Point : définition de point


Point : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

POINT1, subst. masc.

I.
A.− Élément discontinu, de très petite dimension, appartenant à une surface.
1. Élément de très petite dimension perçu visuellement sur une surface, sur un fond. Malheureusement, le capitaine ne s'intéresse pas qu'aux cheveux. Il remarque tout : le bouton qui manque, le point de rouille au fusil, le brodequin mal graissé (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 66).Soit une tache blanche sur fond homogène. Tous les points de la tache ont en commun une certaine « fonction » qui fait d'eux une « figure » (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 9).
En partic. Lumière réfléchie sur une surface polie. Synon. éclat.Seulement par moment un oblique rayon (...) Semait de points de feu le sable éblouissant (Lamart., Chute,1838, p. 1066).Des milliers de fragments lumineux et de points vifs se projetaient en directions contraires (Verne, Île myst.,1874, p. 589).
Point blanc, point brillant. La surface du globe de l'œil est polie; elle est de plus enduite d'une légère couche d'humidité qui en rend le poli plus parfait : aussi lorsqu'on observe un œil ouvert, on voit sur sa surface un point brillant d'un grand éclat, d'une très petite étendue, et dont la position dépend de celles de l'objet éclairant et de l'observateur (Monge, Géom. descr.,1799, p. 43).PEINT., vx. Tache claire servant à donner vie à un regard, dans un portrait. Des enseignements, qui étaient ridicules, quand par hasard il en donnait; et c'était, par exemple, le moyen de rendre le point blanc du regard dans l'œil (Ramuz, A. Pache,1911, p. 65).
2. TÉLÉCOMM. Point (d'image). ,,Dans une image, surface la plus petite correspondant à la limite de résolution d'un système de télécopie ou de télévision`` (GDEL) :
1. L'image coloriée observée par le téléspectateur est constituée par la juxtaposition de points élémentaires de lumière émise par trois luminophores [petit grain de matière émettant de la lumière] excités séparément par trois faisceaux d'électrons. Encyclop. Sc. Techn.t. 101973, p. 339, s.v. télévision.
[En traitement autom. des images] Chacune de ces images [en traitement automatique] est constituée d'un grand nombre de points (par exemple 10 000). Chaque point est affecté d'un nombre indiquant sa couleur, et l'image est ainsi entièrement numérisée (Le Monde,30 avr. 1986, p. 20, col. 2).
3. Point noir. Synon. de comédon.Une de mes remarques fut que madame l'Abbesse avait une quantité de points noirs au bout du nez, je trouvais cela horrible (Stendhal, H. Brulard,t. 1, 1836, p. 212).
4. Vieilli. Élément ultime, insécable des corps matériels. Synon. atome, particule.Un atome sera pour nous un petit corps sphéroïde quelconque, ou point matériel essentiellement indivisible, tandis qu'une molécule sera un groupe isolé d'atomes, en nombre quelconque et de nature quelconque (Gaudin, 1833ds J. Rosmorduc, Une hist. de la phys. et de la chim., 1985, p. 155).Qu'est-ce d'abord que la matière? Si je vous dis que c'est quelque chose de pesant, vous m'opposerez les fluides impondérables. Si je vous dis que c'est quelque chose d'étendu, vous me répondrez que plusieurs philosophes estiment qu'on peut la réduire à des atômes, c'est-à-dire à des points indivisibles et par conséquent inétendus (Lacord., Conf. N.-D.,1848, p. 95).
5. Chose que l'éloignement réduit à la dimension d'un point pour l'observateur. Un flux continuel de mille points noirs qui s'entrecroisaient sur le pavé faisait tout remuer aux yeux. C'était le peuple, vu ainsi de haut et de loin (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 146).J'aperçois dans la clarté aveuglante, sur la grande plaine grise du Champ-de-Mars, un fourmillement de petits points rouges et bleus : des lignards (Goncourt, Journal,1870, p. 586):
2. Un point, bientôt silhouette, grandit en face; au croisement, elle reconnaît le soldat motocycliste qui tout à l'heure a pris la route de Soufflenheim (...) et qui revient à faible allure. A. Pieyre de Mandiargues, La Motocyclette,1980 [1963], p. 83.
Point noir. Nuage sombre, annonciateur d'orage qui apparaît au loin. Lorsque insensiblement un point noir et douteux De loin paraît, s'élève, et s'agrandit aux yeux (Delilleds Littré).Au fig. ou p. métaph. Signe annonçant un danger, la détérioration d'une situation. Il n'y a pas eu cette fois de nuage dans notre amitié pure, rien, pas une tache, pas un point noir au ciel; c'est le tonnerre qui est tombé sur moi par un temps serein (Sainte-Beuve, Corresp.,t. 1, 1830, p. 195).Tu es [Flaubert] mon seul point noir dans ma vie du cœur, parce que tu es triste et ne veux plus regarder le soleil (Sand, Corresp.,t. 6, 1872, p. 258):
3. L'Empereur venait de prononcer un discours qui constatait, à l'horizon politique, la présence de certains « points noirs ». Ces points noirs, on ne savait pourquoi, avaient fait fortune. L'esprit de Paris s'était emparé de cette expression. Zola, Curée,1872, p. 564.
6. HÉRALD. ,,Nom de chaque division de l'échiqueté et de l'équipollé`` (Thiébaud Blason 1982). V. équipollé ex.
B.− Signe graphique.
1. Signe de ponctuation.
a) Point. Signe de ponctuation forte (.) marquant la fin de la phrase. V. exclamation ex. 1.
Point final. V. final A 1.
Point à la ligne. Point marquant la fin de la phrase et le changement d'alinéa. Un grand artiste aurait été si content d'avoir trouvé cette magnifique phrase qu'il aurait mis un point à la ligne et un grand blanc (Du Bos, Journal,1922, p. 105).Au fig. [Expr. marquant la volonté de passer à autre chose] Elle : Vous irez? Lui : J'irai pas. Point à la ligne (Le Monde,2 sept. 1986, p. 40, col. 6).
Un point c'est tout! [Expr. marquant l'impossibilité ou le refus de laisser discuter une affirmation, une décision] V. aussi c'est comme cela, c'est ainsi.Si tu désires des renseignements là-dessus, mon cher, je te conseille de t'adresser ailleurs. Moi, je suis un soldat, un point c'est tout (Proust, Temps retr.,1922, p. 705).
Faire qqc. avec points et virgules. Faire sans omettre aucun détail. [La commission] sera faite avec points et virgules (Villiers de L'I.-A., Corresp.,1870, p. 151).
b) Point d'admiration ou point admiratif. Synon. vx de point d'exclamation.Dans les journaux de province de ce temps, les points d'admiration ressemblaient aux hurra par lesquels on accueille les speech des meeting en Angleterre (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 655).V. aussi admiratif ex. 9 et 10.
c) Point d'exclamation ou, plus rare, point exclamatif. Signe de ponctuation (!) qui suit une interjection, une phrase exclamative. Dans les locutions interjectives eh bien! eh quoi! hé bien! hé quoi! le point exclamatif se met après la locution complète, non après le premier élément (Grev.1980, § 2759).V. exclamation A.
Ce même signe utilisé comme symbole de l'étonnement (p. ex. dans les bulles de bandes dessinées, en marge d'un texte, ou entre parenthèses dans le fil d'un texte).
d) Point d'interrogation. V. interrogation C 1 c.
Ce même signe comme symbole de la perplexité devant un énoncé ou une situation (en marge d'un texte, dans une bulle de bande dessinée). Tout aussitôt je lui renvoyai la traduction, bonne ou mauvaise, mais copiée sur ma propre version, moins les termes, avec un point d'interrogation qui voulait dire : « Je ne réponds de rien, examinez » (Fromentin, Dominique,1863, p. 65).
e) Points de suspension ou, plus rare points suspensifs. Séquence constituée de trois points (...), indiquant que le locuteur refuse de prononcer un mot, de formuler la suite de sa pensée. Les mots « un pareil » suivis de points suspensifs, n'en constituent pas moins une injure grave (Meilhac, Halévy, Boule,1875, iii, 6, p. 95):
4. Nous les appelons les « grands », mais c'est là un adjectif qui, pour l'instant, ne qualifie rien. Il est suivi de points de suspension que l'histoire remplacera un jour par le nom encore inconnu qu'ils auront mérité. Sera-ce : Les trois grands réorganisateurs de l'Europe, les trois grands réformateurs, les trois grands sauveurs? Mauriac, Bâillon dén.,1945, p. 492.
f) Point-virgule et, vieilli, point et virgule. Signe de ponctuation (;) qui ,,sépare deux aspects d'une même idée [et] marque une pause un peu plus longue que la virgule`` (J. Dubois, R. Lagane, La Nouv. gramm. du fr., Paris, Larousse, 1973, p. 233). C'est pour « disséquer les phrases » que le point-virgule devient le roi de la ponctuation moyenne. On en use et on en abuse au XIXe siècle − particulièrement dans les textes officiels (A. Lorenceau, Hist. du point-virgule et des deux pointsds Trames1984, p. 104).
g) Deux points (au plur.). Signe de ponctuation constitué de deux points disposés verticalement (:), et dont la fonction est d'insérer en fin de phrase un énoncé indépendant, juxtaposé à ce qui précède (discours direct avec ou sans guillemets, explication propre au locuteur). V. guillemet ex. de Sarraute et de Prévert.
h) Point en haut. Signe de ponctuation grecque (.) correspondant au point virgule et aux deux points du français. En grec, nos deux points et notre point et virgule sont remplacés par le point en haut (E. Ragon, Gramm. gr.,Paris, 1938, p. 7).
2. Signe diacritique.
a) Signe diacritique placé sur certaines lettres comme par exemple i et j. On doit bien se garder de mettre un point sur l'i [iota grec] (E. Ragon, Gramm. gr.,Paris, 1938p. 2).
Au fig. Mettre les points sur les i*.
b) Points-voyelles. ,,Signes diacritiques ajoutés aux signes alphabétiques pour représenter les voyelles dans certaines écritures sémitiques`` (Mar. Lex. 1951).
c) Point abréviatif ou simpl. point. Point mis après une lettre initiale, après chacune des lettres d'un signe ou après une séquence de lettres pour montrer qu'il s'agit d'une abréviation (M. pour Monsieur, C.G.T. pour Confédération Générale du Travail, p. ex. pour par exemple). V. abréviation ex. 8.
d) MUS. Signe placé après une note et qui en augmente la valeur de moitié. Une blanche suivie d'un point vaut trois noires (Ac.).
Point d'arrêt*.
Point d'orgue*.
3. Signe graphique remplissant des fonctions diverses.
a) Marque de très petite dimension portée sur une carte, un croquis, etc., p. méton., l'emplacement correspondant. À table, placé au point H, je ne mangeais pas un morceau (Stendhal, H. Brulard,t. 2, 1836, p. 423).
b) TYPOGR. Points, ligne de points. Séquence de points, parfois mis entre parenthèses, dans une ligne; ligne de points marquant une coupure, dans un texte. Ôtez de mon speech tout ce qui vous semblera dangereux. On ne peut pas faire de procès à des lignes de points (Hugo, Corresp.,1870, p. 248).
Points conducteurs ou points de conduite. ,,Points qui servent à prolonger une ligne, et dont on se sert surtout dans les tables et les tableaux, pour mettre en rapport les objets qui se correspondent`` (Littré).
c) DESSIN INDUSTR. Points courants. ,,Lignes formées de points plus ou moins allongés qu'on trace sur des plans`` (Littré).
d) Frère trois-points. [P. réf. au symb. de la franc-maçonnerie constitué de trois points disposés en triangle] Franc-maçon. Il ressemblait à Vincent Auriol et mon grand-père prétendait qu'il était Frère-Trois-Points (Sartre, Mots,1964, p. 62).
e) MATH. Point décimal. ,,Dans les pays anglo-saxons et souvent dans les machines électroniques (...), signe séparant la partie entière d'un nombre de sa partie décimale`` (GDEL). Normalement les indications d'heure ne comportent ni zéro, ni point décimal, tout au plus le point abréviatif; 6.45 est une forme anglicisée de 6h45 (J. Darbelnet, Le Fr. en contact avec l'angl. en Amérique du Nord,Laval, 1976, p. 82).
f) TÉLÉCOMM. Signe de l'alphabet morse, représentant le son bref, par opposition au trait, représentant le son long. V. alphabet ex. 7.
II.− Lieu de l'espace dont l'étendue n'est pas prise en compte et défini par un système de références.
A.−
1. Endroit de l'environnement ou de la surface terrestre, lieu où l'on perçoit quelque chose, où se situe quelque chose. Point de rassemblement, de réunion; en divers, en plusieurs points; le point le plus bas, le plus haut. [Le gouvernement doit] s'attacher, sur tous les points du globe, des hommes qui par leur mérite et leurs travaux appartiennent à tous les pays (Voy. La Pérouse,t. 1, 1797, p. xxv).[La librairie] était évidemment l'une des premières de la ville. Située en un des points les plus fréquentés du centre, elle ne désemplissait pas de tout le jour (Martin du G., Confid. afric.,1931, p. 1111).
Point d'eau. Endroit d'une région désertique où existe une source. [Les] grandes savanes de l'Ouest américain (...) lui ont appris qu'un point d'eau est un trésor (Barrès, Colline insp.,1913, p. 105).Poste, borne où on peut se ravitailler en eau. Le « point d'eau » dans chaque salle [d'une école maternelle] est aussi très apprécié. Dans les anciens locaux, les institutrices devaient sortir de leur classe et aller chercher de l'eau dans des seaux! (Le Monde,5 sept. 1986, p. 17, col. 2).
FOOTB. Point de réparation. Endroit d'où est tiré le penalty. Point de réparation, marqué à 11 m en face du centre des buts (Petiot1982, s.v. penalty).
COMM. Point de vente. ,,Lieu où sont vendus les pro duits d'une entreprise ou d'un secteur économique`` (Phél. 1975). Certains petits commerçants (...) ne cèdent-ils pas à la tentation d'ouvrir un second, puis un troisième point de vente? (Le Monde,12 janv. 1982, p. 20, col. 4).
Rem. Noter l'usage récent de substituer au compl. en de, un subst. juxtaposé, p. ex. : point-rencontre, point-service pour point de rencontre, point de service. Au pied de la statue de Danton, un petit stand qui ressemble à une échoppe de marchand de glaces : « Point-rencontre avec les communistes », avertit une pancarte (Le Point, 27 févr. 1978, p. 46, col. 1). La Longue Durée Ford garantit le dépannage au point-service Ford le plus proche (Le Nouvel Observateur, 25 mai 1981, p. 33).
[L'espace est la surface d'un objet] Point d'ancrage, point de fixation. Du sommet de la tour partait un câble métallique, invisible à son point d'attache, mais qui scintillait à mesure qu'il descendait dans la lumière des phares (Camus, Exil et Roy.,1957, p. 1655).V. aussi attache ex. 2.
MAR. Point d'une voile. ,,Lieu de réunion de deux ralingues contiguës de cette voile`` (Gruss 1952).
[L'espace est le champ perceptif d'un individu] C'est à notre propre corps que nous rapportons naturellement les objets extérieurs; (...) nous transportons pour ainsi dire partout avec nous un système d'axes auxquels nous rapportons tous les points de l'espace, et (...) ce système d'axes est comme invariablement lié à notre corps (H. Poincaré, Valeur sc.,1905, p. 81).
Point d'écoute. Le réglage du volume et la sélection des stations se font enfin au point d'écoute et vous pouvez en contrôler aisément la bonne marche sur le cadran de l'ampli-tuner à affichage lumineux (Le Point,21 mars 1977, p. 12, col. 1).
Point de vue. V. ce mot.
2. Endroit d'un champ de bataille, d'un front. Point stratégique, vulnérable; point d'appui. Au lieu de se battre sur un seul point, les Républicains se défendirent sur trois endroits différents du plateau de la Pèlerine (Balzac, Chouans,1829, p. 42).P. métaph. Vers 1750, Locke était le philosophe de l'Europe éclairée. L'idéalisme résistait sans doute, mais il était battu sur tous les points (Cousin, Hist. philos. XVIIIes.,t. 1, 1829, p. 21).
Point chaud. Endroit où se déroulent des combats sévères, où ont lieu des violences. La presse quotidienne ou hebdomadaire informe avec une apparente régularité ses lecteurs sur ce qu'on appelle, d'une expression abominable, les points chauds de la planète (y a-t-il beaucoup de points froids?) (Le Nouvel Observateur,3 mai 1976, p. 28, col. 2).P. ext. Lieu où existe un état de crise, une agitation sociale. Dernier point chaud : Saint-Nazaire, où la grève a abouti à un lock-out (L'Express,27 mars 1967ds Gilb. 1971).Lieu où se passe un événement important. San Francisco est le point chaud de la pop-music à travers le monde (L'Express,15 août 1966ds Gilb. 1971).
Point faible*.
Point fort. Point particulièrement fortifié. [Une maxime applicable à] tout autre chose aussi qu'au jeu d'échecs : « Ne jamais renforcer les points faibles − toujours renforcer les points forts » (Gracq, Beau tén.,1945, p. 62).P. anal. La concentration des moyens disponibles sur les points forts de l'économie nationale (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 562).Au fig. Activité dans laquelle on est particulièrement compétent. La rapière, c'était son point fort (...). La saccagne [couteau] en main, y avait pas plus dangereux (Simonin, Touchez pas au grisbi,1953, p. 16).
Point sensible. Élément jouant un rôle-clé. L'intervention prendra, alors, comme objectif la prise de possession et la protection des points sensibles et essentiels : ponts, centrales, services publics, ministères (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 690).P. anal. C'est que les réfugiés, encore une fois, ont pesé sur le point sensible, qui est la Bourse (Gobineau, Corresp.[avec Tocqueville], 1850, p. 117).Au fig. Côté sensible, vulnérable (d'une personne). Il y eut un silence. C'était la seconde fois en douze heures qu'on frappait M. Thibault au point sensible (Martin du G., Thib.,Pénitenc., 1922, p. 731).
Point d'attaque. Endroit d'un système défensif où l'on attaque. Au fig. Dans son rôle d'adversaire, il n'avait pas si tort, ce nous semble : ses points d'attaque étaient bien choisis (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 548).
Point de ralliement. Endroit où les hommes d'une troupe, où plusieurs troupes doivent se réunir. Au fig. Idées, principes autour desquels on se rassemble. Lorsque le retour des Bourbons fut décidé par les puissances européennes, M. de Talleyrand mit en avant le principe de la légitimité, pour servir de point de ralliement au nouvel esprit de parti qui devait régner en France (Staël, Consid. Révol. fr.,t. 2, 1817, p. 185).
3. Endroit déterminé d'un itinéraire, d'un parcours. Point d'arrêt*, de départ*, de non-retour*, de repère*; point névralgique*; point d'arrivée (v. arrivée ex. 3); aller d'un point à un autre.
Point d'attache. Synon. de port d'attache.Au fig. Dans un mois, deux au plus, je compte me mettre à voyager pas mal, mais j'ai besoin du chalet comme point d'attache (Abellio, Pacifiques,1946, p. 313).
Point de retour. [Dans un cont. métaph.] :
5. ...ainsi nous nous traînions, le long de notre langue de sable, de rocher en rocher, guettant un fanal, rêvant une issue, sans vouloir reconnaître que nous tournions le dos à la terre et que la marée montante du siècle, qui nous avait dès longtemps coupé l'unique point de retour, gagnait à chaque moment sous nos pas. Sainte-Beuve,Volupté,t. 1,1834,p. 72.
Point noir. Endroit d'une route particulièrement dangereux. Un « point noir », c'est un lieu où, en cinq ans, on compte en moyenne dix accidents de la route, mortels ou non. Ces pièges, on en recense huit cent cinquante très sérieux sur le réseau routier français (L'Est Républicain,8 mars 1986, p. 2, col. 1-3).
Point terminus. Arrivés au « grand marigot », point terminus de la route carrossable. Là nous attend le gros des porteurs (Gide, Voy. Congo,1927, p. 739).
TÉLÉCOMM. Liaison point à point (p. oppos. à liaison multipoint). ,,Liaison (téléphonique ou télégraphique) qui relie en permanence deux points`` (Ging.-Lauret 1982).
TRAV. PUBL., VOIRIE. Point à temps. Réparation d'une route ou d'une voie ferrée consistant à réparer seulement les parties défectueuses. De ce principe [qu'on ne doit toucher à une voie que le plus rarement possible] on a déduit deux méthodes absolument opposées; celle du point à temps (...) et celle de l'entretien par aménagement ou par révisions générales (Bricka, Cours ch. de fer,t. 1, 1894, p. 518).
4. BALIST. Lieu d'une trajectoire. Point culminant*, point d'impact*.
Point de chute. Synon. de point d'impact*.Voici une carte de Madrid. Vous voyez les points de chute : les circonférences rouges (Malraux, Espoir,1937, p. 688).P. anal., fam. Endroit où l'on s'arrête, fait halte (en parlant de quelqu'un qui est souvent en déplacement, en voyage); poste où l'on est muté. (Dict. xxes.).
Point mort. Point protégé qu'une trajectoire ne peut atteindre. Là où nous sommes, au pied de la butte, c'est un point mort pour l'artillerie. Vague et brève accalmie. On cesse un peu d'être sourds (Barbusse, Feu,1916, p. 271).
Point zéro. ,,Point de la surface du globe (terre ou mer) situé à la verticale du centre de l'explosion d'un engin nucléaire. Abrév. : PZ`` (Méd. Biol., t. 3, 1972).
Point de mire*, point de visée*.
5. ANAT., PHYSIOL. Endroit du corps, zone tactile ou sensible. Point douloureux, névralgique, sensible; point d'attache. La peau est une membrane appliquée sur tous les points par lesquels se termine le corps (Cuvier, Anat. comp.,t. 2, 1805, p. 539).
Point mort. Zone de la rétine dépourvue de cellules visuelles. Synon. point aveugle*.Quelque chose de comparable au point mort de la rétine, et sans écho, et qui pourtant voit et entend (Larbaud, Barnabooth,1913, p. 69).
ACUP. ,,Lieu situé sur le méridien au niveau duquel il est possible d'agir (...) sur l'écoulement de l'énergie dans ce méridien`` (Méd. Flamm. 1975). L'existence des points d'acupuncture est reconnue depuis la plus haute antiquité chinoise (CréponAcup.1980).
PHONÉT. Point d'articulation. Endroit où se produit le resserrement ou la fermeture du chenal phonatoire, par le rapprochement ou le contact des organes phonatoires (d'apr. Ling. 1972).
B.− GÉOMÉTRIE
1. Élément d'une surface ou d'une ligne, conçu comme la limite vers laquelle tend à l'infini une aire de plus en plus petite. [Dans la conception ordinaire] l'on suppose entre les éléments du continu une sorte de lien intime qui en fait un tout, où le point ne préexiste pas à la ligne, mais la ligne au point (Poincaré, La Sc. et l'hypothèse,1968 [1902], p. 48).V. aussi ligne ex. 13.
Point de concours. Point d'intersection. V. concours I B et infra II B 3 point à l'infini ex. de A. Dahan-Dalmedico.
Point d'intersection*, de tangence*.
Au fig. Point commun. Caractère commun à deux ou plusieurs personnes ou choses. Avoir, présenter des points communs. Déjà, dans les années qui précédèrent la première guerre mondiale, l'épicier n'avait plus qu'un seul point commun avec son ancêtre du milieu du XIXesiècle : le nom (Brunerie, Industr. alim.,1949, p. 210).
2. Élément défini d'une courbe. Point d'inflexion, point de rebroussement. Une courbe plane est une ligne qui peut être considérée comme un ensemble de points situés dans un même plan et possédant une même propriété caractéristique (J. Taillé, Courbes et surfaces,1953, p. 5).V. aussi abscisse ex. 1.
Point courant. Une courbe définie par une relation P = ʃ ( θ ) entre le rayon vecteur P et l'angle polaire θ , pourra voir son point courant M s'éloigner indéfiniment si P croît au-delà de toute limite (J. Taillé, Courbes et surfaces,1953p. 57).
Points multiples. ,,Points où passent plusieurs branches de la courbe, et où, par conséquent, on peut mener plusieurs tangentes. Exemple : le lemniscate de Bernouilli y2= x2x4`` (Privat-Foc. 1870). P. métaph. La physiologie et la psychologie sont comme deux cercles qui se touchent du moins par un point et peut-être par des points multiples, suivant l'expression géométrique où les courbes se pénètrent (Maine de Biran, Journal,1823, p. 408).
CINÉMATIQUE :
6. On dit qu'un point M est mobile, ou est en mouvement, s'il n'occupe pas toujours la même position par rapport à un système de référence (R) considéré comme fixe (par exemple, dans l'espace à trois dimensions, un trièdre de coordonnées Oxyz). Relativement à un tel système, les coordonnées x, y, z de M dépendront d'un paramètre t qu'on appelle temps, c'est-à-dire que (...) = (t) avec la notation vectorielle. Quand t prendra toutes les valeurs réelles d'un intervalle, le point M variera et décrira une courbe (C) appelée trajectoire... R. Campbell, La Cinématique,1970 [1966], p. 9.
3. Élément (sans étendue) dont la position dans l'espace est définie par des projections sur un plan.
GÉOM. DESCRIPTIVE. L'espace est sans limites; toutes ses parties sont parfaitement semblables, elles n'ont rien qui les caractérise, et aucune d'elles ne peut servir de terme de comparaison pour indiquer la position d'un point. Ainsi, pour définir la position d'un point dans l'espace, il faut nécessairement rapporter cette position à quelques autres objets, distincts des parties de l'espace qui les renferme, et qui soient eux-mêmes connus de position, tant de celui qui définit, que de celui qui veut entendre la définition (Monge, Géom. descr.,1799, p. 5).V. aussi coordonnée ex. 3.
GÉOM. PROJECTIVE. Homothétique d'un point; polaire d'un point; projection d'un point sur plan :
7. Si deux courbes quelconques, situées sur le plan d'une section conique donnée, sont telles que les points de l'une soient respectivement les pôles des tangentes de l'autre, réciproquement les points de celle-ci seront les pôles des tangentes de la première; de sorte que chacune d'elles pourra être considérée, à la fois, comme l'enveloppe des polaires des points de l'autre, ou comme le lieu des pôles des tangentes de cette autre. J.-V. Poncelet, 1822ds A. Dahan-Dalmedico, J. Peiffer, Une hist. des math., 1986 [1981], p. 143.
Point à l'infini. Alberti avait constaté dans son Della P. Hura que la perspective transforme un système de droites parallèles en un système de droites concourantes et, afin de compléter la correspondance entre les deux systèmes, Desargues introduit un point nouveau sur chaque droite, le « point à l'infini » (...). Par convention Desargues dira que c'est le point de concours du système de droites parallèles. Droites concourantes et droites parallèles sont aussi de même nature, sauf que le point d'intersection des droites parallèles est rejeté à l'infini (A. Dahan-Dalmedico, Une hist. des math.,1986 [1981],p. 130).
