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Grenier

Variantes Singulier Pluriel
Masculin grenier greniers

Définitions de « grenier »

Trésor de la Langue Française informatisé

GRENIER, subst. masc.

A. − Bâtiment rural ou partie élevée d'un bâtiment rural où l'on conserve des céréales, du fourrage ou de la paille. Grenier à blé, à mil, à foin; grenier sur pilotis. L'étendue de nos prairies et de nos moissons, qui comblent chaque année nos greniers et nos granges (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 178).Qu'est-ce que tes fermiers qui serrent leur blé trois ans en grenier pour attendre qu'il hausse sur les marchés, au risque de le voir pourrir et germer? (Gozlan, Notaire,1836, p. 176) :
1. Eh bien! enfants, une forte journée devant nous! Si l'héritage est tout labouré ce soir, je paye une tournée de vin rouge!... Qui va me rentrer mes foins avant l'orage?... Qui portera le plus de sacs au grenier?... Qui est assez brave pour monter à la fine pointe du châtaignier et gauler les châtaignes? R. Bazin, Blé,1907, p. 51.
HISTOIRE
Le plus souvent au plur., ANTIQ. ROMAINE. Grenier public. Bâtiment servant en particulier à emmagasiner les denrées de l'annone, dont le blé, ou les approvisionnements militaires. Caligula : Pardonnez-moi, mais les affaires de l'État, elles aussi, sont pressantes. Intendant, tu feras fermer les greniers publics. Je viens de signer le décret (Camus, Caligula,1944, II, 9, p. 45).
Le plus souvent au plur. Grenier d'abondance. Grenier de réserve créé sous la Convention pour emmagasiner le surplus des années d'abondance. Les réserves, les greniers d'abondance, ne sont que des moyens subsidiaires d'approvisionnement, et pour les temps de disette seulement (Say, Écon. pol.,1832, p. 209) :
2. On a dû renoncer à Paris à l'accaparement des blés fait pour le bon motif; les greniers construits sous l'Empire (...) sont restés inachevés. Des greniers [it. ds le texte] d'abondance nous avons fait un hôpital, à l'époque du choléra... Stendhal, Mém. touriste, t. 1, 1838, p. 456.
P. métaph. Ces usuriers maltais qui trouvaient un grenier d'abondance dans la misère et la prodigalité arabes (Tharaud, Fête arabe,1912, p. 178).Grenier d'abondance de l'homme, la femme se sait à peu près inépuisable (Colette, Ces plais.,1932, p. 42).
Grenier (à sel). [Sous l'Ancien Régime] Dépôt de sel où les sujets du roi étaient tenus de s'approvisionner. L'impôt exécré, celui dont le souvenir grondait encore au fond des hameaux, c'était la gabelle odieuse, les greniers à sel (Zola, Terre,1887, p. 78) :
3. Pays de petite gabelle. − Ils comprenaient les provinces du Sud-Est qui étaient alimentées par les marais salants du Midi. L'impôt [la gabelle] atteignait cinq à dix fois la valeur du sel. Le devoir du sel n'existait pas et les habitants pouvaient acheter dans le grenier de leur choix la quantité qu'ils désiraient. Il leur était simplement délivré un récépissé prouvant que le sel avait acquitté les droits. Stocker, Sel,1949, p. 100.
P. ext. Juridiction compétente pour traiter les causes relatives à la gabelle. Le côté Sconin [de la famille de J. Racine] a plus de brillant : l'aïeul Pierre fut procureur du roi des eaux et forêts, et président du grenier à sel (Mauriac, Vie Racine,1928, p. 9).
Au fig.
