Ouvrage : définition de ouvrage


Ouvrage : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

OUVRAGE, subst. masc.

A. −
1. Action de mettre (quelque chose) en oeuvre, de travailler. Ardent, dur à l'ouvrage; mettre la main à l'ouvrage; se mettre à l'ouvrage; avoir beaucoup d'ouvrage; ne pas avoir d'ouvrage; changer d'ouvrage; quitter son/l'ouvrage; entreprendre un ouvrage; avoir le respect de l'ouvrage bien fait; une bonne journée d'ouvrage. Des tireurs de sable, qui allaient à l'ouvrage, l'aperçurent [le corps d'une jeune fille] en montant dans leur frêle bateau (Balzac,Ferragus,1833, p.144).Les couvreurs parlaient de laisser l'ouvrage en plan..., de revenir après les fêtes du nouvel an (Bernanos,Soleil Satan,1926, p.123):
1. [Pierre:] −Sans doute (...) Botticelli est un merveilleux artiste... Seulement, il me semble qu'ici Michel-Ange... (...). Narcisse l'interrompit. (...) ne me parlez pas de celui-là! Il a tout gâché, il a tout perdu. Un homme qui s'attelait comme un boeuf à la besogne, qui abattait l'ouvrage ainsi qu'un manoeuvre... Zola,Rome,1896, p.150.
Loc. fam. Avoir du coeur à l'ouvrage, avoir le coeur à l'ouvrage. Travailler de bon coeur, avec ardeur:
2. Pour soulever un poids si lourd, Sisyphe, il faudrait ton courage! Bien qu'on ait du coeur à l'ouvrage, L'art est long et le temps est court! Baudel.,Fl. du Mal,1857, p.26.
Ouvrage de patience. Tâche qui demande principalement du temps et de la constance. C'est un ouvrage de patience, pour dire qui ne s'achève qu'à force de patience (J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang.,1813, p.97).
Proverbe, fam. C'est l'ouvrage de Pénélope. Travail commencé plusieurs fois, sans cesse défait et qui n'avance pas:
3. ... le dé de sa tante, duquel s'était servie sa mère, et que tous les jours elle prenait religieusement pour travailler à une broderie, ouvrage de Pénélope, entrepris seulement pour mettre à son doigt cet or plein de souvenirs. Balzac,E. Grandet,1834, p.228.
En partic.
DR. Louage, entrepreneur d'ouvrage. Il y a trois espèces principales de louage d'ouvrage et d'industrie: 1oLe louage des gens de travail (...) 2oCelui des voituriers (...) 3oCelui des entrepreneurs d'ouvrages (Code civil,1804, art. 1779, p.323).Le maître peut résilier (...) le marché à forfait, quoique l'ouvrage soit déjà commencé (...). Le contrat de louage d'ouvrage est dissous par la mort de l'ouvrier, de l'architecte ou entrepreneur (Code civil,1804,art. 1794, 1795, pp.325-326).
Travail rémunéré. Demander de l'ouvrage; procurer de l'ouvrage. Un jour Willis vit entrer dans son bureau une femme, vieille, douce, grave. C'était madame Clemme. Elle cherchait de l'ouvrage, pour son cher Edgar (Baudel.,Hist. extr.,1856, p.xix).Alors qu'il sent durement sa situation besogneuse, des commandes d'ouvrages lucratifs lui sont faites (Nolhac,Fragonard,1931, p.107):
4. Cependant ils vivaient toujours de ces travaux agraires plus libres que le travail de la terre lui-même (...). Journaliers, hommes de peine, tâcherons passés maîtres par expérience, ils étaient embauchés quelquefois pour une journée ou même pour quelques heures, mais jamais ne manquaient d'ouvrage. Chamson,Hommes route,1927, p.54.
Arg. (des voleurs). Vol consommé. [Cette mère des voleurs] poussait la complaisance jusqu'à leur chercher de l'ouvrage (Vidocq,Mém.,t.2, 1828-29, p.372).Des frileux! (...) si vous les aviez vus à l'ouvrage [si vous les aviez vus voler] (Vidocq,Vrais myst. Paris,t.1, 1844, p.45).Aller faire un petit ouvrage. Aller faire un petit travail, un petit turbin (d'apr. Sandry-Carr. 1963).
Pop. (lang. des faubouriens). Curage des fosses d'aisance; gadoue. ,,Tomber dans l'ouvrage. Se laisser choir dans la fosse commune d'une maison`` (Delvau1883).
Vieilli
Homme d'ouvrage. Homme dont le travail nécessite généralement le port d'une blouse, d'un bleu de travail. C'étaient des boutiques (...) de confection pour les hommes d'ouvrage, sur lesquelles était écrit en gros caractères: Blouses, Sarreaux, Habillements de fatigue (Goncourt,M. Salomon,1867, p.364).
Tenue d'ouvrage. Les femmes y sont peu femmes. Elles y viennent un peu en tenue d'ouvrage (Goncourt,Journal,1865, p.215).
Bois d'ouvrage. [P.oppos. à bois d'oeuvre] Bois qu'on met en oeuvre pour faire des meubles, des objets d'usage tels que les tonneaux, la vaisselle en bois. (Ds Plais. 1969).
P.anal. [À propos d'un cheval; par la suite et p.anal. à propos d'un joueur, d'un coureur qui doit puiser dans ses réserves] (Être) à l'ouvrage. En difficulté.
HIPP. La jument était déjà à l'ouvrage (Le Sport,20 mars 1867ds Petiot 1982).
Rem. Lar. encyclop. note (dans le lang. de la vén.) ,,Pour les chiens, on dit travail``.
ATHL., CYCL., TENNIS. (Paris-Brest) Rivierre nous dit qu'il n'a pas été un seul instant à l'ouvrage (L'Auto-Vélo,20 août 1901ds Petiot 1982).Nurmi n'est jamais «à l'ouvrage» (L'Orgue du stade,1924ds Petiot 1982).Van Ryn mit sérieusement Perry à l'ouvrage (L'Auto,18 juin 1935ds Petiot 1982).
Rem. Jullien (Lang. vicieux corr., 1853) note: ,,Ce mot, qui était quelquefois du féminin du temps de Louis XIV, surtout en parlant des ouvrages des femmes, est toujours du masculin aujourd'hui. Ne dites donc pas une belle ouvrage, mais un bel ouvrage`` et Dupré 1972 constate: ,,Dans le langage populaire ou plaisamment, on le met au féminin``.
2. Façon dont un objet est ouvré. Eusèbe, décrivant [l'église] de Tyr, dit que les bas côtés de la nef étaient éclairés par des fenêtres fermées d'un treillis de bois, d'un ouvrage délicat (Lenoir,Archit. monast.,1852, p.301).Voilà un ouvrage artistiquement fait. Que d'ouvrage il y a dans cette façade, dans ce plafond, dans ces lambris, dans cette grille (Jossier1881).
B. − Ce qui résulte d'un travail, de la mise en oeuvre de quelque chose; ce qui est produit par un ouvrier; production d'un art en particulier. Sans doute, elle [Madame Rouche, sage-femme] ne vaut pas madame Bourdieu (...) mais aussi elle est moins chère, et ma foi! l'ouvrage fini, ça se vaut (Zola,Fécondité,1899, p.135).
1. Objet résultant d'un travail (plus précisément du travail d'un ouvrier, d'un artisan ou encore d'un artiste, notamment d'un point de vue technique). Ouvrage accompli, achevé, parfait; commencer, continuer, interrompre, finir, laisser un ouvrage; ouvrage de marqueterie, de sculpture. Du sommet de la voûte [de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle] pendait une vaste couronne d'or, qui fut remplacée par celle qui s'y voit aujourd'hui, ouvrage remarquable d'orfévrerie en cuivre doré orné émail (Lenoir,Archit. monast.,1856, p.131).La coloration, en donnant aux figures en relief l'aspect d'un trompe-l'oeil (...) faisait d'un ouvrage de sculpture plutôt un meuble qu'un objet d'art destiné à nous élever l'esprit par la grandeur et la majesté du style (Ménard,Hist. Beaux-Arts,1882, p.30).Ouvrage d'or et d'argent (Réau-Rond.1951).
− Dans le domaine de la cout., de la brod., du tricot.[L'ouvrage considéré du point de vue partiel ou total] L'ouvrage tomba de mes mains. Louise fait des ouvrages à l'aiguille; des habits pour les bébés, des fichus brodés (A. France,Vie littér.,t.1, 1888, p.258).
Ouvrage d'aiguille, ouvrage à aiguille. Travail d'aiguille. [La] ville d'Amiens était habile comme une Égyptienne dans le tissage des fines toiles de lin, et mariait les différentes couleurs dans ses ouvrages d'aiguille avec la délicatesse des filles de Juda (Proust, Past. et mél., 1919, p.110).
Ouvrage de dames (Leloir 1961); ouvrages de femmes, ouvrages de couture, ouvrages de lingerie. Ouvrage(s) exécuté(s) (par des femmes) à l'aiguille, au crochet. Il faut savoir faire les ouvrages de femmes; et je vous mettrai en apprentissage, tant pour les modes que pour la dentelle (Restif de La Bret., M. Nicolas,1796, p.119).L'ouvrage, échantillonné, avec toutes les fournitures, vaut, à notre magasin spécial d'ouvrages de dames: Au sphinx, de quinze à vingt francs (Mallarmé, Dern. mode, 1874, p.757).MmeAubain, assise, travaillait à son ouvrage de couture (Flaub., Coeur simple, 1877, p.21).[La petite Garcin] tire de son réticule sordide le dé, les ciseaux, un ouvrage de lingerie commencé et se met à coudre (Colette, Music-hall, 1913, p.43).
[En fonction de déterm., en parlant de ce qui peut contenir du fil, des aiguilles, un nécessaire à coudre] Sac à ouvrage (Sénac de Meilhan, Émigré, 1797, p.1709); boîte à ouvrage (Flaub., Bouvard, t.1, 1880, p.102); table à ouvrage (Havard 1889); corbeille à ouvrage (A. France, Dieux ont soif, 1912, p.29).
P.anal., arg. Boîte à ouvrage. Sexe de la femme. Boîte à ouvrage. L'outil avec lequel les filles gagnent leur vie (Virmaitre, Dict. arg. fin-de-s.,1894, p.38).
− Dans le domaine de la grav., de la mus., de la peint.OEuvre d'art; composition musicale, picturale. Deux tableaux flamands qu'on disait l'ouvrage d'un ancien peintre (Nerval,Filles feu,Sylvie, 1854, p.612).OEuvres d'art, tableaux, dessins, gravures, sculptures. Catalogue des ouvrages exposés au Salon (Adeline,Lex. termes art,1884).
GRAV. (Grands) ouvrages. ,,Les estampes dont les figures sont assez grandes pour être susceptibles de certains détails`` (Littré).
MUS. Les modifications de détails (...) ont, en maint endroit, altéré la physionomie de l'ouvrage (Berlioz,À travers chants,1862, p.207).Il fut [Berlioz] en outre pour presque tous ses ouvrages, son propre librettiste (Prod'homme ds Berlioz, Souv. voy.,1869, préf. (1932), p.6).
PEINT. Les Sabines nous semblent un des meilleurs ouvrages de David (Gautier,Guide Louvre,1872, p.7).Le Parmesan est représenté par deux petits tableaux, dont l'un est une réduction d'un grand ouvrage qui décore l'église des religieuses de Sainte-Marguerite à Bologne (Ménard,Hist. Beaux-Arts,1882p.142).C'est [la copie de la Raie de Chardin] peut-être le premier ouvrage personnel de Matisse, celui où se libère de sa gangue ou de sa grisaille ce qui sera son génie (Gillet,Art fr.,1938, p.145).
Ouvrages du devant. ,,Travail (...) fait pour représenter les objets du devant du tableau ou de l'estampe`` (Littré).
[P.méton.] La violette et la marguerite des prés (...) sont l'une à l'autre ce qu'est un portrait, ouvrage de pinceau, à côté d'un buste en marbre (Senancour, Obermann, t.2, 1840, p.246).Ses traits grands, purs, réguliers semblaient l'ouvrage du ciseau, et l'on n'eût pu y reprendre la moindre imperfection (Gautier, Rom. momie, 1858, p.307).
Spécialement
a) ARCHIT., CONSTR. Ouvrage d'architecture. Cette église est un ouvrage gothique (Littré). Vu, à la Chambre, les voussures de Vernet, il y a un volume à écrire sur l'affreuse décadence que cet ouvrage montre dans l'art du dix-neuvième siècle (Delacroix,Journal,1847, p.179).
