Femme : définition de femme


Femme : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

FEMME, subst. fém.

I.− Être humain de sexe féminin.
[En emploi générique ou attributif] :
1. Selon Adler, l'enfant se représente ce rapport d'infériorité à supériorité selon le double schéma : faiblesse, infériorité, petitesse, bas égal féminin, force, supériorité, grandeur, haut égal masculin. Tout garçon cherche à s'élever à la masculinité. Toute fillette et toute femme, sans qu'il faille parler pour autant d'hermaphrodisme, éprouve un sentiment d'infériorité du fait même qu'elle est femme. Cette aspiration générale au pôle viril conçu psychiquement (et non génitalement) comme le pôle de la supériorité, constitue la « protestation virile ». L'enfant aspire « vers le haut » à rejoindre les adultes, et plus précisément son père. Mounier, Traité caract.,1946, p. 597.
BIOL. Seul représentant femelle de la famille des Hominiens* dans l'Ordre des Mammifères primates*, par opposition à son homologue mâle, l'homme*.
[En emploi spécifique ou référentiel − toujours avec le sème « adulte »] :
2. « Vous, souffleter Girardin? disait une femme à Bergeron. Vous êtes tous des lâches, les républicains! ... Mais vous ne donneriez pas seulement un lavement à un lapin! » Bergeron revient, lui dit que c'est fait : « Eh bien, qu'est-ce que ça me fait? » lui dit la femme... cette femme était la Femme! Goncourt, Journal,1865, p. 160.
Rem. Dans la lang. cour., femme signifie gén. « être humain du sexe féminin, adulte ». Sens zool. strict presque exclusivement dans la lang. sc. L'une des gloires de la Société, c'est d'avoir créé la femme là ou la Nature a fait une femelle (Balzac, Secrets Cadigan, 1839, p. 320).
A.− [En tant qu'entité physique]
1. [La femme (adulte) du point de vue de ses caractères anatomiques, physiques] Première leçon d'anatomie. Remarqué combien le cervelet de la femme diffère du cervelet de l'homme (Michelet, Journal,1859, p. 464).
SYNT. Anatomie, formes de la femme; épaule, gorge, poitrine, cuisse, fesses de femme; femme bien/mal faite, femme forte, ronde, grasse, plantureuse; femme maigre, sèche, osseuse; femme élancée; grande, petite, grosse femme.
[En position d'attribut; p. réf. à la faiblesse physique traditionnellement prêtée à la femme (cf. la notion de sexe faible* p. oppos. à celle de sexe fort*)] Être femme. Ne pas être douée d'une grande force physique (par opposition à l'homme). Vous êtes homme, et je suis femme; la force est de votre côté (Musset, Chandelier,1840, I, 1, p. 13):
3. ... ma vocation ne me commandait pas de m'attaquer aux vivants (...) parce que j'étais femme, et qu'un sexe ne combattant pas contre l'autre à armes égales, l'homme qui insulte une femme commet une lâcheté gratuite, tandis que la femme qui blesse un homme la première, ne pouvant lui en rendre raison, abuse de l'impunité. Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 203.
[P. réf. à l'image physique idéale que l'homme a de la femme] Vu, en passant, les photographies de femmes, grassouillettes et impudiques; comparé, en esprit, aux formes virginales d'une vraie femme (Michelet, Journal,1857, p. 322).
Rem. Femme-canon, subst. fém., ds le domaine du cirque. Femme douée de qualités athlétiques peu communes et dont le rôle consiste à supporter, sur ses épaules, un canon dont la charge est ensuite allumée. Une matrone blanche et blonde, énorme, engagée à tant le kilo pour jouer le rôle de la Femme-Canon, halète (Colette, Pays. et portr., 1954, p. 196).
[La femme du point de vue de la diversité de son aspect selon le type racial ou physique, l'apparence extérieure, l'allure] :
4. ... il y a des femmes dont les yeux sont comme des morceaux de sucre, il y a des femmes graves comme les mouvements de l'amour qu'on ne surprend pas, il y a des femmes au visage pâle, d'autres comme le ciel à la veille du vent. Petite table dorée des jours de fête, il y a des femmes de bois vert et sombre celles qui pleurent, de bois sombre et vert : celles qui rient. Petite table trop basse ou trop haute. Il y a des femmes grasses avec des ombres légères... Éluard, Capitale douleur,1926, pp. 58-59.
Femme noire comme de l'ébène, femme blanche comme de l'ivoire, femme créole, femme métisse; femme du Nord, d'Arabie, d'Orient; femme de type nordique, méditerranéen, gitan. Ce qui fait défaut pourtant, ce sont les femmes chinoises aux cheveux laqués, trébuchant sur leurs moignons enveloppés de feutre (Morand, New-York,1930, p. 79).Des yeux de femme russe (vert clair, dilatés à la limite) (Montherl., Démon bien,1937, p. 1328):
5. ... un violoneux jouait un air que chantait une femme brune, de type gitan, avec une robe de foulard et un fichu rouge; de grandes boucles noires autour d'un visage plus étrange que beau. Aragon, Beaux quart.,1936, p. 106.
Beauté d'une femme (cf. le beau* sexe). Femme d'une grande beauté, d'une beauté éclatante, éblouissante; femme belle, superbe, admirable; jolie femme; vilaine femme. − Ne disons pas de mal des femmes laides, − dit Franchemont. − Quand une femme laide est jolie, elle est charmante! (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 196).
Distinction, élégance, charme, coquetterie d'une femme; toilette, robe, linge, décolletage de femme; femme de grande classe; femme distinguée, élégante, charmante, coquette, gracieuse, ravissante, séduisante; femme majestueuse, effacée, ordinaire; femme bien/mal habillée; femme parée, décolletée. − Tant de femmes s'enlaidissent en suivant la mode! dit la Thévenin. On devrait s'habiller selon sa forme (France, Dieux ont soif,1912, p. 125).
Femme aux cheveux blonds, châtains, bruns, noirs, roux, gris, blancs; femme aux cheveux dénoués, flottants; femme aux cheveux teints; femme aux cheveux longs, courts; femme blonde, châtaine, (très) brune, rousse; femme dépeignée; femme aux yeux noirs, verts.
Femme maquillée; femme qui se farde. Femmes parées, fardées et pâles (Faure, Hist. art,1912, p. 221).Elle se met du rouge aux lèvres et parle avec la grimace des femmes qui se remaquillent (Cocteau, Par. terr.,1938, II, 12, p. 266).
[P. réf. au charme physique et gestuel de la femme, à la grâce de sa parure et de ses manières, à sa volonté de plaire... considérés comme des caractères spécifiques] La tatan Mariou. (...) elle est maigre et assez gracieuse, elle est femme (Vallès, J. Vingtras,Enf., 1879, p. 12):
6. L'homme ici a son état, la belle forêt qu'il comprend, la camaraderie, les discussions d'esthétique. La femme n'a rien que son ménage et les fumiers. Elle ne peut être femme, je veux dire élégante et coquette. Taine, Notes Paris,1867, p. 244.
P. méton., en emploi adj. Elle s'assit pour coudre une petite dentelle (...) à sa blouse de travail, cette blouse noire qu'elle finissait par trouver trop garçonnière, pas assez femme (Zola, Dr Pascal,1893, p. 32).
Rem. Femme-enfant, subst. fém. Femme ayant gardé la grâce fraîche et rayonnante de l'enfance. Un regard de jeune fille levé vers le sien lui rappela tout à coup sa rencontre du bois, cette grâce radieuse de femme-enfant, dont le souvenir l'avait poursuivi pendant des mois (A. Daudet, Sapho, 1884, p. 238). Cf. infra I B 2 k.
Proverbe. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a :
7. On dit communément : « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a »; ce qui est très faux : elle donne précisément ce qu'on croit recevoir, puisqu'en ce genre c'est l'imagination qui fait le prix de ce qu'on reçoit. Chamfort, Max. et pens.,1794, p. 63.
[La femme considérée sous le rapport de l'âge]
Femme jeune, femme encore jeune.
Jeune femme. Femme jeune (célibataire ou mariée). Une jeune femme de vingt ans, une fille du peuple, large et forte (...) son corps frais et gras blanchissait avec des douceurs de teinte d'une grande délicatesse (Zola, T. Raquin,1867, p. 84).
Femme adulte*, mûre. Laure n'était plus alors une très jeune fille, mais une femme accomplie. Il y avait dans tout son être une plénitude, une harmonie singulières (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 136).
Femme d'un certain âge, vieillissante, âgée.
[P. oppos. à enfant, fille, jeune fille...] Femme adulte (célibataire ou mariée). L'enfant devient jeune fille, la jeune fille devient grande fille, la grande fille devient femme (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 488).
[En parlant d'une jeune fille] Devenir une femme. Prendre, en se développant physiquement, le corps et les formes d'une femme adulte. Être (presque) une femme. « Viol et assassinat que nous allons constater tout à l'heure. Cette fillette est d'ailleurs presque une femme, voyez sa gorge ». Les deux seins, assez forts déjà, s'affaissaient sur sa poitrine, amollis par la mort (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Pte Roque, 1885, p. 1024).
2. [La femme sous le rapport de la physiologie; la femme en tant qu'être sexué] Organes sexuels de la femme; femme pubère. Après l'extirpation des ovaires les femmes deviennent apathiques, et perdent une partie de leur activité intellectuelle ou de leur sens moral (Carrel, L'Homme,1935, p. 168).La période d'activité génitale de la femme est caractérisée par la succession régulière de cycles menstruels qui apparaissent à la puberté, cessent à la ménopause et peuvent être interrompus par la grossesse ou la lactation (QuilletMéd.1965, p. 482).
Femme à barbe. Femme souffrant de virilisme pilaire.
[P. oppos. à enfant, fillette, fille, etc.] Être humain du sexe féminin qui est nubile. « Tu me feras tout ce qu'on peut faire à une femme sans lui faire d'enfant ». Voici − du moins, Robin le croit − tout le thème des pensées de la jeune fille devenue femme et qui ne voit pas d'homme (Goncourt, Journal,1882, p. 172).
Être femme; ne pas encore être femme; être presque femme; être tout à fait femme. On me consulta lorsqu'elle avait douze ans. Je constatai qu'elle était femme déjà et harcelée sans repos par des désirs d'amour (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Enf., 1883, p. 396).
[P. réf. à la vie génitale perçue comme étant l'essence de la féminité, la ménopause en représentant le terme] Être encore une femme. Oh! je suis encore une femme, je saigne encore chaque mois, rien n'est changé (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 78).
[La femme au plan de l'instinct sexuel en tant qu'il cherche à se satisfaire dans l'accouplement] :
8. Lorsque Madeleine s'était oubliée dans les bras de Jacques, sa chair vierge avait pris l'empreinte ineffaçable du jeune homme. Il y eut alors mariage intime, indestructible. Elle se trouvait en pleine sève, à cet âge où l'organisme de la femme se mûrit et se féconde au contact de l'homme... Zola, M. Férat,1868, p. 179.
[P. réf. à la sexualité considérée comme étant l'essence de la féminité] Être du sexe féminin sexuellement adulte; être du sexe féminin dont la sexualité est en éveil, qui a une propension à l'amour, du tempérament. Être, se sentir femme.
En emploi adj. La femme très femme, et très (...) chatte (Nouveau, Valentines,1886, p. 166).
[En position d'attribut; p. oppos. à jeune fille] Être femme. Avoir eu des relations sexuelles, ne plus être vierge. Devenir femme.
En emploi adj. Soi-disant jeune fille, et femme. Soi-disant bien élevée, et voyageant avec un amant. Soi-disant catholique, et acceptant de se passer de l'église pour son mariage. Soi-disant honnête, et prête à tuer (Montherl., Démon bien,1937, p. 1363).
Femme frigide; frigidité chez la femme. Si nous disions le centième des rêves que fait un honnête homme, ou des étranges ardeurs qui passent dans le corps d'une femme chaste, on crierait au scandale (Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1299).Savez-vous que les femmes insensibles et froides sont plus dangereuses que les autres, parce que la neige et la flamme ont sur la chair le même effet? (Achard, Voulez-vous jouer,1924, I, 3, p. 98).
Femme sensuelle; femme qui a du tempérament, du sex-appeal; du chien* (fam.); femme qui a le feu au cul*/ au derrière (vulg.).
Rem. V. également infra I C 3.
[La femme en tant qu'être humain du sexe féminin qui élabore les ovules, conçoit et enfante, p. oppos. à l'homme, être humain du sexe masculin qui féconde les ovules ou procrée] Tout est égal entre les époux, ce qu'ils ignorent, ils l'acceptent l'un de l'autre dans la foi. Voici la religion mutuelle, voici cette servitude par qui le sein de la femme se gonfle de lait! (Claudel, Annonce,1912, I, 3, p. 39).Est-ce qu'on ne sortait pas tous de la même souche, d'un homme et d'une femme qui s'étaient unis l'un à l'autre (Queffélec, Recteur,1944, p. 65).
Femme féconde, stérile; fécondité de la femme; homme qui féconde une femme; homme qui rend une femme mère d'un (ou plusieurs) enfant(s). Des avortons, semblables à ces femmes infécondes, qui font tous leurs efforts pour avoir un héritier, et qui n'ont plus ensuite que des fausses couches (Marat, Pamphlets,Charlatans mod., 1791, p. 284).
Instinct maternel de la femme; maternité, grossesse de la femme; femme enceinte, grosse; ventre de femme grosse; femme sur le point d'être mère. Envie, fantaisie, appétit de femme enceinte, grosse*. Qu'est-ce que la grossesse? On désigne sous ce nom l'état d'une femme qui a conçu, et qui porte en elle le produit de la conception (Baudelocque, Art accouc.,1812, p. 89).Un prétendu vol de 6.000 francs de dentelles dans un magasin par MmeFeydeau, sauvée par Baroche (...) qui aurait fait rendre les dentelles, en mettant le vol sur le compte d'une envie de femme grosse (Goncourt, Journal,1868, p. 419).Une torpeur vague et puissante, l'obscure joie de la grappe pleine, de l'épi gonflé, de la femme enceinte qui couve son fruit mûr (Rolland, J.-Chr.,Nouv. journée, 1912, p. 1565).
Femme en mal d'enfant; accouchement d'une femme; femme qui accouche (d'une fille/d'un garçon); femme qui a/fait un (ou des) enfant(s); femme qui enfante, qui donne le jour à un (ou plusieurs) enfant(s); femme qui fait une fausse couche; femme qui allaite/nourrit, berce son enfant :
9. Ah! mon cher, songe donc! Onze ans de grossesses pour une femme comme ça! Quel enfer! C'est toute la jeunesse, toute la beauté, toute l'espérance de succès, tout l'idéal poétique de vie brillante, qu'un sacrifice à cette abominable loi de la reproduction qui fait de la femme normale une simple machine à pondre des êtres. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Inutile beauté, 1890, p. 1156.
Femme qui ne veut pas d'enfants; femme sans mari et sans fils; femme sans enfant. La jeune Mme Mercy et Mme Mailly de Nesle avaient très carrément déclaré à leurs maris qu'elles ne voulaient pas d'enfants, parce que la grossesse déforme un corps de femme (Goncourt, Journal,1884, p. 365).
Vieilli ou littér. Le sein de la femme. La partie de l'organisme féminin (utérus, ventre, entrailles, flancs) dans laquelle la femme porte l'enfant qu'elle conçoit. Lorsqu'on nous envoie à la vie terrestre, n'est-ce pas dans le sein de la femme que nous faisons notre premier séjour? (Saint-Martin, Homme désir,1790, p. 193).
B.− [La femme en tant qu'entité psychique : la femme en tant qu'être humain que caractérise, dans le règne animal, au même titre que l'homme et par opposition aux autres animaux, son aptitude à la pensée, son esprit entendu comme le « principe de la vie psychique »] Un seul poète, selon moi, a compris ces charmants animaux, à savoir (...) Shakespeare. Les femmes sont pires ou meilleures que les hommes. Il en a fait des êtres extra-exaltés, mais jamais raisonnables (Flaub., Corresp.,1859, p. 304).
1. [Au plan intellectuel] Intelligence, finesse, sottise des femmes; intuition, flair, habilité des femmes; femme (vraiment) intelligente, supérieure, remarquable, brillante, spirituelle; femme d'un esprit supérieur, femme d'esprit*, femme bel esprit*, femme éclairée, avisée, sensée; femme de (clair) bon sens, de bon conseil; femme (très) sotte; femme qui a de l'esprit en toute chose; femme qui a plus de jugement, d'intuition qu'un homme; femme qui possède un sens divinatoire; femme instruite, savante. L'ignorance d'une femme ferait frémir, si on pouvait la concevoir... on n'ose pas soulever le voile (Chardonne, Épithal.,1921, p. 265).Albertine s'était étonnamment développée. Ce qui m'était entièrement égal, les supériorités d'esprit d'une femme m'ayant toujours fort peu intéressé (Proust, Prisonn.,1922, p. 17):
10. On constate qu'il y a plus de grands hommes que de femmes exceptionnelles. À l'inverse, les asiles comptent aussi plus d'idiots que d'idiotes. Certains en concluent que l'intelligence de la femme serait en moyenne équivalente à celle de l'homme, mais qu'elle tendrait moins que lui aux extrêmes, en bon et en mauvais. C'est ce que sembleraient confirmer les courbes d'intelligence générale de Terman... Mounier, Traité caract.,1946, p. 605.
Femme de tête. Femme que caractérise une intelligence servie par une volonté ferme, à quoi s'ajoute souvent un réalisme aigu et un sens développé de ses intérêts (p. oppos. à femme de cœur, infra 3). Il y a beaucoup de finesse dans le nez et dans la bouche et au total ce buste me donne bien l'idée d'une femme de tête et qui a de la pénétration et de l'adresse jointes à beaucoup de fermeté (Delécluze, Journal,1824, p. 26).Lucie était une femme de tête, elle voyait loin; si elle avait pris en main les intérêts d'Henri (...) c'était pour s'attacher un allié utile (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 472).
[P. réf. à l'intuition considérée comme une qualité spécifiquement féminine]
[En position d'attribut] :
11. On n'est pas membre de l'Institut sans fréquenter la société. Voyez, jugez, comparez. Une femme sensée ne vous refusera pas sa main. Je suis femme, monsieur : mon instinct ne me trompe pas; il y a quelque chose là qui me dit que vous trouverez le bonheur dans le mariage. France, Bonnard,1881, p. 452.
En emploi. adj. Mais il y a des indices qui ne trompent pas une femme aussi femme que moi, même si elle est restée vieille fille. Il y a un fantôme de femme, un fantôme de très jeune femme qui circule dans la maison (Cocteau, Par. terr.,1938, I, 2, p. 196).
[P. réf. à des qualités ou des défauts d'esprit gén. prêtés aux femmes] En emploi adj. Je suis excessivement femme pour l'ignorance, l'inconséquence des idées, le défaut absolu de logique (Sand, Corresp.,t. 1, 1833, p. 250).Renaud, soucieux du détail, et d'esprit plus femme que moi, s'est ingénié, fureteur, à compléter un ensemble sans trou ni tare (Colette, Cl. en ménage,1902, p. 77).
2. [Au plan du caractère] M. Henriot, à toute occasion, se gaussait de ce qu'il nommait les lubies des femmes, « ces êtres tombés de la lune, où cloche toujours quelque chose » (Arland, Ordre,1929, p. 78):
12. ... le mensonge est souvent un trait de caractère; d'autre part, chez des femmes qui ne seraient pas sans cela menteuses, il est une défense naturelle, improvisée, puis de mieux en mieux organisée, contre ce danger subit et qui serait capable de détruire toute vie : l'amour. Proust, Fugit.,1922, p. 615.
a) Caractère d'une femme; femme de caractère, à grand caractère, d'un caractère décidé, violent; femme à l'esprit ferme, d'une volonté ferme; femme résolue, bien trempée moralement; femme sûre d'elle-même, maîtresse d'elle-même.
Maîtresse femme. Femme d'un caractère énergique, d'une volonté ferme, voire autoritaire, qui sait s'imposer et se faire obéir :
13. C'est « une maîtresse femme », elle garde le gouvernement des affaires, elle refuse de les communiquer à son père, elle lui tient tête; elle le conduit, le retient comme un enfant prodigue; elle a l'accent vibrant de la volonté tendue... Taine, Notes Paris,1867, p. 209.
b) Femme extraordinaire. Ma mère est une femme admirable, la seule personne au monde qui me donne parfois envie de me jeter à genoux (Duhamel, Confess. min.,1920, p. 21).Une femme exceptionnelle − moralement − oui : les qualités morales les plus hautes, une femme supérieure (Bernanos, Mauv. rêve,1948, p. 909).
c) Femme effacée, soumise/despotique; femme distante, hautaine; femme loyale; femme digne, respectable; noble femme. Continuez d'être la femme fière, grande, calme, indignée, courageuse. Votre attitude, au milieu de ces hontes, est l'honneur de votre sexe et suffit pour consoler les âmes honnêtes (Hugo, Corresp.,1853, p. 143):
14. Les femmes peuvent là se faire, à volonté, méprisantes jusqu'à l'insulte, humbles jusqu'à l'esclavage de l'Orient. Valérie fut plus qu'une femme, elle fut le serpent fait femme... Balzac, Cous. Bette,1846, pp. 217-218.
d) Femme bavarde (comme une pie). Ne dit-on point que les femmes sont curieuses? (Claudel, Violaine,1901, I, p. 579).C'est un endroit à potins d'hommes, car les hommes sont aussi concierges que les femmes (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 63).
[En position d'attribut] Elle devenait curieuse et bavarde, femme en un mot (Zola, T. Raquin,1867, p. 97):
15. Ne jamais parler! elle y tâchait. Mais elle était femme, un être dont les sentiments, les sensations, l'impressionnabilité d'enfant, bon gré, mal gré, jaillissent au dehors en une loquacité gazouillante, un verbe diffus, des paroles, beaucoup de paroles. E. de Goncourt, Élisa,1877, p. 181.
e) Femme acariâtre. Elle me met en garde contre la mercière, qui est une méchante femme et dit du mal de tout le monde... une vraie peste, quoi! (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 61).Il m'a dit que j'étais une femme insupportable, odieuse, qu'il ne comprenait pas comment tu avais pu vivre si longtemps avec moi (Flers, Caillavet, M. Brotonneau,1923, II, 4, p. 16).
f) Femme faible (moralement); faiblesse de la femme; la femme est un être/une créature faible. Cf. le sexe faible*.Car je suis une faible femme, Je n'ai su qu'aimer et souffrir (Desb.-Valm., Élégies,1833, p. 264):
16. électre. − Je sais qu'on a beaucoup de droits dans la confrérie des femmes. Si vous payez le droit d'entrée, qui est lourd, qui est d'admettre que les femmes sont faibles, menteuses, basses, vous avez le droit général de faiblesse, de mensonge, de bassesse. Le malheur est que les femmes sont fortes, loyales, nobles. Alors tu te trompes. Tu n'avais le droit d'aimer que mon père. Giraudoux, Électre,1937, II, 5, p. 152.
[P. réf. à la faiblesse traditionnellement prêtée à la femme]
[Le suj. désigne une femme] N'être qu'une femme. N'être qu'une créature faible et impuissante devant la vie, les réalités, ses propres sentiments, etc. Mais elle n'était qu'une femme. Cette folie, cette méchanceté des hommes, contre quoi l'on ne peut rien, pas plus que contre la grêle, les orages (Pourrat, Gaspard,1925, p. 261).
[Le suj. désigne un homme]
Péj. [À la forme affirmative] Être une femme :
17. Guillaume sentit alors combien il était possédé par Madeleine. Dès les premiers jours de leur liaison, elle l'avait fatalement dominé, par son tempérament plus fort, plus riche de sang. Comme il le disait autrefois avec un sourire, il était la femme dans le ménage, l'être faible qui obéit, qui subit les influences de chair et d'esprit. Zola, M. Férat,1868, p. 267.
Mélioratif. [À la forme négative et par antiphrase] Ne pas être une femme. Ne pas avoir la faiblesse d'esprit et de caractère généralement prêtée à la femme. Ça n'était pas une femme, Tournefier, mais un gaillard de bon jugement, un homme solide et bien résous. De l'avoir vu ainsi troublé, Raboliot demeurait perclus (Genevoix, Raboliot,1925, p. 164).
g) Femme forte; force, (toute-)puissance de la femme, femme sans faiblesse; femme courageuse. Tout indiquait en elle la femme raisonnable, sans charme, mais aussi sans faiblesse (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 334).Ces femmes virilisées qui n'ont d'autre but que leur réalisation intérieure et leur ambition (Brasillach, Corneille,1938, p. 246).
Rem. La femme forte des Écritures. Infra II.
h) Femme de calcul; femme économe. − Dites que je vous aime pour votre argent! (...) Je suis une femme d'argent, n'est-ce pas? Eh bien! Oui, je suis une femme d'argent, parce que je suis une femme raisonnable (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 283).Je l'interrogeai sur sa fortune. Elle en parla aussitôt en femme pratique, sûre d'elle, sûre des chiffres, des titres, des revenus, des intérêts et des placements (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Divorce, 1888, p. 1100).Les grands mystiques (...) ont généralement été des hommes ou des femmes d'action, d'un bon sens supérieur (Bergson, Deux sources,1932, p. 259).
i) Femme de devoir. À défaut des joies de la bonté qui vous sont peut-être provisoirement refusées, répondait le père, vous aurez celles d'être une femme de devoir (Druon, Gdes fam.,t. 2, 1948, p. 214).
j) [P. réf. à différents aspects de l'image psychol. stéréotypée de la femme]
[En position d'attribut] Être femme
[Le suj. désigne une femme] :
18. Mais Colette était trop fine pour ne pas sentir qu'avec lui toutes ses grâces étaient perdues, et trop souple pour ne pas s'adapter instantanément aux façons de Christophe. Elle n'avait même pas besoin de s'appliquer pour cela. C'était un instinct de sa nature. Elle était femme. Elle était une onde sans forme. Toutes les âmes qu'elle rencontrait lui étaient comme des vases, dont, par curiosité, par besoin, sur-le-champ, elle épousait les formes. Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 733.
En emploi adj. :
19. ... ce ne sont pas du tout les filles en maison des autres pays. Elles sont plus libres, plus considérées, du fait qu'on sort avec elles et qu'on les présente à ses amis. Elles sont aussi plus femmes, charmantes, pleines d'attention, obéissantes. On ne s'ennuie pas trop avec elles. T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 150.
[Le suj. désigne un homme] :
20. La cruauté est partout dans Racine. (...) Et ses femmes sont naturellement plus cruelles que ses hommes, ce qui n'est pas peu dire. Ou pour aller plus profondément peut-être, ses hommes sont femmes, ils ont tous souffert de la contamination féminine, de quelque contamination féminine. Ils sont tous dévirilisés, et c'est la cruauté féminine même que l'on retrouve en eux. Péguy, V.-M., comte Hugo,1910, p. 777.
Péj. [Le suj. désigne un homme] Être une vraie femme. Être efféminé dans son caractère, son comportement, sa façon de vivre :
21. ... ce qu'il reprochait surtout aux jeunes gens d'aujourd'hui, c'était d'être trop efféminés. « Ce sont de vraies femmes », disait-il avec mépris. Mais quelle vie n'eût semblé efféminée auprès de celle qu'il voulait que menât un homme, et qu'il ne trouvait jamais assez énergique et virile? Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762.
k) Loc. verb.
[À la forme négative] Ne pas être femme à + inf. Ne pas avoir pour trait de caractère de..., ne pas avoir pour comportement habituel de... Elle me dit : « Je ne suis pas femme à me disputer étape par étape. Si tu l'exiges, je me suis promise, mais ce serait plus joli d'en rester là ... » (Barrès, Cahiers,t. 3, 1903-04, p. 89).
[À la forme affirmative] Être femme à + inf. Être tout à fait capable de... Trois crimes étaient un salaire assurément inusité; mais elle était digne de le recevoir puisqu'elle était femme à l'exiger, et il se promit de continuer l'aventure (Louÿs, Aphrodite,1896, p. 78).
Rem. Femme-enfant, subst. fém. Femme qui a ou semble avoir conservé un ou plusieurs trait(s) du caractère des enfants. Avec cela le charme insigne D'un frais sourire triomphant Eclos dans des candeurs de cygne Et des rougeurs de femme-enfant (Verlaine, Œuvres compl., t. 1, Bonne chans., 1870, p. 107). Cf. supra I A 1.
l) Proverbe, allus. littér. Ce que femme veut, Dieu* le veut. Où sommes-nous? Dans le salon de Dennery. Ce que femme veut... Quelle intrigue, quelle volonté entêtée d'un caprice a forcé Dennery à nous inviter de façon que nous ne pouvions refuser! (Goncourt, Journal,1860, p. 716).Souvent femme varie, Bien fol est qui s'y fie (Hugo, Roi s'amuse,1832, IV, 2).
3. [Au plan de l'affectivité, de l'émotivité] Il y a dans la femme une réserve plus grande d'émotion et d'effervescence disponible (Gracq, Syrtes,1951, p. 312):
22. La femme, du fait de sa nature physio-psychologique et de sa condition sociale, est plus tentée que l'homme par les comportements de soumission. Encore ne faut-il pas confondre cette infirmité de sa nature avec un besoin inépuisable et dévorant de se donner, qui en est souvent la magnifique contrepartie. Mounier, Traité caract.,1946, p. 507.
Cœur de femme; camaraderie, douceur, tendresse, amour de femme; bonté, dévouement de la femme; femme sensible, sensitive; femme distante, insensible; femme aimable, charmante, douce, tendre, aimante; femme bonne, dévouée; femme sentimentale, pleurnicheuse; gentille, excellente femme; pleurer comme une femme.
Bonne, brave femme. MmeD., une bien brave femme, et son mari un bien brave homme, pas fiers, pas riches, mais généreux (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Rouerie, 1882, p. 859).Bonne femme, maternelle, qui ne se moquait pas : tel était, peut-être, le secret de sa puissance (Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 45).
Rem. Bonne femme (infra I C 1 d et II), brave femme (infra I C 1 d rem.).
Femme de cœur. Femme dotée de grandes qualités de cœur (p. oppos. à femme de tête, supra) :
23. ... l'amour ne tracasse pas beaucoup les femmes de tête. Nous n'en vivons pas. jessica. − Tandis que moi, j'en vis? olga. − Comme toutes les femmes de cœur. Sartre, Mains sales,1948, 5etabl., 1, p. 178.
Femme heureuse, malheureuse :
24. La femme rêve au bonheur, et y réfléchit, parce qu'elle ne l'a pas. Si l'homme souffre par la femme, il a tout le reste pour se consoler. Mais elle, quoi? Une femme ne peut jamais se réaliser complètement : elle dépend trop de l'homme. Aussi rêve-t-elle sans cesse à ce qui lui est impossible (...). Une femme attend toujours, avec espoir jusqu'à un certain âge, sans espoir au delà. Montherl., J. filles,1936, p. 1008.
[P. réf. à l'émotivité, à la sensibilité gén. prêtées à la femme; en position d'attribut] Être, (re)devenir femme. Dans les émotions de cette journée, la religieuse était redevenue femme. Elle avait pleuré, et elle tremblait (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 359).
[Le suj. désigne un homme (ou un élément de la personnalité masculine)] Sera-ce vous déplaire que de vous faire remarquer combien vos réponses (...) sont pénibles (...) pour un poëte dont l'âme est femme, est nerveuse (Balzac, Modeste Mignon,1844, p. 256).
[P. réf. aux qualités de cœur et à l'altérocentrisme gén. prêtés à la femme] Être une femme, une vraie femme, v. la citat. sous altérocentrisme :
25. ... − C'est des femmes [les sœurs] qu'ça ne pense qu'à faire le bien. Et elles vous causent pas du bon Dieu, c'est pas vrai... elles vous donnent à boire à vot' soif. C'est des femmes... de vraies femmes... c' que doivent être des femmes. Benjamin, Gaspard,1915, p. 104.
La vraie femme. La femme par excellence, le type idéal de la femme, rassemblant en elle toutes les qualités que l'on attend d'une femme :
26. ... « Tout est sauvé, une femme est avec nous ». − Et quelle femme! La vraie. Vous. Oui, vous êtes la vraie femme, parce que vous avez la beauté éclatante et le cœur attendri, parce que vous comprenez, parce que vous souriez, parce que vous aimez. Vous êtes la vraie femme, parce que vous êtes prophétesse et sœur de charité, parce que vous enseignez le devoir aux deux sexes, parce que vous savez dire aux hommes où ils doivent diriger leur âme et aux femmes où elles doivent mettre leur cœur. Hugo, Corresp.,1853, p. 180.
[En position d'attribut] Être femme. Elle fit ce qu'elle savait qu'il fallait faire, parce qu'elle était femme, et bonne, et maternelle. Elle prit l'enfant sur ses genoux (Mille, Barnavaux,1908, p. 209).
[Le suj. désigne un homme] Tout penseur complet doit être femme par les côtés délicats du cœur (Hugo, Ruy Blas,1838, p. 330).
En emploi adj. [En parlant d'une femme ou d'un élément de sa personnalité] Les femmes sentent plus vivement que nous (...) celles qui sont le plus femmes sont tout sentiment (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 166).
[En parlant d'un homme ou d'un élément de sa personnalité] J'aimerais croire aux choses par quelqu'un et en quelqu'un; voyez-vous, j'avais la nature un peu femme; les choses en elles-mêmes j'ai peine à m'y fixer directement bien que j'y fasse des poussées (Sainte-Beuve, Corresp., t. 6, 1818-69, p. 96).
C.− [En tant qu'être social]
1. [La femme sous le rapport de son appartenance à la société et de son image soc.]
a) [La femme du point de vue du dogme et de la tradition judéo-chrét.] En condamnant la femme à enfanter avec douleur, Dieu lui a donné une force invincible contre la peine; mais en même temps, et en punition de sa faute, il l'a laissée foible contre le plaisir (Chateaubr., Génie, t. 1, 1803, p. 286).La femme ne sera point l'esclave de l'homme; elle en sera la sœur, l'os de ses os, la chair de sa chair; partout où on la dégradera de ce rang, l'homme sera dégradé lui-même (Lacord., Conf. N.-D.,1848, p. 213).
La première femme d'Adam. Lilith. La (première) femme. Ève. État de l'homme et de la femme avant le premier péché; séduction, tentation de la première femme par le serpent, le diable; faute, péché de la première femme. Le Moyen Âge est misogyne. (...) cette misogynie était d'origine chrétienne. (...) à tous les hommes de religion la femme est apparue comme l'incarnation continuée de l'Ève tentatrice et corruptrice (Faral, Vie temps st Louis,1942, p. 130).
Rem. La femme forte des Écritures. Infra II. La femme de Loth. Infra II. La femme adultère. Infra II.
La femme céleste, divinisée. La Vierge Marie. À droite, la femme céleste (robe bleue), la Vierge, mais toute effacée par la douleur (Michelet, Journal,1837, p. 227).
Les saintes femmes. ,,Groupe de pieuses femmes qui accompagnaient Jésus depuis son départ de la Galilée et « l'assistaient de leurs biens » (...) Elles assistèrent à la mort et à l'ensevelissement du Christ, vinrent visiter son tombeau le matin de Pâques et portèrent aux apôtres la nouvelle de sa résurrection`` (Marcel 1938).
b) Femme de la (grande) société, femme du monde, femme (de la société) bourgeoise. Les femmes du peuple (...) ne sont nullement grossières, comme les hommes, et (...) éprouvent le besoin de délicatesse et de distinction (Michelet, Peuple,1846, p. 291).La femme prolétarienne condense les traits anciens et nouveaux du psychisme de classe. (...) elle doit choisir entre la satisfaction de besoins également vitaux (Traité sociol.,1968, p. 381).
Emploi adj. Être très femme du monde. Très élégante, habillée avec goût, aimable, très femme du monde, elle recevait beaucoup et très bien (Gyp, Souv. pte fille,1927, p. 173).
