La langue française

Suffire

Définitions du mot « suffire »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUFFIRE, verbe trans. indir. et pronom.

I. − Empl. trans. indir.
A. − Constituer à soi seul le facteur déterminant pour que soit obtenu l'effet que l'on constate ou le résultat que l'on attend.
1. [Le suj. est un animé ou ce qui lui est propre]
a) Qqn suffit à + inf.Un chef si déterminé, à la tête de quelques soldats, suffirait à bouleverser Lisbonne (Lemercier, Pinto, 1800, i, 8, p. 27).
b) Qqn suffit à + subst.Dans le tourbillon de tant de jouissances, le cœur et les yeux ne peuvent suffire à la multitude des sensations (Volney, Ruines, 1791, p. 15).
2. [Le suj. appartient au domaine de l'inanimé]
a) Qqc. suffit à/pour
Qqc. suffit à + inf.Réalisme, idéalisme, sont des termes abstraits qui ne sauraient suffire à caractériser des êtres [les artistes] obéissant à leur sensibilité (Mauclair, Maîtres impressionn., 1923, p. 38).Quinze jours de clinique avaient suffi à la transformer (Simenon, Vac. Maigret, 1948, p. 113).
Qqc. suffit pour + inf.En France, tout le monde paraît avoir de l'esprit, et la raison en est simple: comme tout y est une suite de contradictions, la plus légère attention possible suffit pour les faire remarquer et rapprocher deux choses contradictoires (Chamfort, Max. et pens., 1794, p. 25).Il a aimé (...), il a voulu vivre, il s'est vu mourir; cela suffit pour faire tout un homme (Sartre, Mots, 1964, p. 12).
Qqc. suffit à qqn pour + inf.Un petit roseau m'a suffi Pour faire frémir l'herbe haute (Régnier, Jeux rust., 1897, p. 217).Si je vous donnais deux heures, par exemple? Cela vous suffirait-il pour me passer les pouvoirs? (Camus, État de siège, 1948, 1repart., p. 217).
Qqc. suffit pour + subst.Une moindre calamité n'aurait pas suffi pour les desseins de Dieu (Baudel., Paradis artif., 1860, p. 459).
b) Empl. abs. Une seule blessure au cou, en perçant avec soin une des artères carotides, et je crois que ç'aurait suffi (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 167).La cyprière, quand on y entrait, elle était comme un calice de fleur avec un pistil blanc: un socle de vieille pierre tout seul et qui suffisait (Giono, Solit. pitié, 1932, p. 178).
3. Empl. impers.
a) Il suffit de + subst. ou adv. de quantité + pour + inf.Je sens d'abord confusément qu'il suffirait de peu, d'un léger coup de pouce, pour faire varier dans un sens ou dans l'autre ce jugement (Paulhan, Fleurs Tarbes, 1941, p. 195).Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge. Le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour faire tout bouger (Gracq, Syrtes, 1951, p. 51).
b) Il suffit de + inf.... pour + inf.Il suffit de suivre à la trace, peu de temps, les parcours répétés des mots pour apercevoir (...) la construction labyrinthique de l'être (G. Bataille, Exp. int., 1943, p. 131):
Le coup d'œil le plus rapide jeté autour de lui, le plus fugitif contact, révèlent plus de choses au lecteur que toutes ces apparences qui n'ont d'autre but que de vêtir le personnage de vraisemblance. Il lui suffit de puiser dans le stock immense que sa propre expérience ne cesse de grossir pour suppléer à ces fastidieuses descriptions. Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 63.
c) Il ne suffit pas de + inf..., il faut + inf.Il ne suffit pas d'avoir montré que les privilégiés, loin d'être utiles à la nation, ne peuvent que l'affaiblir et lui nuire, il faut prouver encore que l'ordre noble n'entre point dans l'organisation sociale (Sieyès, Tiers état, 1789, p. 30).
d) Il suffit que.Il suffit que nous y trouvions le fil de la vie, la tradition et cette unité dans la succession, grâce à quoi elle produit sur le visiteur une impression si particulière (Barrès, Jard. Bérén., 1891, p. 90).Il suffit que je le veuille (Camus, État de siège, 2epart., 1948, p. 267).
