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Oppression

Variantes Singulier Pluriel
Féminin oppression oppressions

Définitions de « oppression »

Trésor de la Langue Française informatisé

OPPRESSION, subst. fém.

A. −
1. Difficulté d'une personne à respirer et gêne qu'elle ressent au niveau de la poitrine. Synon. dyspnée.Souffrir d'oppression. Virginie s'affaiblissait. Des oppressions, de la toux (...) décelaient quelque affection profonde (Flaub.,Coeur simple,1877, p.40).L'enfant est pris tout à coup d'une oppression formidable (Trousseau,Hôtel-Dieu,1895, p.203).Aérophagie, oppression et suffocation respiratoires (Mounier,Traité caract.,1946, p.233).
2. Gêne, malaise d'ordre psychique s'accompagnant au niveau de la poitrine d'une sensation de poids et d'une douleur sourde. Le matin mon oppression fut si forte, que je crus en mourir (Restif de La Bret.,M. Nicolas,1796, p.140).Le soir, elle éprouva un peu d'oppression (Reider,MlleVallantin,1862, p.159):
1. La chaleur, le bruit, l'odeur des victuailles mêlée à la fumée du tabac, lui causaient un malaise croissant. Son oppression ne cessait d'augmenter. Martin du G.,Thib.,Épil., 1940, p.807.
[Avec un compl. spécifiant l'endroit de l'oppression] Il lui vient, se pressant, un tas de phrases embrouillées par de l'oppression de poitrine (Goncourt,Journal,1865, p.201).Dans ce salon, (...) il éprouvait cependant, chaque fois qu'il s'y trouvait seul, une oppression du coeur, un peu d'essoufflement, d'énervement (Maupass.,Notre coeur,1890, p.347):
2. Je sens bien que je ne puis t'écrire mes grandes oppressions de coeur, à ces premières entrevisions d'été. Alain-Fournier,Corresp.[avec Rivière], 1906, p.328.
[Avec un compl. indiquant ce qui oppresse] Peu à peu, une torpeur lourde −causée par la chaleur suffocante, l'oppression de l'obscurité, (...) envahit le wagon (Martin du G.,J. Barois,1913, p.429).Là-bas, sous les latitudes de sa naissance, Maxence voyait une plaine couleur de plomb, l'air raréfié, l'oppression d'un ciel de cuivre (Psichari,Voy. centur.,1914, p.42).
B. −
1. Action, fait d'opprimer (v. ce mot B) (quelqu'un). Synon. domination, tyrannie.Accentuer, augmenter, renforcer l'oppression; combattre l'oppression; résistance à l'oppression. Vous aurez détruit l'oppression, rendu l'Alsace et la Lorraine à la France (A. France,Voie glor.,1915, p.25).
[Avec une détermination spécifiant la nature de l'oppression] L'oppression féodale, laïque, napoléonienne; oppression policière. Il viendrait aider ses anciens sujets à s'affranchir de l'oppression d'un tyran (Staël,Consid. Révol. fr.,t. 1, 1817, p.474).La Contre-Révolution prenait aussitôt le caractère de (...) la réconciliation du peuple et de l'État, unis contre l'oppression de l'argent (Bernanos,Gde peur,1931, p.206):
3. Il a peur parce qu'il voit bien que ses autos-mitrailleuses (...) ne pourront jamais empêcher le peuple tunisien de se libérer de l'oppression colonialiste... L'Humanité,19 janv. 1952, p.3, col.7.
Subst. + de + oppressionMais voici toutes les puissances d'oppression réveillées (Clemenceau,Iniquité,1899, p.258).La propriété des moyens de production et de vie qui sont (...) une force d'exploitation et d'oppression (Jaurès,Ét. soc.,1901, p.130).
DR. CONSTIT. ,,Violation répétée et systématique, par les pouvoirs publics, par un usurpateur, des principes constitutionnels et spécialement de ceux qui protègent les droits publics individuels`` (Cap. 1936).
2. État de celui qui est opprimé. Synon. servitude; anton. liberté.Fuir, s'échapper de l'oppression. Entre l'oppression subie et l'oppression exercée il n'y eut pas le temps de la réflexion ou la liberté du choix (Sand,Hist. vie,t. 1, 1855, p.65).J'ai dit que, sur 100 Français soustraits à l'oppression, 98 sont dans nos troupes (De Gaulle,Mém. guerre,1956, p.369).
[Avec un compl. indiquant ce qui est opprimé] Souhaiter autre chose, c'est souhaiter l'oppression de l'Église et la ruine de la foi (Lamennaisds L'Avenir,1831, p.135).
Prononc. et Orth.: [ɔpʀ εsjɔ ̃] et [-e-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1175 plur. «violences, dommages faits à quelqu'un» (Chroniques Ducs Normandie, 12249 ds T.-L.); ca 1190 sing. «tâche accablante» (Marie de France, Purgatoire, 571, ibid.); 2. a) 1remoitié du xiiies. «contrainte» (Berengier, L'Antéchrist, éd. E. Walberg, 810); b) 1487 «fait d'accabler par la violence, état de celui qui est accablé» (Vocabulaire fr.-lat., Genève, Garbin d'apr. FEW t. 7, p.377a); 3. 1659 «gêne respiratoire» (Huygens, OEuvres complètes, 2, 514 d'apr. FEW, loc. cit.); 4. [1747] «angoisse psychique» (Fr. Grafigny, Lettres d'une Péruvienne, p.165). Empr. au lat. oppressio «action de presser; destruction, action d'étouffer (les lois, la liberté); action violente contre quelqu'un, quelque chose», de oppressum, supin de opprimere, v. opprimer. Fréq. abs. littér.: 711. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1509, b) 881; xxes.: a) 798, b) 782. Bbg. Dub. Pol. 1962, pp.356-357. _ Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p.277.

