épaules, les triporteurs, les pick-up ou en scooters. Ici, la plupart des bêtes de races D’man, Bargui ou Sardi proviennent généralement de Boujaâd dans la région de Béni Mellal-Khénifra et de Timahdit, dans la région de Fès-Meknès. Pour en choisir un qui soit beau, de bonne corpulence et avec une belle taille, il faut une technique spéciale : tâter les cuisses pour voir si la chaire est bonne et le faire sourire pour voir ses dents qui donnent indice sur son âge. Maroc Diplomatique, Au temps du coronavirus, un Aïd Al Adha qui n'a pas le même goût

Images d'illustration du mot « tâter »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « tâter »

Langue Traduction
Anglais feel
Espagnol sensación
Italien sentire
Allemand gefühl
Chinois 感觉
Arabe يشعر
Portugais sentir
Russe чувствовать
Japonais 感じる
Basque sentitzen
Corse senti
Source : Google Translate API

Synonymes de « tâter »

Source : synonymes de tâter sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « tâter »

Tâter

Retour au sommaire ➦

Partager