La langue française

Agneau, agnelle

Sommaire

  • Définitions du mot agneau, agnelle
  • Étymologie de « agneau »
  • Phonétique de « agneau »
  • Évolution historique de l’usage du mot « agneau »
  • Citations contenant le mot « agneau »
  • Images d'illustration du mot « agneau »
  • Traductions du mot « agneau »
  • Synonymes de « agneau »

Définitions du mot agneau, agnelle

Trésor de la Langue Française informatisé

AGNEAU, AGNELLE, subst.

A.− Petit d'une brebis et d'un bélier, âgé de moins d'un an. Agneau de lait, agneau tardif (Ac. 1798-1932) :
1. Mouflar, le bon Mouflar, de nos chiens le modèle, Si redouté des loups, si soumis au berger, Mouflar vient, dit-on, de manger Le petit agneau noir, puis la brebis sa mère, ... J.-P.-C. de Florian, Fables,Le Chien coupable, 1792, p. 194.
2. Arriou-Mourt coupa une badine. Il s'approcha, et, frappant la bête éventrée, il lui cria : « tiens! pour le bélier dévoré! tiens, pour l'agnelle noire égorgée! tiens! tiens! lâche et voleur! » L'ours agonisa sous ces invectives. J. de Pesquidoux, Chez nous,t. 1, 1921, p. 239.
P. ext.
1. Chair de l'agneau débitée à la boucherie :
3. ... je tirai de ma boîte un morceau de pain, une épaule d'agneau froid, et une gourde du petit vin que vous savez. E. About, Le Roi des montagnes,1857, p. 46.
4. La salle à manger avec ses gravures anciennes et ses andouillers, ses autographes et ses lourdes argenteries, présente un buffet froid avec pâtés, puddings et l'inévitable agneau à la sauce menthe. P. Morand, Londres,1933, p. 200.
5. L'agneau n'est véritablement bon à manger que de décembre à juillet, et surtout lorsqu'il n'est âgé que de deux mois (...). C'est l'agneau de lait qui n'a pas encore brouté. L'agneau ordinaire ou agneau de pré-salé est en réalité un jeune mouton non encore adulte, c'est-à-dire de moins d'un an. Ac. Gastr.1962.
Rem. Syntagmes : manger de l'agneau rôti, un quartier, un gigot' une côtelette d'agneau (Ac. 1835, 1878 et Lar. 19e); cet agneau est fort tendre (Littré, Ac. 1835, 1878); baron d'agneau (Lar. 20e); agneau de lait, agneau de pré-salé. Épigramme d'agneau : ,,Blanquette assez compliquée de poitrine et de côtelettes d'agneau.`` (Nouv. Lar. ill.).
2. ,,Cuir fin ou fourrure obtenue à partir de la peau d'agneau`` (Lar. 20e). Vêtement doublé d'agneau.(Lar. 20e) :
6. Après la guerre de 70, elle avait fait une fortune avec son mari, dans le commerce des gants « d'agneau », passage des Panoramas. L.-F. Céline, Mort à crédit,1936, p. 126.
B.− Au fig. [En parlant d'une pers.] Qui présente des traits de caractère traditionnellement attribués à l'agneau (douceur, innocence, naïveté, timidité). Une docilité d'agneau :
7. Agneau sans tache, elle allait au ciel, et ne regrettait ici-bas que la douce compagne de sa froide vie, à laquelle ses derniers regards semblaient prédire mille maux. Elle tremblait de laisser cette brebis, blanche comme elle, seule au milieu d'un monde égoïste... H. de Balzac, Eugénie Grandet,1834, p. 218.
8. Les loups ne se mangent point. Vous avez eu, vous, en cette affaire, l'innocence d'un agneau. Vous serez forcé de montrer les dents à votre nouveau parti... H. de Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 515.
9. Voilà un jeune garçon qui vient bien; il est doux comme un agneau, ce sera, bien sûr, un remarquable citoyen ou pour le moins un fort capitaliste. G. Flaubert, La Tentation de saint Antoine,1849, p. 440.
10. ... Tu te feras tondre comme un agneau, avec ta bienveillance. Tu n'es pas un homme. É. Zola, La Fortune des Rougon,1871, p. 145.
11. ... on coffrait Esterhazy sur la plainte de Picquart en personne. Car les généraux (...) n'auraient pas permis que le gouvernement exerçât des poursuites contre le « cher camarade » à qui le général de Pellieux envoyait ses condoléances à propos « de l'abominable campagne » menée contre un tel agneau d'innocence. G. Clemenceau, Vers la réparation,1899, p. 27.
12. Il est en effet, (...) des hommes fermes, et même autoritaires, qu'on découvre, en ménage, d'une docilité d'agneau. A. Gide, Les Faux-monnayeurs,1925, p. 1114.
13. Ils me détaillent par métaphores. Ils chantent mon innocence, qui est un agneau, mon audace, qui est un tigre. Cette emphase, dont le souffle de Dieu gonfle chacun de leurs mots et chacun de leurs gestes, elle m'est maintenant intolérable... J. Giraudoux, Judith,1931, II, 4, p. 154.
1. P. ext. [En parlant de certains animaux, comme le chien ou le cheval] Ce cheval est doux comme un agneau (Ac. 1835, 1878, 1932) :
14. − Encore quelques jours de dressage et la selle ne le chatouillera plus; dans deux semaines, Madame elle-même osera le monter : il sera doux comme une agnelle. A. Gide, L'Immoraliste,1902, p. 417.
[En parlant de substances, drogues...] :
15. « ... L'acide prussique est donc réhabilité; si vous en doutez, vous n'avez qu'à en boire! il est aussi innocent que l'agneau qui vient de naître. » L. Reybaud, Jérôme Paturot,1842, p. 317.
