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Brebis

Définitions du mot « brebis »

Trésor de la Langue Française informatisé

BREBIS, subst. fém.

A.− ZOOL. [Dans la race ovine] Femelle adulte. Brebis blanche; le bêlement de la brebis; (faire) paître les brebis :
1. ... régimes de cochons noirs serrés comme des dattes; cohues de chèvres à l'odeur puissante, dominées par un bouc diabolique; chambrées de brebis bien ondulées, les yeux maquillés de noir, que conduit un bélier talonné par son harem; ... T'Serstevens, L'Itinéraire espagnol,1933, p. 186.
SYNT. Douce brebis, brebis pleine; fromage, lait de brebis; laine, toison de brebis; troupeau de brebis; tondre, traire les brebis.
B.− Au fig.
1. [P. réf. aux qualités traditionnellement prêtées à la brebis]
Personne d'une innocence, d'une douceur exceptionnelle :
2. Agneau sans tache, elle allait au ciel, et ne regrettait ici-bas que la douce compagne de sa froide vie, (...) elle tremblait de laisser cette brebis, blanche comme elle, seule au milieu d'un monde égoïste qui voulait lui arracher sa toison, ses trésors. Balzac, Eugénie Grandet,1834, p. 218.
Péj. [P. réf. au personnage de la brebis dans le Roman de Renard] Personne craintive et trop docile, conformiste et passive :
3. Un dixième environ recevra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau. Maintenus dans la soumission sans bornes des brebis, ils atteindront, en revanche, l'état d'innocence de ces intéressantes créatures. Camus, Les Possédés,adapté de Dostoievski, 1959, p. 1048.
Brebis galeuse. Personne considérée comme néfaste et que pour cette raison on tient à l'écart :
4. Ainsi, sous la domination de l'homme, le beau sexe était tout pareil à un troupeau bien conduit, et si bien morigéné, que ce troupeau en était arrivé à faire lui-même sa police, et à chasser spontanément de sa masse toutes les têtes indociles, toutes les brebis galeuses. Larbaud, Fermina Marquez,1911, p. 67.
2. [Symbolisme chrétien; p. réf. à la parabole du bon Pasteur (Jean, 10, Luc, 15)] Chrétien fidèle au Christ comparé à un berger. Brebis égarée. Chrétien tombé dans le péché :
5. Jésus aussi était un simple berger. Mais quel berger mon enfant. Berger de quel troupeau. Pasteur de quelles brebis. En quel pays du monde. Pasteur de cent brebis qui sont demeurées dans le bercail, pasteur de la brebis égarée, pasteur de la brebis qui revient. Péguy, Le Porche du mystère de la 2evertu,1911, p. 208.
3. Locutions et proverbes Faire un repas de brebis. Manger sans boire. À brebis tondue Dieu mesure le vent. Les épreuves qui nous sont imposées sont proportionnées à nos forces (cf. Amiel, Journal intime, 1866, p. 405).Qui se fait brebis, le loup le mange. Les gens qui ont trop de bonté sont victimes des méchants. Brebis comptées, le loup les mange. On n'est jamais à l'abri d'un accident, malgré les précautions prises.
C.− TECHNOL. ,,Pièce de bois qui supporte l'effort de la vis d'un pressoir`` (DG).
Rem. Pour le sens, comparer des mots comme chevalet, chèvre, etc.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [bʀ əbi]. Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834, Gattel 1841 et Littré notent que l's final se prononce devant voyelle. Enq. : /bʀ əbi/. 2. Forme graph.Fér. Crit. rappelle que Rollin écrit au sing. brebi sans s.
ÉTYMOL. ET HIST. − Début xiies. berbis (Lois de Guillaume, 6 dans Littré); xvies. accept. chrét. (Calvin, Serm. sur l'Epitre aux Galates, 33 dans Hug. : Il ne faut qu'une brebis rongneuse pour gaster tout le troupeau). Du lat. vulg. berbix (acc. berbicem, ives., Flavius Vopiscus dans Forc., s.v. berbex) issu de berbex, -ecis « mouton », lui-même altération du lat. class. vervex, soit sous l'infl. de noms d'animaux comme perdrix, soit par l'infl. de nutrix qui expliquerait le passage sém. de « mouton » à « brebis » (v. FEW t. 14, p. 338a). Le type vervex/berbex a éliminé le terme gén. ovicula qui ne subsiste que dans certains parlers de l'Ouest et du Centre sous la forme ouailles*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 726. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 076, b) 881; xxes. : a) 1 251, b) 944.
BBG. − Baist (G.). Zur Lautgeschichte. Z. rom. Philol. 1904, t. 28, p. 95. − Cohen 1946, p. 12. − Duch. 1967, § 56. − Gardette (P.). À l'orig. du prov. et du francoprov. R. Ling. rom. 1962, t. 26, p. 76. − Gottsch. Redens. 1930, p. 34, 35; pp. 67-68. − Ringenson (K.). Les N. de la chèvre en fr. St. neophilol. 1957, t. 29, p. 15. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 165; t. 3, 1972 [1930], p. 442. − Thomas (A.). Nouv. essais de philol. fr. Paris, 1904, p. 337.

