Étudier : définition de étudier


Étudier : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTUDIER, verbe trans.

I.− Emploi abs.
A.− [Le suj. désigne une pers. qui s'intéresse à l'étude; le subst. corresp. est étude au sing.] Appliquer son esprit à l'acquisition − le plus souvent par la lecture − de connaissances dans différents domaines. Les gens qui passent le feu de la jeunesse à étudier au lieu de sentir ne peuvent donc pas être artistes (Stendhal, Amour,1822, p. 288).Le soir, près de sa mère, qu'il aime, il [un jeune ouvrier] étudie. Il lit des livres (France, Lys rouge,1894, p. 58).Que de gens lisent et étudient non pour connaître la vérité, mais pour augmenter leur petit « moi! » (Green, Journal,1941, p. 100).
B.− [Le suj. désigne une pers. qui suit un enseignement; le subst. corresp. est études, au plur.] Suivre un enseignement en vue d'acquérir des connaissances dans un domaine précis. Synon. usuel faire des études.Mon père sans ressources, et ma mère malade, décidèrent que j'étudierais, quoi qu'il arrivât (Michelet, Peuple,1846, p. 29).Les garçons qui étudient dans les écoles, ils préparent une carrière (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1485).
II.− Emploi trans. Appliquer son esprit à quelque chose.
A.− [L'idée dominante est celle d'apprendre]
1. [L'intelligence joue le rôle principal]
a) [L'obj. désigne une discipline d'enseignement] Par un effort intellectuel, acquérir des connaissances dans un domaine précis. Étudier l'anatomie, la chimie, le droit, l'histoire, la médecine. Synon. fam. travailler.Je voudrais que les jeunes filles étudiassent le latin comme les petits garçons (Stendhal, Amour,1822, p. 217).Je me suis mis à étudier les mathématiques, non pas pour être un mathématicien, mais pour ouvrir mon esprit à cette sorte de conception (J.-J. Ampère, Corresp.,1825, p. 351):
1. Je connais les plantes, je les cueille, je les rapporte, je les fais bouillir, j'en fais une bonne infusion, je la donne à mes malades s'ils en ont besoin. Est-ce que ça rend l'infusion meilleure de mettre barbaro sur la bouteille? − Je croyais, dit timidement M. Delteil, qu'il n'y avait pas moyen d'étudier la botanique sans connaître un peu le latin. Champfl., Souffr. profess. Delteil,1853, p. 88.
[P. méton. de l'obj.] J'ai commencé à étudier mon examen avec trop de détails, de sorte que maintenant j'en suis encombré (Flaub., Corresp.,1843, p. 143).
b) [L'obj. désigne un instrument de musique] Apprendre à jouer de. Elle s'obligeait à sauter du lit à sept heures et à étudier son piano dans le salon glacé (Chardonne, Épithal.,1921, p. 9).
Emploi abs. Ce pianiste étudie plusieurs heures par jour (Ac.1878-1932).
[P. méton. de l'obj.] [Je] n'ai plaisir à étudier que la « Barcarolle » et le « Roi des Aulnes » (Gide, Journal,1927, p. 860).
2. [La mémoire joue le rôle principal] Essayer de fixer dans sa mémoire, d'apprendre par cœur. Étudier ses leçons; étudier les conjugaisons, les verbes irréguliers. Synon. fam. bosser, bûcher, piocher, potasser.Les écoliers qui étudient à haute voix ce qu'ils veulent apprendre, afin que la leçon entre par deux portes dans leur mémoire (Joubert, Pensées,t. 1, 1824, p. 155).
3. [La pratique joue le rôle principal] Apprendre un art, s'exercer à une technique. Il prit des leçons de diction, étudia l'art du maquillage et s'affilia à des troupes d'amateurs (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 36).
B.− [L'idée dominante est celle de comprendre] Par un effort d'observation et de pénétration, acquérir l'intelligence des êtres, des choses, des faits, découvrir leur nature profonde. Étudier en détail, à fond, sur place, avec soin. Synon. analyser, examiner, observer.
1. [L'obj. désigne une chose]
a) [L'obj. désigne gén. un inanimé concr. (qui est souvent objet de science)] Prendre comme objet d'un examen attentif et approfondi. Ces montagnes sont les lieux du monde les plus favorables pour étudier la nature (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 213).On m'envoya étudier une épidémie de peste à Djedda (Vogüé, Morts,1899, p. 285).Le biologiste qui, après avoir étudié le cœur, étudie de la même façon la moelle épinière (Ruyer, Esq. philos. struct.,1930, p. 139):
