La langue française

Note

Sommaire

  • Définitions du mot note
  • Étymologie de « note »
  • Phonétique de « note »
  • Citations contenant le mot « note »
  • Traductions du mot « note »
  • Synonymes de « note »
  • Antonymes de « note »

Définitions du mot « note »

Trésor de la Langue Française informatisé

NOTE, subst. fém.

A. −
1. Marque mnémonique mentionnant un passage précis dans un ouvrage. J'ai mis une note sur mon exemplaire, pour retrouver ce passage (Ac.1835-1935).
2. Marque écrite.
a) Phrase courte ou fragmentaire destinée à garder mention de ce qui a été vu, lu ou entendu ou à le reconstituer. Notes jetées ainsi en marchant presque à l'aveuglette sur un carnet (Goncourt,Journal, 1876, p.1153).Suivaient plusieurs pages de notes prises au cours de lectures, passages copiés, etc. (Gide,Porte étr., 1909, p.583).
Prendre qqc. (un exposé, une conférence, etc.) en note. Faire un résumé succinct, retenir les idées principales de quelque chose:
1. Tous ses récits de voyage montrent qu'il a été aussi un promeneur du monde réel. Il en a été curieux, il a su s'y plaire, en remarquer les aspects aimables, le parcourir et le prendre en note sur un mode qui n'est jamais celui du sarcasme, à peine celui de l'ironie, mais l'approximation la plus juste que je connaisse du sourire. Durry,Nerval, 1956, p.24.
Prendre note de qqc. Mettre qqc. par écrit. Le greffier prit note de ma déclaration (A. Daudet,Nabab, 1877, p.205).
Au fig. Prendre (bonne) note (de qqc., que). Retenir, garder en mémoire (quelque chose, que). Je prends note, dis-je, de votre position. J'en aperçois les vastes conséquences (De Gaulle,Mém. guerre, 1959, p.67).
b) Texte résumant schématiquement ce qui a été vu, lu ou entendu; papier contenant ce texte. Consulter, lire, prendre ses notes. Il n'a pas voulu aller à la bibliothèque chercher les notes dont j'avais besoin. −Il nous ruine (Murger,Scènes vie boh., 1851, p.90).S'enfermer dans sa chambre pour consacrer sa soirée à la rédaction de ses notes (Bourget,Actes suivent, 1926, p.118).
DR. Notes d'audience. ,,Notes rédigées à l'audience par le greffier d'un tribunal correctionnel ou de simple police, signées par lui, visées en outre par le président du tribunal correctionnel, relatant les noms des témoins, leurs déclarations, les réponses des prévenus et dont l'utilité principale est de simplifier, le cas échéant, les débats devant la juridiction d'appel`` (Cap. 1936).
c) Commentaire imprimé figurant en marge, en bas de page ou à la fin d'un ouvrage pour faciliter sa compréhension. Les OEuvres choisies de Ronsard avec notes et commentaires (Sainte-Beuve,Tabl. poés. fr., 1828, p.291).Voir la note j à la fin du volume (Benda,Fr. byz., 1945, p.87):
2. Car c'est une oeuvre qui pourra indéfiniment s'accroître et se parfaire; une oeuvre qui ne sera jamais achevée pour moi et qui cependant pourra être, à n'importe quel moment, interrompue par ma mort. Il suffira de quelques points de suspension et d'une note de l'éditeur: «Ici se termine le manuscrit du colonel de Maumort, terrassé par une congestion dans la nuit du...» Martin du g.,Souv. autobiogr., 1955, p.CX.
SYNT. Note annexe, critique, explicative, historique, marginale, philologique; note de l'auteur, de la rédaction, du traducteur; notes et additions, notes et variantes; mettre un commentaire, une observation, une remarque en note; couvrir les marges de notes; griffonner des notes; édition avec, sans notes.
d) Brève communication écrite. Il y a encore un mot pour vous [dans l'Intransigeant] (...). Un filet de première page. Une note très désagréable (Courteline,Client sér., 1897, 1, p.13).
Communication écrite dont le caractère est officiel. Note officielle, verbale; préparer, faire passer une note. J'ai adressé, en conséquence de cette requête, une note confidentielle au secrétaire d'état, le cardinal Bernetti (Chateaubr.,Mém., t.3, 1848, p.532).Le jeune homme (...) glissa dans la poche de sa blouse la note directoriale (Duhamel,Combat ombres, 1939, p.109):
3. Grimpant sur un marchepied, le chef salua M. Ramblenne de cet adieu menaçant: −Je vous enverrai une note. Car, selon son esprit, la fin des choses n'était pas en matière, mais en papier, et toute réalité devait aboutir à une explication écrite pour classer aux archives. Hamp,Marée, 1908, p.42.
Note (diplomatique). Document traitant d'une affaire spécifique concernant deux états. Synon. mémorandum.Et bientôt nous enverrons des notes diplomatiques au grand Turc, pour l'engager à convoquer son parlement (Renan,Avenir sc., 1890, p.381).Ces déclarations semblent indiquer que le gouvernement iranien dénoncera le traité dans une note qui sera très prochainement remise au représentant britannique à Téhéran (Le Figaro, 19-20 janv. 1952, p.3, col. 8).
Note de service. Circulaire par laquelle un supérieur informe ses subordonnés. Le ton était celui d'une note de service, mais le pli n'était pas fermé ce qui excusait sa sécheresse (Vailland,Drôle de jeu, 1945, p.259).
DR. Note de couverture. ,,Document établi préalablement à l'établissement d'un contrat d'assurance et au paiement de toute prime mais valant garantie immédiate`` (Cida 1973).
e) Facture, somme à payer. Jean régla la note. Cela acheva de rendre le gaillard très bon enfant (Zola,Terre, 1887, p.181).Son époux aventureux, (...) quelquefois riche, souvent à la recherche des quelques francs nécessaires pour compléter le montant d'une note de gaz (Butor,Passage Milan, 1954, p.10).
Note de frais. Facture comptabilisant des frais professionnels que l'on désire se faire rembourser. Établir une note de frais, mettre une dépense sur sa note de frais:
4. Chaque fois qu'il peut penser que j'ai quelque argent, il présente une note de frais. Un «petit compte», comme il dit. Il me réclame des choses étranges: la moitié d'un dîner que nous avons pris ensemble au restaurant, dans notre jeunesse, un pourboire qu'il a donné pour moi, paraît-il, à l'employé d'un grand magasin, une cotisation que je dois à des sociétés dont il m'a mis de force, une part des étrennes qu'il verse, en notre nom à tous, à des gens qu'on ne connaît pas. Duhamel,Désert Bièvres, 1937, p.81.
SYNT. Acquitter, envoyer, faire la note; note de blanchisserie, d'électricité, d'hôtel; note élevée, salée.
f) RELIG. Notes de l'Église. ,,Propriétés de l'Église-institution, élaborées à partir du xviesiècle, par l'apologétique anti-protestante afin de prouver que l'Église du Christ se survit fidèlement dans l'Église catholique et nulle part ailleurs. Nombreuses à l'origine, on ne retient habituellement, depuis le XIXesiècle que les quatre notes majeures énumérées dans le Credo-unité, sainteté, catholicité et apostolicité`` (Foi t.1 1968).
B. − Marque d'appréciation.
1. Appréciation sous forme de chiffres ou de lettres et généralement assortie d'un commentaire que porte un supérieur sur le travail ou sur la conduite d'un subordonné.
[Dans une entreprise, une administration] Cet officier, ce fonctionnaire a de bonnes notes (Ac. 1935). Note annuelle. Un homme capable de fournir des notes sur ses camarades, est honni, perdu, vilipendé (Balzac,Employés, 1837, p.123).Ça m'ennuie, puisque ça m'éloigne encore un peu plus souvent de toi, mais ce me sera une très bonne note au bureau (Verlaine,OEuvres compl., t.4, L. Leclercq, 1886, p.140):
5. Une information qui n'est pas moins curieuse, c'est le relevé des notes militaires d'Esterhazy: «Officier très méritant, caractère droit et énergique. Conduite militaire et privée parfaite. Esprit essentiellement militaire. Officier supérieur des plus distingués. C'est l'homme du devoir par excellence.» Clemenceau,Iniquité, 1899, p.119.
[Dans le milieu scolaire ou universitaire] Carnet, bulletin de notes; bonne, mauvaise note; note médiocre, moyenne, passable; note annuelle, hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle. Quand j'étais au couvent, mes notes trimestrielles se terminaient presque invariablement par cette définition de ma personne morale: «Heureux caractère...» (Feuillet,Journal femme, 1878, p.3):
6. Louis Bastide, en sortant de l'école, s'était rendu aussitôt chez ses parents qui habitaient rue Duhesme, au troisième étage, tout près du boulevard Ornano. Après avoir embrassé sa mère, il lui avait montré ses cahiers, ses notes de travail et de conduite. Romains,Hommes bonne vol., 1932, p.174.
2. P. ext. Appréciation que l'on porte à l'endroit d'une personne. Cette mésaventure sera une mauvaise note qui le poursuivra toute sa vie. Il n'a pas oublié ceux qui l'ont aidé: c'est une bonne note à son actif (Ac.1935).Enfin, madame d'Argonna te plaît?... C'est une bonne note, ça!... parce que... on ne te plaît pas facilement, à toi!... (Gyp,Leurs âmes, 1895, p.17):
7. «... Dans notre milieu, les mariages ne se font pas comme ça!» Pradelle avait connu Zaza par moi: c'était une mauvaise note. Beauvoir,Mém. j. fille, 1958, p.333.
Vx. Homme de note. ,,Homme au-dessus du commun, soit par sa naissance, soit par le rang ou les qualités personnelles`` (Littré).
DR. Note (infamante/d'infamie). Marque de déshonneur qui frappe une personne. Le blâme en justice était une note infamante (Ac.1798-1935).Conservateur des moeurs comme protecteur des foibles, quand il passoit devant le château d'une dame de mauvaise renommée, sans y daigner entrer, il faisoit aux portes une note d'infamie (Chateaubr.,Génie, t.2, 1803, p.492).
