Charge : définition de charge


Charge : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CHARGE, subst. fém.

I.− Action, fait de charger quelqu'un ou quelque chose.
A.− [Correspond à charger II]
1. Action de charger une arme à feu. La charge d'un fusil. Apprendre la charge (Ac.). Vx. Charge à douze temps. Série de douze manœuvres pour charger un fusil :
1. On m'apprit l'école du soldat et l'école de peloton de manière à exécuter les charges en douze temps, les charges précipitées et les charges à volonté, ... Vigny, Servitude et grandeur militaires,1835, p. 97.
2. Action d'accumuler l'électricité statique. Effectuer la charge d'une batterie (M. Bailleul, Notions de matériel roulant des ch. de fer,1951, p. 81).
3. Action de charger un navire. Assister à la charge d'un navire.
En charge. En cours de chargement. Navire en charge pour Bayonne (Ac.).
Mât* de charge.
B.− [Correspond à charger I B 4]
1. Action de charger l'ennemi. La charge de Reichshoffen. Ce fut une charge en trombe, qui balaya tout (Grousset, L'Épopée des croisades,1939, p. 273).L'inutile et glorieuse charge de la division Margueritte avait arraché au roi un cri d'admiration (Zola, La Débâcle,1892, p. 353):
2. Les lanciers nous attendaient là; nous défilâmes derrière eux, et comme les Autrichiens nous serraient de près, ils firent encore une charge pour les refouler. Erckmann-Chatrian, Le Conscrit de 1813,1864, p. 208.
SYNT. Charge en ligne, en fourrageurs*; une charge audacieuse, foudroyante, furieuse, héroïque; une charge de cavalerie, une charge à la baïonnette; ordonner la charge, repousser une charge ennemie.
Retourner à la charge :
3. Le prince de Cobourg se reformant sous le feu de l'ennemi, se dispose à retourner à la charge, lorsqu'il apprend que Charleroi a capitulé, ... Chateaubriand, Essai sur les Révolutions,t. 2, 1797, p. 45.
Au fig. Revenir à la charge. Faire une nouvelle tentative, insister à nouveau. La cousine revint à la charge avec cette vulgarité qui n'a cure des indiscrétions (Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 226):
4. ... il réclamait vingt-cinq sous pour prix de son silence. À la fin de la semaine, il revenait à la charge et exigeait le double. G. Roy, Bonheur d'occasion,1945, p. 308.
Loc. (Marcher) au pas* de charge.
P. méton. Batterie ou sonnerie destinée à donner le signal de l'attaque et à entraîner les soldats. Sonner, battre la charge :
5. ... le cri « en avant! en avant! » se prolongea sur toute notre ligne. En même temps les tambours se mirent à battre la charge, et la Marseillaise s'éleva jusqu'au ciel. Erckmann-Chatrian, Hist. d'un paysan,t. 2, 1870, p. 33.
2. P. ext.
a) [En parlant de la police] :
6. Ceux des manifestants qui étaient venus quand même dans le quartier des Ternes, s'étaient vus refoulés par les charges brutales de la police. R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 461.
b) [En parlant de certains sports d'équipe (foot-ball, basket, etc.)] Action d'un joueur heurtant plus ou moins rudement un adversaire en possession du ballon. Charge dangereuse, charge dans le dos. Le gardien de but plonge et doit mettre en corner, vu la charge de l'extrême droit (Montherlant, Les Olympiques,1924, p. 252).
3. P. anal. [En parlant d'un animal] :
7. Brusquement, il sentit le sol frémir sous le galop d'une charge enragée. Il se retourna, il n'eut que le temps de crier à sa compagne : − Les chevaux, les chevaux!... Jetez-vous derrière ce mur! Zola, La Débâcle,1892, p. 424.
P. métaph. Les fureurs de Noël Schoudler étaient toujours des charges de pachyderme qu'on a effrayé (Druon, Les Grandes Familles,t. 2, 1948, p. 38).
4. Au fig. Critique violente. Je fis une charge à fond de train non seulement contre la psychologie actuelle mais contre la psychologie en général (Du Bois, Journal,1922, p. 66):
8. Versons aussi au dossier cette furieuse charge du même Suarès contre celui qui forme une idée sur la vie au lieu de donner la vie elle-même dans ce qu'elle a de palpitant... Benda, La France byzantine,1945, p. 43.
II.− P. méton. Ce qui charge quelqu'un ou quelque chose, ce qui pèse sur quelqu'un ou quelque chose.
A.−
1. Ce que porte ou peut porter une personne, un animal, un véhicule, etc. Un navire de 100 tonneaux de jauge, portant 140 tonneaux de charge, coûte 17 816 francs à Syra, et 46 000 francs à Marseille (About, La Grèce contemporaine,1854, p. 166).Elle s'en allait au marché de Cloyes, pliant sous la charge de deux paniers énormes (Zola, La Terre,1887, p. 127):
9. Le corps ployé, les bras rompus par sa charge, il monte l'escalier en tapant des pieds à chaque marche. Dabit, L'Hôtel du Nord,1929, p. 150.
SYNT. Une charge lourde, pesante, énorme; porter une charge; bête de charge (synon. bête de somme).
P. métaph., vieilli. En avoir sa charge. Être ivre.
Arg. (sp.). ,,Stimulant`` (Esn.). Se mettre à la charge. ,,Se bourrer d'excitants`` (Esn.).
a) MAR. La charge d'un navire. Sa cargaison. Navire en charge. Navire qui a son maximum de charge. Ligne en charge. Ligne de flottaison d'un navire en charge. Navire de charge. Navire destiné au transport des marchandises. Synon. navire marchand, cargo.La fin de la guerre nous permet de reprendre les navires de charge prêtés par nous au « pool » interallié (De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 228).Loc. Rompre charge. Décharger des marchandises. Ce bateau va directement à Bombay? demanda Fix. − Directement, sans rompre charge (Verne, Le Tour du monde en 80 jours,1873, p. 27).À morte charge. ,,Jusqu'aux écoutilles`` (Littré). [p. ext. ] Sa pipe qu'il bourrait à morte charge (G. GuèvremontLe Survenant,Montréal,1969, p. 164),[p. métaph. ] Les fautes qu'il portait à morte charge (G. GuèvremontMarie-Didace,Montréal,1974, p. 118; 1reéd. 1947).
b) TRANSP. Charge utile. Poids maximum des marchandises ou des personnes qu'un véhicule peut transporter. Prendre en charge (un client, un passager, etc.). Le prendre dans sa voiture.
2. P. ext. Quantité plus ou moins déterminée d'une chose.
a) [P. réf. à ce que peut porter un homme ou un animal, ou que peut transporter un véhicule] Un grison qui portait vingt charges de fumier par jour (Janin, L'Âne mort et la femme guillotinée,1829, p. 96).Il fut convenu qu'il irait chaque soir avec son tombereau chercher une charge d'engrais (Maupassant, Contes et Nouvelles, t. 2, Saint-Antoine, 1883, p. 197).Chacun d'eux portait une charge de manioc sur la tête (Gide, Voyage au Congo,1927, p. 804).
ART MILIT., vieilli. Synon. de paquetage*.− Oh, oh, mon ami, voici une charge qui est bien mal installée! Vous êtes nouveau venu au régiment, c'est vrai, mais ce n'est pas une raison! (Courteline, Le Train de 8 h 47,1888, 1repart., 2, p. 21).
P. métaph., vieilli, fam. ,,Série de coups aussi nombreux qu'une personne peut les supporter`` (Lar. 19e). Donner, recevoir une charge de coups de poing, de bâton (Lar. 19e).
b) [P. réf. à ce qui peut être contenu dans telle ou telle chose, ou à la quantité d'une chose nécessaire pour obtenir tel ou tel résultat]
ARM. et PYROTECHN. Quantité de matières explosives; en partic. quantité de poudre ou de projectiles contenue dans une cartouche; quantité de poudre, d'explosif nécessaire pour faire sauter une mine. Une charge de dynamite, de plastic; une charge de chevrotines. La charge l'avait atteint sous le menton, faisant voler la mâchoire en éclats (Bernanos, Sous le soleil de Satan,1926, p. 92)cf. aussi avarier ex. 2.
Charge creuse. Charge d'explosif dans laquelle on a ménagé une cavité paraboloïde pour augmenter la puissance de pénétration du projectile :
10. Dans les rues, filles et garçons, réunis par quartier, achevaient de plier les charges de poudre dans du papier bleu. Pourrat, Gaspard des Montagnes,Le Pavillon des amourettes, 1930, p. 261.
11. La voiture qui les amenait au train a été attaquée, et le cocher, qu'on hisse à présent dans le wagon, a reçu une charge de pistolet ou de fusil dans la figure. Gide, Journal,1889-1939, p. 415.
P. anal. Charge atomique. Quantité de combustible fissile dans une bombe nucléaire; p. ext. la bombe elle-même (cf. Goldschmidt, L'Aventure atomique, 1962, p. 203).
ÉLECTRICITÉ
Quantité d'électricité; en partic., quantité d'électricité statique emmagasinée dans un accumulateur.
P. anal., PSYCHOL. Charge affective, émotive, passionnelle. ,,Intensité émotionnelle et affective qui accompagne un souvenir, une idée ou une image`` (Mucch. Psychol. 1969) (cf. Ricœur, Philos. de la volonté, 1949, p. 359).
Charge d'espace. ,,Accumulation d'électrons au voisinage de la cathode`` (Charles 1960) (cf. Hist. gén. des sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 320).
MÉTALL. Quantité de minerai et de charbon introduite en une fois dans un haut fourneau.
TECHNOL. Substance de bas prix que l'on incorpore à certaines matières (soie, caoutchouc, etc.) pour leur donner plus de poids ou de consistance. L'emploi de la charge est, selon certains fabricants, d'une utilité absolue pour obtenir une inertie parfaite du papier (R. Chelet, Manuel de lithographie,1933, p. 282).
MÉD. VÉTÉR. Cataplasme ou emplâtre que l'on applique à un animal malade. Les charges sont excitantes, résolutives et fortifiantes (Nouv. Lar. ill.).
B.− Au fig.
1. Ce qui pèse de façon plus ou moins contraignante sur une personne ou sa situation.
a) [L'idée dominante est celle d'embarras, de gêne] Être une charge pour qqn.
Spéc., DR. PÉNAL. ,,Fait qui milite en faveur de la culpabilité`` (Cap. 1936). Les charges de l'accusation, réunir des charges suffisantes contre qqn, témoin* à charge (cf. aussi accablant ex. 18). Le juge discutait les charges avec mon avocat (Camus, L'Étranger,1942, p. 1174).Le président avait présenté un résumé de l'affaire, où, sous une affectation d'impartialité absolue, les charges de l'accusation étaient aggravées (Zola, La Bête humaine,1890, p. 278).
Loc. verbales
Être à la charge de qqn, être à charge à qqn. Vivre à ses dépens. Quand on a deux bons bras, il est honteux d'être à charge à ses parents (Karr, Sous les tilleuls,1832, p. 59).Elle donne des leçons de piano pour ne pas être à charge à son beau-frère (Balzac, La Maison Nucingen,1838, p. 651).
Être à charge. Être pénible. Le désœuvrement m'est à charge (Gide, Ainsi soit-il,1951, p. 1177):
12. ... elle avait hâte de retourner à eux [à ses parents] et de dépenser les heures d'une vie qui lui était à charge et dont le sablier tombait trop longtemps à son gré. Vigny, Le Journal d'un poète,1823, p. 877.
Loc. subst. Reprise en charge. Nouvelle acceptation plus ou moins résignée (d'une épreuve) :
13. ... je songeais toujours, (...) à la désolation de mon propre réveil, à cette reprise en charge de la soif, du soleil, du sable, à cette reprise en charge de la vie, ce rêve que l'on ne choisit pas. Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 248.
b) [L'idée dominante est celle d'obligation morale et/ou matérielle]
Ce qui occasionne, ce qui impose des dépenses. Les charges de famille, les charges du ménage. Annie vient à Paris pour travailler avec nous : je l'ai engagée comme agent de liaison; tiens, voilà une nouvelle charge pour notre budget (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 185):
14. On ne sait pas, mon cher, ce que c'est qu'une maison comme la mienne, où les charges augmentent tous les ans et où les habitudes deviennent plus coûteuses tous les jours. Becque, La Parisienne,1885, p. 261.
À la charge (de qqn). N'oublie pas que dans le détail de tes 370 fr par mois, écrit sous ta dictée, les timbres-poste sont à ta charge (Hugo, Correspondance,1861, p. 361).