Réputation d'une femme. La réputation d'une femme tient à si peu de chose; la malignité est si habile à pénétrer, si prompte à publier ses découvertes, si disposée à les exagérer! (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p. 1797).
Femme d'honneur, de bien; femme comme il faut. Femme digne dont la conduite est irréprochable et qui jouit d'une excellente réputation. Lorsqu'on annonce un scandale, qui peut empêcher les femmes de bien d'y courir en grande toilette (Veuillot, Odeurs de Paris,1866, p. 169).
Femme déclassée. Femme qui, du fait d'une conduite jugée inappropriée par la société, est considérée comme n'appartenant plus à sa classe sociale d'origine. Des femmes qui n'étaient que déclassées ont achevé de se perdre en flirtant, vers les cinq heures du soir, comme dans le monde, sur les dos-à-dos de cet honnête salon... (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 34).
c) Femme à la page, (toute) moderne, à la mode. La princesse est le type d'une femme toute moderne, la femme artiste (Goncourt, Journal,1862, p. 1187).
d) Fam. Bonne femme. Femme simple (souvent d'un certain âge). C'est une bonne femme que l'on connaît, une vieille bonne femme, une bonne vieille paroissienne, une bonne femme de la paroisse, une vieille grandmère, une bonne paroissienne. Elle nous raconte les histoires de l'ancien temps, qui sont arrivées dans l'ancien temps (Péguy, Porche Myst.,1911, p. 175).
En emploi adj. Une vieille dame de lettres, au demeurant assez bonne femme (Montesquiou, Mém.,t. 1, 1921, p. 12).
Avec une connotation dépréc. fréq.
[La dépréciation concerne le physique, la présentation, l'allure de la femme] C'était une grosse bonne femme aux seins sur la bedaine, aux joues molles, comme en suif rouge (Pourrat, Gaspard,1931, p. 9):
27. ... il distinguait entre les « femmes », les « bonnes femmes », et les « vieilles bonnes femmes ». Mais dans la différence entre les « femmes » et les « bonnes femmes », la question d'âge n'intervenait presque pas. Telle personne de cinquante ans, pourvu qu'elle fût coquette, bien mise, qu'elle eût une certaine peau, un certain regard, un certain parfum, lui apparaissait sans hésitation comme une « femme »; et telle concierge de vingt-cinq ans de la rue de la Goutte-d'Or, qui balayait son vestibule, dépeignée, dépoitraillée, la robe poussiéreuse, l'œil habité par des pensées de ménage ou de hargne conjugale, était promue d'emblée au rang de « bonne femme ». Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 268.
[La dépréciation est d'ordre intellectuel, mor.] Je tiens beaucoup, je le confesse, à ce que Madame de Matefelon s'en aille; parce qu'à la fin elle m'ennuie, cette bonne femme (Boylesve, Leçon d'amour,1902, p. 152).La religion populaire, de bonne femme, si l'on peut dire, qui était celle de Péguy, le [Barrès] désorientait complètement (Tharaud, Pour fid. de Péguy,1928, p. 88).Je demeure étonné du manque des notions les plus simples et des pratiques les plus élémentaires chez un homme [Degas] si intelligent, et d'ailleurs nourri aux lettres classiques. Il avait sur bien des points des idées de bonne femme (Valéry, Degas,1936, p. 38).
Conte de bonne femme. Récit peu crédible. La religion était à ses yeux un conte de bonne femme, prolongé pendant des siècles, et la théologie un attrape-nigauds (L. Daudet, Qd vivait mon père,1940, p. 37).
Remède de bonne femme. Remède qui a son origine dans la tradition populaire. On essaye alors des remèdes de bonnes femmes : des mères Michel furent convoquées et on suivit leurs prescriptions (Loti, Livre de la pitié,1891, p. 135).
[La dépréciation est d'ordre soc.] Bonne femme du peuple, de la campagne. Il (...) tira deux cigares de sa poche, en alluma un à la lanterne d'une bonne femme qui vendait de l'eau-de-vie et du café aux ouvriers (Balzac, Fille yeux d'or,1835, p. 387).
Vieilli. [Empl. comme terme de condescendance à l'adresse d'une femme de condition modeste] Ma bonne femme. Le baron : − Mais, ma bonne femme (...) − Je ne suis pas une bonne femme, monsieur, je suis concierge (Balzac, Ferragus,1833, p. 47).
[Dans la bouche d'un homme, la dépréciation traduisant un sentiment misogyne] Quand j'ai à choisir entre un type et une bonne femme, c'est le type que je choisis (Sartre, Mains sales,1948, tabl. 4, 3, p. 137):
28. Je crois que vous avez raison. Les femmes ne sont bonnes à rien. − C'est déjà quelque chose de le dire (...) − Ne soyez pas si dur! − Je ne dis pas de mal des bonnes femmes, répliqua gaiement Christophe. Une bonne femme, c'est le paradis sur terre. Seulement, le paradis sur terre... − Oui, personne ne l'a jamais vu. Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 737.
Rem. On rencontre, dans le même emploi, l'expr. ma brave femme. − Mais, ma brave femme, je vous ai déjà dit que votre homme et cette borne, c'est la même chose... Je ne peux pas faire grouiller les pierres, que diable! ... Vous savez comment il finira, n'est-ce pas? (Zola, Terre, 1887, p. 411).
[Empl. comme terme de sympathie ou d'affection (à l'adresse d'une fillette)] (Ma) petite bonne femme.
e) [Statut social de la femme] Statut (de vie) de la femme, problème des rapports de l'homme et de la femme; domination de la femme par l'homme, exploitation de la femme par l'homme; esclavage, asservissement, assujettissement des femmes; idée conventionnelle que les hommes se font de la femme; droits de la femme, amélioration du sort des femmes; libération, promotion de la femme; émancipation (juridique) de la femme (mariée); égalité (des droits) des hommes et des femmes, égalité des femmes et des hommes dans le mariage; accès des hommes et des femmes à toutes les fonctions dans des conditions égales; suffrage, vote des femmes; femme d'une autre génération, femme d'à-présent, femme nouvelle, femme libre; libérer la femme des tâches matérielles, considérer la femme comme responsable au même titre que l'homme, femme qui est la compagne et l'égale de l'homme. L'esclavage des noirs est aboli en Amérique; l'esclavage des blanches continue en Europe. Les lois sont faites par les hommes contre les femmes. Rien de plus odieux (Hugo, Corresp.,1870, p. 245).Il y a la soumission d'un sexe à l'autre; on devine des générations de femmes battues par les mâles et gourmandes de la force (Frapié, Maternelle,1904, p. 102).Joussier n'osait lui interdire d'aimer qui lui plaisait. Ne professait-il pas, pour la femme, comme pour l'homme, le droit d'être libre? (Rolland, J.-Chr.,Buisson ard., 1911, p. 1283):
29. Je ne regrettais certes pas d'être une femme; j'en tirais au contraire de grandes satisfactions. Mon éducation m'avait convaincue de l'infériorité intellectuelle de mon sexe, qu'admettaient beaucoup de mes congénères (...). Ce handicap donnait à mes réussites un éclat plus rare qu'à celles des étudiants mâles : il me suffisait de les égaler pour me sentir exceptionnelle; en fait, je n'en avais rencontré aucun qui m'eût étonnée; l'avenir m'était ouvert aussi largement qu'à eux... Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 295.
2. [La femme sous le rapport socio-professionnel]
Femme qui travaille, qui est embauchée; femme qui a un salaire trop réduit, qui a des intérêts professionnels à défendre; femmes qui sont mêlées aux changements techniques et économiques; femme qui manœuvre une taraudeuse, qui fait huit heures de bureau par jour, qui est correspondant de guerre, qui est homme d'État. « ... Il est admis partout que la femme soit, à fatigue égale, moins payée que l'homme... » − « Pourquoi? » demanda-t-elle. − « Parce qu'on suppose qu'elle a un père, ou un mari, pour l'aider à vivre... » (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 370):
30. Je pousse si loin le respect de l'individualité que je voudrais voir les femmes introduites pour une part dans le travail critique et scientifique, persuadé qu'elles y ouvriraient des aperçus nouveaux, que nous ne soupçonnons pas. Si nous sommes meilleurs critiques que les savants du xviiesiècle, ce n'est pas que nous sachions davantage, mais c'est que nous voyons de plus fines choses. Eh bien, je suis persuadé que les femmes porteraient là leur individualité, et réfracteraient l'objet en couleurs nouvelles. Renan, Avenir sc.,1890, p. 524.
Aptitudes (professionnelles) des femmes; irruption des femmes et des enfants dans les métiers d'hommes; participation des femmes au syndicalisme, présence des femmes dans les organisations syndicales. Division du travail selon le sexe. Cette division n'a souvent rien à voir avec les aptitudes innées des hommes et des femmes, mais est affaire de convention (Lowie, Anthropol. cult.,1936, p. 126).
Métier qui est dévolu aux femmes, réservé aux femmes, exercé par des femmes :
31. − Présentement s'ouvrent aux femmes un certain nombre de carrières dans lesquelles je pourrais espérer réussir (...) mais ce sont des professions où le mieux que la femme puisse, c'est de faire oublier qu'elle n'est pas un homme. Ce que je voudrais c'est... enfin je cherche une situation qui ne puisse être occupée que par une femme (...). Je voudrais (...) inventer une carrière qui me permît d'aider les femmes en leur apprenant à se connaître, à prendre conscience de leur valeur. Gide, Geneviève,1936, p. 1398.
Femme qui veut faire sa propre vie par son travail; femme qui gagne sa vie (par son travail) et ne dépend de personne :
32. ... je tiens avant tout à être une femme qui gagne sa vie. Je veux que Jean-Paul ait pour mère une femme indépendante, une femme qui se soit assuré, par son travail, le droit de penser ce qui lui plaît, et d'agir selon ce qu'elle croit être bien... Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 882.
Femme maçon, terrassier, cantonnier. Aujourd'hui que je vous retrouve sous le vêtement d'une femme de travail, vous m'apparaissez plus admirable encore (Renan, Drames philos.,Append. Abbesse Jouarre, 1888, p. 668).
Femme ingénieur, femme cosmonaute, femme-détective. Je connais des femmes médecins, apôtres, artistes, dit-il (Chardonne, Épithal.,1921, p. 335).
Femme-patron. Elle se montrait d'habitude très exacte, en femme d'affaires qui sait le prix du temps (Zola, Argent,1891, p. 224).
Professeur femme; femme philosophe, chercheur. La secrétaire-dactylo, la vendeuse de grand magasin, pensait Marat, dépendent de l'arbitraire du patron ou du chef de rayon. La femme fonctionnaire, par contre, est protégée par son statut... (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 135).
Femme(-)auteur, femme écrivain, femme poète. Jamais femme, je crois, ne laissa voir un si naturel mépris du succès et fut si peu femme de lettres (France, Vie littér.,1892, p. 144).
Femme artiste, cinéaste, metteur en scène. Ne conclus pas, Adèle, que selon moi une femme peintre est une femme dépravée, mais seulement qu'elle perd sa réputation et s'attire la déconsidération du monde, eût-elle même une conduite irréprochable (Hugo, Lettres fiancée,1822, p. 123, 124).
Rem. 1. Selon le cas, on rencontre le terme femme en premier ou second élément d'appos. ou de nom composé pour indiquer le genre fém. de professions pour lesquelles la lang. ne possède qu'un signifiant du genre masc. : femme maçon, femme-détective. Parmi ces appos. ou ces noms composés, certains sont réversibles (femme professeur, professeur femme), d'autres ne le sont pas (femme médecin); certains ont été créés pour éviter une ambiguïté (femme-patron/patronne). 2. ,,L'évolution sociale qui tend à la promotion de la femme dans la vie politique et professionnelle a introduit des formes de féminin pour de nombreuses fonctions : artisane, attachée, auditrice, aviatrice, championne, avocate, etc. Mais comme c'est aussi un fait social concomitant qu'une distinction demeure malgré l'égalité formellement acquise par les femmes, celles-ci tendent à revendiquer l'emploi du titre au masculin pour manifester l'égalité absolue : D'où le professeur MmeX, le docteur MmeY, etc.`` (Dupré 1972).
[Dans certaines expr. du monde du travail, souvent avec une idée de subordination, voire de péjoration soc.]
Femme de chambre. Domestique attachée au service personnel de la (ou des) femme(s) d'une famille, ainsi qu'au service intérieur de la maison. V. valet de chambre*.Là, nous trouvons ma femme de chambre qui vient de faire ma chambre. J'entre dans la chambre jaune pour donner quelques ordres sans importance à cette domestique (G. Leroux, Myst. ch. jaune,1907, p. 38).
[Dans l'hôtellerie] Femme chargée du service intérieur de l'hôtel (service des chambres, du linge, etc.). Elle est lingère et femme de chambre aussi. Maria sursauta : femme de chambre? − Oui. Elle fait le troisième étage (Van der Meersch, Empreinte dieu,1936, p. 151).En emploi adj., péj. En toutes circonstances, ce qu'il y avait là d'un peu femme de chambre m'eût choqué (Barrès, Jardin Bérén.,1891, p. 162).
Femme de ménage. Employée chargée des travaux de nettoyage d'une maison, d'une collectivité, et le plus souvent payée à l'heure. Si on fait venir une femme de ménage, c'est pour vous gagner du temps; autrement, il n'y a qu'à faire son ménage soi-même (Montherl., Celles qu'on prend,1950, p. 819).En dehors du personnel de service titulaire (...) les lycées peuvent employer (...) du personnel rétribué à l'heure, notamment des femmes de ménage (Encyclop. éduc.,1960, p. 330).Péj. À chaque instant, il nous vient à l'esprit des idées de concierges et de femmes de ménage (Valéry, Mauv. pens.,1942, p. 218).
[Dans la lang. admin.] Femme de journée. Professionnelle chargée de travaux de nettoyage chez des particuliers et travaillant le plus souvent à la journée (cf. Mét. 1955).
Femme de service. Employée assurant les travaux de nettoyage des locaux dans une école, une administration, une entreprise. Les vendeuses de magasin ont le droit de s'asseoir pendant les accalmies, les bonnes ont la chance d'avoir des légumes à éplucher; le métier de femme de service est plus actif (Frapié, Maternelle,1904, p. 170).
Femme de compagnie. Synon. rare de dame* de compagnie.
Vieilli
Femme de charge. Femme de confiance chargée, dans un intérieur, de travaux manuels, en particulier de l'entretien des vêtements et des objets précieux :
33. La cousine Bette occupait dans la maison Marneffe la position d'une parente qui aurait cumulé les fonctions de dame de compagnie et de femme de charge; mais elle ignorait les doubles humiliations qui, la plupart du temps, affligent les créatures assez malheureuses pour accepter ces positions ambiguës. Balzac, Cous. Bette,1846, p. 148.
Femme d'ouvrage. Employée chargée des travaux domestiques ordinaires d'une maison. Il fallait s'occuper de découvrir une aide permanente, femme d'ouvrage ou bonne, avec une garde pour la nuit (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 285).
Au plur. Domestiques, en particulier femmes de chambre attachées au service d'une femme de la noblesse, de la haute société. Le reste du temps il baguenauda, riant avec les femmes de madame, et surtout avec mademoiselle Cochet, la femme de chambre (Balzac, Paysans,1844, p. 46).
3. [En tant qu'être sexuellement et socialement complémentaire de l'homme]
a) [Indépendamment de toutes considérations matrimoniales] :
34. Vous ne connaissez pas les hommes! il n'y en a pas un (...) qui ne cache dans le repli le plus profond de son cœur, son fétiche, son idole, sa sainte! c'est une femme, ou plutôt l'image d'une femme, une mère, une sœur, une amie, une inconnue même; un être idéal et charmant, fait d'un souvenir ou d'un rêve, impossible si vous voulez, mais le seul auquel il croit, le seul qui ait toutes les vénérations, toutes les ardeurs... Pailleron, Étincelle,1879, 9, p. 53.
35. Les voilà donc face à face, cet homme et cette femme, dans la nudité de leur personne physique et de leur personne morale, qui s'affrontent et s'étreignent, comme s'il n'y avait ni science, ni arts, ni progrès des lumières, ni adoucissement des mœurs. Conflit mystérieux parce qu'il n'est point régi par des lois, conflit farouche parce que la nature s'y montre avec son sérieux tragique! Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 30.
Vertu de la femme, coquetterie des femmes; odeur de femme passionnée. Femme normale, raisonnable, vertueuse, sage, sérieuse; femme libre, affranchie; femme frivole, légère, complaisante, facile, galante, libertine, dévergondée; femme désirable, séduisante, appétissante, aguicheuse, fatale; femme désirée, aimée, amoureuse, caressante, ardente; femme passive, soumise, asservie; femme séduite, possédée, trahie (par un homme); femme seule, restée fille, célibataire; femme réservée dans l'amour, femme au sein palpitant, femme mangeuse d'homme; femme de passade. Ce qu'elle a de particulier, c'est de n'avoir jamais voulu être une femme entretenue : c'était une brave petite prostituée, et elle n'a jamais essayé de monter en grade (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 839).
Femme qui reste sage; femme qui aime un homme, se donne tout entière à un homme; rend un homme heureux, souffre par un homme; femme qui aime les hommes, fait des avances, s'offre, prend un amant, est la maîtresse d'un homme, baise, jouit, satisfait un homme, donne du plaisir aux hommes; femme qui entretient un homme. Touchante prescience des femmes qui aiment tant l'homme qu'elles devinent du premier coup ce qui fera le plus de plaisir à ce corps pourtant si différent du leur (Proust, Guermantes 1,1920, p. 167).
Homme qui a du succès auprès des femmes, qui courtise, aime, désire, séduit, conquiert une femme, triomphe d'une femme; homme qui caresse une femme, fait l'amour/ couche avec une femme; homme qui déshonore une femme, devient l'amant de (telle) femme, collectionne les femmes; homme qui a une femme dans sa vie/dans la peau, qui entretient une femme, vit (en concubinage) avec une femme, fait un enfant à une femme; homme qui ne peut se passer/ manque de femmes, fuit les femmes; homme qui viole une femme; homme qui connaît, estime, respecte, méprise les femmes; homme et femme qui forment un couple, vivent ensemble (sans être mariés), se lassent l'un de l'autre, se renient :
36. Je ne suis pas une femme qu'on a, un corps imbécile auprès duquel vous trouvez votre plaisir en mentant comme aux enfants et aux malades. Vous savez beaucoup de choses, cher, mais peut-être mourrez-vous sans vous être aperçu qu'une femme est aussi un être humain. Malraux, Cond. hum.,1933, p. 340.
[La femme telle qu'elle est présentée ou telle qu'elle est perçue dans le cadre des phénomènes sociaux de la débauche et de la prostitution] Trafic, traite des femmes; hommes qui prostituent les femmes et les enfants; femme qui a mauvais genre, qui est une prostituée, qui est en maison, qui se vend (sur les trottoirs), qui fait métier de son corps. On a parlé à satiété de la prostitution des femmes, on n'a pas dit un mot sur celle des hommes. J'ai connu le supplice des filles de joie, et tout homme qui a aimé longtemps et qui voulait ne plus aimer l'a connu, etc. (Flaub., Corresp.,1859, p. 352):
37. − J'ai un petit; je ne sais pas qui c'est son père; j'ai été la femme de tout le monde, je me fais honte dans mon corps. Quand ma mère vient porter mon manger, je n'ose pas lui dire : « Je veux t'embrasser ». Je ne peux pas embrasser ma mère en me souvenant de ce que j'ai fait avec ma bouche. Je suis la dernière de toutes, je suis salie en dedans, je me suis servie de ma chair pour gagner des sous... Giono, Baumugnes,1929, p. 180.
Femme débauchée, dépravée; femme de mauvaise vie, de vie, de noce. Femme du dernier étage. Femme qui vit dans la débauche ou se livre à la prostitution. Des hommes (...) manœuvrés comme de pitoyables pantins par des femmes du dernier étage, des vases d'ignominie, laides, viles, avariées, mais chichiteuses (Montherl., Pitié femmes,1936, p. 1121).
Femme de plaisir (cf. fille* de joie); femme publique, vénale, pas chère; femme classée, en carte; femme de bordel, de maison close; femme à soldats. Prostituée. Attrait frelaté de ces femmes en carte, dont le défilé ininterrompu sur la voie publique semblait ordonné par les lois (Martin du G., Devenir,1909, p. 45).
P. euphém. Femme de petite vertu. C'était un coureur qui avait mangé sa fortune avec de vilaines femmes (Zola, Nana,1880, p. 1350).Les alcôves des filles (...) et les loges des petites femmes! Les petites femmes (...) autre loque de langage, la sale usure de ce terme avachi! (Lorrain, Phocas,1901, p. 101).
Au plur. Les femmes. Râfle de femmes. Et, en effet, c'est bien « les femmes » qui m'attirent et non « les dames » (Larbaud, Barnabooth,1913, p. 179).
[P. allus. littér. : Hugo, Les Chants du crépuscule, 14epièce (début)] Oh! n'insultez jamais une femme qui tombe!
Loc. Cherchez la femme. Si vous voulez connaître la motivation profonde des actes d'un homme, cherchez dans sa vie sentimentale, cherchez la femme dont il est épris. [Dans le même esprit] Fam. Il y a une femme là-dessous. Dis-moi ce qui se passe. Il y a une femme là-dessous, hein? Marius. − Eh bien... oui... (Pagnol, Marius,1931, II, 4, p. 128).
Rem. Gilb. 1971 et Giraud-Pamart Nouv. 1974 enregistrent le composé fém. femme-objet que Gilb. 1971 définit ainsi : ,,La femme en tant qu' « objet », ce mot étant pris soit au sens de la psychanalyse (cf. « objet » pulsionnel, sexuel, etc. ...) soit dans son sens courant : la femme réduite (par et pour elle-même, par et pour autrui, notamment un homme) à n'être qu'un objet, un bibelot, un jouet d'agrément, de luxe, de plaisir``. Cette peinture fait régner la femme-objet, courtisane ou poétesse, devenue spectacle (Monde, 2 janv. 1969 ds Gilb. 1971). Ce qu'on appelle la femme-objet, miroir tantôt de l'érotisme, tantôt de la revendication féminine, tantôt de la détresse d'un sexe opprimé, et qui, de l'objet, possède les contours clos et la fonction utilitaire (L'Express, 12 oct. 1970, ibid.).
En partic. [Les relations de la femme avec d'autres femmes dans le cadre de l'homosexualité] Union de deux (jeunes) femmes; femme qui est une homosexuelle qui s'ignore; femme que ses goûts portent vers les femmes, qui a des relations avec les autres femmes. Déjà un grand nombre de femmes n'ont de plaisir parfait qu'avec leur propre sexe (Louÿs, Aphrodite,1896, p. 106).
b) [Dans le cadre du mariage] Homme qui demande la main d'une femme, qui demande une femme. Homme qui demande une femme en mariage. Homme qui obtient la main d'une femme, qui obtient une femme; homme qui épouse une femme; femme qui se marie. Une femme se marie pour entrer dans le monde, un homme pour en sortir (Taine, Notes Paris,1867, p. 52):
38. Le seul destin acceptable pour une femme est le mariage heureux. Donc elle dépend de l'homme, et dès son jeune âge elle le sait. Si vrai soit-il qu'un adolescent souffre de son impuissance, jeune garçon il vit dans le présent, jeune homme il imagine l'avenir comme une matière qu'il sera seul à façonner. De cet avenir la jeune fille a peur. Le garçon sait que son avenir sera ce qu'il voudra; la jeune fille sait que son avenir sera ce qu'un homme voudra. Montherl., J. filles,1936, p. 1006.
II.− Spéc. Personne de sexe féminin qui est mariée. Synon. épouse.
[Le mot femme est en relation syntagm. avec un subst. ou un nom propre désignant le conjoint; en partic., le rapport d'appartenance créé par les liens du mariage entre les conjoints s'exprime par le recours à l'adj. poss. ou au compl. de nom]
Poss. + femme.Homme qui aime, adore sa femme, prend sa femme dans ses bras, caresse sa femme, fait l'amour/couche avec sa femme, a un enfant de sa femme; homme qui trompe, insulte, brutalise, prive d'argent sa femme; homme qui quitte sa femme et ses enfants. Tu porteras mon nom, tu seras ma femme à moi, rien qu'à moi, je suis ton époux, ton seul époux! (Flaub., 1reÉduc. sent.,1845, p. 165).Cette vieille affection invétérée que les maris portent à leurs femmes quand elles se sont résignées au rôle de douces et vertueuses compagnes (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 24):
39. L'idée que tu étais ma femme et que cependant c'était d'autres que moi qui avaient le droit de t'approcher, me désolait. Oh! Il faut que ces contraintes soient bientôt brisées, il faut que ma femme soit ma femme et que notre mariage devienne enfin notre union. On dit que la solitude rend fou, et quelle solitude pire que le célibat? Hugo, Lettres fiancée,1822, p. 115.
Loc. interr. Voulez-vous être ma femme? Voulez-vous m'épouser?
Pop. Sa bonne femme. Sa femme. Tiens! c'est vous! cria Mahoudeau, assis devant sa bonne femme, en train de fumer une pipe (Zola, Œuvre,1886, p. 68).
Poss. + mari (ou époux).Femme qui aime son mari; femme que son mari néglige, trompe; femme qui trompe son mari. Ces cachettes mystérieuses ont été ménagées au temps jadis pour y murer des femmes qui trompaient leurs maris (Colette, Cl. à l'école,1900, p. 80).
La femme + de + subst. masc. (ou nom propre). Femme qui veut être la femme de (qqn), qui accepte d'être la femme de (qqn), qui consent à être la femme de (qqn), qui devient/est/reste la femme de (qqn); femme qui est la femme d'un triste mari; la femme d'un commandant; homme qui séduit la femme de (qqn). Vous êtes la femme, la sujette et la servante d'Alphonse, duc de Ferrare (Hugo, L. Borgia,1833, II, 1repart., 4, p. 103).Tu n'es plus l'homme que j'ai voulu pour mari, et je ne sais vraiment pas si j'aurai le courage de rester la femme de l'homme que je découvre (Curel, Nouv. idole,1899, I, 6, p. 188).J'aime, vois-tu... Je veux être la femme de Joë... son épouse, sa chose, la mère de ses enfants (Martin du G., Taciturne,1932, III, 2, p. 1322).
[P. allus. biblique : Gen., 19, 26] La femme de Loth. Femme de Loth (neveu d'Abraham) qui fut changée en statue de sel − alors qu'elle venait d'échapper à la destruction de la ville de Sodome par le soufre et le feu − pour s'être retournée (c'est-à-dire pour avoir regardé en arrière) malgré l'interdiction divine. En punition de sa curiosité, la femme de Loth fut changée en statue de sel (Stocker, Sel,1949, p. 6).
Pop. La bonne femme de... L'épouse de... Christine (...) entendit pendant trois heures son mari et les témoins s'enfiévrer au sujet de la bonne femme de Mahoudeau (Zola, Œuvre,1886, p. 246).
[Dans le style judiciaire ou policier, ou avec une valeur de dénigrement] La femme X. L'épouse x, la dame x, Madame x. Et le poison, c'est la femme Tishe qui l'a été chercher! et c'est elle qui a forcé madame de le boire! (Hugo, Angelo,1835, p. 119).
[Dans certaines loc.]
Loc. verb.
[Le mot femme est en position de compl. et le plus souvent privé d'art.] Homme qui veut une femme, cherche femme/une seconde femme, qui trouve femme; homme qui prend (qqn) pour femme « homme qui épouse quelqu'un »; homme qui prend femme « homme qui se marie »; homme qui épouse (qqn) pour première femme; homme qui a une femme, qui a (qqn) pour femme; homme qui est sans femme ni enfants, qui n'a ni femme ni enfant, qui a femme et enfant, qui quitte femme et enfant. [En position de suj. : un parent de la conjointe] Donner (à qqn) sa fille pour femme; donner (qqn) pour femme (à qqn) :
40. Quelques-uns avaient une femme, une poupée, couverte de bijoux, de robes de prix, qu'ils montraient comme une enseigne, une garantie. « Voici ma femme ». Peisson, Parti Liverpool,1932, p. 168.
[Avec le synt. mari et femme (plus rarement femme et mari) sans art.] (Ne pas) être mari et femme; se prendre pour mari et femme; vivre (ensemble) comme mari et femme; femme et mari ne font qu'un. La simple déclaration faite devant un prêtre qu'on entend se prendre pour mari et femme comportait autrefois le mariage. Et cette volonté, voilà le sacrement même (Pourrat, Gaspard,1930, p. 299).
Loc. adj. Femme morganatique*.
Femme mariée, légitime. − Comment, pourquoi? Un mari payer pour coucher avec sa femme!... (...) − Il est bien plus bête, quand on a une femme légitime, d'aller payer des cocottes (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Bord du lit, 1883, p. 901).
[Le plus souvent employé à propos d'une épouse] Femme honnête; honnête femme. Femme fidèle à son mari. Une femme honnête fidèle à son mari légitime sans l'aimer. Il y en a grand nombre (Vigny, Mém. inéd.,1863, p. 65).
Femme adultère. Je me demandai si ce n'était pas le mari ou la femme adultères (qui l'étaient seulement parce que le bonheur légitime leur avait été refusé) (...) qui avaient raison (Proust, Guermantes 2,1921, p. 372).[P. allus. biblique : Saint Jean, 7, 53-8, 11] . La femme adultère. ,,Femme surprise en adultère, par les scribes et les Pharisiens, et déférée par eux au jugement de Notre-Seigneur qui refuse de la condamner`` (Bible 1912). Le jugement sur la femme adultère :
41. ... « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». Cette parole du Christ suffit pour que les Juifs s'éloignent l'un après l'autre, et ils serraient dans leur main crispée la pierre qu'ils n'avaient pas osé jeter contre la femme adultère. Mauriac, Bâillon dén.,1945, p. 472.
[P. allus. biblique : Livre des Proverbes, 31, 10-31] La femme forte (de l'Écriture). ,,Femme vertueuse, active, prévoyante, économe, dévouée, charitable, religieuse, qui remplit avec intelligence et courage ses devoirs de maîtresse de maison, d'épouse et de mère`` (Marcel 1938). Elle, c'est la bonne chrétienne, la mère par excellence, l'épouse aimante et la femme forte (Verlaine, Œuvres compl.,t. 4, L. Leclercq, 1886, p. 125).
Femme au foyer, femme de foyer (vieilli). Vieilli et région. (Alsace). Femme de ménage. − Voilà ce qu'on peut appeler une jolie petite fille, et qui fera bientôt une bonne petite femme de ménage, je l'espère (Erckm.-Chatr., Ami Fritz,1864, p. 32):
42. La grand'mère représentait la femme annihilée par le mari (...) et n'accomplissant dans la maison que le rôle et les devoirs d'une servante maîtresse. La mère était l'épouse vivant dans la communauté de l'honneur, dans le partage de la belle et pure conscience du mari. Elle était cette femme sainte : la mère de famille, − la femme d'intérieur et de ménage, qui vit en ses enfants et avec eux, leur donnant son âme à toutes les heures... Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 99, 100.
[Le mot femme est en oppos. paradigm. avec mari (ou époux)] On disait au ministère, sans y mettre ombre de malice, que, dans le ménage, c'était le mari qui portait les jupes et la femme les culottes (Proust, Sodome,1922, p. 645).
[Le mot femme s'oppose, dans un cont. immédiat, à un ou plusieurs mots appartenant au champ sém. du mariage] La femme faisait la cuisine et montrait à lire à l'enfant (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 62).C'était la femme qu'il lui fallait. Elle travaillerait pour deux, et il ferait la loi au logis (Zola, Fortune Rougon,1871, p. 122):
43. Quand un ami se marie, c'est fini, bien fini. L'affection jalouse d'une femme (...) ne tolère point l'attachement vigoureux et franc (...) qui existe entre deux hommes. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Bûche, 1882, p. 780.
[En dehors d'oppos. paradigm. significatives] Voici deux bourgeois, l'homme et la femme, ayant passé ensemble un demi-siècle (Bloy, Journal,1902, p. 126):
44. Courteline dit : − Il faut battre une femme quand il n'y a pas d'autre moyen de la faire taire. C'est très joli, de dire : « Moi, je prendrais mon chapeau, ma canne, et je m'en irais! » (...) mais, le soir, où aller? Renard, Journal,1896, p. 321.
[Dans la lang. pop., à l'adresse de l'épouse] (La) femme. Femme, dis à mon fils De venir me trouver (Moréas, Syrtes,1884, p. 156).Bongard. − ... De mon temps, nous ne lisions pas le journal, et nous n'en étions pas plus malheureux. N'est-ce pas? la femme. − Pour sûr! appuya énergiquement la Bongard (Zola, Vérité,1902, p. 48).
En partic. Personne du sexe féminin qui a été mariée. Femme séparée de corps (et de biens), divorcée, veuve, seule, libre. Épouser une femme divorcée, quelle déchéance. Pire que d'épouser une vieille maîtresse, ancienne blanchisseuse, comme il arrive aux vieux célibataires (Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 140).Il le trouva en conversation avec une femme en deuil, c'était une veuve du quartier; elle avait perdu son mari récemment (Murger, Scènes vie boh.,1851, p. 105).
Proverbes
La femme de César* ne doit pas même être soupçonnée.
[Pour signifier que la femme est source de conflit dans le couple] Qui femme a, noise a ou qui femme a, guerre a.
C'est la bonne femme qui fait le bon mari :
45. On dit en proverbe : c'est la bonne femme qui fait le bon mari; et cela est vrai en général. Il y a cela de remarquable dans le caractère de la femme, qu'il s'amalgame bien plus aisément que celui de l'homme à des caractères difficiles. Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 335.
Le diable* bat sa femme et marie sa fille.
P. anal. [Chez les animaux qui vivent en couple] Femelle. Il [le canard] est donc tout seul? demandai-je à un jardinier (...) − Tiens! il est seul aujourd'hui (...) l'oiseau lui aura mangé sa femme ce matin (Sand, Nouv. lettres voy.,1876, p. 8).L'hymen accompli, le mâle rentre chez lui, sain et sauf; ce qui est rare dans les noces aranéennes où, d'habitude, la femme dévore son conjoint (Maeterl., Araignée de verre,1932, p. 52).
Prononc. et Orth. : [fam]. Enq. : /fam, (D)/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin xes. « être humain du sexe féminin » (Passion de Clermont Ferrand, éd. D'Arco Silvio Avalle, 260); 2. ca 1100 « compagne de l'homme unie par les liens du mariage » (Roland, éd. J. Bédier, 1402 : ne reverrunt lor mere ne lor femme). Du lat. class. femina « femelle », puis « femme, épouse » qui a concurrencé les lat. mulier « femme » qui ne survit plus en fr. (en face de l'ital. moglie et de l'esp. mujer) que comme arch. sous la forme moillier « épouse, femme » (qui disparaît des textes au xives.; 2 attest. aux xveet xvies.) et uxor « épouse » qui a donné le très rare oissour « épouse » (qui disparaît des textes dans la 1remoitié du xiiies.; qq. attest. aux xiiieet xives. dans les remaniements épiques). Fréq. abs. littér. : 78 380. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 108 966, b) 143 544; xxes. : a) 128 772, b) 85 992. Bbg. Adams (G. C. S.). Words and descriptive terms for woman and girl in French and Provençal and border dialects. Chapel Hill, 1949. − Ducháček (O.). Les Microstructures lex. In : Congrès Intern. de Ling. et Philol. rom. 13. 1971. Québec. Québec, 1976, t. 1, pp. 586-589. − Duch. Beauté 1960, p. 34, 42, 46. − Grisay (A.), Lavis (G.), Dubois-Stasse (M.). Les Dénominations de la femme ds les anc. textes litt. fr. Gembloux, 1969. − Klein (J.-R.). Le Vocab. des mœurs de la « Vie parisienne » sous le Second Empire. Louvain, 1976, pp. 63-64. − Quem. DDL t. 1, 5, 11. − Saint-Jacques (B.) Sex, dependency and language. Linguistique. Paris. 1973, t. 9, pp. 89-96. − Tabachowitz (A.). Homme-femme. Vox rom. 1960, t. 19, pp. 341-385.

