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Lyrique

Sommaire

  • Définitions du mot lyrique
  • Étymologie de « lyrique »
  • Phonétique de « lyrique »
  • Citations contenant le mot « lyrique »
  • Images d'illustration du mot « lyrique »
  • Traductions du mot « lyrique »
  • Synonymes de « lyrique »
  • Antonymes de « lyrique »

Définitions du mot lyrique

Trésor de la Langue Française informatisé

LYRIQUE, adj. et subst.

I. − Adjectif
A. − LITTÉRATURE
1. HIST. LITTÉR.
a) Genre, poésie lyrique. Genre poétique caractérisé par l'expression de sentiments ou d'émotions liés à des thèmes religieux ou existentiels dans des formes rythmiques permettant le chant ou la déclamation avec accompagnement musical. Dans le genre lyrique, les Hébreux sont fort supérieurs aux autres peuples de l'Antiquité (Chateaubr.,Génie, t. 2, 1803, p. 288).Il y eut une poésie lyrique, admirable dans le Sud [de la France], la poésie des troubadours (Dict. des lettres fr. Moy. Âge,1964, p. 475).
En partic.
[En parlant des formes strophiques de la poésie gr. anc.; p. oppos. à épique, dramatique] Il n'y avait à l'origine que de petites pièces de 4 à 8 vers. Par leur objet, ces pièces étaient ou des formules magiques, ou des prières, ou des vers funéraires, ou peut-être des vers chorégiques [vers choragiques], toutes choses qui tombent (...) dans notre classification «lyrique» (Saussure ds J. Starobinski, Les Mots sous les mots, Paris, Gallimard, 1971, p. 60).
P. anal. [En parlant des formes poét. sav. imitées de la poésie gr. (dithyrambe, hymne, ode, stances, etc.) ou de la poésie médiév.] Ronsard retrouvait la lyre de Pindare, et fondait, aidé de sa pléiade, la grande école lyrique française (Murger,Scène vie boh.,1851, p. 4).La poésie lyrique (...) s'enferme dans les formes fixes, en particulier ballades, virelais et rondeaux, qui suivent des formes métriques complexes (Dict. des lettres fr. Moy. Âge, 1964, p. 478).
b) Caractéristique du genre lyrique. À l'origine, la quantité n'était pas autre chose qu'une mesure musicale, puisque les vers lyriques étaient marchés, dansés, chantés, accompagnés d'un ou plusieurs instruments (Souza,Rythme fr.,1912, p. 79).De l'alexandrin mêlé de la stance lyrique aux autres vers, Ronsard s'est servi avec une maîtrise égale (Thibaudet,Réflex. litt.,1936, p. 25).
Coupe lyrique. ,,Coupe (...) qui consiste à «couper» le rythme du vers après l'e atone précédant une consonne initiale de mot à l'intérieur du vers`` (Morier 1975). Synon. coupe féminine.Comme elle entraîne un déplacement de la tonique, qui se trouve anticipée d'une syllabe sur le moment prévu, la coupe lyrique provoque un phénomène de déséquilibre, qui ne peut être compensé que par un accent plus vigoureux, c'est l'accent de syncope (Morier1975).
c) Qui s'adonne au genre lyrique. C'était lui [Malherbe], poète lyrique, lui qui reprochait à Régnier d'avoir représenté (...) la France sous les traits d'une nymphe éplorée (Sainte-Beuve,Tabl. poés. fr., 1828, p. 142).J'ai vu le lyrique Pindare, L'élève divin de Myrtis (Banville,Cariat.,1842, p. 136).
[P. méton.] Les temps primitifs sont lyriques, les temps antiques sont épiques, les temps modernes sont dramatiques (Hugo,Préf. Cromwell,1827, p. 15).
2.
a) (Poésie, poème) lyrique. (Poésie, poème) qui privilégie l'expression plus ou moins vive de la subjectivité ou de thèmes existentiels au moyen des ressources de musicalité, de rythme, d'évocation visuelle ou affective propres au langage. La poésie lyrique ne raconte rien, ne s'astreint en rien à la succession des temps, ni aux limites des lieux; elle plane sur les pays et sur les siècles (Staël,Allemagne, t. 2, 1810, p. 119).Il n'y a pas de poésie lyrique sans le moi (Hugo,Corresp.,1852, p. 134):
