La langue française

Gage

Sommaire

  • Définitions du mot gage
  • Étymologie de « gage »
  • Phonétique de « gage »
  • Citations contenant le mot « gage »
  • Traductions du mot « gage »
  • Synonymes de « gage »

Définitions du mot « gage »

Trésor de la Langue Française informatisé

GAGE, subst. masc.

I. − Au sing. ou au plur.
A. − Ce que l'on dépose entre les mains de quelqu'un en garantie.
1. DR. ,,Contrat par lequel un débiteur remet à son créancier un objet mobilier pour garantir l'exécution de sa dette`` (Banque 1963). Cf. fiducie ex. :
1. 2072. Le nantissement d'une chose mobilière s'appelle gage [it. ds le texte]. Celui d'une chose immobilière s'appelle antichrèse. Code civil,1804, p. 372.
Gage vif, gage mort ou mort gage. ,,Celui qui vient ou ne vient pas en déduction de la dette`` (Ac. 1932).
P. méton. La chose remise en gage. Celui qui ne peut pas trouver une caution, est reçu à donner à sa place un gage en nantissement suffisant (Code civil,1804, art. 2041, p. 367).Le créancier ne peut, à défaut de paiement, disposer du gage (Code civil,art. 20781804, p. 373).
2. P. ext.
a) Tout meuble ou immeuble garantissant le paiement d'une dette. Mettre en gage, prêter sur gage. Il obtint la remise des villes de Péronne, Roye et Mondidier, qui avaient été assignées en gage de la dot (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 420).Cet hiver, certaines familles mettaient en gage leur argenterie pour donner des bals (Michelet, Journal,1835, p. 169).
Prêteur* sur gages.
b) Ce qui est déposé lors d'une contestation entre les mains d'une tierce personne par les deux parties et qui sera remis à celui qui a raison. Mettons des gages entre les mains de quelqu'un (Ac.1798-1878).
3. Spécialement
a) JEUX. Ce qui est déposé par les joueurs perdants et qu'ils ne peuvent récupérer qu'à la fin du jeu moyennant une pénitence. C'est là l'origine d'une pénitence toute semblable que l'on impose, au petit jeu des gages touchés (Jouy, Hermite, t. 3, 1813, p. 62).Les gages furent tirés au sort sur les genoux d'Élodie (A. France, Dieux ont soif,1912, p. 136).
b) FÉOD. Gant ou gantelet que l'on jetait pour défier quelqu'un au combat. Gage du combat ou gage de bataille (Ac.1798-1878) :
2. ... il ajouta : Voilà le chevalier du Cygne prêt à recevoir le gage de bataille. Pour toute réponse, le roi jeta son gant, qu'Olivier ramassa. Ensuite les deux ennemis (...) se précipitèrent l'un sur l'autre. Genlis, Chev. Cygne, t. 3, 1795, p. 357.
B. − Au fig. Ce qui représente une garantie, une assurance de quelque chose. Gage d'alliance, de tendresse. Donnez-moi un gage, un gage d'oubli du passé, d'espoir dans l'avenir! (De Vogüé, Morts,1899, p. 354).Élisabeth lui donna son appui moyennant des gages : la remise du Havre d'abord et plus tard la restitution de Calais (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 168).
1. [Pour le passé] Ce qui sert de preuve, de témoignage :
3. ... si (...) [le sous-secrétaire d'État] n'était venu me forcer en quelque sorte à donner de la publicité à ma lettre, publicité qui, au demeurant, devient pour le lecteur un gage de plus de l'authenticité et de l'exactitude de tous les faits mentionnés ici. Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 553.
2. [Pour l'avenir] Ce qui constitue une promesse formelle, une assurance. Le capitaliste trouve dans l'instrument produit par le travailleur un gage d'indépendance et de sécurité pour l'avenir (Proudhon, Propriété,1840, p. 216).L'immortalité de l'âme, gage de notre béatitude future (Gilson, Espr. philos. médiév.,1931, p. 177).
3. Expressions
Demeurer pour les gages (vx).
[En parlant de ceux qui sont pris ou tués dans un combat dont les autres parviennent à réchapper] Synon. de succomber.La moitié des siens sont demeurés pour les gages (Ac.1835, 1878).
[En parlant de circonstances moins graves] ,,Par exemple si dans une hôtellerie, dans un cabaret, on retient quelques gens d'une compagnie, afin qu'ils payent pour les autres qui se sont échappés`` (Ac. 1835, 1878.
Donner des gages à un parti. Se lier à un parti par un acte attestant son attachement à celui-ci. C'est très malin, son jeu de bascule, les gages donnés un jour aux libéraux, l'autre jour aux autoritaires (Zola, Argent,1891, p. 414).
Gage de l'amour (vieilli et littér.). Synon. de enfant.Abassa portoit dans son sein le gage funeste de notre union (Genlis, Chev. Cygne, t. 2, 1795, p. 246).
Laisser (qqc.) pour gage, pour les gages. Synon. de perdre.Oui, justement, l'île de Fionie; c'est là que j'ai manqué laisser mon nez en gage (Mérimée, Théâtre C. Gazul,1825, p. 16).
Prendre des gages. Prendre des précautions en s'assurant dès maintenant des avantages que l'on n'est pas certain d'obtenir plus tard. Au printemps prochain, l'Allemagne sera défaillante; on le sait. Que se passera-t-il? Il faudra prendre des gages. Autant, dès lors, maintenir ceux que nous avons déjà (Barrès, Cahiers, t. 13, 1921-22, p. 194).
II. − Au plur.
A. − Somme que l'on verse mensuellement ou annuellement pour payer les services d'un domestique. Payer les gages. Les gages d'un cocher (Voy. La Pérouse, t. 2, 1797, p. 345). Cela ne suffit pas aux gages des domestiques, aux appointements des maîtres et des maîtresses de tes sœurs, à leur toilette et à la mienne (Lamart., Nouv. Confid.,1851, p. 34).
(Être) aux gages de qqn.
Vieilli. Être au service de quelqu'un en qualité de domestique. Il est aux gages d'un tel (Ac. 1835-1932).
Être à l'entier service de quelqu'un et, p. ext., lui être aveuglément dévoué. Ils mettent leur génie trafiquant aux gages du sultan ou des Turcs (Lamart., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 386).
Casser* (qqn) aux gages.
À gages. Qui est payé pour cette sorte de service. Tueur à gages. Par ce même décret, elle [la Convention] accorda des secours et pensions à tous les anciens serviteurs à gages du ci-devant roi (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 314).Elle a un secrétaire à gages pour l'administration de ses réceptions (Martin du G., Devenir,1909, p. 153).
Gén. péj. Là, point d'applaudissements à gage, à qui l'on a, pour ainsi dire, noté, sur la pièce, les endroits qu'ils doivent applaudir (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 332).Les chroniqueurs d'alors, tant français que bourguignons, étaient des chroniqueurs à gages. Tout grand seigneur avait le sien (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. iv).
Au fig. et fam. Cet homme ne vole pas ses gages. ,,il s'acquitte bien de ce qu'il est chargé de faire`` (Ac. 1878, 1932).
Rem. On relève a) Qq. attest. au sing. MlleTrapenard entra donc au service de ce maître, pour n'en plus bouger, au gage de quarante-cinq francs par mois (Bourget, Discipline, 1889, p. 16). V. aussi Jouy supra. b) L'emploi fém. (plur.) ds Hémon, M. Chapdelaine, 1916, p. 78, 166, 182.
B. − Spécialement
1. HIST. ,,Appointements d'un office ou d'une charge`` (Lep. 1948). Un autre moyen, ce fut de retenir la moitié des gages et pensions de tous les officiers de justice et de finance du pays de Bourgogne (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 3, 1821-24, p. 169).Il avait en meubles plus de cent mille écus d'or, trente mille livres de rentes, et les profits de ses fiefs, et les gages de son office de maréchal (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 218).
2. MAR. Solde du capitaine, des matelots d'un bâtiment de commerce. Les gages d'un capitaine de navire, d'un matelot (Ac. 1835, 1878).
Prononc. et Orth. : [ga:ʒ]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1130 gwage « ce qu'on met ou laisse en dépôt, comme garantie d'une dette, de l'exécution de quelque chose » (Lois de Guillaume, éd. J. E. Matzke, p. 7, § 5); b) ca 1165 guage « ce qu'on donne à quelqu'un à titre de réparation, de satisfaction pour un tort qu'on lui a causé » (Benoit de Ste-Maure, Troie, 2595); 2. a) ca 1135 mettre guage « engager quelque chose, mettre en jeu » (Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 1873); b) 1538 terme de jeu (Est. s.v. pignus); 3.) 1694 gage « dans une contestation, enjeu déposé par les différentes parties, pour être remis à celle qui aura gain de cause » (Ac.). B. 1160-74 gages masc. plur. « solde, salaire, appointement » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, 3103). De l'a. b. frq. *waddi « gage »; cf. m. néerl. wedde de même sens; a. h. all. wetti « gage, amende »; all. Wette « pari, gageure ». Le mot est attesté aux sens A 1, 3 et B en b. lat. (ca 643 wadium ds Nierm.) ainsi que dans les Gloses de Reichenau (De Libro Genesis, 570 ds H.W. Klein et A. Labhardt, Die Reichenauer Glossen, t. 1, p. 85 : pignus : wadius); il n'est pas exclu que le lat. vas, vadis « caution » ait pu participer à un moment quelconque à la naissance du mot (cf. Ern.-Meillet). Fréq. abs. littér. : 1 070. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 297, b) 1 254; xxes. : a) 1 470, b) 1 033. Bbg. Frank (G.). Faire ravoir les gages. Mod. Lang. Notes. 1938, t. 53, pp. 603-604.

