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Gars

Définitions de « gars »

Trésor de la Langue Française informatisé

GARS, subst. masc.

A. − Fam. [Les subst. fém. corresp. sont fille (cf. ce mot II A 2) et garce (cf. ce mot I A 1)] Garçon, jeune homme. Un bon, un brave gars; un grand, un jeune gars.
Région. ou vieilli. Petit gars. Synon. gamin (cf. ce mot C1), (petit) garçon (cf. ce mot I A 1), garçonnet.L'institutrice a retenu, après la classe, trois petits gars qui ne savaient pas leur leçon (Renard, Journal,1905, p. 977) :
1. Les enfants commencèrent par se regarder les uns les autres, et par examiner l'étranger (...). Puis le plus effronté, le plus rieur de la bande, un petit gars aux yeux vifs, aux pieds nus et crottés, lui répéta, selon la coutume des enfants : − La maison de M. Benassis, monsieur? Balzac, Méd. camp.,1833, p. 14.
Rem. Emploi vx et/ou région. (Canada) avec le sens de « enfant en bas âge » (ds Dionne 1909, Bél. 1957 et ds Du Camp, Mém. suic., 1853, p. 102 : À Noël dernier, elle a mis au monde un bon gros gars, bien rose et bien frais).
En partic. (Jeune) homme. Synon. garçon (cf. ce mot I A 2).Et tu courras là-bas après les petites Normandes (...) tu te feras casser les os par les gars ou par les pères (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 322) :
2. Les jeunes mariés venaient d'abord, puis les parents, puis les invités, puis les pauvres du pays, et les gamins qui tournaient (...) comme des mouches (...) grimpaient aux branches pour mieux voir. Le marié était un beau gars, Jean Patu, le plus riche fermier du pays. Maupass., Contes et nouv., t 1, Farce norm., 1882, p. 63.
Bon gars, brave gars. Jeune homme, homme qui inspire la sympathie, qui ne fait pas d'histoires. Emploi attribut à valeur d'adj. Je l'avais toujours trouvé bon gars moi, Bézin, pas plus ignoble qu'un autre. Rien à dire. Bien complaisant, pas difficile (Céline, Voyage,1932, p. 571).
En appos., pop. [Avec un nom propre] Le gars Léon m'a dit l'affaire; il aime la petite drôlesse (Soulié, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 349).MmeRodeau fait aussitôt monter le petit clerc... le petit gars Justin... dans sa chambre (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 68).
B. − Fam. [Avec un compl. de nom ou un adj. poss.] Garçon, jeune homme, considéré du point de vue de son ascendance, de son origine ou de son mode de vie.
1. [Rapport d'ascendance naturelle; le subst. fém. corresp. est fille (cf. ce mot I A 1)] Synon. fam. ou pop. fils, gamin (cf. ce mot C 4).Embrassez vos deux gars pour moi. Quant à vous, vous savez tout ce que je vous souhaite de bonheur (Balzac, Corresp.,1837, p. 218).Le gars de la mère Martin était revenu de la foire de Beaufort (Boylesve, Leçon d'amour,1902, p. 198) :
3. Elle le serra de toutes ses forces, bredouillant tout contre sa joue, d'une voix qui tremblait comme son pauvre cœur de mère : « Au r'voir, mon grand gars!... Au r'voir, mon garçon!... » Et elle resta avec le petit... Benjamin, Gaspard,1915, p. 127.
2. [Rapport d'origine, de provenance; le subst. fém. corresp. est fille (cf. ce mot I B 2)] Gars de + subst. indiquant une origine sociol. ou géogr. ou gars + adj. indiquant une région.Personne issue, native de.
− Domaine sociologique.Gars de la ville. C'est un gars de la campagne, à moitié dégourdi seulement, un peu lourdaud, épais, obtus, et bon garçon (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Hist. chien, 1881, p. 764).Des gars du village chargent mes malles sur leurs épaules (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 182).
− Domaine géographique.Gars du Nord, du Midi. Le nom que les rudes gars des cimes d'Aujols, ses pays, avaient cru devoir un jour lui donner (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 289).L'ordre est pour tout le monde, pour les Nivernais comme pour les gars des Flandres (R. Bazin, Blé,1907, p. 299).Bernier secoua sa rude tête de gars picard. − J'ai juré de ne rien dire (Leroux, Parfum,1908, p. 98).
3. [Pour indiquer un état; le subst. corresp. est fille (cf. ce mot II C 1)] Gars de+subst. indiquant le lieu de travail ou gars+subst. indiquant un métier.Je suis, dit Lasies, comme le gars d'écurie qui se tient pour ramasser le crottin (Barrès, Cahiers,1907, p. 182).Ce sont des clochers de souvenirs, des gars de messageries, des spectres de trains rapides (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 30) :
