Signe : définition de signe


Signe : définition du Wiktionnaire

Nom commun

signe \siɲ\ masculin

  1. Indice, marque d’une chose.
    • C’est mauvais signe, prédit la vieille Griotte à la grande Phémie. L’autre se signa gravement. — (Louis Pergaud, Le Retour, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Que le nombre important de naissances illégitimes soit une marque d’immoralité, je le veux bien ; encore est-il qu’il faut faire des distinctions et examiner si ce n’est pas plutôt un signe d’irrégularité que d’immoralité. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Le commissaire Massart […] se rongeait les ongles et c'était le seul signe de nervosité que ce fonctionnaire eût jamais donné ; […]. — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, p.209)
    • Les collaborateurs de La Gazette médicale ont beau jeu d’ironiser sur les signes qui désignent aussitôt ces choléraphobiques : […]. — (Ange-Pierre Leca, Et le choléra s'abattit sur Paris - 1832, Albin Michel, 1982, p.93)
    • Quand les hirondelles volent bas, on croit que c’est signe de pluie, que c’est signe qu’il pleuvra.
    • Les sacrements sont des signes sensibles de la grâce.
    • La croix est le signe du salut.
    • Il n’y a dans l’état de ce malade aucun signe d’amélioration.
    • Il ne donne plus aucun signe de vie.
    • (Figuré) Il ne nous a donné aucun signe de vie, il n’a pas donné le moindre signe de vie, il n’a pas donné signe de vie : Se dit d’un homme absent qui n’écrit point, qui n’a donné aucune marque de son souvenir.
  2. Ce qui sert à représenter une chose.
    • L’utilisation d’un signe correspondant à une marque, comme mot clé, pour créer et afficher des liens promotionnels vers des sites tiers susceptibles d’être contrefaisants, constitue-t-il un usage susceptible d’être interdit par le droit des marques ? — (Virginie Brunt & Alain Bensoussan, Référencement payant : pas de haro sur les moteurs de recherche, dans L’Usine nouvelle n°3188, du 15 avril 2010)
    • Certains autres comportent plusieurs lectures kun, car les japonais firent correspondre à un seul signe plusieurs mots japonais différents, chacun représentant un aspect de ses virtualités sémantiques. — (Reïko Shimamori, Grammaire japonaise systématique, Paris, Jean Maisonneuve, mars 2000, 2e édition, page xii)
    • Les mots sont les signes de nos idées.
    • Les signes astronomiques, algébriques, de ponctuation, de la musique.
  3. Certaines marques ou taches naturelles qu’on a sur la peau.
    • Avoir un signe au visage, un signe sur la main.
  4. Certaines démonstrations extérieures que l’on fait pour donner à connaître ce que l’on pense ou ce que l’on veut.
    • Elle le salua sans lui parler, une simple inclination, un signe de sa main l'invitèrent à s'asseoir ; […]. — (Marie-Jeanne Riccoboni , Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
    • D’ordinaire, à la fin de nos soupers frugaux (ce soir-là, soupe à l'oignon, les oignons de printemps étant de saison, et en dessert un pain perdu à sa manière), je me contentais de la remercier d'un signe de tête et me retirais dans ma chambre […]. — (Nancy Springer, Les enquêtes d'Enola Holmes : L'énigme du message perdu, traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo, éd. Nathan, 2010, 2013, chap. 1)
    • Les sourds-muets parlent entre eux par signes.
    • Je lui ai fait signe de venir.
    • Il a fait signe qu’on l’écoutât.
    • Ils se faisaient des signes d’intelligence.
  5. (Religion) Miracle.
    • Les pharisiens demandaient des signes à Jésus-Christ.
  6. (Au pluriel) Phénomènes que l’on voit quelquefois dans le ciel et qu’on regarde comme des sortes de présages.
    • Bumper savait tout de la guerre et des pouvoirs paranormaux. Il attribuait sa survie aux divers pressentiments qui l'avaient assailli là-bas, dans la jungle. Il croyait dur comme fer au sixième sens, aux signes, aux présages. Comme beaucoup de vétérans, il était extrêmement superstitieux. — (Serge Brussolo, Sécurité absolue, Le Livre de Poche, 2012)
    • Virgile a décrit les signes qui annoncèrent la mort de César.
  7. (Astronomie) Chacune des douze parties de l’écliptique que le Soleil semble parcourir dans l’intervalle d’une année tropique.
    • Les astrologues ont développé une typologie des caractères en association avec les signes du zodiaque. Les Capricorne sont comme ceci ou comme cela, les Verseau, etc. Il s’agit peut-être du premier essai de classification des comportements. — (Les grands esprits manipulés par les astrologues, dans Le Québec sceptique, n°56, p.29, printemps 2005)
    • Le signe du Bélier, du Taureau, etc.
    • Le Soleil était dans le signe de la Vierge.
  8. (Métrologie) (Par extension) Unité de mesure d’angle plan, égale à la douzième partie du cercle, soit 30 degrés.
  9. (Linguistique) Unité linguistique constituée d’une partie physique, matérielle, le signifiant, et d’une partie abstraite, conceptuelle, le signifié.
    • Les unités significatives sont généralement désignées sous le nom de signes, leur sens étant dit signifié et leur forme parlée signifiant; […]. — (André Martinet, La Description phonologique avec application au parler franco-provençal d'HAUTEVILLE (Savoie), Genève : Librairie Droz & Paris : M. J. Minard, 1956, p. 12)
  10. (Édition) (Typographie) Catégorie regroupant les lettres, signes de ponctuation et les espaces utilisés pour composer un texte. Le signe est une unité fréquemment utilisée pour quantifier le volume d'un texte, le travail à faire sur un texte (écriture, maquettage, traduction).
  11. (Québec) Évier.
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Signe : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SIGNE. n. m.
Indice, marque d'une chose. Signe certain. Signe infaillible. Signe évident. Signe douteux. Signes diagnostiques. Signes caractéristiques. Les signes précurseurs d'une révolution. Quand les hirondelles volent bas, on croit que c'est signe de pluie, que c'est signe qu'il pleuvra. C'est un bon signe. C'est bon signe. C'est un mauvais signe. C'est mauvais signe. Les sacrements sont des signes sensibles de la grâce. La croix est le signe du salut. Il n'y a dans l'état de ce malade aucun signe d'amélioration. Il ne donne plus aucun signe de vie. Fig., Il ne nous a donné aucun signe de vie, il n'a pas donné le moindre signe de vie, il n'a pas donné signe de vie se dit d'un Homme absent qui n'écrit point, qui n'a donné aucune marque de son souvenir.