1. Le langage poétique ne se reconnaît pas seulement par les éléments formels qui soustraient la poésie au contexte réel de la parole; le contenu lui-même de la poésie lyrique a quelque chose d'ésotérique comparé au langage banal de tous les jours. En lisant (...): Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir... nous savons aussitôt que nous avons affaire à un fragment lyrique bien qu'il n'y ait pas de première personne. Termes littér.1973, p. 83.
b) Caractéristique du lyrisme, empreint de lyrisme.
[En parlant de la forme, du contenu, de la genèse d'une oeuvre poét. et, p. ext., littér.] Mouvement, rythme, style, thème lyrique; élan, souffle lyrique; prose lyrique. Oh! le vide, oh! le creux des vers! Et que les transports lyriques sont en général prudhommesques! (Goncourt,Journal,1892, p. 308).La coulée du drame romantique est constamment ralentie ou interrompue par des tirades lyriques plus ou moins plaquées (Arts et litt.,1936, p. 30-2):
2. ... Vigny (...) repousse la forme lyrique de l'expérience romantique. Ses fiertés, ses déceptions, ses dédains, ses rancunes, et d'abord son amour fiévreux et douloureux pour Marie Dorval, eussent pu nourrir une poésie personnelle. Il s'y refuse. Hist. des litt.,t. 3, 1967, p. 906 (Encyclop. de la Pléiade).
[En parlant de la forme, du contenu, de la genèse de toute oeuvre d'art] En obligeant la peinture de se faire lyrique, comme la poésie et la musique, Delacroix a tenté une entreprise paradoxale (Hourticq,Hist. art, Fr., 1914, p. 340).Ils [les mobiles de Calder] sont à la fois des inventions lyriques, des combinaisons techniques presque mathématiques (Sartre,Sit. III,1949, p. 311):
3. ... Schoenberg assouplit la rigueur du principe dodécaphonique et compose avec son opus 30 une partition très lyrique, d'une extrême tension. Le jaillissement du lyrisme schoenbergien n'est pas entravé par les préoccupations formelles rigoureuses, qui ne sont jamais abandonnées. Samuel,Art mus. contemp.,1962, p. 195.
Abstraction lyrique. Mouvement pictural de la seconde moitié du xxesiècle privilégiant l'expression directe de l'émotion individuelle dans un langage plastique non figuratif. Avant-gardes et arrière-gardes marquaient leurs territoires [dans les années 50]: d'un côté le formalisme de l'abstraction mécanicienne, de l'autre le dogmatisme du réalisme socialiste. Il y avait aussi l'abstraction lyrique et le surréalisme (Le Monde,7 mars 1981, p. 31, col. 1).
Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. Carus tente d'échapper à ce qui reste, dans les idées romantiques, d'imprécis, de lyrique, de non dirigé (Béguin,Âme romant.,1939, p. 130).
c) [En parlant d'une pers.]
Qui a une pratique lyrique de son art. Ce peintre lyrique [Delacroix] aimait la couleur pour sa puissance sentimentale (Hourticq,Hist. art, Fr., 1914p. 338).Boris Pasternak, poète lyrique (...) par ses associations d'images et ses rythmes (Arts et litt.,1936, p. 84-6).
P. méton. [En parlant d'un trait psychol.] Qui porte à l'exaltation, à l'effusion de sentiments dans l'expression ou l'expérience artistique. Nature lyrique. Il s'agit d'aller de l'état lyrique du poète à l'état lyrique du lecteur. Quelle est la voie? (Barrès,Cahiers, t. 13, 1921, p. 94).L'âme lyrique en lui [Goethe] alterne avec l'âme tranquille et patiente d'un botaniste (Valéry,Variété IV,1938, p. 118).
B. − P. anal., usuel. [Avec, selon le cont., une nuance péj. ou iron.] Qu'un état d'exaltation porte à un comportement exubérant et parfois à l'effusion de sentiments. Notre patriote lyrique se construisait une légende, ayant «vomi le régime sous lequel nous croupissions» depuis 1879 (Blanche,Modèles,1928, p. 21).La Grèce elle-même dérive quelque part en moi, au bord de ma mémoire, inlassablement... Eh! là, je dérive, moi aussi, je deviens lyrique! Arrêtez-moi, mon cher, je vous en prie (Camus,Chute,1956, p. 1523).
[En parlant d'un état psychol., d'un comportement] Le grand-père, en pleine effusion lyrique, s'écoutait lui-même (Hugo,Misér., t. 2, 1862, p. 618).On lui fit un accueil lyrique (Duhamel,Désert Bièvres,1937, p. 98).[En parlant de propos, d'un comportement langagier] Un groupe de Français n'avaient pas de termes assez lyriques pour exalter le génie de Wagner (Barrès,Cahiers, t. 9, 1911, p. 195):