Wiktionnaire

Nom commun

gage \ɡaʒ\ masculin

  1. Garantie que l’on donne à quelqu’un comme sûreté d’une dette.
    • Si le coupable ne paie pas immédiatement, les bandiers le « pignorent », c'est-à-dire qu'ils prennent en gage soit quelques têtes, soit une pièce de son habillement que le coupable retrouve lorsqu'il a acquitté l'amende due. — (Monique Bourin, La démocratie au village, L'Harmattan, 1987, page 199)
  2. (Par extension) Tout objet, meuble ou immeuble qui assure le paiement d’une dette.
    • Vers 1932, les banquiers commencèrent à redouter l’insolvabilité permanente des fermiers. Prenant peur, ils exigèrent le remboursement ou la saisie des gages. — (André Maurois, Chantiers américains, 1933)
  3. (Jeux) Ensemble des objets qu’un joueur a déposé chaque fois qu’il s’est trompé, et qu’il ne peut retirer, à la fin du jeu, qu’après avoir subi une pénitence.
    • Donner un gage.
    • Rendre les gages.
  4. Consigne donnée lorsque, dans une contestation, on est convenu que celui qui perdra paiera à l’autre une somme ou quelque autre chose.
  5. (Figuré) Garantie, assurance, preuve, témoignage.
    • Daignez accepter ce bassin d'or comme un faible gage de ma reconnaissance. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, XVIII. L'ermite, 1748)
    • Il m’a laissé un gage de sa foi.
    • Quel gage plus sûr puis-je désirer de votre amitié que ce que vous avez fait pour moi ?
    • Cette lettre est un gage de son amour.
    • Avec cette précision, gage d’authenticité : la rencontre a eu lieu le mardi 9 janvier. — (Louis-Marie Horeau, Fillon-la-terreur et son dernier pétard mouillé, Le Canard enchaîné, 12 avril 2017, page 3)
  6. (Au pluriel) Salaire, appointement que l’on verse à un domestique.
    • "Laissez-moi mourir ici, dit le serviteur.
      ― Mais comment vivras-tu, qui payera tes gages ?
      ― Des gages ? fit l'homme étonné. Voilà seize ans que je n'en reçois plus.
      — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • — Le premier lundi de novembre, où serai-je ? pensait Madeleine ; nous sommes à quinze jours de la Toussaint où mon gage prend fin et il ne me parle pas d’un nouveau marché. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
    • Les gages d’un valet de chambre, d’une cuisinière.
    • Retenue sur gages.
    • Se mettre aux gages de quelqu’un.
    • Casser aux gages : (Vieilli) Ôter à quelqu’un son emploi et les appointements qui y sont attachés.

Forme de verbe

gage \ɡaʒ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe gager.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe gager.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe gager.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe gager.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent du verbe gager.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GAGE. n. m.
Ce que l'on met entre les mains de quelqu'un pour sûreté d'une dette. Prêter sur gages. Mettre, laisser en gage. Laisser pour gage. Retirer un gage. Donner des gages. Prendre des gages, un gage. En termes de Droit, Gage vif, Gage-mort ou Mort-gage, Celui qui vient ou ne vient pas en déduction de la dette. Il se dit, par extension, de Tout objet meuble ou immeuble qui assure le paiement d'une dette. Les meubles qui garnissent une maison louée sont le gage du propriétaire. Il se dit, à certains petits jeux, des Objets que les joueurs déposent chaque fois qu'ils se trompent, et qu'ils ne peuvent retirer, à la fin du jeu, qu'après avoir subi une pénitence. Donner un gage. Rendre les gages. Il désigne aussi Ce que l'on consigne, ce que l'on met en main tierce, lorsque, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, on est convenu que celui qui perdra paiera à l'autre une somme ou quelque autre chose. Il se dit figurément de Toute sorte de garantie, d'assurance, de preuve, de témoignage. Il m'a laissé un gage de sa foi. Cette alliance devint le gage de la paix. Quel gage plus sûr puis-je désirer de votre amitié que ce que vous avez fait pour moi? Cette lettre est un gage de son amour. Fig., Donner des gages à un parti. Se lier par quelque acte envers un parti. Au pluriel il signifie encore Salaire, appointements, et se dit principalement de Ce que l'on donne aux domestiques par an, par mois pour paiement de leurs services. Les gages d'un valet de chambre, d'une cuisinière. Payer les gages des domestiques. Retenir les gages. Gagner de gros gages. Il est aux gages d'un tel. Se mettre aux gages de quelqu'un. Ses gages courent de tel jour. Casser aux gages, Ôter à quelqu'un son emploi et les appointements qui y sont attachés. En punition de cette faute, il a été cassé aux gages. Fig. et fam., Cet homme ne vole pas ses gages, Il s'acquitte bien de ce qu'il est chargé de faire. À gages, s'emploie comme une sorte d'épithète signifiant Qui est gagé, payé pour faire une chose. Un homme à gages. Il se prend quelquefois en mauvaise part. Des applaudisseurs à gages. Des insulteurs à gages.

Littré (1872-1877)

GAGE (ga-j') s. m.
  • 1Dépôt qu'on fait de quelque objet entre les mains d'autrui, pour sûreté d'une dette, d'un emprunt. Un gage suffisant. Prêter sur gages. Emprunter sur gage. Brancas me demanda hier de bonne foi si je ne voudrais pas prêter sur gages, et m'assura qu'il n'en parlerait point, Sévigné, 106. Il lui a fait mettre en gage ses perles, Sévigné, 400. L'ordonnance du roi Asychis ne permettait [chez les Égyptiens] d'emprunter qu'à condition d'engager le corps [momie] de son père à celui dont on empruntait ; c'était une impiété et une infamie tout ensemble de ne pas retirer un gage si précieux, Bossuet, Hist. III, 3. Je me mettrais en gage en mon besoin urgent. - Sur cette nippe-là vous auriez peu d'argent, Regnard, Joueur, II, 14. Elle est d'accord de tout, du temps, des arrérages ; Il ne faut maintenant que lui donner des gages, Regnard, ib. I, 6. Sanci, dans cette négociation, dépensa une partie de ses biens ; il mit en gage ses pierreries et, entre autres, ce fameux diamant, nommé le Sanci, qui est à présent à la couronne, Voltaire, Henriade, VIII, Variantes. Vingt fois pour vous [plaisirs] j'ai mis ma montre en gage, Béranger, Grenier.

    Terme de jurisprudence. Contrat de nantissement d'une chose mobilière, par opposition à antichrèse.

    Fig. Demeurer pour les gages ou pour gage, périr dans une circonstance où d'autres s'échappent.

    Demeurer pour gages, signifie encore simplement être arrêté dans quelque querelle, pendant que s'échappent les autres qui y avaient participé ; et aussi être pris d'une façon quelconque. Chacun peut sur un lit Se tenir toujours prêt sans quitter son habit ; Qui ne le sera point restera pour les gages, Th. Corneille, D. Bertr. de Cigarr. II, 4.

    Demeurer pour gage, se dit aussi d'une chose que l'on a perdue. La presse fut si grande qu'un pan de mon habit y est demeuré pour gage.

    Laisser pour les gages, pour gage, c'est-à-dire perdre. Échappé Non pas franc, car pour gage il y laissa sa queue, La Fontaine, Fabl. v, 5.

    Fig. Donner des gages à un parti, faire une démarche décisive, éclatante, pour être accepté dans un parti.

  • 2 Par extension, tout meuble ou immeuble qui assure le payement d'une dette. Il a affecté sa maison comme gage de sa dette. Les meubles du locataire sont le gage du propriétaire.
  • 3Dans les petits jeux ou jeux de société, objet qu'on dépose quand on s'est trompé, et qu'on ne peut retirer qu'après avoir subi une pénitence. Jouer au gage touché.
  • 4Ce que l'on consigne et met en main tierce, pour garantie d'une somme à payer, quand, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, il est convenu que celle qui sera condamnée payera cette somme. Donner des gages. Rendre les gages.
  • 5Autrefois, gage de bataille, ou gage du combat, engagement de combattre manifesté par l'offre d'un gant pour gage, et contracté quand l'ennemi, en ramassant le gant, avait accepté le gage. Je jette devant toi le gage du combat ; L'oses-tu relever ? Voltaire, Tancr. III, 6. Le parlement décréta que le cas [duel de Legris et Carrouge] ne requérait pas gage de bataille, Voltaire, Mœurs, 100.
  • 6 Fig. Tout ce qui est assimilé à un gage comme garantie. D'une paix mal conçue on m'a faite le gage, Corneille, Rodog. III, 3. Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages, Corneille, Sertor. V, 6. Vous en aviez déjà sa parole pour gage, Corneille, Hor. v, 2. Ces deux grâces me sont un gage de la présence de l'époux, Bossuet, Lett. Corn. 161. Ainsi la première victoire fut le gage de beaucoup d'autres, Bossuet, Louis de Bourbon. Elle reçut ce dernier gage de son amour, Fléchier, Dauph. Je réponds d'une paix jurée entre mes mains, Néron m'en a donné des gages trop certains, Racine, Brit. v, 3. De votre obéissance elle ne veut qu'un gage, Racine, Athal. III, 4. Vous avez de ses feux un gage solennel, Racine, Mithr. II, 1. Je vous le livre [Télémaque] comme le gage le plus précieux qu'on puisse vous donner de la fidélité des promesses d'Idoménée, Fénelon, Tél. X. Épée que Laërte lui avait donnée comme un gage de sa tendresse, Fénelon, ib. XVI. Prions ; le jour au jour ne donne point de gage, Et le dernier rayon, en sortant du nuage, Ne nous a pas juré de remonter demain, Lamartine, Harm. II, 6.
  • 7Gage de l'amour, enfant. …Et qu'il en [de cet hymen] eut pour gage une jeune princesse, Racine, Iphig. IV, 4. Ce fils que de sa flamme il me laissa pour gage, Racine, Andr. III, 8.
  • 8 S. m. pl. Ce qu'on paye aux domestiques par an pour leurs services, ainsi dit parce que c'est la somme payée par suite de l'engagement. On ne renvoie pas un domestique sans lui payer ses gages. S'il se casse quelque chose, je le rabattrai sur vos gages, Molière, l'Avare, III, 1. …S'il avait quelques deniers comptants, Ne me paierait-il pas mes gages de cinq ans ? Regnard, Joueur, III, 7. Je sers un maître sans bien ; ce qui suppose un valet sans gages, Lesage, Crisp. riv. de son maître, sc. 2.