Spéc. Charges publiques. Impositions qui frappent l'ensemble de la population :
15. La noblesse française s'obstine à demeurer à part des autres classes; les gentilshommes finissent par se laisser exempter de la plupart des charges publiques qui pèsent sur elles; ... Tocqueville, L'Ancien Régime et la Révolution,1856, p. 223.
DR. CIVIL
Obligation légale. 1012. Le légataire à titre universel sera tenu, (...) des dettes et charges de la succession du testateur (Code civil,1804,p. 184).1537. Chacun des époux contribue aux charges du mariage (Code civil,1804,p. 284).
Droit réel grevant un bien immeuble (servitude, hypothèque, etc.). Recouvrer un immeuble libre de toutes charges (Cap.1936).
Proverbe. Il faut prendre le bénéfice avec les charges.
Au plur.
,,Obligations accessoires résultant d'un contrat ayant pour objet le transfert ou la détention d'un immeuble`` (Cap. 1936). Cahier* des charges.
Ensemble des sommes dues, à des titres divers (impôts fonciers, etc.), par le propriétaire d'un bien immeuble (cf. antichrèse ex.).
Charges locatives ou, absol., charges. Ensemble des sommes que doit payer le locataire à des titres divers (taxe d'enlèvement des ordures ménagères, dépenses d'ascenseur, etc.) et qui s'ajoutent au montant du loyer.
DR. SOC. et ÉCON. DE L'ENTREPRISE
Charges sociales. Ensemble des sommes que doit payer l'employeur du fait de la législation sociale (assurances sociales, taxe d'apprentissage, contribution pour l'amélioration du logement, etc.) auxquelles s'ajoutent, le cas échéant, les sommes payées pour certains services facultatifs (œuvres sociales) (cf. Perroux, L'Écon. du XXes., 1964, p. 650).
Charges fiscales. Ensemble des impôts sur les salaires versés par l'employeur :
16. ... les ouvriers sont très montés contre la Chambre, les patrons licenciant une partie de leur personnel afin de diminuer leurs charges fiscales. Green, Journal,1933, p. 128.
Locutions
À la charge de, à charge de + inf.À condition de (cf. Code civil, 1804, p. 378). Chaque gentilhomme ou chanoine aura, pour sa part, mille arpents, à charge de dormir; et, s'il ronfle, le double (Courier, Pamphlets pol., Lettres au rédacteur du « Censeur » (1819-20), 1824, p. 24).À la charge que + ind. futur.Même sens (cf. Code civil, 1804, p. 398).
À (la) charge d'autant (vieilli), à charge de revanche. À condition qu'on rendra le même service. Les services qu'elle rend sont à charge de revanche (Sénac de Meilhan, L'Émigré,1797, p. 1773).Tu voudras bien, n'est-ce pas me rendre service; à charge de revanche (Gide, Les Faux-monnayeurs,1925, p. 1175).
c) [L'idée dominante est celle de responsabilité]
Emploi qu'une personne doit remplir; travail qu'une personne doit accomplir. Cette mutualité, cette société de prêtres, n'a que la charge de faire exécuter les messes (Barrès, Mes cahiers,t. 6, 1907-08, p. 328).Franco venait de destituer le plus grand écrivain espagnol de sa charge de recteur de l'université (Malraux, L'Espoir,1937, p. 750).Jean avait un travail écrasant, entre la Sorbonne et les charges du parti (E. Triolet, Le Premier accroc coûte deux cents francs,1945, p. 337).
SYNT. Une charge épuisante, surhumaine; assumer, accepter une charge; confier, imposer une charge à qqn.
Femme de charge. (Vx) ,,Femme attachée au service d'une grande maison, pour avoir soin du linge, de la vaisselle d'argent, etc.`` (Ac.). (Mod.) Femme chargée de faire les gros travaux. Les femmes de charge nettoyaient la salle au milieu d'un nuage de poussière et dans une clarté de catacombe (Duhamel, Chronique des Pasquier, Suzanne et les jeunes hommes, 1941, p. 87).P. ext. Domestique. La femme de charge entre apportant le café (Anouilh, La Sauvage,1938, p. 177).
Fonction publique ou privée de haute responsabilité. Exercer sa charge, se démettre de sa charge, faillir aux devoirs de sa charge. Un gouverneur, mort dans l'exercice de sa charge (Baudry des Lozières, Voyage à la Louisiane,1802, p. 301).Il se vit contraint d'accepter la charge de confesseur de Madame (Bremond, Hist. littér. du sentiment religieux en France,t. 3, 1921, p. 188).Le général Kœnig prenait la charge de commandant en chef en Allemagne (De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 207).
En charge. Les centuries ne votaient que sur les deux ou trois candidats que présentait le consul en charge (Fustel de Coulanges, La Cité antique,1864, p. 419).
[Sous l'ancien régime] Office pour lequel on prenait des provisions. Acheter une charge, vendre sa charge. La vénalité des charges était abolie, la justice devenait gratuite (Bainville, Hist. de France,t. 1, 1924, p. 305).
,,Fonction des officiers ministériels`` (Cap. 1936). Une charge de notaire, d'avoué.
P. méton. Local où un agent de change exerce sa charge :
17. Jacques se leva, en annonçant qu'il reviendrait mercredi, et qu'il désirait ce jour-là, trouver toute sa fortune, en espèces, à la caisse de la charge. R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 382.
Mission que l'on confie à quelqu'un. J'ai une charge et je la remplirai (Claudel, L'Annonce faite à Marie,1948, II, 3, p. 171):
18. Les gens de Gand étaient si animés, qu'ils mirent en prison leurs commissaires, pour s'être mal acquittés de la charge qu'on leur avait confiée. Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 4, 1821-24, p. 365.
Avec charge. Rey n'a-t-il pas eu l'idée de lui envoyer un messager avec charge de le ramener à Amsterdam (Guéhenno, Jean-Jacques,Grandeur et misère d'un esprit, 1952, p. 181).
Avoir charge de. ,,J'ai charge de vous dire que...`` (Ac.).
Donner charge de. À quel titre ils avaient donné charge à leur procureur de poursuivre un écrivain patriotique (Marat, Les Pamphlets,Appel à la Nation, 1790, p. 142).
Loc. verbales. Avoir la charge de. Être responsable de; prendre soin de. Avoir la charge d'un enfant. J'avais encore la charge du ménage, lavais la vaisselle, récurais les casseroles, pelais les pommes de terre (Guéhenno, Journal d'un homme de 40 ans,1934, p. 66).Faire vœu de pauvreté quand on a la charge d'une famille ne me semble pas un parti très sage (Aymé, Clérambard,1950, IV, 10, p. 243).Avoir charge de. Même sens. Avoir charge de famille, avoir charge d'âmes*. Les religieuses qui ont charge de l'hôpital sont des filles de la sagesse (Green, Journal,1948, p. 174).Prendre en charge (qqn ou qqc.). En assumer la responsabilité; en prendre soin. De ceux-là [soldats], suivant ma décision, De Lattre prendrait aussitôt une centaine de mille en charge (De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 30).L'euratom a pris en charge le centre italien d'Ispra (Goldschmidt, L'Aventure atomique,1962, p. 158).Restitution de l'or russe ou roumain pris par les Allemands ou remis à eux. Cet or sera pris en charge par les alliés jusqu'à la signature de la paix (Foch, Mémoires,1929, p. 312).Prendre (qqn ou qqc.) à sa charge. Même sens :
19. Notre cuisinier était un pauvre diable qui gagnait six cents francs par an, ni logé ni nourri. Il avait pris à sa charge la veuve de son frère et ses cinq enfants. About, La Grèce contemporaine,1854, p. 211.
Loc. substantivée. Prise en charge. (Dr. soc.) ,,Acceptation par un organisme de verser des prestations à un assuré pour son compte, dès lors qu'il remplit les conditions administratives et médicales requises pour lui ou ses ayants droit`` (Cotta 1968).
2. Ce qui exagère le caractère de quelqu'un ou de quelque chose.
a) Représentation exagérée et bouffonne. Ce sculpteur a fait la charge de la plupart de ses contemporains (Ac.) :
20. ... les autres voyageurs, alignés et muets, − un garçon épicier, une ouvrière, un sergent d'infanterie, un monsieur à lunettes d'or coiffé d'un chapeau de soie aux bords énormes et relevés comme des gouttières, deux dames à l'air important et grincheux, (...) − avaient l'air d'une collection de caricatures, d'un musée des grotesques, d'une série de charges de la face humaine, ... Maupassant, Contes et Nouvelles,t. 2, La Dot, 1884, p. 562.
En appos. Portrait-charge :
21. MmeAlidor Delzant, dans sa langue de provinciale prétentieuse, a fait mercredi dernier, chez MmeDaudet, un récit de la mort de Burty, dont MmeStrauss, qui est une véritable artiste dans l'imitation-charge, est en train d'amuser Paris... E. et J. de Goncourt, Journal,1891, p. 29.
Loc. En charge. Ce portrait est peint en charge (Ac.). Il [Daudet] avait acheté à Munich trois petits chapeaux en drap vert et dont il avait fait cadeau d'un à Bataille, « à Bataille, me dit-il, qui me ressemblait en charge » (E. et J. de Goncourt, Journal,1887, p. 733).
P. méton. Ouvrage exécuté en charge. Les charges de Dantan (Besch.1845).
b) THÉÂTRE. Ce qu'un acteur qui cherche l'effet ajoute à son rôle. Cet acteur n'est pas plaisant, ses charges sont de mauvais goût (Ac.).
Jouer en charge. En exagérant les effets :
22. ... la pièce lui a semblé tout le temps jouée en charge, en charge sérieuse, appliquée, pieuse même, mais en charge, comme nécessairement devaient la jouer les excellents acteurs du Théâtre-Français... E. et J. de Goncourt, Journal,1882, p. 207.
c) Grosse plaisanterie pour mystifier quelqu'un. Faire une charge à qqn. P. ext. moquerie. Avant de m'éloigner, je ne pus résister au désir de faire une charge au pion; j'ouvris le guichet et lui dis : − Vous pouvez continuer mon pensum, si vous voulez (Du Camp, Mémoires d'un suicidé,1853, p. 66).Histoire fausse et invraisemblable. Raconter des charges (E. et J. de Goncourt, Journal,1856, p. 244).
Prononc. et Orth. : [ʃaʀ ʒ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1130 carge « ce qui pèse sur, ce que porte ou peut porter quelqu'un, un animal, un véhicule, un bâtiment » (Voyage de Charlemagne, éd. P. Aebischer, vers 605); 2. 1690 « action de charger un navire » (Fur.); 3. 1268 « mesure approximative d'une matière, bois, blé, etc. » (Livre des Métiers, Paris, éd. R. de Lespinasse et F. Bonnardot, 1879, p. 234, § 21); 4. 1564 charges de poudre à canon (A. Paré, Œuvres, livre IX, 2ediscours, éd. Malgaigne, t. 2, p. 133); 5. 1832 électr. (Raymond). B. 1. Ca 1170 estre a charge « causer de l'embarras, de la peine » (Li quatre livre des reis, éd. E. R. Curtius, p. 87 [2 Sam. 15, 33]); 2. 1226 kierke « redevance » (Charte de Jehane, comtesse de Flandre, Chart. des comtes de Hainaut, Archives de l'Etat à Mons ds Gdf. Compl.); 3. ca 1225 quierque « fonction, mission, obligation » (Livre noir, Archives Valenciennes 535, p. 28 et 29, ibid.); 1580 « fonction, responsabilité publique » (Montaigne, Essais, livre I, chap. XVI, Paris, Gallimard, 1950, p. 93); 4. 1437 jur. « fait qui pèse sur un accusé » (Ch. d'Orléans, Songe en complainte, éd. P. Champion, 73-74); 5. a) 1675 arts graph. charges d'agrément (H. Testelin ds Conf. de l'Ac. Royale de Peint. et de Sculpt., éd. H. Jouin, p. 144 cité par Brunot t. 6, p. 733); b) 1680 « caricature » (Rich.); c) 1753 genre littér. (Encyclop. t. 3, pp. 201-202). C. 1540 « attaque » (Nicolas Herberay des Essars, Le premier livre de Amadis de Gaule, éd. H. Vaganay, Paris, 1918, 307); 1690 fig. revenir à la charge (Fur.). Déverbal de charger*. Fréq. abs. littér. : 3 316. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 5 088, b) 4 977; xxes. : a) 3 979, b) 4 692. Bbg. Adlerblum (A.). Vocab. de l'astronaut. Québec, 1972, p. 12. − Appellations trompeuses. Vie Lang. 1971, p. 220. − Gottsch. Redens. 1930, p. 321. − Rog. 1965, p. 94, 136. − Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 55, 110.