Rem. On oppose souvent le symbole de l'agneau à celui du loup (ex. 8), du lion (H. Brémond, Hist. littéraire du sentiment religieux en France, t. 4, 1920, p. 265) ou du tigre (ex. 13). La figure de l'agneau est présente dans de nombreuses formules proverbiales dont certaines sont courantes : innocent comme l'agneau qui vient de naître (ex. 15), doux comme un agneau (ex. 9), d'autres étant plus rares : se faire tondre comme un agneau (ex. 10), suivre qqn comme un agneau suit sa mère (L. Reybaud, op. cit., p. 327). Ces expr. sont entrées dans la lang., si bien que agneau fonctionne parfois comme un adj. caractérisant :
16. Jamais il n'y a rien eu de si pur, de si ange, de si agneau et de si colombe que cette chère nonnain; que le Seigneur Dieu du ciel la conduise! ainsi soit-il. A. de Musset, On ne badine pas avec l'amour,1834, I, 1, p. 5.
17. ... Guerre, roule-toi sur les peuples agneaux; Noue à l'humanité tes lugubres anneaux, Guerre! L'homme content veut que tu l'extermines! V. Hugo, La Fin de Satan,Le Glaive, 1885, p. 788.
2. Emploi partic. Mes agneaux. Formule ironique et familière adressée à des personnes qui apparaissent ou qui sont animées des meilleurs sentiments :
18. ... la façon goguenarde dont il regardait, en passant dans les rues, les petits détaillants qui se tenaient, effarés, sur le seuil de leur boutique, signifiait clairement : « notre jour est arrivé, mes agneaux, et nous allons vous faire danser une drôle de danse! » É. Zola, La Fortune des Rougon,1871, p. 129.
[Avec une transpos. en style indir.] :
19. Les soldats furent lâchés pour y vivre à discrétion; et son propre régiment, instruit par son exemple, excité par ses exhortations, se distingua par des outrages recherchés. Il [le barbare] les nommait ironiquement ses agneaux, terme dont le souvenir s'est conservé longtemps avec horreur dans cette partie de l'Angleterre. G. de Staël, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française,t. 2, 1817, p. 297.
C.− Emplois spéc. et techn.
1. RELIG. CHRÉT. Symbole du Christ immolé pour le salut des hommes. Agneau de Dieu :
20. ... et vous, qui vous affligez sur la mort de l'agneau égorgé pour laver dans son sang les péchés du monde, qui a vu votre dieu aux formes d'agneau, dont vous célébrez le triomphe et la résurrection? Ch.-F. Dupuis, Abrégé de l'origine de tous les cultes,1796, p. 337.
21. Agneau de Dieu, vous effacez les péchés du monde! ô miracle de candeur et de modestie, vous permettez à des victimes sorties du néant de vous imiter, de se dévouer pour le salut des pécheurs!... F.-R. de Chateaubriand, Les Martyrs,t. 1, 1810, pp. 199-200.
22. Missionnaire du Dieu de paix dans ces déserts, puissé-je vivre et mourir en semant la parole de l'Agneau. F.-R. de Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 158.
23. ... je voyois le Christ à la droite de son père, rayonnant d'une gloire immortelle. Et je le voyois aussi comme un agneau mystique immolé sur un autel, et des myriades d'anges et les hommes rachetés de son sang l'environnoient, et, chantant ses louanges, ils lui rendoient grâce dans le langage des cieux. F.-R. de Lamennais, Les Paroles d'un croyant,1834, p. 275.
24. ... le quatrième Évangile a placé la mort au jour où l'on mangeait l'agneau, afin d'inculquer l'idée que Jésus fut le véritable agneau pascal... E. Renan, Histoire des origines du Christianisme,Vie de Jésus, 1863, p. 523.
25. Recevez le sang de l'agneau qui est immolé depuis la création du monde, ... P. Claudel, Corona Benignitatis Anni Dei,1915, p. 392.
a) Agneau pascal. Agneau que les Juifs immolaient rituellement le jour de Pâques en souvenir de la sortie d'Égypte :
26. Apollon prenait aussi le titre de sauveur; c'était ce nom que lui donnaient ceux d'Ambracie. On célébrait en son honneur, à Athènes et à Sparte, des fêtes de joie à la pleine lune du printemps, c'est-à-dire, à cette pleine lune à laquelle la fête de l'agneau ou la Pâque est fixée chez les Juifs et chez les Chrétiens. Ch.-F. Dupuis, Abrégé de l'origine de tous les cultes,1796, pp. 361-362.
27. ... je ne crois pas que vous puissiez à la fois prier et garder une attitude de critique et d'épicurien de la foi, approuvant une chose, et rejetant l'autre. Il faut tout avaler comme l'agneau pascal que les Juifs dévoraient jusqu'aux os, jusqu'aux intestins, avec accompagnement d'herbes amères. P. Claudel, A. Gide, Correspondance,lettre de P. C. à A. G., 1899-1926, p. 241.
b) Fête de l'agneau pascal. Nom donné primitivement à la fête de Pâques, au cours de laquelle l'évêque bénissait un agneau devant les fidèles. (Attesté ds Nouv. Lar. ill., Lar. 20e, Lar. encyclop., Lar. 3).
2. Autres domaines
a) ALCHIM. ,,Un des noms de la matière que les philosophes hermétiques emploient pour faire la pierre philosophale. Quand cette matière est purifiée de ses parties hétérogènes, on lui donne le nom d'agnus immaculatus.`` (Besch. 1845).
b) BOT. Agneau de Scythie; agneau tartare, de Tartarie. ,,Fougère aromatique dont les racines sont couvertes de poils jaunâtres.`` (Besch. 1845).
