Mouton : définition de mouton


Mouton : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

MOUTON, subst. masc.

A.− ZOOL. Mammifère ruminant domestique de la famille des Ovinés dont le mâle porte des cornes, de taille moyenne, à l'épaisse toison laineuse, élevé en troupeau pour sa chair, son cuir, sa laine et son lait, dont on tire en outre certains sous-produits : lanoline, graisse. Plus gén. Les moutons. Béliers, brebis et agneaux dans un troupeau. On m'a donné une côtelette de mouton aujourd'hui, belle, saine, grosse, impossible d'y faire entrer le couteau (Barrès, Cahiers,t. 3, 1904, p. 195).De là, m'a-t-on dit, quatre à cinq mille moutons venaient de monter le matin même vers les hauts plateaux, au bruit des coups de sifflets jetés aux chiens, mais il n'en restait que des vestiges (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 24):
1. La nature, bizarre parfois, n'a pas voulu donner à la France le monopole du mouton; elle a même placé le mérinos en Espagne. Or, partout où broute le mouton, on peut être sûr de trouver la laine, la laine longue, la laine courte, peu importe. Reybaud, J. Paturot,1842, p. 234.
SYNT. Mouton noir, blanc; mouton de pré-salé, des Ardennes; mouton d'Astrakan, mouton mérinos; bascule à mouton; bêlement, piétinement de moutons; élever, garder les moutons; éleveur de moutons; élevage, hivernage, transhumance des moutons; pacage, parc à moutons; faire paître, rassembler, rentrer, parquer les moutons; tonte des moutons; tondeur de moutons; tondre les moutons; troupeau de moutons; graisse, suint de mouton; peau, toison de mouton; égorger le mouton; cervelle, gigot, épaule, selle de mouton; ragoût, haricot, pièce de mouton; pied, queue de mouton.
En partic. Mâle châtré élevé pour sa chair par opposition au bélier reproducteur. Dessine-moi un mouton. Alors j'ai dessiné. Il regarda attentivement, puis : − Non! Celui-là est déjà très malade. Fais-en un autre (...). Mon ami sourit gentiment, avec indulgence : − Tu vois bien... ce n'est pas un mouton, c'est un bélier. Il a des cornes (Saint-Exup., Pt Prince,1943, p. 416).
Emploi adj., rare, plais. Relatif au mouton, qui concerne le mouton. Synon. ovin.Regardez cet homme qui mange une côtelette, comme il défait l'architecture moutonne au profit de la sienne propre (Alain, Propos,1934, p. 1214).
Loc., p. compar.
Frisé comme un mouton. Un jeune prestolet de vicaire très-remuant et frisé comme un mouton (Theuriet, Mar. Gérard,1875, p. 35).Ainsi, quand j'ai tiré au sort, je me rappelle, je m'étais fait friser, tout le monde disait : « Un vrai mouton! » (Arland, Ordre,1929, p. 37).
Doux comme un mouton. Aussi l'enfant (...) offrait-il en lui la réunion des qualités qui rendent la jeunesse si belle : sage et affectueux, un peu honteux, mais plein d'ardeur, doux comme un mouton, mais courageux au travail (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 74).Et Zola, doux comme un mouton, a pris place à côté de son blagueur et a été aimable mélancoliquement, très aimable... (Goncourt, Journal,1882, p. 154).
Se laisser égorger comme un mouton. Il n'eut pas le temps de réfléchir. Il aperçut le meurtre dans les yeux de l'autre; et le meurtre s'éveilla en lui. Il vit qu'il allait être égorgé comme un mouton (Rolland, J.-Chr.,Buisson ard., 1911, p. 1325).P. métaph. Oh! Nous le savons, votre empire rêve l'humiliation de l'Église. Mais nous sommes là, nous ne nous laisserons pas égorger comme des moutons (Zola, E. Rougon,1876, p. 83).
Suivre comme un (des) mouton(s). C'étaient deux grands diables athlétiques et bonasses, qui suivaient, comme des moutons, un ou deux risque-tout et tâchaient de les imiter (Rolland, J.-Chr.,Révolte, 1907, p. 615).
B.− P. méton.
1. Viande de mouton dans le commerce de la boucherie et plus gén. viande d'agneau (la viande de mouton, de bélier ou de brebis ayant un goût plus prononcé). Haricot* de mouton. J'ai mangé par jour dix livres de mouton (Goncourt, Journal,1863, p. 1355).
2. Peau de mouton servant à fabriquer des pièces de vêtement, la toison laineuse (mouton lainé) pouvant servir de doublure (mouton retourné) ou mise à l'extérieur et travaillée comme une fourrure. Mouton doré. Nos élégans montent encore à cheval avec la redingotte bleue doublée et à collet en mouton d'Astracan, à poil noir et frisé (Obs. modes,25 mars 1821, vii, p. 136).Un troisième, haut et maigre, dans un habit incolore fourré de mouton, toucha la poitrine de la nourrice avec sa main hérissée de poils roux (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 140).
3. Cuir de mouton tanné utilisé en maroquinerie et en reliure. Dans ma jeunesse, on donnait, pour tout cadeau du jour de l'an, des étrennes mignonnes, dont quelques gravures grossières et une reliûre de mouton rouge étaient les seuls ornemens (Jouy, Hermite,t. 1, 1811, p. 304).
4. NUMISM. Mouton d'or. Monnaie d'or frappée d'une figure d'agneau en cours au Moyen Âge. Synon. agnel.Mouton à la grande, à la petite laine. Il alla donc au grand coffre où son or était renfermé (...) − Oh! petits agnels (...) oh! mes chers agnelets, oh! mes beaux et précieux moutons d'or à la grande laine (A. France, Mir. pie,1908, p. 42).
5. Arg. Matelas. ,,Mettre son mouton au clou`` (Delvau1866, p. 264). ,,Porter son matelas au Mont-de-Piété`` (Delvau 1866, p. 264).
C.− P. anal.
1. Gén. au plur.
a) Vague courte frangée d'écume apparaissant par vent léger. Lorsque j'ai vu au loin cet horizon d'eau et le mouvement des moutons d'écume, j'ai retrouvé la même émotion (Alain, Propos,1907, p. 15).
b) Nuage floconneux aux contours arrondis. Le ciel, d'un bleu cru de lessive, se tachait de shrapnells dont le troupeau blanc s'amassait, pareils à ces moutons floconneux d'été qui présagent le beau temps (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 187).
c) Fam. Petit amas de poussière en forme de boule laineuse s'assemblant généralement sous les meubles. Synon. minon.Je veux une maison impeccable. Pourtant je ne suis pas une maniaque de la propreté. Certes je n'admets pas de moutons sous les lits (M. Tournier, Le Coq de bruyère,Paris, Gallimard, 1978, p. 222).
d) BOT. Pied* de mouton.
2. TECHNOLOGIE
a) MÉCAN., MÉTALL.
α) Masse de fer, de fonte ou de bois armé, utilisée en chute libre, servant à enfoncer des pieux, à effectuer des essais de choc sur des matériaux. Un mouton est une machine déformant par le choc, dans laquelle la masse est relevée par une corde ou une courroie (Gorgeu, Machines-outils,1928, p. 317).
β) Armature de bois engagée dans les anses d'une cloche pour la suspendre. Sa partie supérieure [de la cloche] fermée que recouvre la calotte et à laquelle sont fixés, en dedans, l'anneau qui porte le battant mobile, en dehors, les anses, disposées en couronne, par où passe la partie de la charpente appelée mouton (Brenet, Dict. prat. et hist. mus.,1926, p. 87).