Région, pays qui produit beaucoup de blé. La Beauce, l'antique grenier de la France, la Beauce plate et sans eau, qui n'avait que son blé (Zola, Terre,1887p. 151).C'est ici le Xaintois, que César disait un grenier (Barrès, Amit. fr.,1903, p. 117).
Expr. proverbiale. C'est du blé en grenier (cf. blé A 2 b).
Fam., vieilli
Souvent p. iron. Un grenier à + subst.Chose qui abonde en. Je ne me suis point sali les pieds dans ce bouge à commentaires, dans ce grenier à bavardages, appelé l'École de Droit (Balzac, Contrat mar.,1835, p. 211).Je sens les mots tomber de ce grenier à sottises [l'âme des causeurs de tables d'hôte] dans leurs bouches d'imbéciles (Maupass., Sur l'eau,1888, p. 266).
Grenier à coups de poings. Celui, celle que l'on bat sans cesse. Elle devenait un vrai grenier à coups de poing. Coupeau avait un gourdin qu'il appelait son éventail à bourrique; et il éventait la bourgeoise, fallait voir! (Zola, Assommoir,1877, p. 751).,,Enfant qu'on ne peut corriger, quelque châtiment qu'on lui inflige`` (Littré) :
4. ... le dégoûtant Bruzelin (...), celui que notre maître, qui n'était pas doucereux, appelait le grenier [it. ds le texte] à coups de poings. Michelet, Mémor.,1820-22, p. 191.
Grenier à lentilles. Celui, celle dont le visage est marqué par la petite vérole. Tous des portiers et des lampistes, clama-t-il, et avec cela des gonsesses en soie et des pommadins! Il n'y a dans tout le public qu'un Andalou qui reluise et encore il est grêlé, un vrai grenier à lentilles! (Huysmans, Marthe,1876, p. 57).
Grenier à puces. Animal malpropre (en particulier chien, chat). (Dict. xixeet xxes.).
B. − P. ext. Partie la plus haute d'une maison, située immédiatement sous les combles, servant le plus souvent de débarras ou de logement. Mettre qqc. au grenier; être relégué dans un grenier; vivre dans un grenier; habiter un grenier. Va, va, un écrivain public est plus estimable que toi. Je finirai par te couper les vivres, et tu mourras dans un grenier (Musset, Il ne faut jurer,1840, I, 1, p. 98).Pour un bon bout de temps encore, j'ai mon petit grenier rue Racine et mes habitudes de quartier Latin (Sand, Corresp.,1862, p. 323).V. enchevêtrement ex. 1 :
5. Bravant le monde et les sots et les sages, Sans avenir, riche de mon printemps, Leste et joyeux je montais six étages. Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans! Béranger, Chans., t. 3, 1829, p. 165.
PSYCHANAL. [À propos de la rêverie dans le grenier] L'escalier du grenier plus raide, plus fruste, on le monte toujours. Il a le signe de l'ascension vers la plus tranquille solitude. Quand je retourne rêver dans les greniers d'antan, je ne redescends jamais (Bachelard, Poét. espace,1957, p. 41).
SYNT. Grimper, monter au grenier; explorer, ranger un grenier; dormir, loger dans un grenier; servir de grenier; faux grenier; misérable, triste grenier; grenier d'artiste, d'étudiant, de peintre, de poète; lucarne, mansarde, soupente du grenier; richesses, trésors d'un grenier.
Loc. fam. De la cave au grenier. De bas en haut, de fond en comble; à fond, complètement. Courir, errer de la cave au grenier; faire visiter une maison de la cave au grenier. De longs couloirs étroits à travers les murs, qui vont de la cave au grenier, de la chambre de la servante à la chambre du seigneur (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Chats, 1886, p. 1065).Ellen fut touchée parce qu'il lui ôta l'aspirateur des mains et qu'il nettoya la maison de la cave au grenier : mais cette rage ménagère était suspecte (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 453) :