Il suffit que... pour que.Il suffira que le vent de la mer se lève pour que la peste recule (Camus, État de siège, 1repart., 1948, p. 215).
Il suffit que... et.Il suffit qu'une femme vous parle de son angoisse à votre sujet (...), et malgré soi elle vous met dans un malaise (Montherl., Malatesta, 1946, iv, 9, p. 527).
Il faut et il suffit que.Pour qu'une transfusion sanguine n'ait point de suite fâcheuse, il faut et il suffit que le sang du sujet donneur et celui du sujet receveur se trouvent offrir certains rapports de convenance (Cuénot, J. Rostand, Introd. génét., 1936, p. 90).
e) Empl. abs. [Avec valeur exclam.] Je méprise ses menaces; mais vous le voulez, il suffit (La Martelière, Robert, 1793, iii, 4, p. 34).
[P. ell. du pron.] Les voilà tous, bouche béante, Admirant un grand sot qui sue et se tourmente À souffler dans un petit trou. C'est par de tels efforts qu'on parvient à leur plaire, Tandis que moi... Suffit... Allons-nous-en d'ici (Florian, Fables, 1792, p. 172).D'un autre, je me serais demandé s'il se moquait de moi, bien qu'on n'ait pas l'habitude de... enfin, suffit! (Arland, Ordre, 1929, p. 70).
B. − Qqc. (qqn) suffit à qqn/à qqc. de qqn.
1. Constituer un élément tel qu'il est possible de s'en contenter, sans qu'il soit besoin d'autre chose. Un rien me suffit; ça me suffit. Ne puis-je suffire à ton bonheur comme tu suffis au mien? (Dumas père, Intrigue et amour, 1847, ii, 6etabl., 1, p. 256).Cela me suffit de te voir manger (Arland, Ordre, 1929, p. 319).Ma parole doit te suffire (Gracq, Syrtes, 1951, p. 269).
Empl. abs. À quoi bon tant d'amis? Un seul suffit quand il nous aime (Florian, Fables, 1792, p. 112).Et laisser des Mémoires, ça ne suffit pas (Laforgue, Moral. légend., 1887, p. 30).
Empl. impers. Il me suffit que.Il me suffit que j'aie gardé votre souvenir (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 220).Je m'inquiète fort peu de savoir si d'autres sont plus à plaindre que toi. Il me suffit que tu sois très à plaindre toi-même (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1894, p. 200).
2. P. iron. Donner par son excès de l'aversion à quelqu'un. Dix jours à la campagne, ça me suffit!
Empl. abs. Ça suffit! Il suffit (vx). En voilà assez! (Dict. xxes.).
Proverbe. ,,À chaque jour suffit sa peine``(J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang., 1813, p. 126. ,,Il ne faut pas se tourmenter inutilement pour l'avenir`` (J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang., 1813, p. 126).
C. − Qqn suffit à/pour.Être capable à soi seul de produire l'effet recherché, d'assurer une tâche, de faire face à une situation. Je n'y suffis plus. Dans mon petit ménage, Le travail, l'amour, la santé, Tout va fort bien en vérité; Nous ne pouvons suffire à la vente, à l'ouvrage (Florian, Fables, 1792, p. 175).J'aurais pu parler dans les comités, dans les réunions, suffire à toute l'activité d'un politicien, sans rien soupçonner de ces forces spontanées et secrètes (Barrès, Jard. Bérén., 1891, p. 126).
Empl. abs. Depuis son enfance, Agathe a vécu dans la terreur de voir se remarier cette mère adorée dont la figure altière semblait dire au monde: je suffis (Morand, Clef souterr., 1956, p. 62).