4. GÉOM. NON EUCLIDIENNES. [Hilbert ds Fondements de la géométrie] part d'objets non définis dont la nature n'importe pas et spécifie les relations entre eux par des axiomes. La possibilité est ainsi reconnue de définir axiomatiquement des espaces abstraits dont les éléments sont appelés « points » sans qu'on sache si ce sont des nombres, des courbes, des surfaces, des fonctions, etc. Depuis la fin du XIXesiècle, l'usage s'est instauré de décrire les propriétés de ces espaces abstraits dans le langage de la géométrie classique (A. Dahan-Dalmedico, Une hist. des math.,1986 [1981],p. 166).
C.− SC. PHYS. et SC. APPL.
1. OPT. Lieu où un rayon rencontre un plan, d'autres rayons. Point nodal*, point de réfraction*.
PERSPECTIVE. Point de fuite*, point de vue (v. ce mot).
2.
a) ASTRON., COSMOGRAPHIE, MÉCAN. CÉLESTE. Position sur une trajectoire. Point cardinal (v. cardinal1), point équinoxial*, point gamma*, point vernal*.
Point matériel. Corps matériel considéré comme ponctuel. L'Univers astronomique est formé de masses, très grandes sans doute, mais séparées par des distances tellement immenses qu'elles ne nous apparaissent que comme des points matériels; ces points s'attirent en raison inverse du carré des distances et cette attraction est la seule force qui influe sur leurs mouvements (H. Poincaré, Valeur sc.,1905, p. 172).
Point-événement. [En micro-phys., pour désigner des phénomènes non observables physiquement] Il y a une seule chose à en dire − mais cela revient simplement à poser la forme, l'espace, comme réels − c'est que l'élément des formes, c'est l'ensemble des « ici », ou, comme disent les relativistes, des points-événements dans l'espace-temps. Voilà la seule définition possible du véritable atome, le seul « atome » auquel on ne risque pas un jour d'avoir à découvrir des composants (Ruyer, Esq. philos. struct.,1930, p. 32).
b) GÉOD., TOPOGR. Point astronomique fondamental. [Dans la méthode astro-géodésique, on adopte] un point astronomique dit fondamental où sont déterminés, avec grand soin par observations sur le système de référence stellaire, la latitude, la longitude et un azimut (angle entre une direction horizontale et la direction du méridien) de départ, à partir desquels seront calculés sur l'ellipsoïde choisi, en fonction des observations géodésiques faites sur le terrain, les latitudes, longitudes et azimuts en chacun des points du réseau (Terre,1959, p. 80 [Encyclop. de la Pléiade]).
Point géodésique. ,,Point dont la latitude et la longitude ont été déterminés avec précision`` (George 1970).
c) NAV. MAR. ou AÉRIENNE. Le point. Position (d'un navire, d'un avion) déterminée à partir de l'observation des astres :
8. Les principaux intéressés [par le Temps Universel] sont les navigateurs qui mesurent au sextant des hauteurs d'astres afin de situer leur zénith sur la sphère étoilée. La connaissance de T.U. fixe les positions de la sphère étoilée par rapport à des repères terrestres : ils obtiennent donc leur position par rapport à ces repères, c'est-à-dire leur point. B. Decaux, B. Guinot, La Mesure du temps,1969, p. 96.
Rem. Avant d'être déterminé par l'observation des astres, le point était établi « à l'estime », d'après la route suivie et la vitesse du navire (d'apr. Gruss 1952).
Faire le point. Établir cette position. Parler de faire le point ou de prendre hauteur eût été de l'hébreu pour nos marins (Chateaubr., Itinér. Paris Jérus.,t. 2, 1811, pp. 81-82).Au fig. Déterminer le degré d'avancement d'une question, le degré d'évolution d'une situation. Le principal intérêt des deux rapports de la journée était en quelque sorte de nous permettre de faire « le point ». Au rapport du matin, on établissait la situation générale (Joffre, Mém.,t. 1, 1931, p. 239):
9. Par moments − rarement − on fait le point, on s'aperçoit qu'on s'est collé avec une femme, engagé dans une sale histoire. Le temps d'un éclair. Après ça, le défilé recommence, on se remet à faire l'addition des heures et des jours. Sartre, Nausée,1938, p. 59.
3. TECHNOL., MÉCAN. Endroit de la course d'un dispositif mobile.
a) Point d'appui*.
b) Point fixe. Point où le système mobile est relié à une masse immobile. Le point fixe d'un balancier. En 1784 Watt fit breveter le dispositif de leviers articulés connus sous le nom de parallélogramme de Watt. O est le centre d'oscillation du balancier; A est un point fixe sur le bâti de la machine. B et C où viennent s'articuler les tiges du piston décrivent des trajectoires en forme d'ellipse, sensiblement rectilignes quand D, tête du balancier, décrit un arc de cercle (Hist. gén. des techn., Paris, P.U.F., 1968, pp. 48-49).
Au fig. Synon. de invariant.Il ne restait plus, en effet, après l'introduction de ces hypothèses dans l'étude des sciences morales, aucune base solide, aucun point fixe auquel on pût rattacher les résultats de l'observation et de l'expérience (Cabanis, Rapp. phys. et mor.,t. 1, 1808, p. VIII).Il se sentait encore trop déséquilibré pour vivre sans appui. Il savait que sa mère et lui s'entremeurtriraient sans doute, mais un point fixe d'amour, de respect, lui signalerait la moindre dérive (Cocteau, Gd écart,1923, p. 90).
NAV. AÉRIENNE. ,,Manœuvre qui consiste, avant le décollage, à faire tourner en bout de piste, pendant quelques instants, les moteurs au régime maximal`` (GDEL). Immobilisation d'un hélicoptère pendant le vol. Pendant ce temps, l'hélicoptère se dirigeait vers le bâtiment D 3 et réalisait un deuxième point fixe d'environ deux minutes à 1,5 mètre du toit (Le Monde,28 mai 1986, p. 33, col. 1).
c) Point mort. Position de la course (d'un pendule, d'un piston, d'une bielle) dans laquelle la poussée est nulle. Pauvres gens! leur vie ne reste pas plus longtemps dans le normal que le balancier en mouvement au point mort (Bernanos, Crime,1935, p. 785).Le système bielle-manivelle, mécanisme qui transmet le mouvement mais le modifie, le faisant passer du mouvement circulaire en un mouvement rectiligne alternatif et vice versa [comportait l'inconvénient du] passage de deux points morts situés sur deux extrémités du diamètre situé dans le prolongement de la bielle (Hist. des techn.,1978, p. 604 [Encyclop. de la Pléiade]).
Au fig. Moment d'arrêt, interruption. Cher monsieur, toute existence a sa phase critique, son point mort. On retrouve ce trait de la nature jusque dans la sainteté; la sainteté elle-même a ses passages déserts, arides (Bernanos, Joie,1929, p. 628).[A. Daudet] ôtait et remettait son lorgnon, prenait son interlocuteur à témoin et n'avait pas de point mort : « Il savait enchaîner » disait Porel, directeur de l'Odéon (L. Daudet, Qd vivait mon père,1940, p. 40).
Être au point mort. Être arrêté, immobilisé. Une affaire au point mort. Dans compte-rendu d'un livre, on voit le mot computare au point mort où il ne signifie plus compte et ne veut pas encore dire conte (Gourmont, Esthét. lang. fr.,1899, p. 210).
AUTOMOB. ,,Position du levier de vitesse d'une automobile, qui désaccouple le moteur de la transmission`` (Dew. Technol. 1973). (Mettre, être) au point mort. (Mettre, avoir mis) cette position du levier de vitesse. Et nos rires descendirent la côte, à la file, portés par de discrètes voitures au point mort (Colette, Naiss. jour,1928, p. 59).
ÉCON. ,,Seuil de rentabilité de l'entreprise, en dessous duquel elle n'est pas rentable parce que le chiffre d'affaires ne couvre pas les charges fixes et les charges variables`` (cida 1973).
4. Être, mettre au point; mise au point
a) OPT. Mettre au point une lunette, un microscope. Mettre au point une loupe, c'est amener l'image dans le champ de vision de l'œil. Cette mise au point s'effectue généralement en déplaçant la loupe par rapport à l'objet (Lamirand, Joyal, Phys.,Classe de 1reC et mod., 1949, p. 122).Mettre au point sur. P. métaph. Nous tournons notre tête et nos yeux devant l'étendue qui fait tableau devant eux; nous avons l'impression de manœuvrer pour mettre au point sur eux (Ruyer, Conscience,1937, p. 53).
Mise au point. Action de mettre au point; résultat de cette action. Je braquais la lunette sur le visage monstrueux de ce vieil homme qui me faisait peur, réglant la mise au point pour l'avoir le plus près, le plus gros possible, tout contre moi, bouchant mon univers, à en avoir le vertige (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 159).
PHOT. Amener l'image formée par l'objectif dans le plan de la surface sensible (cas de la prise de vue ou de l'agrandissement) ou de l'écran (cas de la projection), afin d'obtenir la netteté maximale (d'apr. GDEL).
Au fig. Mettre, remettre les choses au point. Apporter des précisions qui donnent son éclairage vrai à une affaire, qui rétablissent la vérité. Voilà de bien grands mots : mettons les choses au point. Vous n'avez jamais eu de condamnations, c'est vrai, mais les renseignements recueillis sur votre compte ne sont guère en votre faveur (Courteline, Article 330,1900, p. 260):
10. À plusieurs reprises j'ai remarqué chez Marceau un singulier malaise lorsqu'il sentait que la recomposition de son crime n'était pas parfaitement exacte − mais qu'il ne pouvait ni remettre les choses au point, ni profiter de l'inexactitude. Gide, Souv. Cour d'ass.,1913, p. 632.
Mise au point. Action de mettre au point; déclaration, communique faits dans ce but. Publier une mise au point. Question : Je ne sais pas si cette volonté de vous faire comprendre vous fera mieux comprendre, ou si cela vous fera plus mal comprendre, mais je crois que la mise au point dans action vous fait encore plus mal comprendre (Sartre, Existent.,1946, p. 99).
b) MÉCAN. Mettre au point. Faire les réglages et les adaptations permettant le bon fonctionnement d'un moteur, d'une machine, d'un dispositif complexe. Être au point. Être en état de fonctionner :
11. ... et le vieux patron, passionné, modifiant seul une goupille sur une minuscule machine dans un atelier illuminé, mettait au point la pièce décisive qui devait faire de ces mitrailleuses « des mitrailleuses je ne vous dis que ça ». Malraux, Espoir,1937, p. 779.
Metteur* au point.
P. anal. Les pièces ne se donnent à New-York que lorsqu'elles sont tout à fait au point et qu'elles ont déjà été essayées en province et en banlieue (Morand, New-York,1930, p. 174).J'ai travaillé la question. J'ai mis au point une méthode [de traitement]. Ce que je fais est aussi scientifique et souvent même plus sérieux que ce que font les autres professeurs (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 37).Marat et Rodrigue prirent rendez-vous dans les parages dès dix heures, pour avoir le temps de mettre minutieusement au point leur dispositif de sécurité et d'attaque (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 232).
Mise au point. Une soirée consacrée à la mise au point du bal (Radiguet, Bal,1923, p. 179).
5. MAR. Point vélique*.
III.− Moment (d'une durée, d'un devenir).
A.− Rare, vieilli. Instant, moment. Dans cette ligne de vie qui nous fut transmise par nos ancêtres et que nous devons prolonger au delà de nous, on ne saisit que le point présent (Chateaubr., Génie,III, Lyon, Ballanche, 1809, p. 90).J'ai eu tort, répondit-il lentement et en faisant dans sa phrase de longs points d'arrêt (Flaub., 1reÉduc. sent.,1845, p. 41).
B.− [Dans des loc.]
1. À point. Au bon moment, à propos. Ce jeune homme qu'elle a rencontré est venu à point pour ouvrir son cœur et donner un but à ses rêves (Soulié, Mém. diable,t. 2, 1837, p. 11).Et il allait très bien être pincé derrière une barricade, si le forgeron ne s'était rencontré là, juste à point pour le protéger de son grand corps et l'aider à filer (Zola, Assommoir,1877, p. 475).
Mal à point (rare). Au mauvais moment. Quand bien même on pourrait... vous auriez encore d'autres maîtres : l'été qui commence trop tard et qui finit trop tôt, l'hiver qui mange sept mois de l'année sans profit, la sécheresse et la pluie qui viennent toujours mal à point (Hémon, M. Chapdelaine,1916, p. 173).
Proverbe. Tout vient à point à qui sait attendre*. Rien ne sert de courir*, il faut partir à point.
À point nommé
Au moment convenu, fixé d'avance. Quand Dugommier vit la chose en effet accomplie, quand il récapitula que le jeune commandant d'artillerie lui avait toujours dit d'avance, à point nommé, ce qui arriverait, ce fut alors tout à fait de sa part de l'admiration et de l'enthousiasme (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 97).Nous nous disons malgré nous : « Comme il est beau, et surprenant, que toutes ces aventures, que toutes ces existences viennent à point nommé croiser la destinée du héros! (...) » (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. XI).
Opportunément. Constatation qui intervient à point nommé pour me faire souvenir, si j'étais jamais tenté de l'oublier, que les questions formelles ne doivent pas me faire perdre de vue que c'est par le contenu avant tout ce que je peux écrire vaut (Du Bos, Journal,1927, p. 203).
2. Être sur le point de + inf., loc. verb. [Exprime l'imminence de l'action que désigne l'inf.] Synon. aller.Quand la douceur de Mathilde (...) et l'excès de son dévouement étaient sur le point de lui ôter tout empire sur lui-même, il avait le courage de la quitter brusquement (Stendhal, Rouge et Noir,1830, p. 429).Le désir du combat possédait toutes les âmes. À tout instant, la guerre était sur le point d'éclater (Rolland, J.-Chr.,Nouv. journée, 1912, p. 1559).
IV.− État à un moment donné, d'une chose qui change; degré dans une évolution.
A.−
1. Degré, limite. Et ses traits peignaient le point extrême de l'abattement physique (Stendhal, Rouge et Noir,1830p. 420).V. aussi hisser ex. 5.
Point culminant*.
Point-limite. L'écriture de Ravel marque le point-limite des curiosités coupables. Au delà de ce domaine, l'orchestre grince et grimace (Vuillermozin R. musicale,avr. 1923, p. 25 ds Quem. DDL t. 15).
2. [Dans des loc. adv. introd. par à, assimilables à un adv. de quantité, d'intensité]
Au dernier point (littér.). Au plus haut degré. Je vous prie, s'il en est encore temps, de me renvoyer les épreuves, autrement je ne prendrai pas cette portion sur ma responsabilité. Je ne le veux d'aucune manière, et le procédé m'étonne au dernier point (Balzac, Corresp.,1839, p. 543).
Au plus haut point. Au plus haut degré. Ce qui nous intéresse, et au plus haut point, c'est la manie qu'a Noël Chérouvier de mêler des éléments sentimentaux, des éléments parasites au problème de la civilisation qui est une affaire d'intelligence pure (Duhamel, Cécile,1938, p. 51).
À un point que. Non, je ne suis que fatiguée,mais ça, à un point que tu ne peux imaginer...Je voudrais dormir, ne plus sentir (Mauriac, Mal Aimés,1945, ii, 1, p. 186).
À un point! À un degré qu'on ne peut imaginer. Toutes ces figures nouvelles, ces yeux écarquillés qui vous dévisagent, cela m'étourdit à un point! (Musset, Quenouille,1840, i, 3, p. 291).Gabrielle : As-tu beaucoup d'indiscrétions ou de maladresses à me reprocher? Henriette : Pas une seule, ma Ielle [Gabrielle]! Je te demande pardon... Je suis émue à un point! (Bernstein, Secret,1913, i, 7, p. 11).
À un tel point, à ce point-là (fam.). Tant que cela. C'est inconcevable qu'on se laisse mener à ce point-là (Scribe, Camaraderie,1837, i, 3, p. 240):
12. − J'ai vaguement compris, continua-t-il, qu'il y avait eu des coups durs dans l'organisation dont elle fait partie... Mais elle ne m'a presque rien dit... Oh! pas bavarde du tout... Toujours enfermée dans sa chambre... Une belle fille pourtant, comme j'en ai rarement vue... − À ce point? Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 130.
À quel point. À quel degré, combien. Je sentis alors à quel point elle était vile : j'en fus pénétré; mes larmes coulèrent (Restif de La Bret., M. Nicolas,1796, p. 151).Je m'applaudis en quelque sorte d'être sorti de mon néant, puisque cela vous a fait connaître à quel point vous êtes aimée (Balzac, Corresp.,1822, p. 193).
Jusqu'à un certain point. Jusqu'à une certaine limite. L'intérêt scientifique que pouvait avoir M. Chasles à maintenir, jusqu'à un certain point, Newton dans le camp des géomètres (Gds cour. pensée math.,1948, p. 246).
(En) être au même point. Ne pas progresser. Nous sommes toujours au même point, comment prouver à quelqu'un que la transfiguration est admirable? (Stendhal, Racine et Shakspeare, t. 2, 1825, p. 92).Tout cela est crâne et finit par atteindre de bonnes proportions, mais si personne de sa famille ne bouge, tout restera toujours au même point (Flaub., Corresp.,1850, p. 90).
3. [Dans des loc. introd. par à, marquant qu'une limite est atteinte, au delà de laquelle se produit une conséquence nécessaire] Synon. tellement.
Être + adj. au point de + inf. Tellement que. Mais tel je suis et tel je serai toujours, timide à l'excès, amoureux jusqu'au délire, et chaste au point de n'oser dire : j'aime (Balzac, Corresp.,1822, p. 140).
Au point que..., à ce point que..., à tel point que..., à un point tel que... Il y avait des chants qui m'ont ému à ce point que je me suis mis à genoux avec tout le monde (Green, Journal,1935, p. 9).Elle en était jalouse au point qu'elle le détacha de ses grands-parents (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 49).Ce corps virtuel déplace le corps réel à tel point que le sujet ne se sent plus dans le monde où il est effectivement (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 289).
En arriver, en venir, en être au point que, où..., au point de + inf. [Le suj. désigne une pers.] Être dans une situation telle que. Au point où nous en étions, la politesse personnelle de l'amiral était une injure de plus (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 273).Il fallait ne pas vous ruiner; ne pas vous mettre au point de craindre le séjour de Clichy (Stendhal, Lamiel,1842, p. 176).Au point où nous en sommes, d'ailleurs, je crois inutile, dangereux même, d'échauffer les imaginations. Cela crée du désordre dans les esprits, les langues iront leur train, nous nous perdrons en bavardages (Bernanos, Crime,1935, p. 802).
[Le suj. désigne un procès] Les choses en sont, en sont venues à un point où... Bref, les choses en vinrent au point que je me vis souvent contraint, au plus fort des angoisses de l'amour et de la jalousie, à m'aventurer dans des calculs (...) tracés d'une main tremblante de passion (Milosz, Amour. init.,1910, p. 178).
Mettre qqn au point de + inf. Mettre dans un état tel que... Plus tard, lorsque de successives petites fatigues cérébrales le mirent au point de ne pouvoir plus même corriger seul ses copies, Mathilde (...) y suppléa (Mauriac, Génitrix,1923, p. 333).
4. À point, loc. adj. ou adv. Exactement comme il faut, au degré qui convient. Un steack cuit à point. [Choisir un melon] ni trop vert ni trop mûr, juste à point (Le Monde,10 déc. 1986, p. 18, col. 3):
13. Il savait une manière de préparer des kébabs, qui était absolument inimitable. Chaque morceau de viande était grillé si à point et si bien saturé des sucs de la feuille de laurier et du thym, que l'on croyait avoir dans la bouche tout le bonheur céleste. Gobineau, Nouv. asiat.,1876, p. 197.
Au fig. C'est [certains passages des Confessions de J.-J. Rousseau] avec quelques Lettres provinciales et les chapitres sur L'homme de Pascal, ce que nous avons de mieux écrit en notre langue, c'est fait à point (Chênedollé, Journal,1822, p. 116).
[En parlant d'une pers.] Qui est dans l'état que l'on souhaite, pour lui faire accepter quelque chose. Il était à moitié ivre, de vin, d'incertitude, de fatigue. Daniel pensa : il est à point (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 141).
À son point. Qui est dans l'état que l'on souhaite. Il y a encore un moyen de juger si la friture est à son point : mouillez votre doigt et le secouez sur la friture : si elle pétille et rejette l'eau, elle est au degré de chaleur convenable (Audot, Cuisin. campagne et ville,1896, p. 638).Car, lorsqu'il l'avait connue davantage, elle lui avait révélé un sentiment qui à son point parfait excluait le désir, que le désir eût dénaturé et déprécié (Montherl., Songe,1922, p. 18).
5. Bien en point (vx), mal en point, loc. adj. [Gén. en parlant d'une pers.] En bon, en mauvais état. [Il faut lire] la rencontre du marquis de Bruyères, jeune gentilhomme aussi bien en point et aussi florissant que Sigognac est pauvre (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 6, 1863, p. 336).S'en revenant estropiés ou bien en point Sous le drapeau troué, parbleu! de mille balles (Verlaine, Chair,Paris, éd. de Cluny, 1943 [1896], p. 128).Lorsque ce gamin sortit si mal en point du cabinet de toilette, Ninon eut un éclat de rire qu'on entendit de fort loin (Boylesve, Leçon d'amour,1902, p. 107).
Rare. En bon point. Des mignonnes en bon point, bien à point, belles gaillardes au corps gracieux et rebondi et des fillettes à l'âge ingrat (Rolland, C. Breugnon,1919, p. 41).
B.− PHYSICO-CHIM. Degré d'intensité d'une variable définissant un changement d'état, l'apparition d'un phénomène. Point de congélation, d'ébullition, de fusion, de saturation. P. métaph. Une remarque,un commentaire parmi d'autres,deviendra le point de cristallisation de tout ce que secrètera son esprit, pour guérir des douleurs intolérables (Durry, Nerval,1956, p. 32).
Point critique. Limite entre deux états, seuil au delà duquel se produit un changement d'état. Au fig. ou p. métaph. Points critiques, changements d'états, paliers sur la pente,sautes de toutes espèces en cours de développement : la seule manière désormais, mais une vraie manière encore, pour la science, de concevoir et de surprendre « un premier instant » (Teilhard de Ch., Phénom. hum.,1955, p. 78).
Point eutectique*.
Point d'éclair ou point éclair. ,,Température à laquelle un produit (huile, fuel oil, gasoil) émet des vapeurs en quantités suffisantes pour former un mélange inflammable`` (Barbier Pétrole 1980).
Point d'inflammation. Synon. de point d'éclair (ibid.).
Point de rosée. ,,Température à laquelle une vapeur commence à prendre l'état liquide`` (Pétrol. 1964).
P. métaph. :
14. La puissance séculaire des basses soutenait, sans cesse, et portait au rouge (au point du cri, de l'incandescence qui aveugle) les hautes flammes des voix d'enfant... G. Bataille, Exp. int.,1943, p. 119.
V.− Partie d'une démonstration intellectuelle, élément d'un ensemble de propositions.
A.−
1. Partie d'une démonstration intellectuelle. Un point acquis, essentiel, fondamental, litigieux, secondaire; un point d'accord, de désaccord; premier, second, dernier point; passer au point suivant, à un autre point; insister sur un point. De vos deux observations sur Juana, l'une est indiscutable pour moi, c'est un point arrêté; l'autre, nous disons la même chose : à latitude égale, l'insulaire l'emporte sur le continental (Balzac, Corresp.,1833, p. 263).
(Discours) en trois points. Présenté selon le schéma de la rhétorique scolastique. La bonne femme se donna le plaisir d'adresser un sermon en trois points aux laveuses (Stendhal, Lamiel,1842, p. 51).
2. Partie nettement délimitée (d'un jugement, d'un contrat, d'un programme, etc.). Les points d'accord, de désaccord; les points en suspens, en litige; les points d'un ordre du jour. Je trouve excellent que vous soyez d'accord avec M. Pagnerre. Vous pouvez considérer les bases du traité Pagnerre comme admises. Il y aura des points de détail à régler (Hugo, Corresp.,1863, p. 456).
Point de doctrine. C'est dans ce temps que fut faite la sanglante loi des six articles, qui établissaient les points de doctrine auxquels il fallait se conformer : la présence réelle, la communion sous une espèce, l'inviolabilité des vœux monastiques (malgré l'abolition des couvents), l'utilité des messes particulières, le célibat du clergé, et la nécessité de la confession auriculaire (Staël, Consid. Révol. fr.,t. 2, 1817, p. 287).
DR. Point de droit. ,,Partie du jugement où sont énoncées les raisons invoquées par chacune des parties à l'appui de ses prétentions ainsi que le résumé des questions soumises au tribunal`` (Cap. 1936). Point de fait. ,,Partie du jugement où sont énoncés les noms et domiciles des parties et les faits de la cause`` (Cap. 1936). P. anal. M. de Voltaire commence par dire qu'on n'a jamais vu de pays où l'état de pure nature subsistât. Nous avons déjà observé que ce point de fait ne suffisait pas pour décider la question (Laclos, Éduc. femmes,1803, p. 453).
B.− Synon. de matière, question1, sujet.Un point brûlant, un point très controversé. Comment oser réveiller des points aussi délicats? Laissons à Dieu à prononcer sur ce qu'il n'est plus permis aux hommes de juger (Las Cases, Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 729).Ce n'est pas une raison parce qu'il y a des points encore obscurs dans la médecine, où la physiologie ne peut pas pénétrer, pour crier que ces sciences n'ont pas de rapport et que la physiologie n'est pas la base de la pathologie (Cl. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 140).
Point de détail. Élément secondaire. De nouveau les francs-juges s'appliquèrent à établir la vérité sur chaque point de détail (Jouve, Scène capit.,1935, p. 142).
Point d'histoire. J'attends pour changer d'avis que quelqu'un veuille bien m'assurer qu'un seul point d'histoire ait été éclairci par le secours ou par l'étude des médailles, depuis plus de deux siècles qu'une classe de savans s'occupe exclusivement de cette branche de l'archéologie (Jouy, Hermite,t. 3, 1813, p. 149).
