La langue française

Lèvre

Définitions du mot « lèvre »

Trésor de la Langue Française informatisé

LÈVRE, subst. fém.

A. −
1. [Chez l'homme]
a) Gén. au plur. Partie(s) charnue(s) et colorée(s), au nombre de deux, formant extérieurement le contour de la bouche. Porter qqc. à ses lèvres; tremper ses lèvres dans qqc.; avoir qqc. aux lèvres, entre les lèvres, au coin des lèvres; embrasser qqn sur les lèvres; remuer les lèvres. Nana tendit les lèvres, il y prit un long baiser, qui le consola de toute sa journée d'angoisse (Zola, Nana,1880, p. 1450).Ses lèvres étaient plus étroites qu'un trait de pinceau (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883, p. 128):
1. Tes lèvres sont des fleurs délicates où est tombé le sang d'une biche. − Mes lèvres sont les bords d'une blessure brûlante. − Ta langue est le poignard sanglant qui a fait la blessure de ta bouche. − Ma langue est incrustée de pierres précieuses. Elle est rouge de mirer mes lèvres. Louÿs, Aphrodite,1896, p. 22.
Lèvre inférieure, lèvre supérieure. On remarque la lèvre supérieure qui gonfle et avance sur la lèvre inférieure (Cocteau, Enf. terr.,1929, p. 42).
(Bouche, visage) sans lèvre(s). (Bouche, visage) aux lèvres extrêmement fines. Autour des verts tapis des visages sans lèvre, Des lèvres sans couleur, des visages sans dent (Baudel., Fl. du Mal,1857-67, p. 166).Le curé (...) souriait de sa bouche sans lèvres et comme cousue (Mauriac, Baiser Lépreux,1922, p. 210).
Locutions
Il y a loin de la coupe* aux lèvres.
Ne connaître qqn ni des lèvres ni des dents (fam.). Ne pas connaître du tout. Ça m'paraît toujours rigolo d'êt' forcé d'saluer des cul-terreux que je connais ni des lèvres ni des dents, comme dit ma concierge (P. Vaillant-Couturier ds Rey-Chantr.Expr.1979).
Rem. Cette loc. est une var. com., avec une connotation érotique, de la loc. ne connaître ni d'Ève ni d'Adam.
SYNT. a) Lèvres rouges, roses, vermeilles; lèvres blanches, bleues, décolorées, pâles, violettes; lèvres de carmin, de corail, de rose; lèvres épaisses, charnues, fines, gonflées, minces, molles, pendantes, rentrées; lèvres brillantes, desséchées, flétries, fraîches, gercées, humides, mouillées, sèches; grosses lèvres; lèvres maquillées, peintes. b) Coin, commissure, pli des lèvres. c) Coller, poser, presser ses lèvres sur qqc.; presser qqc. sur ses lèvres; prendre un baiser sur les lèvres de qqn; dérober ses lèvres au baiser de qqn; embrasser qqn à pleines lèvres.
b) P. méton. Région entourant extérieurement la bouche, de la base du nez au sillon du menton (généralement en parlant de la partie supérieure). Lèvre duvetée, rasée. Je vis la tête, la lèvre grisonnantes de mon père (Colette, Sido,1929, p. 107).Elle était pâle, Serge voyait (...) le rouge qui avait débordé sur le duvet de sa lèvre (Nizan, Conspir.,1938, p. 214).
Lèvre inférieure, lèvre supérieure. Comme il est doux d'arracher brutalement de son lit un enfant qui n'a rien encore sur la lèvre supérieure (Lautréam., Chants Maldoror,1869, p. 128).
c) ANAT., au plur. ,,Replis musculo-membraneux situés à la partie antérieure de la bouche et limitant en avant la cavité vestibulaire`` (Méd. Biol. t. 2 1971). Face interne des lèvres. La bouche (...) est limitée en avant par les lèvres, latéralement par les joues. (P. Rudaux, Anat., physiol., pathol. élém., Paris, Masson, 1962, p. 444).
PHONÉT. Ces replis intervenant dans la phonation soit au titre d'articulation principale (articulation labiale) soit au titre d'articulation secondaire (articulation labialisée). C'est l'intervention des lèvres, à la fois organe articulateur et lieu d'articulation, qui fournit le critère essentiel de classification des consonnes labiales (Mounin1974).
2. [Chez l'animal]
a) Gén. au plur. Partie(s) charnue(s), au nombre de deux, formant extérieurement le contour de la bouche ou de la gueule. Lèvres d'un chien, d'un cheval. Le chat se roulait sur mes genoux, (...) montrant sous ses lèvres ses crocs pointus (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Chats, 1886, p. 1059).
b) ZOOL., au plur. Replis musculo-membraneux entourant l'orifice buccal chez les Vertébrés. Les lèvres sont présentes chez tous les Vertébrés, sauf ceux munis d'un bec corné; immobiles chez les non-mammaliens, elles se mobilisent chez les Mammifères grâce à l'intrusion dans le plan sous-cutané des fibres musculaires originaires de l'arc hyoïdien (Zool., t. 3,1972, p. 854 [Encyclop. de la Pléiade]).Les Poissons suceurs se rencontrent parmi ceux qui vivent sur les fonds; la bouche est transformée en organe de succion (Esturgeon) avec des lèvres très développées (Zool., t. 3,1972, p. 1091 [Encyclop. de la Pléiade]).