4. Il avait su faire admettre par l'Université, non seulement ses cours, qui étaient de longues improvisations lyriques, pleines de vues hardies, de digressions, de brusques confidences, de mots crus, − mais encore ses boutades... Martin du G.,Thib., Sorell., 1928, p. 1232.
Rare. [En parlant d'un trait physique] Bafouillant soudain, la bouche pleine de salive, la mèche lyrique, il me saisissait alors par le revers ou par un bouton de mon paletot (Duhamel,Désert Bièvres,1937, p. 57).
Lyrique à propos de, sur, etc. (qqn/qqc.).Banville, d'ordinaire très lyrique à l'endroit de ses amis (Goncourt,Journal,1874, p. 974).Parapine lui qui pourtant n'était pas des plus lyriques sur ces sujets d'attirance s'en souriait à lui-même une fois qu'elle était sortie (Céline,Voyage,1932, p. 585).
C. − MUSIQUE
1. Qui est mis en musique pour être chanté, joué sur une scène. Œuvre, ouvrage, spectacle lyrique. Dîner, bal, tombola, concert... sans compter la scène lyrique que Fondreton a promise et qu'on attend (Pailleron,Âge ingrat,1879, ii, 6, p. 65).Je viens d'entendre la Damoiselle élue, poème lyrique de Debussy, sur des vers de D. G. Rosetti (Rivière,Corresp. [avec Alain-Fournier], 1907, p. 47).
Art lyrique. Chant. Drame, théâtre lyrique. Synon. de opéra.Les jeunes générations (...) semblent se désintéresser du théâtre lyrique (Arts et litt., 1936, p. 80-11).Homme de théâtre avant tout, Verdi a exercé une influence aussi profonde que durable sur l'art lyrique (Dumesnil,Hist. théâtre lyr.,1953, p. 161):
5. ... les divertissements dansés gardent une belle place; cet usage continuera jusqu'à la naissance du moderne drame lyrique: les opéras célèbres du xixesiècle (de la Juive à Roméo et Juliette, et au delà) comprendront toujours au moins un grand divertissement qui forme un véritable ballet... Brillant,Probl. danse,1953, p. 198.
Comédie lyrique. Synon. opérette, opéra-comique.On se souvient du Corsaire, de Mina, de Sargines, de la Pauvre femme, opéras-comiques ou comédies lyriques (Pesquidoux,Livre raison,1925, p. 127).
Théâtre, scène lyrique. Théâtre où sont représentés les opéras, les opérettes. En vain vos deux scènes lyriques déploient-elles tout ce que la musique des Gluck, des Grétry, des Chérubini, et des Méhul a de puissance et de charmes (Jouy,Hermite, t. 2, 1812, p. 26).Quelques théâtres lyriques de province se maintiennent au prix d'un vigoureux effort (Arts et litt.,1936, p. 80-7).
2. En partic.
a) Qui est propre à l'opéra. La déclamation lyrique a renoncé à tous les éléments de la mélodie (Arts et litt.,1935, p. 36-2).
b) Qui est relatif à l'opéra. L'État octroierait à une ville «une subvention annuelle d'au moins douze millions, au titre de la décentralisation lyrique» (Théâtres nat. Fr.,1954, p. 33).
c) [En parlant de pers.] Qui chante des opéras, des opérettes. C'est en 1893 que Victor Maurel, tragédien lyrique, a établi les trois qualités de la voix: la hauteur, l'intensité, le timbre (Arts et litt.,1935, p. 36-8).L'interprète lyrique se trouve devant une difficulté que le comédien ne connaît pas (Arts et litt.,1936, p. 60-7).Artiste lyrique. Artiste qui chante au théâtre ou au concert. (Cl. Renard, Journal, 1897, p. 380).
Soprano lyrique. Soprano qui ,,possède une tessiture aiguë ou moyenne, avec un timbre qui prend de la puissance dans la force`` (Mus. 1976). Le soprano lyrique léger (Manon) (...) peut se borner au contre-ré (J. Lorcey,Maria Callas, Paris, P.A.C., 1977, p. 28).
II. − Substantif
A. − [Désigne une pers.] Poète lyrique (supra A 1 et 2), artiste lyrique (supra A 2). Il sentait avec délicatesse la poésie des lyriques grecs. Il touchait d'une main légère et sûre au texte fatigué de Théocrite (A. France,Bergeret,1901, p. 59).Le jour où Fromentin découvrit en Rubens un lyrique, tous les Flamands (...) furent définis du même coup (Toulet,Notes art, 1920, p. 109):