2. À force d'étudier les symptômes, de tâter mon pouls, d'examiner mes sensations internes et externes, d'approfondir la nature particulière de mes migraines, et leur coïncidence avec une accélération notable dans mes bâillements, j'en suis venu à acquérir une certitude... Toepffer, Nouv. genev.,1939, p. 262.
[P. méton. du suj.] La géométrie, qui n'étudie rien que le dehors tout nu, est la clef de toutes les sciences (Alain, Propos,1933, p. 1118).
P. ext. Pénétrer le fonctionnement de, les côtés cachés de. Étudier un mécanisme. Pendant huit jours il fit manœuvrer son yacht autour de l'île, l'étudiant comme un écuyer étudie un cheval : au bout de ce temps, il en connaissait toutes les qualités et tous les défauts (A. Dumas père, Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 300).
En partic.
Étudier le terrain (fréq. dans le domaine milit.). En reconnaître les ressources. En chaque affaire de ce genre, il faut consulter l'esprit du pays, sa situation, ses ressources, étudier le terrain, les hommes et les choses, et ne pas vouloir planter des vignes en Normandie (Balzac, Méd. camp.,1833, p. 59).Au fig. Observer avec soin un milieu ou une situation donnée. Synon. ausculter, tâter.
Étudier un dossier, un papier. L'examiner attentivement. Synon. fam. éplucher.Très attentif, il étudiait le texte polycopié d'un rapport de commission (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 239).Il mit son pince-nez et étudia le papier que lui présentait Lulu comme on épluche un livre de cuisine (Druon, Gdes fam.,t. 2, 1948, p. 228).
b) [L'obj. désigne un inanimé abstr.] Observer attentivement les circonstances d'une affaire, les causes d'un phénomène, les tenants et aboutissants d'une situation. Étudier les lois de, le moment favorable, l'organisation de, le rôle de. L'ordre dans lequel nous devons étudier les différents systèmes que renferme cette école (Cousin, Hist. philos.,t. 1, 1829, p. 35).Il convient d'étudier les circonstances et les effets de cette rencontre (Ozanam, Philos. Dante,1838, p. 126).J'étudiai le projet et j'arrivai vite à la conclusion que ce plan était absolument irréalisable (Joffre, Mém.,t. 1, 1931, p. 166).
2. [L'obj. désigne une pers. ou un aspect de son comportement physique ou moral] Observer attentivement, examiner (la manière d'être ou d'agir de quelqu'un). Étudier une physionomie. Je ne regardai que son sourire, j'étudiai son sourire (Jouve, Scène capit.,1935, p. 215).La tâche du psychologue qui étudie l'âme humaine en ses profondeurs (Bachelard, Poét. espace,1957, p. 18):
3. Malgré moi, je regardais et j'étudiais ces visages ravagés par la vieillesse, que ma grand'mère trouvait encore beaux par habitude, et qui me paraissaient d'autant plus affreux que je les entendais vanter dans le passé. J'analysais les expressions de physionomie, les attitudes. Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 323.
Emploi pronom.
réfl. L'effort que fait l'homme qui s'arrache au monde extérieur pour s'étudier et se connaître (Maine de Biran, Journal,1816, p. 240).Une âme qui se cherche, qui s'étudie, qui se connaît (Nodier, Fée Miettes,1831, p. 174).
réciproque. Quand un homme et une femme se rencontrent, ils s'étudient moins qu'ils ne se soupèsent; ils savent qu'un jour l'un des deux portera l'autre sur ses épaules (Morand, Homme pressé,1941, p. 135).
En partic. [L'obj. désigne un auteur, un ouvrage littér.] Analyser de près, essayer de comprendre à fond. Synon. approfondir, fouiller.Étudier des ouvrages aussi hérissés de difficultés que ceux de Kant (Staël, Allemagne,t. 4, 1810, p. 148).Il [Renan] n'étudia jamais saint Thomas dont la scolastique lui apparaît « barbare et enfantine » (Massis, Jugements,1923, p. 29).