II. − Empl. pronom.
A. − [En parlant d'une chose] Constituer un tout qui se tient, indépendamment de toute autre chose. L'idée d'un mariage (...) n'avait pas même encouragé le naïf élan d'une affection qui se suffisait presque à elle-même (Fromentin, Dominique, 1863, p. 128).Le tableau n'est pas une fenêtre ouverte sur un fait divers; il est un tout qui se suffit à lui-même, où l'être et son milieu se complètent l'un par l'autre (Séailles, E. Carrière, 1911, p. 101).
B. − [En parlant d'une pers.] Se réaliser, satisfaire ses aspirations, sans le secours d'autre chose ou sans le secours d'autrui. Personne cependant n'a plus de courage que moi pour se suffire comme on dit vulgairement. Mais se suffire n'est que tuer le temps et tromper la tristesse (Sand, Corresp., t 2, 1843, p. 266).
En partic. Subvenir à ses propres besoins. J'ai hâte de gagner mon pain et de me suffire! (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 350).
Prononc. et Orth.: [syfi:ʀ], (il) suffit [-fi]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. 1. 1160 sofire « constituer la quantité nécessaire » (Eneas, 7103 ds T.-L.); ca1260 souffire a + inf. « être de nature satisfaisante pour un certain but » (Etienne Boileau, Livre des métiers, éd. G.-B. Depping, p. 225); absol. 1370 (N. Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p. 530: Et donques savoir parler de vertu ne souffist pas); 2. 1549 « être l'élément de satisfaction » (Est.: cette parole que tu me dit ne me suffit point, ne me satisfait point). B. 1. Ca mil. xves. « être la personne capable d'assumer une tâche » (Myst. de S. Bernard, 2521 ds Gdf. Compl.); 2. 1555 « constituer l'élément déterminant pour obtenir un résultat » (Ronsard, Continuation des Amours, éd. P. Laumonier, t. 7, p. 121: Si Echon ne sufist, le changeront en cigne). II. Verbe impers. 1. a) 1370 il suffit que + subj. (N. Oresme, op. cit., p. 539: il leur souffist asséz que ilz ne soient pas ignorans); b) 1405 il suffit + inf. (Eustache Deschamps, Chançons Royaulx, éd. Queux de Saint Hilaire, t. 3, p. 2: il me suffist de couchier en ma mue); c) 1619 il suffit que + ind. (H. d'Urfé, L'Astree, t. 3, p. 182); 2. 1530 il suffit (Palsgr., p. 743); 1672 suffit (Molière, Femmes savantes, 1084); 3. 1656 il suffit d'un (suivi d'un nom) (J. Chapelain, La Pucelle, p. 80: mais il ne suffit pas d'une seule victoire pour...). III. Empl. pronom. 1. 1655 (G. de Brebeuf, La Pharsale de Lucain, t. 3, p. 51: peut sans autre soutien se suffire luy-mesme); 2. empl. réciproque 1761 se suffire l'un à l'autre (J.-J. Rousseau, Héloïse, I, 45 ds Littré). Du lat. suffĭcĕre « mettre au-dessus ou à la place », « suppléer » puis « fournir », à l'intrans. « se placer dessous », c'est-à-dire « être capable de supporter » d'où « suffire à », comp. du préf. sub- marquant la position inférieure et facere « faire ». La forme soufire, qui repose sur un lat. pop. *suffι ̄cere, due à l'allongement de en ι ̄ sous l'infl. de verbes comme dicere, a été ensuite relatinisée en suffire, d'abord de façon isolée au xives. (supra II 1), puis régulièrement à partir du xvies. Fréq. abs. littér.: 12 011. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 16 030, b) 12 526; xxes.: a) 17 401, b) 13 396. Bbg. Lanly (A.). Morphol. hist. des verbes fr. Paris, 1977, pp. 269-270.

Trésor de la Langue Française informatisé

SUFFIRE, verbe trans. indir. et pronom.