6. La poésie française, toujours retenue par les digues d'une forme trop rigide a fini par refluer dans la prose. C'est ce qui fait que nous avons de grands lyriques comme Bossuet, Chateaubriand, Lautréamont... Green,Journal,1951, p. 122.
B. − Subst. masc., rare. Le genre lyrique (supra A 1). Les deux sentiments les plus opposés qui se développèrent au sein de la fraternité première peuvent se rapporter au lyrique d'une part et au dramatique de l'autre (Sainte-Beuve,Portr. contemp.,ii, p. 95 ds Rob.).
C. − Subst. fém. La poésie lyrique. La lyrique chorale dont Pindare et Bacchylide sont les plus illustres représentants (Encyclop. univ.t. 71970, p. 1044, col. 1).
REM. 1.
Lyrico-, élém. de compos. représentant l'adj. lyrique.Lyrico-comique, adj., hapax. Si Boileau a qualifié son poème d'«héroï-comique», l'épithète de «lyrico-comiques» ne conviendrait pas mal aux Odes funambulesques (Lemaitre,Contemp.,1885, p. 12).
2.
Lyrifier, lyriser, verbe trans.,rare. Rendre lyrique. La plupart des poètes, quand ils ne sont pas un tant soit peu lyrifiés par la forme métrique, ont un style d'une platitude, qu'un seul mot peut rendre: un style de portier (Goncourt,Journal,1875, p. 1043).Tous les ouvrages de puériculture elle les avait lus et surtout ceux qui lyrisent à en pâmer les maternités (Céline,Voyage,1932, p. 272).
3.
Lyriquement, adv.D'une manière lyrique. a) [Correspond à I A 1 et 2 supra] Verrochio, le maître de Léonard, est (...) un des premiers artistes italiens qui exaltèrent lyriquement la beauté des muscles (Gilles de La Tourette,L. de Vinci,1932, p. 36).Les psaumes (...) participent de l'hymne et de l'élégie, combinaison qui accomplit une alliance remarquable des sentiments collectifs lyriquement exprimés, avec ceux qui procèdent du plus intime de la personne et de sa foi (Valéry,Variété V,1944, p. 171).b) [Correspond à I B supra] Il (...) les complimentait [des femmes] lyriquement sur le crédit du protecteur qu'elles traînaient à la suite (Carco,Montmartre,1938, p. 213).
Prononc. et Orth.: [liʀik]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. a) 1495 [éd.] «dans l'Antiquité se dit de poètes qui composaient des poèmes déclamés avec accompagnement de lyre» (J. de Vignay, Mir. histor., 1ervol., fo174 vods Gdf. Compl.); fin xves. subst. (Chron. et hist. sacree et prof., Ars. 5079, fo162a, ibid.); b) fin xves. -déb. xvies. [ms.] «destiné à être chanté avec accompagnement de lyre» chantz liriques (Oct. de Saint-Gel., Ep. d'Ov., Ars. 5108, fo186 ro, ibid.); p. ext. 1550 en parlant de la poésie française «qui appartient aux genres issus des genres lyriques de l'Antiquité» ma ... lirique Muse (Ronsard, Ode, XVIII, 34 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t.2, p.50); 2. a) 1755 «se dit des poésies qui expriment les sentiments intimes du poète» (Batteux, Principes de littérature, III, 7 ds FEW t.5, p.484); b) 1862 [1republ. ds la Presse, 26 août] «se dit d'une oeuvre littéraire, même en prose, de style poétique» prose lyrique (Baudel., Poèmes prose, À Arsène Houssaye, p.8); 3. 1801 «inspiré par un enthousiasme excessif, déplacé ou ridicule» (M. J. Chén., Les Nouveaux saints ds Littré). II. 1. a) 1751 «se dit d'une oeuvre mise en scène et chantée sur une scène de théâtre» (Volt., Louis XIV, Ecriv., ibid.); 1831, 18 avr. drame lyrique (Musset ds Le Temps, p.99); b) 1812 scène lyrique (Jouy, Hermite, t.2, p.198); 2. 1897, 6 janv. artiste lyrique «artiste qui chante par profession au théâtre ou au concert» (Renard, loc. cit.); 3. 1920 art lyrique (Proust, Guermantes 1, p.39). Empr. au lat. d'époque impériale lyricus «relatif à la lyre, de lyre» (gr. λ υ ρ ι κ ο ́ ς de mêmes sens), lui-même dér. de lyra, v. lyre. Fréq. abs. littér.: 760. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 617, b) 1024; xxes.: a) 1173, b)1450 Bbg. Françon (M.). Deux notes d'un seiziémiste. 1. Sur le Journal du Voyage de Montaigne. 2. Lyrisme et techn. poét. Fr. St. 1968, t.22, pp. 99-105.