b) MAR. Cap de mouton. V. cap1C.
3. JEUX, SPORTS
a) Bille utilisée au jeu de bonneteau ou de calot. [Le jeu de calot] se compose de trois quilles creuses, sous l'une desquelles le teneur place une petite boule appelée le mouton (Hogier-Grison, Monde où l'on triche,1resérie, 1886, p. 205).
b) ,,Billot de bois capitonné et recouvert de cuir, utilisé en salle de gymnastique`` (Kamen. 1972). En partic. Saut de mouton. Figure de gymnastique exécutée sur cet appui. Les sauts à cloche-pied avec ou sans détente du bras opposé; − Et enfin, les différentes formes de sauts de mouton (R. Vuillemin, Éduc. phys.,1941, p. 45).
c) Jeu de saute-mouton*.
4. Vx. Machine de guerre. Synon. bélier (Bach.-Dez. 1882).
D.− P. anal. et p. compar.
1. Personne dont le visage rappelle la tête du mouton, aux traits doux ou insignifiants. Auguste, le grand, celui qui a une figure de mouton malade, est le fils aîné du propriétaire (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 48):
2. Ils grouillaient, ces quais, sous le soleil blanc, de loqueteux, vêtus de toisons sales (...). Beaucoup avaient des faces de moutons, longues, sans lèvres, où somnolaient des yeux jaunes et bons. Vercel, Cap. Conan,1934, p. 72.
Emploi adj. [En parlant d'une pers., de ses attributs physiques] Qui a l'aspect, les traits du mouton. Ses traits sont tirés; sa douce figure mouton est marquée de taches de rousseur (Rolland, J.-Chr.,Aube, 1904, p. 3).Serge aurait dû choisir une fille moins belle (...) affligée d'yeux de faïence et d'une indéfrisable mouton (H. Bazin, Lève-toi,1952, p. 232).
2. Personne docile, impressionnable, se laissant facilement conduire, berner ou déposséder. Ce n'était donc plus lui qui importait, mais seulement de savoir quand... les moutons réunis là et qui venaient de bêler d'aise en écoutant ses paroles délavées, recevraient la nouvelle qu'une balle avait mis fin à cette faconde, à cette volonté (Vialar, Hallali,1953, p. 50):
3. L'autre rigolait doucement : « Prolétaire? Mouton, oui, mouton, comme les autres. On vous tond, vous tendez le dos, et vous dites merci. De temps en temps, on vous mène paître, et ça s'appelle manifester. La connerie. Alors allez-y l'écouter, votre Jaurès de mes deux... » Aragon, Beaux quart.,1936, p. 324.
En partic. Personne, enfant pris comme symbole, ou exemple d'innocence ou de douceur. Anna : Et moi, je n'ai point besoin de berger pour autant que je tiens entre mes bras ce petit mouton. Tobie le Vieux : Comment donc le retiendras-tu, puisque tu ne sais même pas son nom? Anna : Je ne sais pas son nom? Est-ce que son nom n'est pas Tobie, qui est le fils de Tobie? (Claudel, Tobie et Sara,1940, i, 5, p. 1236).
Mouton enragé. Personne habituellement pacifique se mettant subitement dans une grande colère. Capable d'acheter d'une livre de sa chair la sauvegarde de sa tranquillité, il avait des révoltes de mouton enragé le jour où une main téméraire tentait de la venir pourchasser jusqu'en ses derniers retranchements (Courteline, Ronds-de-cuir,1893, 4etabl., iii, p. 151).
Littér. [P. allus. à la fable de La Fontaine : Le Loup et l'agneau] En affaires, je tiens plus du loup que du mouton, je vous en préviens charitablement (Fabre, Courbezon,1862, p. 373).Est-ce que vous croyez que nous vous aimons, vous! Nous vassaux, vous les rois! Nous moutons, vous les loups? (Hugo, Légende,t. 6, 1883, p. 299):
4. J'ai en horreur (...) tous ces parcs à moutons, qui ont besoin de se serrer les uns contre les autres, afin de bêler ensemble. Va leur dire de ma part à ces moutons; je suis un loup, j'ai des dents, je ne suis pas fait pour paître! Rolland, J.-Chr.,Révolte, 1907, p. 450.
Emploi adj.
Qui a un comportement doux, docile. Quant à la tante, que la tante existât, et qu'elle pût avoir un avis, il n'y avait pas même songé, et, toute moutonne qu'elle était, ceci l'avait froissée (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 618).
Moutonnier. Elle a beaucoup de douceur dans le caractère et, par habitude moutonne, rien ne fait plus d'effet sur les sots épouseurs (Stendhal, Amour,1822, p. 200).Les Espagnols sont moins moutons que les Français, ils ont plus d'initiative, et, ce qui est un grand point, plus d'habitude du gouvernement municipal (Mérimée, Lettres Ctessede Montijo,t. 2, 1868, p. 353).
3. Loc. et expr.
[P. allus à un épisode du Quart Livre, chap. 5, 6, 7, de Rabelais] Mouton(s) de Panurge. Personne(s) influençable(s) se laissant mener avec les autres sans réfléchir. Et ce dernier coup de théâtre, adroitement ménagé, a entraîné les innocents, les candides, les moutons de Panurge, ceux qui sans le savoir font toutes les majorités (Scribe, Camaraderie,1837, iii, 4, p. 298).Chose curieuse que cet homme qui avait beaucoup lu, beaucoup voyagé, fait différents métiers, et montré partout une personnalité énergique, fût devenu en musique un mouton de Panurge (Rolland, J.-Chr.,Révolte, 1907, p. 445).
[P. allus. à la Farce de Maître Pathelin] Revenir, retourner à ses moutons. Reprendre le sujet initial après une digression. Chacun s'occupe de ses affaires, de sa fortune, de ses plaisirs, de sa vie enfin (...). Mais qui donc pense? Qui donc? Personne! Oh! Je m'emballe! Pardon. Je retourne à mes moutons (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Homme de mars, 1889, p. 1179).La preuve en est − je reviens à mes moutons − que Barrès ne t'a pas troublé. Et pourquoi? Justement parce que ton tempérament diffère du mien en ce point (Rivière, Corresp.[avec Alain-Fournier], 1905, p. 94).
Mouton à cinq pattes. Chose anormale, exceptionnelle. Vous savez bien, Cécile, ce que cette invitation signifie. Ce que veulent voir ces gens, ce n'est probablement pas moi qu'ils ne connaissent pas encore, c'est le mouton à cinq pattes (Duhamel, Cécile,1938, p. 126).
Compter les moutons. Compter mentalement des moutons ou une quelconque suite monotone pour tenter de trouver le sommeil. Demain n'arrive que dans les contes. Ferme les yeux. Compte des moutons. Un mouton, deux moutons, trois moutons. Tu les vois s'enfoncer dans la barrière blanche? (Audiberti, Mal court,1947, i, p. 134).
4. Arg. Compagnon de cellule placé auprès d'un détenu pour capter sa confiance et recevoir ses confidences et ses aveux. Mais il ne permit au soi-disant ecclésiastique de communiquer avec le condamné à mort qu'au moment où Bibi-Lupin, admirablement déguisé en gendarme, eut remplacé le mouton qui surveillait le jeune Corse (Balzac, Splend, et mis.,1847, p. 562):