C. − MUSIQUE
1. Signe graphique (représenté et nommé différemment suivant les systèmes de notation) qui, par sa position sur la portée indique la hauteur du son, et par sa forme, sa durée. Lire, savoir les notes. Dans sa jeunesse, il [Haydn] jetait souvent sur le papier un certain nombre de notes au hasard (...) et s'obligeait à faire quelque chose de ces notes, en les prenant pour fondamentales (Stendhal,Haydn, Mozart et Métastase, 1817, p.78).J'avais écrit au crayon, sur les parties d'alto, les notes essentielles et laissées à découvert les 3eet 4ecors (Berlioz,Souv. voy., 1869, p.59).
Figures de note. V. figure II A 2 d.
2. P. méton.
a) Son correspondant. Accompagnant les notes étouffées du piano (Zola,Page amour, 1878, p.901).Ces verreries de Venise qu'une fausse note suffit à briser (Proust,Sodome, 1922, p.885):
8. Autour de cette chanson, voltigeaient toutes les minutes qu'ils avaient autrefois vécues et celles qu'ils avaient espérées (...). Et quand elle chanta les notes sans paroles, les plaintes, les gémissements qu'elle mettait après chaque strophe, le pauvre Mazdali sentit son propre sang s'égoutter... Barrès,Cahiers, t.4, 1906, p.263.
SYNT. Note accidentelle, aiguë, appuyée, basse, détachée, dominante, fausse, grave, haute, juste, sensible, tenue, tonique; allonger, attaquer, couler, jouer, lier, piquer, tenir une note; note de la gamme, note d'agrément, d'ornement.
Note contre note. [Dans une compos. contrapuntique] De façon qu'à chaque note de la mélodie donnée corresponde une note de la ou des voix accompagnatrices (d'apr. Mus. 1976). Les parties par leur disposition note contre note créant une suite d'accords bien caractérisés (Gedalge,Fugue, [ant. 1938], p.146).
Donner la note. Faire entendre la première note d'un morceau ou la note (la ou si bémol) permettant aux instrumentistes de s'accorder. S'en servir [du monocorde] comme d'un diapason, pour donner la première note du ton (Grillet,Ancêtres violon, t.1, 1901, p.33).
b) Touche d'un clavier. Une partie des mots se perdait dans le trajet du larynx aux lèvres comme sur un clavier où il manque des notes (Hugo,Misér., t.1, 1862, p.880).
3. [Dans des expr. indiquant une façon de s'exprimer ou d'agir, note est gén. substituable à ton]
À basse note, en basse note. Sans élever la voix. Prier Dieu à basse note. Dire à quelqu'un des injures à basse note (Littré).
Changer de note, changer la note. Changer sa façon d'agir:
9. L'extraction d'un cheveu n'est pas aussi douloureuse, à beaucoup près, qu'une piqûre d'épingle. Les vingt premiers partirent l'un après l'autre sans me laisser de regret, et je leur souhaitai cordialement un bon voyage. Mais bientôt il fallut changer de note. Le cuir chevelu, irrité par une multitude de lésions imperceptibles, s'enflamma. Une démangeaison sourde, puis un peu plus vive, puis intolérable... About,Roi mont., 1857, p.247.
Chanter toujours (sur) la même note. Répéter sans arrêt la même chose, seriner. (Dict. xixeet xxes.).
Donner la note. Donner le modèle à imiter, l'exemple à suivre. L'histoire du médaillon donne la note de ce monde-là (Goncourt,Journal, 1862, p.1008).J'ai tenu à donner la note et à indiquer le sens général des raisonnements de mes trois amis (Sainte-Beuve,Nouv. lundis, t.6, 1863, p.9).
Être, rester... dans la note. Être, rester... en harmonie avec quelque chose. À quoi bon me tracasser, je ne serais jamais dans la note (Gyp,Souv. pte fille, 1928, p.142).
Fausse* note, note fausse*.
Forcer la note. Forcer le ton, exagérer. Mais tel sera toujours notre pauvre vieux quand il cherche la camaraderie de ses fils. Il force la note, il devient compromettant (H. Bazin,Vipère, 1948, p.141).
Note juste. Détail harmonieux, qui ne détonne pas. Vous donnez dans la politique la note juste, la note suprême de la vérité et de la raison (Hugo,Corresp., 1869, p.191).
4. P. anal., PEINT. [Gén. déterminé par un adj. ou un compl. déterminatif] Ton qui tranche parmi les autres tons. La note claire de son tableau, ce bleuissement dont on se moquait, éclatait parmi les autres (Zola,OEuvre, 1886, p.140).Salles grises, robes blanches, piano noir, une ou deux notes roses ou jaunes, avec cela se construit une harmonie (Mauclair,Maîtres impressionn., 1923, p.90).
Détail remarquable qui souligne l'harmonie d'un ensemble.
♦ [Dans le domaine visuel]Elle était charmante, cette petite rivière (...) elle coulait (...) sous des arcades de verdure (...) à travers lesquelles le soleil jetait quelques notes dorées et tremblantes (Feuillet,Honn. artiste, 1890, p.72).À Noël, cette grande maison prenait un air mystérieux. Nous descendions dans la cuisine assombrie par les murs de la Fabrique (...) Seules, la table de bois blanc et la coiffe de Mariette faisaient une note claire (Chardonne,Dest. sent., ii, 1934, p.188).
♦ [Dans un autre domaine]Un écrivain qui apporte une note très originale (Bourget,Nouv. Essais psychol., 1885, p.140).
Au fig. Donner, jeter, mettre... une note gaie, triste... Donner, jeter, mettre... un détail déterminant qui égaye, attriste... Son accent parisien mettait une note amusante dans ces réunions cosmopolites (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p.40).
Prononc. et Orth.: [nɔt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Signe, marque I. A. D'un son musical 1. 1155 «mélodie, musique correspondant au signe figurant un son» (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 9104: Il aveit apris a chanter E lais e notes a harper); 1267 (Rutebeuf, La voie de Tunes, 136 ds OEuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, t.2, p.468); 1306 a diverses notes «en musique, avec accompagnement de chant» (Guillaume Guiart, Royaux lignages, éd. N. de Wailly et L. Delisle, 19678); 1336 messe a note, sans note (doc. ds Gdf. Compl.); 2. a) fin xives. «signe figurant un son musical» (Eustache Deschamps, Art de dictier ds OEuvres, éd. G. Raynaud, t.7, p.278: aprandre a chanter ... par figure de notes, par clefs et par lignes); b) id. «le son correspondant à ce signe» (Id., ibid., p.269: musique leur chante par ses .VI. notes, tierçoyees, quintes et doublées, ses chans delectables); ca 1500 a haulte notte «à haute voix» (Quatriesme Repeue franche du Suffreteux ds Villon, OEuvres, éd. P. Lacroix, p.243); 1593 en note basse «sans élever la voix» (Satyre Ménippée, éd. Ch. Read, p.59); 3. 1. fig. ca 1180 (Guillaume de Berneville, St Gilles, 332 ds T.-L.); xvies. tout autre note «tout autre chose» (Pasquier, Recherches, V, 8 ds Hug.); 1613 changer de note «quitter un discours pour en commencer un autre» (M. Regnier, Satire VIII, 65, éd. G. Raibaud, p.83). B. D'un discours écrit. Ce qui est consigné par écrit. 1. a) 1241 «charte» (doc. Arch. du Nord ds Gdf.); 1269-78 par note «par écrit»; metre en note «décrire, consigner» (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 16139; 18002); b) 1370, 10 oct. «brouillon, minute d'un acte écrit» (Ordonnances des rois de France, t.5, éd. Secousse, p.532: les notes, prothocolles, briefs ou registres que iceulx tabellions ont faites et enregistrees); c) 1636 «extrait sommaire, exposé succint destiné à faire connaître une chose» (Monet); spéc. α) 1819 note verbale (Annuaire généal, et hist., p.388 ds Quem. DDL t.12); β) 1824 «communication entre des agents diplomatiques (Ségur, Hist. Napoléon, I, 4 ds Littré); 2. 2emoitié xiiies. «compte, montant» (Dit des Avocats, 75, éd. G. Raynaud ds Romania t.12, p.216a); 1723 «détail d'un compte, mémoire à solder» (Savary, s.v. notte). II. A. 1. a) Fin xiies. fig. «reproche, blâme» (Sermons de St Bernard, éd. W. Foerster, p.168, 12); fin xves. (Olivier de La Marche, Mémoires, I, 2, éd. H. Beaune et J. d'Arbaumont, t.1, p.201); b) 1542 «marque flétrissante, flétrissure, tache» (Changy, Instit., II, 2 ds Hug.); 1549 note d'infamie (Est.); 2. 2emoitié xives. fig. de notte «notable (d'une personne)» (Chevalier de La Tour Landry, 8 ds T.-L.); 3. 1845 «appréciation donnée par un maître sur un élève» (Besch.); 1906 «chiffre exprimant la valeur d'un travail» (Pt. Lar.). B. 1376 [ms. xves.] cynégétique «tache, moucheture sur le plumage d'un oiseau» (Modus et Ratio, éd. G.Tilander, § 114, 43, var. e [le texte porte noe]). Empr. au lat. nota «signe, marque»; spéc. a) «marque d'écriture»: litterarum notae (de là «écrit, lettre»), b) «signes sténographiques» (notae tironianae), c) «chiffres», d) «signes de copistes, signes de ponctuation»; e) «signe, marque» [sur le corps], spéc. «marque au fer rouge» (de là «flétrissure, tache; note du censeur, blâme»); f) «marque, annotation, remarque [à un texte écrit]»; en lat. médiév. «acte» (1102), «minute d'un acte notarié» (Arles, xiies. ds Nov. gloss.). Cf. l'a. fr. noe, de formation pop., très tardif, au sens de «moucheture des plumes d'un oiseau de proie» (1376, Modus, supra); cf. aussi l'a. prov. noda «marque» (xives., Trad. de Bède [Bibl. nat. fr. 1747], fol. 35 ds Rayn.). Fréq. abs. littér.: 6640. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 5720, b) 9716; xxes.: a) 11641, b) 11150. Bbg. Quem. DDL t.5.