P. anal. Pièces externes chitinisées, placées autour de l'orifice buccal chez les Arthropodes. Synon. labre2, labium.Enfin les Insectes présentent (...) une paire de maxilles soudées de manière à constituer une lèvre inférieure (E. Perrier, Zool., t. 1, 1893, p. 868).V. labium et labre2ex. de zool., t. 2, 1963, p. 492 [Encyclop. de la Pléiade].
3. P. anal., ANAT., ZOOL. ,,Relief allongé à deux versants qui borde un orifice ou une gouttière`` (Méd. Biol. t. 2 1971). La lèvre externe de la ligne âpre [du fémur] s'étend de la crête horizontale du grand trochanter au condyle externe (G. Gérard, Anat. hum.,1912, p. 180).À l'état de repos, grâce à leur élasticité, les lèvres anales se touchent et oblitèrent l'orifice (Bouasse, Instrum. à vent,1930, p. 183).
En partic.
a) Repli cutané qui borde de chaque côté le vestibule de la vulve. Grandes lèvres; petites lèvres. Chez la jument, l'éruption, précédée par quelques symptômes généraux, est annoncée par la tuméfaction des lèvres de la vulve (Nocard, Leclainche, Mal. microb. animaux,1896, p. 361):
2. Le capuchon, qui recouvre la tige du clitoris, est relié aux petites lèvres situées de part et d'autre du clitoris, et qui entourent l'ouverture vaginale. Durant l'excitation sexuelle les petites lèvres se gonflent grâce à leurs tissus érectiles. Notre corps, nous-mêmes, Paris, Albin Michel, 1977, p. 22.
b) Bord d'une plaie ou d'une incision chirurgicale. On rapproche modérément les lèvres de la plaie à l'aide de quelques bandelettes agglutinatives, et on panse simplement jusqu'à la guérison complète (Nélaton, Pathol. chir., t. 1, 1844, p. 233).
c) Lèvre antérieure (vieilli), dorsale du blastopore. Bord supérieur de l'encoche du blastopore où s'invagine par enroulement le territoire de la corde pendant la gastrulation de l'embryon amphibien. La lèvre antérieure du blastopore possède donc la propriété étonnante d'organiser des tissus banaux en un complexe d'organes hautement différenciés (Caullery, Embryol.,1942, p. 60).
B. −
1. [Les lèvres en tant que siège de mimiques expressives, signe (par leurs formes ou leurs mouvements) révélateur d'un caractère, d'un état physique ou affectif] Le sourire réside sur les lèvres; mais le rire a son siège et sa bonne grâce sur les dents (Joubert, Pensées, t. 1, 1824, p. 145).Ces figures crispées par le succès d'autrui, ces lèvres boudeuses, rebelles au compliment et faciles à l'épigramme (Balzac, Lys,1836, p. 56).Un dégoût crispe sa lèvre (Farrère, Homme qui assass.,1907, p. 291):
3. ... il repartit, avec une furie nouvelle, jetant un chiffre de la main à chaque enchérisseur, surprenant les moindres signes, les doigts levés, les haussements de sourcils, les avancements de lèvres, les clignements d'yeux... Zola, Ventre Paris,1873, p. 701.
[Le mouvement effectué sur les lèvres est symbolique d'une réaction, d'un état affectif]
Se lécher, se pourlécher les lèvres; passer sa langue sur les lèvres (en signe de gourmandise, de plaisir pris à manger). S'il leur arrive de promener la langue sur leurs lèvres vernissées, l'auteur des mets en consommation en acquiert une gloire immortelle (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 307).La coutume qu'ont les Havasupaï de se pourlécher les lèvres pour marquer le plaisir qu'ils prennent à un repas (Lowie, Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 301).
Au fig. Se réjouir à l'idée de la satisfaction que l'on tirera de quelque chose. C'était une vengeance d'écolier et de sauvage dont il se léchait d'avance les lèvres (France, Chat maigre,1879, p. 224).À la seule pensée des cabochons de ses oreilles, il se passait la langue sur les lèvres (Jouve, Scène capit.,1935, p. 36).
Se mordre la lèvre, les lèvres (pour ne pas exprimer un affect intense, une réaction émotive ou parce que l'on regrette ce que l'on vient de dire). Se mordre les lèvres de colère, de dépit, de désir, de rage; se mordre les lèvres pour ne pas crier. Nous restions sans mot dire. Elle sentit notre gêne et s'arrêta, se mordit la lèvre, baissa la tête (Alain-Fournier, Meaulnes,1913, p. 232).Fontanet le regardait avec le mauvais sérieux de son museau de renard; je me mordais les lèvres; tout à coup j'éclatai de rire (France, Vie fleur,1922, p. 295).
