Canard : définition de canard


Canard : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CANARD, subst. masc. et adj.

A.− Oiseau aquatique palmipède de la famille des Anatidés, à large bec jaune, aux pattes courtes et aux ailes longues et pointues, dont la chair comestible est recherchée. Canard musqué, canard de Barbarie (Littré), canard au sang, à l'orange; le canard nage, barbote, nasille, se dandine (cf. Lar. encyclop.) :
1. Quand passent les canards sauvages à l'époque des migrations, ils provoquent de curieuses marées sur les territoires qu'ils dominent. Les canards domestiques, comme attirés par le grand vol triangulaire, amorcent un bond inhabile. L'appel sauvage a réveillé en eux je ne sais quel vestige sauvage. Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 249.
SYNT. Des compagnies de canards (Gide, Le Retour du Tchad, 1928, p. 876); canard rôti aux navets (H. Bazin, Vipère au poing, 1948, p. 150); des aiguillettes de canard sauvage (Zola, La Curée, 1872, p. 341).
Emploi adj. [En parlant d'obj. ou d'animaux]
1. [P. réf. à la couleur] Ses gants jaune canard (J. Rivière, Correspondance [avec Alain-Fournier], 1906, p. 255); elle [la limousine] était mi-partie gris perle et bleu canard (G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Combat contre les ombres, 1939, p. 25).
2. [P. réf. au comportement du canard et partic. à son amour de l'eau]
Bois canard. Morceau de bois qui au cours du flottage va au fond de l'eau ou s'arrête sur les bords du cours d'eau.
MAR. Bâtiment canard. Bâtiment qui tangue beaucoup et embarque des lames par l'avant. Une frégate, une corvette, une barque canarde (Ac. 1835, 1878).
3. [P. réf. à la chasse au canard] Chien canard. Chien à poil épais et frisé qu'on dresse pour la chasse au canard sauvage. Synon. barbet1*.
Rem. Attesté ds Ac. 1798-1932.
B.− P. anal.
1. [En parlant d'une pers.]
a) [Avec certaines particularités physiques du canard] Un nez (...) en bec de canard (R. Rolland, Jean-Christophe, Les Amies, 1910, p. 1132); ses cheveux (...) se redressaient sur la nuque en queue de canard (Gyp, Souvenirs d'une petite fille, 1927, p. 109); il marchait en canard, les pieds en dehors (Sartre, Le Sursis,1945, p. 159).
b) [Avec le comportement gén. du canard] Loc. et expr. Mouillé (trempé) comme un canard (About, Le Nez d'un notaire,1862, p. 70).Plonger comme un canard (Ac. 1835-1932, Besch. 1845, Lar. 19e, Littré, DG). Plonger habilement et au fig. s'esquiver, échapper à un danger. Mon (petit) canard. Petit nom affectif souvent donné à un enfant :
2. Mon pauvre canard, dès que j'y pense, je tremble de tout mon corps. Je m'étais endormi sur l'herbe. Tu jouais au bord de la fontaine, tu as glissé, tu es tombé, tu criais, tu te débattais, et moi, misérable, je n'entendais rien. Renard, Poil de Carotte,1894, p. 197.
Être comme une poule qui a couvé des canards (cf. Abellio, Heureux les pacifiques, 1946, p. 279).Être surpris, déçu par quelqu'un que l'on croyait très bien connaître.
Glisser comme l'eau sur les plumes d'un canard (cf. R. Rolland, Jean-Christophe, La Révolte, 1907, p. 490).[En parlant d'injures] Laisser indifférent.
Il n'a pas cassé trois pattes à un canard. ,,Il n'a pas inventé la poudre`` (Rob.).
On se sert des canards privés pour prendre des canards sauvages. On se sert d'appâts :
3. Au centre est une table meublée d'habitués qui, le plus souvent, obtiennent un rabais et dînent à prix fixe. Ils connaissent par leur nom tous les garçons de salle, et ceux-ci leur indiquent en secret ce qu'il y a de plus frais et de plus nouveau; ils sont là comme un fonds de magasin, comme un centre autour duquel les groupes viennent se former, ou, pour mieux dire, comme les canards privés dont on se sert en Bretagne pour attirer les canards sauvages. Brillat-Savarin, Physiol. du goût,1825, p. 286.
Pas de pitié pour les canards boiteux! (P. Vialard, La Chasse aux hommes,Les Fins dernières, 1953, p. 127).On ne souffre pas d'exceptions.
Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Il ne faut pas prendre les autres pour des sots sans expérience.
2. [En parlant d'inanimés abstr. ou concr.]
a) Lang. cour. Il fait un froid de canard (Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 976).Il fait un temps propice à la chasse aux canards; il fait très froid.
Fam. Morceau de sucre que l'on trempe en général dans de l'alcool ou du café :
4. La bonne (...) versa le café. Madame Désableau se trempa un canard (...) fit fondre béatement le restant du morceau de sucre dans sa bouche. Huysmans, En ménage,1881, p. 66.
b) Lang. techn.
MÉD. [P. anal. avec la forme du bec du canard] Tasse à long bec permettant de donner à boire à un malade en position allongée. Elle lui tendit le « canard », le petit récipient à long col (J. de La Varende, La Tourmente,1948, p. 156).