I. − Empl. trans. indir.
A. − Constituer à soi seul le facteur déterminant pour que soit obtenu l'effet que l'on constate ou le résultat que l'on attend.
1. [Le suj. est un animé ou ce qui lui est propre]
a) Qqn suffit à + inf.Un chef si déterminé, à la tête de quelques soldats, suffirait à bouleverser Lisbonne (Lemercier, Pinto, 1800, i, 8, p. 27).
b) Qqn suffit à + subst.Dans le tourbillon de tant de jouissances, le cœur et les yeux ne peuvent suffire à la multitude des sensations (Volney, Ruines, 1791, p. 15).
2. [Le suj. appartient au domaine de l'inanimé]
a) Qqc. suffit à/pour
Qqc. suffit à + inf.Réalisme, idéalisme, sont des termes abstraits qui ne sauraient suffire à caractériser des êtres [les artistes] obéissant à leur sensibilité (Mauclair, Maîtres impressionn., 1923, p. 38).Quinze jours de clinique avaient suffi à la transformer (Simenon, Vac. Maigret, 1948, p. 113).
Qqc. suffit pour + inf.En France, tout le monde paraît avoir de l'esprit, et la raison en est simple: comme tout y est une suite de contradictions, la plus légère attention possible suffit pour les faire remarquer et rapprocher deux choses contradictoires (Chamfort, Max. et pens., 1794, p. 25).Il a aimé (...), il a voulu vivre, il s'est vu mourir; cela suffit pour faire tout un homme (Sartre, Mots, 1964, p. 12).
Qqc. suffit à qqn pour + inf.Un petit roseau m'a suffi Pour faire frémir l'herbe haute (Régnier, Jeux rust., 1897, p. 217).Si je vous donnais deux heures, par exemple? Cela vous suffirait-il pour me passer les pouvoirs? (Camus, État de siège, 1948, 1repart., p. 217).
Qqc. suffit pour + subst.Une moindre calamité n'aurait pas suffi pour les desseins de Dieu (Baudel., Paradis artif., 1860, p. 459).
b) Empl. abs. Une seule blessure au cou, en perçant avec soin une des artères carotides, et je crois que ç'aurait suffi (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 167).La cyprière, quand on y entrait, elle était comme un calice de fleur avec un pistil blanc: un socle de vieille pierre tout seul et qui suffisait (Giono, Solit. pitié, 1932, p. 178).
3. Empl. impers.
a) Il suffit de + subst. ou adv. de quantité + pour + inf.Je sens d'abord confusément qu'il suffirait de peu, d'un léger coup de pouce, pour faire varier dans un sens ou dans l'autre ce jugement (Paulhan, Fleurs Tarbes, 1941, p. 195).Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge. Le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour faire tout bouger (Gracq, Syrtes, 1951, p. 51).
b) Il suffit de + inf.... pour + inf.Il suffit de suivre à la trace, peu de temps, les parcours répétés des mots pour apercevoir (...) la construction labyrinthique de l'être (G. Bataille, Exp. int., 1943, p. 131):
Le coup d'œil le plus rapide jeté autour de lui, le plus fugitif contact, révèlent plus de choses au lecteur que toutes ces apparences qui n'ont d'autre but que de vêtir le personnage de vraisemblance. Il lui suffit de puiser dans le stock immense que sa propre expérience ne cesse de grossir pour suppléer à ces fastidieuses descriptions. Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 63.
c) Il ne suffit pas de + inf..., il faut + inf.Il ne suffit pas d'avoir montré que les privilégiés, loin d'être utiles à la nation, ne peuvent que l'affaiblir et lui nuire, il faut prouver encore que l'ordre noble n'entre point dans l'organisation sociale (Sieyès, Tiers état, 1789, p. 30).
d) Il suffit que.Il suffit que nous y trouvions le fil de la vie, la tradition et cette unité dans la succession, grâce à quoi elle produit sur le visiteur une impression si particulière (Barrès, Jard. Bérén., 1891, p. 90).Il suffit que je le veuille (Camus, État de siège, 2epart., 1948, p. 267).