Rem. Nouv. Lar. ill. précise qu'on attribuait à cette plante ,,de grandes vertus médicinales, entre autres, celle d'arrêter les hémorragies``.
c) HÉRALDIQUE
Agneau représenté généralement de profil, en passant, symbole de douceur et de franchise :
28. Comme ils tournaient l'angle de l'église pour voir la façade qui regarde la vieille maison des Cardeurs de laine, portant sous son auvent de tuiles rouges, l'agneau héraldique... A. France, Le Lys rouge,1894, p. 199.
Agneau pascal. ,,Représentation d'un agneau tenant une croix à laquelle est attachée une banderole d'argent.`` (Littré).
d) HIST. Agneau de Dieu. ,,Ordre de chevalerie institué en Suède par Jean III, l'an 1569.`` (Nouv. Lar. ill.).
e) NUMISM. Cf. agnel (Besch. 1845, Nouv. Lar. ill.).
f) SAL. Couche de sel formant la base d'une gerbe. (Littré, DG, Lar. 20e).
g) ZOOL. Agneau d'Israël. ,,Nom vulgaire du daman de Palestine (hyrax sinacus), mammifère ongulé se rapprochant des pachydermes, mais qui a un poil fin et qui est de la grosseur d'un lièvre.`` (Nouv. Lar. ill.).
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [aɳo], [aɳ εl]. Antérieurement à DG, les dict. attribuent à la voyelle finale de agneau une durée plus ou moins longue, en partie sans doute sur la foi de l'orth. Ils la notent ô, p. oppos. à la voyelle finale de argot (o), p. ex. Fér. se montre le plus lucide en indiquant dans sa rem. nuancée : ,,1re[syllabe] brève, 2edouteuse`` (en 1768) et ,,2edouteuse, au pluriel elle est longue`` (en 1787). Var. du fém. : agnelle, agnèle. Enq. : /anjo/. 2. Dér. et composés : agnel, agnelage, agnèle, agnelée, agnèlement, agneler, agnelet, agnelette, agnelin, agneline, agnella, agnelle, agnellement, lion-agneau. 3. Forme graph. − Pour la graph. aigneau, cf. p. ex. : ,,Aigneau ne se dit plus, mais il était encore prononcé par nos grands parents`` (A. Diot, Le Patois briard, 1930, p. 26).
Étymol. ET HIST. − 1. Début xiies. agnel « petit d'une brebis » (Psautier d'Oxford, 113, 4 ds T.-L. : li aignel des öeilles); 2. p. ext. a) xiiies. « fourrure d'agneau » (Roman de la Rose, éd. Fr. Michel, V, 215 ds Gay t. 1 1887 : Ou mantiau n'ot pas penne vaire Mès moult vies de povre afaire D'agneaus noirs velus et pesans Bien avoit la robe vingt ans); b) 1665 « agneau tué vendu à la boucherie » (Lettres patentes, Delamare, Traité de la police, liv. V, tit. XXIII, t. 2, p. 1425 ds Dict. hist. Ac. fr. t. 2 1884 : les marchands forains et le peuple de notre dite ville ont ci-devant choisi diverses rues et endroits pour vendre et débiter leurs marchandises et denrées et particulièrement les volailles, gibier, agneaux et autres vivres); 1694 « chair de l'agneau » (Ac. : [...] manger de l'agneau); 3. 1289 fig. relig. désigne le Christ immolé en sacrifice comme l'agneau de l'Ancien Testament (Renart le Nouvel, 6743 ds T.-L. : le dous aigniel K'en crois fist de son cors maisiel); 4. empl. spéc. a) 1690 hérald. (Fur. : Agneau [...] d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles de même, & en point d'un agneau d'argent); b) 1751 bot. « sorte de fougère » (Scaliger ds Encyclop. t. 1 s.v. Agnus Scythicus : [...] Cette graine produit une plante d'environ trois piés de haut, qu'on appelle boramets, ou agneau, parce qu'elle ressemble parfaitement à cet animal); c) 1752 hist. (Trév. : [...] Agneau de Dieu. C'est le nom d'un Ordre de Chevalerie, qui s'appelle autrement de l'Agnus Dei. Cet Ordre fut institué en Suéde par Jean III. en 1569). Empr. au lat. agnellus « petit agneau », dimin. du lat. agnus « agneau » (usité au fig. comme terme d'affection dep. Plaute, Asin. 667 ds TLL s.v., 1349, 75 : agnellum, hædillum me tuom dic esse vel vitellum); ensuite, de plus en plus fréquent, agnellus a repris la plupart des sens de agnus : « petit d'une brebis » (fin viie-viiies., Formulœ Marculfi, 1, 11, p. 49, 11 ds Mittellat. W. s.v., 390, 6 : vervices tantos, agnellus tantos), « chair de l'agneau » (xiiies., Thaddeus, Florent., Cons. 49, 25, ibid., 390, 12 : inconvenientia... sunt agnelli et porci recentes) et terme relig. (860-884, Notker-le-Bègue, Hymn., p. 80, ibid., 390, 16 : Aethiopes horridos, Mathee, agnelli vellere... vestiti candido).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 843. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 1 689, b) 1 293; xxes. : a) 897, b) 909.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Bél. 1957. − Bible 1912. − Bible Suppl. t. 1. 1928. − Boiss.8. − Bouillet 1859. − Bouyer 1963. − Brard 1838. − Bruant 1901. − Daire 1759. − Dauzat (A.). Notes étymologiques. Baron d'agneau, meringue Fr. mod. 1952, t. 20, p. 53. − Dheilly 1964. − Divin 1964. − Dumas 1965 [1873]. − Esn. 1965. − Fér. 1768. − Gay t. 1 1967 [1887]. − Gottsch. Redens. 1930, p. 34, 35, 68. − Grandm. 1852. − Lar. mén. 1926. − Lasnet 1970. − Lav. Diffic. 1846. − Leloir 1961. − Lew. 1960. − Littré-Robin 1865. − Marcel 1938. − Mont. 1967. − Privat-Foc. 1870. − Théol. bibl. 1970. − Théol. cath. Table 1929.

