La langue française

Nager

Définitions du mot « nager »

Trésor de la Langue Française informatisé

NAGER, verbe

I. − Emploi intrans.
A. − Vieilli ou MAR. et SPORTS (aviron). [Le suj. désigne une pers. ou un groupe de pers.] Faire avancer un bateau, une embarcation au moyen de rames, d'avirons. Synon. ramer.De temps en temps, il regardait derrière lui (...) puis il recommençait à tirer, d'une façon rythmée, méthodique et forte, pour montrer, une fois de plus, à ces mauvais matelots du Midi, comment nagent les hommes du Nord (Maupass.,Contes et nouv.,t.2, Champ d'oliv., 1890, p.76).Dans son rafiot de garde-pêche, (...) Chuchin remontait la Seine (...). Rien qu'à le voir nager, à sa molle façon de tenir les rames, (...) on sentait l'absence du maître (A. Daudet,Pte paroisse,1895, p.223):
1. En une minute, l'embarcation fut mise à la mer. Les deux enfants du capitaine, Glenarvan, John Mangles, Paganel, s'y précipitèrent, et elle déborda rapidement sous l'impulsion de six matelots qui nageaient avec rage. Verne,Enf. cap. Grant,t.3, 1868, p.233.
Nager à culer*, à couple, en pointe. V. nage A 2.
B. −
1. [Le suj. désigne un être vivant, animal ou homme] Se soutenir ou se déplacer dans ou sur l'eau grâce à des mouvements appropriés. Nager sur le côté, sur le dos; nager à l'indienne; nager sous l'eau. Il n'est pas aisé de ne pas quitter un cheval qui nage. L'eau vous soulève, et votre propre poids submerge l'animal à chaque instant (Sand,Hist. vie,t.3, 1855, p.356).Apprendre à nager, c'est acquérir l'habitude de réprimer des mouvements spontanés et d'en exécuter d'autres (Langlois, Seignobos,Introd. ét. hist.,1898, p.49).Une de ces mares croupies des oasis, verdâtres, où un serpent nage avec une vitesse affreuse (Montherl.,Lépreuses,1939, p.1443):
2. ... plus loin, les berges s'élargissant, on rencontrait un petit lac paisible où nageaient des truites parmi toute cette chevelure verte qui ondoie au fond des ruisseaux calmes. Maupass.,Contes et nouv.,Pte Roque, 1885, p.1018.
P. métaph. Nager dans. Ce faquin nage avec sérénité dans l'ordure liquide, en laquelle il a le pouvoir de transmuer tout ce qui l'approche. C'est le Midas de la fange (Bloy,Désesp.,1886, p.280).Il cède à cet instinct qui porte les très jeunes gens à rechercher l'amitié d'hommes en passe de réussir et à nager dans leur sillage (Mauriac,Vie Racine,1928, p.26):
3. La vie coulait à pleins bords; il y nageait avec volupté, et, entraîné par elle, il se croyait pleinement libre. Rolland,J.-Chr.,Adolesc., 1905, p.267.
Locutions
Nager comme un poisson (fam.). Nager très bien. Une foule de jeunes femmes qui plongeaient et nageaient comme des poissons, avec la plus insouciante gaieté du monde (Loti,Mariage,1882, p.262).Nager comme un fer à repasser; nager comme un chien de plomb, comme une pierre, comme une meule de moulin (vieilli). (Dict. xixeet xxes.). Aller au fond.
Nager entre deux eaux. Nager sous l'eau, près de la surface. Me glissant par un sabord, je me laissai couler dans le fleuve, puis je nageai entre deux eaux, ne respirant qu'à de longs intervalles (Dumas père, Monte-Cristo,t.1, 1846, p.649).Au fig. Se ménager deux partis opposés. Synon. louvoyer.Jean de La Faucille, le plus riche et le plus notable bourgeois, qui avait toujours servi les intérêts du comte, mais qui ne voulait pas perdre l'amour de ses concitoyens, s'était déjà retiré, et se tenait en arrière des uns et des autres, nageant, comme on disait, entre deux eaux (Barante,Hist. ducs Bourg.,t.1, 1821-24, p.175).
Au fig. Nager avec le courant ou contre le courant (ou à contre-courant). Suivre l'opinion courante ou lutter contre celle-ci. On se rend mal compte aujourd'hui de la puissance de ce grand fleuve révolutionnaire et réformiste [de 1848]; aussi apprécie-t-on mal la force que Baudelaire dut déployer pour nager à contre-courant (Sartre,Baudelaire,1947, p.191).Pierre Mendès-France n'a jamais nagé avec le courant, c'est son honneur (Mauriac,Nouv. Bloc-Notes,1961, p.133).
Nager en grande, pleine eau*; nager dans les mêmes eaux* (que qqn) ou dans les eaux de qqn.
Nager en eau trouble. Savoir profiter d'une situation peu claire. L'article de Pichat sur lui [Hugo] est de fond honnête, quoiqu'il y eût mieux à dire; mais enfin l'intention est bonne. Cet article est probablement pour racheter ceux de Castille (dans le prochain numéro le philosophe y passera). Ces gaillards-là nagent en eau trouble (Flaub.,Corresp.,1853, p.227).
(Savoir) nager (fam.). (Savoir) se débrouiller; se tirer d'affaire en toutes circonstances, éventuellement en faisant taire ses scrupules. Les frères Standaert ont montré leur habituelle valeur. Eux aussi ont su «nager» pour se bien placer au moment psychologique (La Pédale,9 nov. 1927, p.13, col.1).Enfin, tout ça, ça étale. Je ne cherche pas à me mélanger avec l'indigène. Je fais ce qu'il faut, mais je n'en remets pas (...). Enfin je nage. Et pas mal. La question galette est tout à fait arrangée (Giono,Gds chemins,1951, p.127):
