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Enfance

Définitions du mot « enfance »

Trésor de la Langue Française informatisé

ENFANCE, subst. fém.

A.− Premières années de la vie d'un être humain jusqu'à l'adolescence.
1. [À propos d'un être de cet âge] Berceau de mon enfance; sortir de l'enfance. Vous savez que je me suis marié... oui, avec une petite amie d'enfance (Zola, Argent,1891, p. 23).La notion des devoirs, depuis ma tendre enfance, dominait ma vie (Gide, Robert,1930, p. 1319).
P. méton. [L'être hum. considéré dans son enfance] Les délices des arts ont nourri mon enfance (Chénier, Élégies,1794, p. 154).Omer Héricourt admira l'homme qui s'accroissait en lui, l'homme qui joindrait son effort à ceux que son enfance avait appris (Adam, Enfant Aust.,1902, p. 270).
P. anal. [À propos d'un animal] Le rapace sort tout de suite de l'enfance. Il en connaît à peine l'hésitation (Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 180).
2. P. anal. [À propos d'un être adulte]
a) Manque de maturité, naïveté, innocence. Notre esprit resterait dans une éternelle enfance (Destutt de Tr., Idéol.,1, 1801, p. 347):
1. On sait gré à Ésope de ses fables, à cause de leur but moral, et l'on ne peut pas l'accuser d'imposture, puisque les enfans mêmes ne s'y laissent pas tromper, au lieu que les fables de l'élysée et du tartare sont crues à la lettre par beaucoup d'hommes, qu'elles tiennent dans une enfance éternelle. Dupuis, Abr. de l'orig. de tous les cultes,1796, p. 514.
Comportement d'enfant. Synon. enfantillage.Le budget suffit à tout, et voilà ce que c'est que ce représentatif dont là-bas vous vous faites une peur. Sottise, enfance, mon cousin; il n'est rien de meilleur au monde (Courier, Pamphlets pol.,Pièce diplomatique extraite des journaux angl., 1823, p. 193).
b) [À propos d'une vieille personne] Diminution ou perte des facultés qui ramène un vieillard à l'état mental du premier âge. Être, (re)tomber en enfance. Synon. gâtisme, ramollissement.Je voudrais avoir un ami qui me fît le serment de me brûler la cervelle, si jamais je tombais en folie ou en enfance (Vigny, Journal Poète,1832, p. 951).Vers ses quatre-vingts ans (...) l'enfance sénile avait tout à coup terrassé son intelligence (Loti, Rom. enf.,1890, p. 38).
3. Au fig. Commencement, naissance de quelque chose. Dans l'enfance des nations, quand les hommes vivaient encore dans les forêts, soumis tous aux mêmes besoins, doués tous des mêmes facultés, ils étaient tous presque égaux en forces (Volney, Ruines,1791, p. 54).Étant donné l'enfance extraordinaire et tardive de la psychiatrie (Breton, Nadja,1928, p. 132).
Expr. C'est l'enfance de l'art. Simple, élémentaire. C'était un moyen terme à l'état rudimentaire et dérisoire : c'était l'enfance de l'art! (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883, p. 83).
B.− P. méton. Les enfants pris dans leur ensemble, en tant qu'état de la vie. L'enfance ne sait pas lutter contre le chagrin (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 156).Ma fille dit-il, ne sera pas élevée par une duègne. Ces vieilles sottes inculquent à l'enfance des idées d'un autre âge (Boylesve, Leçon d'amour,1902, p. 59):
2. Tous ces enfants étaient de l'espèce chétive, de l'humanité miséreuse (...) : un ensemble de figures pâlottes, propres, mais « pas fraîches »; on sentait la chair creuse, la substance inférieure, les cheveux même paraissaient communs et fanés. Ce n'était pas seulement l'enfance et sa fragilité, ce n'était pas seulement le mystère des existences commençantes qui m'inquiétait, c'était la notion pénétrante de pauvreté. Frapié, La Maternelle,1904, p. 20.
Loc. à valeur adj. D'enfance. D'enfant. Synon. enfantin.Avec sa face creusée et farouche, où vacillaient des yeux d'enfance (Zola, Œuvre,1886, p. 356).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃fɑ ̃:s]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1120-50 « première période de la vie humaine » (Gd mal fit Adam, I, 128 ds T.-L.); 1667 collectivement « les enfants » (Racine, Andromaque, I, 2); 2. ca 1160 « manière d'agir, d'être d'un enfant; naïveté, enfantillage » (Enéas, 7813 ds T.-L.); ca 1260 « état de puérilité » revenir en anfance (Ph. de Novare, Quatre Ages, 167, ibid.); 3. avant 1613 « origine, commencement » (Régnier, Sat. VI, éd. G. Raibaud, p. 65). Empr. au lat. class.infantia « bas âge; les enfants; la jeunesse ». Fréq. abs. littér. : 5 625. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 699, b) 7 089; xxes. : a) 7 230, b) 9 206. Bbg. Delannay (M.). Le Vocab. concernant l'enfance dans Émile ou De l'Éducation et la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. (Licence. Louvain. 1966-67). − Kestelijn (M.-.E). La Maternité et l'enfance dans la vie et dans l'œuvre de Marceline Desbordes-Valmore. (Licence. Louvain. 1965-66). − Tauber (Ch.). Le Thème de l'enfance dans la litt. actuelle. (Thèse Zürich. 1971).

