La langue française

Supplément

Sommaire

  • Définitions du mot supplément
  • Étymologie de « supplément »
  • Phonétique de « supplément »
  • Citations contenant le mot « supplément »
  • Images d'illustration du mot « supplément »
  • Traductions du mot « supplément »
  • Synonymes de « supplément »
  • Antonymes de « supplément »

Définitions du mot « supplément »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUPPLÉMENT, subst. masc.

A. −
1. Vieilli. Ce qui supplée à une insuffisance, à un manque en s'ajoutant, en remplaçant. Faites, s'il vous plaît, bien examiner les épreuves (...). Lisez bien les ratures et les suppléments aux ratures (Lamart., Corresp., 1831, p. 201).Le duel (bien que supplément obligé aux lois qui ne connaissent pas des offenses faites à l'honneur) est affreux, surtout lorsqu'il détruit une vie pleine d'espérances (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 538).
2. GÉOM. Supplément d'un angle. Angle qu'il faut ajouter à un autre pour que leur somme soit égale à un angle plat. Pour démontrer que deux angles sont égaux on pourra essayer de démontrer (...) qu'ils ont le même complément ou le même supplément (Roux, Miellou, Géom., 1946, p. 255).
B. − Usuel
1.
a)
α) Un supplément de + subst. précisant l'obj. du procès.Ce qui vient s'ajouter à ce qui est considéré comme normal, complet ou suffisant dans les conditions habituelles. Synon. surcroît, surplus.MeHenri-Robert déposa des conclusions tendant à ce que l'affaire fût renvoyée à une autre session pour supplément d'instruction (G. Leroux, Myst. ch. jaune, 1907, p. 149).[J']avais prévenu [le commandant de l'armée d'Orient] qu'il ne pouvait pas compter sur le supplément de six divisions nouvelles qu'il demandait (Joffre, Mém., t. 2, 1931, p. 292).
SYNT. Faire un supplément d'enquête; ordonner un supplément d'information; fournir un supplément de preuves; demander un supplément de crédit; prévoir un supplément de dépense; assurer un supplément de production; attendre (de qqc.) un supplément de profit; percevoir un supplément de rémunération; tirer (de qqc.) un supplément de ressources; apporter un supplément de confort; engager un supplément de personnel; exiger un supplément de temps.
[Avec adj. ou subst. en appos.] [Les gabiers] avaient fait un supplément de quart d'une heure, à cause des embarcations qu'il avait fallu ressaisir (Loti, Mon frère Yves, 1883, p. 141).Vallisnieri (1661-1730) apporte sur la même question un supplément considérable de faits nouveaux (J. Rostand, Genèse vie, 1943, p. 26).
β) P. ext. Accroissement, augmentation. S'il a été vendu deux fonds par le même contrat, et pour un seul et même prix, avec désignation de la mesure de chacun, et qu'il se trouve moins de contenance en l'un et plus en l'autre, on fait compensation jusqu'à due concurrence; et l'action, soit en supplément, soit en diminution du prix, n'a lieu que suivant les règles ci-dessus établies (Code civil, 1804, art. 1623, p. 299).
b) Loc. adj. De supplément. Qui s'ajoute à la quantité habituelle, à la quantité antérieure. Synon. supplémentaire, de plus.Servi là par une cuisinière et par un valet de chambre, il louait deux domestiques de supplément (...) quand il festoyait des amis politiques, des gens à éblouir (Balzac, Cous. Bette, 1846, p. 109):
Quand tous les chromosomes sont en surnombre, c'est-à-dire quand l'individu porte tout un génome de supplément, ou même quand il en porte plusieurs, les rapports mutuels des gènes ne sont point troublés; et l'organisme ne diffère du type normal que par sa plus grande taille. Cuénot, J. Rostand, Introd. génét., 1936, p. 53.
c) Loc. adv.
α) En supplément. En plus. Dieu n'a pas révélé le nombre raisonnable des étreintes conjugales, mais c'est justement là où il attend sa créature. Tout ce qu'on prend en supplément se paie cher sur la terre comme au ciel, et surtout sur la terre (Aymé, Jument, 1933, p. 210).
En supplément de + subst. Pour les antichars, 36 pièces avec munitions, en supplément de celles qui existent ou arrivent, seraient nécessaires dans un court délai (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 391).
β) Par supplément (vieilli). Même sens. [En continuant de lire l'affiche,] je vis qu'on nous promettait, par supplément, l'ouverture de l'opéra d'Elisca (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 243).
2. Ce que l'on ajoute, ce qui s'ajoute effectivement; l'objet du procès.
a) Prestation qui s'ajoute à la prestation de base et qui entraîne éventuellement
