La langue française

Édit

Sommaire

  • Définitions du mot édit
  • Étymologie de « édit »
  • Phonétique de « édit »
  • Évolution historique de l’usage du mot « édit »
  • Citations contenant le mot « édit »
  • Images d'illustration du mot « édit »
  • Traductions du mot « édit »
  • Synonymes de « édit »

Définitions du mot édit

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉDIT, subst. masc.

A.− ANTIQ. ROMAINE. Règlement, ordonnance émanant d'un empereur ou d'un magistrat ayant qualité à cet effet (édile, préteur, consul, tribun du peuple, etc.) et valable durant tout son règne ou toute sa magistrature. Un édit de Justinien (Ac.1932).La publication d'un édit consistait en sa transcription sur une table de bois blanchi (...); on en donnait lecture au peuple et on l'exposait au forum (Archéol. chrét.t. 41921) :
1. Les édits du préteur (...) ont constitué peu à peu le droit prétorien, par opposition au droit civil traditionnel; sous l'empereur Hadrien la collection des édits du préteur urbain fut réunie (...) et forma l'Édit perpétuel. Lavedan1964.
B.− [Sous l'Ancien Régime] Acte législatif, émanant généralement du souverain, relatif à un objet particulier ou valable pour une seule région. Enregistrer, révoquer un édit. Le Parlement enhardi rend un édit promulgant l'expulsion de Mazarin (Brasillach, Corneille,1938, p. 264):
2. L'édit de Nantes qui, (...) fut, dans l'histoire de la liberté de conscience, une date inoubliable. Le Pape ne s'y trompa pas, écrivant à Henri IV : cet édit me crucifie, cet édit le plus maudit par lequel est permis la liberté de conscience à tout chacun, qui est la pire des choses du monde. Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 398.
P. ext. Toute ordonnance rendue par un souverain. Tu avais entendu proclamer l'édit aux carrefours, tu avais lu l'affiche sur tous les murs de la ville? (Anouilh, Antig.,1946, p. 174).
Rem. En dr. canonique, un édit est un ,,écrit notifiant en public une prescription quelconque`` (Foi t. 1 1968).
SYNT. Publier, proclamer, promulguer, signer un édit; violer, enfreindre un édit; édit royal, impérial, ecclésiastique; édit du roi; un édit impose, interdit, ordonne, prescrit, réglemente.
Prononc. et Orth. : [edi]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. xives. [ms.] esdit (Hist. de Appolon., ms. Chartres 411, fo50 rods Gdf. Compl.). Empr. au lat. class.edictum « édit, ordonnance », part. passé neutre substantivé de edicere « proclamer ». Fréq. abs. littér. : 275. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 632, b) 547; xxes. : a) 219, b) 204.

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉDIT, subst. masc.

A.− ANTIQ. ROMAINE. Règlement, ordonnance émanant d'un empereur ou d'un magistrat ayant qualité à cet effet (édile, préteur, consul, tribun du peuple, etc.) et valable durant tout son règne ou toute sa magistrature. Un édit de Justinien (Ac.1932).La publication d'un édit consistait en sa transcription sur une table de bois blanchi (...); on en donnait lecture au peuple et on l'exposait au forum (Archéol. chrét.t. 41921) :
1. Les édits du préteur (...) ont constitué peu à peu le droit prétorien, par opposition au droit civil traditionnel; sous l'empereur Hadrien la collection des édits du préteur urbain fut réunie (...) et forma l'Édit perpétuel. Lavedan1964.
B.− [Sous l'Ancien Régime] Acte législatif, émanant généralement du souverain, relatif à un objet particulier ou valable pour une seule région. Enregistrer, révoquer un édit. Le Parlement enhardi rend un édit promulgant l'expulsion de Mazarin (Brasillach, Corneille,1938, p. 264):
2. L'édit de Nantes qui, (...) fut, dans l'histoire de la liberté de conscience, une date inoubliable. Le Pape ne s'y trompa pas, écrivant à Henri IV : cet édit me crucifie, cet édit le plus maudit par lequel est permis la liberté de conscience à tout chacun, qui est la pire des choses du monde. Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 398.
P. ext. Toute ordonnance rendue par un souverain. Tu avais entendu proclamer l'édit aux carrefours, tu avais lu l'affiche sur tous les murs de la ville? (Anouilh, Antig.,1946, p. 174).
Rem. En dr. canonique, un édit est un ,,écrit notifiant en public une prescription quelconque`` (Foi t. 1 1968).
SYNT. Publier, proclamer, promulguer, signer un édit; violer, enfreindre un édit; édit royal, impérial, ecclésiastique; édit du roi; un édit impose, interdit, ordonne, prescrit, réglemente.
Prononc. et Orth. : [edi]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. xives. [ms.] esdit (Hist. de Appolon., ms. Chartres 411, fo50 rods Gdf. Compl.). Empr. au lat. class.edictum « édit, ordonnance », part. passé neutre substantivé de edicere « proclamer ». Fréq. abs. littér. : 275. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 632, b) 547; xxes. : a) 219, b) 204.