C.− [L'idée dominante est celle de chercher] Par un effort inventif, mettre au point, élaborer attentivement. Étudier la possibilité de restaurer l'ancienne route commerciale du IXesiècle (Benoit, Atlant.,1919, p. 67).Les indulgences que voici, on les a tout spécialement étudiées pour les braves gens qui ont de la famille au Purgatoire (Sartre, Diable et Bon Dieu,1951, p. 152):
4. Mes généraux, dans leur solide stupidité, étudiaient des tactiques habiles et discutaient et cherchaient la perfection avant d'agir. Saint-Exup., Citad.,1944, p. 559.
D.− [L'idée dominante est celle d'attention] Prendre comme objet de son application, de ses soins.
1. [L'objet désigne un inanimé gén. concr.] Agencer correctement en vue d'un effet à produire, d'une fin précise. Berthe, qui étudiait sa couronne devant la glace (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 142).
En partic. Étudier un discours, une intervention, un sermon. Le (la) composer avec soin en vue d'un effet à produire. Cette partie de votre discours demandait à être plus étudiée (Ac.1835-1932).
2. [L'obj. désigne une pers., ou un aspect de son comportement] Un grand miroir pour y étudier ses effets de physionomie (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883, p. 225).Je passai toute la soirée à étudier dans ma glace des mines de veulerie, d'abandon (Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 296).V. air2, ex. 49.
Emploi pronom. réfl., parfois péj. Se composer avec soin une attitude. Elle [la femme comme il faut] a eu le temps de s'étudier, de décider ce qui lui va bien (Balzac, Autre ét. femme,1842, p. 389).
3. Emploi pronom. réfl. Porter une attention excessive à sa personne, gén. à sa santé, aux moindres sensations de gêne, de malaise. Jacqueline passait son temps à s'étudier dans son miroir (Rolland, J.-Chr.,Amies, 1910, p. 1208).
Rem. 1. L'emploi pronom. s'étudier à « s'entraîner à, s'appliquer à » est vieilli. a) Rare. S'étudier à (dans) + subst. Tandis qu'il lisait Cicéron et s'étudiait à sa forme oratoire, le beau Patru ne laissait pas de faire des ravages aux environs du Palais et du Châtelet (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 5, 1852, p. 279). b) S'étudier à + verbe à l'inf. S'étudier à bien faire tout ce qu'on doit faire, à bien prononcer (Ac. 1932). Quelle précision dans ces êtres [des danseuses] qui s'étudient à user si heureusement de leurs forces moelleuses (Valéry, Eupalinos, 1923, p. 14). c) Vx. S'étudier de + verbe à l'inf. [Il faut] qu'ils [les chanteurs] s'étudient tous de chanter de l'oreille... (Jumilhac, Sc. et prat. plain chant, 1847, p. 282). 2. La docum. atteste a) Étudiable, adj., rare. Qui est susceptible d'être étudié. Des facteurs connus et positivement étudiables (J. Rostand, La Vie et ses probl., 1939, p. 169). b) Étudieur, emploi adj. masc., rare. Qui examine attentivement. Synon. observateur. Une idée de fenêtre ouverte par où le soleil vient éclairer le parquet de manière à réjouir le flamand le plus « étudieur » (Baudel., Curiosités esthétiques, Salon, 1845, p. 20). Cf. Rheims 1969.
Prononc. et Orth. : [etydje], (il) étudie [etydi]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) 1155 « chercher à acquérir une connaissance » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 3341 : Mult sout e mult estudia); 1261 les estudians de Paris (...) en théologie (...) médecine (Doc. hist. inédits, II, 68, Champollion-Figeac ds R. Hist. litt. Fr. t. 12, p. 243); b) ca 1200 « mettre son application, ses soins à quelque chose » trans. (Dialogue Grégoire, 44, 10 ds T.-L. : studoient bien faire); 2. 1588 [éd.] « chercher à comprendre par un examen attentif » (Montaigne, Essais, éd. A. Thibaudet, livre 3, chap. 13, p. 1208); 1588 [éd.] pronom. « se prendre pour objet de son étude » (Id., ibid., p. 1204); 1824 « se composer une attitude » (Balzac, Annette, t. 3, p. 14). Dér. de l'a. fr. estudie, v. étude; cf. le lat. class. studere « s'appliquer à »; lat. impérial « étudier ». Fréq. abs. littér. : 3 494. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 5 217, b) 6 120; xxes. : a) 4 841, b) 4 216.