SIGNE Se dit encore de Ce qui sert à représenter une chose. Les mots sont les signes de nos idées. Les signes astronomiques. Les signes algébriques. Les signes de ponctuation. Les signes de la musique. Il se dit aussi de Certaines marques ou taches naturelles qu'on a sur la peau. Avoir un signe au visage, un signe sur la main. Il se dit également de Certaines démonstrations extérieures que l'on fait pour donner à connaître ce que l'on pense ou ce que l'on veut. Faire un signe de tête. Faire signe de la tête, des yeux, de la main. Se parler par signes. Les sourds-muets parlent entre eux par signes. Je lui ai fait signe de venir. Il a fait signe qu'on l'écoutât. Ils se faisaient des signes d'intelligence. Donner des signes d'amitié. Il n'a donné aucun signe de mécontentement. Il lui tendit la main en signe de réconciliation. On illumina en signe de réjouissance. Signe de ralliement. Signe de détresse. Signe de la croix, Geste religieux que les catholiques font en portant la main de la tête à la poitrine, puis de l'épaule gauche à l'épaule droite, en forme de croix. Faire le signe de la croix. Faire un signe de croix.

SIGNE, en termes d'Écriture sainte, signifie Miracle. Les Pharisiens demandaient des signes à JÉSUS-CHRIST.

SIGNE se dit encore, surtout au pluriel, des Phénomènes que l'on voit quelquefois dans le ciel et qu'on regarde comme des sortes de présages. Virgile a décrit les signes qui annoncèrent la mort de César. Le Jugement universel sera précédé de plusieurs signes dans le ciel. En termes d'Astronomie, il désigne Chacune des douze parties de l'écliptique que le soleil semble parcourir dans l'intervalle d'une année tropique. Les signes du zodiaque. Le signe du Bélier, du Taureau, etc. Le soleil était dans le signe de la Vierge.

