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Étinceler

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Définitions du mot étinceler

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTINCELER, verbe intrans.

A.− Vieilli. Lancer des étincelles. Les charbons étincelaient de petites aigrettes pétillantes (Nodier, Trilby,1822, p. 121).Pencroff attaqua le granit, et pendant une demi-heure, à la lueur des torches, il en fit voler les éclats autour de lui. La roche étincelait sous son pic (Verne, Île myst.,1874, p. 167).Coursiers généreux, (...) et sous leurs fers le silex étincelle (Colette, Dialogue bêtes,1905, p. 84).
B.− Briller d'un vif éclat.
1. Jeter une lumière brillante par émission de rayons lumineux. Le phare étincelait (Michelet, Journal,1834, p. 160).Le soleil étincelait (Giraudoux, Suzanne,1921, p. 44):
1. ... les étoiles australes se mettaient à briller d'éclats très surprenants; les grandes nébuleuses étincelaient comme une poussière de nacre... Loti, Mon frère Yves,1883, p. 381.
2. Jeter des feux, briller ou scintiller, au contact d'un rayon lumineux. Étinceler au soleil. Poignard dont la lame brillante étincela à la clarté des bougies (Ponson du Terr., Rocambole,t. 4, 1859, p. 178).La mer étincelait sous les rayons du soleil (Verne, Île myst.,1874p. 31):
2. Une belle lumière mettait en valeur les toilettes, faisait étinceler les bijoux et donnait à la chair une tonalité chaude. Peisson, Parti Liverpool,1932, p. 166.
3. P. anal. [Le plus souvent en parlant des yeux] Briller, comme si des étincelles en sortaient; jeter de la lumière être traversé d'éclats lumineux. Les yeux étincellent. Ses grands yeux bleus étincelaient humides et brillants (Sue, Atar Gull,1831, p. 19):
3. On l'appelait le Grollier, à cause des poils aussi noirs que les plumes de grolle qui couvraient son visage, et au milieu desquels étincelaient deux yeux presque blancs, phosphorescents comme ceux d'un chien de berger ou d'un geai en maraude. R. Bazin, Blé,1907, p. 14.
4. P. hyperb. Des colibris étincellent sur le jasmin des Florides (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 176).Les fleurs parfumées étincelaient au pied des masses épaisses de grands arbres (Barrès, Cahiers,t. 6, 1907-08, p. 39).
C.− Au fig. Avoir des qualités qui font remarquer et mettent en valeur; briller d'un très grand éclat.
1. [Le suj. désigne une pers.] Au milieu de ces conversations charmantes où nul plus que lui n'étincelait, Delille croyait aimer la campagne et ne rêvait qu'à la peindre (Sainte-Beuve, Portr. littér.,t. 3, 1844-64, p. 80).Sa pensée rapide [de Thiers] étincelait de toutes manières à travers les phrases, ce qui donnait à tous la sensation d'une prestigieuse et volubile conversation qui raisonne (Wicart, Orateur,t. 2, 1936, p. 81).
2. [Le suj. désigne l'esprit, les choses de l'esprit] Ces paroles (...) étincellent de courage et de foi (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 114).À côté de la Divine Comédie, les sonnets de la Vita nuova étincellent d'un rayonnement analogue (L. Daudet, Hérédo,1916, p. 228):
4. De nos jours, trois hommes qui ont écrit dans des genres et avec des mérites divers, mais toujours avec une grande richesse d'imagination, ont dû à de tels voyages la poésie neuve et brillante dont leur prose étincelle. Sainte-Beuve, Caus. lundi,t. 1, 1851-62, p. 8.
Prononc. et Orth. : [etε ̃sle], (j')étincelle [etε ̃sεl]. Ds Ac. 1694-1932. Conjug. Change [ə] du rad. en [ε] devant syll. muette. Étymol. et Hist. 1155 estenceler « briller » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 12725). Dér. de étincelle*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 660. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 976, b) 1 237; xxes. : a) 530, b) 565.
DÉR.
Étincelage, subst. masc.,méd. 1) Utilisation des étincelles produites par un courant électrique de haute fréquence à tension très élevée dans un but thérapeutique en dermatologie. Il faut leur préférer les procédés de destruction utilisés couramment par les dermatologistes : application de neige carbonique, ablation (...) par étincelage (QuilletMéd.1965, p. 302).2) Synon. de fulguration [etε ̃sla:ʒ]. 1reattest. 1908 étincellage (A. Weil in A. Gilbert et P. Yvon, Formulaire pratique, 479-20eéd. ds Quem. DDL t. 8); du rad. de étinceler, suff. -age*.