α) une augmentation du coût (généralement dans le domaine de la restauration). Dessert, vin en supplément. S'interrompant, se tournant vers le garçon de service:Pierre, je ne puis pas avaler le bœuf, vous savez... Dites donc qu'on me fasse un petit supplément, une omelette, hein! et moelleuse, s'il est possible! (Zola, Bonh. dames, 1883, p. 551).Le client (...) dépense volontiers. Les vins fins ou supposés tels, les suppléments les plus chers (Camus, Peste, 1947, p. 1315).
En partic. Pour les sportifs, les suppléments alimentaires nécessaires seront principalement les sucres, les amidons, ainsi que les vitamines C et B (R. Lalanne, Alim. hum., 1942, p. 51).
β) un accroissement de rémunération, de revenu. La femme de ménage, Hortense, elle venait qu'une heure le tantôt et puis deux heures après dîner. Toute la journée elle servait dans une épicerie (...) chez nous elle faisait un supplément (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 366).
b)
α) Somme d'argent à débourser pour des prestations dont le paiement n'était pas compris dans le prix de base. Une excellente nourriture... Des prix forts modestes... Pas de suppléments, ni de suprises!... (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 238).Vous pourrez même, sans supplément aucun, faire escale au lieu qui vous plaira (Le Figaro, 19-20 janv. 1952, p. 3, col. 1-2).
TRANSP. Taxe à acquitter pour pouvoir emprunter certains trains ou bénéficier de certaines installations. Trains rapides à suppléments (Defert, Pol. tour Fr., 1960, p. 81). P. méton. Titre qui en atteste le paiement. Nous avons l'honneur de vous faire parvenir (...) deux billets de première classe Paris-Londres, via Calais-Douvres, et les suppléments ci-inclus de cabine et pullman (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 365).
[Avec compl. prép. précisant le motif du débours] Il avait eu à payer un supplément de bagages (...) et il ne lui était pas resté un sol (Goncourt, Journal, 1886, p. 604).
β) Somme d'argent qui s'ajoute à un avoir, à un salaire. Le jeune marquis n'avait retiré de la succession de son père que quinze ou dix-huit mille francs de rente (...) même avec le léger supplément que sa tante y ajoutait en guise d'étrennes, c'était peu de chose pour un homme de son nom (Feuillet, Honn. d'artiste, 1890, p. 3).Étiennette: (...) Je m'en suis bien tirée, n'est-ce pas? Marceline: Oui, oui, merci. Vous trouverez votre petit supplément à la fin du mois (Achard, J. de la lune, 1929, ii, 5, p. 18).V. anse ex. 5.
LÉGISL. SOC. Indemnité complémentaire versée avec le salaire de base. À Paris et dans les communes de la Seine, l'indemnité de logement est remplacée par un supplément communal (Encyclop. éduc., 1960, p. 110).
Supplément familial de traitement. Rémunération additionnelle versée à un agent, en fonction du nombre de ses enfants. Le supplément familial (décret 21 mai 1955). Il se compose: d'un élément fixe pour un enfant: 6 000 f par an, pour deux enfants: 9 000 f par an (...). D'un élément proportionnel. Un pourcentage est applicable à la portion du traitement de base à prendre en considération (Encyclop. éduc., 1960, p. 301).
c)
α) Publication annexe d'un livre, d'un journal. Synon. appendice, complément.Supplément hebdomaire, mensuel (d'un journal); supplément d'un dictionnaire; publier, faire paraître un supplément. Il criait (...) des vers de Heredia, de Sully Prudhomme, de Leconte de Lisle, tous ceux à qui les morceaux choisis de Marcou conféraient la notoriété, dans un supplément en petits caractères consacré à la poésie contemporaine (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 87).Ce fut assez l'idée de l'époque pour que l'Assemblée Nationale [adoptât] (...) en 1850 un amendement de M. de Riancey, frappant d'un timbre tout roman-feuilleton publié dans un journal ou dans un supplément (Morienval, Créateurs gde presse, 1934, p. 68).
[Avec compl. prép. désignant l'ouvrage] Supplément de. Picart tenait sous ses coudes les gravures du Supplément illustré du Petit Journal (Hamp, Champagne, 1909, p. 119).[Mon père] le fit entrer au Figaro, dont il rédigea le supplément littéraire (L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 130).Supplément à. En vue de saisir la différence de « mentalité » entre les anciens chercheurs et les nouveaux, on peut comparer le Dictionnaire de la Bible de Vigouroux (Letouzey et Ané, 1903) avec le Supplément au Dictionnaire de la Bible de Pirot, Robert, Cazelles, fasc. XXVIII paru (Letouzey et Ané) (Philos., Relig., 1957, p. 48-16).Le supplément au catalogue général [de la Bibliothèque Nationale de Paris] se présente actuellement sur fiches (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 1095).
En compos. Son supplément-magazine du dimanche [du « Matin »] avec ses photos couleurs, ses reportages, ses enquêtes, ses jeux (Le Nouvel Observateur, 13 août 1979, p. 62).
