Pointe : définition de pointe


Pointe : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

POINTE, subst. fém.

I.− [Ce qui pique, perce, grave, trace]
A.−
1. Extrémité amincie et aiguë d'un objet de forme allongée, mince et rigide, pouvant piquer, percer. Pointe d'un clou, d'une épine, d'une épingle, d'un hameçon, d'un pieu; pointe cassée, émoussée. Ne regardons pas l'aiguille à secondes, dont la pointe frémissante comme la flamme, dévore le temps avec une joie farouche (Amiel, Journal,1866, p. 292).V. aiguille ex. 2.
Au fig., littér. Pointe d'aiguille, d'épingle. Chose d'importance mineure. Je vous dirai que je n'aime pas beaucoup la petite bête et m'égarer dans des pointes d'aiguille (Proust, Swann,1913, p. 213).Une explosion atomique, toute puissante qu'elle soit, ne représente qu'une pointe d'épingle par rapport aux immenses forces qui régissent les phénomènes de l'atmosphère à l'échelle mondiale (Goldschmidt, Avent. atom.,1962, p. 192).Dispute sur la pointe d'une aiguille, d'une épingle. Dispute portant sur un point de détail. Ces querelles sur la pointe d'une aiguille sont incompréhensibles pour la plus grande partie du public, mais elles ont les conséquences les plus tristes (Mérimée, Lettres Ctessede Montijo,1850, p. 344).
2. Synon. de épine, piquant.Partout les araignées d'automne ont tendu leurs hamacs sur les mille pointes des buissons (Hugo, Rhin,1842, p. 382).P. métaph. Il y eut bien encore de petites épines dans cette joie, quelques pointes cachées que plus tard les jésuites, revenus du coup, se sont efforcés de faire sentir (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 4, 1859, p. 284).
P. anal. Un collier à pointes. Le bâtiment scolaire (...) dont le mur hérissé de pointes longeait l'avenue (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 53).
3.
a) Clou cylindrique, à tête de faible dimension ou sans tête, utilisé surtout pour l'assemblage des pièces de bois. [Planter] au centre de chaque tampon une petite pointe sans tête qui traversera le papier sans dommage (Bonnel-Tassan1966, p. 152).
Pointe à damas. ,,Petit clou à tête ronde, utilisé pour fixer les tentures`` (GDEL).
b) Crampon en acier garnissant la semelle des chaussures de coureur à pied. La chaussure à pointes destinée à mordre dans la cendrée (G. Rozet, 1911ds Petiot 1982).
Pointes (pour chaussures à pointes). Il se relève, il repart en courant, pieds nus, ses pointes à la main (Montherl., Olymp.,1924, p. 269).
4. P. ext. Extrémité amincie et effilée (d'un objet quelconque). [Les femmes] ne font attention à rien et vous plantent toujours en pleine figure les pointes de leurs ombrelles ou de leurs parapluies (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Protect., 1884, p. 441).V. paratonnerre ex. 1.
Casque à pointe. Casque naguère en usage dans l'armée allemande. P. méton. Soldat prussien. Tout! tout! (même la Commune) plutôt que les casques à pointes (Flaub., Corresp.,1871, p. 218).
B.−
1. Bout aminci et aigu (d'une lame, d'une arme de hast, d'une flèche, etc.). Quasimodo vit alors distinctement moutonner dans le Parvis un effrayant troupeau d'hommes et de femmes en haillons, armés de faulx, de piques, de serpes, de pertuisanes dont les mille pointes étincelaient (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 466):
1. Les flèches, de près d'un mètre, se composent d'une hampe de bambou, à laquelle sont ajustées deux plumes (...) et une lourde pointe de bois; celle-ci est aujourd'hui remplacée par une pointe de fer acérée et empoisonnée... Page, Dern. peuples primit.1941, p. 23.
[Dans des métaph. traduisant] :
[l'intensité du regard] Elle fixait sur Charles la pointe ardente de ses prunelles, comme deux flèches de feu prêtes à partir (Flaub., MmeBovary,t. 2, 1857, p. 23).
[une douleur très vive] Une souffrance atroce : malgré les planchettes, ses tibias fracturés lui entrent dans les chairs, des pointes rougies à blanc lui fouillent les moelles (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 757).Son cœur s'est affolé et tape de grands coups dans sa poitrine. À chaque coup, une pointe de feu lui vrille le crâne (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 232).
[une capacité de pénétration] L'exercice d'une certaine lucidité, de ce qu'à propos de Valéry (...) j'appelais « sa pointe, son pouvoir perforant » (Du Bos, Journal,1928, p. 193).[Une pensée qui] a gagné en profondeur et largeur ce qu'elle perdait en pointe et en élan (Gide, Journal,1930, p. 992).
2. En partic. Extrémité de la lame d'une arme blanche, par opposition au fil, au tranchant. Pointe d'un couteau, d'un poignard, d'un fleuret. Nos glaives de théâtre n'ont ni fil ni pointe, car ils ne doivent porter que de feintes blessures dont on se guérit subitement à la fin de la pièce (Gautier, Fracasse,1863, p. 97).
Assaut à pointes mouchetées. Assaut avec des armes dont la pointe est rendue inoffensive par une mouche. Au fig. Ceux qui ont (...) déserté les batailles authentiques pour les assauts à pointes mouchetées (J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p. 109).
À la pointe de l'épée, des armes. Les armes à la main, en combattant. Demain, nous chercherons, à la pointe des armes, Pour le roi la couronne, et des tombeaux pour nous (Vigny, Poèmes ant. et mod.,1837, p. 207).Au fig. En luttant. Synon. de haute lutte*.Cette sérénité salutaire qu'il me fallait conquérir à la pointe de l'épée (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 367).
Au fig. La pointe et le fil. Caractère incisif ou blessant (d'un propos, d'un jugement). Le ton, l'accent, ce je ne sais quoi qui donne à l'allusion perfide sa pointe et son fil, comme pour l'enfoncer dans le cœur (Bernanos, Imposture,1927, p. 410).Hélène était plus cultivée que Joseph, et beaucoup plus fine, au début. Cette finesse, petit à petit, a perdu la pointe et le fil (Duhamel, Nuit St-Jean,1935, p. 138).
Arg. [En parlant d'un homme] Être de la pointe. Être porté sur l'amour ou, dans des relations homosexuelles, être celui qui pénètre son partenaire (d'apr. Cellard-Rey 1980).
3. ESCR. Coup de pointe ou, absol., pointe. Coup porté avec la pointe. Fabrice, indigné, porte au hussard un coup de pointe à fond (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 67).Je me fendis et lui portai une pointe au nombril (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 174):
2. Gaspard soupesa le cosaque du regard. Les traits tendus, tout éveil et promptitude, il avait pris une garde basse assez déconcertante. Quelques coups de banderolle [sic] pour se tâter, puis on cherchait à placer les coups de pointe qui nettoient un homme. Pourrat, Gaspard,1925, p. 148.
Au fig. ou p. métaph. Il s'accrochait à son interlocuteur selon sa méthode primitive, répétant cent fois la même phrase (...), désarçonnant seulement l'adversaire, de temps en temps, par une pointe imprévue (Queffélec, Recteur,1944, p. 221).
4. Au fig. Parole, réflexion blessante. Synon. pique, raillerie.Christophe avait bien aussi décoché quelques pointes irrespectueuses contre l'idole sainte (Rolland, J.-Chr.,Révolte, 1907, p. 444).Elles se hasardèrent à attaquer par d'imperceptibles pointes Harriet absente (Maurois, Ariel,1923, p. 128).
5.
a) Vieilli. Pointe d'esprit ou simpl. pointe. Trait d'esprit. Les jeux de mots ont changé de noms à différentes époques : on les a appelés tantôt pointes, tantôt quolibets; on les appelle aujourd'hui calembourgs [sic] (Jouy, Hermite,t. 5, 1814, p. 229).
b) CRIT. LITTÉR. ,,Mot, phrase, thème d'une unité littéraire où se concentre l'effet que l'écrivain cherche à obtenir`` (Léon 1975). Sigognac était en sa chambre cherchant la pointe finale d'un sonnet à la louange de son aimée (Gautier, Fracasse,1863, p. 463).
C.−
1. Partie terminale dure et aiguë d'un instrument ou d'un outil qui sert à piquer, percer, tracer, graver. Pointe d'un crayon, d'un compas, d'un poinçon, d'un stylo; pointe émoussée; aiguiser la pointe d'un outil.
Pointe bille. Pointe de stylo comportant une bille; p. méton., ce type de stylo. Pointe feutre. Pointe de stylo comportant une tige de feutre; p. méton., ce type de stylo. Pour écrire en souplesse et en douceur : le [stylo] de Tempo Argenté, tracé. Pointe bille métal ultra dure (Le Point,10 mars 1980, p. 147, col. 2).
Pointe mousse. Pointe arrondie, de manière à ne pas percer. [Il] tracera tous les contours avec un poinçon d'ivoire à pointe mousse (Nosban, Manuel menuisier,t. 2, 1857, p. 146).
Compas à pointes sèches. Compas dont les deux branches se terminent par une extrémité effilée utilisé pour les reports de distance. (Dict. xixeet xxes.).
ÉLECTROACOUST. Pointe de lecture. ,,Partie de la tête de lecture qui se trouve en contact direct avec le sillon du disque`` (GDEL). Pour la lecture des anciens disques 78 tours, la pointe de lecture était une aiguille en acier (parfois iridié) ou en fibre. Aujourd'hui, on utilise des pointes soit saphir soit diamant (Pir.1964).
2. P. méton. [Désigne divers instruments servant à percer, graver, tracer] Pointe Bic (marque déposée). Je farfouille dans mon sac (...) à la recherche d'une pointe Bic (Le Monde,9 oct. 1986, p. 36, col. 6).
GRAV. Pointe à graver. Pointe montée sur manche et finement aiguisée soit en aiguille (pointe à tracer), soit en taille de crayon (pointe à facette), soit en taille de burin (pointe burin) (d'apr. Bég. Estampe 1977). Pointe(-)sèche*.
IMPR. Légère tige d'acier montée sur un manche qui sert à soulever les lettres à remplacer ou à retourner dans une ligne (d'apr. Littré, GDEL).
PRÉHIST. Outil en pierre présentant une extrémité aiguë. Dès avant l'acheuléen apparaissent les industries à éclat, la pointe triangulaire et le racloir détachés d'un nucléus ou rognon de silex et retouchés sur une face, l'autre face restant plane (S. Blanc, Init. préhist.,1932, p. 79).
RELIURE. ,,Outil formé d'une lame d'acier terminée en double biseau pour couper la peau, la toile, le papier ou le carton`` (GDEL).
SCULPT. ,,Tige d'acier de section carrée ou octogonale, terminée en pointe pyramidale à l'une de ses extrémités et utilisée à l'aide d'une masse pour ébaucher une sculpture`` (GDEL). Synon. poinçon.
3. Pointe de diamant
a) Pointe de diamant ou simpl. diamant. Diamant taillé en pointe qui sert à couper le verre. Ses paysages froids et fins gravés comme sur une vitre par une pointe de diamant (Faure, Hist. art,1914, p. 401).
b) GRAV. Pointe de diamant ou en diamant et simpl. pointe. ,,Pointe très fine en diamant taillé (ou en rubis, en saphir), montée sur manche, qui entaille légèrement mais d'une manière précise le métal ou le vernis`` (Bég. Estampe 1977). Il travaille sur le cuivre non recouvert, avec une pointe de diamant qui a un tournant sur le métal que n'a pas la pointe d'acier et avec lequel il se vante de pouvoir faire un 8 (Goncourt, Journal,1894, p. 501).
c) JOAILL. Pointe (de diamant). ,,Tige de cuivre à l'extrémité de laquelle est monté un diamant qui sert aux graveurs en pierres fines`` (Littré).
4. MÉDECINE
a) Vx. Pointe de feu. Instrument servant à cautériser. Synon. cautère. (Dict. xixeet xxes.).
b) P. méton., au plur. Petites brûlures faites avec un cautère. Ils ne savent plus où me faire leurs pointes de feu. Mon buste, une écumoire (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 994).
