Sauter : définition de sauter


Sauter : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SAUTER, verbe

I. − Empl. intrans.
A. −
1.
a) Se détacher un bref moment de l'endroit où l'on est par une brusque détente du corps et exécuter ainsi un déplacement pour franchir un espace ou un obstacle. Synon. bondir.Sauter sur un mur, par-dessus un fossé, du haut du perron; sauter en avant, en arrière, de côté. Des petites carpes longues comme un doigt sautent en l'air comme des chiquenaudes (Renard, Journal, 1901, p. 682).Il fallait par moment sauter de pierre en pierre dans le lit même du ruisseau, en se tenant aux branches des buissons recourbés par-dessus (Ramuz, A. Pache, 1911, p. 26).
b) Changer de position, d'un seul élan du corps, soudainement.
Sauter en pied(s) (vx). Se lever brusquement. Le voleur s'enfuit. « (...) Morbleu! Il laisse la porte ouverte! (...) Il faut que je me lève par le froid qu'il fait! Maudit voleur! » L'abbé saute en pied, va fermer la porte, et revient se remettre à son travail (Chamfort, Caract. et anecd., 1794, p. 96):
1. − Monsieur, lui dis-je, je vous demande pardon de vous éveiller; mais j'ai une sotte question à vous faire: seriez-vous bien aise de voir arriver ici une demi-douzaine de lanciers? Il sauta en pieds, et d'une voix terrible: − Qui vous l'a dit? me demanda-t-il. Mérimée, Carmen, 1845, p. 15.
Sauter sur pied, sur ses pieds. Un coq éclate bientôt en fanfares, (...) tout le monde saute sur pied (Pesquidoux, Chez nous, 1923, p. 21).Un cri rauque: les Français font un bond en arrière, les Alsaciens sautent sur leurs pieds et se mettent au garde-à-vous (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 259).
c) Sauter en, dans, sur.S'installer d'un bond. Sauter en croupe, en selle; sauter dans le lit. Sauter en marche. Monter après le démarrage. Le tramway démarre au pas. Je prends ma course. Hop! Je saute en marche (Duhamel, Jard. bêtes sauv., 1934, p. 116).
Sauter à pieds joints (dans). V. joint part. passé II A 2.
Sauter (de).Descendre, quitter d'un bond, précipitamment. Le marquis saute du lit, prend ses pistolets (Chênedollé, Journal, 1818, p. 95).[Le cavalier] saute à terre et se jette dans le fossé, un bras replié devant le visage, l'autre main tenant les rênes de sa jument (Cl. Simon, Les Géorgiques, 1981, p. 61).Sauter en marche. Descendre avant l'arrêt. Pop. ,,Pratiquer le coïtus interruptus`` (Cellard-Rey 1980). Ça fait quatre ans qu'il saute en marche, je le comprends (J. Cordelier,La Dérobade,1976,p. 88, ds Cellard-Rey 1980).
d) Réagir vivement sous l'effet d'un choc émotif. Synon. sursauter, faire un bond*.Sauter au coup de sonnette. Un coup de marteau retentit à la porte de la maison, et y fit un si grand tapage que les femmes sautèrent sur leurs chaises (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 47).− Voilà, dit enfin Bordenave. Une idée nous est venue... Surtout, ne sautez pas. C'est très sérieux... Qu'est-ce que vous pensez de Nana dans le rôle de la duchesse? (Zola, Nana, 1880, p. 1341).
Au fig., p. hyperb. Sauter aux nues. V. nue B 1 b.Sauter au plafond (fam.). V. plafond I A 1.Sauter au plancher (plancher au sens vieilli de « plafond »). Cette belle réponse a fait sauter Delaborde au plancher, et il s'est écrié tout en colère: « Que diable, vous voulez donc avoir votre père pour aide de camp? » (Sand, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 48).
2.
a) [Le suj. désigne certains oiseaux, certains animaux] Se déplacer au sol par des bonds successifs. Synon. sauteler (vieilli), sautiller.Le kangourou saute par bonds précis et élastiques tout le long de son allée (Renard, Journal, 1902, p. 742).
b) Faire une série de bonds. Synon. cabrioler, gambader.Le chien trottant, sautant, virant autour d'elle, faisait dix fois le chemin (Pourrat, Gaspard, 1922, p. 33).
P. anal. [En parlant d'une pers.] Sauter comme un cabri. Brulart surtout ne se possédait pas de joie; il sautait, gambadait, tonnait, ravi de voir la réussite de sa ruse... (Sue, Atar-Gull, 1831, p. 22):
2. Lesable tenait à deux mains la rampe de fer, buvant l'air comme on boit du vin, avec une envie de sauter, de crier, de faire des gestes violents, tant il se sentait envahi par une joie profonde et triomphante. Maupass., Contes et nouv., t. 1, Hérit., 1884, p. 486.
[Avec un compl. en de désignant un affect] Madame de Chasteller se promenait dans sa chambre, presque en sautant de joie (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 23).
c) P. hyperb. Se précipiter. Sauter chez qqn. En apprenant la mort du petit Doucet, ce matin, j'ai sauté dans le premier train et n'ai fait qu'un bond jusqu'ici (G. Leroux, Roul. tsar, 1912, p. 70).Il avait juste ensuite le temps de sauter à la gare d'Orsay et de prendre le train pour la Dordogne (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 378).
Fam. Et que ça saute! [Exhortation à exécuter immédiatement un ordre] Tes papiers, hurla-t-il [l'agent], et que ça saute! (Queneau, Zazie, 1959, p. 232).
3. S'élancer vers le bas, dans le vide. Alors ils [les Chinois] ont commencé à se jeter par les fenêtres. Et tu as à Singapour des touristes (...) qui attendent, dans l'espoir qu'il y aura un petit Chinois qui va sauter (R. Gary, La Nuit sera calme, 1974, p. 173).
Sauter en parachute. Il avait sauté en parachute dans des conditions désastreuses, en pleine vitesse (Saint-Exup., Pilote guerre, 1942, p. 274).
Sauter dans le vide. P. métaph. Les savants sont obligés de sauter chaque fois dans le vide en créant un matériel mental nouveau (Ruyer, Esq. philos. struct., 1930, p. 202).
Reculer pour mieux sauter. V. reculer I A 1.
4.
a) Exécuter des sauts par jeu ou par pratique sportive. Sauter à la corde (v. ce mot I D 2); sauter à cloche-pied*. Sur l'asphalte, des petites filles avaient dessiné à la craie des carrés bien égaux, avec des noms écrits: Europe, Asie, Amérique, et jouaient et faisaient leurs jeux, criant et sautant sur un pied (Ramuz, A. Pache, 1911, p. 178).
b) Pratiquer un saut de l'une des disciplines de l'athlétisme ou de la gymnastique. Sauter à la perche, en hauteur, en longueur.
c) ÉQUIT. [Le suj. désigne le cavalier ou le cheval monté] Franchir un obstacle. Le cheval monté sautera d'abord au trot (Henriquet, L'Équitation, 1972ds Petiot 1982).
5.
a) Vieilli. Danser, participer à une sauterie. Malgré le carême l'on sautera à la Chaussée d'Antin, l'on dansera au Marais; il y aura des bals au faubourg Saint-Germain et des raouts au faubourg Saint-Honoré (La Mode, 1830, II, p. 215 cité par A.-J. Greimas, Nouv. datat. ds Fr. mod. t. 20 1952, p. 306).Si vous dansez à Madrid, nous sommes en fêtes à Paris. Jamais je n'ai vu tant sauter (Mérimée, Lettres ctessede Montijo, t. 1, 1845, p. 115).
b) Danser sans grâce, en se démenant. Elle sauta toute la nuit, au son furieux des trombones; on faisait cercle autour d'elle (Flaub., MmeBovary, t. 2, 1857, p. 143).On n'y vide plus de chopes, on n'y fait plus sauter les dames au son de l'accordéon (Morand, New-York, 1930, p. 77).
Rem. Ces accept. ont pour orig. l'oppos. hist. entre les danses « sautées » du peuple et les danses « glissées » de l'aristocratie, comme le montre cet énoncé: Puis le bal s'ouvrit dans les salons, tandis qu'au dehors villageois et villageoises sautaient sous la ramée au son de la cornemuse (Sandeau, Mllede La Seiglière, 1848, p. 103).
6. Au fig.
a) Passer d'un sujet à un autre, d'une idée à une autre, sans transition, sans lien logique. Synon. papillonner.MmeValavert était très animée; un peu nerveuse même, et volubile. Elle sautait d'un propos à l'autre (Romains, Hommes bonne vol., 1939, p. 209).Mon esprit qui fut toujours trop mobile sautait avec ravissement d'un sujet à l'autre (Green, Journal, 1942, p. 233).
Sauter du coq-à-l'âne. V. ce mot ex. de Jouy.
En partic. Écouter la radio, regarder la télévision, en passant d'un poste à un autre, d'une chaîne à une autre. Synon. zapper:
3. J'ai tourné le bouton de la télévision; je m'amusai à sauter d'un poste à un autre, entremêlant films, comédies, aventures, bulletins d'information, drames policiers, histoires fantastiques. Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 526.