5. ... hors deux détenus qu'on y avait mis, récemment transférés du Luxembourg à la Conciergerie, et qu'on suspectait d'être des « moutons », c'est-à-dire des espions, les citoyens Navette et Bellier, il ne s'y trouvait que d'honnêtes gens, qui se témoignaient une confiance réciproque. A. France, Dieux ont soif,1912, p. 243.
P. ext. Espion. Je ne veux pas faire le mouton. On a des manières, nous autres. Un intellectuel anarchiste n'accepte pas n'importe quelle besogne (Sartre, Mains sales,1948, 2etabl., 4, p. 54).
REM.1.
Moutonne, subst. fém.,région. (Canada). ,,Brebis propre à la fécondation`` (Canada 1930).
2.
Moutonnement, adv.Comme des moutons, à la manière des moutons. Ainsi vont les chefs de parti, suivant moutonnement les foules qu'ils prétendent conduire (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 188).
3.
Mouton-pendule, subst. masc.,,Appareil servant à faire subir à un matériau des chocs répétés, jusqu'à ce qu'on observe altération, déformation ou rupture`` (Rama 1973).
Prononc. et Orth. : [mutɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Subst. A. 1. a) 1remoitié du xiies. « bélier » (Psautier Oxford, 64, 14 ds T.-L. : li multum des oëilles); b) 1155 « bélier, élevé pour la boucherie » (Wace, Brut, 8519, ibid. : li liuns ... Ocist mutuns, ocist berbiz); c) α) ca 1480 revenons a noz moutons (Guillaume Coquillart, Monologue Coquillart, 154 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 280); β) fin du xves. jamais saige Ne va serchant les cinq piez de mouton (H. Baude, Débat de la Dame et de l'Escuyer ds Recueil de poésies françaises, éd. A. de Montaiglon, t. 4, p. 155); 2. ca 1223 « viande de mouton » (Gautier de Coinci, II Ch. 9, éd. V. F. Koenig, 2944 : poree au mouton); 3. a) 1260 « cuir de mouton » (Étienne Boileau, Métiers, 221 ds T.-L.); b) 1821 « peau de mouton travaillée comme une fourrure » (Obs. modes, 25 mars, VII, 136 : collet en mouton d'Astracan). B. 1. a) α) 1155 « bélier, machine de guerre pour enfoncer les portes et abattre les murailles » (Wace, Brut, 3035 ds T.-L. : Perrieres, troies e multons, E engiens de plusurs façons Firent faire e al mur hurter Pur le mur fraindre e enfondrer); β) 1490 « lourde masse de fer, gros billot de bois armé de fer dont on se sert pour enfoncer des pilotis, des pieux » (Doc. ds Gdf. Compl.); γ) 1573 mar. cap de mouton, v. cap1; δ) 1690 « pièce de bois dans laquelle on engage les anses d'une cloche pour les suspendre » (Fur.); b) α) 1694 plur. « petite vague crêtée d'écume » (Ac.); β) 1807 « petit nuage » (Michel, p. 11). 2. a) α) 1566 « personne crédule, facile à mener et à duper » (H. Estienne, Apologie pour Hérodote, éd. P. Ristelhuber, t. 1, p. 66); β) av. 1778 moutons de Panurge (Voltaire ds Lar. 19e); b) α) 1611 « personne simple, d'humeur douce » (Cotgr.); β) 1803 mouton enragé (Chênedollé, Journal, p. 15); c) 1769 « faux détenu, chargé de confesser un inculpé dont il partage la cellule » (d'apr. Esn.). II. Adj. 1. 1493 [éd.] « qui est de la nature du mouton (d'une personne) » (Martial d'Auvergne, Vigil. de Charles VII ds Gdf. Compl.); 2. 1763 [éd.] « doux, malléable » (Piron, L'école des pères, III, 5, p. 70 : âme tendre et moutonne). Le mot lat. correspondant était ovis, d'abord « mouton (terme générique) » puis aussi « brebis » (car le troupeau antique se composait essentiellement de brebis, étant donné qu'on sacrifiait les mâles en bas âge); il s'opposait à vervex « mâle châtré » et à aries « bélier » (cf. le roum. qui a conservé les sens lat.). Le système paraît avoir été désorganisé par la ressemblance formelle avec ovum ( œuf*) qui a amené la disparition d'ovis (sauf en roum.) et son remplacement par plusieurs substituts. Au sens de « brebis » on a eu recours à ovicula (v. ouaille) ainsi qu'à feta « animal qui a mis bas » et même à pecora (v. pécore), plur. de pecus « bétail ». Au sens de « mouton (terme générique) », le gallo-rom. a utilisé le lat. vervex à partir du ves. (sens conservé dans le Nord) très tôt concurrencé par un mot gaul. *multo (que l'on peut déduire de l'a. irl. molt, kymr. mollt, bret. maout « mâle châtré destiné à la boucherie ») qui avait semble-t-il à l'origine le sens de « mâle châtré » qui était précisément l'anc. sens de vervex, mais qui en vint à désigner d'une part (dès le ixes.) le « bélier » (sens conservé dans l'Ouest et le Midi; cf. aussi l'ital. montone) et d'autre part par le « mouton (terme générique) », au détriment de vervex qui prit à son tour le sens de « brebis » (au ixes.) où il a peu à peu évincé ouaille du moins dans les parlers septentrionaux. La loc. revenons à nos moutons, vient d'une allus. littér. à une scène de la Farce de Maistre Pierre Pathelin, de 1464, où le juge pour ramener les plaideurs à leur affaire « les moutons volés », s'exclame : Sus! revenons à ces moutons (éd. R. T. Holbrook, VIII, 1291). De même, moutons de Panurge, p. allus. littér. à un épisode, de 1552, du Quart Livre de Rabelais (éd. R. Marichal, pp. 61-64). Pour le sens de « machine de guerre pour enfoncer les portes et abattre les murs », cf. le lat. aries et le fr. bélier (v. A. Schultz, Das höfische Leben, t. 2, p. 409). Voir W. von Wartburg, Zur Benennung des Schafes in den romanischen Sprachen, 1918 et FEW t. 6, 3, pp. 205b-209b. Fréq. abs. littér. : 1 768. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 182, b) 3 119; xxes. : a) 2 904, b) 2 237.
DÉR.
Moutonnage, subst. masc.a) Vx. ,,Droit prélevé sur ceux qui achetaient du bétail et plus particulièrement des moutons sur le territoire de la seigneurie`` (Fén. 1970). b) Arg. Action d'obtenir les aveux d'un criminel en captant sa confiance (supra D 4). M. Chaix d'Est-Ange, dans le procès de Donon-Cadot, a flétri énergiquement le moutonnage, après l'avoir fait connaître dans tout ce qu'il a d'odieux (Intérieur des prisons,1846, p. 7).c) Mécan. ,,Action d'un mouton sur un pieu ou sur un tubage pour l'enfoncer en terre`` (Lar. encyclop.). [mutɔna:ʒ]. 1resattest. a) 1247 motonage « droit seigneurial sur les moutons » (Estout de Goz, Vilains de Verson, v. 175 ds Gdf.), b) 1797 « action d'obtenir les confidences d'un inculpé en captant sa confiance » (d'apr. Esn.), c) 1953 ,,action du mouton sur un pieu ou sur un tubage pour l'enfoncer en terre`` (Lar. 20eSuppl.); de mouton, a au sens propre, b comme terme d'arg.; suff. -age*.
BBG. − Brinkmann (F.). Metapherstudien. Arch. St. n. Spr. 1876, t. 56, p. 351, 352, 363, 367, 557. − Duchác̆ek (O.). Les Microstructures lex. In : Congrès Internat. de Ling. et Philol. Rom. 13. 1971. Québec, 1976, t. 1, pp. 581-584. − Eringa (P.). Interlingual equivalence of lexical semantic correlations. Folia Ling. 1977, t. 11, pp. 87-88. − Quem. DDL t. 19, 22.

