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Place

Variantes Singulier Pluriel
Féminin place places

Définitions de « place »

Trésor de la Langue Française informatisé

PLACE, subst. fém.

I.
A. − [Portion d'espace déterminée]
1. Partie d'espace, portion libre qu'occupe ou que peut occuper quelqu'un ou quelque chose. Synon. endroit, lieu.Place libre, vacante, occupée, restreinte, vide; faire, gagner, tenir de la place; gain, perte de place; tenir, prendre beaucoup, peu de place; trouver place. Ces campagnes fertiles, cette terre favorisée du ciel, où les arts trouvaient à peine de la place pour leurs chefs-d'oeuvre toujours renaissants (Le Moniteur, t.2, 1789, p.395):
1. ... tu n'auras qu'à venir chez nous. Quand il y a de la place pour douze, il y en a pour vingt. Tes garçons coucheront avec les nôtres, et les filles ensemble. Aymé, Jument, 1933, p.89.
Loc. adv.
De place en place, par place(s). Par endroits et de manière discontinue, à de certains endroits dispersés. Synon. çà et là fam. (v. çà1), ici* et là, de loin en loin.Très ancienne, cette église de Toulven (...) s'élève toute grise dans le ciel bleu, avec sa haute flèche de granit à jours, que par place les lichens ont dorée (Loti,Mon frère Yves, 1883, p.196).Sa cravate était moins une cravate qu'une corde vaguement recouverte de place en place d'une étoffe noire passée (Montherl.,Célibataires, 1934, p.737).
À des places (région. (Canada)). Par endroits, à certains endroits. Tu vas faire du ménage dans les maisons que je vas visiter. À des places, c'est pas rose, tu sais (Vézine, p.243 ds Rogers 1977).
Région. (Belgique). ,,Pièce d'une habitation`` (Piron Belgique 1978, p.54). (Canada). Plancher, sol d'une chambre. Elle devait préparer en peu de temps le repas du midi, balayer la place et mettre de l'ordre dans la maison (Guèvremont,Survenant, 1945, p.87).
2. En partic. Lieu où une personne se trouve; endroit assigné à quelqu'un. Demeurer, rester à la même place; bouger de place; céder, laisser la place à qqn; aller s'asseoir à sa place; gagner, reprendre sa place. Faites le réméré, bavard! me dit Gobseck en se levant et me montrant sa place au bureau (Balzac,Gobseck, 1830, p.414).On nous fit voir la place où, pendant quatorze ans, vint s'asseoir le sombre Philippe II, ce roi né pour être grand inquisiteur (Gautier,Tra los montes, 1843, p.129):
2. L'homme ivre d'une ombre qui passe Porte toujours le châtiment D'avoir voulu changer de place. Baudel.,Fl. du Mal, 1857, p.106.
Place d'honneur. V. honneur I D 2.
Loc. verb.
Céder, quitter la place (vieilli). S'en aller vaincu, capituler. Tu seras bien avancé quand tu les auras forcés de quitter la place (Augier,Pierre de touche, 1854, p.95).
Ne pas demeurer/rester, ne pas tenir en place. Être toujours agité, bouger sans arrêt. L'inquiétude devient tellement vive que l'on ne tient plus en place (Vallès,Réfract., 1865, p.41).
Faire place nette. V. net I B 1.
Bien tenir sa place à table*.
(Être, rester) sur place. (Demeurer) au même endroit sans se déplacer, sans avancer. Rester cloué, figé sur place; piétiner, tourner sur place. Les danseurs (...) se démenaient sur place et faisaient craquer leurs os en mesure (About,Roi mont., 1857, p.117).
(Faire qqc.) sur place. (Faire quelque chose) sur les lieux mêmes où un événement a eu lieu; à l'endroit même, sans se déplacer. Déjeuner sur place; effectuer un constat, une enquête sur place. On peut maintenant admirer Velasquez sur place (Gautier,Guide Louvre, 1872, p.253).Vus de loin, du Parlement, ces officiers coloniaux lui avaient toujours paru des serviteurs (...) auxquels il fallait sans cesse allouer des crédits pour les entreprises aléatoires (...). Sur place et au contact immédiat, il les jugeait autrement (Vogüé,Morts, 1899, p.258).Un massif de montagnes (...) aussi sculptées que si quelque statuaire, au lieu d'emporter le marbre, l'avait ciselé sur place (Proust,Sodome, 1922, p.1078).
Faire du sur place. V. surplace infra rem. 2.
Tomber, être mort, être tué sur la place (vx), sur place. Sur le lieu même, sans reculer. Se faire tuer sur place. Un soldat voulut lui couper la tête; mais ce soldat tomba à la renverse et expira sur la place (Chateaubr.,Congrès Vérone, t.1, 1838, p.14).Au fond (...) s'étend la vaste plaine blanche (...) que rayent les lignes lointaines des troupes tombées sur place (Gautier,Guide Louvre, 1872, p.11).
Être à sa place. Être là où l'on doit être. Au fig. Se sentir à l'aise. Si chaque pierre n'est point à sa place, il n'est point de temple. Et si chaque pierre est à sa place et sert le temple, alors comptent seuls le silence qui est né d'elles, et la prière qui s'y forme (Saint-Exup.,Citad., 1944, p.563).
Qui va à la chasse perd sa place (proverbe ou loc. fam.). V. chasse1I A 1 b.
À vos places! (p.ell. de mettez-vous, retournez à vos places). «Maintenant, à vos places, et en route», commanda-t-il. (...) le cortège, titubant, clapotant dans les flaques, se redressa et disparut au tournant du couloir (Martin du G.,Thib., Mort père, 1929, p.1284).
Faire, laisser place à qqn, faire faire place à qqn (vx). Se ranger, s'effacer pour laisser passer quelqu'un. La fille de Pétamounoph et Nofré, à qui les serviteurs avaient fait faire place, se tenaient à cet angle, sur le sommet du talus, de façon à voir défiler tout le cortège sous leurs pieds (Gautier,Rom. momie, 1858, p.215).
Place!... Place! (vieilli). ,,Écartez-vous! Laissez le passage``. Synon. fam. dégagez (la piste*).Nous voilà dehors... «Place!... Place!...» Il écarte la foule (Céline,Mort à crédit, 1936, p.540).
Place à...! Laissez passer, cédez la place à (quelqu'un, pour qu'il agisse, prenne la parole). En bas, les canots accostent (...) ceux qui sont attendus montent les premiers. D'abord les maris de ces dames, place aux anciens, qui passent devant! (Loti,Mon frère Yves, 1883, p.21).Place à M. le maire! dit quelqu'un. Place à M. le maire au nom de la commune! (Bernanos,M. Ouine, 1943, p.1493).[Pour annoncer un changement, une activité nouvelle] (Place à la) musique*! J'ai pensé à un manifeste anonyme sur le thème: «Place aux jeunes». (...) la question me préoccupe. Il s'agit de savoir, en somme, si le «flambeau» sera transmis, comment, dans quelles conditions, par qui (Larbaud,Journal, 1934, p.293).
3.
a) Emplacement aménagé, destiné à une fonction particulière. Tente à quatre places. On me montra un de ces lits en forme d'armoire, à deux places, qui avait été préparé pour Yves et pour moi. Je devais habiter l'étagère supérieure, qui était garnie de gros draps de toile rousse bien propres et bien raides (Loti,Mon frère Yves, 1883, p.95).De fines petites voitures à quatre places, les brancards en l'air (Alain-Fournier,Meaulnes, 1913, p.75).
[Dans un véhicule] Avion, voiture à une place (synon. monoplace); à deux places (synon. biplace).
Fam. Place du mort. Siège avant à côté du conducteur. Les week-ends, les arbres à came enfoncés dans les platanes, la place du mort et le mort à sa place (G. Dormann,Je t'apporterai des orages, Paris, Le Livre de poche, 1980 [1971], pp.165-166).
b) En partic. Emplacement, siège réservé dans un lieu public tel qu'une salle de spectacle, un stade, ou dans un moyen de transport en commun. Bonne, mauvaise place; place d'avion; réserver, retenir sa place; location des places; place gratuite; prix des places; concert gratuit dans la mesure des places disponibles; place assise, debout*, place réservée; places numérotées; céder sa place à qqn. [à Naples] le bateau actuel me reprendra pour Marseille. J'y suis très bien aux premières places, table et cabine (Nerval,Corresp., 1843, p.146).Il voulait s'asseoir au bout le plus éloigné de la terrasse. Mais il n'y avait pas de place, et il nous fallut revenir sur nos pas (Gyp,Souv. pte fille, 1928, p.261).
Place de parking. V. parking ex. de Gds ensembles habit.
Prendre place. S'installer, s'asseoir. Madame de Grandlieu prit place sur une chauffeuse (Balzac,Gobseck, 1830, p.380).
La place est toute chaude (fam.). [Pour proposer un siège à qqn qui arrive et lui céder la place] (Ds Lar. Lang. fr.).Au fig. Pourquoi s'est-on contenté de l'intérim du général Borius qui semble avoir reçu la consigne de garder la place chaude en cas de retraite du ministre ambitieux de redevenir gouverneur? (Clemenceau,Vers réparation, 1899, p.163).
P. méton. Prix, tarif; ticket, billet correspondant au prix d'une place louée. Payer place entière, demi-place. Synon. plein tarif, demi-tarif.
Loc. verb. fig., fam. Les places sont chères. ,,La concurrence est âpre, difficile (...) au sens concret, en parlant du stationnement des véhicules («on trouve difficilement à se garer»)`` (Rey-Chantr. Expr. 1979).
4. ADMIN., DR. Droit de place. ,,Situation juridique d'une personne autorisée à occuper un emplacement déterminé sur certaines dépendances du domaine, telles que les halles, marchés, abattoirs; redevance à laquelle est assujetti cet usage du domaine`` (Cap. 1936).