Charge : définition du Wiktionnaire

Nom commun

charge \ʃaʁʒ\ féminin

  1. Ce qui pèse.
    • Charge pesante.
    • On a donné trop de charge à cette planche.
  2. Fardeau, faix, ce que porte une personne, un animal, un bâtiment, etc.
    • La charge d’un mulet est de tant de kilos.
    • La charge de ce bateau est de cinquante tonneaux.
  3. Poids, mesure ou quantité déterminée de certaines choses.
    • Une charge de blé, de fagots, de cotrets, etc.
    • CHARGE, en allemand karch, bürde, pfundschwer, en anglais load, burden, en espagnol et en portugais carga, en italien carica, salma, soma. Nom d’une sorte de poids ou de mesure. Voyez aussi Salma, Soma, etc.
      […]
      I. Poids.
      […]
      France La charge était de 3 quintaux ou 300 ℔ poids de marc
      […]
      II. Mesure de capacité pour matières sèches.
      […]
      Paris. La charge ou sac charbon de bois valait 1 mine = 2 minots = 16 boisseaux
      Toulon La charge = 3 setiers = 4 ½ émines, et contenait 1 ½ setier de Paris
      III. Mesure de capacité pour liquides.
      […]
      Montpellier. La charge d’huile = 4 barals = 8 émines = 16 quarts ou quartals = 128 pots
      […]
      IV. Mesure agraire ou de superficie.
      Embrun en France. La charge = 6 éminées = 72 civayers = 1050 toises delphinales carrées d’Embrun
      Gap en France. La charge = 6 éminées = 72 civayers = 1050 toises carrées de Paris. On y emploie aussi la charge d’Embrun.
      — (Horace Doursther, Dictionnaire universel des poids et mesures, anciens et modernes, M. Hayez, Bruxelles, 1840)
  4. Dépense, frais.
    • Les frais demeurent à sa charge.
    • Les grosses réparations sont la charge du propriétaire.
    1. (En particulier) Imposition, taxe.
      • Les charges publiques.
      • Charge foncière.
  5. Magistrature, dignité ou fonction publique.
    • Les seules charges de robe qui ne s’achetassent point étaient celle de premier président du Parlement et celle du chancelier. — (Alfred Franklin, La Vie privée d’autrefois - La vie de Paris sous Louis XV devant les tribunaux, Plon, Paris, 1899, p. 11–12)
    1. (Histoire) Office qu’on achetait au roi.
      • Depuis François 1er, les charges de la chapelle du roi étaient devenues vénales. « C’était une ressource pour l’État créée dans un moment difficile, et le cardinal Mazarin qui aimait à faire argent de tout, n’avait pas manqué d’en tirer parti. » — (R. de Chantelauze, « Le Père de la Chaize », dans Revue du Lyonnais, vol. 14, 1857, p. 326)
  6. Action de charger quelqu’un de faire quelque chose : commission, ordre qu’on donne à quelqu’un.
    • J’ai la charge de vous dire que…
    • Cela est à ma charge : On m’en a donné le soin, la garde.
  7. (Arts) Caricature, représentation exagérée, imitation bouffonne.
    • Ce portrait est peint en charge.
    • Ce sculpteur a fait la charge de la plupart de ses contemporains illustres.
    1. Exagération volontaire et comique.
      • Les rôles du parasite et du militaire fanfaron, dans la comédie antique, appartiennent à la charge.
      • Bien des comédies sont de véritables charges.
    2. Traits forcés à dessein par lesquels une personne en contrefait une autre.
      • Cet acteur, médiocre d’ailleurs, excelle dans la charge de ses camarades.
      • Charge d’atelier : Plaisanteries dont on s’amuse dans les ateliers de peinture et de sculpture.
  8. (Chimie) Substance solide, non miscible, introduite dans un mélange pour lui donner certaines qualités.
    • La charge (F) à ajouter après préchauffage et mixage rend le matériau plus résistant et lui donne une couleur crème homogène.
  9. (Droit) Preuve ou indice qui s’élève contre un accusé.
    • Ce fait constitue une charge très grave contre le prévenu.
    • Vous allez entendre les charges produites contre vous.
    • Informer à charge et à décharge : Informer pour et contre l’accusé.
    • Témoins à charge : Témoins assignés par le ministère public ou la partie civile pour déposer sur les faits qui paraissent être à la charge de l’accusé.
    • Un livre à charge contre une ministre
  10. (Héraldique) Tout ce qui apparaît sur le champ de l’écu.
    • Après l’énoncé du champ, on énumère les charges, qui peuvent être des pièces ou des meubles […] — (Wikipédie, Blasonnement)
  11. (Marine) Action de charger un navire.
    • Navire en charge pour Bayonne, pour Boston, etc.
  12. (Mécanique) Force appliquée en un point (charge ponctuelle), force appliquée sur une surface (charge continue).
  13. (Métallurgie) Quantité de minerai et de charbon que l’on jette à la fois dans un fourneau.
    • Ayant eu besoin de fonte blanche pour faire des cylindres à tôle on força la charge en minerai ; les laitiers se montrèrent d’un vert foncé, mais toujours bien vitrifiés et sans grenailles ; la tuyère demeura claire et le travail fut facile, quoique la chaleur fût médiocre dans l’avant-creuset. La fonte se trouva entièrement blanche et liquide comme de l’eau, de sorte que les produits du moulage furent très bons. — (André Guenyvea, Nouveaux procédés pour fabriquer la fonte et le fer en barres)
  14. (Militaire) Attaque impétueuse d’une troupe.
    • Sonner, battre la charge.
    • Charge à la baïonnette.
    • Le pas de charge.
    • Revenir à la charge : Réitérer ses démarches, ses instances, ses prières, ses reproches, ses invectives, etc.
    • On a beau le rebuter, il revient toujours à la charge.
  15. (Figuré) Attaque.
    • Il vient d’entendre, dans sa voiture, la charge de la députée Frédérique Dumas, sur France Inter, contre le projet de réforme de l’audiovisuel de Françoise Nyssen. — (« Philippe flingue les députés Marcheurs », Le Canard enchaîné, 13 juin 2018, page 2.)
  16. (Militaire) Ce qu’on met de poudre et de plomb, etc., dans une arme à feu, un canon, une fusée, un pétard,… pour tirer un coup.
    • Charge de revolver, de fusil, de canon.
  17. (Militaire) Action de charger un fusil.
    • Charge en douze temps.
  18. (Physique) Quantité d’électricité dans un corps (positive ou négative) interprétée par une déficience ou un excès en électrons. Par extension, toute propriété quantique, comme la charge de couleur.
  19. (Populaire) Quantité d’alcool absorbée par quelqu’un.
    • Tenir une sacrée charge.

Forme de verbe

charge \ʃaʁʒ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de charger.
    • Écoute, brave homme, si tu veux accepter la proposition que je vais te soumettre, je me charge de travailler ta bourse, au point que pas un minour du canton ne pourra rivaliser avec toi. — (François Cadic, Contes et légendes de Bretagne, librairie Galles, Vannes, 1950, page 65)
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de charger.
    • Mais la nature se charge de les désavaliser. — (Édouard C. Paul, Au gré des réflexions (3), 1972, page 231)
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de charger.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de charger.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de charger.
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Charge : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CHARGE. n. f.
Ce qui pèse sur quelqu'un ou sur quelque chose. Charge pesante, excessive, légère. On a donné trop de charge à cette planche. Payer les charges d'un mur, Indemniser le voisin, à raison de la nouvelle charge qu'on met sur le mur mitoyen, lorsqu'on l'élève à une plus grande hauteur. Il signifie aussi Ce que peut porter une personne, un animal, un bâtiment ou autre chose semblable. Cela est très pesant, j'en ai ma charge. La charge d'un mulet, d'une charrette est de tant. La charge de ce bateau est de cinquante tonneaux. Prendre charge. Rompre charge, Décharger des marchandises pour les recharger quand on change de voie ou de mode de transport. En termes de Marine, Ligne de charge ou de flottaison. Voyez FLOTTAISON. En termes de Marine marchande, il désigne encore l'Action de charger un bâtiment. Navire en charge pour Bayonne, pour Boston, etc. Il désigne particulièrement une Certaine mesure ou quantité déterminée de certaines choses. Une charge de blé, de fagots, de cotrets, etc. Il se dit figurément de Toute dépense, de tout ce qui met dans la nécessité de faire quelque dépense, de ce qui cause un embarras, une gêne. Il a beaucoup de charges et peu de bien. Il a plus de charges qu'il n'en peut porter. Charges de famille. Il faut que je le nourrisse, il est à ma charge. Les frais demeurent à sa charge. Les grosses réparations sont la charge du propriétaire. Les charges excèdent le revenu. Cette terre vaut tant, toutes charges déduites. Les charges d'une succession. Charge foncière. La mise à prix de cet immeuble est fixée à tant, indépendamment des charges, outre les charges. Être à charge à quelqu'un, Lui causer de la dépense ou de l'incommodité. Il faut tâcher de n'être à charge à personne. Il craint de vous être à charge. La vie lui est à charge. On dit dans le même sens Se rendre à charge. Il a le secret de se rendre à charge à tout le monde. Les charges de l'État, Sa dette et ses dépenses. Il se dit spécialement des Impositions, des taxes. Les charges publiques. Cette nouvelle charge pèsera sur l'industrie. Cahier des charges d'une vente, d'une entreprise. Voyez CAHIER. Charges personnelles, Celles qu'on supporte personnellement, comme la tutelle, le service militaire, etc. Fig., Il faut prendre le bénéfice avec les charges. Voyez BÉNÉFICE. À la charge de, ou À charge de, À condition, avec obligation de. Je lui ai vendu ma maison, à la charge de payer mes plus anciens créanciers. Je lui ai promis telle chose, mais c'est à charge que... À la charge d'autant, À condition qu'on en fera autant. Rendez-moi ce service à la charge d'autant. On dit plus ordinairement À charge de revanche. Avoir charge d'âmes, se dit, en termes ecclésiastiques, de Celui qui est chargé de diriger, de confesser les fidèles. Par extension, il se dit de Tout homme qui a l'obligation morale de veiller à l'éducation, à la conduite de certaines personnes. Les pères, les maîtres de la jeunesse ont charge d'âmes. Il se dit aussi de Certaines magistratures ou dignités, de certaines fonctions publiques. Entrer en charge. Sortir de charge. Être en charge, hors de charge. Charge de notaire, d'avoué, d'agent de change. Ce greffier a vendu sa charge. Il se disait plus particulièrement, dans l'ancien régime, des Offices pour lesquels on prenait des provisions. Charge de judicature, de finance. Charge militaire. Charge dans l'armée. Charge dans la maison du roi. Il signifie également Commission, ordre qu'on donne à quelqu'un. On lui a donné charge de... J'ai charge de vous dire que... Il avait charge d'approvisionner l'armée. Cela est à ma charge, à sa charge, etc., On m'en a donné, on lui en a donné le soin, la garde. Femme de charge, Femme attachée au service d'une grande maison, pour avoir soin du linge, de la vaisselle d'argent, etc. En termes de Droit criminel, il se dit des Preuves et indices qui s'élèvent contre un accusé. Ce fait constitue une charge très grave contre le prévenu. Dans ce sens il s'emploie le plus ordinairement au pluriel. Examiner les charges portées contre un accusé. Vous allez entendre les charges produites contre vous. Produire de nouvelles charges. Informer à charge et à décharge, Informer pour et contre l'accusé. Témoins à charge, Témoins assignés par le ministère public ou la partie civile pour déposer sur les faits qui paraissent être à la charge de l'accusé. En termes de Guerre, il signifie Attaque impétueuse d'une troupe. Rude, furieuse, vigoureuse charge. Sonner, battre la charge. Charge à la baïonnette. Charge de cavalerie. Pas de charge. Fig., Revenir, retourner à la charge, Réitérer ses démarches, ses instances, ses prières, ses reproches, ses invectives, etc. On a beau le rebuter, il revient toujours à la charge. Il se dit en outre de Ce qu'on met de poudre et de plomb, etc., dans une arme à feu pour tirer un coup. Charge de revolver, de fusil, de canon. Il se dit aussi, dans les Exercices militaires, de l'Action de charger un fusil. Apprendre la charge. Charge en douze temps. En termes de Métallurgie, il se dit de la Quantité de minerai et de charbon que l'on jette à la fois dans un fourneau. En termes de Physique, il se dit de l'Action d'accumuler l'électricité ou de la Quantité d'électricité qu'on a accumulée quelque part. En termes d'Art vétérinaire, il désigne l'Application d'un cataplasme, d'un emplâtre ou de tout autre topique sur quelque partie du corps d'un animal malade ou blessé. En termes de Peinture et de Sculpture, il désigne la Représentation exagérée, l'imitation bouffonne. Ce portrait est peint en charge. Ce sculpteur a fait la charge de la plupart de ses contemporains illustres. Il se dit, par extension et figurément, d'une Exagération volontaire qui constitue un certain genre de comique, qui caractérise tel rôle, telle scène, telle pièce. Les rôles du parasite et du militaire fanfaron, dans la comédie antique, appartiennent à la charge. Bien des comédies sont de véritables charges. Il se dit aussi des Traits forcés à dessein par lesquels une personne en contrefait une autre, un comédien, par exemple, un autre comédien. Cet acteur, médiocre d'ailleurs, excelle dans la charge de ses camarades. Charge d'atelier, se dit de Certaines plaisanteries dont on s'amuse dans les ateliers de peinture et de sculpture.

