Couver : définition de couver


Couver : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

COUVER, verbe.

I.− Emploi trans.
A.− [Le suj. désigne un oiseau]
1. Rester posé sur (les œufs) de manière à (les) faire éclore. Couver ses œufs, les œufs d'un autre oiseau. Une brave mère poule qui couve jalousement son œuf (Rolland, J.-Chr.,Amies, 1910, p. 1118):
1. Cela dit, dans le nid la colombe établie Se met à couver l'œuf, et le couve si bien, Qu'elle ne le quitte pour rien, ... Florian, Fables,La Colombe et son nourrisson, 1792, p. 169.
P. méton. du compl. d'obj. Une femelle de rossignol y couvait encore son nid (Lamart., Confid.,1849, p. 32).
Emploi abs. Cette poule veut couver; couver pendant six semaines. Mettre couver les poules à la basse-cour (Pourrat, Gaspard,1922, p. 123).
Loc. Être comme une poule qui aurait couvé un canard. Être surpris du résultat imprévu d'une action. Je me demande comment j'ai couvé ces canards (Rolland, C. Breugnon,1919, p. 20).
Rem. La docum. atteste except. le part. prés. couvant, ante en emploi adj. [Elle se pose] un peu plus loin, les ailes encore couvantes (Renard, Journal, 1910, p. 972).
2. P. ext. Abriter, protéger (les jeunes éclos). La poule couve les poussins sous ses ailes. L'oiseau qui couve sa nitée sous un buisson (M. de Guérin, Journal,1834, p. 206).
3. P. métaph. [Elle] peut couver son idée pour la faire éclore (Balzac, Contrat mar.,1835, p. 298).Couvant l'argent entre ses cuisses dans un sac de cuir (Goncourt, Journal,1868, p. 438).Sa silencieuse banlieue que couve le brouillard bleu (Colette, Jumelle,1938, p. 158).Un soleil de juillet couve un paysage assoiffé (Arnoux, Roi d'un jour,1956, p. 10):
2. Il aperçut la vieille église, large et basse, accroupie sur un mamelon et couvant, comme une poule ses poussins, les maisons de son petit village. Maupassant, Notre cœur,1890, p. 507.
B.− Au fig. [Le suj. désigne gén. une pers.]
1. [Le compl. d'obj. désigne gén. une pers., parfois une chose]
a) Choyer, entourer de soins excessifs. Couver sa progéniture; couver avec amour, avec patience. Mon enfance n'a pas été couvée par une mère (Augier, Fils Giboyer,1862, V, p. 106).Tu te rappelles comme il était aux petits soins pour elle. Il la couvait (L. Daudet, Mésentente,1911, p. 169).On le couvait déjà au lycée comme une future gloire (Mauriac, Sagouin,1951, p. 43).
b) En partic. Couver qqn (ou qqc.) des yeux, du regard. Regarder avec un intérêt intense ou avec convoitise. Couver des yeux amoureusement; couver d'un regard attendri. Synon. dévorer des yeux, ne pas quitter des yeux.Melaenis (...) le [Paulus] couvait du regard (Bouilhet, Melaenis,1857, p. 136):
3. Elle était assommée de se sentir couvée d'un œil tenace par ce vieillard. Mauriac, Le Désert de l'amour,1924, p. 244.
SYNT. Couver des yeux avec sollicitude; couver d'un œil béat, méchant; couver d'un regard jaloux, maternel, méfiant; couver de ses regards anxieux, avides, sévères.
