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Suffocation

Définitions de « suffocation »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUFFOCATION, subst. fém.

A. − Fait de suffoquer; gêne, interruption provisoire de la respiration. Synon. étouffement, oppression.Dans le couloir, la suffocation augmentait encore; des aigreurs d'eau de toilette, des parfums de savons, l'empoisonnement des haleines (Zola, Nana, 1880, p. 1206).
B. − MÉD. ,,Asphyxie mécanique due à l'obstruction criminelle ou accidentelle des voies respiratoires supérieures ou par la compression des parois abdominales ou thoraciques`` (Méd. Flamm. 1975). Elle avait le cœur malade, et des suffocations, pendant lesquelles elle croyait qu'elle allait mourir: les yeux dilatés, les mains crispées, la sueur coulant sur son visage (Rolland, J.-Chr., Maison, 1909, p. 1078).
Prononc. et Orth.: [syfɔkasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1380 « état où la respiration est coupée » (Roques t. 2, 11991); 2. 1830 « asphyxie produite par un corps étranger dans les voies respiratoires » (Encyclop. méthod. Méd. t. 13). Empr. au lat.suffocatio « étouffement ». Fréq. abs. littér.: 101.

Wiktionnaire

Nom commun - français

suffocation \sy.fɔ.ka.sjɔ̃\ féminin

  1. Étouffement, perte de respiration ou grande difficulté de respirer.
    • Les deux morts, ajoute M.de la Brousse, n'ont pas été secourus par les vessicatoires, parce qu'il les a vus trop tard (c'est-à-dire le huitième jour de l'invasion.) ils sont morts le onze & le trezieme jour. Le nommé Boyard a eu les quatre derniers jours un ptyalisme abondant , & un pouls fimbrié, qui m'a fait présumer (suivant M Leclerc) une éruption intérieure dans la cavité de la poitrine, qui a fini par la suffocation. — (Gazette de la santé, n° 38 du jeudi 21 septembre 1775, p. 151)
    • Plein d’orgueil, il essaya pendant quelques secondes de lutter contre les larmes qui l’étranglaient. Il eut une suffocation, puis, sans cris, il se mit à pleurer par grands sanglots qui le secouaient précipitamment. — (Guy de Maupassant , Le papa de Simon, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, pages 172-173)
    • M. Dufour, que secouait un hoquet violent, avait déboutonné son gilet et le haut de son pantalon : tandis que sa femme, prise de suffocations, dégrafait sa robe peu à peu. — (Guy de Maupassant , Une partie de campagne, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, page 195)
    • À peine avait-il commencé à faire le mouvement de tête et d’épaules de quelqu’un qui s’esclaffe qu’aussitôt il se mettait à tousser comme si, en riant trop fort, il avait avalé la fumée de sa pipe. Et la gardant toujours au coin de sa bouche, il prolongeait indéfiniment le simulacre de suffocation et d’hilarité. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 99)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUFFOCATION. n. f.
Étouffement, perte de respiration ou grande difficulté de respirer. Il est mort de suffocation. Avoir des suffocations, de la suffocation.

Littré (1872-1877)

SUFFOCATION (su-fo-ka-sion ; en vers, de cinq syllabes) s. f.
  • 1Perte de respiration ou extrême difficulté de respirer.
  • 2Asphyxie causée par la présence d'un corps étranger qui obstrue le pharynx ou l'arrière-bouche, et intercepte le passage de l'air.

    Terme de médecine légale. Cas dans lesquels un obstacle mécanique autre que la strangulation et la pendaison est apporté violemment à l'entrée de l'air dans les organes respiratoires, tels que compression des parois de la poitrine, occlusion directe de la bouche et des narines, enfouissement.

    Terme de médecine. Suffocation de matrice, attaque d'hystérie.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUFFOCATION, s. f. (Physiolog.) perte de la respiration, soit en tout, soit en partie.

La suffocation procede de différentes causes ; mais nous n’expliquerons ici que la suffocation qui résulte, 1°. de la submersion ; 2°. de la privation d’air dans la machine du vuide ; 3°. lorsqu’on monte sur des lieux fort élevés ; 4°. quand on respire un air trop chaud, condensé, ou rempli de vapeurs nuisibles aux poumons. Les suffocations qui proviennent de maladies, dépendent de ces maladies qui sont fort variées.

