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Mépris

Définitions du mot « mépris »

Trésor de la Langue Française informatisé

MÉPRIS, subst. masc.

A. −
1. Sentiment par lequel on considère quelque chose ou quelqu'un comme indigne d'estime ou d'intérêt. Anton. estime.Accabler de mépris; concevoir, montrer, témoigner du mépris; tomber dans le mépris; être digne de mépris; être objet de mépris; air, marque, mot, ton de mépris. Leur égoïsme bon garçon est un aveu d'indifférence, il exprime son mépris par l'inflation même de ses sourires (Mounier,Traité caract.,1946, p. 494).En pénétrant dans cette région dangereuse, la liberté niée devient liberté niante et convertit son horreur en mépris (Ricoeur,Philos. volonté,1949, p. 436).
a) [Avec un compl. constr. avec pour, envers, à l'endroit de... exprimant l'objet du mépris] J'ai un mépris pour ce que j'ai été... (Tr. Bernard, M. Codomat,1907, ii, 8, p. 172).
b) [Avec un compl. constr. avec de]
α) [Le compl. exprime l'objet du mépris] :
1. Mais il croyait l'avoir vu [Verlaine], en 1894, entrer «saoul comme un cochon» dans un mastroquet de la rue Saint-Jacques: cette rencontre l'avait ancré dans le mépris des écrivains professionnels... Sartre,Mots,1964, p. 129.
β) [Le compl. désigne la pers. qui éprouve le mépris; un second compl. exprime l'objet du mépris] Les officiers (...) semblaient partager le mépris de leur maître pour la race humaine (Staël,Consid. Révol. fr.,t. 2, 1817, p. 105).Il avait pour les hommes de loi le secret mépris des gens de la terre (Abellio,Pacifiques,1946, p. 197).
[La pers. qui éprouve le mépris est désignée par un poss.] Il (...) prit pour domestique un ancien soldat palefrenier du maquignon, et, dans son mépris pour les jeunes Parisiens beaux parleurs, partit pour l'armée (Stendhal,Chartreuse,1839, p. 30).Il me continuait dans le creux de l'oreille ses remarques sur les femmes de l'Extrême-Orient. Il m'avouait leur mépris à l'endroit des Européens (Goncourt,Journal,1890, p. 1097).
γ) [Le compl. désigne la pers. qui éprouve le mépris] Je ne crains, moi, le mépris de personne (Balzac,Chabert,1832, p. 139).Elle avait eu le malheur de s'attirer le mépris de Féodor! (G. Leroux,Roul. tsar,1912, p. 103):
2. ... ma grand'mère, sans souci d'accroître l'hostilité et le mépris des étrangers au milieu desquels nous allions vivre, discutait les «conditions» avec le directeur... Proust,J. filles en fleurs,1918, p. 662.
Loc., vieilli
Avoir, tenir (qqn) en mépris. Mépriser quelqu'un. Profite de tes biens, George (...). J'en use sans plaisir, et les tiens en mépris (Ponsard,Honn. et argent,1853, i, 3, p. 17).Tant que le vieux m'aura en mépris, dit-il, je ne te prendrai pas sous son toit (Bernanos,M. Ouine,1943, p. 1427).
Mettre à mépris. Mépriser. Elle a chanté longtemps, puis chantonné. Un peu plus tard, même ses cris, car il faut bien crier pour ne pas mettre à mépris la voix des écritures saintes, même ses cris et ses soupirs s'achevaient comme les phrases d'un hymne (Duhamel,Cécile,1938, p. 8).
Être à mépris. Inspirer un sentiment de mépris. (Ds Littré).