Femme : définition du Wiktionnaire

Nom commun

femme \fam\ féminin (pour un homme on dit : homme)

  1. Être humain de sexe féminin (par opposition à homme), femelle de l’Homo sapiens.
    • Les divers préjugés sur le rapport d’excellence de l’homme à la femme, ont été produits par les coutumes des anciens peuples, les systèmes de politique et les religions qu’ils ont modifiés à leur tour. J’en excepte la religion chrétienne, qui a établi, comme je le dirai plus bas, une supériorité réelle dans l’homme, en conservant néanmoins à la femme les droits de l’égalité. […] Un proverbe hébreu borne presque toute l’habileté des femmes à leur quenouille, et Sophocle a dit que le silence était leur plus grand ornement. Par un excès opposé, Platon veut qu’elles aient les mêmes occupations que les hommes. Voyez le cinquième dialogue Πολιτειῶν. — (Diderot, Encyclopédie, art. « Femme (Anthropologie) », 1772)
    • Ce n’est jamais d’après le masque hypocrite des femmes qu’il faut s’aviser de les juger. — (Donatien Alphonse François de Sade, La Prude ou La Rencontre imprévue, in Historiettes, Contes et Fabliaux, 1788, éd. 1926)
    • Les Benjamites furent avertis qu’ils pourroient s’approcher secrètement du lieu de la fête, s’aposter de manière à bien voir les femmes qui s’y trouveroient, et enlever sans résistance celles qu’ils voudroient pour épouses. — (Rabelleau, Histoire des Hébreux, t. 1, 1825, p. 261)
    • Cependant les femmes de Lima gouvernent les hommes parce qu’elles leur sont bien supérieures en intelligence et en force morale. — (Flora Tristan, Les Femmes de Lima, La Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • — Monsieur, je ne suis qu’une femme, et, par conséquent, mon jugement est peu de chose. — (Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847 ; Gallimard, 2012, collection Folio, page 22.)
    • Je suis l’ennemi de ce règne de l’homme qui n’est pas encore terminé. Pour moi, la femme est l’avenir de l’homme, au sens où Marx disait que l’homme est l’avenir de l’homme. — (Louis Aragon, Le Fou d’Elsa, commentaire, 1963)
  2. Personne adulte et nubile de sexe féminin (par opposition à fille, fillette et femme-enfant).
    • Mais peu avant sa vingtième année, quand de jeune fille elle devint femme et vit s’effiler sous les seins le premier pli charmant de la maturité qui va naître, il lui vint tout à coup des ambitions. — (Pierre Louÿs, Aphrodite, Livre I, ch. i, Mercure de France, Paris, 1896)
    • Mes tempes battent ; toute ma chair va à cette femme presque nue et charmante dans le matin et dans le transparent vêtement qui enferme la douce odeur d’elle. — (Henri Barbusse, L’Enfer, ch. VII, Éditions Albin Michel, Paris, 1908 ; éd. G. Crès, Paris, 1925, p. 99)
  3. Conjointe ; épouse ; partenaire.
    • Néanmoins la foi conjugale est sans cesse violée dans les grandes sociétés policées. Il est peu de maris qui soient fidèles à leurs femmes ; il est peu de femmes qui soient fidelles [sic] à leurs maris. — (Jean-Claude de La Métherie, De l’homme considéré moralement ; de ses mœurs, et de celles des animaux, vol. 2, an XI – 1802, p. 268)
    • Quand je la menai à l’autel, j’étais bien convaincu que ma femme l’emportait en beauté sur toutes les femmes belles de la terre. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
    • Préviens ta femme de ton arrivée. Ça me laissera le temps de passer tranquillement mon froc et de ne pas enfiler, dans la précipitation, mon slip à l'envers. — (Florentino Dos Santos, Les Cocus : Ces innocentes victimes des feux de l'amour… charnel, Éditions Le Manuscrit, 2003, page 58)
  4. Personne qui possède les qualités supposées des femmes.
    • Tout penseur complet doit être femme par les côtés délicats du cœur. — (Victor Hugo, Ruy Blas, 1838, p. 330)
  5. (Vieilli) (Au pluriel) Personnel féminin. → voir femme de ménage et femme de chambre.
    • Elle se tourna de l’autre côté en achevant ces paroles, et commanda à sa fille d’appeller ses femmes sans vouloir l’écouter, ni parler davantage. — (Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678)
    • Faut-il que j’appelle vos femmes ? demanda le roi. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre II)
  6. (En apposition) Avant ou après un nom épicène pour lever une ambiguïté.
    • Si seules de rares femmes photographes marquent l’histoire de la photographie au XIXe siècle, elles prennent superbement leur revanche à partir des années vingt. — (Christian Bouqueret, ‎Les Femmes photographes : de la nouvelle vision en France, 1920-1940, Marval, 1998)
    • Si elle réussissait comme femme-policier, elle pouvait réussir dans n'importe quel domaine. Les autres agents secrets de son service disaient qu'elle avait des couilles. Pour eux, c'était un compliment, et Jezzie l'acceptait comme tel. — (James Patterson, Le Masque de l'araignée, traduit de l'anglais par Jeanine Parot, Paris : Librairie générale française, 1995 , Le Livre de Poche, 2013, chap. 18)
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Femme : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FEMME. (On prononce Fame.) n. f.
Être humain du sexe féminin, la compagne de l'homme. Un caprice de femme. Une femme mariée. Une jolie femme. Une belle femme. Une femme coquette. Une femme auteur. Une femme de lettres. Elle n'est pas femme à se laisser séduire. Prov. et fig., Ce que femme veut, Dieu le veut, Les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent, et elles finissent ordinairement par l'obtenir. Bonne femme, outre sa signification ordinaire, veut dire aussi Femme âgée. La bonne femme n'en peut plus. Quelquefois même, Bonne femme se dit par familiarité et par hauteur en parlant à une femme du peuple ou de la campagne. Contes de bonne femme, Remèdes de bonne femme, Contes, remèdes traditionnels et populaires, transmis par la mémoire des femmes. C'est une maîtresse femme, se dit d'une Femme habile, ferme, et qui sait se faire obéir. Elle est femme, elle est bien femme, se dit pour faire entendre que Celle dont on parle a les charmes, tous les traits caractéristiques de son sexe. Femme de chambre, Celle qui est attachée au service intérieur d'une maison. On disait absolument, au pluriel, Femmes, en parlant de Plusieurs femmes de chambre attachées au service de la même personne. Elle appela ses femmes. Elle envoya une de ses femmes. Femme de charge, Femme attachée au service d'une maison et ayant une certaine autorité sur la tenue et l'économie intérieure de cette maison. Femme de ménage, Femme du dehors qui vient faire le ménage et qu'on paie le plus souvent à l'heure. Femme de journée, Femme qu'on emploie à la maison pour un travail quelconque et qu'on paie à la journée. Femme publique. Voyez PUBLIC. Femme de mauvaise vie, femme perdue, Femme livrée à la débauche. Un homme adonné aux femmes, Un débauché. Un homme à femmes, Un homme recherché des femmes.

FEMME se dit encore de Celle qui est nubile. La voilà bientôt femme. Il se dit de même de Celle qui est ou qui a été mariée; et, dans ce sens, il est opposé à Fille. Les femmes et les filles. Femme en puissance de mari. Mari et femme. Avoir une femme. Femme infidèle. Femme sage. Femme de bien. Honnête femme. Femme grosse. Femme veuve. C'est sa femme légitime. Femme divorcée. Femme séparée de son mari. Votre femme vous a-t-elle accompagné? Femme commune en biens. Femme autorisée en justice. Prendre femme, Se marier. Ce vieux garçon a enfin pris femme. Prov. et fig., Le diable bat sa femme, et marie sa fille. Voyez DIABLE.

Femme : définition du Littré (1872-1877)

FEMME (fa-m') s. f.
  • 1L'être qui dans l'espèce humaine appartient au sexe féminin ; la compagne de l'homme. Et perdez-vous encor le temps avec des femmes ? Corneille, Hor. II, 7. Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme ! Corneille, Cinna, V, 2. Mon père, je suis femme et je sais ma faiblesse, Corneille, Poly. I, 4. Quoi que veuille exiger une femme adorée, Corneille, Othon, II, 4. Vous aimez, vous plaisez, c'est tout auprès des femmes, Corneille, Pulch. III, 3. Toute femme est puissante avecque la beauté, Rotrou, Bélis. I, 2. Et femme qui compose en sait plus qu'il ne faut, Molière, Éc. des f. I, 1. Ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, Molière, Impr. 1. Que le cœur d'une femme est mal connu de vous, Et que vous savez peu ce qu'il veut faire entendre, Lorsque si faiblement on le voit se défendre ! Molière, Tart. IV, 5. Je ne suis pas de ceux qui disent, ce n'est rien, C'est une femme qui se noie ; Je dis que c'est beaucoup ; et ce sexe vaut bien Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie, La Fontaine, Fabl III, 16. C'étaient principalement des femmes qui dogmatisaient sous le voile de la sainteté… on ne les épargna pas sous prétexte qu'elles étaient femmes et qu'elles étaient ignorantes, Bossuet, États d'oraison, I, 11. Elle ne voit que des femmes ; mais les femmes sont aussi dangereuses que les hommes, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 5 oct. 1708. Je sais mes perfidies, Énone, et ne suis point de ces femmes hardies Qui, goûtant dans le crime une tranquille paix, Ont su se faire un front qui ne rougit jamais, Racine, Phèd. III, 3. Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme ; leurs intérêts sont trop différents, La Bruyère, III. Il y a dans quelques femmes une grandeur artificielle attachée au mouvement des yeux, à un air de tête, aux façons de marcher, et qui ne va pas plus loin, La Bruyère, ib. La plupart des femmes n'ont guère de principes, elles se conduisent par le cœur, La Bruyère, ib. Un homme qui serait en peine de connaître s'il change, s'il commence à vieillir, peut consulter les yeux d'une jeune femme qu'il aborde et le ton dont elle lui parle, La Bruyère, ib. Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui, pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas, La Bruyère, ib. Ce qui prouve bien que les femme n'ont point de si cher intérêt que celui de leur beauté, Lesage, Diable boit. ch. 9. Si une femme [dans les temps féodaux] appelait quelqu'un sans nommer son champion [dans les duels judiciaires], on ne recevait point les gages de bataille ; il fallait encore qu'une femme fût autorisée par son baron, c'est-à-dire son mari, pour appeler ; mais sans cette autorité, elle pouvait être appelée, Montesquieu, Esp. XXV, 25. Elle paraît bien ferme dans la résolution de supporter ma solitude ; les femmes ont plus de courage qu'on ne croit, Voltaire, Lett. Richelieu, 5 janv. 1755. Les femmes, qui sont partout en pareil nombre que les hommes, à un quinzième ou seizième près, selon les observations de ceux qui ont calculé avec plus d'exactitude ce qui concerne le genre humain, Voltaire, Mœurs, 1. Les femmes, ayant les os plus ductiles que les hommes, arrivent en général à une plus grande vieillesse, Buffon, Prob. de la vie, t. X, p. 515, dans POUGENS. Je vois, dans le moment actuel, plusieurs femmes en France qui cultivent les lettres avec gloire et dans différents genres, Genlis, Veillées du chât. t. III, p. 207, dans POUGENS. … Telle femme est charmante, entre nous, Dont on serait fâché de devenir l'époux, Collin D'Harleville, Vieux célib. I, 8. Tous les soins d'une femme ont un charme si doux, Ducis, Abufar, I, 3. Et lorsqu'elle a péri sous les coups des bourreaux, La femme a disparu pour n'offrir qu'un héros, Legouvé, Épichar. et Nér. V, 5. C'est la pure amitié ; tendre sans jalousie, Des hommes qu'elle unit elle enchaîne la vie ; Mais auprès d'une femme elle a plus de douceur ; C'est alors que d'Amour elle est vraiment la sœur… On a moins qu'une amante, on a plus qu'un ami, ID. Mérite des femmes. Ô femmes, c'est à tort qu'on vous nomme timides ; à la voix de vos cœurs vous êtes intrépides, Legouvé, Mérite des femmes. Ce fut là [dans la Bérésina] qu'on aperçut des femmes, au milieu des glaçons, avec leurs enfants dans leurs bras, les élevant à mesure qu'elles s'enfonçaient ; déjà submergées, leurs bras roidis les tenaient encore au-dessus d'elles, Ségur, Hist. de Nap. XI, 9.

    Elle est femme, elle est bien femme, elle a les penchants, les qualités, les grâces, les faiblesses ordinaires à son sexe. Elle flotte, elle hésite, en un mot elle est femme, Racine, Ath. III, 3.

    Être femme à, n'être pas femme à, avec un verbe à l'infinitif, être capable de, n'être pas capable de. Elle est femme à se marier, si on ne la marie. Elle n'est pas femme à se laisser séduire.

    Terme d'ancienne législation. Femme de corps, femme de condition serve. Femme franche, femme de condition libre et non serve.

  • 2 Familièrement. Une bonne femme, une femme dont le caractère est simple et bon. Madame Dorval, c'était son nom, était ce qu'on appelle une bonne femme, Duclos, Confess. comte de ***, Œuvres, t. VIII, p. 126, dans POUGENS.

    Par extension. Bonne femme, une femme âgée. Elle vit sous la conduite d'une bonne femme de mère qui est presque toujours malade, Molière, Avare, I, 2. Ma bonne femme de mère aura dit quelque chose de mal à propos, Dancourt, Bourg. à la mode, III, 12.

    Une bonne femme, une femme d'une condition inférieure.

    Contes de bonne femme, contes qui ne méritent aucune créance, et que peut seule croire une vieille femme ignorante.

    Remède de bonne femme, un de ces remèdes dont la connaissance est familière aux femmes âgées. C'est encore une bonne femme qui en guérit [du ver solitaire], et le grand Tronchin en raisonne fort bien, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 22 avr. 1764.

  • 3Une maîtresse femme, femme pleine de fermeté, qui sait bien gouverner sa maison.
  • 4Épouse. Il vaut mieux demeurer avec un lion et avec un dragon que d'habiter avec une méchante femme, Sacy, Ecclésiastique, XXV, 23. Ô mère, ô femme, ô reine admirable et digne d'une meilleure fortune, si les fortunes de la terre étaient quelque chose ! Bossuet, Reine d'Angl. Une femme forte, pleine d'aumônes et de bonnes œuvres, précédée, malgré ses désirs, par celui que tant de fois elle avait cru devancer, Bossuet, le Tellier. Considérez ce que peut dans les maisons la prudence d'une femme sage pour les soutenir, pour y faire fleurir dans la piété la véritable sagesse et pour calmer des passions violentes qu'une résistance emportée ne ferait qu'aigrir, Bossuet, Marie-Thér. C'était la femme prudente qui est donnée proprement par le Seigneur, Bossuet, ib. Son imprudente flamme Du tyran de l'Épire allait ravir la femme, Racine, Phèdre, III, 5. J'ai vécu pour venger ma femme et ma patrie, Voltaire, Tancr. v, 6. Les rois francs, Gontran, Caribert, Sigebert, Chilperic, Dagobert, avaient eu plusieurs femmes à la fois, sans qu'on eût murmuré, Voltaire, Mœurs, 30.

    Ma femme, expression dont un mari se sert en parlant à sa femme ou en parlant d'elle. Je vous nomme monsieur, appelez-moi madame, Ma femme est si bourgeois, Hauteroche, Bourg. de qualité, II, 6. À moins d'être du peuple, on ne dit point ma femme, Boursault, Mots à la mode, sc. 1. Ma femme est toute aimable ; oui, mais elle est ma femme, Destouches, Phil. marié, I, 1.

    Prendre femme, se marier. Et de quelque façon que vous tourniez l'affaire, Prendre femme est à vous un coup bien téméraire, Molière, Éc. des f. I, 1. J'aurais bien mieux fait, tout riche que je suis, de m'allier en bonne et franche paysannerie que de prendre une femme qui se tient au-dessus de moi, Molière, G. Dandin, I, 1.

    Chercher femme, chercher à se marier. Que le bon soit toujours camarade du beau, Dès demain je chercherai femme, La Fontaine, Fabl. VII, 2.

    Femme de bien, femme d'honneur, femme qui se conduit bien. Une femme d'honneur peut avouer sans honte Ces surprises des sens que la raison surmonte ; Ce n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu, Et l'on doute d'un cœur qui n'a point combattu, Corneille, Poly. I, 3. Croyez-moi, celles qui font tant de façons n'en sont pas estimées plus femmes de bien, Molière, Critique, 3.

    Terme de jurisprudence. Femme commune, femme mariée sous le régime de la communauté. Femme non commune, se dit au contraire de celle dont le contrat porte qu'il n'y a point de communauté entre elle et son mari. La femme ne peut ester en jugement sans l'autorisation de son mari, quand même elle serait marchande publique, ou non commune, ou séparée de biens, Code Nap. art. 215.

  • 5Celle qui est ou a été mariée, par opposition à fille. Les femmes et les filles.
  • 6Il se dit quelquefois et familièrement de celle qui est parvenue à la nubilité. La voilà bientôt femme.
  • 7Femme de qualité, femme appartenant à la noblesse.

    Femme d'épée, se disait pour femme appartenant à la noblesse d'épée ; et femme de robe, pour femme appartenant à la noblesse de robe. Je ne veux voir que des femmes de qualité, s'il vous plaît. - Eh bien ! oui, des femmes de robe. - Non, monsieur, des femmes d'épée ; c'est mon faible que les femmes d'épée, je vous l'avoue, Dancourt, les Bourgeoises à la mode, IV, 6. Je lui dis des duretés qu'un petit-maître n'oserait dire à une femme de robe, Lesage, Crisp. riv. de son maître, sc. 15.

  • 8La femme une telle, se dit en parlant d'une femme d'une condition peu relevée. Cet ami pourra-t-il trouver la femme Armand ? Collin D'Harleville, Vieux célib. IV, 2.

    La femme une telle, se dit aussi en justice.

  • 9Envie, fantaisie de femme grosse, désir subit, appétit pressant, souvent désordonné, qui saisit parfois une femme enceinte.

    Fig. Il se dit de toute espèce de désir vif et peu raisonnable.

  • 10Femme de chambre, femme attachée, moyennant salaire, au service intérieur et particulier d'une personne du sexe. Tel prince qui écrit comme une femme de chambre, a été fort mal élevé, Voltaire, Dict. phil. Charles IX. Où trouver une femme de chambre discrète ? voilà la sixième à laquelle je donne ma confiance, Genlis, Théât. d'éduc. les Dangers du monde, III, 7.

    Au plur. et absolument. Femmes, se dit de plusieurs femmes de chambre attachées au service de la même personne. Elle appela ses femmes. Ses femmes, à toute heure, autour d'elle empressées, Racine, Bérén. IV, 6. Femmes, gardes, vizir, pour lui j'ai tout séduit, Racine, Bajaz. I, 3.

    Femme de charge, femme attachée au service d'une maison, pour avoir soin du linge, de la vaisselle d'argent, etc.

    Femme de ménage, femme du dehors par laquelle on fait faire son ménage.

    Se dit aussi de la maîtresse de maison. C'est une excellente femme de ménage.

    Femme de journée, femme qu'on emploie à la maison pour un travail quelconque, et que l'on paye à tant la journée.

  • 11Femme publique, femme qui se livre à la prostitution. Charlemagne avait tâché de bannir absolument de Paris les femmes publiques ; il avait ordonné qu'elles seraient condamnées au fouet, et que ceux qui les auraient logées, ou chez qui on les aurait trouvées, les porteraient sur leur cou jusqu'au lieu de l'exécution, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 72, dans POUGENS.

    Femme de mauvaise vie, femme perdue, femme livrée à la débauche.

  • 12Sage-femme, voy. SAGE-FEMME.
  • 13 Fig. C'est une femme, une vraie femme, se dit d'un homme sans énergie, sans courage.

    Demi-femme, se dit quelquefois d'un homme efféminé, mou comme une femme. En vérité, c'est une demi-femme.

    On dit qu'un homme fait la femme, lorsqu'il est oisif, efféminé.

  • 14Femme, dans le langage très familier, signifie souvent maîtresse. Faire une femme. À chaque instant il change de femme.
  • 15Femme, se prend quelquefois adjectivement. Rien ne pèse tant qu'un secret ; Le porter loin est difficile aux dames ; Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmes, La Fontaine, Fabl. VIII, 6. J'ai été très contente de Mme la duchesse de Guiche ; elle m'a paru moins femme que je n'avais cru, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 29 juill. 1698. Il est vrai que rien n'est plus ridicule que de voir un nombre infini de femmelettes et d'hommes non moins femmes qu'elles…, Voltaire, Dict. phil. Médecins.
  • 16Femme, pour femelle, en parlant d'animaux. Le castor est jaloux, et tue quelquefois sa femme pour cause ou soupçon d'infidélité, Chateaubriand, Amér. Hist. natur. Castors.
  • 17 Terme de zoologie. Femmes marines, ou poissons-femmes, nom vulgaire donné aux lamentins, aux dugongs, etc.

PROVERBES

Maison faite et femme à faire, c'est-à-dire il faut acheter une maison toute bâtie, et épouser une jeune femme qu'on puisse accoutumer à son genre de vie.

Ce que femme veut, Dieu le veut, se dit pour exprimer que les femmes par leur persévérance finissent toujours par faire ce qu'elles veulent.

Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit quand il pleut et fait soleil en même temps.

HISTORIQUE

XIe s. Ki abate femme à terre pur faire lui forze, L. de Guill. 19. [Ils] ne reverront lur meres ne lur femmes, Ch. de Rol. CVII.

XIIe s. Puis tourne arriere comme famme adoulée [affligée], Ronc. p. 175.

XIIIe s. De là s'en ala il vers le roi Phelipe d'Alemaigne, qui sa serour avoit à fame, Villehardouin, XLII. Ne qu'à Pepin le ber [je] soie fame espousée, Berte, XLIII Pourquoi ne prenez fame ? serez toujours ainsi ? ib. CVIII. Après mourut sa fame, la royne au vis clair, ib. III. Une jeune pucele… Qui gentis fame estoit, li rois ot fait nourrir [élever], ib. LXXXVII. Honeste coze est et bone à bailli qu'il ne sueffre pas que feme soit mise en prison por fas [faux] accusement ne por nul cas, se n'est par cas de crieme, Beaumanoir, 41. Car nous avon deux seurs à femmes, et sont nos enfans cousins germains, Joinville, 200. Par desus toutes ces choses, le roy donnoit chascun jour si grans et si larges aumosnes aus poures de religion… à femmes decheues… que à peine pourroit l'en raconter le nombre, Joinville, 298. L'aide de Dieu ne vient pas à la volonté de cels qui veulent vivre comme femmes, Latini, Trésor, p. 514.