Wiktionnaire

Nom commun

agneau \a.ɲo\ masculin (pour la femelle on dit : agnelle)

  1. (Élevage) Petit du bélier et de la brebis.
    • Un agneau se désaltérait
      Dans le courant d’une onde pure.
      — (Jean de La Fontaine, Le Loup et l’Agneau, in Fables)
    • Sans les peaux des agneaux tués chaque été, les ganteries de Millau n’existeraient pas. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  2. Viande de l’agneau.
    • La salade bulgare était un peu plus sophistiquée qu’ailleurs et l’agneau mangeable. En tout cas, Mara était ravie comme une enfant. — (Gérard de Villiers, SAS : Tuez le pape, Malko Productions, 2001)
  3. Cuir provenant de la peau d’un agneau.
    • Une veste en agneau.
  4. (Figuré) Personne ayant le caractère supposé d’un agneau (doux, docile), image souvent opposée dans ce sens à celle du lion, du loup ou du requin.
    • Ces agneaux courageux portent dans leurs actions, dans leur vie intime, la poésie que les écrivains expriment. Ils sont poètes par le cœur, par leurs méditations à l’écart, par la tendresse […] — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
  5. (Religion) Symbole du Christ crucifié dans la religion chrétienne.
    • Voici l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde. — (La Bible, Jean, 1:29)
  6. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. À ne pas confondre avec l’agneau pascal qui fait l’objet d'une représentation distincte. À rapprocher de l’agneau pascal, du bélier, de la brebis ou du mouton.
    • D’azur au chevron d’or accompagné de deux étoiles du même en chef et d’un agneau d’argent en pointe, qui est de Saint-Brisson-sur-Loire → voir illustration « armoiries avec un agneau »

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.

Nom commun

agnelle \a.ɲɛl\ féminin (pour le mâle on dit : agneau)

  1. (Élevage) Jeune brebis.
    • Ensuite Ama attrape l'agnelle par les pattes de devant ; celle-ci est dressée face à lui. — (Marc Abélès, Le lieu du politique, 1983)
    • Cette tragédie de la misère, du bas profit, de l’agnelle offerte au loup, sur fond de colonisation de terres pas trop fertiles à la fin du XIXe siècle, doit bien toucher une corde sensible. — (Le Devoir, 16 janvier 2016)

Forme de verbe

agnelle \a.ɲɛl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de agneler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de agneler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de agneler.

Note :

On utilise aussi la forme alternative agnèle qui est recommandée par les rectifications orthographiques de 1990.

Nom commun

agnelle \Prononciation ?\ féminin (graphie ABCD)

  1. (Élevage) Agnelle.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AGNEAU. n. m.
Le petit d'une brebis. Agneau de lait. Agneau tardif. Quartier d'agneau. Manger de l'agneau. L'agneau pascal, L'agneau que les Juifs mangeaient à la fête de Pâques. Être doux comme un agneau, se dit d'une Personne d'humeur fort douce. Il se dit même de Certains animaux, comme du chien, du cheval. Ce cheval est doux comme un agneau. On dit dans le même sens C'est un agneau. En langage mystique, L'Agneau sans tache, JÉSUS-CHRIST considéré comme victime des péchés des hommes. On dit dans le même sens et absolument L'Agneau qui efface les péchés du monde.