Le point (souvent suivi d'un adj. d'évaluation). Ce qui dans une question est important, ce qui fait problème. Vous avez touché le point important. Tous les hommes, après avoir parcouru tous les degrés que vous venez d'indiquer, sont arrivés à l'idée d'une justice divine (Delécluze, Journal,1827, p. 420).Nous touchons au point délicat. Cherchez et vous trouverez l'Église. Il n'y a plus qu'un pouvoir debout en France, comme en Espagne : celui-là (Clemenceau, Vers réparation,1899, p. 155).Un soir on l'interroge sur sa manière de gouverner. Il a ménagé toutes choses pour en venir là. Voilà le point : sa responsabilité politique (Barrès, Cahiers,t. 5, 1907, p. 127).
Point d'honneur*.
C.− [Dans des loc.]
1. De point en point, loc. adv. Avec une exactitude scrupuleuse, sans rien omettre. Il m'a tout raconté de point en point. Il a exécuté de point en point tout ce qu'on lui avait ordonné (Ac.).
2. Point par point, loc. adv. Méthodiquement. Victor avait prévu, point par point, les conséquences de son mensonge (Gozlan, Notaire,1836, p. 271).Ce fut cette certitude que les Allemands, avec leur esprit méthodique, appliquaient point par point leur programme, qui me donna la conviction de la guerre inévitable (Joffre, Mém.,t. 1, 1931, p. 217).
3. En tout point, en tous points, loc. adv. Complètement, totalement. Une personne en tout point digne de foi, me dit que vous ne vous appeliez ni Roger ni de Beauvoir (Balzac, Corresp.,1840, p. 189).Je tâcherai de me conformer en tous points aux désirs de votre excellence, dit-il (Dumas père, Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 678).Comme Arthur ne m'a pas écrit, J'ignore en tout point son adresse (Banville, Odes funamb.,1859, p. 190).
De tout point (vieilli), de tous points. Complètement, totalement. Mon compagnon était Élie de Kertanguy, bas-breton, grand et beau jeune homme accompli de tout point (M. de Guérin, Corresp.,1833, p. 89).Le fait est qu'elle était ravissante de tout point (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 90).Nous fournissons les renseignements nécessaires à une personne, même éloignée de Paris, pour suivre de tous points la mode (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 708).
VI.− Unité de quantification.
A.− Unité de mesure.
1. ARTS GRAPH. Point typographique ou simpl. point. Unité de mesure servant à déterminer la force du corps des caractères et à les désigner. François Ambroise Didot entreprit, en 1775, de mettre d'accord le point typographique avec la mesure de l'époque pour remplacer les points conventionnels de Fournier par un étalon plus juste. Pour cela, il divisa le pied de roi (0,32484 m), mesure légale de son temps, en pouces (0,02707 m) et en lignes (0,002256 m). La ligne fut divisée en 6 points égaux. Le point correspond à 3/8 de millimètres (GDEL).
Lettre de deux points. ,,Grande lettre en forme de capitale qu'on place au commencement d'un ouvrage ou de chacune de ses principales divisions, et qui a une force de corps double de celle du caractère qu'elle accompagne`` (Littré).
2. CHAUSS., GANTERIE, CHAPELL. Unité de mesure non métrique servant à déterminer la taille d'une chaussure, d'un gant ou d'un chapeau. La pointure des chaussures est mesurée, en France et dans l'ensemble des pays européens, selon deux unités, le point français ou point de Paris, qui vaut 6,666... mm, et le point anglais, appelé aussi parfois à tort point américain, qui vaut 1/3 de pouce ou 8,466 mm; ces points servent de base à deux gammes de pointures différentes (GDEL).
3. STAT. Point pour cent ou simpl. point. Unité évaluant une proportion sur une base 100. L'inflation a baissé d'un point. En même temps, il mettait en branle les journalistes financiers et s'estimait très habile d'avoir fait monter les Sonchelles de plusieurs points en bourse (Druon, Gdes fam.,t. 2, 1948, p. 42).
4. JOAILL. Centième partie d'un carat. (Dict. xixeet xxes.).
5. PEINT. ,,Unité conventionnelle de surface des toiles, variable selon le type de format`` (GDEL).
B.− Chaque unité d'une échelle de valeurs.
1.
a) JEUX ET SPORTS. Unité(s) de valeur attribuée(s) à un coup gagnant ou à un avantage obtenu et dont le total détermine le gain (d'un jeu, d'une partie, d'une manche, d'un match). Compter les points, marquer un point, mener aux points :
15. Les deux joueurs tiennent chacun une baguette, de la grosseur d'une canne ordinaire, et de cinq pieds de long; ils cherchent à faire passer cette baguette dans le cercle pendant qu'il est en mouvement : s'ils y réussissent, ils gagnent deux points; et si le cercle, en cessant de rouler, repose simplement sur leur bâton, ils en gagnent un; la partie est en trois points. Voy. La Pérouse,t. 2, 1797, p. 273.
BOXE. Gagner aux points. Gagner sans pouvoir obtenir le K.O. ou l'abandon de l'adversaire avant la fin du match. P. métaph. Et, si j'entraîne mes frères avec moi, dans ce match où ni l'un ni l'autre n'avons pu gagner par knock-out, j'aurai tout de même gagné aux points (H. Bazin, Vipère,1948, p. 262).
TENNIS. Faire le/un point. Obtenir le/un coup gagnant. Et quand Lendl montait à la volée il a fait huit fois sur dix le point, alors que Becker a gâché la moitié de ses occasions (Le Monde,10 déc. 1986, p. 38, col. 5).
En partic. Unité ou nombre d'unités attribués selon les résultats de matchs, d'épreuves permettant l'établissement de classements (Dict. xixeet xxes.).
b) JEUX DE CARTES. Unités de valeur attribuées, à chaque carte ou à certaines combinaisons de cartes. Compter ses points.
Points d'annonce. Points acquis avant le début de la partie.
Points de jeu. Points que l'on réalise pendant la partie.
P. méton. Cartes comprises entre l'as et le dix de chaque couleur, par opposition aux figures (d'apr. Chautard 1937).
c) JEU DE DÉS. Unités de valeur attribuées à chacune des faces d'un dé et matérialisées par de petites marques; chacun des six ensembles. Je jette deux dés; quelle est la probabilité pour que l'un des deux dés au moins amène un six? Chaque dé peut amener six points différents : le nombre des cas possibles est 6 x 6 = 36; le nombre des cas favorables est 11; la probabilité est 11/36 (H. Poincaré, La Sc. et l'hypothèse,Paris, Flammarion, 1968 [1902], p. 192).
d) Au fig.
Compter les points. Assister, sans intervenir, à une lutte, une discussion. Il faut que nous ayons un témoin de notre force : quelqu'un qui marque les coups, qui compte les points, qui nous couronne au jour de la récompense (Mauriac, Nœud vip.,1932, p. 92).
Marquer un point, des points. Prendre l'avantage. Peut-être Isa vit-elle mon trouble? Elle chercha trop vite à marquer un point. − Tu ne pars pas ce soir? (Mauriac, Nœud vip.,1932p. 199).À chaque réfractaire qui mettait les pouces, la Kommandantur marquait un point (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 265).
Rendre des points. Se montrer supérieur, plus fort. En fait de cant, Mademoiselle Gillenormand l'aînée eût rendu des points à une miss (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 723).Augustin Héricourt... Il rendrait des points à M. Fouché, duc d'Otrante, pour les délicatesses de la fourberie! (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 466).
2. PÉDAGOGIE
a) Unité d'une échelle de notation. Enlever un point par faute; il lui manque deux points pour avoir la moyenne.
b) Bon, mauvais point. Unité de valeur positive ou négative permettant de noter la conduite d'un élève. Charles-Marie recevra cinquante bons points pour sa tenue pendant vos violences, et tous ceux qui se sont laissé entraîner par M. Bineau recevront chacun cent mauvais points (Champfl., Souffr. profess. Delteil,1853, p. 137).Pourquoi ne travaillez-vous pas? C'est la seconde observation que je suis contrainte de vous faire en dix minutes. Je vous marque, à regret, deux mauvais points de conduite (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 72).
P. méton. Bon point. Petite image matérialisant une bonne appréciation du travail scolaire de jeunes élèves. Son plus cher trésor, c'étaient les bons points du catéchisme, bleus et roses, imprimés d'or (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 53).
Au fig. Bon point, mauvais point. Satisfecit ou blâme. Morny le soir disait à Louis Bonaparte : Un bon point au 15eléger. Il a nettoyé la rue aux Ours (Hugo, Hist. crime,1877, p. 78).Un bon point pour toi, dit Daniel étonné. C'est la première fois qu'elle se laisse faire (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 126).
3. LÉGISL. SOC., DR. DU TRAV.
Unité de calcul servant à fixer le montant du salaire de base. Gagner 50 points d'indice.
Point de retraite. La rémunération d'activité donne droit, chaque année, à un certain nombre de points dont le total, en fin de carrière, sert à déterminer le montant de la pension (Admin.1972).
Point-congé. Le système consiste à distribuer aux travailleurs des points-congés, calculés en fonction de l'assiduité au travail et de la pénibilité des tâches ou des horaires. À la fin de l'année, chaque salarié comptabilise les points acquis (Le Point,28 août 1978, p. 30, col. 1).
C.− Arg. Franc (unité de monnaie) :
16. ... elle extirpe... Du trou elle sort des fafiots... et puis même de la monnaie... J'en savais rien moi de cette planque-là... Ni Courtial non plus certainement... Y en avait pour cent cinquante points et puis quelques thunes... Céline, Mort à crédit,1936, p. 662.
VII.− Action de poindre, de piquer; résultat de cette action.
A.− Point du jour. Apparition, naissance du jour. Synon. aube1, pointe (du jour).Hier était le monstre et demain sera l'ange; Le point du jour blanchit nos fronts (Hugo, Légende,t. 5, 1877, p. 906).
Au point du jour. À demi réveillé, au point du jour, il entendait sa porte s'ouvrir, poussée bien doucement (Reider, MlleVallantin,1862, p. 206).
B.− Douleur très localisée et vive comme celle que procure une pointe aiguë. Avoir un point dans le dos.
Point de côté. Douleur localisée au niveau du thorax, provoquée par un effort intense, une course. L'ascension des deux étages, pour peu qu'il ne prît pas les précautions nécessaires, lui donnait parfois un point de côté, pas très douloureux, mais qui mettait plusieurs heures à se dissiper (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 766).
Vieilli. Douleur violente au niveau du thorax, constituant l'un des symptômes de la pneumonie, de la pleurésie, du pneumothorax, et p. méton., l'une de ces maladies. Accordez-la [votre indulgence] maintenant à une indisposition assez grave, un point de côté qui m'a tenue dans un repos absolu sous les rideaux de mon lit (E. de Guérin, Lettres,1841, p. 434).« Il a une pountoura, » me dirent mes camarades tristement. Ce qu'ils appellent pountoura, c'est un point de côté, une pleurésie (A. Daudet, Lettres moulin,1869, p. 99).On appelle ça : « le mal », mais c'est une vapeur; ça prend les gens d'âge. Ils ont les « trois sueurs », le « point de côté », puis, ça s'arrache tout, là-dedans et ils meurent. C'est le sang qui se caille comme du lait (Giono, Regain,1930, p. 25).
Arg. Importun (créancier qui relance, policier qui surveille). (Ds Hautel 1808, Esn. 1966). Avoir « un point de côté ». Savoir qu'on est poursuivi par la police (Riv.-Car.1974 [1969]).
C.−
1. COUT. Chaque longueur de fil entre deux piqûres faites avec une aiguille enfilée (dans un tissu, du cuir, etc.), et dont la répétition crée une couture. Coudre à grands points. V. aussi piqûre ex. 3.
Faire un point (à un vêtement). Faire quelques points pour ajuster, réparer sommairement. Mais, elle, tranquille (...) recousait les boutons de ses bottines ou faisait un point à sa robe, les jambes nues (Zola, Assommoir,1877, p. 710).Combien de fois je lui ai dit : Renée, va te laver... mets un point à ta robe (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 19).
Figure résultant de la manière de piquer, combiner et d'assujettir le fil.
Point arrière. Point qui revient en partie sur le point précédent. Le point arrière (...) sert à l'exécution de coutures d'assemblage. Il remplace le point devant dans le cas où ce dernier ne serait pas assez solide (J. Séverin, Précis méthodique de cout.,1952, p. 8).
Point devant. Point qui s'exécute par une succession de points petits et réguliers passant alternativement par-dessus et par-dessous deux ou trois fils du tissu. Le point devant sert à l'exécution de coutures d'assemblage en lingerie (...). Il est semblable sur l'endroit et l'envers (J. Séverin, Précis méthodique de cout.,1952p. 7).V. pointillé B 1 ex. de Colette.
Point de boutonnière. Point utilisé pour exécuter des boutonnières ou parfois une garniture. Le point de boutonnière est toujours exécuté sur un bord coupé (fente de boutonnière) ou sur un bord plié ou ourlé (emploi en garniture) (J. Séverin, Précis méthodique de cout.,1952p. 12).V. pointillé B 1 ex. de Colette.
Point de chausson. Point qui s'exécute de gauche à droite et présente des rangées de points obliques dans les deux sens, qui se croisent à la partie supérieure et inférieure du travail. Le point de chausson (...) est employé pour maintenir cousus les ourlets et rabats de coutures exécutés dans des tissus épais ou duveteux (J. Séverin, Précis méthodique de cout.,1952p. 9).
Point de navette. La machine utilise deux fils continus; celui qui est placé au-dessus de l'étoffe passe dans l'œil percé vers la pointe de l'aiguille. Une navette à va-et-vient placé en dessous de l'étoffe enfile un deuxième fil dans la boucle du premier lorsque la pointe de l'aiguille a percé l'étoffe. La machine à point de navette connut immédiatement un grand succès en Amérique [après 1834] (Hist. gén. des techn., Paris, P.U.F., 1968, p. 176).
Point de reprise. V. reprise2.
Point de surjet*.
2. BROD., TAPISS. Chaque longueur de fil entre deux piqûres. Cette candide et adorable Esther essuyant ses yeux et tirant avec la décence d'une jeune vierge les points de sa broderie (Balzac, Splend. et mis.,1844, p. 201).V. aussi broderie ex. 2, canevas ex. 1.
Figure résultant de la manière de piquer ou assujettir le fil, de la manière de combiner les points.
Point noué. Point formé par l'entrelacement de deux ou de plusieurs groupes de fils, dans lequel les boucles d'un groupe sont passées au travers du matériau et sont fixées par le ou les fils du second groupe (d'apr. R. Blanc-Tailleur, Dessins HFI, 1981, p. 40).
Point de bourdon. V. bourdon1.
Point de chaînette. V. chaînette ex. 2.
Point de croix. ,,Ce point se fait sur quatre fils, deux en largeur et deux en hauteur. Faites un point oblique vers la gauche; puis un autre vers la droite, passant par-dessus le premier. Faites toujours ressortir l'aiguille à l'endroit où elle est passée précédemment`` (Lar. mén. 1926). P. métaph. Puis voici des hanches ceinturées d'amandiers, de saules et de peupliers d'où coule le satin vert brodé en noir au point de croix de lourds vignobles assemblés plis à plis ou à contre-fil (Giono, Chron.,Noé, 1947, p. 300).
Point d'épine. Point exécuté de haut en bas, ,,composé de crochets orientés alternativement vers la droite et vers la gauche`` (J. Séverin, op. cit., p. 12).
Point de feston*.
Point de tige*.
Technique particulière permettant de réaliser un ouvrage; p. méton., dentelle, passementerie, tapisserie ainsi réalisée.
Point-coupé. ,,Garniture en découpure et broderie de fil en usage au début du règne de Louis XIII et obtenue en ajourant une toile et en y faisant des ornements à l'aiguille`` (Leloir 1961). [Le jeune homme] était vêtu de drap d'Espagne gris de perle, avec un collet de point coupé et un chapeau gris orné de plumes gris de perle et jaunes (Nerval, Filles feu,Angélique, 1854, p. 529).
Gros point, p. oppos. à petit point. Il est clair que le gros point confectionné sur des canevas épais, et en tirant plusieurs brins à la fois, exigeait beaucoup moins de temps et aussi moins d'habileté, que le petit point, dans lequel l'aiguille ne prenait qu'un fil, pour broder un canevas très fin (Havard1890).
Point d'Angleterre*, de Venise*, de Valenciennes*.
Point d'Alençon. Dentelle à l'aiguille, en fil de lin, à motifs très ornés et en relief sur un fond de mailles ou de réseaux hexagonaux. Il violait bruyamment des tiroirs ventrus pleins des toilettes de toutes ses femmes, de toutes ses maîtresses, et de toutes ses aïeules. Pékins, damas, lampas, moires peintes, robes de gros de Tours flambé, mouchoirs des Indes brodés d'un or qui peut se laver, dauphines sans envers en pièces, points de Gênes et d'Alençon (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 613).
Point de Bruxelles. Dentelle en fil de lin faites à l'aiguille, sans reliefs, avec des ornements raccordés en zigzags. On dit que ta toilette coûte dix mille francs? − Oui, ma robe est en point de Bruxelles (Balzac, Splend. et mis.,1844, p. 334).
Point de Gênes. V. supra ex. de Hugo.
Point de Hongrie. Point qui consiste à exécuter sur le canevas une suite de chevrons. Autrefois on n'avait chez les classes de la société qui font maintenant usage de papiers peints, que des murs blanchis ou des tapisseries en point de Hongrie fort laides, et d'un prix supérieur à la plupart de nos tentures actuelles (Say, Écon. pol.,1832, p. 119).P. anal., MENUIS. ,,Variété de parquet composé de lames coupées en onglet et disposées en rangs obliques`` (GDEL). Dans la salle à manger, le parquet est en bois de noyer et façonné en point de Hongrie (Balzac, Pierrette,1840, p. 38).
3. TRICOT. ,,Disposition, sur un ou plusieurs rangs, de groupes de mailles travaillées de façon à former un dessin qui se répète périodiquement et toujours le même au cours du travail`` (Le Gd livre du tricot, Paris, Bordas, 1982, p. 8).
Point mousse. Point tricoté entièrement en mailles à l'endroit qui donne un tricot dont l'endroit est semblable à l'envers, en rang de mailles en creux succédant à un rang en relief. On peut aussi obtenir du point mousse en tricotant tous les rangs à l'envers plutôt que tous les rangs à l'endroit (Le Gd livre du tricot, Paris, Bordas,1982,p. 21).
Point de côtes. Point obtenu par l'alternance d'un nombre choisi de mailles à l'endroit et de mailles à l'envers sur un même rang. Le point de côte à maille glissée donne une belle côte gonflante, élastique mais pas trop molle (Le Gd livre du tricot, Paris, Bordas,1982,p. 157).
Point de jersey*.
Point de riz*.
4. CHIR. Point de suture*.
D.−
1. ANAT. Point ciliaire. ,,Orifice des glandes`` (GDEL). Point lacrymal. Ouverture du conduit lacrymal, qui se trouve au sommet des tubercules lacrymaux. Les ruminans ont les points lacrymaux et les conduits comme l'homme (Cuvier, Anat. comp.,t. 2, 1805, p. 439).
2. Perforation d'une ceinture, d'une courroie. V. boucle ex. 1.
REM. 1.
Ponctiforme, adj.Qui a la dimension d'un point. Par cette individualisation de lui-même au fond de lui-même, l'élément vivant, jusque-là répandu et divisé sur un cercle diffus de perceptions et d'activités, se trouve constitué, pour la première fois, en centre ponctiforme, où toutes les représentations et expériences se nouent et se consolident en un ensemble conscient de son organisation (Teilhard de Ch., Phénom. hum.,1955, p. 181).
2.
Pointiligne, adj.,hapax. V. canevas rem. ex. de Céline.
Prononc. et Orth. : [pwε ̃]. Homon. poing, formes de poindre. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Fin xies. « piqûre » (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, 828a); fin xiies. « action de piquer » (Denis Piramus, St Edmund, éd. H. Kjellman, 2465); 1573 « douleur vive » (Dupuys); 1680 point de côté (Rich.); 2. ca 1225 « piqûre en couture » (Durmart le Gallois, éd. Gildea, 1783); ca 1240 « pour recoudre une plaie » (Chirurgia of Roger of Salerno, éd. D. J. A. Ross, 274 v. ds Z. fr. Spr. Lit. t. 86, p. 251); 3. a) 1352 « manière de broder » (Douet d'Arcq, Comptes de l'argenterie, 132 ds Gay t. 2); 1591 petit point (Inv. de Guill. de Montmorency, ibid.); b) 1583 « tapisserie sur canevas » (Arch. nat., K. 529, p. 5, ibid.); c) 1754 ébén. point de Hongrie (Havard t. 4); 1840 « disposition d'un parquet » (Balzac, loc. cit.). B. 1. a) 1176-81 « endroit fixe et déterminé » (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 4583); b) 1805 (Cuvier, loc. cit.); c) 1965 point chaud « lieu important pour telle ou telle raison » (L'Express, 20 déc. ds Gilb. 1980); 1966 « lieu où se produisent de nombreux accidents » (La Vie du rail, 20 mars, ibid.); 1967 « lieu de conflit social » (L'Express, 27 mars, ibid.); 1968 « lieu de conflit armé » (Le Monde, 10 janv., ibid.); 2. a) 1486 « minimum d'espace qui peut être perçu » (Jean Michel, Mystère de la passion, éd. O. Jodogne, 27161); b) 1836 point noir « comédon » (Stendhal, loc. cit.); 1806 « nuage sombre qui annonce un orage » (Delille, Én., III ds Littré); 1830 fig. (Sainte-Beuve, loc. cit.); 1966 « endroit où la circulation des véhicules est difficile » (Le Figaro, 5 sept. ds Gilb. 1971); 3. a) ca 1265 « lieu sans étendue, défini par ses seules coordonnées » (Brunet Latin, Trésor, éd. F. J. Carmody, I, 104, 8); b) 1529 « position sur une carte d'un navire » (Journal du voyage de Parmentier ds Jal); 1811 faire le point (Chateaubriand, loc. cit.); c) av. 1799 faire point « faire le bilan » (Casanova, Un Vénitien à Paris, p. 283 ds Quem. DDL t. 13); 1931 faire le point (Joffre, supra); d) 1691 mécan. point d'appui (Ozanam); 1812 armée (Mozin-Biber); 1767 fig. « ce qui aide, soutient » (Marmontel, Belis., XV ds Littré); e) 1765 point de dispersion (Encyclop.); f) 1862 mécan. point mort (Beau de Rochas, cité ds Richard 1892, 25 ds Fr. mod. t. 43, p. 53); 1928 automob. (Colette, loc. cit.); 1899 fig. au point mort (Gourmont, loc. cit.); g) 1869 point de congélation, de fusion (Littré). C. 1. Fin xiies. « moment précis où quelque chose a lieu » (Denis Piramus, op. cit., 703); 2. ca 1165 point du jour (Chrétien de Troyes, Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 3227 [var. ms. C]; 3. a) ca 1275 a point « d'une façon convenable » (Adenet Le Roi, Enfances Ogier, éd. A. Henry, 1367); b) 1547 à point nommé « bien à propos » (N. Du Fail, Propos rustiques, éd. J. Assézat, 45); c) ca 1260 sur le point de (Ménestrel Reims, 169 ds T.-L.); ca 1480 sur ce point « juste à ce moment » (Mistere Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 37089). D. 1. 1174 « élément que l'on isole pour le traiter séparément » (Guernes de Pont-Sainte-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 2369); 1310-40 « partie qui forme la division d'un ouvrage, d'un discours » (Jean de Condé, De l'amant hardi et de l'amant cremeteus, 81, 94 ds Bartsch., p. 256); ca 1480 sur ce point (Mistere Viel Testament, 37839); 1585 point de droit (N. Du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, II, 254); 1656-57 point de fait (Pascal, Provinciales, éd. Brunschvicg, XVIII, VII, p. 26); 2. 1540 point d'honneur (Amadis de Gaule, éd. H. Vaganay, 97); 3. 1188 em boen poent « en bon état » (Aimon de Varennes, Florimont, éd. A. Hilka, 9265); ca 1480 mal en point (Mistere Viel Testament, 37231); 4. a) ca 1245 a point « dans l'état souhaité » (Philippe Mousket, Chron. éd. Reiffenberg, 30382); 1668 « d'une viande cuite dans le degré de cuisson souhaité » (La Fontaine, Le Renard et la cigogne, Fables, L, I, 18); b) ca 1480 à ce point (Mistere Viel Testament, V, 88); 1634 a son point « à son plus haut degré, à sa perfection » (Corneille, Place royale, III, 4); c) 1718 au point « bien réglé » (Ac.); 1869 opt. mettre au point (Littré); 1937 mécan. (Malraux, loc. cit.); 1900 fig. mettre les choses au point (Courteline, loc. cit.); d) 1635 au point de qqn « selon son gré, sa fantaisie » (Corneille, Médée, I, 5); 1665 venir au point de qqn (La Fontaine, Rich. ds Littré); 1684 mettre qqn à son point (Mmede Sévigné, Lettres, éd. M. Monmerqué, VII, 318); e) 1174 puint a puint (Guernes de Pont-Sainte-Maxence, op. cit., 2375); 1611 poinct a poinct (Cotgr.); 1306 de tous points (Guillaume Guiart, Royaux lignages, I, 1903 ds T.-L.); ca 1330 de point en point (Girart de Roussillon, 50, ibid.). E. 1. a) 1160-74 « chacune des marques sur un jeu de dés » (Wace, Rou, éd. H. Andresen, III, 2346); 1585 « unité des valeurs attribuées à chaque carte » (N. Du Fail, op. cit., II, 20); 1909 aux points (terme de boxe) (L'Auto ds Petiot 1982); b) 1661 donner des points (à qqn) (Molière, Les Fâcheux, II, 2); 1845 rendre des points (Besch.); 1862 id. fig. (Hugo, loc. cit.); 2. 1690 « unité de note à l'école » (Fur.); 3. 1691 « ancienne mesure de longueur » (Ozanam); 4. 1764 typogr. (Fournier, Manuel typogr., p. 129); 5. 1835 « unité de prix, un franc » (ds Esn.); 1925 « en termes de Bourse, unité de hausse ou de baisse des valeurs » (ibid.). F. 1. 1550 « signe de ponctuation » (Meigret, Tretté de grammere, 141); id. point final (Id., ibid.); 1922 un point, c'est tout (Proust, loc. cit.); 2. 1550 point d'interrogation, point d'admiration (Meigret, op. cit., 139); 1747 point d'exclamatif (Ritter, Les 4 dict., p. 418); 1765 point d'exclamation (Encyclop.); 1835 points suspensifs (Ac.); 1906 points de suspension (Pt Lar.); 1688 point et virgule (Miege); 1869 point-virgule (Littré); 3. 1636 « petit signe qui surmonte les lettres i et j » (Monet); 1740-55 mettre les points sur les i « corriger les fautes dans un écrit » (St Simon, Mémoires, éd. A. de Boislisle, XIV, 297); 1808 fig. (Hautel); 4. a) ca 1225 mus. « accord » (Durmart le Gallois, éd. Gildea, 10035); b) 1690 point d'orgue « signe qui placé après une note ou un silence en augmente la durée de moitié » (Fur.); c) 1834 point d'arrêt (Land.); d) 1903 point de reprise (Nouv. Lar. ill.). Du lat. punctum « piqûre, point », « espace infime », « point, coup de dés ». Fréq. abs. littér. : 31 980. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 54 223, b) 38 382; xxes. : a) 44 238, b) 42 568. Bbg. Gier (A.). Afr. point als musikalischer Fachterminus. Z. rom. Philol. 1979, t. 95, pp. 57-61. − Humbley t. 2 1974, pp. 653-654.