Rem. Cette loc. donne lieu à des var. styl. a) Extensions du compl. des yeux. Elle me couve de ses profonds yeux de haine (Colette, Cl. s'en va, 1903, p. 22). Couvant Nane de l'humide silence de ses yeux (Toulet, Nane, 1905, p. 134). b) Emploi de œil en fonction de suj. Son gros œil rond couvait Gwynplaine avec une fixité de hibou (Hugo, Homme qui rit, t. 2, 1869, p. 181). Ses yeux de chien de berger me couvent avec une sagacité victorieuse (Colette, Vagab., 1910, p. 145).
2. [Le compl. d'obj. désigne une chose concr. ou abstr.]
a) [P. anal. avec la poule qui, par sa chaleur, fait éclore les œufs]
Concevoir, préparer mystérieusement. Couver un projet, des projets de vengeance, une réforme, un plan, un stratagème; élaborer et couver longuement un projet, un livre. Synon. tramer, préparer, mûrir.[Les] dix ou vingt arpents dont l'acquisition a été couvée pendant des années (Balzac, Vieille fille,1836, p. 298).Pas difficile de deviner qu'il leur revaudra ça et qu'il va couver une vacherie pas ordinaire (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 43).
[Le compl. désigne un sentiment, une sensation] Nourrir, entretenir. Couver une vengeance pendant vingt ans, des ressentiments, un vif regret, une ambition démesurée; le fou couve son délire. Couve-t-il sa vengeance ou en fera-t-il un holocauste? (Sand, Jacques,1834, p. 290).Il ramasse, il couve désespérément les vestiges de ses amours (Mauriac, Gds hommes,1949, p. 209).
Avoir un mal, (une maladie) sans encore le (la) manifester. Couver un rhume. Elle a couvé pendant des années les germes du mal (Zola, Conquête Plassans,1874, p. 1201).
b) [P. anal. avec la poule qui protège les œufs]
Protéger, garder jalousement. Couver un secret. Comme l'avare, il couve son trésor : il n'en use pas (Proudhon, Propriété,1840, p. 288).
Dissimuler, cacher (un sentiment, une idée, etc.). Les grands sentiments sont désuets, les plus passionnés s'en méfient, les couvent, les cachent (Butor, Passage Milan,1954, p. 26).
II.− Emploi intrans.
A.− [En parlant du feu] Rester allumé sans se manifester. Le feu mal éteint couve sous la cendre. D'un âtre où le feu couve il sort de la fumée (Hugo, Art d'être gd-père,1877, p. 209).
[Avec un suj. métaph.] Une flamme de rancune couve dans ses yeux. La passion du jeu qui couvait en lui se ralluma avec une violence d'incendie mal éteint (Zola, Fécondité,1899, p. 130).Ce soir-là Jean brûlait de fièvre, un petit feu couvant au creux de ses paumes (Colette, Gigi,1944, p. 108):
4. Ses yeux paraissaient éteints, mais une étincelle de courage et de colère y couvait et au moindre choc il pouvait en jaillir des flammes à tout embraser. Balzac, Maître Cornelius,1831, p. 249.
B.− Au fig. [Gén. en parlant de sentiments ou de faits] Être latent.
1. [L'accent est mis sur la manifestation future du sentiment ou du fait] Être en germe, mûrir (en bonne ou en mauvaise part). La rébellion, la révolte, l'insurrection, l'effervescence révolutionnaire couve; l'orage couve depuis hier, depuis plusieurs jours. Les grandes idées couvent longtemps dans les esprits avant de s'y préciser (Jouffroy, Mélanges philos.,1833, p. 101).La famine menace, la misère couve en attendant qu'elle se change en Jacquerie (Sand, Corresp.,t. 6, 1812-76, p. 5).Le forban couvait déjà sous le petit sauvage breton (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 109).La guerre civile couve, sournoise (H. Bazin, Vipère,1948, p. 233).