Il suffit que... pour que.Il suffira que le vent de la mer se lève pour que la peste recule (Camus, État de siège, 1repart., 1948, p. 215).
Il suffit que... et.Il suffit qu'une femme vous parle de son angoisse à votre sujet (...), et malgré soi elle vous met dans un malaise (Montherl., Malatesta, 1946, iv, 9, p. 527).
Il faut et il suffit que.Pour qu'une transfusion sanguine n'ait point de suite fâcheuse, il faut et il suffit que le sang du sujet donneur et celui du sujet receveur se trouvent offrir certains rapports de convenance (Cuénot, J. Rostand, Introd. génét., 1936, p. 90).
e) Empl. abs. [Avec valeur exclam.] Je méprise ses menaces; mais vous le voulez, il suffit (La Martelière, Robert, 1793, iii, 4, p. 34).
[P. ell. du pron.] Les voilà tous, bouche béante, Admirant un grand sot qui sue et se tourmente À souffler dans un petit trou. C'est par de tels efforts qu'on parvient à leur plaire, Tandis que moi... Suffit... Allons-nous-en d'ici (Florian, Fables, 1792, p. 172).D'un autre, je me serais demandé s'il se moquait de moi, bien qu'on n'ait pas l'habitude de... enfin, suffit! (Arland, Ordre, 1929, p. 70).
B. − Qqc. (qqn) suffit à qqn/à qqc. de qqn.
1. Constituer un élément tel qu'il est possible de s'en contenter, sans qu'il soit besoin d'autre chose. Un rien me suffit; ça me suffit. Ne puis-je suffire à ton bonheur comme tu suffis au mien? (Dumas père, Intrigue et amour, 1847, ii, 6etabl., 1, p. 256).Cela me suffit de te voir manger (Arland, Ordre, 1929, p. 319).Ma parole doit te suffire (Gracq, Syrtes, 1951, p. 269).
Empl. abs. À quoi bon tant d'amis? Un seul suffit quand il nous aime (Florian, Fables, 1792, p. 112).Et laisser des Mémoires, ça ne suffit pas (Laforgue, Moral. légend., 1887, p. 30).
Empl. impers. Il me suffit que.Il me suffit que j'aie gardé votre souvenir (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 220).Je m'inquiète fort peu de savoir si d'autres sont plus à plaindre que toi. Il me suffit que tu sois très à plaindre toi-même (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1894, p. 200).
2. P. iron. Donner par son excès de l'aversion à quelqu'un. Dix jours à la campagne, ça me suffit!
Empl. abs. Ça suffit! Il suffit (vx). En voilà assez! (Dict. xxes.).
Proverbe. ,,À chaque jour suffit sa peine``(J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang., 1813, p. 126. ,,Il ne faut pas se tourmenter inutilement pour l'avenir`` (J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang., 1813, p. 126).
C. − Qqn suffit à/pour.Être capable à soi seul de produire l'effet recherché, d'assurer une tâche, de faire face à une situation. Je n'y suffis plus. Dans mon petit ménage, Le travail, l'amour, la santé, Tout va fort bien en vérité; Nous ne pouvons suffire à la vente, à l'ouvrage (Florian, Fables, 1792, p. 175).J'aurais pu parler dans les comités, dans les réunions, suffire à toute l'activité d'un politicien, sans rien soupçonner de ces forces spontanées et secrètes (Barrès, Jard. Bérén., 1891, p. 126).
Empl. abs. Depuis son enfance, Agathe a vécu dans la terreur de voir se remarier cette mère adorée dont la figure altière semblait dire au monde: je suffis (Morand, Clef souterr., 1956, p. 62).