b) Omettre certains éléments d'une série, d'un ensemble ordonné. Et n'aie souci, dans ce travail, de la vérité chronologique de la fabrication. Saute sur des détails, peu importe (Flaub., Corresp., 1852, p. 81).
7. [Suj. désignant l'inanimé]
a) MAR., MÉTÉOR. [Le suj. désigne le vent] Changer brusquement et fortement de direction. Le vent saute tout à coup du bon côté, et pour cette fois termine tous nos embarras, en nous conduisant dans la rade des dunes, où nous jetons l'ancre (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 528).
b) [Le suj. désigne un processus ou une valeur] Varier en intensité, très brusquement. Il avait forcé le succès (...), le capital sautant de vingt-cinq, à cinquante, à cent, à cent cinquante millions, dans une progression qui semblait annoncer une miraculeuse prospérité (Zola, Argent, 1891, p. 261).La production mondiale [d'acier] avait sauté de 4 274 000 tonnes en 1880 à 28 342 000 en 1900 et à 75 millions en 1913 (P. Rousseau, Hist. techn. et invent., 1967, p. 298).
c) [Le suj. désigne les yeux, le regard] Être mobile, instable. Deux yeux clairs espèrent et sautent (...). Tout un corps qui s'ébranle ainsi qu'un arbre qu'on abat, se penche (Aragon, La Défense de l'infini, 1986 [1926], p. 221).
d) [Le suj. désigne une flamme, une image lumineuse] Synon. danser, vaciller.Flamme, image qui saute. J'allumais l'œil de la télé (...). La scène sautait comme il arrive à la pupille (Aragon, Blanche ou l'oubli, 1971 [1967], p. 87).
B. −
1. Se jeter sur un animal, une personne pour l'agresser. Synon. bondir.
a) Sauter sur (+ subst. désignant un être vivant).Sauter sur sa proie. Saisi de rage (...), il sauta sur son ennemi la pointe du couteau de chasse en avant (Stendhal, Chartreuse, 1839, p. 178).Mais voilà que, tout à coup, la sainte rage me prit; je sautai sur lui, l'empoignai (Gide, Si le grain, 1924, p. 409).
Sauter dessus
[Avec compl. pronom. désignant le destinataire] Lui (leur, te,...) sauter dessus. Ne tourne jamais le dos à un chien, il te sautera dessus (Bernanos, Crime, 1935, p. 806).
Au fig., fam. Faire des avances pressantes. Elle te saute dessus, elle fait des frais pour te conquérir (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 218).
En empl. pronom. réciproque. Se sauter dessus. Se battre. [Les touristes] avançaient lentement, retardés par les discussions des deux savants toujours en querelle, prêts à se sauter dessus (A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p. 211).
b) Sauter à, sur (+ subst. désignant une partie du corps, avec un compl. de n. ou un pron. désignant le destinataire).Sauter sur le dos de qqn. Nous franchîmes des terrains enclos, et tous les chiens de garde nous sautaient aux jambes en nous poursuivant (Chateaubr., Mém., t. 3, 1848, p. 67).
Loc. verb. (au sens de « attaquer »). Sauter sur le paletot*, sur le râble (v. râble2).
Sauter au chignon (pop., fam.). Quand elle aperçut Nana le nez en sang, étranglée de sanglots, elle faillit sauter au chignon de la concierge (Zola, Assommoir, 1877, p. 521).
Sauter à la gorge. V. ce mot I A 2 b. Empl. pronom. réciproque. Se battre. Parfois [des ouvriers] se sautent à la gorge pour une affaire d'apéritif ou de femme (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 23).
Sauter au visage. J'allais ouvrir. Une femme me sauta au visage, me bouscula, entra et pénétra dans mon atelier (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Modèle, 1883, p. 425).
Au fig. [Avec suj. de l'inanimé]
Sauter à l'œil, aux yeux. Être évident. Les défauts de M. Delacroix sont parfois si visibles qu'ils sautent à l'œil le moins exercé (Baudel., Salon, 1846, p. 130).[En constr. impers.] Mais quoique nous n'ayons pas une connaissance certaine de l'imposition respective des ordres, il saute aux yeux que le tiers en supporte plus de la moitié (Sieyès, Tiers état, 1789, p. 44).
P. anal. Sauter à l'esprit, à l'oreille. Cela reste subtil et ne saute pas à l'esprit (Gide, Journal, 1931, p. 1092).[Ces objets sonores] vous sautaient à l'oreille sans idée préconçue (Schaeffer, Rech. mus. concr., 1952, p. 42).
Sauter au visage. Faire une brusque impression, comme un coup porté au visage. Le portrait de Rodolphe lui sauta en plein visage, au milieu des billets doux bouleversés (Flaub., MmeBovary, t. 2, 1857, p. 206).Il s'arrête [de lire]. Ses yeux se brouillent; le passé lui saute au visage... (Martin du G., J. Barois, 1913, p. 306).
2. Sauter sur qqc.S'élancer pour s'emparer de. Synon. se jeter sur.Si une feuille du parquet vient à crier, il saute sur ses pistolets et croit à un libéral caché sous son lit (Stendhal, Chartreuse, 1839, p. 93).
Au fig. S'emparer ou accepter sans attendre. Synon. se jeter, se précipiter.Sauter sur une offre, une proposition. Il y a toujours des journalistes pour sauter sur des histoires comme ça (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 436).Sauter dessus. Coquin de sort! C'est une grosse commande, il faut sauter dessus! (Pagnol, Marius, 1931, i, 4, p. 42).
Sauter sur l'occasion. Profiter sans délai d'une circonstance favorable. Tout ce qu'il demande, c'est à faire parler de lui: il sautera sur l'occasion (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 551).
3. Sauter au cou de qqn. Se précipiter pour l'embrasser. V. cou A 1.
II. − Empl. trans.
A. −
1. Franchir (un obstacle) en faisant un bond. Sauter un fossé, une haie; sauter vingt mètres.
Locutions
Sauter le fossé (vieilli). Même sens que sauter le pas (infra). V. fossé ex. 3 et 4.
Sauter le mur (fam.). Sortir sans permission. V. mur A 3 ex. de Gracq.
Sauter le pas. Accomplir un acte qui engage dans une voie radicalement nouvelle, irréversible. En tout cas, je viens de sauter le pas. Maintenant, c'est fini et je ne pourrai plus m'arrêter, ni revenir en arrière (Camus, Requiem, 1956, 2epart., 4etabl., p. 866).V. pas2II B 2 ex. de Sainte-Beuve et Morand.Sauter le pas. Mourir. Enfin, quoi! dit le malade; j'ai été caporal au 3ede ligne à Montmirail. Je sais bien qu'il faut sauter le pas, mais on n'aime pas à être empoisonné (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 362).
2.
a) Omettre, en prononçant, en écrivant, ou en lisant, des éléments d'un énoncé ou d'un texte. Sauter un mot, une ligne. Sa façon créole de sauter les r est assez exquise (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1911, p. 302).
b) S'abstenir de lire certains passages ou certaines parties d'un texte. Il était pudibond à l'excès. Nous sautions des pages entières de Télémaque, comme contraires aux bonnes mœurs (Toepffer, Nouv. genev., 1839, p. 71).
c) Omettre, dans un propos, dans un récit, certains faits, certaines circonstances. Je vous dis tout; mais peut-on tout dire et ne sauter aucun détail des misères intérieures? (M. de Guérin, Corresp., 1838, p. 355).
3. Omettre certaines phases d'un cycle, certains éléments d'une série. Sauter une classe, une étape, un repas, son tour. Toutefois, les élèves bien doués et en avance dans leurs études peuvent « sauter » soit le cours préparatoire proprement dit, soit le cours moyen 1reannée (Encyclop. éduc., 1960, p. 103).[Avec suj. de l'inanimé] Il se croyait indemne des tares physiologiques de la famille; mais la pensée même que l'hérédité sautait parfois une génération, et que, chez un fils né de lui, les désordres des aïeux pouvaient reparaître, ne l'arrêtait pas (Zola, Dr Pascal, 1893, p. 100).
4. SPORTS (course). Sauter qqn.Dépasser brusquement un coureur à pied dans la foulée duquel on se tenait. Je l'attaque aux 200 mètres et le « saute » aisément (L'Auto, 30 nov. 1931ds Petiot 1982).[En parlant d'un coureur cycliste] Mais à hauteur de son pédalier, il sent qu'un nouveau rival regagne inexorablement du terrain. « D'où sort-il, celui-là? Il va me sauter? Non. Non » (Jeux et sports, 1967, p. 1530).
B. −
1. Vieilli. Exécuter (une danse). Sauter la bourrée. Cette mélancolie [des femmes écossaises] est surtout séduisante au bal où elle donne un singulier piquant à l'ardeur et à l'extrême empressement avec lesquels elles sautent leurs danses nationales (Stendhal, Amour, 1822, p. 158):
4. J'ai vu une fois un magistrat respectable, un homme honorable, comme disent d'eux-mêmes les gens du monde, un de ces hommes dont la gravité artificielle impose toujours, au moment où le hachish fit invasion en lui, se mettre brusquement à sauter un cancan des plus indécens. Baudel., Paradis artif., 1860, p. 341.