P. méton. L'équipe, l'entreprise qui publie le supplément. Bonnetain ne nous cache pas que, de par Zola, il sera fichu à la porte du Supplément du Figaro avant deux mois (Goncourt, Journal, 1888, p. 768).
β) P. anal. Le lied a été publié, pour la première fois, comme supplément musical à la Wiener Zeitschrift für Kunst du 31 mars 1818 (Rolland, Beethoven, t. 1, 1937, p. 188).Le texte de l'accord et du supplément à cet accord (...) sera mis immédiatement en application par les autorités militaires françaises qu'il concerne (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 459).
REM.
Supplémentation, subst. fém.,méd. Apport de nutriments destinés à améliorer la qualité du régime alimentaire d'une population donnée. [En Chine] sévit la maladie de Keshan, cardiomyopathie fatale touchant plusieurs millions de Chinois vivant dans une zone où le sol est très pauvre en sélénium. Cette maladie a régressé en partie, depuis les années 1980, grâce à une supplémentation en sélénium (Le Journal du CNRS, juin 1988, p. 9, col. 3).
Prononc. et Orth. : [syplemɑ ̃]. Ac. 1694, 1718: supplement, dep. 1740: -plé-. Étymol. et Hist. 1. 1313 en faisant plain supploiement de « fourniture complète » (A.N. JJ 49, fo55 vods Gdf. Compl.); 2. 1332 en suppleement de « en exécution de » (A.N. JJ 61, fo37 vo, ibid.); 3. 1361 suppleement « ce qu'on ajoute à une chose déjà complète » (Oresme ds Meunier, p. 202); 4. 1541 supplyement « ce qui joue le rôle de, remplace » (Calvin, Instit. de la religion chrestienne, éd. J. D. Benoit, l. 3, chap. 5, p. 147); 5. a) 1627 « partie qu'on ajoute à un ouvrage pour le compléter » (Peiresc, Let., V, p. 249 ds Quem. DDL t. 21); b) 1835 « brochures ou fascicules annexés à une publication » (Ac.); 6. 1690 « ce qui est fourni en complément pour rétablir une égalité » (Fur.); 7. 1765 géom. supplément d'un arc (Encyclop.); 1793 supplément d'un angle (Schwan, Nouv. dict. de la lang. fr. et all., p. 458); 8. 1799 « somme que l'usager doit verser en plus pour obtenir un bien ou un service supplémentaire » (Pigault-Lebrun, Angélique et Jeanneton de la place Maubert, p. 89 ds Quem. DDL t. 21); 1835 « coupon qui atteste le paiement de cette somme supplémentaire » (Ac.); 9. 1872 en supplément (Littré). Empr. au lat.supplementum « fait de compléter », « complément », avec infl. de suppléer* pour les formes les plus anciennes. Fréq. abs. littér.: 400. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 513, b) 293; xxes.: a) 558, b) 770.
DÉR.
Supplémenter, verbe trans.a) α) Littér., rare. Supplémenter qqc.1par qqc.2Pourvoir en supplément quelque chose de quelque chose; ajouter en supplément quelque chose à quelque chose. Une petite taille supplémentée par de hauts talons. Maman désirerait se confesser, lui dit-elle de la voix respectueuse et sourde qu'elle eût prise pour se confesser elle-même. Mais il répondit simplement: « Pax huic domi », ce qu'il supplémenta au bout de quelques secondes par cet autre souhait latin: « Et omnibus inhabitantibus in ea » (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 324).Empl. pronom. passif. Les maisons clairsemées se supplémentaient d'immenses portails rougeâtres ayant l'air d'accessoires. Pareils aux post-scriptum des lettres ils contenaient cependant l'essentiel, à en juger par les haquets à tonneaux des terres vinicoles qui stationnaient devant eux (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 271). β) Au part. passé adj. Qui est pourvu d'un supplément. Il ne s'agit que d'un rangement des matières un peu différent, et portant surtout sur les dimanches ordinaires, afin de mettre le livre de chant en concordance avec le sacramentaire « supplémenté » (Gastoué, Orig. chant romain, 1907, p. 91).En partic. [Corresp. à supplémentation] Aliment supplémenté. Aliment pourvu d'adjonctions destinées à en améliorer la qualité (d'apr. Quillet Suppl. 1971). b) [Corresp. à supra B 2 b α] α) Transp. Supplémenter un billet. Ajouter au prix d'un billet le paiement d'une taxe supplémentaire autorisant le possesseur à occuper une place dans une catégorie supérieure à celle qui était initialement prévue. (Dict. xxes.). Supplémenter un voyageur. Lui faire payer un supplément (Dict. xxes.). β) Part. passé adj. Qui est justiciable du paiement d'un supplément. « Voulez-vous choisir votre menu? » Il me tend la carte: j'ai droit à un hors-d'œuvre au choix: cinq rondelles de saucisson ou des radis ou des crevettes grises ou un ravier de céleri rémoulade. Les escargots de Bourgogne sont supplémentés (Sartre, Nausée, 1938, p. 136). [syplemɑ ̃te], (il) supplémente [-mɑ ̃:t]. 1resattest. 1845 « affecter d'un supplément » (Richard), 1945 « ajouter une taxe supplémentaire à un billet » (Sartre, Sursis, p. 103); de supplément, dés. -er.
BBG.Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 550. − Quem. DDL t. 11.

