La langue française

Éveil

Sommaire

  • Définitions du mot éveil
  • Étymologie de « éveil »
  • Phonétique de « éveil »
  • Évolution historique de l’usage du mot « éveil »
  • Citations contenant le mot « éveil »
  • Images d'illustration du mot « éveil »
  • Traductions du mot « éveil »
  • Antonymes de « éveil »

Définitions du mot éveil

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉVEIL, subst. masc.

A.− Vx ou littér. Action d'éveiller, de sortir de l'état de sommeil. (Quasi-)synon. réveil.Ce matin, à l'éveil, je suis assiégé de mille idées pessimistes (Amiel, Journal,1866, p. 467).Il est quantité de gens qui, dès l'éveil, se mettent au « garde à vous » et cherchent à remplir leur personnage (Gide, Ainsi soit-il,1951, p. 1239):
1. Du reste, quand je m'étais décidé à éveiller Albertine, j'avais pu le faire sans crainte, je savais que son éveil ne serait nullement en rapport avec la soirée que nous venions de passer, mais sortirait de son sommeil comme de la nuit sort le matin. Proust, Prisonn.,1922, p. 115.
[En parlant d'animaux] L'éveil d'une volière. Un long miaulement ennuyé annonce la fin du jour, l'éveil des chats, l'approche du dîner (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 33).
Au plur. Moments d'éveil, périodes de veille. À ce souci qui est de règle, s'il s'ajoute une appréhension aussi obsédante (...) les nuits sont forcément coupées d'éveils (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 142).
(Tenir) en éveil. (Tenir) en état de veille, éveillé. Toute la nuit le village fut en éveil (Flaub., MmeBovary,t. 2, 1857, p. 172).Je fus pris tout à coup de malaises bizarres et inexplicables. Ce fut d'abord une sorte d'inquiétude nerveuse qui me tenait en éveil des nuits entières (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Horla, 1886, p. 1088).Des chiens en éveil ont hurlé toute la nuit (Régnier, Sites,1887, p. 137).Mais je me rappelle que cette nuit-là je dormis fort mal, tenu en éveil par une conversation imaginaire avec le gouverneur de Virginie (Green, Journal,1939, p. 223).
B.− Au fig.
1. [En parlant des facultés, des sentiments, de la nature] Action d'apparaître, de (se) révéler. Pour se développer, ces dispositions à l'éveil avaient besoin de temps et de circonstances favorables (Renan, Souv. enf.,1883, p. 146):
2. Je repensai soudain à mon éveil religieux (...) à Laura et à cette école du dimanche où nous nous retrouvions, moniteurs tous deux, (...) discernant mal, dans cette ardeur qui consumait en nous tout l'impur, ce qui appartenait à l'autre et ce qui revenait à Dieu. Gide, Faux-monn.,1925, p. 1009.
a) [Avec un compl. prép. à] Action de s'ouvrir à (quelque chose). L'étonnement que l'éveil à la poésie provoqua chez l'homme de trente ans (Béguin, Âme romant.,1939, p. 189).Ce sentiment éprouvé à quinze ans a été mon véritable éveil à l'existence (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 250).Activités d'éveil.
Donner l'éveil à. Faire naître. Il n'était pas besoin de tant de circonstances excitantes pour donner l'éveil au génie philosophique et scientifique du jeune Blaise (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 455).
b) Au plur., absol. Elle patientait, attendant qu'il grandît. À mesure qu'elle constatait certains éveils, elle se rassurait, elle pensait que l'âge en ferait un homme (Zola, Faute Abbé Mouret,1875, p. 1331).La vie d'un homme n'est qu'une longue suite d'éveils et de fixations; les deux mouvements peuvent longtemps se compenser (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 282):
3. Il n'est pas rare qu'un enfant, à l'heure des éveils, rencontre un jour ce condisciple ou cet aîné, pareil au magicien des contes arabes, dont les paroles fatidiques jettent un sort sur sa destinée. Un petit voisin de campagne a joué pour moi ce rôle. Martin du G., Souv. autobiogr.,1955, p. xlii.
c) [Avec un compl. prép. de] Éclosion, première manifestation (d'un sentiment, d'une quantité, d'une aspiration). L'éveil tardif de la puberté. J'aime à saisir le premier éveil d'une vocation, le déchiffrement de l'instinct (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 3, 1848, p. 519).Tout était en elle séduction, éveil de sensualité (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 215).Je l'entendis confier à M. Simonnot (...) que personne, au soir de la vie, n'assistait sans émotion à l'éveil d'un talent (Sartre, Mots,1964, p. 128).
Au plur. Éveils de la chair. Je l'ai connu [Henry Descamps] dans le beau temps des poëtes naissants et des éveils d'esprits (Hugo, Corresp.,1856, p. 251).Éveils terribles du cœur et des sens, grandes révoltes, et puis retour à la vie ascétique du large, à la séquestration sur le couvent flottant (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 3).
2. P. anal. [En parlant de groupes d'hommes, de collectivités] Éveil des masses, des multitudes. L'éveil des peuples économiquement retardés impose, comme fit celui des classes passives, d'inventer de nouveaux équilibres humains (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 19).