Wiktionnaire

Adjectif

lyrique \li.ʁik\ masculin et féminin identiques

  1. Qui se chante sur la lyre. — Note : Il s’applique aux poésies destinées à être mises en musique et chantées.
  2. Qualifie un genre de poésie qui a gardé, en souvenir de sa destination primitive, un caractère particulier marqué par l’abondance des images, le mouvement du style et la variété du rythme.
    • Poésie lyrique.
    • Poème lyrique.
    • Genre lyrique.
    • Vers lyriques.
  3. (Par analogie) Qualifie les ouvrages en vers qui sont faits pour être chantés ou propres à être mis en musique, tels que les cantates, les chansons, les opéras.
    • […]; flétrissez aussi le charlatanisme de ces pseudo-virtuoses qui ont obtenu des succès apocryphes à New-York ou en Californie, et qui, […], viennent défigurer sur nos grandes scènes lyriques des partitions dont elles ridiculisent la majesté par les exagérations de leur style exotique. — (Stéphen de La Madelaine, Études pratiques de style vocal, T.1, 1868, p.18)
  4. (Par extension) D’un style faisant penser à la poésie lyrique.
    • Nous vivrons un petit amour de quatre sous avec de petites attentions l’un pour l’autre, avec des mots futiles et il me faudra avoir pour le moins des envolées lyriques pour toi, pour te rendre contente d’être là. — (Francis Zeller, Une fenêtre sous la lune, 1994)