Ouvrages, gros ouvrages. Ouvrages de gros oeuvre, maçonnerie, murs de fondation, de face, de refend et les contre-murs. (Dict. xixeet xxes.).
Ouvrage(s) (menu(s), ouvrage(s) léger(s)). Ouvrage(s) non essentiel(s) à la structure d'un bâtiment, exécuté(s) à l'intérieur de celui-ci (crépis, enduits, cloisons, lambris, moulures, plafonds). V. hourdis1ex. de Robinot.
Menus ouvrages. ,,Travaux qui exigent moins de solidité, et dans lesquels on n'emploie pas les moellons ni les pierres de taille`` (Lar. 19e; ds Nouv. Lar. ill.).
b) [À propos des échafaudages dans la partie où se fait l'exploitation d'une mine] Chaque palplanche présentant (...) une inclinaison sensible sur l'axe de l'ouvrage (...) [le] coffrage sera formé de troncs de pyramide évasés (Haton de La Goupillière,Exploitation mines,t.1, 1905, p.664).Ce dispositif en décrochements procure une meilleure conservation des ouvrages, en fractionnant la charge du toit (Haton de La Goupillière,Exploitation mines,t.2, 1905, p.141).
c) Dans le domaine des ponts-et-chaussées, ch. de fer
Ouvrage(s) d'art. Gros travaux en bois, fer, maçonnerie que nécessitent certaines entreprises d'utilité publique tels que les tunnels, canaux, voies ferrées, viaducs. Pour (...) détruire les ouvrages d'art sur lesquels passent les voies ferrées qui suivent le littoral [ennemi] (...) il faut des croiseurs nombreux et rapides (Croneau,Constr. nav. guerre,t.1, 1892, p.124).Il faut éviter de placer les ouvrages d'art et surtout les ponts métalliques à l'origine des déclivités ou des courbes (Bricka,Cours ch. de fer,t.1, 1894, p.69).Les câbles aériens (...) présentent l'avantage de franchir sans ouvrage d'art tous les obstacles (Haton de La Goupillière,op.cit.,t.2, p.937).
P.ell. C'est [le pont de Cubzac] un ouvrage digne de l'Égypte et de Rome par ses dimensions colossales et son aspect grandiose (Gautier,Tra los montes,1843, p.7).La véritable beauté d'un ouvrage réside d'ailleurs surtout dans sa bonne conception et dans l'harmonie de ses lignes (Bricka,op.cit.,p.127).
Rem. OEuvre/ouvrage. ,,Résultat (...) [d'un] travail. C'est un ouvrage bien fait. Dans ce sens, il est synonyme d'oeuvre mais avec un sens plus concret, plus technique. Une oeuvre d'art désigne ce qui sort des mains de l'artiste, un ouvrage d'art du travail de l'ingénieur et des ouvriers`` (Dupré 1972).
d) [Dans le cadre de la réalisation de trav. publ.] Ouvrage public (p.oppos. à travail). Construction affectée à la satisfaction d'un besoin d'intérêt général. Un ouvrage public obéit à des règles particulières de droit public (cida1973).La construction d'une autoroute est un travail public, l'autoroute achevée est un ouvrage public (Favr.-Vettr.1981).
e) ARCHIT. MILIT. Travaux avancés (ensemble de fortifications, retranchement isolé) exécutés pour la défense, l'attaque d'une ville, d'une position militaire. Au siège d'Athènes, où les Grecs avaient poussé leurs ouvrages jusqu'à portée de pistolet des murailles (Delacroix,Journal,1824, p.43).Si le siège tirait en longueur, l'assiégeant protégeait ses approches par des ouvrages en bois, en terre et même en pierre (Mérimée,Ét. arts Moy. Âge,1870, p.287).Le commandant Raynal envoie encore ce message optique: «Situation inchangée. L'ennemi travaille sur les dessus et autour de l'ouvrage. Faire battre le fort par petits calibres (...)» (Bordeaux,Fort de Vaux,1916, p.223).
Ouvrage à cornes. ,,Ouvrage avancé, situé au-devant d'un bastion ou d'une demi-lune et qui se compose d'une courtine flanquée de deux demi-bastions et de deux ailes ou branches plus ou moins longues`` (Chabat 1881). On se logea sur la voie publique dans la tête d'un village servant de faubourg à la ville, en dehors de l'ouvrage à cornes qui défendait le pont de la Moselle (Chateaubr.,Mém.,t.1, 1848, p.402).
Ouvrage à couronne, ouvrage couronné. L'ouvrage à couronne a un front composé d'un bastion auquel s'adjoignent deux courtines, terminées chacune par un demi-bastion; ses ailes se dirigent jusqu'à leur demi-gorge vers la place dont il dépend. Il y a des ouvrages à couronne double qui se construisent à trois fronts (Bach.-Dez1882).
Ouvrage de campagne. Les ouvrages de campagne, ordinairement en terre, quelquefois palissadés, sont les redoutes ou blockhaus, les fortins, les flèches, les redans, etc. (Bach.-Dez1882).
f) TECHNOL. ,,Partie du haut-fourneau haute de 0,50 à 1 mètre, au-dessus du plan des tuyères`` (Duval 1959).
g) TYPOGR. Ouvrages de ville (p.oppos. aux labeurs, périodiques, journaux). Impressions courantes de peu d'importance, d'un usage accidentel, momentané (affiches, prospectus, billets de naissance, de mariage, de décès). Synon. bibelots, bilboquets, travaux de ville.On appelle ouvrages de ville, ceux qui se présentent journellement dans une imprimerie, et qui ne sont point des labeurs (Bertrand-Quinquet,Impr.,1799, p.77).Nous allons avoir à renouveler le bail de l'exploitation de notre imprimerie avec Cérizet (...) [qui] a su gagner cinq cents francs avec des ouvrages de ville (Balzac,Illus. perdues,1843, p.577).
Ouvrages à filets. On appelle ouvrages à filets, les registres, les tableaux en placard et contenant des chiffres et des calculs (Bertrand-Quinquet,op.cit.,p.84).
2. Dans le domaine de la pensée, d'une production de l'esprit, d'un genre littér., à caractère sc. ou techn.Ouvrage authentique, utile; ouvrage en deux volumes; se vendre ouvrage par ouvrage (à propos d'une bibliothèque privée). De tous les ouvrages didactiques qui ont succédé à celui de Rameau, le plus clair, le plus précis est incontestablement le Traité d'Harmonie de Catel (Savard,Harm.,t.1, 1853, p.19).Je passe mes soirées à lire des choses bien ennuyeuses comme le Code civil et autres ouvrages du même genre (Mérimée,Lettres Mmede Beaulaincourt,1866, p.2).L'on vient insensiblement à confondre la composition d'un ouvrage de l'esprit, qui est chose finie, avec la vie de l'esprit (Valéry,Variété III,1936, p.55).
Rem. 1. Ouvrage de l'esprit/ouvrage d'esprit: ,,On entend par ouvrage de l'esprit un ouvrage de la raison et de cette intelligence qui distingue l'homme de la bête; et par ouvrage d'esprit, un ouvrage de la raison polie, de cette fine intelligence qui distingue un homme d'un autre homme. Tout ce que les hommes inventent dans les sciences et dans les arts est un ouvrage de l'esprit. Les compositions ingénieuses des gens de lettres, soit en prose, soit en vers, sont des ouvrages d'esprit`` (Lav. Diffic. 1846). 2. Ouvrage/production: ,,Ouvrage fait penser au travail de l'ouvrier qui façonne une matière, production, à un principe créateur, et se dit surtout de ce que crée la nature, de ce qu'invente l'esprit, ou des résultats de l'art lorsqu'on insiste plutôt sur l'invention que sur la mise en oeuvre d'une matière`` (Bénac 1956). 3. Ouvrage/oeuvre: ,,par opposition à oeuvre, [ouvrage] désigne un livre particulier, quel qu'il soit, considéré comme existant concrètement sous forme d'écrit, ou dans sa forme, sa façon`` (Bénac 1956).
C. − [Ouvrage introduisant l'agent du procès, désigne ce qui a été fait par une pers., au fig., il désigne ce qui est dû à qqc. d'abstr.] Travail, action (considérés dans leur résultat, comportant une finalité). Les lois sont l'ouvrage des hommes; ouvrage de la divinité, de la providence; ouvrage des fées; ouvrage du temps, de la nature; ouvrage de l'ambition, de la calomnie; (idées qui sont) l'ouvrage de la méditation. Quand la première éducation manque à un peuple, cette éducation ne peut être que l'ouvrage des années (Chateaubr.,Congrès Vérone,t.2, 1838, p.231).[La Harpe, 1799] s'exprime ainsi: «Notre harmonie n'est pas un don de la langue, elle est l'ouvrage du talent» (Thieme,Hist. vers fr.,1916, p.41):
5. Les prêtres de la déesse n'affectent point de détourner des regards hypocrites (...); mais tout en admirant le plus bel ouvrage du Créateur [les douze jeunes filles choisies], la retenue de la sagesse ne cesse pas de siéger sur leur front: la manière dont ils remercient, dont ils boivent, exprime ce double sentiment. Brillat-Sav.,Physiol. goût,1825, p.308.
Prononc. et Orth.: [uvʀa:ʒ]. Att. ds Ac. dep.1694. Étymol. et Hist.I. 1. 1erquart xiiies. ouvrages de car «acte vénérien» (Reclus de Molliens, Miserere, 178, 7 ds T.-L.); 1456-67 ouvrage «id.» (Cent nouv. nouv., éd. Fr. P.Sweetser, 9, p.74, ligne 42), en a. et m. fr.; 2. 2etiers xiiies. «action de travailler; travail» (Gaufrey, 109 ds T.-L.); 1798 ouvrage de patience (Ac.; Trév. 1751-52 «pierre philosophale»); 1851 [du] coeur à l'ouvrage (Lamart., Tailleur pierre, p.54); 3. 1464 «travail qui permet de gagner sa vie» (Lettres de Louis XI, III, 122 ds Bartzsch, p.41); cf. 1469 ouvraige et mestier des draptz de soye (ibid., III, 334, ibid.); 4. ca 1450-65 «manière dont on travaille» (Ch. d'Orléans, 362 ds IGLF: l'ouvrier se congnoist à l'ouvrage). II. 1. a) Ca 1280 archit. «ornement (ici de sculpture)» (Adenet Le Roi, Cléomades, éd. A. Henry, 2976); b) 1694 «construction, édifice» gros ouvrage (Corneille); 1823 ouvrage d'art (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t.2, p.258); 2. 1409 «produit d'un travail, ouvrage créé» (Trésor des chartes du comté de Rethel, I, 1, 76, 6 ds Runk., p.44, s.v. ouvrer); 1830 fém. de la belle ouvrage (Les Barricades de 1830, 14 [Lefebvre] ds Quem. DDL t.19); 3. fin xives. carreaux d'ouvrage «coussins de tapisserie» (E. Deschamps, Ballades, MCCCCLI, 13 ds OEuvres, éd. G. Raynaud, t.8, p.137); 1740 sac à ouvrage (Ac.); 1821 table à ouvrage (Balzac, Annette, t.2, p.115); 1823 boîte à ouvrage (Id., Théor. démarche, p.619); 4. 1676 «élément d'une organisation fortifiée permettant la défense d'une place ou d'une position, même après encerclement» (Félibien). III. 1478 «production de l'esprit, oeuvre littéraire» les ouvrages des anciens (Jehan Baignon, Le Romant de Fierabras le Géant, Genève, fo7 ro). Dér. de oeuvre*; suff. -age*; a remplacé l'a. fr. ouvraigne «travail, objet créé» att.en 1155 sous la forme ouvrainne (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 941), ouvraigne 1160 (Eneas, 4398 ds T.-L.). Fréq. abs. littér.: 9149. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 25923, b) 9677; xxes.: a) 6891, b) 7457. Bbg. Gemmingen Arbeit 1973, p.61; pp.77-102; p.86, 87, 104, 112. _ Kozlova (Z. N.). [Sur les synon.: ouvrage, travail, oeuvre, besogne, labeur...]. In: [Mél. Sergievskij]. Moskva, 1961, pp.129-136. _ Ostra (R.). Le Ch. conceptuel du travail dans les lang. rom. Ét. rom. Brno. 1967, t.3, pp.25-29. _ Quem. DDL t.7, 14. _ Sain. Arg. 1972 [1907], p.126.