Mouton : définition du Wiktionnaire

Nom commun

mouton \mu.tɔ̃\ masculin (pour la femelle on dit : brebis)

  1. Mammifère herbivore de la famille des ovidés, à poils laineux et frisés.
    • Il ne voulait pas lâcher son mouton, mais les bêlements semblaient s’éloigner et la maudite bête tirait sur sa corde et refusait de pénétrer dans le fourré. — (Charles Deulin, Les Muscades de la Guerliche)
    • La noirceur de la tourbe et des basaltes est coupée par des taches d’un gazon vert et abondant qui, bien que coriace, sert cependant de nourriture à près de 200.000 moutons sauvages, venus on ne sait d’où. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Les moutons transhumants portent, attachés leur laine, de nombreuses graines de la plaine vers la montagne et surtout de la montagne vers la plaine […] — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 19)
    • Retourner au village, vivre à nouveau parmi les racontars des femmes, écouter tout le jour les piaulements des dindes et des poulets, les bêlements des moutons, cela l’attirait peu. — (Out-el-Kouloub, « Zaheira », Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
  2. (En particulier) (Élevage) Les béliers, brebis et agneaux, quand ils sont en troupe.
    • […] , il m'apprend que les troupes chérifiennes viennent de lui razzier un troupeau de plusieurs centaines de moutons. Cela ne l'empêche pas d'en sacrifier un à l'hospitalité et de le faire transformer en cous-cous et en tâjin excellents. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 38)
    • Les paysans du Nivernais ont accoutumé de dire de leurs voisins du Berry que « quatre-vingt-dix-neuf moutons et un Berriat (ou Berrichon) font cent bêtes », locution que les Berrichons ou Berriats ne manquent pas de transformer à l’usage des Limousins […] — (Franc-Nohain [Maurice Étienne Legrand], Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
  3. Bélier châtré qu’on engraisse pour la boucherie.
    • Mouton de pré-salé.
    • Gigot, épaule, côtelettes, pieds de mouton.
  4. (Par métonymie) Viande de cet animal.
    • Le mouton est une viande noire.
    • Du mouton bien tendre.
  5. (Par métonymie) Peau de cet animal, basane.
    • La reliure de ce livre est en mouton.
  6. (Figuré) Homme aposté pour gagner la confiance d’un prisonnier, découvrir son secret et le révéler.
    • On mit près de lui un mouton pour le faire parler.
    • Il demeurait silencieux et ce n’était qu’au bout de quelques minutes seulement qu’il reprenait la parole :
      — Il y avait un mouchard, le Gréviste ?...
      — Pis que cela, patron... un mouton.
      — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas, La Guêpe rouge, 1912, Éditions Robert Laffont, Bouquins, tome 5, page 647)
  7. (Figuré) Personne incapable de prendre une décision et qui se contente de suivre un meneur. → voir mouton de Panurge.
    • Ils l’ont tous suivi comme des moutons.
  8. (Figuré) Personne qui se fait dépouiller de ses richesses.
    • Alors elle a sauté le pas : fin octobre elle a créé, à son tour, son groupe Facebook appelant à manifester le 17 novembre contre la hausse des prix des carburants ; il s’appelle « Nous ne sommes pas des moutons à la Tour-du-Pin » – du nom de sa commune de l’Isère – et il compte déjà près de 500 membres, pour 8 000 habitants. — (Aline Leclerc, Gary Dagorn et Lucie Soullier, Les « gilets jaunes », nouveaux « bonnets rouges » ?, Le Monde. Mis en ligne le 6 novembre 2018)
  9. Masse de fer, ou d’une grosse pièce de bois armée de fer, qu’on élève et qu’on laisse retomber sur des pieux pour les enfoncer en terre.
    • Lorsque, par l'effet de l'enfoncement du pieu, sa tête est parvenue un peu au-dessous du pied de la sonnette, le mouton ne peut plus l’atteindre, et alors on ne peut continuer le battage que par le moyen d’un faux pieu. — (Émiland Gauthey, Construction des ponts, Œuvres de M. Gauthey, vol. 2, 1813, page 264)
  10. Grosse pièce de bois dans laquelle sont engagées les anses d’une cloche, pour la tenir suspendue.
  11. (Par analogie) Vagues blanchissantes qui s’élèvent sur la mer et sur les grandes rivières, lorsqu’elles commencent à être agitées.
  12. Flocons de poussière qui s’assemblent sous les meubles.
    • Tu ne fais pas le ménage souvent : c’est plein de moutons sous ton divan !
  13. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. À rapprocher de l’agneau, de l’agneau pascal, du bélier ou de la brebis.
    • De gueules au mouton d’argent surmonté de trois coquilles du même rangées en chef, qui est de Hestroff de Moselle → voir illustration « armoiries avec un mouton »
  14. (Technique) (Épinglerie) Espèce de marteau utilisé pour frapper le métal dans la fabrication des épingles.
  15. En poterie, pièces collées entre elles et ratées par une cuisson trop forte.
    • Pour être certain d’avoir affaire à un four de tuilier, il faut constater une grande concentration de matériel de construction : briques, tuiles, etc., une absence de tessons de poterie et surtout des ratés de cuisson caractéristiques : tuiles ou briques déformées ou collées entre elles par la surcuisson, ce qu’on appelle un « mouton ». — (Françoise Le Ny, Les fours de tuiliers gallo-romains : Méthodologie ; étude technologique, typologique et statistique ; chronologie, Maison des Sciences de l’Homme, coll. « Documents d’Archéologie Française », Paris, 1988, page 17)
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Mouton : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MOUTON. n. m.
Mammifère de la famille des Ovidés, à poil laineux et frisé. Mouton berrichon. Mouton mérinos. Élever des moutons. Tondre des moutons. Peau de mouton. Il se dit, dans un sens général, des Béliers, des brebis et des agneaux, quand ils sont en troupe. Un troupeau de moutons. Garder les moutons. Fig. et fam., C'est un mouton, il est doux comme un mouton, Il est d'un caractère plein de douceur. Un mouton enragé se dit d'un Homme paisible qui sort soudain de son caractère. Agir comme des moutons se dit des Personnes qui font ce qu'elles voient faire au premier venu, de même que les moutons passent tous où ils voient qu'un autre mouton a passé. Les moutons de Panurge, sauter comme les moutons de Panurge, se dit des Gens qui font une chose parce qu'ils l'ont vu faire à d'autres, par allusion au tour que Panurge joue au marchand de moutons Dindenaut, dans le Pantagruel de Rabelais. Fig. et fam., Revenez à vos moutons, Reprenez le discours que vous avez quitté ou qui a été interrompu, revenez à votre sujet; par allusion à la farce de Maître Pathelin.

MOUTON se dit spécialement du Bélier châtré qu'on engraisse pour la boucherie. Mouton de pré-salé. Gigot, épaule, côtelettes, pieds de mouton. Il désigne encore la Viande de mouton. Le mouton est une viande noire. Du mouton bien tendre.

MOUTON se dit aussi de la Peau de mouton préparée. La reliure de ce livre est en mouton. On dit aussi BASANE. Il se dit figurément et familièrement d'un Homme aposté pour gagner la confiance d'un prisonnier, découvrir son secret et le révéler. On mit près de lui un mouton pour le faire parler. Il se dit en outre d'une Masse de fer, ou d'une grosse pièce de bois armée de fer, qu'on élève et qu'on laisse retomber sur des pieux pour les enfoncer en terre. Il se dit aussi de la Grosse pièce de bois dans laquelle sont engagées les anses d'une cloche, pour la tenir suspendue.

MOUTONS, au pluriel, se dit, par analogie, des Vagues blanchissantes qui s'élèvent sur la mer et sur les grandes rivières, lorsqu'elles commencent à être agitées. Il se dit aussi familièrement des Flocons de poussière qui s'assemblent sous les meubles. En termes de Jeu, Saut de mouton ou Saute-mouton. Voyez SAUTE-MOUTON.

Mouton : définition du Littré (1872-1877)

MOUTON (mou-ton ; l'n ne se lie pas : un mouton en chair ; au pluriel, l's se lie : des mou-ton-z en chair) s. m.
  • 1Bélier châtré que l'on engraisse. Il tourne à l'entour du troupeau, Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau, La Fontaine, Fabl. II, 16. Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce, Est-ce un péché ? La Fontaine, Fabl. VII, 1. Le ciel y avait répandu [sur le visage d'une fille d'honneur] certain air d'incertitude qui lui donnait la physionomie d'un mouton qui rêve, Hamilton, Gramm. 9. Dans les terrains secs, dans les lieux élevés, où le serpolet et les autres herbes odoriférantes abondent, la chair du mouton est de bien meilleure qualité que dans les plaines basses et dans les vallées humides, Buffon, Quadrup. t. I, p. 241. Quand au mouton bêlant la sombre boucherie Ouvre ses cavernes de mort, Pauvres chiens et moutons, toute la bergerie Ne s'informe plus de son sort ; Les enfants qui suivaient ses ébats dans la plaine… Sans plus penser à lui le mangent s'il est tendre, Chénier, ïambe II. On évalue à peu près à huit livres l'herbe qu'un mouton peut manger, Genlis, Maison rust. t. I, p. 250, dans POUGENS. On sait que les moutons nourris de luzerne ont la graisse de couleur jaunâtre et d'un goût désagréable, et que ceux qui mangent du trèfle ont aussi la graisse jaunâtre, mais de bon goût, D'Aubenton, Instit. Mém. scienc. t. I, p. 281. Partout où j'ai, comme un mouton, Qui laisse sa laine au buisson, Senti se dénuer mon âme, Musset, Poésies nouv. Nuit de décembre.

