Venin : définition de venin

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Venin : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VENIN, subst. masc.

A. −
1. Substance toxique sécrétée par certains animaux, et qui peut être inoculée, par piqûre ou par morsure, à d'autres animaux ou à l'homme. Venin de l'abeille, de l'araignée, de la guêpe, du scorpion, de la vipère; dents, crochets à venin; sérum contre les venins. Le cobra s'est déjà replié, quand le venin pénètre au cœur, et quand le premier muscle du visage grimace (Saint-Exup., Pilote guerre, 1942, p. 297).
Loc. fig. Morte la bête, mort le venin. V. bête1III B 2 a.
P. anal. Substance toxique sécrétée par les organes de certaines plantes. Venin de l'ortie. Le laurier-rose contient un venin subtil (Borel, Champavert, 1833, p. 35).
2. P. ext., vieilli. Poison. Aïescha, surprise: C'est une arme? Giaour: Tu vois ces traces verdâtres? C'est un venin foudroyant (Lenormand, Simoun, 1921, 4etabl., p. 33).
B. − Au fig.
1. Haine, malveillance que manifestent des paroles ou des attitudes perfides. Venin de la calomnie; répandre du venin contre qqn; regard chargé de venin. L'autre brochure portait ce titre: le Parti catholique, et elle était dirigée (...) contre Veuillot dont elle se refusait à prononcer le nom. Ici les attaques sinueuses recommençaient, le venin filtrait sous chacune de ces lignes (Huysmans, À rebours, 1884, p. 200).M. Élie lui fit compliment sur son air de jeunesse, ajoutant avec venin: « C'est vrai! Avec les soucis que tu as!... » (Montherl., Célibataires, 1934, p. 858).
Loc. [En parlant d'une pers. ou de son comportement] (Être) sans venin, n'avoir point de venin. (Être) dépourvu de rancune, de malignité. Jean-Pierre Camus (...) sans venin d'ailleurs, mais enfant terrible et amusant comme toujours (Bremond, Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 209).Ses finesses naturelles de cœur (...) sont aussi exemptes de venin qu'il est possible, et acceptent constamment les indications, les corrections (...) de l'intelligence (Romains, Hommes bonne vol., 1939, p. 186).
[En parlant d'une pers.] Cracher, jeter, vider, vomir, etc., son venin. Exhaler sa haine, sa méchanceté; dire sa rancune sous l'effet de la colère. La bêtise humaine actuellement m'écrase si fort que je me fais l'effet d'une mouche ayant sur le dos l'Himalaya. N'importe! Je tâcherai de vomir mon venin dans mon livre (Flaub., Corresp., 1877, p. 85).Je crois néanmoins avoir assez éprouvé ma bonne volonté, reprit M. Catani, (...) qui achevait de vider son venin comme on meurt, en vous prêtant seize mille francs (Bernanos, Imposture, 1927, p. 411).
2. Caractère pernicieux d'une doctrine, d'un système de pensée. Synon. poison.Aucun de ces organes, parmi ceux qui persévérèrent, ne sut se garder complètement du venin hitlérien ou collaborateur (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 147).V. calvinisé rem. s.v. calvinisme ex. de Bremond.