Étudier : définition du Wiktionnaire

Verbe

étudier \e.ty.dje\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’étudier)

  1. S’appliquer à acquérir des connaissances ou des capacités dans un domaine déterminé.
    • Il étudie nuit et jour.
    • On ne devient pas savant sans étudier.
  2. (En particulier) Faire ses études, suivre des cours.
    • Mais depuis deux ans, l’Égypte s’est transformée. […] Beaucoup de jeunes filles étudient maintenant à l’Université, à côté des jeunes gens, habillées comme des Françaises. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
  3. (Musique) S’exercer sur un instrument de musique.
    • Ce pianiste étudie plusieurs heures par jour.
  4. (Transitif) S’exercer, s’appliquer à apprendre une science, un art, à comprendre un auteur, à connaître toutes les circonstances d’une affaire, les causes d’un phénomène, etc.
    • Étudier la physique, l’histoire, l’architecture, la médecine, le droit.
    • C’est un auteur que j’ai peu étudié.
    • Il étudie l’écriture sainte.
    • Il connaît bien cette affaire, il l’a beaucoup étudiée.
  5. (Transitif) (Peinture) (Sculpture) S’assurer de l’effet d’un travail, avant l’exécution définitive.
    • Étudier une draperie, une pose, l’agencement d’un groupe,
  6. (Transitif) (Architecture) Vérifier si toutes les parties d'un projet sont combinées avec ordre et justesse, et s’il s’accorde bien avec les moyens d’exécution.
    • Étudier un projet.
  7. (Transitif) (Par extension) Mettre au point ; peaufiner.
    • La formation du pétrole par le métamorphisme du sapropel est due à la chaleur et à la pression, et, peut-être, à la pression seule : mais ce phénomène géologique doit encore être étudié. — (Annales des travaux publics de Belgique, éd. Goemaere, 1907, p. 168)
    • […] Tarbouriech a même étudié des modèles de paperasses à recommander à la bureaucratie future. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap. V, La Grève générale politique, 1908, p. 222)
    • La Réunion est le seul département de France où existent des circuits touristiques réguliers en hélicoptère, qui ont été étudiés pour vous en mettre plein la vue. — (Petit Futé La Réunion, 2011, p.130)
  8. (Transitif) Faire l’objet de son étude, en parlant d’un domaine d’étude.
    • Les traités de phytogéographie étudient en général l’action du milieu sur la répartition des plantes. — (Henri Gaussen, Géographie des plantes, Armand Colin, 1933, p. 5)
    • Se pencher sur un limule est aussi une expérience un peu troublante... Souvent, l'invertébré se positionne pour mieux percevoir l'étranger. Dès lors, on ne sait plus très bien qui étudie qui. — (Martin Daigneault, Limules: une histoire naturelle, Institut océanographique, 2005, p. 51)
  9. (Transitif) (Par extension) Observer avec soin l’humeur, les façons de faire, les inclinations d’une personne.
    • […] je décidai de passer l’après midi avec eux, d’étudier leurs méthodes de plonge et de prendre plusieurs films. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • J’essuyai mes larmes, repoudrai le bout de mon nez. En un mot, je ravalais ma façade lézardée. Je m'étudiai une dernière fois dans la glace. Personne n'aurait pu soupçonner mon tumulte intérieur. — (Hélène Saint-Hubert, Pénible est l'oubli, Perpignan : Éditions du Castillet, 1983, chap. 2)
    • J’ai longtemps étudié cet homme-là, et je ne le connais pas encore bien. — Un bon précepteur étudie les inclinations de son élève.
  10. (Pronominal) (Vieilli) S’appliquer, s’exercer à faire quelque chose, méditer de quelle manière on peut s’y prendre.
    • […] la déposition de Malvoisin fut faite avec beaucoup d’adresse ; mais, tout en s’étudiant à ménager les sentiments de Bois-Guilbert, il laissait échapper de temps en temps des insinuations […] — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Mon Dieu, les gens les plus niais s’étudient à cacher ces choses-là, et tu crois qu’un ambassadeur ira te les dire ! — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étudier : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTUDIER. v. intr.
Appliquer son esprit, travailler pour acquérir une connaissance. Il étudie nuit et jour. On ne devient point savant sans étudier. Il signifie particulièrement Faire ses études, suivre un cours régulier d'études. J'étudie à l'Université de Paris. Ses parents n'avaient pas le moyen de le faire étudier. En termes de Musique, il signifie S'exercer sur un instrument de musique. Ce pianiste étudie plusieurs heures par jour. Il est aussi verbe transitif et alors il signifie S'exercer, s'appliquer à apprendre une science, un art à comprendre à fond, un auteur, à connaître toutes les circonstances d'une affaire, les causes d'un phénomène, etc. Étudier la physique, l'histoire, l'architecture, la médecine, le droit. C'est un auteur que j'ai peu étudié. Il étudie l'Écriture sainte. Il connaît bien cette affaire, il l'a beaucoup étudiée. Étudier une classe de phénomènes. Étudier la nature. Étudier les maladies des enfants. Il signifie particulièrement Tâcher de fixer dans sa mémoire, d'apprendre par cœur. Étudier une leçon. Étudier les conjugaisons grecques. Étudier son rôle. Étudier un discours signifie quelquefois Le méditer, le préparer, le composer avec soin. Cette partie de votre discours demandait à être plus étudiée. En termes de Peinture et de Sculpture, Étudier une draperie, une pose, l'agencement d'un groupe, Se bien assurer de leur effet, avant l'exécution définitive. En termes d'Architecture et dans les travaux d'ingénieur, Étudier un projet, un plan, Vérifier si toutes les parties en sont combinées avec ordre et justesse, et s'il s'accorde bien avec les moyens d'exécution. Il signifie par extension Observer avec soin l'humeur, les façons de faire, les inclinations d'une personne. J'ai longtemps étudié cet homme-là, et je ne le connais pas encore bien. Un bon précepteur étudie les inclinations de son élève. Étudier le monde. S'étudier soi-même.