Wiktionnaire

Nom commun

enfance \ɑ̃.fɑ̃s\ féminin

  1. Première partie de la vie de l’être humain, précédant l’adolescence.
    • Jadis, aux temps lointains de ma jeunesse, aux temps de mon enfance à jamais disparue, je me réjouissais en arrivant pour la première fois dans un endroit inconnu… — (Nicolas Gogol, Les âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)
    • De ma tendre enfance je ne parlerai pas. […]. Eussé-je autrement décidé que je me garderais du ridicule qui s’attache à quiconque fait un sort aux minuties du premier âge. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, 1942, p.15)
    • Ma grand-mère a des principes, elle est le cadre rigide et clair de mon enfance, celui sur lequel on s'appuie, à l'opposé de l'agitation trouble de l'hôtel. Pas de bruit le dimanche chez mamie, pas de vélo, la table est un lieu de silence, pas une friterie de gare. — (Sylvia Kristel, Nue : Dans l'ombre du fantasme, écrit avec Jean Arcelin, Le Cherche-Midi, 2006)
  2. État de celui qui est enfant, qui se comporte comme tel.
    • De sa bouche lisse, Amédée souriait, repris par l’hébétude de l’enfance. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • être, tomber ou retomber en enfance, se dit d’une personne âgée qui n’a plus l’usage de la raison, se dit aussi d’une personne qui retrouve l’exubérance de sa jeunesse.
    • Elle me l’avait écrit en effet, et il fallait que j’eusse perdu un peu la tête pour l’oublier. Ce fut l’opinion du domestique, car il me regarda d’un air qui disait : « Monsieur Bonnard est tombé en enfance », et il se pencha sur la rampe de l’escalier pour voir si je ne me livrerais pas à quelque action extraordinaire. Je descendis raisonnablement les degrés et il se retira désappointé. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; éd. Le Livre de Poche, 1967, p. 204.)
    • Les litanies de saint Antoine de Padoue que sa petite-fille vient lui réciter aux trois Angelus ont seules la vertu de calmer la grand-mère en enfance qu'on ne voit pas, cachée qu’elle demeure dans sa chambre, mais comme l’âme de la maison, on la devine partout présente. — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, page 276)
  3. (Figuré) Commencement, début.
    • Les monuments qui nous restent de cette époque lointaine, attestent que les premiers Ardennais étaient des hommes demi-sauvages et appartenant à un peuple encore dans l’enfance de la civilisation. — (François-Xavier Masson, Annales ardennaises, ou Histoire des lieux qui forment le département des Ardennes et des contrées voisines, Mézières : imprimerie Lelaurin, 1861, p.22)
  4. (Collectivement) Ensemble des enfants.
    • Le seul aspect de la femme révèle qu’elle n’est destinée ni aux grands travaux de l’intelligence, ni aux grands travaux matériels. Elle paie sa dette à la vie non par l’action mais par la souffrance, les douleurs de l’enfantement, les soins inquiets de l’enfance ; […]. — (Arthur Schopenhauer, Essai sur les femmes, dans Pensées & Fragments, traduction par J. Bourdeau , Félix Alcan, éditeur, 1900 (16e éd.))
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ENFANCE. n. f.
La première partie de la vie de l'homme, précédant l'adolescence. Dès mon enfance. Dans mon enfance. Dans la plus tendre enfance. Sortir de l'enfance. Les souvenirs de l'enfance. Un ami d'enfance. Les grâces de l'enfance. Les jeux de l'enfance. L'enfance abandonnée. Corrupteurs de l'enfance. Être en enfance, tomber en enfance, se dit d'une Personne âgée qui n'a plus l'usage de la raison.