5. [Dans des loc. indiquant le remplacement d'une pers. ou d'une chose par une autre] Un autre postillon prit la place du blessé, et l'on se mit en route avec une vélocité sans pareille (Gautier,Tra los montes, 1843, p.57).
DR. Au lieu et place de (qqn), en lieu et place de (qqn). V. lieu1A 1 c.
À la place de, en place de (vx) (qqn/qqc.), loc. prép. Au lieu de, pour remplacer. Un duo entre le Vice et la Vertu, qu'il propose de faire chanter, tous les ans, à la rentrée des classes, en place du Veni Creator (Jouy,Hermite, t.4, 1813, p.229).Ces tristes enfants que j'ai recueillis, à la place de ceux que Dieu ne m'a pas donnés (Claudel,Soulier, 1944, 1repart., 1rejournée, 5, p.958).
Absol., fam. À la place. Il y en avait même autrefois [de la vigne, dans une propriété]: on a mis des châtaigniers à la place (Senancour,Obermann, t.2, 1840, p.117).
B. − [Situation de qqc. ou de qqn dans un ensemble]
1. Rôle assigné à quelqu'un ou à quelque chose dans un ensemble hiérarchisé ou structuré. La première, la dernière place; qqc. tient une grande place dans qqc.; laisser peu de place à qqc. Les rédacteurs du Code ne leur ont pas fait une place à part, mais en ont traité en même temps que des droits réels (Durkheim,Divis. trav., 1893, p.87).Ne reproche-t-il pas [Barrès] à Polyeucte (...) de «manquer de cette intelligence qui remet les choses à leur place?» (Massis,Jugements, 1923, p.202).
Être, se mettre à la place de qqn. S'imaginer, se supposer dans l'état, dans la situation où la personne en question se trouve (pour mieux juger, comprendre la situation). Synon. se mettre dans la peau* de qqn (fam.).Mettez-vous à ma/sa place; si j'étais à votre place, si vous étiez à ma/sa place. Synon. si j'étais (que) (de) vous, lui, etc.Je voudrais bien vous voir à ma place! Synon. je voudrais bien vous y voir (fam.).Le premier [l'acteur] a eu son moment d'inspiration violente et presque passionnée, dans lequel il a pu se mettre, toujours par l'imagination, à la place du personnage (Delacroix,Journal, 1847, p.173).
Absol. À ta, sa place + prop. au cond. Si j'étais (de) vous, dans votre peau, dans votre cas. À votre place, je n'irais pas. À votre place, je serais gêné quand il me regarderait en face (Curel,Nouv. idole, 1899, ii, 5, p.227).
En partic., dans le domaine des sentiments.Avoir, garder, conserver, obtenir, tenir une grande, une large place dans le coeur, dans l'estime, dans l'amitié de qqn. Synon. avoir une grande part dans (v. part1), compter beaucoup aux yeux* de qqn.Il n'y a pas de place pour la haine dans le coeur de cette personne. Mon coeur où l'amour tient toute la place (J. Bousquet,Trad. du sil., 1935, p.36).
2.
a) Situation, position ou disposition de quelque chose ou de quelqu'un par rapport à un ensemble. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.
b) Spécialement
BIOL. Place vide*.
LING. Place des mots dans la phrase. La structure à trois places est celle des phrases transitives à double complément (Ling.1972).
SPORTS. Classement obtenu dans une épreuve sportive homologuée. F. a été battu par P. pour la seconde place (Le Sport, 11 mai 1859ds Petiot 1982).
SYLVIC. Arbre de place. Arbre poussant sur une surface de terrain destinée aux essais de sylviculture (d'apr. Forest. 1946). (Arbre, pin) de place. ,,Désigné à l'avance pour rester en place lors des martelages successifs`` (Plais. 1969). ,,Conservé dans les peuplements de pin maritime, au cours des coupes d'éclaircie, pour subir le gemmage à vie`` (Agric. 1977). [Les troncs] qui restent sont des arbres de place, c'est-à-dire établis là, assis jusqu'à leur mort, possesseurs à vie du sol conquis (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p.20).
3. [Agencement, dans la loc. en place]
Mettre en place (qqn, qqc.)
Mettre, remettre qqc. en place. (Re)placer à l'endroit qui convient, au lieu de rangement ou de fonctionnement. [Maigret] remettait l'argent et les carnets en place, reportait la boîte dans l'armoire (Simenon,Vac. Maigret, 1948, p.130).Mise en place. Au moment de leur mise en place les jeunes plants devront bénéficier d'un certain abri qui les protégera des gelées et d'une insolation excessive (Cochet,Bois, 1963, p.107).
Mettre en place. Mettre en ordre pour le fonctionnement, le travail, une activité:
3. ... dans la bataille moderne, le général en chef, après avoir mis ses forces en place et donné ses ordres initiaux, n'a plus qu'à attendre les résultats d'une partie dont le déroulement lui échappe. Joffre,Mém., t.1, 1931, p.399.
Mise en place. Cette circonstance me parut d'abord avantageuse, car elle dissimulait à l'aviation ennemie l'approche et la mise en place des troupes d'attaque (Joffre,Mém., t.1, 1931, p.68).
En place! (p.ell. de mettez-vous en place!). Tout est fin prêt. En place, les bons tireurs! On n'a plus qu'à attendre, l'oeil dur sous les sourcils froncés et la sagaie au poing (Maran,Batouala, 1925, p.176).
En place pour le quadrille (v. quadrille1)!
C. −
1. Position de quelqu'un/quelque chose dans un rang, dans une hiérarchie. Avoir, tenir, occuper la place d'honneur, la première place, une place de choix, une place à part; place éminente, honorable, enviable. La réaction a sa place dans le plan providentiel; elle travaille sans le savoir au bien de l'ensemble (Renan,Avenir sc., 1890, p.384).
Loc. verb.
Rester à sa place (au fig.). Ne pas outrepasser son rang. (Dict.xixeet xxes.).
Mettre qqn à sa véritable place (au fig.). Placer quelqu'un à son rang ou dans son rôle véritable. [La peinture] permet de remettre à sa place l'homme éminent peu estimé du sot public passager, qui ne s'attache qu'au clinquant et à l'écorce du vrai (Delacroix,Journal, 1847, p.173).
Tenir sa place (au fig.). Remplir les obligations de sa charge, de son état; jouer un rôle important:
4. ... Hitler (...) était bien commode pour mâter les communistes, on a eu tort de faire confiance à un peintre en bâtiments, ces gens-là (...) ne savent pas tenir leur place (...) il aurait mieux valu s'adresser à un maréchal, un maréchal ça sait obéir... Vailland,Drôle de jeu, 1945, p.231.
Remettre qqn à sa place (fam.). Faire comprendre à quelqu'un qu'il a enfreint les règles de la politesse, des convenances, le rappeler à ses devoirs. Nous causâmes donc quelques instants; ça l'enhardit, lui, et il voulut prendre des privautés, mais je le remis à sa place, et roide, encore (Maupass.,Contes et nouv., t.1, Bois, 1886, p.556).
Avoir sa place au soleil*.
2. Rang obtenu par un étudiant, un élève, dans un classement à une composition, à une épreuve, à un concours ou par un concurrent dans une compétition sportive. Avoir une bonne place, obtenir les premières, les meilleures places; la place de premier; lutter pour garder sa place, gagner une place, emporter la première place:
5. «Asseyez-vous, messieurs», disait le préfet des études (...). Et alors le professeur lisait les résultats de la dernière composition (...). À la sortie, il entendait: «On a donné les places, chez vous? Qui a été premier? (...)». Larbaud,F. Marquez, 1911, p.51.
P. méton. Cette nomination. Liste des places; lire les places. Quand le père supérieur proclamait les notes et les places, Édouard, s'il se jugeait mal loti, trépignait (Adam,Enf. Aust., 1902, p.183).
3. Emploi rétribué (souvent modeste, notamment en parlant du personnel de maison). Synon. poste2, situation, travail.Belle, bonne place; chercher, trouver une place; perdre sa place. Des économies faites dans une place où j'étais resté quelques semaines (Vallès,Réfract., 1865, p.50):
6. −Icitte, ce n'est pas une place pour vous, Maria. Le pays est trop dur, et le travail est dur aussi: on se fait mourir rien que pour gagner son pain. Là-bas, dans les manufactures, (...) vous auriez vite fait de gagner quasiment autant que moi... Hémon,M. Chapdelaine, 1916, p.181.
4. Vieilli. Situation sociale importante. Grandes places, place de ministre; occuper une place importante. V. lucratif ex. de Flaubert.
Gens en place. Titulaires d'une charge importante. Synon. gens, personnages haut placés (v. haut1II E).
II. − [Espace circonscrit destiné à certains usages particuliers]
A. −
1. Place publique et, p.ell., place. Dans une ville, une agglomération ou un village, lieu public consistant en un espace plus ou moins large, découvert et le plus souvent entouré de bâtiments publics, où aboutissent plusieurs rues ou avenues, et où ont lieu souvent des activités commerciales, festives ou publiques. Place principale, grand'place, place de l'église, du marché, de la mairie; place déserte, vide, noire de monde, silencieuse, éclairée; arbres, fontaine(s), monument(s) d'une place; angle(s), coin(s), centre de la place; contourner, traverser la place, faire le tour de la place, s'installer sur la place; foire, marché sur la place. La cour est pleine comme une place un jour de marché (R. Bazin,Blé, 1907, p.350):
