Signer : définition de signer


Signer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SIGNER, verbe trans.

I.
A. −
1. Revêtir un écrit de sa signature. Signer un chèque, une lettre; signer un acte, un bail; signer un décret, une loi; signer un chèque* en blanc; signer une pétition; parapher et signer un acte. Ganche avancera l'argent et je lui signerai une reconnaissance de dette (Drieu La Roch., Rêv. bourg., 1937, p. 302).Il avait signé ce billet de son initiale, un S, dont la queue s'enfuyait en se tortillant jusqu'au bas de la page (Duhamel, Maîtres, 1937, p. 260).
[Sans compl. dir.] Signer en marge, en bas de page; signer de son nom, de ses initiales; signer comme témoin. Signez de votre nom. La date. Bien (Hugo, Ruy Blas, 1838, i, 4, p. 359).Pons, engagé par les parents à signer au contrat, entendit la lecture des actes (Balzac, Cous. Pons, 1847, p. 76).Certains de ceux qui s'étaient engagés dans le mouvement ne savaient pas écrire. Ils avaient signé d'une croix pour adhérer au « mouvement national contre l'ignorance » (Cacérès, Hist. éduc. pop., 1964, p. 41).Persiste et signe. V. persister A 2.
Empl. pronom. passif. Amélie: (...) mon père travaille en ce moment (...) À notre contrat. Teresa: Ah! oui (...) N'est-ce pas demain qu'il se signe? (Dumas père, Teresa, 1832, ii, 6, p. 168).L'acte de vente pouvait se signer dans la soirée (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 741).
En partic. [Le suj. désigne un écrivain] Dédicacer. Avant d'apprendre à D... qu'il avait un cancer, le médecin lui fit signer quelques exemplaires de luxe de ses livres (Montherl., Lépreuses, 1939p. 1478).On lui aurait conseillé de se montrer de temps en temps, dans des salons comme celui-ci, de serrer la main à de charmants officiers nazis et à leurs femmes, de signer un exemplaire de son dernier roman pour Emmy Goering (Green, Journal, 1942, p. 243).
Loc. fig. Signer qqc. de son sang. Oh! je voudrais pouvoir signer mon amour de tout mon sang (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 169).
2. Attester par sa signature qu'on est l'auteur d'un texte, d'une œuvre; p. méton., être l'auteur d'un texte, d'une œuvre. Signer un roman, un tableau. [Les] établissements d'art Ludwigson et Cie, aurait l'exclusive propriété de toutes les études qu'exécuterait Daniel (...) études que celui-ci s'engagerait à dater et à signer de son nom (Martin du G., Thib., Pénitenc., 1922, p. 831):
1. Le plus souvent ils travaillent tous les deux, seuls. Oh! c'est une collaboration pas ordinaire! Elle dure depuis dix ans, et Philippe, qui est toujours aussi mauvaise langue, prétend que la secrétaire est devenue indispensable, qu'elle pourrait, sans scrupule, signer de son nom les derniers bouquins. Bernanos, Mauv. rêve, 1948, p. 880.
Au part. passé. Aux deux coins de la cheminée, des esquisses signées de leurs initiales (Taine, Notes Paris, 1867, p. 83).Ils ont acheté le journal. Il y a un article signé de moi (Renard, Journal, 1899, p. 539).
Abusivement. [En parlant d'une œuvre qui, habituellement, ne porte pas la signature de son auteur] Émission signée X (Rob. 1985).
TECHNOL. Marquer d'un signe convenu. Signer des pièces d'orfèvrerie. Les graveurs signent leurs œuvres, et c'est là la preuve évidente du plaisir esthétique que l'on prenait à les contempler (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 362):
2. ... mes yeux vont à un ivoire japonais, un singe costumé en guerrier du Taicoun. La sculpture de l'armure est une merveille de fini et de perfection même: c'est un bijou de Cellini. Suppose-t-on ce que vaudrait ce bout d'ivoire, si l'artiste italien l'avait signé de son poinçon? Il est peut-être signé d'un nom aussi célèbre là-bas, mais sa signature ne vaut encore que 20 francs en France. Goncourt, Journal, 1875, p. 1032.
3.
a) Conclure par un acte signé quelque chose qui engage plusieurs parties. Signer un traité. L'Autriche avait signé la paix de Lunéville dans l'esprit où elle avait déjà, avec la Prusse et la Russie, partagé la Pologne, l'esprit de trafic qui s'était paré des principes contre-révolutionnaires (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 104).Pauvres types (...). On leur donne l'ordre de se faire descendre pendant qu'on est en train de signer l'armistice (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 41).
Signer de (+ inf.).S'engager formellement à faire quelque chose. La France avait signé de ne pas attaquer l'Allemagne (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 285).
Absol. Les bougres avaient signé chez le notaire, c'était écrit, déposé à la justice! Ils s'en fichaient bien, de la justice! (Zola, Terre, 1887, p. 211).
Au fig. Signer la paix. Se réconcilier. Je viens vous demander la paix, en reconnaissant que tous les torts sont de notre côté... une amitié de trente-six ans, en la supposant altérée, a bien encore quelques droits. Voyons! signez la paix en venant dîner avec nous ce soir (Balzac, Cous. Pons, 1847, p. 71).