Ouvrage : définition du Wiktionnaire

Nom commun

ouvrage \u.vʁaʒ\ masculin

  1. Travail ; action de travailler.
    • Le sophisme que je combats dans cet écrit est d’autant plus dangereux, appliqué aux travaux publics, qu’il sert à justifier les entreprises et les prodigalités les plus folles. Quand un chemin de fer ou un pont ont une utilité réelle, il suffit d’invoquer cette utilité. Mais si on ne le peut, que fait-on ? On a recours à cette mystification : « Il faut procurer de l’ouvrage aux ouvriers. » — (Frédéric Bastiat, Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, 1850)
    • Deux ouvrages quotidiens désagréables sont déjà en train de disparaître. — (H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904)
    • Ça donne de l’ouvrage
      À tous les ouvriers
      Et chacun envisage
      De fonder un foyer

      — (Boris Vian, Le Petit Commerce, 1955)
  2. Ce qui est produit par l’ouvrier ; ce qui résulte d’un travail.
    • Ouvrage de marqueterie, de mosaïque. Ouvrage de tapisserie, de broderie. Ouvrage de peinture, de sculpture, d’architecture.
  3. (Figuré) Travail, résultat.
    • Ce succès fut l’ouvrage du hasard, de la fortune.
    • Mes malheurs ont été votre ouvrage.
  4. (Absolument) (Couture) (Vieilli) Objet auquel les femmes travaillent à l’aiguille.
    • Marie-Emilienne, tenant à la main l’ouvrage auquel elle venait de travailler, une nappe d’autel pour l’oeuvre des églises dévastées, demeurait immobile et silencieuse ; son expressif visage témoignait des sentiments divers et contraires qui l’agitaient. — (Comtesse de Massacré, L’autre courage, in Les veillées des chaumières no 42 du 26 mars 1919, p. 330)
    • Elle avait toujours son ouvrage à la main.
  5. (En particulier) Production de l’esprit.
    • La législation d’Athènes fut l’ouvrage de Solon. Les ouvrages de Cicéron, de Virgile.
  6. (Par extension) Recueil, livre qui contient ces productions de l’esprit.
    • Il fera certainement de bons ouvrages, moyennant quoi il mourra de faim, sera honni et persécuté ; mais il faut que chacun remplisse sa destinée. — (Voltaire, Lettre à Monsieur de Cideville, Ferney, 31 auguste 1765, dans Œuvres complètes de Voltaire : Correspondance, Paris, Lefebvre & Cie, 1830, vol. 10, p. 29)
    • Je n’insiste pas, car il existe des ouvrages sur ces questions, tels l’important mémoire de De Candolle [Augustin Pyrame de Candolle] et les travaux de A. Chevalier. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p. 97)
    • Eh ! bien, ne reculant devant aucune tâche si fastidieuse fût-elle, ils pourvoiront, d’eux-mêmes, à la diffusion de ces ouvrages, en s’en faisant les traducteurs. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Une longue fréquentation des ouvrages ésotériques m’a souvent fait croiser des ouvrages bourrés d’affirmations non vérifiées et contraires à toute démarche scientifique, garnis de citations introuvables, […]. — (« Les grands esprits manipulés par les astrologues », dans Le Québec sceptique, no 56, p. 29, printemps 2005)
  7. (Architecture) Toute sorte de travaux avancés au-dehors d’une place et destinés à la fortifier.
    • Belgrade est une ville ouverte, car son ancienne forteresse turque ne peut pas être considérée comme un ouvrage de défense moderne. — (Rodolphe Archibald Reiss, Comment les Austro-Hongrois ont fait la guerre en Serbie, 1915)
  8. (Architecture, Maçonnerie) Construction.
    • L’État a choisi le dossier Cofiroute et son tunnel de dix kilomètres à deux niveaux de circulation superposés réservé aux seuls véhicules légers : les poids lourds n’emprunteront pas l’ouvrage, ils auront le leur. — (Denis Lemarié, Chroniques de Versailles : Janvier à juillet 2005, Éditions Publibook, 2005, page 181)

Forme de verbe

ouvrage \u.vʁaʒ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe ouvrager.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe ouvrager.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe ouvrager.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe ouvrager.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe ouvrager.
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Ouvrage : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

OUVRAGE. n. m.
Travail, action de travailler. Se mettre à l'ouvrage. Cet ouvrier n'a pas d'ouvrage. Ce domestique se plaint qu'il y a trop d'ouvrage pour lui dans la maison. Quitter son ouvrage. Changer d'ouvrage. Avoir du cœur à l'ouvrage, Travailler de bon cœur, avec ardeur, avec courage.