6. Elle décidait de l'entrée au logis et de la mort des cochons, grondait le jardinier, arrêtait le menu du déjeuner et du dîner, allait de la cave au grenier, du grenier à la cave, en y balayant tout à sa fantaisie sans rien trouver qui lui résistât. Balzac, Méd. camp.,1883, p. 31.
Loc. proverbiale. Aller de la cave au grenier (cf. cave3A 1).
[P. allus. littér. à la célèbre chanson de Béranger (cf. ex. 5)] Je n'ai jamais compris que dans un grenier on fût bien à vingt ans. Et dans un palais, y sera-t-on mal? (Flaub., Corresp.,1847, p. 67).L'accoutumance ainsi nous rend tout familier. D'ailleurs un grenier a son charme : dans un grenier qu'on est bien à vingt ans! (Amiel, Journal,1866, p. 235).
HIST. LITTÉR. Étage élevé de la maison des Goncourt à Auteuil où avaient lieu des réunions littéraires; p. méton., les habitués de ces réunions. Venir au Grenier; les amis, les familiers, les habitués du Grenier; les causeries, les conversations du Grenier. Zola vient chercher les impressions du Grenier sur sa pièce de Renée, qui va être jouée au Vaudeville (Goncourt, Journal,1887, p. 657).Dimanche 8 avril. Voici Paul Margueritte qui pousse la porte du Grenier, bien vivant, bien portant (Goncourt, Journal,1894, p. 550) :
7. Je me rappelle comment Leconte de Lisle passait ses après-midi à faire des bouts-rimés. Je me rappelle les fastidieuses conversations de métier du grenier Goncourt, de tous les cénacles. Barrès, Cahiers, t. 10, 1913, p. 181.
Rem. La docum. enregistre l'emploi de grenier pour désigner un lieu de spectacle (théâtre, cabaret, café-concert) situé à un étage élevé d'une maison. L'échelle de Jacob montant de la rue au grenier de Lampourde. À cette heure, le cabaret présentait un aspect lamentablement ridicule (Gautier, Fracasse, 1863, p. 325). Des coulisses du café-concert le « Grenier-Mondain » en face au 96, voilà qu'il débouche un orchestre de parfaits solistes (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 105).
C. − MAR. Plancher mobile constitué de claies, recouvert ou non d'une bâche, servant à protéger les marchandises chargées à même le fond du bateau. (Dict. xixeet xxes.).
Loc. En grenier. Synon. en vrac.Charger un navire, un bateau de grains en grenier; charger en grenier du blé, du sel, du charbon. Les blés, les avoines de cette province nous arrivent en grenier (Ac.).
Prononc. et Orth. : [gʀ ənje]. Ds Ac. dep. 1694. Cf. égrener. Étymol. et Hist. 1. 1160-74 guernier « endroit où l'on entrepose le grain » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, 2epart., 4188); 1erquart xiiies. grenier (Reclus de Molliens, Charité, 129, 5 ds T.-L.); 2. 1570 « partie située sous le toit d'une maison et servant de débarras » (Archives hist. de la Gironde, 31, 163 ds R. Ling. rom. t. 20, p. 81). Du lat. granarium (plus souvent employé au plur. granaria) « endroit où l'on conserve le grain, grenier ». Fréq. abs. littér. : 1 396. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 021, b) 1 960; xxes. : a) 3 116, b) 2 139. Bbg. Brüch (J.). Franz. grenier, menottes und ramer. Rom. Forsch. 1941, t. 55, pp. 207-209. - Kemna 1901, p. 94.

