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Serf, serve

Sommaire

  • Définitions du mot serf, serve
  • Étymologie de « serf »
  • Phonétique de « serf »
  • Citations contenant le mot « serf »
  • Images d'illustration du mot « serf »
  • Traductions du mot « serf »
  • Synonymes de « serf »
  • Antonymes de « serf »

Définitions du mot serf, serve

Trésor de la Langue Française informatisé

SERF, SERVE, subst. et adj.

I. − Substantif
A. − HIST. DU MOY. ÂGE. Personne attachée à une terre, dont les biens et le travail appartiennent au propriétaire de cette terre (seigneur, roi, communauté religieuse) envers qui elle a des obligations. Il y a quelque analogie entre le client des époques antiques et le serf du moyen âge. (...) pour le client et pour le serf la subordination est la même; l'un est lié à son patron comme l'autre l'est à son seigneur; le client ne peut pas plus quitter la gens que le serf la glèbe (Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p. 333):
Quand l'esclavage fut amendé en servage, il y eut complication de la propriété. Les rapports du maître à l'esclave étaient d'une simplicité brutale. Puis au Moyen-Âge, lorsque le serf a une famille, un patrimoine, le maître n'en dispose plus aussi aisément. La propriété individuelle du maître sur le serf est moins aisée à définir, moins simple que la propriété individuelle du maître sur l'esclave. Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 155.
Empl. adj. [Charlotte] avait souffert cruellement de la conduite du tsarévitch, qui vivait alors publiquement avec une fille serve, d'origine finnoise (Mérimée, Hist. règne Pierre le Gdds Journal des Savants, 1864, p. 545).
P. métaph. L'ouvrier est un serf de la féodalité industrielle! (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 490).
B. − P. ext.
1. Personne qui dépend économiquement de quelqu'un ou de quelque chose pour vivre. Le paysan, devenant le serf de l'usurier, ne serait pas misérable seulement, il baisserait de cœur (Michelet, Peuple, 1846, p. 64).Ces patrons (...) doivent amener avec eux cinquante personnes, au moins; ceux qui composent leur suite ne sont pas libres: ce sont des serfs, des vassaux de la compagnie; ils se groupent autour de leur chef (Morand, New-York, 1930, p. 11).
2. Personne soumise, qui a abandonné toute velléité d'indépendance. Le pauvre fou Jacques Féray, objet de sa pitié, subit son ascendant, se voue à elle et devient son serf et sa chose (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 5, 1863, p. 27).C'était toute une armée, ce troupeau de femmes, affaiblies par une éducation déprimante, terrorisées par la peur de l'enfer, devenues des serves sous la haine et la dureté du prêtre (Zola, Vérité, 1902, p. 288).
C. − P. anal. ou au fig. [Avec un compl. prép. exprimé ou s.-ent.] Ce, celui, celle qui est asservi(e) à quelque chose ou à quelqu'un. La prière, ou, pour mieux dire, la spéculation rationnelle, est le but du monde; le travail matériel est le serf du travail spirituel. Tout doit aider celui qui prie, c'est-à-dire qui pense (Renan, Drames philos., Eau Jouvence, 1881, iv, 1, p. 489).Philologues historiens, serfs de l'écrit, et professeurs de langues vivantes (Arts et litt., 1935, p. 50-4).
II. − Adjectif
A. − [Corresp. à supra I A] Qui appartient au(x) serf(s), qui est relatif au servage. Condition, terre serve. P. ext. Qui n'est pas libre, n'a pas d'indépendance. Dans l'instruction qu'il laissa en mourant à son fils Charles VIII, il [Louis XI] lui dit: « Quand les rois ou les princes n'ont regard à la loi, en ce faisant, ils font leur peuple serf, et perdent le nom de roi (...) » (Staël, Consid. Révol. fr., t. 1, 1817, p. 22).
B. − P. ext. Qui n'est pas libre, n'a pas d'indépendance. Qu'elle [La France] dût être, désormais, serve, honteuse, bafouée, tout ce qui comptait sur la terre tenait le fait pour acquis (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 74).
C. − Au fig. Qui est soumis, assujetti. Les manières serves de Racadot lui agréaient (Barrès, Déracinés, 1897, p. 404).Serf des conditions naturelles, l'homme était-il en mesure de les modifier? (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p. 30).
Prononc. et Orth.: [sε ʀf], [sε:ʀ], fém. [sε ʀv]. Homon. cerf et formes de servir. Gén. [sε ʀf] pour éviter la confusion avec cerf [sε:ʀ]; mais Rob. 1985 et Martinet-Walter 1973 [sε ʀf], [sε:ʀ]; hésitation au plur.; selon Littré: ,,La plupart font entendre l'f; cependant quelques-uns le prononcent sêr comme cerfs``. Restauration des cons. finales, v. G. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 n o1 1981, pp. 237-244. Étymol. et Hist. 1. 2emoit. xes. serw « serviteur » (Saint-Léger, éd. J. Linskill, 180) − fin xves. (Eustache Deschamps, Rondeaux et Virelays, éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 4, p. 43: cerf); 2. ca 1100 subst. féod. (Roland, éd. J. Bédier, 3737); ca 1220 adj. (Reclus de Molliens, Charité, éd. A.-G. van Hamel, LXII, 6, p. 34); spéc. 1541 relig. adj. serf « déterminé à l'avance » (Calvin, Institution de la religion chrétienne, éd. J.-D. Benoit, livre II, chap. II, p. 32: Que dirons-nous mesmes qu'en un autre lieu il semble qu'il se vueille moquer de ce mot en disant qu'il y a bien libéral-arbitre en l'homme mais non pas à délivre et qu'il est libre de justice et serf de péché); 1849 subst. serf du capital (Proudhon, Confess. révol., p. 251); 3. ca 1485 subst. « esclave » (Myst. Vieil Test., éd. J. de Rothschild, 28769); 1559 (Amyot, Demosthène, éd. L. Clément, p. 50); rare. Du lat. servus, -i « esclave » et adj. « d'esclave », également att. en b. lat. « serviteur de Dieu » déb. iiies. ds Blaise Lat. chrét.; v. aussi Hollyman, pp. 65-72. Fréq. abs. littér.: 319.. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 617, b) 444; xxes.: a) 459, b) 314. Bbg. Dub. Pol. 1962, p. 418. − Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p. 306.