Charge : définition du Littré (1872-1877)

CHARGE (char-j') s. f.
  • 1Ce que peut transporter une charrette, un bâtiment.

    Rompre charge, décharger des marchandises pour les recharger, quand on change de voie ou de mode de transport.

    Action de charger un navire d'objets de transport, de marchandises. Surveiller la charge d'un bâtiment. Vaisseau en charge, vaisseau dont on prépare, dont on fait le chargement.

    Ce que peut porter un bâtiment rendu à sa plus haute ligne de flottaison. Ligne de charge. Morte charge, charge excessive.

    Sorte de selle à trois pieds sur laquelle on place la hotte pour l'emplir.

  • 2Ce que peut porter un homme, un animal. Les chevaux et les autres bêtes de charge, Fénelon, Tél. XVIII. Polyphème arrive : il portait une énorme charge de bois sec, Fénelon, XXI, 397. Celui-ci, glorieux d'une charge si belle, N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé, La Fontaine, Fabl. I, 4. Me fera-t-on porter double bât, double charge ? La Fontaine, ib. VI, 8. Un homme haut et robuste porte légèrement et de bonne grâce un lourd fardeau ; un nain serait écrasé de la moitié de sa charge, La Bruyère, XI. Le paria sortit une charge de bois sec sur son dos, Bernardin de Saint-Pierre, Ch. ind.

    Populairement. Il en a sa charge, se dit d'un homme replet ou ivre.

    Fig. Ô vous que la bonne fortune Maintient à l'abri des revers, De la terre charge importune, Peuple inutile à l'univers, Rousseau J.-B. Odes, IV, 7. C'est une charge bien pesante Qu'un fardeau de quatre-vingts ans, Quinault, Opéra, dans RICHELET.

  • 3Ce qui pèse sur, faix, fardeau. On a donné trop de charge à ce plancher.

    Épaisseur de maçonnerie que l'on met sur les solives d'un plancher pour recevoir le carrelage.

    Coutume par laquelle celui qui bâtit oblige son voisin à participer à l'excès d'épaisseur d'un mur.

    Payer les charges d'un mur, indemniser le voisin, en raison de la plus grande charge qu'on met sur un mur mitoyen, en bâtissant.

    Les poids que l'on place sur le carré dans une corderie.

    Terme d'hydrodynamique. Charge d'eau, hauteur verticale de l'eau au-dessus d'un orifice ou d'un point quelconque.

  • 4Mesure, quantité déterminée. Une charge de blé, de fagots, de vin et autres objets. Paul Louis amène, d'un bois non fort voisin, cinq cents charges de gazon ou terre de bruyère, Courier, II, 182.

    Fig. et populairement. Une charge de coups de bâton, coups de bâton assénés violemment.

  • 5 Fig. Ce qui incommode, ce qui gêne. Cet office ne sera pas une charge pour moi. Vous imposez une grande charge aux confesseurs, Pascal, Prov. 10.

    Être à charge à quelqu'un, ou, simplement, être à charge, être un sujet d'embarras, de gêne. Je n'ignore pas combien je te serai à charge, Fénelon, Tél. X. Plein de mon seul amour, à charge à l'amitié, Chénier M. J. Fén. V, 2. Sans être à charge à l'empire, Bossuet, Hist. I, 10. Quoique sa vie languissante lui fût à charge, Fléchier, Mont. La vie m'est à charge, Staël, Delph. V, lett. 6.

  • 6Ce qui oblige à des dépenses. Les charges de la paternité. Toute cette population était une charge pour la ville. Réparations qui devaient être à ma charge. Lui qui n'a point de lourdes charges. On ne peut pas faire l'aumône, on a tant de charges, Bossuet, III, Pent. 2.

    Charge de ville, tout ce à quoi est obligé un bourgeois pour le bien de la ville où il demeure.

    Être à la charge de quelqu'un, être défrayé de tout par quelqu'un. Ce vieillard est à la charge de ses enfants.

  • 7Imposition. Le peuple gémit sous le poids des charges que le malheur des temps a rendues nécessaires, Massillon, Car. Mot. de conv. Les villes de Lycie payaient les charges selon la proportion des suffrages, Montesquieu, Espr. IX, 3.
  • 8Obligation, condition sous laquelle une chose est possédée, un droit est acquis ; dette, dont la charge se distingue quelquefois. Les dettes et charges d'une succession. Charges personnelles, celles que chaque homme supporte.

    À charge de revanche, avec obligation de pareil service.

    En langage ecclésiastique, avoir charge d'âmes, être chargé d'instruire, de diriger, de confesser. Bénéfice à charge d'âmes. Les bénéfices qui n'ont pas charge d'âmes, Pascal, Prov. 5.

    Par extension, avoir charge d'âmes, se dit de ceux qui exercent un ministère moral.

  • 9Magistrature, dignité, fonction publique. Entrer en charge. Sortir de charge. Les charges publiques. Celui qui a passé par les charges publiques. De qui n'est-il point reconnu Que toujours les tiens ont tenu Les charges les plus honorables ? Malherbe, IV, 5. Les siens qu'il agrandit, les charges qu'il dispense…, Rotrou, Vencesl. I, 6. Il y va de ma charge, il y va de ma vie, Corneille, Poly. III, 5. Ils espèrent le mettre bientôt dans les charges, Pascal, Lett. 5. On n'achètera pas une charge à l'armée si cher, Pascal, div. 2. Les pasteurs qui étaient en charge auparavant, Bossuet, Réfl. Les grandes charges peuvent aisément devenir des mines d'or, lorsque ceux qui les possèdent veulent renoncer à leur honneur et à leur conscience, J. B. Thiers, Traité des jeux, épître. Il devait faire la charge de gouverneur, Hamilton, Gramm. 3. M. de Pomponne fait la charge comme s'il n'avait jamais fait autre chose, Sévigné, 97. Son frère fait la charge en attendant, Sévigné, 386. On dit qu'il faisait un peu négligemment sa charge, Sévigné, 387. On a toujours vu, dans la république, de certaines charges qui semblent n'avoir été imaginées la première fois que pour enrichir un seul aux dépens de plusieurs, La Bruyère, XV. Femme pour laquelle Louvois eut le crédit de faire ériger une charge chez la reine. on la fit dame du lit, Voltaire, Louis XIV, 26. Ils furent obligés de se défaire de leurs charges et de quitter la cour, Voltaire, ib.

    Charge de notaire. Charge d'agent de change.

    Vénalité des charges, droit de vendre une charge qu'on a achetée. Les charges de ces officiers ont une finance trop considérable ; peut-être même serait-il à désirer que ces places ne fussent pas en charges, afin qu'on pût faire un choix libre entre toutes les personnes capables de cette administration, Necker, Compte rendu au roi, janvier 1781, p. 51.

    Faire l'acquit de sa charge, en remplir le devoir fidèlement.

    Fait de charge, fait de responsabilité commis par le titulaire d'une charge, dans l'exercice de ses fonctions.

    Par plaisanterie. Je vous établis dans la charge de rincer les verres, Molière, l'Av. III, 2.

  • 10Commission, ordre. Tu accepteras cette charge. Il a charge de diriger la guerre. Un autre qui a charge de faire la police du festin. Ou Rome à ses agents donne un pouvoir bien large, Ou vous êtes bien lent à faire votre charge, Corneille, Nicom. III, 3. Elle m'avait donné charge de vous le dire, Corneille, le Ment. V, 5. Le héraut étant arrivé à Rome et ayant exposé sa charge, l'affaire fut mise en délibération, Vertot, Révol. rom. VII, p. 196. Mille chevaux qui avaient charge de ne point commencer la mêlée et de ne point poursuivre l'ennemi, Perrot D'Ablancourt, Tac. 415. Officiers qui ont eu charge de prendre garde aux bâtiments, Descartes, Méth. ? Un esclave avait charge de les avertir, Bossuet, Devoirs, 1. Le Christ doit faire sa charge, Bossuet, Hist. II, 4. La conscience a charge de Dieu de nous avertir, Bossuet, Habit. 3.

    Aller au delà de sa charge faire plus qu'il n'est enjoint.

    Cela est de ma charge, cela est commis à mes soins.

    Femme de charge, femme chargée de la garde, du soin de la vaisselle, du linge, etc.

  • 11Indice contre un accusé ; accusation. Repousser les charges. Affaiblir les charges. Il y avait contre l'accusé une forte charge. Témoin à charge. Examiner les charges portées contre un accusé. Notre appel ne dépend pas proprement des charges, Patru, Plaidoyer II, dans RICHELET. Les charges ne parurent pas suffisantes pour motiver la peine de mort, Chateaubriand, Natch. II, 236.
  • 12 Terme de guerre. Attaque impétueuse. Charge terrible de cavalerie. Une charge de cavalerie dispersa le peuple. Faire une charge. Commander la charge. Revenir à la charge. Enlever une position au pas de charge. Il a été jusqu'à cinq fois à la charge, Sévigné, 203. À cette heure que je suis loin de votre altesse [le duc d'Enghien] et qu'elle ne me peut pas faire de charge, je suis résolu de lui dire tout ce que je pense d'elle, Voiture, Lett. 140.

    Signal d'attaque donné par les tambours ou les trompettes. On bat la charge. On sonne la charge. Les théologiens eurent le sort de ceux qui sonnent la charge et ne partagent point les dépouilles, Voltaire, Mœurs, 134.

    Terme de musique. Air de musique militaire qui se joue quand on charge l'ennemi.

    Fig. Revenir, retourner à la charge, insister, faire de nouvelles tentatives, et aussi lancer de nouvelles invectives. Il revenait opiniâtrément à la charge, Fénelon, Tél. XI. Un homme d'esprit et d'un caractère simple et droit peut tomber dans quelque piége… il n'y a qu'à perdre pour ceux qui viendraient à une seconde charge : il n'est trompé qu'une fois, La Bruyère, XI.

  • 13La quantité de poudre et les projectiles qu'on met dans une arme à feu et dans une mine. La charge d'un fusil, d'un canon. Mettre double charge. J'ajoute au pistolet une petite charge sans bourre, Rousseau, Ém. I. L'augmentation de force produite par une plus grande charge dans un canon de longueur donnée a des limites très étroites, Condorcet, d'Arci.