Donner l'éveil à. Donner une impulsion à, faire naître. Il [Boris] se plaisait à attirer les Allemands dans ses États pour donner l'éveil à l'industrie (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t. 7, 1851-62, p. 374).
C.− Avertissement, alerte.
1. Donner l'éveil
a) Vieilli. Attirer l'attention (de quelqu'un sur une chose qui lui échappe). Je recevrai, j'espère, ces détails que vous m'avez promis : (...) après m'avoir donné l'éveil, pouvez-vous m'en faire attendre si longtemps l'explication? Ne devinez-vous pas mon inquiétude? (J.-J. Ampère, Corresp.,1825, p. 331).Une lettre qui lui donnait l'éveil sur la haine toujours vivante que le ministre de l'Intérieur avait pour lui (Stendhal, L. Leuwen,t. 3, 1835, p. 253).
b) Usuel. Donner l'alerte, mettre en garde, attirer l'attention. Elles devraient avoir un chien, quand ce ne serait que pour donner l'éveil (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Pierrot, 1882, p. 348).Un prisonnier allemand, resté par hasard dans la buanderie, les avait vus escalader le mur, et avait donné l'éveil (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 293).En attendant elles [les batteries allemandes] se garderaient bien de tirer dessus, même à titre d'essai, de peur de donner l'éveil (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 31).
[Avec un compl. prép.] Il fallait expliquer la présence de Florent, en évitant de donner l'éveil à la police (Zola, Ventre Paris,1873, p. 658).
2. Vieilli. Avoir (l')éveil (de/sur qqc.). Avoir son attention dirigée sur quelque chose (surveiller quelque chose). Mais pour qu'il soit repris, il faut que la police ait l'éveil (Ponson du Terr., Rocambole,t. 1, 1859, p. 676).Yvan sortit de la porte cochère, et me dit : Je suis là pour vous prévenir. La police a l'éveil sur cette maison (Hugo, Hist. crime,1877, p. 42).Ces curiosités étaient au-dessus de ma raison, qui si elle en avait eu quelque éveil, aurait mis sa fierté à les écarter (Barrès, Amori,1902, p. 122).
3. En éveil
a) (Être) en éveil. (Être) attentif, sur ses gardes. (Quasi-)synon. épier, (être) aux aguets.
α) [En parlant de l'homme] Vous devez être particulièrement en éveil à l'égard de tels alliés qui seraient, peut-être, trop enclins à considérer la France libre comme quantité négligeable (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 507).
Avoir l'œil en éveil. Il allait, l'œil en éveil, l'oreille tendue (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Père Milon, 1883, p. 215).
β) P. anal. [En parlant d'un sens, d'une faculté, d'une qualité, etc.] Dans un état d'excitation particulière. Avoir l'esprit en éveil; imagination en continuel éveil; désir toujours en éveil. La curiosité des petites villes, toujours en éveil (Zola, DrPascal,1893, p. 181):
4. ... ce que le lecteur découvre sous ces dialogues romanesques (...) est peu de chose auprès de ce qu'il peut lui-même découvrir quand (...) tous ses instincts de défense et d'attaque en éveil, excité et sur le qui-vive, il observe et écoute ses interlocuteurs. Sarraute, Ère soupçon,1956, p. 112.
b) Mettre en éveil. Avertir, mettre en état d'alerte. Rose Mignon, mise en éveil par la présence de Nana, comprit tout d'un coup (Zola, Nana,1880, p. 1330).Une grossièreté qui eût mis en éveil quelqu'un de plus fin que M. Jeannin (Rolland, J.-Chr.,Antoinette, 1908, p. 848):
5. La compagnie s'égaillera derrière eux en laissant des intervalles pour ne pas attirer l'attention. Un caillou a roulé et les guetteurs allemands, du haut du fort, mis en éveil, lancent des fusées et font feu. Bordeaux, Fort de Vaux,1916, p. 248.
P. anal. [En parlant d'un trait de caractère, d'une qualité] C'était une bêtise sans doute; seulement, l'idée le tourmentait, il se sentait attiré, son vice mis en éveil (Zola, Nana,1880p. 1153).Sa curiosité serait mise en éveil par le moindre bruit insolite (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 264).
c) Tenir en éveil. Ils auront le devoir de se tenir en éveil, en constatant que nous les laissons en face de l'Allemagne unifiée (Joffre, Mém.,t. 2, 1931, p. 381).Tenir une fraction de nos forces toujours en éveil, prête à se déployer tout entière, à tout instant (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 6).Cet âge juvénile où l'exaltation du tête-à-tête, l'intimité des confidences, tiennent les esprits indéfiniment en éveil (Martin du G., Souv. autobiogr.,1955, p. lxix).
Prononc. et Orth. : [evεj]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1. 1165-70 estre an esvoil « être sur ses gardes, en état d'alerte » (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 3438); 2. av. 1760 « première manifestation d'une chose » (Mirabeau, Collect. V, p. 312 ds Littré, s.v. sentinelle : le premier éveil du patriotisme). Déverbal de éveiller*. Fréq. abs. littér. : 614. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 199, b) 928; xxes. : a) 1 385, b) 1 110. Bbg. Gohin 1903, p. 335.