Wiktionnaire

Nom commun

supplément \sy.ple.mɑ̃\ masculin

  1. Ajout à quelque chose.
    • Supplément de dot.
    • Supplément de solde.
    • Supplément d’informations.
  2. Surplus de prix, dans les théâtres, dans les chemins de fer, pour une place ou une classe supérieure.
    • Prendre un supplément, payer un supplément.
  3. Dans les restaurants à prix fixe, ce qu’on prend au-delà du menu.
    • Le vin est en supplément.
  4. Publication ajoutée à une autre.
    • Il a publié un supplément à son ouvrage.
    • Le dernier volume de cette encyclopédie contient le supplément.
    • Le supplément d’un journal, feuillets que l’on ajoute à un journal, lorsque son étendue ordinaire ne suffit pas pour contenir tout ce qu’on veut y publier.
  5. (Géométrie) Angle dont la mesure est la différence entre celle d’un ou de plusieurs autre(s) angle(s) donné(s) et celle de l’angle plat.
    • Supplément d’un angle, Différence entre deux angles droits et cet angle.
    • Dans un triangle, un angle quelconque est le supplément de la somme des deux autres.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUPPLÉMENT. n. m.
Ce qu'on ajoute à quelque chose. Supplément de dot. Supplément de solde. Supplément d'informations. Dans les théâtres, dans les chemins de fer, Prendre un supplément, payer un supplément, Échanger le billet qu'on avait acheté contre un autre d'une place supérieure et payer le surplus du prix. Bureau de supplément ou des suppléments, Bureau où l'on fait cet échange.

SUPPLÉMENT se dit spécialement, dans les restaurants à prix fixe, de Ce qu'on prend au-delà du nombre de plats indiqué. Il se dit aussi de Ce qu'on a ajouté à un livre. Il a publié un supplément à son ouvrage. Le dernier volume de cette encyclopédie contient le supplément. Le supplément d'un journal, Feuille que l'on ajoute à un journal, lorsque son étendue ordinaire ne suffit pas pour contenir toutes les matières qu'on veut y publier. En termes de Géométrie, Supplément d'un angle, Différence entre deux angles droits et cet angle. Dans un triangle, un angle quelconque est le supplément de la somme des deux autres.

Littré (1872-1877)

SUPPLÉMENT (su-plé-man) s. m.
  • 1Ce qu'on donne pour suppléer. On lui a donné tant en argent pour supplément de partage.
  • 2Ce qu'on donne en sus. Supplément de solde.

    Le supplément d'un livre, ce qui est ajouté à un livre pour suppléer ce qui manquait. Il a publié un supplément à son ouvrage. Le Supplément de Tite-Live par Freinshemius.

    On nomme ainsi, dans les grammaires élémentaires, une partie moins importante que celle qui est d'abord apprise, et où l'on a réuni quelques notions omises à dessein dans celle-ci.

    Le supplément d'un journal, feuille ou feuillet que l'on ajoute quelquefois à un journal, lorsque ce qu'on veut publier en dépasse l'étendue ordinaire.

    Dans les théâtres, dans les chemins de fer, prendre un supplément, échanger le billet qu'on avait acheté contre un autre d'une place supérieure, en payant le surplus du prix.