D.−
1.
a) Petite quantité d'un condiment à saveur piquante. Des cèpes, les premiers de la forêt, avec une pointe d'ail (Giraudoux, Simon,1926, p. 213).
b) Sensation provoquée par la présence dans un milieu ambiant, d'une odeur piquante, d'un air froid, etc. Le courant d'air de la porte grande ouverte mettait sa pointe fraîche au milieu de l'odeur chaude et renfermée du vin (Zola, Ventre Paris,1873, p. 620):
3. Il distinguait l'odeur des rideaux de cretonne, à laquelle se mêlait ce soir une pointe acide, qui lui parut peu agréable tant qu'il l'attribua à la fièvre, mais qu'il respira joyeusement dès qu'il eut aperçu le citron coupé dans une soucoupe sur la table de nuit. Martin du G., Thib.,Mort père, 1929, p. 1323.
2. Au fig. Présence infime, à peine perceptible d'un élément qui irrite, pimente, excite, provoque. Pointe d'accent, d'ironie, de jalousie, de malice, de moquerie. Elle parlait sur un ton plaisant, peut-être avec une pointe de coquetterie (Arland, Ordre,1929, p. 49).Il prononce film à l'anglaise, non sans une pointe de mépris (Green, Journal,1939, p. 206):
4. Un léger excès d'imparfait du subjonctif, une pointe de déclamation sorbonnarde me faisaient cependant tiquer. H. Bazin, Vipère,1948, p. 111.
3. Vieilli. Pointe de vin est simpl. pointe. Ivresse légère. La petite pointe de vin qui l'animait le servit à merveille, il fut spirituel et montra qu'il savait hurler avec les loups (Balzac, Illus. perdues,1839, p. 399).Khlestakof, en pointe de vin (...) fait l'aimable avec madame la gouvernante (Mérimée, Ét. litt. russe,1870, p. 35).
Avoir, être échauffé par, etc. une pointe (de vin). Être échauffé par le vin. Animé par une pointe de vin, il s'étendit, après le dîner, sur un divan (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 214).Ils étaient déjà soûls comme des tiques. Et les dames avaient leur pointe, oh! une culotte encore légère, le vin pur aux joues (Zola, Assommoir,1877, p. 580).
P. anal. Pointe de gaîté. Bonne humeur. Tu crois! J'étais donc gris? Quand je suis en pointe de gaîté, tous mes moindres coups sont mortels (Musset, Lorenzaccio,1834, ii, 6, p. 159).Dîné à Plainpalais, chez la cousine J. Brandt avec Eugène qui marchait comme un vieillard et Jul. B. qui était en pointe de gaieté (Amiel, Journal,1866, p. 92).
E.−
1. Sensation de piqûre, de picotement. Des pointes légères le brûlaient déjà aux jointures (Zola, Joie de vivre,1884, p. 1045).[Les eaux salées] piquaient mes yeux de pointes acides (Abellio, Pacifiques,1946, p. 14).
2. Sensation de douleur vive et très localisée. Synon. point1.Pointe au cœur. « C'est fini », souffla-t-elle. « Ça vient par crises, c'est des pointes au cœur. » (Martin du G., Thib., Belle sais., 1923, p. 848).Cet effort m'a coûté une nouvelle pointe au cœur. Décidément l'homme n'est pas bâti pour faire de la culture physique à dix mille mètres d'altitude (Saint-Exup., Pilote guerre,1942, p. 305).
3. Au fig., littér. Synon. de atteinte, blessure, morsure.Je suppose que Giuditta, comme nous l'appelions en italien, lui prêtait quelques petites sommes pour le garantir des pointes les plus dures de cette pauvreté (Stendhal, Souv. égotisme,1832, p. 92).L'amour, pour qui j'étais né, ne me faisait sentir que ses langueurs ou ses pointes sanglantes; le plaisir ne me laissait boire que sa lie (Sainte-Beuve, Volupté,t. 1, 1834, p. 216).
II.− Partie (d'une chose) terminée en angle aigu qui fait saillie par rapport aux contours de la masse principale.
A.−
1. Extrémité, sommet qui va en s'amincissant; partie la plus élevée d'une chose. Pointe d'un clocher, d'un minaret, d'une montagne. Les premiers rayons d'un rouge pourpre diaprèrent de leurs rubis les pointes écumeuses des vagues (Dumas père, Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 45).Monter à la fine pointe du châtaignier et gauler les châtaignes (R. Bazin, Blé,1907, p. 51).Devant douze ouvertures crachant des flammes blanches aux fines pointes bleues, trente-six hommes maniaient des morceaux d'étoile (Hamp, Champagne,1909, p. 81):
5. D'ailleurs en cet instant le soleil parut, et un tel flot de lumière déborda par-dessus l'horizon qu'on eût dit que toutes les pointes de Paris, flèches, cheminées, pignons, prenaient feu à la fois. Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 562.
Pointes d'asperges. Extrémité de l'asperge, la plus tendre et la plus agréable au goût. Un légumier de pointes d'asperges au beurre, tenues bien vertes (Gdes heures cuis. fr.,A. Escoffier, 1935, p. 195).
2. Pointe de diamant
a) JOAILL. Pointe naïve. V. naïf I A.
b) ARCHIT., ÉBÉN., SCULPT. Motif décoratif en forme de pyramide très aplatie. Bossage à, pavage en pointes de diamants. Les armoires de chêne chevillé, dont les portes pleines sont taillées en pointe de diamant (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 146).V. diamant ex. 5.
3. TECHNOL. Saillie conique. Cet appareil comprend une coupelle métallique munie de trois petites saillies empêchant une bille d'acier de venir en contact trop complet avec la coupelle. Ces trois pointes déterminent l'épaisseur de la pellicule d'huile (Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931, p. 120).,,Cône en acier trempé et rectifié, servant à tenir les pièces à travailler sur les tours, machines à rectifier, fraiseuses, etc.`` (GDEL). La pointe fixe d'une des poupées du tour à pointe (Nosban, Manuel menuisier,t. 2, 1857, p. 118).
B.−
1. Partie terminale d'un élément anatomique. Synon. bout.
[Implique l'axe perspectif du corps] Pointe du nez. Et les bras nus, les épaules nues, la pointe des seins à l'air, dans son adorable jeunesse de blonde grasse, elle tenait toujours le rideau d'une main (Zola, Nana,1880, p. 1208).Je vois ton cou qui bat, Je suis une de tes veines avec la pointe du doigt : je ne peux pas me faire à ta vie (Montherl., Encore inst. bonh.,1934, p. 730):
6. Elle prononçait la première syllabe de jolies comme si elle s'écrivait « jau », et la seconde d'une façon très légère et à fleur de bouche, comme si la pointe de la langue venait placer l'i au milieu d'un baiser qu'envoyaient les lèvres. Romains, Hommes bonne vol.,1939, p. 79.
Fam. Être assis sur la pointe des fesses. N'être qu'à demi assis, sur le rebord d'un siège. [L'araignée] reste un instant suspendue, inquiète, pelotonnée. Poil de Carotte, sur la pointe des fesses, la guette, aspire au dénouement (Renard, Poil Carotte,1894, p. 175).
[Implique l'axe latéral du corps] Pointe des ailes. Fracture de la pointe de la hanche (Garcin, Guide vétér.,1944, p. 152).
[Implique un point d'attache, une « racine »] Pointe d'une feuille, des cheveux. [Elle était] maquillée, poudrée jusqu'à la pointe des cils (Jouhandeau, M. Godeau,1926, p. 101).
2. Pointe du pied. Assise du pied la plus réduite, opposée au talon. Tout le corps participe à cette action [le direct du gauche] en l'appuyant de son poids qui se porte sur la jambe avant pendant que la jambe arrière se détend et s'élève sur la pointe du pied (R. Vuillemin, Éduc. phys.,1941, p. 166).V. chausson ex. 3, danseur ex. 1.
(Marcher, se déplacer) sur la pointe des pieds ou, plus rare, sur la pointe du pied. (Marcher, se déplacer) en évitant de faire du bruit. Elle posa son livre et se leva doucement pour sortir sur la pointe du pied (Mérimée, A. Guillot,1847, p. 119).J'avançai donc sur la pointe des pieds, comme un larron (Duhamel, Confess. min.,1920, p. 76).Au fig. Se montrer discret, prudent. (Dict. xxes.).
CHORÉGRAPHIE
Au plur. Déplacement de la danseuse dressée en équilibre sur l'extrémité de ses chaussons. Faire des pointes. Dans la soirée, nous allons tous ensemble voir les marionnettes de Holden. Ces gens de bois sont un peu inquiétants. Il y a une danseuse tournant sur ses pointes dans un clair de lune, de laquelle pourrait s'éprendre un personnage d'Hoffmann (Goncourt, Journal,1879, p. 15).
Pointe basse. ,,Position de la pointe du pied en extension maximale, les orteils serrés et dirigés vers le sol`` (GDEL).
Demi-pointe. Position dans laquelle le pied est soulevé, la phalange à plat. V. chausson ex. 3.
C.−
1. Partie terminale allant en s'amincissant ou formant un angle aigu (p. oppos. à la base, à la masse principale). Vous laisserez sortir de la cravate les pointes du col de votre chemise (Karr, Sous tilleuls,1832, p. 12).Puis, d'un plat de main énergique, il appuya sur sa poitrine les deux pointes écarlates du gilet (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 45).
ANAT. Pointe du cœur. Partie inférieure du cœur. Synon. sommet.Un sillon longitudinal, passant à la droite de la pointe et occupé par l'artère coronaire, marque la séparation entre le ventricule droit et le ventricule gauche auquel la pointe du cœur appartient tout entière (Camefort, Gama, Sc. nat.,1960, p. 183).
COUT. Petite pièce de tissu en forme de triangle utilisée pour donner de l'ampleur à un vêtement. (Dict. xxes).
HÉRALD. Partie inférieure de l'écu. Pointe coupée d'or et d'azur, pointe chargée d'une tour d'argent (Ac.).
2. Pièce d'étoffe, notamment châle ou fichu, de forme triangulaire. V. fanchonnette ex. de Sainte-Beuve.
En partic. Couche de bébé en forme de triangle. (Dict. xxes.).
3. Mince et longue touffe de barbe qu'on laisse pousser en bas du visage. Elle voulut qu'il se vêtît tout en noir et se laissât pousser une pointe au menton, pour ressembler aux portraits de Louis XIII (Flaub., MmeBovary,t. 2, 1857, p. 127).Sa tête est une grosse boule avec une calvitie, une forte barbe courte, et une pointe au menton (Barrès, Homme libre,1889, p. 158).
4. Extrémité de l'archet d'un violon (p. oppos. au talon) (d'apr. Mus. 1976).
5. CHOREGR. Chausson de pointe ou pointe. Chausson dont le bout est renforcé pour faciliter l'exécution des pointes. (Dict. xixeet xxes.). Chausson de demi-pointe ou demi-pointe. ,,Chausson souple, sans apprêt ni renforcement au bout, utilisé dans la danse sur demi-pointes`` (GDEL).
D.−
1. GÉOGR. Portion de terrain qui va en se rétrécissant; en partic., bande de terre qui s'avance dans les eaux. Pointe d'un champ; pointe du Raz. Ils laissèrent tomber l'ancre près d'une des deux pointes ou caps qui forment l'entrée du port (Voy. La Pérouse,t. 1, 1797, p. 140).
2. Partie avancée d'un dispositif militaire. Les deux ou trois hommes qui forment la pointe du mouvement, tirent dans la direction de l'ouvrage, sans viser, presque sans rien voir (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 70).Les Japonais durent leurs succès initiaux (...) à leurs divisions de porte-avions, sans cesse et victorieusement lancés en pointe d'attaque (Le Masson, Mar.,1951, p. 11).
Au fig. Partie la plus avancée (d'un domaine, d'une activité). Explorateur de l'extrême pointe de l'actuel, je m'attache à sonder l'opinion publique sur les grands problèmes de l'heure (M. Bloch, Apol. pour hist.,1944, p. 18).
(Être) à la pointe de. (Être) en avant de, à l'avant-garde de. Trouble, luttes, bouleversements? (...) Les progrès sont à ce prix même. Et ceux-là le savent, au rebours des vulgarisateurs, qui, sans se laisser atteindre par de passagères brutalités, œuvrent et créent, à l'extrême pointe du progrès humain (Civilis. écr.,1939, p. 24-10).Ce petit clan était à la pointe du combat, mais la liberté se respirait partout (Guéhenno, Jean-Jacques,1950, p. 76).
