Journal : définition de journal


Journal : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

JOURNAL, -AUX, adj. et subst. masc.

I. − Adj., vx. Qui se rapporte à chaque jour. (Dict. xixeet xxes.).
COMM. Livre(-)journal. Livre de commerce sur lequel sont inscrits les comptes au jour le jour ou par dates. Journal originaire (ou analytique), général (ou synthétique); journal-grand livre. Hyacinthe, perché sur un tabouret, (...) transcrivait des factures sur son livre-journal (Theuriet, Mais. deux barbeaux,1879, p. 111).
P. ell. journal. La tenue d'un journal est rendue obligatoire par la loi pour tous les commerçants (Comptab.1974).
Emploi subst. masc. Ancienne mesure de terre correspondant à peu près à un arpent et représentant la surface de champ qu'un homme est susceptible de labourer en un jour. Avron, le mari de la blanchisseuse, achetait quelques « journals » de vigne dans la Nièvre, son pays (Bourget, Monique,1902, p. 33).Pourtant cette maison a perdu (...) ce vicinal empire de chemins et de sentiers qui se ramifiaient sur cent journaux de terre (H. Bazin, Qui j'ose aimer,1956, p. 18).
II. − Subst. masc.
A. − Relation de pensées, de faits ou d'événements de la vie d'une ou de plusieurs personnes dont le compte rendu, écrit de façon régulière sinon quotidienne, est parfois destiné à être publié. Cacher, déchirer, écrire, publier, tenir son journal; journal manuscrit; tome, volume d'un journal; journal de voyage. Bien heureux, après tout, si ces considérations contribuent à changer le ton de mon journal intime (J. Bousquet, Trad. du silence,1935-36, p. 115).Un journal est une longue lettre que l'auteur s'écrit à lui-même, et le plus étonnant de l'histoire est qu'il se donne à lui-même de ses propres nouvelles (Green, Journal,1946, p. 13):
1. « Les gens qui tiennent à jour leur carnet de poche, comme ce pauvre Goncourt, comme nos amis X... et Y..., le font sur leur manchette; gardons-nous-en. » En effet, le Journal [it. ds le texte] des Goncourt est un redoutable exemple de propos mal compris, notés sans scrupules, en écriture artiste. Blanche, Modèles,1928, p. 39.
Spécialement
ENSEIGN., région (Belgique). Journal de classe. Carnet où l'on note en classe les devoirs, leçons et exercices donnés par les professeurs (d'apr. Baet. 1971). Synon. cahier de textes.
MAR. Journal de bord (cf. ce mot B 1) :
2. Au début de son quart, il avait pour habitude de jeter un regard au compas, à la carte, au journal de bord et à l'ardoise qui donnait l'indication de la route à suivre, puis d'aller d'un bord à l'autre de la passerelle et de se rendre compte si aucun navire n'était en vue. Peisson, Parti Liverpool,1932, p. 111.
B. −
1. Publication périodique, le plus souvent quotidienne, rendant compte de l'actualité dans plusieurs ou tous les domaines et dont la composition, obtenue par des moyens techniques divers, est reproduite et diffusée en un nombre plus ou moins important d'exemplaires. Synon. canard (fam.), feuille, gazette.(S')abonner au journal; acheter un journal; éplucher, ouvrir, parcourir le journal; journal de droite, de gauche, d'opposition, de province, de Paris; journal du matin, du soir; journal catholique, républicain, à gros tirage; collection, coupures de journaux. Non seulement la chronique de ce journal, mais le journal tout entier, y passeraient, s'il s'agissait de dire les soirs de ces derniers jours (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 734).Il ne récita pas sa prière mais lut le journal de façon que le papier cachât sa figure au petit-fils de Cadette (Mauriac, Baiser lépreux,1922, p. 157).V. canard ex. 7, gazette ex. 1 :
3. La place Saint-Germain-des-Prés (...) est pourtant un des endroits de la capitale où l'on se sent le plus « à la page », le plus près de l'actualité vraie, des hommes qui connaissent les dessous du pays, du monde et de l'art. Et ceci même le dimanche, grâce à ce kiosque à journaux qui fait l'angle de la place et du boulevard, une bonne maison bien fournie en feuilles de toutes couleurs. Fargue, Piéton Paris,1939, p. 157.