OUVRAGE signifie encore Ce qui est produit par l'ouvrier ce qui résulte d'un travail. Ouvrage accompli, parfait, achevé. Ouvrage de marqueterie, de mosaïque. Ouvrage de tapisserie, de broderie. Ouvrage de peinture, de sculpture, d'architecture. Faire un ouvrage. Travailler à un ouvrage. Commencer, continuer, achever, finir un ouvrage. Négliger, interrompre, laisser, quitter un ouvrage. Entreprendre un ouvrage. L'univers est l'ouvrage de Dieu, l'ouvrage de ses mains. La cire, le miel est l'ouvrage des abeilles. Cette construction sera l'ouvrage de deux ans. Fig., Ce succès fut l'ouvrage du hasard, de la fortune. Vous ne pouvez réussir tout de suite, ce sera l'ouvrage du temps, ce ne peut être que l'ouvrage du temps. Mes malheurs ont été votre ouvrage. Fig., C'est un ouvrage de patience, C'est un ouvrage qui demande principalement du temps et de la constance.

OUVRAGE se dit absolument des Objets auxquels les femmes travaillent à l'aiguille. Elle avait toujours son ouvrage à la main. Sac à ouvrage. Ouvrages de dames. Fig., C'est l'ouvrage de Pénélope se dit d'une Chose commencée cent fois, que l'on défait à mesure et qui ne finit jamais.

OUVRAGE se dit particulièrement des Productions de l'esprit. La Bruyère a écrit un chapitre Des ouvrages de l'esprit. Les ouvrages de Cicéron, de Virgile. Le sujet, la matière, le plan, le dessin d'un ouvrage. Ouvrage instructif. Ouvrage d'imagination. Ouvrage d'érudition. Ouvrage en prose. Ouvrage en vers. Ouvrage anonyme, pseudonyme. Ouvrage posthume. Composer, faire imprimer, publier, mettre en vente un ouvrage. Donner un ouvrage au public. Il vient de paraître un excellent ouvrage d'archéologie. Critiquer un ouvrage. Ébaucher, esquisser un ouvrage. Le succès d'un ouvrage. Cet ouvrage a eu dix éditions. Fig., La législation d'Athènes fut l'ouvrage de Solon.

OUVRAGE désigne, en termes de Fortification, Toute sorte de travaux avancés au-dehors d'une place et destinés à la fortifier. Ouvrages de défense. Les ouvrages avancés d'un fort. En termes de Maçonnerie, Les gros ouvrages, Les murs de fondation, de face, de refend, les contre-murs; et Les menus ouvrages, Les cheminées, les plafonds, les carrelages, etc. Ouvrages d'art, Gros travaux de maçonnerie, de charpente, etc., que rendent nécessaires certaines entreprises d'utilité publique comme les chemins de fer, les canaux, les ponts, etc. Il a fallu faire une série d'ouvrages d'art pour établir une ligne de chemin de fer dans cette région montagneuse.

Ouvrage : définition du Littré (1872-1877)

OUVRAGE (ou-vra-j') s. m.
  • 1Action de faire une œuvre, de travailler. Se mettre à l'ouvrage. Cet ouvrier n'a pas d'ouvrage. C'est l'heure où les maçons quittent l'ouvrage.

    Familièrement. Avoir cœur, du cœur à l'ouvrage, travailler avec ardeur.

  • 2Façon, manière dont un ouvrage est exécuté. Il y a beaucoup d'ouvrage à ce vase. L'ouvrage l'emporte sur la matière.
  • 3Ce que produit un ouvrier. Ouvrage de maçonnerie, de serrurerie, de tapisserie. Les deux montagnes se joindront par quarante-sept arcades, solidement bâties : c'est, de l'aveu de tout le monde, un ouvrage digne des Romains et du roi, Maintenon, Lett. à Mme de St Géran, 28 juill. t. II, p. 129, dans POUGENS. Il [Pierre le Grand] presse les ouvrages entrepris sur la Véronise, dans Azoph, dans un port qu'il établissait sur les Palus-Méotides, Voltaire, Russie, I, 13.

    Ouvrages publics, les monuments, les édifices qui servent à l'usage du public. Il [Théodose] allait voir les ouvrages publics ; il rendait des visites à des particuliers et marchait sans garde et sans faste, Fléchier, Hist. de Théodose, III, 109.

    C'est l'ouvrage de Pénélope, voy. PÉNÉLOPE.

    C'est un ouvrage de patience, c'est un travail qui exige beaucoup de temps et de constance.

  • 4 Terme de maçonnerie. Les gros ouvrages, les murs de fondation, les murs de face et de refend, les voûtes et les contre-murs ; les menus ouvrages, les cheminées, les plafonds, les enduits, les carrelages.

    Ouvrages de sujétion, ceux qui sont cintrés, rampants ou cachés par leur plan ou leur élévation, et dont les prix augmentent à raison de la difficulté ou du déchet de matière.

  • 5 Terme de fortification. Toute sorte de travaux avancés au dehors d'une place et destinés à la fortifier. La face que nous attaquons a une première contrescarpe, avec un ouvrage avancé qui est revêtu, Pellisson, Lett. hist. t. III, p. 7, dans POUGENS.

    Ouvrage à corne, voy. CORNE, n° 10.

    Ouvrage à couronne, voy. COURONNE, n° 14.

    Ouvrage à cornes couronné, ouvrage à cornes au-devant duquel est construit un ouvrage à couronne.

  • 6 Terme de mines. Ouvrage en gradins, exploitation en gradins. Ouvrage en travers, mode d'exploitation dans lequel les tailles sont disposées transversalement à la galerie principale, et vont toujours du toit au mur.
  • 7 Terme d'imprimerie. Ouvrage de ville, impression d'affiches, de billets de mariage et de décès, de circulaires, de lettres de change, et en général tout travail qui n'est pas de longue haleine.
  • 8Ouvrages noirs, nom donné par les maréchaux aux gros ouvrages de fer qu'ils pouvaient forger en vertu de leurs statuts, comme les socs de charrue, les herses, les fourches.
  • 9Bois d'ouvrage, bois qu'on travaille en petits ouvrages dans les forêts.
  • 10Ouvrage se dit, absolument, des objets auxquels les dames travaillent à l'aiguille. Prenons mon ouvrage… cela me dispensera du moins de le regarder, Diderot, Père de famille, V, 6. Apportez-nous, mon fils, votre discours : moi, je vais prendre quelque ouvrage pour l'écouter avec plus d'attention, Beaumarchais, Mère coupable, II, 11. Mon ouvrage tomba de mes mains, Genlis, Mlle de la Fayette, p. 147, dans POUGENS.

    Anciennement. Collets d'ouvrage, collets ouvrés. Madame, montrez-nous quelques collets d'ouvrage, Corneille, Gal. du Pal. I, 6.

  • 11Production de l'art. Ouvrage de mosaïque, de sculpture, d'architecture. Cette église est un ouvrage gothique.

    Ouvrage d'art, production qui émane non d'un simple ouvrier, mais d'un artiste.

    Terme de gravure. Grands ouvrages, les estampes dont les figures sont assez grandes pour être susceptibles de certains détails.

    Ouvrages du devant, le travail que l'on fait pour représenter les objets du devant du tableau ou de l'estampe. Au moyen âge, ouvrages de Grèce, les objets d'art, vases d'église, croix, reliquaires et bijoux que rapportèrent de Constantinople les croisés, que contrefirent habilement les Vénitiens et les Génois, qu'imitèrent grossièrement parmi nous les artistes obligés, par leur médiocrité, à se consacrer à cette méchante besogne, De Laborde, Émaux, p. 422.