POINT2, adv. de nég.

Var. vieillie, littér. ou pop. de pas1.
I. − [Marque la nég. de tout ou partie du prédicat]
A. −
1. [En corrél. avec ne]
a) [Ne et point encadrent en règle gén. le verbe ou l'auxil. fléchis et les pron. conjoints] Il ne la voit point, il ne l'a point vue. Je le disais bien que ce n'était point gai cette histoire (Murger, Scènes vie boh.,1851, p.212).Je n'attendis même point qu'on ait rallumé dans la salle (Céline, Voyage,1932, p.253).Je vous félicite si vous n'êtes pas de Thèbes et si vous n'avez point de frère (Cocteau, Machine infern.,1934, ii, p.68).
[Modifie un adv. qui lui est postposé] Je ne viens point souvent, il ne le croit point vraiment. Tout au plus me fit-on remarquer: −Eh! eh! c'est un peu délabré... Mais cela d'un ton si léger que je soupçonnais mes amis de ne point trop s'en attrister (Saint-Exup., Terre hommes,1939, p.182).
b) [Lorsque la nég. porte sur un inf., ne point est, en règle gén., placé devant l'inf. et les pron. conjoints] Il est sûr de ne point la voir, de ne point l'avoir vue.
[Les pron. peuvent s'intercaler entre ne et point] Les traits de son visage rond (...) avaient été grossis par une petite vérole assez clémente pour n'y point laisser de traces (Balzac, E. Grandet,1834, p.82).Pour moi j'ai résolu de ne me point masquer et d'être moi-même jusqu'à la fin (Vigny, Chatterton,1835, i, 5, p.262).Le voici [Barrès] qui distrait, en feuillette, s'éprend −déclare à Perrin ce livre «stupéfiant» −et se plaint de ne me point connaître (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1891, p.53).
[Point peut être intercalé entre l'auxil. et le part. passé] Je me reprochai de n'avoir point commencé par là mes recherches (Alain-Fournier, Meaulnes,1913, p.328).
[Dans le groupe falloir, vouloir + inf., un pron. dépendant de l'inf. est parfois placé en avant du semi-auxil.] Le maréchal de Loigny devait joindre l'armée dans la journée même: on ne les voulut point attendre (Barante, Hist. ducs Bourg.,t.4, 1821-24, p.72).Du beurre, il n'y faut point songer, si ce n'est dans les grandes villes du Nord (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p.208).
2. Rare, pop. [Sans ne] Vô savez que j'sommes point riches. J'peux seulement point m'payer eune servante (Maupass., Contes et nouv.,t.1, Diable, 1886, p.236).On les verra p't'être seulement point, les Alboches (Benjamin, Gaspard,1915, p.29).−Tu gagnes point tes Pâques. −Mais je donne de l'argent au bon Dieu (Malègue, Augustin,t.1, 1933, p.225).«Comment le sais-tu, moutard? Tu y étais?» «J'y étais point mais mon vieux y était et il me l'a dit» (Sartre, Mort ds âme,1949, p.211).
B. − [Dans des cont. ell., sans ne]
1. Point de + subst.[Dans des phrases dites nom. (avec effacement du verbe et donc du corrél. ne)] Joséphine, point de lettre de toi depuis le 28! (Napoléon Ier, Lettres Joséph.,1796, p.33).Ah! L'Amérique!... Là point de préfets comme M. de Séranville! (Stendhal, L. Leuwen,t.3, 1835, p.369).Il est cependant bien pâle, bien maigre, bien changé: grosse toux profonde, point de voix du tout (E. de Guérin, Lettres,1839, p.275).Je disais à Prévot: −Point de mal? Il me répondait: −Point de mal! (Saint-Exup., Terre hommes,1939, p.217).
[Avec disjonction de point et son rejet en fin de syntagme] Ne voyons dans Waterloo que ce qui est dans Waterloo. De liberté intentionnelle, point. La contre-révolution était involontairement libérale (Hugo, Misér.,t.1, 1862, p.423).Mais de nourriture, point, de formules épistolaires, point, de l'eau insuffisamment, et de médicaments pas du tout (Ambrière, Gdes vac.,1946, p.305).
2. [Comme réponse nég. à une question, une assertion positive]
a) Il n'en est pas ainsi. −(...) Le gouvernement peut faire saisir les armes au lieu de payer, non? −Point! (Malraux, Cond. hum.,1933, p.202).
[Modulant par un adv. d'intensité] −Cinq lieues!... sacré père Pantois, va!... Toujours fort... toujours jeune... −Point tant qu'ça, monsieur Lanlaire... point tant qu'ça... (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p.78).
[Associé à mais adversatif] La délicatesse de cette curiosité pourrait intéresser un moment; mais point: c'est une petite chose mal faite (Chateaubr., Mém.,t.3, 1848, p.271):
1. C'est ça!... La première opposition que l'on fait au pouvoir n'est jamais qu'une coquetterie!... C'est une façon de lui dire: «J'existe!... Tu me plais!... Remarque-moi!...» −Mais point! Le pouvoir fait la sourde oreille... Sardou, Rabagas,1872, III, 7, p.134.
b) Il n'y en a pas. Sous ces débris qui sanglotent, sous ces regrets gémissants, quelque chose brille là. Oui. −Non. −Un Dieu peut-être. −Point. C'est une larme qui tombe de ma voûte (Quinet, Ahasvérus,1833, 4ejournée, p.327):
2. Tu me dis de te dire quels sont mes rêves. Aucuns. Mes projets d'avenir? Point. Ce que je veux être? Rien, suivant en cela la maxime du philosophe qui disait: «Cache ta vie et meurs». Flaub., Corresp.,1841, p.77.
3. [Porte sur un terme coordonné ou juxtaposé à un autre terme (commutation ou combinaison souvent possible avec non)]
[Porte sur un subst.] [Les bandits] avaient la cartouchière à la ceinture, mais point le pistolet qui en fait le complément obligé (Mérimée, Colomba,1840, p.114).
[Porte sur un compl. prép.] À mesure que ces familles arriveraient, il faudrait leur donner des concessions raisonnées, c'est-à-dire, du terrain suffisamment, mais point avec profusion (Baudry des Loz., Voy. Louisiane,1802, p.257):
3. Je trouve qu'on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l'humanité. On est tendre pour les chiens enragés et point pour ceux qu'ils ont mordus. Flaub., Corresp.,1871, p.297.
[Porte sur un adj.] Madame Grandet le regardait elle-même d'une façon assez singulière, point tendre il est vrai, mais assez étonnée (Stendhal, L. Leuwen,t.3, 1835, p.10).Il était tout en pleurs, pâle, point mal vêtu (Hugo, Légende,t.5, 1877, p.1118).Les filles étaient nombreuses, point toutes laides, et nous avions dix-neuf ans (J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p.77).
[Porte sur un adv.] Elle se doute bien que je dois l'attendre (...) et marche doucement, comme une qui n'est pas pressée et qui cherche à se faire désirer un peu, point trop (H. Bazin, Vipère,1948, p.251).
Non point (v. non I A 1 b).
II. − [En prop. rhét., orientant vers une réponse positive]
[Avec ne] Apprenez donc que nul ne se dit du petit peuple, ne se plaît à être du petit peuple, ni à y rencontrer ses amis. Et ne serais-je point un peu votre ami? (Toepffer, Nouv. genev.,1839, p.183).Aujourd'hui encore, qu'est-ce qui crée autour de moi cette solitude où je me sens mourir? N'est-ce point l'orgueil? N'est-ce point trop d'exigence à l'égard de ceux qui m'entourent? (Billy, Introïbo,1939, p.117).
[Sans ne] Et ce petit bijou, serait-ce point le vôtre? (Brizeux, Marie,1840, p.58).Un des cousins demanda bientôt: «C'est-il point l'heure?» (Maupass., Contes et nouv.,t.1, Père Amable, 1886, p.221).Ai-je point troublé ce coeur pour toujours, se disait-il en cherchant parfois le regard qui l'évitait ou le feu qui le consume est-il pur? (Bernanos, Soleil Satan,1926, p.141).
Prononc. et Orth. V. point1. Étymol. et Hist.1. 1remoit. xiies. no... pont (Sponsus, 64 ds T.-L.); ca 1160 ne... point de (Eneas, 300, ibid.); 2. déb. xiies. constitue la nég. de ce qui est exprimé par le verbe (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 983); 3. 1642 suivi d'un compl. introd. par que (Corneille, Polyeucte, IV, 3); 4. ca 1200 empl. seul, dans des réponses exclam. (Aiol, 6992 ds T.-L.); 5. 1547 avec ell. du verbe (N. Du Fail, Propos rustiques, éd. J. Assézat, 97); 6. 1585 avec ell. du verbe et suivi d'un subst. amené par de (Id., Contes d'Eutrapel, II, 228); 7. 1651 avec ell. du verbe et suivi d'un adj. ou d'un adv. (Scarron, Roman comique, I, 13 ds Littré). Empl. spécialisé de point1* au sens de «petite parcelle d'étendue ou de temps». Fréq. abs. littér.: 44590. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 77695, b) 52680; xxes.: a) 62778, b) 57352. Bbg. Bastin (J.). Glanures gramm. Namur, 1893, pp.140-145. _Camproux (Ch.). À propos de pas et de point ds une phrase de G. Sand. Fr. mod. 1948, t.16, pp.257-260. _Engver (K.). Place de l'adv. déterminant un inf. ds la prose du fr. contemp. Uppsala, 1972, p.21, 37. _Gaatone Nég. 1971, pp.61-63; p.102. _Klinkenberg (J.-M.). La Raréfaction de l'adv. de négation point ... Cah. de littér. et de ling. appl. 1970, no2, pp.219-222. _Martin (R.). Le Mot rien et ses concurrents en fr. Paris, 1966, pp.179-180; La négation de virtualité du m. fr. Romania. 1972, t.93, pp.34-49. _Price (G.). Point nie bien plus fortement que pas. In: [Mél. Baldinger (K.)]. Tübingen, 1979, t.1, pp.245-254; The negative particles pas, mie and point in Fr. Archivum linguisticum. 1962, t.14, pp.14-34. _Yvon (H.). Pas et point ds les prop. négatives. Fr. mod. 1948, t.16, pp.19-35.

Point : définition du Wiktionnaire

Nom commun

point \pwɛ̃\ masculin

  1. (Couture) Action de piquer dans un tissu avec une aiguille enfilée ou résultat de cette action, piqûre.
    • Il n’y a qu’un point ou deux à faire pour recoudre cela.
    • Faire un point d’ourlet.
    • Les filles passaient des heures sur des canevas où il fallait écrire au point de croix : Jésus-Marie-Joseph suivi du nom et du prénom et de l’année ainsi que d’autres formules pieuses. — (Pierre Gamarra, Rosalie Brousse, chapitre IV ; Éditeurs Français Réunis, Paris, 1953)
  2. Sorte de dentelle de fil, faite à l’aiguille, qui prend diverses nominations, selon les lieux où se font les différentes espèces de cette dentelle, la manière dont elles sont faites, ou les personnes qui les ont mises en vogue.
    • Des volants de point d’Alençon se trouvaient jetés en guirlandes. — (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883)
  3. (Menuiserie) Parquet en point de Hongrie, parquet dont les lames sont disposées en rangs obliques.
  4. Petit trou qu’on fait à des courroies, à des étrivières pour y passer l’ardillon.
    • Raccourcir une courroie d’un point, de deux points.
  5. Douleur piquante.
    • Un point de côté.
  6. (Géométrie) La plus petite portion d’étendue qu’il soit possible de concevoir, considérée, par abstraction, comme n’ayant aucune étendue. (Par extension) Minimum d’espace qui puisse être perçu. Aussi, intersection de 2 droites.
    • L’évaluation de la netteté se fait ordinairement par le plus petit intervalle e mesuré entre deux points ou deux traits distincts de l'épreuve ; […]. — (Agenda Lumière 1930, Paris : Société Lumière & librairie Gauthier-Villars, page 120)
    • Les mathématiciens disent que la ligne est la trace d’un point en mouvement.
    • Ce vaisseau ne paraît plus que comme un point à l’horizon.
  7. Endroit fixe et déterminé.
    • Un solarigraphe Volochine occupait le sommet d’un monticule à 150 m à l’Est de la baraque. De ce point l’horizon était dégagé dans tous les secteurs. — (Météorologie, Année géophysique internationale ; participation française, 1961, page 1-27)
    • Point central.
    • Point d’équilibre.
    • Le point d’appui d’une poutre, d’un linteau.
    • Point de départ.
    • Indiquer à plusieurs personnes un point de réunion.
    • Des points de repère.
    • Point de section ou d’intersection, l’endroit où deux lignes, deux plans se coupent.
    • Point de la plus grande et de la plus petite distance, les apsides.
    • Points verticaux, Le zénith, qui est directement au-dessus de notre tête ; et le nadir, qui est directement au-dessous de nos pieds.
  8. (Marine) Latitude et longitude du lieu où un navire se trouve en mer.
  9. (Spécialement) (Physique) ou (Chimie) Réunion des conditions (de température, de pression, d'humidité, etc.) pour que se réalise un phénomène.
    • Dans la pratique il est difficile de préciser les points de coagulation d’un mélange aussi complexe que la crème anglaise, par exemple. — (Henri Dupin, Alimentation et nutrition humaines, page 185, ESF Éditeur, 1992)
  10. (Typographie) Petite marque ronde que l’on emploie à différents usages dans l’écriture.
    • On termine par un point toute phrase finale, ainsi que toute proposition dont le sens est entièrement indépendant de celle qui la suit.
    • Le tréma consiste en deux points placés horizontalement au-dessus d’une voyelle, comme dans Saül, Isaïe.
    • Plusieurs points après un mot indiquent suspension, suppression d’un passage, lacune, etc.
    • L’usage s’est établi de mettre des points sur les i.
    • Points conducteurs, points qui servent, dans une table des matières, à compléter une ligne.
  11. (Musique) Signe que l’on met après une note et qui augmente de moitié sa valeur.
    • Une blanche suivie d’un point vaut trois noires.
  12. (Sculpture) Marques que l’on fait sur toutes les parties les plus saillantes d’une statue que l’on veut copier.
    • Mettre une statue aux points, la dégrossir de manière que le sculpteur n’ait plus qu’à l’achever.
    • Metteur aux points, le praticien qui exécute ce travail.
  13. (Finance) (Jeux) Unité arbitraire définie selon les règles de chaque domaine.
    • L’indice Dow Jones avait baissé de 508 points dès le 19 et le 20, plus rien n’était cotable, l’affolement fut général et les cotations durent être interrompues. — (Daniel Naulleau, Protection de la création informatique : problèmes posés par la fraude et la malveillance, 1991, dans Informatique, communication et société, page 82, L’Harmattan, 1993)
    • L’as, au piquet, vaut onze points, les figures valent dix points et les autres cartes valent le nombre de points qu’elles marquent.
    • Jouer en trente points, en cent points.
  14. (Jeux) Nombre qu’on attribue à chaque joueur, et qui varie selon les jeux et leurs règles ; score.
    • Des joueurs de belote, assis au fond d’une buvette, comptaient leurs points parmi les rires, les plaisanteries, les grosses bourrades, […]. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Son point est meilleur que le vôtre.
    • Accusez votre point.
    • Avoir le point, avoir en cartes d’une même couleur un plus grand nombre de points que son adversaire.
    • Donner ou rendre tant de points à quelqu’un, lui marquer, en commençant la partie, un certain nombre de points, comme s’il les avait déjà gagnés.
  15. (Éducation) Marques, notation qui servent à noter la bonne ou la mauvaise conduite des écoliers et à évaluer les fautes qu’ils font dans leurs devoirs.
    • Il a eu tant de bons points cette semaine.
    • On lui a marqué, on lui a donné tant de mauvais points pour avoir fait du bruit en classe.
  16. (Vieilli) Douzième partie d’une ligne.
  17. (Métrologie) Mesure qui sert à déterminer la force du corps des caractères et qui vaut environ quatre dixièmes de millimètre.
    • Des lettres de huit points.
    • Il faut composer ce texte en corps de dix points et interligner d’un point.
  18. (Figuré) Parties qui forment la division de certains discours, de certains ouvrages.
    • Un sermon en trois points, le premier point d’une dissertation, d’une méditation.
    • Passer au second point, au troisième point.
  19. Question, difficulté particulière en quelque genre de connaissance que ce soit.
    • Discuter, approfondir un point de théologie, de morale.
    • Éclaircir un point de chronologie, d’histoire.
    • Ils sont d’accord sur ce point ou en ce point.
  20. Ce qu’il y a d’important, de principal dans une affaire, dans une question, dans une difficulté.
    • C’est là le point de l’affaire.
    • Point capital.
    • C’est un grand point que d’avoir obtenu le sursis.
  21. État ; situation.
    • Il est toujours au même point.
    • Je l’ai retrouvé au point où je l’avais laissé.
    • Mon ouvrage en est resté au même point.
    • Il n’est pas en bon point.
    • Ses affaires sont en mauvais point.
  22. Degré, période.
    • Elle ne salait les mets qu’après la cuisson, bien qu’elle sût à quel point la fadeur lui en était désagréable. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 23)
    • Le raisin est à son point de maturité.
    • Il est permis de plaisanter, mais jusqu’à un certain point.
    • Son insolence est arrivée au dernier point.
    • J’ignore jusqu’à quel point il est permis d’avoir confiance en lui.
  23. Instant, moment, temps précis dans lequel on fait quelque chose.
    • Sur le point de mourir, il déclara…
  24. Action de poindre.
    • Dès le point du jour il interrogea tous ceux qu’il rencontrait dans le château. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, XIV. Le brigand, 1748)
  25. Point de pourcentage. — Note d’usage : Il est alors utilisé pour distinguer les cas où la valeur en pourcentage est augmentée d’un certain pourcentage d’elle-même des cas où elle est augmentée d’un certain pourcentage de la valeur totale.
    • L’idée de déployer tous les fastes de la République et d’afficher une solennité churchillienne pour annoncer une augmentation de 1,6 point de la TVA ne peut venir que de cerveaux hallucinés. — (Jacques Julliard, Impression, soleil couchant, dans Marianne, no 772 du 4 février 2012, p.3)
  26. Signe de ponctuation indiquant la fin d’une phrase.
  27. Signe diacritique placé au dessus de certaines lettres.
  28. (Construction) (Électrotechnique) Site d’acquisition de donnée, dans une gestion technique centralisée.
    • Les points installés servent en priorité aux fonctionnements des systèmes techniques. Les capteurs (TM, TCI) et détecteurs (TS, TA) permettent d’automatiser, réguler, assurer la sécurité. Ces points situés dans les locaux techniques ou disséminés dans le bâtiment peuvent être reliés au système GTB pour échanger, traiter, stocker les informations […] — (Programme d’accompagnement des professionnels « Règles de l’Art Grenelle Environnement 2012 », Compteurs et Capteurs. Bonnes pratiques pour choisir et installer les points de mesure, juillet 2015, page 13)
  29. Point barre.
    • La liberté est mère de toutes les productions humaines, dont la sécurité, l'inverse n'est pas vrai. Point. — (Idriss Aberkane, Libérez votre cerveau ! : Traité de neurosagesse pour changer l’école et la société, Robert Laffont, Paris, 2018 (1re éd. 2016), page 44)
  30. (Cartographie) Élément graphique minimal, correspondant pratiquement en cartographie, à une tache de forme compacte et de très faibles dimensions[1].
  31. (Navigation) Position géographique d’un navire ou d’un aéronef déterminée par des observations optiques, radioélectroniques, etc.
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Point : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

POINDRE. v. tr.
Piquer. Il n'est guère usité que dans la phrase suivante : Prov. et fig., Oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra, En traitant avec égards un homme grossier, on n'en reçoit que de mauvais procédés; au contraire, en le traitant durement, on en obtient ce qu'on veut.

POINDRE est aussi intransitif; il n'est guère usité qu'à l'infinitif et au futur et ne se dit proprement que du Jour qui commence à paraître et des Plantes qui commencent pousser. Je partirai dès que le jour poindra. Aussitôt que les herbes commencent à poindre. Il s'emploie aussi figurément. Une lueur de vérité commence à poindre. Fam., Le poil commence à lui poindre au menton, se dit d'un Jeune garçon à qui la barbe commence à venir.

Point : définition du Littré (1872-1877)

POINT (poin ; le t se lie : un poin-t important ; au pluriel, l's se lie : des points-z importants) s. m.

Résumé

  • 1° Douleur qui point, qui pique.
  • 2° Piqûre que l'on fait dans l'étoffe avec une aiguille enfilée d'un fil.
  • 3° Nom donné à certains ouvrages de broderie.
  • 4° Dentelle de fil, faite à l'aiguille.
  • 5° Trou fait à des courroies.
  • 6° Douzième partie de la ligne.
  • 7° En typographie, mesure d'un sixième de ligne.
  • 8° La plus petite partie de l'étendue.
  • 9° Endroit fixe et déterminé.
  • 10° En architecture, points perdus, points courants, point d'aspect.
  • 11° En mécanique, point d'appui.
  • 12° Point, en astronomie.
  • 13° Point, en optique.
  • 14° Point de vue.
  • 15° Point de mire.
  • 16° Point, en marine.
  • 17° Le point, en exploitation de mines.
  • 18° Point de partage.
  • 19° Degré de température.
  • 20° Point, en anatomie.
  • 21° Point graisseux.
  • 22° Point, en botanique.
  • 23° Tache.
  • 24° Petits grains dans un diamant.
  • 25° Petites taches ou traits dans la miniature et la gravure.
  • 26° Point, en sculpture.
  • 27° Division de la règle des cordonniers et des chapeliers.
  • 28° Point mort d'une scie.
  • 29° Point secret, dans le monnayage.
  • 30° Petite marque qu'on met sur un i.
  • 31° Petite marque que l'on met dans l'écriture.
  • 32° Point, en musique.
  • 33° Point, en géomancie.
  • 34° Nombre attribué à chaque carte.
  • 35° Au piquet et ailleurs, nombre de points que composent ensemble plusieurs cartes de la même couleur.
  • 36° Dans la plupart des jeux, nombres que l'on marque à chaque coup.
  • 37° Au collége, marques pour le travail et la conduite.
  • 38° Fig. Division d'un discours, d'un sermon.
  • 39° En général, objet, terme.
  • 40° Question, difficulté particulière.
  • 41° Ce qu'il y a de principal, d'important.
  • 42° État, situation.
  • 43° Degré, période.
  • 44° Instant, moment précis.
  • 45° Opportunité, gré, fantaisie.
  • 46° À point.
  • 47° À point nommé.
  • 48° À son point et aisement.
  • 49° Au dernier point.
  • 50° De point en point.
  • 51° De tout point, en tout point.
  • 1Douleur qui point, qui pique (ce qui est le sens propre d'un mot dérivé du latin pungere, piquer). Avoir un point au dos, à l'épaule. Je sens vos pesanteurs, votre point, Sévigné, 416. J'ai vu le chevalier… il avait eu son point ; j'ai observé qu'il en a toujours quelque nouvelle attaque à la veille des voyages, Sévigné, 22 avr. 1671.