7. ... une place de jolie sous-préfecture, place régulière, entourée d'arcades et plantées d'orangers (...). Les cafés ôtaient leurs volets. Dans un coin, une halle avec des légumes... A. Daudet,Tartarin de T., 1872, p.107.
Place de grève (v. grève1).
Au fig. Nos réflexions, à nous hommes du XXesiècle, sont explosives, nos laboratoires sont sur la place publique, nos arts se font à coup de machines (Schaeffer,Rech. mus. concr., 1952, p.71).
2. Place (de voitures) (vieilli). Emplacement réservé aux voitures publiques. Synon. station.Il avait, disait-on, mis une vieille femme rue de Ménars, sur la place de fiacres qui s'y trouve (Balzac,Ferragus, 1833, p.59).
Voiture de place. Voiture publique qui stationnait à un emplacement déterminé et que l'on pouvait louer. Puis elle monta dans une voiture de place, et sortit de cette ville pour n'y jamais rentrer (Balzac,Langeais, 1834, p.339).
3. DÉFENSE
a) Place d'armes ou, p.ell., place. V. arme II A 4 b.
b) Place forte, place de guerre ou, p.ell., place. Ville fortifiée par une enceinte, des ouvrages de guerre; p.ext., ville de garnison, fortifiée ou non. Place de sûreté; assiéger, attaquer, cerner, investir, libérer une place; s'emparer d'une place; le gouverneur de la place de Paris. Les assistants (...) se pressant pour voir défiler (...) le sous-préfet, le maire de Compiègne, le général commandant la place (Martin du G.,Thib., Mort père, 1929, p.1356).On travaillait à l'armement de guerre des places de Metz et de Thionville (Joffre,Mém., t.1, 1931, p.212).
Au fig. Rendre la place. Céder, capituler. T'es pas un homme. V'là qu'tu fuis, maintenant, que tu rends la place! Va donc, Bazaine (Maupass.,Contes et nouv., t.1, Trou, 1886, p.580).
B. − FIN., COMM.
1. Ville, localité où s'effectuent (ou peuvent s'effectuer) des opérations boursières, commerciales ou bancaires. La place de Londres, de Paris; place commerciale, internationale; place de crédit. Négocier un billet sur la place. Être connu, avoir du crédit sur la place de Paris (Ac.).L'État sera à cet égard à la discrétion de la caisse d'escompte, dont les administrateurs sauront bien gouverner le prix de l'argent sur la place (Le Moniteur, t.2, 1789, p.350).L'on peut acquérir les billets sur la place, moyennant tant pour cent (Balzac,E. Grandet, 1834, p.136):
8. ... les «réseaux» de paiements en direction ou en provenance d'autres centres (...) ou d'où émanent et auxquels vont des flux monétaires. Les plus significatifs de ces «centres» sont des ensembles complexes d'organismes monétaires et financiers: les places [it. ds le texte]. Perroux,Écon. XXes., 1964, p.134.
Faire la place, loc. verb., vieilli. Avoir pour métier de placer, d'écouler de la marchandise par démarchage. S'il savait faire quelque chose, un étalage, une addition, la place, la vente (...) pincer le tissu, tenir les livres, le carnet, la caisse! (Vallès,Réfract., 1865, p.17).
Place bancable (comm.). V. bancable B.
Place boursière (fin.). ,,Localité où se tient un marché financier; p.ext. synon. de Bourse`` (Gestion fin. 1982).
Place cambiste (fin.). Localité ,,où l'on traite des opérations de change`` (Banque 1963).
Place financière. ,,Au plan national, on appelle place une zone géographique dans laquelle les établissements financiers interviennent par compensation pour régler leurs échanges sous le contrôle de la Banque de France. Au plan international, les grandes places financières sont les Bourses des valeurs mobilières`` (ceneco Entr. 1980).
2. P. méton. ,,Corps des négociants, des banquiers d'une ville; commerce général de cette ville`` (Barr. 1974).
C. − Région. (Canada). Endroit, localité. De quelle place viens-tu? Mes amis me disaient que c'était [Toronto] la place pour apprendre l'anglais (Le Soleil, 13 avr. 1985, B6, col. 1).
REM. 1.
Placis, subst. masc.,synon. région. (à Rennes notamment) de placette.Petite place publique. La jolie foule si variée (...) attendit, dans une journée radieuse, encombrant tout le placis face à la mer (La Varende,Heur. humbles, Phoebé, 1942, p.156).Le boulanger passe (...) appuie sa bicyclette à la croix forgée du placis et toque à la porte (Genevoix,Assassin, 1948, p.201).
2.
Surplace, sur(-)place,(sur place, sur-place) subst. masc.Faire du surplace. a) Sports. Rester en équilibre en pédalant sur sa bicyclette (d'apr. Petiot 1982). b) Fam. [En parlant d'un conducteur de véhicule ou, p.méton., du véhicule lui-même, ou d'un piéton] Ne pas pouvoir avancer, en raison de la circulation intense, de l'encombrement. Au fig. Nous avions placé de grands espoirs dans ce 10 mai, et aujourd'hui, huit mois après, nous avons le sentiment de ne pas avoir fait un pas vers cette «autre» télévision que nous voulions. Nous faisons du «surplace» et, dans certains domaines, nous avons reculé (Le Monde Dimanche, 31 janv. 1982, p.1).
Prononc. et Orth.: [plas]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. a) Ca 1100 «endroit, lieu, espace où se déroule l'action» (Roland, éd. J. Bédier, 1108); b) ca 1100 en la place «à cet endroit, sur le sol» (ibid., 764); c) 1409 sur la place «sur les lieux» (Trésor des Chartes de Rethel ds Runk., p.152); 1774 sur place (Diderot, Réfutation Hévétius, p.356); 2. a) ca 1100 «partie déterminée d'un espace, d'un lieu, où quelque chose peut être fait ou mis, où quelqu'un peut se mettre» (Roland, éd. J. Bédier, 1507); 1160-74 «emplacement (d'une ancienne ville)» (Wace, Rou, III, 93, éd. A. J. Holden, t.1, p.164); ca 1260 faire place à (Récits d'un ménestrel de Reims, éd. N. de Wailly, par. 100, p.53); ca 1350 metre en place (Gilles Li Muisis, Poésies, II, 233 ds T.-L.); 1377 prendre place «s'installer» (Gace de La Buigne, Roman des Deduis, 4003, ibid.); 1539 être, mettre, entrer en la place de (Est.); 1539 aller de place en place comme les oiseaux (ibid.); 1553 trouver place (O. de Magny, Amours, éd. Courbet, 72 ds IGLF); 1579 ne pas pouvoir demeurer en une place (Larivey, Jaloux, II, 3, éd. Viollet-le-Duc, VI, 28, ibid.); 1705 ne pas tenir en place (Regnard, Ménechmes, Prologue ds Littré); 1606 que ferois-tu, si tu etois en ma place (Nicot); 1671 mettre chaque chose en sa place (Pomey); 1769 de place en place «de manière clairsemée, par-ci par-là» (Saint-Lambert, Les Saisons, p.49); b) 1306 «lieu, logement prévu pour une personne (pour le logement de troupes)» (Joinville, St Louis, 388 ds T.-L.); 1530 «siège pour une personne» (Palsgr.); 3. 1175-80 «partie indéterminée d'espace» poi de place (Renart, éd. E. Martin, XV, 210, t.2, p.146); 1539 fai[re] faire place «écarter la foule» (Est.); 1585 exclamation place place (N. Du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, OEuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t.2, p.9); 1652 place! (Scarron, Don Japhet d'Arménie, III, 4, OEuvres, J. Fr. Bastien, t.6, p.429); 4. a) ca 1200 «lieu public découvert et environné de bâtiments» (Aiol, 8947 ds T.-L.); ca 1268 (Brunet Latin, 615, ibid.: la maistre place de la vile); 1370-72 places publiques (Oresme, Ethiques, X, 8, éd. A. D. Menut, p.511); 1737 cocher de place (Caylus, Histoire Guillaume, p.VII); 1790 carrosses, voitures de place (Le Moniteur, t.3, p.47 et p.152); b) 1466 places marchandes (Ordonnances des rois de France, t.16, p.566); c) [1606 place du change (Crespin d'apr. FEW t.9, p.38a)]; 1694 «ensemble des négociants d'une ville» (Ac.); d) 1676 «lieu de rassemblement, de passage ou d'exercices d'hommes en armes» (Félibien, p.110); 5. 1417 places fortes (Archives de Bretagne, V, 214 ds Fonds Barbier); av. 1463 tant bat on place qu'elle est prise (Villon, Ballade des proverbes, 20, éd. Lais et poèmes variés par J. Rychner et A. Henry, p.52); 6. a) ca 1485 fig. «situation, position par rapport à d'autres, degré» (Viel Testament, XLI, 40232, éd. J. de Rothschild, t.5, p.152: J'ay mis mon cueur en haulte place); 1539 (Est.: remettre en se place in gradum reponere); 1690 «position dans un classement d'écoliers» (Fur.); b) 1563 «titre, position sociale, fonction» (B. Palissy, Récepte véritable, Paris, 1930, p.126 ds IGLF: quelque place noble ou office de plus grand honneur et authorité); 1696 homme en place (La Bruyère, Caractères, OEuvres, éd. Grands écrivains de la France, t.2, 1922, p.262). Issu, par l'intermédiaire d'une forme *plattea, avec t géminé, prob. sous l'infl. de *plattus (v. plat), du lat. platea «rue large, place publique», empr. anc. au gr. π λ α τ ε ι ́ α, fém. subst. de π λ α τ υ ́ ς «large» (FEW t.9, p.41b). Fréq. abs. littér.: 27903. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 34903, b) 39105; xxes.: a) 40937, b) 43313. Bbg. Archit. 1972, p.134, 164. _ Gougenheim (G.). «Place» dans la Chanson de Roland. B. jeunes Rom. 1964, t.9, pp.1-4. _ Tournier (M.). Un Vocab. ouvrier en 1848. Paris, 1976, passim.