XIVe s. Qui trop sa femme croit en la fin s'en repent, Guesclin. 6263.

XVe s. Et estoit l'intention du duc qu'il emmenerc't avec lui femme et enfans, et feroit mariage en Castille et en Portugal avant que il retournast, Froissart, II, III, 32. Mon frere, je suys de la nature des femmes quant l'on me dit quelque chose en termes obscurs je veulx savoir incontinent que c'est, Lettre de Louis XI, Bibl. des ch. 4e série, t. I, p. 16.

XVIe s. Beauté de femme n'enrichist homme, Génin, Récréat. t. II, p. 235. Où il y a chiens, il y a puces ; où il y a pains, il y a souris ; où il y a femmes, il y a diables, Génin, ib. p. 246. Pren le premier conseil de la femme et non pas le second, Génin, ib. p. 248. Aucun n'est tenu à faire loy pour simple bateure qu'il a faite à son servant, ne à son filz, ne à son nepveu, ne à sa fille, ne à sa femme, ne à aucun qui soit de sa mesnie ; car l'on doit entendre qu'il le fait pour les chastier, Anc. cout. de Norm. f° 104, dans LACURNE. Qui bat sa femme, il la fait braire ; Qui la rebat, il la fait taire, Boughet, Serées, p. 131, dans LACURNE. Abreuver son cheval à tous guetz, Mener sa femme à tous festins, De son cheval on faict une rosse, Et de sa femme une catin, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 219. Bonne femme, bon renom, patrimoine sans parangon, Leroux de Lincy, ib. p. 210. Ce que le baron [le mari] ayme, femme a en hayne, Leroux de Lincy, ib. p. 221. Deux femmes font un plaid, trois un grand caquet, quatre un plein marché, Leroux de Lincy, ib. Femme et melon à peine les cognoist-on, Leroux de Lincy, ib. p. 222. Femme qui envi file porte chemise vile, Leroux de Lincy, ib. p. 224. La femme est la clef du menage, Leroux de Lincy, ib. p. 226. Les femmes fenestrieres et les terres frontieres sont mauvaises à garder, Leroux de Lincy, ib. p. 228. Souvent femme varie, bien fol est qui s'y fie, François 1er.

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Femme : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

FEMME, s. f. (Anthropologie.) fæmina, γυνὴ, ischa en hébreu ; c’est la femelle de l’homme. Voyez Homme, Femelle, & Sexe.

Je ne parlerai point des différences du squelette de l’homme & de la femme : on peut consulter là-dessus M. Daubenton, description du cabinet du Roi, tome III. hist. natur. pag. 29 & 30 ; Monro, appendix de son Ostéologie ; & Ruysch qui a observé quelque chose de particulier sur la comparaison des côtes dans les deux sexes. Voyez Squelette.

Je ne ferai point une description des organes de la génération ; ce sujet appartient plus directement à d’autres articles. Mais il semble qu’il faut rapporter ici un système ingénieux sur la différence de ces organes dans l’homme & dans la femme.

M. Daubenton, tom. III. hist. nat. pag. 200. après avoir remarqué la plus grande analogie entre les deux sexes pour la secrétion & l’émission de la semence, croit que toute la différence que l’on peut trouver dans la grandeur & la position de certaines parties, dépend de la matrice qui est de plus dans les femmes que dans les hommes, & que ce viscere rendroit les organes de la génération dans les hommes absolument semblables à ceux des femmes, s’il en faisoit partie.

M. Daubenton appuie ce système sur la description de quelques fœtus peu avancés, que Ruysch a fait connoître, ou qui sont au cabinet du Roi. Ces fœtus, quoique du sexe féminin, paroissent mâles au premier coup-d’œil, & Ruysch en a fait une regle générale pour les fœtus femelles de quatre mois environ, dans un passage qu’on peut ajoûter à ceux que M. Daubenton a cités, thes. jv. n°. 42. fœtus humanus quatuor præter propter mensium, quamvis primâ fronte visus masculini videatur sexus, tamen sequioris est, id quod in omnibus fœtibus humanis, sexus fæminini ea ætate reperitur.

M. Daubenton s’est rencontré jusqu’à un certain point avec Galien, qui dans le second livre περὶ σπέρματος, chap. v. ne met d’autre différence entre les parties génitales de l’homme & de la femme, que celle de la situation ou du développement. Pour prouver que ces parties, d’abord ébauchées dans le sac du péritoine, y restent renfermées, ou en sortent suivant les forces ou l’imperfection de l’animal ; il a aussi recours aux dissections de femelles pleines, & aux fœtus nés avant terme. On retrouve la même hypothèse dans le traité de Galien, de usu partium, l. XIV. c. vj. & Avicenne l’a entierement adoptée dans le troisieme livre de son canon, fen. 21. tract. I. cap. j.

Mais Galien ne croit pas que les hommes manquent de matrice ; il croit qu’en se renversant, elle forme le scrotum, & renferme les testicules, qui sont extérieurs à la matrice. Il fait naître la verge d’un prolapsus du vagin, au lieu de la chercher dans le clitoris.

Piccolhomini & Paré avoient embrassé l’opinion de Galien ; Dulaurent, Kyper, & plusieurs autres anatomistes, n’y ont trouvé qu’un faux air de vraissemblance. Cette question paroît intimement liée avec celle des hermaphrodites, d’autant plus que nous n’avons que des exemples fabuleux & poétiques d’hommes devenus femmes ; au lieu qu’on trouve plusieurs femmes changées en hommes, dont les métamorphoses sont attestées sérieusement. Cette remarque singuliere, avec les preuves dont elle est susceptible, se trouve dans Frommann, de fascinatione magicâ, pag. 866. Voyez Hermaphrodite.

Hippocrate, aphor. 43. liv. VII. dit positivement qu’une femme ne devient point ambidextre. Galien le confirme, & ajoûte que c’est à cause de la foiblesse qui lui est naturelle ; cependant on voit des dames de charité qui soignent fort bien avec l’une & l’autre main. Je sai que cet aphorisme a été expliqué par Sextus Empiricus, p. m. 380. des fœtus femelles qui ne sont jamais conçus dans le côté droit de la matrice. J. Albert Fabricius a fort bien remarqué que cette interprétation a été indiquée par Galien dans son commentaire ; mais il devoit ajoûter que Galien la desapprouve au même endroit.

Les Anatomistes ne sont pas les seuls qui ayent regardé en quelque maniere la femme comme un homme manqué ; des philosophes platoniciens ont eu une idée semblable. Marsile Ficin dans son commentaire sur le second livre de la troisieme enneade de Plotin (qui est le premier περὶ προνoίας), chap. xj. assûre que la vertu générative dans chaque animal, s’efforce de produire un mâle, comme étant ce qu’il y a de plus parfait dans son genre ; mais que la nature universelle veut quelquefois une femelle, afin que la propagation, dûe au concours des deux sexes, perfectionne l’univers. Voyez tom. II. des œuvres de Marsile Ficin, pag. 1693.

Les divers préjugés sur le rapport d’excellence de l’homme à la femme, ont été produits par les coûtumes des anciens peuples, les systèmes de politique & les religions qu’ils ont modifiés à leur tour. J’en excepte la religion chrétienne, qui a établi, comme je le dirai plus bas, une supériorité réelle dans l’homme, en conservant néanmoins à la femme les droits de l’égalité.

On a si fort négligé l’éducation des femmes chez tous les peuples policés, qu’il est surprenant qu’on en compte un aussi grand nombre d’illustres par leur érudition & leurs ouvrages. M. Chrétien Wolf a donné un catalogue de femmes célebres, à la suite des fragmens des illustres greques, qui ont écrit en prose. Il a publié séparément les fragmens de Sappho, & les éloges qu’elle a reçus. Les Romains, les Juifs, & tous les peuples de l’Europe, qui connoissent les lettres, ont eu des femmes savantes.

A. Marie de Schurman a proposé ce probleme : l’étude des lettres convient-elle à une femme chrétienne ? Elle soûtient l’affirmative ; elle veut même que les dames chrétiennes n’en exceptent aucune, & qu’elles embrassent la science universelle. Son deuxieme argument est fondé sur ce que l’étude des lettres éclaire, & donne une sagesse qu’on n’achete point par les secours dangereux de l’expérience. Mais on pourroit douter si cette prudence précoce ne coûte point un peu d’innocence. Ce qu’on peut dire de plus avantageux, pour porter à l’étude des Sciences & des Lettres, c’est qu’il paroît certain que cette étude cause des distractions qui affoiblissent les penchans vicieux.

Un proverbe hébreu borne presque toute l’habileté des femmes à leur quenouille, & Sophocle a dit que le silence étoit leur plus grand ornement. Par un excès opposé, Platon veut qu’elles ayent les mêmes occupations que les hommes. Voyez le cinquieme dialogue πολιτειῶν.

Ce grand philosophe veut au même endroit que les femmes & les enfans soient en commun dans sa république. Ce réglement paroît absurde ; aussi a-t-il donné lieu aux déclamations de Jean de Serres, qui sont fort vives.

La servitude domestique des femmes, & la polygamie, ont fait mépriser le beau sexe en Orient, & l’y ont enfin rendu méprisable. La répudiation & le divorce ont été interdits au sexe qui en avoit le plus de besoin, & qui en pouvoit le moins abuser. La loi des Bourguignons condamnoit à être étouffée dans la fange, une femme qui auroit renvoyé son légitime époux. On peut voir sur tous ces sujets l’excellent ouvrage de l’Esprit des lois, liv. XVI. Tous les Poëtes grecs depuis Orphée, jusqu’à S. Grégoire de Nazianze, ont dit beaucoup de mal des femmes. Euripide s’est acharné à les insulter, & il ne nous reste presque de Simonide, qu’une violente invective contr’elles. L’on trouvera un grand nombre de citations de poëtes grecs, injurieuses aux femmes, dans le commentaire de Samuel Clarke, sur les vers 426 & 455, liv. XI. de l’Odyssée. Clarke a pris ce recueil de la Gnomologia Homerica de Duport, page 208, qu’il n’a point cité. Le galant Anacréon, en même tems qu’il attribue aux femmes une beauté qui triomphe du fer & de la flamme, dit que la nature leur a refusé la prudence, φρόνημα, qui est le partage des hommes.

Les poetes latins ne sont pas plus favorables au sexe ; & sans parler de la fameuse satyre de Juvénal, sans compiler des passages d’Ovide, & de plusieurs autres, je me contenterai de citer cette sentence de Publius Syrus : mulier qua sola cogitat, male cogitat, qu’un de nos poëtes a ainsi rendue : femme qui pense, à coup sûr pense mal. Platon dans son dialogue, Νόμων, tom. II. pag. 909. E. attribue principalement aux femmes l’origine de la superstition, des vœux, & des sacrifices. Strabon est du même sentiment, liv. VII. de sa géographis ; les Juifs qui ne croyent pas leurs cérémonies superstitieuses, accusent les femmes de magie, & disent que plus il y a de femmes, plus il y a de sorcieres.

Peut-être n’a-t-on attribué aux femmes, des arts d’une vertu occulte, tels que la superstition & la magie, que parce qu’on leur a reconnu plus de ressources dans l’esprit qu’on ne vouloit leur en accorder ; c’est ce qui a fait dire à Tite-Live, que la femme est un animal impuissant & indomptable. Le principe de la foiblesse & de l’infériorité des femmes, leur seroit avantageux, si tout le monde en concluoit avec Aristote, que c’est un plus grand crime de tuer une femme qu’un homme. Voyez les problèmes d’Aristote, sect. 29. 11.

C’est une chose remarquable, qu’on a cru être souillé par le commerce légitime des femmes, & qu’on s’en est abstenu la veille des sacrifices chez les Babyloniens, les Arabes, les Egyptiens, les Grecs, & les Romains. Les Hébreux pensent qu’on perd l’esprit de prophétie par un commerce même légitime ; ce qui me rappelle la maxime orgueilleuse d’un ancien philosophe, qui disoit qu’il ne falloit habiter avec les femmes, que quand on vouloit devenir pire.

Les rabbins ne croyent pas que la femme fût créée à l’image de Dieu ; ils assûrent qu’elle fut moins parfaite que l’homme, parce que Dieu ne l’avoit formée que pour lui être un aide. Un théologien chrétien (Lambert Danaeus, in antiquitatibus, pag. 42.) a enseigné que l’image de Dieu étoit beaucoup plus vive dans l’homme que dans la femme. On trouve un passage curieux dans l’histoire des Juifs de M. Basnage, vol. VII. pag. 301 & 302. « Dieu ne voulut point former la femme de la tête, ni des yeux, ni, &c. (de peur qu’elle n’eût les vices attachés à ces parties) ; mais on a eu beau choisir une partie honnête & dure de l’homme, d’où il semble qu’il ne pouvoit sortir aucun défaut (une côte), la femme n’a pas laissé de les avoir tous ». C’est la description que les auteurs Juifs nous en donnent. On la trouvera peut-être si juste, ajoûte M. Basnage, qu’on ne voudra point la mettre au rang de leurs visions, & on s’imaginera qu’ils ont voulu renfermer une vérité connue sous des termes figurés.

D’autres rabbins ont traduit par côté le mot hébreu stelah, qu’on explique vulgairement côte : ils racontent que le premier homme étoit double & androgyne, & qu’on n’eut besoin que d’un coup de hache pour séparer les deux corps. On lit la même fable dans Platon, de qui les rabbins l’ont empruntée, s’il faut en croire M. le Clerc dans son commentaire sur le pentateuque.

Heidegger a observé, exercitat. 4. de historia patriarcharum, n°. 30. que Moyse ne parle point de l’ame d’Eve, & qu’on doute quelle en est la raison. Il est certain que les femmes étoient à plaindre dans la loi juive, comme M. le Clerc l’a remarqué, lib. cit. pag. 309. col. 2. Jesus-Christ lui-même nous a appris que la répudiation fut permise aux Hébreux, à cause de la dureté de leur cœur ; mais lorsqu’il n’a pas voulu que l’homme pût desunir ce que Dieu avoit joint, ses disciples se sont récriés, & ont trouvé que le mariage devenoit onéreux. Th. Crenius dans ses animadversiones philologicæ, & historicæ, part. XV. pag. 61. x. remarque que personne n’a plus maltraité les femmes, & n’a plus recommandé de s’en garder, que Salomon, qui néanmoins s’y est abandonné ; au lieu que Jesus-Christ a été plus doux à leur égard, & en a converti un grand nombre ; c’est pourquoi, dit-il, il en est qui pensent que Jesus-Christ a eu de la prédilection pour ce sexe. En effet, il a eu une mere sur la terre, & n’a point eu de pere ; la premiere personne à qui il s’est montré après sa résurrection, a été Marie-Madeleine, &c.

Les personnes qui renoncent au mariage, sont censées approcher davantage de la perfection, depuis l’établissement de la religion chrétienne ; les Juifs au contraire, regardent le célibat comme un état de malédiction. Voyez Pirke Aboth, chap. j. n°. 5.

S. Pierre dans sa premiere épitre, chap. iij. vers. 7. ordonne aux maris de traiter leurs femmes avec honneur, parce qu’elles sont des vases plus fragiles. Les Juifs disent que la femme est un vase imparfait ; que l’époux, achevé l’hébreu, a encore plus de force ; car il peut signifier que la femme, sans le secours du mari, n’est qu’un embryon. Voyez Gemare sur le titre sanhedrin du talmud, chap. ij. segm. 15.

Petrus Calanna, dans un livre rare intitulé, philosophia seniorum sacerdotia & platonica, pag. 173, ose dire que Dieu est mâle & femelle en même tems. Godofredus Arnoldus, dans son livre de sophiâ, 2 soûtenu cette opinion monstrueuse, dérivée du platonisme, qui a aussi donné le jour aux éons, ou divinités hermaphrodites des Valentiniens. M. de Beausobre, histoire du Manichéisme, tom. II. pag. 584. veut que ces éons fussent allégoriques ; & il se fonde sur ce que Synesius évêque chrétien, attribue à Dieu les deux sexes, quoiqu’il n’ignorât pas que Dieu n’a point d’organes corporels, bien loin d’avoir ceux de la génération. Mais on lit seulement dans Synesius, pag. 140. édition du P. Petau, que le corps de la Divinité n’est point formé de la lie de la matiere ; ce qui n’est pas dire que Dieu n’ait aucun organe corporel. D’ailleurs on peut prouver aisément, & Nicephore Grégoras dans son commentaire sur Synesius, nous avertit en plusieurs endroits, que Synesius étoit imitateur & sectateur de Platon.

Les Manichéens pensoient que lorsque Dieu créa l’homme, il ne le forma ni mâle ni femelle, mais que la distinction des sexes est l’ouvrage du diable.

On dit assez communément que Mahomet a exclu les femmes du paradis ; le verset 30. de la sura 33. de son alcoran, insinue le contraire. C’est pourtant une tradition sur laquelle deux auteurs musulmans ont écrit, comme on peut voir dans la bibliotheque orientale de M. d’Herbelot.

Mahomet condamne à quatre-vingts coups de foüet ceux qui accuseront les femmes, sans pouvoir produire quatre témoins contr’elles ; & il charge les calomniateurs de malédictions en ce monde & en l’autre. Le mari peut, sans avoir des témoins, accuser sa femme, pourvû qu’il jure quatre fois qu’il dit vrai, & qu’il joigne l’imprécation au serment à la cinquieme fois. La femme peut se disculper de la même maniere. Sura 24. vers. 4. & 6. Mahomet recommande la chasteté aux femmes en des termes très peu chastes (ib. vers. 32.) ; mais il n’est pas bien clair qu’il promette la miséricorde divine aux femmes qui sont forcées de se prostituer, comme l’a prétendu le savant Loüis Maracci dans sa réfutation de l’alcoran.

Le prophete arabe, dans le sura 4. veut qu’un mâle ait une part d’héritage double de celle de la femelle. Il décide formellement (vers. 33.) la supériorité des hommes, auxquels il veut que les femmes obéissent. Si elles sont indociles, il conseille aux maris de les faire coucher à part, & même de les battre. Il a établi de grandes peines contre les femmes coupables de fornication ou d’adultere ; mais quoique Maracci l’accuse de ne pas punir les hommes coupables de ces crimes, il est certain qu’il les condamne à cent coups de foüet, comme Selden l’a remarqué, uxor ebraica, pag. 392. On verra aussi avec plaisir dans ce livre de Selden (p. 467 & suiv.), l’origine des Hullas parmi les Mahométans.

Tout le monde a entendu parler d’une dissertation anonyme, où l’on prétend que les femmes ne font point partie du genre humain, mulieres homines non esse. Dans cet ouvrage, Acidalius explique tous les textes qui parlent du salut des femmes, de leur bien-être temporel. Il s’appuie sur cinquante témoignages tirés de l’Ecriture ; finit par demander aux femmes leur ancienne bienveillance pour lui ; quod si noluerint, dit-il, pereant bestiæ in sæcula sæculorum. Il en veut à la maniere d’expliquer l’Ecriture des Anabaptistes & des autres hérétiques ; mais son badinage est indécent.

Simon Gediccus, après l’avoir réfuté aussi maussadement qu’il soit possible de le faire, après l’avoir chargé d’injures théologiques, lui reproche enfin qu’il est un être bâtard, formé de l’accouplement monstrueux de satan avec l’espece humaine, & lui souhaite la perdition éternelle. (g)

Femme, (Droit nat.) en latin uxor, femelle de l’homme, considérée en tant qu’elle lui est unie par les liens du mariage. Voyez donc Mariage & Mari.

L’Etre suprème ayant jugé qu’il n’étoit pas bon que l’homme fût seul, lui a inspiré le desir de se joindre en société très-étroite avec une compagne, & cette société se forme par un accord volontaire entre les parties. Comme cette société a pour but principal la procréation & la conservation des enfans qui naîtront, elle exige que le pere & la mere consacrent tous leurs soins à nourrir & à bien élever ces gages de leur amour, jusqu’à ce qu’ils soient en état de s’entretenir & de se conduire eux-mêmes.

Mais quoique le mari & la femme ayent au fond les mêmes intérêts dans leur société, il est pourtant essentiel que l’autorité du gouvernement appartienne à l’un ou à l’autre : or le droit positif des nations policées, les lois & les coûtumes de l’Europe donnent cette autorité unanimement & définitivement au mâle, comme à celui qui étant doüé d’une plus grande force d’esprit & de corps, contribue davantage au bien commun, en matiere de choses humaines & sacrées ; ensorte que la femme doit nécessairement être subordonnée à son mari & obéir à ses ordres dans toutes les affaires domestiques. C’est-là le sentiment des jurisconsultes anciens & modernes, & la décision formelle des législateurs.

Aussi le code Frédéric qui a paru en 1750, & qui semble avoir tenté d’introduire un droit certain & universel, déclare que le mari est par la nature même le maître de la maison, le chef de la famille ; & que dès que la femme y entre de son bon gré, elle est en quelque sorte sous la puissance du mari, d’où découlent diverses prérogatives qui le regardent personnellement. Enfin l’Ecriture-sainte prescrit à la femme de lui être soûmise comme à son maître.

Cependant les raisons qu’on vient d’alléguer pour le pouvoir marital, ne sont pas sans replique, humainement parlant ; & le caractere de cet ouvrage nous permet de le dire hardiment.

Il paroît d’abord 1°. qu’il seroit difficile de démontrer que l’autorité du mari vienne de la nature ; parce que ce principe est contraire à l’égalité naturelle des hommes ; & de cela seul que l’on est propre à commander, il ne s’ensuit pas qu’on en ait actuellement le droit : 2°. l’homme n’a pas toûjours plus de force de corps, de sagesse, d’esprit, & de conduite, que la femme : 3°. le précepte de l’Ecriture étant établi en forme de peine, indique assez qu’il n’est que de droit positif. On peut donc soûtenir qu’il n’y a point d’autre subordination dans la société conjugale, que celle de la loi civile, & par conséquent rien n’empêche que des conventions particulieres ne puissent changer la loi civile, dès que la loi naturelle & la religion ne déterminent rien au contraire.

Nous ne nions pas que dans une société composée de deux personnes, il ne faille nécessairement que la loi délibérative de l’une ou de l’autre l’emporte ; & puisque ordinairement les hommes sont plus capables que les femmes de bien gouverner les affaires particulieres, il est très-judicieux d’établir pour regle générale, que la voix de l’homme l’emportera tant que les parties n’auront point fait ensemble d’accord contraire, parce que la loi générale découle de l’institution humaine, & non pas du droit naturel. De cette maniere, une femme qui sait quel est le précepte de la loi civile, & qui a contracté son mariage purement & simplement, s’est par-là soûmise tacitement à cette loi civile.

Mais si quelque femme, persuadée qu’elle a plus de jugement & de conduite, ou sachant qu’elle est d’une fortune ou d’une condition plus relevée que celle de l’homme qui se présente pour son époux, stipule le contraire de ce que porte la loi, & cela du consentement de cet époux, ne doit-elle pas avoir, en vertu de la loi naturelle, le même pouvoir qu’a le mari en vertu de la loi du prince ? Le cas d’une reine qui, étant souveraine de son chef, épouse un prince au-dessous de son rang, ou, si l’on veut, un de ses sujets, suffit pour montrer que l’autorité d’une femme sur son mari, en matiere même de choses qui concernent le gouvernement de la famille, n’a rien d’incompatible avec la nature de la société conjugale.

En effet on a vû chez les nations les plus civilisées, des mariages qui soûmettent le mari à l’empire de la femme ; on a vû une princesse, héritiere d’un royaume, conserver elle seule, en se mariant, la puissance souveraine dans l’état. Personne n’ignore les conventions de mariage qui se firent entre Philippe II. & Marie reine d’Angleterre ; celles de Marie reine d’Ecosse, & celles de Ferdinand & d’Isabelle, pour gouverner en commun le royaume de Castille. Le lecteur en peut lire les détails dans M. de Thou, liv. XIII. ann. 1553, 1554. liv. XX. an.1558. Mariana, hist. d’Espagne, liv. XXIV. ch. v. Guicciardin, liv. VI. pag. 346. Et pour citer quelque chose de plus fort, nous le renvoyons à la curieuse dissertation de Palthénius, de Marito Reginæ, imprimée à Gripswald en 1707, in-4°.

L’exemple de l’Angleterre & de la Moscovie fait bien voir que les femmes peuvent réussir également, & dans le gouvernement modéré, & dans le gouvernement despotique ; & s’il n’est pas contre la raison & contre la nature qu’elles régissent un empire, il semble qu’il n’est pas plus contradictoire qu’elles soient maîtresses dans une famille.

Lorsque le mariage des Lacédémoniens étoit prêt à se consommer, la femme prenoit l’habit d’un homme ; & c’étoit-là le symbole du pouvoir égal qu’elle alloit partager avec son mari. On sait à ce sujet ce que dit Gorgone, femme de Léonidas roi de Sparte, à une femme étrangere qui étoit fort surprise de cette égalité : Ignorez-vous, répondit la reine, que nous mettons des hommes au monde ? Autrefois même en Egypte, les contrats de mariage entre particuliers, aussi-bien que ceux du roi & de la reine, donnoient à la femme l’autorité sur le mari. Diodore de Sicile, liv. I. ch. xxvij.

Rien n’empêche au moins (car il ne s’agit pas ici de se prévaloir d’exemples uniques & qui prouvent trop) ; rien n’empêche, dis-je, que l’autorité d’une femme dans le mariage ne puisse avoir lieu en vertu des conventions, entre des personnes d’une condition égale, à moins que le législateur ne défende toute exception à la loi, malgré le libre consentement des parties.

Le mariage est de sa nature un contrat ; & par conséquent dans tout ce qui n’est point défendu par la loi naturelle, les engagemens contractés entre le mari & la femme en déterminent les droits réciproques.

Enfin, pourquoi l’ancienne maxime, provisio hominis tollit provisionem legis, ne pourroit-elle pas être reçûe dans cette occasion, ainsi qu’on l’autorise dans les doüaires, dans le partage des biens, & en plusieurs autres choses, où la loi ne regne que quand les parties n’ont pas cru devoir stipuler différemment de ce que la loi prescrit ? Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Femme, (Morale.) ce nom seul touche l’ame, mais il ne l’éleve pas toûjours ; il ne fait naître que des idées agréables, qui deviennent un moment après des sensations inquietes, ou des sentimens tendres ; & le philosophe qui croit contempler, n’est bien-tôt qu’un homme qui desire, ou qu’un amant qui rêve.

Une femme se faisoit peindre ; ce qui lui manquoit pour être belle, étoit précisément ce qui la rendoit jolie. Elle vouloit qu’on ajoûtât à sa beauté, sans rien ôter à ses graces ; elle vouloit tout-à-la-fois, & que le peintre fût infidele, & que le portrait fût ressemblant : voilà ce qu’elles seront toutes pour l’écrivain qui doit parler d’elles.

Cette moitié du genre humain, comparée physiquement à l’autre, lui est supérieure en agrémens, inférieure en force. La rondeur des formes, la finesse des traits, l’éclat du teint, voilà ses attributs distinctifs.

Les femmes ne different pas moins des hommes par le cœur & par l’esprit, que par la taille & par la figure ; mais l’éducation a modifié leurs dispositions naturelles en tant de manieres, la dissimulation qui semble être pour elles un devoir d’état, a rendu leur ame si secrete, les exceptions sont en si grand nombre, si confondues avec les généralités, que plus on fait d’observations, moins on trouve de résultats.

Il en est de l’ame des femmes comme de leur beauté ; il semble qu’elles ne fassent appercevoir que pour laisser imaginer. Il en est des caracteres en général, comme des couleurs ; il y en a de primitives, il y en a de changeantes ; il y a des nuances à l’infini, pour passer de l’une à l’autre. Les femmes n’ont guere que des caracteres mixtes, intermédiaires ou variables ; soit que l’éducation altere plus leur naturel que le nôtre ; soit que la délicatesse de leur organisation fasse de leur ame une glace qui reçoit tous les objets, les rend vivement, & n’en conserve aucun.

Qui peut définir les femmes ? Tout à la vérité parle en elles, mais un langage équivoque. Celle qui paroît la plus indifférente, est quelquefois la plus sensible ; la plus indiscrete passe souvent pour la plus fausse : toûjours prévenus, l’amour ou le dépit dicte les jugemens que nous en portons ; & l’esprit le plus libre, celui qui les a le mieux étudiées, en croyant resoudre des problèmes, ne fait qu’en proposer de nouveaux. Il y a trois choses, disoit un bel esprit, que j’ai toûjours beaucoup aimées sans jamais y rien comprendre, la peinture, la musique, & les femmes.

S’il est vrai que de la foiblesse naît la timidité, de la timidité la finesse, & de la finesse la fausseté, il faut conclure que la vérité est une vertu bien estimable dans les femmes.

Si cette même délicatesse d’organes qui rend l’imagination des femmes plus vive, rend leur esprit moins capable d’attention, on peut dire qu’elles apperçoivent plus vîte, peuvent voir aussi bien, regardent moins long-tems.

Que j’admire les femmes vertueuses, si elles sont aussi fermes dans la vertu, que les femmes vicieuses me paroissent intrépides dans le vice !

La jeunesse des femmes est plus courte & plus brillante que celle des hommes ; leur vieillesse est plus fâcheuse & plus longue.

Les femmes sont vindicatives. La vengeance qui est l’acte d’une puissance momentanée, est une preuve de foiblesse. Les plus foibles & les plus timides doivent être cruelles : c’est la loi générale de la nature, qui dans tous les êtres sensibles proportionne le ressentiment au danger.

Comment seroient-elles discretes ? elles sont curieuses ; & comment ne seroient elles pas curieuses ? on leur fait mystere de tout : elles ne sont appellées ni au conseil, ni à l’exécution.

Il y a moins d’union entre les femmes qu’entre les hommes, parce qu’elles n’ont qu’un objet.

Distingués par des inégalités, les deux sexes ont des avantages presque égaux. La nature a mis d’un côté la force & la majesté, le courage & la raison ; de l’autre, les graces & la beauté, la finesse & le sentiment. Ces avantages ne sont pas toûjours incompatibles ; ce sont quelquefois des attributs différens qui se servent de contré poids, ce sont quelquefois les mêmes qualités, mais dans un degré différent. Ce qui est agrément ou vertu dans un sexe, est défaut ou difformité dans l’autre. Les différences de la nature devoient en mettre dans l’éducation ; c’est la main du statuaire qui pouvoit donner tant de prix à un morceau d’argile.

Pour les hommes qui partagent entre eux les emplois de la vie civile, l’état auquel ils sont destinés décide l’éducation & la différencie. Pour les femmes, l’éducation est d’autant plus mauvaise qu’elle est plus générale, & d’autant plus négligée qu’elle est plus utile. On doit être surpris que des ames si incultes puissent produire tant de vertus, & qu’il n’y germe pas plus de vices.

Des femmes qui ont renoncé au monde avant que de le connoître, sont chargées de donner des principes à celles qui doivent y vivre. C’est de-là que souvent une fille est menée devant un autel, pour s’imposer par serment des devoirs qu’elle ne connoît point, & s’unir pour toûjours à un homme qu’elle n’a jamais vû. Plus souvent elle est rappellée dans sa famille, pour y recevoir une seconde éducation qui renverse toutes les idées de la premiere, & qui portant plus sur les manieres que sur les mœurs, échange continuellement des diamans mal-taillés ou mal assortis, contre des pierres de composition.