Signe : définition du Littré (1872-1877)

SIGNE (si-gn' ; au XVIe siècle, Bèze dit : prononcez sine ; au XVIIe, on trouve souvent signe écrit sine, ce qui indique la prononciation courante) s. m.
  • 1Indice d'une chose présente, passée ou à venir. Là bientôt il montra quelques signes de vie, Corneille, Poly. I, 4. Oh, que voilà bien, entre vos deux yeux, un signe de longue vie ! Molière, l'Av. II, 6. S'il ne donne pas de signes suffisants de sa douleur, Pascal, Prov. X. Il faut qu'on n'en puisse dire, ni il est mathématicien, ni prédicateur, ni éloquent ; mais il est honnête homme… quand en voyant un homme on se souvient de son livre, c'est mauvais signe, Pascal, Pens. VI, 15 ter, éd. HAVET. Si je ne vous mande point le contraire, avant que de fermer demain ma lettre à Paris, c'est signe que cela est vrai, Sévigné, 144. Il [Jésus] vient au monde avec le signe de l'humilité, avec le signe de la pauvreté, avec le signe de la mortification, Bourdaloue, Myst. Nat. de J. C. t. I, p. 14. Et ne devrait-on pas, à des signes certains, Reconnaître le cœur des perfides humains ? Racine, Phèdre, IV, 2. Paul Émile, avant que de combattre contre Persée, immola de suite à Hercule jusqu'à vingt bœufs, sans trouver dans toutes ces victimes aucun signe favorable ; ce ne fut qu'au vingt-et-unième qu'il crut en voir qui lui promettaient la victoire, Rollin, Hist. anc. Œuvr. 2e part. p. 440, dans POUGENS. C'est bon signe quand un roi et un simple homme pensent de même, Voltaire, Lett. au roi de Pr. 27 juill. 1770. Si quelque chose peut confirmer ce que nous avons dit au sujet de la cessation graduelle de la vie, et prouver encore mieux que sa fin n'arrive que par nuances souvent insensibles, c'est l'incertitude des signes de la mort, Buffon, Hist. nat. Hom. t. IV, p. 377. Je m'en tiendrai, comme j'ai fait jusqu'à présent, à cette réflexion d'Aristote : je lui demandais à quel signe on reconnaît un bon ouvrage ; il me répondit : s'il est impossible d'y rien ajouter, et d'en retrancher la moindre chose, Barthélemy, Anach. ch. 58.

    Fig. Il ne nous a donné aucun signe de vie, il n'a pas donné le moindre signe de vie, il n'a pas donné signe de vie, se dit d'un homme absent qui n'écrit point, ne donne aucune marque de souvenir. Il y a longtemps, mon cher et illustre maître, que je n'ai entendu parler de vous, et que de mon côté je ne vous ai donné signe de vie, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 12 févr. 1774.

    Donner signe de vie, signifie aussi montrer qu'on existe. M. de Marsillac a paru un peu sensible à la prospérité de la belle Fontanges, il n'avait donné jusque-là aucun signe de vie, Sévigné, 418.

    Un signe de vie, lettre ou moyen quelconque par lequel on se rappelle au souvenir de quelqu'un. Je remercie M. de Dangeau de son signe de vie, Maintenon, Lett. à Mme de Dangeau, t. VII, p. 93, dans POUGENS.