Wiktionnaire

Nom commun - français

grenier \ɡʁə.nje\ masculin

  1. (Construction) Endroit où entreposer le grain.
    • La Bruche du Pois n'a donc qu'une génération par an, et c'est par conservation en grenier des grains secs bruchés qu'on perpétue ce dangereux insecte. — (André Leroy, Culture des légumineuses potagères : Haricots . Pois, Librairie Hachette, 1941, page 82)
  2. (Par extension) (Architecture) Étage d’une maison qui est sous le comble.
    • Mais vers sept heures, Marbre étant monté dans le grenier, afin d'en rapporter quelques provisions, redescendit aussitôt. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
    • On récolte les échalotes lorsque les feuilles jaunissent ; on arrache les plants et on les laisse ressuyer deux ou trois jours sur le sol ; cela fait, on les monte au grenier où on les suspend en paquets. — (« Le jardin de l'école », dans Journal des Instituteurs et des Institutrices, vol. 60, éd. Fernand Nathan, 1914, page 319)
    • Jamais Gaspard n'avait vu un tel grenier. C'était une jungle où l'on apercevait des armoires, des caisses, des baldaquins, des piles de baquets des rangées de perruques et même des harpes. — (André Dhôtel, Le Pays où l'on n'arrive jamais, 1955)
    • La dénomination de nombreuses braderies et « foires à tout » joue la carte de la transparence : on sait qu'on trouvera, sortis des greniers, plus d'objets de peu de valeur et de nanars que de meubles de style et autres antiquités de prestige., — (« Vocabulaire : Les mots de la chine », dans Lire, n° 226-231, éd. Lire Magazine, 1994, page 119)
  3. (Figuré) Région, pays fertile dont on tire beaucoup de blé ou d’autre céréale.
    • La Sicile est le grenier de l’Italie. La Beauce est un des greniers de la France.
    • Cette province, considérée comme le « grenier à grain » du Tadjikistan, fournit une grande partie des produits agricoles consommés dans le reste du pays. — (Quentin Couvreur, L’Asie centrale face à l’une des pires invasions de criquets de ces dernières décennies, novastan.org, 4 juin 2020)
  4. (Par ellipse) Grenier à sel.
    • La consommation de sel, dont le prix oscillait entre 15 livres 8 sols et 57 livres 10 sols le minot, était libre, l'acheteur devant seulement s’approvisionner au grenier dont dépendait sa paroisse. — (Bernard Briais, Contrebandiers du sel : La vie du faux saunier au temps de la gabelle, Paris : Éditions Aubier Montaigne, 1984, page 14)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GRENIER. n. m.
Partie la plus haute d'un bâtiment rural, destinée à serrer les grains ou les fourrages. Avoir du blé dans son grenier. Grenier à blé. Grenier à foin. Greniers publics ou Greniers d'abondance, Vastes magasins, ordinairement à plusieurs étages, où l'on tenait des grains en réserve pour les temps de disette publique. Grenier à sel, Lieu où l'on serrait et où l'on débitait le sel par autorité publique. Grenier à sel s'est dit aussi d'une Juridiction où l'on jugeait en première instance les matières qui regardaient la gabelle, la ferme du sel. Président au grenier à sel. Fig. et prov., C'est du blé en grenier. Voyez BLÉ. Il désigne, par extension, l'Étage d'une maison qui est immédiatement sous le comble. Mettre de vieux meubles au grenier. Ces pauvres gens étaient logés dans un grenier. Il mourut de faim dans son grenier. Fam., Chercher quelqu'un ou quelque chose depuis la cave jusqu'au grenier, Le chercher dans tous les endroits de la maison. Il se dit figurément d'une Province, d'un pays fertile dont on tire beaucoup de blé. La Sicile est le grenier de l'Italie. La Beauce est un des greniers de la France. Il se dit aussi en parlant des Grains, du sel, du charbon, etc., qu'on charge sur un navire, sur un bateau, sans les mettre dans des sacs, dans des caisses ou dans des paniers. Charger un navire, un bateau de grains en grenier. Charger en grenier du blé, du sel, du charbon, etc. Les blés, les avoines de cette province nous arrivent en grenier.

Littré (1872-1877)

GRENIER (gre-nié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des gre-nié-z encombrés) s. m.
  • 1Partie la plus haute d'un bâtiment, destinée à serrer les blés et les fourrages ; et aussi la partie de la grange où l'on conserve les gerbes avant le battage ; et aussi la partie des constructions où sont déposés les foins. Grenier à blé, à foin. Pendant que le riche prépare [en une disette] ses greniers pour engloutir la nourriture du pauvre, qu'il lui fera acheter bien cher en son extrême indigence, Bossuet, Panég. St Gorgon, 2. Il était un grenier, vaste dépositaire Des riches trésors de Cérès, Lamotte, Fabl. V, 11. Tes greniers crouleront sous tes grains entassés, Delille, Géorg. I.

    Grenier aérateur, grenier dont les parois sont formées par une tôle criblée de petits trous très rapprochés, d'un calibre trop petit pour laisser passer le grain, mais assez gros pour livrer passage aux charançons, et dans lequel un gros conduit, également en tôle et percé d'une infinité de petits trous, amène l'air d'un ventilateur puissant ; le grain est agité et les charançons fuient par les trous.

    On dit d'une marchandise qui est de bonne garde et dont on a bon débit : C'est du blé en grenier.