Wiktionnaire

Nom commun

édit \e.di\ masculin

  1. (Antiquité romaine) Ordonnance d’un magistrat, d’un empereur.
    • L’édit d’un prêteur.
    • Édit du prince.
    • Les édits des empereurs romains.
    • Un édit de Justinien.
  2. (France) (Histoire) Ordonnance des rois de l'ancien régime, qui ne statuait que sur un seul point ou une seule matière.
    • C'est les Jésuites qui ont fait assassiner Henri IV ; c'est encore eux qui ont fait révoquer l’Édit de Nantes, à la suite de quoi tous les protestants ont été obligés de quitter la France. — (Émile Thirion, La Politique au village, p. 120, Fischbacher, 1896)
    • Un édit alla jusqu'à prononcer la peine de mort contre les trafiquants. — (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo - Les Corsaires chez eux, p.119, éd. Honoré Champion, 1925)
    • Comme il avait payé son emplette avec une pièce de monnaie à l'effigie du duc Raymond de Toulouse, le doyen de Beaucaire le fit incarcérer, sous prétexte qu'il avait contrevenu à un édit royal interdisant l'emploi d'une monnaie autre que celle de Nîmes. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉDIT. n. m.
T. d'Antiquité romaine. Ordonnance d'un magistrat, d'un empereur. L'édit d'un prêteur. Édit du prince. Les édits des empereurs romains. Un édit de Justinien. Il s'est dit plus particulièrement, dans l'ancien régime, de Celles des ordonnances de nos rois qui ne statuaient que sur un seul point ou une seule matière. Enregistrer un édit. Révoquer un édit. La révocation de l'édit de Nantes. L'édit des duels.

Littré (1872-1877)

ÉDIT (é-di ; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel, l's se lie : des é-di-z injustes) s. m.
  • 1Chez les anciens Romains. Règlements faits par certains magistrats pour être observés durant le temps de leur magistrature.

    Édit perpétuel ou édit du préteur, compilation de tous les édits rendus par les préteurs et par les édiles curules, faite d'après les ordres de l'empereur Adrien.

    Sous les empereurs, constitutions des princes, lois nouvelles faites de leur propre mouvement, et différant des rescrits et des décrets en ce qu'elles décidaient les cas qui n'avaient pas été prévus, ou abolissaient, ou changeaient les lois anciennes. Galérius…, deux ans devant qu'il eût obligé Dioclétien à quitter l'empire, le contraignit à faire ce sanglant édit qui ordonnait de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais, Bossuet, Hist. I, 10. Justine publia, sous le nom de son fils, des édits en faveur de l'arianisme, Bossuet, ib. I, 11.

  • 2En France, dans l'ancien régime. Constitution faite par le prince pour créer quelque établissement, organiser quelque grande affaire, notifier quelque prohibition. Les édits et déclarations du roi se vérifiaient dans les compagnies souveraines. Les édits se scellaient en cire verte pour marquer par cette couleur qu'ils étaient perpétuels de leur nature, Trévoux. Porter, faire, renouveler, enregistrer un édit. On m'a dit Que contre les clinquants le roi fait un édit, Régnier, Sat. VIII. J'ai voulu l'acheter, l'édit, expressément, Afin que d'Isabelle il soit lu hautement, Molière, Éc. des mar. II, 9.

    Édit de Nantes, loi promulguée par Henri IV, le 15 avril 1598, en faveur des protestants à qui il accordait le libre exercice de leur religion, et l'admission aux charges et dignités de l'État. L'édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV.

    Chambre de l'édit, se disait, dans les anciens parlements, d'une chambre instituée par l'édit de Nantes pour connaître des affaires des protestants.

  • 3Ordonnance faite par le souverain. Savez-vous la rigueur de son premier édit ? Rotrou, Antig. III, 3. Et le roi trop crédule a signé cet édit, Racine, Esth. I, 3.

HISTORIQUE

XVe s. Sire chevalier, je vous en feray un edit [proposition] : joustons ensemble deux lances, à celle fin que, se vous m'accablez de l'ung des coups, je m'en iray en prison par devers la pucelle, Perceforest, t. I, f° 151.