Au fig. Regretter ce qu'on a dit ou fait, s'en repentir, en être dépité. Synon. se mordre la langue, les doigts.Haudouin prit l'avantage en criant le premier : − Vive la France! − Vive l'Alsace-Lorraine! riposta Maloret. Et Haudouin se mordit les lèvres de n'y avoir pas pensé (Aymé, Jument,1933, p. 217).
Pincer les lèvres (en signe de dégoût, de dépit, de réprobation). Je lui ai coupé le compliment sous le pied et il pince les lèvres, vexé (Colette, Cl. école,1900, p. 201).Il cessa tout net de parler et pinça les lèvres d'un air irrité (Sartre, Nausée,1938, p. 206).
Loc. verb.
(Avoir) le cœur sur les lèvres, au bord des lèvres. Être près de vomir, être pris de dégoût. Je sens, depuis le début de cette affaire, le dégoût m'envahir. J'ai le cœur sur les lèvres (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 178).
(Avoir) la mort, l'âme sur les lèvres (vieilli). ,,Être près de mourir, avoir l'expression d'un mourant`` (Ac. 1798-1878; dict. xixeet xxes.).
Loc. adv. (Manger, boire) du bout des lèvres. (Manger, boire) sans appétit, avec réticence. Les convives, tous gens de bon appétit, ou ne mangeaient pas, ou ne mangeaient que du bout des lèvres (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 333).Nous n'avons mangé que du bout des lèvres (...). Voyez-vous, on est toujours plus sensible qu'on ne croit à la mort des autres (Becque, Corbeaux,1882, III, 5, p. 175).
SYNT. a) Lèvres ardentes, arides, brûlantes, dédaigneuses, gourmandes, moqueuses, rieuses; lèvres contractées, entrouvertes, frémissantes, tremblantes. b) Grimace, moue, pincement, sourire des lèvres; un sourire, un hoquet monte aux lèvres; un sourire passe sur les lèvres de qqn.
2. [Les lèvres en tant que siège ou organe de la parole énoncée] Lèvre bavarde, indiscrète, muette. Trouver sur les lèvres d'un honnête homme ce qu'on a soi-même dans le cœur, c'est le plus grand des bonheurs qu'on puisse désirer (Musset, Lorenzaccio,1834, II, 2, p. 128).Les mains, l'une après l'autre, disaient ce que souvent les lèvres n'osaient pas formuler (Guèvremont, Survenant,1945, p. 134):
4. Je (...) ne craignais point d'aborder l'épopée napoléonienne que je recueillais sur les lèvres des survivants de la grande époque... France, Pt Pierre,1918, p. 78.
a) [Le mouvement effectué avec les lèvres est symbolique d'une attitude langagière]
Mettre, poser un doigt sur ses lèvres (pour demander le silence à qqn ou pour signaler silencieusement que l'on ne veut ou ne peut pas parler). Elle leur dit : − Restez, chers anges! et mit son doigt sur ses lèvres. Ils obéirent (Balzac, Lys,1836, p. 48).Elle mit un doigt sur ses lèvres. − Chut! fit-elle avec un sourire (Theuriet, Mariage Gérard,1875, p. 110).
Desserrer, ouvrir les lèvres (pour parler avec réticence). Synon. desserrer les dents, ouvrir la bouche.Comme elle faisait un paquet de linge sale jeté dans un coin, derrière la malle, il ouvrit enfin les lèvres, il demanda : − Qu'est-ce que tu fais?... Où vas-tu? (Zola, Assommoir,1877, p. 383).Au poulet rôti, une figure solennelle, la statue du commandeur en frac, entre dans la salle à manger. G. M. ne desserre pas les lèvres; il croit qu'il ne se sent pas très bien (Blanche, Modèles,1928, p. 228).
b) Loc. verb.
α) [Le suj. désigne une pers.]
(Avoir) qqc. aux lèvres. Dire, exprimer volontiers ou fréquemment. L'envie au foie et l'ironie aux lèvres; Et leur sourire est las comme un feu qui s'éteint (Samain, Chariot,1900, p. 192).[Il] s'en allait avec entrain, le visage agité d'effroyables grimaces et toujours le mot drôle aux lèvres (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 360).
(Avoir) (le rire aux dents et) la chanson aux lèvres. Le fort vit défiler des troupes, le rire aux dents, la chanson aux lèvres (Bordeaux, Fort de Vaux,1916, p. 11).
(Avoir) le cœur sur les lèvres. ,,Être franc, sincère`` (Ac. 1798-1935; dict. xixeet xxes.).
Avoir sur les lèvres, sur le bout, le bord des lèvres.
Ne pas pouvoir dire (par suite d'un trou de mémoire). Synon. avoir sur le bout de la langue.Attends, petit, j'ai son nom sur les lèvres..., Terra..., Terra..., marquis de Terranova..., de Terrasecca, ... rossa, ... puzzosa, non, ce n'est pas cela, cela ne me revient pas (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 149).
Ne pas oser dire. Elle me regarda deux ou trois fois, avec une question sur le bord des lèvres qu'elle n'osa pas formuler (Bourget, Disciple,1889, p. 127).