4. Si j'avais été aux sous comme toi, lui dit-il, et que j'aie eu ton instruction, j'te jure qu'ils ne m'auraient pas vu venir au rif comme ça. J'aurais demandé à suivre les cours d'officier, je serais allé passer quelques mois au camp et on m'aurait nommé sous-lieutenant au milieu de 1915. Et à ce moment-là, la guerre sera finie... À mon idée, t'as pas su nager. Dorgelès,Croix de bois,1919, p.30.
2. P. anal. (en imitant les mouvements d'un nageur), ÉQUIT. [Le suj. désigne un cheval] Jeter les pattes en dehors. (Dict. xixeet xxes.).
C. − P. anal.
1. [Le suj. désigne un inanimé] Flotter à la surface d'un liquide. Mon regard vous adore et votre belle image Erre sur mes pensers comme un liège qui nage (M. de Guérin,Poés.,1839, p.110).La cave immense et voûtée était noyée d'eau. Il y nageait des choses mousseuses, ouatées, d'un moisi blanc et vert (Van der Meersch,Invas. 14,1935, p.196).
P. métaph. ou au fig. [Le suj. désigne un corps léger, lumineux] Avoir une présence diffuse; envelopper, environner. Synon. flotter.À l'orient sombre, abandonné depuis longtemps par le soleil, nageaient des vapeurs, îles de nuages, entre lesquelles sortaient, comme du fond d'un lac, des baguettes rouges, expirante végétation de la forêt (Gozlan,Notaire,1836, p.184).La pièce, emplie des effluves d'un parfum pénétrant qui nageait autour des fourrures et des draperies claires (Gracq,Argol,1938, p.173):
5. Des plans de montagnes de toutes formes et de toutes hauteurs fuient les uns derrière les autres, laissant quelquefois entre leurs cimes inégales de hautes vallées où nage la lumière argentée de la lune... Lamart.,Voy. Orient,t.2, 1835, p.322.
2.
a) [Le suj. désigne un inanimé] Baigner, être immergé dans un liquide. Une espèce de lampion posé sur un escabeau, et dont la mèche nageait dans une graisse fétide (Dumas père, Monte-Cristo,t.1, 1846, p.95).Des moules cuites nageant dans une eau claire, au fond de grands saladiers de faïence (Zola,Ventre Paris,1873, p.784).
En partic.
Péj. [Dans un cont. culinaire] Baigner dans un liquide (une sauce, du beurre) surabondant. Un petit plat d'étain où un pilon de poulet nage dans une sauce brune (Sartre,Nausée,1938, p.146).Le ventre alourdi par des viandes trop rôties et les légumes nageant dans le beurre (Morand,P. de Saligny,1947, p.93).
P. exagér. [Le suj. désigne une pers. blessée ou morte] Nager dans son sang. Il l'avoit trouvé évanoui et nageant dans son sang (Genlis,Chev. Cygne,t.1, 1795, p.44).
P. métaph. ou au fig. Les montagnes nageaient dans une légère teinte violette qui les grandissait et les éloignait en les effaçant (Lamart.,Raphaël,1849, p.176).Sa figure est pâle comme autrefois, ses yeux nagent dans les larmes (Renan,Drames philos.,Eau jouvence, 1881, iv, 4, p.496).Il faisait chaud, et c'était bon dans ce grand air. La prairie nageait dans l'été (Pourrat,Gaspard,1930, p.304).
b) Au fig. [Le suj. désigne une pers.] Être plongé dans une situation, dans un état. Pendant que les pauvres curés de campagne avaient à peine de quoi vivre de leur petite dîme, les moines et les capucins nageaient dans l'abondance (Erckm.-Chatr.,Hist. paysan,t.1, 1870, p.288).Les fonctionnaires, les colons français, les notables autochtones, avec qui je pris contact, nageaient en pleine euphorie patriotique (De Gaulle,Mém. guerre,1954, p.111):
6. ... il est inouï de penser que sur trois expéditionnaires, l'un soit fou, le deuxième gâteux et le troisième à l'enterrement. Ça a l'air d'une plaisanterie; nous nageons en pleine opérette! Courteline,Ronds-de-cuir,1893, 1ertabl., II, p.36.
SYNT. Nager dans l'allégresse, le bonheur, les difficultés, l'extase, l'incertitude, la joie, le luxe, l'opulence; nager en plein(e) horreur, intrigue, poésie, rêve, sublime.
[Sans compl. prép.] Fam. Être embarrassé; se sentir dépassé, débordé; ne savoir que faire. Synon. patauger.Le nouveau comptable nage complètement (Davau-Cohen1972):
7. Une supposition qu'avant d'aller rendre compte à l'inspecteur-chef, je prépare ma conversation mot à mot, demandes et réponses, il y aura un moment où ça ne collera plus, je nagerai. Bernanos,Mauv. rêve,1948, p.983.
3. [Le suj. désigne une pers. ou une partie de son corps] Être (très) au large dans. Les savates dans lesquelles nageaient ses pieds (Triolet,Prem. accroc,1945, p.172).Un jour elle m'a donné une belle robe à traîne mais que je n'ai jamais pu mettre. Je nageais d'dans (Cendrars,Lotiss. ciel,1949, p.38).
II. − Emploi trans.
A. − MAR. Faire avancer un bateau, une embarcation à l'aide de rames. Nos deux canots furent nagés avec la plus grande force, le cap au nord, pour nous éloigner de la passe (Voy. La Pérouse,t.2, 1797, p.170).Une norvégienne se détacha de l'ombre, nagée par quatre hommes (La Varende,Saint-Simon,1955, p.415).
B. − NATATION
1. Pratiquer une forme particulière de nage. Ce jeune garçon, là-bas, près du môle, est en train de nager le crawl (H. Bazin,Vipère,1948, p.161).
2. Parcourir une distance déterminée à la nage. Le 27 octobre 1962, l'Australienne Dawn Fraser nageait le cent mètres en cinquante neuf secondes huit dixièmes (Jeux et sports,1967, p.1303).