Wiktionnaire

Nom commun

serf \sɛʁf\ ou \sɛʁ\ masculin (pour une femme on dit : serve)

  1. (Histoire) Homme, femme attachés au domaine qu’ils cultivent moyennant redevance au seigneur qui en est le propriétaire.
    • Je suis riche, Hedwige, immensément riche, mais à la façon des seigneurs moldaves : riche de terres, de troupeaux, de serfs. Eh bien ! j’ai vendu au monastère de Hango pour un million de terres, de troupeaux, de villages. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • […], et la plupart d’entre eux, au XIIe siècle surtout, sont encore des serfs : dans la commune de Senlis, fondée par le roi en 1173, l’évêque a encore des mainmortables ; […]. — (Henri Sée, Les classes rurales et le régime domanial en France au Moyen Âge, p. 283, V. Giard et E. Brière, 1901)
    • Selon la coutume qui avait encore force de loi en Franche-Comté (et cela, disait Voltaire, est contradictoire avec le nom de cette province), il y avait des serfs, c'est-à-dire des gens de mainmorte, dont la condition était de ne pouvoir disposer de leurs biens et de leur personne. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p.6)
    • Il était difficile aux juifs d’échapper à leur sort, car, étant serfs de leurs seigneurs, ils n’avaient pas le droit de se déplacer comme ils l’auraient voulu. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Les serfs travaillaient sans rémunération sur des terres appartenant à de grands propriétaires terriens. — (Louis Dubé, La sagesse du dalaï-lama : Préceptes et pratique du bouddhisme tibétain, dans Le Québec sceptique, nº 66, p. 5, été 2008)
    • Mais elles vont bientôt se courber et s’asseoir,
      Serves du champ pénible et des vives aiguilles ;
      Les vierges ne sont pas, dans les pauvres familles,
      Des colombes qu’un grain nourrit de l’aube au soir.
      — (Sully Prudhomme, Sonnet, Alphonse Lemerre, éditeur, s.d., page 120)

Adjectif

serf \sɛʁf\ ou \sɛʁ\

  1. Relatif au servage.
    • Dans ce monde de pasteurs, la femme n’a nullement la vie serve qu’elle mène dans celui de chasse et de guerre. — (Jules Michelet, Bible de l’Humanité, Calmann-lévy, 1876, p. 29)

Forme d’adjectif

serve \sɛʁv\

  1. Féminin singulier de serf.
    • L’amour qui tient serve ma liberté / N’est point oiseau, constant en sa demeure. — (Pierre de Ronsard, « Chansons », 2, dans le recueil Les_Amours_(Pierre_de_Ronsard), 1569.)

Nom commun

serve \sɛʁv\ féminin (pour un homme on dit : serf)

  1. Femme attachée au domaine qu’elle cultive moyennant redevance au seigneur qui en est le propriétaire.
    • Elle se trouvait à la cuisine, près du feu, vêtue comme une serve. — (Dino Buzzati, « Les Souris », dans le recueil L’Écroulement de la Baliverna, 1958 ; traduit de l’italien par Michel Breitman, 1960, page 139)

Forme de verbe

serve \sɛʁv\

  1. Première personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
  2. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
    • Autrefois, je rechignais à table : « Dono, ne commence pas à pichorgner ! Veux-tu qu’on te serve des ortolans ? » — (Madeleine Hivert, Notre part sur la terre, 1957)
    • Et toi, que cette lettre te serve: lutter! — (Joseph Lewinski, ‎Emmanuelle Dijon, Ernest Bloch (1880-1959), 1998, volume 1, page 335)

Nom commun

serve \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de selve.

Forme d’adjectif

serve \sɛʁv\

  1. Féminin singulier de serf.
    • L’amour qui tient serve ma liberté / N’est point oiseau, constant en sa demeure. — (Pierre de Ronsard, « Chansons », 2, dans le recueil Les_Amours_(Pierre_de_Ronsard), 1569.)

Nom commun

serve \sɛʁv\ féminin (pour un homme on dit : serf)

  1. Femme attachée au domaine qu’elle cultive moyennant redevance au seigneur qui en est le propriétaire.
    • Elle se trouvait à la cuisine, près du feu, vêtue comme une serve. — (Dino Buzzati, « Les Souris », dans le recueil L’Écroulement de la Baliverna, 1958 ; traduit de l’italien par Michel Breitman, 1960, page 139)

Forme de verbe

serve \sɛʁv\

  1. Première personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
  2. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
    • Autrefois, je rechignais à table : « Dono, ne commence pas à pichorgner ! Veux-tu qu’on te serve des ortolans ? » — (Madeleine Hivert, Notre part sur la terre, 1957)
    • Et toi, que cette lettre te serve: lutter! — (Joseph Lewinski, ‎Emmanuelle Dijon, Ernest Bloch (1880-1959), 1998, volume 1, page 335)

Nom commun

serve \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de selve.