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉVEIL, subst. masc.

A.− Vx ou littér. Action d'éveiller, de sortir de l'état de sommeil. (Quasi-)synon. réveil.Ce matin, à l'éveil, je suis assiégé de mille idées pessimistes (Amiel, Journal,1866, p. 467).Il est quantité de gens qui, dès l'éveil, se mettent au « garde à vous » et cherchent à remplir leur personnage (Gide, Ainsi soit-il,1951, p. 1239):
1. Du reste, quand je m'étais décidé à éveiller Albertine, j'avais pu le faire sans crainte, je savais que son éveil ne serait nullement en rapport avec la soirée que nous venions de passer, mais sortirait de son sommeil comme de la nuit sort le matin. Proust, Prisonn.,1922, p. 115.
[En parlant d'animaux] L'éveil d'une volière. Un long miaulement ennuyé annonce la fin du jour, l'éveil des chats, l'approche du dîner (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 33).
Au plur. Moments d'éveil, périodes de veille. À ce souci qui est de règle, s'il s'ajoute une appréhension aussi obsédante (...) les nuits sont forcément coupées d'éveils (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 142).
(Tenir) en éveil. (Tenir) en état de veille, éveillé. Toute la nuit le village fut en éveil (Flaub., MmeBovary,t. 2, 1857, p. 172).Je fus pris tout à coup de malaises bizarres et inexplicables. Ce fut d'abord une sorte d'inquiétude nerveuse qui me tenait en éveil des nuits entières (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Horla, 1886, p. 1088).Des chiens en éveil ont hurlé toute la nuit (Régnier, Sites,1887, p. 137).Mais je me rappelle que cette nuit-là je dormis fort mal, tenu en éveil par une conversation imaginaire avec le gouverneur de Virginie (Green, Journal,1939, p. 223).
B.− Au fig.
1. [En parlant des facultés, des sentiments, de la nature] Action d'apparaître, de (se) révéler. Pour se développer, ces dispositions à l'éveil avaient besoin de temps et de circonstances favorables (Renan, Souv. enf.,1883, p. 146):
2. Je repensai soudain à mon éveil religieux (...) à Laura et à cette école du dimanche où nous nous retrouvions, moniteurs tous deux, (...) discernant mal, dans cette ardeur qui consumait en nous tout l'impur, ce qui appartenait à l'autre et ce qui revenait à Dieu. Gide, Faux-monn.,1925, p. 1009.
a) [Avec un compl. prép. à] Action de s'ouvrir à (quelque chose). L'étonnement que l'éveil à la poésie provoqua chez l'homme de trente ans (Béguin, Âme romant.,1939, p. 189).Ce sentiment éprouvé à quinze ans a été mon véritable éveil à l'existence (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 250).Activités d'éveil.
Donner l'éveil à. Faire naître. Il n'était pas besoin de tant de circonstances excitantes pour donner l'éveil au génie philosophique et scientifique du jeune Blaise (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 455).
b) Au plur., absol. Elle patientait, attendant qu'il grandît. À mesure qu'elle constatait certains éveils, elle se rassurait, elle pensait que l'âge en ferait un homme (Zola, Faute Abbé Mouret,1875, p. 1331).La vie d'un homme n'est qu'une longue suite d'éveils et de fixations; les deux mouvements peuvent longtemps se compenser (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 282):
3. Il n'est pas rare qu'un enfant, à l'heure des éveils, rencontre un jour ce condisciple ou cet aîné, pareil au magicien des contes arabes, dont les paroles fatidiques jettent un sort sur sa destinée. Un petit voisin de campagne a joué pour moi ce rôle. Martin du G., Souv. autobiogr.,1955, p. xlii.
c) [Avec un compl. prép. de] Éclosion, première manifestation (d'un sentiment, d'une quantité, d'une aspiration). L'éveil tardif de la puberté. J'aime à saisir le premier éveil d'une vocation, le déchiffrement de l'instinct (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 3, 1848, p. 519).Tout était en elle séduction, éveil de sensualité (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 215).Je l'entendis confier à M. Simonnot (...) que personne, au soir de la vie, n'assistait sans émotion à l'éveil d'un talent (Sartre, Mots,1964, p. 128).
Au plur. Éveils de la chair. Je l'ai connu [Henry Descamps] dans le beau temps des poëtes naissants et des éveils d'esprits (Hugo, Corresp.,1856, p. 251).Éveils terribles du cœur et des sens, grandes révoltes, et puis retour à la vie ascétique du large, à la séquestration sur le couvent flottant (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 3).
2. P. anal. [En parlant de groupes d'hommes, de collectivités] Éveil des masses, des multitudes. L'éveil des peuples économiquement retardés impose, comme fit celui des classes passives, d'inventer de nouveaux équilibres humains (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 19).