Prononc. et Orth.: [naʒe], (il) nage [na:ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. Intrans. 1. ca 1100 «faire avancer un bateau à l'aide de rames, ramer» (Roland, éd. J. Bédier, 2631); ca 1140 «naviguer» (Geoffroi Gaimar, Estoire des Engleis, éd. A. Bell, 493: Dous nefs i ot tuit veirement, Lur veilz drescent cuntre le vent. Tant unt nagied e governez Qu'en Danemarche sunt arivez); ca 1210 (Dolopathos, 372 ds T.-L.: Toz fut li voilles desploiez; Moult par orent bon vant a droit. Tant nagierent a grant esploit C'a Rome furent repairet); 2. fig. a) 1176-81 (Chrétien de Troyes, Chevalier à la charrette, éd. M. Roques, 1570: Molt ai hui bien et droit nagié, Qu'a molt boen port sui arrivez); b) av. 1370 nager entre deux yauues «refuser de s'engager dans une voie, de prendre parti» (Jean le Bel, Chron., éd. J. Viard et E. Déprez, t.1, 1904, p.136), voir G. Roques ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t.20 no1 1982, pp.41-42; 1916 pop. nager «être embarrassé, ne savoir que faire» (d'apr. Esn.); c) ca 1380 nager en grant joie (Jean Lefèvre, La Vieille, 150 ds T.-L.); 1620 (Malherbe, Poésies, XLIV, 27 ds Œuvres, éd. L. Lalanne, t.1, p.157: Les douceurs où je nage...); d) 1588 nager en plus grande eau «jouir d'une situation importante» (Argentré, H. de Bret., fol. 401 vods Gdf. Compl.); e) 1914 pop. savoir nager «savoir se débrouiller» (d'apr. Esn.). B. Trans. ca 1150 «conduire [quelqu'un] en bateau» (Wace, St Nicolas, éd. E.Ronsjö, 382). II. 1. Fin xiies. «se déplacer dans l'eau par des mouvements adéquats» fig. «se maintenir, ne pas sombrer» (Béroul, Tristan, éd. E. Muret4, 3428: Ge oi dire que souef nage Cil qui on sostient le menton; cf. ca 1180 Proverbe au vilain, 148 ds T.-L., s.v. nöer); 2. 1530 «[en parlant d'un inanimé] flotter sur un liquide» (Translat. prem. guerre pun., à la suite de Prem. vol. des grans decades de Tit. Liv., fol. 182b ds Gdf. Compl.); 1552 (Est., s.v. innato: Nager sur l'eaue; flotter); 3. 1552 «baigner dans un liquide» (Est., s.v. nonato: le pavé nageoit tout en vin); 1636 (Monet: les bles nagent an l'eau); 1671 (Pomey: cet homme ... nageoit dans son sang); 4. 1680 «être au large dans quelque chose» (Rich.: son pié nage en son vieux soulié). Du lat. navigare «naviguer, voyager sur mer» (d'où I). Nager a peu à peu supplanté l'a. fr. nöer «nager» (1160-74, Wace, Rou, éd. J. Holden, III, 5238; encore largement att. au xvies., Hug., au propre et au fig.), issu du b. lat. *nŏtare, forme dissimilée du class. natare «nager»; de natare, l'a. prov. nadar (xiiies., Marcoat ds Levy Prov.), l'esp. cat. port. nadar; de *notare, l'a. roum. nota (qui en atteste l'ancienneté), l'ital. nuotare. Cette nouvelle signification de nager (II) a rendu difficile l'emploi courant du verbe dans la signification primitive de «naviguer», d'où l'empr. au lat., de naviguer*. La cause de l'éviction de nöer serait sa collision homon. avec l'a. fr. nöer (< lat. nōdare), v. nouer, W. von Wartburg, Problèmes et méthodes de la linguistique, 2eéd., pp.163-166. La plupart des emplois figurant sous I A 2 sont dans la lang. mod. compris comme dér. du sens II. Fréq. abs. littér.: 1238. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2117, b) 2349; xxes.: a) 1385, b) 1361.
DÉR. 1.
Nagée, subst. fém.a) [Correspond à nager I A] Petit déplacement en bateau à rames. Je faisais des nagées en bateau sur la Tamise (Chateaubr.,Mém.,t.1, 1848, p.519).P. métaph. Courte distance. Je n'étais pas à une nagée du sein de ma mère que déjà les tourmentes m'avaient assailli. J'ai erré de naufrage en naufrage; je sens une malédiction sur ma vie, poids trop pesant pour cette cahute de roseaux (Chateaubr.,Mém.,t.4, 1848, p.170).b) [Correspond à nager I B] Vx. Espace parcouru par le nageur à chaque mouvement simultané des bras et des jambes. Il a traversé ce bras de rivière en vingt nagées (Ac.1835, 1878). [naʒe]. Ac. 1835, 1878 nagée. 1reattest. 1668 «espace parcouru en nageant, à chaque brassée» (La Fontaine, Fables, II, 10); de nager, suff. -ée*.
2.
Nageot(t)er,(Nageoter, Nageotter) verbe intrans.,fam. Nager un peu ou savoir un peu nager. Vous pouvez tout d'même vous mettre à l'eau (...) vous nageotez un tout p'tit brin (Gyp,Le 13e,1894, p.46).Je suis en train de me demander s'il y a assez d'eaux à La Roque pour nageotter (Valéry,Corresp.[avec Gide], 1895, p.242).Elle [la sirène] était restée là, longtemps, nageotant sur place, dans l'eau noire, à regarder le navire et le jeune prince rêvant, accoudé au bastingage (G. Dormann,Le Bateau du courrier,Paris, Éd. du Seuil, 1974, p.142).P. métaph. ou au fig. Sous le feu des mitrailleuses arrière des internationaux, les cinq junkers repartaient vers leurs lignes, le sixième nageotant au-dessus des champs (Malraux,Espoir,1937, p.521). [naʒ ɔte]. 1reattest. 1868 (Littré); de nager, suff. -oter*.
BBG.Becker (K.). Sportanglizismen im modernen Französisch... Meisenheim, 1970, p.26, 322. _ Darm. Vie 1932, p.137, 168. _ Gohin 1903, p.332. _ Rothwell (W.). Sink or Swim?... Z. rom. Philol. 1976, t.92, pp.386-393.