    Fig. C'est un grenier à coups de poing, se dit d'un enfant qu'on ne peut corriger, quelque châtiment qu'on lui inflige, d'un polisson querelleur qui reçoit force coups, et aussi d'une affaire où il n'y a que du dommage à gagner.

    Fig. En général, grenier à, chose qui produit beaucoup de. On dit que vous protégez prodigieusement une nouvelle pièce de Palissot, intitulée le Satirique ; c'est un beau grenier à tracasserie, Voltaire, Lett. Richelieu, 25 juin 1770.

    Terme de vétérinaire. Un cheval fait grenier ou magasin quand, après avoir mangé, il conserve des aliments mâchés entre les joues et les arcades dentaires.

  • 2Greniers publics ou greniers d'abondance, vastes magasins où l'on tient des grains en réserve pour les temps de disette. Trois cent vingt-sept greniers immenses étaient établis à Rome ; avec cette libéralité continuelle on n'avait pas besoin d'hôpital, Voltaire, Dict. phil. Charité.
  • 3Grenier à sel, lieu où l'on débitait le sel sous la surveillance de l'autorité.

    Grenier à sel, ancienne juridiction ou l'on jugeait en première instance les matières regardant la gabelle, la ferme du sel. Président au grenier à sel. Ce mince emploi, où mon beau-frère avait rétabli l'ordre, l'activité, l'exactitude, et qu'on lui avait permis de joindre à celui du grenier à sel, Marmontel, Mém. VII.

  • 4 Par extension, dernier étage d'une maison, celui qui est immédiatement sous les toits. Vous devriez… M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans, Cette longue lunette à faire peur aux gens, Molière, F. sav. II, 7. Je suppose que vous êtes toujours à Paris dans votre palais, et non dans votre grenier de Versailles, Voltaire, Lett. Richelieu, 8 mai 1772. Le président de Thou fut persécuté ; Corneille et la Fontaine moururent dans des greniers, Molière fut enterré à grand'peine, Voltaire, Lett. d'Argental, 3 mars 1754. Quoi ! un écrivain dans son grenier pourra prononcer une diffamation que les juges les plus éclairés du royaume trembleraient d'écouter sur leur tribunal ! Voltaire, Dict. phil. Ana. Un chantre est au premier, Au second loge un chaudronnier, Puis un gaînier, Un rubanier, Puis au cinquième un garçon cordonnier ! Je reprends haleine et courage, Et j'arrive enfin au grenier, Désaugiers, l'Atelier du peintre. Bravant le monde, et les sots et les sages, Sans avenir, riche de mon printemps, Leste et joyeux je montais six étages ; Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans ! Béranger, Grenier. Mais, dites-vous, il avait donc des rentes ? Eh ! non, messieurs, il logeait au grenier, Béranger, Ém. de Braux.

    Familièrement. Chercher depuis la cave jusqu'au grenier, chercher dans tous les endroits de la maison.

    Fig. Aller tantôt à la cave, tantôt au grenier, descendre beaucoup, puis remonter beaucoup. …et le vaisseau, malgré le nautonier, Va tantôt à la cave et tantôt au grenier, Molière, Dép. amour. IV, 3.

    Fig. Il va du grenier à la cave, se dit d'un homme qui a des inégalités dans son humeur, ou dont les propos ne se suivent pas.

    Il va de la cave au grenier, se dit fréquemment de celui qui n'écrit pas droit.

  • 5 Fig. Province, pays fertile dont on tire beaucoup de blé. La Sicile était le grenier des Romains. La Beauce est un des greniers de Paris. S'emparer de Kalougha et de Toula, le grenier et l'arsenal de la Russie, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 7.
  • 6 Terme de navigation fluviale et de mer. Bateau ou navire chargé à même, c'est-à-dire sans rien qui serve à contenir ou protéger. Un grenier de blé, d'avoine. Les avoines de cette province nous arrivent en grenier.

    Faire un grenier, placer dans le fond d'un bâtiment une couche de gravier ou un lit de fagot, afin de tenir à sec des marchandises.

    Charger en grenier, mettre en grenier, embarquer en grenier du blé, du sel, du charbon, etc. les mettre à fond de cale sans emballer.

    Terme de pêche. Sardines salées en grenier, celles qu'on sale en tas, comme la morue.