Wiktionnaire

Nom commun - français

oppression \ɔ.pʁe.sjɔ̃\ féminin

  1. Action d’opprimer et état de ce qui est opprimé.
    • À peine l’indépendance de l’Amérique du Nord fut-elle proclamée, la paix conclue avec l’ancienne métropole, que ces hommes qui criaient si haut à la tyrannie, à l’oppression, qui réclamaient contre la violation du droit des gens, dont, disaient-ils, ils étaient victimes, organisèrent avec cet implacable sang-froid qu’ils tiennent de leur origine une chasse aux Indiens. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Le cas de la société tibétaine d’avant 1950 illustre de façon tragique les lacunes d’une idéologie dogmatique bouddhiste gérée par de faillibles humains. Elle a conduit à une société féodale esclavagiste basée sur l’oppression de presque toute la population par les hiérarchies religieuse et aristocratique. — (Louis Dubé, La sagesse du dalaï-lama : Préceptes et pratique du bouddhisme tibétain, dans Le Québec sceptique, n°66, p.5, été 2008)
  2. État de ce qui est oppressé.
    • Oppression de poitrine.
  3. (Catholicisme) Influence négative du diable ou de ses démons sur une personne, pour la couper de Dieu.
    • L'oppression diabolique est un malaise récurrent. Nous devons nous rappeler que les symptômes et la gravité varient considérablement au cas par cas. Elle peut frapper la santé, le travail, les affections, les relations avec les autres, et ainsi de suite. Ses symptômes comprennent la rage inexplicable et une tendance à l'isolement. Elle peut affecter à la fois l'individuel et les groupes
    • Il y a beaucoup plus d'infestations, d'oppressions ou d'obsessions qu'on ne le croit et beaucoup moins de possessions qu'on ne l'imagine — (« Interview du P. Denis Broussat, exorciste du diocèse de Perpignan », Famille chrétienne, 8 avril 2011.)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

OPPRESSION. n. f.
État de ce qui est oppressé. Oppression de poitrine. Il se dit, figurément, de l'Action d'opprimer et de l'État de ce qui est opprimé. Jamais on ne poussa l'oppression plus loin. Ce peuple gémissait sous la plus cruelle oppression.

Littré (1872-1877)

OPPRESSION (o-prè-sion ; en vers, de quatre syllabes) s. f.
  • 1État de ce qui est oppressé.

    Terme de médecine. Oppression des forces, état dans lequel le malade, loin de manquer de forces, est embarrassé de leur excès ; c'est ce que l'on observe au début de quelques phlegmasies, de quelques hémorrhagies, etc.

  • 2État dans lequel le malade éprouve la sensation d'un poids. Oppression de poitrine.

    Absolument. L'oppression de la poitrine. La bise me fait une oppression par la crainte qu'elle me donne, Sévigné, 377. Hier, à six heures, il tourne à la mort tout d'un coup : les redoublements de fièvre, l'oppression, les rêveries ; en un mot la goutte l'étrangle traîtreusement, Sévigné, 413.

    Fig. Chercher à soulager l'oppression de mon cœur, Graffigny, Lett. péruv. 19. Je hais l'oppression d'une haine profonde, Hugo, Feuilles d'automne, XL.

  • 3État de ce qui est opprimé. Dieu parle dans les dernières oppressions ; si le refroidissement de la charité laisse l'Église presque sans vrais adorateurs, les miracles en exciteront, Pascal, Pensées, XXV, 204, éd. HAVET. Il y a quatre cents ans que tu demeures dans l'oppression, Bossuet, Hist. II, 10. Mme d'Aiguillon savait-elle une famille opprimée, elle animait la justice contre l'oppression, Fléchier, Aiguillon. L'Église gémissait dans l'oppression, Massillon, Panég. Ste Agnès. Le cri de la liberté toujours prêt à sortir de l'extrême oppression, Rousseau, Polysynodie.