    Action de charger une arme à feu. Apprendre la charge. La charge en douze temps.

    En physique, l'action d'accumuler l'électricité ; le résultat de cette action. La charge d'une bouteille de Leyde, d'une batterie.

  • 14 Terme de métallurgie. Quantité de mine et de charbon qu'on jette à la fois dans un fourneau.

    Entonnoir d'un fourneau.

  • 15 En termes de peinture, charge se dit de toute expression qui ajoute quelque chose de forcé, d'exagéré, de grotesque à la nature. Un tableau où l'on mêlerait les charges de Callot avec des figures de Raphaël.

    Au théâtre, exagération dans la manière de jouer un rôle, de représenter un personnage. Cet acteur a fait une charge de son rôle.

    Populairement, histoire invraisemblable. La charge est bonne. Quelle charge !

  • 16 Terme de vétérinaire. Topique quelconque que l'on applique à un animal malade.
  • 17 Terme de jardinage. Bourse ou œil à fleur.
  • 18 Terme de magie. Le charme et le sort que les sorciers mettent en quelque lieu pour y faire leurs maléfices et empoisonnements, c'est-à-dire un pot de terre neuf et vernissé rempli de toutes sortes de choses.
  • 19À la charge de, à charge de, loc. conj. À condition de. Nous avons reçu la vie, à la charge de mourir. S'il voulait être de la mascarade, à la charge de mener Mlle d'Hamilton, Hamilton, Gramm. 7.

    À la charge que, à charge que, loc. conj. À condition que. Donnez-lui l'argent qu'il peut gagner, à la charge qu'il ne joue point, Pascal, Div. 2. Je vous les apprendrai, à la charge que vous ne ferez plus d'histoire, Pascal, Prov. 6. À la charge qu'elle ne vous dégoûtera point de notre amitié, Guez de Balzac, Liv. VII, lett. 9. Je te pardonne à la charge que tu mourras, Molière, Fourb. III, 14. À la charge que si…, Molière, l'Étour. I, 8.

    À la charge d'autant, loc. adv. À condition qu'on en fera autant. C'est, comme tu sais, à la charge d'autant, Hamilton, Gramm. 9. Mais le drôle peut-être, en me rendant content, Prétendrait me servir à la charge d'autant, Montfleury, Femme juge.... II, 2. Rendez-moi ce service à la charge d'autant, Courier, I, 175.

    On dit, dans le même sens, à charge de revanche.

PROVERBES

Il faut prendre le bénéfice avec ses charges, c'est-à-dire il faut souffrir les incommodités d'une chose dont on tire d'ailleurs des avantages. On dit dans le même sens : Ce n'est pas un bénéfice sans charge.

Une charge est le chausse-pied du mariage, c'est-à-dire un homme trouve plus facilement à se marier quand il a quelque emploi.

SYNONYME

CHARGE, FARDEAU, FAIX. Fardeau est le terme le plus général ; c'est ce qu'on porte ; un fardeau est lourd ou léger. Faix ajoute à l'idée de fardeau celle d'une pression qui gêne, qui lasse, qui accable ; on plie sous le faix ; un faix n'est jamais léger ; ajoutons que faix est un mot du langage poétique. Charge détermine le sens de fardeau à être précisément ce qu'un homme, une bête de somme, une charrette, un navire, peuvent porter.

HISTORIQUE

XIIe s. E David li dist : Si tu t'en viens od mei, tu m'iers à charge, Rois, 177. Le fundement [il] fist de pierres grosses e de dur grain, si l' fist faire led e large, que bien sustenist la charge, Rois, 245.

XIVe s. Et à gouverner une naif [nef, vaisseau], il convient considerer la façon de la naif et la charge, Oresme, Eth. 36. Pour doubte de la charge des debtes, Ordonn. des rois de France, t. VII, p. 544.

XVe s. Quand messire Louis d'Espaigne et toute sa charge de gens d'armes furent venus en l'ost…, Froissart, I, I, 178. Messire Robert s'appareilla le plutost qu'il put, et fit sa charge de gens d'armes et d'archers, et s'en vinrent assembler en la ville de Hautonne-sur-mer, Froissart, I, I, 92. Messire Jean d'Armignac à grand route, le connestable de France aussi à grand charge, Froissart, II, II, 3. Ni onques messire Garcis n'osa parler ni prier de paix… car il eust perdu sa parole, puisque messire Olivier de Cliçon l'avoit en charge, Froissart, II, III, 8. Sans avoir charge aucune [reproche], Orléans, Songe en complainte. Et l'avoit fait emprisonner, lui donnant charge [accusation] qu'il estoit là venu pour…, Commines, I, 1. Il donnoit charge de cette matiere à ceste maison de Croy, Commines, ib. Le roy lui bailla charge de conduyre son avant garde, Commines, I, 3. Envoya le bastard de Bourgongne avecques grant nombre de gens qu'il avoit soubz sa charge, Commines, ib. La fille d'un tel seroit bien sa charge [son fait], Louis XI, Nouv. XLIV.

XVIe s. Quand il nous commande de remettre aux hommes les offenses qu'ils nous ont faites, il les reçoit en sa charge, Calvin, Instit. 544. Ce sont beaux mots, que bravade, Soldat, cargue, camizade, Avec un brave sangdieu, Du Bellay, J. III, 87, verso. Ayant charge de faire la harangue au pape, Montaigne, I, 40. Un advocat et un juge qui ont failly en leur charge, Montaigne, I, 55. Pour avoir tourné le dos en une charge contre les Parthes, Montaigne, ib. Où les hommes portent les charges sur la teste, Montaigne, I, 113. Il me donna en charge à un Allemand qui…, Montaigne, I, 193. Nul ne possede rien de propre, et nul n'est en charge à ses prochains, Lanoue, 534. M. le prince manda de faire une charge generale, ce qui fut fait, où les catholiques furent menez partie au trot, partie au galop, Lanoue, 587. Vaisseaux de charge, Amyot, Marius, 25. L'autre revint à la charge sur lui et le blessa de deux coups d'epée, D'Aubigné, Vie, XXVI. Sa troupe oiant les pistollades reprit la charge… Miraumont, qui n'avoit lors que 50 chevaux, prend la charge et renverse toute la cavallerie, D'Aubigné, Hist. II, 168. Il respond charge au qui vive, D'Aubigné, ib. III, 9. La cavalerie estrangere, honteuse d'avoir tant marchandé, prit la charge à tout, et lors s'escria, charge à tout, à quoi il fut bien obei, D'Aubigné, ib. III, 242. Et tous à la fois, donner une cargue, avec telle furie que…, Carloix, V, 25. Ils ne font difficulté de dissoudre en vin deux charges de poudre à canon et les avaller, Paré, IX, 2e Disc. Ô fortuné celuy qui bien loin de la guerre… Qui ne sait quel mot c'est que cargue, camisade, Sentinelle, diane, escarmouche, embuscade, Ronsard, 936.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CHARGE.
15Ajoutez : Restait-il [J. Duvivier] rêveur auprès du feu, sa vue se fixant sur un charbon y apercevoit des traces de figures qui frappaient son imagination ; aussitôt, prenant le crayon, il les dessinait ; il en faisait autant d'après des morceaux de pain, des fruits à moitié mangés, des plis de serviette et des bois veinés ; rien ne lui plaisait tant que de découvrir dans ces objets des caractères que l'on inventerait difficilement et qui, rendus sur le papier, paraissaient naturels ou possibles ; il est inconcevable combien il a laissé de ces charges, sans celles qu'il a dessinées sur les murailles de son logement, L. Gougenot, dans Mém. inéd. sur l'Acad. de peint. publ. par Dussieux, etc. t. II, p. 324.
20Parler sans charge, s'est dit pour parler sans en être chargé, sans y être autorisé. Vous dites des merveilles de mon mariage avecques la gloire… mais j'ai peur que vous parliez sans charge ; êtes-vous bien avoué de la dame de la part de qui vous parlez ? il y a apparence que non, Guez de Balzac, Lett. inéd. CLIII (édit. Tamizey-Larroque)
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Charge : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CHARGE, FARDEAU, POIDS, FAIX, (Gram. Synon.) termes qui sont tons relatifs à l’impression des corps sur nous, & à l’action opposée de nos forces sur eux, soit pour soûtenir, soit pour vaincre leur pesanteur. S’il y a une compensation bien faite entre la pesanteur de la charge & la force du corps, on n’est ni trop ni trop peu chargé : si la charge est grande, & qu’elle employe toutes les forces du corps ; si l’on y fait encore entrer l’idée effrayante du volume, on aura celle du fardeau : si le fardeau excede les forces & qu’on y succombe, on rendra cette circonstance par faix. Le poids a moins de rapport à l’emploi des forces, qu’à la comparaison des corps entr’eux & à l’évaluation que nous faisons ou que nous avons faite de leur pesanteur par plusieurs applications de nos forces à d’autres corps. On dira donc : il en a sa charge : son fardeau est gros & lourd : il sera accabll sous le faix ; il ne faut pas estimer cette marchandise au poids.

Le mot charge été transporté de tout ce qui donnoit lieu à l’exercice des forces du corps, à tout ce qui donne lieu a l’exercice des facultés de l’ame. Voyez dans la suits de cet article différentes acceptions de ce terme, tant an simple qu’au figuré. Le mot charge, dans l’un & l’autre cas, emporte presque toûjours avec lui l’idée de contrainte.

Charge, s. f. (Jurisprud.) ce terme a dans cette matiere plusieurs acceptions différentes ; il signifie en général tout ce qui est dû sur une chose mobiliaire ou immobiliaire, ou sur une masse de biens ; quelquefois il signifie condition, servitude, dommage ou incommodité. C’est en ce dernier sens qu’on dit communément qu’il faut prendre le bénéfice avec les charges : quem sequuuntur commoda, debeme sequi & incommoda. Charge se prend aussi quelquefois pour une fonction publique & pour un titre d’office. (A)

* Avant que de passer aux différens articles qui naissent de ces distinctions, nous allons exposer en peu de mots le sentiment de l’auteur de l’esprit des lois, sur la vénalité des charges, prises dans le dernier sens de la division qui précede. L’illustre auteur que nous venons de citer, observe d’abord que Platon ne peut souffrir cette vénalité dans sa république ; « c’est, dit ce sage de l’antiquité, comme si dans un vaisseau on faisoit quelqu’un pilote pour son argent : seroit-il possible que la regle fût mauvaise dans quelque emploi que ce fût de la vie, & bonne seulement pour conduire une république » ? 2°. Il prétend que les charges ne doivent point être vénales dans un état despotique : il semble qu’il faudroit distinguer entre un état où l’on se propose d’établir le despotisme, & un état où le despotisme est tout établi. Il est évident que la vénalité des charges seroit contraire aux vûes d’un souverain qui tendroit à la tyrannie ; mais qu’importeroit cette vénalité à un tyran ? sous un gouvernement pareil est-on plus maître d’une charge qu’on a payée à prix d’argent, que de sa vie ? & y a-t-il plus de danger pour un souverain absolu tel que celui de l’empire Ottoman, à révoquer un homme en place qui lui déplaît, qu’à lui envoyer des muets & un lacet ? Les sujets ne peuvent causer quelque embarras par la propriété des charges qu’ils ont acquises, que quand la tyrannie est commençante & foible ; qu’elle ne s’est point annoncée par de grandes injustices, qu’elle ne s’est point fortifiée par des forfaits accumulés, que les lois ne sont point devenues versatiles comme le caprice de celui qui gouverne ; qu’il reste dans la langue le mot liberté ; que les usages n’ont pas encore été foulés aux piés ; & que les peuples n’ont pas tout-à-fait adopté le nom d’esclaves. Mais quand ils sont descendus à cet état de dégradation & d’avilissement, on peut tout impunément avec eux ; il est même utile au tyran de commettre des actes de violence. Le despotisme absolu ne souffre point d’intermission ; c’est un état si contraire à la nature, que pour le faire durer, il ne faut jamais cesser de le faire sentir. L’esprit de la tyrannie est de tenir les hommes dans une oppression continuelle, afin qu’ils s’en fassent un état, & que sous ce poids leur ame perde à la longue toute énergie. 3°. Mais cette vénalité est bonne dans les états monarchiques, parce que l’on fait comme un métier de famille ce qu’on ne feroit point par d’autres motifs ; qu’elle destine chacun à son devoir ; & qu’elle rend les ordres de l’état plus permanens.