Rem. En dehors des syntagmes supra qui définissent le journal comme un produit de consommation courante, ceux qui sont les plus fréq. ont trait essentiellement a) à l'organisation du journal : actionnaire, administration, comité, correspondant, directeur, rédacteur en chef, secrétaire de rédaction du journal; b) à sa fabrication : composer, imprimer, tirer le journal; caractères, édition, maquette, marbre, morasse, rotative, typographie du journal; c) à son contenu : annonce, article, colonne, entre-filet, feuilleton, manchette, publicité, reportage, retourne, rubrique, titre du journal; la une du journal; en tête du journal; d) à sa distribution : bande, bouillon, numéro du journal; crieur, marchand, vendeur de journaux.
En partic.
Journal officiel. ,,Organe quotidien publié sous l'autorité du gouvernement, comprenant les textes législatifs et réglementaires des informations diverses à caractère officiel`` (Admin. 1972). Des arrêtés régleront les modalités d'application du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la France libre (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 343).
Journal d'annonces légales (v. annonce A 1).
P. anal. Bulletin d'information oral et parfois visuel. Journal lumineux, parlé; déplacer, écouter le journal; journal d'Antenne 2; journal de la rédaction. Les films d'actualité, les journaux filmés, qui permettent chaque semaine de représenter les événements saillants de la vie nationale et de sélectionner les nouvelles provenant de l'étranger, semblent particulièrement indiqués pour ce genre de propagande (R. Morisds Le Cin.,1930, p. 139).Ce journal appelé « Indische Luistergids » (programme pour les auditeurs des Indes) est le premier grand journal radiophonique populaire dans les Indes Néerlandaises (Vocab. radioph.,[1933-52]) :
4. Et si la France qui prenait peur lorsqu'il lui en suggérait l'ordre ne semble dire mot, chacun sait que la personnalité de Roger Gicquel intervenait pour une bonne part dans l'audience du journal télévisé. Télérama,déc. 1980, no1616, p. 5.
Publication périodique spécialisée dans un domaine bien délimité. Journal des arts, des courses, de médecine, de mode; journal pour enfants. À droite de la porte était collée une grande photo tirée d'un journal illustré (Malraux, Espoir,1937, p. 533).La distribution surabondante des catalogues de grands magasins [a] réduit la part lingerie des journaux féminins aux conseils d'achat ou d'entretien et à la publicité (Civilis. écr.,1939, p. 34-5):
5. Maintenant, il n'y a guère de possédant bourgeois qui ne soit obligé de lire des journaux spéciaux, des journaux financiers, pour savoir où en est sa propre fortune. Jaurès, Ét. soc.,1901, p. 260.
Rem. 1. Écrire/lire dans le journal est considéré comme correct, écrire/lire sur le journal étant pop. Quoi! C'est écrit dans ce journal! (Soulié, Mém. diable, t. 2, 1837, p. 7). 2. On dit plus fréquemment le journal que mon journal (ou alors on ajoute ironiquement mon journal habituel).
Argot
Lire le journal. Ne rien avoir à manger. La corvée de cette nuit, dans le boyau, n'a rien foutu; ils ont lu le journal (Esn.Poilu1919, p. 302).
Connaître le journal. ,,Être au courant d'une chose, savoir à quoi s'en tenir sur quelqu'un. Argot des bourgeois. Signifie aussi Savoir de quoi se compose le dîner auquel on est invité`` (Delvau 1867, p. 108).
P. appos. Papier journal. Papier de qualité généralement médiocre, destiné à l'impression du journal. Elle a détourné toutes les boîtes où sont les simples, les herbes sèches pliées dans du papier journal (Giono, Colline,1929, p. 106).Avant la guerre 200 usines fabriquaient chaque jour 4 000 tonnes de papier (...). Pour le seul papier journal la production atteignait 325 000 tonnes en 1934 et 415 000 tonnes en 1937 (Coston, A.B.C. journ.,1952, p. 184).
P. ell. [Journal perd parfois sa signif. au point de ne plus signifier que le papier dont il est fait] Nous fûmes abordés dans l'ombre par une grande femme vêtue d'un vieux manteau de voyage brunâtre, qui portait sous le bras un paquet enveloppé de journal (Gide, Journal,1914, p. 460).
2. P. méton. Le siège du journal, la rédaction du journal. Écrire au journal. Aujourd'hui donc sous l'empire des horreurs d'une digestion retardée et d'une nuit fiévreuse. − Allé au journal à huit heures (Barb. d'Aurev., Memor. 2,1838, p. 322):