2. Pop. La sauter. Avoir faim. Il avait employé sa matinée à des enquêtes dont il me présenta les conclusions: − Rien à boire ni à bouffer. Ils la sautent, comme on ne l'a peut-être jamais sautée (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 37).Slick: − Quand on la saute, mon pote, c'est pas avec sa tête qu'on pense (Sartre, Mains sales, 1948, 3etabl., 3, p. 97).
C. − Arg. Arrêter quelqu'un par surprise. Les condés qui les avaient sautés [les Chinois] avaient ramené pas mal de preuves (Le Breton, Razzia, 1954, p. 210).
D. −
1. Rare. Saillir. (Dict. xixeet xxes.).
2. Pop. Posséder une femme. Synon. baiser1.Y a que les cognes qui sont bien reçus ici, approuve un autre. Ils sautent la patronne, tu comprends, comme ça elle est parée pour les contraventions (Dorgelès, Croix de bois, 1919, p. 106).Quand une fille est sérieuse, tu peux toujours courir pour la sauter (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 150).
III. − Empl. factitifs
A. − [Sans l'auxil. faire] ART CULIN. Faire cuire (un aliment) en remuant vivement la poêle. Et on y jette de temps en temps un peu de beurre frais, afin de pouvoir bien sauter ce mélange sans qu'il attache (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p. 340).Sautez ces pommes avec deux onces de beurre fin (Gdes heures cuis. fr.,Carême, 1833, p. 149).
B. − [Avec l'auxil. faire] Qqn1/qqc.1fait sauter qqc.2(dans, sur qqc.3); qqc.2saute (dans, sur qqc.3)
1.
a) Qqn1fait sauter qqc.2(dans, sur qqc.3).Imprimer un mouvement de bas en haut à des choses qui reposent sur une surface, qui sont rattachées à une masse. Faire sauter des crêpes dans une poêle. Tout en m'abandonnant à des rêveries incohérentes, je fais sauter les bijoux dans ma main (Milosz, Amour. init., 1910, p. 126).Et les jeunes hommes musculeux, et les jolies filles souples, la chemise nouée au col et les bras nus, faisaient sauter le grain avec de beaux gestes équilibrés (Pesquidoux, Chez nous, 1921, p. 145).
ART CULIN. Faire sauter (des pommes de terre, des rognons). Faire cuire en remuant vivement. (Dict. xxes.).
[Qqc.1désigne la cause] Il y eut dans le café des regards furieux, des attitudes méprisantes, des injures et des vociférations avec des coups de poing sur les tables qui faisaient sauter les canettes (Flaub., Bouvard, t. 2, 1880, p. 183).
b) Qqc.2saute.Être ballotté, agité. Synon. tressauter.La barque sautait et roulait dans le raz de Sein (Queffélec, Recteur, 1944, p. 45).Des bijoux de couleur vive sautaient à son cou et à ses bras (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 245).
[Le suj. désigne le corps ou une partie du corps] Être agité de tremblements. Le corps de l'enfant, sillonné par des décharges nerveuses, sautait sous les draps (Martin du G., Thib., Cah. gr., 1922, p. 616).Sa bouche sautait au-dessous de ses yeux de lapin (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 70).
[Le suj. désigne le cœur, le pouls] Battre fortement. Catherine délia le cordon et ouvrit. Moi j'étais derrière et mon cœur sautait, sautait; j'avais peur en ce moment que la montre ne fût pas assez belle (Erckm.-Chatr., Conscrit 1813, 1864, p. 19).[Avec pron. datif] Le cœur lui sautait dans la poitrine comme une bête dans un sac (Pourrat, Gaspard, 1922, p. 103).
MAR. Sauter sur la vague. ,,Faire des tangages courts et fréquents`` (Bonn.-Paris 1859).
2.
a) Qqn1fait sauter qqc.2(de qqc.3hors de qqc.3).Faire sortir une chose du logement dans lequel elle est retenue. [Il] faisait sauter avec un couteau les petites plaques de gazon restées collées entre les crampons (Cl. Simon, Histoire, 1973 [1967], p. 264).[Avec pron. datif] Synon. de arracher.On a eu tort de laisser l'ancienne moulure. − Tu trouves? − Je pouvais te la faire sauter... et te la remplacer par une autre (Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 287).
P. ext. Projeter une chose à distance, en donnant un coup. Synon. faire valser* (fam.), envoyer dinguer* (pop.).Le maître d'hôtel, passant entre les épaules des convives les plats tout découpés, faisait d'un coup de sa cuiller sauter pour vous le morceau qu'on choisissait (Flaub., MmeBovary, t. 1, 1857, p. 55).
Au fig., fam. Faire sauter l'argent, les écus. Dilapider. Synon. faire danser*, faire valser* (fam.).Il se consolait de son beau-père en faisant sauter ses écus (Sandeau, Sacs, 1851, p. 38).C'est ici l'endroit redouté des mères, l'endroit effroyable où les fils mineurs font sauter l'argent gagné par leurs pères, et rognent la dot promise à leurs sœurs (Meilhac, Halévy, Vie paris., 1867, v, 5, p. 109).
b) Qqc.2saute.Être éjecté, projeté. La courroie a sauté. La combinaison choisie (vitesse) ne tient pas, elle « saute » (Chapelain, Techn. automob., 1956, p. 353).
3.
a) Qqn1fait sauter qqc.2.Faire éclater, briser en portant un coup. Faire sauter un cadenas, une serrure. Des pierres, des bâtons, font sauter les vitres en éclats (Martin du G., J. Barois, 1913, p. 378).
Faire sauter (le caisson (pop.), la cervelle (fam.), la tête de qqn). Tuer en frappant ou en tirant un coup de feu à la tête. V. caisson A 1 b ex. de Borel et cervelle I A ex. de Van der Meersch.Empl. pronom. réfl. Se suicider. Ce que j'ai de mieux à faire, continua-t-il à demi-voix et se parlant à lui-même, c'est, je crois, d'aller au fond de la rivière ou de me faire sauter la cervelle (Karr, Sous tilleuls, 1832, p. 163).
Faire sauter le carcan (au fig.). Libérer:
5. Et je revendique, ce faisant, le droit de briser avec le sens usuel du langage, de rompre une bonne fois l'armature, de faire sauter le carcan, d'en revenir enfin aux origines étymologiques de la langue qui à travers des concepts abstraits évoquent toujours une notion concrète. Artaud, Théâtre et son double, 1938, p. 121.
ÉLECTR. Faire sauter les plombs. Provoquer un court-circuit. Après, je suis remontée dans ma chambre et je me suis fait du thé sur mon réchaud électrique. Je le cache parce qu'il fait sauter les plombs une fois sur trois (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 58).
b) Qqc.2saute.Éclater, être brisé. Tac! le tube de ma lampe vient de sauter ou plutôt de se fendre (Amiel, Journal, 1866, p. 338).Mais sous la main vigoureuse d'Ayrton, le cadenas sauta et la porte fut ouverte (Verne, Île myst., 1874, p. 435).
Les plombs sautent. V. plomb II B 10.
4.
a) Qqn1fait sauter qqc.2.Détruire avec une charge explosive. Faire sauter les rochers, les ponts à la dynamite. P. métaph. Nom de Dieu, il y a là de quoi faire sauter le monde en mille morceaux (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 324).[Qqc.1désigne la charge explosive] On devait les considérer [les clubs des Jacobins] comme la mine souterraine toujours prête à faire sauter les institutions existantes, quand l'occasion s'en présenterait (Staël, Consid. Révol. fr., t. 1, 1817, p. 313).
Faire sauter en l'air (au fig., vieilli). Appliquées au faible trône des Bourbons, elles [les Ventes] pouvaient le faire sauter en l'air (Chateaubr., Congrès Vérone, t. 1, 1838, p. 249).
[Qqc.2désigne l'engin explosif] Faire sauter une mine, un obus. Faire exploser. (Dict. xxes.).
b) Qqc.2saute.Être détruit, exploser. La batterie anglaise vient de sauter (Giono, Gd troupeau, 1931, p. 250).[Le tank] a sauté sur une mine et s'est mis à brûler (B. Vian, Les Fourmis, Paris, Union gén. d'éd., 1984 [1949], p. 11).
Sauter en l'air (vieilli). La goëlette trembla dans sa membrure au bruit d'une épouvantable détonation. (...) C'était cette pauvre Catherine qui sautait en l'air (Sue, Atar-Gull, 1831, p. 22).
[Qqc.2désigne l'engin explosif] La mine magnétique, qui saute lorsqu'on passe dans son voisinage sans avoir besoin de la toucher (Le Masson, Mar., 1951, p. 54).
5. Au fig.
a) Faire sauter la banque. La mettre dans l'impossibilité de payer, la mettre en faillite. Treize rouges de suite! Sans toi, je faisais sauter la banque (Jouy, Hermite, t. 3, 1813, p. 102).C'est une vieille joueuse (...). Elle a fait sauter la banque de Bade l'année dernière (Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 483).
La banque saute. [Les casinos] savent mettre en scène tout ce qui peut encourager le public à tenter « sa chance »: quand la banque « saute », les administrateurs savent prendre un air consterné (Jeux et sports, 1967, p. 490).