2. P. méton., gén. au plur. Actes ou paroles de mépris. Essuyer des mépris. Il décida qu'au besoin, narguant les mépris du comte de Champcenais, il ferait des obus (Romains,Hommes bonne vol.,1938, p. 178).Mais c'est précisément cette tolérance qui exaspère le mystique, d'autant qu'il la pressent, non sans justesse, teintée de quelques mépris (Benda,Fr. byz.,1945, p. 80).
B. −
1. Attitude de réprobation morale par laquelle on considère que quelque chose ou quelqu'un ne vaut pas la peine qu'on lui porte attention ou intérêt. Anton. déférence, respect.
[Avec un compl. exprimant l'objet du mépris] Drouot se retrouvait dans la parole ce qu'il avait été dans l'action, plein de mépris pour le mensonge comme il l'avait été pour la mort (Lacordaire,Éloge fun. Drouot,1847, p. 45).Tous mes paradoxes forcés, ma haine du convenu, mon mépris du banal, ne m'empêchent pas de m'attendrir au premier jour de printemps (Renard,Journal,1889, p. 24).Il flaire ce qui germe (...) d'où (...) son mépris à l'égard de l'établi (Mounier,Traité caract.,1946, p. 330):
3. Ajoutez-y une vision étonnamment juste de la couleur, un mépris des conventions adoptées depuis des siècles pour rendre tel et tel effet de lumière (...), et vous aurez les tendances de cet art dont M. Manet (...) a été l'un des plus ardents promoteurs. Huysmans,Art mod.,1883, p. 44.
2. Attitude par laquelle on considère que quelque chose d'important ou ayant du prix ne vaut pas qu'on lui porte attention ou intérêt. Synon. dédain; anton. respect, déférence.Le mépris des richesses, des grandeurs, des honneurs, des louanges, etc. (Ac. 1878-1935). Il n'estimait que la théologie, et avait un mépris pour la littérature (Renan,Souv. enf.,1883, p.253).Il (...) va jusqu'à dire qu'il élèvera son fils dans le mépris du clergé (Bloy,Journal,1900, p. 43).Il montrait (...) ce mépris de toute cérémonie, et en même temps cette parfaite politesse qui donne tant de charme aux jeunes aristocrates anglais (Maurois,Ariel,1923, p.144).
Locutions
Au mépris de (qqc.). Sans tenir compte de quelque chose. Au mépris du danger, des conventions. Cette qualité ne lui donnant pas le droit de faire arrêter les citoyens, au mépris de la loi et contre ses dispositions formelles (Constant,Princ. pol.,1815, p. 71).
En mépris de (cf. Duhamel ds Rob.).
Prononc. et Orth.: [mepʀi]. Ac. 1694: me-, 1718: mes-, dep. 1740: mé-. Étymol. et Hist. 1. xives. «prix inférieur à la valeur réelle» (J. Lescurel, Chans., éd. A. de Montaiglon, XXXII, p.49); 2.1339 mespris «sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d'estime, d'égards» (J. de La Mote, Regret Guillaume, éd. A.Scheler, 8); 3. 1558 «attitude qui consiste à s'élever au-dessus de ce qui est recherché ou redouté par les hommes» (Du Bellay, Les Regrets ds Œuvres, éd. H. Chamard, t. 5, 36, p. 47); 1585 au mépris de (N. du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, II, 219); 4. 1604 «paroles ou actes de mépris» (Montchrestien, Hector ds Tragédies, éd. Petit de Julleville, p. 12). Déverbal de mépriser*. Fréq. abs. littér.: 4331. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 6568, b) 4723; xxes.: a)7060, b)6036.