4. Le voisin de lit, un gars du bâtiment, tombé d'un échafaudage, allait tout à fait bien. Sa mère, arrivée en hâte de la campagne (...) apportait à son petit, tout en continuant à gémir et à pleurer, du poulet, du lapin, du beurre... Triolet, Prem. accroc,1945, p. 205.
C. − Fam. Garçon ou homme solide et résolu, parfois peu scrupuleux. Un drôle de gars; de rudes gars; un gars à la redresse; un gars du milieu. Synon. gaillard, luron.
1. [Avec nuance d'admiration et d'estime] Je devinais très bien que grand-père aimait assez, au fond, ce beau grand gars que grand'mère détestait (Gyp, Souv. pte fille,1928, p. 6).T'es pas comme Boisvert qui sort pour fumer tout seul plutôt que de nous donner une puff. Toi, t'es un gars au moins (Roy, Bonheur occas.,1945, p. 63) :
5. ... la compagnie s'écria d'un commun accord : − Quel luron vous faites! Quel gars! Peste, comme vous y allez! Nous ne sommes pas comme vous. Voilà ce qui s'appelle vraiment un roué accompli! Flaub., Éduc. sent.,1845, p. 254.
Rem. Emploi adj., région. ou création d'aut. Sois toujours gars, sois toujours aimable (Flaub., Corresp., 1847, p. 9).
2. [Avec une nuance péj., portant essentiellement sur l'origine sociale dénotée par l'emploi de ce mot p. oppos. en partic. à jeune homme, jeunes gens, etc.] Notre ami n'est pas un gars, comme dit Finot, mais un gentleman qui sait le jeu, qui connaît les cartes et que la galerie respecte (Balzac, Mais. Nucingen,1838, p. 596).Il reste juste cinq ou six jeunes gens (...). Le reste des danseurs? Tous les gars et les jeunes gens de Montigny et des environs (Colette, Cl. école,1900, p. 308).
Mauvais gars. Synon. (mauvais) garçon (cf. ce mot I A 2).Coureur de filles, trousseur de jupes, mauvais gars... Y a pas un honnête homme qui puisse le supporter, cet homme-là (Leroux, Myst. ch. jaune,1907, p. 51).C'est bien la femme qu'il te faut, une traînée qui va avec tout le monde, une femme de mauvais gars, ça va ensemble avec un assassin (Genevoix, Raboliot,1925, p. 334).
D. − En apostrophe, pop. Eh! les gars! Ah! mes gars, la gueule qu'il faisait! (Genevoix, Raboliot,1925p. 159).« Hardi, les gars! » fait Joigneau, en sifflant ses épagneuls (Martin du G., Vieille Fr.,1933, p. 1045) :
6. − Le 43 pour ces messieurs, lui dit sa patronne, avec un matelas en supplément. À Pierrot, elle demanda : − Vous dînez ici? − Je veux, répondit Pierrot. J'ai une de ces dents. Et mes copains aussi... Pas vrai les gars? Queneau, Pierrot,1942, p. 170.
En partic. [Au régiment] Synon. camarade, copain (ds Esn. Poilu 1919).Il s'en va sur un dernier « bonne chance les gars », rejoindre la procession des cuistots qui s'en retourne par le boyau des zouaves (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 84).Je vous croyais tous morts ou évacués, les gars de la compagnie n'avaient pas été foutus de rien me dire (Dorgelès, Croix de bois,1919p. 272).
Prononc. et Orth. : [gɑ] ds les dict. mod. de Passy 1914 (qui admet la var. [ga] à Lar. Lang. fr. Mais [ga:ʀ] ds Land. 1834 qui considère [gɑ] comme provincial ds Nod. 1844, ds Littré qui souligne que [gɑ] est plus usuel et ds DG qui qualifie [gɑ] de familier. On rappelle que au xvieet au xviies. l'r s'était amuï ds le langage ordinaire à la fin de tous les mots pop., que cet r a été restitué au xviiies. dans la graph., ce qui a provoqué dans certains cas sa restauration dans la prononc. D'où la prononc. [ga:ʀ] dans qq. dict. Cette prononc. ne l'a pourtant pas emporté; Dupré 1972 ne recommande pas la graph. gâs employée par certains écrivains (cf. Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 48, 165, 277). Le mot est ds Ac. 1798-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1130 garz « goujat, misérable, lâche (terme d'injure) » (Gormont et Isembart, éd. A. Bayot, 356); 2. 1160-74 gars « valet » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, Chron. ascendante, 219); 3. a) 1170 garz « enfant du sexe masculin, jeune homme » (Rois, éd. E. Curtius, p. 42, 37); b) 1759 « gaillard » (d'apr. Esn.); c) 1835 appellation fam. (Balzac, Goriot, p. 203); d) 1837, le gars Léon (Soulié, loc. cit.). Ancien cas sujet de garçon*. Fréq. abs. littér. : 1 251. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 294, b) 516; xxes. : a) 2 290, b) 3 416. Bbg. Chautard (É). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 230, 231 - Nicholson (G.). Fr. : gars, garçon... Romania 1924, t. 50, pp. 94-99.