Prononc. et Orth.: [vənε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. a) 1remoit. xiies. venim « substance toxique; ce qui corrompt (au propre et au fig.) » (Psautier de Cambridge, CXXXIX, 3, éd. Fr. Michel, p. 248: Il aguisierent lur langue sicumme serpenz, venims d'icels serpenz desuz lur levres); b) ca 1155 empl. avec poison (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 8271: E Cil li ad puisun [breuvage empoisonné] dunee De venim tute destempree), forme venim att. jusqu'au xviies. (Fur. 1690), la forme velin, bien att. du xiieau xvies. (v. Gdf. Compl.) a survécu dans certains parlers région. (v. FEW t. 14, pp. 234-235); c) 1314 méd. anc. « pus d'un ulcère, sanie d'une plaie » (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, t. 2, p. 65, § 1563: Se l'ulcere et le venim soient desechiés souffisanment; p. 89, § 1669: Venim est humidité ou porreture soutille); d) 1381 « poison » (Arch. Nord, 1311483, fo16: un homme [...] qui fu justichiés pour ce qu'il avoit jettet venim en plusieurs fontaines); e) 1570 (Drot, Doc. extraits des minutes des notaires de l'Yonne, p. 391: ouster et monder les arbres fruictiers de chenilles et aultres venim qui y pourroyt venir), sur les parlers région. qui ont conservé certaines de ces accept., v. FEW, loc. cit. Du lat. pop. venīmen, réfection, par substitution de suff. (cf. a. fr. gain, v. regain) du lat. class. venēnum (cf. a. prov. veren, xes., Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 461; venen, xiiies., v. Rayn.). Venēnum signifiait « herbe ou substance utilisée à des fins thérapeutiques ou magiques, philtre » (chez Salluste déterminé par un adj. précisant le caractère bénéfique ou maléfique, v. Ern.-Meillet; cf. au xvies. doux venin, venin amoureux (Ronsard, Amours, 1552 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 4, p. 49, 54), doux venin (1560, Grevin, Olimpe ds Théâtre, éd. L. Pinvert, p. 281)), d'où « poison, usage du poison, ce qui empoisonne (au propre et au fig.) », sens péj. qui l'emporta (et est seul représenté dans les dér. et comp. de venēnum, v. Ern.-Meillet). Étant donné que venin, en raison de son orig., pouvait signifier « ce qui cause la maladie, l'infection, ce qui altère, pourrit (supra, v. aussi venimosité) » le mot a été d'un empl. plus étendu que poison* (cf. Fur. 1690: le venim [...] se dit aussi de tout ce qui est pris dans le corps, dont les propriétés sont contraires à la nutrition [...] le venim au contraire [de la viande] transmuë le corps et les membres qu'il touche en une substance corrompue et la convertit en sa nature venimeuse. En ce sens tous les poisons sont compris sous le nom de venim), les sens respectifs mod. des deux mots semblent s'être fixés au xixes., cf. Raymond 1832: ,,Venin, sorte de poison avec la différence que Poison se dit de tout ce qui attaque le principe de la vie par quelque qualité malfaisante ou maligne, c'est le genre; et que Venin ne se dit proprement que de certains sucs ou de certaines liqueurs qui sortent du corps de quelques animaux, tels que la vipère, le scorpion, etc., c'est l'espèce``, v. aussi Littré qui précise les domaines d'empl. de poison, virus, venin, miasmes; v. vénéneux, venimeux, venimosité. Fréq. abs. littér.: 298. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 518, b) 531; xxes.: a) 197, b) 421. Bbg. Quem. DDL t. 19.