Wiktionnaire

Nom commun

brebis \bʁə.bi\ féminin (pour le mâle on dit : bélier), singulier et pluriel identiques

  1. Femelle du bélier.
    • […] et on n’entend jamais, en traversant un village, le beuglement d’une vache, le bêlement d’une brebis. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  2. (Par extension) Fromage fait à partir de lait de brebis.
  3. (Religion) Chrétien, en tant qu’il est sous la conduite de son pasteur.
    • Voilà, le dix-neuvième siècle finissant, ce qui s'est passé dans la République française. Et de douces brebis du Christ demandent à recommencer. — (Georges Clemenceau, À l'Île du Diable dans L'Aurore, 9 juillet 1899 - En réunion dans Justice militaire, Stock, 1901, p.248)
    • On ne m’a pas toujours écouté et je le déplore  ; je le regrette pour vous, mes frères, pour vous, mes sœurs, et pour moi aussi, car le Seigneur, un jour, me demandera compte des brebis que j’ai laissées s’égarer. — (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Si elle a bien compris monsieur le Curé, il faut agir auprès des âmes comme un chien de berger, regrouper les brebis égarées sous la houlette du Bon Pasteur, et sans tarder. Plus proche le nuage, plus fort l’effroi, plus prompte aussi doit être la résipiscence. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  4. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. À rapprocher de l’agneau, de l’agneau pascal, du bélier et du mouton.
    • De sinople à la brebis paissante d’or, qui est de Flassans-sur-Issole → voir illustration « armoiries avec brebis »
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BREBIS. n. f.
Femelle du bélier. Brebis blanche. Brebis noire. Lait de brebis. Toison de brebis. Fam., Fuir, éviter une personne comme une brebis galeuse, Fuir, éviter une personne dont le commerce est dangereux ou désagréable. On dit de même figurément C'est une brebis galeuse qu'il faut séparer du troupeau. Fig. et fam., Faire un repas de brebis, Manger sans boire. Prov. et fig., Brebis qui bêle perd sa goulée, Voyez BÊLER. Prov. et fig., À brebis tondue Dieu mesure le vent, Dieu proportionne à notre faiblesse les maux qu'il nous envoie. Fig. et fam., C'est bien la brebis du bon Dieu, C'est un être si inoffensif, si patient, qu'on peut l'attaquer sans qu'il cherche à se défendre ou qu'il songe à se plaindre. Prov. et fig., Faites-vous brebis, le loup vous mangera, ou plus ordinairement, Qui se fait brebis, le loup le mange, Ceux qui ont trop de bonté, de douceur encouragent les méchants à leur nuire. En termes d'Écriture sainte, il se dit figurément d'un Chrétien, en tant qu'il est sous la conduite de son pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le bon pasteur va chercher la brebis égarée pour la ramener au troupeau. En termes d'Arts, il se dit de la Pièce de bois qui supporte l'effort de la vis d'un pressoir.

Littré (1872-1877)

BREBIS (bre-bi ; l's se lie : les brebis et les loups, dites : les bre-bi-z et les loups) s. f.
  • 1Femelle du bélier. Ce matin une brebis frappée S'est de la main du prêtre et du temple échappée, Mairet, Sophon. V, 4.