MUS. [P. anal. avec le son discordant émis par le canard] Note manquée par un musicien. Synon. couac :
5. Ce vieillard soufflait au hasard, sans faire la moindre attention à la mesure ni à l'air (...) il ne se gênait pas pour faire ce que l'on nomme des canards en termes d'orchestre... Balzac, Facino Cane,1836, p. 375.
TECHNOL. Pièce d'artifice qui se lance dans l'eau, plonge et en ressort.
Rem. Sens attesté ds Littré, Guérin 1892, Lar. 19e-20e.
C.− Fausse nouvelle souvent imaginée de toutes pièces et enflée jusqu'au mélodrame dans des journaux de seconde catégorie. Mme X. m'avait annoncé le mariage de Sabine, mais il paraît que c'est un canard (Mérimée, Lettres à la comtesse de Montijo,t. 2, 1870, p. 16):
6. De toutes les espèces de canards, la plus dangereuse pour les journaux de l'opposition, c'est le canard officiel. Quelque rusés que soient les journalistes, ils sont parfois les dupes, volontaires ou involontaires, de l'habileté de ceux d'entre eux qui, de la presse, ont passé, comme Claude Vignon, dans les hautes régions du pouvoir. Balzac, La Cousine Bette,1846, p. 310.
Arg. Mauvais journal; p. ext., journal quelconque :
7. Tous ces ouvriers communistes ou communisants dont je vous parlais, ils achètent volontiers en même temps que L'Huma un journal d'information, mais pas un autre canard politique. S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 130.
Prononc. et Orth. : [kana:ʀ]. Enq. : /kanaʀ/. Littré recommande de ne pas lier le d et au plur. de ne pas lier l's ,,bien que certains le lient``. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1199 « surnom d'homme » (Cart. de Montiéramey, p. 168, Lalore ds Gdf. Compl. : Hugo Canart); xiiies. quanart « oiseau palmipède (ds Gdf. Suppl. d'apr. DG); fin xives. id. (Gloss. gall.-lat., B.N. 1. 7684 ds Gdf. Compl.); 1487 canard (Vocab. lat. fr., Genève, Loys Garbin d'apr. FEW t. 2, 1, s.v. kan, p. 164b); av. 1696 mouillé comme un canard (Sév., 163 ds Littré); 2. a) 1834 p. anal. (Boiste : Canard [...] son rauque, hors du ton, produit par les instruments à anche); b) 1840 « morceau de sucre plongé dans le café, le rhum [trempé comme un canard] » (Carmouche, Vanderbuch, La Grisette romantique, XVIII ds Quem.); 3. a) 1584 bailler un canard à moitié « tromper quelqu'un » (François d'Ambroise, Les Neapolitaines, III, 12 ds Hug.); d'où b) ca 1750 « fausse nouvelle lancée par la presse pour abuser le public » (Pt Rob.); cf. 1839 (Balzac, Un grand homme de province à Paris [éd. Antoine Adam, Paris, Garnier, 1956] t. 2, pp. 395-396 ds St. néophilol., t. 36, p. 318); d'où c) 1842 « journal » (E. de La Bédollière, Les industriels, 222 ds Quem.). Prob. dér. du même rad. onomat. que l'a. fr. caner « caqueter » (1204, Reclus de Molliens, Charité, 21, 5 ds T.-L.), avec le suff. -art que l'on retrouve dans malard (ca 1200, Hervis, Richel. 1244, fo6dds Gdf.) la plus ancienne désignation du canard mâle; l'hyp. d'une dér. de cane* qui serait en ce cas issu du croisement entre l'a. fr. ane (1175, Chr. de Troyes, Cliges, 3854 ds T.-L., du lat. anas -atis) et le rad. de l'a. fr. caner (Marchot ds Romania, t. 47, 1921, pp. 217-221; DG; DIEZ3; REW3, no4671a; EWFS2) semble moins probable du point de vue chronologique. Fréq. abs. littér. : 807. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 951, b) 1 063; xxes. : a) 1 251, b) 1 297.
DÉR. 1.
Canardeau, subst. masc.Jeune canard. L'imprudence d'un canardeau (H. Bazin, Qui j'ose aimer,1956, p. 246). [kanaʀdo]. 1reattest. 1547 (Haudent, Apologues d'Esope, II, 138 ds Hug.) attest. isolée; repris au xixes. 1820 (Lav.); de canard* étymol. 1, suff. -eau*.
2.
Canarderie, subst. fém.Lieu où l'on élève des canards. Quoi, plus de cochon en la porcherie! Plus de poules en le poulailler! Plus de canards en la canarderie! (F. Fabre, Le Chevrier,1867, p. 257). [kanaʀdə ʀi]. 1reattest. 1800 (Boiste); de canard* étymol. 1, suff. -erie*.
3.
Canardier, ière, adj. et subst.a) (Personne) qui chasse aux canards (cf. Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-20e). b) Fam. ,,Personne qui invente, débite des canards`` (Lar. 19e-20e). c) Arg. mus. Qui fait des fausses notes, des couacs. Puisse-t-il retrouver des clarinettes moins canardières! (Willy, Notes sans portées,1896, p. 127). 1reattest. 1838 (Ac. Compl. 1842); de canard* étymol. 1, suff. -ier*.
BBG. − Darm. Vie 1932, p. 59. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 326. − Duch. 1967, § 41.4, 70.8. − Gottsch. Redens. 1930, p. 108. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 3, 17, 96. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 77. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 68. − Marchot (P.). Notes étymol. Romania. 1921, t. 47, pp. 217-221. − Mat. Louis-Philippe 1951, pp. 106-107. − Rigaud (A.). Canards et canardiers. Vie Lang. 1967, pp. 618-626. − Rog. 1965, p. 39. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 104.