ENFANCE se dit, au figuré, pour Commencement. À cette époque la peinture était encore dans l'enfance. L'enfance du monde. L'enfance de Rome. C'est l'enfance de l'art se dit à propos de Tout ce qui est élémentaire, facile.

Littré (1872-1877)

ENFANCE (an-fan-s') s. f.
  • 1Période de la vie humaine qui s'étend depuis la naissance jusque vers la septième année, et, dans le langage général, un peu au delà, jusqu'à treize ou quatorze ans. J'étais encore dans la plus tendre enfance, Fénelon, Tél. III. Laissez mûrir l'enfance dans les enfants, Rousseau, Ém. II. Locke se plaint de ce qu'il n'existe pas un seul ouvrage fait pour l'enfance, Genlis, Adèle et Théod. t. 1er, lett. 14, dans POUGENS. Mon cœur lassé de tout, même de l'espérance, N'ira plus de ses vœux importuner le sort ; Prêtez-moi seulement, vallons de mon enfance, Un asile d'un jour pour attendre la mort, Lamartine, Méd. I, 6.

    Terme de médecine. Bouton de l'enfance, sorte de stomatite observée particulièrement en Égypte, et qui consiste en une tumeur de la grosseur d'un grain d'orge occupant le point central de la ligne médiane de la voûte palatine chez les petits enfants ; elle gêne la succion, la déglutition ; on la guérit en frottant le bouton avec le doigt et une poudre un peu granuleuse.

  • 2 Collectivement. Les enfants. Ils n'épargnèrent ni la vieillesse, ni l'enfance. L'enfance folâtre. Heureuse, heureuse l'enfance Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense ! Racine, Athal. II, 9. L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres, Rousseau, Hél. v, 3.
  • 3 Fig. État de puérilité prolongé dans le reste de la vie. Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir, Racine, Brit. I, 2. L'imbécile Ibrahim… Traîne dans le sérail une éternelle enfance, Racine, Bajaz. I, 1. C'est alors que l'hypocrisie, toujours prête à surprendre les deux enfances de la vie humaine, réveille dans l'âme du prince les idées qu'elle y avait semées, Raynal, Hist. phil. XV, 12.

    Retomber, tomber en enfance, et aussi être en enfance, tomber, être dans l'imbécillité de la vieillesse. La Feuillade s'arrêta chez l'évêque, frère de feu son père, qui était tombé en enfance, Saint-Simon, 37, 171. Ne leur demandons point s'ils ont rien senti dans leurs entrailles après avoir soulagé un malheureux ; ou si c'est la crainte de retomber en enfance, qui les attendrit [les sophistes] sur l'innocence du nouveau-né, Chateaubriand, Gén. I, VI, 2.

  • 4Acte, sentiment d'enfant ; enfantillage. C'est une vraie enfance. Faire des enfances, Sévigné, 26 j. 1689. Que sa timidité ne vous donne aucun chagrin… ce sont des enfances, Sévigné, 271. Vous connaissez toutes les enfances dont elle s'occupe, Hamilton, Gram. 11. Les la Vrillière espérèrent que c' [la répulsion de la future pour la Vrillière] était une enfance qui passerait, mais ils l'espérèrent vainement, Saint-Simon, 77, 261. On passait encore les enfances à Mme la duchesse de Bourgogne par la grâce qu'elle y mettait, Saint-Simon, 294, 6. Et ce que je dis là d'elle, n'annonce pas des mouvements de mauvaise humeur bien opiniâtres, ni bien sérieux ; ce sont des bêtises ou des enfances, dont il n'y a que de bonnes gens qui soient capables, Marivaux, Marianne, 2e partie. Voilà ce que c'est que ce gouvernement représentatif dont vous vous faites une peur ; sottise, enfance, mon cousin, Courier, II, 307.

    En bonne part. La pénitence qui est une grâce de simplicité et d'enfance chrétienne, Massillon, Car. Prosp. temp.