    Bureau de supplément ou des suppléments, le bureau où l'on fait cet échange.

    Supplément se dit dans les restaurants à prix fixe, quand on prend plus de plats que le nombre indiqué.

    Terme de marine. En supplément, se dit des personnes embarquées en sus du nombre prescrit.

  • 3Ce qui supplée à. Ils [les biens ecclésiastiques] ne vous sont donnés que comme les suppléments de votre indigence, Massillon, Confér. Usage des reven. ecclésiast. L'art n'allait point encore au delà de ces suppléments [cheveux et dents postiches], Hist. des Vestales dans DESFONTAINES. Au peu d'esprit que le bonhomme avait, L'esprit d'autrui par supplément servait, Voltaire, le Pauvre Diable.

    Fig. Les préjugés sont le supplément de la raison, Fontenelle, Dial Straton, Raphaël d'Urbin. On fait de l'orgueil le supplément, si j'ose parler ainsi, du mérite, et on ne sait pas que le mérite n'a rien qui lui ressemble moins que l'orgueil, Massillon, Pet. carême, Humanité des grands. Roquelaure n'eut ni le courage de tirer raison d'un tel affront, ni le supplément de prendre prétexte du lieu [l'appartement du roi] pour en porter sa plainte au roi, Saint-Simon, 27, 54. L'estime des autres est un supplément à l'opinion peu favorable que nous avons de nous-mêmes, c'est un roseau dont l'amour-propre cherche à s'étayer, D'Alembert, Œuvr. t. III, p. 31.

  • 4 Terme de géométrie. Le supplément d'un angle, ce qu'il faut ajouter à un angle pour former deux angles droits.

    Adjectivement. Angle supplément d'un autre. Angles suppléments.

  • 5 Terme de grammaire. Ce qu'il faut ajouter pour suppléer les mots qui manquent dans une ellipse.

HISTORIQUE

XIVe s. Ces chapitres sont suppleement et perfections des trois derniers, Oresme, Thèse de MEUNIER.

XVIe s. [Quand saint Paul a dit] qu'il suppleoit en son corps ce qui defailloit des passions de Christ, il ne raporte point ce defaut de supplement à la vertu de la redemption…, Calvin, Instit. 525.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUPPLÉMENT, s. m. en Grammaire ; on appelle supplément, les mots que la construction analytique ajoute, pour la plénitude du sens, à ceux qui composent la phrase usuelle. Par exemple, dans cette phrase de Virgile, (Eccl. xj. 1.) Quò te, Mœri, pedes ? il n’y a que quatre mots ; mais l’analyse ne peut en développer le sens, qu’en y en ajoutant plusieurs autres. 1°. Pedes au nominatif pluriel, exige un verbe pluriel dont il soit le sujet ; & te, qui paroît ici sans relation en sera le régime objectif : d’autre part, quò qui exprime un complément circonstanciel du lieu de tendance, indique que ce verbe doit exprimer un mouvement qui puisse s’adapter à cette tendance vers un terme : le concours de toutes ces circonstances assigne exclusivement à l’analyse le verbe ferunt. 2°. Quò est un adverbe conjonctif, qui suppose un antécédent ; & la suppression de cet antécédent indique aussi que la phrase est interrogative : ainsi l’analyse doit suppléer, & le verbe interrogatif & l’antécédent de quò qui servira de complément à ce verbe, (voyez Interrogatif, Relatif) : le verbe interrogatif est dic, auquel on peut ajouter mihi, ainsi que Virgile lui-même l’a dit au commencement de sa troisieme éclogue, dic mihi, Dameta, cujum pecus : le complément objectif de dic sera eum locum, exigé par le sens de quò ; ; par conséquent le supplément total qui doit précéder quò ;, c’est dic mihi eum locum. La construction analytique pleine est donc : Moeri (dic mihi eum locum) quò pedes (ferunt) te ; où l’on voit un supplément d’un seul mot ferunt, & un autre de quatre, dic mihi eum locum.

Quoique la pensée soit essentiellement une & indivisible ; la parole ne peut en faire la peinture, qu’au moyen de la distinction des parties que l’analyse y envisage dans un ordre successif. Mais cette décomposition même oppose à l’activité de l’esprit qui pense, des embarras qui se renouvellent sans cesse, & donne à la curiosité agissante de ceux qui écoutent ou qui lisent un discours, des entraves sans fin. Delà la nécessité générale de ne mettre dans chaque phrase que les mots qui y sont les plus nécessaires, & de supprimer les autres, tant pour aider l’activité de l’esprit, que pour se rapprocher le plus qu’il est possible, de l’unité indivisible de la pensée, dont la parole fait la peinture.