Lire sur les lèvres. Deviner les propos de quelqu'un au vu du seul mouvement des lèvres, sans percevoir le son. Au fig. Deviner (un mot, un sentiment) bien qu'il ne soit pas explicitement prononcé ou exprimé. Lorsqu'il vit l'émotion de Christophe, lorsqu'il lut sur ses lèvres le nom qu'ils pensaient tous deux : « Olivier!... » (...) il se jeta dans les bras qui lui étaient tendus (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1486).Ce n'est point le désir qu'elle a lu sur mes lèvres, c'est la reconnaissance (Claudel, Soulier,1944, 1repart., 1rejournée, 7, p. 967).
Être suspendu aux lèvres de qqn. Écouter avec une attention passionnée. Ici l'orateur, interrompant son récit, eut le geste d'un tribun novice qui craint ou d'en avoir trop dit ou d'en dire trop! On restait, quoiqu'il ne parlât plus, suspendu à ses lèvres (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 136).
P. ext. Dépendre des paroles, de la décision de quelqu'un. Elle me vit debout, les yeux sur elle, attendant qu'elle parlât; toutes les forces de ma vie étaient suspendues à ses lèvres (Musset, Confess. enf. s.,1836, p. 195).
Se mordre les lèvres. Synon. de se mordre la langue (v. ce mot I B 1 a).
β) [Le suj. désigne une production langagière]
Monter, venir (ou un verbe appartenant au même parad.) aux lèvres. Être sur le point d'être exprimé, venir à l'expression. Un torrent d'injures bouillonnantes monta droit à mes lèvres, tandis que la bile extravasée débordait en écume jaune jusque dans le blanc de mes yeux (About, Roi mont.,1857, p. 234):
5. Aux premières phrases de sa sortie, quelques paroles du Christ me remontèrent du cœur aux lèvres, que je retins pourtant, car il me paraît toujours malséant d'abriter ma conduite derrière l'autorité du livre saint. Gide, Symph. pastor.,1919, p. 882.
Brûler les lèvres. Je retiens un formidable « merde » qui me brûle les lèvres (H. Bazin, Vipère,1948, p. 197).
S'arrêter, mourir, rester (ou un verbe appartenant au même parad.) sur les lèvres. Être contenu, ne pas être prononcé, exprimé. Je sentais le langage de la feinte mourir sur mes lèvres... Je voulais séduire, et j'étais séduit (Lemercier, Pinto,1800, II, 12, p. 69).L'exclamation attendue resta sur ses lèvres; il rougit, détourna les yeux, et se tut (Bernanos, Soleil Satan,1926, p. 96).
Sortir des lèvres; franchir, passer les lèvres; passer sur les lèvres. Être prononcé, exprimé. Les femmes sentent-elles vraiment que telle ou telle parole passe sur les lèvres sans sortir du cœur? (Nerval, Filles feu, Sylvie, 1854, p. 618).Je crus qu'il allait nous encourager à la révolte. Mais pas un mot ne franchit ses lèvres. Sa bouche se ferma, et encore une fois ses yeux (Vercors, Silence mer,1942, p. 76).
Couler, tomber des lèvres (littér.). Ses yeux s'ouvrent, ses mains se déploient, et ces mots tombent de ses lèvres : « Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, (...) etc. » (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 320).Il chante, et la poésie coule à flots de ses lèvres (Toepffer, Nouv. genev.,1839, p. 86).
Être sur toutes les lèvres. Être prononcé, exprimé par tout le monde. Paris (...), la mystérieuse et l'ébouissante, dont le nom est sur toutes les lèvres (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 232).Pluche, en ricanant, posa la question qui était sur toutes les lèvres : − Et la nuit de noces? (Dabit, Hôtel Nord,1929, p. 182).
γ) [Le suj. désigne un affect, un élément de situation]
Arrêter, retenir (ou un verbe appartenant au même parad.) sur les lèvres. Empêcher que l'on ne prononce, n'exprime. À mon avis le devoir professionnel, loin d'arrêter la parole sur ses lèvres, devait l'inciter à révéler publiquement les protestations de sa conscience (Clemenceau, Vers réparation,1899, p. 46).J'irai à Gap, l'automne prochain, étudier pour être... Une pudeur singulière retint le mot sur ses lèvres (Bernanos, Crime,1935, p. 758).
c) Loc. adv.
Du bout des lèvres
α) Avec réticence. Il répondait du bout des lèvres; notre lassitude commune ne nous rapprochait pas (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 321).Le don que Karl me reconnaissait du bout des lèvres, jugeant maladroit de le dénier tout à fait (Sartre, Mots,1964, p. 137).