Wiktionnaire

Nom commun

mépris \me.pʁi\ masculin

  1. Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d’estime, d’égards, d’attention.
    • S’il ne se soumettait plus au jugement des hommes, il souffrait encore de leur haine, sinon de leur mépris. — (Isabelle Eberhardt, Le Major, 1903)
    • Une longue période d’admiration pour l’art médiéval et de mépris pour les temps voltairiens sembla menacer de ruine l’idéologie nouvelle […] — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence Chap. III, Les Préjugés contre la violence, 1908)
    • Il saluait chapeau bas tous ceux qui appartenaient à une classe sociale supérieure à la sienne, il traitait avec mépris ou condescendance ses inférieurs, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 118 de l’éd. de 1921)
    • Mes 30 ans de carrière à la tête de l’assureur GPM m’ont fait découvrir le mépris que l’on peut avoir pour un assuré, mais je n’ai que faire de leur mépris. — (Docteur Bruno Gaudeau, Mémoires tome 1, 2007)
    • Adieu ! ton mépris a brisé le dernier lien qui semblait encore m’attacher aux hommes ; il a détruit l’espoir que mes angoisses pourraient m’attirer la compassion de mes compatriotes. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Alors les retournant et les soupesant : « Charcot, me dit-il, y a-t-il de l’or ou de l’argent là-dedans ? » et devant ma négation, il me les rendit avec mépris. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Mais nous ne verrons rien dans une pareille phrase qu’un mélange de mépris, d’insulte, de suffisance bourgeoise. — (Paul Nizan, Les Chiens de garde, 1932)
  2. (Par extension) Sentiment par lequel on s’élève au-dessus de l’amour de la vie, de la crainte de la mort, du danger.
    • […] ; mais, contrairement à toutes les idées reçues, Durtal ne pensait pas que le mépris de l’argent impliquât nécessairement la folie […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • Le mépris de la vie, le mépris de la mort, le mépris du danger - Le mépris des richesses, des grandeurs, des honneurs, des louanges, etc.
  3. (Au pluriel) (Moins courant) Paroles ou actes de mépris.
    • Les mépris que j’ai essuyés de votre part. - Prodiguer à quelqu’un ses mépris. - Un tel homme est au-dessus des mépris de la foule.

Forme de verbe

mépris \me.pʁi\

  1. Masculin singulier du participe passé du verbe méprendre.
  2. Première personne du singulier de l’indicatif passé simple du verbe méprendre.
  3. Deuxième personne du singulier de l’indicatif passé simple du verbe méprendre.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MÉPRENDRE (SE). (Il se conjugue comme PRENDRE.) v. pron.
Se tromper, prendre une personne ou une chose pour une autre. Je ne me suis jamais mépris au jugement que j'ai porté de cet homme. On ne saurait se méprendre sur la gravité de cet événement. Ces jumeaux se ressemblent tellement que c'est à s'y méprendre. Il n'y a pas à s'y méprendre, cette affaire aura des suites. Il se dit quelquefois, figurément, à une personne qui semble s'oublier et manquer de respect. À qui croyez-vous parler? Vous vous méprenez.

Littré (1872-1877)

MÉPRIS (mé-prî ; l's se lie : un mé-pri-z insultant) s. m.
  • 1Prix inférieur à la valeur réelle. C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à mépris, Régnier, Sat. XI.

    Vieilli en ce sens.

  • 2 Fig. Sentiment par lequel on ne tient pas en prix, absence d'estime, de considération pour une personne ou une chose. Quelque raison qu'on ait, on est dans le mépris, Lorsque l'on abandonne un parti qu'on a pris, Tristan, Panthée, I, 5. Je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre [que les arguments tirés de l'ordre de la nature en faveur de la religion] à leur [aux incrédules] en faire naître le mépris, Pascal, Pens. XXII, 2, éd. HAVET. Quelle erreur à une chrétienne, et encore à une chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mépris ! Bossuet, Anne de Gonz. Qui vit jamais paraître en cette princesse le moindre sentiment d'orgueil ou le moindre air de mépris ? Bossuet, Duch. d'Orl. Vous vous taisez, madame, et ce cruel mépris N'a pas du moindre trouble agité vos esprits, Racine, Androm. IV, 2. L'horreur et le mépris que cette offre m'inspire, Racine, Bajaz. V, 4. Le mépris est un sentiment froid qui ne pousse à aucun procédé violent, Diderot, Claude et Nér. I, 67. … Ce loyal mépris Que tout mauvais auteur inspire aux bons esprits, Gilbert, Mon apologie. Ce mépris froid et tranquille que doit inspirer la folie unie à la perversité, Genlis, Veillées du château t. III, p. 174, dans POUGENS. Il [Napoléon] haussa les épaules [en apprenant que Moscou était déserte], et, avec cet air de mépris dont il accablait tout ce qui contrariait son désir, il s'écria : ah ! les Russes ne savent pas encore l'effet que produira sur eux la prise de leur capitale, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 4. Mon inconnu soupira ; un sourire de regret et de mépris vint effleurer ses lèvres, Scribe, le Prix de la vie, dans les Hist. et prov.