[En constr. impers.] Il me couve dans le cœur des choses que je ne peux pas dire (Estaunié, Bonne-Dame,1891, p. 10).
Spéc. [En parlant des maladies] Il sentit se libérer à ses poignets et à ses tempes les flots déchaînés d'une fièvre qui couvait depuis plusieurs jours (Camus, Peste,1947, p. 1405):
5. Gautruche fut un peu dégoûté de boire. Il venait d'éprouver la première atteinte de la maladie de foie qui couvait depuis longtemps dans son sang brûlé et alcoolisé. Goncourt, Germinie Lacerteux,1864, p. 222.
2. [L'accent est mis sur la dissimulation]
a) Rester caché, secret (le plus souvent en mauvaise part). La haine couve dans son cœur. Les mauvaises mœurs qui avaient couvé sous Henri IV se réveillèrent, n'étant plus comprimées (Sainte-Beuve, Portr. femmes,1844, p. 24).Cette prétention ne s'était pas montrée au grand jour, mais elle couvait, pour ainsi dire, sous des apparences de soumission (Thierry, Hist. formation et progrès Tiers-état,1853, p. 94):
6. Sous chacune de ses paroles, sous ses silences même, encore plus, sous chacun de ses silences couve une insolence qu'elle veut bien ne pas dispenser, ... Péguy, Victor-Marie, comte Hugo,1910, p. 776.
b) Rester en sommeil; être conservé (dans la mémoire, dans l'esprit). C'est comme un vieux bout de romance, on croit qu'on l'oublie. Mais la ritournelle abolie couve dans la mémoire obscure (Richepin, Caresses,1877, p. 172).Un secret bien gardé par ses détenteurs, couvé hermétiquement, se conserve sans dommage et sans fruit (Colette, Naiss. jour,1928, p. 43).L'esprit qui couvait dans cette chair, ah, que c'eût été merveilleux de l'aider à jaillir (Mauriac, Sagouin,1951, p. 156).
c) Être contenu, être en sourdine. Mon Dieu! murmura-t-elle d'une voix brisée où couvaient des sanglots (Ponson du Terr., Rocambole,t. 1, 1859, p. 157).Avec une politesse sous laquelle couve l'indignation (Proust, Sodome,1922, p. 619).
Prononc. et Orth. : [kuve], (je) couve [ku:v]. Ds Ac. depuis 1694. Étymol. et Hist. 1. 1121-35 sens propre trans. (Ph. de Thaon, Bestiaire, 1967 ds T.-L.); 2. fig. ca 1175 « entourer quelqu'un de soins attentifs (en parlant de la louve pour ses louveteaux) » (Renart, éd. M. Roques, VII, 5724); 1649 couver des yeux (Descartes, Passions, 169, éd. A. Bridoux, p. 776); 3. a) ca 1175 intrans. « être caché, entretenu de manière à éclore le moment donné (ici en parlant du feu sous la cendre) » (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 6763); b) 2emoitié xives. maladie couvée (G. Le Muisit, Poésies, éd. Kervyn de Lettenhove, II, p. 87); 4. ca 1179 « entretenir, nourrir, préparer mystérieusement quelque chose » (Renart, éd. cit., I, 9). Du lat. class. cubare « être couché » qui a dû développer le sens de « faire éclore les œufs » en lat. vulg. (cf. les corresp. romans, REW3, no2351). Fréq. abs. littér. : 693 (couvant : 67). Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 612, b) 1 206; xxes. : a) 940, b) 787. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 85, 104, 222. − Goug. Mots t. 3 1975, p. 57. − Tilander (G.) Vx fr. nourrir, couver, nourriture, couvage. St. neophilol. 1945/1946, t. 18, pp. 35-44.