Venin : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VENIN, subst. masc.

A. −
1. Substance toxique sécrétée par certains animaux, et qui peut être inoculée, par piqûre ou par morsure, à d'autres animaux ou à l'homme. Venin de l'abeille, de l'araignée, de la guêpe, du scorpion, de la vipère; dents, crochets à venin; sérum contre les venins. Le cobra s'est déjà replié, quand le venin pénètre au cœur, et quand le premier muscle du visage grimace (Saint-Exup., Pilote guerre, 1942, p. 297).
Loc. fig. Morte la bête, mort le venin. V. bête1III B 2 a.
P. anal. Substance toxique sécrétée par les organes de certaines plantes. Venin de l'ortie. Le laurier-rose contient un venin subtil (Borel, Champavert, 1833, p. 35).
2. P. ext., vieilli. Poison. Aïescha, surprise: C'est une arme? Giaour: Tu vois ces traces verdâtres? C'est un venin foudroyant (Lenormand, Simoun, 1921, 4etabl., p. 33).
B. − Au fig.
1. Haine, malveillance que manifestent des paroles ou des attitudes perfides. Venin de la calomnie; répandre du venin contre qqn; regard chargé de venin. L'autre brochure portait ce titre: le Parti catholique, et elle était dirigée (...) contre Veuillot dont elle se refusait à prononcer le nom. Ici les attaques sinueuses recommençaient, le venin filtrait sous chacune de ces lignes (Huysmans, À rebours, 1884, p. 200).M. Élie lui fit compliment sur son air de jeunesse, ajoutant avec venin: « C'est vrai! Avec les soucis que tu as!... » (Montherl., Célibataires, 1934, p. 858).
Loc. [En parlant d'une pers. ou de son comportement] (Être) sans venin, n'avoir point de venin. (Être) dépourvu de rancune, de malignité. Jean-Pierre Camus (...) sans venin d'ailleurs, mais enfant terrible et amusant comme toujours (Bremond, Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 209).Ses finesses naturelles de cœur (...) sont aussi exemptes de venin qu'il est possible, et acceptent constamment les indications, les corrections (...) de l'intelligence (Romains, Hommes bonne vol., 1939, p. 186).
[En parlant d'une pers.] Cracher, jeter, vider, vomir, etc., son venin. Exhaler sa haine, sa méchanceté; dire sa rancune sous l'effet de la colère. La bêtise humaine actuellement m'écrase si fort que je me fais l'effet d'une mouche ayant sur le dos l'Himalaya. N'importe! Je tâcherai de vomir mon venin dans mon livre (Flaub., Corresp., 1877, p. 85).Je crois néanmoins avoir assez éprouvé ma bonne volonté, reprit M. Catani, (...) qui achevait de vider son venin comme on meurt, en vous prêtant seize mille francs (Bernanos, Imposture, 1927, p. 411).
2. Caractère pernicieux d'une doctrine, d'un système de pensée. Synon. poison.Aucun de ces organes, parmi ceux qui persévérèrent, ne sut se garder complètement du venin hitlérien ou collaborateur (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 147).V. calvinisé rem. s.v. calvinisme ex. de Bremond.
Prononc. et Orth.: [vənε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. a) 1remoit. xiies. venim « substance toxique; ce qui corrompt (au propre et au fig.) » (Psautier de Cambridge, CXXXIX, 3, éd. Fr. Michel, p. 248: Il aguisierent lur langue sicumme serpenz, venims d'icels serpenz desuz lur levres); b) ca 1155 empl. avec poison (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 8271: E Cil li ad puisun [breuvage empoisonné] dunee De venim tute destempree), forme venim att. jusqu'au xviies. (Fur. 1690), la forme velin, bien att. du xiieau xvies. (v. Gdf. Compl.) a survécu dans certains parlers région. (v. FEW t. 14, pp. 234-235); c) 1314 méd. anc. « pus d'un ulcère, sanie d'une plaie » (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, t. 2, p. 65, § 1563: Se l'ulcere et le venim soient desechiés souffisanment; p. 89, § 1669: Venim est humidité ou porreture soutille); d) 1381 « poison » (Arch. Nord, 1311483, fo16: un homme [...] qui fu justichiés pour ce qu'il avoit jettet venim en plusieurs fontaines); e) 1570 (Drot, Doc. extraits des minutes des notaires de l'Yonne, p. 391: ouster et monder les arbres fruictiers de chenilles et aultres venim qui y pourroyt venir), sur les parlers région. qui ont conservé certaines de ces accept., v. FEW, loc. cit. Du lat. pop. venīmen, réfection, par substitution de suff. (cf. a. fr. gain, v. regain) du lat. class. venēnum (cf. a. prov. veren, xes., Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 461; venen, xiiies., v. Rayn.). Venēnum signifiait « herbe ou substance utilisée à des fins thérapeutiques ou magiques, philtre » (chez Salluste déterminé par un adj. précisant le caractère bénéfique ou maléfique, v. Ern.-Meillet; cf. au xvies. doux venin, venin amoureux (Ronsard, Amours, 1552 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 4, p. 49, 54), doux venin (1560, Grevin, Olimpe ds Théâtre, éd. L. Pinvert, p. 281)), d'où « poison, usage du poison, ce qui empoisonne (au propre et au fig.) », sens péj. qui l'emporta (et est seul représenté dans les dér. et comp. de venēnum, v. Ern.-Meillet). Étant donné que venin, en raison de son orig., pouvait signifier « ce qui cause la maladie, l'infection, ce qui altère, pourrit (supra, v. aussi venimosité) » le mot a été d'un empl. plus étendu que poison* (cf. Fur. 1690: le venim [...] se dit aussi de tout ce qui est pris dans le corps, dont les propriétés sont contraires à la nutrition [...] le venim au contraire [de la viande] transmuë le corps et les membres qu'il touche en une substance corrompue et la convertit en sa nature venimeuse. En ce sens tous les poisons sont compris sous le nom de venim), les sens respectifs mod. des deux mots semblent s'être fixés au xixes., cf. Raymond 1832: ,,Venin, sorte de poison avec la différence que Poison se dit de tout ce qui attaque le principe de la vie par quelque qualité malfaisante ou maligne, c'est le genre; et que Venin ne se dit proprement que de certains sucs ou de certaines liqueurs qui sortent du corps de quelques animaux, tels que la vipère, le scorpion, etc., c'est l'espèce``, v. aussi Littré qui précise les domaines d'empl. de poison, virus, venin, miasmes; v. vénéneux, venimeux, venimosité. Fréq. abs. littér.: 298. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 518, b) 531; xxes.: a) 197, b) 421. Bbg. Quem. DDL t. 19.