Wiktionnaire

Nom commun - français

gars \ɡa\ masculin singulier et pluriel identiques

  1. (Familier) Garçon.
    • Il était mort. On n’en disait pas davantage.
      Félicité tomba sur une chaise, en s’appuyant la tête à la cloison, et ferma ses paupières, qui devinrent roses tout à coup. Puis, le front baissé, les mains pendantes, l’œil fixe, elle répétait par intervalles :
      — Pauvre petit gars ! pauvre petit gars !
      — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Un cœur simple, 1877)
    • D’un coup d’œil scrutateur, le père l’examinait et le gars, craignant d’être fouillé, commençait à n’en pas mener large. — (Louis Pergaud, L’Argument décisif, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • […] et, fort beau gars encore, malgré sa corpulence, présentait dans l’ensemble l’allure d’un écuyer de cirque. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • C’est un type. Mais que j’te prévienne, pas fortiche du tout, ni mariole. Un gars quoi ! Un bon gars. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Tu as pourtant l’air d’un gars costaud, un gars à qui on ne la fait pas, avec ton blouson, tes santiags et ta banane. Un vrai rocker… — (Didier Kiefer, Le Cri du baby-foot au fond du sous-marin, Éditions Publibook, 2010, page 74)
  2. (Familier) Fils.
    • Le père Jouen tomba la face contre terre, et le gars de la mère Alison le porta dans la barque. — (Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, Contes normands par Jean de Falaise, 1e édition 1869, 2018, La Piterne)
  3. (Familier), (au pluriel) Individus quelconques, de sexe masculin ou féminin.
    • Un vieillard aux cheveux gris, le gardien de nuit, entonna une vieille chanson qu’aimaient chanter, avant la révolution, les gars de l’usine française, à Tsaritsyne. — (Vassili Grossman, Vie et destin, traduction de Alexis Berelowitch, L’Âge d’Homme, 1995)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GARS. (On prononce Gas.) n. m.
Garçon. Un grand gars. Voilà une douzaine de gars bien bâtis. Il est familier.