Forme d’adjectif

serve \sɛʁv\

  1. Féminin singulier de serf.
    • L’amour qui tient serve ma liberté / N’est point oiseau, constant en sa demeure. — (Pierre de Ronsard, « Chansons », 2, dans le recueil Les_Amours_(Pierre_de_Ronsard), 1569.)

Nom commun

serve \sɛʁv\ féminin (pour un homme on dit : serf)

  1. Femme attachée au domaine qu’elle cultive moyennant redevance au seigneur qui en est le propriétaire.
    • Elle se trouvait à la cuisine, près du feu, vêtue comme une serve. — (Dino Buzzati, « Les Souris », dans le recueil L’Écroulement de la Baliverna, 1958 ; traduit de l’italien par Michel Breitman, 1960, page 139)

Forme de verbe

serve \sɛʁv\

  1. Première personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
  2. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
    • Autrefois, je rechignais à table : « Dono, ne commence pas à pichorgner ! Veux-tu qu’on te serve des ortolans ? » — (Madeleine Hivert, Notre part sur la terre, 1957)
    • Et toi, que cette lettre te serve: lutter! — (Joseph Lewinski, ‎Emmanuelle Dijon, Ernest Bloch (1880-1959), 1998, volume 1, page 335)

Nom commun

serve \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de selve.

Forme d’adjectif

serve \sɛʁv\

  1. Féminin singulier de serf.
    • L’amour qui tient serve ma liberté / N’est point oiseau, constant en sa demeure. — (Pierre de Ronsard, « Chansons », 2, dans le recueil Les_Amours_(Pierre_de_Ronsard), 1569.)

Nom commun

serve \sɛʁv\ féminin (pour un homme on dit : serf)

  1. Femme attachée au domaine qu’elle cultive moyennant redevance au seigneur qui en est le propriétaire.
    • Elle se trouvait à la cuisine, près du feu, vêtue comme une serve. — (Dino Buzzati, « Les Souris », dans le recueil L’Écroulement de la Baliverna, 1958 ; traduit de l’italien par Michel Breitman, 1960, page 139)

Forme de verbe

serve \sɛʁv\

  1. Première personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
  2. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
    • Autrefois, je rechignais à table : « Dono, ne commence pas à pichorgner ! Veux-tu qu’on te serve des ortolans ? » — (Madeleine Hivert, Notre part sur la terre, 1957)
    • Et toi, que cette lettre te serve: lutter! — (Joseph Lewinski, ‎Emmanuelle Dijon, Ernest Bloch (1880-1959), 1998, volume 1, page 335)

Nom commun

serve \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de selve.

Forme d’adjectif

serve \sɛʁv\

  1. Féminin singulier de serf.
    • L’amour qui tient serve ma liberté / N’est point oiseau, constant en sa demeure. — (Pierre de Ronsard, « Chansons », 2, dans le recueil Les_Amours_(Pierre_de_Ronsard), 1569.)

Nom commun

serve \sɛʁv\ féminin (pour un homme on dit : serf)

  1. Femme attachée au domaine qu’elle cultive moyennant redevance au seigneur qui en est le propriétaire.
    • Elle se trouvait à la cuisine, près du feu, vêtue comme une serve. — (Dino Buzzati, « Les Souris », dans le recueil L’Écroulement de la Baliverna, 1958 ; traduit de l’italien par Michel Breitman, 1960, page 139)

Forme de verbe

serve \sɛʁv\

  1. Première personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
  2. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
    • Autrefois, je rechignais à table : « Dono, ne commence pas à pichorgner ! Veux-tu qu’on te serve des ortolans ? » — (Madeleine Hivert, Notre part sur la terre, 1957)
    • Et toi, que cette lettre te serve: lutter! — (Joseph Lewinski, ‎Emmanuelle Dijon, Ernest Bloch (1880-1959), 1998, volume 1, page 335)

Nom commun

serve \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de selve.

Forme d’adjectif

serve \sɛʁv\

  1. Féminin singulier de serf.
    • L’amour qui tient serve ma liberté / N’est point oiseau, constant en sa demeure. — (Pierre de Ronsard, « Chansons », 2, dans le recueil Les_Amours_(Pierre_de_Ronsard), 1569.)

Nom commun

serve \sɛʁv\ féminin (pour un homme on dit : serf)

  1. Femme attachée au domaine qu’elle cultive moyennant redevance au seigneur qui en est le propriétaire.
    • Elle se trouvait à la cuisine, près du feu, vêtue comme une serve. — (Dino Buzzati, « Les Souris », dans le recueil L’Écroulement de la Baliverna, 1958 ; traduit de l’italien par Michel Breitman, 1960, page 139)

Forme de verbe

serve \sɛʁv\

  1. Première personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
  2. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de servir.
    • Autrefois, je rechignais à table : « Dono, ne commence pas à pichorgner ! Veux-tu qu’on te serve des ortolans ? » — (Madeleine Hivert, Notre part sur la terre, 1957)
    • Et toi, que cette lettre te serve: lutter! — (Joseph Lewinski, ‎Emmanuelle Dijon, Ernest Bloch (1880-1959), 1998, volume 1, page 335)

Nom commun

serve \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de selve.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SERF, ERVE. (On prononce l'F.) n.
Homme, femme attachés au domaine qu'ils cultivaient moyennant redevance au seigneur qui en était le propriétaire. Il s'emploie aussi adjectivement. Condition serve. Terre serve.