Est brevitate opus, ut currat sententia, neu se
Impediat verbis lassas oner antibus aures.

Ce que dit ici Horace, I. Sat. x. 9. 10. pour caractériser le style de la satyre, nous pouvons donc en faire un principe général de l’élocution ; & ce principe est d’une nécessité si grande & si universellement sentie, qu’il a influé sur la syntaxe de toutes les langues : point de langues sans ellipses, & même sans de fréquentes ellipses.

Il ne faut pourtant pas s’imaginer, que le choix & la maniere en soient abandonnés au caprice des particuliers, ni même que quelques exemples autorisés par l’usage d’une langue puissent y fonder une loi générale d’analogie : l’ellipse est elle même une exception à un principe général, qui ne doit & qui ne peut être anéanti ; & il le seroit par le fait, si l’exception devenoit générale. L’usage, par exemple, de la langue latine, permet de dire elliptiquement, vivere Romæ, Lugduni (vivre à Rome, à Lyon) au lieu de la phrase pleine, vivere in urbe Romæ, in urbe Lugduni ; mais on feroit un solécisme, si on alloit dire par une fausse analogie, vivere Athenarum, pour in urbe Athenarum ou pour Athenis (vivre à Athènes) ire Romæ, Lugduni, pour ire in urbem Romæ, in urbem Lugduni ou pour ire Romam, Lugdunum (aller à Rome, à Lyon) : c’est que vivere Romæ, Lugduni, est une phrase que l’usage n’autorise que pour les noms propres de villes qui sont singuliers & de l’une des deux premieres déclinaisons, quand ces villes sont le lieu de la scène, ou comme disent les rudimens, à la question ubi ; dans d’autres circonstances, l’usage veut que l’on suive l’analogie générale, ou n’en permet que des écarts d’une autre espece.

Or, s’il est vrai, comme on ne peut pas en douter, qu’une ellipse usitée ne peut pas fonder une analogie générale ; c’est une conséquence nécessaire aussi, que de l’analogie générale on ne peut pas conclure contre la réalité de l’ellipse particuliere. C’est pourtant ce que fait, dans sa préface, l’auteur d’un rudiment moderne. « Il ne rencontre pas plus juste, dit-il, en parlant de Sanctius, quand il dit que cette phrase, natus Romæ, est l’abrégé de celle-ci, natus in urbe Romæ ; puisqu’avec son principe on diroit également, natus Athenarum, qui seroit aussi l’abrégé de celle-ci, natus in urbe Athenarum ». Il est évident que cet auteur prend acte de l’analogie générale qui ne permet pas de dire à la faveur de l’ellipse, natus Athenarum, pour en conclure que quoiqu’on dise natus Romæ, ce n’est point une expression elliptique. Mais cette conséquence, comme on vient de le dire, n’est point légitime, parce qu’elle suppose qu’une exception une fois constatée, peut fonder une loi générale & destructive de l’analogie dont elle n’est qu’une exception.

S’il falloit admettre cette conséquence, qui empêcheroit qu’on ne dît à cet auteur qu’il est certain que natus Romæ est une phrase très-bonne & très-latine, & que par conséquent on peut dire par analogie, natus Athenarum, natus Avenionis ? S’il donne à cette objection quelque réponse plausible, je l’adopte pour détruire l’objection qu’il fait lui-même à Sanctius ; & je reviens à ce que j’ai d’abord avancé, que le choix & la maniere des ellipses ne sont point abandonnées au caprice des particuliers, parce que ce sont des transgressions d’une loi générale à laquelle il ne peut être dérogé que sous l’autorité incommunicable du législateur, de l’usage en un mot.

Quem penes arbitrium est, & jus, & norma loquendi.

Mais si la plénitude grammaticale est nécessaire à l’intégrité de l’expression & à l’intelligence de la pensée, l’usage lui-même peut-il étendre ses droits jusqu’à compromettre la clarté de l’énonciation, en supprimant des mots nécessaires à la netteté, & même à la vérité de l’image que la parole doit tracer ? Non sans doute, & l’autorité de ce législateur suprème de la parole, loin de pouvoir y établir des lois opposées à la communication claire des pensées des hommes, qui en est la fin, n’est au contraire sans bornes, que pour en perfectionner l’exercice. C’est pourquoi, s’il autorise un tour elliptique pour donner à la phrase le mérite de la briéveté ou de l’énergie, il a soin d’y conserver quelque mot qui indique par quelque endroit la suppression & l’espece des mots supprimés.