    Être à mépris, inspirer un sentiment de mépris. Et toi, pour te montrer que tu m'es à mépris…, Molière, Dépit amour. IV, 4.

    Mettre à mépris, avoir à mépris, dédaigner. Mais l'Éternel mettra leur audace à mépris, Et d'un si vain complot ils n'auront que la honte De l'avoir entrepris, Racan, 2e psaume. De l'aller voir Amour n'eut à mépris, La Fontaine, Cuvier.

    Faire mépris, traiter avec mépris. Elle craint toutefois L'ordinaire mépris que Rome fait des rois, Corneille, Pomp. III, 3. Je n'ignore non plus que votre âme plus saine… Rejette les conseils, en dédaigne le prix, Et fait de ces grandeurs un généreux mépris, Corneille, Théod. II, 4. Vous pouvez aisément connaître le mépris qu'ils [les chrétiens] font des richesses, Bossuet, 2e sermon, Pentec. 1.

    Tomber dans le mépris, tomber dans un état où on est méprisé. Et fille qui vieillit tombe dans le mépris, Corneille, le Ment. II, 2. Joas tombé dans le mépris, Bossuet, Hist. I, 6.

    De mépris, avec mépris. Le trône, qu'à vos yeux j'ai traité de mépris, Corneille, Tois. d'or, IV, 4. Et traitant de mépris les sens et la matière, Molière, F. sav. I, 1.

    Le mépris de soi-même, le sentiment qui fait qu'on n'a pas d'estime pour soi-même. Ce sont deux sortes d'amours… l'un est l'amour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu… l'autre c'est l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi-même, Bossuet, la Vallière. Ce n'est pas la mort que je crains, mais la honte d'en être digne, et le mépris de moi-même, Rousseau, Hél. I, 24.

  • 3L'objet même du mépris. Que ta religion, que fonda l'imposture, Soit l'éternel mépris de la race future, Voltaire, Fanat. V, 2.
  • 4Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus des attachements ordinaires du cœur humain. Le mépris de la mort, des richesses. Ce mépris du malheur, si grand s'il avait coûté plus d'efforts, si héroïque s'il ne venait pas de la même source qui rend incapable des affections profondes, Staël, Corinne, I, 3.
  • 5 Au plur. Il se dit de paroles ou actes de mépris. J'ai souffert sous leur joug cent mépris différents, Molière, Fem. sav. I, 2. On dit des injures, des mépris, des rudesses, des cruautés, des querelles, des plaintes, des rages, Sévigné, 20 oct. 1679. Je reconnais toujours vos injustes mépris, Racine, Mithr. III, 5. Pouvez-vous d'un superbe oublier les mépris ? Racine, Phèd. III, 1.
  • 6Au mépris de, loc. prépos. Sans avoir égard à. Au mépris de ta foi, tu veux détruire un homme Qui veut mourir pour elle [Carthage], ou triompher de Rome, Mairet, Mort d'Asdrub. IV, 4. Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord…, Boileau, Art p. I. Il [Henri III] éprouva à ses dépens ce que c'est que commander sans pouvoir ; Guise, au mépris de ses ordres, vint à Paris, Voltaire, Ess. guerr. civ. France.

    En mépris de, loc. prépos. Par un sentiment de mépris pour. En mépris du devoir.

PROVERBES

La familiarité engendre le mépris.

Il n'y a point de dette sitôt payée que le mépris.