canard . (sur caner « caqueter ») « Oiseau palmipède »

Canard : définition du Wiktionnaire

Nom commun

canard \ka.naʁ\ masculin (la femelle se désigne par le nom de cane)

  1. Oiseau aquatique palmipède dont la chair est très recherchée, qu’il vive à l’état sauvage ou à l’état domestique.
    • Le canard de Rouen est des plus recommandables par sa taille, sa rusticité, sa précocité et son aptitude à l’engraissement. — (L'Élevage des Canards, dans Almanach de l'Agriculteur français - 1932, p. 106, éditions La Terre nationale)
    • […], après une autre étape de quatre heures, atteignons Souk El-Arbâ (le marché du mercredi), dans un cirque rocheux où les pluies ont formé de nombreux étangs regorgeant d’oiseaux aquatiques : canards, poules d’eau, bécassines, hérons, etc. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 152)
    • Canard rôti. — Canard en salmis, aux navets, aux olives, etc.
  2. Nouvelle fausse.
    • Ce serait être incomplet que de ne pas faire observer ici que Gaspard Hauser n'a jamais existé, pas plus que Clara Wendel et le brigand Schubry. Paris, la France et l’Europe ont cru à ces canards. Napoléon a pensionné un homme qui, pendant cinq ans, a publié dans le Moniteur de faux bulletins de la guerre des Affgans contre les Anglais. — (Honoré de Balzac, « Monographie de la Presse parisienne », dans La grande ville nouveau tableau de Paris comique, critique et philosophique, Paris : chez Maresq, 1844, page 146)
    • Les quatre vers ci-dessus paraîtraient en effet justifier assez bien cette remarque. Canard, dans le sens de mensonge, serait-il donc une importation champenoise ? Ce qui m'empêche de le croire, c’est que, bien avant Boursault, deux auteurs qui n’étaient pas Champenois, François d'Amboise, dans ses Néapolitaines (1584), et Adrien de Montluc, dans sa comédie des Proverbes (1616), employaient déjà l’expression de bailler un canard à moitié, donneur de canard à moitié, pour tromper, trompeur. J'avoue que ce demi-canard me paraît encore moins clair que le canard tout entier. Car les raisons ne manquent pas tout à fait pour expliquer que canard ait pris l’acception de mensonge. — (O. D., « Canard », dans L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, n° 131, du 25 juin 1870, p. 358)
  3. (Familier) Journal d’actualité de peu de valeur.
    • — Tâche à présent, si qu’tu écris des articles sur ici, d’pas oublier d’marquer dans ton canard qu’un bal au jour d’aujourd’hui n’est plus miteux comme autrefois. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • La Victoire affirmée, Fagerolle […] pensait pouvoir, sans effort, réoccuper son rang. Il dégota, péniblement, une place de sous-reporter, dans un canard impécunieux du matin. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930)
  4. (Argot) Homme mené à la baguette qui cède à tous les caprices d’une femme et qui fuit toute confrontation.
    • Ce mec est une vraie serpillière, j’ai rarement rencontré un canard pareil ! En tout cas, on sait qui porte le caleçon au sein du couple ; c’est elle évidemment.
  5. (Argot) (Par extension) Homme sortant le grand jeu, offrant énormément de choses gracieusement dans l’espoir d’entamer une relation avec une femme.
    • L’un des avantages d’une meuf en boîte c’est qu’elle a juste à se trouver un canard en manque et lui vendre du rêve pour avoir les consos gratuites.
    • Sébastien, il faut l’avoir à l’œil, car il s’empresse à faire le canard pour n’importe quels beaux yeux.
  6. Morceau de sucre que l’on trempe dans un liquide, en particulier dans du café ou une eau-de-vie, avant de le manger.
    • […], il n’en va pas de même avec l’alcool. Il arrive même que la première rencontre se situe dès 4 ou 5 ans sous forme d'un « canard » (sucre trempé dans un alcool fort), du cidre, une gorgée de champagne lors d’un mariage, etc. — (O. Phan, « Les alcoolisations aiguës à l'adolescence : le phénomène du binge drinking », chapitre 8 de Alcool et troubles mentaux: De la compréhension à la prise en charge du trouble diagnostic, coordonné par Amine Benyamina, Michel Reynaud & Henri-Jean Aubin, éd. Elsevier-Masson, 2013, page 75)
  7. (Familier) (Musique) Fausse-note aiguë produite par un instrument à vent, le plus souvent à anche. (Voir aussi couac).
    • Personne n’a entendu le canard du hautboïste car au même moment, un spectateur éternuait.
  8. (Mines) Sorte de conduit d’aérage des galeries de mines.
    • Pour l'aérage, l'air arrive dans un royon ou compartiment en briques situé dans le bouveau du Nord, monte dans le touret par les canards, puis de là redescend par le compartiment des hourds dans le bouveau du Nord , et enfin remonte au jour par le puits n° 7 muni d'un foyer d'appel. — (Henri Glépin, Note sur le creusement sous stot des puits de mines, Revue Universelle des Mines, de la Métallurgie, des Travaux Publics, des Sciences et des Arts appliqués à l'industrie, Pais & Liège, 1872, volume 31, page 9)
  9. (Milieu médical) Verre ergonomique permettant de boire sans en renverser.
  10. Armoiries avec 3 canards (sens héraldique)
    (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est normalement représenté de profil mais souvent, il est présenté volant. À rapprocher de cane, canette, cygne, jars et oie.
    • D’azur à la fasce ondée d’argent soutenue d’un canard d’or, au chef du même chargé de deux canards affrontés de sinople, qui est de Sost des Hautes-Pyrénées → voir illustration « armoiries avec 3 canards »
  11. (Sports de glisse) Plongeon en canard.
  12. (Québec) Bouilloire.

Adjectif 1

canard \ka.naʁ\ invariable

  1. D’une couleur bleu moyen soutenu et teinté de vert. #048B9A
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Canard : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CANARD. n. m.
Oiseau aquatique palmipède dont la chair est très recherchée, qu'il vive à l'état sauvage ou à l'état domestique. Canard de rivière. Canard domestique. Canard sauvage. Chasser aux canards. Tirer aux canards. Canard rôti. Canard en salmis, aux navets, aux olives, etc. Fam., Mouillé comme un canard, Très mouillé. La pluie nous surprit en chemin et nous arrivâmes mouillés comme des canards. Plonger comme un canard, Plonger habilement; et fig., S'esquiver, se soustraire à un danger. Il se dit, par extension, d'un Morceau de sucre trempé dans du café ou de la liqueur. Donner un canard à un enfant. Fig. et fam., Un canard, Une nouvelle fausse lancée dans la presse pour tromper le public. Il désigne aussi un Journal éphémère et sans valeur. Adjectivement, Chiens canards, Chiens de chasse qui ont le poil long, épais et frisé et qui sont dressés à aller chercher dans l'eau les canards qu'on a tirés. Voyez BARBET. En termes de Marchand de bois, Bois canards, Ceux qui, étant jetés à bois perdu dans un canal, dans une rivière, vont au fond de l'eau ou s'arrêtent sur les bords. En termes de Marine, Bâtiment canard, Bâtiment plongeant par l'avant et qui en tanguant reçoit des lames sur son avant.