Ici, c’est un cas qui est essentiellement destiné à caractériser ou le complément simple d’une préposition, ou le complément objectif d’un verbe, ou le complément déterminatif d’un nom appellatif ; & quoique la préposition, le verbe, ou le nom appellatif ne soient pas exprimés, ils sont indiqués par ce cas, & entierement déterminés par l’ensemble de la phrase : quem Minerva omnes artes edocuit, suppl. ad omnes artes ; ne sus Minervam, suppl. doceat ; ad Minervæ, suppl. ædes.

Là, c’est un mot conjonctif qui suppose un antécédent, lequel est suffisamment indiqué par la nature même du mot conjonctif & par les circonstances de la phrase ; souvent cet antécédent, quand il est suppléé, se trouve lui-même dans l’un des cas que l’on vient de marquer, & il exige ou un nom appellatif, ou un verbe, ou une préposition : quando venies ? suppl. dic mihi illud tempus, ou quoero illud tempus ; quò vadis ? suppl. dic mihi ou quoero illum locum, &c. Voyez Relatif, Interrogatif.

Ailleurs une simple inversion qui déroge à la construction ordinaire, devient le signe usuel d’une ellipse dont le supplément est indiqué par le sens : viendras-tu ? c’est-à-dire, dis-moi si tu viendras ; dussions-nous l’acheter, c’est-à-dire, quoique nous dussions l’acheter ; que ne l’ai-je vu ! c’est-à-dire, je suis fâché de ce que je ne l’ai pas vu, &c.

Partout enfin ceux qui entendent la langue, reconnoissent à quelque marque infaillible ce qu’il peut y avoir de supprimé dans la construction analytique, & ce qu’il convient de suppléer pour en rétablir l’intégrité.

L’art de suppléer se réduit en général à deux points capitaux, que Sanctius exprime ainsi(Minerv. IV. ij.) : ego illa tantùm supplenda proecipio, quæ veneranda illa supplevit antiquitas, aut ea sine quibus grammatica ratio constare non potest. La premiere regle de ne suppléer que d’après les anciens, quand les anciens fournissent des phrases pleines qui ont ou le même sens, ou un sens analogue à celui dont il s’agit ; cette premiere regle, dis-je, est fondée évidemment sur ce qu’il faut apprendre à parler une langue comme on la parle, & que cela ne peut se faire que par l’imitation de ceux qui sont reconnus pour l’avoir le mieux parlée.

Mais comme il y a quantité d’ellipses tellement autorisées dans toutes les circonstances, qu’il n’est pas possible d’en justifier les supplémens par des exemples où ils ne soient pas supprimés ; il faut bien se contenter alors de ceux qui sont indiqués par la logique grammaticale, en se rapprochant d’ailleurs, le plus qu’il est possible, de l’analogie & des usages de la langue dont il est question : c’est le sens de la seconde regle, qui autorise à juste titre les supplémens, sine quibus grammatica ratio constare non potest.

On objecte que ces additions faites au texte par forme de supplément, ne servent qu’à en énerver le style par des paroles superflues & des circonlocutions inouies & fatigantes, verbis lassas onerantibus aures : ce qui est expressément défendu par Horace, & par le simple bon sens, qui est de toutes les langues : que d’ailleurs, si au défaut des exemples & de l’autorité, l’on se permet de faire dépendre l’art des supplémens des vues de la construction analytique, telle qu’on l’a montrée dans les différens articles de cet ouvrage qui ont pu en donner occasion ; il arrivera souvent d’ajouter le barbarisme à la battologie : ce qui est détruire plutôt qu’approfondir l’esprit de la langue.

J’ai déja répondu ailleurs (voyez Subjonctif, à la fin.), que le danger d’énerver le style par les supplémens est absolument chimérique, puisqu’on ne les donne pas comme des locutions usitées, mais au contraire comme des locutions évitées par les bons écrivains, lesquelles cependant doivent être envisagées comme des développemens analytiques de la phrase usuelle. Ce n’est en effet qu’au moyen de ces supplémens, que les propositions elliptiques sont intelligibles ; non qu’il soit nécessaire de les exprimer quand on parle, parce qu’alors il n’y auroit plus d’ellipse ni de propriété dans le langage ; mais il est indispensable de les reconnoître & de les assigner, quand on étudie une langue étrangere, parce qu’il est impossible d’en concevoir le sens entier & d’en saisir toute l’énergie, si l’on ne va jusqu’à en approfondir la raison grammaticale. Il est mieux, à la vérité, de puiser, quand on le peut, ces supplémens analytiques dans les meilleures sources, parce que c’est se perfectionner d’autant dans la pratique du bon usage ; mais quand ce secours vient à manquer, il faut hardiment le remplacer comme on peut, quoiqu’il faille toujours suivre l’analogie générale : dans ce cas, plus les supplémens paroissent lâches, horribles, barbares, plus on voit la raison qui en a amené la suppression, malgré l’enchaînement des idées grammaticales, dont l’empreinte subsiste toujours, lors même qu’il est rompu par l’ellipse. Mais aussi plus on est convaincu de la réalité de l’ellipse, par la nature des relations dont les signes subsistent encore dans les mots que conserve la phrase usuelle, plus on doit avouer la nécessité du supplément pour approfondir le sens de la phrase elliptique, qui ne peut jamais être que le résultat de la liaison grammaticale de tous les mots qui concourent à l’exprimer. (B. E. R. M.)