6. Juliette téléphona au journal pour dire qu'elle était grippée : elle était en effet très fatiguée, ça l'avait secouée cette histoire de perquisition. Triolet, Prem. accroc,1945, p. 80.
REM. 1.
Journalicule, subst. masc.,péj. Petit journal sans valeur. Quant à la Plume et aux autres journalicules, sachez que vos révélations confirment mes profondes intuitions! À part quelques numéros exceptionnels, tous ceux que j'ai vus sont très nuls! (Valéry, Lettres à qq.-uns,1945, p. 25).
2.
Journalisant, -ante, adj.Qui tient du journalisme, avec plus ou moins de bonheur. En journalisme, disait très justement Faguet, toutes les manières sont bonnes, excepté celle de Montaigne. Pourquoi? Parce que le journalisme, le dialogue journalier et journalisant, se passe dans une société, non dans un individu (Thibaudet, Réfl. litt.,1936, p. 222).
Prononc. et Orth. : [ʒuʀnal]. Att. ds Ac. dep. 1694. Au plur. des journaux; au sens « mesure de terre » des journals (Bourget, loc. cit.), des -aux (H. Bazin, loc. cit.). Étymol. et Hist. I. Adj. 1. 1119 esteiles jurnals « étoiles du matin » (Ph. de Thaon, Comput, 2808 ds T.-L.) − xvies. ds Hug.; 2. 1543 livre journal (A. Pierre, Constantin César, II, 44 ds Gdf. Compl. : Le metayer doibt avoir ung livre journal... contenant ce que... l'on doibt faire en une metayrie chascun jour du moys); 1553 papier journal « registre de comptes » (P. Belon, Obs., III, 14 ds R. Philol. fr. t. 43, 1931, p. 193); 1558 id. « registre où l'on relate les faits du jour » (Du Bellay, Regrets, 1 ds Hug.). II. Subst. A. début xiies. « point du jour » (Benedeit, St Brendan, 578 ds T.-L.), seulement en a. fr., de même que les sens de « jour, temps »; spéc. « journée de bataille, journée de voyage », v. T.-L. B. 1. [VIIIes. juger : jornalis (Gl. de Reichenau, 963 [153], ibid.); ca 800 jornales de terra (ds Blaise Latin. Med. Aev.), v. aussi Du Cange, s.v. jornale 1] ca 1150 « mesure de terre, proprement : surface de terre labourée dans une journée » (Charroi de Nîmes, éd. D. McMillan, 640); 2. fin xiies. « travail accompli en un jour » (1recontinuation de Perceval, éd. W. Roach, ms. L, 6065). C. 1. 1319 janv. « livre d'enregistrement des actes » (Ord. rois de Fr. 3erace, t. 1, p. 704 : [3]... pour tenir un livre que l'on appellera journal... pour enregistrer touttes choses.. en la... Chambre des Comptes... [10]... et soient enregistrées en journal); 2. 1371 « livre de prières à l'usage quotidien des clercs » (doc. ds Du Cange, s.v. jornale 4), synon. de diurnal*; 3. 1652 Le Journal contenant les nouvelles de ce qui se passe de plus remarquable dans le royaume; 1665, 5 janv. Journal des Savants [littér. et sc., hebdomadaire puis mens.]; 1672 Journal du Palais [recueil des décisions des Cours souveraines]; 1683 Journal de médecine; 1777, 1erjanv. Journal de Paris [1erquotidien fr., portant sur l'actualité] d'apr. E. Hatin, Bbg. de la presse périod. fr., 1866, passim, et M. Couperus, L'Étude des périodiques anciens, Colloque d'Utrecht, Paris 1973, id. Dér. de jour*; suff. -al* (avec, en a. fr. et m. fr., hésitation entre -al, forme sav. et -el, forme pop., Nyrop t. 3, § 303, -al l'ayant par la suite emporté); cf. lat. des gl. diurnalis « de jour, qui a lieu pendant le jour »; II est la substantivation de I; cf. le lat. médiév. diurnale attesté au sens B 1 en 704 ds Nierm., sens également rendu au xies. par dies et diurnus, ibid., ainsi que par jornata, v. journée; à rapprocher du sens C, le lat. de l'époque impériale [acta] diurna, v. jour et diurnal; journal s'est d'abord appliqué à des publ. sav., le sens de « périodique relatant l'actualité » étant alors rendu par l'empr. à l'ital. gazette*, ultérieurement évincé par journal. L'ital. giornale attesté au sens de « périodique donnant des nouvelles littéraires, scientifiques, politiques » à partir de la 2emoitié du xviies. (Batt.) et de « quotidien portant sur l'actualité » à partir de 1804-15 (Giornale italiano de Vincenzo Cuoco, Milano) serait, d'apr. DEI, empr. au français. Fréq. abs. littér. : 13 254. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 15 318, b) 19 036; xxes. : a) 20 355, b) 20 854. Bbg. Couperus (M.). La Terminol. appliquée aux périod. et aux journalistes. In : C.(M.). L'Ét. des périod. anc. Paris, 1972, pp. 59-62.