Wiktionnaire

Verbe

nager \na.ʒe\ intransitif (habituellement, mais des emplois transitifs sont néanmoins possibles) 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Se déplacer dans l'eau (pour un être vivant) par le mouvement de certaines parties du corps.
    • […] ; et puis, je me suis un peu détourné de la ligne droite pour aller jeter à la rivière un affreux enfant qui criait : À bas les papistes, vive l’amiral ! Malheureusement, je crois que le drôle savait nager. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IX)
    • Et Le Gonidec saute à l'eau aveuglante. Il nage tant bien que mal, et donne contre une échelle. Il s'y cramponne. — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, volume 6, 1936)
  2. (Transitif) Parcourir en nageant.
    • Un jour, il n'a pas pu faire autrement que de m'acheter cette sacrée mobylette : j'avais nagé le 100 mètres en 1 minute 8 ! — (site www.civismemoria.fr)
  3. Pratiquer, savoir nager (un style de nage).
    • Le problème c'est qu'une grande majorité de personnes nage la brasse en se cambrant et du coup se casse le dos et les reins. — (site www.dutempspourmoi.com)
  4. Flotter.
    • Pourquoy est-ce que l’huile nage sur toutes autres liqueurs excepté sur l’eau de vie: Pour ce qu’elle est grasse, & par consequent aërienne. Car les choses grasses tiennent beaucoup de l’air, & ce qui est aërien est plus leger que ce qui et aqueux […]. — (Scipion Dupleix, La curiosité naturelle rédigée en questions selon l’ordre alphabetique, Lyon : chez Simon Rigaud, 1620, page 125)
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  5. (Par extension) Baigner ; être plongé.
    • Il y baigne dans ses souvenirs du Quartier latin, et nous dans l'odeur de chou. On nous y sert un bortch où de rares légumes nagent dans l'eau chaude et des pirojkis rassis, mais au son des balalaïkas, dans un décor à la Boris Godounov. — (Dominique Jamet, Un petit Parisien: 1941-1945, Flammarion, 2012)
    • (Figuré) Nager dans le sang, être couvert de sang.
    • Ce blessé nageait dans son sang.
  6. (Figuré) Être entouré de…
    • Nager en grande eau, être dans l’abondance, jouir d’une grande fortune, se trouver dans de grandes occasions d’avancer ses affaires.
    • Nager dans l’opulence, jouir de grandes richesses.
    • Nager dans la joie, être rempli de joie.
    • Nager dans les plaisirs, vivre au milieu des plaisirs, s’y abandonner.
  7. (Marine) Ramer ; voguer à la rame ; faire avancer une embarcation à l’aide de rames ou d’avirons.
    • Il résulte de cet acte que la galère de Jean Fournier était à 25 bancs et à 2 rames par banc, employant cent rameurs pour faire la navigation de Gènes à Montpellier, et 116 pour aller de Montpellier à Barcelone. Ces 16 rameurs de supplément ne nageaient pas à un étage inférieur, quand les 100 autres nageaient en haut; les galères de cette époque n'étaient pas à deux étages de rameurs. — (Augustin Jal, Glossaire nautique: Répertoire polyglotte de termes de marine anciens et modernes Paris : Firmin Didot, 1848, volume 2, page 1551)
    • Pour aborder une embarcation : aux commandements de, acoste à bord! tiens bon! mâte! les rameurs cessent de nager et relèvent leurs rames ; […]. — (Guillaume-Louis-Gustave Belèze, Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne, Paris : Hachette, 1882 , volume 2, page 1072)
    • Ce fut-là où pour la ſeconde fois nous nous ſèrvîmes de notre Canot & nageâmes ſi vigoureuſement, qu'en montant cette Rivière nous fimes près de douze lieuës dans l'eſpace de ſix heures., — (Claude Le Beau, Avantures du Sieur Claude Le Beau. Voyage curieux et nouveau parmi les Sauvages de l'Amerique septentrionale, 1738)
  8. Porter un vêtement beaucoup trop ample, d’une taille beaucoup trop grande pour soi.
    • Melrose posa sa canne et déboutonna puis reboutonna le manteau de Bertie, qui nageait dedans. — (Martha Grimes, L’énigme de Rackmoor, traduction en français, Presses de la Cité, 1991, partie IV, chapitre 8)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NAGER. v. intr.
Se soutenir et avancer sur l'eau par le mouvement de certaines parties du corps. Il se dit de l'Homme et des animaux. Apprendre à nager. Il nage comme un poisson. Nager sur le dos. Nager entre deux eaux. Un chien, un cheval qui nage. Fam., Nager comme un chien de plomb, Ne pas savoir nager.