  • 5 Fig. Les commencements d'une chose. L'enfance d'un art, d'une science. Gouvernait doucement le monde en son enfance, Régnier, Sat. VI. Dans les temps bienheureux du monde en son enfance, Chacun mettait sa gloire en sa seule innocence, Boileau, Sat. v. La langue française qui, bien loin d'être en son point de maturité du temps de Ronsard, comme Pasquier se l'était imaginé faussement, n'était pas même encore sortie de sa première enfance, Boileau, Longin, Sublime, Réflex. 7. Tout ce qu'aurait pu faire Archimède dans l'enfance du monde, aurait été d'inventer la charrue ; Archimède, placé dans un autre siècle, brûle les vaisseaux des Romains avec des miroirs, si cependant ce n'est pas là une fable, Fontenelle, Dégr. anc. et mod. Œuvres, t. IV, p. 177.

HISTORIQUE

XIIe s. Li clers fut sages dès qu'il issit [sortit] d'enfance, Ronc. p. 165. Qu'il s'en prennent à mon maistre d'Oisi, Qui m'a appris à chanter dès enfance, Quesnes, Romancero, p. 98.

XIIIe s. Li tens qui toute a la baillie Des gens vieillir, l'avoit vieillie [la Vieillesse] Si durement, qu'au mien cuidier El ne se pooit mès aidier, Ains retornoit ja en enfance, la Rose, 391.

XIVe s. Vous me cognoessez dès m'effance ; Et sachiez bien que vueil tenir Mes promesses jusqu'à mourir, Liv. du bon Jehan, 1260.

XVe s. Et [les Gantois] trouverent le repos où le comte avoit esté mis d'enfance, Froissart, II, II, 162.

XVIe s. Dez sa tendre enfance, Montaigne, I, 164. Que l'enfance regarde devant elle, la vieillesse derriere, Montaigne, III, 308.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ENFANCE, s. f. (Medecine.) C’est la premiere partie de la vie humaine, selon la division que l’on en fait en différens âges, eu égard à ce qu’elle peut durer naturellement ; ainsi on appelle enfance l’espace de tems qui s’écoule depuis la naissance jusqu’à ce que l’homme soit parvenu à avoir l’usage de la raison, c’est-à-dire à l’âge de sept à huit ans. Voyez Enfant, Age.

Le bonheur dont on peut joüir dans ce monde, se réduit à avoir l’esprit bien réglé & le corps en bonne disposition : mens sana in corpore sano, dit Juvenal, sat. x. ainsi comme il faut posséder ces deux avantages, qui renferment tous les autres, pour n’avoir pas grand’chose à desirer d’ailleurs, on ne sauroit trop s’appliquer, pour le bien de l’humanité, à rechercher les moyens propres à en procurer la conservation ; lorsqu’on en joüit, à les perfectionner autant qu’il est possible, & à les rétablir lorsqu’on les a perdus.

C’est à l’égard de l’esprit que l’on trouve bien des préceptes concernant l’éducation des enfans : il en est peu concernant les soins que l’on doit prendre du corps pendant l’enfance : cependant quoique l’esprit soit la plus considérable partie de l’homme, & qu’on doive s’attacher principalement à le bien régler, il ne faut pas négliger le corps, à cause de l’étroite liaison qu’il y a entr’eux. La disposition des organes a le plus de part à rendre l’homme vertueux ou vicieux, spirituel ou idiot.

Il est donc du ressort de la Medecine de prescrire la conduite que doivent tenir les personnes chargées d’élever les enfans, & de veiller à tout ce qui peut contribuer à la conservation & à la perfection de leur santé ; à leur faire une constitution qui soit le moins qu’il est possible sujette aux maladies. C’est dans ce tems de la vie, où le tissu des fibres est plus délicat, où les organes sont le plus tendre, que l’économie animale est le plus susceptible des changemens avantageux ou nuisibles conséquemment au bon ou au mauvais effet des choses nécessaires, dont l’usage ou les impressions sont inévitables ; ainsi il est très-important de mettre de bonne heure à profit cette disposition, pour perfectionner ou fortifier le tempérament des enfans, selon qu’ils sont naturellement robustes ou foibles.