    Populairement. Mouton de Berry, homme qui a quelque marque sur le nez.

    Fig. Il cherche cinq pieds à un mouton, se dit d'un homme qui veut tirer d'une chose plus qu'elle ne peut fournir.

    Se laisser égorger comme des moutons, n'opposer aucune résistance contre les gens qui tuent. On se disait les uns aux autres [entre protestants durant les premières persécutions] que se laisser égorger comme des moutons sans se défendre, ce n'était pas le métier de gens de cœur, Bossuet, Var. X.

  • 2La viande de mouton. Le mouton est une viande noire. Les Egyptiens de Thèbes ne mangeaient point de mouton, parce qu'ils adoraient Ammon sous la figure d'un bélier, Fleury, Mœurs des Israél. tit. VIII, 2e part. p. 134, dans POUGENS.

    Sentir l'épaule de mouton, se dit de ceux dont les aisselles sentent mauvais ; locution tirée de ce que les épaules de mouton, et, en général, la viande de mouton a une odeur de bouc, quand les béliers ont été châtrés trop tard.

    Il ne jette pas les épaules de mouton toutes rôties par les fenêtres, se dit d'un avare.

  • 3En un sens plus général, béliers, brebis, et agneaux, réunis en troupeau. Troupeau de moutons. Hélas ! petits moutons que vous êtes heureux ! Vous paissez dans nos champs, sans souci, sans alarmes, Deshoulières, les Moutons. Qu'est-ce donc que ce drôle de fou qui traite le public comme Ajax traitait ses moutons, et qui tombe sur lui en furieux ? Voltaire, Lett. Damilaville, 6 déc. 1762. Les moutons vivent en société fort douce, leur caractère passe pour très débonnaire… la république des moutons est l'image fidèle de l'âge d'or, Voltaire, Dict. phil. Lois, 3. Robert, enfant de mon village, Retourne garder tes moutons, Béranger, Vieux caporal.

    Fig. Revenons à nos moutons, revenons à notre sujet ; locution tirée de la farce de Patelin, où M. Guillaume embrouille sans cesse son drap et ses moutons. Or, laissant tout ceci, [je] retourne à mes moutons, Régnier, Sat. II. Laissez-là ce drap et cet homme, et revenez à vos moutons, Brueys, Avoc. Pat. III, 2. Il ne s'agit pas, monsieur, des idylles et des moutons de Mme Deshoulières ; revenons aux nôtres, s'il vous plaît, Genlis, Ad. et Théod. t. I, p. 282, dans POUGENS.

    Sauter comme les moutons de Panurge, se dit des gens qui font une chose par esprit d'imitation ; locution tirée de Rabelais, représentant Panurge, qui, pour se venger de Dindenault, lui achète un mouton et le fait sauter par-dessus bord dans la mer : tous les autres moutons sautent après lui et le marchand de moutons se trouve ruiné.

    Fig. En vrais moutons, comme des moutons, en imitant niaisement ce que font les autres. Quelques imitateurs, sot bétail, je l'avoue, Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue, La Fontaine, Poés. mêl. LXX. On fut sans ordre et comme des moutons, chez les princes et princesses du sang, Saint-Simon, 324, 242.

  • 4 Terme de zoologie. Genre de mammifères ruminants à cornes creuses.
  • 5Peau de mouton préparée. Reliure en mouton.
  • 6 Fig. Personne douce, traitable. Les commissaires d'aujourd'hui Sont des moutons auprès de lui [Rhadamante], Scarron, Virg. VI. Par lui [l'amour] les loups deviennent des moutons, La Fontaine, Court. Angélique : Il est fâcheux d'être contrainte d'oublier de telles injures ; mais, quelque violence que je me fasse, c'est à moi de vous obéir. - Claudine : Pauvre mouton ! Molière, Georg. Dandin, III, 14. J'ai trouvé le moyen d'apprivoiser le diable ; j'en ai fait un mouton, Destouches, Homm. sing. II, 2. Je veux croire que ton docteur est un homme de bien ; mais l'Éternel nous permet de nous défier de ces étrangers ; s'ils sont moutons à Bénarès, on dit qu'ils sont tigres dans les contrées où les Européens se sont établis, Voltaire, Amabed, Réponse de Shastasid.
  • 7 Fig. Homme aposté par la police près d'un prisonnier, pour gagner sa confiance et découvrir son secret. On mit près de lui un mouton pour le faire parler. Cet éloquent tribun n'était autre chose qu'un mouchard, ce qu'on nomme en langage d'argot un mouton, chargé de faire jaser les détenus, Ch. de Bernard, un Homme sérieux, § X.
  • 8Masse de fer, ou gros billot de bois armé de fer, qui se lève à bras ou à machine, et qui, retombant, sert à enfoncer des pilotis, des pieux ; ainsi dit parce que le mouton donne des coups avec sa tête ; c'est l'analogue du bélier.

    Terme d'architecture hydraulique. Eau qui tombe rapidement par une rigole et qui, trouvant tout à coup un obstacle, se relève en bouillonnant.

  • 9Pièce de bois dans laquelle on fait entrer les anses d'une cloche, pour la suspendre.

    Moutons d'un carrosse, se disait, avant l'usage des ressorts, des pièces de bois, posées d'aplomb sur l'essieu, auxquelles on suspendait la caisse de la voiture. Bois de charronnage… pour une voie composée de 75 moutons de trois pieds et demi de long entrant par eau, est dû 10tt 12s 1d, Déclar. 22 oct. 1715, tarif.

    Pièce qui descend avec la vis de la presse à papier.

    Terme de marine. Arbre en fer qui supporte la cloche du bord.

    Ancien terme de marine. Nom d'un cordage servant à manier l'antenne.

  • 10 S. m. plur. Vagues écumantes, ainsi dites à cause de la blancheur de l'écume, comparée à une toison blanche.
  • 11 Terme de pêche. Petit tas de morues qui ont reçu 4 ou 5 soleils.
  • 12Mouton du Pérou, nom donné autrefois au lama.

    Mouton du Cap, ou, simplement, mouton, nom vulgaire donné aux albatros parce que, aux environs du Cap de Bonne-Espérance, à la surface de la mer, leur plumage blanc les fait ressembler à la frisure de la laine (diomedea exulans, Linné, palmipèdes).

    Mouton marin, espèce de poisson.

  • 13 Terme d'architecture. Queue de mouton, ornement en forme de grosse guirlande autour des médaillons.
  • 14Nom donné par les ouvriers à des congestions locales qui se forment quand des hommes font, sans y être habitués, pendant longtemps de grands efforts musculaires, et qui dessinent les muscles les plus fatigués ; par exemple, quand un apprenti forgeron cogne toute une journée sur son enclume, le mouton survient à l'épaule ; quand un apprenti terrassier se courbe et se redresse successivement toute une journée, le mouton survient au dos.
  • 15Nom d'une ancienne monnaie d'or de France, qui portait d'un côté l'image de saint Jean-Baptiste, et de l'autre celle d'un agneau, avec Ecce Agnus Dei pour légende ; dans le courant du XVe siècle, elle valait 7 fr. 95.
  • 16Pain de mouton, très petit pain dont la surface était couverte de grains de blé, et que l'on donnait aux enfants comme une friandise.
  • 17 Adj. Mouton, moutonne, qui appartient aux moutons. Caractère mouton. Elle a l'air doux, je crois qu'elle n'a pas de malice, elle a une figure moutonne, Genlis, Théât. d'éduc. le Bal d'enfants, II, 3.