    Action d'opprimer. L'aversion naturelle que l'on a pour les oppressions injustes, Sévigné, à Guitaut, 25 sept. 1677. Les énormes dépenses… jetèrent un si bon roi [Salomon] dans les oppressions qui donnèrent lieu, sous son fils, à la division de la moitié du royaume, Bossuet, Polit. X, VI, 1. Admirez, femmes riches, et tremblez, dit le prophète, vous qui par des dépenses folles et excessives contraignez vos maris à chercher dans l'oppression des pauvres de quoi fournir à vos vanités et à votre luxe, Fléchier, Mar.-Thér. D'un même joug souffrant l'oppression, Racine, Esth. I, 1. Il est rare que l'oppression, quand elle est extrême, n'inspire pas aux peuples quelque résolution salutaire, Diderot, Claude et Nér. I, 107. Mortelle ennemie des lois et de la liberté, qu'a-t-elle [la noblesse] jamais produit dans la plupart des pays où elle brille, si ce n'est la force de la tyrannie et l'oppression des peuples ? Rousseau, Hél, I, 62. Corvée, impôts rongeurs, tributs, taxes pesantes, Le sel, fils de la terre, ou même l'eau des mers, Source d'oppression et de fléaux divers, Chénier, Hymne à la France.

    Oppression se dit aussi de la tyrannie domestique. Elle se retira dans un couvent pour se soustraire à l'oppression d'une belle-mère.

  • 4Embarras d'argent, embarras d'affaires. Je vous mandai, la dernière fois, la vue que j'avais pour vous tirer de l'oppression où vous êtes, Sévigné, 25 janv. 1690. On met ses amis en campagne, ou plutôt ils s'y mettent eux-mêmes avec… tant d'envie de vous tirer de cette oppression [un procès], que c'est leur propre affaire, Sévigné, 16 mars 1689.

HISTORIQUE

XIVe s. Pour très grieves oppressions que l'en li fait, Oresme, Thèse de MEUNIER.

XVIe s. Nous garderons de toute oppression et violence tant les ecclesiastiques que le pauvre peuple, D'Aubigné, Hist. II, 227. Les oppressions et miseres de mes pauvres sujets, D'Aubigné, ib. II, 244.

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Étymologie de « oppression »

Provenç. oppression ; ital. oppressione ; du lat. oppressionem, de ob, et pressionem (voy. PRESSION). On a dit aussi oppresse aux XVe et XVIe siècles.

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(Siècle à préciser) Du latin oppressio (« action d’opprimer »).
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Phonétique du mot « oppression »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
oppression ɔpresjɔ̃

Fréquence d'apparition du mot « oppression » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « oppression »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « oppression »

  • Les dictatures fomentent l’oppression, la servilité et la cruauté ; mais le plus abominable est qu’elles fomentent l’idiotie.
    Jorge Luis Borges
  • Toute situation d’oppression génère un mouvement, soit de mutinerie, soit carrément de révolution.
    Héléna Marienské — Evene.fr - Octobre 2006
  • L'oppression d'un peuple ou même d'un simple individu est l'oppression de tous et l'on ne peut violer la liberté d'un seul sans violer la liberté de chacun.
    Mikhaïl Bakounine
  • Combien il vaut mieux souffrir de l'oppression de ses ennemis que rougir des excès de ses alliés.
    Benjamin Constant — De la liberté chez les modernes
  • L’oppression de sexe traverse les classes sociales.
    Coline Serreau — Interview - Octobre 2001
  • Démocratie : l’oppression du peuple par le peuple pour le peuple.
    Oscar Wilde
  • L'homme ne peut se dire libre si sa liberté s'appuie sur l'oppression d'autrui.
    Juan Carlos Ier
  • Dans la nature innée des hommes se trouve le penchant vers la tyrannie et l'oppression mutuelle.
    Abd al-Rahman Ibn Khaldun — Prolégomènes
  • Bütikofer a également critiqué le constructeur automobile pour avoir «nié toute connaissance de l’oppression du peuple ouïghour au Xinjiang».
    News 24 — Un député européen de haut niveau qualifie Volkswagen de `` complice '' de l'oppression chinoise - News 24
  • Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants ; c'est l'indifférence des bons.
    Martin Luther King
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Traductions du mot « oppression »

Langue Traduction
Anglais oppression
Espagnol opresión
Italien oppressione
Allemand unterdrückung
Chinois 压迫
Arabe القهر
Portugais opressão
Russe угнетение
Japonais 抑圧
Basque zapalkuntza
Corse oppressione
Source : Google Translate API

Synonymes de « oppression »

Source : synonymes de oppression sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « oppression »

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Oppression

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