Usage : définition de usage


Usage : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

USAGE, subst. masc.

A. −
1. Pratique, manière d'agir ancienne et fréquente, ne comportant pas d'impératif moral, qui est habituellement et normalement observée par les membres d'une société déterminée, d'un groupe social donné. Synon. coutume, habitude, tradition, us.Usage confirmé, consacré, établi, respectable, solennel. Je remarque en passant que cet usage d'une place et d'un siège particuliers pour la maîtresse de la maison est déjà fort ancien; le bon ton, la politesse même lui font une loi de ne l'offrir à aucune autre femme, quels que soient son rang et sa qualité (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 315).Pendant six mois, il me fut interdit de parler au mess. Usage excellent: nous apprenions ainsi à connaître l'humilité de notre condition et le respect dû à nos anciens (Maurois, Sil. Bramble, 1918, p. 142).
DR. ,,Règle de droit établie par une pratique ancienne et constante`` (Cap. 1936). Les parties sont libres d'écarter d'un commun accord l'application des usages aussi bien de fait que de droit (Réau-Rond.1951).
Usages commerciaux. Règles pratiquées ordinairement dans les négociations commerciales ou par support à ces négociations (d'apr. Barr. 1974). Usages locaux. Règles établies, dans certains lieux, pour l'exécution des conventions et qui, sans avoir été déterminées par la loi, sont adoptées par tout le monde (d'apr. Barr. 1974).
2.
a) L'usage. L'ensemble des règles et des pratiques qui régissent les rapports sociaux et qui sont les plus couramment observées. Il aimait et respectait sa mère. Il l'aimait plus encore par devoir que par inclination et son respect tenait plus de l'usage que du sentiment (A. France, Révolte anges, 1914, p. 317).
L'usage du monde. L'ensemble des pratiques sociales qui ont cours dans la bonne société. Toutes deux sont pétillantes d'esprit; mais l'esprit de madame de Vertpré est complété par l'usage du monde, qui manque à Pauline (Dumas père, Mari Veuve, 1832, 2, p. 246).Avoir l'usage du monde. Martial avait trop l'usage du monde, trop de finesse et de calcul pour s'exposer à rompre avec une femme si bien en cour (Balzac, Paix mén., 1830, p. 337).
C'est l'usage. C'est ce qui est conforme aux pratiques sociales; c'est ce qu'il convient de dire, ou de faire. Théodore (...) portait un habit bleu, « comme si l'on ne pouvait pas trouver un habit noir, puisque c'est l'usage, que diable! » (Flaub., MmeBovary, t. 2, 1857, p. 196).L'excessive froideur que lui témoigna Jeanne (...) l'avertit qu'il avait commis une maladresse. Pour la réparer, il s'empressa, comme c'est l'usage, d'en commettre une seconde (Feuillet, Paris., 1881, pp. 99-100).
D'usage. Conforme aux conventions, habituel, normal. Cérémonie, compliment, formalités, observations, plaisanteries d'usage. [Bénédict] ne lui adressait plus une seule de ces politesses d'usage qui rappellent à chaque instant les conventions (Sand, Valentine, 1832, p. 123).Il ne savait pas s'il devait dire Monsieur ou Docteur ou employer quelque autre formule d'usage et de respect (Arnoux, Rêv. policier amat., 1945, p. 112).
b) Habitude, pratique établie, propre à un groupe, à un individu. Voués par choix à un régime austère, ils placèrent la gourmandise parmi les péchés capitaux (...) et attaquèrent surtout l'usage de manger sur des lits, usage qui leur parut le résultat d'une mollesse coupable (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p. 271).Selon l'usage de. Je dormais donc, selon mon usage, Sur un banc du jardin d'ombrages entouré (Dumas père, Hamlet, 1848, i, 2, p. 185).Criant fort, exprès, de leurs grasses voix paysannes en se donnant des claques sur l'épaule, selon l'usage des bouviers et des maquignons (Bernanos, Joie, 1929, p. 684).
c) Pratique habituelle d'une activité; habitude de pratiquer une activité. L'usage exclusif d'écrire en latin sur les sciences, sur la philosophie, sur la jurisprudence (...) céda peu à peu la place à celui d'employer la langue usuelle de chaque pays (Condorcet, Esq. tabl. hist., 1794, p. 138).Le hasard (...) avait placé dans un emploi éminent un homme ayant l'usage d'écrire (Chateaubr., Congrès Vérone, t. 1, 1838, p. 360).
3.
a) Les usages. Les habitudes, les comportements qu'il convient de respecter, qui ne doivent pas être transgressés. Se conformer aux usages; connaître, oublier les usages. Il avait une façon d'enlever son chapeau et de laisser retomber le bras, qui semblait dire: « Ce n'est pas particulièrement pour vous que je me découvre; c'est parce que je tiens aux usages de la politesse » (Martin du G., Thib., Cah. gr., 1922, p. 628).Obligé d'habiter cette ville (...) j'ai tout fait pour me conformer aux usages de la province (J. Bousquet, Trad. du sil., 1936, p. 148).
b) Ensemble des bonnes manières qui caractérisent le savoir-vivre; ensemble des règles de civilité, de bienséance observées dans une société policée. Un grand écrivain sans usage s'entrave dans sa gloire comme dans un sabre (Mauriac, Journal 2, 1937, p. 183).
Avoir de l'usage. Être bien élevé. Tous les enfants élevés par leurs mères ont de l'usage et du savoir-vivre, deux acquisitions qui suppléent à l'esprit naturel (Balzac, Mém. jeunes mariées, 1842, p. 357).
B. −
1.
a) Fait de se servir de quelque chose, d'appliquer un procédé, une technique, de faire agir un objet, une matière selon leur nature, leur fonction propre afin d'obtenir un effet qui permette de satisfaire un besoin. Synon. emploi, utilisation.Par suite des usages auxquels on destine les métaux étamés, on exige du recouvrement des qualités de fini que l'on ne demande pas aux autres dépôts (Gasnier, Dépôts métall., 1927, p. 53):
1. Il ne devait pas être (...) facile de manger proprement quand on mangeait couché (...) on se servait des doigts, ou tout au plus du couteau, pour porter les morceaux à la bouche, car l'usage des fourchettes est moderne; on n'en a point trouvé dans les ruines d'Herculanum... Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p. 270.
[Le compl. du nom désigne qqc. de gén., d'abstr.] Il est sans doute un moyen d'échapper à la confusion. C'est négligeant l'usage vulgaire de l'argument, et l'appel qu'il fait à toute sorte d'opinions vagues d'en revenir à notre terreur (Paulhan, Fleurs Tarbes, 1941, p. 90).Le civilisé a (...) fait un usage croissant de l'abstraction (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p. 29).Rare. [Le compl. du nom désigne qqn] [Philippe IV] lui accorda [à Velasquez] l'usage gratuit du médecin et du chirurgien de la cour (Gautier, Guide Louvre, 1872, p. 263).
DR. COMM. Droit d'usage. Droit réel permettant à une personne de se servir de la chose d'autrui et d'en percevoir la portion de fruits nécessaire à ses besoins et à ceux de sa famille (d'apr. Cap. 1936). Son droit d'usage ou d'habitation est réglé par les conditions les plus variables, qui créent les rapports de propriété les plus complexes et les plus instables (Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 166).
En partic. Fait d'utiliser quelque chose pour sa consommation, pour ses besoins. Synon. consommation.Usage du beurre, du café, de la viande; usage de la cocaïne, de la drogue, du haschisch, de stupéfiants. Vous avez peut-être, madame, les artères du cerveau en tuyau de pipe. La Dame: Ciel! En tuyau de pipe! L'usage du tabac, docteur, y serait-il pour quelque chose? Je prise un peu (Romains, Knock, 1923, ii, 5, p. 13):
2. ... je crois m'apercevoir que le changement qui s'est fait en moi a été beaucoup avancé par l'usage journalier du thé et du vin. Je pense que (...) les buveurs d'eau conservent bien plus long-temps la délicatesse des sensations, et en quelque sorte, leur permière candeur. L'usage des stimulans vieillit nos organes. Senancour, Obermann, t. 2, 1840, p. 92.
b) Fait de se servir d'un organe, d'un membre; fait de mettre en action, en activité une fonction physique ou intellectuelle. Avoir, perdre, reprendre, retrouver l'usage de l'esprit, du libre arbitre, de la raison, de ses facultés, des jambes, des yeux. Une conscience bourrelée et l'effroi involontaire inspiré par un crime à ceux qui le commettent lui avaient ôté l'usage de la réflexion (Balzac, Gobseck, 1830, p. 435).Le climat de l'Angleterre (...) a renouvelé toutes mes blessures au point de me priver entièrement de l'usage d'un bras (Vigny,Serv. et grand. milit.,1835,p. 147).
L'usage des sens. Le fait d'avoir des sensations olfactives, gustatives, visuelles. J'avais perdu en un moment l'usage de mes sens, toutes mes facultés, la possession de moi-même, la raison, à cause d'une femme (A. France, Vie fleur, 1922, p. 527).Je reprends difficilement l'usage de mes sens. Mes yeux me pèsent (...). Quelque part, très loin de moi, les choses de la vie s'agitent (J. Bousquet, Trad. du sil., 1936, p. 63).