Journal : définition du Wiktionnaire

Adjectif

journal \ʒuʁ.nal\ masculin (Le féminin n'est pas avéré.)

  1. Qui est relatif à chaque jour. Note : il ne se dit guère que dans la locution :
    • (Comptabilité) Livre journal, registre où l’on écrit, jour par jour et de suite, ce qu’on a reçu ou payé, acheté ou vendu, etc.
    • Je me plains à mes vers, si j'ai quelque regret :
      Je me ris avec eux, je leur dis mon secret,
      Comme étant de mon cœur les plus sûrs secrétaires.
      Aussi ne veux-je tant les peigner et friser,
      Et de plus braves noms ne les veux déguiser
      Que de papiers journaux ou bien de commentaires.
      — (Joachim Du Bellay, Les Regrets.)

Nom commun

journal \ʒuʁ.nal\ masculin

  1. Document qui recense par ordre chronologique les événements pour une période donnée.
    • Le journal de bord d'un navire.
  2. (En particulier) Document personnel, en principe considéré comme intime et secret, où une personne consigne ce qu'elle vit, intérieurement ou extérieurement, en théorie jour après jour.
    • Le Journal d’Anne Frank
    • Je pense que c’est le danger si l’on tient un journal : on s’exagère tout, on est aux aguets, on force continuellement la vérité. — (Jean-Paul Sartre, La Nausée, 1938)
  3. Synthèse de l’actualité (du jour, de la semaine…) par un organe de presse.
    • Le journal télévisé est le programme qui a le plus d'audience.
  4. (En particulier) (Journalisme) Feuille quotidienne ou périodique donnant les nouvelles et les accompagnant ou non d’articles raisonnés sur la politique, les lettres, les sciences, les arts, etc.
    • Auteurs ou payeurs des journaux les plus répandus, ils ne cessèrent de tromper la France & l’Europe sur la révolution qui venait de renverser le trône. — (Maximilien de Robespierre, Discours contre Brissot & les girondins, 10 avril 1793)
    • Les journaux modernes s’efforcent simplement d’arriver à des ventes énormes et à mériter des annonces, en offrant aux lecteurs une mixture aussi diverse et empoignante que possible, en visant où la foule est le plus dense, en cherchant perpétuellement, sans le moindre souci de constance, ce qui provoquera la sensation la plus violente sur le plus grand nombre. — (H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904)
    • Le sentiment de révolte que l’on rencontre dans les classes pauvres se colorera dès lors d’une atroce jalousie. Nos journaux démocratiques entretiennent cette pas­sion avec beaucoup d’art, dans la pensée que c’est le meilleur moyen d’abrutir leur clientèle et de se l’attacher ; […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.V, La grève générale politique, 1908, p.227)
    • J’espérais à demi […] que je pourrais me concerter avec les représentants qualifiés de la haute banque. Ils ne veulent rien savoir. Ils se croient très forts parce qu’ils disposent de journaux, parce qu’ils ont une meute stipendiée. Ils vont la déchaîner contre moi. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
    • La lutte antijuive, esquissée vers 1881 avec la création de deux journaux morts-nés l’Antijuif et l’Antisémite de Montdidier, ne devint vraiment sérieuse qu’en 1883, avec la fondation, par les Assomptionnistes, du journal La Croix. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Portalis, quelque temps après, trouve de l’argent et lance un nouveau journal où il se met à défendre les communards arrêtés et condamnés. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 101)
  5. (Vieilli) Revue, publication, périodique.
  6. (Histoire) (Agriculture) Ancienne mesure de terre, représentant ce qu’un attelage pouvait labourer dans une journée.
    • La maison du père Barbeau était bien bâtie, couverte en tuile, établie en bon air sur la côte, avec un jardin de bon rapport et une vigne de six journaux. — (George Sand, La Petite Fadette, 1849)
    • En Bourgogne, on mesure les Terres, Prés, Vignes & Vergers par Journal. Ce journal est l’étendue de terre que huit hommes peuvent faire et bêcher un jour d’été, & on l’a limité à 360 perches. — (L’agronome ou dictionnaire portatif du cultivateur, Rouen, 1787)
    • Alost. Le bonnier = 3 arpents = 4 journaux = 400 perches carrées = 160.000 pieds carrés ....... 122,9437 ares — (M. J. Scheidweiler, Cours raisonné et pratique d'agriculture et de chimie agricole, chap. 8 : Des poids et mesures usités en Belgique et des rapports réciproques qu’ils ont avec ceux des pays voisins, &c., Bruxelles : Société belge de Librairie, 1843, vol. 2, page 471)
    • Les mesures agraires de Quarré, avant la Révolution (elles persistent aujourd'hui), n’avaient pas de base fixe. Un journal de champ, une « soiture » de pré oscillaient entre vingt-deux et trente-cinq ares de nos mesures métriques. — (Abbé Guignot, Essai sur Quarré-les-Tombes ; ses sarcophages mérovingiens et sa station préhistorique, Tours, impr. Bousrez, 1895, page 41)
  7. (En particulier) Unité de mesure valant un demi-hectare, dans le nord de l’Anjou.
    • Il se compose d'une maison de maître avec jardin , bâtimens d'habitation et d'exploitation , de 37 journaux 1/3 de terres labourables , de 9 hommées de pré et de 19 journaux de taillis ; contenances cadastrales et garanties. — (« Annonces particulières : Articles à vendre », dans les Affiches, annonces judiciaires, avis divers du Mans, et du Département de la Sarthe, n° 65 du 15 aout 1834, Le Mans : imprimerie Monnoyer, p. 531)
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Journal : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

JOURNAL. adj. m.
Qui est relatif à chaque jour. Il ne se dit guère que dans cette locution, Livre journal, et plus souvent substantivement Journal, Registre où l'on écrit, jour par jour et de suite, ce qu'on a reçu ou payé, acheté ou vendu, etc.

JOURNAL est aussi et surtout employé comme nom et signifie Relation jour par jour de ce qui se passe ou s'est passé en quelque pays, en quelque endroit, en quelque affaire, etc. Il a un journal de la campagne de Flandre de telle année. Journal du siège de... Tenir un journal. Journal historique. Journal d'un voyage. Journal d'une traversée. Journal de bord. Journal des audiences de telle cour. Il se dit, particulièrement, d'une Feuille quotidienne ou périodique donnant les nouvelles et les accompagnant ou non d'articles raisonnés sur la politique, les lettres, les sciences, les arts, etc. Publier un journal. Les numéros d'un journal. Collection d'un journal. Écrire dans un journal. Rédiger un journal. Les rédacteurs d'un journal. Les propriétaires d'un journal. Journal du matin, du soir. Ce journal a cessé de paraître. J'ai lu cela dans le journal, dans les journaux. Article de journal. Insérer un article dans un journal. Tous les journaux parlent de l'événement. Le Journal Officiel. Les journaux français, anglais. Journal politique. Journal de médecine, de droit, etc. Journal de modes.

JOURNAL s'est dit aussi d'une Sorte de publication périodique qui paraît par cahiers de plusieurs feuilles et que l'on appelle aujourd'hui plus souvent Revue. Journal asiatique. Journal des savants.

JOURNAL désigne aussi une Ancienne mesure de terre, en usage encore dans certains départements et représentant ce qu'un attelage peut labourer dans une journée. Le journal varie suivant les provinces. Deux journaux de terres labourables.

Journal : définition du Littré (1872-1877)

JOURNAL (jour-nal) adj. m.
  • 1Qui est relatif à chaque jour ; usité seulement dans la locution suivante : livre journal, ou, substantivement, journal, registre où l'on écrit, jour par jour et de suite, ce qu'on a reçu ou payé, acheté ou vendu, etc.

    On a dit dans le même sens : papier journal, papiers journaux.