Littré (1872-1877)

SERF (sèrf, sèr-v' ; au pluriel, la plupart font entendre l'f ; cependant quelques-uns le prononcent sêr, comme cerfs ; c'est ainsi qu'au XVIe siècle Palsgrave, p. 25, indique la prononciation ; Masson, Helvét. I, l'a fait rimer avec fers : Et fussions-nous vaincus, nous ne serons point serfs ; Ainsi que le vautour sur son rocher sauvage, Tu pourras dominer entouré de carnage ; Mais nos ossements seuls resteront dans tes fers. Au pluriel, l's ne se lie pas : des serf affranchis ; cependant quelques-uns la lient : des serf-z affranchis) s. m.
  • 1Celui qui ne jouit pas de la liberté personnelle, esclave. Qu'était Rome, en effet ? qui furent vos ancêtres ? Un vil amas de serfs, échappés à leurs maîtres, Saurin, Spartacus, III, 4. Athènes eut vingt serfs pour un citoyen ; la disproportion fut encore plus grande à Rome devenue la maîtresse du monde, Raynal, Hist. phil. XI, 24.

    Fig. Étant serf du désir d'apprendre et de savoir, Régnier, Sat. III. La superstition guide leurs pas errants ; Elle est reine du peuple et serve des tyrans, Masson, Helvétiens, V.

    Serfs de la sainte Mère de Dieu ou Blancs-Manteaux, ordre religieux fondé à Marseille (au XIIIe siècle).

  • 2En particulier au moyen âge, sous la féodalité et dans les pays qui sont encore régis par des institutions féodales, personne attachée à la glèbe et ne pouvant disposer ni de sa personne ni de son bien. Les serfs du domaine du roi furent affranchis par un édit de Louis XVI, Dict. de l'Acad. Un serf n'a point de famille, ni par conséquent de nation, Montesquieu, Esp. XXX, 25. Les seigneurs, en affranchissant leurs serfs, se privèrent de leurs biens ; il fallut donc régler les droits que les seigneurs se réservaient pour l'équivalent de leurs biens, Montesquieu, ib. XXVIII, 45. Louis VI déclara par une charte que les serfs ou hommes de corps de l'église de Paris pourraient témoigner contre qui ce fût, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 214, dans POUGENS. C'est en vertu de cette loi [du pape Alexandre III, que tous les chrétiens devaient être exempts de la servitude] que, longtemps après, le roi Louis Hutin dans ses chartes déclara que tous les serfs qui restaient encore en France devaient être affranchis, parce que c'est, dit-il, le royaume des Francs, Voltaire, Mœurs, 83. J'ai eu la visite d'un serf et d'une serve des chanoines de Saint-Claude, Voltaire, Lett. duc de Choiseul, 7 sept. 1770. Les moines possèdent la moitié des terres de la Franche-Comté, et toutes ces terres ne sont peuplées que de serfs, Voltaire, Pol. et lég. Extrait d'un mémoire. La Pologne serait beaucoup plus riche, plus peuplée, plus heureuse, si les serfs étaient affranchis, s'ils avaient la liberté du corps et de l'âme, Voltaire, Lett. du roi de Pologne, 6 déc. 1767. Les possessions ordinaires des serfs, le fond de leur existence, consistaient moins en propriétés qu'en amodiations de terres concédées à charge de service et de cens, Naudet, Instit. Mém. inscr. et bell. lett. t. VIII, p. 585.
  • 3 Terme d'alchimie. Le serf rouge, la magnésie.
  • 4 Adj. Qui appartient au servage. Les hommes serfs. Condition serve. Ces moines [de Saint-Claude] prétendent justifier cet abominable usage [le servage conservé chez eux] ; ils répandent partout que ces serfs sont les plus heureux de tous les hommes, et que les terres serves sont les plus peuplées, Voltaire, Pol. et lég. Extrait d'un mémoire.

    Héritage serf, héritage pour lequel il était dû une somme au seigneur.

    Fig. Qui est sans indépendance. Des esprits serfs, Voltaire, Dial. XXIV, 9.

    Serf arbitre, se dit, par opposition à libre arbitre, de la volonté déterminée par l'ordre de Dieu ou par l'ordre des choses. Luther a écrit un livre sur le serf arbitre.

HISTORIQUE

XIe s. Pur le franc home dix solz, et pur le serf vingt solz, Lois de Guill. 8. À une estache l'unt ataché cil serf, Ch. de Rol CCLXXII.

XIIe s. Vendre [elle] me puet [peut] ou doner ; Ses sers sui sans racheter, Couci, p. 123. Encor ne vous a pas Charles à sers conquis, Sax. XXVI. Ydunc s'en sunt parti li serf d'iniquité, Th. le mart. 151.

XIIIe s. Alixandres evesques, siers des siers de Dieu, à nos chiers fieux Lambert et les freres malades de Douai, Tailliar, Recueil, p. 500. Margiste vostre serve avec vous laisserai, Berte, VII. Il sont appelé serf, porceque li empereur comanderent que li chaitif fussent vendu et ne fussent pas ocis ; et einsi estoient il gardé, Digeste, f° 7. Briefment tant est chetis et nices, Qu'il est sers à trestous les vices, la Rose, 19436. Vous volés que j'oneure et serve Ceste gent qui est fausse et serve, ib. 7838. Tant sunt d'avarice lié… Qu'il sunt tuit serf à lor deniers, ib. 5177. Se li sires qui le poursuit par ourine [origine] provoit que le [la] mere de se [sa] mere fust se [sa] serve, Beaumanoir, XLV, 13. Lequel Humbert, en eschange de ce, baille audit chapitre tous les hommes et les femmes que lui et sa femme havoient à Egligny, sers et serves de chefs et de corps, avec la progeniée et la sigance de tous les hommes et de toutes les femmes, Du Cange, servus.

XIVe s. Qui de son serf fait son seigneur, ses ennemis monteplie, Machaut, p. 136. On dit communement que qui essauce son serf, il en fait son ennemy, Ménagier, I, 5.