    Fig. En langage ecclésiastique, un chrétien sous la conduite de son pasteur. Pouvez-vous croire que j'abandonne mes chères brebis ? Bossuet, Lett. abb. 272.

    Une impure brebis séparée d'Israël, un chrétien infidèle à sa foi.

    C'est la brebis du bon Dieu, c'est une personne tout à fait inoffensive.

    Faire un repas de brebis, manger sans boire.

    Une brebis galeuse, une personne qu'on évite, qu'on rebute, soit par de justes motifs, soit par prévention.

  • 2Sommier de bois d'un pressoir à cidre.

PROVERBES

Brebis comptées le loup les mange, il ne suffit de compter, il faut veiller.

À brebis tondue Dieu mesure le vent, c'est-à-dire Dieu proportionne les épreuves à notre faiblesse.

Brebis qui bêle perd sa goulée, c'est-à-dire en parlant beaucoup on perd le temps de manger ou d'agir.

Faites-vous brebis, le loup vous mange, ou qui se fait brebis, le loup le mange ; c'est-à-dire ceux qui ont trop de bonté, trop de douceur, encouragent les méchants à leur nuire.

Brebis trop apprivoisée, de trop d'agneaux est tetée, Cotgrave

HISTORIQUE

XIe s. Cil ki aveir [bétail] escut [retire] u chivalz u buefs u vaches u porcs u berbis, Lois de Guill. 6.

XIIe s. Ne remist buef ne vache, ne chapuns ne geline, Cheval, porc ne berbiz ne de blé plaine mine, Th. le mart. 120.

XIIIe s. Si que j'en ai les brebis grasses, Et li pastour auront les maigres, Combien que ce mot lor soit aigres, la Rose, 11404. D'un leu [loup] raconte qui jadis Vit un corbel qui fu assis De sor le dos d'une brebis, Du Cange, berbix.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BREBIS. - ÉTYM. Ajoutez : Vervecem, au sens général de bête ovine : arietem immaculatum de vervecibus, se trouve dans un texte du VIe siècle (voy. Rev. crit. 28 mai 1870, p. 347).

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

BREBIS, ovis, sub. f. (Hist. nat. Zoolog.) animal quadrupede femelle, dont le bélier est le mâle ; cependant c’est du nom de la femelle qu’on a dérivé les noms génériques oviaria & oviarium pecus, troupeaux de brebis. Voyez Bélier. Il y a des brebis qui ont de petites cornes : mais la plûpart n’en ont point. On a distingué plusieurs sortes de brebis, par la différence du poil ou de la laine : on les a aussi désignées par les noms des pays où elles se trouvoient. M. Linnæus a réduit toutes celles dont il est fait mention dans plusieurs auteurs, à trois especes principales.

La brebis domestique, & celle qui a une très-grande queue, sont comprises sous la premiere espece. Voy. Mouton.

La seconde est celle du Strepsiceros de Crete ou de Candie, qui a les cornes droites & entourées par une gouttiere dirigée en spirale ; au reste, elle ne differe guere des nôtres. Bellon dit qu’il y en a de grands troupeaux sur le mont Ida.

La troisieme espece comprend les brebis de Guinée ou d’Angole ; elles sont plus grandes que les nôtres ; le derriere de la tête est plus saillant, les oreilles sont pendantes, & les cornes petites & recourbées en-bas jusqu’aux yeux : ces brebis ont une criniere qui descend plus bas que le cou, des poils courts comme ceux du bouc au lieu de laine, & un fanon sous la gorge comme le bœuf. Voyez Mouton, Quadrupede. Ray, synop. anim. quadrup. Linnæi, syst. nat. (I)

* Choix des brebis. Le profit qu’on tire d’un troupeau, dépend principalement de la bonté des brebis. Une bonne brebis a le corps grand, les yeux de même, & fort éveillés ; la queue, les jambes, & les tétines longues ; le ventre grand & large ; la démarche libre & alerte ; les jambes bas jointées ; la tête, le dos & le cou, garnis de laine longue, soyeuse, déliée, luisante & blanche. La brebis noire n’est pas si estimée que la blanche : la grise & la tachetée de différentes couleurs, l’est encore moins.