Wiktionnaire

Nom commun

note \nɔt\ féminin

  1. Marque que l’on inscrit en quelque endroit d’un livre, d’un écrit.
    • J’ai mis une note sur mon exemplaire, pour retrouver ce passage.
    • Je veux revoir quelques articles de ce compte, j’ai mis des notes en marge.
  2. Remarque, indication, sorte d’explication, de commentaire sur quelque passage d’un écrit, d’un livre.
    • On a imprimé ce poème avec des notes.
    • Notes marginales.
    • Notes de bas de page.
    • Notes en fin de volume.
    • Une édition sans notes.
    • Une édition avec notes bibliographiques, historiques, grammaticales, etc.
  3. Extrait sommaire ; exposé succinct.
    • Pourtant j’aurais voulu examiner le paysage, mollement éclairé par la lune, et crayonner quelques notes au passage. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. II, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • Mme Surville n'a laissé sur son frère que quelques pages insignifiantes, une apologie froide, banale, où nous n'avons pas une seule note à prendre, pas un seul document à retenir. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
    • J’ai pris note de ce que j’ai à payer et à recevoir à la fin du mois.
    • Babœuf avait, du fond d'une de ses retraites, fait parvenir au représentant Drouet, son complice, une note énergique qui devait lui servir de texte à un discours à prononcer devant le Conseil des Anciens pour la conservation des Sociétés populaires. — (Édouard Fleury, Baboeuf et le Socialisme en 1796, Pars ; chez Didier, 1851, p. 182)
    • Prendre des notes au cours d’un professeur, en lisant un ouvrage.
    • Ce conférencier consulte ses notes à tout moment.
  4. Facture.
    • J’ai dit au marchand de me remettre la note de ce que je lui dois.
    • Vivement elle fit sa malle, paya la note, prit dans la cour un cabriolet — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy frères, Paris, 1857)
    • Une note acquittée.
  5. (Diplomatie) Communication officielle, contresignée par écrit.
    • Note confidentielle.
    • Échange de notes.
    • Note verbale : Note qui se réfère à un entretien et qui a pour objet de préciser par écrit la portée de cet entretien.
  6. (Éducation) Appréciation de la valeur d’un devoir fait par un élève, que le professeur exprime par un nombre.
    • Il a obtenu la note 15 sur 20 pour sa composition française.
    • Cet élève a mérité toute l’année des notes excellentes.
  7. (Administration) Appréciation, faite par son chef, du mérite d’un subordonné.
    • Cet officier, ce fonctionnaire a de bonnes notes.
  8. (Par extension) Désignation favorable ou défavorable d’une personne à l’opinion.
    • Cette mésaventure sera une mauvaise note qui te poursuivra pendant toute sa vie.
    • Il n’oublie pas ceux qui l’ont aidé : c’est une bonne note à son actif.
    • Note d’infamie, ou note infamante, : Note imprimée juridiquement pour quelque cause grave.
    • Le blâme en justice était une note infamante.
  9. (Musique) Caractères qui figurent la hauteur et la durée d’un son.
    • Savoir lire ses notes.
    • Il écrit les dernières notes de sa sonate.
    • Les sept notes de la gamme.
    • Ré est la seconde note de la gamme d’ut.
    • Quelle est cette note ? C’est un sol.
    • Quelle est la valeur de cette note ? C’est une blanche : elle vaut deux noires.
    • Savoir ses notes.
  10. (Par extension) Le son lui-même.
    • Et, pour égayer le voyage, les chansons bientôt fusèrent d’elles-mêmes. Les notes joyeuses retentissaient au loin sur la terre nue […] — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • Note tonique : La Note principale ou fondamentale d’un ton.
    • Note sensible : La septième note de la gamme dans un ton donné.
    • Notes de goût, notes d’agrément : Ornements que peut recevoir une note principale.
    • Bien attaquer la note : Faire une intonation juste et nette.
    • Fausse note.
    • Ceci est bien dans la note qui convient, vous restez dans la note : Ceci est bien dans le ton, vous gardez le ton qui convient.
    • Ne savoir qu’une note, chanter toujours sur la même note : (Figuré) Dire toujours la même chose, proposer toujours le même expédient.
    • Changer de note, chanter sur une autre note : (Figuré) Changer de façon d’agir ou de parler.
    • Forcer la note : (Figuré) Exagérer.
  11. (Par extension) La tonalité générale d’un ouvrage.
    • Mais sois prudent… Je ne connais pas ton livre… J’espère qu’il est dans la note. Tu comprends ce que je veux dire ?
      – Il n’est dans aucune note, dit Suzanne avec un grand rire clair.
      — (Henri Troyat, Le mort saisit le vif, 1942, réédition Le Livre de Poche, page 53)
  12. (Figuré) Aspect, touche.
    • Des azalées, des rhododendrons aux dimensions sénégaliennes donnent une note gaie à ce triste parc où les couleurs éclatantes étonnent, où leur taille gigantesque semble lutter de force avec les vieux remparts toujours solides. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895)
    • Toutes ces vieilles coutumes ajoutent une note pittoresque à la vie de Santa-Cruz; mais elles finiront probablement bientôt par disparaître, emportées par le modernisme niveleur. — (Frédéric Weisgerber, Huit jours à Ténériffe, dans la Revue générale des sciences pures et appliquées, Paris : Doin, 1905, vol.16, pp. 1039)
    • Quelques luzernières; le Sainfoin jette de-ci de-là, au printemps, une note gaie dans la monotonie des verts. — (Josias Braun-Blanquet & J. Susplugas, Reconnaissance phytogéographique dans les Corbières, Station internationale de Géobotanique Méditerranéenne et Alpine, Montpellier, communication n°61, 1937)

Forme de verbe

note \nɔt\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de noter.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de noter.
    • Berger (1974) note cependant que les mots pour lesquels on peut montrer qu’ils sont venus du persan en bourouchaski sans l’intermédiaire de l’ourdou, comme par exemple samón 'bagage' ont tendance à s’ourdouiser pour donner samán, sous l’influence de l’ourdou sāmān. — (Journal asiatique, 1977, volumes 265 à 266, page 308)
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de noter.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de noter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de noter.
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Littré (1872-1877)

NOTE (no-t') s. f.
  • 1Marque qu'on fait en quelque endroit d'un livre, d'un écrit, etc. pour s'en souvenir. Mettre des notes à la marge d'un compte. Je chargerai de notes mon exemplaire [de la Félicité publique, par Chastellux' ; et c'est ce que je ne fais que quand le livre me charme et m'instruit, Voltaire, Lett. Chastellux, 7 déc. 1772.