E.− En pointe (loc. adj. ou adv.), de pointe (loc. adj.)
1. En pointe. Qui est placé en avant, orienté vers l'avant.
a) Qui va en s'amincissant, qui a la forme d'un angle très aigu. Empiècement en pointe. Elle le voyait ainsi de profil avec sa fine moustache, en pointe aux coins des lèvres (Reider, MlleVallantin,1862, p. 114).
Empl. adv. Se tailler la barbe en pointe. Ses manches avaient pris le bouffant qui commençait à se faire voir, l'empiècement du corsage s'ouvrait en pointe : signes d'élégance cette année-là (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 54).
b) Qui est en position avancée. Synon. en avant.À un moment donné je me trouvais en pointe devant un mur de poitrines qui barraient la rue et je fonçais avec méthode la tête en avant (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 265).
Au fig. [En parlant d'un domaine d'activité] Les salariés et les patrons des secteurs en pointe (Le Monde,25 sept. 1968ds Gilb. 1971).
c) AVIRON. Bateau armé ou monté en pointe. De telle sorte que, sur chaque bordée, un rameur n'utilise qu'un aviron qu'il tient à deux mains (p. oppos. à armé, monté en couple). On rame en pointe dans : le deux sans barreur, le deux barré, le quatre sans barreur, le huit toujours barré (Encyclop. des sports,1961ds Petiot 1982).
2. De pointe
a) Qui est placé en avant, en avant-garde. Éclaireur de pointe. (Dict. xixeet xxes.).
b) Au fig.
[En parlant d'un secteur d'activité, d'une recherche, d'une technique] Qui est à l'avant-garde du progrès. Plusieurs industries de pointe connaissent un développement vertigineux, en particulier l'électronique et les engins spatiaux (Le Monde,2 sept. 1964ds Gilb. 1971).
[En parlant d'une pers.] Qui est à l'avant-garde dans sa spécialité ou qui a des idées jugées avancées. Tentation permanente pour les chrétiens « de pointe » de placer la hiérarchie devant le fait accompli (Le Monde,15 juin 1968ds Gilb. 1971).L'ensemble de nos entraîneurs (de football) de « pointe » passe pour percevoir des émoluments élevés (Le Monde,3 déc. 1968ds Gilb. 1971).
c) AVIRON. Aviron de pointe. Monté en pointe. La course à deux avirons de pointe a été vivement disputée (Le Sport,23 juin 1858ds Petiot 1982).
III.
A.− Augmentation brusque et temporaire d'intensité. Pointe de consommation d'électricité; pointe de circulation. Il faut donc établir pour les divers ateliers un plan de travail permettant d'avoir un diagramme de consommation qui ne comporte pas de pointes excessives (Brunerie, Industr. alim.,1949, p. 179).C'est le rôle du financement international à court terme de combler les pointes saisonnières, accidentelles ou cycliques, des déficits des balances de paiement (Univ. écon. et soc.,1960, p. 18-15).
Pointe de vitesse. Vitesse élevée obtenue par une accélération brusque. Il faut bien distinguer la vitesse moyenne commerciale et la vitesse pure appelée communément pointe de vitesse (Chapelain, Techn. automob.,1956, p. 124).
PHYS., TECHNOL. Pointe thermique. ,,Échauffement local intense. Synon. surchauffe`` (GDEL).
Heure, période de pointe. Heure, période où un phénomène atteint son intensité maximale. Apparemment, rien n'était changé. Les tramways étaient toujours pleins aux heures de pointe, vides et sales dans la journée (Camus, Peste,1947, p. 1266).
Vitesse de pointe. Vitesse maximale d'un coureur, d'un engin. (Ds Petiot 1982).
B.− Accès, poussée. Elle refusa de répondre, et, de ses bras croisés, pressa le livre contre sa poitrine. Ils se défièrent avec une pointe subite de plaisir (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 908).Et puis, brusquement, j'eus une pointe d'humeur (Gracq, Beau tén.,1945, p. 110).
C.− Au fig. Sommet atteint par quelque chose qui croît en intensité. Un long cri qui vient par trois fois, toujours plus aigu, puis casse à sa plus fine pointe comme un roseau dans un coup de vent (Ramuz, Derborence,1934, p. 89).
La fine pointe (de l'âme, de l'esprit). Le sommet, la quintessence. V. acumen A 2.Considérons à présent ce qui, dans l'âme, engendre ainsi sa propre connaissance. C'est toujours ce qu'il y a en elle de plus haut, cet apex mentis, ou cime de l'âme, comme disent les augustiniens : sa « fine pointe », dira plus tard saint François de Sales (Gilson, Espr. philos. médiév.,1932, p. 18).
IV.− [Corresp. à pointer2]
A.−
1. Faire (la) pointe. S'élever ou descendre à la verticale. Synon. pointer.L'oiseau fit la pointe et fondit tout d'un coup sur la perdrix (Ac.).
2. ÉQUIT. [En parlant d'un cheval] Se dresser sur les pattes de derrière. Synon. pointer.Que son cheval fasse une pointe un peu sèche, et il est par terre (Stendhal, L. Leuwen, t. 1, 1835, p. 91).
B.−
1. Attaque militaire loin en avant des lignes, de la base. Synon. incursion.Avant-hier, il semblait que Mulhouse fût repris; ce n'était qu'une pointe hardie qui sans doute va coûter la vie à mainte famille de la ville (Gide, Journal,1914, p. 461).Les troupes qu'il parviendra, en l'espace de trois semaines, à faire passer en Corse, réussiront, avec l'aide de la résistance, à protéger la plus grande partie de l'île contre les pointes offensives des Allemands (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 144).
Au fig. Faire, pousser, poursuivre sa pointe. Développer à fond une argumentation. Ce fut encore une tirade terrible. Je le laissai dire, car il ne faut jamais arrêter un Français qui fait sa pointe (J. de Maistre, Corresp.,1807, p. 512).Jean, comme toujours, m'a d'abord laissé pousser jusqu'au bout ma pointe; et, comme il advient presque toujours, je me suis laissé convaincre aussitôt ensuite par l'argument restrictif (Gide, Journal,1912, p. 367).Mener un assaut galant. Alors, Monseigneur, j'étais parvenu à m'introduire dans la maison de mon ange et je poussais ma pointe tout en douceur (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 182).
2. Voyage, promenade hors de l'itinéraire habituel ou dans un endroit où l'on va rarement. Je comptais séjourner à Aïn-Chems, afin de faire quelques pointes dans le désert, mais le mauvais temps m'en chassa (Du Camp, Nil,1854, p. 53).Vous voudrez peut-être faire un tour. Il m'est revenu que, ces derniers temps, vous poussiez des pointes dans les quartiers excentriques (Hermant, M. de Courpière,1907, I, 8, p. 8).Mais je ne veux pas entraîner les compagnons de mon itinéraire dans une pointe aussi longue, qui nous a menés jusqu'à Teruel et sa tour arabe (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 37).
V.− [Corresp. à pointer4A]
A.− Pointe de l'aube, du jour. Moment où la lumière du jour devient perceptible. Synon. point* du jour (v. point1).À la pointe du jour, ils se glissaient furtivement, chacun de son côté, hors du logis (Theuriet, Mais. deux barbeaux,1879, p. 50).L'annonciateur, qui se dressait dans le silence du désert dès la pointe d'aube, et criait vers les quatre horizons pour dissiper la nuit (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 132).
À pointe d'aube. Un matin, à pointe d'aube, il découvrit en lisière d'un fourré une charogne étalée dans l'herbe (Genevoix, Raboliot,1925, p. 321).
B.− Pointe de feu, de lumière. Éclat lumineux. Et partout des piques et des hallebardes au bout desquelles la lumière des chandelles mettait des pointes de feu (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 351).
P. métaph. Les yeux nus livrent nos pensées; du moins nous le croyons et l'autre aussi le croit, guettant toujours cette pointe lumineuse de l'œil (Alain, Propos,1923, p. 520).Et, dans le regard de l'homme, Jacques a surpris au passage cette lueur fugitive, qui est comme le langage chiffré de tous les hors-la-loi : échange intime, mystérieux, à l'extrémité des antennes visuelles; pointe d'interrogation, brève comme l'éclair (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 712).
REM. 1.
Pointeux, -euse, adj. et subst.,région. (Canada). (Personne) qui raille, qui envoie des piques, des pointes. Phonsine! lui reprocha le Survenant, vas-tu te mêler d'être pointeuse, la petite mère? (Guèvremont, Survenant,1945, p. 130).A change pas! conclut le métis. Puis il ajouta − Toujours aimable et douce, pas pointeuse, et passe son temps à vanter son mari (H. Bernard, Les jours...,1951, p. 165 ds Richesses Québec 1982, p. 1854).
2.
Pointerie, subst. fém.Atelier où l'on fabrique des pointes. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth. : [pwε ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1140 « extrémité pointue d'un objet » (Pélerinage Charlemagne, éd. G. Favati, 544); 1636 à la pointe des armes (Corneille, Le Cid, II, 7); 1668 fig. à la pointe de l'épée (La Fontaine, Fables, I, 5); 2. a) 1306 « portion de terrain qui se rétrécit de plus en plus » (Joinville, St Louis, éd. N. L. Corbett, 147); b) 1452 « extrémité d'un objet (ici d'un soulier) » (J. de Bueil, Le Jouvencel, éd. L. Lecestre, I, 55); c) 1585 en pointe (N. Du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, II, 107); 3. 1554 « partie de l'aile d'une armée » (Amyot, Histoires de Diodore, XII, 21 ds Hug.); 4. 1669 marcher sur la pointe des pieds (Widerhold Fr.-all.); 1842 avoir des pointes « pour un danseur se tenir sur la pointe des pieds » (Ac. Compl.); 1898 faire des pointes (DG). B. 1. 1174-76 puinte del jur (Guernes de Pont-Sainte-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 6046); 2. 1225-30 « douleur piquante, cuisante » (Guillaume de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 2315); 1604 « remarque blessante, trait d'ironie » (Montchrestien, Hector, éd. Petit de Julleville, 30); 1740-55 faire une pointe « chercher querelle » (St Simon, Mémoires, éd. A. de Boislisle, VIII, 345); 3. 1580 « trait d'esprit, jeu de mots » (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, I, 307); 4. a) 1570 « petite quantité d'un assaisonnement » (Maison rustique, 207 ds FEW t. 9, p. 575a); 1671 pointe de vin (Pomey); b) 1657-62 « qui a une finesse extrême, minuscule » (Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg, II, 13). C. 1. 1155 puingte « charge de cavalerie » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 11943); 1835 « opération de commando » (Ac.); 2. ca 1225 faire sa pointe « aller de l'avant » (Reclus de Molliens, Charité, 23, 11 ds T.-L.); 1623 poursuivre sa pointe (dans une intention galante) (Sorel, Francion, éd. Colombey, 459); 1798 faire une pointe « aller dans un endroit qui n'était pas prévu au départ » (Ac.). D. 1. 1538 « outil dont l'extrémité est employée pour faire des trous » (Est.); 1549 pointe de diamant (ibid.); 1680 « clou long, sans tête » (Rich.); 2. 1562 « piquants du hérisson » (Du Pinet, Hist. du monde, LXXX, chap. 4, p. 475); 1911 chaussures à pointes (G. Rozet, Deffense et illustration de la race française ds Petiot 1982); d'où 1924 pointes (Montherlant, Le Paradis à l'ombre des épées, ibid.); 3. 1520 « morceau d'étoffe triangulaire sur un vêtement » (Palsgr., p. 226); 1657-92 « fichu en forme de pointe » (Tallemant des Reaux, Historiettes, éd. Mongrédien, I, 100). Du b. lat. puncta « estocade », issu du part. passé de pungere « poindre ». Fréq. abs. littér. : 4 483. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 6 423, b) 7 279; xxes. : a) 5 930, b) 6 121. Bbg. Gall. 1955, p. 121, 484. − Gohin 1903, p. 373. − Quem. DDL t. 4, 21.