Venin : définition du Wiktionnaire

Nom commun

venin \və.nɛ̃\ masculin

  1. Poison produit, chez certains animaux, par sécrétion, et qui, introduit dans le sang d’un autre animal ou d’un homme par une morsure ou une piqûre, amène de graves désordres et même la mort.
    • Venin dangereux, mortel.
    • Venin prompt, subtil.
    • Le venin de la vipère, du scorpion, du serpent.
    • Cet animal a jeté son venin.
  2. (Proverbial) (Figuré)
    • Morte la bête, mort le venin, On n’a plus rien à craindre d’un ennemi mort.
  3. (Figuré) Malignité, rancune, haine cachée.
    • Les deux demoiselles jetèrent à Canalis un regard chargé d’autant de venin qu’en insinue la morsure d’une vipère. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Le venin distillé par Drumont et ses collaborateurs fut recueilli par le quotidien royaliste, l’Action Française. Les dirigeants du mouvement néo-royaliste ne se contentèrent pas de rééditer, à leur compte, les mensonges et les faux de la Libre Parole. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Il y a trop de venin dans ce qu’il dit.
    • C’est une langue dangereuse, qui répand son venin partout.
    • Le venin de la calomnie.
    • Il a jeté tout son venin, Dans l’emportement de sa colère, il a dit tout ce qu’il avait sur le cœur contre un tel.
    • C’est un homme sans venin, qui n’a point de venin, Il n’a pas de malignité, pas de rancune.
  4. Se dit aussi figurément, en langage de dévotion, d’une doctrine dangereuse.
    • Il y a du venin dans cette proposition.
    • Le venin de l’hérésie.

Forme de verbe

venin \ˈvẽːnĩn\

  1. Forme mutée de benin par adoucissement (b > v).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Venin : définition du Littré (1872-1877)

VENIN (venin ; au XVIIe siècle, plusieurs prononçaient velin, prononciation qui d'ailleurs était regardée comme fautive, MARG. BUFFET, Observ. p. 137) s. m.
  • 1Liquide malfaisant que sécrètent certaines espèces de glandes dites vénénifiques ou vénénipares chez quelques animaux, tels que la vipère, le scorpion, etc. qu'ils conservent dans un réservoir particulier, pour s'en servir comme de moyen d'attaque ou de défense, et qui, introduit dans le sang d'un autre animal, au moyen d'une morsure ou d'une piqûre, le tue plus ou moins promptement ou du moins le rend malade. Le venin du scorpion, de la guêpe. Venin subtil. Le venin de la vipère n'est pas un poison pour son espèce ; il ne tue point les sangsues, les limaces, l'escargot, l'aspic, la couleuvre, l'orvet, Fourcroy, Conn. chim. t. x, p. 320.

    Fig. Je puise dans leurs yeux un venin amoureux, Régnier, Dial.

    PROVERBES

    Morte la bête, mort le venin, on n'a plus rien à craindre d'un ennemi lorsqu'il est mort.

    À la queue le venin, voy. QUEUE 1.

  • 2Poison en général. J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus mortels venins prévenir la furie, Racine, Mithr. IV, 5. La poudre de diamant n'est pas plus un venin que la poudre de corail, Voltaire, Louis XIV, 26.
  • 3 Par extension, principe et action des maladies contagieuses. Le venin de la petite vérole. Boudin …lui représentant [à Fagon, dans la variole du Dauphin] qu'eux médecins de la cour qui ne voyaient jamais aucune maladie de venin…, Saint-Simon, 293, 232.
  • 4 Fig. Ce qui est moralement comparé au venin matériel. Les langues ont toujours du venin à répandre, Et rien n'est ici-bas qui s'en puisse défendre, Molière, Tart. v, 3. Celui qui est en colère et qui le dit, est préférable au traditor qui cache son venin sous de belles et douces apparences, Sévigné, 12 janv. 1676. Les écrits où l'on m'avertit qu'il [Jurieu] répand sur moi tout ce qu'il a de venin, Bossuet, Déf. Variat. I. Ainsi parle un esprit… Qui, sous l'humble dehors d'un respect affecté, Cache le noir venin de sa malignité, Boileau, Sat. IX. Ai je d'un style affreux Distillé sur sa vie un venin dangereux ? Boileau, ib. L'envie, qui verse son venin mortel autour d'elle, et qui se tourne en rage, dans l'impuissance où elle est de nuire, Fénelon, Tél. XVIII. Depuis que je suis né, j'ai vu la calomnie Exhaler les venins de sa bouche impunie, Voltaire, Tancr. III, 3.