NAGER signifie aussi, en parlant des Choses, Flotter. L'huile nage sur l'eau. Il signifie encore, par extension, Baigner, être plongé. Quelques légumes nageaient dans le bouillon. Par exagération, Nager dans le sang, Être couvert de sang. Ce blessé nageait dans son sang. Fig., Nager en grande eau, Être dans l'abondance, jouir d'une grande fortune, se trouver dans de grandes occasions d'avancer ses affaires. Fig., Nager dans l'opulence, Jouir de grandes richesses. Nager dans la joie, Être rempli de joie. Nager dans les plaisirs, Vivre au milieu des plaisirs, s'y abandonner. Fig. et fam., Nager entre deux eaux, se dit d'une Personne qui, entre deux partis, se conduit de manière à les ménager l'un et l'autre.

NAGER signifie, en termes de Marine et de Sports, Faire avancer une embarcation à l'aide de rames ou d'avirons. Nager de toutes les rames. Nager debout.

Littré (1872-1877)

NAGER (na-jé. Le g prend e devant a et o : je nageais, nageons) v. n.

Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

  • 1Se soutenir et avancer sur l'eau par le mouvement de certaines parties du corps. Nager comme un poisson. Nager sur le dos. Nager entre deux eaux. Tantôt on les eût vus côte à côte nager [deux oiseaux d'eau], Tantôt courir sur l'onde et tantôt se plonger, La Fontaine, Fabl. III, 12. Il nageait quelque peu, mais il fallait de l'aide, La Fontaine, ib. IV, 11. Lorsque vous suivez en nageant le cours de la rivière qui vous conduit, il vous semble qu'il n'y a rien de si doux ni de si paisible ; mais, si vous remontez contre l'eau, c'est alors que vous éprouvez la rapidité de son mouvement, Bossuet, 1er sermon, Pentec. 1.

    Il nage comme une meule de moulin, comme un chien de plomb, se dit d'un homme qui ne sait pas du tout nager.

    Fig. Nager en grande eau, être dans l'opulence, ou être dans les emplois, dans les positions où l'on s'enrichit. Rien n'est tel, comme on dit, que nager en grande eau, Du Cerceau, les Deux cousins, I, 15. Quand j'ai nagé en grande eau, j'ai toujours eu le malheur de m'y noyer, Lesage, Guzm. d'Alfarache, VI, 8.

    Fig. Nager entre deux eaux, se ménager entre deux partis, ne s'attacher à aucun.

    On dit dans le même sens : nager entre deux partis. Ceux qui songent à contenter tout le monde, et nagent comme incertains entre deux partis, Bossuet, Polit. X, IV, 1. La situation de Sedan dans les Ardennes et sur un bord jaloux de frontière mit ces seigneurs en état de nager entre la France et la maison d'Autriche, Saint-Simon, 167, 227.

    Fig. Nager entre les extrémités, être également éloigné des extrêmes. L'on voit peu d'esprits entièrement lourds et stupides ; l'on en voit encore moins qui soient sublimes et transcendants ; le commun des hommes nage entre les deux extrémités, La Bruyère, XI.

    Fig. Nager contre le courant, contre le torrent, résister à l'opinion commune. Il a, je l'avoue, la réputation d'un honnête homme ; mais je vois trop qu'il n'y a point de juge qui le soit assez pour nager contre le torrent et se roidir tout seul contre une cabale puissante, Rousseau J.-B. Lett. à Boutet, 20 juillet 1712.

  • 2 Terme de marine, seulement usité en parlant du maniement des avirons. Ramer pour voguer sur l'eau. Il força, l'épée à la main, l'équipage de sa chaloupe à nager, il vint à la galiote…, Fontenelle, Renau.

    Nager à caler, synonyme de scier.

    Nager sec, remuer les avirons de manière à ne pas faire jaillir l'eau.

    Nager à sec, prendre appui avec ses avirons sur un quai ou un rivage.

    Nager de long, faire parcourir le plus grand espace possible à la pelle de l'aviron.

    Nager sur le fer, empêcher une embarcation de chasser.

    Au sens de ramer, il est actif aussi : nager la chaloupe à bord.

  • 3Flotter sur l'eau, ne point aller au fond, surnager. Le liége nage sur l'eau. L'huile nage sur l'eau.
  • 4 Par extension, être dans un fluide quelconque. Poisson qui nage dans le beurre.
  • 5Flotter d'une façon quelconque. Ces grands corps de lumière… qui nagent, pour ainsi dire, dans ces espaces, Massillon, Carême, Vérité de la religion. Au delà de leurs cours [des astres], et loin dans cet espace, Où la matière nage et que Dieu seul embrasse, Sont des soleils sans nombre et des mondes sans fin, Voltaire, Henr. VII.
  • 6 Fig. Nager dans…, être au milieu de… Les douceurs où je nage ont une violence Qui ne se peut céler, Malherbe, V, 25. Je nage dans la joie, et je tremble de crainte, Corneille, Cid, III, 5. Son cœur nage dans la mollesse, Racine, Esth. II, 9. Elles nagent dans la prospérité, La Bruyère, VI. Nageant dans le reflux des contrariétés, Voltaire, Fanat. IV, 3. Nous nageons dans l'incertitude ; nous avons très peu d'idées claires, Voltaire, Lett. à M***, 1776. Je n'entends parler que de millions [lors du système de Law] ; on dit que tout ce qui était à son aise est dans la misère, et que tout ce qui était dans la mendicité nage dans l'opulence, Voltaire, Lett. en vers et en prose, 9. Couronné de rayons, nageant dans la lumière, Voltaire, Henr. X. Sûre qu'en présentant le mérite à ta vue, Ce monde où tu nageais, qui t'a longtemps déçue, Te paraîtrait bientôt ce qu'il est en effet, Du plus parfait mépris le méprisable objet, Lanoue, Coquette corr. V, 6.
  • 7 Par exagération, nager dans le sang, en être couvert. Le bûcher, par mes soins détruit et renversé, Dans le sang des bourreaux nagera dispersé, Racine, Iph. V, 2. Je me souviendrai toute ma vie d'avoir vu cette tête qui nageait dans le sang, Fénelon, Tél. II.