b) Signer que (+ ind.).Confirmer par un acte signé quelque chose qui engage la responsibilité du signataire. Elles disent qu'elles ne peuvent pas signer que Jansénius a été coupable de certaines hérésies, parce qu'elles sont ignorantes et incapables de lire le gros livre latin où ces hérésies auraient été articulées (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 34).Tu as signé que tu avais empoisonné ta femme? − Oui (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 210).
4. Au fig. ou p. métaph. Marquer (de signes spécifiques identifiables ou reconnaissables). Signer son crime, son forfait.
[Le suj. désigne une chose qui est la marque de qqc.] Marquer. M. de Vigny aura jusqu'à la fin, et même dans sa période déclinante, de ces beaux vers larges qui signent sa poésie (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 6, 1864, p. 411).Il faut que cette journée prenne fin sur un mot, sur un geste qui la signent ou la biffent (Colette, Entrave, 1913, p. 150):
3. Blancheron, un coulissier, et un des plus fiers estomacs de la Bourse, était de ces natures énergiques, aux traits massifs, au masque opiniâtre (...) portant dans toute sa personne, ce quelque chose de durement impérieux, qui marque et signe les conquérants de l'argent... E. de Goncourt, Faustin, 1882, p. 59.
Empl. pronom. Ce en quoi la vie de province se signe le plus, est le geste, la démarche, les mouvements, qui perdent cette agilité que Paris communique incessamment (Balzac, Muse départ., 1844, p. 85).
B. − Écrire, apposer un nom comme signature. Fantine savait à peine lire et ne savait pas écrire; on lui avait seulement appris dans son enfance à signer son nom (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 188).Au moment où je commençais à écrire, elle me dit encore: − J'ai une autre idée!... Faut pas signer Sibylle, faut signer Gabrielle (Gyp, Souv. pte fille, 1927, p. 159).
II. − Vx. Faire le signe de croix sur. Le vieux Baron, en signant sa poitrine, Va visiter la reine Catherine; Sa fille reste, et dans la cour s'assied (Vigny, Poèmes ant. et mod., 1837, p. 174).Comme un pénitent eût fait d'une relique, Humblement il baisa le Bref apostolique, Le relut, et, signant trois fois son pâle front (Leconte de Lisle, Poèmes trag., 1886, p. 100).
Empl. pronom. réfl. Faire le signe de la croix sur soi. Mmede Condamin entrait. Elle s'arrêta un instant devant le bénitier, ôtant son gant, se signant d'un geste joli (Zola, Conquête Plassans, 1874, p. 1063).Pauvres de nous! s'écriait-il en se signant au nom du père, du fils et du saint-esprit (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 376).
[Constr. avec un compl. prép. désignant la partie du corps qui touche le sujet en faisant le geste] De son pouce noirci d'encre, elle s'est signé le front, les lèvres (Bernanos, Journal curé camp., 1936, p. 1206).
Prononc. et Orth.: [siɳe], (il) signe [siɳ]. L'anc. prononc. est ds Fér. 1768: si-né. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1230 signier de l'oiel « faire signe de l'œil » (Chevalier deux épées, 4806 ds T.-L.); b) xiiies. « faire un signe (à quelqu'un) » (Courtois Donneur, 72, ibid.); 2. a) ca 1328 « sceller une lettre » (Propriétés des choses, II, 11, 25, ibid.); b) ca 1330 « faire une marque à » (Guillaume de Digulleville, Pèlerinage vie hum., 507, ibid.); c) 1363 « marquer une pièce d'argenterie avec le poinçon » (doc. ds La Curne); 3. a) 1521 [éd.] signé « qui porte une signature » (Fabri, Rhétorique, l. 1, p. 282 ds Hug., s.v. signe1); 1538 « apposer sa signature » (Est.); 1606 être prêt à signer de son sang « être décidé à tenir infailliblement ce qu'on promet » (Nicot); b) 1789 « attester par sa marque ou sa signature qu'on est l'auteur d'un ouvrage » (Marat, Pamphlets, Offrande à la Patrie, p. 26); 4. a) 1548 « bénir par un signe de croix » (Farce de Pernet qui va au vin ds Anc. Théâtre, t. 1, p. 211); b) 1611 se signer « faire le signe de la croix » (Cotgr.). Réfection, d'apr. signe*, de l'a. fr. seignier, d'abord att. au sens de « faire le signe de la croix sur quelqu'un ou quelque chose » (ca 1100, Roland, éd. J. Bédier, 340; on trouve encore se seignier de la bonne main « faire le signe de la croix de la main droite » (1534, Rabelais, Gargantua, chap. 23, éd. R. Calder, M. A. Screech et V.-L. Saulnier, p. 163)) puis au sens plus gén. de « faire une marque à » (1remoit. du xiies., Psautier Oxford, 4, 7 ds T.-L.) d'où s'est développé celui de « apposer sa signature à ». Seignier représente le lat. signare « marquer d'un signe, sceller, signaler, désigner, distinguer », dér. de signum (signe*). Fréq. abs. littér.: 2 182. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 228, b) 3 444; xxes.: a) 2 933, b) 2 913. Bbg. Gall. 1955, p. 184, 449. − Gohin 1903, p. 262.