XVe s. Au commencement du monde n'avoient esté nuls serfs, Froissart, II, II, 106. Nous sommes appelés serfs et battus, se nous ne faisons presentement leur service [des nobles], Froissart, II, II, 106. Si vous me voulez faire ce que vous promettez par vostre courtoisie, je demeurerai vostre serve à tous jours [la reine Isabelle remerciant Jean de Hainaut], Froissart, I, I, 14. Je voy seigneurie descendre Es sers par science affranchis ; Je voy les povres enrichis, Et les riches nobles tout perdre, Pour ce qu'ilz ne veulent aerdre Leurs cuers à apprendre science, Deschamps, Miroir de mariage, p. 114. …Chevance et aveir ne sont que assessoires et serves à vertu et comme chamberieres, Chartier, Quadrilogue invectif.

XVIe s. [Une dame] …pour le nom d'amant que merite ma paine, Du seul tiltre de serf ne me daigne honorer, Desportes, Imitation de la complainte de Bradamande. [Dieu,] La flamme, l'air, la terre et l'onde Sont serfs de ton commandement, Desportes, Œuv. chrest. XVIII, ode. Et faudra que nostre nation, qui s'est tant faite renommer par vray vaillance, se voye serve de celles qui lui ont autrefois obéi, Lanoue, 203.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SERF, s. m. (Gram. & Jurisprud.) du latin servus, est une personne assujettie à certains droits & devoirs serviles envers son seigneur. L’état des serfs est mitoyen entre celui de la liberté & l’esclavage.

Chez les Romains il y avoit des esclaves qui étoient dans une dépendance absolue de leur maître.

Il y en avoit aussi de semblables en France sous la premiere & la seconde race de nos rois.

Mais ces servitudes personnelles furent abolies peu-à-peu sous la seconde race de nos rois, ou du moins elles furent mitigées ; & comme il y avoit chez les Romains certains esclaves qui étoient attachés à la culture d’un fond particulier, & que l’on appelloit adscriptitios seu addictos glebæ, lesquels cultivoient le fond à leur volonté, moyennant qu’ils rendoient à leur maître, tous les ans, une certaine quantité de blé & autres fruits ; de même aussi en France la plûpart des habitans de la campagne étoient serfs, c’est-à-dire attachés à certains fonds dont ils ne pouvoient être séparés.

Les bâtards & les aubains étoient serfs du roi.

Vers le commencement de la troisieme race nos rois affranchirent plusieurs communautés d’habitans, auxquelles ils donnerent des chartes de commune ou permission de s’assembler. Louis hutin & Philippe le bel affranchirent tous les serfs de leur domaine, moyennant finance.

Le roi donnoit quelquefois à certains serfs en particulier, des lettres par lesquelles ils étoient réputés bourgeois du roi, & cessoient d’être serfs.

Les seigneurs donnoient aussi de semblables terres à leurs serfs, au moyen desquelles ils étoient réputés bourgeois de ces seigneurs.

Cependant plusieurs seigneurs ne consentirent point à l’affranchissement de leurs serfs ; de sorte qu’il est resté des vestiges de cette espece de servitude dans les provinces régies par le droit écrit & dans quelques-unes de nos coutumes, telles que Bourgogne, Bourbonnois, Nivernois & quelques autres.

L’usage de ces différentes provinces & coutumes n’est pas uniforme par rapport aux serfs.

Dans quelques pays les hommes sont serfs de corps, c’est-à-dire, que leur personne même est serve, indépendamment de leurs biens ; ils ne peuvent se délivrer de la servitude, même en abandonnant tout à leur seigneur, lequel peut les révendiquer en tous lieux ; c’est pourquoi on les appelle serfs de corps & de poursuite.

En d’autres pays les serfs ne sont réputés tels qu’à cause des héritages qu’ils tiennent du seigneur à cette condition : ces sortes de serfs sont ceux que l’on appelle mainmortables ou mortaillables.

Les serfs deviennent tels en plusieurs manieres, savoir 1°. par la naissance, l’enfant né dans un lieu mainmortable suit la condition du pere ; 2°. par convention, lorsqu’un homme franc va demeurer en lieu de mainmorte, & y prend un mein ou tenement ; 3°. par le domicile annal en un lieu mainmortable, & le payement qu’une personne franche fait au seigneur des droits dûs au seigneur par ses mainmortables ; 4°. par le mariage à l’égard des femmes ; car lorsqu’une femme franche se marie à un homme serf & de mainmorte, pendant la vie de son mari elle est réputée de même condition que lui.

Les droits que les seigneurs ont sur leurs serfs, sont différens, selon les pays ; ils dépendent de la coutume ou usage du lieu, & des titres des seigneurs ; c’est pourquoi l’on ne parlera ici que de ceux qui sont les plus ordinaires ; encore ne se trouvent-ils pas toujours réunis en faveur du seigneur.

Un des premiers effets de cette espece de servitude est que le serf ne peut entrer dans l’état de cléricature sans le consentement de son seigneur.

Par rapport aux femmes, le seigneur a le droit de for-mariage qui consiste en ce que le seigneur prend les héritages que la femme, serve de corps, a dans le lieu de la mainmorte, lorsqu’elle va se marier ailleurs.

Les héritages assis en un lieu de mainmorte sont réputés de même condition que les autres, s’il n’y a titre ou usance au contraire.

Les serfs ne peuvent vendre & aliéner leurs héritages mainmortables qu’aux gens de la seigneurie & de même condition, & non à des personnes franches ni d’une autre seigneurie, si ce n’est du consentement du seigneur, ou qu’il y ait usance ou parcours.