    Être aux gages de quelqu'un, être payé pour faire l'office de domestique. Je ne suis pas à ses gages, Sévigné, 117. Il y en a bien d'autres que lui qui ont été aux gages des gens, et puis qui ont eu des gens à leurs gages, Marivaux, Pays. parv. 2e part.

    Cet homme ne vole pas ses gages, se dit d'un domestique qui fait bien son service ; et fig. de toute personne qui s'acquitte bien de ce qu'elle a à faire. Hom ! si vous le payez pour vous faire haïr, Il ne vous vole pas ses gages, Favart, Soliman II, I, 10.

    Dans un sens plus général, être aux gages de quelqu'un, être payé par lui pour certains offices. Il a, le croirait-on ? des comtes à ses gages, à qui, pour le servir selon ses intérêts, Il fournit équipage et carrosse et laquais, Hauteroche, Bourg. de qualité, v, 3. Vous supposiez qu'on ne pouvait être bon français sans être à vos gages, Fénelon, Dial. des morts mod. Richel. et Mazarin.

    On dit dans un sens analogue : tenir à ses gages. Les grands [de Rome], pour s'affermir achetant des suffrages, Tiennent pompeusement leurs maîtres [les gens qui votent] à leurs gages, Corneille, Cinna, II, 1. Un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, Boileau, Sat. I.

    Familièrement. Casser aux gages, retirer à quelqu'un son emploi, ses appointements. Et que pour sa paresse il faut casser aux gages, Scarron, dans LE ROUX, Dict. comique.

    Il se dit aussi d'un supérieur qui retire sa confiance à un inférieur. Il a eu longtemps quelque crédit auprès du ministre ; mais il a été cassé aux gages. Enfin, pour l'inconnue, elle est cassée aux gages, Th. Corneille, Galant doubl. III, 1.

    À gages, qui reçoit des gages. Ce gouverneur n'est pas un homme à gages, Rousseau, Ém. I.

    En mauvaise part. À gages, qui est payé pour faire quelque service peu honorable. Des applaudisseurs à gages. La Cleveland [maîtresse de Charles II], dont il ne se souciait plus, ne laissait pas de le déshonorer par des inconstances réitérées, par des choix indignes, et le ruinait par des amants à gages, Hamilton, Gramm. 11.

    La Fontaine a dit à gage au singulier. Notre souffleur à gage Se gorge de vapeur, s'enfle comme un ballon, Fabl. VI, 3.

  • 9Gages se dit quelquefois du salaire d'un capitaine de navire, d'un matelot.
  • 10Gages se disait autrefois du payement que le roi ordonnait par an aux officiers de sa maison, aux officiers de justice et de finance.

SYNONYME

GAGES, APPOINTEMENTS, HONORAIRES. Appointements se dit pour tout ce qui est place, ou qu'on regarde comme tel. Honoraires a lieu pour les maîtres qui enseignent quelque science, et pour ceux à qui on a recours dans l'occasion à l'effet d'obtenir un conseil salutaire, ou quelque autre service que leur doctrine ou leur fonction met à portée de rendre. Gages est d'usage à l'égard des domestiques de particuliers et des gens qui se louent pendant quelque temps au service d'autres personnes, Encycl. VIII, 291. Traitement peut être ajouté à ces trois mots examinés par l'Encyclopédie ; il est synonyme d'appointements et diffère par conséquent de gages et d'honoraires. Il y a en outre une différence qui n'est pas notée, c'est que les appointements, le traitement, les gages sont quelque chose de fixe, tandis que les honoraires s'entendent mieux de ce qui est occasionnel : un prêtre assistant à un service, un médecin, un avocat ont des honoraires ; le prêtre qui dessert une église, le médecin qui est attaché à un hôpital ont un traitement.

HISTORIQUE

XIe s. Il durra [donnera] wage, e truverad plege, Lois de Guill. 6. Devant iceo que [avant que] [le bétail] seit mis en guage, ib. 25.

XIIe s. Donner son gage, Ronc. p. 13. La teste [il] i pert, n'i laissa autre gage, ib. p. 64. Pur ço [cela] s'ala à Turs cele nuit herbergier, E saveir se li reis le voldreit là baisier ; Mais il ne porta là ne maille ne denier ; Ses guages li covint rachater ou laissier ; Ne li reis nel baisa, n'il nes fist desguaigier, Th. le mart. 117.

XIIIe s. Par la beneoite mere Dieu, j'ai biaus enfans de mon seigneur, je les meterai en gage et bien trouverai qui me prestera sour aus [eux], Chron. de Rains, 158. Mais la qeue remest en gages, Dont moult li poise et moult li grieve, Ren. 1250. Cil qui apele par gages de bataille ne pot contremander, Beaumanoir, LXIX. La tierce maniere de proeve si est par gage de bataille, Beaumanoir, XXXIX, 4. Et cil qui presta sor le gage ne pot avoir son garant de celi qui li bailla en gages, Beaumanoir, XXV, 23. Je dis au roy que Mons. Pierre de Courcenay me devoit quatre cens livres de mes gajes, lesquiex il ne me vouloit paier, Joinville, 253. Mestiers fu à l'umain lignaige, Que plus fort de li mist en gaige Souffisant pour li acquiter Vers Dieu qui l'ot fait à s'ymaige, J. de Meung, Tr. 278.

XIVe s. Se un rent à l'autre son gage ou son depost, non pas de volenté, mais par paour, l'en ne doit pas dire que il face juste operacion fors tant solement par accident, Oresme, Eth. 158. Mais il sont pluseurs gens, en che [ce] siecle regnant, Qui ne croient en Dieu, le pere royaumant, Se che n'est sus bon gaige qu'avoir voelent devant, Baud. de Seb. v, 86.

XVe s. [Le capitaine apprend à sa garnison que le château est miné] Les compagnons ne furent mie bien assurés de ces paroles ; car nul ne meurt volontiers, puisqu'il peut finer sur autres gages [quand il peut sortir d'embarras autrement], Froissart, I, I, 326. Ainsi amour me mist en son servaige, Mais pour seurté retint mon cueur en gaige, Orléans, 1. [Maison] Où serviteurs ot en grant habondance Qui gaiges ont excessis sans raison, Deschamps, Admin. de l'ostel du prince. En ladicte bataille estoient mors huyt mil hommes du party dudit duc prenans gages de luy, et autres menues gens assez, Commines, V, 3. Je veiz le bonhomme vieil presenter le gage à son filz [le duc de Gueldres et son fils comparaissaient devant le duc de Bourgogne pour un différend qu'ils avaient entre eux], Commines, IV, 1. Voulezvous faire un gage [pari] à moi ? Oui, vraiment, dit-il ; quel sera-t-il ? Louis XI, Nouv. XXVII. Pensez que le pauvre gentilhomme rendoit bien gage [payait cher] du bon temps qu'il avoit eu en ce jour, Louis XI, ib. LXXII. Lesdits capitaines… casseront des gages d'un quartier ceulz qu'ilz trouveront avoir excedé et delinqué ; et s'ilz y renchéent une autre fois, ilz les casseront du tout et mectront d'autres en leurs lieux, Ordonn. 6 oct. 1486.

XVIe s. Il y a deux sortes de gages vif et mort. Vif gage est qui s'acquitte des issues [dont le revenu vient en déduction de la dette], mort-gage, qui de rien ne s'acquitte [dont le revenu est absorbé en pure perte pour le débiteur], Loysel, 483, 484. Telle estoit la coustume que celui qui appelloit jettoit un gant pour gage, et l'appellé le levoit, et s'appeloit gage de bataille, Brantôme, Sur les duels, p. 17, dans LACURNE. Alors du dit combat, l'armée venitienne estoit en bataille… lesquels Venitiens gardoient les gages [demeuraient simples spectateurs du combat] ; car, s'ils eussent voulu assaillir de leurs costés, les ennemis eussent esté contraints de separer leurs forces en divers lieux, Du Bellay, M. Mém. liv. II, f° 41, dans LACURNE. De gage qui mange, nul ne s'en arrange, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 131. Gager est s'obliger à payer les rentes et redevances dues pour l'année suivante ; si le vassal n'est pas resseant sur le fief, à raison duquel il les doit, il doit donner plege qui y demeure et qui s'oblige de les payer ; de ces deux mots, gage et plege, on a composé celuy de gage-plege, Laurière, Gloss. du droit fr. L'un l'avoit nourri et avoit pour gages de son amitié la nourriture de son enfance, La Boétie, Servitude volontaire.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

GAGE, pignus, s. m. (Jurisprud.) est un effet que l’obligé donne pour sûreté de l’exécution de son engagement.