Donner l'éveil à. Donner une impulsion à, faire naître. Il [Boris] se plaisait à attirer les Allemands dans ses États pour donner l'éveil à l'industrie (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t. 7, 1851-62, p. 374).
C.− Avertissement, alerte.
1. Donner l'éveil
a) Vieilli. Attirer l'attention (de quelqu'un sur une chose qui lui échappe). Je recevrai, j'espère, ces détails que vous m'avez promis : (...) après m'avoir donné l'éveil, pouvez-vous m'en faire attendre si longtemps l'explication? Ne devinez-vous pas mon inquiétude? (J.-J. Ampère, Corresp.,1825, p. 331).Une lettre qui lui donnait l'éveil sur la haine toujours vivante que le ministre de l'Intérieur avait pour lui (Stendhal, L. Leuwen,t. 3, 1835, p. 253).
b) Usuel. Donner l'alerte, mettre en garde, attirer l'attention. Elles devraient avoir un chien, quand ce ne serait que pour donner l'éveil (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Pierrot, 1882, p. 348).Un prisonnier allemand, resté par hasard dans la buanderie, les avait vus escalader le mur, et avait donné l'éveil (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 293).En attendant elles [les batteries allemandes] se garderaient bien de tirer dessus, même à titre d'essai, de peur de donner l'éveil (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 31).
[Avec un compl. prép.] Il fallait expliquer la présence de Florent, en évitant de donner l'éveil à la police (Zola, Ventre Paris,1873, p. 658).
2. Vieilli. Avoir (l')éveil (de/sur qqc.). Avoir son attention dirigée sur quelque chose (surveiller quelque chose). Mais pour qu'il soit repris, il faut que la police ait l'éveil (Ponson du Terr., Rocambole,t. 1, 1859, p. 676).Yvan sortit de la porte cochère, et me dit : Je suis là pour vous prévenir. La police a l'éveil sur cette maison (Hugo, Hist. crime,1877, p. 42).Ces curiosités étaient au-dessus de ma raison, qui si elle en avait eu quelque éveil, aurait mis sa fierté à les écarter (Barrès, Amori,1902, p. 122).
3. En éveil
a) (Être) en éveil. (Être) attentif, sur ses gardes. (Quasi-)synon. épier, (être) aux aguets.
α) [En parlant de l'homme] Vous devez être particulièrement en éveil à l'égard de tels alliés qui seraient, peut-être, trop enclins à considérer la France libre comme quantité négligeable (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 507).
Avoir l'œil en éveil. Il allait, l'œil en éveil, l'oreille tendue (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Père Milon, 1883, p. 215).
β) P. anal. [En parlant d'un sens, d'une faculté, d'une qualité, etc.] Dans un état d'excitation particulière. Avoir l'esprit en éveil; imagination en continuel éveil; désir toujours en éveil. La curiosité des petites villes, toujours en éveil (Zola, DrPascal,1893, p. 181):
4. ... ce que le lecteur découvre sous ces dialogues romanesques (...) est peu de chose auprès de ce qu'il peut lui-même découvrir quand (...) tous ses instincts de défense et d'attaque en éveil, excité et sur le qui-vive, il observe et écoute ses interlocuteurs. Sarraute, Ère soupçon,1956, p. 112.
b) Mettre en éveil. Avertir, mettre en état d'alerte. Rose Mignon, mise en éveil par la présence de Nana, comprit tout d'un coup (Zola, Nana,1880, p. 1330).Une grossièreté qui eût mis en éveil quelqu'un de plus fin que M. Jeannin (Rolland, J.-Chr.,Antoinette, 1908, p. 848):
5. La compagnie s'égaillera derrière eux en laissant des intervalles pour ne pas attirer l'attention. Un caillou a roulé et les guetteurs allemands, du haut du fort, mis en éveil, lancent des fusées et font feu. Bordeaux, Fort de Vaux,1916, p. 248.
P. anal. [En parlant d'un trait de caractère, d'une qualité] C'était une bêtise sans doute; seulement, l'idée le tourmentait, il se sentait attiré, son vice mis en éveil (Zola, Nana,1880p. 1153).Sa curiosité serait mise en éveil par le moindre bruit insolite (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 264).
c) Tenir en éveil. Ils auront le devoir de se tenir en éveil, en constatant que nous les laissons en face de l'Allemagne unifiée (Joffre, Mém.,t. 2, 1931, p. 381).Tenir une fraction de nos forces toujours en éveil, prête à se déployer tout entière, à tout instant (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 6).Cet âge juvénile où l'exaltation du tête-à-tête, l'intimité des confidences, tiennent les esprits indéfiniment en éveil (Martin du G., Souv. autobiogr.,1955, p. lxix).
Prononc. et Orth. : [evεj]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1. 1165-70 estre an esvoil « être sur ses gardes, en état d'alerte » (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 3438); 2. av. 1760 « première manifestation d'une chose » (Mirabeau, Collect. V, p. 312 ds Littré, s.v. sentinelle : le premier éveil du patriotisme). Déverbal de éveiller*. Fréq. abs. littér. : 614. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 199, b) 928; xxes. : a) 1 385, b) 1 110. Bbg. Gohin 1903, p. 335.