    Fig. Homme de note, un homme au-dessus du commun, soit par sa naissance, soit par le rang ou par les qualités personnelles.

  • 2Observation, commentaire sur quelque endroit d'un écrit, etc. Vos notes sur Racine sont si judicieuses, si pleines de goût, de finesse…, Voltaire, Lett. la Harpe, 22 janv. 1773. C'est contre ces Lois [les Lois de Minos, tragédie de Voltaire] qu'il y aura une belle cabale, et je m'en moque ; j'ai fait cette pièce pour avoir occasion d'y mettre des notes qui vous réjouiront, Voltaire, Lett. Marmontel, 23 oct. 1772. Il est certain que, dans une de ses notes sur Longin, Despréaux semble préférer assez ouvertement Racine à Corneille, D'Alembert, Éloges, Segrais. Les notes de Voltaire sur les tragédies de Corneille sont les oracles du bon goût et les plus précieuses leçons de l'art pour les poëtes dramatiques, Marmontel, Élém. litt. Œuv. t. IX, p. 435, dans POUGENS.

    Observation qu'on fait sur un mot, sur une phrase. Ce mot porte dans le dictionnaire la note : Il est du langage technique.

  • 3Eclaircissement que dans un livre on met au bas des pages, ou en marge, ou à la fin du volume, en un caractère différent de celui du reste de l'ouvrage. Mettre une chose en note. Les notes sont renvoyées à la fin de l'ouvrage. Notes marginales.

    Fig. D'après l'athée, la nature est un livre où la vérité se trouve toujours dans la note et jamais dans le texte, Chateaubriand, Génie, I, VI, 4.

    Notes à l'usage des classes, notes en latin ou en français mises au bas des pages des éditions d'auteurs expliqués ou appris dans les classes, pour expliquer des difficultés de sens ou d'histoire, etc.

  • 4Extrait sommaire, exposé succinct. Remettez-moi une note de votre affaire, afin que je ne l'oublie pas. J'ai pris note de ce qu'il y avait à faire.

    Prendre des notes, relever sommairement ce qui se dit, ce qui se fait. Quand sur son règne [de l'usurpateur] on prend des notes, Béranger, Requête.

    Prendre des notes à un cours, inscrire très sommairement, à fur et à mesure de l'exposition, ce qui est essentiel dans le cours.

    Au plur. Indications plus ou moins succinctes dont se servent les avocats, les orateurs, les professeurs. Il parla sans notes. Il consultait incessamment ses notes.

  • 5Mémoire à solder. La note d'un marchand.

    Payer sur note, payer sur le vu d'une note contenant en détail les travaux faits ou les avances fournies.

  • 6En diplomatie, communication entre des agents diplomatiques. Échanger des notes. La France et l'Italie échangèrent des notes. Alors se rompirent nos liens avec la Russie ; aussitôt Napoléon s'adresse au prince de Suède [Bernadotte] ; ses notes furent d'un suzerain qui croit parler dans l'intérêt de son vassal, qui sent ses droits à sa reconnaissance ou à sa soumission, et qui y compte, Ségur, Histoire de Napoléon, I, 4.

    Se dit de certaines déclarations officielles ou semi-officielles que le gouvernement fait insérer au Moniteur.

  • 7Observations d'un professeur sur la conduite et le travail des élèves. Ce jeune homme a de bonnes notes, de mauvaises notes. Notes hebdomadaires. Notes de quinzaine. Notes trimestrielles.

    Renseignements transmis à un chef concernant des subordonnés.

    Notes d'un fonctionnaire, appréciation qu'un supérieur fait de ce fonctionnaire. Cet officier, ce professeur a de bonnes notes.

  • 8Ce qui fait une marque déshonorante. Sa conduite déloyale en cette occasion est une note dans sa vie. C'est une note qu'il portera toujours. Même dans les confréries qui sont formées par pure élection, le pouvoir de retrancher les confrères n'appartient qu'aux magistrats, parce qu'il y a de l'honneur dans l'admission et de la note dans la destitution, Furetière, Factums, t. I, p. 202. Chose étrange ! on ose attribuer à Jésus-Christ même toutes ces notes flétrissantes [les caractères de nouveauté et de schisme], Bossuet, 2e instruct. past. 42.

    Note d'infamie, ou note infamante, note imprimée juridiquement pour quelque cause grave. Le blâme en justice était une note infamante.

  • 9Signe qui, en musique, représente à la fois la durée et l'intonation d'un son ; la durée par sa forme ou figure ; l'intonation, par sa position sur la portée. On s'est servi des caractères inventés par les anciens pour écrire les chants musicaux, jusque dans le onzième siècle, que Gui d'Arezzo trouva l'invention de les écrire, comme on fait aujourd'hui, avec des notes placées sur différentes lignes, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 252, dans POUGENS. Ces notes ne furent d'abord que des points où il n'y avait rien qui en marquât la durée ; mais Jean de Meurs, né à Paris, et qui vivait sous le règne du roi Jean, trouva le moyen de donner à ces points une valeur inégale par les différentes figures de rondes, de doubles croches et autres qu'il inventa, et qui ont été adoptées par les musiciens de toute l'Europe, Rollin, ib. Le premier monument incontestable de l'impression des notes musicales avec des types mobiles est sorti des presses d'Erhard Oeglin (Ocellus), imprimeur à Augsbourg, …, Camus, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. V, p. 299. Vous verrez, me dit-il à l'oreille, qu'il ne sait pas une note de musique, Rousseau, Confess. III.

    Notes accidentées, notes accompagnées d'un des signes que l'on nomme accidents.

    Chanter la note, solfier.

    Ce musicien chante la note, il chante juste mais sans expression.

  • 10 Par extension, l'intonation même du son représenté par le signe. Les sept notes de la gamme.

    Fig. La nature a deux chants, de bonheur, de tristesse, Qu'elle rend tour à tour ainsi que notre cœur ; De l'une à l'autre note elle passe sans cesse ; Homme, l'une est ta joie, et l'autre ta douleur, Lamartine, Harm. II, 6.

    Note fausse, fausse note, voy. FAUX 1.

    Note tonique, la note principale ou fondamentale d'un ton ou d'un mode.

    Note sensible, la note qui est d'un demi-ton au-dessous de la tonique.

    Notes de goût, celles qui, appartenant à la mélodie et non à l'harmonie, entrent dans la mesure et n'entrent pas dans l'accord.

    Notes d'agrément, ou petites notes, notes qui n'entrent ni dans la mélodie ni dans l'harmonie, et dont la durée très rapide se prend sur la note qui précède ou sur celle qui suit.

    Notes surabondantes, nom que quelques auteurs donnent aux triolets, aux sextolets et aux notes marquées 5 pour 4, 7 pour 4, 9 pour 8, etc.

    Bien attaquer la note, faire une intonation juste et nette.

    Suivre la note, chanter un morceau de musique avec d'autres personnes. D'un gai refrain, à ce lutrin, Pour qu'on suive la note, De main en main, Jusqu'à demain, Passons-nous la marotte, Béranger, Marotte.

    Fig. Donner la note, indiquer quel ton il faut prendre, quel langage il faut tenir.

    Fig. Apprendre une note, apprendre une chose que l'on ignorait. À sœur Agnès… Il fit apprendre une semblable note, La Fontaine, Mazet.

    Fig. Ne savoir qu'une note, chanter toujours sur la même note, dire toujours la même chose. C'est toujours même note et pareil entretien, La Fontaine, Fabl. VI, 21.