Age de la brebis. Que votre brebis ne soit ni trop jeune ni trop vieille. Celle de deux ans sera bonne à garder : laissez celle qui en aura plus de trois.

L’âge d’une brebis se connoît à ses dents qui se fortifient jusqu’à trois & quatre ans. Passé cet âge, elles deviennent inégales entr’elles. Mais c’est une affaire d’expérience que d’estimer l’âge par ces différences.

Espece de brebis. Les brebis étrangeres vous rapporteront plus que les communes. Les flandrines, ou celles qui sont venues des Indes en Hollande & en Flandre, vous donneront au moins deux agneaux par an ; seront plus fortes que vos brebis ordinaires ; porteront deux fois plus de laine, & l’auront plus fine, & vous procureront des moutons & des béliers plus forts.

Ayez donc un bélier flandrin avec quelques brebis de cette espece.

Il y a dans le pays Bressan, aux environs de Mantoue, des brebis dont la laine est grossiere, mais qu’on tond jusqu’à trois fois par an : elles sont d’ailleurs si vigoureuses, qu’on peut les mener aux champs en tout tems.

Le pays Tessin a ses brebis : elles sont aussi vigoureuses que les Bressanes, mais elles portent moins de laine. En récompense, elles sont belles, grosses, & donnent de beaux agneaux. Les bâtardes du Bressan sont estimées ; cependant elles sont moins fortes que les naturelles, quoique plus fortes que les Tessines. On dit que c’est aux brebis de Barbarie que l’Angleterre doit la beauté de ses draps : ce qu’il y a de certain, c’est qu’elles donnent trois fois plus de lait que les brebis du pays ; que la laine en est plus fine, & qu’on en tire deux fois davantage.

Choisissiez entre ces brebis les meilleures, & formez-en votre troupeau. Ayez de bonnes bergeries ; voyez l’article Bergerie. Ne négligez pas le choix du berger ; voyez les articles Berger & Chien de Berger.

Les brebis sont timides, douces, sensibles au chaud & au froid, & fort sujettes à maladie : elles ne passent guere neuf ans.

Nourriture des brebis. Il faut les nourrir d’herbes, de foin, de paille, & de son dans la bergerie : on peut aussi leur donner des raves, des navets, & des joncs marins hachés ; de la vesce, du sainfoin, & de la luserne : dans les tems de disette, des feuilles d’ormeau, de frêne, & de bouleau, du cythise, des cosses & feuilles de légumes, des choux, &c. C’est principalement en hyver qu’on use de ces secours, au défaut des pâturages.

Lorsque le tems du pacage est venu, au printems, en automme, & en hyver, on les y mene une fois par jour : elles sortent sur les neuf heures, & on les ramene avant le soleil couché. En été, elles y vont deux fois le jour. Elles partent dès le grand matin, & rentrent sur les dix heures : on les fait boire : on les renferme dans la bergerie ; elles y reposent jusqu’à trois heures qu’elles retournent aux champs, où elles paissent jusqu’au coucher du soleil, qu’on les fait boire une seconde fois, avant que de les renfermer. On ne les fait boire qu’une fois dans les autres saisons.

Il ne faut pas mener paitre au loin les brebis qui ont des agneaux ; il faut même alors leur donner le matin de bon foin. Tirez leur lait le matin, avant qu’elles sortent, & le soir quand elles reviennent.

Recommandez à votre berger d’éviter les pâturages épais & marécageux ; qu’il choisisse les lieux secs, aérés, élevés, ceux qui abondent en plantes odoriférantes, & les collines : les chardons & les épines gâtent la laine, & donnent la galle aux brebis. Mais il n’y a point de meilleurs pâturages que les bords de la mer & les environs des marais salans. Qu’il les fasse paitre à l’ombre dans les grandes chaleurs.

Il faut tenir le bélier séparé des brebis, soit aux champs, soit dans la bergerie, à moins qu’elles ne soient en chaleur ; & pour augmenter son troupeau, il en faut séparer toutes les vieilles brebis. Ce triage se fera sur la fin d’Avril.

La paille qu’on donne aux brebis se remet en gerbe, qu’on vend ; car les bêtes à laine n’en rongent que l’épi. On parque les brebis ; voyez l’article Parcage. On les tond vers le mois de Mai ; voy. Tonte. On les engraisse quand on veut s’en défaire ; voy. Engrais. Quant à la propagation, voici comment on y procede.