Pointe : définition du Wiktionnaire

Nom commun

pointe \pwɛ̃t\ féminin

  1. Extrémité piquante et aigüe de quelque chose que ce soit.
    • Je m’engageai dans la passe […]. Je devais agir avec prudence, car les pointes traîtresses du corail me guettaient sous la mer. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • En diminuant le diamètre de la virole, on pouvait en faire des pointes de flèche; en barbelant la pointe, on avait une arme de jet, un javelot.— (Jules Toutain, Pro Alesia, Armand Colin, 1909, page 556)
    • Les pointes d’un compas. - La pointe d’un crayon. - Aiguiser, émousser la pointe d’un couteau.
    • (Figuré)La pointe de l’esprit.
  2. (Arts et métiers) Instrument de fer ou d’acier qui servent à différents usages.
    • A la Tène, on n’a trouvé que des pointes de lances et quelques menus objets en fer, alors que les armes ou outils (ciseaux, couteaux, etc.) de cuivre ont déjà des dimensions importantes. — (Maurice Lecerf, Le Fer dans le monde, Payot, 1942)
    • Les sculpteurs se servent d’une pointe pour ébaucher leur ouvrage. - On trace des lignes avec une pointe sur le bois, sur le fer, sur la pierre. - Pointe à tracer.
    • Dans la gravure à l’eau-forte, on se sert d’une pointe d’acier pour dessiner sur le vernis dont la planche est enduite, et découvrir ainsi les parties où l’acide doit mordre.
  3. (Gravure) Manière d’opérer avec la pointe.
    • Pointe délicate, légère, etc.
  4. Petit clou long et mince, sans tête ou à tête très petite.
    Une pointe (4)
    • Les vitriers fixent les morceaux de verre avec des pointes. - La colle ne suffit pas pour faire tenir ce morceau de bois, il faut y mettre quelques pointes. - Fixer une planche avec de longues pointes.
  5. Bout, extrémité des choses qui vont diminuant.
    Une pointe en Bretagne (5)
    • M. Bernard, notaire, sortait de chez lui, à pointe d’aube […]. Il était entièrement vêtu de casimir noir, ainsi qu’il convient à un notaire. — (Octave Mirbeau, « La Mort du chien » dans Lettres de ma chaumière, 1886)
    • C’était un homme de belle prestance, blond, l’œil profondément enfoncé sous l’arcade, le nez camard, les pointes de la moustache relevées à angle droit, et de longues mains blanches. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 146 de l’éd. de 1921)
    • La pointe des herbes. - Des pointes d’asperges. - La pointe d’un clocher. - La pointe d’une montagne, d’un rocher, d’un cap.
    • Il marche sur la pointe des pieds. - Il porte la pointe du pied en dehors. - Se dresser sur la pointe des pieds.
  6. (Par ellipse) (Danse) La pointe des pieds.
    • Danser sur les pointes, Faire des pointes.
  7. (Par ellipse) (Géographie) Espace de terre qui s’avance dans la mer.
    • Le lendemain je longeai la presqu’île de Taiarapu, la pointe de Tautira et le récif sur lequel le capitaine Cook avait bien failli perdre ses navires lors de son deuxième voyage. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • La Chiffonne en longea la côte occidentale, doubla la pointe Nord et, suivant les falaises de l'Est, moins anfractueuses, pénétra dans un grand port naturel, protégé par un alignement de gros rochers et de petits îlots. — (G. Lenotre, Les derniers Terroristes, Paris : chez Firmin-Didot, 4e éd., 1932, p. 79)
    • Le ciel, clair au départ de Saint-Louis, devient brumeux vers Dakar. Nous apercevons dans un trou le feu de la pointe du Cap-Vert, à 4 heures. — (Jean Mermoz, Mes Vols, p.84, Flammarion, 1937)
  8. (Militaire) Extrémité de l’aile d'un bataillon.
    • Avoir, tenir la pointe de l’aile droite, de l’aile gauche.
  9. (Par ellipse) (Sellerie) Une des parties qui forment le bas de l’arçon d’une selle.
    • Pointe de l’arçon.
  10. (Architecture) L’angle d'un bastion, le plus avancé du côté de la campagne.
    • Le canon des assiégeants avait abattu la pointe du bastion.
  11. (Électricité) Dépassement de courte durée ajoutée à un changement de voltage à sens unique.
  12. (Chemin de fer) Extrémité mobile d’une aiguille ferroviaire.
  13. (Héraldique) Partie basse de l’écu.
    • Pointe coupée d’or et d’azur. - La pointe chargée d’une tour d’argent.
  14. Pointe de gueules (14)
    (Héraldique) Nom donné à une pièce triangulaire dont le sommet touche le centre du chef de l’écu et la base occupe un quart de la largeur de l’écu et est centré sur la pointe (sens précédent).
    • D’argent à la pointe de gueules
  15. (Héraldique) Emplacement d’élément(s) dans l’écu, voir en pointe.
  16. (Couture) Morceau d’étoffe ou de linge, taillé en pointe, que l’on coud sur les côtés d’une jupe ou d’une chemise de femme, entre le devant et le derrière, pour donner plus de tour, plus d’ampleur au vêtement.
  17. (Cuisine) Petite quantité d’un assaisonnement piquant et agréable.
    • Il manque à cette sauce une pointe de sel, de poivre, de vinaigre. - Une pointe d’ail.
  18. (Figuré) Un peu d'un sentiment.
    • Une pointe de jalousie. - Une pointe de dépit.
    • Il y a, dans ses paroles, une certaine pointe d’ironie qu’il est difficile de ne pas sentir.
  19. (Figuré) Trait d’esprit recherché, subtil, piquant.
    • Cet homme affecte de ne parler que par pointes, de dire toujours des pointes. - Lancer des pointes. - Mauvaise pointe. - Méchante pointe.'
    • Il répondit médiocrement aux pointes, calembours, mots à double entente, compliments et gaillardises que l’on se fit un devoir de lui décocher dès le potage. — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy frères, Paris, 1857)'
  20. (Chasse) Vol d’un oiseau de proie qui s’élève vers le ciel.
    • L’oiseau fit la pointe et fondit tout d’un coup sur la perdrix.
  21. Fichu en forme de pointe.
    • Une pointe de soie, de dentelle.
  22. (Désuet) Lacet d’un vêtement.
    • Ce disant, il prêta aide au frère pour lier le nombre interminable de ses pointes, comme on appelait alors les lacets qui attachaient la culotte au pourpoint. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  23. (Familier) Personne douée dans un ou plusieurs domaines intellectuels.
    • N’étant pas une pointe en maths, je voulais vérifier auprès de vous si cette affirmation était exacte. — (www.ilemaths.net, 2008)

Forme de verbe

pointe \pwɛ̃t\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de pointer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de pointer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de pointer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de pointer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de pointer.
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Pointe : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

POINDRE. v. tr.
Piquer. Il n'est guère usité que dans la phrase suivante : Prov. et fig., Oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra, En traitant avec égards un homme grossier, on n'en reçoit que de mauvais procédés; au contraire, en le traitant durement, on en obtient ce qu'on veut.

POINDRE est aussi intransitif; il n'est guère usité qu'à l'infinitif et au futur et ne se dit proprement que du Jour qui commence à paraître et des Plantes qui commencent pousser. Je partirai dès que le jour poindra. Aussitôt que les herbes commencent à poindre. Il s'emploie aussi figurément. Une lueur de vérité commence à poindre. Fam., Le poil commence à lui poindre au menton, se dit d'un Jeune garçon à qui la barbe commence à venir.

Pointe : définition du Littré (1872-1877)

POINTE (poin-t') s. f.

Résumé

  • 1° Ce qui point, ce qui pique, piqûre.
  • 2° Saveur piquante et agréable.
  • 3° Trait subtil, recherché, jeu de mots
  • 4° La pointe de l'esprit.
  • 5° Bout piquant et aigu.
  • 6° Pointe, en escrime.
  • 7° Pointe, en sculpture.
  • 8° Pointe, en gravure.
  • 9° Pointe, en imprimerie.
  • 10° Pointe de diamant.
  • 11° Pointe à rabaisser, en reliure.
  • 12° Morceau de fer dont on se sert pour commencer un trou de mine.
  • 13° Pointe molle, en serrurerie.
  • 14° Pointe de feu, en chirurgie.
  • 15° Clou long et mince.
  • 16° Bout, extrémité des choses qui vont en diminuant.
  • 17° Pointe de terre.
  • 18° La pointe du pied.
  • 19° Pointe, en termes de guerre et de fortification.
  • 20° Pointe, en termes de marine.
  • 21° Divisions du tablier du trictrac.
  • 22° Pointe de pavé.
  • 23° Pointe de l'arçon.
  • 24° Pointe, en blason.
  • 25° Morceau d'étoffe taillé en pointe.
  • 26° Petit fichu en pointe.
  • 27° Défense d'un cheval qui se cabre.
  • 28° Pointe, en fauconnerie. Faire une pointe, suivre, pousser sa pointe.
  • 29° Ce qui commence à poindre, à paraître.
  • 30° En pointe.
  • 31° De pointe, par la pointe.
  • 1Ce qui point, ce qui pique, piqûre. Les cruautés… Ne me sont une pointe aux entrailles si dure Comme le souvenir de ta déloyauté, Malherbe, I, 4. Il est vrai qu'elle n'a pas souffert de ces cruelles pointes de douleur qui percent le corps, qui déchirent l'âme, et qui épuisent en un moment toute la constance d'un malade, Fléchier, Duch. de Montaus.

    Fig. Je vous disais une vérité amère, c'est que vous me quittâtes dans un état où toutes mes pensées étant autant de pointes aiguës…, Sévigné, 1er oct. 1684. Mon esprit appuie présentement davantage sur chaque circonstance, et il semble que les pointes de la douleur me pénètrent plus vivement [pour la mort de Mme de Sévigné], Mme de Grignan, dans SÉV. t. x, p. 400, éd. RÉGNIER. Le mal se communique au cœur ; toutes les pointes de la conscience s'émoussent ; on tombe, à l'égard du salut, dans une espèce de léthargie où l'on n'est ému de rien, Bourdaloue, Essai d'Avent, Confess. Pensées, t. III, p. 221. Les pointes de la pénitence qui percent sa chair, Massillon, Myst. Incarn.

  • 2Saveur piquante et agréable. La longue habitude de mépriser e plaisir du goût avait éteint en lui toute la pointe de a saveur, Bossuet, Panég. de S. Bernard, I. La petite pointe d'ail l'assaisonnait [un mets], avec une finesse de saveur et d'odeur qui aurait flatté le goût du plus friand Gascon, Marmontel, Mém. VI.