Dans la submersion par l’eau, les noyés meurent comme ceux qui sont étranglés. Dans les uns & dans les autres, le passage de l’air est bouché. Ce n’est point l’eau qui suffoque en entrant dans les poumons, car l’ouverture, c’est-à-dire, la glotte, n’est qu’une fente très-petite : or l’eau qui couvre cette fente, ne permet point à l’air d’en sortir, par conséquent elle ne sauroit s’y insinuer ; cependant lorsque les cadavres viennent à flotter, l’eau n’y trouve pas toujours les mêmes obstacles ; car dans certaines situations, elle ne peut couvrir qu’une des extrémités de la glotte, tandis que l’autre répond à l’air ; ainsi dans ces situations, qui ne sont pas rares dans un corps qui flotte, & qui ne garde jamais la même position, il est certain que l’eau pourra s’introduire dans les poumons, mais cela n’arrive que long-tems après la mort ; c’est pourquoi on ne trouve pas toujours de l’eau dans les poumons ni dans l’estomac des gens noyés, mais seulement quelquefois.

L’espece de suffocation artificielle, celle des animaux qui meurent dans la machine du vuide, n’est pas embarrassante à concevoir ; cependant pour la comprendre, il faut se rappeller que les rameaux des bronches sortent à angles aigus les uns des autres, & qu’étant élastiques, ils résistent quand on les écartera ; or on ne sauroit gonfler les poumons sans écarter les branches des tuyaux bronchiques ; mais les rameaux qui pesent les uns sur les autres, résistent à la force qui fait effort pour les éloigner. Ajoutez la contractibilité du tissu pulmonaire qui tend toujours à raccourcir toutes les fibres, contractibilité qui n’est pas même perdue dans les cadavres. Cela posé, mettez un animal dans la machine du vuide, pompez-en l’air, que doit il arriver quand l’air sera moins dense ? Il est certain qu’il ne pourra point soulever les bronches, par conséquent elles se rapprocheront ; & d’un autre côté, l’air qui est dans le tissu intérieur des poumons se dilatera : il y aura donc une dilatation & une contraction dans les poumons des animaux qui seront dans la machine du vuide, lorsque l’air en aura été pompé.

Il est évident que le mouvement progressif du sang sera difficile dans ces poumons, car d’abord l’air n’aura pas assez de force pour élever les rameaux bronchiques ; de plus les poumons seront tellement distendus par l’air du tissu intérieur, qu’il faudra de toute nécessité que les vaisseaux soient tiraillés, pressés, crevés ; ainsi les animaux qui seront dans la machine du vuide, seront dans des angoisses extraordinaires, mettront en jeu le diaphragme & leurs muscles intercostaux ; mais l’action même de ces muscles leur sera pernicieuse, car quand les côtes agrandiront l’espace que renferme le thorax, le poumon se gonflera davantage, & les vaisseaux seront plus écartés les uns des autres. Pour avoir une idée de ce qui arrive alors, qu’on se souvienne que les vésicules des poissons crevent souvent dans la machine du vuide, & que les grenouilles se boursoufflent ; la même chose doit arriver aux poumons des animaux qui meurent dans le vuide.

Une troisieme espece de suffocation, est celle qu’on éprouve quand on monte sur des lieux élevés. Il faut regarder les lieux fort élevés comme des especes de machines du vuide, car l’air y est très-raréfié ; ainsi il ne peut plus contrebalancer l’air qui est dans le tissu intérieur des poumons. Il faut regarder les poumons comme une vessie d’air qu’on porte sur le sommet des montagnes ; or tout le monde sait que cette vessie se gonfle à-proportion qu’elle est dans un lieu plus élevé : il en est de même des poumons ; ainsi les voilà exposés à un gonflement semblable à celui qui survient dans la machine du vuide. Ainsi on y remarquera les mêmes phénomènes, c’est-à-dire que les poumons pourront laisser échapper les fluides qu’ils renferment, & qu’ils causeront par la dilatation une oppression considérable. On ne sera plus surpris à-présent, de ce qui est rapporté par Acosta, lequel en passant par les montagnes du Pérou fut exposé à des accidens terribles ; l’estomac se bouleversa ; les vomissemens furent énormes dans leurs efforts, qui lui firent rendre jusqu’au sang ; & il crut enfin qu’il alloit mourir. D’autres voyageurs ont observé que les corps sont alors comme des cribles, l’eau en découle de tous côtés, comme s’ils étoient dans une sueur des plus abondante : la pression de l’air qui diminue à-proportion qu’il est éloigné de la terre, doit produire tous ces symptomes.

Une quatrieme espece de suffocation arrive lorsqu’un animal est renfermé dans un lieu resserré, qui n’a pas commerce avec l’air extérieur ; c’est qu’alors l’air qu’on respire n’étant point renouvellé, se charge d’exhalaisons grossieres & pernicieuses à la respiration. Le fait suivant justifie cette explication, & prouve qu’on rétablit la respiration lésée, en impregnant l’air de nouveaux corpuscules qui l’améliorent.