[Le suj. désigne un banquier, un financier] Cette fois, on se demandait comment il allait faire pour payer, et s'il ne sauterait pas du coup (A. Daudet, Jack, t. 2, 1876, p. 16).Pierre Gavarni parlait des peintres qu'on lui avait annoncés comme devant prochainement sauter, l'expression consacrée pour la ruine des agents de change (Goncourt, Journal, 1884, p. 347).
b) Faire sauter une personne. Contraindre une personne à abandonner un poste de responsabilité, à se démettre de ses fonctions.
Qqn saute.Quelqu'un perd sa place, est évincé. − Si vous sautez, je ne serai jamais chef de bureau, dit froidement M. Marneffe (Balzac, Cous. Bette, 1846, p. 253).Quand la Chambre saura tout ce qui se passe là-dedans, le ministre sautera du coup (Maupass., Contes et nouv., t. 1, En fam., 1881, p. 344).
c) Faire sauter une contravention. La faire supprimer. (Dict. xxes.).
d) JEUX DE CARTES. Faire sauter la coupe. Remettre subrepticement les cartes dans l'ordre où elles étaient avant la coupe. Il y eut dans Munich comme une épidémie de scandales. On vit successivement une chanoinesse enlever un baryton, le doyen de l'Institut épouser une danseuse, un conseiller aulique faire sauter la coupe (A. Daudet, Contes lundi, 1873, p. 70).
Faire sauter la carte. Ne pas distribuer la carte qui se trouve au-dessus du paquet. Un galant homme ne marque pas les points qu'il n'a pas et ne fait sauter la carte qu'au jeu du Roi (France, Rôtisserie, 1893, p. 205).
Prononc. et Orth.: [sote], (il) saute [so:t]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Verbe intrans. A. 1. a) 1181-90 « s'élancer en l'air, soit pour retomber au même endroit, soit pour franchir un espace » (Chrétien de Troyes, Graal, éd. F. Lecoy, 8261); b) ca 1480 « exécuter une certaine sorte de saut comme exercice acrobatique » (G. Coquillart, Monologue du Puys, 70, éd. M. J. Freeman, p. 304); c) 1538 « danser » (Est.); d) 1678 man. sauter de ferme à ferme (Guillet, 1repart., p. 115, s.v. ferme); 1765 sauter entre les piliers (Encyclop.); 1855 sauter un obstacle (Le Sport, 29 mars ds Petiot 1982); e) 1909 gymn. sauter en longueur (L'Auto-vélo, 29 mars, ibid.); 2. a) fin xives. « s'élancer vivement d'un endroit à un autre » (Froissart, Chroniques, éd. L. Mirot, t. 12, pp. 178-179); b) av. 1506 sauter sur qqn « attaquer » (Fenin, 1417 ds Littré); 1538 sauter au col à qqn (Est.); 1549 sauter au col de qqn (ibid.); 1548 sauter au colet de qqn (N. Du Fail, Baliverneries d'Eutrapel, éd. G. Milin, 24, 331); 1604 sauter à la gorge de qqn (Montchrestien, Les Lacènes, p. 183 ds IGLF); 1651 sauter aux yeux de qqn (Scarron, Roman comique, II, 7 ds Littré); 3. a) α) xves. « passer sans transition d'un sujet à un autre » sauter du coq à l'asne, v. coq*; β) 1660 « passer brusquement d'un endroit à un autre » (Molière, Les Précieuses, préf.); spéc. 1694 « passer d'une place inférieure à une place plus élevée sans passer par celle du milieu » (Ac.); b) mus. α) 1705 chant (Brossart, p. 100: en Sautant. C'est quand le Chant ne va point par degrez conjoints, ou quand entre chaque Notte il y a Intervalle); β) 1768 instrument à vent (Rousseau, p. 423: On fait sauter le Ton); 4. 1579 « manifester de façon apparente ce qu'on éprouve » sauter d'allegresse (R. Garnier, La Troade, 329, II, p. 93 ds IGLF); 1784 sauter aux solives (Diderot, Est-il bon? Est-il méchant? p. 255); 1808 sauter au plancher (Hautel); 1851 sauter au plafond (Dumas père, Ctede Morcerf, I, 2, p. 25); 5. a) 1732 « détruire, tuer par une explosion » (Lesage, Aventures du Chevalier de Beauchêne, p. 125: allions mettre devant lui le feu à notre prise, et faire sauter avec elle soixante hommes); b) 1800 « perdre sa place » (Lemercier, Pinto, II, 12, p. 70: Les Bragance, les Villarial, les Aveiro sauteront et leurs partisans iront travailler aux mines); 1876 « faire faillite » (Zola, E. Rougon, p. 17); c) empl. pronom. 1833 se faire sauter (Musset, Rolla, p. 7); 6. 1839 fig. « saisir avec empressement ce qui se présente » (Balzac, Corresp., p. 584: je saute sur votre offre). B. 1. a) 1530 « être animé par un mouvement brusque, saccadé » (Marot, IV, 65 ds Littré); 1579 fig. (Larivey, Morfondu, I, 2 ds IGLF: le cœur me saute d'allegresse); b) 1870 mar. sauter sur la lame (Littré); 2. a) 1580 « voler en éclats; exploser » (B. Palissy, Disc. adm., p. 188 ds IGLF: le feu, l'aër et l'eau n'eussent ils pas [...] fait sauter a dextre et a senestre les canaux et voutes, par lesquelles lesdites eaux passent); 1587 faire sauter (Lanoue, Disc., p. 602 ds Gdf. Compl.); b) 1680 faire sauter la cervelle à qqn (Rich., s.v. cervelle); 1833 faire sauter le caisson (Borel, Champavert, p. 217); 3. a) 1580 « être projeté avec plus ou moins de force hors de son emplacement » (B. Palissy, op. cit., p. 386: les esclats desdits cailloux sautoient contre ma besongne, l'esmail [...] print lesdits cailloux); b) 1614 faire sauter la teste a qqn (Brantome, Grant capit., I, XXVII, Œuvres, II, 161 ds Gdf. Compl.); 1694 faire sauter un œil (Ac.); c) jeu 1721 billard faire sauter une bille (Trév.); 1834 cartes faire sauter la coupe (Land.); d) 1735 faire sauter la serrure (Mouhy, La Paysanne parvenue, t. 2, p. 310); 1824 faire sauter la porte (Balzac, Annette, t. 3, p. 32); 4. a) 1663 sauter aux yeux « être manifeste » (Molière, L'Impromptu, 1); b) 1690, 5 févr. id. « frapper la vue tout à coup » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 3, p. 830); 5. 1678 mar. « changer brusquement de direction en parlant du vent » (Guillet, 3epart.); 6. 1690 faire sauter un mauvais lieu « fermer » (Fur.); 7. 1740 jeu faire sauter la banque (J. de Varenne, Mémoires du Chevalier de Ravanne, t. 1, p. 203); 8. 1767 cuis. faire sauter un mets (Dict. portatif de cuis.); 9. 1912 et que cela saute! (d'apr. Esn. 1966). C. 1617 faire sauter « voler, dérober » (D'Aubigné, Faeneste, III, 1 ds Gdf. Compl.). II. Verbe trans. 1. fin xves. « franchir en se lançant en l'air » sauter ung sault (Galien rethoré, Koschwitz, Sechs Bearbeit. von Karls des Grossen Reise, p. 122, ibid.); 1622 sauter les murailles (Caquets de l'Accouchée, 2ejournée, II, 90 ds IGLF); 1694 sauter les fenêtres (Ac.); au fig. a) 1611 saulter le baston (Cotgr.); b) 1716 « prendre un parti hasardeux après avoir beaucoup hésité » (Destouches, Triple Mariage, 578 ds IGLF); c) 1789 sauter le pas « mourir » (Harangue des dames de la Halle, aux citoyens du fauxbourg Saint-Antoine, p. 4 ds Quem. DDL t. 32); 2. a) 1636 « omettre quelque chose en lisant » (Monet); b) 1690 « passer un degré dans une série » (Fur.); c) 1916 la sauter « se passer de nourriture » (Fantasio, 15, 10 ds Esn. Poilu 1919, p. 315); 3. a) 1765 « couvrir une jument (en parlant d'un étalon) » (Encyclop.); b) 1922 sauter une femme (A. Dauzat ds R. Philol. fr., p. 169); 4. 1772 pêche sauter un baril de morues, de harengs (Duhamel du Monceau, Traité gén. des pêches); 5. 1812 cuis. (Boiste). Du lat. saltare « danser », puis « sauter », sens pris à salire, dont il est dérivé. Fréq. abs. littér.: 5 331. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 559, b) 9 144; xxes.: a) 9 372, b) 8 236.
DÉR.
Sautage, subst. masc.a) Technol. Action de faire sauter (une roche) à l'explosif. L'emploi des explosifs pour le sautage des roches (...) a permis d'exploiter économiquement des mines (Haton de La Goupillière, Exploitation mines, 1905, p. 306).Le trou de mine étant préparé, si le sautage doit être opéré au moyen de la poudre ordinaire, on le charge en plaçant au fond du trou et sur un tiers environ de sa hauteur, des cartouches contenant ordinairement de 100 à 150 grammes de poudre (Bourde, Trav. publ., 1928, p. 108).b) Arg., vx. ,,Vol qui se commet en sautant sur les voitures`` (Dict. arg., 1847, p. 253). Voler et sauter à terre. Ils font le Sautage sur le grand Trimard pendant la Sorgue (Ansiaume, Arg. du bagne de Brest, 1821, f o15 r o, § 432 ds Quem. DDL t. 3). [sota:ʒ]. 1resattest. a) α) 1730 pêche (Savary), β) 1772 « action de faire exploser » (Duhamel du Monceau, Traité gén. des pêches), 1865 sautage des mines (Presse scientifique, t. 2, p. 250 ds Littré), b) arg. 1821 « action de voler » (Ansiaume, loc. cit.); de sauter, suff. -age*.
BBG.Quem. DDL t. 31, 34 (s.v. sauter à la corde).