  • 2 S. m. Relation jour par jour de ce qui se passe ou s'est passé. Dieu fait un journal de notre vie ; une main divine écrit ce que nous avons fait et ce que nous avons manqué de faire, écrit notre histoire, qui nous sera un jour représentée et sera représentée à tout l'univers, Bossuet, Sermons, Néc. de travailler à son salut, 2. Néarque et Onésicrite ont fait le journal de cette navigation [de l'Indus au golfe Persique], Montesquieu, Esp. XXI, 8. On a les journaux des siéges de vingt places inconnues en Europe, mal fortifiées, mal attaquées et mal défendues ; ce n'est pas là notre objet, Voltaire, Polit. et législ. Fragm. hist. sur l'Inde, III. La chose que je regrette est de n'avoir pas fait de journaux de mes voyages, Rousseau, Conf. IV. Le soir, avant de se coucher, il ne manquait jamais d'écrire sur un journal (ce qu'il continua toute sa vie) le détail de ce qu'il avait entendu ou vu de plus intéressant dans le cours de la journée, Genlis, Veillées du château t. III, p. 12, dans POUGENS.

    Journal de bord, mémoire où l'on décrit jour pour jour la navigation du vaisseau.

  • 3Particulièrement, ouvrage périodique qui fait connaître les nouvelles politiques, scientifiques et littéraires, les ouvrages nouveaux, etc. Le bureau d'un journal. Aux journaux de Hollande il nous fallut passer, Je ne sais plus sur quoi ; mais on fit leur critique… Tout faiseur de journaux doit tribut au malin, La Fontaine, Lett. XI. Le journal encyclopédique, que je regarde comme le premier des cent soixante-treize journaux qui paraissent tous les mois en Europe, Voltaire, Écoss. Épît. Sous lui [Louis XIV] les journaux s'établissent ; on n'ignore pas que le Journal des savants, qui commença en 1665, est le père de tous les ouvrages de ce genre, dont l'Europe est aujourd'hui remplie, Voltaire, Louis XIV, 31. Si j'évoque jamais du fond de son journal De tous nos sots du temps l'adulateur banal, Gilbert, Mon apologie. Vanté dans les journaux, dont il savait gagner ou payer la faveur, Marmontel, Mém. VII. C'est l'imprimerie qui met le monde à mal ; c'est la lettre moulée qui fait qu'on assassine depuis la création ; et Caïn lisait les journaux dans le paradis terrestre, Courier, Lett. IX. Grand journal, journal à grand format, qui s'occupe de politique et qui paraît tous les jours… Vous ôtez une proie Au feuilleton méchant qui bondissait de joie, Et d'avance poussait des rires infernaux Dans l'antre qu'il se creuse au bas des grands journaux, Hugo, les Voies intérieures, XXII.

    Petit journal, journal à petit format, qui s'occupe de littérature, de théâtres, de nouvelles.

  • 4Ancienne mesure de terre, en usage encore dans certains départements. Le journal varie suivant les provinces.
  • 5Nom d'un recueil des formules dont les papes se sont servis dans leurs rescrits, du VIe siècle au IXe. Journal des pontifes romains.

HISTORIQUE

XIIe s. Quant reluiront les estoiles journaus, Ronc. p. 150.

XIIIe s. Je en lais [laisse] jornel et demi à l'eglise, pour mon servige faire le jour de mon eniversaire, Du Cange, jornale.

XIVe s. Quatre jugiez de terre [quatuor jugera], c'estoient deus jornaus, Bercheure, f° 59, verso.

XVIe s. La royne envoye à la besongne celles [abeilles] qui ont à faire leur journal [journée] dehors, La Boétie, 165. Il falloit faire de nouveaux papiers journaux de mise et de recepte, Amyot, Anton. 12. Un papier journal à inserer toutes les survenances de quelque remarque, Montaigne, I, 257. Qui prend sera pris ; les armes sont journales, Carloix, I, 39.

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Journal : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

JOURNAL, s. m. (Gram. Littérat. Commerce, &c.) memoire de ce qui se fait, de ce qui se passe chaque jour.

Journal, en termes de Commerce, est un certain livre ou registre, dont les Marchands se servent pour écrire jour par jour toutes les affaires de leur commerce à mesure qu’elles se présentent. Voyez Maniere de tenir les livres de compte.


On donne aujourd’hui le nom de journal à certains ouvrages qui contiennent le détail de ce qui se passe journellement en Europe. Voyez Gazette.

Journal, (Littérature.) ou ouvrage périodique, qui contient les extraits des livres nouvellement imprimés, avec un détail des découvertes que l’on fait tous les jours dans les Arts & dans les Sciences.

Le premier journal de cette espece qui ait paru en France, est celui qu’on appelle le Journal des Savans, qui a été inventé pour le soulagement de ceux qui sont ou trop occupés ou trop paresseux pour lire les livres entiers. C’est un moyen de satisfaire sa curiosité, & de devenir savant à peu de frais. Comme ce dessein a paru très-commode & très-utile, il a été imité dans la plûpart des autres pays sous une infinité de titres différens.

De ce nombre sont les Acta eruditorum de Leipsic, les Nouvelles de la république des Lettres de M. Bayle, la Bihliotheque universelle, choisie, & ancienne, & moderne de M. le Clerc, les Memoires de Trévoux, &c. En 1692, Juncker a publié en latin un Traité historique des journaux des Savans, publiés en divers endroits de l’Europe jusqu’à présent. Wolfius, Struvius, Morhoff, Fabricius, ont fait à-peu-près la même chose.