Canard : définition du Littré (1872-1877)

CANARD (ka-nar ; le d ne se lie pas : le ka-nar et l'oie ; au pluriel l's ne se lie pas : les ka-nar et les oies ; d'autres lient cette s : les ka-nar-z et les oies) s. m.
  • 1Oiseau palmipède, lamellirostre, vivant à l'état sauvage et domestique, recherché pour sa chair.

    Canard musqué, oiseau d'Amérique, nommé à tort canard de Barbarie.

    Familièrement. Mouillé, trempé comme un canard, très mouillé. Il vint ici mouillé comme un canard, Sévigné, 163.

    Plonger comme un canard, très bien plonger ; et figurément, s'esquiver, se soustraire à un danger.

    Familièrement. C'est un canard privé, c'est-à-dire c'est un homme qui joue le rôle du canard privé, qui par son cri attire dans le piège les canards sauvages.

  • 2 Populairement, conte absurde et par lequel on veut se moquer de la crédulité des auditeurs. Cette nouvelle n'était qu'un canard. Je suis fâché de ne vous avoir pas traité comme mon enfant ; vous le méritiez mieux que ce donneur de canard à moitié qui nous promettait tant de châteaux en Espagne, la Comédie des proverbes, III, 7. Vous serez mis en cage ; vous êtes un bailleur de canards, Recueil des plus excellents ballets, p. 19, 1612.
  • 3Petit imprimé contenant le récit d'un événement du jour et dont on crie la vente à Paris.

    Se dit ironiquement de faits, de nouvelles, de bruits plus ou moins suspects qui se mettent dans les journaux. Cette nouvelle n'est qu'un canard. Quel canard !

  • 4Note fausse tirée d'un instrument à anche à sons éclatants. Cette clarinette fait des canards.
  • 5Petit morceau de sucre trempé dans de l'eau-de-vie ou dans le café (comme le canard dans l'eau).
  • 6Sorte d'artifice lancé dans l'eau.
  • 7Espèce de filet soutenu par des roseaux.
  • 8 S. m. plur. Conduits d'air dans des galeries souterraines de mines.
  • 9 Adj. Chiens canards, chiens à poil épais et frisé qu'on dresse à aller chercher dans l'eau les canards atteints par le chasseur ; et, substantivement, un canard.

    Bois canards, morceaux de bois flotté qui vont à fond ou s'arrêtent sur les bords.

    Terme de marine. Bâtiment canard, barque canarde, etc. qui tangue beaucoup et embarque de l'eau par l'avant.

HISTORIQUE

XVIe s. Et en sort une troisiesme et bastarde race, quand le canard d'Inde et la cane commune s'accouplent ensemble, De Serres, 346. La charge d'un canard est de huit ou dix canes, De Serres, 377. Vendre ou donner un canard à moitié, mentir, en donner à garder, en faire accroire, Cotgrave Il baissait la teste comme un canard [il était honteux], Nuits de Straparole, t. I, p. 92, dans LACURNE.

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Canard : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

CANARD, s. m. anas, (Hist. nat. Zoolog.) oiseau aquatique, dont la femelle porte le nom de cane. Les canards & autres oiseaux de riviere sont pesans, & semblent se mouvoir difficilement ; c’est pourquoi ils font du bruit avec leurs ailes en volant. Il y a des canards sauvages qui sont aussi gros & plus que les canards domestiques, & qui leur ressemblent à tous égards ; d’autres qui sont plus petits : ainsi il y en a de deux sortes. On doit les distinguer en grands & en petits, & non pas en sauvages & en domestiques, puisque ceux-ci sont venus des œufs de canards sauvages. Les couleurs de ceux-ci sont constantes : mais celles des autres varient ; ils sont quelquefois mi-partis de blanc ou entierement blancs. Cependant il s’en trouve qui ont les mêmes couleurs que les sauvages. Belon, Hist. de la nat. des oiseaux.

Il y a quantité d’especes de canards : il suffira de rapporter ici les principales, je veux dire celles qui ont été nommées en François.

Canard à bec crochu, anas rostro adunco : le mâle pese deux livres deux onces ; il a depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue environ deux piés de longueur : l’envergure est de trente-deux pouces ; le bec est long de deux pouces & demi ; il est un peu courbé, & d’un verd pâle ; la pointe qui est à l’extrémité est de couleur noire. Le plumage de la tête & du dessous du cou est d’un verd sombre, & il y a deux raies formées par de petits points ou taches blanches ; l’une des raies passe au-dessus du bec, presque sur l’œil, & s’étend jusqu’au derriere de la tête, & l’autre va depuis le bec jusqu’au-dessous de l’œil, qui est entouré d’un cercle de plumes de la même couleur : le plumage du menton est aussi bigarré de la même maniere ; celui de la gorge, de la poitrine & du ventre, est blanc, & cette couleur est mêlangée de quelques petites taches transversales d’un brun rougeâtre ; les plumes du dos de même que celles de la naissance des ailes & des flancs, sont de cette même couleur, & bordées & bigarrées par-tout de blanc. Les grandes plumes des ailes sont au nombre de vingt-quatre, les six premieres sont toutes blanches, & les autres sont d’un brun rougeâtre ; les petites plumes du premier rang sont bleues, à l’exception des pointes qui sont blanches ; les plumes du second rang sont brunes, & leur pointe est blanche : la queue est composée de vingt plumes noires, leurs pointes sont blanches ; les quatre du milieu sont recourbées par en haut en forme de cercle vers le dos : les jambes & les pattes sont de couleur orangée. La femelle de cet oiseau ressemble beaucoup à celle du canard ordinaire, à l’exception du bec qui est crochu ; elles pondent plus qu’aucunes autres de ce genre. Derham, Hist. nat. des oiseaux. Voyez Oiseau.