Il est rapporté dans les écrits de Boyle, que Corneille Drebel fit un bateau pour aller sous l’eau ; mais il avoit un inconvénient bien fâcheux pour ceux qui hasardoient d’entrer dans ce bateau, c’est qu’ils manquoient d’air frais ; Drebel trouva le secret de remédier à ce défaut par une liqueur. Lorsque l’air étoit surchargé des exhalaisons qui sortoient de ceux qui étoient dans le bateau, & qu’il ne pouvoit plus servir à la respiration, on débouchoit une bouteille remplie de sa liqueur, & dans le moment il s’exhaloit de cette bouteille une grande quantité de corpuscules qui corrigeoient l’air, & le rendoient plus propre à la respiration durant quelque tems.

L’air chaud produit la suffocation, parce qu’un des principaux usages de l’air est de tempérer la chaleur du poumon. Enfin l’air chargé de vapeurs nuisibles, irrite par l’âcreté de ces vapeurs le tissu du poumon, & gêne par conséquent la respiration. Quant aux autres phénomènes qui rendent la respiration difficile, courte, forte & fréquente, voyez pour les entendre, l’article Respiration, Physiolog. (D. J.)

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Étymologie de « suffocation »

Provenç. suffocacio ; espagn. sufocacion ; ital. suffocazione ; du lat. suffocationem, de suffocare, suffoquer.

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Du latin suffocatio.
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Phonétique du mot « suffocation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
suffocation syfɔkasjɔ̃

Citations contenant le mot « suffocation »

  • La totale dépendance des États européens à l’égard de la Chine et de l’Inde (…) est responsable de dizaines de milliers de morts par suffocation Le Vent Se Lève, Vaincre la pandémie, abattre les oligarchies financières - par Jean Ziegler
  • Le visage de sa progéniture doit toujours être dégagé afin d’empêcher la suffocation. Sa tête doit donc être à l’extérieur du porte-bébé. Pour la même raison, sa tête, son cou et sa poitrine doivent rester droits pour ne pas comprimer les voies respiratoires. Journal Métro, Quelques conseils pour bien porter son bébé en toute sécurité
  • CHENGDU, 11 avril (Xinhua) -- Un bébé panda est mort par suffocation accidentelle dans une base de pandas géants de la province chinoise du Sichuan (sud-ouest), selon le Centre de conservation et de recherche des pandas géants de Chine. , Chine : un bébé panda mort par suffocation accidentelle_French.news.cn
  • "Ils étaient proches de la suffocation." Vingt-deux migrants cachés dans deux camion-citernes alimentaires ont été découverts par la police slovène, samedi 20 juin, à la frontière avec la Croatie, rapporte l'agence de presse AP. Les deux poids-lourds avaient des plaques d'immatriculation provenant de Serbie. InfoMigrants, Slovénie : une vingtaine de migrants "proches de la suffocation" découverts dans des camions - InfoMigrants
  • Le marché Oreillers anti-suffocation a connu une transformation rapide de l’entreprise par de bonnes relations avec les clients, une croissance concurrentielle et des progrès technologiques sur le marché mondial. Il fournit également des données complètes sur le marché Oreillers anti-suffocation , qui élabore la dynamique du marché telles que les tendances de l’industrie, les idées clés, les opportunités de croissance, le développement des affaires, les moteurs et les défis commerciaux sur le marché Oreillers anti-suffocation. Le marché Oreillers anti-suffocation est segmenté en types de produits, applications d’utilisation finale, principaux acteurs du marché et régions géographiques. Cette étude de recherche se concentre également sur les tendances de la chaîne d’approvisionnement, les innovations technologiques, les développements clés et les stratégies futures des fabricants clés de l’industrie Oreillers anti-suffocation. boursomaniac, Oreillers anti-suffocation Tendances économiques du marché, développement de l'industrie, défis, prévisions et stratégies jusqu'en 2029 - boursomaniac

Traductions du mot « suffocation »

Langue Traduction
Anglais suffocation
Espagnol asfixia
Italien soffocamento
Allemand erstickung
Chinois 窒息
Arabe الاختناق
Portugais asfixia
Russe удушение
Japonais 窒息
Basque itolarrian
Corse soffocamentu
Source : Google Translate API

Synonymes de « suffocation »

Source : synonymes de suffocation sur lebonsynonyme.fr

Suffocation

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