HISTORIQUE

XIIIe s. Se mesureur mesure aucun grain quel qu'il soit, soit en grenier ou en nef, il aura de chascun mui quatre deniers du mesurer, Liv. des mét. 22. S'on souffroit que li rice home les acetassent [les grains] por metre en grenier, et puis les retenissent sans vendre, por le tans enquierir [enchérir] ; ce ne seroit pas à soufrir, Beaumanoir, XLIX.

XIVe s. Il montoient amont comme chat en grenier, Guesclin. 5250.

XVe s. Tous chevaliers bannieres et estendart Ont les pluseurs ; saiges est qui depart à tels barons le sien, et fait grenier De tel tresor ; des mauvais n'a regart ; Veuillez tousjours tel gent accompaigner, Deschamps, Poésies mss. f° 300.

XVIe s. Grands greniers, qui sont grandes arches appliquées à mettre grains, pressoirs, cuves à faire vin ou autres choses semblables, estant en aucune maison, sont censées choses immeubles, Coust. génér. t. II, p. 590. Il a esté au grenier sans chandelle, il a apporté de la vesce pour du foin, Oudin, Curios. fr. Chacun se plaint que son grenier n'est pas plein, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 269. Rarement et peu souvent Le vieil usurier sans argent, Ville marchande sans fin larron, Vieil grenier sans rats ou ratton, Leroux de Lincy, ib. p. 411.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

GRENIER.
6Ajoutez :

En grenier, par un chargement fait à même. La poudre qu'on embarque à bord des vaisseaux se délivrait autrefois deux tiers en grenier dans des barils, un tiers en apprêté dans les gargousses, Encyclopédie Roret, Artificier, p. 501.

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Étymologie de « grenier »

(Siècle à préciser) Du latin granarium (« endroit pour les grains ») → voir grain, -ier et granaire.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Bourg. grenei ; picard, Berry et lorrain, guernier ; provenç. granier ; cat. graner ; esp. granero ; port. granel ; ital. granaio ; du lat. granarium, de granum, grain.

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Phonétique du mot « grenier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
grenier grǝnje

Fréquence d'apparition du mot « grenier » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « grenier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « grenier »

  • Le corps de l’homme est un grenier à blé. Il est rempli d’innombrables réponses.
    Christian Jacq — Le juge d’Egypte
  • Honorez de votre bien le Seigneur et donnez-lui les prémices de tous vos fruits ; et alors vos greniers seront remplis de blé, et vos pressoirs regorgeront de vin.
    La Bible — Le livre des proverbes
  • Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !
    Pierre Jean de Béranger — Chansons
  • Une fois ceux que j'aime en sûreté, qu'importe le reste : un grenier, un lit de sangle, une chaise de paille, une table et de quoi écrire, cela me suffit.
    Victor Hugo — Choses vues
  • Une vente de charité est une réunion où l’on achète des objets qui proviennent d’un grenier et qu’on s’empresse de fourrer dans sa cave.
    Anonyme
  • Les hippies ont eu une enfance sans grenier. C’est à dix-huit ans qu’ils découvrent les oripeaux.
    Gilbert Cesbron
  • Un septième étage sous les toits, c’est un grenier. Il est loué trop cher, c’est un comble.
    René Dorin
  • Le riz qui est dans ton grenier est ton ennemi parce qu’il excite la jalousie de ceux qui n’en ont pas.
    Proverbe thaï
  • Une poule affamée rêve qu’elle est dans le grenier à orge.
    Proverbe turc
  • Le chagrin est comme le riz dans le grenier : chaque jour il diminue un peu.
    Proverbe malgache
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Traductions du mot « grenier »

Langue Traduction
Anglais attic
Espagnol ático
Italien attico
Allemand dachboden
Chinois 阁楼
Arabe علبه
Portugais sótão
Russe чердак
Japonais 屋根裏
Basque ganbaran
Corse attico
Source : Google Translate API

Synonymes de « grenier »

Source : synonymes de grenier sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « grenier »

Combien de points fait le mot grenier au Scrabble ?

Nombre de points du mot grenier au scrabble : 8 points

Grenier

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