    Fig. Si M. son père n'avait point pour lui une grande passion, il en pourrait sentir une petite pointe de jalousie, Guez de Balzac, liv. VII, lett. 3. …Le peu souvent que ce bonheur arrive, Piquant notre appétit, rend la pointe plus vive, Corneille, Veuve, I, 1, 1re édit. La pointe du plaisir s'émousse par la souffrance, Bossuet, Abrégé d'un serm. pour le 3e dim. de Pâques, III. La maréchale de Rochefort se fit prier, avec cette pointe de gloire qui lui prenait quelquefois, Saint-Simon, 3, 54. J'y sens une petite pointe de dépit qui a son mérite : c'est la jalousie qui ne loue, Marivaux, l'Heur. stratag. II, 3. Cette innocente raillerie Dans ces repas dignes des dieux cette une pointe d'ambroisie, Voltaire, Lett. en vers et en prose, 1. Je doute fort qu'on joue cette pièce [Sophonisbe] ; les Pélopides de M. Durand seraient plus faits pour la nation ; il y a là une petite pointe d'adultère qui ne réussirait pas mal, Voltaire, Lett. Thibouville, 9 janv. 1771. La vanité même y mêlait a pointe, Rousseau, Conf. II.

    Une pointe de raillerie, d'ironie, un mot moqueur, un trait ironique.

    Une pointe de vin, un coup de vin qui a mis en gaieté. Celui [l'état] où vous me représentez Mlle d'Alerac est trop charmant ; c'est une petite pointe de vin qui réveille et réjouit toute une âme, Sévigné, 5 nov. 1684.

    Être en pointe de vin, avoir un peu de vin dans la tête, être un peu échauffé par le vin. Ils étaient déjà en pointe de vin et bien près d'être ivres, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 360, dans POUGENS. J'y allai l'autre jour, un peu chaud de vin ; j'étais en pointe, j'agaçais les jolis masques, Lesage, Turcar. IV, 2. Ces bagatelles ne sont bonnes qu'aux yeux de ceux qui les ont faites : elles ont comme des chansons de table, qu'il ne faut chanter qu'en pointe de vin, Voltaire, Lett. Villette, 1er sept. 1765.

  • 3Trait subtil, recherché, jeu de mots. Il se hasarde même à faire des romans, Des chansons pour Gautier, des pointes pour Guillaume, Corneille, Illusion, I, 3. Le style n'est pas plus élevé ci que dans Mélite ; mais il est plus net et plus dégagé des pointes dont l'autre est semée, qui ne sont, à en bien parler, que de fausses lumières dont le brillant marque bien quelque vivacité d'esprit, mais sans aucune solidité de raisonnement, Corneille, la Veuve, Exam. Il est mêlé de pointes, comme dans cette première ; mais ce n'était pas alors un si grand vice dans le choix des pensées, que la scène en dût être entièrement purgée, Corneille, Clitandre, Exam. Elle était tout habillée sur un lit, environnée de quatre ou cinq des plus doucereux, étourdie de quantité d'équivoques, qu'on appelle pointes dans les provinces, et souriant bien souvent à des choses qui ne lui plaisaient guère, Scarron, Rom. com. I, 8. Qu'il [Maynard] s'était adonné à un genre d'écrire auquel il n'était pas propre, voulant dire l'épigramme, et qu'il n'y réussirait pas parce qu'il n'avait pas assez de pointe, Pellisson, Hist. de l'Acad. IV, Maynard. Jadis de nos auteurs les pointes ignorées Furent de l'Italie en nos vers attirées, Boileau, Art p. II. Laisse-les, dans leur manie, Préférer insolemment L'exactitude au génie Et la pointe au sentiment, Chaulieu, à Volt. L'amour des subtilités et l'affectation des pointes dans le discours avaient pris, dès le temps de Tibère et de Caligula, a place du bon goût qui régnait sous Auguste, Rollin, Hist. anc. XXV, I, II, 3. Zozime dit que lors du siége de Rome par Alaric] l'on fondit quelques-uns de ces dieux qui étaient d'or ou d'argent, et que de ce nombre fut la Vertu ou la Force, après quoi aussi elle abandonna entièrement les Romains ; Zozime ne doutait pas que cette belle pointe ne renfermât la véritable cause de la prise de Rome, Fontenelle, Oracles, II, 4. Il règne ici une secte de faiseurs de pointes dont M. le chevalier de Chastellux est un des premiers apôtres ; elles sont si mauvaises, que c'est presque un des caractères d'un bon esprit que de ne pas les entendre, Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 42, dans POUGENS.

    Pointe d'épigramme, la pensée piquante qui doit terminer une épigramme. Et n'allez pas toujours d'une pointe frivole Aiguiser par la queue une épigramme folle, Boileau, Art p. II.

  • 4La pointe de l'esprit, ce qu'il y a de plus pénétrant, de plus vif dans l'esprit. Le chaud élément Qui donne cette pointe au chaud entendement, Régnier, Sat. V.
  • 5Bout piquant et aigu. Avec quelle insolence ils ont de toutes parts Fait briller à nos yeux la pointe de leurs dards ! Racine, Iphig. V, 1. L'aventure de Régulus, enfermé par les Carthaginois dans un tonneau garni de pointes de fer, mérite-t-elle qu'on la croie ? Voltaire, Dict. phil. Histoire.

    Fig. La justice et la vérité sont deux pointes si subtiles, que nos instruments sont trop émoussés pour y toucher exactement, Pascal, Pens. III, 3, éd. HAVET.

    Pouvoir des pointes, propriété qu'ont les pointes de soutirer l'électricité des corps électrisés, et par conséquent d'en faire disparaître les signes.

    À la pointe de l'épée, les armes à la main. Les Athéniens ne pouvaient plus avoir de vivres qu'à la pointe de l'épée, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 684, dans POUGENS.

    À la pointe de l'épée, en duel. À ce compte… les discours d'un menteur deviennent des vérités, sitôt qu'ils sont soutenus à la pointe de l'épée, Rousseau, Hél. I, 57.

    On dit dans le même sens : à la pointe des armes. Commandez que son bras, nourri dans les alarmes, Répare cette injure à la pointe des armes, Corneille, Cid, II, 7.

    Fig. À la pointe de l'épée, de vive force, avec de grandes difficultés. Point de franche lippée ! Tout à la pointe de l'épée ! La Fontaine, Fabl. I, 5. Point d'argent qu'à la pointe de l'épée, Sévigné, 2 août 1689. On ne réussit dans ce monde qu'à la pointe de l'épée, Voltaire, Lett. la Harpe, 19 oct. 1765.

    Par extension, à la pointe de l'éloquence, de l'argent etc. par le moyen de l'éloquence, de l'argent, etc. Résolvez-vous, ma belle, de me voir soutenir toute ma vie, à la pointe de mon éloquence, que je vous aime plus encore que vous ne m'aimez, La Fayette, Lettr. Œuvr. t. III, p. 218. Chez Mme Dupin même où j'étais de la maison, et où je rendais mille services aux domestiques, je n'ai jamais reçu les leurs qu'à la pointe de mon argent, Rousseau, Conf. X. Il ne faut poursuivre le phénomène à la pointe de l'esprit, que quand il échappe à la portée du sens, Diderot, Opin. des anc. philos. (secte éléatique).

    Fig. Sur la pointe d'une aiguille, voy. AIGUILLE.

  • 6 Terme d'escrime. Couper la pointe, faire un mouvement prompt et léger, par lequel, sans déranger la pointe de son fer de la ligne du corps, on la passe par-dessus le fer de son adversaire.

    Parer de la pointe, écarter la pointe de la ligne du corps, en faisant une parade.

    Un coup de pointe, un coup porté avec la pointe du sabre.

  • 7 Terme de sculpteur. Outil de fer qui sert à ébaucher l'ouvrage, après que le bloc de pierre ou de marbre a été dégrossi ; ce qui s'appelle approcher à la pointe.

    Double pointe, ciseau fendu par le bout. Lorsque le marbre est dégrossi, …on avance l'ouvrage avec une pointe, et l'on se sert quelquefois, dans ce travail, de la double pointe, qu'on nomme autrement dent de chien, Dict. des arts et m. Sculpteur.

  • 8 Terme de graveur. Pointe sèche, pointe dont on se sert pour former, sur le cuivre nu, des traits fins et délicats. Si l'on forme, avec une pointe aiguë, des traits ou des hachures, sans recourir à l'eau-forte, ni au burin, cela s'appelle graver à la pointe sèche, Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 358, dans POUGENS. La pointe sèche ouvre le cuivre, sans en rien détacher, ib. Les graveurs à l'eau-forte ont aussi leur pointe, qui est une pointe d'aiguille emmanchée, pour dessiner sur le vernis.

    Manière d'opérer avec la pointe. Cette gravure est touchée d'une pointe fort spirituelle.

    Tige de cuivre à l'extrémité de laquelle est monté un diamant qui sert aux graveurs en pierres fines à creuser les parties des pierres qu'ils veulent graver. On a trouvé plus facile et plus sûr de faire servir la malice humaine à corriger les autres vices de l'humanité, à peu près comme on emploie les pointes du diamant à polir le diamant même : c'est là l'objet ou la fin de la comédie, Marmontel, Œuv. t. VI, p. 139, dans POUGENS.

  • 9 Terme d'imprimerie. Espèce d'alène, avec laquelle on enlève les lettres en corrigeant les épreuves.
  • 10Pointe de diamant, ou, simplement, diamant, diamant taillé en pointe qui sert à couper le verre. Avançant un pied, puis un autre, et prenant bien garde à les poser par mesure, comme si elle eût marché sur des pointes de diamants, La Fontaine, Psyché, I, 83.

    Pointes naïves, nom que les lapidaires donnent aux diamants bruts, d'une forme extraordinaire, qui viennent particulièrement de la mine de Soumelpour, au Bengale.

  • 11 Terme de relieur. Pointe à rabaisser, outil en acier, long de 24 à 30 pouces, ayant la forme d'un couteau à rogner, et qu'on fait glisser le long d'une règle en fer pour rabaisser les cartons d'un livre ; c'est ce qu'on appelle pointer.
  • 12Morceau de fer dont on se sert pour commencer un trou de mine.
  • 13 Terme de serrurier. Pointe molle, le bout d'un lacet, d'un piton, dont les extrémités des branches sont en pointe et amincies de manière à être recourbées et rivées.
  • 14 Terme de chirurgie. Pointe de feu, petite eschare que l'on produit à l'aide d'un cautère pointu.

    Terme de vétérinaire. Pointe de feu, morceau de fer long, terminé en pointe, que l'on fait rougir pour percer la peau d'un cheval en certains cas.