Canard à crête noire, anas fuligula prima Gesn. il pese deux livres ; sa longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue est de quinze à seize pouces ; & l’envergure est de deux piés & trois ou quatre pouces : le bec a depuis la pointe jusqu’aux coins de la bouche, environ deux pouces de longueur ; il est large, d’un bleu pâle par-tout, excepté à la pointe qui est noire : les narines sont grandes, & environnées par un espace dégarni de plumes : l’iris des yeux est jaune, ou de couleur d’or : les oreilles sont petites ; la tête, sur-tout le sommet, est d’un pourpre noirâtre, ou plutôt d’une couleur mêlangée de noir & de pourpre ; c’est pourquoi on appelle cet oiseau à Venise, & dans d’autres endroits d’Italie, capo-negro. Il a une crête qui pend derriere la tête, de la longueur d’un pouce & demi : la couleur du cou, des épaules, du dos, enfin toute la partie supérieure de l’oiseau est d’un brun foncé, presque noir. Les ailes sont courtes, & toutes les petites plumes sont noires ; les quatre premieres grandes plumes sont de la même couleur que le corps ; les six qui suivent deviennent successivement blanches par degrés ; les dix suivantes sont blanches comme neige, à l’exception de leurs pointes qui sont noires ; les six dernieres sont entierement noires : la queue est très-courte, & composée de quatorze plumes noires ; le dessous du cou & le devant de la poitrine sont noirs, & le reste de la poitrine est blanc ; le ventre est de la même couleur jusqu’à l’anus, où elle est plus obscure, & au-delà elle est noirâtre : les plumes des côtés, que recouvrent les ailes lorsqu’elles sont pliées, celles qui couvrent les cuisses, & les petites plumes du dessous de l’aile, sont blanches ; les jambes sont courtes, & placées en arriere ; les pattes sont d’une couleur livide, ou de bleu obscur ; les doigts sont longs, & la membrane qui les joint est noire. Le corps de cet oiseau est court, épais, large, & un peu applati. On n’a trouvé que des cailloux & de l’algue dans l’estomac de cet oiseau. Willughby, Ornith. Derham, Hist. nat. des oiseaux. Voyez Oiseau.

Canard à tête élevée, anas arrecta ; le bec de cet oiseau est verd, & mêlé d’une couleur brune ; l’iris des yeux est blanc ; le sommet de la tête est noir ; il y a une bande blanche qui commence sous la base du bec, & qui entoure le sommet de la tête au-dessous du noir ; le reste de la tête est d’une couleur obscure, mêlée de verd & de rouge ; ce qui la fait paroître très-belle, selon les différens reflets de lumiere : le cou est bigarré de plumes noires & blanches ; celles de la poitrine & du ventre sont de cette derniere couleur ; les côtés du ventre sous les ailes & les cuisses, sont d’une couleur obscure tirant sur le noir ; les grandes plumes des ailes sont brunes, & leurs bords extérieurs sont blancs ; le dos est d’une couleur sombre, mêlée de verd & de rouge ; les jambes & les piés sont d’un jaune obscur. Cet oiseau se tient droit en marchant ; c’est pour cette raison qu’on l’appelle le canard droit ou à tête élevée. Derham, Hist. nat. des oiseaux. Voyez Oiseau.

Canard de Barbarie : cet oiseau paroit avoir eu plusieurs dénominations ; car on croit qu’il a été désigné par les noms suivans, anas Moschata, anas Cairina, anas Libyca, anas Indica ; toutes les descriptions que l’on en a faites sous ces différens noms, s’accordent pour la grandeur, pour la voix rauque & entrecoupée comme par des sifflemens, pour les tubérosités dégarnies de plumes entre les narines & autour des yeux, & pour la grandeur du mâle, qui surpasse celle de la femelle. Les couleurs du plumage varient comme dans tous les oiseaux domestiques. J’ai vû un mâle de trois ans qui pesoit quatre livres treize onces ; il avoit deux piés deux pouces & demi de longueur, depuis la pointe du bec jusqu’au bout des pattes, & deux piés & demi jusqu’au bout de la queue ; la partie supérieure du bec a deux pouces cinq lignes de longueur, depuis l’ouverture de la bouche jusqu’à l’extrémité de cette partie supérieure, qui est terminée par une sorte d’ongle large & plat, noir & crochu, assez ressemblant à un ongle humain ; les bords de cet ongle sont blanchâtres ; il y a un pareil ongle à l’extrémité de la partie inférieure du bec ; la supérieure a onze lignes de largeur, & deux pouces huit lignes de longueur jusqu’aux premieres plumes de la tête ; elle est en forme de gouttiere renversée ; les narines sont à égale distance de la pointe du bec & du milieu des yeux : le bec est élevé, & tuberculeux derriere les narines ; mais cette partie est recouverte par une membrane marbrée de noir & de rouge, qui environne la base du bec entier, qui s’étend jusqu’aux yeux, & qui les entoure ; cette membrane recouvre des tubercules osseux plus ou moins gros, qui sont placés autour des yeux, & qui ont une couleur blanche roussâtre ; le bec est marbré de rouge, de couleur de chair & de noir ; les dents sont en forme de scie, comme dans les canards ordinaires ; la langue est aussi pareille ; la tête, & le dessus du cou sur la moitié de sa longueur, sont panachés de noir & de blanc ; tout le reste du dessus du cou, le dos entier, le croupion, & la queue, sont d’une couleur obscure & changeante, mêlée d’or, de pourpre, de bleu & de verd ; les six premieres grandes plumes des ailes sont blanches ; les dix-sept suivantes sont de la même couleur que les longues plumes de l’épaule & de la queue ; la partie moyenne de ces dix-sept grandes plumes de l’aile est panachée de noir & de blanc, principalement sur les barbes intérieures ; car les barbes extérieures des dernieres de ces dix-sept grandes plumes, sont de même couleur que l’extrémité, & les trois ou quatre dernieres grandes plumes sont entierement de la même couleur que la pointe des autres ; toutes les plumes qui recouvrent les grandes sont blanches, à l’exception des six ou sept premieres, qui sont en grande partie de la couleur changeante qui est sur la plûpart des grandes plumes : tout le dessous de l’aile est blanc, à l’exception des endroits des plumes qui sont de couleur changeante à l’extérieur ; l’intérieur en est brun ; la gorge est tachetée de blanc, de brun, & de noir ; le cou & la poitrine sont blancs, avec des taches irrégulieres sur le jabot, qui sont formées par plusieurs plumes brunes mêlées parmi les blanches ; le ventre & les cuisses sont bruns ; les côtés & le dessous de la queue sont aussi d’une couleur brune, mais elle est un peu mêlée de couleur changeante ; les pattes sont brunes ; la membrane qui réunit les doigts est aussi brune, & marquetée de blanc sale ; le dessous du pié & les ongles sont d’un blanc sale tacheté de noir. Ces oiseaux sont privés, & se multiplient comme les canards communs. Voyez Oiseau.