Wiktionnaire

Interjection - français

place \plas\

  1. Formule dont on se sert pour faire écarter ou ranger ceux qui empêchent la circulation.
    • Place, place !
    • Place aux jeunes !

Nom commun - français

place \plas\ féminin

  1. Lieu, endroit, espace qu’occupe ou que peut occuper une personne, une chose.
    • …les études chimique et minéralogique assigneront une place définitive dans la systématique, à cette roche qui était une des énigmes de la lithologie. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Je revenais dans l’auto des estafettes, portant des piles et d’autres accessoires lorsque nous offrîmes une place à une sorte d’ambulancier. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 98, Hartmann, 1937)
    • Pôle d’échanges multimodal de la gare de Poitiers, accueillant une gare routière, un dépose-minute ainsi qu’un tout nouveau parking de 700 places. — (Philippe Nomine & Anaïs Claverie, Poitiers Futuroscope, 2010, page 35)
    • Faire place à quelqu’un, se ranger afin qu’il passe, qu’il aille se mettre à sa place, lui donner une place auprès de soi.
    • Quitter la place à quelqu’un, se retirer devant lui, le laisser à la place qu’on occupait.
    • Je m’aperçois que je vous gêne, je vous quitte la place.
    • Ne pas tenir en place, s’agiter, marcher fébrilement, en signe d’impatience ou de joie.
  2. (En particulier) Endroit, lieu, espace que doit occuper une personne ou une chose par rapport aux convenances, à la bienséance, etc.
    • Une place d’honneur m’avait été réservée et une charmante Mangarevienne m’avait couronné de fleurs. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Ce mot n’est pas à sa place : Il ne convient pas à l’endroit où on l’a mis.
    • Cette pensée, ce discours, cette réflexion n’est pas à sa place.
    • Cela n’est pas tout à fait à sa place : Se dit d’une façon d’agir, de parler inopportune ou peu convenable.
    • Tenir une grande place : Être un personnage considérable.
    • Tenir sa place dans le monde : Figurer convenablement dans le monde.
    • Bien tenir sa place à table : Faire honneur au repas, manger de bon appétit.
    • Se tenir à sa place, ne pas se tenir à sa place : Observer, ne pas observer les bienséances qu’exige sa condition, son état.
    • Cet homme est, n’est pas à sa place : Il est, il n’est pas dans la situation, dans l’emploi qui lui convient.
    • Remettre quelqu’un à sa place : Le rappeler aux convenances, à la bienséance.
  3. (Par extension) Logement qu’on occupe.
    • Faire place nette : Vider le logement qu’on occupait dans une maison, en ôter tous les meubles.
  4. (Par extension) Dignité, charge, emploi qu’une personne occupe.
    • La Victoire affirmée, Fagerolle […] pensait pouvoir, sans effort, réoccuper son rang. Il dégota, péniblement, une place de sous-reporter, dans un canard impécunieux du matin. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 29)
    • Par bonheur, au bout d’un certain temps, il trouva une place de manipulateur au laboratoire d’Oustimovitch, professeur de physiologie à l’institut vétérinaire ; […]. — (E. Asratian, I. Pavlov : sa vie et son œuvre, page 11, Éditions en langues étrangères, Moscou, 1953)
    • Ainsi Coitier s’est vite fait une place importante dans ce cénacle de médecins qui vivent dans l’entourage de Louis XI. — (Docteur J. Colombe, Portraits d’ancêtres - I - Jacques Coitier, Hippocrate revue d'humanisme médical, janvier 1949, n° 1, page 14)
    • La place n’est pas tenable, on ne saurait y demeurer sans incommodité ou sans péril.
    • Il a donné sa démission, la place n’était plus tenable.
    • Se faire place, se faire faire place, pénétrer, arriver, se mettre où on veut être.
    • Place de confiance.
    • Être en place, être dans un emploi, dans une charge qui donne de l’autorité, de la considération.
    • Être sans place, être sans emploi.
    • Un homme en place, Homme qui a une situation, un emploi de quelque importance.
    • Faire la place : (Commerce) Se dit de commis qui vont offrir des marchandises à des magasins de détail ou à des particuliers. Se dit aussi des élèves architectes qui, tout en poursuivant leurs études, vont travailler chez un patron comme dessinateurs apprentis.
    • Je suis courtier en librairie, monsieur. Je fais la place pour les principales maisons de la capitale. — ( Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy, 1881 ; éd. Le Livre de Poche, p. 9.)
  5. (Éducation) Rang qu’un écolier obtient dans un classement.
    • On donne aujourd’hui les places.
    • Il a eu une bonne place, une mauvaise place.
    • La place de premier.
  6. Espace, lieu public, découvert et environné de bâtiments.
    • Les Grecs vivaient au grand air […]. Leurs lieux de réunion, cela est assez connu, étaient des places publiques, généralement voisines des portiques ou colonnades où l’on se réfugiait en cas de pluie. — (Pierre Louÿs, Sports antiques, 1901, dans Archipel)
    • Rue de la Paix, des midinettes sortaient en bandes et traversaient la place Vendôme et la rue de Rivoli en se donnant le bras. — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, p.51)
    • On traverse la place de la gare pour aller au bistro d’en face. Il neige dur. La place est toute blanche. — (Albert Vidalie, C'était donc vrai, éd. René Julliard, 1952, page 34)
    • On arriva sur une petite place circulaire, où étaient dressées quelques boutiques, un bal, un manège. Il n’y avait pas grande foule, quelques badauds seulement circulaient. — (André Dhôtel, Le Pays où l'on n'arrive jamais, 1955)
  7. (Par extension) Voie de circulation entourant éventuellement un tel espace. Note : ce mot apparaît fréquemment dans les adresses.
  8. (Vieilli) Endroit de stationnement public.
    • Place de voitures ou, elliptiquement, place, endroit où stationnent les voitures à l’usage du public, d’où l’expression Voiture de place.
    • Vous trouverez un taxi à la place.
  9. Lieu où s’assemblent les agents de change, les banquiers, les négociants pour y traiter leurs affaires et y opérer leurs transactions. (Par extension) Bourse. (Par métonymie) Ensemble des négociants, des banquiers d’une ville.
    • Elle escompterait les lettres de change tirées sur nos places par les exportateurs de produits exotiques sans que ceux ci passassent sous les fourches caudines des banquiers londoniens. — (Le Jacquard: Journal de L'industrie lainière, Elbeuf : H. Saint-Denis (directeur), 1895, page 253)
  10. Ville de guerre ou de garnison.
    • Nos grandes places de guerre, Strasbourg et Metz, les véritables boulevards de notre défense, n’avaient été ni armées, ni approvisionnées. — (Général Ambert, Récits militaires : L’invasion (1870), page 124, Bloud & Barral, 1883)
    • Les défenseurs, après avoir perdu les faubourgs, manquant d’eau, furent obligés de capituler. Le siège entrepris par l’armée des croisés ne dura que du 1er au 15 août, jour de la reddition de la place. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Le général Sarrail commande la place de Verdun. Le 44e régiment de R.A.T. occupe la ville. Le général exige une discipline stricte, prescrit les marques extérieure de respect. — (Pierre Audibert, Les Comédies de la Guerre, 1928, p.93)
    • Les recherches furent continuées par les soins de l’autorité maritime, de la douane et du commandant de place de Bonifacio : elles furent malheureusement tout à fait confirmatives […] — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, p. 197)
  11. (Sports hippiques) Classement dans une course donnant lieu à une allocation ou à rétribution des parieurs en simple placé, sans pour autant être gagnant.
    • Dans cette course nous visons les places.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PLACE. n. f.
Lieu, endroit, espace qu'occupe ou que peut occuper une personne, une chose. La place est prise, occupée, vide. La place est trop petite pour deux. Il y a place pour vingt couverts. Mettre, ranger chaque chose à sa place, en sa place. Changer des livres, des meubles de place. Il change de place à tout moment. Rester, demeurer, se tenir en place. Céder, quitter, perdre sa place. Rendre la place d'un autre. Prendre place à côté de quelqu'un. Trouver place. Payer sa place. Retenir des places au théâtre. Prov., Qui quitte sa place la perd. On dit familièrement dans le même sens Qui va à la chasse perd sa place. Quitter la place à quelqu'un, Se retirer devant lui, le laisser à la place qu'on occupait. Je m'aperçois que je vous gêne, je vous quitte la place. Ne pas tenir en place, S'agiter, marcher fébrilement, en signe d'impatience ou de joie. Faire place nette, Vider le logement qu'on occupait dans une maison, en ôter tous les meubles. Il s'emploie figurément pour signifier qu'on a renvoyé d'une maison, d'une administration, d'une entreprise, etc., tous ceux dont on voulait, pour quelque raison que ce soit, se débarrasser. Son premier soin en prenant la direction de cette affaire a été de faire place nette. On dit aussi Faire maison nette. La place n'est pas tenable, On ne saurait y demeurer sans incommodité ou sans péril. Il a donné sa démission, la place n'était plus tenable. Se faire place, se faire faire place, Pénétrer, arriver, se mettre où on veut être. Faire place à quelqu'un, Se ranger afin qu'il passe, qu'il aille se mettre à sa place. Il signifie aussi Lui donner une place auprès de soi. Venez auprès de nous, nous vous ferons place. Il signifie encore Céder sa place. Il y a longtemps que vous êtes là, faites place aux autres. Fig., L'amour, dans son cœur, a fait place à la haine, La haine y a remplacé l'amour. Place, place! Locution exclamative elliptique dont on se sert pour faire écarter ou ranger ceux qui empêchent la circulation. Figurément, Place aux jeunes! En place! Autre locution elliptique dont on se sert pour inviter plusieurs personnes à prendre leurs places. En place, messieurs! En termes de Beaux-Arts, Mise en place, Action, pour le peintre, de poser son modèle dans l'attitude qu'il doit occuper dans le tableau; ou encore Établissement des grandes lignes, répartition des masses, des volumes d'une composition; pour l'architecte, le décorateur, Action de placer un ornement, un meuble à l'endroit qui lui convient le mieux. Ce mot n'est pas à sa place, Il ne convient pas à l'endroit où on l'a mis. On dit dans le même sens : Cette pensée, ce discours, cette réflexion n'est pas à sa place. Cela n'est pas tout à fait à sa place, se dit d'une Façon d'agir, de parler inopportune ou peu convenable. Fig., Tenir une grande place, Être un personnage considérable. Fig., Tenir sa place dans le monde, Figurer convenablement dans le monde. Fig. et fam., Bien tenir sa place à table, Faire honneur au repas, manger de bon appétit. Fig., Se tenir à sa place, ne pas se tenir à sa place, Observer, ne pas observer les bienséances qu'exige sa condition, son état. Cet homme est, n'est pas à sa place, Il est, il n'est pas dans la situation, dans l'emploi qui lui convient. Fig., Remettre quelqu'un à sa place, Le rappeler aux convenances, à la bienséance. Avoir place dans l'histoire, tenir sa place dans l'histoire, Être mentionné par les historiens. Érostrate a voulu avoir une place dans l'histoire. César tient une grande place dans l'histoire. Cette action mérite d'avoir place dans l'histoire. Cette réflexion, ce fait, ce trait trouvera place, trouvera sa place, aura sa place dans l'ouvrage que j'achève, Il en sera fait mention dans cet ouvrage. Avoir, obtenir, conserver une place dans le cœur de quelqu'un, dans son estime, dans son amitié, dans sa confiance, Être aimé, estimé de lui. On dit aussi Donnez-moi, accordez-moi, ne me refusez pas une place dans votre amitié, dans votre estime, dans votre souvenir. Fig., Se mettre en la place et, plus ordinairement, à la place de quelqu'un, Se supposer dans l'état, dans la situation où il est. Mettez-vous à sa place. Supposez que vous soyez à ma place. Si vous étiez en sa place, vous seriez aussi embarrassé que lui. Elliptiquement, À ma place, que feriez-vous? En termes de Procédure, Subroger quelqu'un en son lieu et place. Je ne voudrais pas être à sa place, se dit en parlant d'une Personne qui est dans une situation pénible, embarrassante, ou qui est menacée de quelque événement fâcheux. Tenir de la place se dit d'une Personne ou d'une chose qui dépasse un peu les proportions normales. Il se dit figurément d'une Personne qui exagère son importance.