    Nager dans son sang, être tout couvert de son sang. Ils n'y auront trouvé qu'un corps sans tête nageant dans son sang, Sacy, Judith, XIV, 4.

    Par extension, être rempli de carnage. Tout nage dans le sang, et on ne tombe que sur des corps morts, Bossuet, Anne de Gonz. Déjà l'armée hollandaise avec ses superbes étendards ne lui échappera pas ; tout nage dans le sang, tout est en proie, Bossuet, Louis de Bourbon. Le pays des Velches, dont je suis natif, nagea dans le sang ; mais, dès que ces exécutions étaient faites, la nation se mettait à danser, à chanter, à faire l'amour, à boire et à rire, Voltaire, Dial. 10. Maroc nageait dans le sang quand nous arrivâmes, Voltaire, Candide, 11.

  • 8Il se dit de l'œil, du regard qui devient vague et comme noyé. …Elle fait un effort, Étend les bras, me cherche, ouvre avec peine Des yeux nageant dans l'ombre de la mort, Malfilâtre, Narcisse, ch. III. Adieu, déjà je sens dans un nuage épais Nager mes yeux éteints et fermés pour jamais, Delille, Géorg. IV.
  • 9 Terme de manége. Il se dit du cheval qui jette les pieds en dehors.

    Nager à sec, se dit d'un animal qu'on force, pour le guérir, à marcher sur trois jambes, en lui en liant une.

    Terme de fauconnerie. Nager entre les nuées, se dit du faucon qui plane.

PROVERBE

Le monde est rond ; qui ne sait nager va au fond, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 330.

HISTORIQUE

XIe s. Siglent à fort et nagent et gouvernent, Ch. de Rol. CLXXXVI.

XIIe s. Outre la mer les en ferai nagier, Raoul de Cambrai, 65.

XIIIe s. [Un cul de jatte] Purpensez s'est de un engin, Par quel s'en va par le chemin, Un auget ù il s'est asis, Se trait meïsmes li cheitifs, E en chemin nagge sans flot, Édouard le confesseur, V. 3997. Et si est moult parfont [un fleuve], que grans nes [nefs] y porroient nagier dedens, Marc Pol, p. 451. Li bateaus moult tost s'en revait, Ne voit quil nage, ne quil trait, Partonop. V. 1977. Li marinier qui par mer nage, Cerchant mainte terre sauvage, Tout regarde il à une estoile, la Rose, 7587. Voiz comment elles [les dames] portent leurs mantiaus gentement, Voiz comment elles nagent dessus le pavement, Voiz comme elles se chaucent bien et faitiscement [avec grâce], J. de Meung, Test. 1242.

XVe s. Ils furent onze jours tout pleins en ce batelet ; et s'efforçoient de nager tant qu'ils pouvoient ; mais ils ne pouvoient si loin nager, que tous les jours le vent, qui leur estoit contraire, les ramenoit une fois ou deux, Froissart, I, I, 22. Jean de la Faucille… nageoit entre deux eaux, et se faisoit, à son pouvoir, neutre, Froissart, II, II, 63. Nageant entre les deux, Commines, IV, 4. J'entends de ceulx qui estoient ses subjecis et en son royaulme, car tous les aultres ne nageoient qus soubz le vent de cestuy, Commines, V, I. Il faut que tout paye gabelle à Venise, si on veut nager par ledit golfe, Commines, VIII, 14.

XVIe s. Qui ne sçait nager, il n'est pas en peril pour son ennemy sculement, mais pour le peril de l'eaue ; et pour tout il est convenable d'aprendre soy et son cheval à noer [nager], Rozier histor. I, 6. Il fault bien qu'il naige, qui est soutenu par le menton, Palsgrave, p. 451. Il n'est nager qu'en grant eau, Cotgrave Il ne faut apprendre aux poissons à nager, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

NAGER. - HIST. Ajoutez :

XIVe s. Ainsy vouloit le dit due de Brabant nager entre deux yawes, J. le Bel, Vrayes chroniques, t. I, p. 136.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

NAGER, v. n. l’art ou l’action de nager consiste à soutenir le corps vers la surface de l’eau, & à s’avancer ou faire du chemin dans l’eau par le mouvement des bras & des jambes, &c. Voyez Animal.

L’homme est le seul des animaux qui apprenne à nager ; beaucoup d’autres animaux nagent naturellement ; mais un grand nombre d’animaux ne nagent point du tout.

Chez les anciens Grecs & Romains, l’art de nager faisoit une partie si essentielle de l’éducation de la jeunesse, qu’en parlant d’un homme ignorant, grossier, & mal élevé, ils avoient coutume de dire proverbialement, qu’il n’avoit appris ni à lire ni à nager.

A l’égard des poissons, c’est leur queue qui contribue le plus à les faire nager, & non pas leurs nageoires, comme on se l’imagine assez généralement ; c’est pour cette raison que la nature leur a donné plus de force & plus de muscles dans cette partie que dans toutes les autres, tandis que nous remarquons le contraire dans tous les autres animaux, dont les parties motrices sont toujours les plus fortes, comme les cuisses dans l’homme, pour le faire marcher ; les muscles pectoraux dans les oiseaux pour les faire voler, &c. Voyez Marche, Vol, &c.

La maniere dont les poissons s’avancent dans l’eau est parfaitement bien expliquée dans Borelli, de motu animal. part. I. chap. xxiij. ils ne se servent de leurs nageoires que pour tenir leurs corps en balance & en équilibre, & pour empêcher qu’il ne vacille en nageant. Voyez & Queue.