Tous ceux qui ont écrit sur ce sujet, s’accordent à-peu-près à proposer dans cette vûe une méthode, qui se réduit à ce peu de regles très-faciles à pratiquer ; savoir, de ne nourrir les enfans que de viandes les plus communes ; de leur défendre l’usage du vin & de toutes les liqueurs fortes ; de ne leur donner que peu ou point de medecines ; de leur permettre de rester souvent au grand air ; de les laisser s’exposer eux-mêmes au soleil, aux injures du tems ; de ne pas leur tenir la tête couverte ; d’accoûtumer leurs piés au froid, à l’humidité ; de leur faire prendre de l’exercice ; de les laisser bien dormir, sur-tout dans les premieres années de leur vie ; de les faire cependant lever de bon matin ; de ne leur pas faire des habits trop chauds & trop étroits ; de leur faire contracter l’habitude d’aller à la selle régulierement ; de les empêcher de se livrer à une trop forte contention d’esprit, de ne l’exercer d’abord que très-modérément, & d’en augmenter l’application par degrés. En se conformant à ces regles jusqu’à l’habitude, il n’y a presque rien que le corps ne puisse endurer, presque point de genre de vie auquel il ne puisse s’accoûtumer. C’est ce que l’on trouve plus amplement établi dans l’article Hygiene, où sont expliquées les raisons sur lesquelles est fondée cette pratique. Voyez aussi l’ouvrage de Locke sur l’éducation des enfans, traduit de l’anglois par M. Coste. (d)

* Enfance de Jesus-Christ, (Filles de l’) Hist. ecclés. congrégation dont le but étoit l’institution de jeunes filles, & le secours des malades. On n’y recevoit point de veuves : on n’épousoit la maison qu’après deux ans d’essai : on ne renonçoit point aux biens de famille en s’attachant à l’institut : il n’y avoit que les nobles qui pussent être supérieures. Quant aux autres emplois, les roturieres y pouvoient prétendre ; il y en avoit cependant plusieurs d’abaissées à la condition de suivantes, de femmes de chambre, & de servantes. Cette communauté bisarre commença à Toulouse en 1657. Ce fut un chanoine de cette ville qui lui donna dans la suite des réglemens qui ne réparerent rien ; on y observa au contraire d’en bannir les mots de dortoir, de chauffoir, de refectoire, & autres qui sentent le monastere. On ne s’appelloit point sœurs. Les filles de l’enfance de Jesus prenoient des laquais, des cochers ; mais il falloit que ceux-ci fussent mariés, & que les autres n’eussent point servi de filles dans le monde. Elles ne pouvoient choisir un régulier pour confesseur. Le chanoine de Toulouse soûtenant contre toute remontrance la sagesse profonde de ses réglemens, & n’en voulant pas démordre, le roi Louis XIV. cassa l’institut, & renvoya les filles de l’enfance de Jesus-Christ chez leurs parens. Elles avoient alors cinq ou six établissemens, tant en Provence qu’en Languedoc.

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Étymologie de « enfance »

Provenç. enfansa, efansa ; espagn. infancia ; ital. infanzia ; du latin infantia, de infans, enfant.

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Du latin infantia.
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Phonétique du mot « enfance »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
enfance ɑ̃fɑ̃s

Évolution historique de l’usage du mot « enfance »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « enfance »