β) En marquant, dans son énonciation, de la distance. Il chantait du bout des lèvres, avec affectation, un air des Cloches de Corneville (...). La complaisante affectation de sa voix mièvre m'exaspérait (Gide, Si le grain,1924, p. 417).Le peuple (à prononcer du bout des lèvres comme « peu » ou même comme « peuh! »), le peuple, cela se considère comme l'entomologiste étudie la termitière (H. Bazin, Vipère,1948, p. 113).
γ) Rare. À la légère. Mais alors, monsieur l'abbé, quelle consolation nous reste-t-il? − Je me le suis parfois demandé, mon enfant... Ceci pour vous prouver que je ne vous parle pas du bout des lèvres... Notre consolation, c'est de penser que le Christ déteste sûrement la guerre autant que nous (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 266).
Des lèvres. Sans sincérité. Pour prier, non des lèvres seulement, mais du fond de mon cœur, je dois faire un effort (Coppée, Bonne souffr.,1898, p. 99).V. Chérir ex. 2.
Entre ses lèvres. À voix basse, à part soi. Quasi-synon. dans sa barbe. Elle rencontra une femme qui se retourna en la voyant passer, (...) marmottant entre ses lèvres : « Mais où peut donc aller cet enfant? Est-ce que c'est un enfant-garou? » (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 466).
3. Littér. [Les lèvres en tant que siège de sensations érotiques, gustatives] On se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête (Rimbaud, Poés.,1871, p. 71).Le brouet qui froidit sera fade à tes lèvres (Apoll., Alcools,1913, p. 92).
C. − [P. anal. de forme]
1. ARCHIT. ,,Rebord de la campane qui forme les chapiteaux corinthiens ou composites`` (Noël 1968). Certaines corbeilles ont une lèvre (...), c'est-à-dire une moulure supérieure qui imite le bord d'un vase (Archit.1972, p. 116).
2. BOT. Lobe de la corolle ou du calice d'une plante labiée. Le lobe ou lèvre supérieure présente habituellement [dans une corolle labiée] deux dentelures qui indiquent deux pétales, mais l'inférieure en montre trois (Privat-Foc. 1870, p. 591).
3. GÉOL. Bord d'une faille. Synon. paroi.Une brèche profonde, aux lèvres à pic, entaillant la montagne jusqu'au cœur (Genevoix, E. Charlebois,1944, p. 68).Une faille est dite normale (...) lorsque, par gravité la lèvre inférieure a descendu le pendage; elle est dite inverse lorsque par poussée la lèvre supérieure a remonté le pendage (Métro1975, p. 125).
4. MUS., au plur. Parties opposées de l'ouverture d'un tuyau à bouche dans l'orgue (d'apr. Mus. 1976). [Les lèvres sont les] parties opposées de l'ouverture d'un tuyau à bouche, dans l'orgue; celle qui est disposée en forme de biseau est appelée L [èvre] supérieure (Brenet, Dict. prat. et hist. mus.,1926, p. 223).
5. POT. Rebord d'un vase. L'ouvrage ressemble à certains pots préhistoriques, à panse ronde, à grosses lèvres autour de l'embouchure (Coupin, Animaux de nos pays,1909, p. 244).
6. TECHNOL. Partie mince de la jointure d'une pièce. Lèvre d'un joint d'étanchéité. Quelle que soit la distribution des rivets et leur nombre, ils ne doivent pas être trop rapprochés des lèvres des pièces à réunir (Croneau, Constr. nav. guerre, t. 1, 1892, p. 82).
Prononc. et Orth. : [lε:vʀ ̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 2emoitié xes. plur. lawras (Saint-Léger, éd. J. Linskill, 157); fin xies.-début xiies. plur. levres (Fragment d'un poème dévot, 25 ds Bartsch Chrestomathie, 1908, p. 46); 2. spéc. a) 1314 « bords d'une plaie, d'une blessure » (Chirurgie Henri de Mondeville, 831 ds T.-L.); b) 1636 mus. (Mersenne, Harmonie universelle, p. 358); c) 1680 anat. (Rich. : les lévres des parties naturelles de la femme [d'apr. Degori, Dict. des mots de méd.]); d) 1692 archit. « rebord de la campane des chapiteaux corinthiens ou composites » (H. Lemonnier, Procès-verbaux de l'Ac. royale d'archit., t. 2, pp. 248 et 351); e) 1694 bot. « lobe de la corolle des plantes labiées » (Tournefort, Éléments de bot. ds FEW t. 5, p. 108a); f) 1752 zool. « bords d'une coquille » (Trév. Suppl.); g) 1834 « bord d'une fissure, d'une faille » (Balzac, Langeais, p. 345); 1877 géol. (Fabre ds C.R. de l'Ac. des Sc., t. 84, p. 567); h) 1840 « bords d'un vase antique » (Ac. Compl. 1842). Du lat. pop. labra, plur. neutre pris comme fém. sing. du lat. labrum « lèvre; bord » (L'emploi naturellement fréquent du plur. labra a abouti à la substitution de cette forme comme sing. à la place de labrum. Cf. FEW t. 5, p. 108). Fréq. abs. littér. : 10 995 Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 12 363, b) 20 028; xxes. : a) 18 984, b) 14 060. Bbg. Lenoble-Pinson (M.). Le Lang. de la chasse. Bruxelles, 1977, p. 208, 350.