  • 2Marque distinctive. L'Europe, l'Afrique et l'Asie reçoivent des prédicateurs dans lesquels Dieu a mis son signe, afin qu'ils découvrent sa gloire aux gentils, Bossuet, Hist. II, 4. Et notre père même, en commençant à croître, Nous attachait un signe afin de nous connaître [deux jumeaux], Regnard, Ménechm. I, 2.
  • 3Ce qui sert à représenter une chose. Les mots ne sont que les signes des idées. Les signes algébriques, géométriques. Les signes de la ponctuation. À l'égard du gouvernement despotique, ce serait un prodige si les choses y représentaient leur signe, Montesquieu, Esp. XXII, 2. Lorsque l'on a des signes de richesses, on peut faire un amas de ces signes et les distribuer à qui l'on veut, Montesquieu, ib. XVIII, 17. Lettré, lâche, hypocrite et charlatan, parlant beaucoup sans rien dire, plein d'esprit sans aucun génie, abondant en signes et stérile en idées, Rousseau, Hél. IV, 3. En général, ne substituez jamais le signe à la chose, Rousseau, Ém. III. Il paraît étonnant que, les signes de la musique étant restés aussi longtemps dans l'état d'imperfection où nous les voyons encore aujourd'hui, la difficulté de l'apprendre n'ait pas averti le public que c'était la faute des caractères et non pas celle de l'art, Rousseau, Dissert. sur la mus. mod. préf. Je suis convaincu que l'usage des signes est le principe qui développe le germe de toutes nos idées, Condillac, Conn. hum. introd. L'arithmétique fournit un exemple bien sensible de la nécessité des signes, Condillac, Art de pens. I, 5. Le plus frappant des avantages des signes, celui qui se présente le premier à la vue, est de transmettre à l'individu toutes les idées acquises par l'espèce jusqu'à lui, Destutt Tracy, Mém. sc. mor. et pol. t. I, p. 418.
  • 4Dans les sciences naturelles, figures ou caractères particuliers, différents des lettres proprement dites et des abréviations, qui servent à désigner certains objets, certaines qualités, ou à remplacer des phrases et des expressions qui reviennent souvent dans une description. Signes botaniques. Signes zoologiques.
  • 5Démonstration extérieure pour faire connaître ce qu'on pense, ce qu'on veut. Les muets parlent par signes. On illumina en signe de réjouissance. Vous regardiez d'un autre côté ; je vous fis signe tant que je pus, Voiture, Lett. 9. Le roi prit la parole… et dit… et fit un signe de tête à l'ambassadeur, qui lui fit comprendre qu'il ne voulait point de réplique, Sévigné, 109. Ma pauvre tante me pria l'autre jour par signes de vous faire mille amitiés, Sévigné, 149. J'ai vu les filles de Sion la tête levée, marchant d'un pas affecté, avec des contenances étudiées, et faisant signe des yeux à droit [droite] et à gauche, Bossuet, la Vallière. Jupiter, père et roi des dieux et des hommes, qui d'un signe de sa tête ébranle l'univers, Fénelon, Tél. VIII. Je faisais signe de la main pour demander qu'on m'écoutât, Fénelon, ib. VI. Elle fit signe qu'elle ne voulait aucun soulagement, Fénelon, ib. VIII. Les enfants de cette grande famille [les pythagoriciens] dispersée en plusieurs climats, sans s'être jamais vus, se reconnaissaient à certains signes, et se traitaient au premier abord comme s'ils s'étaient toujours connus, Barthélemy, Anach. ch. 75. Un regard, un vain signe, un bruit léger me glace, Delavigne, Paria, III, 4.
  • 6Le signe de la croix, l'action que les catholiques font en portant la main du front à l'estomac, puis de l'épaule gauche à l'épaule droite, en forme de croix. Faire le signe de la croix. Faire des signes de croix. Une tour… qui… Fut bâtie en trois nuits, au dire de nos pères, Par un ermite saint qui remuait les pierres Avec le signe de la croix, Hugo, Ball. les Deux archers.

    Faire le signe de la croix derrière son dos, se disait des écoliers qui jetaient leurs mains par-dessus leurs épaules, en faisant avec précipitation le signe du salut, Souv. de la marq. de Créquy, t. I, p. 120.

  • 7 Terme de marine. Nom générique de tout ce qui sert à faire un signal.
  • 8 Terme de médecine. Tout phénomène apparent, tout symptôme et toute disposition ou caractère par le moyen duquel on parvient à la connaissance d'effets plus cachés, dérobés au témoignage direct des sens. On distingue trois ordres de signes dans la maladie : les diagnostiques, les commémoratifs et les pronostics.
  • 9Marque ou tache naturelle sur la peau. Le signe noir qu'elle avait à côté de l'œil gauche, était une des plus grandes séductions que l'amour eût attachées à toute sa personne, Comte de Caylus, Contes orient. Œuvr. t. VII, p. 409, dans POUGENS.
  • 10Miracle, manifestation d'une puissance surnaturelle. Ils demandent un signe ; et il ne leur en sera point donné d'autre que celui du prophète Jonas, Sacy, Bible, Évang. St Luc, XI, 29. Et on demande : qu'avez-vous pour vous faire plutôt croire que les autres ? quel signe faites-vous ? vous n'avez que des paroles, et nous aussi, Pascal, Pens. XXIII, 31, éd. HAVET. Faisant des signes et des prodiges que nul autre avant lui n'avait jamais faits, Massillon, Avent, Dispos. à la comm.
  • 11Phénomènes que l'on voit quelquefois dans le ciel et qu'on regarde comme des présages. Cela me fait souvenir d'une invention pour faire paraître des signes dans le ciel, Descartes, Météor. Voici ce jour horrible où tout périt pour moi… Que ce jour est marqué par des signes affreux ! Voltaire, Alz. I, 4.
  • 12 Terme d'astronomie. Les douze constellations qui forment le zodiaque. Les douze signes du zodiaque. Hipparque fut le premier qui chez les Grecs s'aperçut que le soleil ne se levait plus au printemps dans les signes où il s'était levé autrefois, Voltaire, Newt. III, 10.

    Particulièrement, la douzième partie de l'écliptique, division qui n'a plus rien de commun avec les douze constellations zodiacales. Les signes sont des espaces égaux, chacun de trente degrés, formant ensemble les 360 degrés du cercle de l'écliptique, Bailly, Hist. astr. mod. t. III, p. 279. Les signes du zodiaque sont actuellement séparés des constellations ; ce sont deux choses distinctes, qu'il ne faut pas confondre, Bailly, ib. Maintenant que l'on cherche à tout ramener aux notions et aux expressions les plus simples, on commence à ne plus considérer les signes du zodiaque, et à marquer la position des astres sur l'écliptique par leur distance à l'équinoxe, Laplace, Expos. V, 1.