Les memoires & l’histoire de l’académie des Sciences, celle de l’académie des Belles-Lettres, les Ephemerides, ou Miscellanea naturæ curiosorum, les Saggi di naturali esperienze fatte nel academia del cimento ; les acta philo-exoticorum naturæ & artis, qui ont paru depuis Mars 1686, jusqu’en Avril 1687, & qui sont une histoire de l’académie de Brescia ; les Miscellanea Berolinensia, qui sont en latin l’histoire de l’académie royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse, qui est en françois. Les commentaires de l’académie impériale de Petersbourg ; les memoires de l’institut de Bologne ; les acta litteraria Sueciæ, qui se font à Upsal depuis 1720 ; les memoires de l’académie royale de Stockholm, commencés en 1740 ; les commentarii societatis regiæ Gottingensis, commencés en 1750 ; les acta Erfordiensia ; les acta Helvetica ; les acta Norimbergica ; les Transactions philosophiques de la société de Londres ; les actes de la société d’Edimbourg ; les essais de la société de Dublin, & autres ouvrages semblables, ne sont point des journaux, dans lesquels on rende compte des ouvrages nouveaux ; mais ce sont des collections de memoires faits par les savans qui composent ces différentes sociétés savantes.

On donne communément la gloire de l’invention des journaux à Photius ; sa bibliotheque n’est pourtant pas tout-à fait ce que sont nos journaux, ni son plan le même. Ce sont des abregés & des extraits des livres qu’il avoit lûs pendant son ambassade en Perse.

M. de Salo commença le premier le journal des Savans à Paris en 1665, sous le nom de sieur d’Hedouville ; mais sa mort survenue quelque tems après, interrompit cet ouvrage. L’abbé Gallois le reprit au commencement de 1666, & le céda en 1674 à l’Abbé de la Roque, qui le continua pendant huit à neuf ans, & qui eut pour successeur M. Cousin, qui le fit jusqu’en 1702, que M. l’abbé Bignon institua une nouvelle compagnie, à qui il donna le soin de continuer ce journal. On lui donna en même tems une nouvelle forme, & on l’augmenta. Cette compagnie subsiste encore ; & c’est aujourd’hui M. de Malesherbes qui en a l’inspection. Le journal des Savans n’est donc plus d’un seul auteur, plusieurs personnes y travaillent.

Depuis ce tems il a paru de tems à autres différens journaux françois ; tels sont les Memoires & conférences sur les Sciences & les Arts, par M. Denys, pendant les années 1672, 1673, & 1674 ; les nouvelles découvertes sur toutes les parties de la Medecine par M. de Blegny, en 1679 ; le journal de Medecine commencé en 1684, & quelques autres semblables, qui ont été discontinués aussi-tôt que commencés ; celui-ci vient de reprendre depuis quelque tems ; M. Roux med. est celui qui le continue à présent.

Les Nouvelles de la république des Lettres, que M. Bayle commença en 1684, & que M. de la Roque & quelques autres amis de M. Bayle, & M. Bernard ont continué depuis Février 1687, qu’une maladie obligea M. Bayle de les quitter, jusqu’en 1689. Après une interruption de neuf à dix ans, M. Bernard les reprit au commencement de 1699, & les continua jusqu’en 1710. L’histoire des ouvrages des Savans, par M. Basnage, commença en 1686, & finit en 1710. La Bibibliotheque universelle & historique de M. le Clerc, a été continuée jusqu’en 1693, & contient 25 volumes ; la Bibliotheque choisie du même auteur commença en 1703. Le Mercure de France, est un de nos plus anciens journaux ; il s’est continué par différentes mains jusqu’à présent : il en est de même du journal de Verdun.

Les Memoires pour l’histoire des Sciences & des beaux Arts, appellés communement Journal de Trévoux, du lieu où ils s’imprimoient autrefois, ont commencé en 1701. C’étoient les R R. P P. Jesuites qui composoient ce journal, qui se continue à présent par des particuliers, gens de Lettres.

On a fait & on fait encore plusieurs journaux françois dans les pays étrangers ; tels sont la bibliotheque raisonnée, la bibliotheque germanique continuée sous le titre de nouvelle bibliotheque germanique, par M. Formey. Il y a eu de plus en françois le journal littéraire, commencé à la Haie en 1713 ; le Mercure historique & politique, qui se continue jusqu’à ce jour. On imprime aussi en Hollande un journal dans lequel les journaux des Savans & de Trévoux se trouvent combinés ; la Bibliotheque impartiale ; les Memoires littéraires de la Grande-Bretagne, par M. de la Roche, & la Bibliotheque angloise, qui se bornent aux livres anglois. Ces journaux interrompus ont été repris sous le titre de Journal britannique, par M. de Maty, & se continuent actuellement sous le même titre, par M. de Mauve. M. de Joncourt fait actuellement un journal françois, dans lequel il rend compte des livres nouveaux d’Angleterre, sous le titre de Nouvelle bibliotheque angloise.

Les journaux anglois anciens sont, the history of the Works of the Learned, qui commença à Londies en 1699. Censura temporum, en 1708 : en 1710 il en parut deux nouveaux ; l’un sous le titre de Memoires de Littérature, c’étoit une feuille volante, qui ne contenoit qu’une traduction angloise de quelques articles des journaux étrangers ; l’autre étoit in 4°. en quatre ou cinq feuilles. C’est un recueil de pieces sugitives, intitulé Bibliotheca curiosa, ou à Miscellany. L’on doit encore mettre au rang des journaux anglois le Gentleman’s magazine, l’état actuel de la Grande Bretagne, &c.