Sauter : définition du Wiktionnaire

Verbe

sauter \so.te\ intransitif ou transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. S’élancer en l’air, soit pour retomber au même endroit, soit pour franchir un espace.
    • Et Le Gonidec saute à l’eau aveuglante. Il nage tant bien que mal, et donne contre une échelle. Il s’y cramponne […] — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, vol. 6, 1936)
    • Le roi, en rocquant, ne doit sauter que deux cases, c'est à-dire, que la tour avec laquelle il rocque, se mettra sur la case attenant immédiatement au roi, et celui-ci, sautant par dessus, se placera de l'autre côté de la tour. — (Hilaire Le Gai, Almanach des jeux : Académie nouvelle, Paris : Passard, 1853, page 168)
    • Sauter d’un bateau dans un autre.
    • Sauter à terre.
    • Il sauta dans la rivière.
    • Sauter sur un cheval.
    • Sauter en selle.
    • Sauter en croupe.
    • Sauter de joie.
    • Un cheval qui saute.
    • Faire sauter un cheval.
    • Un oiseau qui saute de branche en branche.
    • Faire sauter un chien par-dessus un bâton.
    • Sauter à bas de son lit : Descendre vivement de son lit.
    • Sauter à la corde : Sauter par-dessus une corde qu’on fait tourner en l’air.
  2. (Billard) Faire tomber, en jouant, hors de la table du billard, en passant par-dessus les bandes.
    • Faire sauter une bille.
    • La bille a sauté.
  3. (Jeux) Rétablir avec dextérité un jeu de cartes dans l’état où il était avant qu’on l’eût coupé.
    • Faire sauter la coupe.
  4. (Cuisine) Cuire à feu vif en agitant de temps en temps la casserole.
    • Faire sauter un poulet, un lapin, des légumes, etc.
  5. Exploser, se détruire d'un coup, voler en éclats.
    • Tout à coup, comme dans le récit de Violetta, le bruit d'un vitrail qui saute en éclats. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Et ce ne fut pas une lente décadence qui surprit le monde européanisé ; les civilisations antiques pourrirent et s’effritèrent ; la civilisation européanisée sauta d’un coup, pour ainsi dire. En l’espace de cinq ans, elle fut entièrement ébranlée et détruite. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 392 de l’éd. de 1921)
    • Forer des carottes dans le roc, en analyser les teneurs, placer des bâtons de cheddite au fond de la galerie, les faire sauter, faire sauter toute la montagne ... — (Michel Goeldlin, Panne de cerveau, Éditions Alban, 2004, page 220)
    • Faire sauter la cervelle à quelqu’un : Lui exploser la tête d’un coup de feu.
    • Se faire sauter la cervelle.
  6. (Figuré) (Familier) Faire faillite.
    • Cette banque a sauté : Elle a fermé ses guichets.
  7. (Figuré) (Familier) Perdre son emploi ou sa place.
    • Ainsi suspecté de servir la soupe aux généraux et aux ministres de droite (bien qu'il ait vertement envoyé aux pelotes Alain Peyrefitte lorsque ce dernier prétendit s’inviter lui-même à « Apostrophes »), Pivot eût dû, en bonne logique, « sauter » lorsque advint, en mai 1981, le pouvoir socialiste. — (Édouard Brasey, L'effet Pivot, Editions Ramsay, 1986, chap. 3, §. 2)
  8. (Figuré) (Familier) Être supprimé.
    • Je suis déjà rentré, mon prof de physique étant en formation, mon cours a sauté.
  9. S’élancer avec vivacité sur quelqu’un, sur quelque chose.
    • Sauter au collet, à la gorge de quelqu’un.
    • Il a sauté sur ses armes pour se défendre.
    • Il a sauté sur lui pour le frapper.
    • Les gens sautaient sur le radicalisme, sur le cléricalisme, le royalisme ou le général Boulanger, comme ils sautaient sur le prétexte d’une borne mitoyenne, pour affirmer que, dans leurs familles, on s’entendait à faire l’amour d’une certaine façon. Les Messelon se montraient enragés pour l’Alsace-Lorraine, la chasse aux tyrans et aux curés, parce que c’était pour eux une manière de faire l’amour — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 204.)
    • Jean saute dans son short, attrape son sac à dos et dévale les escaliers, accompagné de Brigand, son chien. — (Pascale Chollet/Paskapoo, "Ligne de Crêtes" : nouvelles en Beaufortain et en Savoie, Éditions Lulu (Lulu.com), 2010, 2e éd. 2011, page 51)
    • Sauter au cou de quelqu’un : L’embrasser avec empressement.
  10. (Figuré) Parvenir d’une place inférieure à une place plus élevée, sans passer par les degrés intermédiaires.
    • Cet élève a sauté de la troisième à la première.
  11. Passer subitement, rapidement d’une chose à une autre qui est différente, qui n’a point de liaison avec elle.
    • Sauter d’un sujet à un autre.
    • Il saute d’une idée à une autre, sans transition.
  12. Passer d’un chapitre, d’une phrase, d’un paragraphe à un autre, dans un texte sans s’arrêter à ce qui est entre les deux.
    • Vous pouvez sans inconvénient sauter tout de suite au chapitre suivant.
  13. (Marine) Changer brusquement de direction.
    • Mais, ô malheur! le vent saute au sud-ouest et nous enveloppe d'un brouillard épais. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 39)
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  14. (Transitif) Franchir en s’élançant en l’air.
    • Sauter un fossé.
    • Sauter la barrière.
    • Ce cheval saute bien les obstacles.
  15. (Transitif) Omettre, passer quelque chose en récitant, en lisant, en transcrivant, etc.
    • Une feuille verte portait en tête : CONFIDENTIEL. Sautez les questions embarrassantes, mais soyez aussi complet que possible.
      Il me répugnait de sauter. En classe, dans les versions latines, je ne conseillais pas à mes élèves de sauter les difficultés, pour revenir, plus tard, les résoudre.
      « Ne soyez pas des sauteurs : » leur disais-je.
      — (Paul Guth, Le mariage du Naïf, 1957, réédition Le Livre de Poche, page 66)
    • Sauter un passage.
    • Il a sauté deux feuillets.
    • Le copiste a sauté deux lignes.
    • Le pianiste a sauté une mesure.
  16. (Transitif) (Haras) (Rare) Saillir, couvrir une jument.
    • Cet étalon a sauté tant de juments.
  17. (Transitif) (Vulgaire) Posséder sexuellement.
    • Je comprends le type qui saute une vieille mocharde, parce qu’il se dit : – Elle va me filer le chèque dont j’ai besoin si je l’enfouraille comme elle veut. — (Honoré Bostel, Le roman d'un turfiste, Éditions La Table ronde, 1975)
    • Les rombières elles ont les seins remontés au maximum par des soutifs de marque, les dents pourries un peu cachées ainsi par la gouache à lèvres, espérant encore se faire sauter par des amis intimes, […]. — (Marc-Édouard Nabe, Zigzags, éditions Barrault, 1986, page 76)
  18. (Transitif) (Argot) Arrêter.
    • J’aurais dû le calotter, oui, n’est-ce pas, l’arrêter là-bas, et ce serait fini. […] C’est ainsi, fit le policier. On ne saute pas toujours qui on veut, où l’on veut. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
  19. (Argot) Avoir faim (expression "la sauter").
    • — Rien à boire ni à bouffer. Ils la sautent, comme on ne l’a peut-être jamais sautée. Dans les bodegas, ils te servent des serviettes ; dans les cafés, ils ne s’épatent pas de t’apporter, sur un plateau, un grand verre de flotte avec une soucoupe de concombres. — (Roger Vercel, Capitaine Conan, Albin Michel, 1934, collection Le Livre de Poche, page 37.)
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Sauter : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAUTER. v. intr.
S'élancer en l'air, soit pour retomber au même endroit, soit pour franchir un espace. Sauter en l'air. Sauter de bas en haut, de haut en bas. Sauter en avant, en arrière. Sauter par-dessus une muraille. Sauter à cloche-pied, à pieds joints. Sauter d'un bateau dans un autre. Sauter à terre. Il sauta dans la rivière. Sauter sur un cheval. Sauter en selle. Sauter en croupe. Sauter de joie. Un cheval qui saute. Faire sauter un cheval. Un oiseau qui saute de branche en branche. Faire sauter un chien par-dessus un bâton. Sauter à bas de son lit, Descendre vivement de son lit. Sauter à la corde, Sauter par-dessus une corde qu'on fait tourner en l'air. Fig., Reculer pour mieux sauter, En évitant un inconvénient, un danger présent, s'exposer à un inconvénient, à un danger plus grave. Fig. et fam., Sauter aux nues, sauter au plafond, Bondir sous le coup d'une surprise, d'une colère soudaine. Si vous lui dites cela, vous le ferez sauter aux nues. Fig. et fam., Sauter à pieds joints par-dessus quelque chose, Faire quelque chose sans s'embarrasser des obstacles, des considérations contraires. En termes de Billard, Faire sauter une bille, La faire tomber, en jouant, hors de la table du billard. La bille a sauté, Elle est tombée hors du billard, en passant par-dessus les bandes. En termes de jeu de Cartes, Faire sauter la coupe, Rétablir avec dextérité un jeu de cartes dans l'état où il était avant qu'on eût coupé. En termes de Cuisine, Faire sauter un poulet, un lapin, des légumes, etc., Faire cuire à feu vif un poulet, un lapin, etc., en agitant de temps en temps la casserole.