HISTORIQUE

XVIe s. Les Atheniens en conceurent une grande confiance d'eulx mesmes, et un grand mespris de leurs ennemis, Amyot, Lysand. 17. Au mespris de leur chef, Montaigne, I, 4. Le mespris de la mort, Montaigne, I, 70. Le mespris de la vie, Montaigne, I, 83. Avoir une chose à mespris, Montaigne, III, 75.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MÉPRIS, s. m. (Morale.) L’amour excessif de l’estime fait que nous avons pour notre prochain ce mépris qui se nomme insolence, hauteur ou fierté ; selon qu’il a pour objet nos supérieurs, nos inférieurs ou nos égaux. Nous cherchons à abaisser davantage ceux qui sont au-dessous de nous, croyant nous élever à mesure qu’ils descendent plus bas ; ou à faire tort à nos égaux, pour nous ôter du pair avec eux ; ou même à ravaler nos supérieurs, parce qu’ils nous font ombre par leur grandeur. Notre orgueil se trahit visiblement en ceci : car si les hommes nous sont un objet de mépris, pourquoi ambitionnons-nous leur estime ? Ou si leur estime est digne de faire la plus forte passion de nos ames, comment pouvons-nous les mépriser ? Ne seroit-ce point que le mépris du prochain est plutôt affecté que véritable ? Nous entrevoyons sa grandeur, puisque son estime nous paroît d’un si grand prix ; mais nous faisons tous nos efforts pour la cacher, pour nous faire honneur à nous-mêmes.

De-là naissent les médisances, les calomnies, les louanges empoisonnées, la satyre, la malignité & l’envie. Il est vrai que celle-ci se cache avec un soin extrème, parce qu’elle est un aveu forcé que nous faisons du mérite ou du bonheur des autres, & un hommage forcé que nous leur rendons.

De tous les sentimens d’orgueil, le mépris du prochain est le plus dangereux, parce que c’est celui qui va le plus directement contre le bien de la société, qui est la fin à laquelle se rapporte l’amour de l’estime.

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Étymologie de « mépris »

Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Provenç. menespretz ; catal. menyspreu ; espagn. menosprecio ; portug. menospreço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le XVIe siècle : Povreté, ignominie, mesprisement, affliction, Calvin, Instit. 127.

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Participe passé substantivé du verbe méprendre.
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Phonétique du mot « mépris »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mépris mepri

Citations contenant le mot « mépris »