PLACE se dit, figurément, de la Dignité, de la charge, de l'emploi qu'une personne occupe dans le monde; de l'emploi d'un commis, d'un domestique, etc. Place de confiance. Demander, solliciter, obtenir, accepter, refuser une place. Il remplit bien sa place. Connaître les droits, les devoirs de sa place. On n'en voulait pas à sa personne, on n'en voulait qu'à sa place. Perdre sa place. Absolument, Être en place, Être dans un emploi, dans une charge qui donne de l'autorité, de la considération. Être sans place, Être sans emploi. Un homme en place, Un homme qui a une situation, un emploi de quelque importance. Les gens en place.

PLACE, dans les Collèges, désigne le Rang qu'un écolier obtient dans un classement. On donne aujourd'hui les places. Il a eu une bonne place, une mauvaise place. La place de premier.

PLACE signifie aussi Espace, lieu public, découvert et environné de bâtiments. Place publique. La place Vendôme. La place des Victoires. Place de voitures ou, elliptiquement, Place, Endroit où stationnent les voitures à l'usage du public. D'où l'expression : Voiture de place. Vous trouverez un taxi à la place.

PLACE s'emploie quelquefois absolument pour désigner le Lieu où s'assemblent les agents de change, les banquiers, les négociants pour y traiter leurs affaires et y opérer leurs transactions. Négocier un billet sur la place. Être connu, avoir du crédit sur la place de Paris. L'argent est facile, abondant sur la place. Il se dit quelquefois de l'Ensemble des négociants, des banquiers d'une ville. La place de Lyon est une des plus riches de France. Cette place n'est pas sûre, on y est menacé de beaucoup de faillites. Faire la place se dit, dans le Commerce, de Commis qui vont offrir des marchandises à des magasins de détail ou à des particuliers. Il se dit aussi des Élèves architectes qui, tout en poursuivant leurs études, vont travailler chez un patron comme dessinateurs apprentis.

PLACE désigne encore une Ville de guerre ou de garnison. Place forte. Place frontière. Place maritime. Reconnaître, assiéger, attaquer, investir, bloquer une place. Emporter une place d'assaut. Démanteler une place. La garnison d'une place. Le commandant de place. Place d'armes, Terrain destiné à des revues, à des exercices militaires. Dans cette ville il y a une très belle place d'armes. Place d'armes se dit aussi de la Partie des tranchées dans laquelle on réunit les troupes destinées à repousser les attaques ou à donner l'assaut. Place d'armes se dit encore de la Ville frontière où est le dépôt principal des vivres, des munitions de l'armée, et sous laquelle les troupes peuvent se retirer en cas de besoin.

SUR PLACE, SUR LA PLACE, loc. adv. À l'endroit même. S'agiter, piétiner, tourner sur place. Avancer sur place se dit d'un Fonctionnaire qui, sans changer de résidence, passe à une classe supérieure. Il est demeuré deux mille hommes sur la place, Deux mille hommes ont été tués sur le lieu où s'est donné le combat. Tomber mort sur la place, Tomber mort sur-le-champ. Sur la place signifie aussi À terre, par terre. Du premier coup de poing, il l'a étendu sur la place.

Littré (1872-1877)

PLACE (pla-s') s. f.
  • 1Espace, lieu public découvert et environné de bâtiments (ce qui est le sens étymologique). Aristarque se transporte dans la place avec un héraut et un trompette ; celui-ci commence, toute la multitude accourt et se rassemble, La Bruyère, IX. Après avoir fait achever le pont Neuf, commencé sous Henri III… il [Henri IV] fit bâtir la place Royale sur l'emplacement de l'hôtel des Tournelles, et la place Dauphine sur deux petites îles qu'on joignit ensemble, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuvr. t. III, p. 17, dans POUGENS.

    On dit dans le même sens : place publique. Les uns assassinés dans les places publiques, Corneille, Cinna, I, 3. Les hommes, toujours au travail, ou dans la place publique, ne se tenaient guère dans les maisons, Montesquieu, Rom. 1.

    Dévots de place, hypocrites qui font parade de leur dévotion comme sur une place. Que ces francs charlatans, que ces dévots de place…, Molière, Tart. I, 6.

    Place de fiacres, de cabriolets, endroit où stationnent les voitures à l'usage du public. La tête, la fin de la place. Une voiture de place. Un cabriolet de place.

  • 2Place marchande, place commode pour vendre de la marchandise.

    Être en place marchande, être dans une place où l'on peut bien vendre, et fig. Être dans un lieu où l'on ne peut manquer d'être vu.

    Fig. Nous ne sommes pas en place marchande, nous ne sommes pas en lieu convenable pour traiter d'affaires.

  • 3Place d'armes, terrain libre et spacieux où s'assemble la garnison d'une ville de guerre.

    Se dit aussi, dans un camp, du lieu où la troupe campée vient s'assembler.

    Place d'armes d'une attaque ou d'une tranchée, poste où on loge de la cavalerie et de l'infanterie pour s'opposer aux sorties de la garnison et favoriser le travail des tranchées.

    Place d'armes d'un fossé sec, espèce de chemin couvert qui en traverse toute la largeur.

    Places d'armes du chemin couvert, espaces pratiqués à ses angles saillants et rentrants pour assembler les soldats.

    Places basses, les casemates et les flancs de bastion qui défendent le fossé et la courtine.

    Place d'armes se dit aussi d'une ville frontière où est le dépôt principal des vivres, des munitions, etc.

    Terme de marine. Dans les anciens navires, place d'armes, partie du gaillard d'arrière comprise entre le grand mât et l'entrée de la dunette, où était le corps de garde, Jal

  • 4En général, lieu découvert, espace libre. Les lieux où des feux étaient allumés et les bêtes déchaînées, s'appelaient, en la langue de la primitive Église, la place où l'on donne les couronnes, Guez de Balzac, Socr. chrét. III. Sera-ce hors des murs, au milieu de ces places Qu'on voit fumer encor du sang des Curiaces ? Corneille, Hor. V, 3. Je me représente la vaste enceinte des sciences, comme un grand terrain parsemé de places obscures et de places éclairées, Diderot, Interprét. de la nat. n° 14.

    Sur la place, à terre, par terre. Un coup de bâton l'étendit sur la place. Il fallait à la justice divine un nombre infini de victimes ; elle voulait voir onze cent mille hommes couchés sur la place, dans le siége d'une seule ville [de Jérusalem par Titus], Bossuet, Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2.

    On dit quelquefois dans le même sens : au milieu de la place. Cela est tombé au milieu de la place.