Ils ne peuvent pareillement disposer de leurs biens meubles & héritages par testament ni ordonnance de derniere volonté, sans le consentement de leur seigneur. Vivunt liberi, moriuntur ut servi.

Quant aux successions, les serfs mainmortables ne se succedent les uns aux autres qu’au cas qu’ils demeurent ensemble, & soient en communauté de biens, & à défaut de parens communs, le seigneur succede à son mainmortable.

La communion ou communauté une fois rompue entre les serfs mainmortables, ils ne peuvent plus se réunir sans le consentement de leur seigneur.

Si le serf s’absente, le seigneur peut pourvoir à la culture de ses héritages, afin que les droits soient payés ; mais le mainmortable peut réclamer l’héritage, pourvu qu’il vienne dans les dix ans.

Quelque favorable que soit la liberté, le serf ne peut prescrire la franchise & la liberté contre son seigneur par quelque laps de tems que ce soit.

Le témoignage des serfs mainmortables n’est pas reçu pour leurs seigneurs. Voyez les coutumes d’Auvergne, Bourgogne, Bourbonnois, Nivernois, Berry, Vitri, la Marche, & les commentateurs, le gloss. de du Cange au mot servus, celui de Lauriere au mot serf, & les mots Corvée, Esclave, Mainmorte, Mainmortable, Mortaille, Mortaillable, Servitude. (A)

Serf abonné, est celui qui a composé de la taille avec son seigneur, & n’est pas taillable à volonté ; il est parlé de ces sortes de serfs dans les coutumes locales d’Azay le Feron, de Buzançois, de Bauche, de Saint-Genou & de Mézieres en Touraine, & de Saint-Cyran en Brenne.

Sere bénéficial ou Bénéficier, étoit un serf attaché à la glebe dans une terre qui avoit été donnée à titre de bénéfice ou fief : ces sortes de serfs passoient au nouveau bénéficier ou feudataire avec l’héritage. Voyez Bénéfice, Fief, & le glossaire de du Cange au mot servi beneficiarii.

Serf casé, servus casatus, étoit celui qui étoit attaché à une case ou héritage. Voyez le gloss. de du Cange, au mot casatus & servi casati.

Serf de corps et de poursuite, est celui qui est personnellement serf & en sa personne, indépendamment d’aucun héritage, & que le seigneur peut réclamer & poursuivre en quelque endroit qu’il aille. Voyez l’article 116 des anciennes coutumes du duché de Bourgogne.

Serf coutumier, ou réputé tel, dans la coutume de la Marche, quiconque doit à son seigneur par chacun an, à cause d’aucun héritage, argent à trois tailles payable à trois termes, avoine & geline. Voyez la dissertation de M. de Lauriere sur le tenement, ch. iv. & son glossaire au mot serf.

Serf de dévotion, étoit un seigneur ou autre qui, quoiqu’il ne fût pas serf d’une église, cependant par un motif d’humilité & de dévotion se déclaroit serf d’une telle église, & donnoit tout son bien à Dieu & aux saints & saintes que l’on y révéroit. Voyez le mercure d’Août 1750, p. 92.

Serf de douze deniers, de six deniers, de quatre deniers, étoient des gens de condition servile qui payoient à leur seigneur une espece de taille annuelle ou capitation de douze deniers, six deniers, plus ou moins. Voyez la coutume de Bourbonnois, art. 189 & 204. le glossaire de du Cange, au mot capital & au mot servus.

Serf ecclésiastique, n’étoit pas un ecclésiastique qui fût serf, mais un laïc qui étoit attaché à une manse ecclésiastique : ce qui est de singulier, c’est que ces sortes de serfs étoient fort improprement nommés ; car ils n’étoient pas de même condition que les autres ; tous nos monumens prouvent au contraire que cet état donnoit la liberté à celui qui étoit de condition servile ; & quelques-uns pensent que c’est de-là que les vrais serfs étoient obligés d’avoir le consentement de leur seigneur pour entrer dans la cléricature. Voyez le glossaire de du Cange au mot servi ecclésiastiques, & le traité de M. Bouquet, avocat, tom. I. p. 45.

Serf fiscal ou Serf fiscalin ou Fiscalin simplement, fiscalinus, étoit autrefois en France un serf attaché à l’exploitation du fisc ou domaine du roi. Il en est parlé dans plusieurs endroits de la loi des Lombards, dans Aymoin, Marculphe, Grégoire de Tours.

Serf foncier, est celui qui ne peut changer de demeure au préjudice de son seigneur, dont il est homme de corps & de suite ; il en est parlé dans un titre de Thibaut, comte palatin de Champagne & de Brie, roi de Navarre, du mois de Mai de l’an 1329. Voyez le traité de la noblesse par de la Roque, chap. xiij.

Serf de formariage, est celui qui ne peut se marier à une personne franche, ni même à une personne mainmortable d’autre lieu que celui de son domicile, sans la permission de son seigneur. Voyez Formariage, Mainmortable & Mainmorte.

Serf franc a la mort, est celui qui est taillé haut & bas par son seigneur, sans être néanmoins mainmortable, de maniere qu’après sa mort ses héritiers lui succedent. Voyez l’article 125 des anciennes coutumes du duché de Bourgogne.

Serfs germaniques ; on a nommé de ce nom ceux dont la coutume étoit venue des peuples de la Germanie, & dont l’état étoit reglé de même : quelques-uns tiennent que nos serfs de France ont été établis à l’instar des serfs germaniques ; d’autres croyent qu’ils viennent des Romains, ce qui est plus vraissemblable. Voyez les notes de Bannelier sur Davot, t. I. p. 103.