Signer : définition du Wiktionnaire

Verbe

signer \si.ɲe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se signer)

  1. Revêtir de sa signature.
    • Un gardien dont le rôle était de donner aux croque-morts décharge, sur un registre, des cercueils qu'il avait comptés et vu inhumer, signa le livre et apposa son timbre en marge. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Remarquez bien, mes enfants déclare le grand-père, qui ne sait ni A ni B, signe à peine son nom, mais calcule de tête comme un notaire, tout le mal monte de la Vallée, et toujours. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Signer un contrat.
    • Quand vous avez signé cet acte, vous avez signé votre condamnation.
    • Signer une pétition, une protestation.
    • Ce tableau n’est pas signé.
  2. (Droit) Avaliser, endosser un acte en y apposant une signature.
    • […]: de grands embarras financiers avaient conduit le gouvernement à signer avec des compagnies de chemin de fer des conventions que les radicaux avaient dénoncées comme étant des actes de brigandage ; […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VI, La moralité de la violence, 1908, p.281)
  3. (Informatique) Action de signer, de marquer un mot ou une partie du texte dans un wiki ou un document électronique par cliquer ou cliquer et tirer.
    • Il faut signer le mot avant couper ou copier-coller.
  4. Indiquer par un signe.
    • Avant elle, dans les sphaignaies encore flottantes, se trouve O. sphagnicola, à chapeau plus pâle et écailleux, qui signe au contraire un dynamisme de la sphaignaie. — (Miscellanea mycologica, Cercle de Mycologie de Mons, 2003, n°74-84, page 32)
  5. (Par extension) S’engager ; contracter.
    • Martin a signé avec ce club de football.
    • J’ai signé pour deux ans, pour une saison.
    • Les réseaux d'initiative publique peinent toujours à se commercialiser, même si de plus en plus de fournisseurs d'accès Internet (FAI) nationaux signent avec les opérateurs de ces RIP. — (Guénaël Pépin, Les embûches du très haut débit en 2022 vues par les industriels, Next INpact, 25 juin 2018 → lire en ligne)
  6. (Familier) Écrire son nom, sa signature.
    • Il ne sait pas écrire, seulement signer son nom.
  7. (Figuré) Revendiquer un acte.
    • Cette manœuvre est signée, on en devine facilement l’auteur.
    • Je persiste et signe.
  8. Communiquer en langue des signes.
    • Mais l’interdiction de signer dans les classes perdurera [en France] jusque dans les années 1970. — (Christian Cuxac, Des signes et du sens in « Aux origines des langues et du langage », Éditions Fayard, 2005)
    • Une interprète a signé l’ensemble du discours du directeur.
  9. Engager, recruter en parlant d’un sportif ou d’un artiste.
    • Personne ne veut le signer en France.
  10. (Populaire) Assumer un acte.
    • (Absolument)Complètement épuisé, j'ai commencé à mal jouer. Et là, j'ai découvert un truc intéressant. Quand son adversaire jouait mal, Kučera prenait le pli, signant lui aussi une piètre performance. — (Gustavo Kuerten, Guga: Un Brésilien, une passion française, Paris : Éditions Talent Sport, 2015)
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Signer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SIGNER. v. tr.
Revêtir de sa signature. Signer un contrat. Signer une requête, un arrêt. Une lettre non signée. Signer de confiance. Il signa aveuglément tout ce qu'on voulut. Quand vous avez signé cet acte, vous avez signé votre condamnation. Signer son engagement. Signer une pétition, une protestation. Signer un traité de paix. La paix est signée. Ce tableau n'est pas signé. Absolument, Je ne veux pas signer sans avoir lu. Il a déclaré ne savoir signer. Signer à un contrat, Y mettre sa signature, comme témoin ou par honneur. Le roi lui fit l'honneur de signer à son contrat de mariage. Fig., Je vous le signerais de mon sang, je suis prêt à le signer de mon sang se dit lorsqu'on veut marquer que ce qu'on dit est absolument vrai ou qu'on tiendra infailliblement ce que l'on promet. Fig., Les martyrs ont signé leur confession de leur sang, Ils ont offert la mort pour la défense de leur religion. Fam., Signer son nom, Écrire son nom, sa signature. Il ne sait pas seulement signer son nom. Fig., Cette manœuvre est signée, On en devine facilement l'auteur. On dit familièrement : C'est signé.