  • 15Clou long et mince, avec ou sans tête, différant du clou proprement dit en ce que la tige en est ronde et de grosseur uniforme. Ce morceau de bois est décollé, il faut y mettre quelques pointes. On se sert de pointes pour clouer un tapis. De la fonte au fer fin, de la pointe de Paris à la plaque tournante des chemins de fer, on y élabore, on y fabrique tout, Stéph. Liégeard, au Corps législatif, Moniteur univ. 13 mai 1868, p. 650, 1re col.
  • 16Bout, extrémité des choses qui vont en diminuant. Une des pointes de la montagne de Tarare vous empêcha de me voir, Voiture, Lett. IX. Je suis monté avec la multitude de mes chariots sur le haut des montagnes, sur le mont Liban, j'ai coupé ses grands cèdres et ses beaux sapins, je suis monté jusqu'à la pointe de son sommet, Sacy, Bible, Isaïe, XXXVII, 24. Déjà de ses vaisseaux la pointe était tournée, Et la voile flottait aux vents abandonnée, Racine, Phèdre, III, 1. Des fleuves pleins de neiges tombent, comme des torrents des pointes de rochers qui environnent sa tête [d'un mont], Fénelon, Tél. III. Le premier [l'homme de cœur] n'est guère plus vain d'avoir paru à la tranchée… que celui-ci [le couvreur] d'avoir monté sur de hauts combles ou sur la pointe d'un clocher, La Bruyère, II. On n'est ni ignorant, ni sot, moins encore méchant pour ne voir jamais que la pointe de son clocher, Diderot, Sur les caract.
  • 17Pointe de terre, ou, simplement, pointe, espace de terre ou de rochers qui s'avance plus ou moins dans la mer. Les Portugais, naviguant sur l'océan Atlantique, découvrirent la pointe la plus méridionale de l'Afrique, Montesquieu, Esp. XXI, 21. On doit remarquer, au sujet de ces pointes formées par les continents, qu'elles sont toutes posées de la même façon : elles regardent toutes le midi, Buffon, Hist. nat. Preuv. théor. terre, Œuv. t. II, p. 148. La Californie est proprement une longue pointe de terre qui sort des côtes septentrionales de l'Amérique, et s'avance entre l'est et le sud jusqu'à la zone torride, Raynal, Hist. phil. VI, 23. Bientôt nous reconnûmes la pointe de VanDiémen et le banc des brisants qui est au large de cette pointe, La Pérouse, Voy. t. III, p. 252, dans POUGENS.

    Pointe, l'espace de terrain compris entre deux cours d'eau à leur confluent.

  • 18La pointe du pied, l'extrémité du pied opposée au talon.

    Sur la pointe du pied ou des pieds, se dit d'une personne qui, debout, fait porter son corps sur les orteils. Il se mit à marcher doucement, je le suivis sur la pointe du pied, Rousseau, Hél. V. 5. Il s'en était allé là-dessus légèrement et sur la pointe du pied, ne se doutant pas qu'il avait offensé lord Nelvil, Staël, Corinne, VIII, 1.

    Terme de danse. Avoir des pointes, se dit d'un danseur qui sait s'élever sur la pointe des pieds, et faire des pas sans porter le talon à terre.

    Fig. et populairement. Marcher sur ses pointes, être fier.

  • 19 Terme de guerre. La pointe de l'aile droite, de l'aile gauche, l'extrémité de ces ailes.

    En fortification, la pointe d'un bastion, l'angle du bastion le plus avancé du côté de la campagne. Au lieu d'ouvrir la pointe et y faire un logement en diligence, il a voulu profiter d'une traverse que les ennemis avaient laissée vers la gorge de l'ouvrage, Pellisson, Lett. hist. t. III, p. 241, dans POUGENS.

  • 20 Terme de marine. Se dit quelquefois pour cap du navire.

    Pointe de bordage ou de doublage, morceau de bordage ou de toile qui s'applique pour remplir un vide.

    Avirons à pointe, avirons montés de manière qu'il n'y ait qu'un aviron et qu'un rameur sur chaque banc de l'embarcation.

    Une des divisions du compas de mer ou boussole. Il y a trente-deux pointes qui marquent les vents. Un rumb de vent vaut quatre pointes.

  • 21Se dit des divisions du tablier du trictrac sur lesquelles on case ou range les dames. On dit plutôt les flèches.
  • 22Pointe de pavé, jonction des deux ruisseaux d'une chaussée, en forme de fourche.
  • 23 Terme de sellerie. Pointe de l'arçon, les parties qui forment le bas de l'arçon d'une selle.
  • 24 Terme de blason. Partie basse de l'écu.

    Pointe se dit des espèces de dents que l'on fait au bout des branches d'une croix. Croix à huit pointes, à seize pointes, croix qui a deux pointes, quatre pointes à chaque branche.

  • 25Morceau d'étoffe taillée en pointe, qui sert à donner plus d'ampleur à un vêtement. M. le duc d'Enghien, vêtu en pointe avec le bonnet carré, et le duc de la Trémoille se rendirent dans la grande cour des Tuileries, Saint-Simon, 220, 222.

    S. f. pl. Laizes de toile taillées pour être placées dans les côtés d'une voile.

  • 26Petit fichu en pointe, dont les femmes se couvrent le cou. Une pointe de soie, de mérinos, de velours.

    On dit d'un terrain qu'il est en pointe de fichu lorsqu'il a la forme d'un fichu en pointe.

  • 27 Terme de manége. Défense d'un cheval qui se cabre.

    Un cheval fait pointe, lorsque, au lieu de suivre de rond, en maniant sur les voltes, il sort un peu du terrain et fait une sorte d'angle à côté de son cercle.

    Il se dit aussi du cheval qui résiste à son cavalier, s'élève et se plante sur les deux pieds de derrière.

  • 28 Terme de fauconnerie. Vol d'un oiseau qui s'élève vers le ciel.

    On dit qu'un oiseau fait pointe quand il s'élève ou descend d'un vol rapide.

    Terme de chasse. On dit qu'un animal fait une pointe lorsqu'il perce très loin devant lui sans se détourner.

    Fig. et familièrement. Faire une pointe, quitter le chemin qu'on suivait, et aller faire une course qu'on n'avait pas projetée.

    En un autre sens, faire des pointes, chercher querelle. Monsieur ne laissait pas de faire au roi par-ci par-là des pointes ; mais cela ne durait pas, Saint-Simon, 93, 232.

    Terme de guerre. Faire une pointe, s'éloigner de sa ligne d'opération.

    Suivre sa pointe, aller de l'avant dans ses opérations. M. de Noailles suivit sa pointe, et prit Girone en six jours de tranchée ouverte, Saint-Simon, 23, 12.

    Fig. et familièrement. Poursuivre, suivre, pousser sa pointe, poursuivre une résolution, une idée avec vigueur ou obstination. Nonobstant les avis, je veux suivre ma pointe, Scarron, D. Japhet d'Arm. II, 4. Point d'affaire, il poursuit sa pointe jusqu'au bout, Molière, l'Ét. III, 5. Vous faites bien de pousser votre pointe, cela est naturel, Molière, Comtesse, 21. Quel diable d'étourdi qui suit toujours sa pointe ! Molière, Fourber. III, 11. Affligé d'un si grand mal [la discorde dans le protestantisme], il [Mélanchthon] suit sa pointe…il fit sa souscription [à l'assemblée de Smalkade], en réservant l'autorité du pape, Bossuet, Var. v, 27. L'orgueilleux plaisir de supplanter un rival aimé m'excite à pousser ma pointe, Lesage, Gil Blas, IX, 6.

  • 29Ce qui commence à poindre, à paraître. Le siége de Mons fut formé par le roi en personne, à la première pointe du printemps, Saint-Simon, I, 21.

    La pointe du jour, les premiers rayons du jour. Enfin, à la petite pointe du jour, je me suis levée, Sévigné, 166.

    Pointe du jusant, se disait pour commencement du jusant. Il [Villette Mursay] donna ordre à ses quinze vaisseaux de couper [leurs câbles], tous en même temps à la pointe du jusant, Relat. du combat de la Hogue, dans JAL.

  • 30En pointe, loc. adv. En forme de pointe. Le tribunal des mathématiques de la Chine, avec toutes ses révérences et sa barbe en pointe, est un misérable collége d'ignorants qui prédisent la pluie et le beau temps, Voltaire, Lett. pr. roy. de Prusse, juin 1738.

    Terme de maçon. En pointe de diamant, se dit d'une pierre terminée par une pyramide quadrangulaire aplatie.

    Terme de marine. Un navire est brassé en pointe, lorsque les vergues sont orientées comme pour l'allure du plus près.

  • 31De pointe, par la pointe, par le bout pointu. D'autant que les parties des sels entrent de pointe et sans se plier, Descartes, l'Homme.

HISTORIQUE

XIIe s. Molt [il] resemble bien chevalier ; Des rens s'en ist trestot premier ; Vers ceus de l'ost fist une pointe, Premiers en volt [veut] aver la jointe, Grégoire le Grand, p. 50. En la puinte del jur fist la messe chanter, Th. le mart. 163.

XIIIe s. Petit dura cil estors [combat] ; quar Grieu tornerent le dos et furent desconfis à cele premiere pointe, Villehardouin, LXV. Aporche [qu'apporte] chascune coutiel à pointe, Lai d'Ignaur.

XVe s. [Le châtel d'Aiguillon] estoit bien seant et en bonne marche, en la pointe de deux grosses rivieres portans navire [le Lot et la Garonne], Froissart, I, I, 235. Ces paroles douces et tractables amollirent grandement la pointe de l'ire que l'empereur avoit, Froissart, II, III, 93. Il se lance au chevalier par dessoubs la poincte de son escu, et l'ahert [saisit] par les costez, et le restraint si qu'il luy fist l'eschine ployer, Perforest, 1. I, f° 140. Aler baguenaulder à la cour, et regarder qui a les plus belles pointes [de souliers], le Jouvencel, f° 16, dans LACURNE.

XVIe s. Telle est la nature et complexion des Françoys que ils ne valent qu'à la premiere poincte, Rabelais, Garg. I, 48. Comme un traict d'une poincte très delicate, Montaigne, I, 171. La fortune envoye souvent cul sur poincte toutes nos deffenses et levées, Montaigne, I, 314. Façon de parler bouillonnée de poinctes ingenieuses, mais fantasques, Montaigne, I, 383. C'est ce qui donne poincte à la saulse, Montaigne, III, 2. Marius le feit malicieusement pour l'esperance qu'il avoit de rompre les ennemis avec les deux poinctes [ailes] de la bataille, Amyot, Marius, 43. Ses ennemis, s'estans cachez à l'abry de quelques poinctes de terre, le guettoient pour le surprendre au passage, Amyot, Lucul. 6. Sertorius, se sentant le plus fort, suivit sa premiere poincte, tant qu'il penetra jusques à Metellus mesme, Amyot, Sertor. 29. Si le sieur de la Magdelaine a envie de fournir sa poincte, il y a un beau sable entre ce lieu et Nerac, D'Aubigné, Vie, XLVII. Les autres cherchent le langage concis, tout hérissé de poinctes, D'Aubigné, Hist. préf. 3. Corbuson, qui eut la pointe [qui marcha le premier à l'assaut], perdit 120 hommes, D'Aubigné, ib. I, 219. En cet endroit mesme fut basti un fort de six petites poinctes, D'Aubigné, ib. III, 374. Le jour commençoit à faillir, telles longueurs procedant des difficultez que faisoient les capitaines estrangers d'aller à l'assaut, encore qu'ils eussent obtenu la pointe [la tête de l'attaque], au grand deplaisir des François, Villeroy, Mém. t. II, p. 140, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

POINTE.
18 Terme de danse. Avoir des pointes. Ajoutez : Les pointes, qui font pâmer les amateurs de ballet, sont de date plus récente qu'on ne croit ; c'est en 1834, à Vienne, que cet attrait nouveau de la danse théâtrale fut imaginé par le célèbre chorégraphe Duport ; il fit le premier exécuter des pointes à une élève, Mlle Schlanjouski, que ce tour de force rendit bientôt fameuse, Figaro, 28 mai 1870.
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Pointe : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

POINTE, s. f. (Gram.) se dit en général de l’extrémité aiguë de quelque corps que ce soit.

Selon cette définition, on dit la pointe d’une aiguille, d’une lance, d’une épée, d’un couteau, &c. mais on s’en sert quelquefois dans l’Astronomie pour exprimer les cornes du croissant de la lune, ou d’un autre astre. Il est vrai que le mot latin cuspis, ou le mot françois cornes, est beaucoup plus en usage pour cela que le mot françois pointe. Voyez Lune, Croissant, Cornes, Eclipse, &c. (O)

Pointe, (Géom.) les pointes d’un compas sont les extrémités aiguës de cet instrument, avec lesquelles on trace des lignes.