Couver : définition du Wiktionnaire

Verbe

couver transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Couvrir de son corps ses œufs pour entretenir la chaleur qui les fait éclore, en parlant des oiseaux.
    • Les oiseaux couvent leurs œufs.
    • Cette poule a couvé tant d’œufs.
    • On lui a fait couver des œufs de cane.
    • C’est la saison où tels oiseaux couvent.
  2. (Figuré) S'occuper avec soin de quelqu'un, comme un oiseau le fait de ses œufs.
    • Couver quelqu’un.
    • Couver des yeux une personne, une chose, la regarder avec intérêt, avec complaisance.
    • Parmi les solliciteurs, une jeune fille, merveilleuse de grâce et de coquetterie, était assise et, derrière elle, un jeune homme d'une rare élégance, semblait la couver des yeux. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
  3. (Figuré) Cacher, préparer sourdement.
    • Il couve de mauvais desseins.
    • Il couve une grande maladie.
    • Il se couve quelque chose de dangereux.
    • Il se couve là-dessous je ne sais quoi.

couver intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Être caché sous la cendre.
    • Le feu couve.
  2. (Par extension) (Figuré) Être caché, ne pas paraitre, présenter un danger potentiel.
    • Cette conspiration couve depuis longtemps.
    • Sa haine, son amour a longtemps couvé dans son cœur.
    • Il faut laisser couver cela, se dit d’une chose qu’il ne faut pas se presser de faire.
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Couver : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COUVER. v. tr.
Couvrir de son corps ses œufs pour entretenir la chaleur qui les fait éclore, en parlant de la Femelle d'un oiseau. Les oiseaux couvent leurs œufs. Cette poule a couvé tant d'œufs. On lui a fait couver des œufs de cane. Absolument, C'est la saison où tels oiseaux couvent. Mettre des poules couver. Fig., Couver quelqu'un, S'occuper avec grand soin de quelqu'un, le protéger, le former. Fig. et fam., Couver des yeux une personne, une chose, La regarder avec intérêt, avec complaisance. Elle couve des yeux son fils, sa fille. L'avare couve des yeux son trésor. Il se dit figurément en parlant des Choses que l'on tient cachées, qui se préparent sourdement. Il couve de mauvais desseins. On dit aussi Il couve une grande maladie. Impersonnellement, Il se couve quelque chose de dangereux. Il se couve là-dessous je ne sais quoi. Il est aussi intransitif et se dit figurément des Choses qui sont cachées, qui ne paraissent point et qui peuvent se découvrir quelque temps après. Le feu couve sous la cendre. Cette conspiration couve depuis longtemps. Cette guerre s'est allumée, elle couvait depuis longtemps. Sa haine, son amour a longtemps couvé dans son cœur. Fig. et fam., Il faut laisser couver cela, se dit d'une Chose qu'il ne faut pas se presser de faire.

Couver : définition du Littré (1872-1877)

COUVER (kou-vé) v. a.
  • 1Se tenir sur les œufs pour les faire éclore, en parlant des femelles des oiseaux. La poule a couvé tant d'œufs. J'avais d'abord regardé comme une fable ce que Diodore rapporte de l'industrie des Égyptiens, qui savaient, par une fécondité artificielle, faire éclore des poulets, sans faire couver les œufs par des poules ; mais tous les voyageurs modernes attestent la vérité de ce fait, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 98, dans POUGENS.

    Absolument. Cette poule veut couver. Elle bâtit un nid, pond, couve et fait éclore, à la hâte ; le tout alla du mieux qu'il put, La Fontaine, Fabl. IV, 22. Il [Diphile] retrouve ses oiseaux dans son sommeil : lui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il perche, il rêve la nuit qu'il mue ou qu'il couve, La Bruyère, XIII.

  • 2 Fig. Entretenir avec soin et mystère. Ennuyés de couver leur cruelle manie, Malherbe, II, 1. Ce fier serpent qui couve un venin sous des fleurs, Régnier, Sat. VI. Je vous avoue, ma très aimable chère, que je couve une grande joie, mais elle n'éclatera point que je ne sache votre résolution, Sévigné, 183. N'est-ce pas sous un beau semblant d'obéissance et de modestie couver la rébellion et la violence dans le sein ? Bossuet, Var. Avert. V, § 14. Vous avez couvé le feu profane dans votre cœur, Massillon, Car. Tiédeur, 2. L'ouvrage d'un scélérat qui couvait de mauvais desseins, Rousseau, 1er dial. Je vois sur votre visage cette méditation profonde qui couve les germes du génie et les dispose à la fécondité, Marmontel, Contes mor. Connaiss. Quel que soit le destin que couve l'avenir, Terre [Italie], enveloppe-toi de ton grand souvenir, Lamartine, Harm. II, 3.

    Couver des yeux, regarder avec plaisir, avec convoitise. Lorsqu'il est jaloux de son trésor et qu'il le couve des yeux, Descartes, Pass. 169. Telle prenait Goût à le voir et des yeux le couvait [un jouvenceau], Lui souriait, faisait la complaisante, La Fontaine, Psaut. Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort, Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor, La Fontaine, Fabl. VII, 1. Gaillard corbeau disait en le couvant des yeux [un mouton] : Je ne sais qui fut ta nourrice, La Fontaine, ib. II, 16.