2. Utilisation, emploi de quelque chose; possibilité de se servir de quelque chose. L'usage des baïonnettes est une atrocité (Robesp., Discours, Subsist., t. 9, 1792, p. 111).Il fourrait, après usage, sa serviette dans la ceinture de son pantalon (Barbusse, Feu, 1916, p. 146).
Faire usage de qqc. Utiliser, employer. Synon. se servir de.Faire usage de la force, de son (bon) droit, de son autorité; faire usage de fausses pièces, de faux noms; faire usage de faux. (Il s'assied et ouvre le livre) Il n'en avait pas fait grand usage, ce me semble (...) Les feuilles sont collées les unes aux autres (Dumas père, Margot, 1845, iii, 8etabl., 7, p. 116).Les gendarmes avaient dû faire usage de leurs armes (Camus, Peste, 1947, p. 1308).
Faire bon, mauvais usage de qqc. Se servir de quelque chose de manière efficace, conforme ou non; utiliser, employer quelque chose à de bonnes fins ou à des fins condamnables. Les dangers de la systématisation ont été souvent mis en lumière (...) C'est un risque inhérent au système (...) que d'en faire mauvais usage, c'est-à-dire de ne pas tenir compte de tous les faits ou de les violenter pour faire entrer de force dans la construction ceux qui ne s'y plieraient pas volontiers (Lacroix, Marxisme, existent., personn., 1949, p. 57).
Mettre en usage. Se servir de quelque chose, mettre en action un procédé, quelque chose afin d'obtenir un résultat déterminé. Synon. employer, mettre en œuvre*, utiliser.Mettre tout en usage pour. La jeune coquette avait beau s'éventer gracieusement, sourire à des jeunes gens qui la saluaient et mettre en usage les ruses dont se sert une femme pour cacher son émotion, la douairière (...) savait lire dans son cœur et dans sa pensée (Balzac, Paix mén., 1830, p. 332).
À l'usage. Lors de l'utilisation, de l'emploi (de quelque chose). Je verrais vite, à l'usage, qu'elle s'essouffle, ainsi que mon corps, beaucoup plus vite (Gide, Journal, 1944, p. 260).
Faire beaucoup d'usage, faire de l'usage. Pouvoir être utilisé longtemps. Synon. durer.Chaussures, vêtements qui font de l'usage. P. plaisant. [À propos de qqn] L'insolent trépas de mon père avait désobligé les Schweitzer (...) Pour n'avoir su ni le prévoir ni le prévenir, ma mère fut réputée coupable: elle avait pris, à l'étourdie, un mari qui n'avait pas fait d'usage (Sartre, Mots, 1964, p. 9).
En usage, d'usage. Habituellement employé, couramment utilisé. Être encore en usage; sorti d'usage, de l'usage. Il existe encore un code de la morale et un répertoire des valeurs morales, restés en usage dans la bourgeoisie même (Aymé, Confort, 1949, p. 62).
Hors d'usage. [En parlant de qqc.] Qui ne peut plus être utilisé du fait de sa vétusté; qui ne peut plus produire l'effet attendu; qui ne fonctionne plus. Synon. désuet, obsolète, usé.Machine, pièce, ustensile hors d'usage. Des berlines hors d'usage traînaient (Zola, Germinal, 1885, p. 1239).P. plaisant. [À propos de qqn] Se sentir hors d'usage pour cette grande action qui va s'engager; d'intelligence non tant diminuée peut-être qu'alentie (Gide, Journal, 1943, p. 225).
À usage + adj., à usage de + subst.Destiné à être utilisé de façon précise, spécifique. Médicament à usage interne, externe; locaux à usage commercial, à usage d'habitation. L'agencement [de l'école maternelle] apparaît impropre à l'usage domestique, à la vie ordinaire: dans l'air, dans l'odeur, la couleur (...) il y a une incrustation de discipline (Frapié, Maternelle, 1904, p. 40).Lorsque j'aperçois sur un flacon pharmaceutique la mention « poison » ou « réservé à l'usage externe » (...) je songe (...) à notre première tentative d'assassinat (Bazin, Vipère, 1948, p. 185).
Avoir l'usage de qqn/qqc. Avoir la possibilité, le loisir d'utiliser quelque chose, de disposer de quelque chose; bénéficier des services de quelqu'un. Il m'est resté l'usage de la chambrière (Colette, Képi, 1943, p. 196).Ils avaient l'usage de la cuisine (...) et ils pouvaient s'y tenir toute la journée (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 210).
À, pour l'usage de. Destiné à être utilisé par une personne ou par une catégorie de personnes; qui est fait spécifiquement à l'intention d'une personne ou d'une catégorie de personnes. La soie était exclusivement réservée aux princes et aux personnages de la plus haute distinction; le camelot et la bure étaient à l'usage de la bourgeoisie et du peuple (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 257).Et comme Gabriel et Gridoux s'esclaffaient, elle ajouta pour leur usage et agrément: C'en est encore une que j'ai trouvée dans les Mémoires du général Vermot (Queneau, Zazie, 1959, p. 231).
C. − Dans le domaine du lang.
1. Fait de réaliser dans le discours, par la parole les éléments du langage. Faire usage d'une expression, d'une locution, d'un mot; expression, mot sorti(e) de l'usage, hors d'usage. Le mot aujourd'hui en usage est assez récent [charcutier], et récent aussi le verbe charcuter, qui n'a pu être fait qu'à un moment où ses éléments n'avaient plus de sens direct (Gourmont, Esthét. lang. fr., 1899, p. 145).
2. (Mise en œuvre de l')ensemble des règles qui caractérisent la langue effectivement pratiquée par la majorité des usagers d'une communauté linguistique, correspondant à un groupe social donné et à un moment déterminé. Usage écrit, oral; usage ancien, contemporain; usage courant, familier, littéraire, populaire, soutenu.
Le bon usage. Ensemble des prescriptions constituant un modèle socioculturel. Homme d'honneur, parole d'honneur, affaire d'honneur, ce sont là des locutions à demi-mortes et dont on ne voit pas facilement par quoi la langue de l'usage actuel les remplace. J'entends: la langue de l'usage actuel vrai, car il faut avouer que ce que nous nommons entre nous le bon usage, n'est guère, hélas, qu'une conception de notre Académie (Valéry, Variété IV, 1938, p. 170).
Orthographe d'usage. V. orthographe A 2.
Vx. Le bel usage. Usage qui présente les qualités esthétiques à la mode. Souvent (...) je me suis servi du mot propre. Rien ne choque davantage le bel usage du dix-neuvième siècle (Stendhal, Prom. ds Rome, t. 1, 1829, p. 40).
L'usage. L'utilisation effective du langage. L'usage est le maître de la langue. L'Académie a le Dictionnaire de l'usage qui comprend les termes et acceptions légitimes qui ont cours et vogue depuis deux siècles et de nos jours (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 5, 1863, p. 245).
Prononc. et Orth.: [yza:ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1155 « pratique généralement reçue, coutume » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 6385); b) 1261 usaiges de Borgoingne (Charte ds Hist. génér. et part. de Bourg., II, XXVI, éd. 1739 ds Gdf.); c) 1601 (Charron, Sagesse, p. 523: selon l'usage du monde); d) 1654 l'usage de la Cour (Guez de Balzac, Dissertations chrét. et mor., p. 302); 2. a) 1remoit. xiiies. « manière d'être (d'une personne) » (Audefroid le Bastard, éd. A. Cullmann, XIII, 9); b) 1360 (Arch. Nord, B 10285 fol. 4: Se femme et se fille avoient usage de prendre pain et farine au fil Hanciniaul). B. 1. a) Fin xiies. « emploi de quelque chose, fait de se servir de quelque chose » (Sermons St Bernard, éd. W. Foerster, 60, 38); b) 1547 « fonction particulière » (J. Martin, Arch. Vitruve, p. 6 vo: il faut accomoder le bastiment a l'usage); 2. 1370 avoir usage de raison (Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p. 183); 3. 1538 hors d'usage (Est., s.v. aboleo); 4. a) 1370 (Oresme, op. cit., p. 146: en latin « mos » c'est coutume et « moralis » c'est moral; mais en françois ces mos « meur » et « moral » ne sont pas en usage commun); b) 1549 (Du Bellay, Deffence et illustration, éd. H. Chamard, p. 35: commun usaige de parler; p. 143: le moderé usaige de telz vocables); c) 1579 (H. Estienne, Precellence, éd. E. Huguet, p. 190: appliquer une particule latine à divers usages; p. 168: [vocables] qui toutefois ne sont en usage qu'en certains endroits de la France [...] l'usage des dialectes); d) 1652 (Guez de Balzac, Socrate Chrestien, p. 247: le bon usage ne l'a point receû [le mot sectaire]). C. 1. a) Ca 1245 usages « impôts, redevances » (Philippe Mousket, Chron., éd. Reiffenberg, 2530); b) 1338 « usufruit » (26 av., Arch. Montjeu ds Gdf.); 2. 1316-28 droit d'usage (Ovide Moralisé, éd. C. de Boer, t. 2, p. 325). Dér. du lat. usus (v. us); suff. -age*; cf. lat. médiév. usagium (xiies. ds Latham) et usaticus (xes., ibid.). Fréq. abs. littér.: 7 079. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 16 559, b) 7 660; xxes.: a) 6 523, b) 7 947. Bbg. Klinkenberg (J.-M.). Les Niveaux de lang. et le filtre du « bon usage ». Fr. mod. 1982, t. 50, pp. 52-61.