Littré (1872-1877)

AGNEAU (a-gnô), s. m. AGNELLE (a-gnè-l') s. f.
  • 1Petit d'une brebis. L'agneau et l'agnelle.
  • 2Viande de boucherie, chair d'un agneau. Cet agneau est fort tendre. Côtelette d'agneau.
  • 3Agneau pascal, l'agneau que les Juifs mangeaient à la fête de Pâques.
  • 4 Fig. Le lion rugissant est un agneau paisible, Racine, Esth. II, 9. Faibles agneaux livrés à des loups furieux, Racine, ib. I, 5. Et lions au combat, ils meurent en agneaux, Corneille, Poly. IV, 6.

    PROVERBE

    Être doux comme un agneau, être d'une humeur, d'une nature fort douce. Il est doux comme un agneau en particulier, Montesquieu, Lett. pers. 48. Avec Destin seul, il était doux comme un agneau, Scarron, Rom. com. ch. v.

  • 5En langage mystique, l'agneau sans tache, l'agneau qui efface les péchés du monde, Jésus-Christ.
  • 6 En termes de blason, symbole de la douceur et de la franchise. Agneau pascal, celui qui est peint tenant une banderole.

HISTORIQUE

XIIe s. [Ils sont] Et simple comme aignel, et fier comme liepart, Sax. XXIX.

XIIIe s. Dehors semblans aigniaus pitables, Dedens sommes leus ravissables, la Rose, 1192. Ou [au] mantiau n'ot pas penne vaire, Mès moult viés et de poure afaire, D'agniaus noirs, velus et pesans, ib. 215. Sept signaulx y a en ung livre Que Dieu qui siet ou trosne livre à l'aignel qui sept cornes a Et sept yeulx…, J. de Meung, Tr. 123.

XVIe s. L'aigneau qui plus en son parc lui plaisoit, Marot, II, 218. Un aigneau ayant trois testes en une, Paré, XIX, 20. L'agneau qui aura teté une chevre sera plus farouche que ne porte son naturel, Paré, XVIII, 24.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

AGNEAU. Ajoutez :

7 Couche de sel formant la base d'une gerbe, Enquête sur les sels, 1868, t. II, p. 509.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

AGNEAU. (Théol.) Voyez Pascal.

* AGNEAU, s. m. (Œconom. rustiq.) c’est le petit de la brebis & du bélier. Aussi-tôt qu’il est né on le leve, on le met sur ses piés, on l’accoûtume à téter : s’il refuse, on lui frotte les levres avec du beurre & du sain-doux, & on y met du lait. On aura le soin de tirer le premier lait de la brebis, parce qu’il est pernicieux : on enfermera l’agneau avec sa mere pendant deux jours, afin qu’elle le tienne chaudement & qu’il apprenne à la connoître. Au bout de quatre jours on menera la mere aux champs, mais sans son petit ; il se passera du tems avant qu’il soit assez fort pour l’y suivre. En attendant on le laissera sortir le matin & le soir, & téter sa mere avant que de s’en séparer. Pendant le jour on lui donnera du son & du meilleur foin pour l’empêcher de bêler. Il faut avoir un lieu particulier dans la bergerie pour les agneaux : ils y passeront la nuit séparés des meres par une cloison. Outre le lait de la mere, il y en a qui leur donnent encore de la vesce moulue, de l’avoine, du sain-foin, des feuilles, de la farine d’orge ; tous ces alimens sont bons : on les leur exposera dans de petites auges & de petits rateliers : on pourra leur donner aussi des pois qu’on fera cuire modérément, & qu’on mettra ensuite dans du lait de vache ou de chevre. Ils font quelquefois difficulté de prendre cette nourriture ; mais on les y contraint, en leur trempant le bout du museau dans l’auget, & en les faisant avaler avec le doigt. Comme on fait saillir les brebis au mois de Septembre, on a des agneaux en Fevrier : on ne garde que les plus forts, on envoie les autres à la boucherie : on ne conduit les premiers aux champs qu’en Avril, & on les sevre sur la fin de ce mois. La brebis n’allaite son petit que sept à huit semaines au plus, si on le lui laisse : mais on a coûtume de le lui ôter au bout d’un mois. On dit qu’un agneau ne s’adresse jamais à une autre qu’à sa mere, qu’il reconnoît au bêlement, quelque nombreux que soit un troupeau. Le sain-foin, les raves, les navets, &c. donneront beaucoup de lait aux brebis, & les agneaux ne s’en trouveront que mieux. Ceux qui font du fromage de brebis, les tirent le matin & le soir, & n’en laissent approcher les agneaux que pour se nourrir de ce qui reste de lait dans les pis ; & cela leur suffit, avec l’autre nourriture, pour les engraisser. On vend tous les agneaux de la premiere portée, parce qu’ils sont foibles. Entre tous, on préfere les plus chargés de laine, & entre les plus chargés de laine, les blancs, parce que la laine blanche vaut mieux que la noire. Il ne doit y avoir dans un troupeau bien composé qu’un mouton noir contre dix blancs. Vous châtrerez vos agneaux à cinq ou six mois, par un tems qui ne soit ni froid ni chaud. S’ils restoient beliers, ils s’entre-détruiroient, & la chair en seroit moins bonne. On les châtre en leur faisant tomber les testicules par une incision faite à la bourse, ou en les prenant dans le lacs d’un cordeau qu’on serre jusqu’à ce que le lacs les ait détachés. Pour prévenir l’enflure qui suivroit, on frotte la partie malade avec du sain-doux, & on soulage l’agneau en le nourrissant avec du foin haché dans du son, pendant deux ou trois jours. On appelle agneaux primes ceux qu’on a d’une brebis mise en chaleur, & couverte dans le tems requis : ces agneaux sont plus beaux & se vendent un tiers, & quelquefois moitié plus que les autres. Ces petits animaux sont sujets à la fievre & à la gratelle. Aussi-tôt qu’ils sont malades, il faut les séparer de leur mere. Pour la fievre, on leur donne du lait de leur mere coupé avec de l’eau : quant à la gratelle qu’ils gagnent au menton, pour avoir, à ce qu’on dit, brouté de l’herbe qui n’a point encore été humectée par la rosée, on les en guérit en leur frottant le museau, la langue & le palais, avec du sel broyé & mêlé avec l’hysope ; en leur lavant les parties malades avec du vinaigre, les frottant ensuite avec du sain-doux & de la poix-résine fondue ensemble. On s’apercevra que les agneaux sont malades, aux mêmes symptomes qu’on le reconnoît dans les brebis. Outre les remedes précédens pour la gratelle, d’autres se servent encore de verd-de-gris & de vieux-oing, deux parties de vieux-oing contre une de verd-de-gris ; on en frotte la gratelle à froid : il y en a qui font macérer des feuilles de cyprès broyées dans de l’eau, & ils en lavent l’endroit du mal.