  • 13Il s'est dit anciennement pour seing. Plût à Dieu qu'il ne fallût ni sceaux ni signes pour l'assurance de ces pactions, et que la conscience et la foi en fussent les seules dépositaires ! Malherbe, le Traité des bienf. de Sénèque, III, 15.
  • 14Étendard (latinisme inusité ; étendard se disant en latin signum). Ils [les vexillaires] tenaient levés les signes militaires des cohortes, l'aigle, le dragon, le loup, le minotaure, Chateaubriand, Mart. VI.

    PROVERBE

    Jeunesse qui veille et vieillesse qui dort, c'est signe de mort.

SYNONYME

1. SIGNE, SIGNAL., Le signe fait connaître, il est quelquefois naturel ; le signal avertit, il est toujours artificiel. On s'explique par signes avec les sourds ; et on convient d'un signal pour se faire entendre à des gens éloignés.

2. SIGNE, SYMPTÔME., En médecine, le signe est une conclusion que l'esprit tire des symptômes observés. Le signe appartient plus au jugement et le symptôme aux sens. Le point de côté est un symptôme de la pleurésie, il ne devient signe que quand par la percussion on constate de la matité dans la poitrine.

HISTORIQUE

XIIIe s. Le signe de la mort estoit tel dans une épidémie], que là où le nez seignoit, il convenoit morir, Joinville, 236.

XIVe s. Icellui de Chevreuse puisse faire drecier signe de justice [gibet] à deux pilliers en lieu convenable, et faire tout ce qui à hault justicier appartient, Du Cange, furca. Je di, ù qu'il ait finne amour, Ce ne poet iestre sans cremour [crainte] ; C'est d'amours li plus ciertains signes, Jean de Condé, t. II, p. 301.

XVe s. Et fit tout trousser et charger, chars et sommiers, et fit signe [feignit] qu'il vouloit aller autre part, Froissart, I, I, 233. Et quant aux signes especiaulx, Li capricornes, li toreaulx, La Vierge, le mouton, l'acaire [aquarius], Deschamps, Poésies mss. f° 471. Pour ce que les Lyegeois faisoient signe de soy vouloir rebeller, Commines, II, 5. Dont le connestable monstroit signe de desplaisir, Commines, III, 3.

XVIe s. Sa verité est signée par les croyans, comme quand on met signe [seing] ou paraphe en une lettre, Calvin, Instit. 424. Faire trois signes de croix au benedicite, Montaigne, I, 396. Et tout ainsi que c'est signe de vaillance de bien executer, aussi est-ce signe de prudence de bien deliberer, Lanoue, 678. Après avoir baillé le signe et le mot de la bataille, Amyot, Sylla, 61. Du sel et des lentilles, que les Romains estiment signes de deuil et presage de mort, Amyot, Crassus, 38. Il feit signe de la teste, qu'il avoit la voix empeschée, et qu'il ne pouvoit parler, Amyot, Démosth. 36. Le syrop faisant signe de se moisir, après en avoir osté les fleurs de moisissure, le rebouillirez…, De Serres, 858. Les vertus surmontent les signes [influences astrologiques], Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SIGNE. Ajoutez :
15 Absolument, le signe, l'argent mis dans la main de la diseuse de bonne aventure. Nous aurions bien d'autres choses à vous dire, heureux jeune homme ; mais il faut commencer par mettre le signe dans la main. Qu'à cela ne tienne, repris-je, et sur-le champ je leur donnai un doublon, Cazotte, le Diable amoureux, ch. XVI.
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Signe : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SIGNE, s. m. (Métaphys.) Le signe est tout ce qui est destiné à représenter une chose. Le signe enferme deux idées, l’une de la chose qui représente, l’autre de la chose représentée ; & sa nature consiste à exciter la seconde par la premiere.

On peut faire diverses divisions des signes, mais nous nous contenterons ici de trois, qui sont de plus grande utilité.

Je distingue trois sortes de signes ; 1°. les signes accidentels, ou les objets que quelques circonstances particulieres ont liés avec quelques-unes de nos idées, ensorte qu’ils sont propres à les réveiller : 2°. les signes naturels ou les cris que la nature a établis pour les sentimens de joie, de crainte, de douleur, &c. 3°. les signes d’institution, ou ceux que nous avons nous-mêmes choisis, & qui n’ont qu’un rapport arbitraire avec nos idées. Ces derniers signes sont nécessaires à l’homme, pour que l’exercice de son imagination soit en son pouvoir.