Wiktionnaire

Nom commun

lèvre \lɛvʁ\ féminin

  1. (Anatomie) Partie extérieure et charnue qui borde la bouche, qui couvre les dents et qui aide à la formation des sons, à l’articulation des mots. Note d’usage : Très souvent employé au pluriel pour comprendre la lèvre supérieure et la lèvre inférieure.
    • Les Liméniennes ont toutes de belles couleurs, les lèvres d’un rouge vif, de beaux cheveux noirs et bouclés naturellement, des yeux noirs d’une expression indéfinissable d’esprit, de fierté et de langueur ; […]. — (Flora Tristan, Les Femmes de Lima, dans Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • Sous la moustache blonde du grand gaillard, ses lèvres goulues cherchaient la bouche voluptueuse, cependant que l’autre, sans s’attarder à des bagatelles inutiles et connaissant la valeur du temps, troussait vigoureusement les jupes. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Sa langue, d’une mobilité étonnante, courait amoureusement sur ses lèvres comme si elle se promettait de goûter à toutes les félicités d’ici-bas. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 12)
    • Elle était hideuse ainsi. On voyait derrière ses lèvres relevées, débarrassées de rouge, décolorées et molles, ses dents malpropres ; un bourrelet de graisse saillait sous le menton. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 57)
    • C’était bizarre. Jamalou n’éprouvait plus, devant cette face douloureuse dont les yeux révulsés, la bouche aux lèvres tuméfiées, presque noire, révélaient l’atroce agonie, aucune espèce de compassion. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Un soir, à l’insu du brigadier, sa fille est entrée chez l’instituteur, le sourire aux yeux, les lèvres plus rouges que ces tablettes de sucre écarlate — des coquelicots — qu’on suce contre les enrouements; […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Par analogie) (Chirurgie) Bords d’une plaie.
    • Selon Mézières, le traitement de la plaie causée par l'hostilité entre la France et l'Angleterre consiste à rejoindre les deux lèvres de la plaie et à les recouvrir d'un fin baume de telle manière qu'elle soit effacée ([…]). — (Jean-Louis G. Picherit, La Métaphore pathologique et thérapeutique à la fin du Moyen Age, Tübingen : Max Niemeyer Verlag, 1994, p. 62)
    • […] ; l'air est chaud et humide, la foule animée, la latérite omniprésente rouge passé, même si les bords des flaques d'eau du dernier orage donnent l'impression de lèvres de blessure en cours de cicatrisation. — (Alain Rochegude, « Anthropologue du Droit ou Juriste anthropologue ? », dans Anthropologie et Droit, intersections et confrontations, Cahiers d'anthropologie du droit 2004 & Droit et Cultures hors-série 2004/4, Paris : Karthala, 2004, p. 329)
  3. (Anatomie) Bords extérieurs ou intérieurs de la vulve.
    • L’opération doit insister à chaque fois sur une lèvre en particulier, la droite par exemple, puis sur l'autre : la femme changera alors légèrement de position de façon à bien frictionner la lèvre gauche... et elle ne cesse d'agir ainsi jusqu'à ce que ses désirs et ceux de sa partenaire soient assouvis. — (Les Délices des cœurs, Ahmad al-Tîfâchî, traduction René R. Khawam, Phébus, 1981, p. 260).
    • Si l’anus est trop en avant, la partie supérieure de la vulve bascule horizontalement sur le bassin. Ce défaut de conformation ou le manque de tonus des lèvres vulvaires favorisent la pénétration permanente d'air dans le vagin (pneumovagin) entraînant vaginites (inflammation du vagin) et endométrites (inflammation de l'utérus). — (Maladies des chevaux, ouvrage collectif, Institut du cheval, France Agricole Editions, 1994, p. 127)
  4. (Botanique) Découpure, à peu près en forme de lèvres, qui caractérisent les fleurs des plantes labiées.
  5. (Géologie) Bord d'une faille, paroi rocheuse.
    • Soignolles sur un versant, Solers sur l'autre, assis à la lèvre du val étroit, forment de jolis décors".- Victor-Eugène Ardouin-Dumazet, "Voyage en France", série 45, "Versailles et le Hurepoix" (1907)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LÈVRE. n. f.
Partie extérieure et charnue qui borde la bouche, qui couvre les dents et qui aide à la formation des sons, à l'articulation des mots. La lèvre supérieure. La lèvre inférieure. Avoir les lèvres plates, minces, épaisses, fraîches, rouges, vermeilles. Avoir les lèvres gercées, pâles, livides, fendues, pendantes. Se mordre la lèvre, les lèvres. De la pommade, du rouge pour les lèvres. Remuer les lèvres. Des lèvres tremblantes de colère. Prononcer du bout des lèvres. Avoir le cœur sur les lèvres, Éprouver un léger mal de cœur. Fig., Il le dit des lèvres, mais le cœur n'y est pas, Il exprime un sentiment qu'il n'éprouve pas; il fait une promesse qu'il n'a pas l'intention de tenir. On dit aussi Dire oui du bout des lèvres. Voyez BOUT. N'honorer Dieu que des lèvres, que du bout des lèvres, se dit des Hypocrites qui ne prient Dieu que de bouche. Rire du bout des lèvres, Rire sans en avoir envie, à contrecœur. Dans le même sens, Son rire ne passe pas les lèvres. Avoir un mot sur les lèvres, Être sur le point de dire quelque chose que l'on retient par scrupule, par discrétion, par précaution. Avoir un nom sur le bord des lèvres, se dit Lorsque, au moment de prononcer un nom, il vous échappe. Fig., Avoir le cœur sur les lèvres, Être franc, sincère, dire en toute simplicité tout ce qu'on pense. Fig. et prov., Il y a loin de la coupe aux lèvres. Voyez COUPE. On dit dans le même sens Entre la coupe et les lèvres. Fig., Se mordre les lèvres de quelque chose, S'en repentir. Je n'ai pas eu plutôt lâché cette parole que je m'en suis mordu les lèvres. En termes de Manège, Ce cheval s'arme de la lèvre, il se défend des lèvres, Il a les lèvres si épaisses qu'elles lui ôtent le sentiment des barres, en sorte que l'appui du mors en devient sourd et trop ferme. Par analogie, il se dit, en termes de Chirurgie, des Bords d'une plaie. Les lèvres de sa plaie commencent à se rapprocher. En termes d'Anatomie, il se dit des Bords extérieurs ou intérieurs de la vulve. Les grandes lèvres. Les petites lèvres. En termes de Botanique, il désigne Certaines découpures, à peu près en forme de lèvres, qui caractérisent les fleurs des plantes nommées, pour cette raison, Plantes labiées.