    Demeurer, rester sur la place, être jeté à terre et y rester étendu, mort ou non. Je tombe, et hors de moi demeure sur la place, Rotrou, Vencesl. IV, 2. Il y eut près de cinq mille hommes de l'armée de Nicanor qui demeurèrent sur la place, Sacy, Bible, Machab. I, VII, 32.

    Fig. Demeurer sur la place, avoir le dessous. Enfin, mon cher maître, voilà la bataille engagée, et le signal donné : il faut que Shakspeare ou Racine demeure sur la place, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 20 août 1776.

    Par la place, à terre, par terre. À certains endroits vous jetterez le livre [du P. Maimbourg] par la place, Sévigné, 1er déc. 1675.

    Terme d'eaux et forêts. Places vaines et vagues, terrains qui ne produisent rien ; vides d'une grande étendue dans une forêt. Place vide, clairière absolument sans bois.

    Terme de manége. Endroit où on se trouve étant à cheval. Arrêter sur la place ou sur place.

    Espace qui est entre deux poteaux dans une écurie, pour loger un cheval.

  • 5Espace qu'occupe ou que peut occuper une personne. Une place au parterre, dans un wagon, etc. Je n'ai pu trouver de place, trouver place au concert. Faites-moi une petite place auprès de vous. Il me gardait une place. J'ai payé votre place. Carlos, voulant s'asseoir parmi les comtes, et empêché par Don Manrique : J'ai vu la place vide, et cru la bien remplir. - Don Manrique : Un soldat bien remplir une place de comte ! Corneille, Don Sanche, I, 3. Mien, tien : c'est là ma place ou soleil ; voilà le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre, Pascal, Pens. VI, 50, éd. HAVET. Je pense qu'elle [Mme de Gèvres] s'attendait que je lui dusse offrir ma place ; ma foi, je lui devais une incivilité de l'autre jour ; je la lui payai comptant, et ne branlai pas, Sévigné, 27. Mme Scarron se souvint avec combien d'esprit vous aviez soutenu autrefois une mauvaise cause, à la même place et sur le même tapis où nous étions, Sévigné, 6 janv. 1672. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place, Bossuet, Duch. d'Orl. Elle va descendre à ces sombres lieux… avec ces rois et ces princes anéantis, parmi lesquels à peine peut-on la placer, tant les rangs y sont pressés, tant la mort est prompte à remplir ces places, Bossuet, ib. L'infidèle s'est vu partout envelopper, Et je n'ai pu trouver de place pour frapper, Racine, Andr. V, 3. Il se met le premier à table et dans la première place, La Bruyère, V. Il [Giton, le riche] occupe à table et à la promenade plus de place qu'un autre, La Bruyère, VI. Il [Phédon, le pauvre] n'occupe point de lieu, il ne tient point de place, il va les épaules serrées, La Bruyère, ib.

    Fig. Tenir une grande place, être un personnage considérable. Le voilà donc mort, ce grand ministre [Louvois], cet homme si considérable, qui tenait une si grande place, dont le moi, comme dit M. Nicole, était si étendu, Sévigné, 26 juillet 1691.

    Il est aujourd'hui la Saint-Lambert, qui quitte sa place la perd (voy. LAMBERT).

    Prendre place, s'asseoir. Mes enfants, prenez place, Corneille, Rodog. II, 3. À la table d'Esther l'insolent près du roi A déjà pris sa place, Racine, Esth. III, 3.

    Demeurer en place, ne pas bouger. J'ai peine, je l'avoue, à demeurer en place, Et de mille soucis mon esprit s'embarrasse, Molière, Éc. des f. IV, 1.

    Ne pas tenir en place, aimer à voyager. Vous savez, grand dieu du Parnasse, Que je ne me tiens guère en place, Regnard, Ménechmes, Prologue.

    Ne pas tenir en place, s'agiter, marcher, par impatience ou par allégresse. Non, j'entendrai debout ; vous savez qu'en parlant je ne saurais tenir en place, Beaumarchais, Mère coupable, IV, 13. Je ne tiens pas en place, je me sens heureux et léger, Picard, Vieille tante, IV, 1.

    La place n'est pas tenable, on ne saurait y demeurer sans y souffrir.

    Tenir la place de, occuper la place. Jésus-Christ, dont le prêtre tient la place, Pascal, Prov. X. À ce Christ, à cet homme-Dieu, à cet homme qui tient sur la terre, comme parle saint Augustin, la place de la vérité, Bossuet, Hist. II, 6.

    Faire place à quelqu'un, se ranger afin qu'il passe ; lui donner une place auprès de soi ou lui céder celle qu'on occupe. Tyran, descends du trône et fais place à ton maître, Corneille, Héracl. I, 2. À ces mots La médiocrité revient ; on lui fait place, La Fontaine, Fabl. VII, 6. Allons, mon gentilhomme, une superbe audace ! Un train de roi ! cet air qui dit : faites-moi place ! Delavigne, les Enfants d'Édouard, II, 3.

    Faire place, céder. Tout fit place à mes armes, Racine, Bérén. II, 2.

    Faire faire place, faire écarter la foule. Dorus passe en litière par la voie Appienne, précédé de ses affranchis et de ses esclaves, qui détournent le peuple et font faire place, La Bruyère, VI.

    Se faire place, écarter, pour passer, ceux qu'on a devant soi. À qui veut fortement les choses, nul obstacle n'est invincible ; un génie appliqué perce tout, se fait faire place, arrive enfin à son but, Bossuet, 3e sermon, Pentec. I. Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, Boileau, Lutr. V.

    Quitter la place, céder la place, se retirer. Il [Pomenars] est si hardi et si effronté que tous les jours du monde il fait quitter la place au premier président, Sévigné, 77. Finissons là, de grâce : Allez-vous m'en parler ? je vous cède la place, Gresset, le Méch. I, 4.

    Place, place ! rangez-vous, laissez passer. Place ! place ! voici le grand Japhet, Scarron, D. Japhet, III, 4. Place à Mathieu Crochet, Regnard, le Bal, 19.

    En place, loc. elliptique, pour : restez en place, ou remettez-vous en place. En place les danseurs. On dit dans le même sens : à vos places.

    Faire place nette, vider le logement qu'on occupait dans une maison.

    À la place de, au lieu de. Et qui des rois, hélas ! heureux petit moineau, Ne voudrait être en votre place ! Molière, Mélicerte, I, 5. La Garde veut toujours que, si M. de Grignan ne vient pas, vous veniez à sa place, Sévigné, 15 déc. 1673. Et toujours la créature adorée à la place du créateur, Bossuet, Hist. II, 12. La loi se met à la place de celui qui est offensé, et demande pour lui la satisfaction que, dans un moment de sang-froid, il aurait demandée lui-même, Montesquieu, XXX, 19.

    Fig. Se mettre en ou à la place de quelqu'un, se supposer dans l'état, la situation où il se trouve. Mettez-vous en ma place, représentez-vous les circonstances… et dites-moi votre avis, Sévigné, 7 févr. 1689. Il se mettait volontiers en la place des autres, ce qui produit l'équité et l'indulgence, Fontenelle, Boerhaave. Il n'est pas dans le cœur humain de se mettre à la place des gens qui sont plus heureux que nous, mais seulement de ceux qui sont plus à plaindre, Rousseau, Émile, IV. Figaro : On fait comme on peut : mettez-vous à ma place. - Bartholo : Me mettre à votre place ! ah ! parbleu, je dirais de belles sottises, Beaumarchais, le Barb. de Sév. III, 5. On dit dans un sens analogue : mettre en la place de. Que la compassion soit un retour vers nous-mêmes qui nous mette en la place des malheureux, La Bruyère, IV.

    À la place de, en supposant qu'on fût dans la position de celui dont il s'agit. Je n'ai rien fait, monsieur, que vous n'eussiez fait à ma place, Molière, Festin, III, 5. À votre place, je prendrais mon parti, j'abandonnerais tout ce tripotage, Th. Leclercq, Prov. t. IV, p. 259, dans POUGENS.

    On dit, dans un sens analogue : être dans la place de quelqu'un. Si j'étais dans votre place, je ne jouerais plus, Hamilton, Gram. 3.

    Je ne voudrais pas être à sa place, se dit de quelqu'un qui est dans une situation embarrassante, ou menacé de quelque événement fâcheux.

    Fig être en place de, être à même de. Vous qui êtes en place de sentir ces désagréments, Sévigné, 18 janv. 1690.

    En termes de pratique, subroger quelqu'un en son lieu et place.

  • 6Espace qu'occupe ou que peut occuper une chose. Ranger chaque chose à sa place, en sa place. Changer des meubles de place. C'était là la place de sa maison. Il n'y a pas de place ici pour tous ces livres. La place d'une blessure. Au vestibule obscur il marque une autre place, Boileau, Art p. IV. Et, marquant à mon bras la place de son cœur, Semblait d'un coup plus sûr implorer la faveur, Racine, Mithr. V, 4. Ses amis s'apercevaient de la place qu'ils avaient dans son cœur, par celles que leurs portraits occupaient dans sa chambre [le chevet du lit, le dessus de la porte, l'antichambre et le grenier], Mme de Caylus, Souvenirs, p. 123, dans POUGENS. Alexandre voyait la terre comme une belle place bien propre à y établir un grand empire, Fontenelle, Mond. 3e soir.

    En termes d'architecture, emplacement, lieu propre pour bâtir.

    En place, dans la place qui est destinée à un objet. Il faut voir les choses en place, Lamotte, Fabl. I, 15.

    Fig. Tenir une grande place, se dit des choses qui prennent une grande part du temps ou de l'intérêt. Recevoir des lettres, y faire réponse, tient une grande place dans notre vie, Sévigné, 582.