SE SIGNER signifie Faire le signe de la croix. Se signer dévotement.

Signer : définition du Littré (1872-1877)

SIGNER (si-gné ; au XVIe siècle, Beze dit : prononcez siner ; au XVIIe Chifflet, Gramm. p. 227, dit que le g ne se prononce pas ; et en conformité la Fontaine, Épître 1re, met : En attendant que Mars m'en donne un [passe-port] et le sine) v. a.
  • 1Au sens latin, faire une marque ; ce sens n'existe que dans quelques termes d'art.

    Marquer les endroits des pièces de verre qu'on veut couper.

    Terme de charpenterie. Marquer les bois avec la rouannette.

    En orfévrerie. Marquer l'argenterie avec le poinçon.

  • 2Mettre son seing à une lettre, à un acte, etc. pour le rendre valable, pour s'engager soi-même. Le mariage de Mlle d'Houdancourt et de M. de Ventadour a été signé ce matin, Sévigné, 14. Et le roi trop crédule a signé cet édit, Racine, Esth. I, 3. Ils font comme les jésuites, qui, dit-on, forçaient tout le monde à signer la constitution, sans vouloir la signer eux-mêmes, Rousseau, Lett. de la Mont. 2.

    Fig. C'est le vrai caractère que nature a gravé sur le front de ceux qu'elle a signés poëtes, sculpteurs…, Diderot, sur Térence.

    Fig. Je vous le signerais de mon sang, je suis prêt à vous le signer de mon sang, se dit pour attester énergiquement la vérité de ce qu'on avance.

    Les martyrs ont signé leur confession de leur sang, ils ont souffert la mort pour la défense de la religion. Ces glorieux athlètes, qui eurent le courage et le bonheur de signer leur foi de leur sang, Bourdaloue, Serm. 20e dim. après la Pentec. Domin. t. IV, p. 219.

    On dit de même : signer du sang de quelqu'un, faire périr quelqu'un en accomplissant quelque chose. Et du sang du tyran signez cet hyménée, Corneille, Héracl. III, 1.

    Signer une paix, un traité, conclure une paix, un traité. Ordonnez, et j'espère Signer en votre nom cette paix salutaire, Voltaire, Adél. du Guesclin. IV, 5.

    Fig. Signer la paix, effectuer une réconciliation. Le transport du vizir marquait sur son visage Qu'un heureux changement le rappelle au palais, Et qu'il y vient signer une éternelle paix, Racine, Bajaz. III, 1.