C’est alors, c’est après avoir passé les trois quarts du jour devant un miroir & devant un clavecin, que Chloé entre avec sa mere dans le labyrinthe du monde : là son esprit errant s’égare dans mille détours, dont on ne peut sortir qu’avec le fil de l’expérience : là toûjours droite & silentieuse, sans aucune connoissance de ce qui est digne d’estime ou de mépris, elle ne sait que penser, elle craint de sentir, elle n’ose ni voir ni entendre ; ou plûtôt observant tout avec autant de curiosité que d’ignorance, voit souvent plus qu’il n’y en a, entend plus qu’on ne dit, rougit indécemment, soûrit à contre-sens, & sûre d’être également reprise de ce qu’elle a paru savoir & de ce qu’elle ignore, attend avec impatience dans la contrainte & dans l’ennui, qu’un changement de nom la mene à l’indépendance & au plaisir.

On ne l’entretient que de sa beauté, qui est un moyen simple & naturel de plaire, quand on n’en est point occupé ; & de la parure, qui est un système de moyens artificiels pour augmenter l’effet du premier, ou pour en tenir lieu, & qui le plus souvent ne fait ni l’un ni l’autre. L’éloge du caractere ou de l’esprit d’une femme est presque toûjours une preuve de laideur ; il semble que le sentiment & la raison ne soient que le supplément de la beauté. Après avoir formé Chloé pour l’amour, on a soin de lui en défendre l’usage.

La nature semble avoir conféré aux hommes le droit de gouverner. Les femmes ont eu recours à l’art pour s’affranchir. Les deux sexes ont abusé réciproquement de leurs avantages, de la force & de la beauté, ces deux moyens de faire des malheureux. Les hommes ont augmenté leur puissance naturelle par les lois qu’ils ont dictées ; les femmes ont augmenté le prix de leur possession par la difficulté de l’obtenir. Il ne seroit pas difficile de dire de quel côté est aujourd’hui la servitude. Quoi qu’il en soit, l’autorité est le but où tendent les femmes : l’amour qu’elles donnent les y conduit ; celui qu’elles prennent les en éloigne ; tâcher d’en inspirer, s’efforcer de n’en point sentir, ou de cacher du moins celui qu’elles sentent : voilà toute leur politique & toute leur morale.

Cet art de plaire, ce desir de plaire à tous, cette envie de plaire plus qu’une autre, ce silence du cœur, ce déréglement de l’esprit, ce mensonge continuel appellé coquetterie, semble être dans les femmes un caractere primitif, qui né de leur condition naturellement subordonnée, injustement servile, étendu, & fortifié par l’éducation, ne peut être affoibli que par un effort de raison, & détruit que par une grande chaleur de sentiment : on a même comparé ce caractere au feu sacré qui ne s’éteint jamais.

Voyez entrer Chloé sur la scene du monde ; celui qui vient de lui donner le droit d’aller seule, trop aimable pour aimer sa femme, ou trop disgracié de la nature, trop désigné par le devoir pour en être aimé, semble lui donner encore le droit d’en aimer un autre. Vaine & legere, moins empressée de voir que de se montrer, Chloé vole à tous les spectacles, à toutes les fêtes : à peine y paroît-elle, qu’elle est entourée de ces hommes, qui confians & dédaigneux, sans vertus & sans talens, séduisent les femmes par des travers, mettent leur gloire à les deshonorer, se font un plaisir de leur desespoir, & qui par les indiscrétions, les infidélités & les ruptures, semblent augmenter chaque jour le nombre de leurs bonnes fortunes ; espece d’oiseleurs qui font crier les oiseaux qu’ils ont pris pour en appeller d’autres.

Suivez Chloé au milieu de cette foule empressée ; c’est la coquette venue de l’île de Crete au temple de Gnide ; elle soûrit à l’un, parle à l’oreille à l’autre, soutient son bras sur un troisieme, fait signe à deux autres de la suivre : l’un d’eux lui par le-t-il de son amour ? c’est Armide, elle le quitte en ce moment, elle le rejoint un moment après, & puis le quitte encore : sont-ils jaloux les uns des autres ? c’est la Célimene du Misantrope, elle les rassûre tour-à-tour par le mal qu’elle dit à chacun d’eux de ses rivaux ; ainsi mêlant artificieusement les dédains & les préférences, elle reprime la témérité par un regard sévere, elle ranime l’espérance avec un soûris tendre : c’est la femme trompeuse d’Archiloque, qui tient l’eau d’une main & le feu de l’autre.

Mais plus les femmes ont perfectionné l’art de faire desirer, espérer, poursuivre ce qu’elles ont résolu de ne point accorder ; plus les hommes ont multiplié les moyens d’en obtenir la possession : l’art d’inspirer des desirs qu’on ne veut point satisfaire, a tout-au-plus produit l’art de feindre des sentimens qu’on n’a pas. Chloé ne veut se cacher qu’après avoir été vûe ; Damis sait l’arrêter en feignant de ne la point voir : l’un & l’autre, après avoir parcouru tous les détours de l’art, se retrouvent enfin où la nature les avoit placés.

Il y a dans tous les cœurs un principe secret d’union. Il y a un feu qui, caché plus ou moins longtems, s’allume à notre insû, s’étend d’autant plus qu’on fait plus d’efforts pour l’éteindre, & qui ensuite s’éteint malgré nous. Il y a un germe où sont renfermés la crainte & l’espérance, la peine & le plaisir, le mystere & l’indiscrétion ; qui contient les querelles & les raccommodemens, les plaintes & les ris, les larmes douces & ameres : répandu partout, il est plus ou moins prompt à se développer, selon les secours qu’on lui prête, & les obstacles qu’on lui oppose.

Comme un foible enfant qu’elle protege, Chloé prend l’Amour sur ses genoux, badine avec son arc, se joue avec ses traits, coupe l’extrémité de ses ailes, lui lie les mains avec des fleurs ; & déjà prise elle-même dans des liens qu’elle ne voit pas, se croit encore en liberté. Tandis qu’elle l’approche de son sein, qu’elle l’écoute, qu’elle lui sourit, qu’elle s’amuse également & de ceux qui s’en plaignent & de celles qui en ont peur, un charme involontaire la fait tout-à-coup le presser dans ses bras, & déjà l’amour est dans son cœur : elle n’ose encore s’avoüer qu’elle aime, elle commence à penser qu’il est doux d’aimer. Tous ces amans qu’elle traîne en triomphe à sa suite, elle sent plus d’envie de les écarter qu’elle n’eut de plaisir à les attirer. Il en est un sur qui ses yeux se portent sans cesse, dont ils se détournent toûjours. On diroit quelquefois qu’elle s’apperçoit à peine de sa présence, mais il n’a rien fait qu’elle n’ait vû. S’il parle, elle ne paroît point l’écouter ; mais il n’a rien dit qu’elle n’ait entendu : lui parle-t-elle au contraire ? sa voix devient plus timide, ses expressions sont plus animées. Va-t-elle au spectacle, est-il moins en vûe ? il est pourtant le premier qu’elle y voit, son nom est toûjours le dernier qu’elle prononce. Si le sentiment de son cœur est encore ignoré, ce n’est plus que d’elle seule ; il a été dévoilé par tout ce qu’elle a fait pour le cacher ; il s’est irrité par tout ce qu’elle a fait pour l’éteindre : elle est triste, mais sa tristesse est un des charmes de l’amour. Elle cesse enfin d’être coquette à mesure qu’elle devient sensible, & semble n’avoir tendu perpétuellement des piéges que pour y tomber elle-même.

J’ai lû que de toutes les passions, l’amour est celle qui sied le mieux aux femmes ; il est du moins vrai qu’elles portent ce sentiment, qui est le plus tendre caractere de l’humanité, à un degré de délicatesse & de vivacité où il y a bien peu d’hommes qui puissent atteindre. Leur ame semble n’avoir été faite que pour sentir, elles semblent n’avoir été formées que pour le doux emploi d’aimer. A cette passion qui leur est si naturelle, on donne pour antagoniste une privation qu’on appelle l’honneur ; mais on a dit, & il n’est que trop vrai, que l’honneur semble n’avoir été imaginé que pour être sacrifié.

A peine Chloé a-t-elle prononcé le mot fatal à sa liberté, qu’elle fait de son amant l’objet de toutes ses vûes, le but de toutes ses actions, l’arbitre de sa vie. Elle ne connoissoit que l’amusement & l’ennui, elle ignoroit la peine & le plaisir. Tous ses jours sont pleins, toutes ses heures sont vivantes, plus d’intervalles languissans ; le tems, toûjours trop lent ou trop rapide pour elle, coule cependant à son insû ; tous ces noms si vains, si chers, ce doux commerce de regards & de soûrires, ce silence plus éloquent que la parole, mille souvenirs, mille projets, mille idées, mille sentimens, viennent à tous les instans renouveller son ame & étendre son existence ; mais la derniere preuve de sa sensibilité est la premiere époque de l’inconstance de son amant. Les nœuds de l’amour ne peuvent-ils donc jamais se resserrer d’un côté, qu’ils ne se relâchent de l’autre ?

S’il est parmi les hommes quelques ames privilégiées en qui l’amour, loin d’être affoibli par les plaisirs, semble emprunter d’eux de nouvelles forces, pour la plûpart c’est une fausse jouissance qui, précédée d’un desir incertain, est immédiatement suivie d’un dégoût marqué, qu’accompagne encore trop souvent la haine ou le mépris. On dit qu’il croît sur le rivage d’une mer, des fruits d’une beauté rare, qui, dès qu’on y touche, tombent en poussiere : c’est l’image de cet amour éphémere, vaine saillie de l’imagination, fragile ouvrage des sens, foible tribut qu’on paye à la beauté. Quand la source des plaisirs est dans le cœur, elle ne tarit point ; l’amour fondé sur l’estime est inaltérable, il est le charme de la vie & le prix de la vertu.

Uniquement occupée de son amant, Chloé s’apperçoit d’abord qu’il est moins tendre, elle soupçonne bientôt qu’il est infidele ; elle se plaint, il la rassûre ; il continue d’avoir des torts, elle recommence à se plaindre ; les infidélités se succedent d’un côté, les reproches se multiplient de l’autre : les querelles sont vives & fréquentes, les broüilleries longues, les raccommodemens froids ; les rendez-vous s’éloignent, les têtes-à-têtes s’abregent, toutes les larmes sont ameres. Chloé demande justice à l’Amour. Qu’est devenue, dit-elle, la foi des sermens....? Mais c’en est fait, Chloé est quittée ; elle est quittée pour une autre, elle est quittée avec éclat.

Livrée à la honte & à la douleur, elle fait autant de sermens de n’aimer jamais, qu’elle en avoit fait d’aimer toûjours ; mais quand une fois on a vécu pour l’amour, on ne peut plus vivre que pour lui. Quand il s’établit dans une ame, il y répand je ne sai quel charme qui altere la source de tous les autres plaisirs ; quand il s’envole, il y laisse toute l’horreur du desert & de la solitude : c’est sans doute ce qui a fait dire qu’il est plus facile de trouver une femme qui n’ait point eu d’engagement, que d’en trouver qui n’en ait eu qu’un.

Le desespoir de Chloé se change insensiblement en une langueur qui fait de tous ses jours un tissu d’ennuis ; accablée du poids de son existence, elle ne sait plus que faire de la vie, c’est un rocher aride auquel elle est attachée. Mais d’anciens amans rentrent chez elle avec l’espérance, de nouveaux se déclarent, des femmes arrangent des soupers ; elle consent à se distraire, elle finit par se consoler. Elle a fait un nouveau choix qui ne sera guere plus heureux que le premier, quoique plus volontaire, & qui bientôt sera suivi d’un autre. Elle appartenoit à l’amour, la voilà qui appartient au plaisir ; ses sens étoient à l’usage de son cœur, son esprit est à l’usage de ses sens : l’art, si facile à distinguer par-tout ailleurs de la nature, n’en est ici séparé que par une nuance imperceptible : Chloé s’y méprend quelquefois elle-même ; eh qu’importe que son amant y soit trompé, s’il est heureux ! Il en est des mensonges de la galanterie comme des fictions de théatre, où la vraissemblance a souvent plus d’attraits que la vérité.

Horace fait ainsi la peinture des mœurs de son tems, od. vj. l. III. « A peine une fille est-elle sortie des jeux innocens de la tendre enfance, qu’elle se plaît à étudier des danses voluptueuses, & tous les arts & tous les mysteres de l’amour. A peine une femme est-elle assise à la table de son mari, que d’un regard inquiet elle y cherche un amant ; bientôt elle ne choisit plus, elle croit que dans l’obscurité tous les plaisirs sont légitimes ». Bientôt aussi Chloé arrivera à ce dernier période de la galanterie. Déjà elle fait donner à la volupté toutes les apparences du sentiment, à la complaisance tous les charmes de la volupté. Elle sait également & dissimuler des desirs & feindre des sentimens, & composer des ris & verser des larmes. Elle a rarement dans l’ame ce qu’elle a dans les yeux ; elle n’a presque jamais sur les levres, ni ce qu’elle a dans les yeux, ni ce qu’elle a dans l’ame : ce qu’elle a fait en secret, elle se persuade ne l’avoir point fait ; ce qu’on lui a vû faire, elle sait persuader qu’on ne l’a point vû ; & ce que l’artifice des paroles ne peut justifier, ses larmes le font excuser, ses caresses le font oublier.

Les femmes galantes ont aussi leur morale. Chloé s’est fait un code où elle a dit qu’il est malhonnête à une femme, quelque goût qu’on ait pour elle, quelque passion qu’on lui témoigne, de prendre l’amant d’une femme de sa société. Il y est dit encore qu’il n’y a point d’amours éternels ; mais qu’on ne doit jamais former un engagement, quand on en prévoit la fin. Elle a ajoûté qu’entre une rupture & un nouveau nœud, il faut un intervalle de six mois ; & tout de suite elle a établi qu’il ne faut jamais quitter un amant sans lui avoir désigné un successeur.

Chloé vient enfin à penser qu’il n’y a qu’un engagement solide, ou ce qu’elle appelle une affaire suivie, qui perde une femme. Elle se conduit en conséquence ; elle n’a plus que de ces goûts passagers qu’elle appelle fantaisies, qui peuvent bien laisser former un soupçon, mais qui ne lui donnent jamais le tems de se changer en certitude. Le public porte à peine la vûe sur un objet, qu’il lui échappe, déjà remplacé par un autre ; je n’ose dire que souvent il s’en présente plusieurs tout-à-la-fois. Dans les fantaisies de Chloé, l’esprit est d’abord subordonné à la figure, bientôt la figure est subordonnée à la fortune ; elle néglige à la cour ceux qu’elle a recherchés à la ville, méconnoît à la ville ceux qu’elle a prévenus à la campagne ; & oublie si parfaitement le soir la fantaisie du matin, qu’elle en fait presque douter celui qui en a été l’objet. Dans son dépit il se croit dispensé de taire ce qu’on l’a dispensé de mériter, oubliant à son tour qu’une femme a toûjours le droit de nier ce qu’un homme n’a jamais le droit de dire. Il est bien plus sûr de montrer des desirs à Chloé, que de lui déclarer des sentimens : quelquefois elle permet encore des sermens de constance & de fidélité ; mais qui la persuade est mal-adroit, qui lui tient parole est perfide. Le seul moyen qu’il y auroit de la rendre constante, seroit peut-être de lui pardonner d’être infidelle ; elle craint plus la jalousie que le parjure, l’importunité que l’abandon. Elle pardonne tout à ses amans, & se permet tout à elle-même, excepté l’amour.

Plus que galante, elle croit cependant n’être que coquette. C’est dans cette persuasion qu’à une table de jeu, alternativement attentive & distraite, elle répond du genou à l’un, serre la main à l’autre en loüant ses dentelles, & jette en même tems quelques mots convenus à un troisieme. Elle se dit sans préjugés, parce qu’elle est sans principes ; elle s’arroge le titre d’honnête homme, parce qu’elle a renoncé à celui d’honnête femme ; & ce qui pourra vous surprendre, c’est que dans toute la variété de ses fantaisies le plaisir lui serviroit rarement d’excuse.

Elle a un grand nom, & un mari facile : tant qu’elle aura de la beauté ou des graces, ou du moins les agrémens de la jeunesse, les desirs des hommes, la jalousie des femmes, lui tiendront lieu de considération. Ses travers ne l’exileront de la société, que lorsqu’ils seront confirmés par le ridicule. Il arrive enfin ce ridicule, plus cruel que le deshonneur. Chloé cesse de plaire, & ne veut point cesser d’aimer ; elle veut toûjours paroître, & personne ne veut se montrer avec elle. Dans cette position, sa vie est un sommeil inquiet & pénible, un accablement profond, mêlé d’agitations ; elle n’a guere que l’alternative du bel-esprit ou de la dévotion. La véritable dévotion est l’asyle le plus honnête pour les femmes galantes ; mais il en est peu qui puissent passer de l’amour des hommes à l’amour de Dieu : il en est peu qui pleurant de regret, sachent se persuader que c’est de repentir ; il en est peu même qui, après avoir affiché le vice, puissent se déterminer à feindre du moins la vertu.

Il en est beaucoup moins qui puissent passer du temple de l’amour dans le sanctuaire des muses, & qui gagnent à se faire entendre, ce qu’elles perdent à se laisser voir. Quoi qu’il en soit, Chloé qui s’est tant de fois égarée, courant toûjours après de vains plaisirs, & s’éloignant toûjours du bonheur, s’égare encore en prenant une nouvelle route. Après avoir perdu quinze ou vingt ans à lorgner, à persiffler, à minauder, à faire des nœuds & des tracasseries ; après avoir rendu quelque honnête-homme malheureux, s’être livrée à un fat, s’être prêtée à une foule de sots, cette folle change de rôle, passe d’un théatre sur un autre ; & ne pouvant plus être Phryné, croit pouvoir être Aspasie.

Je suis sûr qu’aucune femme ne se reconnoîtra dans le portrait de Chloé ; en effet il y en a peu dont la vie ait eu ses périodes aussi marqués.

Il est une femme qui a de l’esprit pour se faire aimer, non pour se faire craindre, de la vertu pour se faire estimer, non pour mépriser les autres ; assez de beauté pour donner du prix à sa vertu. Egalement éloignée de la honte d’aimer sans retenue, du tourment de n’oser aimer, & de l’ennui de vivre sans amour, elle a tant d’indulgence pour les foiblesses de son sexe, que la femme la plus galante lui pardonne d’être fidele ; elle a tant de respect pour les bienséances, que la plus prude lui pardonne d’être tendre. Laissant aux folles dont elle est entourée, la coquetterie, la frivolité, les caprices, les jalousies, toutes ces petites passions, toutes ces bagatelles qui rendent leur vie nulle ou contentieuse ; au milieu de ces commerces contagieux, elle consulte toûjours son cœur qui est pur, & sa raison qui est saine, préférablement à l’opinion, cette reine du monde, qui gouverne si despotiquement les insensés & les sots. Heureuse la femme qui possede ces avantages, plus heureux celui qui possede le cœur d’une telle femme !

Enfin il en est une autre plus solidement heureuse encore ; son bonheur est d’ignorer ce que le monde appelle les plaisirs, sa gloire est de vivre ignorée. Renfermée dans les devoirs de femme & de mere, elle consacre ses jours à la pratique des vertus obscures : occupée du gouvernement de sa famille, elle regne sur son mari par la complaisance, sur ses enfans par la douceur, sur ses domestiques par la bonté : sa maison est la demeure des sentimens religieux, de la piété filiale, de l’amour conjugal, de la tendresse maternelle, de l’ordre, de la paix intérieure, du doux sommeil, & de la santé : économe & sédentaire, elle en écarte les passions & les besoins ; l’indigent qui se présente à sa porte, n’en est jamais repoussé ; l’homme licentieux ne s’y présente point. Elle a un caractere de reserve & de dignité qui la fait respecter, d’indulgence & de sensibilité qui la fait aimer, de prudence & de fermeté qui la fait craindre ; elle répand autour d’elle une douce chaleur, une lumiere pure qui éclaire & vivifie tout ce qui l’environne. Est-ce la nature qui l’a placée, ou la raison qui l’a conduite au rang suprème où je la vois ? Cet article est de M. Desmahis.

Femme, (Jurisp.) on comprend en général sous ce terme, toutes les personnes du sexe féminin, soit filles, femmes mariées ou veuves ; mais à certains égards les femmes sont distinguées des filles, & les veuves des femmes mariées.

Toutes les femmes & filles sont quelquefois comprises sous le terme d’hommes. L. 1. & 152. ff. de verb. signif.

La condition des femmes en général est néanmoins différente en plusieurs choses de celle des hommes proprement dits.

Les femmes sont plûtôt nubiles que les hommes, l’âge de puberté est fixé pour elles à douze ans ; leur esprit est communément formé plûtôt que celui des hommes, elles sont aussi plûtôt hors d’état d’avoir des enfans : citiùs pubescunt, citiùs senescunt.

Les hommes, par la prérogative de leur sexe & par la force de leur tempérament, sont naturellement capables de toutes sortes d’emplois & d’engagemens ; au lieu que les femmes, soit à cause de la fragilité de leur sexe & de leur délicatesse naturelle, sont excluses de plusieurs fonctions, & incapables de certains engagemens.

D’abord, pour ce qui regarde l’état ecclésiastique, les femmes peuvent être chanoinesses, religieuses, abbesses d’une abbaye de filles ; mais elles ne peuvent posséder d’évêché ni d’autres bénéfices, ni être admises aux ordres ecclésiastiques, soit majeurs ou mineurs. Il y avoit néanmoins des diaconesses dans la primitive Eglise, mais cet usage ne subsiste plus.

Dans certains états monarchiques, comme en France, les femmes, soit filles, mariées ou veuves, ne succedent point à la couronne.

Les femmes ne sont pas non plus admises aux emplois militaires ni aux ordres de chevalerie, si ce n’est quelques-unes, par des considérations particulieres.

Suivant le droit romain, qui est en ce point suivi dans tout le royaume, les femmes ne sont point admises aux charges publiques ; ainsi elles ne peuvent faire l’office de juge, ni exercer aucune magistrature, ni faire la fonction d’avocat ou de procureur. L. 2. ff. de regul. jur.

Elles faisoient autrefois l’office de pair, &, en cette qualité, siégeoient au parlement. Présentement elles peuvent bien posséder un duché-fémelle & en prendre le titre, mais elles ne font plus l’office de pair. Voyez Pair & Pairie.

Autrefois en France les femmes pouvoient être arbitres, elles rendoient même en personne la justice dans leurs terres ; mais depuis que les seigneurs ne sont plus admis à rendre la justice en personne, les femmes ne peuvent plus être juges ni arbitres.

Elles peuvent néanmoins faire la fonction d’experts, en ce qui est de leur connoissance, dans quelqu’art ou profession qui est propre à leur sexe.

On voit dans les anciennes ordonnances, que c’étoit autrefois une femme qui faisoit la fonction de bourreau pour les femmes, comme lorsqu’il s’agit d’en fustiger quelqu’une Voyez ci-dev. au mot Exécuteur de la Haute-Justice.

On ne les peut nommer tutrices ou curatrices que de leurs propres enfans ou petits-enfans ; il y a néanmoins des exemples qu’une femme a été nommée curatrice de son mari prodigue, furieux & interdit.

Les femmes sont exemptes de la collecte des tailles & autres impositions.

Mais elles ne sont point exemptes des impositions, ni des corvées ou autres charges, soit réelles ou personnelles. La corvée d’une femme est évaluée à 6 deniers par la coûtume de Troyes, article 192. & celle d’un homme à 12 deniers.

Quelques femmes & filles ont été admises dans les académies littéraires ; il y en a même eu plusieurs qui ont reçû le bonnet de docteur dans les universités. Hélene-Lucrece Piscopia Cornara demanda le doctorat en Théologie dans l’université de Padoue ; le cardinal Barbarigo, évêque de Padoue, s’y opposa : elle fut réduite à se contenter du doctorat en Philosophie, qui lui fut conféré avec l’applaudissement de tout le monde, le 25 Juin 1678. Bayle, œuvres, tome I. p. 361. La demoiselle Patin y reçut aussi le même grade ; & le 10 Mai 1732, Laure Bassi, bourgeoise de la ville de Boulogne, y reçut le doctorat en Medecine en présence du sénat, du cardinal de Polignac, de deux évêques, de la principale noblesse, & du corps des docteurs de l’université. Enfin en 1750, la signora Maria-Gaetana Agnesi fut nommée pour remplir publiquement les fonctions de professeur de Mathématique à Boulogne en Italie.

On ne peut prendre des femmes pour témoins dans des testamens, ni dans des actes devant notaires ; mais on les peut entendre en déposition, tant en matiere civile que criminelle. Voyez l’édit du 15 Novembre 1394 ; Joly, aux addit. t. II. p. 20. Fontanon, xxxjx. tome I. page 618. le Prêtre, cant. III. ch.

On dit vulgairement qu’il faut deux femmes pour faire un témoin : ce n’est pas néanmoins que les dépositions des femmes se comptent dans cette proportion arithmétique, relativement aux dépositions des hommes, cela est seulement fondé sur ce que le témoignage des femmes en général est leger & sujet à variation ; c’est pourquoi l’on y a moins d’égard qu’aux dépositions des hommes : il dépend de la prudence du juge d’ajoûter plus ou moins de foi aux dépositions des femmes, selon la qualité de celles qui déposent, & les autres circonstances.

Il y a des maisons religieuses, communautés & hôpitaux pour les femmes & filles, dont le gouvernement est confié à des femmes.

On ne reçoit point de femmes dans les corps & communautés d’hommes, tels que les communautés de marchands & artisans ; car les femmes qui se mêlent du commerce & métier de leur mari, ne sont pas pour cela réputées marchandes publiques : mais dans plusieurs de ces communautés, les filles de maîtres ont le privilége de communiquer la maîtrise à celui qu’elles épousent ; & les veuves de maître ont le droit de continuer le commerce & métier de leur mari, tant qu’elles restent en viduité ; ou si c’est un art qu’une femme ne puisse exercer, elles peuvent loüer leur privilége, comme font les veuves de chirurgien.

Il y a certains commerces & métiers affectés aux femmes & filles, lesquelles forment entr’elles des corps & communautés qui leur sont propres, comme les Matrones ou Sages femmes, les marchandes Lingeres, les marchandes de Marée, les marchandes Grainieres, les Couturieres, Bouquetieres, &c.

Les femmes ne sont point contraignables par corps pour dettes civiles, si ce n’est qu’elles soient marchandes publiques, ou pour stellionat procédant de leur fait. Voyez Contrainte par corps.

On a fait en divers tems des lois pour réprimer le luxe des femmes, dont la plus ancienne est la loi Oppia. Voyez Loi Oppia & Luxe.

Il y a aussi quelques reglemens particuliers pour la sépulture des femmes ; dans l’abbaye de S. Bertin on n’en inhumoit aucune. Voyez la chronologie des souverains d’Artois, dans le commentaire de Maillart, article des propriétaires, n. 3. de l’édit. de 1704. (A)

Femme Amoureuse, est le nom que l’on donnoit anciennement aux femmes publiques, comme on le voit dans deux comptes du receveur du domaine de Paris, des années 1428 & 1446, rapportés dans les antiquités de Sauval : on trouve aussi dans un ancien style du châtelet, imprimé en gothique, une ordonnance de l’an 1483, laquelle défend, art. 3. au prevôt de Paris de prendre pour lui les ceintures, joyaux, habits, ou autres paremens défendus aux fillettes & femmes amoureuses ou dissolues. (A)

Femme authentiquée, est celle qui pour cause d’adultere, a été condamnée aux peines portées par l’authentique sed hodie, au code ad legem Juliam, de adulteriis.

Ces peines sont, que la femme après avoir été foüettée, doit être enfermée dans un monastere pendant deux ans. Dans cet espace de tems il est permis au mari de la reprendre ; ce tems écoulé, ou le mari étant décedé sans avoir repris sa femme, elle doit être rasée & voilée, & demeurer cloîtrée sa vie durant. Si elle a des enfans, on leur accorde les deux tiers du bien de la mere, & l’autre tiers au monastere. S’il n’y a point d’enfans, en ce cas les pere & mere ont un tiers de la dot, & le monastere les deux autres tiers ; s’il n’y a ni enfans, ni pere & mere, toute la dot est appliquée au profit du monastere ; mais dans tous les cas on réserve au mari les droits qu’il avoit sur la dot. (A)

Femme autorisée, est celle à laquelle l’autorisation ou habilitation nécessaire, soit pour contracter ou pour ester en jugement, a été accordée, soit par son mari, soit par justice au-refus de son mari. Une femme qui plaide en séparation, se fait autoriser par justice à la poursuite de ses droits. Voyez Autorisation, Femme séparée, Séparation. (A)

Femme commune en Biens ou commune simplement, est celle qui, soit en vertu de son contrat de mariage ou en vertu de la coûtume, est en communauté de biens avec son mari.

Femme non commune, est celle qui a été mariée suivant une coûtume ou loi qui n’admet point la communauté de biens entre conjoints, ou par le contrat de mariage, de laquelle la communauté a été excluse.

Il y a différence entre une femme séparée de biens & une femme non commune ; la premiere joüit de son bien à part & divis de son mari, au lieu que le mari joüit du bien de la femme non commune ; mais il n’y a point de communauté entr’eux. Voyez Communauté de biens, Rénonciation à la communauté, Séparation de biens. (A)

Femme convolant en secondes Noces, est celle qui se remarie. Voyez Mariage & secondes Noces. (A)

Femme de corps, est celle qui est de condition serve. Voyez la coûtume de Meaux, art. 31. celle de Bar, art. 72. & au mot Gens de corps. (A)

Femme cottiere ou coûtumiere, c’est une femme de condition roturiere. Voyez la coûtume d’Artois, art. 1.

Femme coûtumiere. Voyez ci-devant Femme cottiere.

Femme Délaissée, se dit en quelques provinces pour femme veuve ; femme délaissée d’un tel ; en d’autres pays on dit relicte, quasi derelicta. (A)

Femme divorcée, dans la coûtume de Hainaut signifie femme séparée d’avec son mari, ce qui est conforme au droit canon où le mot divortium est souvent employé pour exprimer la séparation, soit de corps & de biens, soit de biens seulement. (A)

Femme douairiere, est celle qui joüit d’un doüaire. Voyez Douaire & l’article suivant. (A)

Femme douairée, comme il est dit dans quelques coûtumes, est celle à laquelle la coûtume ou le contrat de mariage accorde un doüaire, soit coûtumier ou préfix, au lieu que la femme doüairiere est celle qui joüit actuellement de son doüaire. (A)

Femme Franche, signifie ordinairement une femme qui est de condition libre & non serve ; mais dans la coûtume de Cambray, tit. j. art. 6. une femme franche est celle qui possede un fief qu’elle a acquis avant son mariage, ou qu’elle a eu par succession héréditaire depuis qu’elle est mariée, & qui par le moyen de la franchise de ce fief, succede en tous biens meubles à son mari prédécédé sans enfans. (A)

Femme jouissante de ses Droits, est celle qui est séparée de biens d’avec son mari, soit par contrat de mariage soit par justice, de maniere qu’elle est maîtresse de ses droits, & qu’elle en peut disposer sans le consentement & l’autorisation de son mari. (A)

Femme Lige, est celle qui possede un fief qui est chargé du service militaire. Voyez ci-après Fief lige, Homme lige, & Lige. (A)

Femme Mariée, est celle qui est unie avec un homme par les liens sacrés du mariage.