Usage : définition du Wiktionnaire

Nom commun

usage \y.zaʒ\ masculin

  1. Coutume ; pratique reçue.
    • Il aimait fort les chansons de table ; et en cela il n'est pas blâmable, car depuis qu'elles ne sont plus d’usage le Français a beaucoup perdu de sa gaîté. — (Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des Ardennais, Paris, 1830, vol.2, p.13)
    • Comme les chorfa descendent du Prophète, ils appartiennent à la plus pure noblesse musulmane, et leur illustre ascendance, par un usage spécial au Maghreb, leur vaut les plus extraordinaires avantages. — (Eugène Aubin, Le Maroc dans la tourmente : 1902-1903, Librairie Armand Colin, 1904, rééd. Éditions Paris-Méditérannée, 2004, page 322)
    • […], on chercha, dans le Midi, à les déposséder des biens immeubles qu'ils détenaient en vertu d’usages très anciens. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • […] il était reproché à un charcutier d'avoir confectionné des produits de charcuterie, en l'espèce saucissons, saucisses ou godiveaux, contenant des matières grasses supérieures à un taux de 50%, ce qui l'avait mis en l'état infractionnel, eu égard aux usages locaux, loyaux et constants. — (Revue trimestrielle de droit commercial, volume 20, éd. Sirey, 1967, page 304)
    • L’usage coutumier et les habitudes traditionnelles ont régi les relations commerciales et les transactions en affaires. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p.64)
  2. (Désuet) Habitude, pratique particulière.
    • Il a l’usage de dîner de bonne heure.
  3. Connaissance pratique acquise par l’expérience.
    • Il avait été formé par un long usage à la vie de cour.
  4. (Désuet) Expérience de la société, habitude d’en pratiquer les devoirs, d’en observer les règles.
    • C’est un homme qui a beaucoup d’usage, qui a peu d’usage.
    • Manquer d’usage.
  5. Emploi d’une chose.
    • On note une prédominance à l'emploi des réseaux alternatifs et à l’usage généralisé du triphasé 200 V/400 Hz. — (Alain Caillot, Systèmes d’alimentation pour équipements électroniques, Techniques de l'Ingénieur, n° E 3 620, page 3)
    • Les CRS ont fait usage de la force pour expulser les sans-papiers.
    • Le bon, le mauvais usage des richesses.
    • A quel usage destinez-vous cela ?
  6. (Par extension) Utilité, possibilité d’emploi d’une chose.
    • Cela ne m’est plus d’aucun usage.
    • Bréviaire à l’usage de Paris, de Rome.
    • L’usage de la parole.
  7. Emploi qu’on fait des mots de la langue, tel que la coutume l’a réglé.
    • L’usage est l’arbitre souverain des langues.
    • Seulement, remarquez bien ceci, l’Académie, même à cette époque où elle était si franchement réformiste, ne devançait pas l’usage ; elle le suivait. — (Émile Faguet, Simplification simple de l’orthographe, 1905)
    • Ce terme n’a d’usage, n’est en usage que dans le style familier.
    • Le plus grand usage de ce mot est dans le style soutenu.
  8. Emploi personnel qu’on fait des mots.
    • L’usage qu’il a fait de cette expression est heureux.
    • Habile écrivain, il a fait de ce moi un usage inattendu, tout nouveau.
    • Vous faites des mots un usage vicieux.
    • L’Académie ne prétend pas régler l’usage de chaque mot, elle indique l’usage qu’on en fait.
  9. (Droit) Usufruit, droit de se servir personnellement d’une chose dont la propriété est à un autre.
    • En vendant sa bibliothèque, il s’en est réservé l’usage sa vie durant.
    • Les droits d’usage s’établissent et se perdent de la même manière que l’usufruit.
    1. (Droit) Droit qu’ont les voisins d’une forêt ou d’un pacage d’y couper le bois qui leur est nécessaire, ou d’y mener paître leur bétail.
      J’ai mon usage dans tel bois.

Note :

Dans le sens « emploi d’une chose », usage est souvent remplacé par « utilisation », hormis précédé de « bon », « mauvais », et dans « faire usage de ».
Fais-en bon usage.
L’utilisation de cet adjectif par l’auteur n’est pas innocent.

Note :

Ne pas confondre usage avec usure.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Usage : définition du Littré (1872-1877)

USAGE (u-za-j') s. m.
  • 1Action d'user de, emploi de. Je ne hais point la vie, et j'en aime l'usage, Corneille, Poly. v, 2. Soumission et usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme, Pascal, Pens. XIII, 2 bis, éd. HAVET. Un peu de patience m'apprendra tout ; mais vous savez que c'est une vertu qui n'est guère à mon usage, Sévigné, 101. Comme je ne sais point l'usage d'une grande chaise, Sévigné, 13 nov. 1675. Mais ce qui couronne la vie de cette princesse [Marie-Thérèse], c'est qu'elle fut toujours égale ; mêmes vertus… même usage des sacrements, mêmes principes, mêmes règles, Fléchier, Mar.-Thér. Vous avez vu cent fois nos soldats en courroux Porter en murmurant leurs aigles devant vous [Agrippine] ; Honteux de rabaisser par cet indigne usage Les héros dont encore elles portent l'image, Racine, Brit. IV, 2. Je demeurai sans voix, et n'en repris l'usage Que par mille sanglots qui se firent passage, Racine, Iphig. I, 1. Non-seulement toutes les viandes cuites avec des ragoûts par des cuisiniers, mais encore le vin, le pain, le sel, l'huile, le lait et tous les autres aliments ordinaires ne pouvaient être de son usage [de Pygmalion], Fénelon, Tél. VIII. Il est moins rare de trouver de l'esprit que des gens qui se servent du leur, ou qui fassent valoir celui des autres et le mettent à quelque usage, La Bruyère, II. Laissant à Elvire les jolis discours et les belles-lettres qu'elle met à tous usages, La Bruyère, XII. Son péché renfermait plusieurs désordres ; premièrement un injuste usage de son cœur, qui n'avait jamais été occupé que des créatures, Massillon, Carême, Pécheresse. Quand il s'agit d'une langue vivante, le chemin de l'usage est plus court que celui des préceptes, D'Olivet, Rem. Rac. 81. Le duc de Montausier a réellement fait commenter les meilleurs auteurs latins à l'usage du Dauphin, qui n'en faisait aucun usage, Voltaire, Dict. phil. Aristée. Je vous remercie, madame, de l'avis que vous voulez bien me donner ; on me le donne de toutes parts ; mais il n'est pas de mon usage, Rousseau, Lett. à Mme de Créqui, 7 juin 1762. Pourquoi ? dans quel dessein ? parlez : à quel usage ? Ducis, Othello, v, 4. Il fut [Leibnitz] chargé par M. de Montausier de l'édition de Martius Capella, à l'usage du Dauphin, Diderot, Opin. des anc. philos. (Leibnitzianisme).

    Mettre en usage, faire usage, employer. Il met tout en usage, et prière et menace, Corneille, Poly. I, 1. Il n'y a sorte de calomnie que vous n'ayez mise en usage, Pascal, Prov X. Ah ! qu'il [Pompone] fait un bon usage de sa disgrâce ! Sévigné, 12 juin 1680. Ma fille, il y a des femmes qu'il faudrait assommer à frais communs… la perfidie, la trahison… sont les qualités dont elles font l'usage le plus ordinaire, Sévigné, 28 août 1680. C'est une femme aimable [Mme de la Fayette]… et que vous aimiez dès que vous aviez le temps d'être avec elle, et de faire usage de son esprit et de sa raison, Sévigné, 4 janv. 1690. Il n'y a point d'autre parti à prendre que de les souffrir chrétiennement [les tribulations] ; c'est tout l'usage qu'on en doit faire, Sévigné, 20 août 1690. L'âme, déçue par sa liberté, dont elle a fait un mauvais usage, songe à la contraindre de toutes parts, Bossuet, la Vallière.

    Familièrement Ce drap fera beaucoup d'usage, il durera beaucoup ; il devient plus beau par l'usage, il prend, porté, une plus belle apparence.

    Toiles garanties à l'usage, toiles dont on garantit qu'elles dureront.

  • 2Utilité, service. Je ne connais point cette terrasse, où vous êtes toujours ; elle est d'un grand usage, puisqu'elle est à couvert de la bise, Sévigné, 564. Elle [une opinion probable] est de grand usage, Pascal, Prov. VI. Les histoires ne sont composées que des actions qui les occupent [les princes], et tout semble y être fait pour leur usage, Bossuet, Hist. Dessein général. La duplicité y est honorée [dans le monde] comme un talent d'un grand usage, Massillon, Paraphr. Ps. XXIV, V. 11.
  • 3 Terme de physiologie. Usage des organes, chacun des actes exécutés par chaque organe.
  • 4Démembrement du droit de propriété : le droit de se servir personnellement d'une chose dont la propriété est à un autre. En vendant sa bibliothèque, il s'en est réservé l'usage sa vie durant. Les droits d'usage et d'habitation s'établissent et se perdent de la même manière que l'usufruit, Code civ. art. 625. Celui qui a l'usage des fruits d'un fonds ne peut en exiger qu'autant qu'il lui en faut pour ses besoins et ceux de sa famille, ib. art. 630.
  • 5 Terme de droit administratif et forestier. Droit qu'ont les voisins d'une forêt ou d'un pacage, d'y couper le bois qui leur est nécessaire ou d'y mener paître leur bétail. On a ôté les usages aux riverains de cette forêt. J'ai droit d'usage, j'ai mon usage dans tel bois.

    Les grands usages comprenaient l'affouage, le maronage, le pâturage ou pacage, la glandée et la paisson. Les petits usages consistaient dans le droit d'enlever les branches sèches, le bois mort et le mort-bois.

