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C'est du gâteau : définition et origine de l'expression

Vous redoutiez ce dossier depuis des jours. Le fichier s’ouvre, vous relisez la consigne, et tout s’emboîte sans effort. Vingt minutes plus tard, le travail est bouclé. Vous vous attendiez à une montagne, vous trouvez une promenade. « Finalement, c’est du gâteau », soufflez-vous, presque déçu d’avoir tant appréhendé. Cette petite phrase gourmande, on la lâche dès qu’une tâche se révèle bien plus simple que prévu. Derrière son air anodin, elle cache pourtant une jolie histoire de métaphores sucrées. Voyons d’où vient cette gourmandise devenue synonyme de simplicité. Bonne lecture !

Définition de l’expression « c’est du gâteau »

L’expression « c’est du gâteau » appartient au registre populaire. Elle qualifie une activité ou une situation extrêmement facile et agréable. On l’emploie surtout pour souligner qu’une épreuve redoutée s’est révélée sans difficulté.

Le sens repose sur une image limpide : manger un gâteau ne demande aucun effort et procure du plaisir. Réussir quelque chose « c’est du gâteau », c’est donc l’accomplir avec la même aisance gourmande. La formule ajoute ainsi une nuance de plaisir que d’autres synonymes n’ont pas.

Parmi les tournures équivalentes, on retrouve notamment :

À l’inverse, on dit « ce n’est pas du gâteau » pour décrire une affaire pénible ou compliquée. Le TLFi mentionne d’ailleurs cet antonyme, aux côtés de « ce n’est pas de la tarte ». La même métaphore culinaire sert donc à dire la facilité comme la difficulté.

Origine de l’expression « c’est du gâteau »

Le mot gâteau est ancien. Il est attesté vers 1140 sous la forme gastels, au sens d’« aliment fait de pâte », chez le chroniqueur Geoffroi Gaimar. Il proviendrait de l’ancien bas francique *wastil, apparenté à une racine germanique désignant la nourriture. Dès le Moyen Âge, le gâteau évoque donc la fête, la douceur et la récompense.

Cette charge positive a nourri plusieurs expressions imagées. La langue française a d’abord tiré du gâteau une idée de profit : la formule « avoir part au gâteau » est attestée dès 1541. Elle désigne l’avantage que l’on retire d’une affaire, parfois avec une nuance critique. Ce sens du partage reste distinct de celui qui nous intéresse ici.

Le sens de facilité, lui, est bien plus récent. Le Trésor de la langue française étiquette « c’est du gâteau » comme un emploi populaire, illustré par une unique citation datée de 1951. Il le range à côté de « c’est du nanan » et « c’est de la tarte ». En clair, la métaphore transforme le plaisir de la gourmandise en absence d’effort. La seule attestation littéraire relevée par le Trésor de la langue française vient de Jean Giono, en 1951 (voir les exemples ci-dessous).

Fait notable, l’anglais connaît la même image avec la formule a piece of cake. Elle aussi sert à dire qu’une chose est très facile. Les deux langues ont donc puisé, chacune de son côté, dans le registre de la pâtisserie pour exprimer l’idée de simplicité.

Usage de l’expression

Quasi inexistante avant 1950, la formule s’envole ensuite et culmine vers 2014. La courbe agrège toutefois aussi les emplois littéraux du mot « gâteau » :

Fréquence d'usage de « c'est du gâteau » depuis 1800 dans les textes publiés. Source : Google Ngram
Fréquence d’usage de « c’est du gâteau » depuis 1800 dans les textes publiés. Source : Google Ngram

Exemples d’utilisation de l’expression « c’est du gâteau »

Le sens figuré étant tardif, les attestations littéraires restent rares. La plus connue vient de Jean Giono, qui l’emploie dans un récit de marche en montagne :

Je traverse le torrent, ça c’est du gâteau.

Jean Giono, Les Grands Chemins

Cette occurrence, relevée par le Trésor de la langue française, compte parmi les premières traces écrites de la formule. La langue publiée a longtemps ignoré ce sens familier, resté surtout oral. Pour illustrer son emploi courant, voici quelques phrases du quotidien :

  • « Ne t’inquiète pas pour l’examen du code : après toutes tes heures de conduite, c’est du gâteau. »
  • « Monter ce meuble ? Avec la notice sous les yeux, c’est du gâteau. »
  • « On redoutait la randonnée, mais le sentier était balisé et plat : c’était du gâteau. »

Si cette expression sucrée vous a mis en appétit, découvrez une autre gourmandise du même registre : la cerise sur le gâteau.

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Nicolas Le Roux

Nicolas Le Roux

Nicolas est le fondateur du site. Diplômé de Sciences Po Paris en 2014, il est passionné par les langues et la littérature. Il a rédigé plusieurs centaines d'articles sur les difficultés de l'orthographe française depuis 2015. Il rédige également des guides de grammaire, des articles sur les expressions francophones ainsi que des critiques littéraires.

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