Quelquefois le terme gage est pris pour un contrat par lequel l’obligé remet entre les mains du créancier quelque effet mobilier, pour assûrance de la dette ou autre convention ; soit à l’effet de le retenir jusqu’au payement, ou pour le faire vendre par autorité de justice, à défaut de payement ou exécution de la convention.

Quelquefois aussi le terme gage est pris pour la chose même qui est ainsi engagée au créancier.

Enfin ce même terme gage signifie aussi toute obligation d’une chose soit mobiliaire ou immobiliaire ; & dans ce cas, on confond souvent le gage avec l’hypotheque ; comme quand on dit que les meubles sont le gage du propriétaire pour ses loyers, ou qu’une maison saisie réellement devient le gage de la justice, qu’elle est le gage des créanciers hypothécaires, &c.

Mais le gage proprement dit, & le contrat de gage qu’on appelle aussi nantissement, s’entend d’une chose mobiliaire dont la possession réelle & actuelle est transférée au créancier, pour assûrance de la dette ou autre obligation : au lieu que l’hypotheque s’entend des immeubles que le débiteur affecte & qu’il engage au payement de la dette, sans se dépouiller de la possession de ces immeubles.

Chez les Romains, on distinguoit quatre sortes de gages ; savoir le prétorien, le conventionnel, le légal & le judiciaire : parmi nous on ne connoît point le gage prétorien. La définition de ces différentes sortes de gages sera expliquée dans les subdivisions de cet article.

On peut donner en gage toutes les choses mobilaires qui entrent dans le commerce.

Il y a certains gages qui ne sont par eux-mêmes d’aucune valeur, lesquels ne laissent pas néanmoins d’être considérés comme une sûreté pour le créancier. On en peut donner pour exemple Jean de Castro, général portugais dans les Indes, lequel ayant besoin d’argent, se coupa une de ses moustaches, & envoya demander aux habitans de Goa vingt mille pistoles sur ce gage ; elles lui furent aussi-tôt prêtées, & dans la suite il retira sa moustache avec honneur.

Les pierreries de la couronne, quoique réputées immeubles & inaliénables, ont été quelquefois mises en gage dans les besoins pressans de l’état. Charles VI. en 1417, engagea un fleuron de la grande couronne à un chanoine de la grande église de Paris (Notre-Dame), pour la somme de 4600 liv. tournois, & le retira en la même année, en baillant un chappe de velours cramoisi semé de perles.

Les reliques mêmes ont aussi été quelquefois mises en gage : présentement les choses sacrées telles que les calices, ornemens & livres d’église, appartenans a l’église, ne peuvent être mis en gage, sinon en cas d’urgente nécessité.

Les personnes que l’on donne en otage, sont aussi, à proprement parler, des gages, pour l’assûrance de quelque promesse.

Un créancier peut recevoir pour gage ou nantissement, des titres de propriété ou de créance, des titres de famille, &c. il n’est pas obligé de les rendre, qu’on ne lui donne satisfaction ; & si les débiteurs des sommes portées dans ces titres deviennent insolvables, il n’en est pas garant.

Avant que les Juifs eussent été chassés de France, ils y prêtoient beaucoup sur gages : sur quoi il fut fait divers réglemens : Philippe-Auguste, au mois de Février 1218, leur défendit de recevoir en gages des ornemens d’église ni des vêtemens ensanglantés ou mouillés, dans la crainte que cela ne servît à cacher le crime de celui qui auroit assassiné ou noyé quelqu’un ; il leur défendit aussi de prendre en gage des fers de charrue, des bêtes de labour, ou du blé non battu, sans doute afin qu’ils fussent tenus de rendre la même mesure de blé : il leur défendit encore, par une autre ordonnance, de prendre en gage des vases sacrés ou des terres des églises, soit dans le domaine du roi ou du comte de Troyes, ou des autres barons, sans leur permission. L’ordonnance de 1218 fut renouvellée par Louis Hutin le 28 Juillet 1315. Le roi Jean en 1360, comprit dans la défense les reliques, les calices, les livres d’églises, les fers de moulin. S. Louis leur défendit de prendre des gages qu’en présence des témoins ; & Philippe V. dit le Long ordonna en 1317, qu’ils pourroient se défaire des choses qu’ils avoient prises en gage, au bout de l’an, si elles n’étoient pas de garde ; & si elles étoient de garde, au bout de deux ans.

Lorsque plusieurs choses ont été données en gage, on ne peut pas en retirer une sans acquitter toute l’obligation, quand même on payeroit quelque somme à proportion du gage que l’on voudroit retirer.

Le créancier nanti de gages est préféré à tous autres sur le prix des gages qu’il en sa possession, quand même ce seroit un créancier hypothécaire ; il ne perd pas pour cela son privilége sur le gage dont il est nanti.

L’action qui naît du gage est directe ou contraire suivant le droit romain, c’est-à-dire que le gage produit une double action ; savoir, celle qu’on appelle directe, laquelle a lieu au profit de celui qui a donné le gage, à l’effet de le répéter en satisfaisant par lui aux conventions : cette action sert aussi à obliger le possesseur du gage à faire raison des dégradations qu’il peut avoir commises sur le gage.

L’action contraire est celle par laquelle le créancier qui a reçû le gage, demande qu’on lui fasse raison des impenses qu’il a été obligé de faire pour la conservation du gage ; il peut aussi en vertu de cette action, se pourvoir en dommages & intérêts, pour raison des fraudes que l’on a pû commettre par rapport au gage ; comme si on lui a remis des pierreries fausses pour des fines, ou bien s’il a été dépossédé du gage par le véritable propriétaire qui l’a reclamé.

Une des principales regles que l’on suit en matiere de gages, est que ce contrat demande beaucoup de bonne foi.

Il n’est pas permis de prêter à interêt sur gage.

L’ordonnance du Commerce, tit. vj. art. 8. porte qu’aucun prêt ne sera fait sous gage, qu’il n’y en ait un acte pardevant notaire, dont sera retenu minute, qui contiendra la somme prêtée & les gages qui auront été délivrés, à peine de restitution des gages, à laquelle le prêteur sera contraint par corps, sans qu’il puisse prétendre de privilége sur les gages, sauf à exercer ses autres actions.

L’article suivant veut que les gages qui ne pourront être exprimés dans l’obligation, le soient dans une facture ou inventaire, dont il sera fait mention dans l’obligation, & que la facture ou inventaire contienne la quantité, qualité, poids, & mesure des marchandises ou autres effets donnés en gage, sous les peines portées par l’article précédent.

Ces dispositions de l’ordonnance ne s’observent pas seulement entre marchands, mais entre toutes sortes de personnes.

Un fils de famille peut donner en gage un effet mobilier procédant de son pécule, pourvû que ce ne soit pas pour l’obligation d’autrui.

Le tuteur peut aussi, pour les affaires du mineur, mettre en gage la chose du mineur, mais non pas pour ses affaires.

Il en est de même du mandataire ou fondé de procuration à l’égard de son commettant.

Les lois permettent néanmoins au créancier qui a reçu un effet en gage, de le donner lui-même aussi en gage à son créancier ; mais elles veulent que ce dernier n’y soit maintenu qu’autant que le gage du premier subsistera ; & cela paroît peu conforme à nos mœurs, suivant lesquelles on ne peut en général engager la chose d’autrui, à-moins que ce ne soit du consentement exprès ou tacite du propriétaire. Celui qui consent de donner sa chose en gage à quelqu’un, ne consent pas pour cela que celui-ci la donne en gage à un autre ; il peut y avoir du risque pour le propriétaire, que le créancier se dessaisisse du gage.

Les fruits du gage sont censés faire partie du gage.

Le créancier nanti de gage n’est point tenu de le rendre, qu’il ne soit entierement payé de son principal & des intérêts légitimement dûs, & même de ce qui lui est dû d’ailleurs sans gage.

S’il a reçû en gage plusieurs effets, il ne peut être contraint d’en relâcher un en lui payant une partie de la dette. Il peut exiger son payement en entier.

Il n’est pas permis en France au créancier de s’approprier le gage faute de payement ; mais il peut après l’expiration du délai convenu, faire vendre le gage, soit en vertu d’ordonnance de justice, ou même en vertu de la convention, si cela a été expressément convenu, pourvû néanmoins que la vente soit toujours faite par un huissier, en la maniere ordinaire.

Lorsque le gage est vendu, & qu’il se trouve des saisies & oppositions de la part de différens créanciers, celui qui est nanti du gage a un privilége spécial, tellement que sur cet effet il est payé par préférence à tous autres créanciers.

Si le prix du gage excede la dette, le surplus doit être rendu au débiteur ; si au contraire le gage ne suffit pas pour acquitter toute la dette, le créancier a la faculté de demander le surplus sur les autres biens du débiteur.