S'ÉTUDIER signifie encore S'appliquer, s'exercer à faire quelque chose, méditer de quelle manière on peut s'y prendre. S'étudier à bien faire tout ce qu'on doit faire. S'étudier à bien prononcer. Le participe passé signifie adjectivement Qui est fait avec soin et application, bien travaillé, bien fini. Un rapport bien étudié. Il signifie aussi Qui est feint, recherché, affecté. Une joie, une douleur étudiée. Langage étudié. Geste étudié. Maintien étudié. Le jeu de cet acteur est trop étudié.

Étudier : définition du Littré (1872-1877)

ÉTUDIER (é-tu-di-é), j'étudiais, nous étudiions, vous étudiiez ; que j'étudie, que nous étudiions, que vous étudiiez.
  • 1 V. n. Appliquer son esprit à l'étude des sciences, des lettres, etc. Étudier en droit, en médecine. Il me semble qu'on pourrait tirer de là que M. d'Avranches [Huet] est peut-être de tous les hommes qu'il y eut jamais celui qui a le plus étudié, D'Olivet, Hist. Acad. t. II, p. 402, dans POUGENS. Il eut de si fréquentes maladies pendant son enfance que ses parents n'osèrent le presser d'étudier, Mairan, Éloges, abbé de Molières. On doit étudier autant pour se former l'esprit que pour apprendre, Du Marsais. Œuvres, t. I, p. 32. Il faut étudier pour s'instruire. Mais comment faut-il étudier ? c'est une chose qu'on ignore assez communément, Condillac, Lang. calc. I, 12.

    Étudier ensemble, être élevés dans le même collége, dans la même maison d'éducation.

    Faire étudier, faire faire à un enfant le cours des classes. J'enrage que mon père et ma mère ne m'aient pas fait étudier dans toutes les sciences quand j'étais jeune, Molière, B. gent. II, 6. L'on trouva moyen de me faire étudier, Rousseau, Ém. IV.