Signe en Algebre se dit des caracteres + & -, plus & moins, qu’on met au-devant des quantités algébriques. Voyez Caractere, Algebre, &c.

Signes semblables, voyez Semblable.

Signe radical, c’est le signe qu’on met au-devant d’une quantité radicale. Voyez Radical & Racine. (O)

Signe, en Astronomie, est la douzieme partie de l’écliptique ou du zodiaque, ou une portion de ce cercle qui contient trente degrés. Voyez Zodiaque.

Les anciens ont divisé le zodiaque en douze segmens nommés signes ; en commençant par le point d’intersection de l’écliptique avec l’équinoxial, ces signes furent désignés par les douze constellations qui occupoient ces segmens du tems d’Hipparque. Mais depuis ce tems ces constellations ont tellement changé de place, par la précession de l’équinoxe, que le bélier est maintenant dans le taureau, le taureau dans les gemeaux, &c. Voyez Précession, Equinoxe, &c.

Voici les noms de ces douze signes & leur ordre : aries, taurus, gemini, cancer, leo, virgo, libra, scorpio, sagittarius, capricornus, aquarius, pisces ; en françois, le bélier, le taureau, les gemeaux, l’écrevisse ou le cancer, le lion, la vierge, la balance, le scorpion, le sagittaire, le capricorne, le verseau, les poissons. On les peut voir avec leurs différentes étoiles, sous l’article qui leur est particulier, &c.

On distingue les signes par rapport à la saison de l’année où le soleil y séjourne, en signes de printems, d’été, d’automne & d’hiver. Voyez Printems, Eté, &c.

Les signes du printems sont aries, taurus, gemini, le bélier, le taureau, les gemeaux ; ceux de l’été sont cancer, leo, virgo, l’écrevisse, le lion, la vierge ; ceux d’automne sont libra, scorpio, sagittarius, la balance, le scorpion, le sagittaire ; ceux d’hiver sont capricornus, aquarius, pisces, le capricorne, le verseau, les poissons.

Les signes du printems & ceux d’été sont aussi nommés septentrionaux ; & ceux d’automne & d’hiver sont appellés signes méridionaux ; parce que durant le printems & l’été, le soleil est sur l’hémisphere septentrional de la terre, que nous occupons ; & pendant l’automne & l’hiver, il est sur l’hémisphere méridional. (O)

Signe, (Médecine séméiotiq.) on appelle de ce nom tout effet apparent, par le moyen duquel on parvient à la connoissance d’un effet plus caché, dérobé au témoignage des sens. Ainsi le phénomène ou symptome, peut devenir un signe lorsqu’on cesse de le considérer abstractivement, & qu’on s’en sert comme d’un flambeau pour percer dans l’intérieur obscur de l’homme sain ou malade. Le pouls est, par exemple, un phénomène qui frappe les sens dans l’économie animale ; j’en ferai un signe si je remonte par son moyen à la connoissance du mouvement du sang & de la vie ; si, quand je le trouve bien régulier, j’en conclus que le sujet est bien portant ; ou quand, instruit par ses diverses irrégularités, je découvre différentes maladies. Toutes ces différentes modifications peuvent être autant de signes qui m’éclairent pour la connoissance de la santé ou des maladies. Il n’est point d’action, point d’effet sensible dans le corps humain, qui ne puisse fournir quelque signe. Les effets sont tous signes de leurs causes ; mais tous les signes doivent être fondés sur l’observation souvent réitérée, afin que la correspondance, la relation entre le signe & la chose signifiée, soient solidement établies. C’est la difficulté de connoître & de fixer comme il faut ce rapport, qui a embarrassé les premiers séméiologistes, & qui doit leur avoir coûté un travail & un tems infinis. Voyez Séméiotique. Combien d’observations n’a-t-il pas fallu pour décider & constater la valeur des divers signes, ou même d’un seul dans les différens sujets, les différentes maladies & les diverses circonstances ? C’est à Hippocrate que la science des signes a le plus d’obligations : le premier sémeioticien a été le plus grand ; aucun médecin postérieur, quoique enrichi des trésors de cet illustre législateur de la médecine, n’a été au-dessus de lui ; il s’en est même trouvé peu qui l’aient égalé, c’est-à-dire qui aient su mettre en usage tous les signes qu’il avoit établis.

