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Pituite

Sommaire

  • Définitions du mot pituite
  • Étymologie de « pituite »
  • Phonétique de « pituite »
  • Citations contenant le mot « pituite »
  • Traductions du mot « pituite »
  • Synonymes de « pituite »

Définitions du mot « pituite »

Trésor de la Langue Française informatisé

PITUITE, subst. fém.

A. −
1. Dans la méd. anc., l'une des quatre humeurs cardinales dont la prédominance chez un individu donnait l'un des quatre tempéraments fondamentaux, le flegmatique. Synon. flegme.Il y a chez Hippocrate une dynamique saisonnière des humeurs qui est sans doute à reconsidérer: selon lui, la pituite prédominerait pendant l'hiver, la bile pendant l'été, l'atrabile en automne (Mounier, Traité caract., 1946, p.123).V. flegme ex. de Le Gendre.
2. Vieilli. Sécrétion visqueuse produite par les muqueuses du nez ou des bronches. C'est même à cette disposition singulière qu'on doit attribuer l'ignorance du nerf olfactif, dans laquelle les anatomistes ont été si long-temps, et l'erreur qui avoit fait penser aux anciens que ces nerfs, qu'ils nommoient procès ou caroncules mammillaires, étoient des conduits qui transportoient la prétendue pituite du cerveau dans la cavité des narines (Cuvier, Anat. comp., t.2, 1805, p.195).
P. méton. Avoir la pituite. Avoir le nez qui coule. Toute affectation nous choque. «Avoir la pituite ou une gibbosité! disait Simon, mais j'aimerais autant qu'on me trouvât le tour d'esprit de Victor Hugo» (Barrès, Homme libre, 1889, p.43).
P. métaph., péj. Et quand la conscience humaine veut crier Ou parler haut, elle a l'Église pour pituite (Hugo, Légende, t.6, 1883, p.115).
B. − MÉD., PATHOL. Liquide glaireux, constitué d'un mélange de salive et de sécrétions oesophagiennes, rejeté le matin à jeun à la suite d'un spasme du cardia, par des sujets souffrant d'affections gastriques, notamment de la gastrite alcoolique. Voilà un habitué d'estaminet, qui a le plus grand tort de ne pas se coucher de bonne heure et d'entretenir sa pituite à force de bocks (Coppée, Franc-parler I, 1894, p.136).Il est habituel de voir survenir le matin une pituite caractérisée par l'évacuation d'un liquide muqueux, filant, incolore (Josué, Godlewskids Nouv. Traité Méd.fasc. 81925, p.352):
. Le matin, dès qu'il sautait du lit, il restait un gros quart d'heure plié en deux, toussant et claquant des os, se tenant la tête et lâchant de la pituite, quelque chose d'amer comme chicotin qui lui ramonait la gorge. Ça ne manquait jamais, on pouvait apprêter Thomas à l'avance. Il ne retombait d'aplomb sur ses pattes qu'après son premier verre de consolation, un vrai remède dont le feu lui cautérisait les boyaux. Zola, Assommoir, 1877, p.695.
Vx. Synon. de pépie (v. ce mot A). (Ds Bouillet 1859).
Prononc. et Orth.: [pitɥit]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. a) 1541 «mucosité sécrétée par les fosses nasales» (J. Beaufilz, Livre de Marsille Fiscin, fo27 rods Gdf. Compl.); b) 1575 dans l'anc. méd. «l'une des quatre humeurs du corps» (A. Paré, Introd., chap.VI ds OEuvres, éd. J.-F. Malgaigne, t.1, p.41a); 2. 1814 «rejet, par vomissement, de liquide glaireux» (Nysten). Empr. au lat. pituita «mucus, humeur, pépie», qui a donné directement pépie (v. ce mot). Fréq. abs. littér.: 17.
DÉR.
Pituitrine, subst. fém.,méd. Extrait du lobe postérieur de l'hypophyse constitué de trois hormones. On note que l'injection de la pituitrine (extrait pituitaire) provoque la glycosurie (Le Gendreds Nouv. Traité Méd.fasc. 71924, p.463).Parmi les produits endocriniens, on constate que l'insuline accélère et augmente l'intensité des contractions cardiaques; la pituitrine régularise les contractions et en augmente la fréquence (J. Verne, Vie cellul., 1937, p.138). [pitɥitʀin]. 1reattest. 1924 (Le Gendre, loc. cit.); de pituite, suff. -ine (v. -in III) avec insertion inexpliquée du r.
BBG.Dauzat (A.). L'Attraction paron. ds le fr. pop. contemp. Archivum Romanicum. 1937, t.21, p.205; Dauzat Ling. fr. 1946, p.258. _ Quem. DDL t.12.