  • 6Emploi ordinaire des mots, tel qu'il est dans la bouche du plus grand nombre. Que, pour cet effet [la correction de la langue], il serait bon d'établir un usage certain des mots [pour le style noble, le médiocre et le bas], Pellisson, Hist. de l'Acad. I. L'usage, je le confesse, est appelé avec raison le père des langues ; le droit de les établir, aussi bien que de les régler, n'a jamais été disputé à la multitude ; mais, si cette liberté ne veut pas être contrainte, elle souffre toutefois d'être dirigée, Bossuet, Disc. de récept. Par quelle raison ces mots de propre substance du corps et du sang sont demeurés en usage dans la réformation, Bossuet, Euchar. II, 4. Il me suffit de dire… que l'usage est contraire à tout ce que vous avez dit, et que c'est cet usage, qu'on appelle le tyran des langues vivantes, qui en juge en dernier ressort, Caillères, Mots à la mode, 2e conv. Il y a deux sortes d'usages, le bon et le mauvais, ID. ib. Le bon plaisir de l'usage, maître absolu des langues, D'Olivet, Ess. gramm. III, 1. L'usage malheureusement l'emporte toujours sur la raison ; c'est ce malheureux usage qui a un peu appauvri la langue française, et qui lui a donné plus de clarté que d'énergie et d'abondance, Voltaire, Lett. Beauzée, 14 janv. 1768. L'usage n'est pas aussi peu fondé en raison qu'ils le prétendent ; il s'établit d'après ce qu'on sent, et le sentiment est bien plus sûr que les règles des grammairiens, Condillac, Art d'écr. I, 10. Nous avons vu, en examinant les progrès des langues, que l'usage ne fixe le sens des mots que par le moyen des circonstances où l'on parle, Condillac, Connaiss. hum. II, II, 2. En matière de langue, il est une infinité de nuances imperceptibles et fugitives, qui, pour être démêlées, ont besoin, si on peut parler de la sorte, du frottement continuel de l'usage, D'Alembert, Œuv. t. IV, p. 124. Dans la manière de s'exprimer, comme dans celle de se vêtir, l'usage diffère de la mode, en ce qu'il a moins d'inconstance, Marmontel, Œuv. t. x, p. 406.

    Phrases d'usage, phrases toutes faites qu'on échange dans la conversation. Des phrases d'usage dont on se paye réciproquement, Diderot, Lett. à Mlle Voland, 7 oct. 1760.

    Emploi particulier qui se fait des mots. L'usage qu'il a fait de ce mot est heureux. L'usage vicieux de cette locution. Cet usage du mot de sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture, Bossuet, Hist. II, 2.

  • 7Pratique reçue généralement. Je viens, selon l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée, Racine, Athal. I, 1. Quoi ? mes frères, ce serait un délassement pour nous de voir la religion anéantie, les maximes de Jésus-Christ effacées, Dieu inconnu, les désordres devenus des usages, Massillon, Confér. Conduite des clercs dans le monde. On n'offense jamais plus les hommes que lorsqu'on choque leurs cérémonies et leurs usages, Montesquieu, Rom. 11. Vous êtes fou… quoi ! le public, l'usage ! - Le comte : L'usage est fait pour le mépris du sage, Voltaire, Nanine, I, 1. Des usages méprisables ne supposent pas toujours une nation méprisable, Voltaire, Dict. phil. Usage. L'usage est le maître de tout, Voltaire, Louis XIV, 13. Y a-t-il une plus exécrable tyrannie que celle de verser le sang à son gré, sans en rendre la moindre raison ? ce n'est pas l'usage, disent les juges ; eh, monstres ! il faut que cela devienne l'usage, Voltaire, Lettre à d'Argental, 5 juillet 1762. C'est le sort des usages établis, de subsister encore après que les besoins qui les ont fait naître ont cessé, Condillac, Conn. hum. II, I, 2. Il est certain que les anciennes monarchies se sont gouvernées par des usages plutôt que par des lois, Condillac, Hist. anc. Lois, 7. On dit les usages d'un corps et la coutume d'un pays, D'Alembert, Œuv. t. III, p. 294. L'exemple seul amène lentement les nouveaux usages, et, pour les faire admettre, il faut que les faits prouvent que ce qui est aujourd'hui vaut mieux que ce qui était hier, Toulongeon, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. III, p. 110. Nos usages et même notre luxe ne sont pas poétiques, Staël, Corinne, XV, 8.

    L'usage ordinaire, ce qui se fait habituellement dans la vie. Dans l'usage ordinaire, la première question qu'on fait sur une femme c'est ¨ Est-elle belle ? Fontenelle, Didon, Stratonice.

  • 8Pratique particulière. Il a l'usage de dîner de bonne heure. Il veille beaucoup, c'est son usage. Il est dans l'usage de prendre, chaque année, un mois de vacance. Je sais que des sultans l'usage m'est contraire, Racine, Baj. I, 3. Du moins, s'il faut céder, si, contre notre usage, Il faut d'un suppliant emprunter le visage, Racine, Mithr. III, 1.
  • 9Habitude d'user d'une chose, de la pratiquer. En tout indifférent, tout est à son usage, Régnier, Sat. XI. Les peuples qui n'ont pas l'usage des lettres, Bossuet, Hist. II, 3. Le peu d'usage que nous avons de la prière, Massillon, Carême, Prière 1. Les armes de Saül n'étaient pesantes pour David que parce qu'il n'en avait point l'usage, Massillon, Carême, Salut. Il [l'ennemi de mon salut] a un trop long usage de me vaincre, pour que j'aille imprudemment essayer mes forces naissantes contre les siennes, Massillon, Paraphr. Ps. XVII, V. 26. Les proscriptions étaient les armes à son usage [de Philippe II, d'Espagne], Voltaire, Mœurs, 165.
  • 10Connaissance, pratique acquise par l'expérience. Les ministres de Pharaon étaient des vieillards consommés dans les affaires, et formés par un long usage, Bourdaloue, Instruct. Prudence du salut, Exhort. t. II, p. 427. Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage, Sur les yeux de César composent leur visage, Racine, Brit. v, 5. Que n'ai-je plus d'usage dans l'art de décrire des victoires et des batailles ! Massillon, Or. fun. Conti. [Le maître d'école du village] Connaît les lunaisons, prophétise l'orage, Et même du latin eut jadis quelque usage, Delille, L'homme des champs, 1.

    Absolument. Ils regardent notre ministère comme un art d'exagération et d'hyperbole, les plus saints mouvements du zèle ne sont dans leur esprit que les tours étudiés d'un artifice humain… les maximes les plus incontestables, des discours où il entre plus d'usage que de vérité, Massillon, Carême, Parole.

  • 11Usage du monde, de la vie, expérience de la société, habitude d'en pratiquer les devoirs, d'en observer les manières. Du beau monde avait quelque usage, La Fontaine, Contr. C'est un homme qui a un grand usage, une grande pratique du monde, Acad. 1762, au mot monde. La mère de Valère est maussade, ennuyeuse, Sans usage du monde, une femme odieuse, Gresset, le Méch. I, 4. Le grand usage du monde qu'il [Moncrif] avait acquis, usage qui suppose, du moins à certain degré, la connaissance des hommes, de leurs passions et de leurs travers, D'Alembert, Élog. Moncrif. On peut avec beaucoup d'usage du monde n'être qu'un sot, Genlis, Veillées du château t. I, p 431.

    Absolument. Il manque d'usage. Il a beaucoup d'usage. Il a peu d'usage. Il [Villeroy] avait cet esprit de cour et du monde, que le grand usage donne, Saint-Simon, 392, 62. Telle personne a de l'usage, D'Alembert, Œuv. t. III, p. 294.

    Avoir de l'usage, pour avoir l'usage du monde, n'est ni dans Furetière ni dans l'Académie de 1694. Elle a de l'usage, de quoi ?… on doit dire : elle a de l'usage du monde, Genlis, Mém. t. v, p. 92. Mme de Genlis attribue cette locution au langage révolutionnaire ; mais elle se trompe ; la locution est antérieure à la Révolution, témoin Saint-Simon et d'Alembert.

  • 12 Au plur. Ancien terme de librairie. Livres pour le service divin, tels que bréviaires, rituels, etc.

    PROVERBE

    Usage rend maître, on devient maître, habile, en pratiquant beaucoup une chose.

REMARQUE

Au mot monté, l'Académie, au lieu de dire : il est dans l'usage de faire, dit : en usage de faire. Pautex blâme cette locution, à tort. Disant être dans l'usage de faire, il n'y a aucune raison pour ne pas dire être en usage de faire.

SYNONYME

USAGE, COUTUME. Suivant l'étymologie propre à chacun de ces mots, usage exprime la manière d'user, de se servir des choses de la vie ; et coutume, les habitudes que l'on a de faire telle ou telle chose. Mais on dit indistinctement : c'est la coutume, ou c'est l'usage.

HISTORIQUE

XIIe s. Je l'aim et serf et aor [adore] par usage [par habitude] ; Si ne li os [ose] mon penser descouvrir, Couci, XI.

XIIIe s. La diference qui est entre coustume et uzage, si est que toutes coustumes font à tenir ; mais y a tex [tels] usages que qui vaurroit [voudrait] pledier encontre et mener dusques à jugement, li uzaiges seroit de nule valeur, Beaumanoir, XXIV, 3. Et li commanda que tout cil Qui venissent à Aix manoir, De tous usages [impôts] fusent franc, Du Cange, usaticum. Car tel sont li usaige Qu'on ne peut mais, sans demant, rien trouver, Quesnes, Romancero, p. 84. Li rois et la roïne ont perçu vostre usage [manière d'être], Et bien dient entr'eus que [vous] n'estes mie sage, Audefroi le Bastard, ib. p. 14. Dame qui maine tel usage Le faucon resamble ramage, Lai du conseil. Enfant sont de parler vo lage, Se bien ne sont apris d'usage, ib. Ele avoit ung mauvès usage, Qu'ele ne pooit ou visage Regarder riens de plain en plaing, la Rose, 283. Ne n'an puet cil husage avoir, Liv. de jost. 56.