Canard de Madagascar, anas Madagascariensis, est un peu plus grand que le canard privé ; le bec est d’un brun jaunâtre, & l’iris des yeux est d’un beau rouge ; le cou & la tête sont d’un verd sombre, & le dos est d’un pourpre foncé mêlangé de bleu, à l’exception des bords des plumes qui sont rouges ; la poitrine est d’un brun sombre, excepté les bords extérieurs des plumes qui sont rouges ; le bas du ventre est brun ; les plumes des épaules sont d’une couleur sombre mêlée de bleu, de même que le premier rang des petites plumes des ailes ; les grandes ont les bords rouges ; le second rang des petites plumes est verd ; les jambes & les piés sont de couleur orangée. Cet oiseau est très-beau ; il vient originairement de Madagascar. Derham, Hist. nat. des oiseaux. Voyez Oiseau.

Canard d’été, anas cristatus elegans ; cet oiseau a une double hupe qui pend en arriere, & un fort beau plumage ; il a été décrit par Catesby, Hist. de la Caroline, vol. I. page 97. il se trouve en Virginie & en Caroline : il fait son nid dans les trous que les piverts font sur les grands arbres qui croissent dans l’eau, & principalement sur les cyprès. Tant que les petits sont encore trop jeunes pour voler, les vieux canards les portent sur leur dos jusque dans l’eau ; & lorsqu’il y a quelque chose à craindre pour eux, ils s’attachent par le bec au dos & à la queue du gros oiseau, qui s’envole avec sa famille. Hist. nat. de divers ois. par Edwards, art. xcjx. Voyez Oiseau.

Canard domestique, anas domestica vulgaris ; il est plus petit que l’oie, & presque de la grosseur d’une poule, mais moins élevé ; le dos & le bec sont larges ; les jambes courtes, grosses, & dirigées en arriere, ce qui lui donne de la facilité pour nager, & de la difficulté pour marcher ; aussi marche-t-il lentement & avec peine. Les couleurs varient à l’infini dans ces canards, de même que dans les poules, & dans tous les autres oiseaux domestiques. Le mâle differe de la femelle, en ce qu’il a sur le croupion des plumes qui s’élevent & se recourbent en avant. La femelle fait d’une seule ponte douze ou quatorze œufs, & quelquefois plus ; ils ressemblent à ceux des poules, & sont de couleur blanchâtre teinte de verd ou de bleu ; le jaune en est gros, & d’un jaune rougeâtre. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau.

Canard sauvage, ou cane au collier blanc, cane de mer ; boschas major, anas torquata minor, Ald. il pese trente-six à quarante onces ; il a environ un pié neuf pouces de longueur, depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue ; l’envergure a près de deux piés neuf pouces ; le bec est d’un verd jaunâtre ; il a deux pouces & demi de longueur depuis les coins de la bouche jusqu’à son extrémité, & près d’un pouce de largeur ; il n’est pas trop applati ; il y a à l’extrémité de la piece supérieure du bec une appendice ou un ongle rond, comme dans la plûpart des oiseaux de ce genre ; les paupieres inférieures sont blanchâtres ; les pattes sont de couleur de safran ; les ongles sont bruns ; celui du doigt de derriere est presque blanc ; celui du doigt intérieur est le plus petit de tous ceux de devant : la membrane qui joint les doigts ensemble est d’une couleur plus sale ; les cuisses sont couvertes de plumes jusqu’au genou : le mâle a la tête & le dessus du cou d’un beau verd, au bas duquel il y a un collier blanc bien entier en-devant, mais qui ne l’est pas par derriere ; la gorge est de couleur de châtaigne, depuis le collier jusqu’à la poitrine, qui est mêlée de blanc & de cendré, de même que le ventre, & parsemée d’un nombre infini de points bruns ; les plumes de dessous la queue sont noires ; la face supérieure du cou est parsemée de taches rousses, mélée de cendré ; la partie du dos entre les deux ailes est rousse ; le dessous de l’oiseau est noirâtre ; le croupion est d’une couleur plus foncée, & mêlée d’un pourpre luisant ; les côtés sous les ailes, & les plus longues plumes qui vont jusque sur les cuisses, sont marquées de lignes transversales d’un très-beau brun, avec du blanc mêlé de bleu ; les petites plumes des ailes sont roussâtres ; les longues plumes qui sortent des épaules sont de couleur d’argent, & élégamment panachées de petites lignes transversales brunes. Il y a vingt-quatre grandes plumes à chaque aile ; les dix premieres sont brunes ; les dix suivantes ont la pointe blanchâtre, & les barbes extérieures d’un beau pourpre bleuâtre ; entre le bleu & le blanc il y a de petites bandes noires ; la vingt-unieme plume a la pointe blanche, & le bord extérieur de couleur de pourpre obscur ; la vingt-deuxieme a un peu de couleur d’argent dans son milieu ; la vingt-troisieme est entierement blanche, à l’exception des bords qui sont noirâtres ; la vingt-quatrieme est blanche aussi en entier, excepté le bord extérieur qui est noirâtre : les petites plumes sont de la même couleur que les grandes ; cependant celles qui recouvrent les pourprées ont la pointe noire, & ensuite une large ligne ou tache blanche ; la queue est composée de vingt plumes, dont l’extrémité est pointue ; les quatre du milieu sont contournées en cercle, & ont une belle couleur luisante mêlée de pourpre & de noir ; les huit suivantes de chaque côté sont blanchâtres ; les plumes du dessous de l’aile & de la fausse aile sont blanches.