  • Déploie ton jeune courage, enfant ; c'est ainsi qu'on s'élève jusqu'aux astres. Virgile en latin Publius Vergilius Maro, L'Énéide, IX, 641
  • L'enfance a ses odeurs. De Jean Cocteau / Portraits-souvenir
  • Une seule enfance est supportable : la nôtre. De Louise Maheux-Forcier / Une forêt pour Zoé
  • Les bonbons gâtent tout, même l’enfance. De André Lévy / Les Régimes
  • L'enfance est pleine de désillusions. De Bill Watterson / Calvin et Hobbes - Complètement surbookés !
  • Il y a des choses de l’enfance que seule l’enfance connaît. De Colum McCann / Zoli
  • Les adultes craignent l'enfance, symbole de leur mort. De Yolande Chéné / Peur et amour
  • Créer, c’est toujours parler de l’enfance. De Jean Genet
  • On devrait se marier entre compagnons d’enfance. De Alexandra David-Néel
  • Vieillir c'est se rappeler son enfance. De Thomas Bernhard / Perturbation
  • Je ne sais en quel temps c'était, je confonds toujours l'enfance et l'Éden Comme je mêle la Mort et la Vie - un pont de douceur les relie. Léopold Sédar Senghor, Éthiopiques, Le Seuil
  • L'humanité qui devrait avoir six mille ans d'expérience retombe en enfance à chaque génération. Paul, dit Tristan Bernard, Contes, Répliques et Bons Mots, Livre-Club du Libraire
  • Nous sommes toujours préoccupés de perdre notre jeunesse. Mais le bien le plus précieux que nous ayons possédé, c'est l'enfance ; et elle est toujours perdue. René Tardiveau, dit René Boylesve, Feuilles tombées, Schiffrin
  • La nouvelle apparition de l'enfant qui dort au fond de nous-mêmes, recouvert par une si épaisse nappe de déceptions et d'oublis, exige attention et silence. Michel Butor, Répertoire, Éditions de Minuit
  • Pourquoi Dieu met-il donc le meilleur de la vie Tout au commencement ? Victor Hugo, Les Voix intérieures, À Eugène, vicomte H.
  • L'enfance est un voyage oublié. Jean Mallard de La Varende, Le Centaure de Dieu, Grasset
  • Quel génie ne sauva ses enfances ? André Malraux, Le Triangle noir, Gallimard
  • Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie. Henry Millon de Montherlant, Carnets, Gallimard
  • Chez l'homme, c'est le papillon qui devient un ver. Henry Millon de Montherlant, La Reine morte, I, 3, Ferrante , Gallimard
  • Aux femmes il est donné de ressembler leur vie durant aux enfants que nous étions. Jean Paulhan, Le Bonheur dans l'esclavage, Pauvert
  • Tout est joué avant que nous ayons douze ans. Charles Péguy, L'Argent, Gallimard
  • L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres. Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse
  • La vérité est une science enfantine. Georges Schéhadé, Monsieur Bob'le, Gallimard
  • Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours... De Marguerite Duras / Des journées dans les arbres
  • La sagesse nous envoie à l'enfance. De Blaise Pascal / Pensées sur la religion
  • Il faut si souvent désobéir pour vivre une enfance décente. De Suzanne Paradis / Un portrait de Jeanne Joron
  • L'enfance est courte, la maturité infinie. De Bill Watterson / Calvin et Hobbes - Complètement surbookés !
  • L’enfance. Elle n’est donnée qu’à quelques-uns. De Breda M. Spaight / Dieu était sur le mur
  • Pendant deux mois, les travailleurs sociaux de la protection de l’enfance n’ont pas pu passer au domicile de certaines familles dont les enfants sont pourtant protégés, sur décision de justice. Certaines associations, comme l’Adsa 77, en ont profité pour innover et tisser une nouvelle forme de lien avec les familles. La Croix, Protection de l’enfance, un pont jeté par-dessus le confinement
  • Il aurait agi pour sauver son honneur. Un jeune homme de 20 ans a été condamné la semaine dernière à 24 mois de prison dont 18 mois avec sursis – sachant que la partie ferme sera exécutée avec un bracelet électronique, selon les informations du Parisien. Dans la nuit du 24 au 25 juin, il a poignardé son ami d’enfance, qui se serait moqué de lui sur Snapchat, à Guyancourt, (voir notre édition du 30 juin). La Gazette de Saint-Quentin-en-Yvelines, Guyancourt - Condamné pour avoir poignardé son ami d’enfance | La Gazette de Saint-Quentin-en-Yvelines
  • Deuxième conseil municipal de la mandature à Nevers, et premières joutes verbales tendues. Mardi 7 juillet, en début de séance, Denis Thuriot, maire (LREM) et ses deux principaux opposants, Nathalie Charvy (EELV) et François Diot (PC) ont échangé quelques piques à propos d'une réforme importante, surtout pour le fonctionnement de la municipalité : le transfert de la fonction petite enfance du centre communal d'action sociale (CCAS) à la ville. www.lejdc.fr, Petite enfance : une réforme adoptée après des débats tendus au conseil municipal de Nevers - Nevers (58000)
  • C'étaient des « amis d'enfance ». Ils se connaissaient « depuis au moins dix ans » et s'étaient même retrouvés trois jours avant le drame dans un studio de musique pour participer à l'album d'un ami. Jusqu'à cette « bagarre », en mai 2017 à Créteil, « comme il y en a tous les jours », avait expliqué le mis en examen lors de l'instruction. leparisien.fr, Val-de-Marne : accusé d’avoir tué en pleine rue un copain d’enfance - Le Parisien
  • Mélanie Radioyes remplace, jusqu’en décembre, Frédérique Gicquiaux à la tête du service enfance et enfance jeunesse gérés par l’organisme Léo-Lagrange. , Brécé. Mélanie Radioyes, responsable enfance cet été - Rennes.maville.com

Traductions du mot « enfance »

Langue Traduction
Anglais childhood
Espagnol infancia
Italien infanzia
Allemand kindheit
Chinois 童年
Arabe مرحلة الطفولة
Portugais infância
Russe детство
Japonais 子供時代
Basque haurtzaro
Corse a zitiddina
Source : Google Translate API

Synonymes de « enfance »

Source : synonymes de enfance sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « enfance »

Enfance

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