Les journaux italiens sont celui de l’abbé Nazati, qui a duré depuis 1668 jusqu’en 1681 ; il s’imprimoit à Rome. Celui de Venise commença en 1671, & finit en même tems que celui de Rome. Les auteurs étoient Pierre Moretti, & François Miletti : le journal de Parme, par le P. Gaudence Roberti & le P. Benoît Bauhini, tomba en 1690, & on le reprit en 1692. Le journal de Ferrare, entrepris par l’abbé de la Torre, commença & finit en 1691. La Galeria di Minerva, commencée en 1696, est l’ouvrage d’une société de gens de Lettres : M. Apostolo Zeno, secrétaire de cette société, commença un autre journal en 1710, sous les auspices du grandduc ; il s’imprimoit à Venise, & plusieurs personnes de distinction y avoient part : les Fasti eruditi della bibliotheca volante, se faisoient à Parme : depuis il a paru en Italie le Giornale dei Letterati.

Le premier des journaux latins est celui de Leipsic, qui a commencé en 1682 sous le titre d’Acta eruditorum : cet ouvrage s’est continué sans interruption jusqu’à présent.

A Parme, les Nova litteraria maris Balthici ont duré depuis 1698, jusqu’en 1708. Les Nova litteraria Germaniæ, recueillies à Hambourg, ont commencé en 1703. Les Acta litteraria ex manuscriptis, & la Bibliotheca curiosa commencée en 1705, & finie en 1707, sont de M. Struvius ; M. Kuster & Sike commencerent en 1697, & firent pendant deux ans la bibliotheque des livres nouveaux. Depuis ce tems on a eu plusieurs journaux latins ; tels sont entr’autres les Commentarii de rebus in scientia naturali & Medecina gestis, par M. Ludwig.

Le Journal suisse appellé Nova litteraria Helvetiæ, commença en 1702 ; il est de M. Scheuchzer ; & les Acta medica hafnensia, de Thomas Bartholin, qui font cinq volumes depuis 1671, jusqu’en 1679.

Il y a un journal hollandois, sous le titre de Boeksaal van Europa. Il fut commencé en 1692 par Pierre Rabbus, à Rotterdam, & repris depuis 1702 jusqu’en 1708 ; il se continue jusqu’à ce jour : on doit y joindre les mémoires de la société littéraire de Harlem.

L’Allemagne a une foule innombrable d’ouvrages périodiques & de journaux en tout genre. Les principaux qui se font actuellement en langue allemande sont, le Magasin d’Hambourg, commencé en 1748, & qui se continue. Les Physicalische belustigungen, ou Amusemens physiques, commencés à Berlin en 1751. Selecta physico œconomica qui se font à Stutgard. Il se fait de plus une infinité de gazettes & de journaux littéraires, économiques, &c. en Saxe, dans la Silésie, dans le Brandebourg, dans la basse-Allemagne, &c. Cependant plusieurs de ces ouvrages périodiques ne sont pas des vrais journaux, mais des collections de mémoires, auxquels on a quelquefois joint des extraits de quelques livres nouveaux. Il paroît en Suede un journal, sous le titre de Magasin de Stockholm.

Nous avons maintenant en France une foule de journaux ; on a trouvé qu’il étoit plus facile de rendre compte d’un bon livre que d’écrire une bonne ligne, & beaucoup d’esprits stériles se sont tournés de ce côté. Nous avons eu les feuilles périodiques de l’abbé Defontaines, elles ont été continuées par M. Fréron & par M. l’abbé de la Porte : ces deux collegues se sont séparés, & l’un travaille aujourd’hui sous le titre de l’Année littéraire, & l’autre sous le titre d’Observateur littéraire. Nous avons des Annales typographiques ; un Journal étranger ; un Journal encyclopédique qui se fait & s’imprime à Liege ; un Journal chrétien ; un Journal économique ; un Journal pour les dames ; un Journal villageois ; une Feuille nècessaire, une Semaine littéraire, &c. que sais-je encore ?

C’est-là que les gens du monde vont puiser les lumieres sublimes, d’après lesquelles ils jugent les productions en tout genre. Quelques-uns de ces journalistes donnent aussi le ton à la province : on achete ou on laisse un livre d’après le bien ou le mal qu’ils en disent ; moyen sûr d’avoir dans sa bibliotheque presque tous les mauvais livres qui ont paru, & qu’ils ont loués, & de n’en avoir aucun des bons qu’ils ont déchirés.

Il seroit plus sûr de se conduire par une regle contraire, & de prendre tout ce qu’ils déprisent, & de rejetter tout ce qu’ils relevent. Il faut cependant excepter de cette regle le petit nombre de ces journalistes qui jugent avec candeur, & qui ne cherchent point comme d’autres à intéresser le public par la malignité & par la fureur avec laquelle ils avilissent & déchirent les auteurs & les ouvrages estimables.

Journal, (Marine.) c’est un registre que le pilote est obligé de tenir, sur lequel il marque régulierement chaque jour les vents qui ont regné, le chemin qu’a fait le vaisseau, la latitude observée ou estimée, & la longitude arrivée à la déclinaison de la boussole, les profondeurs d’eau & les fonds où il a sondé & mouillé ; en un mot toutes les remarques qui peuvent intéresser la navigation. Par l’ordonnance de la Marine de 1689, le capitaine commandant un vaisseau de roi, est obligé de tenir un journal exact de sa route.