Nom commun

lyrique \li.ʁik\ masculin

  1. Auteur lyrique.
    • C’est là, c’est dans l’île de Lesbos que les premiers lyriques ont chanté leurs premiers vers dans une langue européenne. — (Pierre Louÿs, Lesbos aujourd'hui, 1901, dans Archipel, 1932)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LYRIQUE. adj. des deux genres
. Qui se chante sur la lyre. Il s'applique aux poésies destinées à être mises en musique et chantées. Il se dit également d'un Genre de poésie qui a gardé, en souvenir de sa destination primitive, un caractère particulier marqué par l'abondance des images, le mouvement du style et la variété du rythme. Poésie lyrique. Poème lyrique. Genre lyrique. Vers lyriques. Il se dit, par analogie, des Ouvrages en vers qui sont faits pour être chantés ou propres à être mis en musique, tels que les cantates, les chansons, les opéras. Tragédie, drame, comédie lyrique. Un chef-d'œuvre lyrique. Il se dit, par extension, des Odes, quoiqu'on ne les chante pas. Ronsard dans ses premières Odes a imité la poésie lyrique grecque. Poète, auteur lyrique, Celui qui compose des odes ou des poésies propres à être mises en musique. Théâtre lyrique, Théâtre sur lequel on représente des ouvrages mis en musique. Artiste lyrique, Celui ou celle qui chante de tels ouvrages.

LYRIQUE s'emploie aussi comme nom masculin et signifie Auteur lyrique. Les lyriques grecs. Les lyriques français.

Littré (1872-1877)

LYRIQUE (li-ri-k') adj.
  • 1Chez les anciens, poésie lyrique, poésie qui se chantait sur la lyre. Les vers lyriques étaient ceux qu'on chantait ou qu'on était supposé chanter ; ceux, par exemple, des odes et des dithyrambes. Les Grecs eux-mêmes ont reconnu que la plus ancienne et la meilleure espèce de poésie était la lyrique, c'est-à-dire les hymnes et les odes, pour louer la divinité, Fleury, Mœurs des Israél. titre XV, 2e part. p. 189, dans POUGENS.

    Poëtes lyriques, et, substantivement, les lyriques, ceux qui composaient dans ce genre de poésie. Pindare, Horace sont des lyriques.

  • 2Aujourd'hui, il se dit des vers qui entrent dans les odes et les dithyrambes. Les poëmes lyriques de Malherbe, de Rousseau.

    Appliqué aux pièces de théâtre, lyrique signifie propre à être chanté, à être mis en musique. Tragédie lyrique, opéra sérieux ; comédie lyrique, opéra du genre gai. Célèbre par ses belles poésies lyriques et par la douceur qu'il [Quinault] opposa aux satires très injustes de Boileau, Voltaire, Louis XIV, Écriv.

    Théâtre lyrique, théâtre sur lequel on représente des ouvrages mis en musique. Les théâtres lyriques sont à Paris les Italiens, l'Opéra, l'Opéra-Comique et le Théâtre lyrique.

  • 3 Particulièrement. Lyrique se dit de pièces disposées par stances qui, sans être destinées à être chantées, ont un mouvement et un transport plus vif que le reste de la poésie.

    Qui appartient à la poésie lyrique de ce genre. Il faut que des hauteurs du sublime Hélicon Le premier trait que lance un poëte lyrique, Soit une flèche d'Apollon, E. Lebrun, le Vengeur. Montés au même char, comme un couple homérique, Nous tiendrons, pour lutter dans l'arène lyrique, Toi la lance, moi les coursiers, Hugo, Odes, à Lamartine.

    Par ironie. Dans mon lyrique essor je marche à pas comptés, Chénier M. J. les Nouveaux saints.

  • 4 S. m. Un lyrique, poëte lyrique, celui qui s'est illustré par des odes, des dithyrambes et autres poésies lyriques. Malherbe, Lamartine, V. Hugo sont nos premiers lyriques.

    Le lyrique, le genre, le talent lyrique. Racine me paraît incomparable dans le lyrique : une diction précise et serrée ; de la douceur, mais avec de l'énergie ; des figures variées ; de riches et nobles images ; une mesure libre qui pourtant ne marche pas au hasard, D'Olivet, Rem. Racine, § 62.

HISTORIQUE

XVIe s. Les vieux lyriques si heureusement ressuscitez, Ronsard, Épître au lecteur, Odes.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

LYRIQUE, (Littér.) chose que l’on chantoit ou qu’on jouoit sur la lyre, la cithare ou la harpe des anciens.

Lyrique se dit plus particulierement des anciennes odes ou stances qui répondent à nos airs ou chansons. C’est pour cela qu’on a appellé les odes poésies lyriques, parce que quand on les chantoit, la lyre accompagnoit la voix. Voyez Ode.