Wiktionnaire

Verbe

étinceler \e.tɛ̃.sle\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Briller, jeter des éclats de lumière.
    • Louis XVI, […], fit son entrée, […], revêtu du grand manteau royal et portant un chapeau à plumes, dont la ganse étincelait de diamants. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
    • En outre, tous les cafés, tous les mastroquets étincelaient de lumière, ce qui est rare dans ce quartier éloigné de Paris, surtout à une heure si tardive. — (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
    • […]: sur toute l’Ardenne, le temps s’était levé. Le ciel était bleu éblouissant, la neige étincelait au soleil. — (Georges Blond, L'Agonie de l'Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.155)
    • (Figuré)Ses yeux étincelaient de fureur.
  2. (Figuré) Jeter des traits brillants.
    • Vers qui étincellent de beautés sublimes.
  3. (Transitif) Soumettre à l'étincelage.
  4. (Cancérologie) Définition manquante ou à compléter. (Ajouter)
    • Il se propose de suivre ses malades au cystoscope pour dépister et étinceler aussitôt les récidives éventuelles. — (Neoplasmes, volumes 10-11, 1931)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTINCELER. (J'étincelle; nous étincelons.) v. intr.
Briller, jeter des éclats de lumière. Il y a des étoiles qui étincellent plus que d'autres. Par analogie, Ses yeux étincelaient de fureur. Il signifie figurément Jeter des traits brillants. Vers qui étincellent de beautés sublimes.

Littré (1872-1877)

ÉTINCELER (é-tin-se-lé. L'l se double quand la voyelle qui suit est muette : il étincelle, il étincellera) v. n.
  • 1Jeter des étincelles. Les justes brilleront et ils étincelleront comme des feux qui courent au travers des roseaux, Sacy, Bible, Sagesse, III, 7. Pendant la nuit, des mouches luisantes se montraient dans les airs ; on eût dit que la montagne étincelait, Staël, Corinne, XI, 1.

    Il se dit de ce qui brille comme si des étincelles en sortaient. Il y a des étoiles qui étincellent plus que d'autres. L'autel étincelait des flambeaux d'hyménée, Voltaire, Mérope, v, 6. Sitôt qu'aux champs de l'air l'œil du jour étincelle, Gilbert, le Jubilé.

  • 2 Par extension, on dit que le regard, l'œil étincelle, à cause qu'il devient brillant dans certaines passions vives. Ses farouches regards étincelaient de rage, Corneille, Pomp. IV, 1. Il étincelle des yeux, La Bruyère, XI.

    Par suite on dit que ces passions étincellent par ou dans les yeux. La flamme de ton cœur par tes yeux étincelle, Régnier, Dial. Ainsi du Dieu vivant la colère étincelle, Racine, Esth. II, 7. Mais déjà la fureur dans vos yeux étincelle, Boileau, Lutrin, III. Un feu divin étincelle dans les yeux du jeune guerrier, Fénelon, Tél. XVII. Quel désespoir horrible en tes yeux étincelle ! Voltaire, Alz. IV, 4. Ses traits durs et pensifs ont un calme odieux, Et surtout quand la joie étincelle en ses yeux, Lemercier, Frédég. et Brun. III, 2.

    Enfin on dit qu'un homme et même un animal étincelle, quand il est plein de feu. Le cheval partage aussi les plaisirs de l'homme ; à la chasse, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle, Buffon, Cheval.

  • 3 Fig. Avoir des traits vifs, d'éclatantes beautés, en parlant des ouvrages d'esprit. Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés, Boileau, Art p. II.

    On peut dire aussi que les beautés étincellent dans un ouvrage.

    Il se dit même des personnes. Malgré son fatras obscur, Souvent Brébeuf étincelle ; Un vers noble quoique dur Peut s'offrir dans la Pucelle, Boileau, Épigr. 28.

HISTORIQUE

XIIIe s. [Le ciel qui porte] Toutes les estoiles o li [avec lui], Estincelans et vertueuses Sor toutes pierres precieuses, la Rose, 17007.

XVIe s. La providence secrette de Dieu n'a jamais esté effacée tellement du cœur des hommes, que tousjours quelque residu n'ait estincellé parmi leurs tenebres, Calvin, Instit. 142. En la nature de l'homme, quelque perverse et abastardie qu'elle soit, il y estincelle encores quelques flammettes, Calvin, ib. 191. Je luy contay le feu qui me brusloit, Dont la chaleur aux yeux m'estinceloit, Ronsard, 778. Ses yeux perçans, qui de travers regardent, Incessamment estincellent et ardent, Marot, II, 279. Tout habit gris est une cendre grise, Couvrant un feu qui tousjours estincelle, Marot, III, 126. Tout le ciel estincelle ; Pour vray, onc je ne vis une nuict estoillée…, La Boétie, 508. … L'estinceler De vos œillades flamboyantes, Jacques Tahureau, Poésies, p. 161, dans LACURNE.

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Étymologie de « étinceler »

Du latin scintillare.
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Provenç. sintillar ; espagn. centellar ; portug. scintillar ; ital. scintillare ; du latin scintillare, de scintilla, étincelle.

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Phonétique du mot « étinceler »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étinceler etɛ̃sœle

Évolution historique de l’usage du mot « étinceler »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Traductions du mot « étinceler »

Langue Traduction
Anglais sparkle
Espagnol brillar
Italien scintillare
Allemand funkeln
Chinois 火花
Arabe التألق
Portugais brilhar
Russe искриться
Japonais 輝く
Basque sparkle
Corse scintilla
Source : Google Translate API

Synonymes de « étinceler »

Source : synonymes de étinceler sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « étinceler »

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