On peut, à la faveur des signes, acquérir trois sortes de connoissances ; ou remonter aux tems passés, & s’instruire par les effets présens de ceux qui ont précédé ; ou dissiper l’obscurité répandue sur des objets présens ; ou enfin porter un œil pénétrant sur les événemens futurs. On appelle anamnestiques tous les signes qui nous rappellent l’état dans lequel le corps s’est trouvé plus ou moins long-tems auparavant ; de ce nombre sont les creux en différentes parties du corps, qui font connoître que la petite vérole a précédé ; les cicatrices, signes des blessures passées, &c. Les seconds, qui nous éclairent sur l’état présent de la santé ou de la maladie, sont appellés diagnostics ; ils sont extrèmement variés dans la maladie, pouvant avoir pour objet de déterminer le genre, l’espece, le caractere particulier, le siege, &c. de l’affection présente. Enfin on a donné le nom de signes prognostics à ceux qui mettent le médecin à portée de lire dans l’avenir, soit en santé ou en maladie ; ces signes sont extrèmement étendus, difficiles à saisir & à bien évaluer ; ils exigent une grande habitude à observer, beaucoup de travail & de pénétration : leur avantage compense bien au-delà toutes ces difficultés. Voyez Anamnestique, Diagnostique, Prognostic, & tous les articles particuliers de Séméiotique.

Parmi les signes, il y en a qui sont communs à plusieurs maladies, & qu’on appelle équivoques ; ils indiquent différentes choses, suivant les circonstances dans lesquelles ils se rencontrent. Telle est, par exemple, la limpidité de l’urine, qui dans les fievres aiguës annonce le délire ; dans les coliques néphrétiques, le paroxysme prochain, de même que chez les personnes vaporeuses, & dans les fievres intermittentes ; & quelquefois n’est qu’une suite & un signe d’abondantes boissons aqueuses.

D’autres signes sont plus distinctifs ; on leur a donné le nom de pathognomonique, lorsqu’ils ont toujours la même signification, & qu’ils ne sauroient exister sans que cette seule chose signifiée n’existe aussi. Telle est la vitesse du pouls dans la fievre, l’excrétion de semence dans la gonorrhée, &c. Il est rare de trouver des maladies caractérisées par un seul signe pathognomonique ; la plupart ne sont distinguées que par l’ensemble de plusieurs signes, qui ne sont pathognomoniques que lorsqu’ils sont rassemblés. Telle est la pleurésie, qui est marquée par le concours d’un point de côté, d’une difficulté de respirer, de la toux & d’une fievre aiguë, &c. Le défaut d’un de ces signes rendroit le diagnostic incertain.

Signes de Musique, sont en général, tous les caracteres dont on se sert pour noter la musique. Mais ce mot s’entend plus communément des dièzes, bémols, béquarres, points, reprises, pauses, guidons, & généralement de tous ces petits caracteres détachés, qui sont moins des notes véritables, que des modifications des notes & de la maniere de les chanter. Voyez tous ces mots. (S)

Signes écriture par, (Littérat.) l’écriture par signes, par caracteres, par notes, ou par abréviations, est une seule & même chose. Voyez Abréviation, Caractere, Note, &c.

Nous nous contenterons de remarquer ici, que Plutarque, dans la Vie de Caton d’Utique, fait Cicéron inventeur de la maniere d’écrire avec des signes, à l’occasion de la conspiration de Catilina ; & qu’il paroît par une lettre du livre XIII. à Atticus, qu’il se servoit de cette maniere d’écrire, puisqu’il y fait mention de ce qu’il écrivoit, διὰ σημείων, par signes : expression qui fait voir que cet art étoit emprunté des Grecs. Dion Cassius, dans le LV. livre de son histoire, nous apprend que Mécène le communiqua au public par Aquila son affranchi. Il paroît aussi par Suétone, que César lui-même écrivoit avec des signes, per notas. Dans la vie de Galba, on trouve cette façon de parler : Quia notata, non perscripta, erat summa, ne hæc quidem accepit. On trouve encore sur ce sujet, un passage remarquable dans le digeste, lib. XXIX. Lucius Titius miles, notario suo testamentum scribendum notis dictavit, & antequam litteris perscriberetur, vitâ defunctus est. Voici le portait que Manilius, dans le IV. liv. de ses Astronomiques, fait d’un notaire :

Hic & scriptor erit velox, cui littera verbum est,
Quique notis linguam superet, cursimque loquentis
Excipiat longas nova per compendia voces
.