Wiktionnaire

Nom commun

pituite \pi.tɥit\ féminin

  1. (Vieilli) Sécrétion des fosses nasales et, par extension, d’autres sécrétions muqueuses.
    • Lerat, devenue cérémonieuse, ne voulut pas de radis ; ça donnait la pituite. — (Émile Zola, Nana, 1881)
  2. Rejet par vomissement de liquide muqueux.
    • Pituite alcoolique.

Forme de verbe

pituite \pi.tɥit\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe pituiter.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe pituiter.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe pituiter.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe pituiter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe pituiter.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PITUITE. n. f.
Il se disait de la Sécrétion des fosses nasales et, par extension, d'autres sécrétions muqueuses. Il se dit encore du Rejet par vomissement de liquide muqueux. Pituite alcoolique.

Littré (1872-1877)

PITUITE (pi-tui-t') s. f.
  • 1 Terme de médecine. Humeur blanche et visqueuse, sécrétée par certains organes, et particulièrement celle qui vient du nez et des bronches. À côté de M. de Rouroi, qui m'a inondée de sa pituite, Mme du Deffant, Corresp. t. II, p. 129, dans POUGENS.
  • 2Liquide aqueux et filant qui est rejeté en plus ou moins grande quantité, soit par l'expectoration, soit par une sorte de regurgitation, soit par le vomissement.

    Au plur. Pituites, rejet, chaque matin, de mucosités qui viennent de l'estomac ; c'est la gastrorrhée des médecins.

  • 3Suivant la doctrine des anciens, une des quatre humeurs fondamentales du corps. Le sang d'un hydropique en pituite se change, Régnier, Sat. v.

HISTORIQUE

XVIe s. Le phlegme ou pituite : de la nature de l'eau froide et humide ; consistence, fluxile ; couleur, blanche…, Faré, Introd. 6.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PITUITE, s. f. (Médec.) Toute humeur amassée dans quelque partie, qui y circule lentement, & qui est d’une couleur pâle, opaque, ou transparente sans force, devenue liquide par un excès de chaleur, & par les fonctions vitales dont le ralentissement lui a donné naissance, incapable d’acquérir de la concrescibilité à l’approche du feu, s’appelle pituite.

Elle est produite 1°. par les alimens muqueux, glutineux, farineux, qui n’ont point été assez divisés, par le défaut de saponacité dans les humeurs, & la foiblesse des fonctions vitales ; 2°. par la mucosité des humeurs des premieres voies ; 3°. par celles qui sont gélatineuses, mucilagineuses, albumineuses, & par la graisse elle-même dont le caractere a dégénéré par le défaut d’exercice du corps.

La pituite est encore produite par sa disposition naturelle à dégénérer, laquelle doit sa naissance & son accroissement au défaut d’humeurs savonneuses, dans les premieres voies, au ralentissement d’action de l’organe du chyle, à la diminution de la circulation du sang, & à la foiblesse des poumons, au relâchement des solides, à un sommeil trop long, au repos excessif du corps, à la tristesse de l’esprit, aux inquiétudes, à une trop grande application ; elle attaque les vieillards & les enfans dans l’hiver ; elle attaque aussi ceux qui habitent des lieux humides & froids, qui sont malades depuis long-tems, & sujets à de fréquentes hémorrhagies.

La pituite retenue long-tems dans le corps, ou 1°. elle devient d’abord liquide sans acrimonie, lorsqu’on l’appelle limphe ; ou, en second lieu, elle devient liquide avec acrimonie, on la nomme alors pituite salée ou humeur catharreuse ; ou troisiemement enfin, elle acquiert une concrescibilité vitreuse, gypseuse, & devient une matiere écrouelleuse, avec ou sans acrimonie.

Lorsque la pituite conserve sa qualité ordinaire, elle diminue la circulation, elle engendre des tumeurs molles, froides, le froid, la pâleur, la lassitude, le ralentissement du pouls, la laxité, la paralysie, la foiblesse, l’excrétion d’humeurs pituiteuses, la diminution d’urine quelquefois pâle, quelquefois visqueuse, la difficulté de respirer sur-tout après qu’on a mis en action les muscles du corps, des stagnations fréquentes suivies d’obstruction. Ces accidens varient suivant qu’une partie est plus ou moins attaquée ; il en arrive un grand nombre d’autres après leur métamorphose.

Il faut éviter les causes rapportées ci-dessus ; faire usage d’alimens fermentés & assaisonnés ; habiter des lieux secs, exposés au soleil, élevés & sablonneux ; exercer le corps par de fréquentes promenades à pié, à cheval, en voitures rudes, & se faire des frictions. Il convient de recourir à des remedes échauffans, aromatiques, stimulans, excitans, résineux, saponacés, alkalins, fixes & volatils ; après que la pituite a perdu sa qualité naturelle, il faut varier la cure suivant la différence des changemens qui arrivent. (D. J.)