Wiktionnaire

Nom commun

éveil \e.vɛj\ masculin

  1. Action d’éveiller ou de s’éveiller.
  2. (Par extension) (Militaire) Alarme.
    • Une fois l’éveil donné, tout le camp fut sur pied.
  3. (Plus courant) (Militaire) (Figuré) Avertissement que l’on donne de bien veiller, d’être sur ses gardes.
    • Donner l’éveil.
    • Je n’en ai eu l’éveil que tout à l’heure.
  4. (Figuré) Action d'éveiller son esprit, son intelligence, sa pensée.
    • L’éveil de l’intelligence, de la sensibilité, des sens, de la nature.
    • Ce qui s’auto-détermine, à savoir l’éveil à soi, doit se trouver derrière tout ce qui est pensé comme plan de la conscience. — (Revue philosophique de Louvain, volume 97, 1999)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉVEIL. n. m.
Action d'éveiller ou de s'éveiller. On dit plutôt aujourd'hui RÉVEIL. Il signifie par extension Alarme. Une fois l'éveil donné, tout le camp fut sur pied. Il s'emploie surtout au figuré pour signifier Avertissement que l'on donne de bien veiller, d'être sur ses gardes. Donner l'éveil. Je n'en ai eu l'éveil que tout à l'heure. En éveil, Sur ses gardes, aux aguets. Être en éveil. Tenir en éveil. Une jalousie, une charité toujours en éveil. Il signifie aussi figurément Action de s'éveiller. L'éveil de l'intelligence, de la sensibilité, des sens, de la nature.