    Point de côté, douleur pongitive dans un lieu fixe et très circonscrit des parois thoraciques.

    Ne dites pas : point au côté, mais point de côté.

  • 2Piqûre que l'on fait dans l'étoffe avec une aiguille enfilée de soie, de laine, de fil, etc. Et même l'on fit quelques points d'aiguilles, Scarron, Rom. com. I, 3. Un coup de ciseaux, trois ou quatre points d'aiguilles ne sont pas une affaire, Baron, Homme à bonnes fort. IV, 11.

    Point arrière, point d'aiguille qui empiète sur celui qu'on vient de faire. On disait autrefois arrière-point.

    Point devant : prendre quelques fils de l'étoffe sur l'aiguille, en laisser autant dessous, puis reprendre encore quelques fils, et ainsi de suite en glissant l'aiguille devant soi de droite à gauche. On peut faire beaucoup Je points en ne tirant l'aiguille qu'une seule fois. Ce point sert à assembler les lés des jupes et à ourler les étoffes légères.

    Point de côté : après avoir fait un rempli à chacun des morceaux qu'on veut assembler, on pose ce rempli sur le second morceau, à l'endroit même où finit la pliure du premier morceau, puis on prend avec l'aiguille, en travers, un ou deux fils de l'étoffe de dessous et un ou deux fils du rempli de l'étoffe de dessus, en mettant un petit espace régulier entre chaque point. Quand on rabat cette espèce de couture, elle prend le nom de couture anglaise.

    Point de chausson, point pour rabattre une couture sans faire de rempli, afin que la couture soit très plate. Il consiste à prendre quelques fils en ligne horizontale devant soi sur le milieu du rempli couché de la couture sans traverser l'étoffe sous le rempli, et quelques fils à l'étoffe même au-dessous du rempli un peu à gauche du premier point, puis faire un nouveau point sur le rempli toujours un peu à gauche du point précédent. Ce point se fait de droite à gauche ou de gauche à droite. Celui de gauche à droite a le fil croisé, il est plus joli à l'œil, mais il est moins plat que celui de gauche à droite. Il sert pour les bas et les gilets de flanelle.

    Point d'ourlet, point qui consiste à prendre un ou deux fils en biais à l'étoffe au-dessous du rempli double qu'on appelle ourlet, en perçant du même coup ce rempli double de manière que du même point les trois épaisseurs d'étoffe soient prises et que le point en dessous et en dessus soit petit. C'est le même point que le point de côté, seulement le point d'ourlet est fait de bas en haut, et le point de côté de haut en bas.

    Point de marque : ce point se fait sur quatre fils ; en comptant de l'endroit où le fil est attaché, on passe sur deux fils en largeur, à droite, et on prend deux fils en hauteur, de façon que le fil ressorte sous le même fil d'où il est parti, seulement deux fils plus loin : ce qui fait la moitié d'une croix ; on recommence à piquer son aiguille à gauche, en laissant deux fils de largeur et en prenant deux fils de hauteur : ce qui fait la croix entière.

    Point de tapisserie : il ne diffère du point de marque qu'en ce que le point de tapisserie ne se recouvre pas tout de suite, on fait plusieurs moitiés de croix, puis on revient pour les compléter, en ayant soin de toujours recouvrir le point du même côté, c'est-à-dire toujours de droite à gauche, si le premier fil a été passé de gauche à droite.

    Point de chaînette, point qui consiste en points de feston repris les uns dans les autres de manière à former les anneaux d'une chaîne.

    Point de feston, voy. FESTON, n° 4.

    Point de reprise : il se fait pour réunir deux parties d'étoffe déchirée ; il consiste à prendre quelques fils de l'étoffe sur l'aiguille, en laissant autant de fils ou à peu près sous l'aiguille, puis reprendre quelques fils, et ainsi de suite jusqu'à ce que les deux morceaux soient rapprochés, puis on revient un peu à la gauche du point de départ, en ayant bien soin de prendre sur l'aiguille l'étoffe qui n'a pas été prise sur l'aiguille en allant, et ainsi de suite toujours en contrariant les points.

    Ce point de reprise se fait sur le tulle, et forme la broderie en reprise ; c'est le même point : on prend un réseau sur l'aiguille, on en laisse un dessous ; on reprend le suivant, et ainsi de suite ; seulement, en revenant, les réseaux couverts par le fil sont repris sur l'aiguille, et ainsi de suite dans tous les réseaux de la fleur.

    Point de toile, point de reprise exécuté sur filet.

    Point de crochet, point de tricot, point de filet, voy. MAILLE.

    Ancien terme de chirurgie. Point doré, opération de chirurgie pour guérir les descentes, parce qu'elle se faisait quelquefois avec une aiguille et un fil d'or tortillé.

  • 3Certains ouvrages de broderie ou de tapisserie à l'aiguille, distingués les uns des autres par le déterminatif qui accompagne le mot point. Point à carreaux. Point à la turque. Point d'Angleterre. Ces anciennes tapisseries connues sous le nom de point de Hongrie, Saussure, Voy. Alpes, t. VII, p. 12, dans POUGENS.

    Point commun, celui qui, dans les dentelles, s'exécute en allant de gauche à droite et de droite à gauche.

    Point d'esprit, points de feston lâches exécutés sur du filet et repris les uns sur les autres. Voilà du point d'esprit, de Gênes et d'Espagne, Corneille, Gal. du pal. I, 6.

    Point de fantaisie, celui qui est soumis aux caprices de la mode.

    Point de plume, espèce de broderie dont les points sont faits en biais ou arrêtes, comme les barbes d'une plume sont placées sur le milieu de la plume.

    Point poste, espèce de broderie qui se fait en tournant le coton ou la soie sur l'aiguille un certain nombre de fois, de manière à former une partie de feuille coupée qui s'assujettit en repiquant l'aiguille sous l'ouvrage ; on recommence et la feuille coupée est terminée.

    Gros point, sorte de point de tapisserie où l'aiguille prend deux fils de canevas. Petit point, celui où l'aiguille ne prend qu'un fil.

    Le point de cette tapisserie est beau, n'est pas beau, c'est-à-dire le travail en est beau, n'est pas beau.

    Point d'armes ou point de sable, espèce de broderie faite ordinairement au métier et qu'on imite sur le doigt en faisant des points arrière contrariés avec du coton fin ; elle imite une agglomération de petits grains très petits.

    Points d'appui, ceux que l'on doit laisser à la dentelle pour la soutenir.

    Dans la fabrication du velours, point noué, point fait avec un brin presque toujours formé de cinq fils de laine et quelquefois de six.

    Points de la Chine, rayures dans le satin, faites en forme de zigzag.

    Terme de menuiserie. Plancher à point de Hongrie, plancher par frises qu'on nomme aussi plancher à fougère ou à la capucine.

  • 4Point, dentelle de fil, faite à l'aiguille. Vainement portait-il le plus beau point, la perruque la plus vaste, Hamilton, Gramm. 7. Le pourpoint, le manteau, le grand collet de point [sous Louis XIII], Voltaire, Mœurs, 176. Durant la lecture, je vis le jeune homme déchirer de très belles manchettes de point qu'il portait, et les jeter au feu l'une après l'autre, Rousseau, Ém. v.

    Accompagné de divers déterminatifs, point désigne différentes espèces de dentelles. Vos points de France sont plus beaux que ceux du roi, jamais hommes ne les portent fins à cause du continuel blanchissage, Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 28 février 1678. Mme de Puysieux mangea à belles dents, pour s'amuser, pour 50000 écus de points de Gênes à ses manchettes et à son collet, Saint-Simon, 55, 128. Comme si elle te disait de venir travailler à son point croisé, Rousseau, Ém. III. Le lendemain un grand laquais en livrée, et coiffé d'un chapeau bordé d'un large point d'Espagne, m'apporta la lettre de change, que je fis porter sur-le-champ, Marmontel, Mém. III. Point à l'aiguille, espèce de dentelle faite avec l'aiguille sur un réseau de tulle qui en fait le fond.

    Point d'Alençon (point à l'aiguille toujours fait sur un réseau de tulle), la plus belle dentelle qu'il y ait, et la plus chère ; le travail est d'un fini sans égal ; il y en a de deux sortes, la dentelle réseau et la dentelle bride.

    Point, terme de point d'Alençon, voy. REMPLI.

    Point de Venise (point à l'aiguille toujours sur un réseau qui fait le fond), dentelle ayant de la ressemblance avec le point d'Alençon, mais dont le travail est d'un fini bien inférieur. Une cornette de vieux point de Venise, un mouchoir noir, un manteau gris effacé, une vieille jupe, Sévigné, 183. Un pasteur frais et en parfaite santé, en linge fin et en point de Venise, a sa place dans l'œuvre après les pourpres et les fourrures ; il y achève sa digestion, La Bruyère, XIV.

    Point d'Angleterre, fleurs de dentelle détachées, faites en France et appliquées sur un beau réseau de tulle ; on pense que le nom d'Angleterre dérive de ce que le tulle qui servait à l'application venait d'Angleterre ; aujourd'hui il est ordinairement fabriqué à Bruxelles. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté, Th. Gautier, Émaux et camées, Le poëme de la femme.

    Point coupé, ancienne sorte de dentelle. Et toutefois leur entreprise Était le parfum d'un collet, Le point coupé d'une chemise, Malherbe, VI, 29. Ces femmes Parmi leur point coupé tendent leurs hameçons, Régnier, Sat. IX. Dentelles de fil point coupé, passement de Flandres, Angleterre, et autres lieux, la livre pesant… 50, Tarif du 18 avril 1667.

  • 5Se dit des petits trous que l'on fait à des courroies pour y passer l'ardillon. Allonger la courroie d'un point.
  • 6Dans les anciennes mesures, douzième partie de la ligne.
  • 7 Terme de typographie. Mesure d'un sixième de ligne, qui sert à régler la force des caractères.

    Lettre de deux points, grande lettre en forme de capitale qu'on place au commencement d'un ouvrage ou de chacune de ses principales divisions, et qui a une force de corps double de celle du caractère qu'elle accompagne.

  • 8Ce que l'on conçoit comme la plus petite partie de l'étendue. Et tout ce que je vois n'est qu'un point à mes yeux, Malherbe, V, 8. Dans les choses matérielles, nous appelons un point indivisible celui au delà duquel nos sens n'aperçoivent plus rien, Pascal, Pens. I, 1, éd HAVET. Ces grands astres ne nous semblent qu'un petit point, tant nous les mettons loin de nous ! Bossuet, Sermons, Prédication, 1. La distance des planètes est si grande qu'on peut les considérer les unes à l'égard des autres comme n'étant que des points, Buffon, Hist. nat. 1er disc. t. I, p. 85. Je ne te suivrai point dans cette mer profonde Où chaque astre est un point, et chaque point un monde, Delille, Trois règnes, I. L'homme alors s'est vu sur une planète presque imperceptible dans la vaste étendue du système solaire, qui lui-même n'est qu'un point insensible dans l'immensité de l'espace, Laplace, Expos. v, 6.

    En géométrie, cette plus petite portion qu'il soit possible de concevoir, est considérée, par abstraction, comme sans étendue. Quelques rêveurs disent qu'un point géométrique est un être simple ; mais un point géométrique est une supposition, une abstraction de l'esprit, une chimère, Voltaire, Memmius, 3e lett.

    Point de section ou d'intersection, le point où deux lignes se coupent.

    Point de niveau, l'extrémité d'une ligne horizontale.

  • 9Endroit fixe et déterminé. Point de contact. Point central. Point de départ. Tous les efforts de l'ennemi se dirigèrent sur ce point. Archimède, pour tirer le globe terrestre de sa place et le transporter en un autre lieu, ne demandait rien qu'un point qui fût ferme et immobile, Descartes, Médit. II, 1. M. de Chazelles proposa d'aller établir par des observations astronomiques la position exacte des principaux points du Levant, Fontenelle, Chazelles. La musique était un point de réunion dont j'aimais à faire usage, Rousseau, Conf. v. Moscou est le point de ralliement général, comment le changer ? quel autre nom attirerait ? Ségur, Hist. de Nap. VIII, 7.

    Fig. Il faut avoir un point fixe pour en juger [si l'on est dans le dérèglement ou dans l'ordre] ; le port juge ceux qui sont dans le vaisseau ; mais où prendrons-nous un point dans la morale ? Pascal, Pens. VI, 4, éd. HAVET. Peut-être jouirait-il de cette paix, quoique fausse et criminelle, s'il pouvait trouver un point fixe dans son erreur, Bourdaloue, 15e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 444.

    Point de repère, point qui sert à se retrouver, à se reconnaître.

    Sur divers points, en différents endroits. L'insurrection éclata sur divers points.

    De tous les points de l'horizon, de toutes les portions de l'horizon. Des éclairs partaient de tous les points de l'horizon.

    Les différents points du corps, les différentes parties du corps considérées comme des lieux isolés.

    Un point douloureux, un point où l'on ressent de la douleur.

  • 10 Terme d'architecture. Points perdus, se dit des centres des arcs que l'on trace dans des figures d'ornement, centres qui sont situés eux-mêmes sur la circonférence d'autres cercles.

    Points courants, lignes formées de points plus ou moins allongés que l'on trace sur des plans.

    Point d'aspect, le point d'où l'on doit considérer un bâtiment pour l'apprécier convenablement ; on dit aussi point de vue.

  • 11 Terme de mécanique. Point d'appui, point fixe sur lequel un levier s'appuie.

    Terme de construction. Point d'appui, pile, colonne ou maçonnerie isolée servant à supporter une masse quelconque.

    Terme de manége. Point d'appui, centre du mouvement que l'on donne au cheval.

    Fig. Ce qui aide, soutient. La justice est le point d'appui de l'autorité, Marmontel, Bélis. X. Quoi ! vous avez une nation entière pour levier, la raison pour point d'appui, et vous n'avez pas encore bouleversé le monde ! Danton, Moniteur, séance du 10 mars 1793. Là seulement il [Napoleon] convient du danger de sa position : de Vilna à Moscou, quelle soumission, quel point d'appui, de repos ou de retraite marque sa puissance ? Ségur, Hist. de Nap. VIII, 10.

  • 12 Terme d'astronomie. Points cardinaux, le nord, le midi, l'est, l'ouest.

    Points solsticiaux, les deux points de l'écliptique les plus distants de l'équateur.

    Points équinoxiaux, les deux points où l'écliptique coupe l'équateur. Les points où l'écliptique et l'équateur se coupent changent continuellement de place, et rétrogradent chaque année d'orient en occident d'environ 50 secondes, D'Alembert, Introd. précess. équin. Œuv. t. XIV, p. 47, dans POUGENS.

    Points verticaux, le zénith qui est directement au-dessus de nos têtes, et le nadir qui est directement au-dessous de nos pieds.

    Point de la plus grande et de la plus petite distance, les apsides.

    Point culminant, voy. CULMINANT.

  • 13 Terme d'optique. Point de concours, celui où les rayons convergents se rencontrent.

    Point d'incidence, le point d'une surface où tombe un rayon lumineux.

    Point de dispersion, le point où les rayons commencent à être dispersés.

    Point de réflexion, celui où un rayon est réfléchi, renvoyé par une surface.

    Point de réfraction, celui où un rayon est réfracté, rompu par un milieu.

    Point radieux, celui qui renvoie les rayons, d'où partent les rayons.

  • 14Point de vue, voy. VUE.

    Mettre une lunette à son point de vue, ou, simplement, à son point, voy. VUE.

    Mettre au point, donner à une lunette, à un appareil photographique le degré de longueur nécessaire pour que l'image soit nette.

  • 15Point de mire, voy. MIRE.
  • 16 Terme de marine. L'endroit estimé ou calculé de la mer où se trouve le navire à un moment donné. Si l'on rencontre un autre navire sur sa route et qu'on lui demande : quel est votre point ? cela signifie par quel degré de latitude et longitude croyez-vous être en ce moment ?

    Faire son point, déterminer le point d'un bâtiment. Parler de faire le point ou de prendre hauteur eût été de l'hébreu pour nos marins, Chateaubriand, Itin. 3e partie.

    Points d'orientement ou, simplement, points, les positions principales de la misaine, quand elle est établie.

    Point d'une voile, point d'attache de l'écoute au coin de la voile.

  • 17 Terme d'exploitation de mines, de carrières. Le point, le point de la boussole vers lequel plonge une couche.
  • 18 Terme d'hydraulique. Point de partage, voy. PARTAGE, n° 9.
  • 19Se dit du degré de température auquel un corps change d'état. Le point de congélation de l'eau, de l'alcool.

    Point de fusion, degrés de chaleur auquel les corps solides passent à l'état liquide.

  • 20 Terme d'anatomie. Points lacrymaux, les orifices des petits conduits qui vont aboutir au sac lacrymal.

    Les points ciliaires, ouvertures, sur les bords ciliaires, des petites glandes qui lubrifient l'œil.

    Point saillant (punctum saliens), la première apparence du cœur dans un embryon qui se forme.

    On a dit aussi le point vivant, le point animé.

  • 21Point graisseux, maladie dite pinguicula dans le langage médical, qui affecte la conjonctive oculaire et qui consiste en une petite tumeur de la grosseur d'un grain de chènevis, ainsi dite parce qu'on la croyait formée de graisse, ce qui n'est pas ; l'excision peut seule la faire disparaître.
  • 22 Terme de botanique. Petite tache plus ou moins apparente à la surface des organes végétaux, et due à une lenticelle, à un bourgeon latent, à une glande, un hile, etc.
  • 23Point avec une épithète de couleur, se dit de certaines taches. Il y a un point rouge à l'œil. Ce fruit, cette dent a un point noir.

    Un point noir, un nuage orageux et menaçant qui paraît dans le ciel. Lorsque insensiblement un point noir et douteux De loin paraît, s'élève, et s'agrandit aux yeux, Delille, Én. III.

    Fig. Il y a un point noir à l'horizon, c'est-à-dire quelque chose de menaçant se prépare, est à craindre. Terme de lapidaire. Petits grains blancs, noirs ou rouges, qui font tache dans un diamant.

  • 25Nom de petites touches ou traits qui sont employés dans la miniature et la gravure.
  • 26 Terme de sculpture. Se dit des marques que l'on fait sur toutes les parties les plus saillantes d'une statue que l'on veut copier.

    Mettre une statue aux points, la dégrossir, de manière que le sculpteur n'ait plus qu'à lui donner le fini et l'expression.

    Metteur au point, le praticien qui exécute cette ébauche.

  • 27Divisions de la règle dont les cordonniers et les chapeliers se servent pour prendre mesure. Il sait à combien de points se chaussait le roi Priam, Guez de Balzac, le Barbon. Le cordonnier qui chaussait Martin Guerre dépose qu'il se chaussait à douze points, et que l'accusé ne se chaussait qu'à neuf, Guyot de Pitaval, Causes célèbres, I, 21.

    Fig. et populairement. Ces deux personnes ne chaussent pas à même point, leurs humeurs, leurs inclinations ne concordent pas ; elles se chaussent à même point, elles se conviennent. Vous êtes à peu près chaussés à même point, Th. Corneille, l'Amour à la mode, I, 3.

  • 28Point mort d'une scie, le point où elle cesse d'avoir des dents.
  • 29 Terme de monnaie. Point secret, nom de certaines lettres placées à la partie inférieure du revers de nos monnaies et indiquant la ville où la pièce a été frappée. A, Paris ; K, Bordeaux ; W, Lille ; D, Lyon ; M M, Marseille ; B, Rouen ; B B, Strasbourg.
  • 30Petite marque que l'on met sur un i. C'était dans la nuit brune, Sur le clocher jauni, La lune, Comme un point sur un i, Musset, Ballade à la lune.

    Fig. Mettre les points sur les i, s'exprimer ou faire quelque chose avec une rigoureuse exactitude, et, particulièrement, corriger les fautes de style dans un écrit. Je ne balancerais pas, si j'étais à votre place, à faire un mémoire en mon propre et privé nom… je vous servirai de grammairien : je mettrai les points sur les i, Voltaire, Lett. Morangiès, 30 oct. 1772.

    Fig. Il faut avec cet homme mettre les points sur les i, voy I.

    Il n'est bon qu'à mettre les points sur les i, voy. I.

    Ne paraître que comme un point, être presque imperceptible.

  • 31Petite marque que l'on met dans l'écriture pour indiquer la fin des phrases. Je vous quitte de celui [le style] de Fontenelle, où il y aurait sans doute beaucoup d'antithèses et plus de points que de virgules, Voltaire, Lett. Thiriot, fin de déc. 1722. Concevez, Monsieur, huit pages sans points ni virgules, partout des mots estropiés…, Courier, Lett. à Renouard.

    Fig. Mettre les points et les virgules à un écrit, y faire de petites corrections de style. Pour moi, je mettrai, en attendant, les points et les virgules à l'Anti-Machiavel, Voltaire, Lett. Prince roy. de Prusse, 1er juin 1739.

    Deux points (:), signe de ponctuation que l'on met d'ordinaire pour indiquer une citation, une explication.

    On dit aussi substantivement un deux-points, les deux-points (avec un trait d'union).

    Point et virgule (;), signe de ponctuation, qu'on emploie pour séparer des membres de phrases subordonnés non grammaticalement, mais logiquement.

    Substantivement, le point-virgule. Le point-virgule marque une pause plus forte que la virgule.

    Point d'interrogation (?) ou point interrogant, signe de ponctuation qui se met à la fin d'une phrase interrogative.

    Point d'exclamation (!), ou point d'admiration, ou point admiratif, signe de ponctuation qu'on met après le dernier mot d'une phrase qui exprime l'admiration ou l'étonnement. Je comptais de jour en jour repasser par Bruxelles, et y relire deux pièces charmantes de poésie et de raison, sur lesquelles je vous dois beaucoup de points d'admiration et aussi quelques points interrogants, Voltaire, Lett. Helvétius, 27 oct. 1740.

    Points suspensifs (…), signe de ponctuation qui indique que le sens est suspendu.

    Dans la grammaire grecque, point en haut, signe de ponctuation équivalant à nos deux points ou au point et virgule, et qui se marque par un point placé en face du haut de la lettre, si elle ne dépasse pas la portée ; au milieu, si elle la dépasse, comme ξ, ψ.

    Le point et virgule y représente notre point d'interrogation.

    Terme d'imprimerie. Points conducteurs, ou points carrés, points qui servent à prolonger une ligne, et dont on se sert surtout dans les tables et les tableaux pour mettre en rapport les objets qui se correspondent.

    Points voyelles, ou, absolument, points, certains caractères qui servent à marquer les voyelles dans les langues sémitiques (hébreu, arabe etc.).

  • 32 Terme de musique. Signe de notation, qui servait autrefois à une foule d'emplois fort compliqués, qui était dit tour à tour de perfection et d'imperfection, d'augmentation, de translation et d'altération ; on n'a conservé que le point d'augmentation.

    Dans la notation ordinaire, le premier point qu'on place après une note augmente cette note de la moitié de sa valeur ; le second point placé après le premier augmente encore cette note du quart de sa valeur (c.-à-d. de la moitié de la valeur du premier point).

    Dans la notation proposée par J. J. Rousseau et reproduite par Galin, le point n'a pas une valeur relative toujours la même, il augmente le son qui précède de la durée indiquée naturellement par la mesure, et aussi par des barres de division quand il y en a.

    Autre usage du point : Lorsque les sons doivent être détachés avec une certaine lourdeur, les notes sont surmontées de points ronds qui sont placés quelquefois sur une ligne courbe, Fétis, la musique, I, 7.

    Signe ( un point avec un tiret légèrement arqué placé au-dessus)qui indique un temps d'arrêt dans la mesure.

    Point d'orgue, trait que la partie chantante exécute à sa volonté et pendant lequel l'accompagnement est suspendu (ainsi que la mesure).

  • 33 Terme de géomancie. Points qu'on traçait sur le sol au hasard, et desquels on inférait une divination. Jeter les points.

    Se dit aussi en d'autres espèces d'horoscopes. L'état où nous voyons l'Europe Mérite que du moins quelqu'un d'eux [astrologues] l'ait prévu : Que ne l'a-t-il donc dit ? mais nul d'eux ne l'a su ; L'immense éloignement, le point et sa vitesse, Celle aussi de nos passions, Permettent-ils à leur faiblesse De suivre pas à pas toutes nos actions ? La Fontaine, Fabl. VIII, 16.

