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Brasiller

Sommaire

  • Définitions du mot brasiller
  • Phonétique de « brasiller »
  • Évolution historique de l’usage du mot « brasiller »
  • Citations contenant le mot « brasiller »
  • Traductions du mot « brasiller »
  • Synonymes de « brasiller »

Définitions du mot brasiller

Trésor de la Langue Française informatisé

BRASILLER, verbe.

I.− Emploi trans. Faire griller sur la braise. Brasiller de la viande, du boudin.
II.− Emploi intrans. [En parlant de la braise] Scintiller. Synon. braisiller.Des charbons ardents qui brasillent sous la cendre (Sem, La Ronde de nuit,1923, p 89).
P. métaph. Resplendir (comme de la braise). Les ampoules faisaient brasiller les parcelles de mica (H. Bazin, La Mort du petit cheval,1949, p. 161).
P. ext. Briller. Une femme (...) dont les yeux brasillassent (Huysmans, Marthe,1876, p. 50).
MAR. [En parlant de la mer] Présenter une traînée de lumière (par la réflexion des rayons du soleil, de la lune). Le golfe brasille sous le feu vertical (R. Martin du Gard, Les Thibault,La Sorellina, 1928, p. 1184).
Néol., rare. Crépiter comme de la braise. La fusillade brasille (Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 212).
PRONONC. ET ORTH. : [bʀ ɑzije] ou [bʀa-], (je) brasille [bʀ ɑ(a)zij]. [ɑ ˑ] post. mi-long dans Passy 1914. Pour [ɑ] post. cf. aussi DG et Fél. 1851. [ɑ] ou [a] dans Barbeau-Rodhe 1930, Pt Rob. et Warn. 1968. Pour Fouché Prononc. 1959, p. 85 : ,,L'[ɑ] ne fait que se survivre dans baron, brasiller, carrosse, charogne, charron, gazette, gazetier, havresac, jadis, larron, maçon, madré, maflu, marraine, marron, parrain, passereau, praline, scabreux, dans passion et compassion, dans les mots en -asion``. La finale est transcrite avec [λ] mouillée dans Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Nod. 1844, Fél. 1851 et Littré. Noter la forme braziller dans J. Lorrain, Les Griseries, 1887, p. 123.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1223 bresilliee « faire griller sur la braise » (G. de Coincy, Mir. Vierge, 250, 490 dans T.-L.); p. ext. 1613 part. prés. adj. fouldres brasillans « qui brille » (Chassignet, Ps., LXXVI dans Gdf. Compl.); 1872 part. prés. adj. fém. brasillante « scintiller » (Zola, La Curée, p. 333); 1876, supra; 2. 1751 mar. (Encyclop. t. 2). Dér. de braise* avec phénomène d'apophonie; suff. -iller*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 14.

Wiktionnaire

Verbe

brasiller \bʁa.zi.je\ transitif ou intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Faire griller sur de la braise. Note : À ne pas confondre avec braiser.
    • Brasiller des pêches.
  2. Briller d’une lueur phosphorescente, en parlant de la trace d’un bâtiment dans l’obscurité.
    • Maintenant, toute la cathédrale braisillait, ardente. — (Émile Zola, Le Rêve, Georges Charpentier et Cie, Paris, 1888.)
    • Très loin au-delà du parvis les lumières de la ville brasillaient. — (Pierre Magnan, Guernica, Denoël, 1991.)
  3. (Figuré) Montrer une physionomie radieuse.
    • Quand elles passent près de lui, les pupilles siciliennes brasillent, les dents s’illunent. Elle hésite avant de lui accorder une danse seule à seul. — (Paul Adam, En décor, A. Savine, 1891, page 116.)
  4. (Marine) (Intransitif) Montrer comme une traînée de lumière éblouissante et scintillante à la surface, en parlant de la mer lorsque les rayons du soleil ou de la lune la frappent obliquement.
  5. (Figuré) S’agiter, être actif.
    • Immobilisé, mêlé au basalte, l’esprit continue-t-il à brasiller ? — (Robert Darvel, L’Homme qui traversa la Terre, Les Moutons électriques, 2016, page 173.)
    • Mais c’est tout le corps qui est atteint, quasi obèse, maintenant adipeux, persillé de blanc et de rouge, alors que l’esprit brasille, foudroie, — la parole de M. de Sade est toujours aussi tranchante, — et que l’œil bleu exige. — (Jacques Chessex, Le Dernier Crâne de M. de Sade, Grasset, 2010.)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BRASILLER. v. tr.
Faire griller un peu de temps sur de la braise. Brasiller des pêches. En termes de Marine, il est employé intransitivement et se dit de la mer lorsque les rayons du soleil ou de la lune la frappent obliquement et qu'on voit à sa surface comme une traînée de lumière éblouissante et scintillante. Il se dit également lorsque, dans l'obscurité, la trace du bâtiment brille d'une lueur phosphorescente.