Ces oiseaux vont par troupes pendant l’hyver ; au printems le mâle suit la femelle ; ils marchent par paires, & ils font leur nid le plus souvent près de l’eau, dans les joncs & les bruyeres, & rarement sur les arbres. La femelle fait d’une seule ponte douze ou quatorze œufs, & plus, & elle les couve : elle n’a pas la tête verte, ni de collier sur le cou ; sa tête & son cou ont du blanc, du brun, & du roux noirâtre ; le milieu des plumes du dos est d’un brun presque noir, & les bords font d’un blanc roussâtre. Villughby, Ornith. Voyez Oiseau. (I)

Le canard sauvage passe pour meilleur que le domestique, étant nourri à l’air libre, & d’alimens qu’il va chercher lui-même, & plus exercé que l’autre ; ce qui contribue à atténuer & à chasser au-dehors les humeurs grossieres qu’il pourroit contenir, & enfin à exalter de plus en plus les principes de ses liqueurs ; ainsi il abonde davantage en sel volatil : cette chair est cependant de difficile digestion.

Le foie du canard sauvage passe pour propre à arrêter le flux hépatique.

La graisse du canard est adoucissante, résolutive, & émolliente. (N)

Canard de pré de France, voy. Cane petiere.

Canard de Moscovie, voyez Canard de Barbarie.

Canard d’Inde, voyez Canard de Barbarie.

Dans les lieux de grand passage on fait au milieu des prairies & des roseaux, loin de tous arbres & haies, des canardieres ou grandes marres, où l’on met quelques canards privés qui appellent les passans, & un homme caché dans une hute les tire au fusil. On les prend aussi aux piéges, soit collets ou autres : l’heure la plus favorable pour les tirer est de grand matin, à mesure qu’ils partent. On les prend encore avec des nappes ou à l’appât, ou bien au trictrac avec des panneaux, & à la glu le long des marres d’eau où ils se reposent.

Pour le vol du canard il faut se servir des autours qui font leur coup à la toise, c’est-à-dire tout d’une haleine, d’un seul trait d’aile, & sont toûjours plus vîtes à partir du poing que les autres. Quand on est arrivé sur le lieu, & qu’on a observé où sont les canards, on prend les devants le long du fossé avec l’autour sur le poing ; on le présente vis-à-vis les canards, qui prennent l’épouvante & se levent : mais l’autour part aussi-tôt du poing, vole à eux, & en empiete toûjours quelqu’un.

Dans la saison où les canards sauvages font leurs canetons, on suit les bords des étangs & des rivieres avec un filet attaché à la queue d’une barque ; on bat tous les endroits couverts & marécageux, les canetons effrayés sortent & se jettent dans les filets ; on les prend, on leur brûle les bouts des ailes, & on les mêle avec les canetons domestiques.

Canards, ou bois perdus ; voyez Bois.

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Étymologie de « canard »

Étymologie de canard - Littré

Voy. CANE. Bourguig. cainar ; bas-lat. canardus, sorte de navire. Un canard, pour une billevesée, vient de l'ancienne locution : vendre un canard à moitié ; locution dans laquelle on a supprimé à moitié. Il est clair que vendre un canard à moitié, ce n'est pas le vendre du tout ; de là le sens de attraper, moquer.

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Étymologie de canard - Wiktionnaire

De l’ancien français caner (« caqueter »).
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Phonétique du mot « canard »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
canard kanar play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « canard »

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Citations contenant le mot « canard »