    Préparer, renfermer dans son sein. Ces grands mouvements Couvent, en leurs fureurs, de piteux changements, Régnier, Sat. IV. L'air calme couve une pluie, Descartes, Météor. 2.

    Familièrement. Couver une maladie, porter en soi les germes d'une maladie qu'on craint de voir apparaître.

  • 3 V. n. Être entretenu sourdement, préparé en silence, sans paraître. Le feu couve sous la cendre. Tant qu'aucun souffle ne l'éveille, L'humble foyer couve et sommeille, Lamartine, Médit. II, 6.

    Fig. C'est un feu qui couve sous la cendre, se dit d'une passion, d'une haine prête à se réveiller. C'est le feu de l'Etna qui couvait sous la cendre, Voltaire, Catil. V, 3. Le feu terrible qui paraissait presque éteint couvait sous la cendre, pour éclater bientôt avec plus de fureur que jamais, Rousseau, Ém. V.

    Il faut laisser couver cela, il ne faut le faire qu'après de mûres réflexions.

  • 4Se couver, v. réfl. Être en sourde préparation. Ne mettez point d'obstacle aux choses qui se couvent, Bossuet, Devoirs, 2. Tous les gens un peu pénétrants virent bien qu'il se couvait, au sujet de mon livre et de moi, quelque complot qui ne tarderait pas d'éclater, Rousseau, Conf. X.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ce sunt cil qui en leur cuer covent leur malice, Psautier, f° 37. Chose que li ton cuer covoit, Ren. 5720. Une geline oï cover, Qui desoz li avoit douze oes [œufs], ib. 23388. Tel mal ai dedenz moi cové, Par quoi me covendra finer ; Bien voi ne puis longues durer, ib. 8058. Quatre loviax gisent enmi, Et ma dame Hersent la love, Qui ses loviax norrist et cove, ib. 361. Car bien est ores esprouvée La traïson qu'avez couvée, la Rose, 2954. Com plus couve li feus, plus art, Rutebeuf, 38.

XIVe s. La très grant traïson qu'il ont longtemps covée Fu en l'ost dessus dit très clairement provée, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Chartes, 3e série, t. II, p. 261. Et ainsi [le feu d'amour] se queuve et engendre, Com li charbons desouz la cendre, Machaut, p. 85. Et en droite aventure, je vous acertefie, Met-on les oefs couver, on l'a dit mainte fie, Guesclin. 4460.

XVIe s. Je me couve continuellement de mes pensées, et les couche en moy, Montaigne, I, 78. Les tortues et les autruches couvent leurs œufs de la seuie vue, Montaigne, I, 101. Les accoustrements nous eschauffent de nostre chaleur, laquelle ils sont propres à couver et nourrir, Montaigne, I, 319. Un vieillard se faict tort et aux siens de couver inutilement un grand tas de richesses, Montaigne, II, 76. Il couvoit de longtemps en son cœur le paganisme, Montaigne, III, 83. Que je couve quelque maladie causée d'excès, Yver, p. 582. Cela descouvrit la maladie cachée et secrette, qui de long temps se couvoit en la ville de Rome, Amyot, Marius, 62. Les plus temeraires se prirent à crier que Crispinus ne couvoit rien de bon en son cueur, Amyot, Othon, 4. La poule couvante ne les poussins esclos ne peuvent souffrir l'incommodité d'un mauvais logis, De Serres, 358. Qui te retient, disoy je, ainsi tard endormie ? Tu ne dois si longtemps en paresse couver ; La femme d'un vieillard matin se doit lever, Desportes, Œuvres, p. 327, dans LACURNE. Elle y peut bien pondre, mais elle n'y couvera pas, Cotgrave

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Couver : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* COUVER, v. act. & n. (Gram.) au simple il est neutre, & il désigne l’assiduité d’un oiseau mâle ou femelle, à rester sur ses œufs jusqu’à ce qu’il en soit éclos des petits. Les différens oiseaux couvent plus ou moins de tems. Au figuré, il est actif, & ne se prend guere qu’en mauvaise part : ainsi on dit, couver un mauvais dessein, pour le renfermer dans son ame jusqu’au moment qu’il puisse être accompli.