  • 2Étudier à, archaïsme resté en usage au commencement du XVIIe siècle. Et puis quand je n'alléguerais autre chose, sinon que si j'ai étudié aux bonnes lettres pour me rendre capable de la vertu, si je suis homme de bien, je rends à mon père en son bienfait même plus que je n'ai reçu de lui, Malherbe, Le traité des bienf. de Sénèque, III, 31. J'avais un peu étudié, étant plus jeune, entre les parties de la philosophie, à la logique, et, entre les mathématiques, à l'analyse des géomètres et à l'algèbre, Descartes, Méth. II, 6. Plus un homme à lui-même étudie à mourir, Plus il commence à vivre à l'auteur de son être, Corneille, Imit. II, 12. Je m'imaginais que vous avez quelque pensée d'étudier à la magie, Méré, Œuvres posth. t. II, p. 360. Vous n'étudiez plus qu'à bien vivre, ID. ib. p. 260.
  • 3 V. a. S'appliquer à apprendre une science, un art, à comprendre un auteur, à bien connaître une chose. Étudier les mathématiques, le grec, le dessin, l'agriculture.
  • 4Tâcher de fixer dans sa mémoire, d'apprendre par cœur. Étudier un rôle, un morceau de musique. Étudier ses leçons.
  • 5Méditer, préparer. Étudier un discours, un compliment.

    On dit dans le même sens il fait des contes plaisants, mais il les étudie.

    Absolument. S'exercer sur un instrument de musique, piano, violon, etc. Cette pianiste étudie six heures par jour.

  • 6 Terme d'ingénieur. Étudier un projet, en vérifier les moyens d'exécution et la dépense.

    Les architectes disent dans le même sens étudier un plan.

  • 7 Terme de peinture et de sculpture. Étudier une draperie, une pose, s'assurer de leur effet avant l'exécution définitive.

    Étudier un modèle, en examiner soigneusement toutes les qualités.

    Il se dit dans le même sens en littérature. Je suis bien persuadé que de tous les modèles celui que Massillon avait le plus étudié, c'était Racine, Marmontel, Élém. litt. Œuv. t. v, p. 82, dans POUGENS.

  • 8Examiner attentivement. Étudier les phénomènes de l'électricité, les phases d'une maladie.

    Observer avec soin l'humeur, les habitudes, les inclinations des personnes. Votre homme arrive… je l'ai étudié une bonne grosse demi-heure, et je le sais déjà par cœur, Molière, Pourc. I, 4. J'étudiai leur cœur, je flattai leurs caprices, Racine, Athal. III, 2. Étudiez nos mœurs avant de les blâmer, Voltaire, Alz. IV, 2. Comme ils [les affranchis] ont étudié les faiblesses de leur maître et non pas ses vertus, Montesquieu, Esp. XV, 19.

    Étudier un terrain, en examiner les diverses parties pour l'objet qu'on se propose.

    Fig. Étudier le terrain, chercher à connaître à fond les choses et les hommes.

    Il faut étudier le moment favorable, l'épier afin de le saisir et d'en profiter.

  • 9Feindre. Cent fois je me révolte et cent fois je succombe ; Tant le calme forcé que j'étudie en vain, Près d'un si rare objet s'évanouit soudain, Corneille, Pulch. II, 1.
  • 10S'étudier, v. réfl. Être étudié. Le grec s'étudie moins aujourd'hui qu'autrefois.
  • 11Faire étude de soi-même. Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie, Corneille, Pomp. III, 1. Je veux exprimer ma pensée, les paroles convenables me sortent aussitôt de la bouche, sans que je sache aucun des mouvements que doivent faire, pour les former, la langue ou les lèvres, encore moins ceux du cerveau, du poumon et de la trachée-artère ; puisque je ne sais pas même naturellement si j'ai de telles parties et que j'ai eu besoin de m'étudier moi-même pour le savoir, Bossuet, Connaiss. III, 12. Celui qui se sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres, Diderot, Règne de Claude et de Nér. I, § 125.
  • 12S'étudier, s'appliquer, s'exercer, avec à et le verbe à l'infinitif. Sa rigueur s'étudie assez à m'accabler, Th. Corneille, Essex, IV, 5. Il s'étudiait à reconnaître les talents ; il les encourageait, les aidait par des attentions particulières, Fontenelle, Boerhaave. Plus sa place [de Colbert] l'élevait au-dessus d'eux, plus il s'étudiait à leur témoigner qu'avec eux il n'était que leur confrère ; il leur donnait des fêtes dans sa belle maison de Sceaux, D'Olivet, Hist. Acad. t. II, p. 208, dans POUGENS.

    Il se dit aussi avec un substantif. Plus une âme est humiliée, Plus elle s'est étudiée à ce noble ravalement, Corneille, Imit. III, 43. Un personnage grave ne s'étudie point à une si extravagante rhétorique, Bayle, Dict. crit. art. Arodon, rem. A.