Pointes, (Conchyl.) en latin aculei, mucrones, spinæ, clous, épines ; tous termes synonymes, pour signifier les piquans qui se trouvent sur la superficie d’une coquille, comme par exemple, sur l’huitre épineuse. (D. J.)

Pointe du cœur, mucro cordis, (Anatomie.) est l’extrémité inférieure & pointue du cœur. Voyez Cœur.

Pointe, (Art de parler & d’écrire.) jeu d’esprit qui coule sur les mots.

Jadis de nos auteurs les pointes ignorées,
Furent de l’Italie en nos vers attirées.
La raison outragée ouvrant enfin les yeux,
La bannit pour jamais des discours sérieux,
Et dans tous ses écrits la déclarant infâme,
Par grace lui laissa l’entrée en l’épigramme ;
Pourvû que sa finesse éclatant à-propos.
Roulât sur la pensée, & non pas sur les mots.

Ce n’étoit pas seulement dans les ouvrages d’esprit qu’on imaginoit devoir donner place aux pointes, elles faisoient les plus riches ornemens de nos sermonaires. Un prédicateur de ces tems-là, parlant de S. Bonaventure, promit de montrer dans les deux parties de son discours, qu’il avoit été le docteur des séraphins, & le seraphin des docteurs. Le P. Caussin dans sa Cour sainte, dit que les hommes ont bâti la tour de Babel, & les femmes la tour de babil. « Tout est souple devant vous, dit le P. Coton à Henri IV. votre sceptre est un caducée qui conduit, induit & réduit les ames à ce qu’il veut ». Mais pour venir à des exemples plus modernes, ce que dit Mascaron dans l’Oraison funebre de Henriette d’Angleterre, ne doit-il pas passer pour une pointe des plus ridicules ? « Le grand, l’invincible, le magnanime Louis à qui l’antiquité eût donné mille cœurs, elle qui les multiplioit dans les héros selon le nombre de leurs grandes qualités, se trouve sans cœur à ce spectacle ».

Le moyen de découvrir si une pointe est bonne ou mauvaise, c’est de la tourner dans une autre langue ; lorsqu’elle soutient cette épreuve, on peut la regarder pour être de bon aloi ; mais c’est tout le contraire quand elle s’évanouit dans l’opération. On pourroit appliquer à la véritable pointe ingénieuse, l’éloge qu’Aristenite faisoit d’une belle femme, qu’il trouvoit toujours belle, soit qu’elle fût parée ou en deshabillé.

On ne substitue souvent les pointes à la force du discours, que parce qu’il est plus facile d’avoir de l’esprit. que d’être à la fois touchant & naturel. Quand on ne fut plus capable d’admirer le style noble & simple des écrivains du siecle d’Auguste, on goûta le style hérissé de pointes des écrits de Séneque. C’est ainsi que parmi nous, nous voyons la décadence des sciences sortir de ce nouvel esprit de pointes & de frivolités, qui causa celle dont on commençoit à se plaindre à Rome immédiatement après le siecle d’Auguste.

Je ne prétens pas cependant qu’il soit toujours défendu, dans quelques petits ouvrages, de donner place à des pensées qui suppléent par leur vivacité à ce qui leur manque du côté de la justesse. Il en est de ces traits comme des faux brillans qu’on a quelquefois ingénieusement mis en œuvre, & qu’on ose porter sans deshonneur avec de vrais diamans. (D. J.)

Pointe de l’épigramme, (Poésie.) c’est ainsi qu’on nomme la pensée de l’épigramme qui pique le lecteur & qui l’intéresse. Toute épigramme a deux parties, l’exposition du sujet, & la pensée ou la pointe qui en résulte.

Cy git ma femme ! Voilà l’exposition du sujet :
Ah, qu’elle est bien pour son repos & pour le mien !

Voilà la pointe. Cette pointe doit être présentée heureusement & en peu de mots : elle doit être intéressante, soit par le fond, soit par le tour : elle intéresse encore par la finesse de l’idée, comme dans l’épigramme de l’Anthologie renfermée en un seul vers :

Je chantois, Homere écrivoit.

Quelquefois la plaisanterie fait la pointe de l’épigramme, comme dans celle du chevalier de Cailly.

Dis-je quelque chose assez belle ?
L’antiquité toute en cervelle
Me dit : Je l’ai dit avant toi.
C’est une plaisante donzelle ;
Que ne venoit-elle après moi ?
J’aurois dit la chose avant elle.

Dans quelques occasions, c’est le jeu de mots.

Huissiers, qu’on fasse silence,
Dit, en tenant l’audience,
Un président de Baugé ;
C’est un bruit à tête fendre :
Nous avons déja jugé
Dix causes, sans les entendre.

D’autresfois c’est la malignité : il est inutile d’en rapporter des exemples. Quelquefois c’est une absurdité qui n’étoit pas attendue. Tel est ce bon mot de Caton, rapporté par S. Augustin.

Autrefois un Romain s’en vint fort affligé,
Raconter à Caton que la nuit précédente
Son soulier des souris avoit été rongé :
Chose qui lui sembloit tout-à-fait effrayante ;
Mon ami, dit Caton, reprenez vos esprits :
Cet accident en soi n’a rien d’épouvantable :
Mais si votre soulier eût rongé les souris,
Ç’auroit été sans doute un prodige effroyable.

Barraton.

Mais de toutes les especes de pointes épigrammatiques, il n’y en a guere qui frappent plus que les retours inattendus :

Un gros serpent mordit Aurele,
Que croyez-vous qu’il arriva ?
Qu’Aurele en mourut ? bagatelle.
Çe fut le serpent qui creva.


(D. J.)

Pointe, (Géog. mod.) mot employé dans la Géographie, comme dans la Marine, pour désigner une longueur de terre qui s’avance dans la mer. On dit, par exemple, la pointe de l’est, de l’ouest, du sud ou du nord, pour dire la pointe d’une terre qui regarde quelqu’une de ces différentes parties du monde. Assez souvent on prend le mot pointe pour dire une langue de terre, & même un cap : il répond alors aux mots promontorio, capo ou ponta des Italiens, & aux mots promontorio, cabo & punta des Espagnols.

Ainsi on appelle pointe de S. Pierre, la partie la plus orientale de l’ile de Cadix sur la côte d’Espagne. Ce lieu se nommoit anciennement Heraclium à cause du fameux temple d’Hercule qu’on y avoit bâti.

On appelle pointe de S. Sébastien la partie la plus occidentale de Cadix, nomme autrefois Cronium, à cause d’un temple de Saturne qui y étoit. (D. J.)

Pointe, terme de Blason, la partie inférieure de l’écu qui aboutit ordinairement à une petite pointe. C’est aussi une piece qui monte du bas de l’écu en-haut, & qui étant plus étroite dans sa largeur que le chappé, occupe seulement le tiers de la pointe de l’écu. On appelle pointe en bande, pointe en barre, celle qui est posée dans la situation de la bande ou de la barre. Pointe en face est celle qui est mouvante d’un des flancs de l’écu ; & pointe renversée celle qui étant mouvante du chef contre-bas, occupe les deux tiers du chef en diminuant jusqu’à la pointe de l’écu, sans la toucher néanmoins.

Pointe, s. f. (Archit.) c’est l’extrémité d’un angle aigu, comme l’encoignure d’un bâtiment, du bout d’une île, d’un mole, &c.

On appelle aussi pointe le sommet d’un clocher, d’une obélisque, d’un comble, &c.

Pointe, s. f. terme générique d’ouvriers, extrémité d’un corps aigu, propre à percer ou à trancher quelque chose. Il y a plusieurs ouvriers & artisans qui donnent le nom de pointes à quelques-uns de leurs outils, mais qui sont bien différens les uns des autres, soit pour la forme, soit pour l’usage. Voyez les articles suivans. (D. J.)

Pointe a tracer, outil d’Arquebusier, c’est un morceau de fer quarré par le milieu, & sort pointu de deux côtés ; cet outil est environ long d’un demi-pié ; les Arquebusiers s’en servent pour tracer des ornemens sur les bois de fusil & autres.

Pointe, (Ardoiserie.) voyez l’article Ardoise.

Pointe, coup de, (Métier a bas.) voyez cet article.

Pointe, en terme de Boutonnier, est une lame aiguë, taillée en langue de serpent, & montée sur un mandrin de bois, qui s’enfonce dans une poupée jusqu’à une espece de bourrelet, qui termine ce mandrin du côté du fer. La pointe sert à percer diverses prises d’ouvrages qui ont besoin de l’être, & elle est fortement emmanchée dans son mandrin.

Pointe, c’est un instrument de fer aigu, mais en langue de serpent, montée sur une mollette. Cet outil sert à faire les quatre trous pour la corde à boyau.

Pointes, ce sont des aiguilles sans tête que l’on fiche dans le bas du moule le plus près du bord qu’il est possible à distances égales, pour asseoir les premiers jets de poil, soie ou or. C’est sur ces pointes que se font les coins. Voyez Coins.

Pointe a tracer, en terme de Bijoutier, c’est une espece de petit ciselet dont on se sert pour former légerement dans l’ouvrage les traits qu’on n’a fait que marquer avec les crayons.

Pointe, en terme de Bourserie, est un morceau d’étoffe coupé en triangle, qui entre dans la fabrique d’un bonnet ou d’une calotte.

Pointes pour trier, terme de Cartier, ce sont des petits bouts de lames de couteau garnies de leurs manches, dont ces ouvriers se servent pour éplucher le papier avec lequel ils fabriquent les cartes, & en ôter toutes les saletés & les inégalités.

Pointe, (Ciseleur.) les Ciseleurs appellent pointes de petits ciselets pointus, dont ils se servent pour achever les figures, & leur donner plus de relief.

Pointe, s. f. terme de Cloutier, clou sans tête, dont les Tapissiers, &c. se servent pour attacher les tapisseries au mur.

Pointe, s. f. terme de Coëffeuse, c’est la partie de la coëffure qui vient sur le front.

Pointe, s. f. terme de Coutelier, c’est la partie la plus grosse & la plus large du rasoir qui est vers le bout. (D. J.)

Pointe, en terme d’Epinglier, s’entend de l’extrémité aiguë de l’épingle qui se fait sur une meule de fer dentelée, sans avoir aucun égard au degré de finesse qu’elle y acquiere. Voyez Meule, petite & grosse Pointe.

Grosse pointe, est celle que forme la grosse meule dans l’ébauchage ; elle est courte & épaisse, au lieu que la petite pointe est alongée & fort fine.

Pointe fine, s’entend de la perfection où l’on met la pointe d’une épingle après l’ébauchage, ce qui s’appelle proprement repasser. Voyez Ebaucher & Repasser.

Pointe, (Fourbisseur.) c’est un morceau de fer, de bon acier, de dix à onze pouces de long, de forme triangulaire, dont les angles qui sont très-tranchans se terminent en pointe d’un côté, & en une queue de l’autre, qui sert à le monter dans un manche de bois. Cet outil sert à percer & ouvrir le pommeau, qui est la derniere piece de la monture d’une épée. (D. J.)

Pointes, petites, outil de Graveur à l’eau forte, sont des aiguilles à coudre de la meilleure qualité, c’est-à-dire de bon acier, qu’ils emmanchent dans un petit bâton, & qui leur servent à emporter le vernis dont la planche est couverte, & y former les traits les plus fins. Voyez Gravure a l’eau-forte, & les fig. Planches de la Gravure. On aiguise les pointes sur la pierre à l’huile comme tous les autres outils qui sont à leur usage. Le petit bâton qui sert de manche aux pointes est de quatre pouces de long, & a une pointe à chaque bout ; on se sert des pointes grosses ou petites comme d’un crayon, avec lesquelles on dessine sur le vernis ce qu’on s’est proposé de faire.