Ces Journaux au retour de chaque campagne sont remis au dépôt des cartes & plans de la marine ; & les observations & remarques qui s’y trouvent, servent à la perfection de l’Hydrographie & à la construction des cartes marines. (Z)

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Étymologie de « journal »

Étymologie de journal - Littré

Berry, journau, journal de terre ; provenç. jornal, jornau ; catal. jornal ; ital. giornale ; du lat. diurnalis, dérivé de diurnus, diurne. Les Romains nommaient acta diurna les journaux, les éphémérides qui contenaient les actes publics.

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Étymologie de journal - Wiktionnaire

Du latin diurnalis (« journalier »).
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Phonétique du mot « journal »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
journal ʒurnal play_arrow

Citations contenant le mot « journal »

  • Porter le masque est donc redevenu un geste barrière essentiel, notamment dans les commerces, en plus des lieux où il était déjà obligatoire, salles de spectacle, cinémas, ou encore bibliothèques. Reportage de Sandy Dauphin dans ce journal. France Culture, Covid-19 : ce lundi signe le début de l'obligation du port du masque partout en France dans les lieux clos
  • Le journal multi-région , Le journal du 20 juillet
  • Serge Baroni : Jean-Marc Béhar, le président des éditions des Fédérés, a appris à l’ensemble des lecteurs cette décision de liquidation avec poursuite d’activité pour 3 mois dans son interview du 15 juillet. Nous, les Amis, retenons que le Tribunal de commerce a bien compris l’ampleur et le sérieux des efforts faits par le journal pour son redressement et ce, malgré les immenses difficultés. Le virus est arrivé au plus mauvais moment. Les banques, une fois de plus, n’ont pas été au rendez-vous, elles n’ont pas joué le jeu alors même qu’une garantie de l’État aurait pu être obtenue pour un prêt. Devant cette situation, les Amis, les lecteurs, les défenseurs du pluralisme que nous sommes, confirment leur attachement à la ligne éditoriale et décident de s’engager dans un soutien financier fort et sécurisé. www.lamarseillaise.fr, Serge Baroni : « Ce journal exceptionnel est à vous, il s’est remis sur les rails, il faut l’aider »
  • Course au vaccin. Et quand vous reviendrez d’Ibiza en février prochain après sept mois de confinement entamé au début de vos vacances (ceci est un exemple tiré d’une histoire vraie que redoute de vivre un journaliste des Jours), alors le vaccin sera prêt. Enfin, peut-être : ce lundi, la revue scientifique The Lancet fait état de progrès (l’étude est à consulter ici, en pdf) pour deux vaccins, l’un produit par une équipe britannique, l’autre par des scientifiques chinois. Les deux projets de vaccins, écrit The Lancet, produisent « une réponse immunitaire ». Les Jours, Journal déconfiné #23
  • Toutes les couleurs disparaissent dans la nuit, et le désespoir ne tient pas de journal. De Charles Robert Maturin / Melmoth, l'Homme errant, 1820
  • Publier un dessin dans un journal, c’est comme monter sur scène. De Nix / Evene.fr - Janvier 2007
  • La culture, c’est ce qui reste quand le journal TV est terminé ! De Bruno Masure / A pleins tubes !
  • Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre. De Guy Hocquenghem / Minigraphie de la presse parisienne
  • La radio marque les minutes de la vie ; le journal, les heures ; le livre les jours. De Jacques de Lacretelle
  • Le journal est un ogre qui tue ceux grâce auxquels il vit. De Robert Desnos
  • Un bon journal, c’est une nation qui se parle à elle-même. De Arthur Miller / London Observer - Novembre 1961
  • Les petites annonces contiennent toute la vérité que l'on puisse trouver dans un journal. De Thomas Jefferson / Discours
  • Un journal, c'est la conscience d'une nation. De Albert Camus
  • Le journal nouveau tend à mettre à la porte la littérature. De Emile Zola
  • L'exactitude est à un journal ce que la vertu est à une femme, sauf que le journal peut publier un rectificatif. De Anonyme
  • Je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu’il pense vraiment de son journal. Dans son journal. De Guy Bedos / Journal d’un mégalo
  • Un bon journaliste ne lit qu'un journal, le sien, et dans ce journal, il ne lit qu'un article, le sien. De Emile de Girardin
  • Pourquoi acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ? De Bernard Tapie
  • Journal intime. Relation quotidienne de la partie de notre existence que nous pouvons nous raconter sans rougir. Ambrose Gwinnet Bierce, The Devil's Dictionary
  • Tout faiseur de journaux doit tribut au Malin. Jean de La Fontaine, Lettre à M. Simon de Troyes, février 1686
  • Une calomnie dans les journaux c'est de l'herbe dans un pré. Cela pousse tout seul. Les journaux sont d'un beau vert. Victor Hugo, Tas de pierres, Éditions Milieu du monde
  • Un journal est une longue lettre que l'auteur s'écrit à lui-même, et le plus étonnant est qu'il se donne à lui-même de ses propres nouvelles. Julien Green, Journal, Plon
  • Les parties les plus inconvenantes d'un journal intime sont beaucoup moins les passages érotiques que les passages pieux. Julien Green, Journal, Plon
  • Je regarde comme un des bonheurs de ma vie de ne pas écrire dans les journaux. Il en coûte à ma bourse - mais ma conscience s'en trouve bien. Gustave Flaubert, Correspondance, à la princesse Mathilde, 1866
  • La poésie, notre poésie se lit comme le journal. Le journal du monde qui va venir. Louis Aragon, Chronique du bel canto, Skira

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Traductions du mot « journal »

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Synonymes de « journal »

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