Multiplication des brebis. Les brebis sont en chaleur depuis la Toussaint jusqu’au mois d’Avril ; elles agnelent donc aussi pendant six mois : elles portent pendant cinq. Comme le froid feroit périr les agneaux qui naîtroient avant Décembre, on ne laisse approcher le bélier des brebis, que vers la fin de Juillet ou au mois d’Août.

Ne laissez le bélier avec vos brebis que le tems qu’il faut pour qu’elles conçoivent. Vos agneaux vous viendront au tems où vous les attendrez, & vous ménagerez votre bélier. Nourrissez bien votre bélier pendant qu’il travaille, & faites prendre de l’eau salée à la brebis.

Il faut veiller sur les brebis, quand le tems de l’agnation approche. L’agneau & la mere périront souvent si on ne les aide. Voyez l’article Agneau. Vous enfermerez les brebis qui auront agnelé pendant quatre jours, avec du bon foin, du son mêlé d’un peu de sel, & de l’eau tiede, blanchie avec un peu de farine de millet ou de froment. Donnez-leur aussi de la feuille d’orme ou de frêne, amassée dans la saison. Le cinquieme jour, elles pourront aller aux champs, mais non loin, de peur que leur lait ne s’échauffe. Si l’on veut tirer partie du lait de la brebis, il ne faut pas que l’agneau la tete.

Maladies des brebis. Comme les brebis sont fort délicates, elles sont, comme nous l’avons dit plus haut, sujettes à plusieurs maladies. Il faut soigneusement séparer les malades des autres. On s’en appercevra à plusieurs signes ; elles auront alors la tête lourde & les yeux troubles ; elles négligeront les pâturages ; elles ne bondiront point ; elles marcheront lentement ; elles se tiendront à l’écart ; elles chercheront l’ombre & la solitude ; elles chanceleront en marchant ; elles se coucheront souvent ; elles se traineront après les brebis saines : le berger ne sauroit y regarder de trop près.

Voici un remede qui soulage assez généralement les bestiaux.

Prenez du foie d’antimoine, enveloppez-le dans un linge, mettez-le tremper dans une pinte de vin blanc ; ajoûtez huit dragmes de sené, du sucre, de la noix muscade, & autres épices ; laissez infuser le tout 24 heures, & donnez un demi-septier de cette infusion à chaque brebis : cependant tenez la brebis ainsi médicamentée dans un lieu chaud, & ne la faites manger que le soir.

Les brebis sont principalement sujettes à la galle, voyez Galle : à la fievre, voyez Fièvre : aux poux, voyez Poux : à la clavelée ou claveau, voyez Clavelée : à la toux, à l’enflure, à la difficulté de respirer ; ce qui marque abondance de sang, ou obstruction dans les visceres de la respiration. On les soulagera en leur fendant les naseaux, ou en leur coupant les oreilles : à la morve, voyez Morve : à l’avertin, vertige, étourdissement, sang, folie ou tournant, voyez Avertin. Elles deviennent boiteuses ou de lassitude, ou parce que leurs ongles sont amollis, ou parce qu’elles ont resté long-tems dans leur fiente. Si c’est lassitude, laissez-les reposer dans la bergerie ; si c’est ongles amollis, coupez-leur l’extrémité de l’ongle gâté, mettez-y de la chaux vive, onveloppée d’un linge pendant un jour ; le lendemain substituez le verd-de-gris, & ainsi alternativement, chaux & verd-de-gris, jusqu’à ce que l’ongle soit guéri. Il y en a qui préferent à ce remede, de la vieille huile de noix ou d’olive, mise en onguent par l’ébullition, avec de l’alun pulverisé. Elles sont encore sujettes aux abcès, qu’il faut ouvrir quelque part qu’ils paroissent : quand l’abcès sera ouvert & vuidé, on distillera dedans de la poix fondue avec du sel brûlé & mis en poudre, & l’on fera boire à la brebis de la thériaque délayée dans de l’eau. A la peste, qui les attaque en été & en hyver ; elles en meurent quand elles en sont malades : mais on préviendra cet accident, si on leur fait prendre pendant une quinzaine, au commencement du printems & de l’automne, tous les matins avant qu’elles aillent aux champs, de l’eau où l’on aura fait infuser la sauge & le marrube. Si une brebis se rompt la jambe, on la lui frottera avec de l’huile & du vin mêlés ; on l’entortillera avec des linges, & on la soûtiendra avec des éclisses : on la fera reposer trois ou quatre jours dans la bergerie ; le cinquieme elle pourra suivre les autres aux champs.