    Tenir place de quelque chose, en être l'équivalent. C'est une chose étrange qu'il n'y ait rien dans la nature qui n'ait été capable de lui [à l'homme] en tenir la place [de Dieu] : astres, ciel, terre, élément, plantes, choux…, Pascal, Pens. VIII, 2.

    Faire place, être substitué à. Les bois font place aux champs, Bossuet, Hist. I, 2. Le jour neuf fois a fait place à la nuit, Depuis qu'aux bords voisins sa flotte l'a conduit, Delavigne, Vêpres siciliennes, I, 1.

    Faire place, passer après. Tout fait place à ce commerce [de lettres], Sévigné, 192.

    Prendre la place de, succéder à. La mort ne l'a point changée, si ce n'est qu'une immortelle beauté a pris la place d'une beauté changeante et mortelle, Bossuet, Mar.-Thér.

    Fig. Un esprit hors de sa place, se dit d'un esprit troublé d'une façon quelconque. J'ai l'esprit un peu hors de sa place, Sévigné, 147. Je me suis souvenu de l'étonnement où vous en étiez [de la mort de Madame], et comme votre esprit en était hors de sa place, Sévigné, 8 juill. 1671.

    À la place de, dans le lieu occupé par. Puisque vous ne touchiez jamais à cet argent, Mettez une pierre à la place ; Elle vous vaudra tout autant, La Fontaine, Fabl. IV, 20. On ne persuade pas facilement aux hommes de mettre leur raison en la place de leurs yeux, Fontenelle, Mond. 6e soir. Je ne vous parlerai point de frère Thiriot ; il a mis l'indifférence à la place de la philosophie, Voltaire, Lett. Damilaville, 16 avr. 1764.

    Laisser place, permettre. Mes soins à vos soupçons ne laissent pas de place, Racine, Brit. V, 3. Pompée a saisi l'avantage D'une nuit qui laissait peu de place au courage, Racine, Mithr. II, 3. Hélas ! de tant de maux les atteintes cruelles Laissent donc place encore à des larmes nouvelles ! Voltaire, Orphel. I, 6.

    Ce fait, cette réflexion trouvera place, aura place dans l'ouvrage, il en sera fait mention.

  • 7La situation, le rang qui convient ou appartient à une personne. Les pilotes du fils d'Éson, Dont le nom jamais ne s'efface, Ont gagné la première place En la fable de la toison, Malherbe, III, 3. La place de Mme de Maintenon est unique dans le monde, Sévigné, 27 sept. 1684. Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle, Bossuet, Reine d'Anglet. Toutes les fois que, regardant cette grande place qu'elle remplissait si bien, vous sentirez qu'elle y manque, Bossuet, Duch. d'Orl. Quoique le roi d'Angleterre sût que la princesse sa sœur, recherchée de tant de rois, pouvait honorer un trône, il lui vit remplir avec joie la seconde place de France, que la dignité d'un si grand royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde, Bossuet, ib. J'espérais que, fuyant un indigne repos, Je prendrais quelque place entre tant de héros, Racine, Baj. II, 5. Quand je suis dans une situation qui demande de la force et du courage, il me semble que je me trouve presque à ma place, Montesquieu, Lysim. Lorsque les rois de Macédoine obtinrent une place parmi les amphictyons, Montesquieu, Esp. IX, 2. Les places que la postérité donne sont sujettes, comme les autres, aux caprices de la fortune, Montesquieu, Rom. 1. L'homme n'est point une énigme, comme vous vous le figurez pour avoir le plaisir de la deviner ; l'homme paraît être à sa place dans la nature, Voltaire, Pens. Pascal, III.

    Avoir place dans l'histoire, tenir sa place dans l'histoire, être mentionné, être célèbre dans l'histoire.

    Cet homme n'est pas à sa place, il n'est pas dans la situation, dans l'emploi qui lui convient. Chacun se plaint, nul n'est à sa place, Massillon, Carême, Dégoûts.

    Fig. Se tenir à sa place, ne pas se tenir à sa place, observer, ne pas observer les bienséances qu'exige sa condition, son état.

    Tenir sa place, figurer convenablement, remplir un rôle convenable. M. et Mme de Grignan tiendraient fort bien leur place à la cour, Sévigné, 399. Quand l'espérance voudra se mêler à ces pensées, elle y sera la très bien venue et y tiendra sa place admirablement, Sévigné, 340.

    Remettre quelqu'un à sa place, lui faire sentir qu'il s'écarte des convenances, des bienséances.

  • 8Il se dit, dans un sens analogue, du rang donné aux choses. On souffre bien des douleurs inutiles dans l'éloignement, et jamais notre joie ni notre tristesse ne sont à leur place, Sévigné, 15 mars 1676. Quand on est si loin, on ne fait quasi rien, on ne dit quasi rien qui ne soit hors de sa place, Sévigné, 6 déc. 1671. Cette petite nouvelle… a paru une misère qui n'a pas tenu sa place devant la mort de M. de Turenne, Sévigné, 26 août 1671. Un retour à la volonté de Dieu… remet la raison à sa place et fait prendre patience, Sévigné, 30 nov. 1689. Il faut… que… j'accoutume votre esprit à mettre ces événements dans leur place, sans y regarder autre chose que l'ordre des temps, Bossuet, Hist. Dessein génér. Malherbe… D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Boileau, Art p. I. Les belles choses le sont moins hors de leur place, La Bruyère, XIV.

    Être à sa place, se dit d'une chose qui est dans de justes convenances. Je ne suis point blessée de toutes les choses qui sont à leur place, Sévigné, 11 nov. 1671. Rien n'est plus à sa place que d'être protégée par un gendre, Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 15 déc. 1715. C'est en ce moment que la réserve et la gravité sont à leur place, Rousseau, Ém. IV.

    Cela n'est pas tout à fait à sa place, se dit, par adoucissement, d'une action, d'une parole manquant de convenance. Je ne sais s'il était à sa place de permettre sur le théâtre français de couvrir de ridicule des esprits qui font assurément honneur à la nation, Mme de Puisieux, Ridic. à la mode, p. 292, dans POUGENS.

  • 9 Fig. Place se dit de l'intérêt, de l'attachement, de l'estime, de l'amour qui occupent l'esprit, le cœur. Ne me refusez pas une place dans votre amitié. Et que serait heureux qui pourrait aujourd'hui Disputer cette place [dans le cœur] et l'emporter sur lui ! Corneille, Nicom. I, 2. Il n'est plus temps, madame, une autre a pris la place, Molière, Fem. sav. IV, 2. Et [je] ne veux nulle place en des cœurs corrompus, Molière, Mis. I, 1. Il ne faut point d'art ni d'étude [pour recevoir l'impression de la beauté] ; il semble même que nous ayons une place à remplir dans nos cœurs et qui se remplit effectivement, Pascal, Pass. de l'amour. S'il y a une petite place de reste dans votre cœur, vous me ferez un plaisir extrême de me la donner ; car vous en avez une très grande dans le mien, Sévigné, 3. Je le prie [le P. Gaillard] de ne me point oublier ; je suis flattée de la pensée d'avoir une place dans une si bonne tête, Sévigné, 29 déc. 1688. L'ingrate en mon cœur reprit bientôt sa place, Racine, Andr. I, 1. Toutes les places sont prises auprès des beautés de la cour, Hamilton, Gram. 6.

    Obtenir une place dans le cœur, dans l'estime de quelqu'un, être aimé, estimé de lui.

  • 10Dignité, fonction, charge, emploi. Une si haute place, Corneille, Cinna, I, 1. Richelieu sembla montrer son successeur à la France ; et Mazarin s'avançait secrètement à la première place, Bossuet, le Tellier. Est-on, disait-il, dans les places pour se reposer et pour y vivre ? ne doit-on pas sa vie à Dieu, au prince et à l'État ? Bossuet, ib. M. de Colbert est mort, et M. le président Pelletier va remplir sa place, Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 7 sept. 1683. L'on se présente pour les charges de ville, l'on postule une place dans l'Académie française, La Bruyère, VIII. On pensa à moi pour une place ; mais, par malheur, j'y étais propre : il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint, Beaumarchais, Mar. de Fig. v, 3.

    Prendre la place de, s'emparer de la dignité de. Il n'a défait Tryphon que pour prendre sa place, Corneille, Rodog. II, 3.

    On dit dans un sens analogue : se mettre en la place de. Ne croyez point pourtant que, semblable à Pharnace, Je vous serve aujourd'hui pour me mettre en sa place, Racine, Mithr. I, 2.

    Prendre la place de, succéder à, remplacer.

    Mettre à la place de, remplacer par. Asdrubal mourut, et Annibal, quoiqu'il n'eût encore que vingt-cinq ans, fut mis à sa place, Bossuet, Hist. I, 8.

    Les grandes places, les hauts emplois dans le gouvernement. Il avait appris d'un politique philosophe, que les grandes places sont comme les rochers escarpés, qu'il n'y a que les aigles et les reptiles qui y parviennent, D'Alembert, Éloges, l'abbé de Choisy. L'habitude des affaires apprend à mal penser des hommes ; et cette mauvaise opinion de l'humanité est un malheur attaché aux grandes places, Condorcet, Maurepas.

    Un homme en place, un homme qui exerce un emploi important dans l'administration. Il faut plaire aux femmes et aux hommes en place, se mêler des plaisirs et des affaires, Vauvenargues, Max. LX. Les gens en place sont, au fond, beaucoup plus modestes qu'on ne le croit ; car ils supposent toujours que les louanges qu'on leur donne sont intéressées, Genlis, Mlle de la Fayette, p. 190, dans POUGENS.