    La gent moutonne, les moutons.

    S. f. Moutonne, se dit comme terme familier de caresse à une jeune femme. Me voilà de retour, moutonne ; et tu seras mariée dès ce soir, comme tu le souhaites, Dancourt, Colin-maillard, sc. 23.

    S. f. Moutonne, coiffure de femmes qui a été longtemps en usage, et qui consistait dans une tresse de cheveux frisés et fort touffus, qu'elles se mettaient sur le front.

HISTORIQUE

XIIe s. Li mont s'esledecerent [se réjouirent] sicume multun [arietes], et li tertre sicume li aignel des oeilles [ouailles, brebis], Liber psalm. p. 175. Le multon qu'il volt tuer, Rois, p. 50. As set pas que cil firent qui l'arche porterent, l'um sacrifiout un buef e un multum en l'onurance nostre Seigneur, ib. 141.

XIIIe s. Il ont les greigneurs [les plus grands] moutons du monde, Marc Pol, p. 631. Je voel mangier char de mouton, Chr. de Rains, p. 110.

XIVe s. Que la lune ne soit pas en signe rungant [ruminant], si cum mouton [aries], torel, capricorne, H. de Mondeville, f° 100. Et sachiez qu'il a empruntez pour nous [Jean, roi de France, prisonnier] à Londres la somme de mil et XLIIII moutons, Lett. de JEAN, dans Hist. litt. de Fr. t. XXIV, p. 175.

XVe s. L'en cognoist bien le monton à la laine, Deschamps, Poésies mss. f° 218. Il avoit, en eux prenant, une belle journée et une belle aventure de bons prisonniers, pour avoir cent mille moutons [monnaie], Froissart, I, I, 272. De tels engins de canons, de bombardes, de truies e de moutons se mettoient en peine ceux de Gand de adommager ceux de Oudenarde, Froissart, II, II, 161. Sus, revenons à ces moutons ? Qu'en fut-il ? Patelin. Or revenons à nos moutons : Ma personne fust descendue ; Et, pour faire les comptes rons, Je veys ma dame emmy la rue, Coquillart, le Monologue de la botte de foin.

XVIe s. À peine de l'amende de trois livres parisis pour chacune beste, dix moutons n'estant pris que pour une vache, Nouv. coust. génér. t. I, p. 547. Chair de mouton, manger de glouton, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 186. Vous avez nom Robin Mouton ; voyez ce mouton-là, il a nom Robin comme vous, Rabelais, IV, 6.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MOUTON.
17Ajoutez :

Fig. Qui est doux, docile comme le mouton. Et la foule tumultueuse en un instant deviendrait moutonne, Lett. du P. Duchêne, 68e lettre, page 2.

18 En Normandie, poire de mouton, poire précoce bonne à manger, Delboulle, Gloss. de la vallée d'Yères, le Havre, 1876, p. 234.

PROVERBE

Lorsqu'un mouton quitte le troupeau, le loup le mange.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ajoutez : Les perrieres [ils] reprendent, s'ont les berfrois levez, Sour pons et sor roieles [petites roues] les grans moutons ferrez, Fierabras, V. 5335.

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Mouton : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

MOUTON, s. m. vervex, animal qui ne differe du bélier, que par la castration, voyez Bélier. Cette opération doit se faire sur l’agneau à l’âge de cinq ou six mois, ou même un peu plus tard, au printems ou en automne dans un tems doux : la maniere la plus ordinaire est l’incision ; on tire les testicules par l’ouverture que l’on vient de faire, & on les enleve aisément. La castraction peut se faire sans incision, il suffit de lier les bourses au-dessus des testicules en les serrant avec une corde, en comprimant par ce moyen les vaisseaux spermatiques ; on arrête l’accroissement des testicules, & on empêche leurs fonctions pour toujours. La castration rend l’agneau malade, triste, & lui ôte l’appétit ; pour l’exciter à manger, on lui donne du son mêlé d’un peu de sel, pendant deux ou trois jours.

Les moutons n’ont pas la pétulance des béliers, ils sont même encore plus timides que les brebis, ils sont aussi très-stupides ; au moindre bruit extraordinaire, ils se précipitent & se serrent les uns contre les autres, cependant ils ne savent pas fuir le danger ; ils semblent même ne pas sentir l’incommodité de leur situation, car ils restent opiniâtrément où ils se trouvent, à la pluie, à la neige, ou à l’ardeur du soleil, &c. Ces animaux sont d’un tempérament très-foible, les voyages les affoiblissent & les exténuent ; dès qu’ils courent, ils palpitent & sont bien-tôt essouflés. Ils sont sujets à grand nombre de maladies, la plûpart contagieuses.

Les moutons varient beaucoup, suivant les différens pays, pour le goût de la chair, la finesse de la laine, la quantité du suif, la grandeur & la grosseur du corps. En France, le Berri est la province où ces animaux sont le plus abondans ; ceux des environs de Beauvais & de quelques endroits de Normandie, sont les plus gras & les plus chargés de suif ; ils sont très-bons en Bourgogne, mais les meilleurs de tous sont ceux des côtes sablonneuses de nos provinces maritimes. On ne voit en France que des moutons blancs, bruns, noirs & tachés ; il y en a de roux en Espagne & de jaunes en Ecosse. Voyez Brebis.

Mouton, (Diete Et Mat. méd.) la chair de cet animal fournit à la plûpart des peuples de l’Europe un de leurs alimens les plus usuels, les plus salutaires & les plus agréables. Elle convient également à tous les estomacs ; les gens vigoureux & exercés s’en accommodent aussi-bien que ceux qui sont oisifs & délicats. Elle est propre à tous les âges, & dans l’état de maladie, comme dans celui de santé ; elle est de facile digestion, & selon l’observation de Sanctorius, elle transpire beaucoup plus que les autres alimens ordinaires des hommes. Les bouillons qu’on en prépare sont regardés même dans plusieurs pays, par exemple, dans les provinces méridionales du royaume, comme beaucoup plus convenables pour les malades que le bouillon de bœuf, qu’on y regarde comme échauffant : & réciproquement on a fort mauvaise idée à Paris du bouillon de mouton employé à cet usage, & on n’y conçoit point qu’on puisse faire un potage supportable avec du mouton seul. L’une & l’autre de ces opinions doit être regardée dans le fond, comme un préjugé ; elle est vraie cependant jusqu’à un certain point, si chacun de ces peuples n’entend parler que de son bœuf & de son mouton ; car de même que le bœuf est maigre, dur, & peut-être chaud en Languedoc, par exemple, de même la chair du mouton de Paris est chargée dans toutes les parties d’une mauvaise graisse approchant de la nature du suif, est ordinairement coriace, sans suc, d’un goût plat & d’une odeur souvent désagréable, sentant le bélier, & n’y donne qu’un mauvais bouillon blanchâtre.

En général, le meilleur mouton est celui qui est élevé dans les pays chauds, & qu’on y nourrit dans les terreins élevés, secs & couverts de plantes aromatiques ou sur le bord de la mer ; tels sont les moutons communs de la basse Provence, du bas Languedoc, de la partie la plus tempérée des Cévenes, & du Roussillon.