Charges annuelles, sont celles qui consistent dans l’acquittement de cens, rentes, pensions & autres prestations qui se réiterent tous les ans.

Ces sortes de charges sont ou perpétuelles ou viageres.

Charges de la communauté de biens entre conjoints, sont les dépenses & dettes qui doivent être acquittées aux dépens de la communauté, & ne peuvent être prises sur les propres des conjoints.

Du nombre de ces charges sont la dépense du ménage, l’entretien des conjoints, les réparations qui sont à faire tant aux biens de la communauté qu’aux propres des conjoints, l’entretien & l’éducation des enfans.

Les dettes mobiliaires créées avant le mariage, seroient aussi une charge de la communauté ; mais on a soin ordinairement de les en exclure par une clause précise.

Pour ce qui est des dettes mobiliaires ou immobiliaires, créées pendant le mariage, elles sont de droit une charge de la communauté.

Les dettes mobiliaires des successions échues à chacun des conjoints pendant le mariage, sont aussi une charge de communauté.

Ou peut voir à ce sujet le traité de la communauté par Lebrun, liv. II. chap. iij. où la matiere des charges de la communauté est traitée fort amplement.

Charges des comptes ou sur les comptes, en style de la chambre des comptes, sont les indécisions qui interviennent sur la recette des comptes, les souffrances & supercessions qui interviennent sur la dépense des comptes, & les débats formés par les états finaux des comptes. Au journal 2. B. fol. 146. du 22 Octobre 1537, les auditeurs, après la clôture de leurs comptes, sont tenus de donner un état des charges d’iceux au procureur général pour en faire poursuite ; mais depuis, cette poursuite a passé au solliciteur des restes, & ensuite au contrôleur général des restes. Voyez Controlleur général des restes & Solliciteur.

Charges foncieres sont les redevances principales des héritages, imposées lors de l’aliénation qui en a été faite, pour être payées & supportées par le détenteur de ces héritages. Telles sont le cens & surcens, les rentes seigneuriales, soit en argent ou en grain, ou autres denrées, les rentes secondes non seigneuriales, les servitudes & autres prestations dûes sur l’héritage, ou par celui qui en est détenteur.

Quoique le cens soit de sa nature une rente fonciere, néanmoins dans l’usage quand on parle simplement de rentes foncieres sans autre qualification, on n’entend par-là ordinairement que les redevances imposées après le cens.

Toutes charges foncieres, même le cens, ne peuvent être créées que lors de la tradition du fonds, soit par donation, legs, vente, échange, ou antre aliénation. Il en faut seulement excepter les servitudes, lesquelles peuvent être établies par simple convention, même hors la tradition du fonds ; ce qui a été ainsi introduit à cause de la nécessité fréquente que l’on a d’imposer des servitudes sur un héritage en faveur d’un autre. Les servitudes different encore en un point des autres charges foncieres, savoir que celui qui a droit de servitude, perçoit son droit directement sur la chose, au lieu que les autres charges fontieres doivent être acquittées par le détenteur. Du reste les servitudes sont de même nature & sujettes aux mêmes regles.

Les charges foncieres une fois établies sont si fortes, qu’elles suivent toûjours la chose en quelques mains qu’elle passe.

L’action que l’on a pour l’acquittement de ces charges, est principalement réelle & considérée comme une espece de vendication sur la chose. Elles produisent néanmoins aussi une action personnelle contre le détenteur de l’héritage, tant pour le payement des arrérages échus de son tems, que pour la réparation de ce qui a été fait au préjudice des clauses de la concession de l’héritage.

Les charges fontieres different des dettes & obligations personnelles en ce que celles-ci, quoique contractées à l’occasion d’un héritage, ne sont pas cependant une dette de l’héritage, & ne suivent pas le détenteur ; elles sont personnelles à l’obligé & à ses héritiers ; au lieu que les charges foncieres suivent l’héritage & le détenteur actuel, mais ne passent point à son héritier, sinon en tant qu’il succéderoit à l’héritage.

Il y a aussi une différence entre les charges foncieres & les simples hypotheques ; en ce que l’hypotheque n’est qu’une obligation accessoire & subsidiaire de la chose pour plus grande sûreté de l’obligation personnelle qui est la principale ; au lieu que la charge fonciere est dûe principalement par l’héritage, & que le détenteur n’en est tenu qu’à cause de l’héritage.

Loyseau dans son traité du déguerpissement, remarque douze différences entre les charges ou rentes foncieres, & les rentes constituées : ce qui seroit ici trop long à détailler. Voyez Charges personnelles, Charges réelles, Rentes foncieres, Tiers détenteur.

Charges et informations, (Jurisprud.) on joint ordinairement ces termes ensemble comme s’ils étoient synonymes ; ils ont cependant chacun une signification différente. Les charges en général sont toutes les pieces secrettes du procès qui tendent à charger l’accusé du crime qu’on lui impute, telles : que les dénonciations, plaintes, procès-verbaux, interrogatoires, déclarations, comme aussi les informations, recollemens & confrontations ; au lieu que les informations en particulier ne sont autre chose que le procès-verbal d’audition des témoins en matiere criminelle : cependant on prend souvent le terme de charges pour les dépositions des témoins entendus en information. On dit : faire lecture des charges, faire apporter les charges & informations à l’avocat général, c’est-à-dire, lui faire remettre en communication les informations & autres pieces secrettes du procès. Sous le terme de charges proprement dites en matiere criminelle, on ne devroit entendre que les dépositions qui tendent réellement à charger l’accusé du crime dont il est prévenu ; cependant on comprend quelquefois sous ce terme de charges, les informations en général, soit qu’elles tendent à charge ou à décharge. On dit d’une cause de petit criminel, qu’elle dépend des charges, c’est-à-dire, de ce qui sera prouvé par les informations. Voyez Informations.

Charges du mariage, (Jurispr.) sont les choses qui doivent être acquittées pendant que le mariage subsiste, comme l’entretien du ménage, la nourriture & l’éducation des enfans qui en proviennent, l’entretien & les réparations des bâtimens & héritages de chacun des conjoints. C’est au mari, soit comme maître de la communauté, soit comme chef du ménage, à acquitter les charges du mariage ; mais la femme doit y contribuer de sa part. Tous les fruits & revenus des biens dotaux de la femme appartiennent au mari, pour fournir aux charges du mariage : s’il y a communauté entre les conjoints, les charges du mariage se prennent sur la communauté ; si la femme est non commune & séparée de biens d’avec son mari, on stipule ordinairement qu’elle lui payera une certaine pension pour lui aider à supporter les charges du mariage ; & quand cela seroit omis dans le contrat, le mari peut y obliger sa femme.

Charges municipales, sont celles qui obligent à remplir pendant un tems certaines fonctions publiques, comme à l’administration des affaires de la communauté, à la levée des deniers publics ou communs, & autres choses semblables.

Elles ont été surnommées municipales, du latin munia, qui signifie des ouvrages dûs par la loi, & des fonctions publiques ; ou plûtôt de municipium, qui signifioit chez les Romains une ville qui avoit droit de se gouverner elle-même suivant ses lois, & de nommer ses magistrats & autres officiers.

Ainsi dans l’origine on n’appelloit charges municipales, que celles des villes auxquelles convenoit le nom de municipium.

Mais depuis que les droits de ces villes municipales ont été abolis, & que l’on a donné indifféremment à toutes sortes de villes le titre de municipium, on a aussi appellé municipales toutes les charges & fonctions publiques des villes, bourgs, & communautés d’habitans, qui ont conservé le droit de nommer leurs officiers.

On comprend dans le nombre des charges municipales, les places de prevôt des marchands, qu’on appelle ailleurs maire, celle d’échevins, qu’on appelle à Toulouse capitouls, à Bordeaux jurats, & dans plusieurs villes de Languedoc, bayle & consuls.

La fonction de ces charges consiste à administrer les affaires de la communauté ; en quelques endroits on y a attaché une certaine jurisdiction plus ou moins étendue.

Il y a encore d’autres charges que l’on peut appeller municipales, telles que celles de syndic d’une communauté d’habitans, & de collecteur des tailles ; celles-ci ne consistent qu’en une simple fonction publique, sans aucune dignité ni jurisdiction.

L’élection pour les places municipales qui sont vacantes, doit se faire suivant les usages & réglemens de chaque pays, & à la pluralité des voix.

Ceux qui sont ainsi élus peuvent être contraints de remplir leurs fonctions, à moins qu’ils n’ayent quelque exemption ou excuse légitime.

Il y a des exemptions générales, & d’autres particulieres à certaines personnes & à certaines charges ; par exemple, les gentilshommes sont exempts de la collecte & levée des deniers publics : il y a aussi des offices qui exemptent de ces charges municipales.

Outre les exemptions, il y a plusieurs causes ou excuses pour lesquelles on est dispensé de remplir les charges municipales ; telles sont la minorité & l’âge de soixante-dix ans, les maladies habituelles, le nombre d’enfans prescrit par les lois, le service militaire, une extrême pauvreté, & autres cas extraordinaires qui mettroient un homme hors d’état de remplir la charge à laquelle il seroit nommé.

Les indignes, & personnes notées d’infamie, sont exclus des charges municipales, sur-tout de celles auxquelles il y a quelque marque d’honneur attachée. Loyseau, traité des charges municipales sous le titre d’offices des villes, voyez liv. V. ch. vij. A son imitation nous en parlerons aussi au mot Offices municipaux. Voyez les lois civiles. tr. du droit public, liv. I. tit. xvj. sect. 4.

Charges & Offices. Ces mots qui dans l’usage vulgaire paroissent synonymes, ne le sont cependant pas à parler exactement ; l’étymologie du mot charge pris pour office, vient de ce que chez les Romains toutes les fonctions publiques étoient appellées d’un nom commun munera publica ; mais il n’y avoit point alors d’offices en titre, toutes ces fonctions n’étoient que par commission, & ces commissions étoient annales. Entre les commissions on distinguoit celles qui attribuoient quelque portion de la puissance publique ou quelque dignité, de celles qui n’attribuoient qu’une simple fonction, sans aucune puissance ni honneur : c’est à ces dernieres que l’on appliquoit singulierement le titre de munera publica, quasi onera ; & c’est en ce sens que nous avons appellé charges en notre langue, toutes les fonctions publiques & privées qui ont paru onéreuses, comme la tutele, les charges de police, les charges municipales. On a aussi donné aux offices le nom de charges, mais improprement ; & Loyseau, en son savant traité des offices, n’adopte point cette dénomination. Quelques-uns prétendent que l’on doit distinguer entre les charges & offices ; que les charges sont les places ou commissions venales, & les offices celles qui ne le sont pas : mais dans l’usage présent on confond presque toûjours ces termes charges & offices, quoique le terme d’office soit le seul propre pour exprimer ce que nous entendons par un état érigé en titre d’office, soit vénal ou non vénal. Voyez ci-après Office.

Charges de police, sont certaines fonctions que chacun est obligé de remplir pour le bon ordre & la police des villes & bourgs, comme de faire balayer & arroser les rues au-devant de sa maison, faire allumer les lanternes, &c. On stipule ordinairement par les baux, que les principaux locataires seront tenus d’acquitter ces sortes de charges.