Les dépenses faites par le créancier pour conserver le gage, soit du consentement exprès ou tacite du débiteur, ou même sans son consentement, supposé qu’elles fussent nécessaires, peuvent être par lui répétées sur le gage, & avec le même privilége qu’il a pour le principal.

Le débiteur ou autre qui soustrait le gage, commet un larcin dont il peut être accusé par le créancier.

Lorsque le créancier a été trompé sur la substance ou qualité du gage, il en peut demander un autre, ou exiger dèslors son payement, quand même le débiteur seroit solvable.

Le créancier ne peut jamais prescrire le gage quelque tems qu’il l’ait possedé.

Voyez au digeste les titres de pignoratitiâ actione, de pignoribus vel hypotecis, & au code si aliena rei pignori data sit, quæ res pignori obligari possunt qui potiores in pignote, &c. (A)

Gage de bataille, étoit un gage tel qu’un gant ou gantelet, un chaperon, ou autre chose semblable, que l’accusateur, le demandeur ou l’assaillant jettoit à terre, & que l’accusé ou défendeur, ou autre auquel étoit fait le défi, relevoit pour accepter ce défi, c’est-à-dire le duel.

L’usage de ces sortes de gages étoit fréquent dans le tems que l’épreuve du duel étoit autorisée pour vuider les questions tant civiles que criminelles.

Lorsqu’une fois le gage de bataille étoit donné, on ne pouvoit plus s’accommoder sans payer de part & d’autre une amende au seigneur.

Quelquefois par le terme de gage de bataille, on entendoit le duel même dont le gage étoit le signal ; c’est en ce sens que l’on dit que S. Louis défendit en 1260 les gages de bataille ; on continua cependant d’en donner tant que les duels furent permis. Voyez Duel. Voyez le style du parlement dans Dumoulin, ch. xvj. (A)

Gage, (contre-) est un droit que quelques seigneurs ont prétendu, pour pouvoir de leur autorité faire des prises quand on leur avoit fait tort ; il intervint à ce sujet deux arrêts au parlement en 1281 & 1283, contre les comtes de Champagne & d’Auxerre. Voyez le gloss. de M. de Lauriere, au mot contre-gage. (A)

Gage conventionnel, est celui qui est contracté volontairement par les parties, comme quand un homme prête cent écus, & que le débiteur lui remet entre les mains des pierreries, de la vaisselle d’argent, une tapisserie, ou autres meubles pour sûreté de la somme prêtée. (A)

Gage exprès, appellé en droit pignus expressum, c’est l’obligation expresse d’un bien pour sûreté de quelque dette ; il est opposé au gage tacite ; il peut être général ou spécial. Voyez la loi 3. au code, liv. VII. tit. viij. & ci-après Gage tacite. (A)

Gage général, c’est l’obligation de tous les biens du débiteur. Voyez Hypotheque générale.

Gage judiciaire ou judiciel, pignus judiciale, c’est lorsque les biens d’un homme sont saisis par autorité de justice ; ils deviennent par-là obligés à la dette.

Chez les Romains le gage judiciel étoit à-peu-près la même chose que le gage prétorien ; en effet Justinien les confond l’un avec l’autre dans la loi derniere, au code de prætorio pignore : pignus, dit-il, quod à judicibus datur quod & prætorium nuncupatur ; il y a cependant plusieurs différences entre le gage judiciel & le gage prétorien.

Le gage judiciel proprement dit, étoit celui que l’exécuteur ou appariteur prenoit par autorité de justice pour mettre la sentence à exécution. Loyseau le définit quod in causam judicati ex bonis condemnati extra ordinem capit executor jussu & autoritate magistratus ; sur quoi il ajoûte que c’étoit le magistrat qui avoit donné le juge, & non pas le juge qui avoit rendu la sentence.

On exécutoit une sentence en trois manieres ; ou par emprisonnement, transactis justis diebus, suivant la loi des 12 tables, & c’étoit la seule exécution connue dans l’ancien droit ; ou quand le débiteur étoit absent & qu’on ne pouvoit le prendre, on se mettoit en possession de ses biens ex edicto prætoris, ensuite on les faisoit vendre, ce qui notoit d’infamie le débiteur. Depuis pour sauver au débiteur la rigueur de la prison ou de l’infamie, on inventa une forme extraordinaire, qui fut de demander au magistrat un exécuteur ou appariteur pour mettre la sentence à exécution ; lequel exigebat, capiebat, distrahebat & addicebat bona condemnati secundum ordinem constitutionis de pii. c’est-à-dire qu’il faisoit commandement de payer, & pour le refus saisissoit, puis vendoit & adjugeoit d’abord les meubles, ensuite les immeubles, & en dernier lieu les droits & actions. Cette façon d’exécuter les sentences fut appellée gage judiciel.

Pour connoître plus amplement la différence qu’il y avoit entre le gage judiciel & le gage prétorien, on peut voir ce qui est dit ci-après à l’article Gage prétorien, & ce qu’en dit Loyseau, tr. du déguerpissem. liv. III. ch. j. n°. 11. (A)

Gage de la Justice, c’est la chose qui répond envers la justice de l’exécution de quelque obligation, & que l’on a mis pour cet effet sous la main de la justice ; tels sont tous les biens meubles & immeubles saisis par autorité de justice. (A)

Gage légal. est la même chose que hypotheque légale, si ce n’est que parmi nous ce gage ou assûrance peut avoir lieu sur des meubles qui n’ont point de suite par hypotheque.

Gage mort, dans la coûtume de Bretagne, est celui que l’on donne pour avoir délivrance des bestiaux qui ont été pris en délit ; cet usage a été introduit par la nouvelle coûtume au lieu du gage plege que l’on étoit obligé de donner. Voyez les art. 397. 403. 406. 418. & 419. (A)

Gage, (mort-) appellé dans la basse latinité mortuum vadium, a plusieurs significations différentes.

Gage, (mort-) dans la coûtume de Lille, est lorsqu’un pere pour avantager un de ses enfans, ordonne qu’il joüira d’un héritage jusqu’à ce que l’autre l’air racheté de la somme réglée par le pere. Voyez Lille, tit. j. art. 53. & tit. des testam. art. 5. & des donat. art. 7. (A)

Gage (mort-) dans la même coûtume de Lille, est aussi lorsque celui qui tient un bien en gage, a droit d’en joüir jusqu’à ce que le propriétaire le rachette de la somme pour laquelle il a été hypothequé, & que le créancier détenteur en a les issues, c’est-à-dire qu’il en gagne irrévocablement les fruits sans en rien imputer sur sa créance ; il est encore parlé de ce mort-gage dans la coûtume d’Artois & dans celle de Normandie.

Le mort-gage revient à l’antrichrese des Romains, & sous ce point de vûe on peut dire que Justinien avoit restreint l’effet du mort-gage, en ordonnant que si le créancier joüissoit plus de sept ans du gage, il tiendroit compte de la moitié des fruits sur le sort principal. Voyez cod. de usuris, l. si eâ lege & l. si eâ pactione.

Anciennement le mort-gage avoit lieu dans toute la France, mais seulement en certains cas : savoir, lorsque le vassal engageoit son fief à son seigneur, suiv. le chap. j. extr. de feudis, dans les mariages, ou lorsqu’un pere vouloit avantager quelqu’un de ses enfans, ou enfin lorsque l’on faisoit quelqu’aumône aux églises. Voyez Boutillier, liv. I. tit. xxv. p. 139.

Présentement le mort gage n’est usité que dans les coûtumes qui l’admettent expressément.

Celle d’Artois déclare, art. 39. qu’on n’y use point de mort-gage, c’est-à-dire qu’il n’y est pas permis.

Cette prohibition est conforme au droit canon, extra de usuris, 5. 19. lequel néanmoins permet une convention semblable à celui qui pour sureté de la dot de sa femme a reçû un immeuble en gage, afin qu’il puisse supporter les charges du mariage.

Lorsqu’un laïc possede un fief dépendant de l’église, & qu’il le donne à titre de mort-gage à cette église qui lui prête de l’argent, elle n’est pas obligée d’imputer au sort principal les fruits de ce fief, ch. j. & viij. extr. de usuris.

Gregoire IX. par une bulle de l’an 1127 accorda à l’abbaye de S. Bertin dans Saint-Omer en Artois, le droit de gagner les fruits des héritages qui lui sont donnés à titre de mort-gage.

Le mort-gage est toleré à Arras, pour y éluder la coûtume locale de cette ville, qui défend de créer des rentes sur les maisons. Pour y pratiquer le mort-gage, le propriétaire d’une maison la vend à faculté de rachat, puis il la reprend à loyer moyennant une somme par an, qui est égale à l’intérêt de l’argent qu’il a prêté.

On peut encore considérer comme une espece de mort-gage le droit accordé à la ville d’Arras par une charte du mois de Juillet 1481, de placer l’argent des mineurs à intérêt : les mineurs ayant suivant cette charte le droit de retirer le fond à leur majorité, sans imputer sur le principal les intérêts qu’ils ont touchés annuellement.

Le pays de Lallœue ressortissant au conseil provincial d’Artois, est en possession immémoriale accompagnée de titres, d’user du mort-gage en toutes sortes de cas & entre toutes sortes de personnes, même de ne payer que quatre deniers d’issue & quatre deniers d’entrée pour chaque contrat de mort-gage, pourvû que le mort-gage ne dure pas plus de 30 ans ; s’il duroit plus long-tems, il en seroit dû des droits de vente.