  • 12Production littéraire. Les longs ouvrages me font peur, La Fontaine, Fabl. VI, Épilog. Nous devons parler des ouvrages les uns des autres avec beaucoup de circonspection, Molière, Critique, 7. Je ne puis juger de mon ouvrage en le faisant ; il faut que je fasse comme les peintres, et que je m'en éloigne, mais non pas trop, Pascal, Pens. XXV, 63, éd. HAVET. La dernière chose qu'on trouve en faisant un ouvrage est de savoir celle qu'il faut mettre la première, Pascal, ib. VII, 29. Personne ne connut mieux l'excellence des ouvrages et ne sut mieux les estimer que M. de Montausier, Fléchier, duc de Mont. Si je n'observe pas dans ce discours tout l'ordre et toutes les règles de l'art, pensez… que c'est ici une effusion de mon cœur plutôt qu'un ouvrage et une méditation de mon esprit, Fléchier, ib. Vous dirai-je qu'elle pénétrait dès son enfance les défauts les plus cachés des ouvrages d'esprit, et qu'elle en discernait les traits les plus délicats ? Fléchier, Mme de Mont. Ainsi, recommençant un ouvrage cent fois, Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois, Boileau, Sat. II. Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse et le repolissez, Boileau, Art p. I. Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés, Boileau, Art p. II. Il n'est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait que d'en faire valoir un médiocre par le nom qu'on s'est déjà acquis, La Bruyère, I. On se nourrit des anciens et des habiles modernes ; on les presse, on en tire le plus qu'on peut, on en renfle ses ouvrages, La Bruyère, ib. Il y a des insectes qui sont trois ans à se former, pour vivre quelques minutes ; c'est le sort de la plupart des ouvrages en plus d'un genre, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 1er juin 1770. La vie est bien courte, et tout ouvrage est bien long, Voltaire, Lett. Schouvalof, 6 oct. 1759. La multitude des ouvrages inutiles est si immense, que la vie d'un homme ne pourrait suffire à en faire le catalogue, Voltaire, Lett. Marin, 5 juill. 1769.
  • 13Il se dit de ce que fait Dieu, comparé à un suprême ouvrier. Moi qui suis l'ouvrage de vos mains, Sacy, Bible, Job, X, 3. Que l'on célèbre ses ouvrages [de Dieu] Au delà des temps et des âges, Au delà de l'éternité, Racine, Esth. III, 9. Les vainqueurs, les vaincus, tous ces faibles humains, Sont tous également l'ouvrage de tes mains, Voltaire, Alz. IV, 5.
  • 14Résultat obtenu et comparé à un travail de la main d'un ouvrier. Je l'avais bien prévu que, pour un tel ouvrage [la conspiration contre Auguste], Cinna saurait choisir des hommes de courage, Corneille, Cinna, I, 3. Il faut espérer que vous aurez permission de vendre votre belle compagnie [d'un régiment], l'ouvrage de vos mains, Sévigné, 599. Si jamais l'Angleterre revient à soi… la postérité la plus éloignée… croira devoir à sa piété [de la reine d'Angleterre] l'ouvrage si mémorable du rétablissement de l'Église, Bossuet, Reine d'Anglet. L'autorité ecclésiastique ayant chez elle de trop débiles fondements, elle [la réforme] a senti qu'elle ne pouvait se fixer que par l'autorité des princes ; en sorte que la religion, comme un ouvrage purement humain, n'ait plus de force que par eux, et qu'à dire vrai elle ne soit plus qu'une politique, Bossuet, 6e avert. 104. Dieu réservait à M. le Tellier l'accomplissement du grand ouvrage de la religion [la révocation de l'édit de Nantes], Bossuet, le Tellier. Les Indiens domptés sont vos moindres ouvrages, Racine, Alex. III, 6. Doutez-vous d'une paix dont je fais mon ouvrage ? Racine, Brit. V, 3. Quand la Grèce déjà, vous donnant son suffrage, Vous reconnaît l'auteur de ce fameux ouvrage [la guerre de Troie], Racine, Iphig. I, 3. L'aimable Esther a fait ce grand ouvrage [le salut du peuple juif], Racine, Esth. III, 9. Ô mon Dieu… maudissez ceux qui font votre ouvrage frauduleusement, Massillon, Panég. St Fr. de Paule.

    Cela est mon ouvrage, c'est moi qui suis l'auteur de tel résultat. Voilà qui est fait, et c'est l'ouvrage de Mme de Maintenon, qui s'est souvenue fort agréablement de l'ancienne amitié de M. de Beuvron, du temps qu'elle était Mme Scarron, Sévigné, 13 juin 1684. Jeune Gaussin, reçois mon tendre hommage ; Reçois mes vers au théâtre applaudis ; Protége-les ; Zaïre est ton ouvrage, Il est à toi puisque tu l'embellis, Voltaire, Ép. à Mlle Gaussin.

    Il se dit aussi par rapport à des choses auxquelles on attribue une action. De tant d'objets divers le bizarre assemblage [dans un songe] Peut-être du hasard vous paraît un ouvrage, Racine, Ath. II, 5. Ce n'est pas l'ouvrage d'un moment que de faire un philosophe, même quand on l'est ; que sera-ce quand on ne l'est pas ? c'est bien pis, quand on croit l'être, Diderot, Lett. sur les aveugles.

  • 15Ouvrage se dit, en parlant des personnes, pour créature, personne qui doit à un autre ce qu'elle est. L'ouvrage de mes mains avoir tant d'insolence ! Corneille, Théod. I, 2. Quoiqu'il soit votre fils, et même votre ouvrage, Il est votre empereur, Racine, Brit. IV, 1. Un visir aux sultans fait toujours quelque ombrage ; à peine ils l'ont choisi qu'ils craignent leur ouvrage, Racine, Bajazet, I, 1.
  • 16 Terme de métallurgie. L'ouvrage, une des régions placée au niveau des tuyères.
  • 17 Terme d'alchimie. Ouvrage de patience, pierre philosophale.

REMARQUE

C'est une faute commise quelquefois dans le peuple, de faire ouvrage féminin. Vaugelas remarque que les femmes, en parlant de leur ouvrage, le faisaient toujours féminin : voilà une belle ouvrage. Il est resté féminin dans le patois normand, comme plusieurs substantifs en age.

SYNONYME

OUVRAGE DE L'ESPRIT, OUVRAGE D'ESPRIT. Quoique l'esprit ait part à l'un et à l'autre (ce qui fait la synonymie des deux expressions), ce sont pourtant des choses différentes. Tout ce que les hommes inventent dans les arts et dans les sciences est un ouvrage de l'esprit ; les compositions des gens de lettres, soit en prose, soit en vers, sont des ouvrages d'esprit, Bouhours.

HISTORIQUE

XVe s. Chambres, tapis, carreaulx d'ouvraige [ouvrés], Deschamps, Poésies mss. f° 442. Il n'est d'ouvrage que d'ouvrier, Perceforest, t. VI, f° 95. Sachez qu'il ne convient pas que vous descendiez à ung autre hostel que dedens le chastel que j'ay fait faire à vostre commandement, si verrez l'ouvrage quelle elle est, ib. t. I, f° 105. Sept tableaux, esquelz a plusieurs ymages d'ouvrage de Grece, et sont garnis d'argent doré dudit ouvrage, et pendent chacun à un petit annel, De Laborde, Émaux, p. 423.

XVIe s. Les artizans n'estant plus occupez à besongner en ouvrages superflus, Amyot, Lyc. 9. Ouvrage de peintre, beau de loin et laid de près, Oudin, Dict. Ouvrage de commun, ouvrage de nul, Cotgrave

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Ouvrage : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

OUVRAGE, s. m. (Arts & Sciences.) travail, production d’un homme de lettres sur quelque sujet. On doit faire grand cas des ouvrages qui nous développent d’une main savante, les principes d’un art ou d’une science ; mais c’est au bon sens & à l’expérience à déterminer l’application de ce même principes. En général les ouvrages doivent tendre à éclairer l’esprit, mais rien ne le forme comme le soin d’écrire & de composer soi-même. C’est aux lecteurs à faire choix des ouvrages dont ils doivent plus ou moins se nourrir ; car il en est des livres comme des mets ; il y en a dont il ne faut que goûter, & d’autres qu’on doit ruminer & mâcher à loisir ; mais ce n’est que par de bons conseils, par le tems, ou par le génie, qu’on parvient à cette heureuse connoissance. On chérit ces auteurs excellens, dont les ouvrages sont autant d’amis qui moralisent sans offenser personne ; qui nous parlent sans prévention, & qui ne nous savent point mauvais gré de ce que nous passons légerement sur des choses qui leur ont coûté beaucoup de soins, de peines, & de veilles. Comme ouvrage est synonyme à livre, voyez Livre. (D. J.)

Ouvrages de l’art de la & nature, (Science micr.) il ne seroit peut-être pas inutile de comparer quelques-uns des ouvrages les plus fins & les plus exquis de nos arts, avec les productions de la nature ; une telle comparaison ne peut aboutir qu’à humilier l’orgueil de l’homme, & en même tems elle peut servir à perfectionner en quelque maniere les idées imparfaites qu’il a du créateur.

En examinant au microscope le tranchant d’un rasoir fort fin, il paroît aussi épais que le dos d’un gros couteau ; il paroît raboteux, inégal, plein d’entaillures & de sillons, & si éloigné d’être bien affilé, qu’un instrument aussi émoussé que celui-là paroît n’être pas même bon à fendre du bois.

Une aiguille excessivement petite étant aussi examinée, sa pointe paroît comme si elle avoit plus d’un quart de pouce de largeur ; elle n’est pas ronde ni plate, mais irréguliere & inégale, & sa surface, quoiqu’extrémement droite & polie à la vue simple, paroît pleine d’âpretés, de trous & de sillons ; en un mot, elle ressemble à une barre de fer qui sort de la forge.

Mais l’aiguillon d’une abeille vu par le même instrument, paroît de tous les côtés d’un poli parfait, & d’une beauté surprenante, sans la moindre fente, tache ou inégalité, & terminé par une pointe trop fine pour être distinguée ; encore n’est-ce que l’étui ou le fourreau qui contient d’autres instrumens beaucoup plus exquis.