Littré (1872-1877)

BRASILLER (bra-zi-llé, ll mouillées, et non brazi-yé)
  • 1 V. a. Faire griller sur de la braise.
  • 2 V. n. Présenter une traînée de lumière, en parlant de la mer frappée obliquement par des rayons lumineux, ou devenant phosphorescente dans la trace du bâtiment.

HISTORIQUE

XVe s. Avecque leurs comperes Et voisines, en hiver, En brazillant les poires, [ils] S'arroyent à deviser, Basselin, XXVI.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

* BRASILLER, v. neut. (terme de Marine.) il se dit des feux & de la lumiere que jette la mer pendant la nuit. La mer brasille beaucoup le long des flancs d’un vaisseau qui vogue à pleines voiles.

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Phonétique du mot « brasiller »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
brasiller brazije

Évolution historique de l’usage du mot « brasiller »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « brasiller »

  • Elle fait appel à Dragos Tara pour la contrebasse et l’électronique et à Didier Métrailler aux percussions et au marimba. Deux géants de granit qui l’accompagnent sur scène et entre lesquels elle laisse brasiller sa voix, souple comme un ruisseau, rocheuse et magistrale comme les hautes montagnes. Mais c’est seule qu’elle a composé les morceaux en se promenant dans la nature. Le Temps, Aurélie Emery fait revivre le lyrisme de Corinna Bille - Le Temps
  •  Pour ma part, je suis confiné avec mes proches, ce qui est plutôt une chance car l’atelier se trouve dans mon domicile et que j’ai de plus le plaisir de disposer d’un jardin. Mon premier souci a été d’entretenir un lien avec mes étudiants parisiens de l’ENSAAMA Olivier de Serres dont je suis le travail par mail interposés, l’autre partie de mon temps se passe dans mon atelier où paradoxalement, les idées se développent d’une manière inédite alors que je craignais que ce confinement puisse être un blocage. En ces jours suspendus où le téléphone ne sonne pas, mes expositions sont à l’arrêt : Mon exposition parisienne à la galerie Schwab Beaubourg a été interrompue, celle que je préparais à la Galerie Portal de Saint Jean de Luz est différée jusqu’à nouvel ordre, je m’affaire à l’atelier, amorçant quelques nouvelles toiles, requestionnant mes thèmes. Par ailleurs, j’ai réalisé depuis le début de cette quarantaine, un carnet graphique de confinement complété d’une série de petites compositions graphiques et découpées autour d’une collection de boîtes d’allumettes qui sommeillait dans mon atelier, que je mets en scène. Métaphores du confinement, ces petites boîtes racontent sur un ton léger des histoires de confinés. Elles ont suscité intérêt et réactions nombreuses sur les réseaux sociaux où je les publie quotidiennement depuis la mi-mars. Le sourire est un bouclier contre la peur et le croquis est un partage spontané et immédiat avec un public dont les inquiétudes et angoisses sont palpables. Ce que je mets dans mes toiles du moment, je le découvrirai probablement plus tard. Paradoxalement, cette période est propice à la remise en question, à l’invention, je veux penser qu’elle pourrait être aussi un nouveau départ à une échelle beaucoup plus large : ces jours ci , le ciel est plus bleu, les étoiles sont plus visibles, chauve souris et papillons réintègrent les villes, ce sont des petits signes qui n’échappent à personne, symboles peut-être d’un nouveau chemin possible. Je vous livre un petit texte que j’ai écrit ces derniers temps sur la notion de confinement. Nous voici dans un temps confiné à l’heure du repli, du huis clos. L’esprit voyageur s’est inversé, retourné, les envies d’ailleurs font naufrage, l’extérieur montre un jour menaçant, derrière la lumière du printemps, derrière les chants d’oiseaux se cache une sourde et invisible menace. On dirait que le temps s’est figé, que le monde prend une pause. Les temps sont au repli, plus que jamais, le bon sens et la consigne nous poussent à rejoindre nos antichambres, à