Usage. La brebis fournit dans le commerce les mêmes marchandises que le bélier & le mouton ; entre autres de la laine, qui sert dans les manufactures d’étoffes ; & sa peau, qu’on vend aux Tanneurs & aux Mégissiers.

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Étymologie de « brebis »

De l’ancien français berbis, issu du latin populaire de Gaule *berbīcem, accusatif de *berbīx, altération du latin classique berbex « mouton, bélier », variante de vervex.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Berry, berbis, barbis ; picard, berbis ; provenç. berbitz ; ital. berbice ; bas-lat. berbix, dans les plus vieux textes ; de vervex, bélier. On cite, dans Pétrone, une forme berbex, mais douteuse. Chifflet remarque que l's ne se prononce pas, même devant une voyelle ; cela a changé.

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Phonétique du mot « brebis »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
brebis brǝbi

Évolution historique de l’usage du mot « brebis »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « brebis »

  • À brebis tondue Dieu mesure le vent. Henri Estienne, Les Prémices
  • Heureux qui vit en paix du lait de ses brebis, Et qui de leur toison voit filer ses habits. Honorat de Bueil, seigneur de Racan, Les Bergeries, V, 1
  • Tu as confié la brebis au loup. Térence en latin Publius Terentius Afer, L'Eunuque, V, 1
  • A chaque troupeau sa brebis galeuse ! De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • Folle est la brebis qui au loup se confesse. De Proverbe français
  • Femmes et brebis doivent être rentrées avant la nuit. De Proverbe portugais
  • Les brebis s'égarent quand le maître est absent. De Érasme / Adages
  • Ne donne pas au loup la brebis à garder. De Proverbe français
  • Dieu mesure le froid à la brebis tondue. De Proverbe français
  • La brebis morte n’a plus peur du loup. De Proverbe turc
  • Quand les brebis enragent, elles sont pires que les loups. De Proverbe français
  • La moisson. On tond la terre comme une brebis. De Paul Claudel / Connaissance de l’Est
  • Cinquante brebis sans un berger ne font pas un troupeau. De Proverbe russe
  • Les brebis qui bêlent le plus ne sont pas les meilleures. De Proverbe agenais
  • Quand les brebis vont au champ, La plus sage va devant. De Proverbe français
  • Des grands corbeaux ont-ils attaqué des brebis vivantes à Montdurausse ? Dans cette commune proche de Salvagnac, à la frontière avec le Tarn-et-Garonne, un jeune éleveur d’ovins a prévenu mardi dernier l’office français de la biodiversité (OFB) du Tarn. Depuis une dizaine de jours, l’agriculteur retrouvait des bêtes mortes sur son exploitation. "Au début, avec le vétérinaire, on ne savait pas ce que c’était, on pensait à des serpents", témoigne Cédric Marin. Ce dernier a contacté l’OFB seulement quand il a été "sûr" que ses bêtes étaient la proie des grands corbeaux. "Ma mère les a vus à plusieurs s’en prendre à une brebis". Dans la seule journée de mardi, l’éleveur a perdu trois animaux. ladepeche.fr, Montdurausse. Tarn : des brebis vivantes attaquées et tuées par des corbeaux ? - ladepeche.fr
  • "Je suis étonné, elles ont vraiment bien mangé et bien nettoyé le site. Et elles sont bien grasses aussi, s’exclame Jean, l’éleveur propriétaire des animaux. Ça se voit qu’elles se sentent bien, qu’elles ne sont pas stressées. En plus, elles ont aussi de l’ombre, c’est parfait", juge-t-il. Depuis la fin du confinement, 10 brebis ont pris possession des 4.600m² de zone herbeuse qui entourent l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Lavaur (EPM). Enfin, 11 désormais car une des femelles a mis bas à peine 3 semaines après son arrivée ! "C’est une surprise car elles ne sont normalement pas allées au bélier, s’étonne l’éleveur. L’une d’elles a dû y aller sans que je le voie", poursuit-il. ladepeche.fr, Albi. Au centre fermé, finies les tondeuses, place aux brebis - ladepeche.fr