Littré (1872-1877)

GARS (gar, ou, ce qui est la prononciation la plus usuelle, gâ) s. m.
  • 1 Terme familier. Garçon. Voilà un beau gars ! Barbe rase, ou les crins épars, Comme on voit quelque jeune gars, Durant la pénible journée Qu'il se charge d'un hyménée, Scarron, Virg. VII. Dans ce hameau je vois de toutes parts De beaux atours mainte fillette ornée ; Je gagerais que quelque jeune gars Avec Catin unit sa destinée, Deshoulières, Ballade.
  • 2Nom par lequel les insurgés de la Vendée se désignaient eux-mêmes. Le cri des Vendéens était : à moi, les gars !
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « gars »

C'est l'ancien nominatif du mot dont garçon était le régime (voy. GARÇON) ; picard, ga, luron ; Berry, gas, gasin, gasou.

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(C. 1130)[1] Du moyen français gars (« garçon »), de l’ancien français garz, gars (« goujat, misérable, lâche »), puis « valet » (1160-74) et enfin « enfant de sexe masculin » à partir de 1170, ultimement de l’ancien bas vieux-francique *wrakkjo (« banni, vagabond »).[1]
Ancien cas sujet de garçon (voir l’article dédié).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « gars »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gars ga

Fréquence d'apparition du mot « gars » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « gars »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « gars »

  • J’ai connu un gars qui avait le front tellement ridé que pour mettre son chapeau, il le vissait !
    Pierre Doris
  • On ne frappe pas un gars à terre.
    Proverbe québécois
  • Plus un gars flambe dans la victoire, plus il a peur de la défaite.
    Michel Novak
  • Le gars qui se croit capable de tout faire et qui rate tout ce qu’il fait, mais qui est content et qui s’en vante. Et il s’attaque à tous les genres dans le domaine artistique, que ce soit spirituel, que ce soit dramatique, que ce soit lyrique, avec une i
    Bourvil
  • Quand un gars vous dit qu’il vient de gagner une course, il vaudrait mieux lui demander qui il a battu que le temps qu’il a réalisé.
    Bruno Marie Rose
  • Aux gars on promet, Aux filles on donne.
    Proverbe beauceron
  • J'aime ta façon de crever mon gars.
    Jamie Foxx — Django Unchained
  • ... il est difficile de frôler dans une ville de brouillard et de granit ces costauds de la Flotte de guerre, balancés, bousculés par et pour des manœuvres que nous voulons dangereuses, ces épaules, ces profils, ces boucles, ces croupes houleuses, coléreuses, ces gars souples et forts, sans qu'on les imagine capables d'un meurtre qui se justifie par leur intervention puisqu'ils sont dignes d'en accomplir avec noblesse tous les mouvements
    Jean Genet — Querelle de Brest
  • […] mon gars il adorait commencer une histoire par une formule imagée qu’il sortait à brûle-pourpoint, c’était pour lui une sorte de point de départ, de piste d’envol, tu comprends disait-il, puis il s’arrêtait un instant, me regardait dans les yeux et quand il voyait que j’étais mûr, il y allait de sa petite expression, des larmes de crocodile, c’écriait-il par exemple et j’avais l’impression alors que toute l’histoire qui suivait ne servait qu’à illustrer ces larmes de crocodile, à les mettre en valeur, à les faire briller de mille feux, et elles devenaient plus belles et plus précieuses que du cristal et grande était la gloire de celui qui les avait pleurées.
    P. Edmond — La danse du fumiste
  • Et qui paye tous ces employés ? Ah, ça mon gars, c'est mystère et boule de gomme.
    Fabrice Caro — Figurec
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Traductions du mot « gars »

Langue Traduction
Anglais guys
Espagnol chicos
Italien ragazzi
Allemand jungs
Chinois 伙计们
Arabe رفاق
Portugais rapazes
Russe парни
Japonais みんな
Basque mutilak
Corse ragazzi
Source : Google Translate API

Synonymes de « gars »

Source : synonymes de gars sur lebonsynonyme.fr

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