Une petite piece de linon extrémement fin paroît par les grandes distances & trous entre ses fils, semblable en quelque maniere à une claie ou à un filet ; & les fils eux-mêmes paroissoient plus grossiers que les cordons dont on fait les cables pour les ancres.

Une dentelle de Bruxelles qui coûte cinq ou six livres sterlings la verge, semble composée de poils épais, raboteux, inégaux, entortillés, attachés ou liés ensemble tout de travers & sans art.

Mais la toile d’un ver à soie étant examinée, paroît parfaitement polie & brillante, uniforme de tous les côtés, & beaucoup plus fine qu’aucun fil qui puisse être filé par la meilleure fileuse du monde, autant que le plus petit fil retors est plus fin que le plus gros cable. Une cosse de cette soie étant développée, se trouve contenir neuf cent & trente verges ; mais il est bon de remarquer, que comme deux fils sont toujours attachés ensemble par le ver dans toute leur longueur, le nombre des fils en est réellement double, c’est-à-dire, de 1860 verges ; ces fils étant pesés avec la derniere exactitude, se trouvent ne peser que deux grains & demi. Quelle finesse exquise est donc celle-ci ? Encore n’est-ce rien en comparaison de la toile d’une petite araignée, ou même en comparaison de la soie qui sort de la bouche de ce même ver lorsqu’il vient d’éclore.

Le plus petit point ou marque que l’on puisse faire avec une plume, paroît au microscope une grande tache irréguliere, raboteuse, dentelée & inégale tout au-tour de ses côtés, & bien éloignée d’être véritablement ronde. L’écriture la plus fine & la plus menue, comme l’oraison de Notre-Seigneur comprise toute entiere dans un sol d’argent, ou autres petites écritures également curieuses faites par les plus habiles maîtres, paroissent lorsqu’on les examine au microscope, aussi difformes, grossieres & barbares, que si elles avoient été écrites par la main la plus pesante ; mais les taches qui sont sur les aîles ou sur les corps des teignes, des escarbots, des mouches & autres insectes, se trouvent lorsqu’on les grossit autant que l’on peut avec la loupe, très-exactement circulaires, & les autres lignes & marques qui sont tout-autour, paroissent tirées régulierement & délicatement avec toute l’exactitude possible.

Le docteur Power dit qu’il a vu une chaîne d’or à Tredescant, composée de trois cens anneaux, & qui n’avoit pas plus d’un pouce de longueur, on l’attachoit à une mouche qui la traînoit. M. Derham a vu au-près de Durhamyard une chaise faire par le sieur Boverick horloger, qui avoit quatre roues, avec toutes leurs appartenances, roulant aisément sur leurs essieux, & un homme assis dans la chaise ; le tout étoit d’yvoire, & traîné par une mouche sans aucune difficulté apparente ; il pesa le tout avec la plus grande attention dont il fût capable, & trouva que la chaise, l’homme, & la mouche pesoient un seul grain. Il pesa aussi dans le même tems & dans le même endroit une chaîne de cuivre faite par le même ouvrier, qui avoit environ deux pouces de longueur, deux cens anneaux avec un crochet au bout, & un cadenat avec une clé à l’autre bout, & il trouva qu’elle ne pesoit pas le tiers d’un grain. Il a vu encore de la même main une table de quadrille avec son tiroir, une table à manger, un buffet, un miroir, douze chaises à dossier, six plats, une douzaine de couteaux, autaut de fourchettes, douze cuilliers, deux salieres, avec un cavalier homme, une dame & un laquais, le tout contenu dans un noyau de cerise.

On nous apprend dans le journal d’Allemagne, qu’un ouvrier nommé Oswald Nerlinger, fit une coupe d’un grain de poivre qui en contenoit douze cens autres plus petites, toutes tournées en ivoire, dont chacune étoit dorée aux bords, & se tenoit sur son pié. Si tous ces faits ne sont pas beaucoup exagérés, ce sont là les ouvrages de l’art les plus délicats, les plus curieux & les plus surprenans qui aient été faits de main d’homme, mais après qu’on a eu examiné quelqu’un de ces ouvrages avec un microscope, on s’est convaincu que le plus grand effort de l’art ne consiste qu’à bien cacher les difformités, à en imposer à la foiblesse de nos yeux, & à prouver que notre admiration ne vient que de notre ignorance.

La découverte avantageuse de cette vérité, fait voir que les chefs-d’œuvres de l’art les plus vantés, sont aussi mal fagotés, raboteux & inégaux, que si on les avoit taillés avec une hache, ou si on les avoit frappés avec un maillet & un ciseau ; on y voit des bévues, des inégalités & des imperfections dans chaque partie, & le tout est monstrueux, n’ayant aucune proportion. Nos miniatures les plus fines paroissent devant cet instrument comme de purs barbouillages, enduits avec une truelle & sans aucune beauté, tant dans les traits que dans les couleurs. Nos plus brillans vernis, nos ouvrages les mieux polis, ne sont que des corps raboteux, pleins de fentes & de crevasses. Ainsi disparoissent les ouvrages de l’art lorsque nous sommes en état de voir ce qu’ils sont effectivement. Au contraire, si nous examinons de plus près, si nous distinguons mieux, si nous observons avec plus de soin les ouvrages de la nature, même dans ses moindres productions, nous n’en sommes que plus frappés de la sagesse, de la puissance, & de la grandeur infinie de celui qui les a faits.

Appliquez au microscope tout ce qu’il vous plaira, vous n’y trouverez que beautés & perfections. Considérez le nombre infini d’especes d’insectes qui nagent, qui rampent, ou qui volent autour de nous, quelle proportion, quelle exactitude, quelle uniformité & quelle symmétrie n’appercevrez-vous pas dans tous leurs organes ! Quelle profusion de couleurs ! L’asur, le verd & le vermillon, l’or, l’argent, les perles, les rubis & les diamans forment une broderie à leurs corps, à leurs aîles, à leurs têtes, & à toutes leurs autres parties ! Que de richesses ! que de perfections ! Quel poli inimitable ne voyons-nous pas de toutes parts ! Allons plus avant & examinons les petits animaux dont plusieurs especes sont absolument invisibles à l’œil humain sans le secours d’un microscope ; ces atômes vivans, tout petits qu’ils sont, ne laissent pas d’être presque tous des prodiges ; nous y découvrons les mêmes organes du corps, la même multiplicité de parties, variété de mouvemens, diversité de figures, & maniere de vivre particuliere que nous voyons dans les plus grands animaux ; la construction intérieure de ces petites créatures doit être prodigieusement curieuse, le cœur, l’estomac, les entrailles & le cerveau. Combien doivent être petits & déliés leurs os, leurs jointures, leurs muscles & leurs tendons ! Combien doivent être délicates, & au-delà de toute imagination, les veines, les arteres & les nerfs ! Quelle multitude de vaisseaux & de circulations dans un si petit espace ! & encore ont-ils assez de place pour remplir toutes leurs fonctions, sans se mêler ou s’embarrasser les uns avec les autres !

Si l’on examine les végetaux, on y voit pareillement le même ordre, la même régularité & la même beauté. Chaque tige, chaque bouton, chaque fleur & chaque semence, présente une figure, une proportion, une harmonie qui est au-dessus de la portée de tous les arts. Il n’y a point d’herbe sauvage, ni de mousse dont chaque feuille ne présente une multiplicité de vaisseaux & de pores rangés avec un art infini, pour porter les sucs nécessaires à sa conservation & à sa nourriture, & qui ne soit ornée d’une infinité de graces qui l’embellissent.

Les ouvrages les plus parfaits de l’art, font sentir la foiblesse, la pauvreté, & l’incapacité de l’ouvrier ; mais ceux de la nature font voir clairement que celui qui les a faits a un pouvoir absolu sur la matiere dont il dispose, & qu’il a des instrumens convenables à son dessein. Chaque poil, plume ou écaille, même dans les moindres insectes, paroît rond, poli & fini au dernier point, & démontre les richesses abondantes, la libéralité, & la sagacité de son auteur. (D. J.)

Ouvrage, s. m. (Architect.) c’est ce qui est produit par l’ouvrier, & qui reste après son travail, comme dans la construction des bâtimens, la maçonnerie, la charpenterie, la serrurerie, &c. Il y a deux sortes d’ouvrages dans la maçonnerie, de gros ouvrages, & de menus ouvrages. Les premiers sont des murs de face & de refend, les murs avec crépi, enduits & ravalemens, & toutes les especes de voutes de pareille matiere. Ce sont aussi les contremurs, les marches, les vis potoyeres, les bouchemens & percemens de portes & croisées à mur plein ; les corniches & moulures de pierre de taille, quand on n’a point fait de marché à part ; les éviers, lavoirs & lucarnes : ce qui est de différent prix, suivant les différens marchés.

Les légers & menus ouvrages sont les plâtres de différentes especes, comme tuyaux, souches & manteaux de cheminée, lambris, plafonds, panneaux de cloison, & toutes saillies d’architecture ; les escaliers, les lucarnes, avec leurs joués de charpenterie revêtue, les exhaussemens dans les greniers, les crépis & renformis contre les vieux murs, les scellemens de bois dans les murs ou cloisons, les fours, potagers, carrelages, quand il n’y a point de marché fait ; les contrecœurs, âtres de cheminée, aires, mangeoires, scellemens des portes, de croisées, de lambris, de chevilles, de corbeaux de bois ou de fer, de grilles, &c.