Pituite des yeux, (Médec.) c’est une vieille fluxion qui rend les yeux tendres, chassieux & rouges, & qui a obligé les anciens à tenter toutes sortes de remedes pour se délivrer de cette maladie ; Hippocrate propose dans ses ouvrages divers moyens pour la guérir, & entr’autres les cauteres & les incisions à la tête. Celse traite aussi de la pituite des yeux avec beaucoup d’exactitude. Il la regarde comme la vraie cause de la chassie, & la nomme pituita oculorum, l. VII. c. vij. sect. 15.

Ce passage sert à expliquer un vers d’Horace, qui est à la fin d’une de ses épîtres à Mécenas :

Ad summum sapiens uno minor ex Jove, dives,
Liber, honoratus, pulcher, rex denique regum,
Præcipuè sanus, nisi cum pituita molesta est.

La pituite dont il veut parler est celle qui tombe sur les yeux. Ainsi l’on doit traduire le dernier vers : « enfin le sage se porte toujours bien, pourvû qu’il ne soit pas attaqué d’une chassie fâcheuse ».

Horace, après avoir fait l’éloge des philosophes stoïciens du nombre desquels il se met, & après avoir dit qu’ils jouissent de tous les biens que l’on peut souhaiter, sur-tout de la santé qui est un des plus grands, ajoute qu’elle ne leur manque pas non plus ; à moins, dit-il, qu’ils ne soient chassieux, comme je le suis. Cette conclusion est autant pour faire rire Mécenas, que pour tourner en ridicule les Stoïciens qui soutenoient que rien ne devoit troubler leur bonheur. (D. J.)

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Étymologie de « pituite »

Du latin pituita « mucus, humeur, pituite, coryza, rhume, pépie (maladie des oiseaux), sève, gomme (de l'arbre), pus, sanie ».
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Lat. pituita, que Curtius, Grundzüge, n° 382, croit tenir à πτύω, cracher ; pour πτύω, voy. PTYALISME.

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Phonétique du mot « pituite »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pituite pitµit

Citations contenant le mot « pituite »

  • C'est ce livre qui pose la fameuse "théorie des humeurs" : le corps serait composé de sang, de flegme appelé "pituite", de bile jaune, et de bile noire - atrabile ou mélancolie. Cette théorie sera reprise par Galien, autre médecin grec célèbre du IIe siècle, qui, déjà bien conscient du poids des marques en matière de notoriété, va accréditer l'idée que son inventeur est le mythique Hippocrate. Car Galien n'hésite pas à "améliorer" la thèse initiale en établissant des équivalences. Il lie le sang au feu, la pituite à l'eau, la bile jaune à l'air, et la bile noire à la terre. Le Point, Sciences : la vraie nature d'Hippocrate - Le Point
  • Le sang, ce liquide pourpre impressionnant a longtemps évoqué une théorie des humeurs de l'Homme. Apparue vers le Ve siècle en Grèce antique, elle a pris toute son importance à la Renaissance. Selon cette théorie, notre corps abritait 4 fluides jouant chacun un rôle pour notre santé mentale ou physique : le sang, correspondant au feu, chaud et sec ; la pituite, aussi appelée flegme ou lymphe, clair et humide ; la bile jaune correspondait à la terre, froide et sèche, enfin l'atrabile, ou bile noire, était l'eau froide. On est donc de bonne ou mauvaise humeur. Si elle était mauvaise, il fallait l'éliminer, d'où les saignées pratiquées à tout-va...   France Bleu, Etre de bonne ou mauvaise humeur à la Renaissance...
  • «Il n'y a que le coq de basse-cour qui chante», ajoute Reine. Elle aurait pu dire que, pour certains d'entre eux, on peut utiliser d'autres verbes. Ainsi, s'il est vrai que la caille carcaille, elle cacabe, courcaille, margote ou pituite, même. Le canard cancane, mais il caquette et nasille, également. Reine ne dit rien sur la pie que nous pouvons rajouter sur sa liste, mais ses cris sont pourtant très intéressants: elle jase comme l'étourneau, et, de plus, elle agasse, bavarde cajole, cause ou jacasse. Tout cela en même temps? Nous ne le savons pas. Mais consulter la liste des cris des oiseaux est vraiment plaisant. Et instructif. Le Figaro.fr, La mésange zinzinule, la chouette chuinte, la huppe pupule...
  • La pituite de Benoît Poelvoorde en spray serait une piste prometteuse... L'Obs, Oestrogènes, anticorps de lama, antipsychotiques… la science explore toutes les pistes contre le Covid

Traductions du mot « pituite »

Langue Traduction
Anglais pituite
Espagnol pituita
Italien pituite
Allemand hypophyse
Chinois itu石
Arabe pituite
Portugais hipófise
Russe pituite
Japonais 下垂体
Basque pituite
Corse pituite
Source : Google Translate API

Synonymes de « pituite »

Source : synonymes de pituite sur lebonsynonyme.fr
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