    Il ne sait qu'une note, Il n'aura qu'un double, se dit d'une personne qui ne sait qu'une chose et qui sera payée en conséquence.

    Fig. Changer de note, quitter un discours pour en commencer un autre, parler d'autre chose. Puis rechangeant de note, il montre…, Régnier, Sat. VIII.

    Changer de note, chanter sur une autre note, changer de façon d'agir ou de parler. La peste du bourreau ! je te ferai changer de note, chien de philosophe enragé, Molière, Mariage forcé, 8. Ils [les écrivains de Port-Royal] ne changent pas d'avis, pour changer de note, Sévigné, 25 mai 1680.

    Fig. Cela change la note, cela change l'état des choses.

    À basse note, en basse note, sans élever la voix. Prier Dieu à basse note. Dire à quelqu'un des injures à basse note. Hier vendredi il nous donna à dîner en poisson… on fit briller le vin de Saint-Laurens ; et en basse note, entre M. et Mme de Chaulnes, l'évêque de Vannes et moi, votre santé fut bue, Sévigné, 569. Voilà M. de la Rochefoucauld à s'exclamer ; M. de Bouillon, le duc de Tresmes à répéter à basse note, Saint-Simon, 195, 100. Mlle Clairon va jouer à basse note Aménaïde et Électre sur mon petit théâtre de Ferney… c'est contre les ordres exprès de Tronchin, Voltaire, Lett. d'Argental, 12 août 1765.

  • 11Notes tironiennes, voy. TIRONIEN.
  • 12Note s'est dit des minutes et des actes. Ce sens du mot ne se trouve plus que dans l'expression garde-note.

SYNONYME

NOTE, REMARQUE. La note a un sens plus général que la remarque. Une remarque est toujours une note ; mais une note n'est pas toujours une remarque.

HISTORIQUE

XIIe s. Si sot [il sut] de toute chanterie, Moult sot de lais, moult sot de note, Brut, f° 28, dans LACURNE.

XIIIe s. Amis, riens ne m'i vaut, sons, note ne estive [instrument de musique] ; Quant [je] ne vous puis veoir, [je] n'ai talent que plus vive, Audefroi le Bastard, Romancero, p. 11. Le gouvernement de sa terre fut tel, que touz les jours il ooit [entendait] à note [musique] ses heures, et une messe de requiem sans note, Joinville, 198. Compains, entendés ceste note, Que je vous amoneste et note, la Rose, 8285.

XVe s. Les notes, prothocolles, briefs ou registres que iceulx tabellions ont faites et enregistrées, Ord. des rois, t. v, p. 352. Là les maudissoient les povres gens… et leur chantoient une note entre leurs dents tout bas, Froissart, II, III, 44. En intention qu'il n'eust la note et le reproche, qu'à luy eust tenu le rapaisement du royaume, De la Marche, Mém. liv. I, p. 122, dans LACURNE. Et comme chose convenable, Chanta ainsi à haulte notte : Il faut payer son hoste, Villon, La repue franche du souffreteux.

XVIe s. Ses filles et sa race eussent à jamais porté cette note, Marguerite de Navarre, Nouv. XXXVI. Notes d'infamie, Amyot, Agés. 49. Un prieur est dict conventuel, quand il a avecques luy trois ou quatre freres qui chantent toutes les heures à note, comme grand messe, matines, Grand coust. de France, livre III, ch. I, p. 289. Il y faisoit beau voir monsieur le lieutenant… prendre Mantes par le guichet, et dire aux habitants en note basse et courte haleine : " Mes amis, sauvez-moi et mes gens ; tout est perdu, mais le Biarnois est mort, ", Sat. Mén. édit. LABITTE, p. 28.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

NOTE, s. f. (Gramm.) observations placées au bas des pages sur les endroits difficiles d’un ouvrage quel qu’il soit.

Il n’y a presque pas un ancien auteur qui n’ait été publié avec des notes, & qui n’en eût besoin.

Le mot note a encore d’autres acceptions. Voyez les articles suivans.

Note d’abréviation, (Littérat.) écriture abrégée ; les notes d’abbréviation en grec σημεῖα, étoient des figures qui n’avoient aucun rapport à l’écriture ordinaire, & dont chacune exprimoit ou une syllabe, ou un mot tout entier, à-peu-près comme l’écriture chinoise. Ces abrégés avoient été inventés par Ennius ; ils furent ensuite perfectionnés & augmentés par Tiron, & depuis par un affranchi de Mécénas : enfin, Séneque, ou quelqu’un de ses affranchis les rassembla tous. Non-seulement le Bembe mandoit autrefois au pape Jules II. qu’il avoit vû l’Astronomie composée en vers par Hippinus écrite de cette façon, mais Joseph Scaliger parle aussi d’un pseautier écrit de la même maniere.

Il paroît par un passage de la vie de Xenophon, dans Diogene Laerce, que cette façon d’écrire abrégée étoit en usage chez les Grecs long tems avant qu’elle eût passé chez les Romains. Il est vraissemblable que le mot de notaire vient originairement de cette sorte d’écriture, du moins notarius est expliqué dans un ancien glossaire par σημειογράφος.

Du tems de Cicéron, cette maniere d’écrire servoit principalement pour copier les plaidoyers, & les discours qui se prononçoient dans le sénat, car les actes judiciaires s’ecrivoient en notes, c’est-à-dire en notes abrégées, afin que le scribe pût suivre la prononciation du juge, & ne rien perdre de ses paroles. Ces abréviations n’étoient point un mystere de chicane imaginé pour tourmenter les plaideurs, & multiplier les procès ; les Romains ignoroient cet indigne artifice qui n’est que le fruit de l’intérêt, & l’ouvrage de la barbarie ; chaque citoyen entendoit une partie de ces sortes d’abréviations ; c’étoit d’ailleurs le style ordinaire des inscriptions publiques : les Jurisconsultes les employoient communément dans leurs ouvrages, aussi-bien que les Philosophes & les Rhéteurs dans leurs écoles.

A ces notes abrégées de jurisprudence & de jurisdictions, des particuliers en ajouterent depuis des nouvelles pour leur propre utilité, & qui n’étoient point d’usage au barreau, comme l’assure Valerius Probus : chaque caractere signifioit un mot, & cet usage se perfectionna en se portant à toutes sortes de matieres. Quintilien, Manile, Ausone, Martial, Prudence & Eusebe, S. Jerome, & S. Fulgence parlent de ces caracteres d’abréviations. Plusieurs modernes ont écrit pareillement sur cette matiere, mais Orsati (Sertorio) s’est distingué sur tous les autres par son commentaire sur les notes des Romains ; ouvrage plein d’industrie, de travail, & d’exactitude. Voyez aussi Thachéographie. (D. J.)

Notes, s. f. en Musique, sont genéralement tous les caracteres dont on se sert pour l’écrire ou pour la noter : mais ce terme s’applique plus précisément à ceux de ces caracteres qui désignent immédiatement les sons, leurs divers degrés du grave à l’aigu, & leurs différentes durées.

Les Grecs se servoient des lettres de leur alphabeth pour noter leur musique. Or, comme ils avoient vingt-quatre lettres, & que leur plus grand système, qui, dans un même mode, n’étoit que de deux octaves, n’excedoit pas le nombre de seize sons ; il sembleroit que l’alphabeth devoit être plus que suffisant pour les exprimer. Mais il faut remarquer en premier lieu, que les deux mêmes sons étant tantôt à l’extrémité, & tantôt au milieu du troisieme tétracorde, selon le lieu où se faisoit la disjonction, Voyez Systeme, Tétracorde ; on leur donnoit à chacun des noms qui marquoient ces diverses circonstances : secondement, que ces seize sons n’étoient pas tous les mêmes dans chacun des trois genres, qu’il y en avoit de communs, & qu’il y en avoit de différens ; il falloit par conséquent des notes particulieres pour exprimer ces différences : troisiemement, que la musique instrumentale se notoit d’une autre maniere que la musique vocale ; il falloit donc encore ici des distinctions de caracteres ? enfin, que les anciens ayant au moins quinze modes, selon le dénombrement d’Alypius, il fallut approprier des caracteres à ces modes-là, comme on le voit dans les tables du même auteur. Toutes ces diverses modifications exigeoient une multitude de signes nécessaires, à laquelle les vingt-quatre lettres étoient bien éloignées de suffire. De là la nécessité d’employer les mêmes lettres pour plusieurs sortes de notes, ce qui obligea de donner à ces lettres différentes situations, & de les mutiler en divers sens. Par exemple, la lettre pi écrite de toutes les manieres Π, Π, Π, , exprimoit cinq différentes notes. En combinant toutes les modifications qu’exigeoient ces diverses circonstances, on trouve 1620 notes en tout ; nombre prodigieux, qui devoit rendre l’étude de la musique grecque de la derniere difficulté ! aussi l’étoit-elle, selon le témoignage de Platon, qui veut que les jeunes gens se contentent de donner deux ou trois ans à la musique pour en apprendre les rudimens. Cependant les Grecs n’avoient pas un si grand nombre de caracteres différens, mais la même note avoit differentes significations, selon les occasions. Ainsi, cette lettre Φ est dans le genre diatonique le lichanos hypaton du mode lydien & l’hypate-meson du mode phygien, &c.