M. Thevenot a publié un livre curieux intitulé, l’art de nager, démontré par figures. Et avant lui Everard Digby, anglois, & Nicolas Winman, allemand, avoient deja donné les regles de cet art. Thevenot n’a fait, pour ainsi dire, que copier ces deux auteurs ; mais s’il se fût donné la peine de lire le traité de Borelli, avec la moitié de l’application qu’il a lu les deux autres, il n’auroit pas soutenu, comme il l’a fait, que l’homme nageroit naturellement, comme les autres animaux, s’il n’en étoit empêché par la peur qui augmente le danger.

Nous avons plusieurs expériences qui détruisent ce sentiment : en effet, que l’on jette dans l’eau quelque bête qui vient de naître, elle nagera ; que l’on y jette un enfant qui ne puisse point encore être susceptible de peur, il ne nagera point ; & il ira droit au fond. La raison en est que la structure & la configuration de la machine du corps humain sont très-différentes de celles des bêtes brutes, & sur-tout, ce qui est fort extraordinaire, par rapport à la situation du centre de sa gravité. Dans l’homme c’est la tête qui est d’une pesanteur excessive, eu égard à la pesanteur du reste de son corps, ce qui vient de ce que sa tête est garnie d’une quantité considérable de cervelle, & que toute sa masse est composée d’os, & de parties charnues, sans qu’il y ait des cavités remplies de la seule substance de l’air : de sorte que la tête de l’homme s’enfonçant par sa propre gravité dans l’eau, celle-ci ne tarde gueres à remplir le nez & les oreilles, & que le fort ou le pesant emportant le foible ou le leger, l’homme se noie, & périt en peu de tems.

Mais dans les bêtes brutes, comme leur tête ne renferme que très-peu de cervelle, & que d’ailleurs il s’y trouve beaucoup de sinus, ou cavités pleines d’air, sa pesanteur n’est pas proportionnée au reste de leurs corps, de sorte qu’elles n’ont aucune peine à soutenir le nez au-dessus de l’eau, & que suivant les principes de la statique pouvant ainsi respirer librement, elles ne courent aucun risque de se noyer.

En effet, l’art de nager, qui ne s’acquiert que par l’expérience & par l’exercice, consiste principalement dans l’adresse de tenir la tête hors de l’eau, de sorte que le nez & la bouche étant en liberté l’homme respire à son aise, le mouvement & l’extension de ses piés & de ses mains lui suffisent pour le soutenir vers la surface de l’eau, & il s’en sert comme de rames pour conduire son corps. Il suffit même qu’il fasse le plus petit mouvement, car le corps de l’homme est à-peu-près de la même pesanteur qu’un égal volume d’eau, d’où il s’ensuit par les principes de l’hydrostatique que le corps de l’homme est déja presque de lui-même en équilibre avec l’eau, & qu’il ne faut que peu de forces pour le soutenir.

M. Bazin, correspondant de l’académie royale des Sciences de Paris, a fait imprimer il y a quelques années à Strasbourg un petit ouvrage dans lequel il examine pourquoi les bêtes nagent naturellement, & pourquoi au contraire l’homme est obligé d’en chercher les moyens. Il en donne des raisons prises dans la différente structure du corps de l’homme & de celui des animaux, mais ces raisons sont différentes de celles que nous avons apportées ci-dessus. Selon lui les bêtes nagent naturellement parce que le mouvement naturel qu’elles font pour sortir de l’eau quand elles y sont jettées, est un mouvement propre par lui-même à les y soutenir : en effet, un animal à quatre piés qui nage est dans la même situation, & fait les mêmes mouvemens que quand il marche sur la terre ferme. Il n’en est pas de même de l’homme ; l’effort qu’il feroit pour marcher dans l’eau, en conservant la même situation que quand il marche naturellement, ne serviroit qu’à le faire enfoncer, ainsi l’art de nager ne lui peut être naturel.

Nager, l’action de nager, (Médecine.) il y a peu de maladies chroniques dans lesquelles la nage soit bienfaisante, aussi l’ordonne-t-on rarement ; on prend cet exercice seulement en été ; il maigrit les personnes pléthoriques, facilite la transpiration, échauffe, attenue, & rend ceux qui y sont accoutumés moins sensibles aux injures de l’air, la nage ou le bain dans la mer est salutaire à ceux qui sont attaqués d’hydropisie, de gales, de maladies inflammatoires, d’exanthemes, d’élephanthiasis, de fluxion sur les jambes, ou sur quelqu’autre partie du corps.

La nage, soit dans l’eau douce, soit dans l’eau salée, qui est trop fraîche, porte à la tête ; & si on y demeure trop longtems, sa fraicheur attaque les nerfs.

La nage dans l’eau naturellement chaude peut être aussi préjudiciable, cependant bien des gens s’y exposent sans en être endommagés.

La nage se faisoit anciennement en se précautionnant & se préparant contre tous les accidens, soit par les onctions, soit par les frictions, & en se précipitant de quelque lieu élevé. Oribase, liv. VI. ch.xxvij.

La nage a les mêmes avantages les & mêmes inconveniens que le bain, ainsi on peut la considérer comme un exercice ; car on s’y donne de grands mouvemens qui sont fort salutaires. Voyez Gymnase & Gymnastique. Quant à son avantage comme bain, voyez Bain. C’est la meilleure façon de se laver & nettoyer le corps quand on peut la supporter.

Nager à sec, (Maréchall.) opération que les Maréchaux ont inventée pour les chevaux qui ont eu un effort d’épaule ; elle consiste à attacher la jambe saine en faisant joindre le pié au coude, au moyen d’une longe qu’ils passent par-dessous le garot, & dans cet état ils contraignent le cheval à marcher à trois jambes, & par conséquent à faire de nouveaux efforts sur la jambe malade, sous prétexte que par ce moyen il s’échauffe l’épaule, & qu’ainsi les remedes pénetrent plus avant les pores étant plus ouverts ; mais il est aisé de voir que cet expédient ne fait qu’irriter la partie, augmenter la douleur, & rendre par conséquent le mal plus considérable qu’il n’étoit.