    Jeter tout son venin, dire, dans l'emportement de la colère, tout ce qu'on a sur le cœur.

    C'est un homme sans venin, il n'a point de malignité.

  • 5 Fig. En langage de dévotion, ce qui est contraire à la doctrine de l'Église. Un petit livre qui a beaucoup de venin et de dissimulation, Bossuet, Lett. quiét. 201. La déclaration des défenseurs de Jansénius fut jugée captieuse, conçue en des termes pleins d'artifice, et cachant, sous l'apparence d'une soumission en paroles, tout le venin de l'hérésie, Racine, Hist. de Port-Royal, part. 2. Puisse notre saint docteur leur servir à tous de modèle, et leur apprendre à se précautionner contre le venin dangereux de tant de livres ! Massillon, Panégyr. St Thomas d'Aquin.

    En général, mauvaise doctrine. De leurs venins bientôt ils [les partisans de Mahomet] infectent Médine, Voltaire, Fanat. I, 4.

  • 6Venin de marée, dit aussi vif et virli, petit poisson de mer dont la piqûre cause une vive douleur.

SYNONYME

POISON, VIRUS, VENIN, MIASMES. Les poisons sont ou des corps cristallisables ou volatils sans décomposition, d'origine minérale et d'origine organique, ou les sucs de plantes qui les renferment ; ils agissent en s'unissant, molécule à molécule, aux principes immédiats des tissus vivants, dont ils modifient ainsi la constitution ou qu'ils décomposent. Les venins sont des humeurs spéciales sécrétées surtout par certaines glandes des animaux et quelquefois des végétaux ; ils doivent leurs propriétés principalement à une substance organique naturelle ou principe immédiat coagulable et spécial, qui conserve toutes ses propriétés après la dessiccation ou après la mort de l'animal. Les virus sont un état particulier d'altération des substances organiques, liquides ou solides, qui existent normalement dans tout être vivant ou qui en proviennent ; ils agissent en transmettant à d'autres êtres un état d'altération semblable ou très analogue à celui dont ils sont le siége. Les miasmes, très voisins des virus, sont des substances organiques volatiles ou emportées par les liquides volatils lors de leur évaporation, qui proviennent des tissus animaux ou végétaux en voie de décomposition, des déjections, des exhalations pulmonaires ou sudorales d'animaux sains ou malades.

HISTORIQUE

XIIe s. Lo velin de detraction, Saint Bernard, p. 557. Venim e pureture grant merveille vomi, E jut mult lungement…, Th. le mart. 95. Jà soit ce que li venins del ancien anemi soit par toz les visces qui l'ont espandu el humain cuer, Job, p. 517.

XIIIe s. Du venim [poison] serai tost porveüe et pourquise, Berte, LXXVI. Et touzjours dit on que en sarpent ne puet on donner venin, car trop en i a, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 497. Cil [Jupiter] mist le venin es serpens, la Rose, 20330. Desloiatés… pot semer trop de venin, Beaumanoir, I, 11. En moi n'a ne venim ne fiel ; Il ne me remaint rien souz ciel ; Tout va sa voie, Rutebeuf, 26.

XVIe s. Un venin preparé à tout de la ciguë, Montaigne, II, 40. Venin contre venin duit, Car venin au venin nuit, Genin, Récréat. t. II, p. 251.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VENIN. - HIST. Ajoutez :

XIVe s. Celle serpent Qui par tot son verain espant, Macé, Bible en vers, f° 19, 2e col.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « venin »

Étymologie de venin - Littré

Berry, varin ; bourguig. vairin ; norm. velin ; provenç. vere, veri ; catal. veri ; ital. veleno ; du lat. venenum.