Pour connoître de quelle maniere la femme doit être considérée dans l’état du mariage, nous n’aurons point recours à ce que certains critiques ont écrit contre les femmes ; nous consulterons une source plus pure, qui est l’Ecriture même.

Le Créateur ayant déclaré qu’il n’étoit pas bon à l’homme d’être seul, résolut de lui donner une compagne & une aide, adjutorium simile sibi. Adam ayant vû Eve, dit que c’étoit l’os de ses os & la chair de sa chair ; & l’Ecriture ajoûte que l’homme quittera son pere & sa mere pour demeurer avec sa femme, & qu’ils ne seront plus qu’une même chair.

Adam interrogé par le Créateur, qualifioit Eve de sa compagne, mulier quam dedisti mihi sociam. Dieu dit à Eve, que pour peine de son péché elle seroit sous la puissance de son mari, qui domineroit sur elle : & sub viri potestate eris, & ipse dominabitur tui.

Les autres textes de l’ancien Testament ont tous sur ce point le même esprit.

S. Paul s’explique aussi à-peu-près de même dans son épître aux Ephésiens, ch. v. il veut que les femmes soient soûmises à leur mari comme à leur seigneur & maître, parce que, dit-il, le mari est le chef de la femme, de même que J. C. est le chef de l’Eglise ; & que comme l’Eglise est soûmise à J. C. de même les femmes doivent l’être en toutes choses à leurs maris : il ordonne aux maris d’aimer leurs femmes, & aux femmes de craindre leurs maris.

Ainsi, suivant les lois anciennes & nouvelles, la femme mariée est soûmise à son mari ; elle est in sacris mariti, c’est-à-dire en sa puissance, de sorte qu’elle doit lui obéir ; & si elle manque aux devoirs de son état, il peut la corriger modérément.

Ce droit de correction étoit déjà bien restreint par les lois du code, qui ne veulent pas qu’un mari puisse frapper sa femme.

Les anciennes lois des Francs rendoient les maris beaucoup plus absolus ; mais les femmes obtinrent des priviléges pour n’être point battues : c’est ainsi que les ducs de Bourgogne en ordonnerent dans leur pays ; les statuts de Ville-Franche en Beaujolois font la même défense de battre les femmes.

Présentement en France un mari ne peut guere impunément châtier sa femme, vû que les sévices & les mauvais traitemens forment pour la femme un moyen de séparation.

Le principal effet de la puissance que le mari a sur sa femme, est qu’elle ne peut s’obliger, elle ni ses biens, sans le consentement & l’autorisation de son mari, si ce n’est pour ses biens paraphernaux dont elle est maîtresse.

Elle ne peut aussi ester en jugement en matiere civile, sans être autorisée de son mari, ou par justice à son refus.

Mais elle peut tester sans autorisation, parce que le testament ne doit avoir son effet que dans un tems où la femme cesse d’être en la puissance de son mari.

La femme doit garder fidélité à son mari ; celle qui commet adultere, encourt les peines de l’authentique sed hodie. Voyez Adultere, Authentique, & .

Chez les Romains, une femme mariée qui se livroit à un esclave, devenoit elle-même esclave, & leurs enfans étoient réputés affranchis, suivant un édit de l’empereur Claude ; cette loi fut renouvellée par Vespasien, & subsista long-tems dans les Gaules.

Une femme dont le mari est absent, ne doit pas se remarier qu’il n’y ait nouvelle certaine de la mort de son mari. Il y a cependant une bulle d’un pape, pour la Pologne, qui permet aux femmes de ce royaume de se remarier en cas de longue absence de leur mari, quoiqu’on n’ait point de certitude de leur mort, ce qui est regardé comme un privilége particulier à la Pologne.

Un homme ne peut avoir à la fois qu’une seule femme légitime, le mariage ayant été ainsi reglé d’institution divine, masculum & fæminam creavit eos, à quoi les lois de l’Eglise sont conformes.

La pluralité des femmes qui étoit autrefois tolérée chez les Juifs, n’avoit pas lieu de la même maniere chez les Romains & dans les Gaules. Un homme pouvoit avoir à la fois plusieurs concubines, mais il ne pouvoit avoir qu’une femme ; ces concubines étoient cependant différentes des maîtresses, c’étoient des femmes épousées moins solennellement.

Quant à la communauté des femmes, qui avoit lieu à Rome, cette coûtume barbare commença long-tems après Numa : elle n’étoit pas générale. Caton d’Utique prêta sa femme Martia à Hortensius pour en avoir des enfans ; il en eut en effet d’elle plusieurs ; & après sa mort, Martia, qu’il avoit fait son héritiere, retourna avec Caton qui la reprit pour femme : ce qui donna occasion à César de reprocher à Caton qu’il l’avoit donnée pauvre, avec dessein de la reprendre quand elle seroit devenue riche.

Parmi nous les femmes mariées portent le nom de leurs maris ; elles ne perdent pourtant pas absolument le leur, il sert toûjours à les désigner dans tous les actes qu’elles passent, en y ajoûtant leur qualité de femme d’un tel ; & elles signent leurs noms de bapteme & de famille auxquels elles ajoûtent ordinairement celui de leur mari.

La femme suit la condition de son mari, tant pour la qualité que pour le rang & les honneurs & priviléges ; c’est ce que la loi 21. au code de donat. inter vir. & ux. exprime par ces mots, uxor radiis maritalibus coruscat.

Celle qui étant roturiere épouse un noble, participe au titre & aux priviléges de noblesse, non-seulement tant que le mariage subsiste, mais même après la mort de son mari tant qu’elle reste en viduité.

Les titres de dignité du mari se communiquent à la femme : on appelle duchesse, marquise, comtesse, la femme d’un duc, d’un marquis, d’un comte ; la femme d’un maréchal de France prend le titre de maréchale ; la femme de chancelier, premier président, présidens, avocats, & procureurs généraux, & autres principaux officiers de judicature, prennent de même les titres de chanceliere, première présidente, &c.

Au contraire celle qui étant noble épouse un roturier, est déchue des priviléges de noblesse tant que ce mariage subsiste ; mais si elle devient veuve, elle rentre dans ses priviléges, pourvû qu’elle vive noblement.

La femme du patron & du seigneur haut-justicier participe aux droits honorifiques dont ils joüissent ; elle est recommandée aux prieres nominales, & reçoit après eux l’encens, l’eau-benite, le pain-beni ; elle suit son mari à la procession, elle a droit d’être inhumée au chœur.

Le mari étant le chef de sa femme, & le maître de toutes les affaires, c’est à lui à choisir le domicile : on dit néanmoins communément que le domicile de la femme est celui du mari ; ce qui ne signifie pas que la femme soit la maîtresse de choisir son domicile, mais que le lieu où la femme demeure du consentement de son mari est réputé le domicile de l’un & de l’autre ; ce qui a lieu principalement lorsque le mari, par son état, n’a pas de résidence fixe.

Au reste la femme est obligée de suivre son mari partout où il juge à-propos d’aller. On trouve dans le code Frédéric, part. I. liv. I. tit. viij. §. 3. trois exceptions à cette regle : la premiere est pour le cas où l’on auroit stipulé par contrat de mariage, que la femme ne seroit pas tenue de suivre son mari s’il vouloit s’établir ailleurs ; mais cette exception n’est pas de notre usage : les deux autres sont, si c’étoit pour crime que le mari fût obligé de changer de domicile, ou qu’il fût banni du pays.

Chez les Romains, les femmes mariées avoient trois sortes de biens ; savoir, les biens dotaux, les paraphernaux, & un troisieme genre de bien que l’on appelloit res receptitias ; c’étoient les choses que la femme avoit apportées dans la maison de son mari pour son usage particulier, la femme en tenoit un petit registre sur lequel le mari reconnoissoit que sa femme, outre sa dot, lui avoit apporté tous les effets couchés sur ce registre, afin que la femme, après la dissolution du mariage, pût les reprendre.

La femme avoit droit de reprendre sur les biens de son mari prédécédé, une donation à cause de nôces égale à sa dot.

L’ancienne façon des Francs étoit d’acheter leurs femmes, tant veuves que filles ; le prix étoit pour les parens, & à leur défaut au roi, suivant le tit. lxvj. de la loi salique. La même chose avoit été ordonnée par Licurgue à Lacédemone, & par Frothon roi de Danemark.

Sous la premiere & la seconde race de nos rois, les maris ne recevoient point de dot de leurs femmes, elles leur donnoient seulement quelques armes, mais ils ne recevoient d’elles ni terres ni argent. Voyez ce qui a été dit au mot Dot.

Présentement on distingue suivant quelle loi la femme a été mariée.

Si c’est suivant la loi des pays de droit écrit, la femme se constitue ordinairement en dot ses biens en tout ou partie, & quelquefois elle se les reserve en paraphernal aussi en tout ou partie.

En pays coûtumier tous les biens d’une femme mariée sont réputés dotaux ; mais elle ne les met pas toûjours tous en communauté, elle en stipule une partie propre à elle & aux siens de son côté & ligne.

On dit qu’une femme est mariée suivant la coûtume de Paris, ou suivant quelqu’autre coûtume, lorsque par le contrat de mariage les contractans ont adopté les dispositions de cette coûtume, par rapport aux droits appartenans à gens mariés, ou qu’ils sont convenus de s’en rapporter à cette coûtume ; ou s’il n’y a point de contrat ou qu’on ne s’y soit pas expliqué sur ce point, c’est la loi du domicile que les conjoints avoient au tems du mariage, suivant laquelle ils sont censés mariés.

Les lois & les coûtumes de chaque pays sont différentes sur les droits qu’elles accordent aux femmes mariées ; mais elles s’accordent en ce que la plûpart accordent à la femme quelque avantage pour la faire subsister après le décès de son mari.

En pays de droit écrit, la femme, outre sa dot & ses paraphernaux qu’elle retire, prend sur les biens de son mari un gain de survie qu’on appelle augment de dot ; on lui accorde aussi un droit de bagues & joyaux, & même en certaines provinces il a lieu sans stipulation.

Le mari de sa part prend sur la dot de sa femme, en cas de prédécès, un droit de contre-augment ; mais dans la plûpart des pays de droit écrit ce droit dépend du contrat.

Dans d’autres provinces au lieu d’augment & de contre-augment, les futurs conjoints se font l’un à l’autre une donation de survie.

En pays coûtumier la femme, outre ses propres, sa part de la communauté de biens, & son préciput, a un doüaire, soit coûtumier ou préfix : on stipule encore quelquefois pour elle d’autres avantages. V. Conventions matrimoniales, Communauté, Dot, Douaire, Préciput.

Lorsqu’il s’agit de savoir si la prescription a couru contre une femme mariée & en puissance de mari, on distingue si l’action a dû être dirigée contre le mari & sur ses biens, ou si c’est contre un tiers ; au premier cas la prescription n’a pas lieu ; au second cas elle court nonobstant le mariage subsistant, & la crainte maritale n’est pas un moyen valable pour se défendre de la prescription.

Il en est de même des dix ans accordés par l’ordonnance de 1510, pour se pourvoir contre les actes faits en majorité ; ces dix ans courent contre la femme mariée, de même que contre toute autre personne, l’ordonnance ne distingue point. Voyez Prescription. (A)

Femme en Puissance de Mari, est toute femme mariée qui n’est point séparée d’avec son mari, soit de corps & de biens, ou de biens seulement, pour savoir quel est l’effet plus ou moins étendu de ces diverses sortes de séparations. Voyez Puissance maritale & Séparation. (A)

Femme relicte, se dit en quelques provinces pour veuve d’un tel. (A)

Femme remariée, est celle qui a passé à de secondes, troisiemes, ou autres nôces. Les femmes remariées n’ont pas communément les mêmes droits que celles qui se marient pour la premiere fois, & elles sont sujettes à certaines lois qu’on appelle peine des secondes noces. Voyez Edit des secondes Noces, Peine des secondes Noces, & Secondes Noces. (A)

Femme répudiée, est celle avec qui son mari a fait divorce. Voyez Divorce. (A)

Femme Séparée, est celle qui ne demeure pas avec son mari, ou qui est maîtresse de ses biens. Une femme peut être séparée de son mari en cinq manieres différentes ; savoir, de fait, c’est-à-dire lorsqu’elle a une demeure à part de son mari sans y être autorisée par justice ; séparée volontairement, lorsque son mari y a consenti ; séparée par contrat de mariage, ce qui ne s’entend que de la séparation de biens ; séparée de corps ou d’habitation & de biens, ce qui doit être ordonné par justice en cas de sévices & mauvais traitemens, & enfin elle peut être séparée de biens seulement, ce qui a lieu en cas de dissipation de son mari, & lorsque la dot est en péril. V. Dot & Séparation. (A)

Femme en Viduité, est celle qui ayant survécu à son premier, second, ou autre mari, n’a point passé depuis à d’autres nôces. Voyez Année de viduité, Deuil, Viduité, & Secondes Noces. (A)

Femme usante & jouissante de ses Droits, est celle qui n’est point en la puissance de son mari pour l’administration de ses biens, telles que sont les femmes en pays de droit écrit pour les paraphernaux, & les femmes séparées de biens en pays coûtumier. (A)

Femme adultere, (la) Théol. critiq. mots consacrés pour désigner celle que Jesus-Christ renvoya sans la condamner.

L’histoire de la femme adultere (j’ai presque dit comme les Latins, les Anglois, & comme Bayle, de l’adultéresse) que S. Jean rapporte dans le chapitre viij. de son évangile, est reconnue pour authentique par l’Eglise : cependant son authenticité a été combattue par plusieurs critiques qui ont travaillé sur l’Ecriture-sainte ; elle fait même le sujet d’un grand partage dans les avis.

Plusieurs de ceux qui doutent de l’authenticité de cette histoire, soupçonnent que c’est une interpolation du texte faite par Papias ; soit qu’il l’ait prise de l’évangile des Nasaréens, dans le quel seul on la trouvoit du tems d’Eusebe ; soit tout-au-plus qu’il l’ait tirée d’une tradition apostolique. Les raisons de ce soupçon sont 1° que cette histoire n’étoit point dans le texte sacré du tems d’Eusebe ; 2° qu’elle manque encore dans plusieurs anciens manuscrits grecs, particulierement dans celui d’Alexandrie & dans les versions syriaque & copthe, quoiqu’on la trouve dans les versions latine & arabe ; 3°. qu’elle étoit inconnue à l’ancienne église greque, quoiqu’elle fût avoüée par la latine, & qu’on la lise dans S. Irenée ; 4°. qu’elle est obmise par les PP. grecs dans leurs commentaires sur S. Jean, comme par S. Chrysostome, S. Cyrille, &c. quoique les PP. latins, comme S. Jérôme, S. Augustin, en parlent comme étant authentique ; 5°. qu’Euthymius est le seul grec qui en fasse mention, & même avec cette remarque importante, que l’histoire dont il s’agit n’existoit point dans les meilleures copies.

Beze semble la rejetter ; Calvin l’adopte ; M. Simon en doute ; Grotius la rebute ; le P. Saint-Honoré & autres la défendent & la soûtiennent ; M. Leclerc insinue qu’elle pourroit bien avoir été empruntée de l’avanture obscene de Menedemus, rapportée dans Diogene de Laërce : insinuation qui a suscité à notre critique moderne des reproches très vifs & trop séveres. Enfin quelques-uns prétendent que c’est Origene qui a rayé l’histoire de la femme adultere de plusieurs manuscrits ; mais ils le disent sans preuves.

Quoi qu’il en soit, nous renvoyons le lecteur à un savant traité, publié sur cette matiere par Schertzer (Jean Adam), théologien de Leipsic du xvij. siecle, dont Bayle a fait l’article sans avoir connu l’ouvrage dont je veux parler ; il est intitulé, Historia adulteræ ; Lipsiæ, 1671, in-4°. Mais comme le sujet est très-intéressant, il faut que les curieux joignent à la lecture du livre de Schertzer, celle des ouvrages qui suivent, & qui leur apprendront mille choses sur la route.

Ouvrages des Sav. Sept. ann. 1706, p. 404. & seq. Nouv. de la répub. des Lett. tom. XV. p. 245. Idem, tom. XXIII. p. 176. Id. tom. XLIV. pag. 56. Bibl. anc. & mod. tom. VII. p. 202. Journ. des Sav. tom. XXII. p. 580. Bibl. chois. tom. XVI. p. 294. Honoré de Sainte-Marie, Réflex. sur les régl. de critiq. diss. ij. p. 119. Mackenz Scot. Writ. tom. II. p. 313. Mem. de Trév. ann. 1710, p. 802. Bibl. univ. tom. XII. p. 436. Dupin, Bibl. ecclés. tom. XXIX. pag. 318. Id. Disc. prélim. liv. II. chap. ij. §. 6. Simon, Notes sur le nouv. Test. tom. II. pag 54. Acta erud. Lips. ann. 1704, p. 82. Id. ann. 1708, p. 5. Leclerc, Not. ad Hammond, in Loc. La Croze, Diss. histor. p. 56. Hist. critiq. de la républ. des Lett. tom. IX. p. 342. Journ. littér. tom. XII. p. 136. Grotius, in evang. Joh. cap. viij. Calmet, Dict. de la Bible, tom. I. p. 54.

Je tire cet article de l’Encyclopédie angloise (supplément) ; il est court, précis, & met en état de connoître les raisons des uns & des autres, en indiquant les sources où l’on peut s’en instruire à fond. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Femme en couche, (Med.) état de la femme qui vient d’être délivrée de son fruit. Cet état mérite toute notre attention par humanité, par devoir, & par sentiment. Les meres de nos enfans nous font revivre dans ces précieux gages de leur amour ; négligerions-nous de soulager avec zele les propagatrices du genre humain dans le tems critique où elles ont le plus de besoin des secours éclairés de la Medecine ? Non sans doute.

Ainsi d’abord que la femme sera délivrée de son enfant & de son arriere-faix, il faut commencer par lui mettre au-devant de l’entrée de la vulve un linge assez épais, doux, maniable, & un peu chaud, pour éviter l’air froid du dehors, & prévenir la suppression des vuidanges.

Après cela si la femme n’a pas été accouchée dans son lit ordinaire, on ne manquera pas de l’y porter incessamment ; bien entendu qu’il se trouvera tout fait, tout prêt, chauffé attentivement, & garni de linges nécessaires pour l’écoulement des vuidanges. Mais si la femme a été accouchée dans son propre lit, pratique qui semble être la meilleure & la plus sûre pour parer l’inconvénient du transport, on ôtera de ce lit les linges & garnitures qu’on y avoit mises pour recevoir les eaux, le sang, & les autres humeurs qui proviennent de l’accouchement. Ensuite on placera l’accouchée dans la situation propre à lui procurer le repos & le rétablissement dont elle a besoin. Cette situation demande une position égale & horisontale sur le milieu du dos, la tête & le corps néanmoins un peu élevés, les cuisses abaissées, les jambes jointes l’une contre l’autre, & par-dessous les jarrets un petit oreiller, sur lequel elles puissent être appuyées.

Notre femme étant ainsi couchée, & un peu remise de l’émotion de son travail précédent, on entourera lâchement son ventre d’une large bande de maillot, ou d’une longue serviette pliée en deux ou trois doubles, de la largeur de dix à douze pouces ; on garantira son sein du froid, & on pansera ses parties externes qui ont souffert dans la délivrance. Alors il est à-propos de lui donner quelque restaurant, comme peut être un bon bouillon, & finalement de la laisser dormir, les rideaux de son lit, les portes, & les fenêtres de sa chambre fermées, afin que ne voyant aucune clarté, elle s’assoupisse plus aisément.

On garantira soigneusement les nouvelles accouchées du froid extérieur ; parce que les sueurs qui naissent de leur foiblesse, & l’écoulement des vuidanges, les rendent extrèmement sensibles à cette impression, qui pourroit produire de fâcheux accidens ; mais il ne faut pas non plus tomber dans l’autre extrémité. La chaleur de la chambre doit être toûjours aussi égale qu’il est possible, & on y réussira sans peine par le moyen des thermometres.

Pour prévenir l’inflammation des parties qui ont souffert une violente distension dans l’enfantement, il faut, après les avoir nettoyé des grumeaux de sang qui peuvent y être restés, appliquer à l’entrée de ces parties un cataplasme mollet, anodyn, & médiocrement chaud ; on renouvellera ce cataplasme de trois en trois heures. On se servira d’une décoction d’orge, de graine de lin, & de cerfeuil, ou autre semblable, pour laver, nettoyer, & étuver deux fois dans la journée les levres de la vulve pendant les six premiers jours de la couche. Au bout d’une quinzaine on usera d’une décoction un peu plus astringente, & bien-tôt après d’une lotion encore plus propre à fortifier, à raffermir, & à resserrer les parties relâchées.

A l’égard du bandage dont j’ai parlé ci-dessus, on le sera très-lâche le premier jour, & simplement contentif, pendant que les vuidanges coulent. Il n’est pas mal de joindre au bandage une bonne grande compresse quarrée sur tout le ventre ; & si cette partie est douloureuse, on l’oindra de tems en tems avec une huile adoucissante.

Je pense qu’au bout des douze premiers jours de la couche, on doit serrer plus fortement & insensiblement le bandage, pour ramener peu-à-peu, rassembler, & soûtenir les diverses parties qui ont été étrangement distendues durant le cours de la grossesse.

Si l’accouchée ne peut ou, ce qui n’est que trop ordinaire, ne veut pas être nourrice, il faudra bien mettre sur son sein & contre l’intention de la nature, des remedes propres à faire évader le lait ; mais si l’accouchée est assez sage pour vouloir nourrir son fruit, on se contentera de lui tenir la gorge couverte avec des linges doux & mollets : alors la mere nourrice observera seulement d’attendre quatre ou cinq jours, avant que de donner le teton à son enfant. Voyez Nourrice.

Ajoûtons un mot sur le régime de vie de la femme en couche. Sa boisson doit être toûjours chaude dans le commencement ; & sa nourriture composée de pannades, de creme de ris, d’orge, de gruau, de bouillons legers de veau & de volaille, ou autres alimens semblables. Au bout du quatrieme jour, & quand la fievre de lait sera passée, on lui permettra un régime moins sévere ; mais ici, comme dans plusieurs autres cas, il faut se prêter au tems, au pays, à l’âge, à la coûtume, à la délicatesse, ou à la force de la constitution de l’accouchée.

Pour ce qui regarde la conduite qu’elle doit avoit dans son lit, c’est de s’y tenir en repos, d’éviter les passions tumultueuses, le trop grand jour, le bruit, la conversation, le babillage, en un mot tout ce qui pourroit l’émouvoir, l’agiter, ou lui causer du trouble.

Ces préceptes me paroissent suffisans pour le cours ordinaire des choses ; mais il faut réunir des vûes plus savantes pour la cure d’un grand nombre d’accidens, d’indispositions, & de maladies qui n’arrivent que trop souvent aux femmes en couche.

1°. Une des principales maladies dont le traitement s’offre communément aux observations cliniques, est la suppression ou le flux immodéré des vuidanges ; sur quoi je renvoye le lecteur au mot Vuidanges, me contentant ici d’observer seulement qu’il ne faut ni trop augmenter leur écoulement par des remedes chauds, ni les supprimer par un régime froid.

2°. L’hémorrhagie considérable qui survient à l’accouchée, soit parce que le délivre a été détaché avec trop de hâte & de violence, soit parce qu’il en est resté quelque portion dans l’utérus, soit par quelque espece de faux-germe, conduit la malade au tombeau, si on n’a pas le tems d’y porter du secours. On fera donc de prompts efforts pour arrêter la perte de sang ; & pour la détourner, on procurera par quelque moyen l’expulsion du faux-germe, de la portion de l’arriere-faix, ou des caillots de sang restés dans la matrice. La saignée du bras sera pratiquée & répétée, selon les forces de la malade. Après avoir relâché ses bandages, on la couchera plus également, plus fraîchement, & même sur de la paille sans matelas, si la perte de sang continue ; on lui mettra le long des lombes, des serviettes trempées dans de l’oxicrat froid : en même tems on ranimera la région du cœur avec des linges chauds aromatisés, & on soûtiendra ses forces par des restaurans.

3°. On voit les nouvelles accouchées tomber en syncope, 1° par la perte de leur sang, 2° lorsque leur corps demeure trop long-tems élevé, 3° lorsque les hypochondres sont trop serrés : rétablissez alors les esprits par la nourriture ; mettez le corps dans une position horisontale ; relâchez les hypochondres, & soûtenez le bas-ventre.

4°. Les fievres inflammatoires des femmes en couche peuvent être produites par la retenue d’une partie du délivre, par le froid, par de violentes passions, lorsque les vuidanges n’en sont pas la cause : de telles fievres deviennent souvent fatales, si on ignore la maniere de les traiter. Il me semble que la méthode consiste dans l’usage de doux alexipharmaques & d’absorbans, joints aux acides & aux poudres tempérées de nitre ; dans de legers suppositoires, des lavemens émolliens, & de simples eccoprotiques. Ces remedes seront précédés de la saignée dans les femmes sanguines & pléthoriques : à la fin de la cure on employera quelques legeres doses de rhubarbe.

5°. La diarrhée succede ici quelquefois à la suppression des vuidanges, & fait un symptome très dangereux quand elle accompagne une fievre aiguë pendant quelques jours ; il faut la traiter avec beaucoup de précaution par les adoucissans, les poudres testacées, les extraits stomachiques & corroborans, tels que ceux de gentiane donnés de tems à autre ; un peu de rhubarbe, & même s’il est besoin des anodyns administrés prudemment : mais il est toûjours nécessaire d’ordonner à la malade des diluans nitrés & acidulés. On tempérera l’acrimonie des matieres qui sont dans les gros boyaux, par des lavemens.

6°. En échange la constipation ne doit pas effrayer durant les deux ou trois premiers jours de la couche ; parce que le principe vital est alors tellement engagé dans la secrétion des vuidanges & du lait, qu’il est naturel que les entrailles ne soient pas stimulées : mais on pourra dans la suite employer des clysteres & des alimens propres à oindre les intestins, & à les dégager.

7°. Les vents & les flatuosités sont très-ordinaines aux femmes en couche. On y portera remede extérieurement par les bandages & l’application de sachets carminatifs sur le bas-ventre ; on employera intérieurement les absorbans mêlés avec de la chaux d’antimoine, l’huile d’amandes douces fraîchement exprimée, de l’esprit anisé de sel ammoniac, des gouttes de l’essence d’écorce de citron, &c. Pour les personnes d’un tempérament chaud, on mêlera de l’esprit de nitre dulcifié dans leurs boissons carminatives.

8°. Les tranchées sont les plaintes les plus ordinaires des nouvelles accouchées. Ce nom vulgaire & général de tranchées, désigne des douleurs qu’elles ressentent quelquefois vers les reins, aux lombes & aux aînes, quelquefois dans la matrice seulement, quelquefois vers le nombril & par-tout le ventre, soit continuellement, soit par intervalle, soit en un lieu fixe, soit vaguement, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Ces tranchées, ou douleurs de ventre, procedent de différentes causes ; 1°. de l’évacuation desordonnée des vuidanges, ou de leur suppression subite ; 2°. de quelque partie de l’arriere-faix, de sang coagulé, ou de quelque autre corps étranger resté dans la matrice ; 3°. du froid, de l’omission du bandage après la couche ; 4°. de la grande extension des ligamens de la matrice, arrivée par un rude & fâcheux travail ; 5°. enfin de la constriction spasmodique, ou de la sympathie des nerfs de l’utérus. On opposera les remedes aux causes connues.

Ce mal finira en modérant ou rétablissant l’évacuation des vuidanges, par les moyens qu’on indiquera au mot Vuidanges. La deuxieme cause des douleurs de ventre ne se dissipera que lorsque les corps étrangers auront été expulsés de la matrice. On diminuera les tranchées par un bandage, si on l’avoit obmis ; on tiendra le ventre chaudement, on y fera des oignemens aromatiques, des frictions nervines, & des fomentations de décoctions de romarin, de menthe, de fleurs de camomille, & autres semblables. Dans la distension des ligamens de la matrice, le repos, le tems, & la bonne situation du corps, suffiront pour les raffermir. La derniere cause des tranchées requiert les remedes nervins, les balsamiques, les anti-hystériques, & les calmans.

9°. L’enflûre du ventre dans la femme en couche naît fréquemment de l’omission des bandages nécessaires après la délivrance : on doit donc recourir à ces bandages, auxquels on peut joindre les frictions, l’usage interne des plantes aromatiques, conjointement avec les pilules de Stahl & de Becker, mais seulement pendant quelque tems.

10°. L’inflammation de la matrice survient quelquefois par la suppression des vuidanges, par la corruption d’un corps étranger, par quelque contusion, blessure, chûte, ou violente compression qu’a souffert ce viscere, soit dans le travail, soit après le travail, par des gens mal-habiles. Il en résulte l’enflûre, la douleur de cette partie, une pesanteur au bas-ventre, une grande tension, la difficulté de respirer, d’uriner, d’aller à la selle, la fievre, le hoquet, le vomissement, les convulsions, le délire, la mort ; il faut y porter de prompts remedes, tirer les corps étrangers, détourner & évacuer les humeurs par la saignée du bras, & ensuite du pié, faire des embrocations sur le ventre, prescrire à la malade un grand repos, une diete humectante, adoucissante, & legere, de simples lavemens anodyns, & s’abstenir de tout purgatif. Si par malheur l’inflammation se convertit en apostème, en ulcere, en skirrhe, il n’est plus d’autres remedes que des palliatifs pour ces tristes maladies.

11°. Quand le relâchement, la descente, la chûte de la matrice, & du fondement, sont des suites de la couche ; la cure de ces accidens demande deux choses, 1°. de réduire les parties dans leur lieu naturel : 2°. de les y contenir & fortifier par des pessaires, ou autres moyens analogues. Voyez Matrice, Pessaire, &c.

12°. Les hémorrhoïdes, dont les femmes sont ordinairement incommodées dans leurs couches, requierent la vapeur de l’eau chaude, les fomentations de lait tiede, l’onguent populeum, basilicum, ou autres pareils, qui ne peuvent irriter le mal ; mais sur toutes choses, il s’agit de procurer l’évacuation des vuidanges ; car par ce moyen salutaire, la douleur des hémorrhoïdes ne manquera pas de cesser.

13°. La tuméfaction des parties a toûjours lieu dans les personnes qui ont souffert un accouchement laborieux. Les remedes propres au mal, seront de simples oignemens de fleurs de sureau, de mauve, de guimauve, de miel rosat, & autres semblables. Les coussinets de fleurs de camomille, de graine de lin, jointe à du camfre bouilli dans du lait, & doucement exprimé, pourront encore être utiles.

14°. Loiqu’il y a déchirement, écorchure, ou contusion aux parties naturelles, ce qui arrive presque toûjours dans le premier accouchement : on ne négligera pas ces contusions & dilacérations, de peur qu’elles ne se convertissent en ulceres ; c’est pourquoi nous avons déjà recommandé, en commençant cet article, un cataplasme mollet étendu sur du linger, & chaudement appliqué sur tout l’extérieur de la vulve, pour y rester cinq ou six heures après l’accouchement. Ensuite on ôtera ce cataplasme pour mettre sur les grandes levres de petits linges trempés dans l’huile d’hypéricum ; en renouvellant ces linges deux ou trois fois par jour, on étuvera les parties avec de l’eau d’orge miellée pour les nettoyer. Si les écorchures sont douloureuses, on oindra les endroits écorchés d’huile de myrrhe par défaillance : si la contusion & l’inflammation des levres ont produit un abcès, il faut donner une issue déclive à la matiere, déterger l’ulcere, & le panser suivant les regles.