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Étymologie de « nager »

De l’ancien français nagier.
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De l’ancien français nagier « naviguer, ramer », issu du latin nāvigāre ; il a progressivement éliminé l’ancien français noer « nager », du latin populaire *notare, altération du latin classique natare (même sens).
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Hainaut, nanger ; picard, nanger, langer, larger. On le tire du latin navigare, naviguer. Il est certain qu'un des sens primitifs de nager est naviguer ; cela doit faire passer sur la difficulté de tirer nager ou nagier de navigare ; le provençal dit naveiar, le français devrait avoir une forme analogue : naveier. Du sens d'un vaisseau qui navigue, flotte sur l'eau, à celui d'un homme qui nage, le passage est facile. Le vieux français avait aussi neer, naviguer : XIIe s. Cil vait par haute mer neant, Grég. le Grand, p. 26. Neer vient de natare. Il avait aussi nouer, qui vient également de natare, mais par une forte altération de la voyelle.

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Phonétique du mot « nager »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
nager naʒe

Citations contenant le mot « nager »

  • Pour bien nager, un joli caleçon de bain ne vaudra jamais une étendue d'eau. De Léo Campion
  • Celui qui veut nager dans l'océan de vérité, doit se réduire à zéro. De Gandhi / Le Jeune Inde
  • Pour remonter à la source, il faut nager à contre-courant. De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • Quand on est à l’eau, il faut nager. De Proverbe québécois
  • Il est bon de nager près du bateau. De Proverbe allemand
  • Je sens nager les vers dans mon cerveau mouillé. De Arthur Cravan / VVV - Juin 1942
  • Dans la maison du marin les enfants savent nager. De Proverbe chinois
  • Il est facile de nager quand on vous tient le menton. De Proverbe français
  • On ne peut pas souffler contre le vent ni nager contre l'eau. De Proverbe lituanien
  • N'essayez pas de noyer vos chagrins : ils savent nager. De Albert Willemetz
  • Je sais nager juste assez pour me retenir de sauver les autres. De Jules Renard
  • Tu noies tes chagrins dans l’alcool ? Méfie-toi, ils savent nager. De Yves Mirande
  • Dieu ne va jamais au secours que des gens qui savent nager. De Achille Chavée / Décoctions
  • La nature apprend à l’homme à nager lorsqu’elle fait couler son bateau. De Saït Faïk Abasiyanik / Un point sur la carte
  • Jérôme Bourdillon est un aventurier tiraillé entre la fierté et la déception. « Nous avons été jusqu’où on pouvait. » A la barre de son voilier de douze mètres, ce Brestois de 32 ans a réalisé son rêve : nager avec des requins. Mais son ambition d’évoluer sans cage auprès du grand requin blanc n’a pas pu être assouvie. « Nous n’avons pas eu l’autorisation. Depuis quelques années, même les scientifiques ont du mal à y aller. La nage avec les requins est très lucrative pour certains pays. Ils ne veulent pas prendre le risque de voir des gens y aller en dehors des circuits traditionnels », explique celui qui a imaginé l’aventure Lords of the Ocean. , Quatre Français nagent avec les requins les plus dangereux du monde pour changer leur image
  • Pour permettre aux enfants d’apprendre à se débrouiller les pieds dans l’eau, plusieurs écoles de Saint-Dizier avaient transmis une liste des enfants éprouvant le plus de difficultés à nager. L’objectif était d’entrer en sixième en sachant nager. Ce sont donc trois groupes de 5 enfants bragards qui ont pu profiter de deux semaines de stages, pendant lesquelles ils allaient nager du lundi au vendredi avec leur maître nageur, Amar Arslane. Une mesure qui a permis à ce dernier de suivre individuellement les enfants pour garantir leurs progrès. “Avec des petits groupes en raison du Covid-19, j’ai pu mieux me concentrer sur eux“, affirme-t-il. Puissance Télévision, Saint-Dizier : Un stage gratuit pour apprendre à nager - Puissance Télévision
  • L’été est là, vous partez en famille en mer, en rivière, ou dans un lieu abritant une piscine et votre enfant ne sait pas encore nager ? Pas de panique, en guise d’expert, un maître nageur sauveteur -MNS- détenteur du brevet d’éducateur sportif des activités de la natation (MNS-BEESAN)- vous livre tous les bons conseils :  , Dossier sur la prévention. 1/ familiariser les enfants à l'eau et leur apprendre à nager | Métropolitain
  • Mais, comment peut-on nager dans Animal Crossing: New Horizons? Pèse sur Start vous a préparé un petit guide facile à suivre pour faire « sploush » dans l'eau. Pèse sur start, Comment nager dans Animal Crossing: New Horizons | Pèse sur start
  • Nicolas Garçon, moniteur de natation, vient de  lancer son école sur une ligne d’eau installée plage du Moutchic. Le site est idéal pour apprendre à nagerSudOuest.fr, Vidéo. Lacanau : une école dans le lac pour apprendre à nager
  • Le département de la Dordogne a reconduit l'opération "J'apprends à nager". L'objectif : apprendre à tous une nage "sécuritaire". Les cours, gratuits, sont dispensés dans les étangs des environs.  France 3 Nouvelle-Aquitaine, En Dordogne, les enfants apprennent à nager gratuitement pendant l'été

Images d'illustration du mot « nager »

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Traductions du mot « nager »

Langue Traduction
Anglais to swim
Espagnol nadar
Italien nuotare
Allemand schwimmen
Chinois 游泳
Arabe للسباحة
Portugais nadar
Russe плавать
Japonais 泳ぐ
Basque igeri
Corse natà
Source : Google Translate API

Synonymes de « nager »

Source : synonymes de nager sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « nager »

Nager

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