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Étymologie de venin - Wiktionnaire

Du latin venenum.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « venin »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
venin vœnɛ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « venin »

  • Cependant, une fois sur deux environ, le serpent n’injecte pas son venin lors de la morsure. Dans ce cas, on parle de morsure sèche : elle n’engendre que des symptômes locaux. Courrier picard, Comment réagir en cas de morsure d’un serpent?
  • D’après le rapport d’une récente étude publiée dans la revue Frontiers in Pharmacology, des scientifiques ont mis en évidence l’efficacité du venin de scorpion pour traiter des maladies auto-immunes et certains types de cancer. Linfo.re, Cancer: élaboration d’un traitement à partir de venin de scorpion - LINFO.re - Magazine, Santé / Beauté
  • Certains comportements, pourtant réputés comme efficaces sont à proscrire. Ainsi, n’incisez pas la plaie. Cela pourrait surinfecter la morsure ou favoriser la nécrose des tissus. L’utilisation d’un garrot est à éviter. Le venin se répand tout de même dans le corps et cela peut également provoquer des nécroses graves. Les bagues et bracelets doivent donc être retirés sous peine de jouer le rôle de garrot. N’essayez pas d’aspirer le venin. Enfin, tout ce qui accélère le rythme cardiaque de la victime est à éviter comme le fait de la soutenir en position debout ou de lui faire consommer des excitants (thé, café, alcool). Destination Santé, Morsures de serpent : comment réagir ? - A la une - Destination Santé
  • Le venin du scorpion panaché peut être utilisé pour traiter les maladies auto-immunes et certains types de cancer, selon une étude de chercheurs russes et belges. Les scientifiques ont artificiellement modifié la composition du venin de sorte qu'il a commencé à bloquer les canaux responsables du développement des maladies auto-immunes et du cancer. , Un traitement anti-cancer créé à partir de venin de scorpion - Sputnik France
  • Les chercheurs ont constaté que les protéines présentes dans les sécrétions étaient similaires à celles habituellement présentes dans le venin, comme l'enzyme phospholipase A2. Cependant, d'autres analyses restent nécessaires pour déterminer la composition exacte de cette sécrétion que l'on suppose être du venin. Science-et-vie.com, Venins : voici le premier amphibien doté de glandes venimeuses - Science & Vie
  • Les insectes femelles de la famille des hyménoptères possèdent un dard et des glandes à venin pouvant provoquer chez l'être humain douleurs, rougeurs ainsi que des réactions allergiques ou toxiques. Franceinfo, VIDEO. Abeilles, guêpes, frelons… Que faire face aux piqûres ?
  • Le conseil santé : le venin d'une piqûre de guêpe, c'est... LaProvence.com, Actualités | Le conseil santé : le venin d'une piqûre de guêpe, c'est à prendre au sérieux | La Provence
  • Bien que tout vice verse dans le coeur humain le poison de l'adversaire, c'est l'envie qui permet au serpent de cracher son venin le plus secret et de vomir la peste de sa méchanceté pour la faire partager. De Grégoire Le Grand
  • Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu'il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l'anus d'une hyène. De Ahmadou Kourouma / En attendant le vote des bêtes sauvages
  • Parfois, il vaut mieux ne pas chercher à comprendre, c'est plus simple car la vérité est plus cruelle que le venin du serpent. De Jean-Michel Wyl / Les Chiens de Satan
  • Le venin et le parfum sont toujours dans de petits flacons. De Luis Sepulveda / Une sale histoire
  • Le venin insidieux du passé se mêle au présent et l'empoisonne. De Moses Isegawa / Chroniques abyssiniennes
  • Peu à peu, les vieilles religions perdent leur venin, les plus récentes sont les pires. De Roland Topor
  • En la queue et en la fin Gît de coutume le venin. De Proverbe français
  • Crache ton venin. Et donne-moi la main. Tu verras ce sera bien, enfin. De Jean-Louis Aubert / Crache ton venin
  • Les langues ont toujours du venin à répandre. De Molière / Tartuffe
  • Femme et vin Ont leur venin. De Proverbe du XVIème siècle
  • Même le petit serpent a du venin. De Ankh-Sheshonq
  • La méchanceté boit elle-même la plus grande partie de son venin. Sénèque en latin Lucius Annaeus Seneca, dit Sénèque le Philosophe, Lettres à Lucilius, LXXXI

Traductions du mot « venin »

Langue Traduction
Corse velinu
Basque pozoia
Japonais
Russe яд
Portugais veneno
Arabe السم
Chinois 毒液
Allemand gift
Italien veleno
Espagnol veneno
Anglais venom
Source : Google Translate API

Synonymes de « venin »

Source : synonymes de venin sur lebonsynonyme.fr


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