SAUTER se dit particulièrement en parlant des Choses qu'une explosion détruit, renverse, fait voler en éclats. La poudrière de telle ville a sauté. Le feu a pris aux poudres, et le bâtiment a sauté. Faire sauter son vaisseau pour ne pas le rendre à l'ennemi. On dit aussi Se faire sauter pour Faire sauter son vaisseau. Fig. et fam., Cette banque a sauté, Elle a fait faillite, elle a fermé ses guichets. Fig. et fam., Faire sauter quelqu'un, Lui faire perdre son emploi, sa place. Je le ferai sauter. On l'a fait sauter. Faire sauter la cervelle à quelqu'un, Lui briser la tête d'un coup d'arme à feu. On dit de même Se faire sauter la cervelle. Absolument, Se faire sauter.

SAUTER signifie aussi S'élancer avec vivacité sur quelqu'un, sur quelque chose. Sauter au collet, à la gorge de quelqu'un. Il a sauté sur ses armes pour se défendre. Il a sauté sur lui pour le frapper. Sauter au cou de quelqu'un, L'embrasser Avec empressement. Fig., Sauter aux yeux, se dit d'une Chose qui est évidente, qui se fait voir tout de suite, qu'on aperçoit sans peine. Il y a dans ce tableau des défauts qui sautent aux yeux. Ne voyez-vous pas le but qu'il poursuit? Cela saute aux yeux.

SAUTER signifie, au figuré, Parvenir d'une place inférieure à une place plus élevée, sans passer par les degrés intermédiaires. Cet élève a sauté de la troisième à la première. Il signifie aussi Passer subitement, rapidement d'une chose à une autre qui est différente, qui n'a point de liaison avec elle. Sauter d'un sujet à un autre. Il saute d'une idée à une autre, sans transition. Il signifie encore Passer d'un endroit à un autre, dans un livre, dans un texte quelconque, sans s'arrêter à ce qui est entre les deux. Vous pouvez sans inconvénient sauter tout de suite au chapitre suivant. En termes de Marine, il se dit du Vent qui change brusquement de direction. Le vent a sauté du nord à l'est, Il y a passé subitement.

SAUTER s'emploie aussi comme verbe transitif et signifie Franchir en s'élançant en l'air. Sauter un fossé. Sauter la barrière. Ce cheval saute bien les obstacles. Fig. et fam., Sauter le fossé, le pas, Prendre un parti hasardeux, après avoir longtemps hésité. Fig., Sauter une classe, Passer d'une classe à une autre sans suivre la classe intermédiaire. Cet élève a sauté une classe.

SAUTER signifie encore, figurément, Omettre, passer quelque chose en récitant, en lisant, en transcrivant, etc. Sauter un passage. Il a sauté deux feuillets. Le copiste a sauté deux lignes. Le pianiste a sauté une mesure. En termes de Haras, Il se dit d'un Étalon qui saillit, qui couvre une jument. Cet étalon a sauté tant de juments. Le participe passé

SAUTÉ s'emploie adjectivement en termes de Cuisine et signifie Qu'on a fait sauter. Un poulet sauté. Des pommes de terre sautées. Substantivement, Du sauté de veau. Un sauté de chevreuil.

Sauter : définition du Littré (1872-1877)

SAUTER (sô-té) v. n.
  • 1S'élever de terre avec effort, faire un saut. Sauter en croupe. Sauter de joie. Sauter à cloche-pied, à pieds joints. Il a fait à la fin comme un homme qui se jetterait dans un précipice pour acquérir la réputation de bien sauter, Guez de Balzac, lett. 14, liv. I. Pourquoi, montagnes, avez-vous sauté comme des béliers ; et vous, collines, comme les agneaux des brebis ? Sacy, Bible, Psaum. CXIII, 6. La penaille, ensemble enfermée, Fut en peu d'heure consumée, Les maris sautant à l'entour, La Fontaine, Cordel. On dit… que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière, Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière, Boileau, Lutr. I. Eh quoi ? monsieur, tout seul vous sautez de la sorte, Regnard, Joueur, IV, 11. Oh ! la prairie ! que j'y sauterai de bon cœur !… ah ! j'oubliais de vous dire, il est défendu de sauter aux Tuileries, Genlis, Théât. d'éduc. la Colombe, sc. 3. Ils courent sur un sable profond, lancent des javelots, sautent au delà d'un fossé ou d'une borne, tenant dans leurs mains des masses de plomb, Barthélemy, Anach. ch. 26. Nous promettons, pour cette grâce, De sauter pour les gens en place, Béranger, Requête des chiens.

    Fig. Le cœur sautant de joie et triste d'apparence, Régnier, Sat. VIII.

    Sauter en selle, monter sur un cheval sans mettre le pied à l'étrier.

    Sauter à bas de son lit, descendre de dessus son lit avec vivacité. J'ai beau sauter du lit plein de trouble et d'effroi, Boileau, Sat. VI.

    Fig. Sauter par-dessus quelque objet ne pas s'embarrasser des obstacles. Vous sautiez ainsi par-dessus les hommes que vous ne connaissiez pas, pour aller aux génies, Fontenelle, Dial. 2, Morts mod.

    Fig. Sauter à pieds joints par-dessus une chose, voy. JOINT 1, n° 1.

    Fig. Sauter aux nues, voy. NUE, n° 4.

    Sauter au plancher, s'impatienter, s'irriter. Il sauta au plancher quand on lui fit la proposition. Vous me feriez sauter au plancher.

    Fig. Il recule pour mieux sauter, voy. RECULER 1, n° 11.

    Au propre, reculer pour mieux sauter, tomber plus tard, mais n'en tomber pas moins. C'eût été reculer pour mieux sauter, si l'Olive ne l'eût pas retenu par ses chausses, Scarron, Rom. com. II, 7.

  • 2 Terme de manége. Sauter entre les piliers, se dit du cheval qui fait des sauts sans avancer ni reculer, étant attaché aux deux piliers du manége.

    On dit de même : sauter de ferme à ferme.

    Sauter en liberté, se dit du cheval à qui l'on a appris à faire le pas et le saut

  • 3 Terme d'escrime. Se dit des personnes qui, dans le développement, levant le pied trop haut, décrivent un cercle et non une ligne droite.
  • 4S'élancer d'un lieu à un autre. L'écureuil saute de branche en branche. Un troisième laquais… ne manqua pas de dire à son maître qu'il venait de voir sauter un homme de la muraille du jardin dans la rue, Scarron, Rom. com. I, 15. En disant ces paroles, il [l'ambassadeur de France] donna la main au roi [Charles XII allant contre les Danois], qui sauta dans la chaloupe où le comte de Piper et l'ambassadeur entrèrent, Voltaire, Charles XII, 2. Nous sautâmes sur le rivage, et l'on mit le navire à sec, Barthélemy, Anach. ch. 73.

    Familièrement. Faire sauter quelqu'un par la fenêtre, le jeter par la fenêtre. Jamais ces faux amis ne deviendraient nos maîtres ; Et je les ferais tous sauter par les fenêtres, Destouches, Dissip. I, 1.

    Terme de marine. Sauter à l'abordage, passer sur un bâtiment ennemi pour s'y battre corps à corps.

    Fig. et familièrement. Sauter de branche en branche, passer brusquement et sans liaison d'un sujet à un autre.

  • 5S'élancer vivement pour saisir quelqu'un ou quelque chose. Sauter au collet, à la gorge, au visage de quelqu'un. Il sauta à ses pistolets pour se défendre. Il a sauté sur lui pour le frapper.

    Sauter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec empressement. Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable, Voltaire, Candide, 18.

    Sauter aux yeux de quelqu'un, se jeter sur lui pour le battre. Elle lui sauta aux yeux, furieuse comme une lionne à qui l'on a ravi ses petits, Scarron, Rom. com. II, 7.

    Fig. Sauter aux yeux, frapper la vue tout d'un coup et sans peine. Dans cette disposition, son nom me sauta aux yeux en ouvrant votre lettre, Sévigné, 5 février 1690. Faites-vous envoyer les Fables de la Fontaine : elles sont divines ; on croit d'abord en distinguer quelques-unes, et, à force de les relire, on les trouve toutes bonnes… mandez-m'en votre avis et le nom de celles qui vous auront sauté aux yeux les premières, Sévigné, 20 juill. 1679.

    Sauter aux yeux, être manifeste évident. Je n'ai attrapé de leur manière de réciter que ce qui m'a d'abord sauté aux yeux, Molière, l'Impromptu, 1. Son impertinente vanité, qui d'abord vous sautera aux yeux, Boursault, Lett. nouv. t. II, p. 175. J'y ferai des portraits qui sauteront aux yeux, Gresset, le Méch. II, 3. Pour peu qu'on réfléchisse, l'impossibilité saute aux yeux [d'une lettre imputée à Voltaire] ; d'ailleurs je suis accoutumé à la calomnie, Voltaire, Lett. d'Argental, 10 oct. 1762. Une évidence qui saute aux yeux, Rousseau, Ém. II.

  • 6Il se dit des choses qui éprouvent un mouvement comparé à un saut. Le bouchon sauta en l'air. Un jour il lui fit sauter un bouton de son pourpoint en lui disant : M. le cardinal vous fera sauter quand il voudra, comme je fais sauter ce bouton, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 354, dans POUGENS.

    Faire sauter un œil hors de la tête, porter un coup qui fait sortir l'œil hors de la tête.