Il y a aussi plusieurs lieux hors de l’Artois où le mort-gage est usité en toutes sortes de cas, tels que le pays de Vaes & Dendermonde.

Le mort-gage est pareillement usité en Anjou, au Maine, & en Touraine.

Il y a d’autres endroits où le contrat pignoratif n’a lieu qu’en quelques cas.

Les regles que l’on suit en matiere de mort-gage dans les pays où il est usité, sont :

1°. Que le mort-gage n’est qu’un simple engagement, & non une aliénation ; c’est pourquoi l’on ne dit point vendre & engager, ni aliéner à titre de mort-gage, mais bailler, donner & délaisser à titre de mort-gage.

2°. La propriété de la chose donnée à ce titre reste toûjours pardevers celui qui la donne en gage, ou ses héritiers & ayans cause ; mais ils ne peuvent pas retirer l’héritage des mains de l’engagiste sans lui payer les causes de l’engagement.

3°. L’engagiste qui joüit à titre de mort-gage ni ses ayans cause ne peuvent prescrire l’héritage, quand même ils l’auroient possédé pendant mille ans & plus.

4°. Il n’est pas permis à l’engagiste de vendre l’héritage par lui tenu à mort-gage pour être payé de son principal ; il est obligé de le garder jusqu’à ce qu’il plaise au débiteur de le retirer ; mais l’engagiste peut aliéner le droit qu’il a de joüir à titre de mort-gage, à la charge que l’acquéreur sera sujet aux mêmes conditions que lui.

5°. Le créancier gagne les fruits du mort-gage sans être obligé de les imputer sur son principal.

6°. Il est tenu de toutes les dépenses dont les usufruitiers sont chargés, & s’il est obligé de faire de grosses réparations, le propriétaire débiteur est tenu de les lui rendre.

On ne peut pas stipuler que le débiteur ne rentrera dans l’héritage donné à titre de mort-gage, que de certain tems en certain tems ; le débiteur peut y rentrer en tout tems nonobstant cette clause, en remboursant le sort principal, les labours & semences, impenses & améliorations.

Les engagemens du domaine de la couronne sont une espece de mort-gage, l’engagiste n’étant point tenu d’imputer les joüissances sur le prix du rachat. Voyez l’auteur des notes sur Artois, art. 39

Le mort gage est opposé au vif-gage. Voyez ci-après Vif-gage. (A)

Gage, (mort-) suivant Littleton, sect. 32. est aussi un gage qui est vendu au créancier quand le débiteur ne le retire pas dans le tems dont il est convenu. Voyez Rastal & Jacob goht. ad leg. unic. cod. theod. de commiss. rescind. (A)

Gage plege en Normandie, est l’obligation que contracte quelqu’un pour le vassal qui n’est pas resseant sur son fief de payer pour lui les rentes & redevances dûes pour l’année suivante, à raison de son fief ; il doit donner plege, c’est-à-dire caution, qui demeure sur le fief, & qui s’oblige de les payer.

La clameur de gage-plege, suivant l’art. 336. de la coûtume de Normandie & le style du même pays, est une action propriétaire & possessoire tout ensemble, dont use celui qui craint qu’un autre ne fasse quelqu’entreprise sur aucune saisie ou droiture à soi appartenant ; l’objet de cette action est de prévenir l’entreprise. Voyez Clameur de gage-plege. (A)

Gage-plege signifie aussi en Normandie une convocation extraordinaire que fait le juge dans le territoire d’un fief pour l’élection d’un prevôt ou sergent pour faire payer les rentes & redevances seigneuriales dûes au seigneur par ses censitaires, rentiers & redevables.

Le seigneur féodal a par rapport aux rentes & redevances dûes à son fief & seigneurie, deux devoirs différens : l’un de plaids, l’autre de gage-plege ; les plaids & gage-plege se tiennent par son juge bas-justicier ; il ne peut pas les tenir lui-même ; la convocation doit être faite dans l’étendue du fief, & non ailleurs ; les plaids sont pour juger les contestations au sujet des rentes & redevances seigneuriales contre les redevables. Le gage-plege est pour élire un prevôt pour faire le recouvrement des rentes & redevances seigneuriales, & y recevoir les nouveaux aveux des censitaires & rentiers.

La convocation du gage-plege doit être faite par le sénéchal si c’est dans une haute-justice, ou par le prevôt si c’est dans une moyenne ou basse-justice. Elle se fait en présence du greffier, tabellion, notaire ou autre personne publique, avant le 15 de Juillet au plus tard ; & tous les aveux & autres actes du gage-plege doivent être signés tant du juge que du greffier, ou autre personne publique que l’on a commis pour en faire la fonction.

Les minutes des aveux & déclarations demeurent ès mains du notaire ou tabellion, & les minutes des jugemens au greffe de la justice.

Le gage-plege ne se tient qu’une fois l’année, à jour marqué.

Tous les hommes de fiefs sujets ou vassaux tenans roturierement du fief, sont obligés de comparoître au gage-plege en personne, ou par procureur spécial & ad hoc, pour faire élection d’un prevôt receveur, & en outre pour reconnoître les rentes & redevances seigneuriales par eux dûes au fief & seigneurie ; ils doivent spécifier les héritages à cause desquels les rentes & redevances sont dûes, & si depuis leurs derniers aveux ou déclarations ils ont acheté ou vendu quelques héritages tenus de ladite seigneurie, le nom du vendeur ou de l’acheteur, le prix porté au contrat, & le nom du notaire ou tabellion qui a reçû l’acte.

Lorsque les sujets du seigneur sont défaillans de comparoir au gage-plege, on les condamne en l’amende qui ne peut excéder la somme de cinq sols pour chaque tête ; cette amende est taxée par le juge, eu égard à la qualité & quantité des héritages tenus par le vassal ou sujet ; & outre l’amende, le juge peut faire saisir les fruits de l’héritage, & les faire vendre pour le payement des rentes & redevances qui sont dûes sans préjudice de l’amende des plaids, qui est de 8 s. 1 den.

La proclamation du gage-plege doit être faite publiquement un jour de dimanche, à l’issue de la grande messe paroissiale, par le prevôt de la seigneurie, quinze jours avant le terme d’icelui ; & cette publication doit annoncer le jour, le lieu, & l’heure de la séance. Voyez la coûtume de Normandie, art. 185. & suiv. (A)

Gage-plege de duel, étoit le gage ou otage que ceux qui se battoient en duel donnoient à leur seigneur. Ces otages ou gages-pleges étoient des gentils-hommes de leurs parens ou amis. On disoit pleiger un tenant, ou se faire son gage-plege de duel, pour dire que l’on se mettoit en gage ou otage pour lui. (A)

Gage prétorien, pignus prætorium, étoit chez les Romains celui qui se contractoit, lorsque par l’édit du préteur, c’est-à-dire en vertu d’un mandement & commission du magistrat, ce que l’on appelloit autore prætore, le créancier étoit mis en possession des biens de son débiteur, quoiqu’il n’eût stipulé sur ces biens aucune hypotheque.

Cette mise en possession se fait avant la condamnation du débiteur ou après. Elle s’accordoit avant la condamnation, à cause de la contumace du débiteur, soit in non comparendo, aut in non satis dando ; elle s’accordoit après la condamnation lorsque le débiteur se cachoit de peur d’être emprisonné faute de payement, suivant la loi des douze tables.

Dans les actions réelles cette mise en possession ne s’accordoit que sur la chose contentieuse seulement, au lieu que dans les actions personnelles elle se faisoit sur tous les biens du débiteur ; mais Justinien la modéra ad modum debiti, comme il est dit en l’authentique & qui jurat, inserée au code de bonis autor. jud. possid. C’est pourquoi depuis Justinien, cette mise en possession fut fort peu pratiquée, parce que l’usage du gage judiciel fut trouvé plus commode, attendu qu’il étoit plûtôt vendu, & avec moins de formalité.

Le gage prétorien ne s’accordoit que quand le débiteur étoit absent, & qu’il se cachoit pour frauder ses créanciers, suivant ce qui est dit dans les deux dernieres lois au code de bonis autor. jud. poss. Il avoit lieu aussi après la mort du débiteur quand il n’y avoit point d’héritier, suivant la loi pro debito au même titre ; car tant qu’on trouvoit la personne, on ne s’attaquoit jamais aux biens.

En France le gage prétorien n’est nullement usité. Voyez Loyseau, tr. du déguerpiss. liv. III. ch. j. n. 8. & 13. (A)

Gage spécial, est celui qui est singulierement obligé au créancier, lequel a sur ce gage un privilége particulier ; par exemple, le marchand qui a vendu de la marchandise, a pour gage spécial cette même marchandise, tant qu’elle se trouve en nature entre les mains de l’acheteur ; à la différence du gage général qui s’étend sur tous les biens, sans qu’un créancier ait plus de droit qu’un autre sur un certain effet. (A)

Gage simple, pignus simplex, étoit chez les Romains celui qui ne contenoit aucune condition particuliere ; à la différence de l’antichrese & de la convention appellée fiducia, qui étoient aussi des especes de gages sur lesquels on donnoit au créancier certains droits particuliers. Voyez Antichrese & Fiducie. (A)

Gage tacite, c’est l’hypotheque tacite ; les immeubles aussi bien que les meubles deviennent en certains cas le gage tacite des créanciers. Voyez Hypotheque tacite. (A)

Gage, (vif) est celui qui s’acquitte de ses issues, c’est-à-dire dont la valeur des fruits est imputée au sort principal de la somme, pour sûreté de laquelle le gage a été donné. Tout gage est présumé vif. Voyez la loi 2. ff. de pignoribus, & ci-devant Mort-gage. (A)

Gages des Officiers, (Jurisprud.) que l’on appelloit autrefois salaria, stipendia, annonæ, sont les appointemens ou récompense annuelle que le Roi ou quelque autre seigneur donne à ses officiers.