  • Le premier consiste à éviter de nourrir les canards colverts qui pullulent sur le lac (la LPO en recense jusqu’à 300 l’hiver) et qui sont les hôtes naturels du parasite. , Environnement | Lac d'Annecy : la chasse à la puce de canard a eu lieu pendant le confinement
  • "Celle qui chante comme un canard"... Olivia Ruiz humiliée en public ! Public.fr, "Celle qui chante comme un canard"... Olivia Ruiz humiliée en public !
  • Star – c’est le nom du canard – buvait tranquille­ment une pinte de bière ambrée au comp­toir, perché sur son tabou­ret atti­tré, quand il s’est mis en colère à la vue d’un chien. Un chien qu’il connaît bien pour­tant, puisque Meggie appar­tient lui aussi à Barrie Hayman. Ulyces, La fois où un canard est entré dans un pub, a bu une pinte et s'est battu contre un chien
  • "Je vais vous prendre trois bocaux de foie gras, c’est pour ramener un peu de Gers en Bretagne", lance, en rigolant, une jeune femme, ciré rose fluo sur les épaules, devant le stand de Damien Gesta. Éleveur de canards et producteur de foie gras, ce dernier gère la ferme familiale située au cœur du Gers entre Gimont et Samatan. Et le jeudi pour lui, c’est jour de marché à Auch. À regarder les allées, les clients ont repris leurs habitudes d’avant le confinement. Malgré la pluie et l’instauration des mesures barrières, les passants sont nombreux à avoir fait le déplacement. Les légumes dépassent des paniers, les chariots à roulettes débordent de produits frais et les voix annonçant les "produits du moment" résonnent. ladepeche.fr, Auch. Après le confinement, les Gersois renouent avec les plaisirs du canard - ladepeche.fr
  • Dites Challans et, aussi sec, l’hédoniste pas même si éclairé vous répondra canard! Sûrement parce que les tables majuscules ont fait de cette volaille précise une figure de style autant qu’un signe de leur distinction. Redites pourtant Challans et, cette fois, pas certain que l’hédoniste soudain nettement moins éclairé ne puisse aller plus loin. Car c’est parfois le propre de certaines mythologies, fussent-elles gastronomiques, que de dépasser leur vérité comme leurs frontières. Le Figaro.fr, Le canard de Challans par Yannick Franques
  • Entre sa tenue de marin, voulue par Walt Disney car c'était l'un des vêtements symbolisant l'eau à laquelle un canard renvoie immédiatement, ou son caractère égoïste tout est déjà presque là. Mais contrairement à Mickey, un léger flou règne autour de ses origines, puisque sa création graphique est aussi bien attribuée à Dick Huemer et Art Babbitt qu'à Dick Lundy, qui reprend et développe le personnage dans Mickey bienfaiteur quelques mois plus tard, mais n'aurait en fait pas participé à Une petite poule avisée selon certaines sources. C'est pourtant grâce à lui que sa morphologie change, entre son bec qui rétrécit et devient plus anguleux, ses jambes désormais plus filiformes, ses plumes qui deviennent de vrais doigts ou ses pieds palmés qui grandissent. Sorti le 11 août 1934, le court métrage orchestre la rencontre entre Mickey Mouse et Donald Duck, dont la difficulté à lire un poème devant des enfants va faire surgir cette colère qui le suivra dans tous les films suivants. Et on notera que le poème en question n'est autre que "Marie a un petit agneau". Soit celui qui était au cœur de la séance au cours de laquelle Clarence Nash a fait naître ce qui allait devenir sa voix. AlloCiné, Donald Duck sur Disney+ : tout sur les origines du célèbre canard colérique - Actus Ciné - AlloCiné
  • Florent, le cuisinier, et Alexandre, le maître d’hôtel, après un confinement de deux mois, ont rouvert il y a quelques jours leur restaurant "Un canard sous l’olivier" sur la RN 820 au lieu-dit le Pouzat à Ussel. Après avoir racheté en 2015 ce relais routier, de gros travaux entrepris pour l’intérieur ayant été accomplis et en 2017 l’extension en extérieur d’une terrasse avec un jardin japonais, nos deux compères ont profité de cette période d’inaction forcée pour réaliser, avec l’aide de l’entreprise de maçonnerie Moulène de Lavercantière, un des plus beaux endroits dont on puisse rêver pour déjeuner sous un ciel bleu ou dîner sous les étoiles, dans le Lot. ladepeche.fr, Ussel. "Un canard sous l’olivier" a rouvert - ladepeche.fr
  • Depuis ce printemps, les attaques de milans (noirs et royaux) se sont multipliées sur l’élevage de canards en plein air de Cédric et Guillaume Laban à Sedze-Maubecq. SudOuest.fr, Béarn : leur élevage de canard décimé par les attaques de rapaces
  • L’amour d’une maman, c’est la conviction que ses poussins sont des cygnes ; ce qui est la meilleure façon de donner du moral à des enfants qui sont convaincus d’être de vilains petits canards. De Pam Brown / Maman ou mère
  • On élève des canetons dans l'eau ensuite on craint qu'ils s'enrhument s'ils y trempent une patte. Les canards finissent par haïr la mare qui les a portés. De Michèle Mailhot / Le fou de la reine
  • Observer la démarche des plus belles Anglaises : on ne trouve en aucun pays du monde de plus beaux canards ni de plus beaux dindons... De Friedrich Nietzsche / Par-delà le Bien et le Mal
  • Octobre - Mois de mai des canards. De Albert Brie / Le mot du silencieux
  • Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. De Proverbe français
  • Quand on emprunte aux sciences occultes leurs surprenants mystères, on peut passer pour un sorcier, et subir le sort d’un canard prête à rôtir. De Alexandre Pothey / Soirée au sérail
  • Si le canard crie, c'est signe de pluie. De Proverbe français
  • Comment ils font les chasseurs pour savoir si c’est un canard à l’orange ? De Paroles d’enfant
  • Les pattes du canard sont courtes, il est vrai ; mais les allonger ne lui apporterait rien. De Tchouang-Tseu
  • Faire l'amour à sa femme, c'est comme tirer un canard endormi. De Groucho Marx / Mémoires d’un amant lamentable
  • Une mère ne voit jamais le vilain petit canard dans sa nichée de poussins. De Doym
  • Quand un homme a un bec de canard, des ailes de canard et des pattes de canards : c’est un canard. C’est vrai aussi pour les petits merdeux. De Michel Audiard / Les Vieux de la vieille
  • Si tu regardes ce que le canard mange, tu ne mangeras pas de canard. De Proverbe créole
  • L'eau sur le canard marque mieux que la souillure sur la femme. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n'aura pas lieu, II, 12, Ulysse , Grasset

Images d'illustration du mot « canard »

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Traductions du mot « canard »

Langue Traduction
Portugais pato
Allemand ente
Italien anatra
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Anglais duck
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Synonymes de « canard »

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