    Faire sauter la tête à quelqu'un, le décapiter.

    Terme de jeu de billard. Faire sauter une bille, la faire tomber, en jouant, hors de la table du billard, et aussi lui faire faire un saut sur le billard et même par-dessus une autre bille.

    La bille a sauté, elle est tombée hors de la table du billard.

    Faire sauter la coupe, rétablir avec dextérité un jeu de cartes dans l'état où il était avant qu'on eût coupé.

    Fig. et familièrement. Faire sauter les bouteilles, boire beaucoup.

  • 7 Terme de marine. Faire une saute. Les vents ayant sauté à l'est-sud-est dans l'après-midi, La Pérouse, Voy. t. II, p. 335, dans POUGENS.

    Sauter sur la lame, se dit d'un navire qui fait des tangages courts et fréquents.

  • 8Faire sauter, communiquer un mouvement en haut, comparé à un saut. Ils [les gens qui me bernaient] recommencèrent à me faire sauter mieux que devant, Voiture, Lett. 9.

    Fig. et familièrement. Faire sauter quelqu'un, lui faire perdre son emploi.

    Faire sauter signifie aussi se débarrasser de. Pour la vieille qui l'a attiré chez elle, et la jeune dont il a la tête tournée, il y a beaux jours que j'aurais fait sauter tout cela, Diderot, Père de famille, III, 7.

    Faire sauter la charge, la terre de quelqu'un, le forcer à la vendre par voie de justice.

    On dit de même : Cette folie lui coûte cher ; sa place en a sauté.

  • 9Voler en éclats, faire explosion. Le bâtiment, la poudrière a sauté. Les troupes du roi donnèrent à M. le Prince le temps de faire sauter la tour de Tonnay-Charente, La Rochefoucauld, Mém. 202. Insolence des bourgeois d'Anvers, qui, dans un feu d'artifice, représentèrent le Grand Turc, un prince de l'Europe et le diable, ligués tous trois, qu'on faisait sauter en l'air, Racine, Fragm. hist. Il [Mortier] avait ordre de défendre le Kremlin, puis, en se retirant, de le faire sauter et d'incendier les restes de la ville, Ségur, Hist. de Nap. IX, 6.

    Se faire sauter, provoquer une explosion qui tue. C'est un vrai miracle que Rouelle [le chimiste], faisant ses essais presque toujours seul, parce qu'il voulait dérober ses arcanes… ne se soit pas fait sauter en l'air par ses inadvertances continuelles, Grimm, Corresp. t. I, p. 249.

    Particulièrement, se faire sauter, faire sauter son vaisseau.

    Faire sauter la cervelle à quelqu'un, lui casser la tête d'un coup de pistolet.

    Par exagération. L'autre qui depuis trois heures éternue à se faire sauter le crâne et jaillir la cervelle, Beaumarchais, Barb. de Sév. III, 5.

    Faire sauter un mauvais lieu, une maison de jeu, fermer un mauvais lieu, une maison de jeu.

  • 10Se déplacer rapidement, passer brusquement d'un lieu à un autre. Je ne voulais pas qu'elles [les Précieuses ridicules] sautassent du théâtre Bourbon dans la galerie du Palais, Molière, Préc. préf. Rien n'est si plaisant que la promptitude de ce changement de climat, qui le fait sauter [le duc de Chaulnes] d'Auray à deux lieues de Grignan, Sévigné, 4 sept. 1689.
  • 11Aller rapidement d'un endroit d'un livre, d'un discours à un autre. Je regardai de loin, à mesure que je la lisais [une lettre], s'il n'y avait rien dedans qui fût janséniste ; je vis vers la fin le nom de M. Nicole, et je sautai bravement, ou, pour mieux dire, lâchement par-dessus, Racine, Lett. 15 à Boileau. Le jeune homme, frappé de l'objet qu'on lui présente, s'en occupe uniquement, et saute à pieds joints par-dessus vos discours préliminaires, Rousseau, Conf. V. Sautez tout de suite aux vingt dernières pages de Clarisse, Diderot, Élog. de Richardson. Au reste, si mes notices ne conviennent pas à quelques lecteurs, je leur dirai : Sautez par-dessus, Al. Duval, le Vieil amateur, Notice.
  • 12Passer subitement d'une chose à une autre qui est toute différente. Qu'il [Montaigne] l'évitait [le défaut de méthode] en sautant de sujet en sujet, qu'il cherchait le bon air, Pascal, Pens. VI, 33, édit. HAVET.
  • 13 Terme de musique. Passer brusquement d'un ton, d'une clef à une autre. Lorsqu'il est question de sauter d'une clef à l'autre, Rousseau, Dissert. sur la mus. mod.

    Sauter d'une octave, octavier.

    Faire sauter le ton, forcer l'air dans le tuyau d'un instrument à vent et faire résonner ainsi une des harmoniques du ton.

    Sauter d'une partie à une autre, se dit quand on chante sur la partition et qu'on veut exécuter deux ou plusieurs parties qui se succèdent.

  • 14Parvenir à une place élevée sans passer par les degrés intermédiaires. Il a sauté du grade de capitaine à celui de colonel. Cet écolier a sauté de la troisième en rhétorique. Ce qui devait réjouir l'âme d'un paysan de mon âge qui, presque au sortir de la charrue, pouvait sauter tout d'un coup au rang honorable de bon bourgeois de Paris, Marivaux, Pays. parv. 2e part.
  • 15 Fig. Être dépensé, être perdu. Il en coûte trop cher, voilà plus de dix écus qui sautent à l'achat de ce batelet, Corresp. du gén. Klinglin, I, 258. La maison sauterait plutôt que j'en sortisse, Collin D'Harleville, Vieux célib. II, 6.

    Faire sauter, dépenser en prodigue. Des chevaux, des valets, une bonne cave ! comme je ferais sauter tout cela ! Picard, les Deux Philiberts, II, 11.

    Aux jeux de hasard, faire sauter la banque, gagner tout l'argent du banquier.

    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Cependant la Fontaine l'a conjugué avec le verbe être ; ce qui n'est plus usité : …sa joie amoureuse N'ose éclater ; soyez sûr qu'à mon cou, Si j'étais seul, elle serait sautée, La Fontaine, Calend.

  • 16 V. a. Franchir. Sauter un fossé. Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, Boileau, Sat. VI.

    Fig. et familièrement. Sauter le pas, le fossé, prendre une résolution extrême, hasardeuse. Il faudra que tu dises que c'est Nicolette qui t'y a fait entrer, et que tu as promis de l'épouser ; si l'on veut t'obliger à tenir la parole, tu sauteras le fossé, Lesage, Guzm. d'Alf. III, 11.

    Fig. Sauter le bâton, faire quelque chose qu'on ne voulait pas faire, le faire malgré soi. Mon cher maître, je crois qu'il faudra que je saute le bâton, Marivaux, Surpr. de l'amour, II, 5.

  • 17 Fig. Omettre, passer quelque chose en lisant ou en copiant. Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin [d'une description], Boileau, Art p. I. Comment compter cette la Varenne parmi les seize quartiers à prouver ? comment la sauter ? Saint-Simon, 76, 235. J'ai fini Cléopatre ; j'en ai sauté les deux tiers, Mme du Deffant, Lett. à H. Walpole, t. III, p. 33, dans POUGENS.
  • 18 Familièrement. Faire sauter. Sauter un enfant au maillot. Ensuite, il ouvre une fenêtre, il prend son coussin, il le saute et le baise, Diderot, Lett. à Riccoboni.
  • 19 Terme de cuisine. Sauter ou faire sauter, mettre dans une casserole plate à grand feu pour faire cuire rapidement une viande tendre et l'apprêter bonne à manger en très peu de temps. Sauter un lapin. Sauter des filets.
  • 20Presser le poisson dans les barils en montant dessus.
  • 21 Terme de haras. Couvrir une jument, en parlant de l'étalon. Cet étalon a sauté tant de juments.

HISTORIQUE

XVe s. Les gens du roy Charles sauterent sur eux par nuit et les ruerent jus, Fenin, 1417. Et ne vites-vous pas, ce dit Orton, quand vous saulsistes hors de vostre lit, aucune chose ? Froissart, II, III, 22.

XVIe s. On reculle pour mieulx saulter, Marot, II, 150. Ce chariot par le ciel haut et large Saute et ressaute, et l'air le pousse et guide, Marot, IV, 65. Les Flamens, qui nous aimoyent, et lesquels on a contrains de nous haïr, de quelle allegresse nous sauteroyent-ils à dos ? Lanoue, 24. Nous avons fait sauter nos loix par la fenestre, pource qu'elles parloyent trop haut, Lanoue, 164. … Qu'on avoit quitté les Tourelles exprès, les ayant rempli de poudre pour les faire sauter, Lanoue, 602. Et si nous avons affaire à gens qui n'ayent pas le courage de fouiller l'equipage, nous faisons sauter [nous volons] ce que nous pouvons, D'Aubigné, Faen. III, 1. Fervaques fit donner son guidon. qui sauta la muraille, D'Aubigné, Hist. II, 123. Lors il luy saulta au col et la baisa, Amyot, Anton. 14. Aussitost prest qu'un chien auroit sauté un escalier, Cotgrave

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Sauter : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SAUTER, v. n. l’action de, (Physiol.) dans le saut, les muscles sont obligés d’agir non-seulement pour résister au poids du corps, mais même pour le relever avec force, lui faire perdre terre, & l’élancer en l’air comme font les sauteurs, lorsqu’ils sautent à pié joint sur une table. Pour sauter ainsi, ils plient & panchent la tête & le corps sur les cuisses, les cuisses sur les jambes, & les jambes sur les piés. Leurs muscles étant ainsi pliés & allongés comme pour prendre leur secousse, ils les remettent dans cette contraction subite qui fait ressort contre terre, d’où ils s’élancent en l’air, & se redressent en arrivant sur le bord d’une table ou autre corps sur lequel ils sautent.