Charges publiques : on comprend sous ce terme quatre sortes de charges ; savoir, 1°. les impositions qui sont établies pour les besoins de l’état, & qui se payent par tous les sujets du Roi : ces sortes de charges sont la plûpart annuelles, telles que la taille la capitation, &c. quelques-unes sont extraordinaires, & seulement pour un tems, telles que le dixieme, vingtieme, cinquantieme : on peut aussi mettre dans cette classe l’obligation de servir au ban ou arriere-ban, ou dans la milice ; le devoir de guet & de garde, &c. 2°. certaines charges locales communes aux habitans d’un certain pays seulement, telles que les réparations d’un pont, d’une chaussée, d’un chemin, de la nef d’une église paroissiale, d’un presbytere, le curage d’une riviere, d’un fossé ou vuidange, nécessaire pour l’écoulement des eaux de tout un canton : 3°. les charges de police, telles que l’obligation de faire balayer les rues, chacun au-devant de sa maison, ou de les arroser dans les chaleurs, d’allumer les lanternes, la fonction de collecteur, celle de commissaire des pauvres, de marguillier, le devoir de guet & de garde, le logement des gens de guerre : on pourroit aussi comprendre dans cette classe la fonction de prevôt des marchands, celle d’échevin, & autres semblables, mais que l’on connoît mieux sous le titre de charges municipales : 4°. on appelle aussi charges publiques, certains engagemens que chacun est obligé de remplir dans sa famille, comme l’acceptation de la tutele ou curatele de ses parens, voisins, & amis.

Chacun peut être contraint par exécution de ses biens d’acquitter toutes ces différentes charges, lorsqu’il y a lieu, sous peine même d’amende pécuniaire pour certaines charges de police, telles que celles de faire balayer ou arroser les rues, allumer les lanternes.

Charges réelles ou foncieres, sont celles qui sont imposées en la tradition d’un fonds, & qui suivent la chose en quelques mains qu’elle passe. Voyez ci-devant Charges foncieres & Loyseau, tr. du déguerpissement.

Charges d’une succession, donation ou testament, (Jurispr.) sont les obligations imposées à l’héritier, donataire, ou légataire, les sommes ou autres choses dûes sur les biens, & qu’il doit acquitter, comme de payer les dettes, acquitter les fondations faites par le donateur ou testateur, faire délivrance des legs universels ou particuliers ; comme aussi l’obligation de supporter ou acquitter un douaire, don mutuel, ou autre usufruit, de payer une rente viagere, souffrir une servitude en faveur d’une tierce personne, & autres engagemens de différente nature, plus ou moins étendus, selon les conditions imposées par le donateur ou testateur, ou les droits & actions qui se trouvent à prendre sur les biens de la succession, donation, ou testament. Comme il y a des charges pour la succession en général, il y en a aussi de communes à l’héritier, & au légataire ou donataire universel, telles que les dettes, auxquelles chacun d’eux contribue à proportion de l’émolument. Il y a aussi des charges propres au donataire & légataire particulier ; ce qui dépend des droits qui se trouvent affectés sur les biens donnés ou légués, & des conditions imposées par le donateur ou testateur.

Charges universelles, sont celles qui affectent toute une masse de biens, & non pas une certaine chose en particulier ; telles sont les dettes d’une succession, qui affectent toute la masse des biens, de maniere qu’il n’est point censé y avoir aucun bien dans la succession que toutes ces charges ne soient déduites. Loyseau, tr. du déguerpissement, liv. l. ch. xj. & liv. IV. & VI. traite au long de la nature de ces charges universelles, & explique en quoi elles different des rentes foncieres. (A)

* Charge, (Arts méch. Comm. &c.) On donne ce nom à différentes fonctions honorables auxquelles on éleve certains particuliers, dans les corps & communautés de marchands & d’artisans. Voyez aux articles Grand-juge, Juré, Syndic, Doyen, Consul, &c. les prérogatives de ces charges.

Charge, terme d’Architecture ; c’est une maçonnerie d’une épaisseur reglée, qu’on met sur les solives & ais d’entrevous, ou sur le hourdi d’un plancher, pour recevoir l’aire de plâtre ou le carreau. Voyez Aire. (P)

Charge, terme d’Architecture ; c’est, selon la coûtume de Paris, art. 197. l’obligation de payer de la part de celui qui bâtit sur & contre un mur mitoyen pour sa convenance, de six toises une, lorsqu’il éleve le mur de dix piés au-dessus du rez-de-chaussée, & qu’il approfondit les fondations au-dessous de quatre piés du sol. (P)

Charge, en terme d’Artillerie, est ordinairement la quantité de poudre que l’on introduit dans un canon, un fusil, ou un mortier, &c. pour en chasser le boulet, la balle, ou la bombe. Voyez Canon, Mortier, & Fusil.

On charge le canon en introduisant d’abord au fond de l’ame de la piece une quantité de poudre du poids du tiers ou de la moitié de la pesanteur du boulet : elle se met avec un instrument appellé lanterne. Voyez Lanterne. C’est une espece de cueillere de cuivre rouge, montée sur un long bâton, qu’on nomme hampe. On met sur la poudre un bouchon de foin qu’on presse ou refoule fortement avec le refouloir. Sur ce foin on pose immédiatement le boulet ; & pour qu’il y soit arrêté fixement, on le couvre d’un autre bouchon de foin bien bourré, ou refoulé avec le refouloir. On remplit ensuite de poudre la lumiere de la piece, & on en met une petite traînée sur sa partie supérieure, qu’on fait communiquer avec celle de la lumiere. L’objet de cette traînée est d’empêcher que l’effort de la poudre de la lumiere, en agissant immédiatement sur l’instrument avec lequel on met le feu à la piece, ne le fasse sauter des mains de celui qui est chargé de cette opération : inconvénient que l’on évite en mettant le feu à l’extrémité de la traînée. Dans les nouvelles pieces, pour empêcher que le vent ne chasse ou enleve cette traînée, on pratique une espece de rigole ou petit canal d’une ligne de profondeur, & de six de largeur ; il s’étend depuis la lumiere de la piece jusqu’à l’écu des armes du Roi. On prétend que M. du Brocard, tué à la bataille de Fontenoy où il commandoit l’artillerie, est l’auteur de cette petite addition au canon.

Le canon étant dirigé vers l’endroit où on veut faire porter le boulet, on met le feu à la traînée de poudre ; elle le communique à celle de la lumiere, & celle-ci à la poudre dont le canon est chargé : cette poudre, en s’enflammant, fait effort en se raréfiant pour s’échapper ou sortir de la piece ; & comme le boulet lui oppose une moindre résistance que les parois de l’ame du canon, elle le pousse devant elle avec toute la force dont elle est capable, & elle lui donne ainsi ce mouvement violent & prompt dont tout le monde connoît les effets.

Nos anciens artilleurs pensoient qu’en chargeant beaucoup les pieces, on faisoit aller le boulet plus loin ; & leur usage étoit de les charger du poids des deux tiers, & même de celui du boulet entier, pour lui donner le mouvement le plus violent.

Mais on a reconnu depuis, du moins en France, que la moitié ou le tiers de la pesanteur du boulet étoit la charge de poudre la plus convenable pour le canon.

Si toute la poudre dont le canon est chargé pouvoit prendre feu dans le même instant, il est clair que plus il y en auroit, & plus elle imprimeroit de force au boulet : mais quoique le tems de son inflammation soit fort court, on peut le concevoir partagé en plusieurs instans : dès le premier la poudre commence à se dilater, & à pousser le boulet devant elle ; & si elle a assez de force pour le chasser du canon avant qu’elle soit entierement enflammée, ce qui s’enflamme ou se brûle ensuite ne produit absolument aucun effet sur le boulet. Ainsi une charge d’une force extraordinaire n’augmente point le mouvement du boulet, & le canon doit seulement être chargé de la quantité de poudre qui peut s’enflammer pendant que le boulet parcourt la longueur de l’ame du canon. On ne peut déterminer cette quantité que par l’expérience, encore ne peut-elle même la donner avec une exacte précision, à cause de la variation de la force de la poudre, dont les effets, quoique produits avec des quantités égales de la même poudre, ont souvent des différences assez sensibles : c’est pourquoi on ne doit regarder les expériences faites à cette occasion, que comme des moyens de connoître à-peu-près la quantité de poudre qu’on veut fixer. Suivant les expériences des écoles de la Fere, faites au mois d’Octobre 1739, les pieces de vingt-quatre, de seize, de douze, & de huit, doivent seulement être chargées du tiers de la pesanteur du boulet, pour qu’il fasse le plus grand effet dont il est capable ; ou bien les pieces de vingt-quatre, de neuf livres de poudre ; celles de seize, de six livres ; celles de douze, de cinq livres ; & celles de huit, de trois livres ; de plus fortes charges n’ont point augmenté l’étendue des portées. A l’égard de la piece de quatre, sa véritable charge a été trouvée de deux livres, c’est-à-dire la moitié du poids de son boulet. Tr. d’artill. par M. Leblond.

Pour charger une piece de canon, il faut deux canoniers, dont l’un soit à la droite de la piece, & l’autre à la gauche : il faut de plus six soldats.

Le canonier porté à la droite de la piece doit avoir un fourniment toûjours rempli de poudre, avec deux dégorgeoirs : c’est à lui d’amorcer la piece, & d’introduire la poudre dans l’ame du canon pour le charger : celui de la gauche a soin d’avoir de la poudre dans un sac de cuir, qu’il met dans la lanterne que tient son camarade, après quoi il met le sac à l’abri du feu : il a soin que son boutefeu soit toûjours en état de mettre le feu à la piece au premier commandement.

Les six soldats sont aussi partagés à la droite & à la gauche de la piece, c’est-à-dire qu’il y en a trois de chaque côté, dont les deux premiers ont soin de refouler & écouvillonner la piece : le refouloir & l’écouvillon doivent être mis à gauche, & la lanterne à droite. Après avoir refoulé huit ou dix coups sur le fourrage de la poudre, & quatre sur celui du boulet, ils prennent chacun un levier pour passer dans les rais du devant de la roue, les bouts desquels passent sous la tête de l’affut pour faire tourner les roues, en pesant à l’autre bout du levier du côté de l’embrasure.

Le second soldat de la droite doit avoir soin de faire provision de fourrage, & d’en mettre des bouchons sur la poudre & sur le boulet : son camarade de la gauche doit faire provision de boulets, & chaque fois qu’on veut charger la piece, en apporter un dans le tems qu’on refoule la poudre de la charge : ensuite ils prennent ensemble chacun un levier, qu’ils passent sous le derriere de la roue pour la pousser en batterie.

Les deux autres soldats avec leurs leviers doivent être au côté du bout de l’affut, pour le retourner à droite ou à gauche, suivant l’ordre de l’officier pointeur ; & dans cet état ils doivent la pousser tous ensemble en batterie. Le dernier soldat de la gauche doit encore avoir soin de boucher la lumiere avec le doigt pendant qu’on charge la piece.

Le canonier de la droite doit avoir un levier prêt pour arrêter la piece au bout de son recul, en la traversant sous le devant des roues, pour empêcher qu’elle ne retourne en batterie avant que d’être rechargée.

Récapitulation des diffèrences fonctions des Canoniers & soldats servant une piece de 24.
Canonier de la gauche. canonier de la droite.
Fait les bouchons de fourrage. Fait les bouchons de fourrage.
Va chercher la poudre dans un sac, & la met dans la lanterne, que le canonier de la droite tient sous la bouche de la piece. Va chercher la poudre avec la lanterne, lorsque le canonnier de la gauche ne la lui apporte pas dans un sac.
Met la poudre dans la piece.
Amorce. Remet la lanterne dans sa place
Prend & souffle le boute-feu. Pointe.
Met le feu, & montre au second servant de la gauche à le mettre. Observe son coup.
Premier servant de la gauche. Premier servant de la droite.
Ecouvillone Ecouvillonne.
Remet l’écouvillon en sa place. Refoule le bouchon de la poudre.
Refoule sur le bouchon de la poudre. Remet le refouloir dans l’embrasure.
Remet le refouloir dans l’embrasure. Refoule le bouchon du boulet.
Refoule sur le bouchon du boulet. Embarre dans les rais du devant de la roue.
Met le refouloir en sa place. Remet son levier en sa place.
Embarre dans les rais du devant de la roue. Met la masse sous la roue pour empêcher la piece de retomber en batterie.
Remet son levier dans sa place.
Met la masse sur la roue pour empêcher la piece de retomber en batterie. Ote la masse quand la piece est rechargée, & qu’on la remet en batterie.
Ote la masse quand la piece est rechargée, & qu’on la met en batterie.
Second servant de la gauche. Second servant de la droite.
Met le boulet. Met le fourrage sur la poudre.
Met son levier sous le derriere de la roue. Met le fourrage sur le boulet.
Met son levier au bouton ou au premier renfort. Met son levier sur le derriere de la roue.
Leve ou baisse la piece.
Remet son levier en sa place. Met son levier au bouton ou au premier renfort.
Met le feu quand le canonier de la gauche est occupé ailleurs. Leve ou baisse la piece.
Remet son levier en sa place.
Troisieme servant de la gauche. Troisieme servant de la droite.
Bouche la lumiere pendant qu’on écouvillonne, & qu’on refoule. Balaye la plate-forme.
Passe le levier sous l’entretoise de lunette.
Passe le levier sous l’entretoise de lunette. Demeure au flasque avec son levier, pendant que l’on pointe.
Demeure au flasque avec son levier, pendant que l’on pointe Donne du flasque.
Remet son levier en place.
Donne du flasque, remet de levier en sa place.