    Être en place, être dans un emploi, dans une charge qui donne de l'autorité, de la considération. On dit : être en place, depuis que M. un tel est en place, pour dire : depuis qu'il est pourvu de quelque emploi qui lui donne de l'autorité ou du crédit ; toutes ces nouvelles façons de parler sont bonnes, Caillières, Mots à la mode, Convers. I.

    Rester en place, conserver son emploi.

    Perdre sa place, être destitué.

    Être sans place, n'avoir point d'emploi.

    Être hors de place, avoir été dépouillé de son emploi.

  • 11Place se dit d'un domestique en service. Être en place. Une bonne place. être sans place.
  • 12 Terme de collége. Rang qu'un élève obtient par sa composition. On a donné les places ; il est le premier.

    Une bonne place, une place parmi les premiers. Cet élève a toujours de bonnes places.

  • 13Le lieu du change, de la banque ; l'endroit où les négociants s'assemblent pour y traiter les affaires de leur commerce. Ils [des financiers] étaient des plus riches et pécunieux de la place, Mém. duc d'Orl. depuis 1608, p. 137, dans LACURNE. Après vingt ans entiers qu'on me débite dans la place [qu'on vend mes ouvrages], La Bruyère, XII. Il y avait, ce jour-là, de compte fait, cinquante trois religions sur la place [la bourse d'Amsterdam], en comptant les arméniens et les jansénistes ; on fit pour cinquante-trois millions d'affaires le plus paisiblement du monde, Voltaire, Facéties, Pot-pourri, 5.

    Avoir du crédit sur la place, avoir du crédit parmi les gens de banque, de commerce d'une ville. Je crois que sa fortune et la vôtre sont toutes faites, et son papier a sur la place un crédit…, Dancourt, les Agiot. III, 6.

    Jour de place, un des jours où les négociants d'une ville ont coutume de s'assembler.

    Faire la place, se dit d'un commis qui va dans toute une ville offrir les marchandises de son patron aux autres commerçants, ou conclure des traités avec eux.

    Par extension, place, tout le corps des négociants, des banquiers d'une ville. Cette grande faillite a mis la place en émoi.

  • 14Place se dit d'une ville, d'une localité. M. de Rével est parti ce matin pour aller voir Brest, qui est présentement la plus belle place qu'on puisse voir, Sévigné, 569.
  • 15Place forte ou place fortifiée, ou, simplement, place, ville défendue, protégée par des remparts capables de soutenir un siége. Les ordres avaient été donnés au connétable Wrangel pour entrer dans les États de l'électeur de Brandebourg, et même pour aller droit à Berlin, qui n'est pas une place de grande défense, Pellisson, Lett. hist. t. II, p. 211, dans POUGENS. Elle assiége et prend d'assaut une place considérable, Bossuet, Reine d'Anglet. Le prince, par son campement, avait mis en sûreté non-seulement toute notre frontière et toutes nos places, mais encore tous nos soldats : il veille, et c'est assez, Bossuet, Louis de Bourbon. Elle trahit mon père, et remit aux Romains La place et les trésors confiés à ses soins, Racine, Mithr. I, 1. Louvois voulait que tout fût place et garnison ; c'était là son génie, c'était aussi le goût du roi, Voltaire, Louis XIV, 11. Il [Louis XIV] construisit ou répara cent cinquante places de guerre, Voltaire, ib. 29. Cohorn et Vauban ouvrirent les yeux à l'Europe sur l'art de défendre, mais surtout d'attaquer les places, Raynal, Hist. phil. XIX, 4.

    Fig. Enfin cette beauté m'a la place rendue, Malherbe, V. 4. Je sens qu'elle [ma vertu] chancelle et défend mal la place, Corneille, Hor. II, 5. Ouvrez mon cœur, Seigneur ; entrez dans cette place rebelle que les vices ont occupée, Pascal, Prière. Je suis fort aise, comme vous, de la diversion que la goutte fait aux entrailles de M. de Grignan ; Dieu conserve le dedans de cette place, et empêche les dehors d'être si terriblement insultés ! Sévigné, 5 oct. 1689. En remontant des phénomènes les plus sensibles par une exacte analyse de tous les dehors de la nature, je me flatte de parvenir bien plus sûrement au corps intérieur de la place, Le P. Castel, dans Mém. de Trévoux, 1725, t. I, p. 296.

  • 16Ustensile de fer enfoncé par le pied dans un gros bloc de bois, qui sert comme d'établi au cloutier pour fabriquer les clous.

HISTORIQUE

XIe s. Nus remaindrons [demeurerons] en l'estal [debout] en la place, Ch. de Rol. LXXXV. [Ils] Vienent ad Ais, descendent en la place, ib. CCLXXXIX.

XIIe s. Enmi la place [il] l'abat tout estendu, Ronc. p. 61. Sur une verte place unt le rei atendu, Th. le mart. 118. Li veillart sont oscis es places, Machab. I, 2.

XIIIe s. Ele [Troie] fu jà de moult grant signorie ; Or n'i puet on que la place trover, Quesnes, Romancero, p. 108. Or li convient guerpir [quitter] la place, Se il ne velt lessier la pel, Renart, 2448.

XIVe s. En la plache vinrent tout droit Là ù je m'estoie arresteis, Jean de Condé, t. III, p. 3. Es gieuz que l'en fait es places publiques, Oresme, Eth. 308. Les tisserans avoient plache en la ville de Rouen pour eus alouer, jouste une maison que l'en appelle Damiette, Du Cange, placea.

XVe s. Allons ! allons ! celle ribaudaille ont tué notre heraut ; mais il leur sera cher comparé [vendu], ou nous demeurerons tous sur la place, Froissart, II, II, 207. [Les six bourgeois de Calais agenouillés aux pieds d'Édouard implorent sa pitié] Certes il n'y eut adonc en la place seigneur, chevalier, ni vaillant homme qui se pust abstenir de pleurer, Froissart, I, I, 321. Leur vaillant capitaine, qui mie ne s'y espargnoit, ains y tenoit si bien sa place, que nul tant n'y traveilloit, Bouciq. I, 32. Tant bat-on place, qu'elle est prise, Villon, Ball.

XVIe s. Parmy les soldats, où la peur debvroit trouver moins de place, Montaigne, I, 61. En la mesme place [endroit] où il avoit livré bataille…, Montaigne, I, 261. Retirant et ostant les garnisons qu'il avoit mises ès fortes places, Amyot, Pélop. 64. Il en fut destitué [de sa charge], et mis un autre en sa place, pour…, Amyot, Marcel. 5. Les senateurs luy firent place, et le receurent entre eulx, Amyot, Flam. 38. Bien de sa place part qui son amy y laisse, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

PLACE. Ajoutez :
17Place de commerce, ville où se font beaucoup d'affaires commerciales.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « place »

(1694) Du latin populaire *plattĕa, altération (par gémination expressive ou par analogie avec plattus « plat ») du latin classique platĕa (« large rue »), emprunté au grec ancien πλατεία, plateia (hodos) (« large rue »).
Note : Cette racine grecque est apparentée à l’indo-européen *plat dont sont issus « plat, plateau, platane », etc.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Picard, plache ; bourg. plaice ; provenç. plassa ; esp. plaza ; port. praça ; ital. piazza ; du lat. platea, place publique, lequel vient du grec πλατεῖα, féminin de πλατὺς, large (comparez PLAT).

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Phonétique du mot « place »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
place plas

Fréquence d'apparition du mot « place » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « place »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « place »

  • Mais comme chaque chose a sa raison, et que la fantaisie d’un individu me paraît tout aussi légitime que l’appétit d’un million d’hommes et qu’elle peut tenir autant de place dans le monde, il faut, abstraction faite des choses, et indépendamment de l’humanité qui nous renie, vivre pour sa vocation, monter dans sa tour d’ivoire et là, comme une bayadère dans ses parfums, rester, seul, dans nos rêves
    Gustave Flaubert — Correspondance
  • Dès ce jour, elle fut non pas la bien-aimée, mais la plus aimée ; elle ne fut pas dans mon cœur comme une femme qui veut une place, qui s’y grave par le dévouement ou par l’excès du plaisir ; non, elle eut tout le cœur, et fut quelque chose de nécessaire au jeu des muscles ; elle devint ce qu’était la Béatrix du poète florentin, la Laure sans tache du poète vénitien, la mère des grandes pensées, la cause inconnue des résolutions qui sauvent, le soutien de l’avenir, la lumière qui brille dans l’obscurité comme le lys dans les feuillages sombres.
    Honoré de Balzac — Le lys dans la vallée
  • Une tête sans mémoire est une place sans garnison.
    Napoléon Bonaparte
  • Je vous céderais bien ma place, mais elle est occupée.
    Groucho Marx
  • Qui va à la chasse, perd sa place.
    Joachim Duflot
  • L’optimiste seul reste en place.
    Lucien Jerphagnon — Laudator temporis acti
  • Je repris ma place dans l’escadrille et me livrai à une paisible chasse aux sous-marins italiens au large de la Palestine. C’était un métier de tout repos et j’emportais toujours un pique-nique avec moi.
    Romain Gary — La promesse de l’aube
  • L'humoriste se place derrière sa victime.
    Georges Meredith — L'Egoïste
  • Une place pour les rêves Mais les rêves à leur place.
    Robert Desnos — État de veille, Robert-J. Godet
  • Les changements changent seulement le mal de place.
    Pierre Filion — Juré craché
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Traductions du mot « place »

Langue Traduction
Anglais square
Espagnol cuadrado
Italien piazza
Allemand quadrat
Chinois 广场
Arabe ميدان
Portugais quadrado
Russe квадрат
Japonais 平方
Basque karratu
Corse quadru
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Synonymes de « place »

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Nombre de points du mot place au scrabble : 9 points

Place

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