Littré (1872-1877)

LÈVRE (lè-vr') s. f.
  • 1Partie extérieure et charnue qui forme le contour de la bouche. La lèvre supérieure. La lèvre inférieure. Un lsaïe qui tremble devant Dieu jusqu'à ce que ses lèvres soient purifiées, Bossuet, Élévat. sur myst. IV, 8. Mais ses lèvres à peine en ont touché le bord [d'une coupe], Racine, Brit. V, 5. La couleur vermeille des lèvres, la blancheur de l'émail des dents, tranchent avec tant d'avantage sur les autres couleurs du visage, qu'elles paraissent en faire le point de vue principal, Buffon, Hist. nat. hom. Œuv. t. IV, p. 293. C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais, Lamartine, Médit. I, 29. Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine, Hugo, Chants du crépuscule, XX. Qu'à peine un mouvement de ta lèvre indignée Révèle ton courroux au fond du cœur grondant, Hugo, Voix intér. XXXII.

    Se mordre les lèvres, serrer les lèvres inférieures avec les dents, pour s'empêcher de rire ou de se livrer à quelque explosion de passion. Madame, qui se mordait les lèvres pour s'empêcher de rire, Marivaux, Paysan parv. 1re part. Le cachemirien se mordit les lèvres, de peur d'éclater au nez de l'Indien, Voltaire, Dial. 1.

    Fig. Se mordre les lèvres de quelque chose, s'en repentir.

    Fig. Avoir encore le lait sur les lèvres, être d'une grande jeunesse et sans expérience.

    Serrer les lèvres, se taire. Chacun se mit à serrer les lèvres, Sévigné, 301.

    Ne pas passer les lèvres, le bord des lèvres, se dit de quelque chose de feint, d'affecté, qui n'est pas véritable. Son rire ne passe pas les lèvres. Chacun se retira, après avoir donné des marques d'une tristesse qui ne paraissait pas passer le bord des lèvres, Marivaux, Paysan parv. 7e part.

    Rire du bout des lèvres, rire sans en avoir envie, à contre-cœur.

    Avoir la mort sur les lèvres, être près de mourir, ou avoir la figure d'un mourant.

    Dans le langage poétique, on dit que l'âme vient sur les lèvres pour exprimer l'approche d'un évanouissement ou de la mort. Et mon âme déjà sur mes lèvres errante, Racine, Phèdre, III, 1.

  • 2Lèvres prises pour bouche, langage. C'est-à-dire qu'il faut prononcer ce mot [prochain] des lèvres, de peur d'être hérétique de nom, Pascal, Prov. I. Heureux qui porte toujours la charité sur les lèvres ! Bourdaloue, 2e dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 277. La douce persuasion était sur les lèvres de votre père, Fénelon, Tél. X.

    Dans la Bible, toute la terre n'avait qu'une lèvre, c'est-à-dire tous les hommes n'avaient qu'une langue avant la confusion de Babel.

    Il le dit des lèvres, mais le cœur n'y est pas, c'est-à-dire il exprime un sentiment qu'il n'éprouve pas.

    Fig. Du bout des lèvres, sans grande bonne volonté, avec quelque dédain. Ce que vous m'accordâtes du bout des lèvres, Voiture, Lett. 75.

    N'honorer Dieu que des lèvres, que du bout des lèvres, prier Dieu de bouche seulement et sans que le cœur soit touché. Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi, Sacy, Bible, St Math. Év. XV, 8.

    Avoir une chose sur les lèvres, sur le bord des lèvres, la savoir, il est vrai, mais, par quelque défaut momentané de mémoire, ne pouvoir la dire.

    Fig. Avoir le cœur sur les lèvres, parler sans déguisement. On le trouvait toujours libre, naturel, ouvert, comme un homme qui a son cœur sur les lèvres, Fénelon, Tél. XVI.

    Avoir le cœur sur les lèvres, se dit familièrement pour avoir mal au cœur, avoir envie de vomir.

  • 3 Terme de manége. S'armer de la lèvre, se dit d'un cheval qui se défend des lèvres, ayant les lèvres si épaisses, qu'elles lui ôtent le sentiment des barres, et que l'appui du mors cesse d'être ferme.
  • 4 Terme de chirurgie. Lèvres, les deux bords d'une plaie simple. Rapprocher les lèvres d'une plaie. Les lèvres de la plaie étaient fort écartées.

    Terme d'anatomie. Les grandes lèvres, les bords extérieurs de la vulve ; les petites lèvres, les bords intérieurs.

  • 5 Terme de botanique. Lèvres, les deux lobes principaux d'une corolle bilabiée ou personnée.
  • 6Les deux bords d'une coquille univalve.
  • 7Se dit des bords d'un vase antique quand ils sont recourbés en forme de lèvres.
  • 8Lèvre de Vénus, cardère cultivée.
  • 9Sorte de levier dont l'ardoisier se sert pour abattre les blocs.

HISTORIQUE

XIIe s. Fors metront [exprimeront] les meies levres loenge, cum tu ensegneras mei les tues justificaciuns, Liber psalm. p. 197. Les levres de proveire [de prêtre] sunt guarde d'escient [de science] ; Li prestre est angeles Deu, ce dit Pols qui ne ment, Th. le mart. 91.

XIIIe s. Monseigneur Erart de Syverey fu feru d'une espée parmi le visage, si que le nez li cheoit sus la levre, Joinville, 226.

XIVe s. Les leivres sont membres… il sont huis du cors, et donnent tiex [telles] utilités à la bouche comme fait l'uis à la maison, H. de Mondeville, f° 19. Oster les dars et toutes choses qui sont entre les leivres des plaies, H. de Mondeville, f° 35, verso.