  • 3 Absolument. Apposer sa signature. Si vous n'eussiez pas signé [Mme de Grignan s'engageant pour son mari], vous faisiez comme tout le monde aurait fait ; et, en signant, vous faisiez au delà de tout le monde, Sévigné, 6 nov. 1675. J'ai dit qu'il [Fénelon] avait signé par obéissance ; quand on signe de cette sorte, on fait ce que la théologie appelle déposer son doute ou son opinion, Bossuet, Rem. sur la réponse, VII, IX, 47. Tout est perdu, monsieur ; les créanciers n'ont pas voulu signer, Goldoni, Bourru bienfaisant, II, 6. Je persiste à croire que les philosophes m'ont daigné prendre pour leur représentant, comme une compagnie fait souvent signer pour elle le moindre de ses associés ; je consens de signer, quoique j'aie la main fort tremblante, Voltaire, Lett. à Schomberg, 28 mai 1770. Si le testateur déclare qu'il ne sait ou ne peut signer, il sera fait mention de la déclaration, ainsi que de la cause qui l'empêche de signer, Code civ. art. 998.

    Signer à un contrat, y mettre sa signature comme témoin ou par honneur. Assurément je ne signerais point à son contrat de mariage, Sévigné, 384. Ah ! sire, vous avez signé à mon contrat de mariage, Béranger, Contr. de mar.

  • 4 Familièrement. Signer son nom, écrire son nom, sa signature. Et quand un gentilhomme en commençant à vivre Sait tirer en volant, boire et signer son nom, Il est aussi savant que défunt Cicéron, Regnard, Ménechm. III, 8. Et bien ou mal enfin je sais signer mon nom, Montfleury, Femme juge et part. II, 1. Éginhard, secrétaire de Charlemagne, nous apprend que ce conquérant ne savait pas signer son nom ; cependant il conçut par la force de son génie combien les belles-lettres étaient nécessaires, Voltaire, Mœurs, 19.

    Il ne sait pas signer son nom, il ne sait pas signer.

  • 5Signer une œuvre, se dit d'un artiste qui met son nom au tableau, à la statue, à la gravure, etc. qu'il a exécutée.
  • 6 Fig. Approuver. A : Que la loi règne et non le caprice. - B : Le genre humain est prêt à signer tout cela, Voltaire, Dial. XXIV, 13.
  • 7Se signer, v. réfl. Faire le signe de la croix. La vieille se signa pour l'agonie que sonnait la cloche, Chateaubriand, Natch. 2e part. vers le 1er quart.

    Avec ellipse du pronom personnel. La chimie curieuse a des transmutations, des précipitations, des détonations, des explosions… et mille autres merveilles à faire signer mille fois le peuple qui les verrait, Rousseau, Lett. de la Mont. 3.

HISTORIQUE

XIe s. De sa main destre [il] l'ad asols e seignet [marqué du signe de la croix], Ch. de Rol. XX.

XIIIe s. Quant evesque et abbé revenront de seignier [faire le signe de la croix sur] Le lit au roi Pepin…, Berte, X. Et la roine se sina de sa main diestre, et se commanda à Dieu, Chr. de Rains, p. 20. Diex les maint et ramaigne ! L'apostoles de Rome les beneïst et saigne, Ch. d'Ant. I, 943. Et qui veut avoir certaine mesure et oster soi de peril, si face se [sa] mesure sengnier au seing le conte, et adont porra mesurer sans peril, Beaumanoir, XXVI, 6. Et dist le saint roi : je vourroie estre seigné [marqué] d'un fer chaut, par tel convenant [à condition] que touz vileins seremens feussent ostez de mon royaume, Joinville, 293. Madame ma mere me dit que toute foiz que je voudroie dire aucune chose, que je appelasse l'aide du saint Esprit et que je seignasse ma bouche [fisse le signe de la croix], Joinville, 256.

XIVe s. Pour avoir signé et ourlé une douzaine de touailles de toille de Reins, pour servir en la chambre du roy, De Laborde, Émaux, p. 499. À Jehan Malin, orfevre, pour seigner, aus armes de monseigneur le duc, V douzaines d'escuelles et XII plas d'argent, De Laborde, ib.

XVe s. Quant Wautre Tillier vit le roy, qui estoit arresté, il dit à ses gens : veez là le roy ; je veux parler à luy ; ne vous mouvez d'icy, se je ne vous signe [fais signe], Froissart, II, p. 141, dans LACURNE. Il rua de sa massue après le très vaillant prince ; mais luy, comme expert au mestier d'armes, escheva le coup, non pas si tost que l'escu, qu'il jecta au devant, ne fust un peu signé, Perceforest, t. IV, f° 15.