Agneau, (Cuisine.) Tout ce qui se mange de l’agneau est délicat. On met la tête & les piés en potage : on les échaude, on les assaissonne avec le petit-lard, le sel, le poivre, les clous de girofle, & les fines herbes : on frit la cervelle après l’avoir bien saupoudrée de mie de pain : on met la fressure au pot, ou dépecée en morceaux on la fricasse : on sert la poitrine frite : on la coupe par morceaux ; on la fait tremper dans le verjus, le vinaigre, le sel, le poivre, le clou de girofle, le laurier, pendant quatre heures : on fait une pâte claire de farine, jaune d’œufs & vin blanc : on a une poële de beurre ou de sain-doux toute prête sur le feu, & l’on y jette les morceaux d’agneau, après qu’on les a tournés & retournés dans la pâte claire ; mais il faut pour cela que le beurre fondu soit assez chaud. On peut faire une entrée avec la tête & les piés ; les piés sur-tout seront excellens, si on en ôte les grands os, qu’on en remplisse le dedans d’une farce grasse de blanc de volaille, de perdrix, de riz, avec truffes, champignons, moelle, lard blanchi & haché, fines herbes, sel, poivre, clous, crême, & jaune d’œufs. On partage l’agneau par quartiers, & on le met à la broche ; c’est un très-bon rôti. Voilà la vieille cuisine, celle de nos peres. Il n’est pas possible de suivre la nouvelle dans tous ses rafinemens : il vaudroit autant se proposer l’histoire des modes, ou celle des combinaisons de l’Alchimie. Tous les articles de la Cuisine ne seront pas faits autrement. Nous ne nous sommes pas proposés de décrire les manieres différentes de dénaturer les mets, mais bien celle de les assaisonner.

Question de Jurisprudence. Les agneaux sont-ils compris dans un legs fait sous le nom d’oves ? Non, il faut les en séparer. Mais à quel âge un agneau est-il mis au nombre des brebis ? A un an dans quelques endroits ; à la premiere tonte de laine dans d’autres.

La chair des agneaux trop jeunes passe pour gluante, visqueuse, & mauvaise nourriture.

Dans des tems de mortalité de bestiaux, on a quelquefois défendu de tuer des agneaux. On lit dans un Reglement de Charles IX. du 28 Janvier 1563, art. 39 : Inhibons & défendons de tuer ni manger agneaux, de ce jour en un an, sous peine de dix livres d’amende. Différens anciens Reglemens restreignent le tems du commerce des agneaux au tems seul compris depuis Pâques jusqu’à la Pentecôte. Il y en eut aussi qui fixerent l’âge auquel ils pouvoient être vendus, & il ne fut permis de tuer que les agneaux d’un mois, de six semaines, & de deux mois au plus. Le tems de la vente des agneaux s’étendit dans la suite depuis le premier de Janvier jusqu’après la Pentecôte.

Il y eut un Arrêt en 1701, qui ne permit de vendre & tuer des agneaux que dans l’étendue de dix lieues aux environs de Paris, & que depuis Noël jusqu’à la Pentecôte. Si l’on fait attention à l’importance qu’il y a d’avoir des laines en quantité, on conviendra de la sagesse de ces lois & de celle du gouvernement, qui n’a presque pas perdu de vûe un seul des objets qui pourroient intéresser notre bien-être. Nous avons un nombre infini d’occasions de faire cette réflexion, & nous ne nous lasserons point de la répéter, afin que les peuples apprennent à aimer la société dans laquelle ils vivent, & les Puissances qui les gouvernent.