On confondoit autrefois les salaires des officiers avec leurs gages, comme il paroît par le titre du code de præbando salario ; présentement on distingue deux sortes de fruits dans les offices, savoir les gages que l’on regarde comme les fruits naturels, & les salaires ou émolumens qui sont les fruits industriaux.

Dans les trois derniers livres du code, les gages ou profits annuels des officiers publics sont appellés annonæ, parce qu’au commencement on les fournissoit en une certaine quantité de vivres qui étoit donnée pour l’usage d’une année ; mais ces profits furent convertis en argent par Théodosius & Honorius en la loi annona au code de erogat. milit. ann. & ce fut-là proprement l’origine des gages en argent.

Les officiers publics n’avoient dans l’empire romain point d’autres profits que leurs gages, ne prenant rien sur les particuliers, comme il résulte de la novelle 53, qui porte que omnis militia nullum alium questum quam ex imperatoris munificentia habet. Les magistrats, greffiers, notaires, appariteurs, & les avocats même avoient des gages ; les juges même du dernier ordre en avoient ordinairement ; & ceux qui n’en avoient pas, ce qui étoit fort rare, extra omne commodum erant, comme dit la novelle 15. ch. vj. C’est pourquoi Justinien permet aux défenseurs des cités de prendre au lieu de gages, quatre écus des parties pour chaque sentence définitive, & en la novelle 82, ch. xjx, il assigne aux juges pedanées quatre écus pour chaque procès à prendre sur les parties, outre deux marcs d’or de gages qu’ils prenoient sur le public.

En France les officiers publics, & sur-tout les juges n’avoient autrefois d’autres salaires que leurs gages.

On les payoit ordinairement en argent, comme il paroît par une ordonnance de Philippe V. dit le Long, du 18 Jui let 1318, portant que les gages en deniers assis sur le thrésor, en baillies, prévotés, sénéchaussées, & en l’hôtel du Roi, ne seroient point échangés en terre, ni assis en terre.

Suivant la même ordonnance, personne ne pouvoit avoir doubles gages, excepté certains veneurs, auxquels le roi avoit donné la garde de quelques-unes de ses forêts. Charles V. étant régent du royaume, permit à Jean de Dormans, qui étoit chancelier de Normandie, & qu’il nomma chancelier de place, de joüir des gages de ces deux places.

Les clercs qui avoient du roi certaines pensions, ne les conservoient plus dès qu’ils avoient un bénéfice, parce que ce bénéfice leur tenoit lieu de gages.

Charles IV. dit le Bel, défendit le 15 Mai 1327, aux soudoyers & autres qui avoient gages du Roi, de vendre leurs cédules & escroës à vil prix, & à toutes personnes de les acheter, sous peine de confiscation de corps & de biens.

Les gages se comptoient à termes ou par jour, de maniere que l’on diminuoit aux officiers le nombre de jours qu’ils n’avoient pas servi.

En l’année 1351, le roi Jean augmenta les gages des gens de guerre, à cause de la cherté des vivres & autres biens.

C’étoit d’abord sur la recette des bailliages & sénéchaussées, que les gages de tous officiers royaux étoient assignés. Charles V. en 1373 assigna ceux du parlement & des maîtres des requêtes sur les amendes ; la même chose avoit déjà été ordonnée le 12 Novembre 1322. Dans la suite les gages des cours souveraines, des présidiaux & autres officiers, ont été assignés sur les gabelles.

On trouve au registre de la cour de l’an 1430, tems où les Anglois étoient les maîtres du parlement, une conclusion portant que s’ils ne sont payés de leurs gages dans Pâques, nul ne viendra plus au palais pour l’exercice de son office : & in hoc signo indissolubile vinculum charitatis & societatis ut sint socii constitutionis & laboris ; & le 12 Février audit an, il est dit qu’il y eut cessation de plaidoierie, propter vadia non soluta, jusqu’à la Pentecôte 28 Avril, & fut envoyé signifier au Roi & à son conseil à Rouen. Voyez la bibliotheque de Bouchel, verbo gages.

Aux offices non venaux les gages ne courent que du jour de la réception de l’officier ; dans les offices venaux ils courent du jour des provisions. Voyez ce qui est dit ci-après des gages intermédiaires.

Les augmentations de gages ont cela de singulier, qu’elles peuvent être acquises & possédées par d’autres que par le propriétaire titulaire de l’office. Voyez l’acte de notorieté de M. le Camus, du 18 Avril 1705.

Les gages cessent par la mort de l’officier, & du jour que sa résignation est admise.

On trouve néanmoins deux déclarations des 13 Décembre 1408, & 18 Janvier 1410, qui ordonnent que les conseillers qui auront servi pendant 20 années, joüiront de leurs gages, leur vie durant ; mais ce droit n’a plus lieu depuis la vénalité des charges.

L’ordonnance de Charles VII. du mois d’Avril 1453, article xj. défend à tous officiers de judicature, de prendre aucuns gages ou pensions de ceux qui sont leurs justiciables.

Plusieurs ordonnances ont défendu aux officiers royaux de prendre gages d’autres que du roi ; telle est la disposition de celle d’Orléans, art. xxxxjv ; de celle de Moulins, art. xjx & xx ; & de celle de Blois, art. cxij & suivans : ce qui s’observe encore présentement, à-moins que l’officier n’ait obtenu du Roi des lettres de compatibilité.

François I. par son ordonnance de 1539, art. cxxjv. défendit aux présidens & conseillers de ses cours souveraines, de solliciter pour autrui les procès pendans ès cours où ils sont officiers, & d’en parler aux juges directement ou indirectement, sous peine de privation entre autres choses de leurs gages pour un an.

L’ordonnance d’Orléans, art. 55. enjoint à tous hauts justiciers de salarier leurs officiers de gages honnêtes, ce qui est assez mal observé ; mais lorsqu’il y a contestation portée en justice à ce sujet, on condamne les seigneurs à donner des gages à leurs juges.

Les gages des officiers de la maison du Roi, de la Reine, & des Princes de la maison royale, ne sont pas saisissables, suivant une déclaration du 20 Avril 1555, qui étend ce privilége aux gages de la gendarmerie ; elle excepte seulement les dettes qui seroient pour leurs nourriture, chevaux & harnois.

La déclaration du 24 Novembre 1678, ordonne que les transports & cessions qui seront faits à l’avenir par les officiers du roi, des gages qui sont attribués à leurs charges, portés par les contrats & obligations qui seront passés au profit de leurs créanciers, ou en quelque autre maniere que ce soit, seront nuls & de nul effet, sans que les trésoriers de la maison du Roi puissent avoir aucun égard aux saisies qui seront faites entre leurs mains ; la même chose est ordonnée pour les officiers employés sur les états des maisons de la Reine, de Monsieur, duc d’Orléans, & de Madame, duchesse d’Orléans ; les gages de ces sortes d’offices ne peuvent même être compris dans une saisie réelle, parce que l’office même n’est pas saisissable.

Pour ce qui est des autres offices, les gages en sont saisissables, à la différence des autres émolumens, tels que les épices, vacations, & autres distributions semblables. Voyez la déclaration du 19 Mars 1661.

Les gages des commis des fermes du Roi ne sont pas saisissables, suivant l’ordonnance de 1681, titre commun à toutes les fermes, art. 14. (A)

Gages anciens, sont ceux qui ont été d’abord attribués à un office ; on les surnomme anciens, pour les distinguer des augmentations de gages qui ont été attribuées dans la suite au même office. (A)

Gages, (Augmentation de) sont un supplément de gages que le Roi accorde à un officier ; ce qui se fait ordinairement moyennant finance. Voyez ce qui en est dit ci-devant à l’art. Gages des Officiers, & l’art. précéd. touchant les gages anciens. (A)

Gages intermédiaires, sont ceux qui ont couru depuis le décès ou résignation du dernier titulaire, jusqu’au jour des provisions du nouvel officier. Avant la vénalité des offices, on ne parloit point de gages intermédiaires ; les gages n’étant donnés que pour le service de l’officier, ne couroient jamais que du jour de sa réception, & même seulement du jour que l’officier avoit commencé d’entrer en exercice. Mais depuis que les offices ont été rendus vénaux, & qu’on leur a attribué des gages, lesquels abusivement ont été considérés plûtôt comme un fruit de l’office, que comme une récompense du service de l’officier ; l’usage a introduit que pour ces sortes d’offices, les gages courent du jour des provisions, & l’on a appellé gages intermédiaires, comme on vient de le dire, ceux qui courent entre le décès ou résignation du dernier titulaire, & les provisions du nouvel officier.

On entend aussi quelquefois par gages intermédiaires, ceux qui ont couru entre les provisions & la réception.