Les anciens étoient grands admirateurs des vers lyriques, & ils donnoient ce nom, selon M. Barnés, à tous les vers qu’on pouvoit chanter sur la lyre. Voyez Vers.

On emploia d’abord la poësie lyrique à célébrer les louanges des dieux & des héros. Musa dedit fidibus divos puerosque deorum, dit Horace ; mais ensuite on l’introduisit pour chanter les plaisirs de la table, & ceux de l’amour : & juvenum curas & libra vina referre, dit encore le même auteur.

Ce seroit une erreur de croire avec les Grecs qu’Anacréon en ait été le premier auteur, puisqu’il paroît par l’écriture que plus de mille ans avant ce poëte, les Hébreux étoient en possession de chanter des cantiques au son des harpes, de cymbales & d’autres instrumens. Quelques auteurs ont voulu exclure de la poésie lyrique les sujets héroïques, M. Barnés a montré contre eux que le genre lyrique est susceptible de toute l’élévation & la sublimité que ces sujets exigent. Ce qu’il confirme par des exemples d’Alcée, de Stésichore & d’Horace, & enfin par un essai de sa façon qu’il a mis à la tête de son ouvrage sous le titre d’Ode triomphale au duc de Marlboroug. Il finit par l’histoire de la poésie lyrique, & par celle des anciens auteurs qui y ont excellé.

Le caractere de la poésie lyrique est la noblesse & la douceur ; la noblesse, pour les sujets héroïques ; la douceur, pour les sujets badins ou galans ; car elle embrasse ces deux genres, comme on peut voir au mot Ode.

Si la majesté doit dominer dans les vers héroïques ; la simplicité, dans les pastorales ; la tendresse, dans l’élégie ; le gracieux & le piquant, dans la satyre ; la plaisanterie, dans le comique ; le pathétique, dans la tragédie ; la pointe, dans l’épigramme : dans le lyrique, le poëte doit principalement s’appliquer à étonner l’esprit par le sublime des choses ou par celui des sentimens, ou à le flatter par la douceur & la variété des images, par l’harmonie des vers, par des descriptions & d’autres figures fleuries, ou vives & véhémentes, selon l’exigence des sujets. Voyez Ode.

La poésie lyrique a de tout tems été faite pour être chantée, & telle est celle de nos opéras, mais superieurement à toute autre, celle de Quinault, qui semble avoir connu ce genre infiniment mieux que ceux qui l’ont précédé ou suivi. Par conséquent la poésie lyrique & la musique doivent avoir entre elles un rapport intime, & fondé dans les choses mêmes qu’elles ont l’une & l’autre à exprimer. Si cela est, la musique étant une expression des sentimens du cœur par les sons inarticulés, la poésie musicale ou lyrique est l’expression des sentimens par les sons articulés, ou ce qui est la même chose par les mots.

M. de la Mothe a donné un discours sur l’ode, ou la poésie lyrique, ou parmi plusieurs réflexions ingénieuses, il y a peu de principes vrais sur la chaleur ou l’enthousiasme qui doit être comme l’ame de la poésie lyrique. Voyez Enthousiasme & Ode.

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Étymologie de « lyrique »

Lat. lyricus, de lyra, lyre.

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Phonétique du mot « lyrique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lyrique lirik

Citations contenant le mot « lyrique »