Les Latins qui, à l’imitation des Grecs, noterent aussi la musique avec les lettres de leur alphabet, retrancherent beaucoup de cette quantité de notes. Il paroît que Boëce établit l’usage de quinze lettres seulement, & même le pape Grégoire, considérant que les proportions de sons sont les mêmes d’une octave à l’autre, réduisit encore ces quinze notes aux sept premieres lettres de l’alphabet, que l’on répétoit en différentes formes, d’une octave à l’autre.

Enfin, dans l’onzieme siecle, un bénédictin d’Arezzo, nommé Guy, substitua à ces lettres les syllabes dont nous nous servons aujourd’hui avec des points posés sur différentes lignes paralleles : dans la suite, on grossit ces points, & on s’avisa d’en distribuer aussi dans les espaces compris entre ces lignes.

Des sept noms des notes de notre musique les six premiers seulement, ut, ré, mi, fa, sol, la, sont de l’invention de Guy. On dit qu’il les inventa en 1024, à Pompose, dans le duché de Ferrare, & qu’il les tira de l’hymne de S. Jean.

Ut queant laxis resonare fibris
Mira gestorum famuli tuorum ;
Solve polluti labii reatum
Sancte Johannes.

En prenant la premiere syllabe de chaque hemistiche ou demi-vers : ce qu’Angelo Berardi a renfermé dans les vers suivant.

Ut relevet miserûm fata sollicitosque labores.

La septieme, savoir le si, a été ajoutée, selon quelques uns, par Jean de Muris ; selon d’autres, par Vander Putten ; & par un nommé le Maire, selon Brossard. Voyez Si. Vossius ne veut pas même accorder aux mordernes l’invention des six autres notes, mais il avance que les Egyptiens en faisoient usage long-tems auparavant, en quoi il prétend s’appuyer du témoignage obscur de quelques anciens. Voyez les articles Clé, Degrés, Gamme, Intervalles, Portée.

Les notes, à ce qu’on croit, n’eurent long-tems d’autre usage que de marquer les degrés & les différences des tons. Elles étoient toutes, quant au tems, d’égale valeur, & ne recevoient à cet égard d’autres différences que celles des syllabes longues & breves sur lesquelles on les chantoit : c’est dans cet état qu’est demeuré le plein-chant. Voyez . On prétend même que cela dura pour la musique jusqu’en 1330, où, selon la commune opinion, Jean de Meurs ou de Muris, docteur & chanoine de Paris, leur donna différentes figures pour marquer les rapports de durée qu’elles devoient avoir entre elles : plusieurs de ces figures ne subsistent plus ; on leur en a substitué d’autres. Voyez Mesure, Tems, Valeur des Notes.

Pour déterminer le sens des notes, & en rendre exactement l’expression, il y a huit choses essentielles à considerer ; savoir, 1. la clef & sa position ; 2. les dièses ou bémols qui peuvent l’accompagner ; 3. le lieu ou la position de la note ; 4. son intervalle ; c’est-à-dire, son rapport à celle qui la précede, ou la tonique ; 5. sa figure ; 6. le tems où elle se trouve, & la place qu’elle y occupe ; 7. le dièse, ou bémol, ou béquarre accidentel qui peut la précéder ; 8. l’espece de la mesure & le caractere du mouvement. Une seule de ces observations manquée doit faire chanter faux ou hors de mesure.

Tous ceux qui ont examiné avec attention la méchanique des caracteres de notre musique, y ont apperçu des défauts considérables, qui ne sont que des suites nécessaires de la maniere dont ces caracteres se sont établis. La musique a eu le sort des arts qui ne se perfectionnent que lentement & successivement ; les inventeurs des notes n’ont songé qu’à l’état où elle se trouvoit de leur tems, sans prévoir celui où elle pouvoit parvenir dans la suite ; aussi leur système s’est-il bien-tôttrouvé défectueux ; & d’autant plus défectueux que l’art s’est plus perfectionné. A mesure qu’on avançoit, on établissoit de nouvelles regles pour remédier aux inconvéniens présens : en multipliant les expressions, on a multiplié les difficultés, & à force d’additions & de chevilles, on a tiré d’un principe assez simple, un système fort embrouillé & fort mal assorti.

Plusieurs de ces défauts sautent aux yeux. En général, on peut les réduire à trois classes principales. La premiere est la multitude des signes & de leur combinaisons, qui surchargent inutilement l’esprit & la mémoire des commençans. De façon que l’oreille étant formée, & les organes ayant acquis toute la facilité nécessaire long-tems avant qu’on soit en état de chanter à livre ouvert ; il s’ensuit que la difficulté est toute dans l’observation des regles, & nullement dans l’exécution du chant. La seconde est le défaut d’évidence dans le genre des intervalles exprimés sur la même ou sur différentes clefs, défaut d’une si grande étendue, que non-seulement il est la principale cause de la lenteur du progrès des écoliers, mais encore qu’il n’est point de musicien forme qui n’en soit incommodé dans l’exécution. La troisieme enfin est l’extrème diffusion des caracteres & le trop grand volume qu’ils occupent ; ce qui, joint à ces lignes, & à ces portées si ennuyeuses à tracer, devient une source d’embarras de plus d’une espece. Si le premier mérite des signes d’institution est d’être clair, le second est d’être concis : quel jugement doit-on porter des notes de notre musique à qui l’un & l’autre manque ?

Les Musiciens, il est vrai, ne voient point tout cela. Faut-il s’en étonner ? La musique pour eux n’est pas la science des sons ; c’est celle des noires, des blanches, des doubles croches, &c. Dès que ces figures cesseroient d’affecter leurs yeux, ils ne croiroient jamais voir de la musique. D’ailleurs, ce qu’ils ont appris difficilement, pourquoi le rendroient-ils facile à d’autres ? Ce n’est donc pas eux qu’il faut consulter sur ce point.

Mais les défauts des caracteres de la musique sont plus aisés à connoître que les remedes à trouver. Plusieurs jusqu’ici l’ont tenté sans succès.

Tous les systèmes qui n’ont pas eu pour premier principe l’évidence des intervalles, ne nous paroissent pas valoir la peine d’être relevés. Nous ne nous arêterons donc point à celui de M. Sauveur, qu’on peut voir dans les mémoires de l’académie des Sciences, année 1721, ni à celui de M. Demaux, donné quelques années après. Des queues tournées à droite, à gauche, en haut, en bas, & des biais en tout sens, pour représenter des ut, des ré, &c. sont les notes inventées par celui-ci. Celles de M. Sauveur sont des têtes & des queues différemment situées pour répondre aux dénominations, pa, ra, ga, so, bo, lo, do, &c. substituées par le même auteur à celle de l’Arétin. On sent d’abord que tout cela ne dit rien aux yeux, & n’a nul rapport à ce qu’il doit signifier. Plus récemment encore on a proposé un nouveau système dans un petit ouvrage intitulé dissertation sur la musique moderne, & publié en 1743 ; la simplicité de ce système nous invite à en rendre compte dans cet article.

Les caracteres de la musique ont un double objet ; savoir, de représenter les sons 1°. selon leurs divers intervalles du grave à l’aigu, ce qui constitue l’harmonie & le chant ; 2°. & selon leurs durées relatives du vîte au lent, ce qui détermine le tems & la mesure.

Pour le premier point, de quelque maniere qu’on retourne la musique, on n’y trouvera jamais que des combinaisons des sept sons de la gamme portés à diverses octaves, ou transposés sur différens degrés, selon le ton & le mode qu’on aura choisi. L’auteur de de la dissertation exprime ces sept sons par les sept premiers chiffres de l’arithmétique, de sorte que le chiffre 1 forme la note ut ; 2, la note  ; 3, la note mi, &c. & il les traverse d’une ligne horisontale dans l’ordre marqué. Voyez les Pl. de Musique.