Agneau, (Mat. med.) On emploie plusieurs de ses parties en Medecine. Hippocrate dans son traité de superfætatione, ordonne d’appliquer une peau d’agneau toute chaude sur le ventre des filles qui sont incommodées par une suppression de regles, dans le dessein de relâcher les vaisseaux de l’uterus & d’en diminuer la tension.

M. Freind dans son Emmenalogie recommande des fomentations émollientes pour le même effet : mais la chaleur balsamique de la peau d’un agneau nouvellement tué, me paroît plus propre qu’aucune autre chaleur artificielle à relâcher les vaisseaux.

Ses poumons sont bons dans les maladies de la poitrine ; son fiel est propre contre l’épilepsie, la dose en est depuis deux gouttes jusqu’à huit. La caillette qui se trouve au fond de son estomac est regardée comme un antidote contre les poisons. Les poumons de cet animal brûlés & réduits en poudre guérissent les meurtrissures que causent les souliers trop étroits.

L’agneau contient une grande quantité d’huile & de sel volatil. Les parties de l’agneau les meilleures & les plus légeres sont, suivant Celse, la tête & les piés. Il donne un suc gluant.

L’agneau est humectant, rafraîchissant ; il nourrit beaucoup & adoucit les humeurs acres & picotantes : quand il est trop jeune & qu’il n’est pas assez cuit, il est indigeste. Il convient dans les tems chauds aux jeunes gens bilieux : mais les personnes d’un tempérament froid & phlegmatique, doivent s’en abstenir & en user modérément. (N)

La peau d’agneau garnie de son poil & préparée par les Pelletiers-Fourreurs ou par les Mégissiers, s’emploie à de fort bonnes fourrures qu’on appelle fourrure d’agnelins.

Ces mêmes peaux dépouillées de la laine, se passent aussi en mégie, & on en fabrique des marchandises de ganterie. A l’égard de la laine que fournissent les agneaux, elle entre dans la fabrique des chapeaux, & on en fait aussi plusieurs sortes d’étoffes & de marchandises de bonneterie.

* Agneaux de Perse, (Commerce.) Les fourrures de ces agneaux sont encore préférées en Moscovie à celles de Tartarie : elles sont grises & d’une frisure plus petite & plus belle : mais elles sont si cheres qu’on n’en garnit que les retroussis des vêtemens.

* Agneaux de Tartarie, (Commerce.) agneaux dont la fourrure est précieuse en Moscovie : elle vient de la Tartarie & des bords du Volga. La peau est trois fois plus chere que l’animal sans elle. La laine en est noire, fortement frisée, courte, douce & éclatante. Les Grands de Moscovie en fourrent leurs robes & leurs bonnets, quoiqu’ils pussent employer à cet usage les martres zibelines, si communes dans ce pays.

Agneau de Scythie. Voyez Agnus Scythicus.

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Étymologie de « agneau »

De l’ancien français agnel, du latin agnellus (« petit agneau, agnelet »), diminutif de agnus (« agneau »).
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Bourguig. ainille ; picard, aignieu ; Berry, aigneau, igneau ; wallon, ognai ; Namur, agnia ; provenç. agnel, anhel ; ital. agnello ; d'agnellus, diminutif d'agnus, agneau ; dans l'anc. lat. arnus. L'ancien français déclinait ce mot : nominatif li agnaus, régime le agnel ; pluriel li agnel, régime les agnaus. Ménage dit : « Tous les Parisiens généralement prononcent anneau, au lieu d'agneau : un quartier d'anneau, qui est une prononciation très vicieuse à cause de l'équivoque ; et cependant, ces messieurs étant les maîtres du langage, il faut parler comme eux. » La prononciation véritable a repris le dessus sur celle que Paris avait au XVIIe siècle ; il est possible que cette prononciation qui supprime le g ait d'anciennes racines ; car il y avait dans la haute antiquité française, en certains lieux du moins, tendance à atténuer les consonnes ; et dans le bourguignon, comme on a vu, le g est supprimé aussi.

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Phonétique du mot « agneau »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
agneau aɲo

Évolution historique de l’usage du mot « agneau »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « agneau »