XIVe s. En françois ces mos meur et moral ne sont pas en usage commun, Oresme, Éth. 33. Et se il avenist que pour ce il perdist usage de raison, Oresme, ib. 25.

XVe s. Le suppliant depuis se mist à bon usaige [s'amenda], Du Cange, usagium.

XVIe s. Pourquoy m'alleguez vous l'usage Et la coustume… ? Marot, IV, 163. J'ay trouvé la fontaine, on m'en oste l'usage ; J'ay cultivé la plante, un autre a le fruitage, Desportes, Diverses amours, XXVI. L'usage des viandes salées, Montaigne, I, 20. L'utilité du vivre est en l'usage [façon d'user], Montaigne, I, 88. J'advisay d'en tirer quelque usage, Montaigne, I, 95. Cela ostoit tout usage d'armes et de membres, Montaigne, I, 362. Simple usage en forest n'emporte que mort bois et bois mort, Loysel, 251. Depuis, ceste parole est demourée en usage entre les Grecs, comme un proverbe commun, Amyot, Pélop. 20. La tempeste l'a prinse [la nef], et faut beaucoup d'usage Pour la mener au port entiere du naufrage, Ronsard, 709.

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Usage : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

USAGE, COUTUME, (Synonym.) L’usage semble être plus universel : la coutume paroît être plus ancienne. Ce que la plus grande partie des gens pratique, est un usage : ce qui s’est pratiqué depuis longtems est une coutume.

L’usage s’introduit & s’étend : la coutume s’établit & acquiert de l’autorité. Le premier fait la mode, la seconde forme l’habitude ; l’un & l’autre sont des especes de lois, entierement indépendantes de la raison, dans ce qui regarde l’extérieur de la conduite.

Il est quelquefois plus à propos de se conformer à un mauvais usage, que de se distinguer même par quelque chose de bon. Bien des gens suivent la coutume dans la façon de penser, comme dans le cérémonial ; ils s’en tiennent à ce que leurs meres & leurs nourrices ont pensé avant eux. Girard. (D. J.)

Usage, s. m. (Gram.) La différence prodigieuse de mots dont se servent les différens peuples de la terre pour exprimer les mêmes idées, la diversité des constructions, des idiotismes des phrases qu’ils employent dans les cas semblables, & souvent pour peindre les mêmes pensées ; la mobilité même de toutes ces choses, qui fait qu’une expression reçue en un tems est rejettée en un autre dans la même langue, ou que deux constructions différentes des mêmes mots y présentent des sens qui quelquefois n’ont entr’eux aucune analogie, comme grosse femme & femme grosse, sage femme & femme sage, honnête homme & homme honnête, &. Tout cela démontre assez qu’il y a bien de l’arbitraire dans les langues, que les mots & les phrases n’y ont que des significations accidentelles, qué la raison est insuffisante pour les faire deviner, & qu’il faut recourir à quelqu’autre moyen pour s’en instruire. Ce moyen unique de se mettre au fait des locutions qui constituent la langue, c’est l’usage. « Tout est usage dans les langues (Voyez Langue, init.) ; le matériel est la signification des mots, l’analogie & l’anomalie des terminaisons ; la servitude ou la liberté des constructions, le purisme ou le barbarisme des ensembles ». C’est pourquoi j’ai cru devoir définir une langue, la totalité des usages propres à une nation pour exprimer les pensées par la voix.

« Il n’y a nul objet, dit le p. Buffier (Gramm. fr. n°. 26), dont-il soit plus aisé & plus commun de se former l’idée, que de l’usage [en général] ; & il n’y a nul objet dont il soit plus difficile & plus rare de se former une idée exacte, que de l’usage par rapport aux langues. » Ce n’est pas précisément de l’usage des langues qu’il est difficile & rare de se former une idée exacte, c’est des caracteres du bon usage & de l’étendue de ses droits sur la langue. Les recherches mêmes du p. Buffier en sont la preuve, puisqu’après avoir annoncé cette difficulté, il entre en matiere en commençant par distinguer le bon & le mauvais usage, & ne s’occupe ensuite que des caracteres du bon, & son influence sur le choix des expressions.

« Si ce n’est autre chose, dit M. de Vaugelas en parlant de l’usage des langues (Remarq. pref. art. ij. n. 1.), si ce n’est autre chose, comme quelques-uns se l’imaginent, que la façon ordinaire de parler d’une nation dans le siege de son empire ; ceux qui sont nés & élevés n’auront qu’à parler le langage de leurs nourrices & de leurs domestiques, pour bien parler la langue du pays… Mais cette opinion choque tellement l’expérience générale, qu’elle se réfute d’elle-même… Il y a sans doute, continue-t-il (n. 2.), deux sortes d’usages, un bon & un mauvais. Le mauvais se forme du plus grand nombre de personnes, qui presque en toutes choses, n’est pas le meilleur ; & le bon, au contraire, est composé, non pas de la pluralité, mais de l’élite des voix ; & c’est véritablement celui que l’on nomme le maître des langues, celui qui faut suivre pour bien parler & & pour bien écrire ».

Ces réflexions de M. de Vaugelas sont très-solides & très-sages, mais elles sont encore trop générales pour servir de fondement à la définition du bon usage, qui est, dit-il (n. 3.), la façon de parler de la plus saine partie de la cour, conformément à la façon d’écrire de la plus saine partie des auteurs du tems.

« Quelque judicieuse, reprend le p. Buffier (n°. 32.), que soit cette définition, elle peut devenir encore l’origine d’une infinité de difficultés : car dans les contestations qui peuvent s’élever au sujet du langage, quelle sera la plus saine partie de la cour & des écrivains du tems ? Certainement si la contestation s’éleve à la cour, ou parmi les écrivains, chacun des deux partis ne manquera pas de se donner pour la plus saine partie… Peut-être feroit-on mieux, ajoûte-t-il (n°. 33.), de substituer dans la définition de M. de Vaugelas, le terme de plus grand nombre à celui de la plus saine partie. Car enfin, là où le plus grand nombre de personnes de la cour s’accorderont à parler comme le plus grand nombre des écrivains de réputation, on pourra aisément discerner quel est le [bon] usage. La plus nombreuse partie est quelque chose de palpable & de fixe, au lieu qui la plus saine partie peut souvent devenir insensible & arbitraire ».

Cette observation critique du savant jésuite, est très-bien fondée ; mais il ne corrige qu’à demi la définition de Vaugelas. La plus nombreuse partie des écrivains rentre communément dans la classe désignée par M. de Vaugelas comme n’étant pas la meilleure ; & pour juger avec certitude du bon usage, il faut effectivement indiquer la portion la plus saine des auteurs, mais lui donner des caracteres sensibles, afin de n’en pas abandonner la fixation au gré de ceux qui auroient des doutes sur la langue. Or il est constant que c’est la voix publique de la renommée qui nous fait connoitre les meilleurs auteurs qui se sont rendus célebres par leur exactitude dans le langage. C’est donc d’après ces observations que je dirois que le bon usage est la façon de parler de la plus nombreuse partie de la cour, conformément à la façon d’écrire de la plus nombreuse partie des auteurs les plus estimés du tems.

Ce n’est point un vain orgueil qui ôte à la multitude la droit de concourir à l’établissement du bon usage, ni une basse flatterie qui s’en rapporte à la plus nombreuse partie de la cour ; c’est la nature même du langage.

La cour est dans la société soumise au même gouvernement, ce que le cœur est dans le corps animal ; c’est le principe du mouvement & de la vie. Comme le sang part du cœur, pour se distribuer par les canaux convenables jusqu’aux extrémités du corps animal, d’où il est ensuite reporté au cœur, pour y reprendre une nouvelle vigueur, & vivifier encore les parties par où il repasse continuellement aux extrémités ; ainsi la justice & la protection partent de la cour, comme de la premiere source, pour se répandre, par le canal des lois, des tribunaux, des magistrats, & de tous les officiers préposés à cet effet, jusqu’aux parties les plus éloignées du corps politique, qui de leur côté adressent à la cour leurs sollicitations, pour y faire connoître leurs besoins, & y ranimer la circulation de protection & de justice que leur soumission & leurs charges leur donnent droit d’en attendre.

Or le langage est le lien nécessaire & fondamental de la société, qui n’auroit, sans ce moyen admirable de communication, aucune consistance durable, ni aucun avantage réel. D’ailleurs il est de l’équité que le foible emploie, pour faire connoître ses besoins, les signes les plus connus du protecteur à qui il s’adresse, s’il ne veut courir le risque de n’être ni entendu, ni secouru. Il est donc raisonnable que la cour, protectrice de la nation, ait dans le langage national une autorité prépondérante, à la charge également raisonnable que la partie la plus nombreuse de la cour l’emporte sur la partie la moins nombreuse, en cas de contestation sur la maniere de parler la plus légitime.

« Toutefois, dit M. de Vaugelas, ibid. n. 4. quelqu’avantage que nous donnions à la cour, elle n’est pas suffisante toute seule pour servir de regle ; il faut que la cour & les bons auteurs y concourent ; & ce n’est que de cette conformité qui se trouve entre les deux, que l’usage s’établit ». C’est que, comme je l’ai remarqué plus haut, le commerce de la cour & des parties du corps politique soumis à son gouvernement est essentiellement réciproque. Si les peuples doivent se mettre au fait du langage de la cour pour lui faire connoître leurs besoins & en obtenir justice & protection ; la cour doit entendre le langage des peuples, afin de leur distribuer avec intelligence la protection & la justice qu’elle leur doit, & les lois qu’elle a droit en conséquence de leur imposer.