Les moutons de Ganges, en bas Languedoc, & ceux de la plaine de la Crau, en Provence, sont les plus renommés ; mais les jeunes moutons qu’on éleve en ce pays dans les basses-cours, qu’on y nourrit à la main, qui croissent & qui engraissent prodigieusement, dont la chair devient par-là singulierement tendre & délicate, & qu’on envoie au loin, comme des objets de luxe : ceux-là, dis-je, auxquels appartient précisément la célébrité, ne valent point à beaucoup près les moutons du même âge, élevés tout franchement dans les landes des mêmes pays, & moins encore les moutons moins jeunes : c’est à trois ou quatre ans qu’ils sont les meilleurs qu’il est possible. Plus jeunes, comme les moutons domestiques de Ganges, qu’on mange à l’âge d’un an ou dix-huit mois, leur chair n’est pas faite ; plus vieux, elle commence à sécher, à durcir. Le mouton qu’on apporte à Paris, de Beauvais, des Ardennes & du Présalé, près de Diépe, a le même défaut que le mouton engraissé de Ganges, que d’ailleurs il ne vaut point à beaucoup près ; il n’est que gras & tendre, au lieu que le bon mouton commun de nos provinces méridionales est en même tems tendre, succulent, & d’un goût agréable & relevé, & il donne du bon bouillon. On dit que les moutons des îles de l’Amérique, qu’on y éleve sur le bord de la mer, surpassent encore les meilleurs dont nous venons de parler, en délicatesse, en saveur, & en fumet.

Tout le monde sait que la chair de mouton se mange rôtie, bouillie, grillée, & sous la forme de différens ragoûts. De quelque façon qu’on l’apprête, c’est toujours une excellente nourriture ; les piés, le foie, les tripes, le poumon & le sang de cet animal, qui sont aussi des alimens usités, ne méritent que les considérations diététiques générales qu’on trouvera aux articles, foie des animaux, piés des animaux, tripes des animaux, poumons des animaux, sang, diete. Voyez ces articles.

La graisse solide ou suif de mouton est employée quelquefois à titre de médicament ; plusieurs auteurs en conseillent l’usage intérieur contre la dyssenterie, mais cette pratique est peu suivie. Ce suif entre dans la composition de quelques emplâtres & onguens, par exemple, dans l’onguent de la mer de la pharmacopée de Paris, Etc. le fiel de mouton est recommandé contre les tayes des yeux : la laine & la graisse de cette laine ou œsipe sont comptés encore parmi les médicamens. Voyez Laine & Œsipe. (b)

Mouton du Pérou, camelus peruanus glama, ou lhama dictus, animal quadrupede qui a beaucoup de rapport au chameau en ce qu’il rumine, qu’il n’a point de cornes, qu’à chaque pié il a deux doigts & deux ongles, & que la plante du pié est recouverte par une peau molle. Le mouton du Pérou a six piés de longueur depuis le sommet de la tête jusqu’à la queue, & quatre piés de hauteur depuis terre jusque sur le dos ; il a les oreilles assez longues, la tête alongée, la levre supérieure fendue, & les yeux grands ; le train de derriere est plus élevé que celui de devant. Ces animaux sont blancs, noirs, ou bruns ; d’autres ont toutes ces couleurs. Les Péruviens donnent à ceux-ci le nom de moromoro. Voyez le regne animal divisé en six classes, par M. Bresson. Voyez Quadrupede.

Moutons, s. m. pl. (Hydraul.) en fait de cascades, ce sont des eaux que l’on fait tomber rapidement dans des rigoles, & qui trouvant pour obstacle une table de plomb dans le bas, se relevent en écumant. (K)

Mouton, s. m. Machine à enfoncer des pieux en terre. Voyez les Pl. de Charp. & leur explic.

Moutons de devant, terme de Charron, ce sont les deux montans qui servent pour former le siege du cocher : ils sont enchâssés dans des mortaises pratiquées sur le lisoir de devant.

Moutons de derriere, terme de Charron, ce sont deux pieces de bois qui sont enchâssées par en-bas dans le lisoir & qui sont surmontées par l’entretoise. Ces trois pieces assemblées sont tant pour l’ornement d’un carrosse, que pour aider les domestiques à monter derriere, & leur servir de garde-fou. Voyez la figure Pl. du Sellier.

Mouton (Fonte des cloches.) forte piece de bois à laquelle la cloche est suspendue par ses ances ; cette piece est terminée par deux tourillons de fer qui roulent sur les crapaudines ou couettes placées dans le beffroi, en sorte que la cloche peut balancer librement. Voyez la fig. 6. Pl. de la Fonderie des cloches, & L’article Fonte des cloches.

Mouton, (termes de riviere) c’est dans une sonnette un bout de poutre freté, ou un lourd billot de bois, & qu’on leve à force de bras. La hye est différente du mouton en ce qu’elle est plus pesante & qu’on la leve avec un moulinet.

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Étymologie de « mouton »

Étymologie de mouton - Littré

Bourg. môton ; provenç. molto, multo, moto ; cat. moltó ; ital. moltone et montone ; bas-lat. multonem, moltonem, mutilonem. La forme primitive a une l : molt… On a dans le celtique : gaël. mult ; kimry, mollt ; irl. molt ; bas-breton, maoud, bélier ; Cornouailles (texte du IXe siècle), molt. On objecte à cette étymologie que molt paraît isolé dans les langues celtiques, et n'a rien qui l'explique. Diez cherche une étymologie latine : le dialecte des Grisons a mult, châtré, qu'on tire, par inversion des lettres, du latin mutilus, mutilé ; il rapproche le provençal moderne cabro mouto, chèvre à laquelle on a enlevé les cornes (toutefois, pour ce mot, voy. MUTÉ). À cela on objecte que multon s'est dit constamment pour bélier, avant l'introduction de bélier, laquelle est assez récente ; ce qui va mal avec le sens de mutilé. De plus toutes les langues celtiques ont le même mot pour bélier ; c'est un indice pour croire que le mot y est indigène. Ainsi l'étymologie incline vers le celtique.

ÉTYMOLOGIE

Ajoutez : L'objection contre mutilus, à cause que l'ancienne langue donne à mouton le sens de bélier, s'évanouirait, si, avec M. Roulin, on pensait que le mouton est dit ainsi, non parce qu'on le châtre, mais parce qu'on le tond, motilar signifiant en espagnol tondre, et mutilare ayant eu ce sens en latin : mutilum caput Sileni, NEMES. Ecl. III, 33.

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Étymologie de mouton - Wiktionnaire

De l’ancien français motun, moton, issu du gallo-roman *multōnem, accusatif latinisé du mot issu du gaulois *multon-, lui-même issu du proto-celtique *moltos.
À rapprocher du breton maout, gallois mollt et irlandais mult, tous trois au sens de « mâle châtré ».
Le latin ovis « mouton (terme générique) ; brebis » (car un troupeau d’ovins se compose essentiellement de brebis), s’opposait à vervex « mâle châtré » et à aries « bélier ». À l’exception du roumain, cette famille terminologique a été perturbée, dans les langues romanes, par la ressemblance de ovis avec ovum « œuf » qui a conduit au remplacement du mot par plusieurs substituts.
  1. Au sens de « brebis » on a eu recours à ovicula (→ voir ouaille) ainsi qu’à feta « animal qui a mis bas » ou à pecora (→ voir pécore).
  2. Au sens de « mouton (terme générique) », le gallo-romain a utilisé vervex (sens conservé dans la langue d’oïl), concurrencé par le gaulois *mŭlto « mâle châtré » (soit le sens ancien de vervex), qui désigna le « bélier » et le « mouton (terme générique) », au détriment de vervex qui prit à son tour le sens de « brebis » (au ixe siècle) où il a peu à peu évincé ouaille du moins dans les parlers septentrionaux.
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Phonétique du mot « mouton »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mouton mutɔ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « mouton »