Littré (1872-1877)

ÉVEIL (é-vèll, ll mouillées) s. m.
  • 1Action d'éveiller. Peu usité au propre.
  • 2 Fig. Avis donné à quelqu'un sur une chose qui l'intéresse et à laquelle il ne pensait pas. C'est lui qui m'en a donné l'éveil. Vous saurez que c'est moi qui donnai l'éveil à nos astronomes, Marmontel, Cont. mor. Connaiss.

    Tenir en éveil, tenir attentif.

    Être, se tenir en éveil, être attentif, sur ses gardes.

HISTORIQUE

XIIIe s. Certes, Dangier, moult me merveil Que vous n'estes en grant esveil De garder ce que vous devés, la Rose, 3724.

XVe s. Le chevalier, qui les veit venir par l'esveil du preudhomme, se leva, puis print son escu et sa lance, Perceforest, t. IV, f° 127.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « éveil »

Chrétien de Troyes (1175), esveil. Voir éveiller.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Voy. ÉVEILLER.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « éveil »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
éveil evɛl

Évolution historique de l’usage du mot « éveil »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « éveil »

  • Jusques à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? , Ancien Testament, Livre des Proverbes VI, 9
  • L'idée de Dieu est ce que je puis éveiller ou ne pas éveiller en moi. De Léon Tolstoï / Journal
  • Les yeux de l'éveil sont innombrables mais l'éveil n'a qu'un oeil. De Michel Random
  • Pour agacer les facultés et les tenir éveillées, il faut sans cesse chercher des ennemis et courir au combat. Marie Jean Hérault de Séchelles, Théorie de l'ambition, Codicille politique et pratique d'un jeune habitant d'Épône
  • Le coeur de deux chambres se compose Dans lesquelles habitent Joie et Chagrin Lorsque Joie dans l'une s'éveille, Dans l'autre s'endort Chagrin, O Joie, prenez garde ! Parlez donc bas, De crainte d'éveiller Chagrin. De Herman Neuman / Le Coeur
  • N'éveillez pas le lion qui dort. De Philip Sidney
  • L'espérance est le songe d'un homme éveillé. De Aristote
  • L'enfant est un prince de l'éveil. De Paul Louka / Louka
  • Un peu de jalousie éveille un amour heureux qui s’endort. De Madame Deshoulières
  • Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère. De Michel de Montaigne / Essais
  • On ne force pas une curiosité, on l’éveille. De Daniel Pennac / Comme un roman
  • L’histoire est un cauchemar dont je cherche à m’éveiller. De James Joyce / Ulysse
  • Les chemins tortueux ont au moins l'avantage de te garder éveillé. De Germain Véronneau
  • Ne pas connaître l’éveil conduit à la confusion. De Lao-Tseu / Tao Te King
  • Nous sommes plus curieux du sens des rêves que des choses que nous voyons éveillés. De Diogène
  • Mercredi dernier en présence de leurs parents, Charli, Maïla, Jade, Léo et Louise ont bénéficié d’une séance d’éveil moteur dispensée par Perrine Dabat animatrice diplômée. nrpyrenees.fr, De l’éveil moteur pour les tout-petits - nrpyrenees.fr
  • Depuis 2016, ces artistes explorent l’éveil artistique des bébés placés dans ce foyer d’urgence par décision de justice pour cause de maltraitance, de violence, de carence grave, ou accueillis temporairement à la demande de parents en difficulté. Douze places sont réparties en deux groupes : les tout-petits bébés et ceux qui ont fait leurs premiers pas. Chaque groupe a droit à sa séance du lundi. La Gazette des Communes, La danse et la musique nourrissent l’éveil de bébés placés en pouponnière départementale
  • Samedi, le dernier atelier d’éveil de la saison, appelé « Pirouettes et chansonnettes », a accueilli cinq enfants de 0 à 3 ans et un parent ou un grand-parent. Le Telegramme, À Lesneven, le dernier atelier d’éveil pour les petits avant la rentrée - Lesneven - Le Télégramme

Images d'illustration du mot « éveil »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.
  • https://www.instagram.com/meanxshadows/ Photo de Taylor via Unsplash

Traductions du mot « éveil »

Langue Traduction
Anglais awakening
Espagnol despertar
Italien risveglio
Allemand erwachen
Chinois 唤醒
Arabe الصحوة
Portugais despertar
Russe пробуждение
Japonais 覚醒
Basque esnatzen
Corse u risvegliu
Source : Google Translate API

Antonymes de « éveil »

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