« Ce n’est pas pourtant ; continue Vaugelas, ibid. n. 5. que la cour ne contribue incomparablement plus à l’usage que les auteurs, ni qu’il y ait aucune proportion de l’un à l’autre… Mais le consentement des bons auteurs est comme le sceau, ou une vérification qui autorise [qui constate] le langage de la cour, qui marque le bon usage, & décide celui qui est douteux.

Dans une nation où l’on parle une même langue (Buffier, n. 30. 31.) & où il y a néanmoins plusieurs états, comme seroient l’Italie & l’Allemagne ; chaque état peut prétendre à faire, aussi bien qu’un autre état, la regle du bon usage. Cependant il y en a certains, auxquels un consentement au-moins tacite de tous les autres semble donner la préférence ; & ceux-là d’ordinaire ont quelque supériorité sur les autres. Ainsi l’italien qui se parle à la cour du pape, semble d’un meilleur usage que celui qui se parle dans le reste de l’Italie » [à cause de la prééminence de l’autorité spirituelle, qui fait de Rome, comme la capitale de la république chrétienne, & qui sert même à augmenter l’autorité temporelle du pape]. « Cependant la cour du grand-duc de Toscane paroît balancer sur ce point la cour de Rome ; parce que les Toscans ayant fait diverses réflexions & divers ouvrages sur la langue italienne, & en particulier un dictionnaire qui a eu grand cours (celui de l’académie de la Crusca), ils se sont acquis par-là une réputation, que les autres contrées d’Italie ont reconnu bien fondée ; excepté néanmoins sur la prononciation : car la mode d’Italie n’autorise point autant la prononciation toscane que la prononciation romaine. »

Ceci prouve de plus en plus combien est grande sur l’usage des langues, l’autorité des gens de lettres distingués : c’est moins à cause de la souveraineté de la Toscane, qu’à cause de l’habileté reconnue des Toscans, que leur dialecte est parvenue au point de balancer la dialecte romaine ; & elle l’emporte en effet en ce qui concerne le choix & la propriété des termes, les constructions, les idiotismes, les tropes, & tout ce qui peut être perfectionné par une raison éclairée ; au-lieu que la cour de Rome l’emporte à l’égard de la prononciation, parce que c’est surtout une affaire d’agrément, & qu’il est indispensable de plaire à la cour pour y réussir.

Il sort de-là-même une autre conséquence très-importante. C’est que les gens de lettres les plus autorisés par le succès de leurs ouvrages doivent surtout être en garde contre les surprises du néologisme ou du néographisme, qui sont les ennemis les plus dangereux du bon usage de la langue nationale : c’est aux habiles écrivains à maintenir la pureté du langage, qui a été l’instrument de leur gloire, & dont l’altération peut les faire insensiblement rentrer dans l’oubli. Voyez Néologique, Néologisme.

Par rapport aux langues mortes, l’usage ne peut plus s’en fixer que par les livres qui nous restent du siecle auquel on s’attache ; & pour décider le siecle du meilleur usage, il faut donner la préférence à celui qui a donné naissance aux auteurs reconnus pour les plus distingués, tant par les nationaux que par les suffrages unanimes de la postérité. C’est à ces titres que l’on regarde comme le plus beau siecle de la langue latine, le siecle d’Auguste illustré par les Cicéron, les César, les Salluste, les Nepos, les T. Live, les Lucrece, les Horace, les Virgile, &c.

Dans les langues vivantes, le bon usage est douteux ou déclaré.

L’usage est douteux, quand on ignore quelle est ou doit être la pratique de ceux dont l’autorité en ce cas seroit prépondérante.

L’usage est déclaré, quand on connoît avec évidence la pratique de ceux dont l’autorité en ce cas doit être prépondérante.

I. L’usage ayant & devant avoir une égale influence sur la maniere de parler & sur celle d’écrire, précisément par les mêmes raisons ; de-là viennent plusieurs causes qui peuvent le rendre douteux.

1°. « Lorsque la prononciation d’un mot est douteuse, & qu’ainsi l’on ne sait comment on le doit prononcer… il faut de nécessité que la façon dont il se doit écrire, le soit aussi. »

2°. « La seconde cause du doute de l’usage, c’est la rareté de l’usage. Par exemple, il y a de certains mots dont on use rarement ; & à cause de cela on n’est pas bien éclairci de leur genre, s’il est masculin ou féminin ; de-sorte que, comme on ne sait pas bien de quelle façon on les lit, on ne sait pas bien aussi de quelle façon il les faut écrire ; comme tous ces noms, épigramme, épitaphe, épithete, épithalame, anagramme, & quantité d’autres de cette nature, surtout ceux qui commencent par une voyelle, comme ceux-ci ; parce que la voyelle de l’article qui va devant se mange, & ôte la connoissance du genre masculin ou féminin ; car quand on prononce ou qu’on écrit l’épigramme ou une épigramme [qui se prononce comme un épigramme], l’oreille ne sauroit juger du genre ». Rem. de Vaugelas. Préf. art. v. n. 2.

Si le doute où l’on est sur l’usage procede de la prononciation qui est équivoque, il faut consulter l’orthographe des bons auteurs, qui, par leur maniere d’écrire, indiqueront celle dont on doit prononcer.

Si ce moyen de consulter manque, à cause de la rareté des témoignages, ou même à cause de celle de l’usage ; il faut recourir alors à l’analogie pour décider le cas douteux par comparaison ; car l’analogie n’est autre chose que l’extension de l’usage à tous les cas semblables à ceux qu’il a décidés par le fait. On dit, par exemple, je vous prends tous a partie, & non à parties ; donc par analogie il faut dire, je vous prends a témoin, & non à témoins, parce que témoin dans ce second exemple est un nom abstractif, comme partie dans le premier, & la preuve qu’il est abstractif quelquefois & équivalent à témoignage, c’est que l’on dit, en témoin de quoi j’ai signé, &c. c’est-à-dire, en témoignage de quoi, ou, comme on dit encore, en foi de quoi, &c.

La même analogie, qui doit éclairer l’usage dans les cas douteux, doit le maintenir aussi contre les entreprises du néographisme. On écrit, par exemple, temporel, temporiser, où la lettre p est nécessaire ; c’est une raison présente pour la conserver dans le mot temps, plutôt que d’écrire tems, du-moins jusqu’à ce que l’usage soit devenu général sur ce dernier article. Ceux qui ont entrepris de supprimer au pluriel le t des noms & des adjectifs terminés en nt, comme garant, élément, savant, prudent, &c. n’ont pas pris garde à l’analogie, qui reclame cette lettre au pluriel, parce qu’elle est nécessaire au singulier & même dans les autres dérivés, comme garantie, garantir, élémentaire, savante, savantasse, prudente ; ainsi tant que l’usage contraire ne sera pas devenu général, les écrivains sages garderont garants, éléments, savants, prudents.

II. L’usage déclaré est général ou partagé : général, lorsque tous ceux dont l’autorité fait poids, parlent ou écrivent unanimement de la même maniere ; partagé, lorsqu’il y a deux manieres de parler ou d’écrire également autorisées par les gens de la cour & par des auteurs distingués dans le tems.

1°. A l’égard de l’usage général, il ne faut pas s’imaginer qu’il le soit au point, que chacun de ceux qui parlent ou qui écrivent le mieux, parlent ou écrivent en tout, comme tous les autres. « Mais, dit le pere Buffier, n. 35. si quelqu’un s’écarte, en des points particuliers, ou de tous, ou presque de tous les autres ; alors il doit être censé ne pas bien parler en ce point-là même. Du reste, il n’est homme si versé dans une langue, à qui cela n’arrive ». [Mais on ne doit jamais se permettre volontairement soit de parler, soit d’écrire d’une maniere contraire à l’usage déclaré : autrement, on s’expose ou à la pitié qu’excite l’ignorance, ou au blâme & au ridicule que mérite le néologisme].

« Les témoins les plus sûrs de l’usage déclaré, dit encore le pere Buffier, n. 36. sont les livres des auteurs qui passent communément pour bien écrire, & particuliere ment ceux où l’on fait des recherches sur la langue ; comme les remarques, les grammaires & les dictionnaires qui sont les plus répandus, surtout parmi les gens de lettres : car plus ils sont recherchés, plus c’est une marque que le public adopte & approuve leur témoignage. »

2°. « L’usage partagé... est le sujet de beaucoup de contestations peu importantes. Id. n. 37. Faut-il dire je puis ou je peux ; je vais ou je vas, &c.... Si l’un & l’autre se dit par diverses personnes de la cour & par d’habiles auteurs, chacun, selon son goût, peut employer l’une ou l’autre de ces expressions. En effet, puisqu’on n’a nulle regle pour préférer l’un à l’autre ; vouloir l’emporter dans ces points-là, sur ceux qui sont d’un avis ou d’un goût contraire, n’est-ce pas dire, je suis de la plus saine partie de la cour, ou de la plus saine partie des écrivains ? ce qui est une présomption puérile : car enfin les autres croyent avoir un goût aussi sain, & être aussi habiles à décider, & ne seront pas moins opiniâtres à soutenir leur décision. Dès qu’on est bien convaincu que des mots ne sont en rien préférables l’un à l’autre, pourvu qu’ils fassent entendre ce qu’on veut dire, & qu’ils ne contredisent pas l’usage qui est manifestement le plus universel ; pourquoi vouloir leur faire leur procès, pour se le faire faire à soi-même par les autres ? »

Le pere Buffier consent néanmoins que chacun s’en rapporte à son goût, pour se décider entre deux usages partagés. Mais qu’est-ce que le goût, sinon un jugement déterminé par quelque raison prépondérante ? & où faut-il chercher des raisons prépondérantes, quand l’autorité de l’usage se trouve également partagée ? L’analogie est presque toujours un moyen sûr de décider la préférence en pareil cas ; mais il faut être sûr de la bien reconnoître, & ne pas se faire illusion. Il est sage, dans ce cas, de comparer les raisonnemens contraires des grammairiens, pour en tirer la connoissance de la véritable analogie, & en faire son guide.