  • Garde-toi des idoles, marche, danse, écris et lis, mais surtout garde la parole, sinon ce sera demain le "silence des agneaux". De Paul Virilio / Entretien avec Christophe Grauwin - Décembre 1999-Janvier 2000
  • Piquer l'agneau avec une fourchette et le masser pour l'enrober de cette marinade. France Inter, Recette de poitrine d'agneau en croûte
  • Amants agneaux deviennent maris loups. Isaac de Benserade, Poème sur l'accomplissement du mariage de Leurs Majestés
  • […] Comme les loups aiment les agneaux. Platon, Phèdre, 241d (traduction S. Weil)
  • Mieux vaut tondre l'agneau Que le pourceau. De Proverbe français
  • Où le loup trouve un agneau, il y en cherche un nouveau. De Proverbe français
  • Tu peux te faire pendre aussi bien pour un mouton que pour un agneau. De Proverbe australien
  • Humble comme un agneau, diligente comme une abeille, belle comme un oiseau de paradis, fidèle comme une tourterelle. De Proverbe russe
  • Le gros-qui-tache est au mouton-rothschild ce que la brebis galeuse est à l'agneau pascal. De Pierre Dac
  • La femme idéale, pour l'homme, est une colombe qui a les qualités de la fourmi ; et l'homme idéal, pour la femme, est un lion avec la patience de l'agneau. De Anonyme
  • On vend au marché plus de peaux d’agneaux que de peaux de loups. De Proverbe bulgare
  • Dieu est un étrange berger, qui attend de ses agneaux qu'ils soient dévots. De Claude Frisoni / Pièces montées
  • Viande d’exception, l’agneau se cuisine de 1001 manières et offre de succulents plats traditionnels. France Bleu, On cuisine ensemble la viande d'agneau avec France Bleu Alsace
  • Dans une nouvelle vidéo choc, l'association de lutte pour la protection animale montre le sort d'agneaux dans l'Aveyron. Parqués dans des élevages intensifs dont ils ne sortent jamais, certains finissent leur vie égorgés sans être étourdis. L214 porte plainte. France Inter, Agneaux parqués, tués sans étourdissement : L214 dénonce "la face cachée du Roquefort"
  • À la poêle, au four ou au barbecue pour l'été, découvrez nos recettes les plus faciles et délicieuses de côtelettes d'agneau. À déguster absolument ! Femme Actuelle, Nos meilleures recettes de côtelettes d’agneau : Femme Actuelle Le MAG
  • Mardi soir, un passant alerte la police du Havre. Il découvre un agneau mort aux jardins suspendus. L'animal a été battu à mort, une enquête est en cours. France Bleu, Un agneau battu à mort aux jardins suspendus du Havre
  • Un agneau à 6,56 €/kg en semaine 23 (du 1er au 7 juin), «c’est une cotation qu’on n’avait pas vue aussi haute depuis vingt ans», s’est étonnée Cassandre Matras, cheffe de projet Ovins lors d’un webinaire organisé par l'Idele. Si le cours de l’agneau avait plongé de manière inédite juste avant Pâques, il s’est relevé et se maintient depuis à des niveaux proches du traditionnel pic pascal. «On aurait pu s’attendre à une baisse des prix après le Ramadan, mais la réouverture des restaurants a réactivé la demande», souligne Cassandre Matras pour expliquer cette évolution. Dans ce contexte, les exportations demeurent toujours faibles, en particulier pour celles en provenance du Royaume-Uni, affaibli par le Brexit, ou de la Nouvelle-Zélande, privilégiant le marché chinois. «C’est l’Irlande qui tire son épingle du jeu», souligne Cassandre Matras, alors que les importations en provenance de ce pays ont augmenté de 5% par rapport à 2019. Portail Réussir, [Vidéo] Un record pour le prix de l'agneau | Portail Réussir
  • L’éleveur fait ensuite le tour de sa parcelle et constate que trois brebis ont été dévorées, ainsi qu’un agneau. Il contacte la gendarmerie, qui dépêche un garde-chasse le lendemain pour venir constater. Ce dernier confirme : « C’est bien l’œuvre des vautours. » Mais pour le garde-chasse, « les brebis devaient être crevées, soupire Jean-Paul Robert. Une, ça peut arriver, mais trois, ce n’est pas possible… » , Faits-divers - Justice | Des vautours dévorent trois brebis et un agneau en pays sauguain
  • Le Groupement de Développement Agricole des Duyes et Bléone organise la 66e édition avec un concours d'agnelles Mourerous. L’élevage alpin ayant évolué, de sédentaire vers transhumant, la foire d’août ne remplit plus tout à fait son rôle. Le GDA a donc décidé de faire une foire en octobre, une fois que les agnelles sont redescendues de leurs vertes pâtures estivales. , Thoard : la Foire aux Agnelles le 26 octobre - Haute Provence Info
  • La gérante de la ferme de la Demoiselle à Augisey a retrouvé ce jeudi 16 avril, dans la matinée une agnelle morte, éventrée et présentant une plaie importante au cou. , Augisey | Agnelle retrouvée morte: les fermiers suspectent un loup
  • Cette agnelle d’un an et demi, approximativement, est sans médaille et sans marque de peinture sur le dos. Photo M. V. Nice-Matin, Avis de recherche: à qui appartient cette jeune brebis qui erre dans l'arrière-pays? - Nice-Matin
  • Sur la commune d'Anost (Saône-et-Loire), un loup aurait-il attaqué un troupeau d'ovins début avril ? Dans son constat de prédation d'une agnelle qu'il a effectué le vendredi 3 avril, l'Office français de la biodiversité (OFB) relève quelques indices pouvant correspondre à une attaque de loup. www.lejdc.fr, Une agnelle a-t-elle été attaquée par un loup sur les contreforts du Morvan ? - Anost (71550)

Images d'illustration du mot « agneau »

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Traductions du mot « agneau »

Langue Traduction
Anglais lamb
Espagnol cordero
Italien agnello
Allemand lamm
Chinois 羊肉
Arabe لحم ضأن
Portugais cordeiro
Russe ягненок
Japonais 子羊
Basque arkumea
Corse agnellu
Source : Google Translate API

Synonymes de « agneau »

Source : synonymes de agneau sur lebonsynonyme.fr
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