  • L’activité pastorale ovine est un élément essentiel de la vie de la haute vallée des Arves. René Tavant, berger du Midi, y prend une grande part, et depuis quelques années, participe à une animation en forme d’échange. Cette Fête du mouton a lieu ce mercredi 22 juillet, à partir de 10 h 30 au col de la Croix-de-Fer. On pourra approcher le troupeau, regarder les chiens travailler, et comprendre le métier particulier de berger. Le repas sera, à partir de midi, tiré des sacs, ou sous la forme d’un barbecue pour ceux qui auront réservé. , Culture - Loisirs | Vallée des Arves : ce mercredi, la fête du mouton au col de la Croix-de-Fer
  • Avec les années, j’ai appris à lâcher prise face à ces Keyboard Warriors, ceux qui, armés de leur clavier, partagent des informations trompeuses ou encore sèment la polémique sur les réseaux sociaux. Pourtant, ce matin, une publication prônant l’abolition du couvre-visage m’a ébranlé : « Cessez de vivre dans la peur, gang de moutons ». Le Devoir, Mouton en détresse | Le Devoir
  • « C’est une pratique ancestrale. Une solution simple. Une méthode d’entretien en substitution aux désherbants chimiques », résume Paul Letheux, le dirigeant fondateur de Grensheep. Voilà quatre ans qu’il a créé sa start-up de location de moutons. Ses premiers clients sont des entreprises et des collectivités locale (voir encadré). Mais depuis quelque temps, les agriculteurs et les viticulteurs se montrent de plus en plus intéressés par cette pratique aux nombreux avantages. Image positive Certaines maisons de champagne comme Taittinger, de Castelnau ou encore Vranken Pommery ont sauté le pas. « Nous leur proposons un service de location de moutons, le plus souvent pour une durée de deux à quatre mois », explique-t-il. Les moutons pâturent au milieu des vignes ou, chez certains clients, pâturent au milieu des sites d’embouteillage ou de stockage. « Il faut reconnaître que c’est aussi un bon moyen de montrer une image positive et proche de l’environnement aux visiteurs », repère le jeune dirigeant. Préserver la biodiversité L’éco-pâturage permet de réduire les interventions chimiques dans les vignes en hiver. Mais pas uniquement : il retarde la pousse de l’herbe au printemps. « Cela permet d’économiser des interventions mécaniques », observe Paul Letheux. « Jusqu’à trois-quatre tontes : celle avant l’hiver, celle réalisée en plein hiver, puis à la fin de l’hiver et une tonte au printemps », précise-t-il. Le premier passage avec la tondeuse se fera plus tardivement « car les moutons épuisent le gazon et mangent plus court ». A l’inverse d’un outil mécanique, l’animal ne stimule pas la repousse de l’herbe. Autre intérêt repéré : le processus de dégradation de l’herbe est plus rapide. « C’est également mieux pour préserver la biodiversité », rappelle Paul Letheux. On peut observer un retour de la faune et de la flore qui ne sont pas détruits par la tondeuse. Les insectes coprophages reviennent, se nourrissant des déjections. Mouton de Ouessant ou Roux Ardennais Le pâturage des animaux se réalise uniquement hors période végétative de la vigne. « L’idéal est de démarrer dès la fin de l’automne et de les retirer à l’apparition des premiers bourgeons », avertit le spécialiste. Le ratio nombre de moutons par hectare est calculé en fonction de la race. Puis, un ajustement est fait l’année suivante en fonction des résultats obtenus et du ressenti du viticulteur. Greensheep choisit la race de mouton en fonction de critères bien précis, propres à chaque site : la localisation, la surface ainsi que le type de végétation (ronces, herbes, plantes invasives…). Le but : obtenir le meilleur résultat, tout en satisfaisant les besoins des animaux. Le mouton de Ouessant reste le plus représenté dans son cheptel. On trouve également le Roux Ardennais, race bien implantée dans le grand Est. Choisir l’éco-pâturage demande quelques aménagements pour le viticulteur ou la maison de champagne. Il est nécessaire de baisser les fils pour que les moutons ne passent pas entre les rangs ou bien de les surélever pour qu'ils ne les déforment pas. Si besoin, Greensheep se chargera de clôturer la parcelle. L’entreprise réalise également un suivi régulier des animaux pour s’assurer que l’herbe soit toujours suffisante. « Nous pouvons ainsi garantir au viticulteur qu'il n'y aura aucun dégât sur ces vignes ». Anne Verzeaux , La Marne Agricole
  • En 2009, le cheptel s’est agrandi avec 100 brebis et, aujourd’hui, ce sont 200 brebis qui broutent 50 ha sur trois sites distincts. Ces moutons, de race Hampshire, produisent de la viande mais Pascal et sa compagne Cécile ont constaté qu’après l’abattage des agneaux, il restait beaucoup de déchets à éliminer. C’est ainsi qu’ils se sont renseignés sur l’utilisation des peaux et la marque Papy Mouton a vu le jour. , Economie | Papy Mouton obtient le label « bienvenue à la ferme »
  • le 31 juillet des centaines de milliers de moutons seront égorgés ! Réagissez je vous en supplie ! pic.twitter.com/376X7ZpydZ Valeurs actuelles, Aïd-el-Kébir : Brigitte Bardot vent debout contre l'abattage rituel des moutons | Valeurs actuelles
  • La Fête du mouton au col de la Croix de fer reste un moment fort de l’animation au mois de juillet dans la haute vallée des Arves. Elle a eu lieu mercredi. Les offices de tourisme de Saint-Sorlin et Saint-Jean-d’Arves mettent ainsi en valeur le pastoralisme qui marque de son empreinte les plus hauts alpages d’Europe entre Belledone, l’Oisans au sud et les aiguilles d’Arves à l’est. Des milliers d’ovins viennent chaque été, depuis la région d’Arles, dans les Bouches-du-Rhône, en transhumance depuis le mois de juin jusqu’aux premières neiges. , Culture - Loisirs | Saint-Sorlin-d’Arves : revivez la Fête du mouton en images
  • L'appel du sang est assurément irrésistible, et on ne fait jamais d'une hyène un mouton. De Ahmadou Kourouma / En attendant le vote des bêtes sauvages
  • Le gros-qui-tache est au mouton-rothschild ce que la brebis galeuse est à l'agneau pascal. De Pierre Dac
  • Il vaut mieux avoir vécu vingt-cinq jours comme un tigre qu'un millénaire comme un mouton. De Proverbe tibétain
  • Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton. De Albert Einstein / Comment je vois le monde
  • Tout le monde sait qu'en cas d'insomnie il suffit d'additionner mouton après mouton pour s'endormir. Mais combien de personnes savent que, pour rester éveillé, il suffit de soustraire les moutons ? De Les Marx Brothers
  • Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton. De Proverbe italien
  • Tu peux te faire pendre aussi bien pour un mouton que pour un agneau. De Proverbe australien
  • La chèvre a mordu les cailloux, les dents du mouton sont tombées. De Proverbe martiniquais
  • Là ou le mouton fait défaut, la chèvre est appelée Majesté. De Proverbe turc
  • L'artiste est un mouton qui se sépare du troupeau. De Witold Gombrowicz
  • La vie du loup est la mort du mouton. De James Freeman Clarke / Paroemiologia anglo-latina
  • Le mouton paresseux trouve sa laine trop lourde. De Proverbe anglais
  • Ne joue jamais à saute-mouton sur une licorne ! De Anonyme
  • Quand on part en lion, on finit en mouton. De Proverbe québécois
  • Retournons à nos moutons. François Rabelais, Le Tiers Livre, 34
  • Voilà ce que c'est que les moutons. Ils obéissent aux chiens qui obéissent aux bergers qui obéissent aux astres. Charles Albert Cingria, Bois sec, bois vert, Gallimard
  • Sus ! Revenons à ces moutons. Anonyme, La Farce de Maître Pathelin, III, 4, le juge

Images d'illustration du mot « mouton »

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Traductions du mot « mouton »

Langue Traduction
Corse pecuri
Basque ardiak
Japonais
Russe овец
Portugais ovelha
Arabe خروف
Chinois
Allemand schaf
Italien pecora
Espagnol oveja
Anglais sheep
Source : Google Translate API

Synonymes de « mouton »

Source : synonymes de mouton sur lebonsynonyme.fr


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