Cet effort est suffisant pour rompre le tendon d’Achille, & plusieurs sauteurs se sont blessés en s’élançant ainsi, & en manquant le lieu sur lequel ils se proposoient de sauter. Le nommé Cauchois, l’un des plus habiles sauteurs qu’on ait vu en France, dans un saut qu’il fit à piés joints sur une table élevée de trois piés & demi, se rompit les deux tendons d’Achille, & fut guéri de cette blessure par M. Petit. La table sur laquelle sautoit le sieur Cauchois se trouva plus haute qu’à l’ordinaire ; son élan ne l’éleva pas assez ; il n’y eût que les bouts de ses piés qui toucherent sur le bord de la table ; ils n’y appuyerent qu’en glissant, & qu’autant qu’il falloit pour se redresser & rompre sa détermination en-avant ; la ligne de gravité ne tombant point sur la table, le sauteur tomba à terre, droit sur la pointe de ses piés étendus de maniere que les tendons d’Achille furent, pour ainsi dire, surpris dans leur plus forte tension ; & que la chute de plus de trois piés ajouta au poids ordinaire du corps une force plus que suffisante pour les rompre ; puisque cette force étoit celle qu’avoit acquis le poids du corps multiplié par la derniere vitesse de la chute.

Pour comprendre les tristes accidens qui arrivent dans les sauts, il faut remarquer que dans l’état naturel, quand nous sommes exactement droits sur nos piés, la ligne de gravité du corps passe par le milieu des os de la cuisse, de la jambe & du pié : ces os pour lors se soutiennent mutuellement comme sont les pierres d’une colonne, & nos muscles n’agissent presque point. Au contraire, pour soutenir notre corps lorsque nos jointures sont pliées, nos muscles agissent beaucoup, & leurs contractions sont d’autant plus fortes, que la flexion des jointures est plus grande ; elles peuvent même être pliées au point, que le poids du corps & les muscles qui le tiennent en équilibre, feront effort sur les os avec toute la puissance qu’ils peuvent avoir ; alors les apophyses où les muscles s’attachent, pourront se casser, si les muscles résistent ; mais si les apophyses des os sont plus fortes, la rupture se fera dans les muscles ou dans leurs tendons.

Maintenant pour calculer la force de tous les muscles qui agissent, lorsqu’un homme se tenant sur ses piés, s’éleve en sautant à la hauteur de deux piés ou environ ; il faut savoir que si cet homme pese cent cinquante livres, les muscles qui servent dans cette action, agissent avec deux mille fois plus de force, c’est-à-dire, avec une force équivalente à trois cens mille livres de poids ou environ : Borelli même dans ses ouvrages, fait encore monter cette force plus haut. (D. J.)

Sauter, (Marine.) c’est changer, en parlant du vent. Ainsi on dit que le vent a sauté par tel rumb, pour dire que le vent a changé, & qu’il souffle à cet air de vent.

Sauter, en terme de manege, c’est faire des sauts. Aller par londs & par sauts, c’est aller à courbette & à caprioles. Sauter entre les piliers, se dit du cheval qu’on a accoutumé à faire des sauts, étant attaché aux deux piliers du manege, sans avancer ni reculer. Sauter une jument, se dit de l’étalon, lorsqu’il la couvre. Sauter de ferme à ferme, se dit quand on fait sauter un cheval, sans qu’il bouge de sa place.

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Étymologie de « sauter »

Étymologie de sauter - Littré

Wallon, sâtlé ; provenç. sautar ; esp. saltar ; ital. saltare ; du lat. saltare, dénominatif de saltum, supin de salire (voy. SAILLIR).

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Étymologie de sauter - Wiktionnaire

Du latin saltare (« danser »), lui-même lié à une racine indo-européenne *sel- qui a donné « haltère » via le grec ancien ou le latin salire (« sauter ») qui a donné en français « saillir », « assaillir », etc.
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Phonétique du mot « sauter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sauter sote play_arrow

Conjugaison du verbe « sauter »

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Citations contenant le mot « sauter »

  • “Je pense qu’aujourd’hui c’était très instructif parce que ça montre la manière dont les autres équipes vont défendre sur lui, je pense. Ils vont lui sauter à la gorge, lui rentrer dedans dès qu’ils vont pouvoir. Et le côté physique que vous avez vu aujourd’hui, on pourra le retrouver chez les Celtics ou les Raptors par exemple. Je trouve qu’il s’en est bien sorti, il a su gérer tout ça et a fait les bons choix. Il va devoir être le meneur titulaire d’une bonne équipe. Il y a beaucoup de responsabilités dans ce rôle. Sa capacité à ne pas se presser m’a impressionné. Pendant le troisième quart, il y a eu certains moments où on n’avait pas nos titulaires qui nous ont fait mal, mais je trouve que Shake a bien géré le côté physique et la pression.” Brett Brown, le coach des Sixers. Basket Infos, Brett Brown : "Les adversaires vont sauter à la gorge de Shake Milton"
  • "l’État veut faire sauter le bouchon du péage de Toulouse Nord" Et alors figurez vous braves gens qu'un bureau d'expert de la circulation automobile, ceux qui raisonnent selon les théories fumeuses d'un Suédois nommé Nilsson éditées dans les années 1970 et qui a donné à ce dogme de réduction de la vitesse des airs scientifiques grâce à une formule mathématique ( 1 % de vitesse en moins, c'est 4 % de tués en moins ) va surement nous sortir la solution miracle à ce problème qui n'intéresse que Toulouse ("L'Etat" descend rarement jusqu'ici et encore en avion et avec des motards partout !) : Réduire la vitesse à 110 km/h ! Cette vitesse prisée par les 150 génies qui dirigent la France !! Cette vitesse que la majorité des Français ont rejeté pour la simple raison que depuis 2017 il y en franchement marre de ce gouvernement d'incompétents qui prétendent avoir droit de regard sur ce que l'on mange, sur ce que l'on boit, sur chaque moment de notre vie mais qui est incapable d'assurer notre sécurité quand on se promène dans la rue ou de se rendre compte qu'en cas de pandémie on manque de masques !!! ladepeche.fr, Toulouse : l'Etat veut faire sauter le bouchon du péage de Toulouse Nord - ladepeche.fr
  • On peut voir Hugo Clément qui tente de convaincre sa belle de sauter à ses côtés. Alexandra Rosenfeld, elle est en panique. Elle ferme les yeux et tremble. Elle lui explique : "Tu attends d'accord, je me conditionne." Il l'embrasse tendrement et tente de la convaincre. Mais rien n'y fait. midilibre.fr, Hugo Clément et Alexandra Rosenfeld paralysée de peur à Fort Boyard pour un saut dans le vide - midilibre.fr
  • Les gendarmes se sont rendus sur les lieux. Ils ont procédé aux premières constatations pour tenter de comprendre le déroulement des faits et les raisons qui ont poussé cette jeune femme à ouvrir la porte du véhicule, et sauter sur la voie. Le conducteur a également été entendu par les forces de l’ordre. , Faits-divers - Justice | Une femme saute d’une voiture en marche sur la RN 57
  • Les Israéliens qui ne veulent pas voir de contenu sexuels ou indécents disposent d’un nouveau service de streaming qui leur permet de sauter les passages les plus immodestes. The Times of Israël, Un nouveau service de streaming 'casher' pour sauter les passages indécents | The Times of Israël
  • Nous ne devrions, toute notre vie, que prendre du champ pour bien sauter dans l'éternité. De François Hertel / Un Canadien errant
  • L'ennui est la maladie de la vie. On se fait des barrières pour les sauter. De Alfred de Vigny / Journal intime
  • L’encens gâte plus de cervelles Que la poudre n’en fait sauter. De Pesselier / Fables nouvelles
  • Quand tu sauras te lécher le coude, tu pourras sauter par-dessus tes genoux. De Mulla Nasreddin
  • Nier l’existence de Dieu, c’est sauter les yeux fermés. De Proverbe malgache
  • Le plastique défigure le monde, le plastic fait sauter le reste. De José Artur
  • Un chien poussé à bout peut sauter par dessus un mur. De Proverbe chinois
  • Un mur peut se sauter, mais comment s'évader de soi ? De Tecia Werlowski
  • L'art de lire consiste à savoir sauter les pages. De Philip Hamerton
  • En voulant sauter jusqu’à la lune, vous pourriez tomber dans la boue. De Proverbe américain
  • Quand la marmite bouille trop fort, ça finit par sauter. De Proverbe québécois
  • Vivre, ce n’est jamais que reculer pour mieux sauter. De Jacques Sternberg
  • On ne juge pas un crapaud à le voir sauter. De Proverbe québécois
  • Regardez à deux fois avant de sauter. De Charlotte Brontë
  • Regarde avant de sauter. De Proverbe tchèque

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Traductions du mot « sauter »

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Corse salta
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Chinois
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Synonymes de « sauter »

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