15°. On a des observations d’un accident bien plus déplorable, causé par la sortie de l’enfant dans un travail pénible, je veux dire d’une dilacération de la partie inférieure de la fente que les Accoucheurs nomment la fourchette ; dilacération étendue jusqu’au fondement. Ce triste état demande qu’on pratique deux choses ; l’une, que le chirurgien procure habilement la réunion nécessaire de la plaie ; l’autre, que la femme ne fasse plus d’enfans. Si même pour avoir négligé ce déchirement, les grandes levres étoient cicatrisées, il faudroit renouveller la cicatrice comme au bec de lievre, & former la réunion de la vulve, comme si elle avoit été nouvellement déchirée. Ce n’est point pour la beauté d’une partie qu’on doit cacher, & qu’on cache en effet soigneusement à la vûe, que je conseille à aucune femme cette opération douloureuse, j’ai des motifs plus sensés qui me déterminent. Voyez Fourchette, Levres, Vulve.

16°. S’il est arrivé malheureusement que le col de la vessie ait été comprimé pendant quelques jours par la tête de l’enfant, restée au passage, au point qu’il en résulte après l’inflammation dudit col de la vessie, une fistule avec un écoulement d’urine involontaire, le mal devient incurable quand la fistule est grande ; cependant quand elle est petite, il se guérit au bout de quelques mois avec quelques secours chirurgicaux. Si la compression du col de la vessie n’a produit que la dysurie, on la traite par la méthode ordinaire. Voyez Dysurie, Strangurie, Ischurie.

17°. L’enflure des jambes & des cuisses n’est pas un phénomene rare aux femmes en couche, & même après des accouchemens assez heureux. On voit des femmes dans cet état qui ont des enflures depuis l’aîne jusqu’au bout du pié, quelquefois d’un seul côté, & d’autres fois de tous les deux. Ces accidens procedent communément de la suppression des eaux, des vuidanges, de l’urine, ou du reflux de lait, &c. On procurera l’écoulement naturel de toutes les humeurs retenues ; on ouvrira les voies de l’urine & du ventre par des tisannes apéritives & par les laxatifs : ensuite on fortifiera les parties œdémateuses par des frictions, des fumigations seches, & des bandages. On tâchera d’attirer le lait sur les mammelles, pour l’évacuer par le teton.

18°. La douleur du sein, sa tumeur & sa dureté, sont encore des maux ordinaires aux nouvelles accouchées, quand leurs mammelles commencent à se remplir de lait. On y remédiera par de legeres frictions, par de douces fomentations, par la suction du teton repétée, par la résolution, la dissipation, l’évacuation du lait. De quelque cause que procede son caillement qui survient ici quelquefois, il faut qu’indépendamment des embrocations résolutives, la femme en couche se fasse teter jusqu’à tarir les mammelles, & qu’elle ne souffre point de froid au sein.

19°. Il seroit superflu de parler de la passion hystérique, parce que cette maladie est également commune aux femmes en couche, & à celles qui ne le sont pas. Les remedes sont les mêmes. Voyez Passion hystérique.

Finissons par une remarque générale. Quand l’accouchée a eu d’heureuses couches sans accidens, mais qu’elle est néanmoins d’un tempérament foible & délicat, il est de la prudence de ne lui pas permettre de sortir du lit avant les huit ou dix premiers jours, ni de son appartement, avant le mois écoulé.

Nous venons de parcourir méthodiquement les principales maladies des femmes en couche ; mais elles en éprouvent quelquefois d’autres, dont la singularité ou la complication demandent les talens des gens les plus consommés dans la pratique & la théorie. Voyez à ce sujet les beaux ouvrages des auteurs indiqués au mot Enfantement.

On dit que dans quelques pays les Accoucheurs se sont emparés du traitement des maladies des femmes en couche ; je crois qu’on a tort de le souffrir ; ce traitement appartient de droit aux Medecins ; les Accoucheurs n’y doivent paroître qu’en sous-ordre, & toujours proportionnellement à l’étendue de leurs lumieres en Medecine ; si elles sont supérieures en ce genre, tout parle en leur faveur, tout conspire à leur rendre hommage dans cette conjoncture. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Femme, (Sage) accoucheuse (Medecine.) obstetrix. On appelle de ces différens noms toute femme qui exerce la profession des Accoucheurs ; la partie de la science & de l’art de Chirurgie, qui concerne les secours nécessaires aux femmes en travail d’enfant : on se servoit aussi autrefois du nom de matrone, pour designer une sage-femme. Voyez Accoucheuse, Accouchement, Douleurs, Enfantement, &c. (d)

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Étymologie de « femme »

Étymologie de femme - Littré

Wallon, feume ; bourguign. fanne ; nivernais, fonne ; provenç. feme, femma, femena ; anc. catal. fembra ; espagn. hembra ; portug. femea ; ital. femmina ; du latin fœmina ou fæmina ; d'après les derniers étymologistes, d'un radical , qui se trouve dans fœtus, fecundus, et de mina, suffixe participial, de sorte que fœmina, participe du moyen, signifierait celle qui nourrit, allaite.

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Étymologie de femme - Wiktionnaire

(1080) Du latin fēmĭna (« femelle », « femme »)[1]. L’étymologie de fēmĭna est obscure :
  1. « celle qui enfante, qui donne la vie », participe moyen substantivé de *feo[2][3][4](« produire, enfanter ») qui a donné fetus, fetura, fecundus, fenum, fenus (voir ces mots).
  2. « celle qui allaite[5][4] », apparenté à filius, fellare (« téter, sucer »).
Le latin fēmĭna était en concurrence sur le territoire gallo-romain avec les mots mulier (« femme ») et uxor (« épouse »). Ces deux derniers mots passeront en ancien français[1], sous la forme : moillier (« épouse, femme ») et oissour (« épouse »).
Fēmĭna était accentué sur la première syllabe, c’est elle qui restera en ancien français. Le mot sera prononcé avec une voyelle longue \fẽː.me\, qui s’ouvre ensuite en \fãː.me\ pour se raccourcir enfin, \fam\ après la dénasalisation qui s’est produite au XVIIe siècle.
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Phonétique du mot « femme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
femme fam play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « femme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « femme »