Baxter a du penchant à croire que cette maniere d’écrire étoit générale, avant qu’un musicien eût inventé l’alphabet ; car Aristoxene, contemporain d’Aristote, dans son traité de la Musique, fait de l’art d’écrire γραμματικὴ, une partie de la Musique. Le même Baxter croit que les notes de Musique, & les caracteres dont se servent les Médecins, sont encore des restes de ces anciens caracteres ou notæ ; pour ne rien dire des siglæ romaines, ainsi nommées pour singulæ, qui n’étoient autre chose qu’une ou deux lettres, pour exprimer tout un mot, & qui par conséquent étoient plutôt des abréviations, que des signes ou des chiffres. Les ἱερὰ γράμματα des Egyptiens étoient des signes sacrés, notæ sacræ, empruntés des interpretes des songes. Artémidore appelle partout ces symboles sacrés σημεῖα, terme qui dans l’Ecriture-sainte marque aussi des prodiges. Quam scitè per notas nos certiores facit Jupiter, dit Cicéron dans son traité de divinatione. On peut faire quelques conjectures sur la figure de ces signes, par les noms qu’Apulée leur donne, les appellant ignorabiles litteras, nodos, apices condensos, & par cette épigramme de Nicéarque.

Ὄντως μυρμήκων τρυπήματα λοξὰ καὶ ὀρθὰ,
Γράμματα τῶν λυρικῶν, Λύδια καὶ Φρύγια
.


D’où l’on peut conclure qu’on regardoit cette maniere d’écrire comme celle qui étoit généralement en usage parmi les barbares, comme elle l’est encore aujourd’hui chez les Chinois. (D. J.)

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Signe : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « signe » les plus populaires.

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Étymologie de « signe »

Étymologie de signe - Littré

Wallon, seinn ; Berry, sine ; provenç. signe ; espagn. signo ; ital. segno ; du lat. signum.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de signe - Wiktionnaire

(Date à préciser) Du latin signum (« marque, signe, empreinte, sceau, cachet → voir sigillum, signe de reconnaissance, indice, preuve, signe, présage, pronostic, symptôme, signe-trace, geste, signal militaire, signe de ralliement, mot d’ordre, consigne, ordre, enseigne, étendard, drapeau, statue, signe du zodiaque, constellation ») issu de la racine indoeuropéenne *sekw- (« suivre ») que l’on retrouve en latin dans secundus (« second »), socius (« celui qui suit, allié »), et sequor (« suivre »). Référence nécessaire
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « signe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
signe siɲ play_arrow

Citations contenant le mot « signe »

  • Lors de la première séance d’essais libres (cette nuit en France), on avait eu droit à un doublé Acura Team Penske, la #7 devançant la #6. Rebelote lors de la 2e session avec, cette fois ci, Dane Cameron sur l’Acura ARX-05 #6 qui signe le meilleur temps en 1:49.280. Il devance donc la voiture sœur de 0,165 seconde (Ricky Taylor). , IMSA, Road America, Libres 2 : Acura persiste et signe ! | Endurance info
  • Le désir est signe de guérison ou d'amélioration. De Friedrich Nietzsche / Humain, trop humain
  • Tristesse de chair est signe de faible complexion. De Marcel Jullian / Le maître de Hongrie
  • Une bonne conscience est souvent signe d’une mauvaise mémoire. De Steven Wright
  • Ressasser des souvenirs est un signe de vieillesse. De Dominique Blondeau / Que mon désir soit ta demeure
  • Trop de sourires, signe de peu de cervelle. De Proverbe espagnol
  • La non-culture est un signe intérieur de sagesse. De José Artur
  • Cris de mouette, signe de tempête. De Proverbe français
  • Obèse : Né sous le signe de la balance. De Anonyme
  • Faire de l'orthographe le signe de la culture, signe des temps et de sottise. De Paul Valéry / Tel quel
  • Diplôme : signe de science. Ne prouve rien. De Gustave Flaubert / Dictionnaire des idées reçues
  • Odeur (des pieds) : signe de santé. De Gustave Flaubert / Dictionnaire des idées reçues
  • La mort signe d'une croix. De Claude Bauwens / Non au jeu de queues de cerises
  • Dans la vie, tout est signe. De Paulo Coelho / L'Alchimiste
  • Tu vaincras par ce signe. Anonyme,
  • Le signe signifie, alors que la forme se signifie. Henri Focillon, Vie des formes, P.U.F.

Images d'illustration du mot « signe »

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Traductions du mot « signe »

Langue Traduction
Corse firmà
Basque zeinu
Japonais 符号
Russe подписать
Portugais placa
Arabe إشارة
Chinois 标志
Allemand zeichen
Italien cartello
Espagnol signo
Anglais sign
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Synonymes de « signe »

Source : synonymes de signe sur lebonsynonyme.fr

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