XVe s. Petit menton, lefres et nez traitis, Vos joettes font deux fosses toudis En soubzriant, o belle plus que belle, Deschamps, Poésies mss. f° 250. Si en mordit le duc ses levres, et le prit à aigre, disant…, Chastelain, III, 44.

XVIe s. La vengeance, quand on y procede par cholere, se consume ordinairement en morsure de levres, grincement de dents, Amyot, Comment refréner la colère, 21. La base de l'os des iles se nomme le bord, ou levre, ou sourcil, Paré, IV, 34. Le chancre ulceré a les levres fort grosses, dures, noueuses, Paré, V, 27.

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Étymologie de « lèvre »

Provenç. labras, du lat. labrum, lèvre, qui se rapporte à lambere, λάπτειν, lécher ; c'est le membre qui lèche. Comparez l'allemand Lippe, lèvre.

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(fin Xe siècle) De l’ancien français levre, primitivement lavras (pl.) (980), issu du latin labra, pluriel neutre de labrum « lèvre », senti comme un féminin singulier en latin populaire.
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Phonétique du mot « lèvre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lèvre lɛvr

Citations contenant le mot « lèvre »

  • Il s’est mordu la lèvre en sautant du pont au-dessus du canal, ce samedi 18 juillet, en fin de journée. Il a été transporté à l’hôpital de Dax pour des examens de contrôle SudOuest.fr, Landes : un jeune de 16 ans se fait une belle frayeur en sautant du pont d’Hossegor
  • Une nouvelle tendance idiote envahit les réseaux sociaux. Le concept, coller sa lèvre supérieure pour un effet bouche pulpeuse des plus... ratés. Une mode, qui évidemment, n'est pas sans risques.  midilibre.fr, Coller sa lèvre supérieure pour une bouche pulpeuse, la nouvelle mode stupide d'internet - midilibre.fr
  • Paul Lahcène, vendredi sur Europe 1, a expliqué pourquoi un article sur le rouge à lèvre du site femina.fr a enflammé les réseaux sociaux. Europe 1, Un article sur le rouge à lèvre enflamme les réseaux sociaux
  • Tant qu'il y aura des yeux reflétant les yeux qui les regardent ; tant qu'une lèvre répondra en soupirant à la lèvre qui soupire ; tant que deux âmes pourront se confondre dans un baiser, il y aura de la poésie ! De Gustavo Adolfo Bécquer / La Poésie est éternelle
  • Il y a loin de la coupe aux lèvres. De Aulu-Gelle
  • Des lèvres de la femme tombent de sages avis. De Euripide
  • Il y a loin de la croupe aux lèvres. De Boris Vian
  • Les âmes se rencontrent sur les lèvres des amants. De Percy Bysshe Shelley
  • Une lèvre douce vous promet une éternité de baisers. De Ben Jonson
  • Grande est la mort, le sourire aux lèvres nous lui appartenons. De Rainer Maria Rilke
  • La persuasion repose sur les lèvres d'un ami fidèle. De Homère / L'Illiade
  • Les vrais gourmands lisent en remuant les lèvres, pour déguster les mots. De Yvan Audouard
  • Parfois les lèvres prostituent les paroles. De Jean-Jules Richard / Ville rouge
  • Une sottise dite par une vieille bouche est aussi sotte que dite par de jeunes lèvres. De Marcelle Auclair
  • La Parole est souvent aiguisée pas les lèvres. De Xavier Forneret / Sans titre
  • Les mains qui aident sont plus sacrées que les lèvres qui prient. De Sathya Sai Baba
  • Baiser de lèvres ne vient pas toujours du coeur. De Proverbe italien
  • Il est sur toutes les lèvres (et les paupières)… Le gloss, signature-beauté des années 90, signe son grand retour ! Attention les yeux, que ses détracteurs se préparent à le voir briller de mille feux ! Marie France, magazine féminin, Gloss : le produit de beauté-phare des années 90 est sur toutes les lèvres !
  • Qui n'a jamais envié les lèvres de Kim Kardashian ? La femme d'affaires vient de dévoiler tous ses petits secrets pour les sublimer. MCE TV, Kim Kardashian: son astuce make up pour des lèvres plus pulpeuses !
  • Soleil, froid, pollution… Les attaques à l’encontre de votre bouche sont multiples et quotidiennes. Soumises à rude épreuve, vos lèvres ont donc besoin d’être protégées comme il se doit. Et l’arme la plus efficace pour lutter contre toutes ces agressions, c’est bien sûr… l’hydratation ! Pour cela, n’hésitez pas à dégainer votre baume à lèvres et à intégrer son application à votre routine beauté. On a souvent tendance - à tort - à négliger cette zone du visage qui requiert pourtant une attention de tous les instants. Sur vos lèvres, le manque d’hydratation sera immédiatement visible. Les lèvres s’assèchent, se craquellent et se fendillent très vite. Et une fois le stade de la gerçure atteint, il est bien plus difficile de retrouver une situation normale. Donc le maître mot, c’est la prévention. Gala.fr, 5 trucs qui marchent pour soigner les lèvres gercées - Gala

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Traductions du mot « lèvre »

Langue Traduction
Anglais lip
Espagnol labio
Italien labbro
Allemand lippe
Chinois
Arabe شفة
Portugais lábio
Russe губа
Japonais リップ
Basque ezpain
Corse labbra
Source : Google Translate API

Synonymes de « lèvre »

Source : synonymes de lèvre sur lebonsynonyme.fr

Lèvre

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