XVIe s. Entre tous les gens d'armes françois avoit un edict [convention] que si une piece d'artillerie ou un homme seul par inconvenient estoit arresté, que chascun s'arrestoit jusques à ce que tout feust à point, Jean D'Auton, Annales de Louis XII, p. 44, dans LACURNE.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « édit »

Du latin edictum (« règlement, ordonnance, édit »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Lat. edictum, part. passif neutre de edicere, prononcer, de e, et dicere, dire.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « édit »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
édit edi

Évolution historique de l’usage du mot « édit »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « édit »

  • Femme, je vous adore comme on adore une édition originale, avec ses fautes. De Sacha Guitry
  • L'édition, c'est l'art de salir avec de l'encre un papier coûteux pour le rendre invendable. De René Julliard
  • L'édition est l'art de salir avec de l'encre chère un papier coûteux pour le rendre invendable. De René Julliard
  • Il y a beaucoup de livres qui n’ont l’air d’avoir été édités que pour servir à asseoir les enfants sur des chaises trop basses. De Jean Martet
  • Certains lisent parce qu'ils sont trop paresseux pour réfléchir. Le chemin de l'ignorance est pavé de bonnes éditions. De George Bernard Shaw
  • Si la vie avait une seconde édition, ah ! Comme je corrigerais les épreuves ! De Oscar Wilde
  • Le pilon dans le poulet, c'est bon ; dans l'ancien combattant, c'est émouvant ; dans l'édition, c'est déprimant. De José Artur
  • Aujourd’hui que l’octogénat pointe son nez, je vois des gens qui ont la moitié de mon âge me poursuivre pour m’éditer et je me dis que c’est une chance de ne pas complètement disparaître. De Delfeil de Ton / Libération, 12 avril 2013
  • Une stratégie d'édit populaire consiste à opter pour les trois premiers coins d'un mur. La modification de ces parties permet aux joueurs de rester protégés jusqu'à ce qu'ils sautent pour un tir rapide et réinitialisent leur mur. Comme c'est le cas avec tout mouvement populaire, il existe un moyen de le contrer. Dexerto.fr, Comment contrer facilement les édits de vos adversaires sur Fortnite | Dexerto
  • Petite trouvaille (presque) d'actualité : un édit du duc Léopold (1721) "pour prévenir la communication des maladies contagieuses" 😊#patrimoine #ecrit #mediathèque #SaintDié #Vosges #Lorraine pic.twitter.com/rq3YVzset0 , Magazine Santé | Saint-Dié : les conseils du duc Léopold pour éviter les maladies contagieuses
  • Fait anecdotique, mais pour le moins insolite, c’est l’édit de Moulin (1566) qui régit toujours la gestion des cavités. Il établit notamment que le domaine public est inaliénable, la cavité souterraine faisant partie intégrante du domaine public, sauf à prouver que cette cavité a été creusée avant ce fameux édit… En résumé, les routes départementales étant compétences du Département, c’est à la collectivité d’assurer la bonne santé des cavités présentes en dessous de celles-ci ! , Comment sont entretenus les 11 km de cavités sous le réseau routier départemental ? - Maine-et-Loire (49)
  • Quel rôle a donc joué Colbert dans tout cela? À l'époque secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies, il a commencé à travailler sur l'édit royal à la demande du roi avec l'intendant aux colonies et les gouverneurs de celles-ci, mais il ne signe pas le texte final. C'est son fils qui le fait. "Il ne signe pas le Code noir parce qu'il est mort", rappelle Jacob Soll, professeur de philosophie et d'histoire à l'université de Caroline du Sud. "Donc ce n'est pas l'homme-clé de l'esclavage français. C'est un immense système européen qui fait ce violent projet colonial", assure-t-il.  Franceinfo, Vrai ou Faux : quel rôle Colbert a-t-il joué dans l'élaboration du Code noir ?
  • Après un édit déjà considéré comme la grosse claque de ce début d'année, Eimeo Czermak vient donc de confirmer qu'à 17 ans il est définitivement passé du statut d'espoir à celui de cador avec qui il faut compter les jours ou ça envoie. Et comme la saison des swells de sud est à peine entamée, disons qu'il commence juste à se lâcher...    Surfsession.com, Eimeo Czermak met la barre plus haut à Teahupoo - Surf Session
  • En ce qui concerne les protestants, ils ne peuvent accorder aucune reconnaissance à l’inspirateur du Code noir, car ne l’oublions pas, il a été promulgué sous forme d’édit royal en octobre en 1685, quelques mois après la promulgation de l’édit de Fontainebleau qui révoquait celui de Nantes de 1598. Reforme.net, Antiracisme: en 1685, le Code noir… - Reforme.net

Images d'illustration du mot « édit »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « édit »

Langue Traduction
Anglais edict
Espagnol edicto
Italien editto
Allemand edikt
Chinois 法令
Arabe مرسوم
Portugais edital
Russe эдикт
Japonais 布告
Basque ediktu
Corse editu
Source : Google Translate API

Synonymes de « édit »

Source : synonymes de édit sur lebonsynonyme.fr
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