Pointes dont se servent les Graveurs en taille-douce ; les ouvriers font eux-mêmes ces pointes avec des aiguilles cassées de différentes grosseurs. On les emmanche au bout d’un petit morceau de bois ou de canne, & on leur fait la pointe sur la pierre à huile, faisant attention à les rendre bien vives & bien rondes, afin qu’en gravant on puisse s’en servir en tout sens.

On fait aussi des pointes émoussées qui servent à calquer, voyez Calquer, à graver de grands sujets & des paysages.

Outre ces pointes, on en fait encore de plus grosses avec des burins passés, que l’on appelle pointes seches : elles servent à graver sur le cuivre à cru des objets délicats & qui ne sont point susceptibles de grande force, comme les lointains, les montagnes, les bâtimens, les nuées, &c. Il y a une façon d’ébarber cette gravure ; c’est de l’ébarber positivement dans le sens qu’elle a été faite. Voyez Ébarber, & les fig. Planches de la Gravure.

Pointe à graver en bois, qu’aucun dictionnaire (excepté celui des monogrammes) n’appelle de son véritable nom, le confondant avec le burin, est un instrument composé d’une lame d’acier mise dans un manche de bois fendu & tortillé d’une ficelle. Cet outil a plutôt la forme d’un canif que de tout autre instrument. Voyez à Gravure en bois sa description & son usage.

Pointe à mettre un diamant, outil qui sert aux Graveurs en pierres fines. C’est une tige de cuivre à l’extrémité de laquelle est monté un diamant, dont l’usage est (après que la pointe est montée sur le touret) de creuser diligemment les parties des pierres que l’on grave, qui doivent être profondes, & que la poudre d’éméril ou de diamant n’useroit qu’en beaucoup de tems.

Pointe, ustensile d’Imprimerie dont se sert le compositeur pour corriger les formes ; c’est un ferrement aigu, de la figure d’une grosse aiguille ou carrelet, monté sur un petit manche de bois tendre ; avec cette pointe l’ouvrier pique le dessous de l’œil de la lettre qu’il a dessein d’ôter, & y supplée à l’instant celle qui doit la remplacer. Les ouvriers de la presse se servent aussi de la pointe pour compter le papier dans les petits nombres, mais plus ordinairement pour enlever les ordures qui surviennent dans l’œil de la lettre pendant le tems même qu’ils travaillent.

Pointe du tympan, terme d’Imprimerie, elle est composée d’une branche & d’un aiguillon, & est attachée au tympan avec deux vis, afin d’aider à faire le registre.

Pointes-naïves, (Joaillerie.) c’est le nom que les Diamantaires & Lapidaires donnent à certains diamans bruts d’une forme extraordinaire, qui se tirent particulierement de la mine de Soumelpont, autrement de la riviere de Gonel, au royaume de Bengale.

Pointes, outils de Lapidaires, ce sont de petits morceaux ou pieces de fer que les Lapidaires rapportent sur leur tour, & au bout desquels ils enchassent une pointe de diamant ; elles servent à percer des pierres précieuses quand ils en ont besoin. (D. J.)

Pointe a gratter, dont les Facteurs d’orgue se servent pour gratter les tuyaux & toutes les piéces d’étain & de plomb, qu’il faut souder dans la partie où la soudure doit être appliquée, est une moitié de ciseaux que l’on emmanche, comme on voit à la fig. 66. Planche d’Orgue ; on tient cet outil ensorte que le manche B passe entre le petit doigt & le doigt annulaire de la main droite ; le pouce & le doigt indicateur de la même main étant appliqués sur la partie C, ou même plus avant sur le fer pour le tenir plus fermement. Voyez les articles Soudure & Orgue.

Pointe, terme de manege : un cheval fait une pointe, lorsqu’en maniant sur les voltes, il ne suit pas régulierement ce rond, & que sortant un peu de son train ordinaire, il fait une espece d’angle ou de pointe à sa piste circulaire. Pour empêcher qu’un cheval fasse des pointes, & faire ensorte qu’il s’arrondisse bien, il faut avoir soin de hâter la main.

Pointe de l’arçon, sont les parties qui forment le bas de l’arçon de devant d’une selle. Voyez Selle & Arçon.

Pointe, (Marine.) ce mot se dit d’une longueur de terre qui avance dans la mer, comme la pointe de Scage en Sutlande. La pointe d’un mole, d’une digue, est la partie de ces constructions la plus avancée dans l’eau.

A la pointe de l’est, de l’ouest, du nord, du sud ; c’est-à-dire, à la pointe d’une terre qui regarde quelqu’une de ces différentes parties du monde.

Pointe de l’éperon ; c’est la derniere piece de bois & la plus avancée au-devant du vaisseau, sur laquelle quelque figure d’un monstre marin ou d’un lion est ordinairement appuyée. Voyez Eperon.

Pointes de compas de mer, ou de boussole, ou traits de compas ; c’est chacune des marques & des divisions de la boussole, ou du compas de mer. Il y en a trente-deux qui marquent les vents. Un rumb de vent vaut quatre pointes ; un demi-rumb vaut deux pointes ; & un quart de rumb en vaut une, en supposant huit rumb de vents principaux.

Pointe a tracer, (Marqueterie.) outil d’ébéniste ; c’est une pointe d’acier, par exemple, d’une très-grosse aiguille à coudre, ou d’un bout de lame d’épée, emmanchée d’un petit manche de bois, garni d’une frette ; il sert à ces ouvriers pour tracer sur les feuilles de bois, dont le placage doit être fait, le contour des desseins, selon lequel elles doivent être découpées. Voyez les fig. Planches de Marqueterie.

Pointe de pavé, (Mâçonnerie.) c’est la jonction en maniere de fourche, des deux ruisseaux d’une chaussée en un ruisseau, entre deux revers de pavé.

Pointe a tracer, (Menuiserie.) les menuisiers de placage & de marqueterie s’en servent pour tracer leurs desseins sur les feuilles de métaux ou de bois, qu’ils veulent contourner avec la scie ; elle a encore quelques autres usages dont on parle ailleurs. Cet outil est une espece de poinçon d’acier, avec un manche de bois proportionné à sa petitesse. (D. J.)

Pointe de cheveux, (Perruquier.) c’est cette extrémité de cheveux par où les Perruquiers commencent à tourner la boucle de la frisure : l’autre bout s’appelle la tête ; c’est par la tête que les cheveux se tressent.

Pointe, terme de Plumassier ; on nomme dans le commerce des plumes d’autruche noires, fin à pointe, les grandes plumes noires qui sont propres à faire des panaches ; les moindres de cette qualité s’appellent petit noir à pointe plate. (D. J.)

Pointe, terme de Reliure, outil qui sert à couper le carton de la couverture, d’une largeur & longueur convenables à la tranche ; il est de fer avec un manche de bois, de dix-huit ou vingt pouces de long, y compris le manche. Le bout de l’outil est coupé en chanfrain & très-tranchant.

Pointe, (Outil de Sculpt. & de Tailleur de pierre.) la pointe des Sculpteurs en marbre, & des Tailleurs de pierre, est une espece de ciseau de fer acéré, aigu par un bout, avec une tête de l’autre. Ils servent, les uns pour ébaucher leur ouvrage, ce qu’on appelle approcher à la pointe ; les autres pour percer des trous, & travailler dans les endroits étroits & profonds, où les ciseaux quarrés ne pourroient approcher. Les Sculpteurs nomment pointe double ou dent de chien, un ciseau quarré partagé en deux par le bas en forme de dents ; ils s’en servent après avoir approché à la pointe. (D. J.)

Pointe, (Sculpture.) c’est un outil de fer bien acéré, dont les Sculpteurs en marbre se servent pour ébaucher leurs ouvrages ; après que le marbre a été dégrossi ou épanelé, ce qu’ils appellent approcher à la pointe. Quand on a travaillé avec cet outil, on en prend un autre qui a double pointe pour ôter moins de matiere ; & ensuite lorsque l’ouvrage est plus avancé, on se sert du ciseau, ce que l’on nomme aussi approcher du ciseau. Voyez les Pl.

Pointes, s. f. pl. (Serrur.) ce sont des clous longs & déliés, avec une petite tête ronde, qui servent à attacher les targettes, les verroux, &c. & dont on ferre les grandes fiches.

Pointes, terme de Serrurier, ce sont des clous qui n’ont point de tête ; ils servent aux Serruriers à ferrer les fiches qui s’attachent aux portes, croisées & guichets. On les achete en gros ou à la somme, qui est de douze milliers, ou au compte quand ce sont celles qu’on appelle fiches au poids ; dans le détail, on les vend à la livre & au compte. Savary. (D. J.)

Pointes, (Tireurs d’or.) les Tireurs d’or nomment ainsi certains petits poinçons d’acier, très-fins & très-pointus, qui vont toujours en diminuant de grosseur, dont ils se servent pour polir les pertuis ou trous neufs de cette sorte de petite filiere, qu’ils appellent fer à tirer. Il y a de ces pointes si fines, que le fil d’or que l’on tire par les pertuis qu’ils ont poli, n’a pas la grosseur d’un cheveu.

Pointe, (Outil de Tourneur.) les tourneurs donnent le nom de pointes à deux pieces de fer pointues par un bout, qui s’entaillent dans les poupées de leur tour. Elles forment à-peu-près la figure d’un Z, dont la ligne du milieu seroit perpendiculaire, & non diagonale. (D. J.)

Pointe, en terme de Vannier ; c’est cet intervalle plein qu’il y a de la premiere torche à la seconde, d’où on commence à nommer combles, tous les cordons qui sont au-dessus.

Pointes, terme de Vitrier ; les pointes dont les Vitriers se servent pour attacher les panneaux & carreaux de verre, sur les bois des croisées & chassis, ne sont pas ordinairement des clous faits exprès, mais seulement le bout des clous que les maréchaux employent à ferrer les chevaux.

Pointe de diamant, (Vitrerie.) c’est un petit morceau de diamant, taillé en pointe, & enchâssé dans du plomb & dans du bois, dont les vitriers se servent pour tailler le verre.

Pointe, s. f. terme de Fauconnerie ; on dit qu’un oiseau fait pointe, lorsqu’il va d’un vol rapide en s’élevant ou en s’abaissant.

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Étymologie de « pointe »

Étymologie de pointe - Littré

Féminin du participe point, de poindre ; provenç. poncha, punta ; cat. punza ; esp. et ital. punta ; port. ponta.

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Étymologie de pointe - Wiktionnaire

(Siècle à préciser) Du latin puncta, forme féminine de point.
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Phonétique du mot « pointe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pointe pwɛ̃t play_arrow

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  • L'Anglais a l'intelligence au bout des ongles et le Français à la pointe de la langue. De Proverbe russe
  • Surtout ne pas prononcer de mots ridicules quand on marche sur la pointe des sentiments. De Gilles Martin-Chauffier / Une vraie Parisienne
  • Fuis du plus loin la pointe assassine L’esprit cruel et le rire impur. De Paul Verlaine / L’art poétique
  • Il faut affronter la réalité avec une pointe d’humour ; autrement, on passe à côté. De Lawrence Durrell
  • L'amour arrive sur la pointe des pieds et repart en claquant la porte. De Anonyme
  • Quand tu lances la flèche de la vérité, trempe la pointe dans du miel. De Proverbe arabe
  • La prudence, c'est la peur marchant sur la pointe des pieds. De Miguel Zamacoïs
  • Le génie est l'extrême pointe du sens pratique. De Jean Cocteau / Opium
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  • A.N.P.E. Notre meilleure industrie de pointe. De Jacques Mailhot / La politique d'en rire

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Traductions du mot « pointe »

Langue Traduction
Corse puntu
Basque puntu
Japonais ポイント
Russe точка
Portugais ponto
Arabe نقطة
Chinois
Allemand punkt
Italien punto
Espagnol punto
Anglais point
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Synonymes de « pointe »

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