Serf de glebe, étoit celui qui étoit attaché à la glebe, c’est-à-dire à un fonds pour le cultiver.

Ils étoient de deux sortes ; les uns appellés adscripti glebæ, les autres addicti glebæ.

Les premiers étoient des especes de fermiers qui cultivoient la terre pour leur compte, moyennant une rétribution qu’ils en rendoient au propriétaire pendant leur bail.

Les seconds, addicti glebæ, étoient de vrais serfs, qui cultivoient la terre pour le seigneur ou propriétaire, & demeuroient attachés pour toujours à cette glebe. Voyez le gloss. de Ducange au mot ascriptitii, & au mot servi.

Serf de main-morte ou Main-mortable, est celui qui est sujet aux lois de la main-morte envers son seigneur. Voyez Main-mortable, Main-morte & Servitude.

Serf a la mort, est celui qui étant originairement main-mortable, & ayant quitté le lieu de la main-morte sans le congé du seigneur, pour aller demeurer en un lieu franc & non mortaillable, vit comme franc, & est serf à sa mort, parce qu’après son décès, son seigneur originaire vient réclamer sa succession. Voyez l’article 124 des anciennes coutumes du duché de Bourgogne.

Serf pissené, quasi pejornatus ; on appelle ainsi en Nivernois les bâtards des serfs ; c’est ainsi que M. de Lauriere explique ce terme en son glossaire.

Serf de poursuite, est celui que le seigneur peut suivre & réclamer en quelque lieu qu'il aille ; c’est la même chose que serf de corps. Voyez l’article 116 des anciennes coutumes du duché de Bourgogne.

Serf de quatre deniers, voyez ci-devant Serf de douze deniers, &c.

Serf-servage ou Servagier, est celui qui est serf de son chef & de sa tête, & doit chacun an quatre deniers au seigneur pour rançon de son chef. Le seigneur peut, quand il lui plaît, prendre tous les biens de ce serf, mettre sa personne en ôtage, le vendre & aliéner : quand ce serf n’a point de quoi manger, le seigneur est tenu de lui en donner. Voyez l’article 119 des anciennes coutumes du duché de Bourgogne, & l’article Serf de quatre deniers.

Serf testamental, étoit celui que l’on avoit loué par un pacte particulier, le mot testament signifiant dans cette occasion écrit. Voyez le glossaire latin de Ducange au mot servus.

Serf a la vie, est celui qui vit comme serf, & qui meurt franc, lequel étant taillé haut & bas par son seigneur, n’est pas main-mortable, & après son décès ses héritiers lui succedent. Voyez l’article 125 des anciennes coutumes du duché de Bourgogne, & ci-devant l’article Serf franc a la mort, & ci-après Serf a la vie et a la mort.

Serf a la vie et a la mort ou a vie et a mort, est celui qui étant originairement main-mortable & taillable, vit & meurt comme serf. Voyez l’article 123 des anciennes coutumes du duché de Bourgogne. (A)

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Étymologie de « serf »

Provenç. serf, ser ; espagn. siervo ; du lat. servus, esclave. Les jurisconsultes latins (Dig. de statu hominum, II, 5) ont rattaché servus à servare, comme étant l'homme pris à la guerre, conservé et non tué ; des étymologistes modernes se sont aussi rangés à cet avis ; mais il est évident que servire est le dénominatif de servus (voy. donc SERVIR).

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(XIe siècle) Du latin servus (« serviteur, esclave »).
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Phonétique du mot « serf »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
serf sɛrf

Citations contenant le mot « serf »