  • Une jeune femme a été victime d’une grave chute de cheval, ce mardi 7 juillet, en Dordogne. L’accident s’est produit vers 15 h 30, sur un chemin de Cause-de-Clérans, près de Lalinde. SudOuest.fr, Dordogne : une jeune femme victime d’une grave chute de cheval
  • Comme chaque jour ou presque, Aishah, une jeune femme américaine de 19 ans allait chercher son café dans un Starbucks Cofee de sa ville. Jusqu'au jour où elle a remarqué d'odieux propos sur son gobelet: "Isis". Cet acronyme signifie Etat Islamique (Islamic State of Irak and Syria). Ce mot a profondément choqué la jeune femme de confession musulmane et a décidé de porter plainte: "Quand j’ai reçu la boisson, j’étais vraiment choquée qu’encore aujourd’hui, on puisse écrire des choses pareilles. Ce mot qui était écrit sur le gobelet est un mot qui salit la réputation des musulmans partout dans le monde" a-t-elle expliquée pendant une conférence de presse cette semaine. , Une jeune femme porte plainte après un message raciste sur son café : "C'est un mot qui salit la réputation des musulmans partout dans le monde" - DH Les Sports+
  • Si la jeune femme circulait seule à bord, elle est enceinte de six mois. Restée consciente malgré sa sortie de route, elle a même réussi à s’extraire seule du véhicule. Et à l’arrivée de secours - une dizaine de pompiers commandée par le lieutenant Florian Wattelet - le Smur l’a longuement médicalisé sur place avant son transfert vers l’hôpital Central, légèrement blessée. , Faits-divers - Justice | Une femme enceinte effectue une spectaculaire sortie de route sur la N4
  • Une jeune femme a été mise en examen « pour complicité d’homicide volontaire avec préméditation et en bande organisée » en lien avec l'assassinat d’Alexandre Giacopelli le 18 juin à Ajaccio, en Corse, a-t-on appris lundi de sources concordantes. , Corse : Une jeune femme mise en examen après l’assassinat d’Alexandre Giacopelli
  • La femme avait dans un premier temps été approchée par les agents de la Direction Interdépartementale des routes (Dirno), qui l’ont invitée à quitter les lieux. Face à son refus, les gendarmes ont été appelés pour tenter de la raisonner. C’est au moment de la transporter dans leur véhicule que la situation s’est compliquée :  , Une femme interpellée près de Rouen : elle marchait sur l'autoroute en pleine nuit | 76actu
  • Camille Froidevaux-Metterie: «Les seins des femmes, dans toute leur diversité et leur beauté, ont été niés et invisibilisés» Abonnés Libération.fr, «Une femme» fait son entrée dans Wikipédia - Libération
  • Une femme s’est présentée au commissariat de Fécamp afin de déposer une main-courante, rapportant les comportements de son concubin. Lundi 6 juillet 2020 en fin d’après-midi, le Fécampois de 35 ans a été interpellé par la police. www.paris-normandie.fr, Un Fécampois menaçant envers sa femme : quatre armes sont retrouvées chez lui
  • Il pourrait s’agir de la propriétaire de cette maison, une femme âgée de 74 ans. Ce sont les voisins de cette femme qui ont prévenu les secours, inquiets de ne pas l’avoir revue depuis plusieurs mois. Pour cause, les derniers échanges qu’elle aurait eu avec eux remontent à septembre 2019. La malheureuse avait par ailleurs rompu tout contact avec sa famille. , Seine-et-Marne. Le corps d'une femme découvert plusieurs mois après sa mort à Pontault-Combault | La République de Seine et Marne
  • Les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) ont interpellé, jeudi, un inspecteur de police exerçant au district de Sûreté d'Anfa à Casablanca et une femme âgée de 22 ans, pour leur implication présumée dans une affaire de falsification et usage de documents officiels. Les données préliminaires révèlent que la femme est soupçonnée d'avoir soumis un dossier comprenant un acte de mariage falsifié, dans le but d'obtenir le visa d'un pays étranger, sous prétexte qu'elle est mariée au policier suspect, indique la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) dans un communiqué. Le policier et la femme ont été placés en garde à vue à la disposition de l'enquête préliminaire menée sous la supervision du parquet compétent, afin d'élucider les tenants et aboutissants de cette affaire, déterminer le degrés d'implication de chacun d'entre eux dans la perpétration de ces actes criminels ainsi que tous les éventuels complices pour les interpeller, ajoute la DGSN. Le Matin, Le Matin - Casablanca: un inspecteur de police et une femme interpellés pour falsification et usage de documents officiels
  • Il est même arrivé que ces mots sortent de la bouche d’hommes avec qui elle entretenait une relation amoureuse. Des mots qu’elle n’oublie pas, bien qu’ils ne la touchent plus et qu’ils l’ont poussée à arrêter de fréquenter des hommes. Noirs, blancs, non blancs, la majorité de ceux qu’elle a rencontrés au cours de sa vie sentimentale ont eu des comportements abusifs, insultants et tout simplement racistes, qu’elle a cessé de tolérer il y a trois ans. Aujourd’hui en couple avec une femme noire, elle a raconté au HuffPost le parcours qui l’a poussée à mettre les hommes de côté. Le Huffington Post, Face au racisme, cette femme noire a arrêté de fréquenter des hommes | Le Huffington Post LIFE
  • On n’a jamais autant entendu parler de Karen. Cette femme, très à la mode dans les pays anglo-saxons, porte le nom d’un groupe ethnique tibéto-birman, mais c’est un hasard. D’ailleurs, Karen s’appelle parfois Lisa ou Amy. Peu importe, parce qu’elle n’est pas un individu, mais un mème (ces images humoristiques qui circulent sur internet jusqu’à devenir des références communes). A coup de likes, de blagues et de GIF amusants, ce prénom populaire aux Etats-Unis dans les années 1970 est tombé dans le langage courant. Il désigne aujourd’hui une femme d’âge mûr, égocentrique, irritante, plaintive, procédurière, mère hélicoptère, anti-vaccins, complotiste et, surtout, raciste. Si elle n’est pas réelle, elle existe bien et elle est même au cœur de l’actualité. On vous la présente en dix points. L'Obs, 10 choses à savoir sur Karen, la femme qui demande à parler au manager
  • La patronne, c’est elle. Dans "The Old Guard", Charlize Theron incarne Andy, une femme à poigne à la tête d’une bande de mercenaires increvables à tous les sens du terme puisqu’ils ont la particularité d’être immortels. L'arrivée de Nile, une jeune membre des Marines, ressuscitée après avoir été tuée en Afghanistan, va mettre leur belle entente en péril. LCI, VIDÉO – Charlize Theron : "J’ai longtemps été la seule femme dans des films d’hommes" | LCI
  • La discrimination salariale est l’un des facteurs expliquant la faible participation économique des femmes au Liban, souligne un rapport de la Banque Mondiale. Commerce du Levant, À travail égal, une femme est payée 22% de moins qu’un homme au Liban
  • Sur son compte Instagram, Booba vient d’envoyer un nouveau tacle à Maître Gims en clashant la femme de celui-ci: DemDem. Découvrez pourquoi MCE TV, Booba se moque de la femme de Maître Gims sur Instagram !
  • Placée en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi, la jeune femme de 23 ans, suspectée d’avoir porté plusieurs coups de couteau à son beau-père de 57 ans, au motif qu’il aurait refusé qu’elle monte le son de la chaîne Hi-fi, a été présentée vendredi matin devant le parquet. , Faits-divers - Justice | Beau-père poignardé : une jeune femme placée en détention provisoire
  • Un accident de circulation s’est produit, ce vendredi, vers 14 heures, à Courcelles. Deux voitures se sont percutées au carrefour formé par les rues de Hubes, de Forchies et de Sart-lez-Moulin, faisant deux blessés, une femme et son enfant. sudinfo.be, Une femme et un enfant blessés lors d’un accident de circulation à Courcelles: ils ont tous les deux été pris en charge par les secours
  • 17:02 tenor par sa grande gueule.Cela fait trembler les mecs et fait reluire les femmes.De la manche de la manche etc etc.Mrs mesdames (mon client est rentre dans le bureau de tabac,par courtoisie la caissiere lui a remi la caisse,non cela n'etait un pistolet qu'il avait dans la main,mais un croissant qu'il avait achete et commencait manger.Croyant que cela etait une arme elle a eu peur,en plus de cela elle est miope) etc etc et tout cela avec vehemence. Closermag.fr, Eric Dupond-Moretti : qui est Hélène son ex-femme et mère de ses enfants ?  - Closer
  • Pour un tel crime, rappelons que Dupond-Moretti aurait défendu avec véhémence les 4 assasssins, et leur aurait cherché toutes les excuses, au mépris total des victimes, ce chauffeur qui tentait de faire respecter quelques règles de vie en société, ainsi que sa femme et ses filles dont la vie est brisée. Je me demande vraiment comment il peut être aujourd'hui garde des sceaux..... Valeurs actuelles, [Vidéo] “On est détruites” : en pleurs, la femme du chauffeur de bus agressé à Bayonne témoigne | Valeurs actuelles
  • Johnny Depp a fermement démenti mercredi être un "monstre" ayant frappé son ex-femme, l'actrice Amber Heard, après une moquerie sur son tatouage, au deuxième jour de son procès en diffamation contre le tabloïd britannique The Sun qui l'avait dépeint en mari violent.  ladepeche.fr, Johnny Depp nie être un "monstre" ayant frappé son ex-femme - ladepeche.fr
  • Amy Cooper, cette femme blanche qui avait appelé la police new-yorkaise, et l'avait implorée d'arrêter un homme noir qui était soi-disant en train de l'agresser dans Central Park, en mai dernier, a été inculpée, pour dénonciation de délit imaginaire, lundi 6 juillet dernier, par les services du procureur de Manhattan, révèle le New York Times, relayé par Courrier International.  Marie Claire, New York : la femme qui avait inventé son agression par un homme noir a été inculpée - Marie Claire
  • Business : La VP et Managing Director de HP Africa a fait son entrée, hier soir, au gouvernement. Elle succède à Marlène Schiappa en qualité de ministre déléguée chargée de l'égalité femmes-hommes, de la diversité et de l'égalité des chances. ZDNet France, Elisabeth Moreno, une femme de la tech entre en politique - ZDNet
  • Samedi vers 14h00, une femme de 32 ans, originaire de l'Eure et venue au parc en famille, est morte après une chute de plusieurs mètres, éjectée de la voiture dans laquelle elle se trouvait dans un virage du Formule 1, sorte de "roller-coaster".   Une expertise du manège "a mis en évidence que la victime avait chuté malgré le fonctionnement apparemment normal de la barre de sécurité." Un contrôle technique de sécurité réalisée en novembre 2019 par une société agréée "n'avait donné lieu à aucune observation concernant le bon fonctionnement du manège ou sa sécurité."  ladepeche.fr, Femme éjectée d'un manège dans l'Oise : le président du parc mis en examen pour homicide involontaire  - ladepeche.fr
  • « PIQURE DE RAPPEL : voici la victime qui a été agressée par Floyd que vous avez érigé en martyr », écrit l’auteur de la publication, précisant par la suite que George Floyd, cet Américain noir de 46 ans tué par un policier de Minneapolis le 25 mai dernier, aurait braqué son arme sur le ventre de cette femme « alors qu’il cherchait de la drogue et de l’argent dans sa maison » et qu’elle « était enceinte ». , Non, cette femme n'a pas été battue et kidnappée par George Floyd, comme le laisse entendre un post Facebook
  • Marie-Ange Mushobekwa, ministre des droits humains de décembre 2016 à septembre 2019, a dénoncé les violences et les dérapages ayant émaillé les manifestations organisées jeudi par l’UDPS. Elle est revenue sur la vidéo montrant une femme en train de pisser sur la photo de Ronsard Malonda, éventuel successeur de Corneille Nangaa, à la tête de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Actualite.cd, Mushobekwa propose que Gecoco Mulumba et la femme qui a pissé sur la photo de Malonda soient poursuivis pour atteinte à la pudeur | Actualite.cd
  • Nouvelle petite avancée puisque les Atlanta Hawks annoncent qu’ils ont nommé une femme GM de leur équipe affiliée G-League. Tori Miller a été promue GM des College Park Skyhawks et remplace Derek Pierce, qui sera lui en charge du département scouting. Basket Infos, Tori Miller devient la première femme GM en G-League
  • Édouard Philippe attentionné : sa surprise pour sa femme Edith Chabre Gala.fr, Édouard Philippe attentionné : sa surprise pour sa femme Edith Chabre - Gala
  • Un accident de la circulation est survenu cette nuit, vers 1h du matin, à la sortie de Sarreguemines, en direction de Grosbliederstroff. Peu après la panneau de l’agglomération, une conductrice, une femme âgée de 54 ans accompagnée de sa petite-fille de 9 ans, aurait été surprise par un sanglier. Elle a perdu le contrôle de son véhicule, parti en tête à queue, avant de s’immobiliser dans un fossé. , Faits-divers - Justice | Elle veut éviter un animal, la voiture termine dans le fossé : une femme blessée
  • Les équipes du secours en montagne sont intervenues ce jeudi à La Scia à Saint-Pierre-de-Chartreuse pour porter assistance à une jeune femme de 28 ans victime d’une chute en parapente. , Faits-divers - Justice | Saint-Pierre-de-Chartreuse : une femme blessée lors d’une chute en parapente
  • Ce jeudi matin, vers 10 h 30, le cadavre d’une femme a été découvert sur les berges de l’Arly à Albertville, derrière le camping des Adoubes. , Faits-divers - Justice | Albertville : le cadavre d’une femme découvert dans l’Arly
  • « Psychopathe, sovaz…», lançaient des femmes en colère à l’égard de Trevor Lindor à cité Florida, Baie du Tombeau, jeudi 9 juillet.  La tension était palpable après que ce dernier ait obtenu la liberté conditionnelle contre une caution de Rs 4000. Le jeune homme, âgé de 20 ans, avait été arrêté pour avoir ligoté, torturé et ébouillanté sa femme à leur domicile la semaine dernière. , Une femme ébouillantée : Vive tension à cité Florida – inside news :
  • Christiane Heckel a fait ses premiers pas en politique sous l’impulsion de Céleste Lett, en quête de femmes pour compléter sa liste. « J’ai beaucoup appris à ses côtés. » Elle accepte de le suivre, convaincue de la place que doivent occuper les femmes sur la scène publique. « Elles ont aussi leur mot à dire. Elles ont une autre approche. » , Politique | Christiane Heckel, le parcours d’une femme engagée
  • Depuis la nuit de mercredi à jeudi, une jeune femme de 23 ans, soupçonnée d’avoir porté plusieurs coups de couteau à l’endroit de son beau-père, âgé de 57 ans, a été placée en garde à vue au commissariat central à Saint-Etienne. Une procédure judiciaire a été ouverte à son encontre pour tentative de meurtre.  , Faits-divers - Justice | Saint-Etienne : une jeune femme porte plusieurs coups de couteau à son beau-père
  • Intervention délicate, sûrement une intervention émanante d’un signalement une femme entièrement voilée et porteuse d’un couteau est interpellée dans le métro. , Une femme en "tenue de ninja" portant un couteau interpellée dans le tram de Nancy | Lorraine Actu
  • Le 5 mars dernier, à Troisvilles, A. D., bientôt 66 ans, a bu un coup de trop. Il brutalise sa femme, lui lançant deux chaises dans les jambes. Au fil de leurs investigations, les gendarmes établissent que des épisodes de violence jalonnent régulièrement la vie de la famille depuis le 1er mars 2017 et que l’homme a même blessé son fils de 14 ans d’un coup de couteau. Selon le procureur Rémi Schwartz, le prévenu n’a pas pris conscience de «  faits extrêmement graves  » et sa vision de la réalité est déformée.... La Voix du Nord, Troisvilles : il maltraite sa femme et son fils, direction le tribunal
  • L'État condamné à verser 600000 euros à une femme... LaProvence.com, Actualités | L'État condamné à verser 600000 euros à une femme devenue narcoleptique après un vaccin H1N1 | La Provence
  • La disparition récurrente d’argent, à son domicile, n’a pas échappé à la victime, malgré son grand âge. À 92 ans, un retraité, installé dans le canton de Faucogney-et-la-Mer, a dénoncé des vols, soupçonnant sa femme de ménage. Les faits auraient couru sur plusieurs mois, entre janvier et octobre 2018, et s’étaient traduits par des vols d’argent liquide, dans son porte-monnaie. Mais également de chèques, qui ont abouti à plusieurs retraits sur le compte de la victime, de 160 €, 80 € ou encore 500 €. , Faits-divers - Justice | La femme de ménage condamnée pour avoir volé de l’argent
  • Podcast : “Mes 14 ans” , la parole puissante d’une femme en construction  Télérama, Podcast : “Mes 14 ans” , la parole puissante d’une femme en construction 
  • Vendredi 11 juillet, les pompiers sont intervenus dans La Hague, afin de porter secours à une femme de 56 ans, prise de douleurs thoraciques. Se trouvant en terrain accidenté, l'hélicoptère Dragon 50 a été engagé. lamanchelibre.fr, Cotentin. Victime de douleurs thoraciques en zone accidentée, une femme doit être hélitreuillée
  • Une femme poignardée dans le dos au cours d'une balade dans l'Orne , Faits divers : une cagnotte organisée pour une jeune femme, handicapée à cause de son ex
  • Un rapport présentenciel a été demandé pour éclairer le tribunal quant à la peine devant être imposée à la femme, qui n'a aucun antécédent judiciaire.  TVA Nouvelles, Une femme ferme les yeux sur l'agression de sa fille de 10 ans | TVA Nouvelles
  • Après le hashtag #unefemme et le compte @PepiteSexiste, qui dénoncent l’invisibilisation des femmes dans les médias, « Une femme » a, depuis quelques semaines, son propre compte parodique sur Wikipédia. Le Monde.fr, « Une femme » a désormais sa page Wikipédia
  • Pour cette femme enceinte c'est un véritable calvaire. La quadragénaire ne peut aller aux toilettes et reste sans boire n'y manger pendant plus de 16 heures. "C'était dangereux pour moi et pour le bébé" déclare-t-elle à France 3 Hauts-de-France. C'est finalement une secrétaire qui, alertée par des coups donnés sur la porte du parloir, qui la libère vers 9 heures du matin.  midilibre.fr, Oubliée au parloir, une femme enceinte passe la nuit en prison - midilibre.fr
  • Au terme d'une élection-feuilleton, la tête de liste du printemps marseillais est devenue la première femme à diriger la cité phocéenne. Portrait d'une énergique discrète. , Michèle Rubirola : portrait de la femme qui a pris Marseille - Elle
  • Le choix d'Esther Duflo reste une surprise de la part de l'académie des prix Nobel. Elle avait rarement récompensé l'économie de la pauvreté, une méthode empirique et une femme de seulement 46 ans. Les Echos, Esther Duflo, la femme qui dépoussière l'économie | Les Echos
  • Cinq mois après avoir présenté sa démission collective en raison de la controverse autour de la nomination du film "J'accuse" de Roman Polanski, la direction de l'Académie des César a annoncé jeudi une réforme en profondeur de sa gouvernance afin de parvenir à une parité hommes femmes intégrale. midilibre.fr, L'Académie des César promet la parité femme-homme dans ses instances - midilibre.fr
  • Hommes et femmes ne sont en effet (toujours) pas logés à la même enseigne quand il s’agit de partager le temps, l’espace et les tâches domestiques. C’est ce que montre l’étude Coconel menée du 1er au 5 mai auprès d’un échantillon de 2 003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Pour celles qui ont encore un travail après deux mois de crise – une femme sur trois a vu son activité professionnelle s’arrêter (perte d’emploi, CDD non renouvelé, chômage partiel…) –, le télétravail était autant la norme que pour les hommes, mais les conditions d’exercice de ce travail à distance ont été nettement différentes. Le Monde.fr, L’accroissement des inégalités femmes-hommes pendant le confinement en graphiques
  • Une femme de 37 ans, habitant dans le centre-ville de Saintes, avait été prise en charge à son domicile par les secours, dimanche dernier. Hospitalisée dans le coma, elle n’a jamais repris connaissance et a succombé ce vendredi, dans le service de réanimation du Centre hospitalier de Saintonge. SudOuest.fr, Saintes : une femme décède après cinq jours de coma
  • Ce jeudi en fin d’après-midi, une femme a fait une chute depuis le pont Mendès-France à Béthune. Elle a été prise en charge par les sapeurs-pompiers de Béthune et le SMUR de Lens. La Voix du Nord, Une femme chute du pont Mendès-France à Béthune
  • Vincent habite à Uxegney et vient pour la première fois donner son sang : « C’est ma femme, qui est une habituée, qui m’a convaincu de venir, en me disant que nous-mêmes pourrions en avoir besoin un jour. Je n’étais pas réticent, mais c’est l’appréhension de la piqûre et je prétextais toujours de ne pas avoir le temps ». , Santé | « C’est ma femme qui m’a convaincu de venir »
  • Deux hommes ont été mis en examen pour coups mortels après la découverte du corps d’une femme dans un campement de gens du voyage à Savigny-en-Véron (Indre-et-Loire), a annoncé ce jeudi le procureur de la République de Tours, Grégoire Dulin. , Faits-divers - Justice | Deux hommes mis en examen après la découverte du corps d’une femme
  • Hugues Aufray : qui est sa femme Hélène Faure ? Gala.fr, Hugues Aufray : qui est sa femme Hélène Faure ? - Gala
  • C'est le fait marquant de la nuit à Toulouse. Les pompiers ont été appelés vers 2h du matin ce vendredi pour cet accident mortel. Deux jeunes étaient à moto quand ils ont percuté un platane. Une femme de 21 ans est décédée et un jeune homme de 25 ans a été amené à l'hôpital, gravement blessé. France Bleu, Accident de moto à Toulouse, une jeune femme de 21 ans décédée et un jeune homme gravement blessé
  • Le corps d’une femme a été repêché dans la Garonne, jeudi, à hauteur du port de Lormont SudOuest.fr, Lormont : le corps d’une femme retrouvé dans la Garonne
  • De nombreux internautes sont sous le charme de ce message : "quelle belle déclaration d'amour", "joli message d'amour", "je trouve ça joli une femme connue qui exprime son amour", "joli message plein de bienveillance", "c'est trop mignon". D'autres internautes trouvent le message grotesque ou lui font remarquer qu'un SMS aurait suffi. ladepeche.fr, Jean-Jacques Bourdin : la déclaration d'amour de sa femme avant sa dernière matinale sur RMC - ladepeche.fr
  • Selon une récente étude italiennes, les femmes enceintes pourraient transmettre le Covid-19 à leurs bébés. (illustration) LExpress.fr, Une femme enceinte peut-elle vraiment transmettre le Covid-19 à son bébé? - L'Express
  • La féminisation du corps arbitral. Nous y travaillons depuis plusieurs mois. La situation est réelle et elle est mondiale : nous manquons cruellement de juges et d’arbitres femmes. Le réservoir est très nettement insuffisant. Mais la féminisation est indispensable, car elle peut permettre la mixité du corps arbitral. Les femmes peuvent arbitrer les hommes, et les hommes arbitrer les femmes. Les femmes ont une manière d’arbitrer très différente des hommes, souvent meilleure. Pour le corps arbitral, la femme est l’avenir de l’homme. Francs Jeux, Francs Jeux « Pour le corps arbitral, la femme est l’avenir de l’homme »
  • L’affaire remonte au 6 avril 2016, lorsque la jeune femme, alors adolescente, donne naissance à un bébé dans des toilettes. Transférée à l’hôpital, elle est arrêtée et accusée d’homicide. Le Monde.fr, Salvador : l’acquittement d’une femme pour une fausse couche « définitivement » acquis
  • vers 16 heures, ce vendredi 10 juillet, une femme a été abattue en périphérie de Saint-Quentin, dans la Zup Europe, relatent nos confrères de l’Aisne Nouvelle. La jeune femme a succombé à ses blessures au centre hospitalier de Saint-Quentin. Journal L'Union, Une femme abattue et un suspect interpellé à Saint-Quentin
  • Une femme, une vraie femme, c'est une femme avant tout qui n'est pas féministe. De Sacha Guitry / Elles et toi
  • Fragilité, ton nom est femme ! De William Shakespeare / Hamlet
  • Qui prend femme prend paroisse. De Proverbe anglais
  • Qui femme prend liberté vend. De Proverbe italien
  • Femme facile : femme dont le numéro commence par 3615. De Marc Escayrol / Mots et grumots
  • Une femme sans parfum est une femme sans avenir. De Coco Chanel
  • Pléonasme : une femme insatisfaite. De Jean Grenier / Lexique
  • Femme sage est plus que femme belle. De Voltaire
  • Femme de marin, femme de chagrin. De Proverbe français
  • La pitié sans orgueil n'appartient qu'à la femme. Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, Étranges Histoires, l'Abandonnée
  • […] Ce plaisir morose que procure à certaines femmes la pensée de se sacrifier. William Makepeace Thackeray, Pendennis, 7
  • Depuis Adam, il n'y a eu guère de méfait en ce monde où une femme ne soit entrée pour quelque chose. William Makepeace Thackeray, Barry Lyndon, I
  • Fragilité, ton nom est femme ! William Shakespeare, Hamlet, I, 2, Hamlet
  • La femme est plus généreuse que l'homme, et elle ne s'attache pas seulement, comme celui-ci, à la beauté extérieure. Luigi Pirandello, Feu Mathias Pascal, XI Il Fu Mattia Pascal, XI
  • Je pense que la Femme sera la dernière chose civilisée par l'Homme. George Meredith, L'Épreuve de Richard Feverel The Ordeal of Richard Feverel
  • Qui n'aime point le vin, les femmes ni les chants, Restera un sot toute sa vie durant. Martin Luther, Wandsbecker Bote, en 1775 (n°75) dans un poème intitulé Devise an einem Poeten
  • Il n'est femme qui reste honnête si elle voit qu'on pense qu'elle ne l'est pas. Félix Lope de Vega Carpio, El remedio en la desdicha, I, 8
  • Mettre un frein à la femme, c'est mettre une limite à la mer. Félix Lope de Vega Carpio, La dama boba, III, 4
  • La femme la plus sotte peut mener un homme intelligent ; mais il faut qu'une femme soit bien adroite pour mener un imbécile. Joseph Rudyard Kipling, Simples Contes des collines Plain Tales from the Hills
  • Comment l'homme et la femme pourraient-ils se comprendre ? car en fait tous deux souhaitent des choses différentes : l'homme, la femme ; et la femme, l'homme. Frigyes Karinthy, Capillaria
  • Les femmes, à l'église, ne doivent regarder d'autre homme que le célébrant, et encore parce qu'il a des jupes. Federico García Lorca, La casa de Bernarda Alba
  • La femme est le rayon de la lumière divine. Djalal al-Din Rumi, Mathnawi
  • La femme de César ne doit pas être soupçonnée. Caius Julius Caesar, en français Jules César,
  • Descends d'un degré pour choisir une femme ; monte d'un degré pour choisir un ami. , Talmud, Yébamot, 63a
  • Un anneau d'or au groin d'un pourceau : une femme belle, mais dépourvue de tact. , Ancien Testament, Livre des Proverbes XI, 22
  • Une femme parfaite, qui la trouvera ? Elle a bien plus de prix que les perles. , Ancien Testament, Livre des Proverbes XXXI, 10
  • Gargouille qui ne cesse de couler, un jour de pluie, et femme acariâtre sont pareilles ! , Ancien Testament, Livre des Proverbes XXVII, 15
  • C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. , Ancien Testament, Genèse II, 24
  • À la femme, il* dit : Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. , Ancien Testament, Genèse III, 16
  • Une montée sablonneuse sous les pas d'un vieillard : telle est une femme bavarde pour un homme tranquille. , Ancien Testament, Ecclésiastique XXV, 20
  • Celui qui acquiert une femme a le principe de la fortune, une aide semblable à lui, une colonne d'appui. Faute de clôture le domaine est livré au pillage ; sans une femme l'homme gémit et va à la dérive. , Ancien Testament, Ecclésiastique XXXVI, 24-25
  • La nature féminine n'est en rien inférieure à celle de l'homme, sauf pour son manque de force et de vigueur. Xénophon, d'Athènes, Le Banquet, II, 9 (traduction F. Ollier)
  • La parure des femmes, femme, c'est le silence. Sophocle, Ajax, 293 (traduction Mazon)
  • Aujourd'hui, il n'est rien de sacré pour les femmes. Homère, L'Odyssée, XI, 456 (traduction V. Bérard)
  • Il n'est point de bête plus indomptable qu'une femme, point de feu non plus ; nulle panthère n'est à ce point effrontée. Aristophane, Lysistrata, 1014 (traduction H. Van Daële)
  • Avec ces pestes*, rien ; rien non plus sans ces pestes. Aristophane, Lysistrata, 1039 (traduction H. Van Daële)
  • Tu ne peux pas gouverner par raison une chose* qui n'a en soi ni raison ni mesure. Térence en latin Publius Terentius Afer, L'Eunuque, I, 1
  • Tu connais les habitudes des femmes : le temps qu'elles se préparent, qu'elles se mettent en route, il faut une année. Térence en latin Publius Terentius Afer, Heautontimoroumenos, II, 1
  • Une femme vertueuse commande à son mari en lui obéissant. Publius Syrus, Sentences, 133
  • Que les femmes donnent ou refusent, elles sont toujours heureuses qu'on leur demande. Ovide en latin Publius Ovidius Naso, L'Art d'aimer, I, 345
  • La femme chaste est celle que nul n'a sollicitée. Ovide en latin Publius Ovidius Naso, Les Amours, I, 8, 43
  • et les guerres abhorrées des femmes. Horace en latin Quintus Horatius Flaccus, Odes, I, I, 24-25
  • Ce que dit une femme à l'amant qui brûle pour elle, il faut l'inscrire dans le vent et sur l'onde rapide. Catulle en latin Caius Valerius Catullus, Poésies, 70
  • Émanciper la femme, c'est excellent ; mais il faudrait avant tout lui enseigner l'usage de la liberté. Émile Zola, Chroniques, la Tribune, 1868
  • Les femmes ressemblent aux girouettes : elles se fixent quand elles se rouillent. François Marie Arouet, dit Voltaire, Le Sottisier
  • La Femme, enfant malade et douze fois impur. Alfred, comte de Vigny, Les Destinées, la Colère de Samson
  • Les femmes ne peuvent comprendre qu'il y ait des hommes désintéressés à leur égard. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • Tout homme contient une femme. Mais jamais sultane mieux cachée que celle-ci. Paul Valéry, Mélange, Gallimard
  • Une femme intelligente est une femme avec laquelle on peut être aussi bête que l'on veut. Paul Valéry, Mauvaises Pensées et autres, GallimardMonsieur Teste (II, 33)
  • Il y a des femmes qui plus elles vieillissent et plus elles deviennent tendres. Il y a aussi les faisans. Paul-Jean Toulet, Les Trois Impostures, Émile-Paul
  • Les femmes le savent bien que les hommes ne sont pas si bêtes qu'on croit qu'ils le sont davantage. Paul-Jean Toulet, Les Trois Impostures, Émile-Paul
  • Une vraie femme sait qu'elle doit être dominée. Isaac Félix, dit André Suarès, Variables, Émile-Paul
  • Les femmes sont jalouses de tout, et même du malheur. Isaac Félix, dit André Suarès, Variables, Émile-Paul
  • On a raison d'exclure les femmes des affaires publiques et civiles ; rien n'est plus opposé à leur vocation naturelle que tout ce qui leur donnerait des rapports de rivalité avec les hommes […]. Anne Louise Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, dite Mme de Staël, De l'Allemagne
  • Les curés sont consolés de ne pas être mariés, quand ils entendent les femmes se confesser. Armand Salacrou, Une femme libre, Gallimard
  • Il y a des vies de femmes qui ne sont qu'une suite de larmes, et dont l'existence, en fin de compte, est une réussite. Armand Salacrou, Comme les chardons, Gallimard
  • Adressez-vous plutôt aux passions qu'aux vertus quand vous voudrez persuader une femme. Donatien Alphonse François, comte de Sade, dit le marquis de Sade, La Philosophie dans le boudoir
  • Mais, ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce. Arthur Rimbaud, Poésies, les Surs de charité
  • La femme est un danger quand on n'en aime qu'une. Jean Richepin, Les Caresses, Decaux
  • Pour les femmes, le meilleur argument qu'elles puissent invoquer en leur faveur, c'est qu'on ne peut pas s'en passer. Pierre Reverdy, Le Livre de mon bord, Mercure de France
  • La plus vertueuse des femmes n'est qu'une coquette plus raffinée. […]. Nicolas Edme Rétif, dit Restif de La Bretonne, Le Paysan perverti ou les Dangers de la ville
  • […] La femme ne sent son pouvoir qu'autant qu'elle en abuse. Nicolas Edme Rétif, dit Restif de La Bretonne, Le Paysan perverti ou les Dangers de la ville
  • Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dît à la vôtre. Jules Renard, Journal, 29 avril 1898 , Gallimard
  • Ce qui fait le plus plaisir aux femmes, c'est une basse flatterie sur leur intelligence. Jules Renard, Journal, 21 mai 1895 , Gallimard
  • Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très recherchée. Jules Renard, Journal, 1887 , Gallimard
  • La femme nous remet en communication avec l'éternelle source où Dieu se mire. Ernest Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, Préface , Lévy
  • […] Une femme inconnue Qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue. Jean Racine, Athalie, II, 7, Joas
  • Il disait qu'il n'y avait qu'une antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle à la fesse. François Rabelais, Pantagruel, 17
  • Les femmes réalisent la beauté sans la comprendre. Marcel Proust, Les Plaisirs et les Jours, Gallimard
  • Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, la Fugitive , Gallimard
  • L'homme est principalement une puissance d'action, la femme une puissance de fascination. Pierre Joseph Proudhon, La Pornocratie ou les Femmes dans les temps modernes
  • L'homme et la femme peuvent être équivalents devant l'Absolu : ils ne sont point égaux, ils ne peuvent pas l'être, ni dans la famille, ni dans la cité. Pierre Joseph Proudhon, De la justice dans la révolution et dans l'Église
  • À vingt ans, Jenny savait déjà tout ce que doit savoir la femme qui entre dans cette arène meurtrière, où l'homme devient l'ennemi, la ville assiégée, la victime vouée aux dieux infernaux, le Prométhée dont le cœur sera confié à ces vautours aux serres roses, aux lèvres de carmin, aux dents éblouissantes de blancheur, entre lesquelles glisse éternellement le rire impie du scepticisme et de l'insensibilité. Pierre Alexis, vicomte Ponson du Terrail, Le Club des valets de cœur
  • On dit du mal des femmes pour se venger de n'en rien savoir. Henri Petit, Les Justes Solitudes, Grasset
  • Aux femmes il est donné de ressembler leur vie durant aux enfants que nous étions. Jean Paulhan, Le Bonheur dans l'esclavage, Pauvert
  • Tu as vu des femmes qui aiment les pauvres ? Marcel Pagnol, Topaze, IV, 4, Topaze , Fasquelle
  • Toutes les femmes sont des saintes, Surtout celles qui sont enceintes […]. Germain Nouveau, Valentines, Sphinx , Gallimard
  • Frère, n'est-ce pas là la femme que tu veux : Complètement pudique, absolument obscène, Des racines des pieds aux pointes des cheveux ? Germain Nouveau, Sonnets du Liban, Musulmanes , Gallimard
  • Il y a dans le cœur d'une femme qui commence à aimer un immense besoin de souffrir. Charles Nodier, Smarra
  • La femme n'était pas de ce monde matériel ; c'est la première fiction que le ciel ait donné à la terre. Charles Nodier, Fantaisies et légendes, l'Homme et la Fourmi
  • La femme est notre propriété, nous ne sommes pas la sienne ; car elle nous donne des enfants, et l'homme ne lui en donne pas. Elle est donc sa propriété comme l'arbre à fruit est celle du jardinier. Napoléon Ier, Cité par Las Cases dans le Mémorial de Sainte-Hélène
  • L'existence d'une très jolie femme ressemble à celle d'un lièvre, le jour de l'ouverture. Paul Morand, Le Réveille-matin, Grasset
  • Elle était belle comme la femme d'un autre. Paul Morand, Lewis et Irène, Grasset
  • Femmes, longs vases entrouverts, grands enfants chauds. Paul Morand, Fermé la nuit, Gallimard
  • C'est en public que les femmes se déshabillent le plus volontiers. Paul Morand, Bouddha vivant, Grasset
  • Quand on a été femme à Paris on ne peut être femme ailleurs. Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Mes pensées
  • Dans les jeunes femmes, la beauté supplée à l'esprit. Dans les vieilles, l'esprit supplée à la beauté. Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Mes pensées
  • La plus utile et honorable science et occupation à une femme, c'est la science du ménage. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, III, 9
  • Nos pères, sur ce point, étaient gens bien sensés, Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez Quand la capacité de son esprit se hausse À connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Les Femmes savantes, II, 7, Chrysale
  • Je consens qu'une femme ait des clartés de tout, Mais je ne lui veux point la passion choquante De se rendre savante afin d'être savante ; Et j'aime que souvent, aux questions qu'on fait, Elle sache ignorer les choses qu'elle sait. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Les Femmes savantes, I, 3, Clitandre
  • Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, Qu'une femme étudie et sache tant de choses. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Les Femmes savantes, II, 7, Chrysale
  • Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs : Elles veulent écrire et devenir auteurs. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Les Femmes savantes, II, 7, Chrysale
  • […], les verrous et les grilles Ne font pas la vertu des femmes ni des filles. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, L'École des maris, I, 2, Ariste et III, 5, Sganarelle
  • Votre sexe n'est là que pour la dépendance : Du côté de la barbe est la toute-puissance. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, L'École des femmes, III, 2, Arnolphe
  • Prenez le prêtre le plus sage et la femme la plus sage, il sera bientôt le vrai mari spirituel. Jules Michelet, Journal, 20 août 1843 , Gallimard
  • On ne sait pas assez combien les femmes sont une aristocratie. Il n'y a pas de peuple chez elles. Jules Michelet, La Femme, Introduction
  • Il n'y a point de vieille femme. Toute, à tout âge, si elle aime, si elle est bonne, donne à l'homme le moment de l'infini. Jules Michelet, L'Amour, V, 4
  • La femme change et ne change pas. Elle est inconstante et fidèle. Elle va muant sans cesse dans le clair-obscur de la grâce. Celle que tu aimas ce matin n'est pas la femme du soir. Jules Michelet, L'Amour, Introduction
  • La franchise et la vérité sont rarement bonnes auprès des femmes. Prosper Mérimée, Lettres, à Jenny Dacquin, 1843
  • On n'aime pas une femme pour ce qu'elle dit ; on aime ce qu'elle dit parce qu'on l'aime. André Maurois, De la conversation, Hachette
  • La femme est une promesse non tenue. Claude Mauriac, Ici, maintenant, Grasset
  • Pour beaucoup de femmes, le plus court chemin vers la perfection, c'est la tendresse. François Mauriac, Asmodée, Grasset
  • Une femme a toujours, en vérité, la situation qu'elle impose par l'illusion qu'elle sait produire. Guy de Maupassant, Notre cœur
  • L'homme qui se tait refuse ; la femme qui se tait consent. Louis Massignon, Opera minora, Centre de documentation scolaire
  • Une femme, surtout devant un homme, joue toujours un rôle. Roger Martin du Gard, Un taciturne, Gallimard
  • C'est toujours l'inlassable médiocrité de la femme qui l'emporte. Roger Martin du Gard, Un taciturne, Gallimard
  • Avoir de l'esprit. Plaire aux femmes. Rien qui s'oppose davantage. Paul Léautaud, Propos d'un jour, Mercure de France
  • Les hommes sensibles préfèrent le soir au matin, la nuit au jour, et la beauté des femmes mûres à celle des jeunes filles. Paul Léautaud, Passe-temps, Mercure de France
  • L'honnêteté des femmes est souvent l'amour de leur réputation et de leur repos. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • L'enfer des femmes, c'est la vieillesse. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • De toutes les passions violentes, celle qui sied le moins mal aux femmes, c'est l'amour. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • Dans les premières passions les femmes aiment l'amant, et dans les autres elles aiment l'amour. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • La femme est une grande réalité, comme la guerre. Valery Larbaud, A. O. Barnabooth, Journal intime , Gallimard
  • Si mon air vous dit quelque chose, Vous auriez tort de vous gêner ; Je ne la fais pas à la pose, Je suis la Femme ! on me connaît. Jules Laforgue, Le Concile féerique
  • Ô femme, mammifère à chignon, ô fétiche […]. Jules Laforgue, Les Complaintes, Complainte des voix sous le figuier bouddhique
  • Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n'est rien, C'est une femme qui se noie. Jean de La Fontaine, Fables, la Femme noyée
  • On ne connaît point les femmes, elles ne se connaissent pas elles-mêmes, et ce sont les occasions qui décident des sentiments de leur cœur. Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, Zaïde
  • Il n'y a point de femme que le soin de sa parure n'empêche de songer à son amant. Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, La Princesse de Clèves
  • Pouvais-je souffrir qu'une femme fût perdue pour moi sans l'être par moi ? Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses
  • Il ne faut pas fâcher les vieilles femmes ; ce sont elles qui font la réputation des jeunes. Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses
  • L'homme jouit du bonheur qu'il ressent, et la femme de celui qu'elle procure. Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses
  • Une femme oublie d'un homme qu'elle n'aime plus jusqu'aux faveurs qu'il a reçues d'elle. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Des femmes
  • Une femme insensible est celle qui n'a pas encore vu celui qu'elle doit aimer. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Des femmes
  • La plupart des femmes n'ont guère de principes ; elles se conduisent par le cœur, et dépendent pour leurs mœurs de ceux qu'elles aiment. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Des femmes
  • Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme : leurs intérêts sont trop différents. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Des femmes
  • Les femmes vont plus loin en amour que la plupart des hommes ; mais les hommes l'emportent sur elles en amitié. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Des femmes
  • Car il n'est femme, si honnête soit-elle, vieille ou jeune, mondaine ou nonne, il n'est dame si pieuse soit-elle, si chaste soit-elle de corps et d'âme, si l'on va louant sa beauté, qui ne se délecte en écoutant. Jean, de Meung, Roman de la Rose Guillaume de Lorris, auteur de la première partie du Roman de la Rose
  • Les femmes mentent par le chemin des écoliers. Alfred Jarry, L'Amour absolu, Mercure de France
  • Une femme qui a un amant est un ange, une femme qui a deux amants est un monstre, une femme qui a trois amants est une femme. Victor Hugo, Tas de pierres, Éditions Milieu du monde
  • Il y a une foule de sottises que l'homme ne fait pas par paresse et une foule de folies que la femme fait par désœuvrement. Victor Hugo, Tas de pierres, Éditions Milieu du monde
  • Souvent femme varie Bien fol est qui s'y fie ! Une femme souvent N'est qu'une plume au vent. Victor Hugo, Le Roi s'amuse, IV, 2, le roi
  • […] Ce génie particulier de la femme qui comprend l'homme mieux que l'homme ne se comprend. Victor Hugo, Les Misérables
  • Le cèdre ne sent pas une rose à sa base, Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds. Victor Hugo, La Légende des siècles, Booz endormi
  • Les bêtises sont le contraire des femmes. Les plus vieilles sont les plus adorées. Victor Hugo, Fragments
  • Oh ! n'insultez jamais une femme qui tombe ! Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe ! Victor Hugo, Les Chants du crépuscule, Oh ! n'insultez jamais
  • Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures - si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales. Sacha Guitry, Toutes Réflexions faites, Éditions de l'Élan
  • Une femme qui s'en va avec son amant n' abandonne pas son mari : elle le débarrasse d'une femme infidèle. Sacha Guitry, Le Nouveau Testament, Solar
  • Ce qui fait rester les femmes, c'est la peur qu'on soit tout de suite consolé de leur départ. Sacha Guitry, Le Nouveau Testament, Solar
  • On met la femme au singulier quand on a du bien à en dire, et on en parle au pluriel sitôt qu'elle vous a fait quelque méchanceté. Sacha Guitry, N'écoutez pas Mesdames, Librairie académique Perrin
  • Il y a des femmes dont l'infidélité est le seul lien qui les attache encore à leur mari. Sacha Guitry, Elles et Toi, Ami du Livre moderne
  • Les honnêtes femmes sont inconsolables des fautes qu'elles n'ont pas commises. Sacha Guitry, Elles et Toi, Ami du Livre moderne
  • Rien n'est plus proche d'une femme ensorcelée qu'une femme éprise. Julien Green, Adrienne Mesurat, Plon
  • La femme la plus compliquée est plus près de la nature que l'homme le plus simple. Remy de Gourmont, Promenades littéraires, Mercure de France
  • La femme excelle à ne pas paraître stupide. Jules Huot de GoncourtEdmond Huot de Goncourt, Journal, Fasquelle
  • L'excès en tout est la vertu de la femme. Jules Huot de GoncourtEdmond Huot de Goncourt, Journal, Fasquelle
  • Depuis la création du monde il n'y a eu qu'une entente sacrée : la connivence des femmes. Jean Giraudoux, Pour Lucrèce, I, 8, Paola , Grasset
  • L'eau sur le canard marque mieux que la souillure sur la femme. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n'aura pas lieu, II, 12, Ulysse , Grasset
  • La principale difficulté avec les femmes honnêtes n'est pas de les séduire, c'est de les amener dans un endroit clos. Leur vertu est faite de portes entrouvertes. Jean Giraudoux, Amphitryon 38, I, 1, Jupiter , Grasset
  • Les femmes fidèles sont toutes les mêmes, elles ne pensent qu'à leur fidélité et jamais à leurs maris. Jean Giraudoux, Amphitryon 38, III, 1, Sosie , Grasset
  • C'est avec leurs mensonges du matin que les femmes font leurs vérités du soir. Jean Giraudoux, Amphitryon 38, II, 5, Mercure , Grasset
  • […] Les femmes pensent à l'amour, les hommes aux galons, ou à quelque chose de ce genre. Charles de Gaulle, Propos recueillis par André Malraux dans Les Chênes qu'on abat, Gallimard
  • Mais quoi ? Le naturel des femmes est volage Et à chaque moment abuse leur courage*. Bien fol qui s'y abuse et qui de loyauté Pense jamais trouver compagne une beauté. Robert Garnier, Marc Antoine
  • Toute femme varie. François Ier, Rapporté par Pierre de Bourdeille, seigneur de Bratôme dans Les Dames galantes, septième discours
  • Une femme est franche quand elle ne fait pas de mensonges inutiles. Anatole François Thibault, dit Anatole France, Le Lys rouge, Calmann-Lévy
  • C'est le miroir qui se mire dans la Femme. Xavier Forneret, Encore un an de sans titre
  • Mettez-vous dans l'esprit que les femmes veulent qu'on les aime, mais en même temps qu'on les divertisse. Bernard Le Bovier de Fontenelle, Lettres galantes du chevalier d'Her
  • Comme une femme ment mal quand on sait qu'elle ment ! Robert Pellevé de La Motte-Ango, marquis de FlersFrantz Wiener, dit Francis de Croisset, Les Nouveaux Messieurs, L'Illustration
  • Si vertueuse que soit une femme, c'est sur sa vertu qu'un compliment lui fait le moins de plaisir. Gaston Arman de CaillavetRobert Pellevé de La Motte-Ango, marquis de Flers, L'Amour veille, Librairie théâtrale
  • Nos femmes ne se doutent pas combien le chagrin que nous leur faisons peut nous les faire aimer davantage. Gaston Arman de CaillavetRobert Pellevé de La Motte-Ango, marquis de Flers, L'Amour veille, Librairie théâtrale
  • Dans l'adolescence on aime les autres femmes parce qu'elles ressemblent plus ou moins à la première ; plus tard on les aime parce qu'elles diffèrent entre elles. Gustave Flaubert, Carnets
  • - Il n'y a pas d'honnêtes femmes, alors ? - Si ! plus qu'on ne le croit, mais pas tant qu'on le dit. Alexandre Dumas dit Dumas fils, L'Ami des femmes, I, 5
  • Je ne suis pas de ceux qui estiment que les larmes et la tristesse n'appartiennent qu'aux femmes, et que, pour paraître homme de cœur, on se doive contraindre à montrer toujours un visage tranquille. René Descartes, Correspondance, à Pollot, janvier 1641
  • Les femmes ne sont pas brutales, c'est vrai - elles sont féroces. Alfred Delvau, Les Cocottes de mon grand-père
  • Les femmes sont héroïques pour souffrir dans le monde, leur champ de bataille. Alphonse Daudet, La Doulou, Librairie de France
  • Les femmes sans charme sont comme les poètes qu'on ne lit pas. Astolphe, marquis de Custine, Le Monde comme il est
  • Une femme, quand elle est jeune, est plus sensible au plaisir d'inspirer des passions, qu'à celui d'en prendre. Prosper Jolyot de Crais-Billon, dit Crébillon fils, Les Égarements du cœur et de l'esprit
  • La femme est meilleure qu'on le dit : elle ne blague les larmes des hommes que si elle les a elle-même fait couler. Georges Moinaux, dit Georges Courteline, La Philosophie de G. Courteline, Flammarion
  • La femme ne voit jamais ce que l'on fait pour elle ; elle ne voit que ce qu'on ne fait pas. Georges Moinaux, dit Georges Courteline, La Paix chez soi, Flammarion
  • Quoi ? Vous ne pouvez pas ce que peut une femme ? Pierre Corneille, Tite et Bérénice, V, 2, Domitie à Tite
  • Quoi ? vous vous arrêtez aux songes d'une femme ? Pierre Corneille, Polyeucte, I, 1, Néarque
  • […] Quand une femme a le don de se taire, Elle a des qualités au-dessus du vulgaire. Pierre Corneille, Le Menteur, I, 4, Cliton
  • Supérieures par l'amour, mieux disposées à toujours subordonner au sentiment l'intelligence et l'activité, les femmes constituent spontanément des êtres intermédiaires entre l'Humanité et les hommes. Auguste Comte, Système de politique positive
  • L'homme trop occupé des femmes reçoit d'elles, un jour, sa punition. Sidonie Gabrielle Colette, Chambre d'hôtel, Fayard
  • Une femme qui reste une femme, c'est un être complet. Sidonie Gabrielle Colette, Ces plaisirs, Ferenczi
  • C'est une chose plus enivrante que le vin d'être une belle jeune femme ! Paul Claudel, L'Otage, I, 1, Sygne , Gallimard
  • La plupart des femmes qui ont beaucoup d'esprit ont une certaine façon d'en avoir qu'elles n'ont pas naturellement, mais qu'elles se donnent. Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, La Vie de Marianne
  • Femme tentée et femme vaincue, c'est tout un. Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, Arlequin poli par l'amour, 1
  • Le goût du sacrifice que chaque femme porte en soi-même, comme une fleur prête à fleurir […]. Pierre Dumarchais, dit Pierre Mac Orlan, Marguerite de la nuit, Émile-Paul
  • Damis est un plaisant homme, de vouloir avoir deux femmes, pendant que tant d'honnêtes gens sont si fâchés d'en avoir une ! Alain René Lesage, Crispin rival de son maître
  • La femme sera toujours le danger de tous les paradis. Paul Claudel, Conversations dans le Loir-et-Cher, Gallimard
  • Quelque mal qu'un homme puisse penser des femmes, il n'y a pas de femme qui n'en pense encore plus mal que lui. Sébastien Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort, Maximes et pensées
  • M me dit un jour plaisamment, à propos des femmes et de leurs défauts : Il faut choisir d'aimer les femmes ou de les connaître : il n'y a pas de milieu. Sébastien Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort, Caractères et anecdotes
  • Connaissant les hommes, je donne toujours raison aux femmes. José Cabanis, Plaisir et lectures, Gallimard
  • Le temps serait venu de faire valoir les idées de la femme aux dépens de celles de l'homme, dont la faillite se consomme assez tumultueusement aujourd'hui. André Breton, Arcane 17, Brentano's, New York
  • Femmes et amours sont compagnes, marchent ensemble et ont une même sympathie. Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme, Vies des dames galantes
  • L'argent, c'est comme les femmes : pour le garder, il faut s'en occuper un peu ou alors il va faire le bonheur de quelqu'un d'autre. Édouard Bourdet, Les Temps difficiles, Stock
  • Quand une femme s'engage à vous aimer, il ne faut pas toujours la croire. Mais quand elle s'engage à ne pas vous aimer, eh bien ! il ne faut pas trop la croire non plus. Édouard Bourdet, La Prisonnière, Stock
  • Il y a mille inventions pour faire parler les femmes, mais pas une seule pour les faire taire. Guillaume Bouchet sieur de Brocourt, Les Sérées
  • L'irreligion sied mal aux femmes ; il y a trop d'orgueil pour leur faiblesse. Louis, vicomte de Bonald, Pensées sur divers sujets
  • À vingt ans l'enfant déforme les femmes, à trente ans il les conserve et je crois bien qu'à quarante il les rajeunit. Léon Blum, Du mariage
  • Les femmes sont fausses dans les pays où les hommes sont tyrans. Partout la violence produit la ruse. Henri Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie
  • La femme est une louve pour la femme. Paul, dit Tristan Bernard, La Volonté de l'homme, Calmann-Lévy
  • J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. Quelle conversation peuvent-elles tenir avec Dieu ? Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu
  • La femme ne sait pas séparer l'âme du corps. Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu
  • La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable. Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu
  • Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. Charles Baudelaire, Fusées
  • Ô femme dangereuse, ô séduisants climats ! Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Ciel brouillé
  • Il y a deux manières de prendre une femme : par la taille et par le sentiment. Henry Bataille, Poliche, Fasquelle
  • Être belle et aimée, ce n'est être que femme. Être laide et savoir se faire aimer, c'est être princesse. Jules Amédée Barbey d'Aurevilly, Disjecta membra
  • Il faut que les femmes soient tout à fait femmes. Jean-Louis Guez de Balzac, Lettres, 20 septembre 1628
  • Pour savoir jusqu'où va la cruauté de ces charmants êtres que nos passions grandissent tant, il faut voir les femmes entre elles. Honoré de Balzac, Modeste Mignon
  • Toutes les femmes, même les dévotes et les sottes, s'entendent en fait d'amour. Honoré de Balzac, César Birotteau
  • Il y a toujours un fameux singe dans la plus jolie et la plus angélique des femmes ! Honoré de Balzac, Autre étude de femme
  • Les femmes sont des poêles à dessus de marbre. Honoré de Balzac, Autre étude de femme
  • Laissons ses secrets à l'amour Et ses mystères à la femme ! Joseph Autran, Les Poèmes de la mer, Michel Lévy
  • Quand les femmes ne prêtent plus à la médisance, elles s'y adonnent. Émile Augier, Les Lionnes pauvres, Michel Lévy
  • Les larmes de la femme moisissent le cœur de l'homme. Jacques Audiberti, Le Mal court, Gallimard
  • L'homme et la femme ne se rencontrent qu'une fois. Jacques Audiberti, Le Mal court, Gallimard
  • Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle : Quelle est donc cette femme ? et ne comprendra pas. Félix Arvers, Mes heures perdues
  • L'obsession des femmes est vitale, elle correspond à un besoin de vertu. Antonin Artaud, Les Nouvelles Révélations de l'être, Gallimard
  • Je n'ai jamais aimé une femme qu'autant qu'elle me paraissait un miracle. Marcel Arland, Carnets de Gilbert, Gallimard
  • De la femme vient la lumière. Louis Aragon, Le Roman inachevé, Gallimard
  • Rendez-moi rendez-moi mon ciel et ma musique Ma femme sans qui rien n'a chanson ni couleur. Louis Aragon, Le Crève-Cœur, le Printemps , Gallimard
  • Il est bien fou celui qui prête son attention à parole de femme. Anonyme, Roman de Renart
  • La femme nue est belle une fois sur vingt, et trois ans sur soixante et dix. C'est-à-dire qu'il y a quatre cent soixante-dix à parier contre un qu'en photographiant une femme sans voile on fait une indécence, sans arriver à un effet esthétique. Henri Frédéric Amiel, Journal intime, 28 juillet 1866
  • On estime beaucoup les femmes bonnes, mais sans esprit, […] mais on finit par bâiller auprès d'elles. Henri Frédéric Amiel, Journal intime, 12 juillet 1866
  • Il y a des femmes qui sont comme le bâton enduit de confiture de roses dont parle le poète persan : on ne sait par quel bout les prendre. Alphonse Allais, On n'est pas des bœufs, Ollendorf
  • Il y a chez les femmes une certaine dose de fourberie […] Une fois qu'on l'a mise en route, rien ne l'arrête. Marcel Achard, Domino, III, 2, Lorette , Gallimard
  • On n'aime que les femmes qu'on rend heureuses. Marcel Achard, Auprès de ma blonde, II, Frédéric , La Table Ronde

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Synonymes de « femme »

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Antonymes de « femme »


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