Mémoires d’Artillerie de Saint-Remy, troisieme édition.

Pour mettre le canon, après qu’il est chargé, dans la situation convenable, afin que le boulet porte dans l’endroit désigné, voyez Pointer. (Q)

* Charge, (Forges.) c’est la quantité de mines, de charbon & de fondans, qu’on jette à chaque fois dans le fourneau. Voyez l’article Forge.

Charge, se dit, en Hydraulique, de l’action entiere d’un volume d’eau, considéré eu égard à sa base & à sa hauteur, & renfermé dans un réservoir ou dans un canal, sous une conduite d’eau. Voyez Jet d’eau. (K)

Charge d’un appui. Voyez Appui & Levier.

Charge, en termes de Maréchallerie, est un cataplâme, appareil, ou onguent fait de miel, de graisse, & de térébenthine ; on l’appelle alors emmiélure : quand on y ajoûte la lie de vin & autres drogues, on l’appelle remolade. Ces deux especes de cataplâmes servent à guerir les foulures, les enflûres, & les autres maladies des chevaux, qui proviennent de quelque travail considérable, ou de quelque effort violent. On applique ces cataplâmes sur les parties offensées, ou on les en frotte. Les Maréchaux confondent les noms de charge, d’emmiélure, & de remolade & les prennent l’un pour l’autre.

* Charge, (Peinture & Belles-Lettr.) c’est la représentation sur la toile ou le papier, par le moyen des couleurs, d’une personne, d’une action, ou plus généralement d’un sujet, dans laquelle la vérité & la ressemblance exactes ne sont altérées que par l’excès du ridicule. L’art consiste à démêler le vice réel ou d’opinion qui étoit déjà dans quelque partie, & à le porter par l’expression jusqu’à ce point d’exagération où l’on reconnoît encore la chose, & au-delà duquel on ne la reconnoîtroit plus : alors la charge est la plus forte qu’il soit possible. Depuis Léonard de Vinci jusqu’aujourd’hui, les Peintres se sont livrés à cette espece de peinture satyrique & burlesque ; mais il y en a peu qui y ayent montré plus de talent que le chevalier Guichi, Peintre Romain, encore aujourd’hui dans sa vigueur.

La Prose & la Poésie ont leurs charges comme la Peinture ; & il n’est pas moins important dans un écrit que dans un tableau qu’il soit évident qu’on s’est proposé de faire une charge, & que la charge ne rende pas toutefois l’objet méconnoissable. Il n’est pas nécessaire de justifier la seconde de ces conditions : quant à la premiere ; si vous chargez, & qu’il ne soit pas évident que vous en avez eu le dessein, l’être auquel on compare votre description n’étant plus celui que vous avez pris pour modele, votre ouvrage reste sans effet. Le plus court seroit de ne jamais charger, soit en Peinture, soit en Littérature. Un objet peint & décrit frappera toûjours assez, si l’on sait le montrer tel qu’il est, & faire sortir tout ce que la nature y a mis.

Je ne sai même si une charge n’est pas plus propre à consoler l’amour propre, qu’à le mortifier. Si vous exagérez mon défaut, vous m’inclinez à croire qu’il faudroit qu’il fût porté en moi jusqu’au point où vous l’avez représenté, soit dans votre écrit, soit dans votre tableau, pour être vraiment repréhensible ; ou je ne me reconnois point aux traits que vous avez employés, ou l’excès que j’y remarque m’excuse à mes yeux. Tel a ri d’une charge dont il étoit le sujet, à qui une peinture de lui-même plus voisine de la nature eût fait détourner la vûe, ou peut-être verser des larmes. Voyez Caricature & Comédie.

Charge, (Rubann.) se dit des pierres qui s’attachent aux cordes des contre-poids. Voyez Contrepoids.

* Charge, (Véner.) c’est la quantité de poudre & de plomb que le Chasseur employe pour un coup. Cette quantité doit être proportionnée à la force de l’arme, l’espece de gibier, & à la distance à laquelle on est quelquefois contraint de tirer.

Charge, en termes de Blason, se dit de tout ce que l’on porte sur l’écusson ; animaux, végétaux, ou autre objet. Voyez Écusson, &c.

Un trop grand nombre de charges n’est pas réputé si honorable qu’un plus petit.

Les charges qui sont propres à l’art du Blason, comme la croix, le chef, la face en pal, a’appellent charges propres, & souvent pieces ordinaires.

Quelques auteurs restraignent le terme de charges aux additions ou récompenses d’honneur ; telles que les cantons, les quartiers, les girons, les flasques, &c.

Charge, (Commerce.) mesure pour les grains usitée dans la Provence & en Candie. La charge de Marseille, d’Arles, & de Candie, qui pese 300 liv. poids de Marseille, d’Arles, & de Candie, & 243 liv. poids de marc, est composée de quatre émines qui se divisent en huit sivadieres ; l’émine pese 75 liv. poids du lieu, ou 60 liv. un peu plus, poids de marc ; la sivadiere pese 9 liv. un peu plus, poids de Marseille, ou 7 liv. un peu plus, poids de marc. La charge ou mesure de Toulon fait trois septiers de ce lieu, le septier une mine & demie, & trois de ces mines font le septier de Paris. (A)

Charge, mesure d’épiceries à Venise, pese 400 livres du pays, & revient à 240 de Paris, & à 298 liv & un peu plus de huit onces de Marseille.

Charge, mesure des galles, cotons, &c. pese 300 liv. du pays.

Il y a encore des charges mesures de différens poids & de différentes matieres. Exemple : celle d’Anvers est de 242 liv. de Paris ; celle de Nantes, de 300 liv. Nantoises, &c. Voyez le dict. du Comm. La charge de plomb est de 36 saumons. Voy. Saumons & Plomb.

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Étymologie de « charge »

Étymologie de charge - Littré

Berry, sarge ; provenç. et espagn. carga ; ital. carica (voy. CHARGER).

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Étymologie de charge - Wiktionnaire

(XIIe siècle) Déverbal sans suffixe de charger, fait carge en ancien français → voir cargo.
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Phonétique du mot « charge »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
charge ʃarʒ play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « charge »

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Citations contenant le mot « charge »

  • Les réponses aux appels téléphoniques sont assurées par des équipes territoriales de proximité, des « communautés 360 » composées des acteurs locaux, notamment associatifs (APF, Afdaim, APAJH 11, DITEP Saint Pierre, ASEI), en lien avec la Maison départementale des personnes handicapées, conseil départemental et ARS. Ce nouveau numéro permet d’entrer en contact avec les professionnels de la prise en charge des personnes en situation de handicap dans l’Aude. Les équipes se relaient pour assurer un accueil téléphonique du lundi au samedi : le lundi de 9 h à 12 h et 13 h à 17 h ; le mardi, jeudi et vendredi de 9 h à 12 h, 13 h à 17 h et 19 h à 21 h ;  le mercredi de 9 h à 12 h, 13 h à 16 h et 19 h à 21 h ; le samedi de 9 h à 12 h. lindependant.fr, Aude : un numéro dédié pour améliorer la prise en charge des personnes handicapées - lindependant.fr
  • Zeplug, prestataire spécialisé dans l’implantation de bornes de recharge électrique en copropriétés ou sur les sites d’entreprise, s’est associé avec l’assureur Axa pour proposer une alternative de déplacement en cas de dysfonctionnement de ses bornes. Un service proposé avec l’abonnement, sans surcoût : « Les usagers peuvent bénéficier d’une solution de transport alternatif comme un taxi, dans la limite des 50 km aller-retour, ou d’une voiture de location pour 48 heures en cas de problème de recharge causant l’immobilisation de leur véhicule », indique le prestataire. Flottes Automobiles, La panne de recharge prise en charge par Axa pour Zeplug
  • Une personne légèrement intoxiquée a été prise en charge par les secours. , Cherbourg : feu de gazinière aux Provinces, une personne prise en charge par les secours | La Presse de la Manche
  • « J’ai en charge l’organisation générale, le CCAS, la culture, les animations et l’information et je suis élue communautaire ». Le Telegramme, Blandine Le Sauce, adjointe en charge de l’organisation générale de la commune - Saint-Gonnery - Le Télégramme
  • Ces derniers sont logés à l'hôtel et nourris sur les tournages. La production prend en charge tout ou partie des frais de transport de tous les candidats. En cas de victoires successives, les maîtres de midi doivent se rendre disponibles en posant des jours de congé ou des RTT. "J'ai envoyé des informations à mes employeurs pendant les tournages parce qu'il fallait que je gère mes congés et les projets que j'ai laissés en suspens. Jusqu'ici, ils sont très conciliants et bienveillants", nous confiait, par exemple, Eric, plus grand champion de l'histoire du jeu, en janvier dernier. Telestar.fr, Les 12 Coups de midi : la production prend-elle en charge le séjour des Maîtres de midi ? - Télé Star
  • En effet, avec la future mise à jour iOS 14, Apple prendra enfin en charge le support des disques chiffres. Vous pourrez donc y accéder sur votre iPhone ou votre iPad. Le processus pour brancher un tel disque reste identique mais ces supports chiffrés apparaîtront désormais directement dans l’application Fichiers. Tout ce que l’utilisateur aura à faire, c’est de tapoter sur le disque en question et entrer le mot de passe utilisé pour le chiffrement. Begeek.fr, iOS 14 pourra prendre en charge les disques chiffrés
  • Site d’informations médicales et professionnelles, Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…  egora.fr, Covid-19 : une nouvelle recommandation sur la prise en charge de premier recours | egora.fr
  • Porter la liberté est la seule charge qui redresse bien le dos. De Patrick Chamoiseau / Texaco
  • Il suffit de garder les yeux ouverts : tout se charge de signification. De Michelangelo Antonioni
  • Les grands hommes font leur propre piédestal ; l'avenir se charge de la statue. De Victor Hugo
  • Légère, une charge fait d’autrui un débiteur ; lourde, elle en fait un ennemi. De Sénèque
  • La charge que soutiennent nos épaules doit être moins lourde que facile à porter. De Démocrite / Fragments
  • Quand l'Histoire se charge de faire du théâtre, elle en fait du bon. De Mariano José de Larra
  • Dieu me garde de mes amis ; mes ennemis, je m'en charge. De Antigone II Doson
  • Ne charge pas tes épaules d’un fardeau qui excède tes forces. De Horace
  • On crée pour l’éternité, même si elle se charge de démentir. De François Mitterrand
  • Ce n'est pas la charge, mais l'excès de charge qui tue la bête. De Miguel de Cervantès / Don Quichotte
  • La vie se charge de classer les affaires du coeur. De Tristan Bernard / Un mari pacifique
  • La bourrique est petite mais elle porte sa charge. De Proverbe guadeloupéen
  • Qui sauve un criminel se charge de son crime. De Thomas Corneille / Timocrate
  • Le contrepoids est une charge supplémentaire. De Ylipe / Sexes sans paroles
  • Le poëte a charge d'âmes. De Victor Hugo / William Shakespeare
  • Conçoit-on être témoin à charge ? Quelle horreur ! Il n'y a que l'humanité qui donne de pareils exemples de monstruosité ! Pierre Borel d'Hauterive, dit Pétrus Borel, Champavert

Images d'illustration du mot « charge »

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Traductions du mot « charge »

Langue Traduction
Portugais carga
Allemand last
Italien carico
Espagnol carga
Anglais load
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Synonymes de « charge »

Source : synonymes de charge sur lebonsynonyme.fr

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