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Étymologie de « couver »

Étymologie de couver - Littré

Berry et normand, couer ; saintong. coûer ; wallon, cover ; génev. gonver ; Franche-Comté, gouver ; provenç. coar ; catal. covar ; ital. covare ; du latin cubare, être couché.

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Étymologie de couver - Wiktionnaire

Du latin cubare (« dormir, être couché ») pris dans le sens de incubare (« être couché sur ») et que l'on retrouve dans incubation. Pour le feu, dans le sens de « sous la cendre », également de cubare pris dans le sens de « coucher, être couché ».
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Phonétique du mot « couver »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
couver kuve play_arrow

Conjugaison du verbe « couver »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe couver

Évolution historique de l’usage du mot « couver »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « couver »

  • Malgré une dent endommagée, et même si le tilt semble parfois couver (voir ci-dessus), ne comptez pas sur l'intéressé pour baisser la tête. "À mi-parcours, le bilan n'est pas reluisant, avoue Pierre. Une perte sèche de quasi 20% de mon capital et presque aucun deep run notoire à se mettre sous la dent. J'ai beaucoup d'espoir cependant, car je connais maintenant parfaitement ma cadence de grind et j'ai trouvé un rythme de croisière épanouissant. La semaine qui arrive s'annonce pourtant difficile et je ne mâche pas mes mots. Ma routine devra changer afin de répondre à des impératifs médicaux deux matinées de suite (une sombre histoire de radis qui avait une dent contre moi)." Winamax.fr, Make your Bankroll Great Again : LeVietF0u baisse dans les sondages - Actualité - Winamax
  • Grâce à ce fameux «lait», les petits flamants roses grandissent vite. Leurs pattes s’allongent, leur corps s’étend et ils commencent à se sentir à l’étroit parmi leurs aînés. Il est alors temps de quitter le nid et de rejoindre la «garderie». Les oisillons entament leur découverte du monde et se rassemblent, sous la surveillance toute proche de quelques adultes. Ceux-ci leur montrent par exemple comment taper des pattes dans l’eau pour recueillir de la nourriture. Zoonaute.net, La famille des flamants roses s'agrandit au Zoo de Bâle | Zoonaute, l'actualité zoos & aquariums près de chez vous
  • Dans les couloirs du commissariat, et ceux du parquet d'Aix, c'est le branle-bas de combat. Un drame est peut-être en train de couver, et chaque minute compte. Le véhicule est identifié, mais, pas de chance, il est loué. Les enquêteurs finissent néanmoins par retrouver l'identité du client, puis son numéro de téléphone, dont la géolocalisation est demandée en urgence. LaProvence.com, Faits divers - Justice | Interpellé sur l'A8 après un enlèvement à Aix | La Provence
  • La même administration ajoute que cette tendance à la baisse de la prédominance de la viande de volaille jadis en tête des consommations, pourrait s’expliquer par la suspension de la délivrance des avis techniques d’importation des œufs à couver due au coronavirus au 1er trimestre 2020.  Investir au Cameroun, La production des viandes du Cameroun baisse de 41% au 1er trimestre 2020 - Investir au Cameroun
  • Parmi les découvertes inédites qu’il a pu faire? "C’était en octobre dernier, depuis la plage j’ai aperçu des dauphins en train de nager. J’arrêtais les gens qui passaient pour leur dire de profiter du spectacle. J’ai pu les filmer, c’est une image que je garde ancrée en moi." Nice-Matin, Ce couple de cygnes a donné naissance à trois petits à la Brague du côté d'Antibes - Nice-Matin
  • Les maximes, ces phrases lapidaires, ont "la valeur des oeufs de porcelaine, qui incitent le penseur à couver." De Georges Meredith / Diane à la croisée des chemins
  • A l’aventure met-on ses oeufs à couver. De Proverbe français

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Traductions du mot « couver »

Langue Traduction
Corse scossa
Basque brood
Japonais ひな
Russe выводок
Portugais ninhada
Arabe الحضنة
Chinois
Allemand brut
Italien covata
Espagnol cría
Anglais brood
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Synonymes de « couver »

Source : synonymes de couver sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « couver »


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