  • Une vingtaine de brebis étaient au lycée dans le cadre du brevet éducateur canin. Journal L'Union abonné, Des brebis au lycée, et c’est à Somme-Vesle que ça se passe
  • Depuis une quinzaine d'années, la Ville  prend soin de chèvres et de brebis, qui jouent un rôle d'auxiliaires auprès de l'équipe de fauchage. L'accès aux pentes escarpées des remparts n'est pas toujours sans risque pour l'homme, alors que les chèvres y sont à l'aise. Elles s'y régalent de végétaux ligneux, comme les ronces et autres tiges de bambous, tandis que dans les douves, les brebis trouvent les graminées dont elles sont friandes. Et pendant les mois de l'année où la végétation est moins dense, l'alimentation de ce petit cheptel est complétée avec du foin, ainsi que du grain et du maïs en période d'allaitement. , Une alimentation adaptée aux chèvres et aux brebis - Toutes les actualités - Ville de Bayonne
  • Dernièrement, les deux routes principales ont été empruntées par un convoi aussi exceptionnel qu’insolite. Ce même convoi avait déjà traversé le village en sens inverse un autre dimanche, le 5 avril dernier. Il s’agissait d’un troupeau de brebis accompagnées de leurs petits agneaux. Ce joyeux défilé était encadré par le berger de Félines-Minervois aidé de ses chiens et de quelques amis. Du jour des Rameaux à celui de la fête des mères, soit pendant les près de trois de confinement, ces animaux ont pacagé sur le territoire de Laure-Minervois avant de s’en revenir au bercail en passant par Trausse. lindependant.fr, Quand les brebis traversent le village de Peyriac-Minervois - lindependant.fr
  • Comme tous les ans des élevages de brebis passent par plusieurs villages de l'Hérault pour la transhumance estivale vers le plateau du Larzac. Avec le déconfinement, les éleveurs ont dû s'adapter. France Bleu, VIDÉO - 750 brebis traversent Gignac pour la transhumance
  • "Une attaque typée loup" voilà la conclusion des premières expertises réalisées après l'attaque d'un troupeau de brebis à La Salvetat-sur-Agout (Hérault) le week-end dernier. D'autres experts doivent se prononcer dans les prochaines semaines.Quatorze animaux sont morts et 29 ont été blessés. France Bleu, Brebis tuées à La Salvetat-sur-Agout : une attaque "typée loup"
  • En fin d'hiver, les troupeaux d'ovins et de caprins de la Ville, qui entretiennent les remparts et les douves, se sont agrandis. Les brebis ont donné naissance à quatre agneaux ; les chèvres des Pyrénées et les chèvres naines respectivement à cinq et trois chevreaux ! Les brebis de race Manech tête noire et les chèvres des Pyrénées étaient pleines au moment de leur achat l'an dernier. Il en va différemment des chèvres naines que l'on voit évoluer sur les remparts situés derrière le Conseil départemental : elles ont été fécondées par l'un des boucs du troupeau. Il s'agit d'entretenir un petit cheptel fort utile à l'entretien d'espaces difficiles d'accès au service de fauchage municipal.  , Des chèvres et des brebis aux petits soins - Toutes les actualités - Ville de Bayonne
  • La première attaque a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi à Saint-Riquier-en-Rivière. Une brebis a été tuée. Puis, les deux nuits suivantes, deux brebis d’un même troupeau ont été attaquées à Douvrend. , Seine-Maritime : Le loup suspecté d'avoir mené trois attaques sur des troupeaux de brebis

Images d'illustration du mot « brebis »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « brebis »

Langue Traduction
Anglais sheep
Espagnol oveja
Italien pecora
Allemand schaf
Portugais ovelha
Source : Google Translate API

Synonymes de « brebis »

Source : synonymes de brebis sur lebonsynonyme.fr

Brebis

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