  • Ainsi, sous l’Ancien Régime, la corvée (ou crouée) correspondait à une journée de travail gratuit que le serf, le paysan ou le tenancier devaient au seigneur en échange d’un droit d’exploitation d’une terre. Le propriétaire des lieux garantissait en retour l‘entretien des constructions, chemins, bâtisses ou matériels… , Le Mag | Histoire : la corvée, une ancienne imposition
  • Cette loi, Messieurs, elle ne peut pas survivre et, si l'on m'écoutait, elle ne pourrait pas survivre une seconde de plus: Pourquoi? Pour ma part, je pourrais me borner à dire: parce qu'elle est contraire, fondamentalement, à la liberté de la femme, cet être, depuis toujours opprimé. La femme était esclave disait Bebel, avant même que l'esclavage fût né. Quand le christianisme devint une religion d'État, la femme devint le «démon», la «tentatrice». Au Moyen Âge, la femme n'est rien. La femme du serf n'est même pas un être humain. C'est une bête de somme. Et malgré la Révolution où la femme émerge, parle, tricote, va aux barricades, on ne lui reconnaît pas la qualité d'être humain à part entière. Pas même le droit de vote. Pendant la Commune, aux canons, dans les assemblées, elle fait merveille. Mais une Louise Michelle et une Hortense David ne changeront pas fondamentalement la condition de la femme. Slate.fr, Merci Gisèle | Slate.fr
  • Les serfs russes n'ont jamais été des « outils », mais considérés comme des personnes – tout d'abord parce qu'ils étaient des chrétiens orthodoxes russes baptisés. Or, dans la société russe tsariste, moralement organisée par la religion, percevoir des personnes baptisées comme des choses était considéré comme un blasphème. , Pourquoi le servage en Russie ne pouvait être considéré comme de l’esclavage? - Russia Beyond FR
  • L’abolition du servage en Russie signe la fin de l’organisation de la société et du travail telle que l’a connue la Russie impériale. Qui étaient ces serfs, et comment comprendre aujourd’hui le moment charnière de l’abolition ? France Culture, Le servage et son abolition, la Russie entre deux mondes - Ép. 2/4 - Le travail contre la liberté
  • Pour le meurtre de personnes dépendantes - kholops (une sorte de serfs), l’amende était moins lourde : « Pour un responsable de village, ou un responsable de travaux des champs, 12 grivnas. Et pour un serf, 5 grivnas… Pour une femme serf, 6 grivnas… Pour un enseignant, 12 grivnas, idem pour une nourrice, qu’il s’agisse de serfs ou de femmes », déclarait la Loi russe. , Combien «coûtait» une vie humaine dans la Russie prérévolutionnaire? - Russia Beyond FR
  • Avant-hier, au détour d'une conversation à bâtons rompus, une mienne amie évoque, à propos d'un livre qu'elle a lu récemment, ce que je crois être d'abord les cerfs d'Europe centrale. Le temps de rappeler ce chien fou qui me tient lieu de cerveau, toujours prompt à se ruer sur les traces de Bambi, je comprends qu'elle veut en réalité parler des serfs, ces paysans taillables et corvéables à merci dont notre Moyen Âge n'était pas peu friand. Me prend, l'espace d'un instant, l'envie de lui souffler qu'en prononçant le « f » final de ce dernier mot, elle m'eût épargné ce crochet superfétatoire par le royaume des cervidés. Mais je reste coi, et je fais bien. D'abord parce que je ne redoute rien tant que de passer pour un cuistre, et qu'il n'est pas un barbarisme au monde qui vaille que je me brouille avec quelqu'un que j'estime : le respect de la langue, c'est bien ; le savoir-vivre, c'est mieux ! Ensuite – je n'ai pas dit surtout – parce qu'en me taisant je me suis évité une cuisante humiliation. Il m'a en effet suffi d'ouvrir, dans la foulée ou presque, Petit Larousse et Petit Robert pour constater que la remarque, plus encore que déplacée, eût été, en droit, infondée : là comme ici, la transcription phonétique entoure désormais le « f » de serf d'une parenthèse, rendant sa prononciation facultative. Et pan sur un bec qui a été bien inspiré, en l'occurrence, de ne pas s'ouvrir ! Le temps n'est pourtant pas si loin où Girodet n'avait pas peur d'écrire, à l'entrée serf de son Dictionnaire des pièges et difficultés de la langue française (Bordas) : « se prononce [sɛrf], à la différence de cerf [sɛr], animal. » De même, Thomas, dans son ouvrage couronné par l'Académie française : « serf, "en état de servage", se prononce toujours sérf. » Colin encore : « Le f final est toujours prononcé : un ou des [sɛrf]. » Il faut croire que, depuis lors, le monde a bien changé, puisque Hanse en personne ne dédaigne pas aujourd'hui de sonner l'hallali de la règle d'hier : « Si f n'est pas prononcé, concède-t-il, on allonge le son è comme dans mer. » Si je ne craignais de faire preuve de mauvais esprit, je trouverais la nuance bien subjective, et infiniment moins efficace que le distinguo de naguère. D'autant que dans le même temps l'usager, qui décidément fait flèche de tout... bois, ne se prive plus , par compensation sans doute, de... faire entendre le « f » de cerf ! Sans l'aval des dictionnaires, cette fois, mais pour combien de temps encore ? On ne change pas une formule qui gagne, ne cessent de nous répéter les sportifs. Un adage que nos grammairiens et lexicographes feraient bien, de temps à autre, de reprendre à leur compte... , Serf-control : À la fortune du mot
  • Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse, sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa force. De Cesare Pavese / Journal
  • La pauvreté paraît bizarre aux riches. Ils ont du mal à comprendre pourquoi ceux qui ont faim ne sonnent pas pour qu'on leur serve le déjeuner. De Walter Bagehot
  • On est ici pour servir la musique et non pour que la musique serve notre carrière ou je ne sais quelle mise en scène. De José Van Dam / Le Figaro et vous, 27 février 2015
  • L'oisif est un individu qui préfère ne rien faire qui serve à quelque chose plutôt que de risquer de faire quelque chose qui ne serve à rien. De Noctuel
  • La littérature mène à tout pourvu qu'on ne s'en serve pas. De Yves Thériault / L'Île introuvable
  • Est-ce possible que partir ne serve qu'à se rappeler quelque chose. De Pierre Neveu / L'Hiver de Mira Christophe
  • Il faut que la peinture serve à autre chose qu'à la peinture. De Henri Matisse
  • Il n'y a aucun mal qui ne serve à quelque bien. De Proverbe français
  • J’espère qu’en matière environnementale, sociale, économique, toute la planète va réagir comme il faut à la sortie de cette crise. Il faut que cette terrible crise sanitaire serve, qu’elle ne passe pas comme ça, et c’est notre devoir à tous ! midilibre.fr, Jérémy Banster : "Il faut que cette terrible crise sanitaire serve" - midilibre.fr
  • Soutenue par la Direction générale du tourisme et la Direction générale des classes moyennes du ministère de l'Économie ainsi que par la Chambre de commerce du Grand-Duché de Luxembourg, la campagne "SAFE TO SERVE" regroupe toute une série d'actions visant à préserver la sécurité sanitaire du personnel et des clients tout en respectant l'accueil et la convivialité. , "Safe to serve": Une charte de qualité pour les restaurants, cafés et hôtels - gouvernement.lu // Le gouvernement luxembourgeois

Images d'illustration du mot « serf »

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Traductions du mot « serf »

Langue Traduction
Anglais serf
Espagnol siervo
Italien servo della gleba
Allemand leibeigene
Chinois 农奴
Arabe القن
Portugais servo
Russe крепостной
Japonais 農奴
Basque serf
Corse sirviziu
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Synonymes de « serf »

Source : synonymes de serf sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « serf »

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