On ne paye point au nouvel officier les gages intermédiaires sans lettres de chancellerie, qu’on appelle lettres d’intermédiat ; & à la chambre des comptes, où l’on suit scrupuleusement les anciens usages, on ne passe point encore purement & simplement les intermédiats de gages d’officiers d’entre les provisions & la réception ; si la difficulté en est faite au bureau, on laisse ordinairement cette partie en souffrance ; ce qui oblige l’officier de recourir aux lettres de rétablissement. Voyez ce que dit Loyseau, tr. des offices, liv. I. ch. viij. n°. 56 & suiv. (A)

Gages par jour, voyez ci-après Gages à termes.

Gages menagers ; quelques anciennes ordonnances appellent ainsi les appointemens que l’on donnoit à certaines gens de guerre qui étoient prêts à marcher au premier ordre, & n’avoient qu’une paye modique lorsqu’ils ne servoient pas actuellement. (A)

Gages à termes ou par jour, étoient ceux qui ne se payoient aux officiers du roi, qu’à proportion du tems & du nombre de jours qu’ils avoient servi ; à la différence de ceux qui étoient donnés à vie, comme cela se pratiquoit quelquefois. Il est parlé de ces gages à termes ou par jour, dans plusieurs ordonnances, & notamment dans une du 16 Juin 1349, portant que les officiers ne seront payés de leurs gages qu’à proportion du tems qu’ils serviront. C’est apparemment de-là que vint l’usage de faire donner par les officiers une cédule appellée servivi, par laquelle ils attestoient le nombre de jours qu’ils avoient servi dans leur office. Il est encore parlé de ces gages à termes ou par jour, dans une ordonnance du roi Jean, du 13 Janvier 1355. Voyez ci-après Gages à vie. (A)

Gages à vie, étoient des appointemens ou pensions qui étoient assûrés aux officiers du roi, leur vie durant, pour leur service actuel, soit qu’ils le fissent en plein, & sans y manquer un seul jour, ou qu’ils fussent absens sans nécessité ou empêchement légitime pendant un tems plus ou moins considérable.

On appelloit ces gages à vie, pour les distinguer des gages ordinaires, que l’on appelloit alors gages à termes ou à jours, qui ne se payoient aux officiers qu’à proportion du tems & du nombre de jours qu’ils avoient réellement servi.

Plusieurs personnes du conseil, & autres officiers du roi, qui prenoient gages de lui, ayant obtenu de lui des lettres par lesquelles ces gages leur étoient assûrés à vie, comme on vient de le dire, soit qu’ils fussent présens ou absens, qu’ils exerçassent ou n’exerçassent pas leurs offices, & ceux qui avoient obtenu ces lettres, prenant de-là occasion de s’absenter sans nécessité ; Philippe de Valois ordonna le 19 Mars 1341, que ces lettres ne pourroient servir aux impétrans, si ce n’est à ceux qui par maladie ou vieillesse, ne pourroient exercer leurs offices, ou à ses officiers, qui après sa mort seroient privés sans qu’il y eût de leur faute, de leurs charges par ses successeurs ; mais on conçoit aisément que cette derniere disposition ne pouvoit avoir d’effet, qu’autant qu’il plaisoit aux successeurs de ce prince, étant maîtres chacun de révoquer leurs officiers, & de continuer ou non les pensions accordées de grace par leurs prédécesseurs.

Il y eut néanmoins encore dans la suite de ces gages à vie ; car on trouve une autre déclaration du 3 Févr. 1405, par laquelle ils furent révoqués. (A)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « gage »

Mot d’origine germanique issu du francique waddi, apparenté à l’anglais wed.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Wallon, voig ; prov. gatge, gatghe, gaje ; espagn. gage ; ital. gaggio ; du bas-latin vadium, wadium, dans les lois barbares. Il y a deux étymologies aussi probables l'une que l'autre : la première latine, vas, vadis, répondant, garant ; bien que le g ou gu réponde ordinairement au w germanique, l'objection n'est pas absolue, car vagina, entre autres, a donné gaîne ; la seconde germanique : goth vadi ; anc. haut-allem. wetti ; frison, ved, gage, caution, promesse. Il est probable que les deux étymologies ont concouru pour former le mot roman.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « gage »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gage gaʒ

Citations contenant le mot « gage »

  • Point de responsabilité sans foi jurée, sans gage, sans serment. De Antoine Spire / Le Monde de l'éducation - Juillet - Août 2001
  • Le meilleur gage de succès pour un orateur, c'est d'avoir un auditoire gagné d'avance. De Tristan Bernard
  • C'est parfois l'échec qui est le meilleur gage de succès et souvent un retard s'avère plus utile qu'un progrès. De Henry Miller / Peindre, c'est aimer à nouveau
  • L’échec est un éternel gage de réussite. De Benoît Gagnon
  • Qui prête son aiguille sans gage en perd l’usage. De Proverbe limousin
  • Le sens de l'émerveillement est un gage de bonheur car la vie, pour peu qu'on sache lui forcer la main, ne refuse jamais à l'homme les occasions de s'émerveiller. De Ginette Quirion / Quarante ans et toujours en 3ème année
  • Le plus sûr moyen d'accéder aux charges suprêmes est de donner des gages assidus de son insignifiance. De Jacques Deval / Afin de vivre bel et bien
  • Les amis, les relations, la société à laquelle on appartient sont des gages de succès plus certains que l'effort acharné et la compétence lentement acquise. De Pierre de Grandpré / Marie-Louise des champs
  • Supprimer les gages du péché n'est jamais une perte, ni pour l'intéressé, ni pour la société ; c'est du bénéfice pur. De Gandhi / Lettres à l'Ashram
  • Tueur à gages, c’est un métier comme un autre ; tous les jours, on pointe, la seule différence, c'est qu'après, on tire. De Marc Escayrol / Mots et grumots
  • Les ministres le nomment : traitement, les notaires : émoluments, les médecins : honoraires, les employés : appointements, les ouvriers : salaires, les domestiques : gages. L'argent ne fait pas le bonheur. De Gustave Flaubert / Dictionnaire des idées reçues
  • "J'ai besoin de 20'000 francs pour créer une SARL et j'en ai besoin pour le début de l'année prochaine. Le prêt sur gage est pour moi la solution la plus rapide et efficace", explique Olivier* dimanche dans le 19h30. Ce client de Valorum, un prêteur sur gage situé à Lausanne, propose en échange trois montres, deux Rolex et une Hermes. rts.ch, Les prêts sur gage s'intensifient avec l'arrivée d'une clientèle plus aisée - rts.ch - Economie
  • Pour le généraliste, certain que "le but de cette mesure n'a jamais été d'opposer l'économie et la santé", il en va de la qualité du séjour passé par les touristes pendant les fêtes de fin d'année (la mesure est valable jusqu'au 8 janvier) : "Si je suis amené à prendre l'avion ou le bateau, c'est toujours plus rassurant de savoir que tous ceux qui qui s'y trouvent ont été testés au préalable et qu'ils sont tous négatifs. C'est quand même un gage de passer des vacances sereines." Europe 1, Covid : un test négatif obligatoire avant d'aller en Corse, "le gage de vacances sereines"
  • « Une Réélection n’est jamais gagné d’avance, donc je suis toujours prudent mais si j’étais le seul candidat puisqu’aucune liste d’opposition ne se présentait. Le score (91,8% des suffrages) me fait très plaisir, c’est un gage de confiance de la part des clubs et cela démontre que le précédent mandat a été apprécié. » Foot Amateur, Daniel Fonteniaud : « Un gage de confiance de la part des clubs ! »
  • Afin de contrer les activités illicites liées à la vente de biens cambriolés, le conseil municipal de Longueuil a adopté, il y a quelques semaines, un règlement sur les commerces de prêts sur gages et autres articles d’occasion. Celui-ci vient actualiser et harmoniser l’encadrement des activités pour ce type de commerce. Actuellement, les commerçants qui pratiquent le commerce de prêts sur gage ont l’obligation de fournir au Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) une liste de leurs transactions, mais seulement sept commerces se soumettent adéquatement à cette exigence. L’application du règlement permettra ainsi d’inclure un plus grand nombre de ces commerçants en y ajoutant notamment les transactions effectuées en ligne. Un aspect novateur du règlement réside dans la mise en place d’un guichet unique pour le commerçant et les policiers du SPAL. En effet, l’utilisation d’une nouvelle application « Web brocanteur » permettra notamment d’y faire l’analyse, l’enquête, l’inspection et la gestion. Il s’agit ainsi d’une nouveauté qui facilitera grandement le travail des policiers, entre autres en centralisant les données et en favorisant le partage de l’information par une gestion informatisée du processus. Le règlement vise également à empêcher les activités de recel, de vol, d’introduction par effraction, de fraude et à limiter le nombre d’endroits où les cambrioleurs peuvent écouler leurs marchandises. Enfin, les biens volés pourront être localisés plus facilement, ce qui permettra aux plaignants de récupérer leurs marchandises et au SPAL d’améliorer le taux de résolution des crimes contre la propriété et contre la personne. La Relève, Les prêts sur gage: l’étau se resserre sur la Rive-Sud - La Relève

Traductions du mot « gage »

Langue Traduction
Anglais pledge
Espagnol promesa
Italien impegno
Allemand versprechen
Chinois 保证
Arabe التعهد
Portugais juramento
Russe залог
Japonais 誓約
Basque bahia
Corse impegnu
Source : Google Translate API

Synonymes de « gage »

Source : synonymes de gage sur lebonsynonyme.fr
Partager