arpenter nos intériorités, à fouler nos paysages intérieurs,  nos terrains vagues secrets, le panorama de nos souvenirs, la bibliothèque de notre existence dont chaque ouvrage a pris place sur les étagères de nos vies. Comment ne pas songer, ces jours-ci à cet ouvrage de Xavier de Maistre écrit à la fin du XVIII ème siècle : Voyage autour de ma chambre qui évoque la réclusion du narrateur contraint à rester quarante deux jours dans une chambre dont il explore les moindres recoins. Or pour l’écrivain comme pour le peintre, le repli, la quarantaine, le confinement font quasiment partie du processus logique, que l’on pourrait nommer le syndrome de l’anachorète. On perçoit mieux l’extérieur lorsque l’on s’enferme. La transcription in situ a souvent quelque chose de trop frontal alors que la resurgence des paysages, des visages, des souvenirs prend tout son sens dans les murs confinés de l’atelier du peintre ou sur sa table à dessin. Lorsque les portes sont closes, les souvenirs se mettent à brasiller, les images et les visions s’épanouissent, prennent forme : le voyage du dedans est amorcé apportant toute une vie foisonnante que l’on avait emmagasinée sans même y prendre garde au fil de nos pérégrinations enfiévrées. L’atelier est un monde où tous les voyages se mêlent et s’entrecroisent. Le temps du confinement est celui où les objets se mettent à parler, je les entends dialoguer en parcourant les quatre coins de ma pièces. Tohossou, dieu vaudou de l’eau côtoie un Ganesh de plâtre aux couleurs pâtissières. Une souris tchèque en bois peint interpelle une figure Yoruba, Marsupilami nargue une statuette dogon, le masque buffle baoulé accroché à deux pas n’y prête d’ailleurs aucune attention. Les tranches colorées des livres de la bibliothèque me promettent des mondes familiers ou étranges, tous ces ouvrages me rassurent et me guident. La toile posée sur le chevalet est en cours, je guette cet instant magique où la surface du tableau deviendra une fois encore espace. La sensation d’être devant un mur qui devient progressivement fenêtre par laquelle je pourrai à ma guise, comme Wang-Fô dans la célèbre nouvelle de Marguerite Yourcenar, m’évader. C’est ainsi que le peintre se trouve une fois de plus, perpétuellement, sauvé, pérégrinant entre échappées belles et chemins de traverse dans les murs merveilleusement confinés de son atelier. Christophe Ronel Avril 2020 France Bleu, Mon confinement la lettre du peintre Christophe Ronel...
  • Minuscules et en noir et blanc, elles ont l'immense mérite de fixer l'instant. Que ce soit l'imprévu flou et mal cadré, ou la pose. Dès son invention Bonnard a jouée du Kodak portatif. Pour ses albums de famille et d'amis, pour cultiver l'émotion. Mais aussi bientôt pour son processus créatif. Il pratique la photo dès 1890. Autre originalité: ses agendas malheureusement pas présentés dans l'exposition. Il y mentionne chaque jour la météo comme Goethe, Constable ou Boudin… Lui importe avant tout de savoir si le feuillage de son laurier va brasiller comme la veille ou l'heure précise à laquelle les ombres vont devenir bleues. Lorsque Marthe meurt, le 26 janvier 1942, il mentionne qu'il fait beau et ajoute dessous une croix, même pas chrétienne. Comme la biffure d'une corvée faite. Marthe, il l'avait aimée. L'aimait encore. Mais sa maladie avait pesé. Et plus encore la manière avec laquelle Marthe avait combattu sa rivale. Juste avant son mariage Bonnard avait eu une liaison passionnée avec Renée Monchaty. Ils étaient partis ensemble à Rome. Il a peinte Renée une vingtaine de fois. La jalousie de l'officielle avait triomphé. Un mois après leur mariage, Renée s'était donnée la mort. Le Figaro.fr, Musée d'Orsay : six choses à savoir sur Pierre Bonnard

Traductions du mot « brasiller »

Langue Traduction
Anglais glisten
Source : Google Translate API

Synonymes de « brasiller »

Source : synonymes de brasiller sur lebonsynonyme.fr
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