Il écrit au-dessus de la ligne les notes qui, continuant de monter, se trouveroient dans l’octave supérieure ; ainsi, l’ut qui suivroit immédiatement le si, en montant d’un sémiton, doit être au-dessus de la ligne de cette maniere , & de même les notes qui appartiennent à l’octave aiguë, dont cet ut est le commencement, doivent toutes être au-dessus de la même ligne. Si l’on entroit dans une troisieme octave à l’aigu, il ne faudroit que traverser les notes par une seconde ligne accidentelle au-dessus de la premiere. Voulez-vous, au contraire, descendre dans les octaves inférieures à celle de la ligne principale, écrivez immédiatement au-dessous de cette ligne les notes de l’octave qui la suit en descendant ; si vous descendez encore d’une octave, ajoutez une ligne au-dessous, &c. au moyen de trois lignes seulement vous pouvez parcourir l’étendue de cinq octaves ; ce qu’on ne sauroit faire dans la musique ordinaire à moins de dix-huit lignes.

On peut même se passer de tirer aucune ligne. On place toutes les notes horisontalement sur le même rang : on met un point au dessus de chaque note qui passe, en montant, le si de son octave, c’est-à-dire, qui entre dans l’octave supérieure ; ce point suffit pour toutes les notes suivantes qui sont dans la même octave. Que si l’on redescend d’une octave à l’autre, c’est l’affaire d’un autre point sous la note par laquelle on y rentre, &c.

La premiere maniere de noter avec des lignes convient pour les musiques fort travaillées & fort difficiles, pour les grandes partitions, &c. La seconde avec des points est propre aux musiques plus simples & aux petits airs ; mais rien n’empêche qu’on ne puisse à sa volonté l’employer toujours à la place de l’autre, & l’auteur s’en est servi pour la fameuse ariette, l’objet qui regne dans mon ame, qu’on trouve ainsi notée fort exactement par ses chiffres, en partition avec la basse & la symphonie, à la fin de son ouvrage.

Par cette méthode, tous les intervalles deviennent d’une évidence dont rien n’approche ; les octaves portent toujours le même chiffre ; les intervalles simples se reconnoissent toujours dans leurs doubles ou composées : on connoît d’abord dans la dixieme +3 ou 13, que c’est l’octave de la tierce majeure 13. Les intervalles majeurs ne peuvent jamais se confondre avec les mineurs ; le 24 sera éternellement une tierce mineure, 46 éternellement une tierce majeure, la position ne fait rien à cela.

Après avoir ainsi réduit toute l’étendue du clavier sous un beaucoup moindre volume avec des signes beaucoup plus évidens, on passe aux transpositions.

Il n’y a dans notre musique, qu’un mode majeur & un mode mineur. Qu’est-ce que chanter ou jouer en majeur ? C’est transporter la gamme ou l’échelle d’ut, un ton plus haut, & la placer sur le , comme tonique ou fondamentale : tous les rapports qui appartenoient à l’ut deviennent propres au par cette transposition. C’est pour exprimer cela qu’il a tant fallu imaginer d’altération, de dièses ou de bémols à la clé. L’auteur du nouveau système supprime tout d’un coup tous ces embarras ; le seul mot mis à la marge, avertit que la piece est en majeur, & comme alors est revétu de toutes les propriétés de l’ut, aussi l’appelle-t-il ut, & le marque-t-il avec le chiffre 1, & toute son octave avec les chiffres, 2, 3, 4, &c. comme ci-devant. Ce de la marge, il l’appelle clé ; c’est la touche ou D du clavier naturel ; mais ce même devenu tonique, il l’appelle ut dans le chant : c’est la fondamentale du mode.

Il faut remarquer que cette fondamentale, qui est tonique dans les tons majeurs, devient médiante dans les tons mineurs ; la tonique qui prend le nom de la ; se trouvant alors une tierce mineure, au-dessous de cette fondamentale ; c’est ce qui se distingue par une petite ligne horisontale qui se tire sous la clé. désigne le mode majeur de ré ; mais désigne le mode mineur de si, dont ce est médiante. Distinction qui n’est que pour la connoissance assurée du ton, & dont on peut se passer dans les chiffres du nouveau système, aussi-bien que dans les notes ordinaires ; au lieu des noms mêmes des notes, on pourroit se servir pour clés des lettres majuscules de la gamme qui leur répondent, C pour ut, D pour ré, &c. Voyez Gamme.

Les Musiciens ont beaucoup de mépris pour la méthode des transpositions ; l’auteur fait voir que ce mépris n’a nul bon fondement ; que c’est leur méthode qu’il faut mépriser, puisqu’elle est difficile en pure perte, & que les transpositions, dont il montre les avantages, sont même sans qu’ils s’en apperçoivent, la véritable regle que suivent tous les grands musiciens & les habiles compositeurs. Voyez Gamme.

Il ne suffit pas de faire connoître toutes les notes d’une octave, ni le passage d’une octave à l’autre par des signes clairs & certains ; il faut encore indiquer de même le lieu du clavier qu’occupent ces octaves. Si j’ai un sol à entonner, ce sol doit être déterminé ; car il y en a cinq dans le clavier, les uns hauts, les autres moyens, les autres bas, selon les différentes octaves. Ces octaves sont indiquées dans le nouveau système par de petites lettres qui sont au commencement de chaque ligne, qui répondent à autant d’octaves & déterminent le lieu du clavier où l’on se trouve en commençant cette ligne. Il faut voir la figure qui est à la fin du livre, & l’explication qu’en donne l’auteur pour se mettre au fait de cette partie de sa méthode qui est des plus simples.

Il reste pour l’expression de tous les sons possibles à rendre les altérations accidentelles amenées par la modulation, ce qui se fait sans embarras. Le dièse se forme en traversant la notte d’une petite barre montant de gauche à droite, ainsi ,  ; le bémol par une semblable barre, descendant dans le même sens , . A l’égard du béquarre, l’auteur le supprime, comme un signe tout-à-fait inutile dans son système.

Cette partie ainsi remplie, il faut venir au tems ou à la mesure.

D’abord, l’auteur fait main-basse sur cette foule de différentes mesures, dont on a si inutilement chargé la musique. Il n’en reconnoît que deux, mesure à deux tems & mesure à trois : les tems de chacune de ces mesures peuvent à leur tour être divisés en deux, ou en trois parties égales. De ces deux regles combinées, il tire des expressions exactes pour tous les mouvemens possibles.

On rapporte dans la musique ordinaire les diverses valeurs des notes, à celle d’une note particuliere qui est la ronde, ce qui fait que la durée de cette ronde variant continuellement, les notes qu’on lui compare n’ont point de valeur fixe. M. Rousseau s’y prend autrement : il ne détermine les valeurs des notes que sur l’espece de la mesure dans laquelle elles sont employées, & sur le tems qu’elles y occupent : une note entre deux barres remplit seule toute une mesure : dans la mesure à deux tems, deux notes au lieu d’une remplissant la mesure, forment chacune un tems. Trois notes font la même chose dans la mesure à trois tems. S’il y a quatre notes dans une mesure à deux tems ou six dans une mesure à trois, c’est que chaque tems est subdivisé en deux parties égales ; on passe donc deux notes pour un tems. On en passe trois, quand il y a six notes dans l’une ou neuf dans l’autre. En un mot, quand il n’y a aucun signe d’inégalité, le nombre des notes contenues dans une mesure, se distribue également en deux ou trois tems, selon l’espece de la mesure, & pour rendre cette distribution plus aisée, on sépare si l’on veut les tems par des virgules ; ensorte qu’en lisant la musique, on voit clairement la valeur des notes sans qu’il leur faille donner pour cela aucune figure particuliere. Voyez les Planches de Musique.

Les divisions inégales ne sont gueres plus difficiles à noter. Ces inégalités ne sont jamais que des subdivisions, qu’on ramene à l’égalité par un trait dont on couvre deux ou plusieurs notes. Par exemple, si un tems contient une croche & deux doubles croches, un trait au-dessus ou au-dessous des deux doubles croches, montrera qu’elles ne font ensemble que la valeur de la croche : ainsi un tel tems se trouve divisé en deux parties égales ; savoir la note seule & le trait qui en comprend deux. Il y a encore des subdivisions d’inégalité qui peuvent exiger des traits, comme si une croche pointée étoit suivie de deux triples croches, il faudroit d’abord un trait sur les deux notes qui exprimeroient les triples croches, ce qui les rendroit ensemble égales au point ; puis un second trait, qui couvrant les deux triples croches & le point, les rendroit ensemble égaux à la croche ; mais quelque vitesse que puissent avoir les notes, ces traits ne sont jamais nécessaires que quand les valeurs sont inégales, & quelque inégalité qu’il puisse y avoir, on n’aura jamais besoin de passer deux traits, sur-tout en séparant les tems par des virgules. Voyez les fig.