Supplément d’un arc, en termes de Géométrie ou de Trigonométrie, est le nombre de degrés qui manquent à un arc pour faire le demi-cercle entier, ou 180 degrés, ainsi que complément est ce qui manque à un arc pour faire un quart de cercle. Voyez Complément.

Ainsi le supplément d’un arc ou angle de 30 degrés est 150 degrés, & son complément est 60 degrés. (E)

Supplément, en matiere de Littérature, se dit d’une addition faite pour suppléer à ce qui manquoit à un livre. Voyez Appendix & Parergon.

Frenshemius a composé divers supplémens pour rétablir les livres de plusieurs auteurs de l’antiquité, dont on avoit perdu des fragmens.

Les François se servent aussi du mot supplément, pour exprimer une espece de taxe, ou d’arriere-payement que l’on exige des propriétaires & possesseurs de terres & de charges, sous prétexte qu’elles ont été vendues d’abord au-dessous de leur juste valeur : c’est ce qu’on appelle supplément de finances.

Supplément, arc de, c’est l’arc parcouru par le régulateur, après l’arc de levée, dans quelque échappement que ce soit : ainsi le recul dans l’un & le repos dans l’autre, sont l’objet de l’arc de supplément. Cet arc varie d’étendue par le plus ou le moins de force motrice ; mais il ne varie point, ou très peu, dans le tems employé à le parcourir : au lieu que l’arc de levée, qui peut être appellé arc constant, ne varie point d’étendue par le plus ou le moins de la force motrice, mais bien dans le tems employé à le parcourir. Voyez Arc de levée.

Supplément, s. m. (terme de Finances.) ce mot se dit d’une taxe ou augmentation qu’on fait payer aux acquéreurs des domaines du roi qu’on croit aliénés au-dessous de leur juste valeur, ou à des officiers pourvus de charges dont le prix paroît trop médiocre ; ce qui n’arrive guere dans le dernier cas, que pour des offices de nouvelle création. Diction. de Finances. (D. J.)

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Étymologie de « supplément »

(XIVe siècle) Du latin supplementum (« fait de compléter », « complément »); de supplere « compléter en ajoutant ce qui manque, suppléer »
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Prov. suplement ; espagn. suplemento ; ital. supplimento ; du lat. supplementum, de supplere, suppléer.

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Phonétique du mot « supplément »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
supplément syplemɑ̃

Citations contenant le mot « supplément »

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  • La culture n’est pas seulement un supplément d’âme. De Renaud Donnedieu de Vabres / Intervention devant le Cercle des Ambassadeurs - 30 Septembre 2005
  • J’écris pour lutter contre le temps et l’oubli, pour m’assurer un petit supplément de vie. De Sylvain Tesson / Lire, 1er janvier 2015
  • L'homme n'est qu'un supplément négligeable dans cet Eden dont il aspire à sortir. De Xabi Molia / Supplément aux mondes inhabités
  • Le fromage est le supplément d'un bon repas et le complément d'un mauvais. De Eugène Briffault
  • La femme est un complément et non un supplément. De Patrick Sabatier / F.R.3 - Avril 1988
  • Les tarifs de chemins de fer sont aménagés d’une manière imbécile. On devrait faire payer des suppléments pour les retours... puisque les gens sont forcés de revenir. De Alphonse Allais
  • Nos idées morales naturelles et frustes, au lieu de fournir un remède à la partialité de nos affections, s’accordent plutôt avec cette partialité et lui donnent un supplément de force et d’influence. De David Hume / Traité de la nature humaine
  • Nous ne commettons pas l'erreur des romanciers, qui se croient tenus, quand ils ont leur titre, d'écrire en supplément le roman lui-même. De Jean Giraudoux / La folle de Chaillot
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Synonymes de « supplément »

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