Pour se déterminer, par exemple, entre je vais & je vas ; pour chacun desquels le pere Bouhours reconnoît (rem. nouv. tom. I. p. 580.) qu’il y a de grands suffrages ; M. Ménage donnoit la préférence à je vais, par la raison que les verbes faire & taire font je fais & je tais. Mais il est évident que c’est ici une fausse analogie, & que, comme l’observe Thomas Corneille (not. sur la rem. xxvj. de Vaugelas), « faire & taire ne tirent point à conséquence pour le verbe aller » ; parce qu’ils ne sont pas de la même conjugaison, de la même classe analogique.

M. l’abbé Girard (vrais princip. disc. viij. t. II. p. 80.) panche pour je vas, par une autre raison analogique. « L’analogie générale de la conjugaison, veut, dit-il, que la premiere personne des présens de tous les verbes soit semblable à la troisieme, quand la terminaison en est féminine ; & semblable à la seconde tutoyante, quand la terminaison en est masculine : je crie, il crie ; j’adore, il adore ; [je souffre, il souffre] ; je pousse, il pousse ; ... je sors, tu sors ; je vois, tu vois, &c. » Il est évident que le raisonnement de l’académicien est mieux fondé : l’analogie qu’il consulte est vraiment commune à tous les verbes de notre langue ; & il est plus raisonnable, en cas de partage dans l’autorité, de se décider pour l’expression analogique, que pour celle qui est anomale ; parce que l’analogie facilite le langage, & qu’on ne sauroit mettre trop de facilité dans le commerce qu’exige la sociabilité.

La même analogie peut favoriser encore je peux à l’exclusion de je puis ; parce qu’à la seconde personne on dit toujours tu peux, & non pas tu puis, & que la troisieme même il peut, ne differe alors des deux premieres que par le t, qui en est le caractere propre.

Il faut prendre garde au reste, que je ne prétends autoriser les raisonnemens analogiques que dans deux circonstances ; savoir, quand l’usage est douteux, & quand il est partagé. Hors de-là, je crois que c’est pécher en effet contre le fondement de toutes les langues, que d’opposer à l’usage général les raisonnemens même les plus vraissemblables & les plus plausibles ; parce qu’une langue est en effet la totalité des usages propres à une nation pour exprimer la pensée par la parole, voyez Langue, & non pas le résultat des conventions réfléchies & symmétrisées des philosophes ou des raisonneurs de la nation.

Ainsi l’abbé Girard, qui a consulté l’analogie avec tant de succès en faveur de je vas, en a abusé contre la lettre x qui termine les mots je veux, tu peux, tu veux, tu peux. « J’avoue l’usage, dit-il, ibid. p. 91. & en même tems l’indifférence de la chose pour l’essentiel des regles… Si je m’éloigne dans certaines occasions des idées de quelques grammairiens ; c’est que j’ai attention à distinguer ce que la langue a de réel, de ce que l’imagination y suppose par la façon de la traiter, & le bon usage du mauvais autant que je les peus connoître… Quant à s au-lieu d’x en cette occasion, j’ai pris ce parti, parce que c’est une regle invariable que les secondes personnes tutoyantes finissent par s dans tous les verbes, ainsi que les premieres personnes quand elles ne se terminent pas en e muet ». Cet habile grammairien n’a pas assez pris garde qu’en avouant l’universalité de l’usage qu’il condamne, il dément d’avance ce qu’il dit ensuite, que de terminer par s les secondes personnes tutoyantes, & les premieres qui ne sont point terminées par un e muet, c’est dans notre langue une regle invariable ; l’usage de son aveu, a varié à l’égard de je peux & je veux. Il réplique que ce dernier usage est mauvais, & qu’il a attention à le distinguer du bon. C’est un vrai paralogisme ; l’usage universel ne sauroit jamais être mauvais, par la raison toute simple que ce qui est très-bon n’est pas mauvais, & que le souverain degré de la bonté de l’usage est l’universalité.

Mais cet usage, dont l’autorité est si absolue sur les langues, contre lequel on ne permet pas même à la raison de reclamer, & dont on vante l’excellence, sur-tout quand il est universel, n’a jamais en sa faveur qu’une universalité momentanée. Sujet à des changemens continuels, il n’est plus tel qu’il étoit du tems de nos peres, qui avoient altéré celui de nos ayeux, comme nos enfans altéreront celui que nous leur aurons transmis, pour y en substituer un autre qui essuiera les mêmes révolutions.

Ut sylvæ foliis pronos mutantur in annos,
Prima cadunt ; ita veroorum vetus interit ætas,
Et juvenum ritu florent modo nata vigentque…
Nedum sermonum stet honor & gratia vivax,
Multa renascentur quæ jam cecidêre, cadentque
Quæ nunc sunt in honore vocabula, si volet usus,
Quem penes arbitrium est, & jus, & norma loquendi.
 Art. poët. Hor.

Quel est celui, de tous ces usages fugitifs qui se succedent sans fin comme les eaux d’un même fleuve, qui doit dominer sur le langage national ?

La réponse à cette question est assez simple. On ne parle que pour être entendu, & pour l’être principalement de ceux avec qui l’on vit : nous n’avons aucun besoin de nous expliquer avec notre postérité ; c’est à elle à étudier notre langage, si elle veut pénétrer dans nos pensées pour en tirer des lumieres, comme nous étudions le langage des anciens pour tourner au profit de notre expérience leurs découvertes & leurs pensées, cachées pour nous sous le voile de l’ancien langage. C’est donc l’usage du tems où nous vivons qui doit nous servir de regle ; & c’est précisément à quoi pensoit Vaugelas, & ce que j’ai envisagé moi-même, lorsque lui & moi avons fait entrer dans la notion du bon usage, l’autorité des auteurs estimés du tems.

Au-surplus, entre tous ces usages successifs, il peut s’en trouver un, qui devienne la regle universelle pour tous les tems, du-moins à bien des égards. « Quand une langue, dit Vaugelas (Praf. art. x. n. 2.) a nombre & cadence en ses périodes, comme la langue françoise l’a maintenant, elle est en sa pefection ; & étant venue à ce point, on en peut donner des regles certaines qui dureront toujours. … Les regles que Cicéron a observées, & toutes les dictions & toutes les phrases dont il s’est servi, étoient aussi bonnes & aussi estimées du tems de Séneque, que quatre-vingt ou cent ans auparavant ; quoique du tems de Séneque on ne parlât plus comme au siecle de Cicéron, & que la langue fût extrémement déchue. »

J’ajouterai qu’il subsiste toujours deux sources inépuisables de changement par rapport aux langues, qui ne changent en effet que la superficie du bon usage une fois constaté, sans en altérer les principes fondamentaux & analogiques : ce sont la curiosité & la cupidité. La curiosité fait naître ou découvre sans fin de nouvelles idées, qui tiennent nécessairement à de nouveaux mots ; la cupidité combine en mille manieres différentes les passions & les idées des objets qui les irritent, ce qui donne perpétuellement lieu à de nouvelles combinaisons de mots, à de nouvelles phrases. Mais la création de ces mots & de ces phrases, est encore assujettie aux lois de l’analogie qui n’est, comme je l’ai dit, qu’une extension de l’usage à tous les cas semblables à ceux qu’il a déja décidés. On peut voir ailleurs, (Néologisme & Phrase.) ce qu’exige l’analogie dans ces occurrences.

Si un mot nouveau ou une phrase insolite se présentent sans l’attache de l’analogie, sans avoir, pour ainsi dire, le sceau de l’usage actuel, signatum præsente notâ (Hor. art. poët.) ; on les rejette avec dédain. Si, nonobstant ce défaut d’analogie, il arrive par quelque hasard qu’une phrase nouvelle ou un mot nouveau, fassent une fortune suffisante pour être enfin reconnus dans la langue ; je réponds hardiment, ou qu’insensiblement ils prendront une forme analogique, ou que leur forme actuelle les menera petit-à-petit à un sens tout autre que celui de leur institution primitive & plus analogue à leur forme, ou qu’ils n’auront fait qu’une fortune momentanée pour rentrer bientôt dans le néant d’où ils n’auroient jamais dû sortir. (E. R. M. B.)

Usage, (Jurisprud.) ce terme a dans cette matiere plusieurs significations différentes.

Usage d’une chose est lorsqu’on s’en sert pour son utilité.

Le propriétaire d’une chose est communément celui qui a droit d’en faire usage, un tiers ne peut pas de son autorité privée l’appliquer à son usage particulier.

Mais le propriétaire peut céder à un autre l’usage de la chose qui lui appartient, soit qu’il la prête gratuitement, soit qu’il la donne à loyer.

Usage, ou droit d’usage, est le droit de se servir d’une chose pour son utilité personnelle.

L’usage considéré sous ce point de vue, est mis dans le droit romain au nombre des servitudes personnelles, c’est-à-dire, qui sont dues à la personne directement.

Il differe de l’usufruit en ce que celui qui a droit d’usufruit, peut prendre tous les fruits & revenus de la chose même au-delà de son nécessaire, au-lieu que celui qui n’en a que le simple usage ne peut en prendre les fruits que pour ce dont il a besoin personnellement, il ne peut ni vendre son droit, ni le louer, céder ou préter à un autre, même gratuitement. Voyez aux institutes, liv. II. tit. jv.