L’Auteur du nouveau système y employe le point, mais c’est autrement que dans la musique ordinaire ; dans celle-ci le point vaut toujours la moitié de la note qui le précéde ; dans la sienne le point qui marque toujours le prolongement de la note précédente, n’a point d’autre valeur que celle de la place qu’il occupe : si le point remplit un tems, il vaut un tems ; s’il remplit une mesure, il vaut une mesure ; s’il se trouve dans un tems avec une autre note, le point vaut la moitié de ce tems. En un mot, le point se compte pour une note, s’évalue comme les notes mêmes, & il y a tel cas où l’on peut employer plusieurs points de suite de valeurs égales ou inégales, pour marquer des tems ou des syncopes.

Tous les silences n’ont besoin que d’un seul caractere ; c’est le zéro. Le zéro s’emploie comme les notes & comme le point ; il vaut le tems ou la durée dont il occupe la place, & le point se place après un zéro pour prolonger un silence, comme après une note pour prolonger un son.

Tel est à-peu-près le fond du système de M. Rousseau : nous ne le suivrons point dans le détail des régles, ni dans la comparaison qu’il fait des caracteres en usage avec les siens : on s’artend bien qu’il met tout l’avantage de son côté, mais ce préjugé ne détournera jamais un homme impartial d’examiner les raisons de cet auteur dans son ouvrage même. Voyez dans nos Pl. de Musiq. un air noté par ces nouveaux caracteres. (S)

Note sensible, en Musique, est celle qui est une tierce majeure au dessus de la dominante, ou un semi-ton au-dessous de la tonique. Le si est note sensible dans le ton d’ut, le sol diese dans le ton mineur de la.

On l’appelle note sensible, parce qu’elle fait sentir le ton & la tonique, sur laquelle, après l’accord dominant, elle est même obligée de monter, ce qui fait que quelques-uns traitent cette note sensible de dissonance majeure.

Je n’ai point dit que la note sensible est la septieme note du ton, parce qu’en mode mineur cette septieme note n’est note sensible qu’en montant ; car en descendant, elle est à un ton de la tonique, & à une tierce mineure de la dominante. Voyez Mode, Tonique, Tonique, &c. (S)

Nous avions promis de donner ici, d’après M. Rameau, la raison pourquoi la note sensible est un demi-ton au-dessous de la tonique. La raison qu’il en donne est que cette note sensible est la tierce majeure de la dominante, qui résonne dans la dominante, & que le repos ou cadence parfaite dans la basse étant la cadence ou chûte de la dominante à la tonique, le repos le plus parfait dans l’échelle diatonique doit par conséquent consister à monter la note sensible à cette tonique. Voyez mes élémens de Musique, article 77, premiere édition. (O)

Note, signifie, dans le Commerce, un petit extrait ou mémorial qu’on fait de quelque chose pour s’en mieux souvenir.

Les agens de change prennent la note des lettres & billets de change que les marchands ou banquiers ont à négocier ; quelquefois les marchands les leur confient sur une simple note signée d’eux. Pour plus d’exactitude, l’agent doit faire toûjours la note double ; l’une pour le banquier à qui appartiennent les lettres & billets, l’autre pour soi-même. Dictionnaire de Commerce.

Note, veut dire aussi un mémoire, un état. Donnez-moi une note, c’est-à-dire, un état de ce que je vous dois. Id. ibid.

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Étymologie de « note »

Du latin nota (« marque (faite sur un manuscrit ou ailleurs - naturelle sur le visage - qu’on imprimait avec un fer chaud aux esclaves fugitifs d’où « stigmate »), signe, indice, indication, inscription, étiquette (qu’on mettait sur les amphores), signes de ponctuation, flétrissure, condamnation (infligée par le censeur) » mais aussi « distinction honorable ».
Nota en latin est dérivé du supin, notum du verbe nosco (« apprendre, connaître »).
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Provenç. nota, noda ; esp. et ital. nota ; du lat. nota.

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Phonétique du mot « note »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
note nɔt

Citations contenant le mot « note »

  • La liberté est une note dans une symphonie. De Sahar Khalifa / L'impasse de Bab Essaha
  • L'Univers est plein de tordus qui se prennent pour Beethoven sans être capables de différencier une note de musique d'une note de restaurant. De Frédéric Dard
  • La note, c'est le salaire de l'étudiant. De Jérémy Pichon
  • La musique romantique est caractérisée par la présence d'un soupir entre chaque note... De Anonyme
  • Le péché est la seule note de couleur qui subsiste dans le monde moderne. De Oscar Wilde
  • Si un homme était immortel, réalisez-vous ce que serait sa note de boucher ? De Woody Allen
  • La solitude, c'est l'indépendance qui présente sa note. De Elisabeth Carli
  • La musique est ma porte d'échappement, Chaque note m'apporte un rythme cardiaque.
  • Un monde sans fausse note : c'est une utopie qui chante. De Franck Dhumes / Annulaire des mots
  • Le mot liberté ne peut pas être chanté sur la même note par tout le monde. De André Mathieu / Complot
  • Dans toutes les existences, on note une date où bifurque la destinée, soit vers une catastrophe, soit vers le succès. De Larochefoucauld-Doudeauville / Marie Leczinska
  • La notoriété c’est lorsqu’on remarque votre présence, la célébrité c’est lorsqu’on note votre absence. De Georges Wolinski
  • Vous pouvez toujours arriver à lire la note d'honoraires d'un médecin, mais jamais son ordonnance. De Peter Dunn
  • Un médecin qui vous guérit par une ordonnance vous donne une rechute par sa note d'honoraires. De Henry de Montherlant
  • PARIS (Agefi-Dow Jones)--L'agence de notation Moody's a annoncé lundi soir qu'elle attribuait la note "Baa3" à Fiat Chrysler Automobiles, qui deviendra le 16 janvier Stellantis, l'entité issue de la fusion entre le constructeur automobile italo-américain et le français PSA. Moody's associe à cette note une perspective stable. La note "Baa3" est la plus basse de la catégorie investissement sur l'échelle de Moody's. "Dans notre scénario de reprise progressive des ventes mondiales de véhicules légers, Stellantis devrait être en mesure d'améliorer rapidement ses marges et de réduire son endettement pour atteindre les niveaux requis pour [la note] 'Baa3', tout en maintenant une forte liquidité et en étant capable de réaliser des investissements importants dans la transition énergétique et les technologies de conduite autonome", a expliqué Matthias Heck, analyste chez Moody's. ([email protected]) ed: DID Investir, Moody's attribue la note "Baa3" au futur Stellantis, Actualité des sociétés - Investir-Les Echos Bourse
  • Comme après toutes les rencontres du TFC, nous vous proposons de noter sur 10 le dernier match (contenu, niveau de jeu, prestations des deux équipes, ambiance …). Place aujourd'hui à Caen - TFC (2-2). Notez cette rencontre en répondant au sondage ci-dessous sur LesViolets.Com. LesViolets.Com, Caen - TFC : Quelle note pour ce match ? - LesViolets.Com
  • Les entreprises s’inquiètent de la dégradation de leur note par la Banque de France LEFIGARO, Les entreprises s’inquiètent de la dégradation de leur note par la Banque de France
  • À partir de cette semaine et jusqu’au jour de l’investiture de Joe Biden le 20 janvier, des manifestations armées sont à prévoir dans les 50 États américains, selon une note interne du FBI révélée par le média ABC. , Une note du FBI alerte sur des manifestations armées à craindre dans les 50 États américains - Sputnik France
  • LeBron James est pour le moment satisfait de ce qu’il voit. Il faut savoir que « B » et « B+ » correspondent à des notes entre 11 et 13.9 dans le système éducatif français. Les Lakers sont donc au dessus de la moyenne après 10 rencontres, et le King leur donne même la mention assez bien ! Une déclaration encourageante, même si on sait que le seul contrôle qui compte en NBA est celui qui s’appelle Finales. Parlons Basket, NBA - LeBron donne une note au début de saison des Lakers

Traductions du mot « note »

Langue Traduction
Anglais note
Espagnol nota
Italien nota
Allemand hinweis
Chinois 注意
Arabe ملحوظة
Portugais nota
Russe заметка
Japonais 注意
Basque ohar
Corse nota
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Synonymes de « note »

Source : synonymes de note sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « note »

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