  • 34 Terme de jeux de cartes. Nombre attribué à chaque carte. L'as au piquet vaut onze points.

    Il se dit aussi des points marqués sur chacune des faces des dés. Le seul mouvement de trois dés dans un cornet vous amènera rafle de six, le point de Vénus, très aisément en un quart d'heure, Voltaire, Philos. Memmius, IV. Il tâchera de mettre à profit ses revers mêmes, comme un joueur prudent cherche à tirer parti d'un mauvais point que le hasard lui amène, Rousseau, Imit. théât.

  • 35Au piquet et à d'autres jeux, nombre de points que composent ensemble plusieurs cartes de la même couleur. Comme au point allait la politique, Molière, Fâch. II, 2.

    Avoir le point, avoir en cartes d'une même couleur un plus grand nombre de points que son adversaire.

  • 36Dans la plupart des jeux, nombre que l'on marque à chaque coup, et dont la somme doit atteindre un certain taux qui fait le gain de la partie. Jouer en cinquante points, en trente points. Et [je] croyais bien au moins faire deux points uniques, Molière, Fâch. II, 2. En un tour de main, il a pris je ne sais combien de points à M. Pastoureau, Picard, Deux Philibert, II, 7.

    Donner des points, rendre des points, céder des points à son adversaire, supposer en commençant la partie, qu'il a déjà un certain nombre de points. Contre un Saint-Bouvain à qui je donnerais quinze points et la main, Molière, Fâch. II, 2. Je pourrais céder des points à l'élève du café Turc, Picard, Deux Philibert, II, 8.

    Fig. Autrefois nous appelions votre père l'original ; mais je crois que vous lui auriez rendu des points, Ch. de Bernard, le Gentilhomme campagnard, I, 8.

    Points d'annonce se dit, au trois sept, des points que l'on gagne par les figures qui se trouvent dans les levées qu'on a faites.

    Sur le turf, un cheval étant à 5 contre 2, 2 est le point en sa faveur ou le point pour, et 5 le point en faveur du champ ou le point contre.

    PROVERBE

    Faute d'un point, pour un point Martin perdit son âne, peu de chose fait quelquefois manquer une affaire. Cela se dit aussi dans les jeux, quand, faute d'un point, on perd la partie.
  • 37 Terme de collége. Marques pour le travail et la conduite. Donner un bon point, un mauvais point. Il a eu tant de bons points cette semaine.
  • 38 Fig. Division d'un discours, d'un ouvrage, et particulièrement d'un sermon, en un certain nombre de parties. Il fit [dans son sermon] deux points également beaux, Sévigné, 419. Vous serez convaincu d'abord d'une certaine vérité, et c'est leur premier point ; d'une autre vérité, et c'est leur second point ; et puis d'une troisième vérité, c'est leur troisième point, La Bruyère, XV. C'était l'ingénieux Lamotte qui disait qu'un sermon excellent à tous égards serait celui dont le raisonneur Bourdaloue aurait fait le premier point, et le touchant Massillon le second, D'Alembert, Éloges, Massillon. Des chansons en quatre points Le froid nous désole, Béranger, Gaudr.
  • 39 Fig. En général, objet, terme. Ils rangent leurs discours au point de l'intérêt, Régnier, Sat. v. Les accommodements ne font rien en ce point, Corneille, Cid, II, 3. Je ne vous quitte point, Seigneur, que mon amour n'ait obtenu ce point, Corneille, Cinna, IV, 4. Il m'a surtout laissé ferme en ce point D'estimer beaucoup Rome, et ne la craindre point, Corneille, Nicom. II, 3. Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie, Ont le don d'agréer infus avec la vie : C'est un point qu'il leur faut laisser, La Fontaine, Fabl. IV, 5. Rien de trop est un point Dont on parle sans cesse, et qu'on n'observe point, La Fontaine, ib. IX, 11. Et que peu de beaux corps, hôtes d'une belle âme, Assemblent l'un et l'autre point, La Fontaine, ib. VII, 2. Votre santé, votre repos, vos affaires, ce sont les trois points de mon esprit, Sévigné, 15 mars 1671. Ses malheurs [de l'évêque de Valence] et votre mérite ont fait les deux principaux points de la conversation, Sévigné, 6 oct. 1673.
  • 40Question, difficulté particulière en quelque matière que ce soit. Ce point d'histoire est un de ceux qui m'a obligé à vous dire, en une autre occasion, qu'il y en a d'inexplicables dans les histoires, et impénétrables à ceux mêmes qui en sont les plus proches, Retz, Mém. t. III, liv. 4, p. 500, dans POUGENS. Vous avez essayé de détourner la question du point de fait, pour la mettre en un point de foi, Pascal, Prov. XVII. S'ils lisent l'Écriture sainte, ce n'est pas pour y apprendre la religion et la piété ; les points de chronologie, de géographie, et les difficultés de grammaire les occupent tout entiers, Malebranche, Rech. vér. IV, 7. Le solide et l'admirable discours que celui qu'on vient d'entendre ! les points de religion les plus essentiels, comme les plus puissants motifs de conversion, y ont été traités, La Bruyère, XV. Nous troublons l'État, nous nous tourmentons nous-mêmes, pour faire recevoir des points de religion qui ne sont point fondamentaux, Montesquieu, Lett. pers. 61. Réponse, mon cher maître, sur tous ces points, et la plus prompte qu'il sera possible, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 4 août 1776.
  • 41Ce qu'il y a de principal, d'important dans une question, dans une difficulté. Eh ! qu'importe quel animal ? …Le point est de l'avoir ; car le trajet est grand, La Fontaine, Fabl. VIII, 25. Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire, aurait trouvé le point, Pascal, Pens. VI, 63, éd. HAVET. Vous mettez la chose au vrai point de la question, Bossuet, Lett. quiét. 360. Travaillez sur votre humeur : si vous pouvez la rendre moins bilieuse et moins sombre, ce sera un grand point de gagné, Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, t. I, p. 128, dans POUGENS. Par une suite nécessaire de la métempsychose, il [Pythagore] concluait, et c'était un des points capitaux de sa morale, que l'homme commettait un grand crime quand il tuait ou mangeait des animaux, Rollin, Hist. anc. XXVI, I, III, 1. Les grands ont leurs moments ; le point, c'est de savoir les prendre, Massillon, Myst. Visit. Portez-vous bien tous deux, mes anges, c'est là le point capital, Voltaire, Lett. d'Argental, 8 mai 1769. S'il n'y avait que trois hommes au monde, ils s'organiseraient ; l'un ferait la cour à l'autre, l'appellerait monseigneur, et ces deux unis forceraient le troisième à travailler pour eux ; car c'est là le point, Courier, Corresp. 25 juin 1806.

    Se faire un point de, attacher une importance capitale à. Elle [la princesse de Tarente] s'est fait un point de vous estimer et de vous admirer, Sévigné, 6 mai 1680. Il demandait pour les pauvres en un lieu où l'on se fait un point d'habileté de ne demander que pour soi, Fléchier, Lamoig.

    Venir au point, venir à ce qu'il y a d'essentiel. Un autre, renfrogné, rêveur, mélancolique, Grimaçant son discours, semble avoir la colique, Suant, crachant, toussant, pensant venir au point, Parle si finement que l'on ne l'entend point, Régnier, Sat. II.

    Fig. et dans un langage libre. Venir au point, obtenir ou accorder les dernières faveurs. Un cocu se pouvait-il faire Par la volonté seule, et sans venir au point ? La Fontaine, Coupe.

    Point d'honneur, ce que l'on regarde comme intéressant l'honneur. Vous êtes homme qui savez les maximes du point d'honneur, et je vous demande raison de l'affront qui m'a été fait, Molière, G. Dand. I, 8. Le point d'honneur est parmi nous un moyen adroit, par lequel on fait produire à la vanité les effets de la vertu, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 236, dans POUGENS.

    Prendre tout au point d'honneur, étendre trop loin la délicatesse sur le point d'honneur. Elle [la reine mère] tourna l'esprit de Monsieur, qui s'en aigrit, et qui prit au point d'honneur que le roi fût amoureux d'une fille de Madame, La Fayette, Henr. d'Anglet.

    Terme de blason. Point d'honneur, place qui, dans un écu, répond au milieu et au-dessous du chef.

  • 42État, situation. Vous voyez dans quel point la fortune me prend, Vaugelas, Q. C. III, 5. Voilà, belle Émilie, à quel point nous en sommes, Corneille, Cinna, I, 3. Au point qu'il est j'en voudrais faire autant, Corneille, Pomp. v, 1. Avoir mis à ce point une beauté si fière ! La Fontaine, Court. Cette affaire venue au point où la voilà, Molière, le Dép. IV, 1. Et me réduire au point [la misère] d'où je l'ai retiré, Molière, Tart. v, 3. La chose est au point que M. de Grignan n'en saurait être blâmé, Sévigné, 20 nov. 1673.

    Au point de, avec un verbe à l'infinitif, en situation de. Je n'ai point perdu temps, et, voyant leur colère Au point de ne rien craindre, en état de tout faire…, Corneille, Cinna, I, 3. Et je l'ai mis au point de voir tout sans rien croire, Molière, Tart. IV, 5.

    En bon point, mal en point, en bon état, en mauvais état. Qui soit de pauvre mine et qui soit mal en point, Régnier, Sat. II. Voilà mon loup par terre, Mal en point, sanglant et gâté, La Fontaine, Fabl. XII, 17. Grande de taille, en bon point, jeune et fraîche, La Fontaine, Cal.

    On écrit aussi mal-en-point.

    Substantivement. Le bon point, la bonne situation, la situation favorable. En Flandre on ne fit que se regarder, qui fut une grande faute, sortie toujours de ce même principe de ne vouloir pas être l'agresseur, c'est-à-dire de laisser bien arranger, dresser et organiser ses ennemis, et attendre leur bon point, Saint-Simon, 98, 36.

  • 43Degré, période. Mais qui pourrait atteindre au point de son mérite ? Régnier, Élég. IV. Que je serais heureux si je ne t'aimais point ! Ton malheur aurait mis mon bonheur à son point, Corneille, Place roy. III, 4. Notre malheur est grand, il est au plus haut point, Corneille, Hor. II, 3. C'est une espèce de bonheur, de connaître jusqu'à quel point on doit être malheureux, La Rochefoucauld, Prem. pens. 15. Je ne crois point que la nature Se soit lié les mains et nous les lie encor Jusqu'au point de marquer dans les cieux notre sort, La Fontaine, Fabl. VIII, 16. Tous les détails sont admirables, quand l'amitié est à un certain point, Sévigné, 215. La tristesse où tout le monde se trouve [après le départ pour la guerre] est une chose qu'on ne saurait imaginer au point qu'elle est, Sévigné, 27 avr. 1672. Si les médecins de ce pays-là… vous mettent au point d'être plus épuisée que vous ne l'êtes, Sévigné, 8 juin 1677. M. d'Uzès m'a fait voir un mémoire qu'il a tiré et corrigé du vôtre… fiez-vous en lui ; vous n'avez qu'à lui envoyer tout ce que vous voudrez, sans crainte que rien sorte de ses mains que dans le juste point de la perfection, Sévigné, 9 mars 1672. Elle ignore à quel point je suis son ennemi, Racine, Andr. II, 5. Hé quoi ! vous de nos rois et la femme et la mère, êtes-vous à ce point parmi nous étrangère ? Racine, Athal. II, 4. Cromwell était au plus haut point de gloire, Hamilton, Gramm. 6. Il en est, dit Polybe, d'un État et d'une république comme du corps humain, qui a ses progrès et ses accroissements, son point de force et de maturité, sa décadence et sa fin, Rollin, Traité des Ét. III, 2. Il y a un point où chaque forme de gouvernement se confond avec la suivante, Rousseau, Ém. v.
  • 44Instant, moment précis. Si nous avions eu l'usage de notre raison dès le point de notre naissance, Descartes, Méth. II, 1. Quand il voulut partir et qu'il fut sur le point, Ils demandèrent la sagesse ; C'est un trésor qui n'embarrasse point, La Fontaine, Fabl. VII, 6. Voilà le fait précis de la rupture d'Arius… en sorte qu'il n'y avait rien de plus constant que le point de la séparation d'Arius et des ariens, Bossuet, 2e instr. past. 94. Sur ce point, un jambon d'assez maigre apparence Arrive sous le nom de jambon de Mayence, Boileau, Sat. III. Comme autrefois Moïse sur le point de sa mort, Massillon, Panégyr. St Louis. Sur le point décisif même des plus grandes affaires, Massillon, Or. fun. Prince de Conti. Il y a de ces instants-là qui n'ont qu'un point qu'il faut saisir, et ce point nous l'avions manqué, Marivaux, Marianne, 10e part.

    Sur le point que, au moment où. Quand je pense être au point que cela s'accomplisse…, Malherbe, V, 29. Oh ciel ! sur le point que la vie Par mes propres sujets m'allait être ravie, Un Juif rend par ses soins leurs efforts impuissants, Racine, Esth. II, 3. Se trouvant sur le bord de la mer, sur le point qu'un homme est près de partir, La Bruyère, Théoph. XX.

    On dit de même : au point où.

    Sur le point de, au point de, avec l'infinitif, même sens. Au point de se former mes desseins renversés, Corneille, Gal. du Palais, I, 9. Quoi ! je triomphe donc sur le point de périr ! Corneille, Rodog. IV, 3. Le sénat fut sur le point de rétablir la liberté, Bossuet, Hist. III 7.

    Point du jour, moment où le jour commence à poindre. Et [je] ne l'ai pu savoir jusques au point du jour, Corneille, Cid, IV, 3. Il surprit au point du jour les cent vaisseaux, Fénelon, Tél. XVI.

  • 45Opportunité, gré, fantaisie. Qui peut sans s'émouvoir supporter une offense Peut mieux prendre à son point le temps de sa vengeance, Corneille, Médée, I, 5. Mme de Maintenon avait résolu d'être la véritable gouvernante de la princesse [duchesse de Bourgogne], de l'élever à son gré et à son point, Saint-Simon, 38, 185. Verdun n'avait guère servi ni vu de monde qu'à son point et à sa manière, Saint-Simon, 130, 184. Le duc de Noailles ne pouvait avoir un chancelier plus à son point que d'Aguesseau, Saint-Simon, 453, 114.

    Faire venir quelqu'un à son point, l'obliger, l'engager adroitement à faire ce qu'on veut.

    On dit dans un sens analogue : mettre à son point. La liberté m'est plus agréable que cette sorte de compagnie ; je la mettrai à mon point ; il faut avoir des heures à soi, Sévigné, 15 nov. 1684.

    Venir au point de quelqu'un, faire ce qu'il désire. D'une faveur en une autre il passa… Tant que la belle, après un peu d'effort, Vient à son point, et le drôle en dispose, La Fontaine, Rich.

  • 46À point, loc. adv. à propos. Rien ne sert de courir : il faut partir à point, La Fontaine, Fabl. VI, 10. Tu t'es trouvé là bien à point, Molière, Festin, II, 1. Pour goûter à point chaque mets, à table ne causez jamais, Béranger, Gourm.

    Il a tout à point, tout le seconde, tout le favorise. Nul n'est ici, nous avons tout à point, La Fontaine, Mazet.

    Cela lui vient à point, bien à point, se dit d'un avantage arrivant dans un moment de grand besoin.

    PROVERBE

    Tout vient à point à qui sait attendre, c'est-à-dire avec du temps et de la patience, on vient à bout de tout.

    Viande cuite à point, cuite ni trop, ni trop peu. Trouva le dîner cuit à point, La Fontaine, Fabl. I, 18.

    Tout à point, tout à fait à point. Nous nous rencontrons tout à point, Dit-il, et nous voici compagnons de voyage, La Fontaine, Fabl. IV, 12.

  • 47À point nommé, loc. adv. à l'instant précis, au moment nécessaire. Un misérable coq à point nommé chantait, La Fontaine, Fabl. v, 6. Vous allez être à point nommé servie, Molière, Tart. II, 4. On sait à point nommé : un tel a composé la plus jolie pièce du monde sur un tel sujet, Molière, Préc. 10. Voilà le plus beau des éventails… je l'ai gagné avec plaisir, et j'ai aimé la fortune de cette petite complaisance qu'elle a eue pour moi à point nommé, Sévigné, 6 avr. 1672. Je n'ai pu en toute ma vie parvenir qu'à trouver un seul général [c'était Parménion] ; mais les Athéniens ne manquent pas d'en trouver à point nommé dix tous les ans [mot du roi Philippe], Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 145, dans POUGENS.
  • 48À son point et aisement, voy. AISEMENT. L'Académie a écrit ici aisément, par une faute de typographie ; car à AISEMENT le mot est bien orthographié.
  • 49Au dernier point, loc. adv. Extrêmement. Tout cela montre une âme au dernier point charmée, Corneille, Sertor. v, 4. Certes, dit-il, mon père était un pauvre sire ; Il n'osait voyager, craintif au dernier point, La Fontaine, Fabl. VIII, 9. Vous lui plaisiez au dernier point, vous vous entendiez à merveilles, Sévigné, 353. Vos abrégés sont longs au dernier point, Rousseau J.-B. Épigr. II, 12.
  • 50De point en point, loc. adv. Exactement, en détail. Mes ordres en étaient de point en point suivis, Corneille, Rodog. II, 2. De grâce, contez-moi bien tout de point en point, Molière, le Dép. v, 5. Ainsi fut accompli de point en point l'oracle, Bossuet, Hist. II, 7. Tout alla de point en point comme il l'avait projeté, Hamilton, Gramm. 3.
  • 51De tout point, en tout point, loc. adv. Totalement. Que Diogène aussi fut un fou de tout point…, Régnier, Sat. XI. Si vous m'en croyez, pour rendre la comédie complète de tout point, vous épouserez M. Tibaudier, Molière, Comt. d'Escarb. 22. Nous ne sommes jamais heureux de lous points, Massillon, Myst. Soum.

    Équiper un homme de tout point, l'équiper de tout ce qui lui est nécessaire.

    Fig. Accommoder quelqu'un, équiper quelqu'un de tout point, le traiter extrêmement mal ou de fait ou de paroles.

SYNONYME

LE POINT DU JOUR, LA POINTE DU JOUR. Le point du jour est le moment précis où le jour commence à paraître, à poindre. La pointe du jour est formée par les premières lueurs qui apparaissent au matin. Aussi, tandis que l'on dit la petite pointe du jour, on ne dit pas le petit point du jour ; usage contre lequel Bernardin de Saint-Pierre a péché : Nous restâmes là jusqu'au petit point du jour, Paul et Virg.

HISTORIQUE

XIIe s. [Mon cœur] qui vous prie Que vostre soit sans point de vilenie, Couci, II.

XIIIe s. Rois, s'en tel point [vous] vous metez à retour [de la croisade], France dira, Champagne et toute gent, Que vostre los avez mis en tristour, Quesnes, Romancero, p. 100. Diex en cist point la [reine Blanche] maintaigne, Hues de la Ferté, ib. p. 183. Lors fu crié par toute l'ost… que tout li avoirs que il avoient gaaigné fust assemblés… et que fut fait escommuniement seur qui point en retenroit, Villehardouin, CVIII. Et je irai la chose tout à point aprester, Berte, XVII. Se ce n'est par un point [une condition], celui [ce point] [j'] en veuil oster, ib. XLIII. À ce point l'a Symons li voiers encontrée, ib. XLVI. Mais en la fin le sait Diex si à point merir [payer, rémunérer]…, ib. LXIII. Li corages, à cui tels choses [les passions] nuisent, à peine puet veoir point de verité, Latini, Trésor, p. 409. Et estoient sour le point de prendre la cité, Chr. de Rains, p. 98. Et dist li uns d'aus [eux] : seigneur, nous sommes en mauvais point, ib. 120. Or devés soffrir et atendre, Tant qu'en bon point le puissiés prendre, la Rose, 3226. Porce que je voi et entant que moult de mals porroient avenir, se je me marioie fors des poins [hors des limites] dou royaume de France, Du Cange, punctum. Mes fix est el premier point [degré] en avalant [descendant], Beaumanoir, XIX, 3. Noz [nous] li demandasmes où il avoit esté cele matinée que cil avoit esté tués, entre le point du jor et soleil levant, Beaumanoir, XL, 20. Et le roy li dit : lieve sus, et me meinne cesti [celui-ci] à la herberje sauvement, et si fist-il en un point du jour [un instant], Joinville, 264. Se il veoient leur point et leur lieu, Joinville, 241. Quand les gens se meurent, l'ennemi [le diable] se travaille tant comme il peut, que il les puisse faire mourir en aucune doutance des poins de la foy, Joinville, 197. Or avint que monseigneur Gauchier d'Autreche se feist armer en son paveillon de touz poins, Joinville, 217.

XIVe s. Et pour ce quant les uns nous blasment du trop et les autres du peu, c'est signe que nous faisons bien à point et selon vertu, Oresme, Eth. 49. " Sire Bertran, dit-il [le captal], or va le temps changeant ; Par devant Cocherel me tenistes dolant ; Or vous tien si endroit du tout à mon commant ". Et quant Bertran l'oÿ, si respont en riant : Vous ne m'avez pas pris à l'espée tranchant ; Mais je vous conquestai, j'ai un point plus avant, Guesclin. 12150. Il leur demanda se Laban estoit sain et en bon point, Ménagier, I, 5.

XVe s. Nonobstant tous ces points et argumens de toutes les doutes que mettre ni avenir y pouvoient, il fut adonc ordonné…, Froissart, II, III, 18. Or me veux-je taire de monseigneur Jean de Hainaut jusques à tant que point sera, Froissart, I, I, 27. Le roi de Portugal vous payera bien, dit le comte aux Anglois ; toujours vient à point l'argent, Froissart, II, II, 139. [La reine, qui était grosse, supplie Edouard d'avoir pitié de six bourgeois de Calais] si lui amollia le cœur, car envis l'eust courroucie au point où elle estoit, Froissart, I, I, 321. [Je] vous veux de point en point parler et monstrer toutes les aventures, depuis…, Froissart, I, I, 1. À ce point que ces seigneurs anglois et bretons furent revenus à Hainebon, messire Charles de Blois avoit conquis la bonne cité de Vennes…, Froissart, I, I, 185. Je veux laisser, de tous points, à parler des choses d'Italie et de Castille, et retourner à parler de…, Commines, VIII, 18. Le grand nombre [des gens d'armes] estoit assez mal empoint, car ils ne avoient point de payement…, Commines, I, 2. Au dessus avoit une couleuvre faicte de pierre, qui avoit sur le point [environ] de douze pieds de long, Perceforest, t. VI, f° 29. La royne, qui vouloit à point mettre ce trouble [appaiser], ib. t. IV, f° 44.

XVIe s. Mais pour mourir, je ne vouldroys estre coqu ; c'est ung poinct qui trop me poingt, Rabelais, Pant. III, 9. Tout vient à poinct, qui peut attendre, Rabelais, ib. IV, 48. Sur le point de l'execution, il [Crésus] s'escria : o Solon ! Montaigne, I, 65. À poinct nommé, Montaigne, I, 66. Toute la sagesse se resoult enfin à ce poinct de nous apprendre…, Montaigne, I, 69. Certains poincts de l'observance de nostre Eglise, Montaigne, I, 204. L'art gaigne le poinct d'honneur sur la nature, Montaigne, I, 234. Le riche honneur d'un manteau tyrien Ouvré en rond à poinct sydonien, Du Bellay, J. IV, 10, recto. L'histoire est de tout poinct necessaire aux roys, Amyot, Préf. XVI, 44. Une grosse flotte de vaisseaux fort bien en poinct, Amyot, Péric. 41. Par mesgarde, ils frappoient sur le bout des pieds au lieu du dessous, et moy qui ay force cors, et qui me chausse à cinq poincts comme vous voyez, D'Aubigné, Faen. II, 4. Pourveu que vous vous attachiez plus exprès à mes fautes, que je vous descouvre toutes nues, comme le point qui vous porte le plus de butin, D'Aubigné, Mém. Préface. De poinct en autre, ils me conterent l'entreprise et conspiration, Casteln. 198. On fera des points d'aiguille pour reunir les levres de l'incision, Paré, V, 18. Les praticiens l'ont appellé point doré à cause du fil d'or, Paré, VI, 17. Cela qui n'a partie aucune se nomme poinct, Forcadel, Éléments d'Euclide, p. 1. Et par l'estime de mon point estions au droit du cap de Bonne Esperance, Journ. du voy. de J. Parmentier, 1529, dans JAL. D'où vient ce proverbe : Pour un poinct Martin perdit son asne ? Pasquier, Lett. t. I, p. 504, dans LACURNE. Ceux [les astrologues] qui font des maisons au ciel, ces jeteurs de points, faiseurs de characteres et autres semblables, Débat de folie et d'amour, p. 111. dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. POINT.
28Ajoutez :

En général, point mort, point de la course d'un organe de machine où il ne reçoit plus de mouvement de la force motrice, et où son mouvement n'est dû qu'à sa vitesse acquise : position, par exemple, où se trouve le bouton d'une manivelle quand l'axe de la bielle avec laquelle elle est articulée passe par le centre du cercle décrit.

52Point d'échelle, ou jour en échelle, espèce de jour qui se fait soit avec une grosse aiguille de façon à représenter les barreaux d'une échelle, soit en coupant l'étoffe au milieu d'une broderie, en rejoignant les bords et formant de petites barres coordonnées en forme d'échelle.

Point turc, voy. TURC.

Point fendu, sorte d'ancien point. Un tableau à l'aiguille de point fendu, représentant une Vierge, Lett. etc. de Colbert, t. VII, p. 385.