XVIe s. Les marques desquelles nostre Seigneur a accoustumé de signer les brebis de son troupeau, Calvin, Instit. 653. En beau papier je sçay tant bien signer, S'il vous plaisoit, monseigneur, me finer Un cent d'escus…, Marot, VI, 258. On temps passé, les Thraces et Cretes signoyent les jours bien fortunez de pierres blanches, Rabelais, Garg. I, 10. Ils avoyent treuvé male encontre, par faulte de s'estre seignez de la bonne main on matin, Rabelais, ib. I, 25. Cassander, combien que les autres l'escrivissent et le nommassent roy, se signa tousjours comme il avoit accoustumé, Amyot, Demétr. 22. Comme on luy presenta à signer la sentence, Montaigne, II, 1.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SIGNER. Ajoutez :
8Se signer, mettre sa signature (emploi inusité). Si vous voulez que je vous die ce qui m'en semble et que je me signe…, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne. Je me signai audit mariage, Malherbe, ib.

Être signé, avoir mis sa signature (emploi inusité). Je suis signé au mariage de mon frère, Malherbe, ib.

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Signer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SIGNER, v. act. (Gramm.) écrire son nom de sa propre main au bas d’un acte, soit pardevant notaires, soit sous seing-privé, pour l’approuver & consentir de l’exécuter. Voyez Soucrire & Soussigner. Diction de Comm. Voyez les articles Signature.

Signer, (Orfévrerie.) c’est marquer l’argenterie & l’orfévrerie du poinçon. Chaque orfevre ou argentier, a son poinçon particulier ; & par les ordonnances il leur est enjoint de signer de leur poinçon toute la vaisselle & autres choses qu’ils fabriquent. L’argenterie qui n’est point signée se vend toujours à plus bas prix que celle qui est marquée du poinçon de l’ouvrier ; car ce défaut fait connoître qu’elle n’est pas au titre prescrit, & qu’il y a trop d’alliage. (D. J.)

Signer, terme de Vitrier, c’est marquer avec la drague, trempée dans du blanc broyé avec de l’eau de gomme, ou simplement avec de la craie, les endroits des pieces de verre que l’on veut couper avec le diamant. (D. J.)

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Étymologie de « signer »

Étymologie de signer - Wiktionnaire

Dérivé de sign avec le suffixe -er.
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Étymologie de signer - Littré

Berry, siner, signer, se seigner, faire le signe de la croix ; Génev. se signer, apposer sa signature ; bourguig. seignai ; provenç. signar, senhar, senar ; anc. catal. senyar ; anc. espagn. señar ; espagn. mod. signar ; ital. segnare ; du lat. signare, de signum, signe.

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Étymologie de signer - Wiktionnaire

Du latin signo, signare (« marquer d'un signe, sceller, signaler, désigner, distinguer »), dérivé de signum (« signe »).
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Phonétique du mot « signer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
signer siɲe play_arrow

Conjugaison du verbe « signer »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe signer

Citations contenant le mot « signer »

  • Frank Lampard a appris à qui Chelsea devrait signer après Kai Havertz. Urban Fusions, Frank Lampard a dit à qui Chelsea devrait signer après la priorité de transfert Kai Havertz | Sports
  • Non, les artistes ne sont pas inutiles. Tenez, quand deux pays n’ont pas réussi à signer un accord militaire ou un accord financier, ils signent un accord culturel. De André Birabeau
  • La suprême sagesse en face de Dieu, c'est de prendre une feuille blanche, de signer son nom en bas, puis de la présenter à Dieu pour qu'il y écrive ce qu'il veut. De Yves de Moncheuil
  • Le cinéma, ce n'est pas signer des autographes ou porter des lunettes noires, c'est un vrai business. De Michael Douglas / Le Figaro - 31 Août 2007
  • Il y a des gens qui semblent n’avoir appris à écrire que pour signer des chèques sans provision. De André Birabeau
  • Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer. De Théophile Gautier
  • Idée pour faire une carrière d'artiste conceptuel : signer les dessins d'enfants. De Roland Topor
  • Commencez par signer, que je sache dans quel sens ça se regarde. De Auguste Rodin / Rodin au jeune Picasso venu présenter une de ses toiles.

Images d'illustration du mot « signer »

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Traductions du mot « signer »

Langue Traduction
Corse firmà
Basque zeinu
Japonais 符号
Russe подписать
Portugais placa
Arabe إشارة
Chinois 标志
Allemand zeichen
Italien cartello
Espagnol firmar
Anglais sign
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Synonymes de « signer »

Source : synonymes de signer sur lebonsynonyme.fr

Mots similaires