Usage en fait de bois & forêts, s’entend du droit que quelqu’un à de prendre du bois dans les forêts ou bois du roi, ou de quelqu’autre seigneur, soit pour son chauffage, soit pour bâtir ou pour hayer.

On entend aussi par usage, en fait de forêts, le droit de mener ou envoyer paître ses bestiaux dans les bois ou forêts du roi ou des particuliers.

Tous droits d’usages dépendent des titres & de la possession, ils ne sont jamais censés accordés que suivant que les forêts peuvent les supposer.

Le droit d’usage pour bois à bâtir, & pour réparer, doit être réduit, eu égard à l’état où étoit la forêt lorsqu’il a été accordé, & à l’état présent ; il faut aussi faire attention à l’état & au nombre des personnes auxquelles le droit a été accordé, pour ne ne point donner d’extension à ce droit, soit pour la quantité ou la qualité du bois.

L’usage du bois pour le chauffage est réglé différemment selon le pays.

Quand les usagers ont une concession pour prendre du bois, soit verd, soit sec, autant qu’il en faut pour leur provision, sans aucune limitation ; ce droit doit être réduit à une certaine quantité de cordes, autrement il n’y auroit rien de certain, & il pourroit arriver que celui qui jouiroit présentement du droit de chauffage, consommeroit dix fois autant de bois que celui auquel il a été accordé.

En d’autres lieux les usagers ont la branche, la taille ou l’arbre par levée ; cette maniere de percevoir le droit d’usage, est aussi sujette à une infinité d’abus ; c’est pourquoi il est à propos de réduire cet usage à une certaine quantité de cordes, eu égard à l’état ancien & présent de la forêt, & des personnes ou communautés auxquelles le chauffage a été accordé. Quand la cause cesse, le chauffage doit aussi cesser.

L’usage du brisé, du sec & trainant, ou des rémanens ou restes des charpentiers, peut être toléré en tout tems & dans toutes sortes de bois.

L’usage des morts-bois ou bois blancs, doit être absolument défendu dans les taillis ; il peut être toléré dans les futayes de quarante à cinquante ans, mais à condition qu’avant de l’enlever, il sera visité sur les lieux par le garde du triage ; il est même bon de tenir la main à ce que le bois d’usage soit coupé par tronçon, & fendu sur le champ avant que de l’enlever, pour qu’on ne prenne pas de bois à bâtir au-lieu de bois de chauffage.

On ne doit souffrir en aucune façon l’usage du verd en gisant, ce seroit ouvrir la porte aux abus, n’étant pas possible de faire la distinction du bois de délit d’avec celui qui n’est sujet aux droits d’usage, c’est pourquoi l’on ne doit en enlever aucun qu’il ne soit devenu sec.

Pour ce qui est du bois mort en étant, l’usage ne doit point en être permis, quand même l’arbre seroit sec depuis la cime jusqu’à la racine ; il seroit à craindre que l’on ne fît mourir des arbres pour les avoir comme bois morts.

Le chauffage par délivrance de certaine quantité de cordes, ou de sommes de bois, doit être supprimé lorsqu’il a été accordé gratuitement ; si c’est à titre onéreux, il doit être réduit, eu égard à l’état ancien & actuel de la forêt, au nombre & à la qualité des usagers.

Il en est de même du chauffage qui a été accordé par laye ou certaine quantité de perches ou d’arpens.

L’usage qui consiste à prendre du bois pour hayer, ce qu’en langage des eaux & forêts on appelle la branche de plein poing, ou du-moins pour clore les vergers & autres lieux, ou pour ramer les lins, doit être entierement défendu dans les taillis ; on peut seulement le tolérer dans les futayes de 50 ans & au-dessus.

Tous droits d’usage de quelque espece qu’ils soient, n’arreragent point, il faut le percevoir chaque année.

L’ordonnance de 1669 a supprimé tous les droits d’usage dans les forêts du roi, soit pour bois à bâtir ou à réparer, soit pour le chauffage, à quelque titre qu’ils fussent dûs, sauf à pourvoir à l’indemnité de ceux auxquels il étoit dû quelqu’un de ces droits à titre de fondation, donation ou échange ; elle défend d’y en accorder aucuns à l’avenir, & ne conserve que les chauffages accordés aux officiers, moyennant finance, & aux hôpitaux & communautés à titre d’aumône ou de fondation, pour leur être payés non pas en essence, mais en argent, sur le prix des ventes, en se faisant par eux inscrire dans les états arrêtés au conseil.

Les usagers sont responsables de leurs ouvriers & domestiques.

En général pour tous droits d’usage de bois, on doit observer de ne pas étendre le droit de nouvelles habitations qui n’étoient pas comprises dans la concession originaire, de ne pas excéder les termes de la concession ni la personne des usagers, & de ne pas souffrir qu’ils vendent ou donnent ce droit à leurs parens ou amis, de ne point laisser prendre du bois d’une meilleure qualité ou en plus grande quantité, qu’il n’en est dû, ou que la forêt n’en peut supporter, afin que le bois soit bien abattu, & hors le tems de seve.

Le droit d’usage pour le pâturage ou parage a aussi ses regles, dont les principales sont que les usagers ne doivent mener aucuns bestiaux dans les bois, qu’ils ne soient défensables, c’est-à-dire, qu’ils n’aient au-moins trois feuilles.

On distingue même les bêtes chevalines des bêtes à cornes.

Les premieres paissent l’herbe assez assiduement, & touchent moins aux branches ; les autres s’élevent en haut, broutent par tout le bois, & font bien plus de tort aux rejets du bois ; c’est pourquoi l’on peut mener les chevaux dans les taillis de cinq ans, ou au-moins de trois, au-lieu que pour les bêtes à cornes, il faut que les taillis aient au-moins six ou sept années.

Les usagers ne peuvent communément mettre dans les pâturages que les bestiaux de leur nourriture : en quelques endroits on limite l’usage aux bestiaux qu’ils avoient en propre à la Notre-Dame de Mars, avant l’ouverture de la paisson, & aux petits qui en sont provenus depuis ; ceux qu’ils ont d’achat, & dont ils font commerce, n’y sont point compris, non plus que ceux que l’usager tient à louage ou à cheptel ; on les tolere cependant en Nivernois, en indemnisant le seigneur très-foncier.

Les bestiaux de la nourriture que l’on peut mettre pâturer dans les usages ont été fixés à deux vaches & quatre porcs, pour chaque feu ou ménage, de quelque qualité que soient les usagers, soit propriétaires, fermiers ou locataires.

Le pâturage est toujours défendu dans les bois aux usagers pendant le tems du brout & de la fenaison. Voyez l’ordonnance de 1669, tit. 19 & 20, & les mots Bois, Communes, Chauffage, Parage, Panage, Paturage, Prés, Taillis, Usagers.

Usage signifie aussi ce que l’on a coutume d’observer & de pratiquer en certain cas.

Le long usage confirmé par le consentement tacite des peuples, acquiert insensiblement force de loi.

Quand on parle d’usage, on entend ordinairement un usage non-écrit, c’est-à-dire qui n’a point été receuilli par écrit, & rédigé en forme de coutume ou de loi.

Cependant on distingue deux sortes d’usages, savoir, usage écrit & non-écrit.

Les coutumes n’étoient dans leur origine que des usages non-écrits qui ont été dans la suite rédigés par écrit, de l’autorité du prince ; il y a néanmoins encore des usages non-écrits, tant au pays coutumier, que dans les pays de droit écrit.

L’abus est oppose à l’usage, & signifie un usage contraire à la raison, à l’équité, à la coutume ou autre loi. Voyez aux institutes, liv. I. tit. 2, & les mots Coutume, Droit, Loi, Ordonnance. (A)

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Étymologie de « usage »

Étymologie de usage - Littré

Berry, urage, terre communale ; wallon, uzeg ; prov. usatge ; espagn. usage ; ital. usaggio ; du bas-lat. usaticum, dérivé de usus, usage.

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Étymologie de usage - Wiktionnaire

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Phonétique du mot « usage »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
usage yzaʒ play_arrow

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  • Beau projet et drap neuf rétrécissent à l’usage. De Proverbe scandinave
  • La société des femmes est la source du bon usage. De Johann Wolfgang von Goethe
  • L'usage du temps exclut la fantaisie. De Pierre Kyria / Pierrot des solitudes
  • La vie. Bien agiter avant l'usage. De Miguel de Unamuno / Frère Don Juan
  • Mémoire et usage, rendent l'homme sage. De Proverbe français
  • Qui prête son aiguille sans gage en perd l’usage. De Proverbe limousin
  • Toute métaphysique résulte d’un mauvais usage des mots. De Paul Valéry
  • Trois tyrans : la loi, l'usage et la nécessité. De Ménandre
  • Conseil. Petite monnaie d'usage courant. De Ambrose Bierce / Le Dictionnaire du diable
  • L’usage est souvent un abus. De Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais / Le Mariage de Figaro
  • L’usage est le tyran des langues. De Proverbe français
  • Chaque usage a sa raison. De Michel de Montaigne
  • Moisson : usage de faux. De Léo Campion
  • Politesse : usage hors d'usage. De Romain Coolus
  • Jean Lapin allégua la coutume et l'usage […]. Jean de La Fontaine, Fables, le Chat, la Belette et le Petit Lapin
  • Tout usage finit par se changer en abus. Jean Dutourd, Le Fond et la forme, Gallimard

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Traductions du mot « usage »

Langue Traduction
Corse usà
Basque erabilera
Japonais 使用する
Russe использование
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Arabe استعمال
Chinois
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Italien uso
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Synonymes de « usage »

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Antonymes de « usage »


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