53Point d'esprit, sorte de tulle. La fabrication des tulles à mouches, dits point d'esprit, et des tulles unis en poil de chèvre, Enquête, Traité de comm. avec l'Angleterre, t. V, p. 455.
54Nom d'un défaut du verre dû à la présence de gaz dans son intérieur. La nature de ces gaz qui donnent au verre à glace un défaut connu sous le nom de point, n'a pas été jusqu'à présent déterminée avec exactitude… le point est dû à l'action des corps réducteurs sur le sulfate de soude qui se trouve toujours en excès pendant la fabrication du verre… le sulfure réagit sur le sulfate et produit les gaz qui restent dans le verre, si la coulée se fait à ce moment ; c'est ainsi que le verre présente du point qui peut être gros et espacé : c'est le point de charbon ; ou fin et rapproché : c'est le point de sel, De Parville, Journ. offic. 16 déc. 1875, p. 10383, 1re col.
55Points, les cartes marquées de 2, 3, 4… points. Papier de points, c'est-à-dire papiers pour les cartes de points, par opposition aux feuilles de moulage et à l'as de trèfle. Tant en feuilles de moulage et d'as de trèfle, qu'en feuilles de papier filigrané pour les cartes de points, Code des cartes à jouer, P. Dupont, 1853, p. 75. Le papier filigrané, délivré en blanc aux cartiers, ne sera employé par eux qu'à la fabrication des points, ib. p. 98.
56Point de certitude, signe qui, dans les ouvrages d'histoire naturelle, sert à indiquer une chose certaine, une observation personnelle.
57Point de vue, légère perception de la lumière qui reste chez quelques aveugles. Les autres [aveugles] disent qu'ils ont un point de vue : si faible qu'il soit, ils en tirent vanité, Maxime du Camp, Rev. des Deux-Mondes, 15 avril 1873, p. 811. Il suffit de regarder les aveugles lorsqu'ils sont réunis pour reconnaître presque à coup sûr ceux qui ont un point de vue, ou qui ont conservé quelque vague souvenir de la lumière, Maxime du Camp, ib. p. 812.
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Point : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

POINT, s. m. (Gramm.) ce mot vient du verbe poindre, qui signifie piquer ; & il conserve quelque chose de cette signification primitive dans tous les sens qu’on y a attachés. On dit le point ou la pointe du jour pour en marquer le premier commencement, parce que le commencement frappe les yeux comme une pointe, ou qu’il est à l’égard du jour entier, ce que le point est à l’égard de la ligne. L’extrémité d’une ligne s’appelle point, parce que si la ligne étoit d’une matiere inflexible, son extrémité pourroit servir à poindre. Un point de côté cause une douleur semblable à celle d’une piquure violente & continue, &c.

En Grammaire, c’est une petite marque qui se fait avec la pointe de la plume posée sur le papier comme pour le piquer. On se sert de cette marque à bien des usages.

1°. On termine par un point toute la proposition dont le sens est entierement absolu & indépendant de la proposition suivante ; & il y a pour cela trois sortes de points : le point simple, qui termine une proposition purement expositive ; le point interrogatif, ou d’interrogation, qui termine une proposition interrogative, & qui se marque ainsi ? ; enfin le point admiratif, ou d’admiration, que l’on nomme encore exclamatif ou d’exclamation, & que j’aimerois mieux nommer point pathétique, parce qu’il se met à la fin de toutes les propositions pathétiques ou qui énoncent avec le mouvement de quelque passion ; il se figure ainsi !.

2°. On se sert de deux points posés verticalement, ou d’un point sur une virgule, à la fin d’une proposition expositive, dont le sens grammatical est complet & fini ; mais qui a avec la proposition suivante une liaison logique & nécessaire. Pour ce qui regarde le choix de ces deux ponctuations & l’usage des deux points dont on vient de parler. Voyez Ponctuation.

3°. On met deux points horisontalement au-dessus d’une voyelle, pour indiquer qu’il faut la prononcer séparément d’une autre voyelle qui la précede, avec laquelle on pourroit croire qu’elle seroit une diphtongue, si l’on n’en étoit averti par cette marque qui s’appelle diérèse, comme dans Saül, qui sans la diérëse, pourroit se prononcer Saul, comme nous prononçons Paul. J’ai exposé en parlant de la Lettre I, l’usage de la diérese, & j’y ai dit qu’un second usage de ce signe est d’indiquer que la voyelle précédente n’est point muette comme elle a coutume de l’être en pareille position, & qu’elle doit se faire entendre avant celle où l’on met les deux points ; qu’ainsi il faut écrire aiguïlle, contiguïté, afin que l’on prononce ces mots autrement que les mots anguille, guidé, où l’u est muet. Mais c’est de ma part une correction abusive à l’orthographe ordinaire : si l’on écrit aiguïlle comme contiguïté, on prononcera l’un comme l’autre, ou en divisant la diphtongue ui du premier de ces mots, ou en l’introduisant mal-à-propos dans le second. Il faut donc écrire contiguïté, ambiguë, à la bonne heure ; l’u n’y est point muet, & cependant il n’y a pas diphtongue : mais je crois maintenant qu’il vaut mieux écrire aigüille, Güise (ville) ; en mettant la diérèse sur l’u, elle servira à marquer sans équivoque que l’u n’est point muet comme dans anguille, guise (fantaisie), & n’empêchera point qu’on ne prononce la diphtongue, parce qu’elle ne sera pas sur la seconde voyelle. Cujusvis hominis est errare, nullius nisi insipientis in errore perseverare. Cic. Philipp. XII. 2.

4°. On dispose quelquefois quatre points horisontalement dans le corps de la ligne, pour indiquer la suppression, soit du reste d’un discours commencé, & qu’on n’acheve pas par pudeur, par modération, ou par quelqu’autre motif, soit d’une partie d’un texte que l’on cite, ou d’un discours que l’on rapporte. Quos ego.... sed motos præstat componere fluctus. Virg. Æn. I. 139.

5°. Enfin la crainte qu’on ne confondît l’i écrit avec un jambage d’u, a introduit l’usage de mettre un point au-dessus : c’est une inutilité qu’on ne doit pourtant pas abandonner, puisqu’elle est consacrée par l’usage.

Les Hébraïsans connoissent une autre espece de point qu’ils appellent points-voyelles, parce que ce sont en effet des points ou de très-petits traits de plume qui tiennent lieu de voyelles dans les livres hébraïques. On connoît l’ancienne maniere d’écrire des Hébreux, des Chaldéens, des Syriens, des Samaritains, qui ne peignoient guere que les consonnes, parce que l’usage très-connu de leur langue fixoit chez eux les principes de la lecture de maniere à ne s’y pas méprendre. Depuis que ces langues ont cessé d’être vivantes, on a cherché à en fixer ou à en revivifier la prononciation, & l’on a imaginé les points-voyelles pour indiquer les sons dont les consonnes écrites marquoient l’explosion. Ainsi le mot דבר, dbr, se prononce de différentes manieres & à des sens différens, selon la différence des points que l’on ajoute aux consonnes dont il est composé : דָבָר, dābār signifie chose & parole ; דֶבֶר, dĕbĕr, signifie peste, ruine ; דֹבֵר, dōbĕr, veut dire bercail, &c. Avant l’invention des points-voyelles, l’usage, la construction, le sens total de la phrase, la suite de tout le discours, servoient à fixer le sens & la prononciation des mots écrits.

Il y a trois classes différentes de points-voyelles, cinq longs, cinq brefs, & quatre très-biefs. Les cinq longs sont appellés :

Kamets, ou â long, comme בָ,  ;
Tseré, ou ê long, comme בֵ,  ;
Chirik long, ou î long, comme בִי,  ;
Kholem, ou ô long, comme בֹו,  ;
Schourek, qui est ou, comme בוּ, bou.
Les cinq brefs sont appellés :
Phatach, ou á bref, comme בַ, bá ;
Segol, ou é bref, comme בֶ, bé ;
Chirik bref, ou í bref, comme בִ, bí ;
Kamets-kateph, ou ó bref, comme בֹ, bó ;
Kibbust, ou ú bref, comme בֻ, bú.
Les quatre très-brefs sont appellés :
Schéva, ou e brévissime, comme בְ, be ;
Kateph phatach, ou a très-bref, comme בֲ, ba ;
Kateph-segol, ou é très-bref, comme בֱ, bé ;
Kateph-kamets, ou ó très-bref, comme בֳ, .

Outre qu’il est très-aisé dans un si grand nombre de lignes si peu sensibles, de confondre ceux qui sont les plus différenciés, il y en a qui different très-peu, & le kamets ou â long est précisément le même que le kamets-kateph, ou o bref. D’ailleurs l’emploi de tous ces signes entraîne des détails innombrables & des exceptions sans fin, qu’on ne saisit & qu’on ne retient qu’avec peine, & qui retardent prodigieusement les progrès de ceux qui veulent étudier la langue sainte.

Après avoir examiné en détail toutes les difficultés & les variations de la lecture de l’hébreu par les points-voyelles, Louis Cappel (Crit. sacr. l. Vl. c. ij.), remarque que les points étant une invention des Massorèthes, dont l’autorité ne doit point nous subjuguer, les regles de la grammaire hébraïque doivent être d’après les mots écrits sans points, & qu’il faut conséquemment retrancher toutes celles qui tiennent à ce système factice. Il ajoûte que dans la lecture il ne faudroit avoir égard qu’aux lettres matrices, matres lectionis, אהךי ; mais que comme elles manquent très-fréquemment dans le texte, cette maniere de lire lui paroît difficile à établir. Voici sa conclusion : Age sanè punctationi massorethicæ eatenùs adhæreamus, quatenùs neque certior, neque commodior vocales ad vocum enuntiationem necessarias designandi ratio usque hodiè inventa est ; atque ex consequenti eam tradendæ & docendæ grammaticæ rationem sequantur quæ illi punctationi innititur, neque tomerè eam convellamus aut sollicitemus, nisi fortè aliquis aliam rationem certiorem & commodiorem inveniret punctandi.

Au lieu d’imaginer un système plus simple de points-voyelles, M. Masclef, chanoine de la cathédrale d’Amiens, inventa une maniere de lire l’hébreu sans points. Cette méthode consiste à supposer après chaque consonne la voyelle qu’on y met dans l’épellation alphabétique. Ainsi comme le ב se nomme beth, on suppose un é après cette consonne ; comme le ד s’appelle daleth, on y suppose un a, &c. דבר, ou dbr doit donc se lire daber. Ce système révolta d’abord les savans, & cela devoit être ainsi : 1°. C’étoit une nouveauté, & toute nouveauté allarme toujours les esprits jaloux, & ceux qui contractent fortement & aveuglément les habitudes : 2°. ce système réduisit à rien toutes les peines qu’il en avoit couté aux érudits pour être initiés dans cette langue, & il leur sembloit ridicule de vouloir y introduire de plain-pié & sans embarras, ceux qui viendroient après eux. On fit pourtant des objections que l’on crut foudroyantes ; mais dans l’édition de la grammaire hébraïque de Masclef, faite en 1731 par les soins de M. de la Bletterie, on trouve dans le second tome, sous le titre de novæ grammaticæ argumenta ac vindiciæ, tout ce qui peut servir à établir ce système & à détruire toutes les objections contraires. Aussi le Masclefisme fait-il aujourd’hui en France, & même en Angleterre, une secte considérable parmi les hébraïsans : & il me semble qu’il est à souhaiter d’en voir hâter les progrès

Les Massorethes avoient encore imaginé d’autres signes pour la distinction des sens & des pauses, lesquels sont appellés dans les grammaires hébraïques écrites en latin, accentus pausantes & distinguentes, & gardent en françois le nom de points. Ils ont encore, pour la plûpart, tant de ressemblance avec les points-voyelles, qu’ils ne servent qu’à augmenter les embarras de la lecture ; & Masclef, en souhaitant qu’on introduisît notre ponctuation dans l’hébreu, en a donné l’exemple. Puisque nos signes de ponctuation n’ont aucun équivoque, & sont d’un usage facile : iis non uti, dit Masclef (Gramm. heb. cap. j. n°. 5.) nihil aliud est quàm, invento pane, glande vesci. (B. E. R. M.)

Point, en Géométrie, c’est, selon Euclide, une quantité qui n’a point de parties, ou qui est indivisible. Voyez Quantité & Indivisible, &c.

Wolf définit le point ce qui se termine soi-même de tous côtés, ou ce qui n’a d’autres limites que soi-même. C’est ce que l’on appelle autrement le point mathématique : quelques-uns prétendent qu’on ne le conçoit que par imagination, c’est-à-dire, qu’il n’existe pas réellement hors de l’esprit ; mais qu’y a t-il de plus réel dans la matiere ou dans les dimensions des corps que leurs limites ou leurs extrémités ? Une ligne n’a-t-elle pas deux bouts ou deux termes ; or ce sont ces termes que l’on appelle points ? Voyez là-dessus le premier tome des institutions de Géométrie, imprimées en 1746, pag. 260. (E)

On peut dire cependant dans un autre sens, & avec beaucoup de vérité, que le point, la ligne, la surface n’existent que par une abstraction de l’esprit, puisqu’il n’existe point réellement dans la nature de surface sans profondeur, de ligne sans largeur, & de point sans étendue. Tout ce qui existe a nécessairement les trois dimensions. Voyez Dimension. Ce n’est qu par abstraction de l’esprit qu’on regarde une ou deux de ces dimensions comme non-existante. Sur quoi voyez l’article Géométrie. (O)

Si l’on se représente qu’un point coule, il tracera une ligne ; & une ligne qui couleroit engendreroit une surface, &c. Cette maniere de considérer la génération des dimensions ou des propriétés des corps, paroît être le premier fondement de la Géométrie moderne, c’est-à-dire, de la Géométrie analytique qui fait usage du calcul différentiel & intégral ; il semble aussi que la méthode des indivisibles soit dans le même cas : cependant, malgré les especes de miracle que produisent ces deux méthodes, il subsiste contre leurs principes des difficultés si fortes, que les génies les plus fins ou les plus sublimes n’ont pû jusqu’à-présent les résoudre directement ; aussi beaucoup de personnes s’en servent-elles comme de ces machines qui nous montrent la durée du tems, & dont il est si commun d’ignorer les ressorts : on ne sauroit croire combien ces sortes de nuages ralentissent le progrès des Sciences, & par conséquent combien ils sont contraires à l’utilité publique ; il est impossible d’inventer dans les choses que l’on ne comprend pas. Si Descartes avoit manifesté tout le secret de sa géométrie en la mettant au jour, on n’auroit pas eu le désagrément de la voir, pendant près de cent ans, être l’objet des commentaires de très-bons esprits, lesquels, après avoir épuisé la vigueur de leur génie à expliquer des découvertes avec une juste étendue, sont devenus incapables d’en faire. combien d’autres, qui avoient très-bien compris les élémens de Géométrie, ont renoncé à cette belle science, ou, pour ainsi dire, à cette unique science de la raison, parce qu’ils ont senti que de vouloir pénétrer dans ses profondeurs, c’est s’enfoncer dans des obscurités.

Si l’on veut donc que les Sciences marchent à grands pas vers leur perfection, il faut en rendre la route la plus unie qu’il est possible, & être intimement convaincu que de perfectionner une découverte, c’est en faire une nouvelle : il seroit donc de la très-grande utilité publique que nos sublimes géometres voulussent bien se rabattre vers les premiers principes des nouvelles méthodes ; qu’ils les éclaircissent avec tout le soin imaginable, & qu’ils y missent toute la sagacité & la pénétration dont ils sont capables ; il nous semble qu’il est bien aussi glorieux d’être utile au public qu’à un petit nombre de particuliers, dont on ne doit guere attendre que de la jalousie ; par-là le mérite de ces bienfaiteurs du genre humain étant plus connu, seroit aussi mieux récompensé. Revenons à notre point.

Une ligne n’en peut couper une autre qu’en un point. Trois points quelconques étant donnés, pourvû qu’ils ne soient pas en ligne droite, on pourra toujours y faire passer un cercle ou une partie de cercle. Voyez Cercle.

Ce sont des problèmes fort communs que de tirer une parallele, une perpendiculaire, une tangente, &c. d’un point donné. Voyez Parallele, Perpendiculaire, Tangente, &c. (E)

On appelle, dans la haute Géométrie, point d’inflexion, celui où une courbe se plie ou se fléchit dans un sens contraire à celui où elle étoit auparavant ; quand elle tourne, par exemple, sa convexité vers son axe ou quelqu’autre point fixe du côté duquel elle tournoit sa concavité. Voyez Courbe & Inflexion.

Quand la courbe revient vers le côté d’où elle est partie, le point où elle commence ce retour est appellé point de rebroussement. Voyez Rebroussement & Courbe.

En Physique, on appelle point, punctum, le plus petit objet sensible à la vûe : on le marque avec une plume, la pointe d’un compas, &c.

C’est ce que l’on appelle vulgairement un point physique, qui a réellement des parties ; quoique l’on n’y ait pas d’égard, toutes les grandeurs physiques sont composées de ces points. Voyez Grandeur.

Ce point physique est ce que M. Locke appelle le point sensible, & ce qu’il définit la moindre particule de la matiere ou de l’espace, que nous puissions discerner. Voyez Vision. Chambers.

Point simple d’une courbe, est un point tel que, quelque direction qu’on donne à l’ordonnée, elle n’aura jamais en ce point qu’une seule valeur à-moins qu’elle ne soit tangente, auquel cas elle aura deux valeurs seulement. Voyez Tangente.

Point singulier, est un point où l’ordonnée étant supposée touchante, peut avoir plus de deux valeurs. Tels sont les points d’inflexion, de serpentement, de rebroussement, &c. Voyez ces mots.

Point double, triple, quadruple, &c. ou en général point multiple, se dit du point commun, où deux, trois, quatre, &c. & en général plusieurs branches d’une courbe se coupent. Il est d’abord évident que sans un pareil point l’ordonnée a plusieurs valeurs égales, savoir deux si le point est double, trois s’il est triple, &c. cependant il n’en faut pas toujours conclure que si l’ordonnée a plusieurs valeurs égales, le point est un point multiple ; car si l’ordonnée touche la courbe en un point simple, elle y aura deux valeurs égales ; si elle touche la courbe en un point d’inflexion, elle aura trois valeurs égales, &c.

Le caractere du point multiple est qu’en ce point ait différentes valeurs représentées par une équation de cette forme, &c… car alors donne par les différentes valeurs la direction des différentes branches de la courbe. C’est là-dessus qu’est fondée toute la théorie des points multiples. La nature de cet ouvrage ne nous permet pas de nous étendre davantage sur ce sujet. Il nous suffit d’avoir donné le principe ; on trouvera tout ce qu’on peut desirer sur ce sujet dans l’introduction à l’analyse des lignes courbes, par M. Cramer, chap. x. & xiij.

Dans le cas où le point est multiple, si on différencie l’équation de la courbe à la maniere ordinaire, on trouvera , ce qui ne fait rien connoître ; mais alors au lieu de différencier à l’ordinaire, il faudra substituer au lieu de y, y+dy, & les puissances sans rien négliger, & de même au lieu de x, x+dx, & les puissances sans rien négliger ; & si le point est double, on aura une équation du second degré dont sera le premier terme ; (en négligeant les plus hautes puissances de , comme ), si le point est triple, l’équation sera du troisieme degré, & sera son premier terme, les puissances plus basses se détruisant, & ainsi de suite.

Veut-on savoir à présent si une courbe a des points multiples, il n’y a qu’à substituer dans son équation y+dy & ses puissances à y, x+dx & ses puissances à x ; & voir s’il y a des valeurs correspondantes de x & de y qui donnent le coefficient de dx & celui de dy, chacun =0. Si cela est, il y a au moins un point d’oubli ; si le coefficient de dy2, celui de dx2 & celui de dxdy sont aussi =0 ; le point est au moins triple, & ainsi du reste, mais encore une fois, il seroit trop long d’entrer dans le détail de cette théorie, nous renvoyons à l’ouvrage cité qui contient là-dessus tout ce qu’on peut desirer. (O)

Point, en terme de Navigation & de Géographie, Points de l’horison ou du compas, ce sont certains points formés par les intersections de l’horison avec les cercles verticaux. Voyez Horison.

Le nombre de ces points est réellement le même que celui des points que l’on conçoit dans l’horison, c’est-à-dire qu’il est infini, quoique dans la pratique on n’en distingue que trente-deux. Voyez Compas de mer.

Ces points sont marqués ou vus par des lignes droites, tirées d’un point pris dans un plan horisontal.

Un point du compas de mer est pris vulgairement pour la trente-deuxieme partie de tout le compas, ou pour un arc de 11 degrés 15 minutes, dont la moitié, c’est-à-dire 5 degrés 37 minutes & s’appelle un demi-point, & la moitié de ce dernier ou 2 degrés 48 minutes & est appellé un quart-de-point. Voyez Compas de mer.

Ces points du compas se divisent en points cardinaux & points collatéraux.

Les points cardinaux sont les intersections de l’horison & du méridien, appellés points du nord & de sud, & les intersections de l’horison avec le premier vertical que l’on appelle l’est & l’ouest. Voyez Nord, Sud, &c.

Ce sont ces points que les latins appellent cardines mundi, ils sont éloignés les uns des autres d’un quart-de-cercle ou de 90 degrés.

Les points collatéraux ou intermédiaires sont ceux qui sont entre les points cardinaux, les premiers points collatéraux ou de la premiere espece, sont également distans de deux points cardinaux, tels sont le nord-est & le sud-ouest ; les points secondaires ou de la seconde espece sont ou du premier ordre, comme ceux qui sont à égale distance d’un point cardinal & d’un point de la premiere division, tel que le nord-nord-est, ou du second ordre, c’est-à-dire à égale distance d’un point cardinal ou d’un point de la premiere division, & d’un secondaire du premier ordre, tel que le nord-est quart-de-nord.

Les premiers points collatéraux sont donc à 45 degrés des points cardinaux ; les points secondaires du premier ordre sont à 22 degrés 30 minutes d’un cardinal & d’un premier collatéral qui suit immédiatement, & les points secondaires du second ordre sont à 11 degrés 15 minutes d’un cardinal ou d’un premier collatéral, & d’un second collatéral.

Point d’un pilote, (Marine.) c’est le lieu marqué sur la carte de l’endroit où le pilote croit être à la mer.

Points du bas de la voile. C’est le coin ou l’angle du bas de la voile ; les points du grand & petit pacfi portent des écoutes, des couets & des cargues-points. Point du haut de la voile.

Points de station, dans l’Astronomie, sont les degrés du zodiaque, dans lesquels une planete paroît être absolument stationnaire & ne se mouvoir point du tout. Voyez Station. Chambers.

Point d’été, (Cosmogr.) point de l’écliptique, dans lequel le soleil s’approche le plus du zénith au midi : ce qui arrive dans la partie septentrionale de la terre, lorsque le soleil entre dans l’écrevisse ; & dans la partie méridionale, quand il est dans le Capricorne.

Point d’hiver, (Cosmogr.) point de l’écliptique auquel le soleil est le plus éloigné du zénith, ou dans lequel la hauteur méridienne du soleil est la moindre : cela arrive quand le soleil est dans le capricorne pour les peuples de la partie septentrionale de la terre, & quand il est dans l’écrevisse pour les autres.

Points cardinaux, (Cosmogr.) les Cosmographes entendent par points cardinaux quatre points de l’horison, qui le divisent en quatre parties égales. Un de ces points est celui où le soleil se leve au vrai orient. Le second est au vrai occident où le soleil se couche. Les deux autres points sont éloignés de ceux-ci de 90 lieues, & se trouvent au vrai midi & au vrai nord.

Points horisontaux, (Cosmogr.) ce sont des points également éloignés du centre de la terre ; par exemple, lorsqu’on doit continuer une ligne horisontale sur le bord d’une riviere, & que cette ligne s’y trouve interrompue par plusieurs inégalités, alors les points horisontaux sont les points de la ligne horisontale, où il faut la rompre & la diviser en plusieurs autres.

Points solstitiaux, (Cosmogr.) points de l’écliptique les plus éloignés de l’équateur ; ce sont les points d’été & les points d’hiver ; voyez ces deux mots. (D. J.)

Point, dans la Perspective, est un mot dont on fait usage pour marquer les différentes parties ou les différens endroits qui ont rapport au plan du tableau. Voyez Plan du tableau.

Le point de vûe est un point F ou plan H, tab. perspect. fig. 12, est coupé par une ligne droite OF, tirée de l’œil perpendiculairement au plan.

Ce point est dans l’intersection du plan horisontal avec le plan vertical. Voyez Plan.

Quelques auteurs appellent ce point le point principal, & ils donnent le nom de point de vûe ou de vision au point où l’œil est actuellement placé, & où tous les rayons se terminent tel que O.

Point accidentel, (Opt.) voyez Accidentel.

Point, dans la Catoptrique & la Dioptrique, le point de concours est celui où les rayons convergens se rencontrent, appellé plus ordinairement le foyer. Voyez Foyer.

Point d’incidence, (Opt.) est un point sur la surface d’un miroir ou d’un autre corps ou tombe un rayon. Voyez Incidence.

Point de dispersion est celui d’où les rayons commencent à être divergens, on l’appelle ordinairement le foyer virtuel. Voyez Foyer virtuel.

Point de distance, c’est un point comme P Q, fig. 2. perspect. dans la ligne horisontale PF, qui est éloigné du point F autant que l’œil O est éloigné de ce même point.

Point objectif, c’est un point sur le plan géométral dont on demande la représentation sur le plan du tableau.

Point rayonnant ou radieux est le point qui envoie ou duquel partent des rayons.

Point de réfraction, est le Point où un rayon se rompt sur la surface d’un verre, ou sur toute autre surface restringente. Voyez Réfraction.