  • La poésie mène au théâtre quand elle cesse d'être lyrique. De Giuseppe Conte
  • Le roman est autant un artefact verbal qu'un poème lyrique. De David Lodge / Language of fiction
  • Tout poète lyrique en vertu de sa nature opère fatalement un retour vers l'Eden perdu. De Charles Baudelaire / Les Curiosités esthétiques
  • L'art lyrique n'a pas été pensé pour Internet et je continue à croire à la vertu essentielle des enregistrements studio. De Jonas Kaufmann / Le Figaro du 27/06/2015
  • Le gars qui se croit capable de tout faire et qui rate tout ce qu’il fait, mais qui est content et qui s’en vante. Et il s’attaque à tous les genres dans le domaine artistique, que ce soit spirituel, que ce soit dramatique, que ce soit lyrique, avec une i De Bourvil
  • Salon-de-Provence : le festival d'art lyrique fait de la... LaProvence.com, Sorties - Loisirs | Salon-de-Provence : le festival d'art lyrique fait de la résistance | La Provence
  •   CONCERT DE CLÔTURE DE LA 10 ième semaine lyrique, organisée par Bruno Guitteny de « en compagnie des saltimbanques ». Unidivers, CONCERT DE CLÔTURE DE LA SEMAINE LYRIQUE Saint-Hilaire-de-Chaléons samedi 1 août 2020
  • Si tout va bien, et probablement avec quelques masques tant sur scène que dans la salle, la saison de l’Atelier lyrique – la première avec la patte réelle de François-Xavier Roth, son nouveau directeur – s’ouvrira le 19 septembre. Une saison d’une richesse impressionnante. La Voix du Nord, Tourcoing : l’Atelier lyrique devrait ouvrir sa nouvelle saison le 19 septembre
  • Depuis ses origines antiques, la tragédie est le lieu où se rejoignent deux modes, le dramatique et le lyrique. La gestion de l'équilibre entre ces deux modes est même souvent un critère de description de l'évolution historique du genre tragique. Mais si la définition du mode dramatique est relativement claire, celle du mode lyrique est beaucoup plus floue, et particulièrement pour des œuvres appartenant au xviie siècle, bien avant l'apparition de la triade romantique des genres littéraires. Or, pour établir une définition précise de ce que peut être un passage « lyrique » dans une tragédie, et donc un corpus de textes sur lesquels mener ensuite une étude formelle approfondie, les études génériques ne peuvent se passer des outils de la linguistique et de la pragmatique modernes, dans ce qu'elles apportent à l'analyse rhétorique de l'œuvre littéraire. En effet, alors que le genre de la poésie lyrique évolue, et que l'acception même du terme de « lyrisme » change en fonction des époques considérées, c'est une étude des actes de langage et du système d'énonciation qui permet de dégager des points communs et constants, dans l'usage qu'ils font du langage, entre certains passages de tragédie et la poésie lyrique du xviie siècle. La présente étude cherchera alors à montrer dans quelles bornes on peut définir la spécificité d'une énonciation lyrique dans la tragédie, à travers un corpus qui s'attache au premier xviie siècle, période particulièrement riche pour qui s'intéresse à la formation de la tragédie classique. Il s'agit donc ici de donner un exemple de la pertinence des outils de la linguistique de l'énonciation et de la pragmatique pour une étude qui cherche à conjuguer poétique des genres et histoire littéraire ; la linguistique permet ici de dégager un objet pour l'histoire des formes littéraires.[1] , Fabula, Atelier littéraire : Enonciation lyrique dans la tragedie
  • Le timbre et la voix sont charpentés et ronds mais sans les voyelles fermées à la française, l'organe est sombre d'une immense assise grave, levé avec une intense couverture jusqu'au médium et à l'aigu (au point qu'il approche les mains de ses oreilles pour concentrer encore les harmoniques, s'en protéger des immenses résonances cuivrées, et figurer la douleur expressive). Une douleur harmonisée à la puissance lyrique qui reste constamment contrôlée, d'une endurance infaillible, et permet par contraste des moments saisissants de douceur, à commencer par le long silence résonnant après "Reviens, Reviens". Silence que le baryton reprend et nourrit dans la continuité du souffle par un pianissimo intense. Son "vermeil" est d'une grande délicatesse de couleur, ses "é" délicatement irisés et articulés pour sa bien-aimée inapaisée. Olyrix.com, France et Pologne en Arménie, un Festival de Talents à Paris - Actualités - Ôlyrix

Images d'illustration du mot « lyrique »

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Traductions du mot « lyrique »

Langue Traduction
Anglais lyrical
Espagnol lírico
Italien lirico
Allemand lyrisch
Chinois 抒情的
Arabe غنائي
Portugais lírico
Russe лирический
Japonais 叙情的な
Basque liriko
Corse lirica
Source : Google Translate API

Synonymes de « lyrique »

Source : synonymes de lyrique sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « lyrique »

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