  • Le mépris des hommes est fréquent chez les politiques, mais confidentiel. André Malraux, Le Temps du mépris, Gallimard
  • Le mépris de l'homme est nécessaire à qui veut user et abuser de l'homme. François Mauriac, Le Cahier noir, Éditions de Minuit
  • La familiarité engendre le mépris… et les enfants. De Mark Twain
  • Un peu de mépris épargne beaucoup de haine. De Jacques Deval
  • La haine est licite aussi bien que l'amour et je la ressens au plus haut point contre ceux qui ont du mépris. Georg Büchner, Lettre à sa famille, février 1834
  • La plupart des mépris ne valent que des mépris. De Montesquieu
  • L’indifférence comme préférence, c’est le mépris qui prend vie. De Anonyme
  • Ecrire sur le mépris de la mort lorsqu'on est en santé, c'est écrire sur le mépris des riches lorsqu'on est dans l'opulence. De Elie Fréron / Lettres sur quelques écrits de ce temps
  • Ce qui m'a toujours beaucoup nui, c'est que j'ai toujours trop méprisé ceux que je n'estimais pas. Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Mes pensées
  • Le monde moderne vit donc dans un affrontement entre deux amours bien différents : l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi et l'amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu. De Jean-François Mattéi (ministre) / Où va l'Humanité ?
  • Je ne puis admirer pleinement le courage de celui qui méprise la vie. André Gide, Journal des Faux-Monnayeurs, Gallimard
  • Familiarité engendre le mépris. De Proverbe français
  • Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. Albert Camus, L'Homme révolté, Gallimard
  • Il n'est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris. Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, Gallimard
  • M L. avait, pour exprimer le mépris, une formule favorite : c'est l'avant-dernier des hommes. - Pourquoi l'avant-dernier ? lui demandait-on. - Pour ne décourager personne, car il y a presse. Sébastien Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort, Caractères et anecdotes
  • Le mépris doit être le plus mystérieux de nos sentiments. De Antoine de Rivarol / Rivaroliana
  • La plupart des mépris ne valent que des mépris. Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Mes pensées
  • Il n'est réplique si piquante que le mépris silencieux. De Michel de Montaigne
  • On ne peut pas passer du mépris à l'amour. Mais de la haine, on y passe très bien. Paul Raynal, Au soleil de l'instinct, Stock
  • C'est ne pas mépriser assez certaines gens que de dire tout haut qu'on les méprise. Le silence seul est le souverain mépris. Charles Augustin Sainte-Beuve, Mes poisons
  • Nous n'avons pas assez d'amour-propre pour dédaigner le mépris d'autrui. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • À l'infortune, le mépris ! opinent les gens heureux ; un coup de plus à qui chancelle ! , Ancien Testament, Job XII, 5
  • Il a déclaré qu’il était décourageant de voir un mépris généralisé pour les mesures de sécurité et des inquiétudes pour l’avenir de l’Alabama à un moment où le virus représente plus d’une menace que jamais. News 24, Un médecin qui a survécu à COVID-19 déconcerté par le mépris du public - News 24
  • Il n’y a point de dette sitôt payée que le mépris. De Proverbe français
  • L'inégalité, c'est le risque permanent du mépris. De René Lévesque
  • Le dédain est la générosité du mépris. De Victor Hugo / Philosophie prose
  • Le mépris efface l'injure plus vite que la vengeance. De Thomas Fuller
  • Le mépris est une pilule qu'on peut avaler mais qu'on ne peut mâcher. De Molière
  • Ceux qui souffrent et qui perdent sont toujours un objet de mépris. De Adolf Rudnicki / Baguette
  • Le masque au moins envoie ce signal que le virus est non seulement présent, mais circulant. Cela semblait avoir été oublié là où l’on comptabilise à nouveau un surcroît d’hospitalisations ou de consultations. Ce n’est pas seulement que le virus a changé d’orientation cardinale, passant de l’Est et du Nord à l’Ouest et au Sud : il se dévoile tel qu’en lui-même. Une menace partout, grave et silencieuse, et tout particulièrement pour ceux qui l’auraient méprisée. , Santé | Entre oubli et mépris
  • Nous avons trop longtemps laissé croire que la main-d'œuvre à bas coût, employée au mépris de règles sociales élémentaires, et l’acheminement de produits en avion étaient des pratiques acceptables. C’est de moins en moins le cas, heureusement. Et, si je doute que cela pèse fortement dans la décision d’achat final de nos produits, les entreprises françaises ont néanmoins le devoir d’y mettre un terme. Pourquoi ne pas, par exemple, imposer une taxe carbone sur les produits importés, ce qui réduirait le recours au fret aérien ? Quand un produit pollue ou contribue au réchauffement climatique, cela doit se répercuter sur son prix et inversement. Et, bien sûr, cela devrait accélérer la transition vers de meilleures pratiques. usinenouvelle.com/, [Avis d'expert] Privilégier le Made in France, non pas au mépris de tout, mais en conscience - L'Usine Santé
  • Vous avez, je pense, tort de mépriser ces hommes de terrain. Etes-vous sûr de leur trouver des remplaçants pour casser la glace autour des canards sauvages en hiver et faire, dans la neige, l'affouragement en haute montagne ? Valeurs actuelles, Chasse : halte aux mépris des traditions | Valeurs actuelles

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Traductions du mot « mépris »

Langue Traduction
Anglais contempt
Espagnol desprecio
Italien disprezzo
Allemand verachtung
Chinois 鄙视
Arabe ازدراء
Portugais desprezo
Russe презрение
Japonais 軽蔑する
Basque mespretxua
Corse disprezzu
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Synonymes de « mépris »

Source : synonymes de mépris sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « mépris »

Mépris

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