Point de réflexion, est le point d’où un rayon est réfléchi sur la surface d’un miroir ou de tout autre corps.

Point lacrymal, en terme d’Anatomie, signifie un petit trou qui est dans chaque paupiere, & qui s’ouvre dans un sac appellé sac lacrymal. Voyez Lacrymal.

Point, ou Poinct, s. m. (Musique.) Le point signifie plusieurs choses différentes.

Dans nos musiques anciennes il y a point de perfection, point d’imperfection, point de division, point d’alternation, point de translation, &c. Il faut donner une idée de ces différens points.

1. Dans la mesure appellée tems parfait, voyez Tems, une breve ou quarrée, suivie d’une autre note égale ou de plus grande valeur, vaut ordinairement trois semi-breves ou une mesure entiere ; mais suivie de quelque note de moindre valeur, elle ne vaut plus que deux tems ; de sorte que pour qu’elle vaille alors la mesure entiere, il faut lui ajouter un point qu’on appelle par cette raison point de perfection.

2. Le point d’imperfection est celui qui placé à la gauche de la longue, diminue sa valeur quelque fois d’une ronde, quelque fois de deux. Dans le premier cas, on met une ronde entre la longue & le point ; dans le second, on met deux rondes à la droite de la longue.

3. Le point de division a à-peu près un sens semblable ; à la gauche d’une ronde suivie d’une breve ou quarrée dans le tems parfait, il ôte un tems à cette breve, & fait qu’elle ne vaut plus que deux rondes.

4. Un point entre deux rondes situées elles-mêmes entre deux breves ou quarrées, ôte un tems à chacune de ces deux breves ; de sorte que chaque breve n’en vaut plus que deux. C’est le point d’altération.

Ce même point devant une ronde, laquelle est suivie de deux autres rondes enfermées entre deux breves ou quarrées, double la valeur de la derniere de ces rondes.

5. Si une ronde entre deux points se trouve suivie de deux ou plusieurs breves, le second point transfere sa signification à la derniere de ces breves, & la fait valoir trois tems : c’est le point de translation.

Comme tout cela n’a lieu que dans le tems parfait, qui forme des divisions triples, & que ces divisions ne sont plus d’usage dans la Musique moderne, toutes ces significations du point, qui, à dire le vrai, sont fort embrouillées, se sont abolies depuis longtems.

Aujourd’hui le point pris comme valeur de note, vaut toujours la moitié de celle qui le précede ; ainsi après la ronde, le point vaut une blanche ; après la blanche, une noire, après la noire, une croche, &c. Mais cette maniere de fixer la valeur du point, n’est certainement pas la meilleure qu’on eût pu imaginer, & cause souvent bien des embarras inutiles.

Point d’orgue, ou point de repos, est une autre espece de point dont j’ai parlé au mot Couronne. C’est relativement à ce point, qu’on appelle généralement point d’orgue, ces sortes de chants & de successions harmoniques qu’on fait passer sur une seule note de basse, toujours prolongée.

Enfin, il y a encore une autre espece de point qui se place immédiatement au-dessus ou au-dessous du corps des notes, on en met toujours plusieurs de suite, & cela montre que les notes ainsi ponctuées, doivent être marquées par des coups de langue ou d’archet égaux, secs & détachés. (S)

Point d’honneur, (Morale du monde.) c’est proprement le caractere de chaque profession ; mais il est plus marqué chez les gens de guerre, & c’est le point d’honneur par excellence. Il seroit difficile de le peindre, car les regles & les maximes qui le constituent sont variables. Autrefois la noblesse suivoit en ce genre d’autres lois qu’aujourd’hui, & ces lois étoient si séveres qu’on ne pouvoit sans une peine plus cruelle que la mort, je ne dis pas les enfreindre, mais en éluder la plus petite disposition. Lettres persanes. (D. J.)

Point, (Blason.) Il se dit de la division de l’écu en plusieurs quarrés, tantôt au nombre de neuf, tantôt de quinze, dont les uns sont d’un émail, & les autres de l’autre, qu’on appelle aussi points équipollés. On nomme pareillement points les divisions de la componure. Il y a aussi une autre division de l’écu en plusieurs points, ou se trouvent le point d’honneur, le nombril, &c.

Le point d’honneur se dit de la place qui est dans un écu, répondant au milieu du chef & au dessous.

On appelle le nombril de l’écu, un point qui est au milieu du dessous de la face, & qui la sépare de la pointe. Ainsi on dit N. porte d’or à un écusson de gueules mis au nombril. (D. J.)

Point d’appui, (Architect.) voyez Orgueil.

Point d’aspect C’est l’endroit ou l’on s’arrête à une distance fixée, pour jouir de l’aspect le plus avantageux d’un bâtiment. Ce point se prend ordinairement à une distance pareille à la hauteur du bâtiment. Exemple. On veut juger de l’ensemble de l’église des Invalides. Comme sa hauteur est de trente-cinq toises, on doit d’abord s’en éloigner de cette distance. On vient ensuite à l’ordonnance de sa façade, & à la régularité de ses ordres, & on s’en éloigne autant que le portail a de hauteur, qui est de seize toises ou environ. Enfin, pour examiner les corrections des profils & le gout de la sculpture, on ne doit en être éloigné que selon l’élévation de l’ordre dorique, laquelle est de sept toises & demie, parce que si on en étoit plus près, les parties racourcies ne paroîtroient plus de proportion.

Le point d’aspect est opposé au point vague, d’où regardant un bâtiment d’une distance indéterminée, on ne peut que se former une idée de la grandeur de sa masse, par rapport aux autres édifices qui lui sont contigus.

Point de vûe. C’est un point, dans la ligne horisontale d’un bâtiment, ou le termine le principal rayon visuel, & auquel tous les autres qui lui sont paralleles vont aboutir.

Points perdus. Ce sont trois points qui n’étant pas donnés sur une même ligne, peuvent être compris dans une portion de cercle, dont le centre se trouve par une opération géométrique : ce qui sert pour les cherches ralongées.

On appelle aussi points perdus des centres de cercle qui, étant recroisés, forment des losanges curvilignes, qu’on rend différens par les couleurs des marbres & par la variété des ornemens. Le pavé qui est sous la coupole, & dans les chapelles du Val-de-Grace, & celui de l’Assomption, rue saint Honoré, à Paris, sont faits de cette maniere. Daviler. (D. J.)

Point de partage, (Hyar.) est le bassin où l’eau s’étant rendue, se distribue par plusieurs conduites en différens endroits, tels que sont les châteaux-d’eau ou bassins de distribution. (K)

Point de sujétion, (Hydr.) est le point déterminé d’où part un nivellement, & celui où il doit finir dans un nivellement en pente douce. Dans un autre nivellement, le point de sujétion est la hauteur déterminée d’où l’on part, ou la hauteur du lieu où doit se rendre l’eau. (K)

Point, en terme de Brodeuse, c’est un composé de plusieurs coups d’aiguille, lesquels diversement combinés & arrangés représentent sur un morceau de mousseline la figure qu’on veut. Tous ces différens tours & passages d’aiguilles forment un point qui prend le nom ou de l’objet naturel avec lequel il a quelque ressemblance, ou du point de dentelle sur lequel il a été fait. On dit point de tartelette, point de croix de chevalier, point de Saxe & d’Hongrie. Il est d’autant plus difficile de donner un dénombrement de tous les points de broderie, qu’ils changent comme la mode ; ainsi des recherches à cet égard seroient sans utilité comme sans succès. Nous nous contenterons d’en donner un certain nombre qui servent de base à ceux qu’on a inventés & qu’on inventera. Que peut-on faire de mieux dans une matiere sujette à tant de révolutions ?

Point alongé, en terme de Broderie au métier, se fait avec de la soie plate sur du satin, à-peu-près comme le point fendu, mais en y mettant la moitié moins de nuances. Ce point n’est guere d’usage que pour les meubles.

Point d’amande, en terme de Brodeuse, trois rayures en-haut & en-bas, huit fils entr’elles. On prend le premier de ces fils sur l’aiguille, on continue d’un fil à l’autre jusqu’à huit. On recommence une autre amande à côté, à huit fils de la premiere. On remplit les intervalles du haut & du bas par d’autres amandes qui se font de même.

Point d’Angleterre broché, en terme de Brodeuse, est composé d’une rangée d’Angleterre uni, & une autre rangée qui n’en est différente que parce que l’on passe l’aiguille dans l’un des points latéraux de la premiere rangée, & que ce fil ainsi amené vers le milieu du trou forme une croix. Voyez Angleterre uni.

Point d’Angleterre uni, en terme de Brodeuse, se fait en-travers, en prenant cinq fils de long & cinq de travers, en passant l’aiguille deux fois sur les cinq de travers & une seulement sur ceux de long ; ainsi de même, dans la seconde rangée, en observant de passer dans les trous latéraux de la premiere. Quand on a fait quatre rangs de cette sorte, & qu’on en fait deux autres de point turc, cela s’appelle de l’Angleterre rayé. Voyez Point turc.

Point d’annelet, en terme de Brodeuse, c’est un point monté sur six d’œillet de hauteur, en quarré. On passe l’aiguille au milieu du carreau ; on tourne tout-autour dans les trous d’œillet, excepté vers les angles haut & bas où l’on ne plante l’aiguille qu’à quatre fils loin d’eux.

Point d’arrête doublé, en terme de Brodeuse, se fait en comptant trois fils de travers & en prenant six sur l’aiguille, en portant d’abord l’aiguille en long & coupant cette portée précisément au milieu. Ce point est monté sur cinq de haut & rempli de trois mouches, deux à quatre fils en-travers, & de six tours d’aiguille ; & la troisieme au milieu sur douze fils de travers, & de seize tours d’aiguille.

Point à carreaux, se monte sur quatre de long & quatre de travers, ensuite on croise ce point en passant par le même trou & sur la même rayure. On fait une seconde rayure à quatre fils de la premiere ; puis une troisieme en-travers sur les premieres, qui représente en effet un carreau.

Point de croix de chevalier, est monté sur quatre de tous côtés, deux points de hauteur, ou point riche. Voyez Point riche. Vous descendez de côté & plus bas à droite, en faisant encore un point riche ; de-là vous passez l’aiguille dans le trou du point de l’autre angle, vous la ramenez dans celui de l’angle vis-à-vis, vous la portez dessus, vous la repassez dessous par le trou qu’a laissé le point riche sait sous la croix.

Point d’esprit, se monte sur cinq fils de long & cinq de travers, en laissant à chaque fois deux fils qui font une croix. Les cinq fils, en tous sens, sont embrassés d’un point noué.

Point à gerbe, en terme de Brodeuse, se monte sur quatre faces. On passe l’aiguille à fil double pour les remplir de trous en trous par en-haut, & toujours dans le même en-bas, ce qui forme la gerbe.

Point d’Hongrie, en terme de Brodeuse, sont trois rayures sans intervalles. On fait au-dessous de la troisieme une espece de piqué qui commence par quatre fils sur l’aiguille en descendant, puis cinq, puis six, ainsi des autres en remontant, ensorte qu’il y ait toujours un fil de long entr’eux par en-haut, ce qui forme le triangle. On recommence sur la même ligne ; & la place qui reste entre deux triangles en-haut en-bas, se remplit par d’autres de la même façon.

Point de lentille, en terme de Brodeuse, se fait sur quatre fils embrassés en long, à quatre fils l’un de l’autre, & autant entre les deux rayures. De façon qu’au premier tour il y a quatre fils embrassés & quatre qui ne le sont pas. Les uns & les autres vis-à-vis de ceux qui sont ou embrassés ou vuides. Ces derniers sont embrassés au second tour par une troisieme rangée en travers ; ceux qui se trouvent en ce sens le sont de même, ce qui forme une lentille assez semblable au légume de ce nom.

Point de marly, en terme de Brodeuse, se monte sur quatre fils de long & quatre de travers, en revenant une seconde fois sur les rayures pour croiser le point ; ces rayures sont près l’une de l’autre sans intervale.

Point de mignonette, en terme de Brodeuse en mousseline, représente un carreau parfait, & se forme en comptant trois fils de travers, & en en prenant huit après sur l’aiguille ; ensorte néanmoins qu’il y ait de gauche à droite toujours quatre fils de longueur entre les points, parce qu’on laisse tant à droite qu’à gauche deux fils de côté. La seconde rangée se fait de même, & se commence trois fils au-dessous de la premiere. Ensuite au milieu du carreau composé de huit fils on en met quatre sur l’aiguille en travers & quatre au long, & on en fait un point riche. Prenant de l’autre côté deux fils de derriere l’aiguille & deux devant, ce qui forme les quatre dont ce point est fait. Voyez Point riche ; ainsi des autres rangées. Ces rangées, dans quelque point que ce soit, se font toujours de bas en-haut.

Point mordu, en terme de Brodeur au métier, ce sont d’assez grands points dont le second mord sur le premier ; ainsi du reste.

Point de mousseline, en terme de Brodeuse, se fait en-travers. On prend cinq fils de longueur, à côté desquels en passant l’aiguille pour en aller prendre cinq autres de travers, on en laisse deux de même sens. La seconde rangée se fait comme la premiere, en passant l’aiguille sur une branche de celle-ci vis-à-vis des deux fils qu’on a laissés, ce qui répété dans cette seconde rangée forme un petit cercle à quatre rayons en croix.

Point de mousseline rayée, en terme de Brodeuse, s’appelle ainsi, parce qu’il est composé d’une rangée ou raie de points d’Angleterre unis, & d’une autre de points de mousseline unis. Voyez Point d’Angleterre uni & Point de mousseline. On laisse toujours entre chaque raie neuf fils de distance.

Point d’œillet, en terme de Brodeuse, se monte sur six points de hauteur en tout sens, quatre fils de long sur l’aiguille, & deux en travers ; le carreau formé, on passe l’aiguille du centre dans tous les trous de point de la circonférence, ce qui fait autant de rayons que de points.

Point plaqué, au terme de Brodeur au métier, ce sont trois couleurs mal nuées dont les passages mal ménagés produisent des fleurs baroques, ou qu’on suppose étrangeres.

Point de quadrille, en terme de Brodeuse : prenez quatre fils en long & autant en travers sur l’aiguille ; ce qui se répétant en descendant, forme un quarré oblong. Ce point se monte sur quatre points de hauteur qui achevent la figure.

Point riche, en terme de Brodeuse en mousseline, c’est un ouvrage qui se fait en poussant l’aiguille sous quatre fils en long & quatre fils en travers de droite à gauche, & de gauche à droite. Ce point représente une espece d’échelle. Il se fait de plusieurs rangées à côté l’une de l’autre. La seconde se forme en passant l’aiguille sous les quatre points de travers de la premiere, en prenant deux fils du premier chaînon & deux du second ; ensorte que le second rang descend de deux fils plus bas que le second, ainsi des autres rangs.

Point riche a croix, en terme de Brodeuse ; on prend huit fils à droite & huit fils à gauche, en laissant toujours un de ces fils pris derriere l’aiguille & un devant. La même chose répétée en montant ou descendant le long de la premiere rayure & vis-à-vis des points, & des deux fils laissés l’un derriere & l’autre devant l’aiguille, forme une croix dans le point riche. Voyez cet article.

Point de Saxe, en terme de Brodeuse, commence par un point de tartelette en travers. Voyez Point de tartelette ; trois de hauteur, deux rayures en zig-zag, distantes de seize fils l’une de l’autre. Ces seize fils sont partagés en trois parties une de six, enbas, une de quatre au milieu, & une de six en-haut. On prend celle de quatre sur l’aile, on continue en descendant d’un fil, & en montant de même, jusqu’à ce que les seize soient pris. On recommence en diminuant ce qui forme la pomme ; on fait ensuite quatre points sans hausser ni baisser, qui représentent la queue d’une pomme que l’on fait comme la premiere, ainsi du reste.

Point de grand Saxe, en terme de Brodeuse ; on fait des points d’œillet sur quatre fils en long & en travers. Voyez Point d’œillet. On met six de haut le carreau que ces points forment d’un trou de point d’œillet à un autre ; on jette un tour de fil à piquer, & commençant à l’angle de travers en finit par l’autre, & on remplit le carreau.

Point de tartelette petite, en terme de Brodeuse, se fait sur quatre fils, & de quatre en quatre à deux faces seulement ; les deux points de ces faces sont un peu inclinés, le troisieme s’applique près d’eux en arrondissant vers ses extrémités ; & le quatrieme en-dessous. Il se monte sur trois points en tous sens, & représente un carreau un peu alongé.

Point de tartelette rempli, monté sur huit points de hauteur formant un quarré rempli de points de petit tas : on part du point du milieu, par lequel on a fermé le carreau en point de tartelette, voyez ces articles. On fait deux points riches du même sens, puis trois, puis deux, voyez Point riche. Dans le second carreau on fait du point de mignonette, excepté qu’on ne prend que deux fils de travers. Le point de mignonnette se fait le long du tartelette. Voyez Point de mignonnette.

Point de petit tas, en terme de Brodeuse ; prenez vingt fils de longueur & quatre de travers en passant l’aiguille deux fois sur l’un & l’autre ; faites huit rangées, la premiere d’un point, la seconde de deux, la troisiéme de trois, la quatrieme & cinquieme de six, la sixieme de six, la septieme de deux, & la huitieme d’un. Il y a toujours quatre fils entre chaque quarré.

Point de travers, en terme de Brodeuse, se fait sur quatre fils de long & quatre de travers, en fichant l’aiguille de quatre fils en quatre fils, & en en prenant toujours quatre sur l’aiguille.

Point turc, se fait sur cinq fils de long & autant de travers, en faisant quatre faces couvertes toutes d’un point noué. La derniere faite, on rapporte l’aiguille sur la croix, & on la fiche sous un de ses brins ; de-là on prend cinq autre fils comme en commençant, & on fait son second point.

Point de zig-zag, en terme de Brodeuse ; trois rayures croisées, voyez Point de carreau ; au-dessous on laisse seize fils, puis trois autres rayures au milieu, on prend six fils sur son aiguille en zig-zag.

Point, terme de Cartier, c’est une marque qui est rouge ou noire sur les cartes, & qu’on appelle pique, trefle, cœur ou carreau, parce que ces points ont quelque rapport avec le cœur, le trefle, le carreau & les fers d’une pique. (D. J.)

Point, terme de Cordonnier, ce mot désigne différentes dimensions de la longueur des souliers.

Point, (Dentelle.) ce mot se dit de toutes sortes de dentelles & passemens de fil faits à l’aiguille, comme points de France, point de Paris, point de Venise, &c. quelquefois il s’entend aussi de celles qui sont faites au fuseau. comme point d’Angleterre, point de Malines, point du Havre ; mais ces dernieres especes s’appellent plus ordinairement dentelles.

Points courans, s. m. p. (Jard.) petites lignes en maniere de hachures, qui servent à marquer dans les plans, les sillons des terres labourées & les couches de jardin.

Point, (Maréchal.) on appelle ainsi des trous faits avec le poinçon aux étrivieres & aux courroies des sangles, pour y faire entrer les ardillons des boucles qui les tiennent. Ainsi allonger ou raccourcir les étrivieres d’un point, c’est mettre l’ardillon à un trou plus haut ou plus bas qu’il n’étoit auparavant. Mettre la gourmette à son point, c’est faire entrer suivant le cas, la premiere ou la seconde maille dans le crochet qui tient à l’œil de la bride. Voyez Gourmette. On dit que les étrivieres sont au point du cavalier, lorsqu’elles sont proportionnées à la longueur de ses jambes. Voyez Chapelet, Etriviere.

Point secret, terme de Monnoie, c’est un petit point qui se met ordinairement sous les lettres des légendes, pour marquer le lieu de la fabrication.

Points, (Art numismat.) marque qu’on voit sur quelques médailles, & par conséquent sur des monnoies romaines : elle est faite ainsi. On trouve sur les médailles romaines un certain nombre de points mis des deux côtés, mais qui ne passent pas quatre, pour marquer la troisieme partie de l’as qui se divisoit en douze parties : uncia, sextans, dodrans, quadrans, triens. Le sextans se marquoit .. le quadrans ... le triens .... &c. par O ou par L libra, qui en spécifie le poids.

On trouve des points marqués principalement sur les médailles consulaires, mais ce ne sont pas les seules sur lesquelles on en trouve ; on en voit aussi sur quelques médailles d’argent de Tribonien Galle, tantôt un, tantôt deux, tantôt trois, & jamais plus de quatre : toujours en nombre pareil, tant dans l’exergue du revers, que derriere le buste du prince, du côté de la tête. Ces points se trouvent avec différens revers, comme Æquitas Aug. Felicitas publica. Pax Aug. Victoria Aug. Sæcullum novum. Ubertas Aug. &c. Dans le cabinet de M. l’abbé de Rothelin, il y avoit quatre de ces médailles de Gallus, dont le revers représente un temple, avec la légende Sæcullum novum ; la premiere n’a qu’un point en bas, & un autre derriere le buste ; la seconde deux points ; la troisieme trois ; & la quatrieme quatre, & toujours autant derriere le buste, que dans l’exergue du revers. Cette remarque de M. le baron de la Bastie, n’est peut-être pas indigne de l’attention des curieux. Il ajoute que la médaille même de Gallus paroîtroit copiée ou à dessein, ou par méprise sur la médaille de Philippe, si elle n’étoit pas assez commune, & si sæcullum n’étoit pas toujours écrit par deux ll, pendant que le même mot est écrit avec une seule l sur les médailles de Philippe. (D. J.)

Points, s. m. pl. terme de faiseuse de points, ce sont plusieurs petits points qui sont faits à l’aiguille, rangés proprement les uns auprès des autres, & dont le différent arrangement fait autant de diverses figures. Il y a le point clair, le point ferme, le point riche, le point de deux, le point de losange, le point vitré, &c.

Point, en terme d’Orfevre en grosserie, c’est l’endroit où une piece dont on cherchoit le milieu sur le poinçon, est restée en équilibre. Voyez Poinçon.

Points, s. m. pl. terme de Sellier & de Bourrelier, petits trous que ces artisans font à des étrivieres, à des courroies, ou à des souspentes de carrosses, pour y passer l’ardillon. (D. J.)

Point, (Jeu.) ce mot a deux acceptions au jeu : par exemple au piquet, on dit combien avez-vous de point ? J’ai le point, & j’ai fait 30 points. Dans ce dernier cas, le nombre des points est celui de tout le coup joué ; & dans le premier, c’est la valeur d’un certain nombre de cartes d’une même couleur.

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Étymologie de « point »

Étymologie de point - Littré

Wallon, pont ; provenç. ponch, pong, ponh, punt, point ; catal punt ; espagn. punto ; portug. ponto ; ital. punto ; du lat. punctum, de punctum, supin, de pungere (voy. POINDRE).

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Étymologie de point - Wiktionnaire

Du moyen français poinct – graphie savante refaite par l’influence de l’étymon latin – de l’ancien français point, du latin pŭnctum (« piqûre, point »), participe passé du verbe pŭngĕre (« poindre »).
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Phonétique du mot « point »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
point pwɛ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « point »

  • Qu'importe. À deux petits mois du scrutin régional où le candidat sortant du centre droit est donné archi-favori, l'annonce tombe à point pour le M5S. L'occasion d'envoyer un « signal de cohérence » aux électeurs, de leur dire « nous l'avons fait », confirme Fabio Tosi. Pas sûr que cela suffise. Il est loin le temps de la percée nationale de 2013, menée tambour battant à Gênes par Beppe Grillo lui-même. Ou du triomphe de 2018 lorsque la formation « antisystème » s'imposait comme premier parti d'Italie. La lumière des 5 étoiles est devenue blafarde. L'apathie du mouvement et son effacement face à Salvini lui ont coûté quelque 6 millions de voix aux européennes en mai 2019. Puis viendra le pacte avec l'ennemi juré, le Parti démocrate, à l'été 2019 : « Beaucoup de nos militants n'ont pas accepté cette alliance et nous y avons perdu des électeurs », reconnaît le chef de file du M5S génois. Le Point, Nouveau viaduc à Gênes, espoir pour les 5 étoiles - Le Point
  • « La journée de vendredi s'annonce la plus chaude de la semaine vers l'Aquitaine, excepté sur la façade atlantique où une baisse s'amorcera déjà », ajoute Météo-France. En juillet 2019, des températures records avaient été enregistrées dans toute la France. Le mercure avait pointé à 43,6 °C à Saint-Maur-des-Fossés. Le Point, Canicule : six départements placés en vigilance orange - Le Point
  • Dormir, c'est regarder un point. De Jacques Rigaut / Papiers posthumes
  • Les malheureux n’ont point de parents. De Proverbe français
  • Nécessité n’a point de loi. De Proverbe français
  • Pain coupé n’a point de maître. De Proverbe français
  • A sotte question, point de réponse. De Jacques Chirac
  • Au pourceau, l’ordure ne pue point. De Proverbe français
  • A parti déjà pris point de conseils. De Proverbe français
  • A folle demande, point de réponse. De Proverbe français
  • Sans variété, point de beauté. De Voltaire / Lettre à Thiriot - 6 Décembre 1738
  • En art point de frontière. De Victor Hugo / Tas de pierres
  • Point de propriété, sans liberté ; point de liberté, sans sûreté. De Pierre Dupont de Nemours / De l'origine et des progrès d'une science nouvelle
  • Qui n'imite point n'invente point. De Alain
  • Cécité : point de vue. De Michel Laclos
  • Point d'argent, point de Suisse. De Jean Racine / Les plaideurs

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Traductions du mot « point »

Langue Traduction
Corse puntu
Basque puntu
Japonais ポイント
Russe точка
Portugais ponto
Arabe نقطة
Chinois
Allemand punkt
Italien punto
Espagnol punto
Anglais point
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Synonymes de « point »

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