On appelle ouvrages de sujetions ceux qui sont ceintrés, rampans ou cherchés par leur plan, ou leur élevation, & dont les prix augmentent à proportion du déchet notable de la matiere, & de la difficulté qu’il y a à les exécuter.

On donne le nom d’ouvrage de pierres de rapport à une espece de mosaïque qu’on fait avec des pierres naturelles pour représenter des animaux, des fruits, des fleurs, & autres figures, comme si elles étoient peintes. Cela se fait en assemblant différens marbres, selon le dessein qu’on a, & on les joint & les cimente. Sur ces marbres, le peintre qui a disposé le sujet, marque avec un pinceau trempé dans de la couleur noire, les contours des figures. Il observe avec des hachures les jours & les ombres, comme s’il dessinoit sur le papier au crayon. Ensuite le sculpteur grave, avec un ciseau, tous les traits qui ont été tracés par le peintre, & garnit ces traits d’autres marbres, ou on les remplit d’un mastic composé de poix noire, & d’autre poix qu’on fait bouillir avec du noir de terre. Quand ce mastic a pris corps, on l’unit avec du grès & de l’eau, ou du ciment pilé. C’est ainsi qu’avec trois sortes de marbres on a trouvé l’art d’embellir de différentes figures les pavés des églises & des palais. Voyez les principes de l’Architect. de la Sculpture, &c. par M. Felibien, ch. xij.

Ouvrage à sceaux, terme d’archit, hydraul. C’est une machine, qui sert à élever l’eau, moyennant un ou deux vaisseaux attachés à une perche. Il y a des ouvrages à sceaux simples, & des ouvrages composés. Les premiers sont formés d’un levier, & les autres de poulies, de roues à chaînes, ou de roues avec pignon. On trouve la description de ces trois sortes d’ouvrages, & particulierement d’un, qui se meut tout seul, dans le technica curiosa de Schot, dans l’hydraulico-pneumatica du même auteur, & dans le theatrum hydraulicum de Léopold, tom. I. ch. 8.

Ouvrage hydraulique. C’est un bâtiment qui sert à conduire l’eau où l’on veut. Tels sont les bâtimens de la machine de Marly, de la Samaritaine, & des pompes du pont Notre-Dame à Paris. Voyez le t. II. de la premiere partie de l’architecture hydraulique de M. Belidor, & le theatrum machinarum hydraulicarum, de Jacques Léopold, tom. I. & II.

Ouvrage rustique. C’est un bâtiment dont le mur est construit de pierres qui avancent. Cette maniere de bâtir a été de tout tems une des plus simples, & des plus communes, puisqu’on n’est pas même obligé d’applanir les surfaces extérieures des pierres, & qu’on les laisse brutes, afin de ménager les frais de l’ouvrage. De cette simplicité on a voulu s’élever aux principes d’un art. Dans cette vue, des architectes se sont attachés à joindre tellement les pierres, que les surfaces de devant avançassent dans les jointures, & on a figuré les surfaces relevées. Voyez des exemples là-dessus dans l’architecture de Vitruve, & dans le cours d’architecture de Daviler. Mais malgré ces efforts, pour accréditer l’ouvrage rustique, cette maniere de bâtir n’est point d’un bon goût. Autrefois on s’en servoit, même pour les palais les plus superbes, en l’employant également dans tous les étages, & en y joignant des colomnes de plusieurs ordres. Tels sont le magnifique palais de Pitti à Florence, aux trois étages duquel est l’ordre toscan, le dorique & l’ionique ; le palais d’Est à Ferrare ; l’hôtel de Peller à Nurember, qui a au-devant des pierres relevées jusqu’au dessous du toit. On en trouve d’autres exemples du fameux Michel Ange, rapportés dans le cours d’architecture de Daviler.

On emploie aujourd’hui l’ouvrage rustique aux portes des villes, & aux portails des bâtimens qui doivent avoir beaucoup de solidité, comme les arsenaux, les boulangeries, &c. Il est rare qu’on le pratique aux églises & aux maisons particulieres où il ne peut avoir lieu qu’à l’étage inférieur ; souvent même on n’en charge pas tout le mur, & on se contente de l’appliquer aux coins & au bordage de la saillie. Daviler. (D. J.)

Ouvrages, en termes de Fortification, signifient toutes les differentes pieces ou édifices qui s’emploient dans la fortification ; c’est aussi, dans l’attaque des places, les lignes, les tranchées, les fossés, &c. qu’on fait autour d’une ville ou d’un camp, &c. pour se fortifier.

On trouvera les principaux ouvrages d’une place fortifiée aux articles de Place fortifiée, de Fortification, &c.

Ouvrage a corne, dans la Fortification, est un ouvrage formé d’un front de fortification, c’est-à-dire, d’une courtine & de deux demi-bastions joints à la place par deux longs côtés, qu’on appelle ses aîles ou ses branches.

Cet ouvrage se place quelquefois devant un bastion, mais plus ordinairement devant une courtine.

Pour construire un ouvrage à corne devant une courtine EF (Pl. IV. de Fortification, fig. 4.), il faut prolonger indéfiniment vers la campagne la perpendiculaire qui a été élevée sur le côté du polygone, pour tirer les lignes de défense & de l’angle rentrant Q de la contrescarpe ; il faut prendre sur cette perpendiculaire prolongée QL de 120 ou 130 toises ; au point L élever sur LQ la perpendiculaire OP, prolongée indéfiniment de part & d’autre du point L. On prendra sur cette perpendiculaire LO & LP chacune de 60 ou 70 toises : on marquera ensuite les points A & B sur les faces des bastions opposés à l’ouvrage à corne, à 10 toises des angles de l’épaule C & D : on tirera par les points O & A & par les points P & B les lignes OM, PN, terminées en M & en N par leur rencontre avec la contrescarpe de la place. Ces lignes seront les aîles ou les branches de l’ouvrage à corne ; O P en sera le côté extérieur, que l’on fortifiera en prenant sur la perpendiculaire QL, LR de 23 toises, si LP est de 70 toises, & de 20 toises, si cette ligne est seulement de 60 toises. Par les points O & P & par le point R, on menera les lignes de défense indéfinies OX, PV, sur lesquelles on prendra les faces PS, OT, chacune de 40 toises, si LP est de 70, & de 35, si cette ligne est de 60. On achevera ensuite la fortification du côté extérieur OP, comme dans le premier système de M. de Vauban. Voyez ce système à la suite du mot Fortification. Voyez aussi sa construction, Pl. II. de Fortific. fig. 7.

On donnera 12 toises de largeur au fossé de l’ouvrage à corne : on le tracera vis-à-vis le front OP comme au corps de la place, en décrivant des points O & P pris pour centres, & d’un intervalle de 12 toises des arcs de cercle en-dehors de l’ouvrage, & tirant ensuite par les angles de l’épaule T & S des lignes tangentes à ces arcs. A l’égard du fossé des aîles OM, PN, il sera terminé par des paralleles à ces côtés à la distance de 12 toises. Le terre-plein du rempart de cet ouvrage a quatre toises de largeur comme celui de la demi-lune.

Remarques. 1°. Il faut prendre garde que les angles flanqués O & P des demi bastions de l’ouvrage à corne aient au-moins 60 degrés : s’ils n’avoient pas cette valeur, il faudroit, pour les augmenter, diminuer le côté extérieur OP.

2°. Quelle que soit la grandeur de OP, on déterminera toûjours la perpendiculaire LR en lui donnant environ la sixieme partie de ce côté ; on déterminera de même les faces en leur donnant les deux septiemes du même côté.

3°. Les aîles ou les branches de l’ouvrage à corne sont flanquées par les faces des bastions sur lesquelles tombent leur prolongement ; à l’égard de la partie extérieure ou du front de l’ouvrage, il se défend lui-même de la même maniere que les fronts des places.

4°. Indépendamment de l’ouvrage à corne construit devant la courtine EF, on y fait aussi une demi-lune Y qui se construit comme il a été enseigné à l’article. On en construit aussi une Z devant le front de l’ouvrage à corne, & de la même maniere. Elémens de fortific. (Q)

Ouvrage a couronne, c’est, dans la Fortification, un ouvrage composé de deux fronts, c’est-à-dire, d’un bastion entre deux courtines, & de deux demi-bastions, qui avance dans la campagne, & qui est joint à la place comme l’ouvrage à corne par deux longs côtés, appellés ses aîles ou ses branches.

L’ouvrage à couronne se place ordinairement devant les courtines, mais on peut le placer aussi devant les bastions.

Pour construire un ouvrage à couronne devant une courtine AB (Pl. IV. de Fortific. fig. 5.), on prolongera indéfiniment vers la campagne la perpendiculaire élevée sur le milieu du côté du polygone, pour la construction de l’enceinte de la place, de l’angle rentrant L de la contrescarpe, & de l’intervalle de 150 ou 160 toises ; on décrira un arc indéfini HKI, qui coupera la perpendiculaire prolongée en K ; on prendra ensuite le point K pour centre, & de l’intervalle de 120 toises, on décrira de part & d’autre, du point K, deux arcs de cercles qui couperont le premier arc en H & en I ; l’on tirera les lignes KH, KI, qui seront les côtés extérieurs de l’ouvrage à couronne, que l’on fortifiera comme l’on a fortifié le côté extérieur de l’ouvrage à corne, c’est-à-dire, en observant de donner 20 toises à la perpendiculaire élevée sur le milieu de chacun de ces côtés, ou la sixieme partie du côté, & deux septiemes ou 35 toises pour les faces du bastion & des demi-bastions de cet ouvrage.