    Pascal a construit s'étudier avec pour, construction que rien de grammatical n'interdit. L'on s'étudie tous les jours pour trouver les moyens, Pascal, dans COUSIN.

    Bossuet a mis s'étudier de. Une idée intérieure à laquelle je m'étudie de me conformer, Bossuet, Connaiss. v, 5. C'est peut-être pour éviter deux d, compléments, l'un de s'étudier, l'autre de se conformer, qu'on aurait si on suivait la construction ordinaire : à laquelle je m'étudie à me conformer. D'ailleurs, c'est un archaïsme que la grammaire ne repousse en aucune façon (voyez des exemples dans l'historique.)

HISTORIQUE

XIVe s. Mais j'ai estudié au livre de Jason…, Guesclin, 8960. Aucun pourroit dire que ceste science n'est pas si necessaire, car au temps passé plusieurs roys et princesses ont très bien gouverné qui oncques n'estudierent politicques, Oresme, Prol.

XVe s. Vous devez savoir que grand' murmuration estoit entre les clercs de l'université de ces nouvelles, et cessoient de lire et d'estudier ; et n'avoient puissance ni affection de rien faire…, Froissart, III, IV, 10. Ainsi le roi d'Angleterre et son conseil estudioient nuit et jour à faire engins et instrumens pour ceux de Calais mieux oppresser et contraindre, Froissart, I, I, 309.

XVIe s. Hà, malheureux, vous vous estudiez à vous mocquer de…, Marot, IV, 251. Quiconque s'estudie bien atentifvement, trouve en soy…, Montaigne, I, 7. Il avoit en sa teste une harangue estudiée, mais…, Montaigne, IV, 88. Les aultres s'estudient à eslancer et guinder leur esprit, Montaigne, III, 279. Lycurgus ne s'estudia de rendre les siens belliqueux pour faire oultrage aux autres, Amyot, Lyc. et Numa comp. 3. Il estudia tousjours aux sciences jusques à ce que Sylla fut demouré vaincueur, Amyot, Cic. 3. Il se remeit de rechef à estudier en rhetorique, Amyot, ib. 5. Il s'estudioit à dire tousjours quelque chose de nouveau à la louange de luy et de ce qu'il faisoit, Amyot, ib. 51.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « étudier »

Étymologie de étudier - Littré

Wallon, sitûdî ; provenç. et espagn. estudiar ; portug. estudar ; ital. studiare ; du lat. studium, étude.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de étudier - Wiktionnaire

De l’ancien français estudier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « étudier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étudier etydie play_arrow

Conjugaison du verbe « étudier »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe étudier

Évolution historique de l’usage du mot « étudier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « étudier »

  • Il est plus nécessaire d’étudier les hommes que les livres. De François de La Rochefoucauld / Maximes
  • On ne saurait trop étudier l'art de mourir. De Proverbe scandinave
  • Il n'y a pas une méthode unique pour étudier les choses. De Aristote
  • On a fait des livres sur les intérêts des princes ; on parle d’étudier les intérêts des princes : quelqu’un a-t-il jamais parlé d’étudier les intérêts des peuples ? De Chamfort / Maximes et pensées
  • Pour étudier l'ordre, il ne faut pas étudier le désordre. De Lautréamont / Les chants de Maldoror
  • Avant de penser, il faut étudier. Seuls les philosophes pensent avant d'étudier. De Gaston Bachelard / La flamme d'une chandelle
  • Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre. De Francis Bacon
  • Hé Dieu ! si j'eusse étudié Au temps de ma jeunesse folle […] À peu que le cœur ne me fend. François Villon, Testament, XXVI
  • Je n'étudie point, pour ma part. En notre abbaye, nous n'étudions jamais, de peur des oreillons. François Rabelais, Gargantua, 39
  • Je n'ai jamais rien étudié, mais tout vécu et cela m'a appris quelque chose. Antonin Artaud, In revue 84 n° 16

Traductions du mot « étudier »

Langue Traduction
Corse studià
Basque ikasi
Japonais 勉強する
Russe учиться
Portugais estudar
Arabe ليدرس
Chinois 学习
Allemand studieren
Italien studiare
Espagnol para estudiar
Anglais to study
Source : Google Translate API

Synonymes de « étudier »

Source : synonymes de étudier sur lebonsynonyme.fr


mots du mois

Mots similaires