Pour avoir les aîles de l’ouvrage à couronne, on marquera les points C & D sur les faces des bastions, vis-à-vis lesquels l’ouvrage à couronne est construit ; à 15 toises des angles de l’épaule E & F, l’on tirera les lignes ID, HC, seulement jusqu’à la rencontre de la contrescarpe en N & en M, & IN & HM seront les aîles de cet ouvrage.

Le parapet, le rempart, & le fossé de l’ouvrage à couronne, le construisent comme dans l’ouvrage à corne ; on donnera de même 4 toises au terre-plein du rempart, & 12 toises de largeur au fossé.

On peut construire des demi-lunes O devant chaque front de l’ouvrage à couronne, comme devant celui de l’ouvrage à corne.

On pourra construire un ouvrage à couronne devant un bastion, comme on vient de le faire devant une courtine, en prolongeant sa capitale de 140 ou 150 toises, & décrivant de l’angle flanqué un arc indéfini de cet intervalle pris pour rayon, & portant ensuite de part & d’autre de cet arc, du point où il est coupé par le prolongement de la capitale du bastion, 120 toises pour avoir les côtés extérieurs de cet ouvrage : on tirera de leurs extrémités les aîles sur les faces du bastion, devant lequel cet ouvrage sera construit à 15 ou 20 toises des angles de l’épaule ; & l’on achevera le reste de cet ouvrage comme le précédent, construit devant une courtine.

On observera que les angles flanqués de demi-bastions, aient au-moins 60 degrés. S’ils se trouvent trop aigus en alignant les côtés sur la face du bastion, on pourra les aligner sur les faces des demi-lunes collatérales, ou plutôt à 10 toises des angles de l’épaule des deux bastions collatéraux de l’ouvrage à couronne, parce qu’alors la défense du fossé de ses côtés sera plus directe. Elémens de fortific. (Q)

Ouvrage a corne couronné, c’est un ouvrage à corne au-devant duquel est construit un ouvrage à couronne. Voyez Ouvrage a corne & a couronne. (Q)

Ouvrages de campagne, en termes de Fortification, sont ceux que fait une armée qui assiége une place, ou ceux que construisent les assiégés pour sa défense. Telles sont les fortifications des camps & les différens forts qu’on construit pour assurer des passages, & couvrir des portes dont il est important que l’ennemi ne s’empare point. Voyez Forts & Retranchemens. Le meilleur ouvrage qu’on ait sur cette matiere est l’Ingénieur de campagne, par M. le chevalier de Clairac. Il laisse peu de choses à desirer sur cet important objet. (Q)

Ouvrages détachés, (Fortificat.) On appelle ainsi les ouvrages du dehors qui couvrent le corps de la place, du côté de la campagne, comme les ravelins, demi-lunes, cornes, tenailles, couronnes, queues d’hirondes, enveloppes, & semblables. (D. J.)

Ouvrages détachés, (Art milit.) On appelle ainsi dans l’art militaire les parapets avec lesquels les assiégeans se retranchent de nouveau, pour pouvoir se défendre contre l’attaque des ennemis. On les divise en généraux & en particuliers. Les ouvrages détachés généraux sont des ouvrages tous nouveaux, construits dans une place attaquée, moyennant lesquels les ouvrages qui se défendent encore, sont rejoints les uns aux autres, comme lorsque deux bastions sont entierement ruinés & qu’on est contraint de les abandonner, ce qui arrive souvent dans les longs siéges. Au contraire quand les assiégés tâchent encore de maintenir un bastion ou un ouvrage de dehors, quoique presque ruiné & mis hors d’état de défense par l’ennemi ; & qu’en abandonnant une partie de ces ouvrages, ils se retranchent de nouveau avec des parapets, on donne alors à cette partie fortifiée une seconde fois le nom d’ouvrage détaché particulier, ou d’ouvrage renversé. On renforce souvent les bastions & les ouvrages de dehors par de semblables ouvrages détachés particuliers ; & on en construit quelquefois avec les ouvrages mêmes, ainsi qu’on le voit à Maëstricht, Ypres, Philippeville, &c. (D. J.)

Ouvrage, (grosses Forges.) partie du fourneau du fusion. Voyez l’article Forge.

Ouvrages noirs, (Forgerie.) ce sont les gros ouvrages de fer que peuvent forger les maîtres Maréchaux en vertu de leurs statuts, comme sont des socs de charrues, des houes, des fourges, &c.

Ouvrage, (Menuiserie.) On en distingue d’un grand nombre d’especes. Voyez les articles suivans.

Ouvrage assemblé à petit quadre, est celui dont les moulures sont détachées du champ, dit battant, par une gorge.

Ouvrage assemblé à petit quadre ravalé, est celui dont les moutures qui forment le quadre font saillie sur le battant & la traverse.

Ouvrage assemblé tout quarré, est celui dont les joints sont coupés sur toutes les faces quarrément, & où il n’y a aucune moulure.

Ouvrages assemblés à clé ou goujon, c’est qu’outre les languettes & rainures on y met encore des clés ou des goujons, pour qu’ils soient plus solides. La clé est un morceau de bois de fil, de l’épaisseur de la languette de trois pouces ou environ, qui entre environ de deux pouces dans les mortoises des bois qu’on veut assembler ensemble, lesquelles on a eu soin de faire bien vis à vis les unes des autres.

Ouvrages assemblés avec moulure, soit à bouvement simple ou autres moulures, sont toûjours coupés d’onglets, & se nomment assemblages en onglets.

Ouvrages assemblés à plat joint, sont ceux où l’on ne fait ni languettes ni rainures, mais que l’on dresse le plus parfaitement qu’il est possible, de sorte qu’il n’y ait aucun jour. Ensuite on fait chauffer les joints. & on les colle ensemble. Ces sortes d’assemblages sont d’usage pour les portes, les tables, les panneaux, &c. A ces assemblages on y met quelquefois des clés ou des goujons.

Ouvrages collés à languette & rainure, c’est lorsque les bois sont trop étroits on en assemble plusieurs ensemble où l’on fait des languettes & des rainures, & ensuite on les colle pour leur donner plus de stabilité. Il faut que la colle soit bien chaude & point trop épaisse, & que les joints soient bien dressés, & les faire chauffer pour qu’ils se collent mieux.

Ouvrages emboîtés, sont ceux au bout desquels on met une piece de bois que l’on nomme emboîture, laquelle est assemblée à tenons & mortoises.

Ouvrages emboîtés à refuite, c’est lorsque les emboîtures étant bien assemblées on a percé des trous pour les cheviller. Avant que de les cheviller, on fait sortir l’emboîture du tenon & les trous qui ont été faits dans le tenon ; on les élargit un peu à droite & à gauche, ce qui les rend ovales & donne de la facilité au bois qui se retire à cause de la sécheresse, ou qui renfle à cause de l’humidité & empêche les tenons de casser.

Ouvrage à petit cadre et embrevement, est celui dont le cadre est une piece séparée du battant ou traverse, & y est assemblé par doubles languettes & rainures.

Ouvrage, (Rubanier.) s’entend de tout généralement ce qui sort de la fabrique ou des mains de l’ouvrier de ce métier.

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Étymologie de « ouvrage »

Étymologie de ouvrage - Littré

Bourg. ouvraige, ovraige ; wall. ovré ; provenç. obratge, obratge ; espagn. obrage ; ital. operaggio ; d'une forme non latine operaticum, tirée de operari (voy. OUVRER), comme le montrent les formes en atge et en aggio. Ouvrage n'est pas usité dans les hauts temps ; c'est ovraigne, dont on se servait, et qui représente une forme non latine operanea.

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Étymologie de ouvrage - Wiktionnaire

(Date à préciser) Dérivé de ouvrer, ancienne forme de œuvrer, avec le suffixe -age.
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Phonétique du mot « ouvrage »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ouvrage uvraʒ play_arrow

Citations contenant le mot « ouvrage »

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  • Chicaneur. Personne qui vient nous critiquer notre ouvrage. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du Diable
  • L’ouvrage est toujours gai quand il se fait gaiement. De Etienne / Brueys et Palaprat
  • C’est au goût seul à juger d’un ouvrage. De Pierre Claude Nivelle de La Chaussée / Épître de Clio
  • Le jour est court et l'ouvrage est long. De Le Talmud
  • La dernière chose qu'on trouve en faisant un ouvrage est de savoir celle qu'il faut mettre la première. Blaise Pascal, Pensées, 19 Pensées
  • Bornons ici cette carrière : Les longs ouvrages me font peur. Loin d'épuiser une matière, On n'en doit prendre que la fleur. Jean de La Fontaine, Fables, Épilogue du premier recueil, 1668
  • Mais les ouvrages les plus courts Sont toujours les meilleurs […]. Jean de La Fontaine, Fables, les Lapins
  • Songez que les ouvrages que nous feuilletons le moins, avec le plus de négligence et de partialité, ce sont ceux de nos collègues. Denis Diderot, Lettres, à Falconet

Traductions du mot « ouvrage »

Langue Traduction
Corse travagliu
Basque lana
Japonais 作業
Russe работа
Portugais trabalhos
Arabe عمل
Chinois 工作
Allemand arbeit
Italien lavoro
Espagnol trabajo
Anglais work
Source : Google Translate API

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