II. − Empl. pronom.
A. − [En parlant d'une chose] Constituer un tout qui se tient, indépendamment de toute autre chose. L'idée d'un mariage (...) n'avait pas même encouragé le naïf élan d'une affection qui se suffisait presque à elle-même (Fromentin, Dominique, 1863, p. 128).Le tableau n'est pas une fenêtre ouverte sur un fait divers; il est un tout qui se suffit à lui-même, où l'être et son milieu se complètent l'un par l'autre (Séailles, E. Carrière, 1911, p. 101).
B. − [En parlant d'une pers.] Se réaliser, satisfaire ses aspirations, sans le secours d'autre chose ou sans le secours d'autrui. Personne cependant n'a plus de courage que moi pour se suffire comme on dit vulgairement. Mais se suffire n'est que tuer le temps et tromper la tristesse (Sand, Corresp., t 2, 1843, p. 266).
En partic. Subvenir à ses propres besoins. J'ai hâte de gagner mon pain et de me suffire! (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 350).
Prononc. et Orth.: [syfi:ʀ], (il) suffit [-fi]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. 1. 1160 sofire « constituer la quantité nécessaire » (Eneas, 7103 ds T.-L.); ca1260 souffire a + inf. « être de nature satisfaisante pour un certain but » (Etienne Boileau, Livre des métiers, éd. G.-B. Depping, p. 225); absol. 1370 (N. Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p. 530: Et donques savoir parler de vertu ne souffist pas); 2. 1549 « être l'élément de satisfaction » (Est.: cette parole que tu me dit ne me suffit point, ne me satisfait point). B. 1. Ca mil. xves. « être la personne capable d'assumer une tâche » (Myst. de S. Bernard, 2521 ds Gdf. Compl.); 2. 1555 « constituer l'élément déterminant pour obtenir un résultat » (Ronsard, Continuation des Amours, éd. P. Laumonier, t. 7, p. 121: Si Echon ne sufist, le changeront en cigne). II. Verbe impers. 1. a) 1370 il suffit que + subj. (N. Oresme, op. cit., p. 539: il leur souffist asséz que ilz ne soient pas ignorans); b) 1405 il suffit + inf. (Eustache Deschamps, Chançons Royaulx, éd. Queux de Saint Hilaire, t. 3, p. 2: il me suffist de couchier en ma mue); c) 1619 il suffit que + ind. (H. d'Urfé, L'Astree, t. 3, p. 182); 2. 1530 il suffit (Palsgr., p. 743); 1672 suffit (Molière, Femmes savantes, 1084); 3. 1656 il suffit d'un (suivi d'un nom) (J. Chapelain, La Pucelle, p. 80: mais il ne suffit pas d'une seule victoire pour...). III. Empl. pronom. 1. 1655 (G. de Brebeuf, La Pharsale de Lucain, t. 3, p. 51: peut sans autre soutien se suffire luy-mesme); 2. empl. réciproque 1761 se suffire l'un à l'autre (J.-J. Rousseau, Héloïse, I, 45 ds Littré). Du lat. suffĭcĕre « mettre au-dessus ou à la place », « suppléer » puis « fournir », à l'intrans. « se placer dessous », c'est-à-dire « être capable de supporter » d'où « suffire à », comp. du préf. sub- marquant la position inférieure et facere « faire ». La forme soufire, qui repose sur un lat. pop. *suffι ̄cere, due à l'allongement de en ι ̄ sous l'infl. de verbes comme dicere, a été ensuite relatinisée en suffire, d'abord de façon isolée au xives. (supra II 1), puis régulièrement à partir du xvies. Fréq. abs. littér.: 12 011. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 16 030, b) 12 526; xxes.: a) 17 401, b) 13 396. Bbg. Lanly (A.). Morphol. hist. des verbes fr. Paris, 1977, pp. 269-270.

Wiktionnaire

Verbe

suffire \sy.fiʁ\ intransitif 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se suffire)

  1. Pouvoir satisfaire à quelque chose ou à un but donné.
    • Car la menace ne suffit pas pour faire régner l’ordre. Il y faut aussi suffisamment de droit et de progrès pour obtenir le consentement des peuples. — (Pour un autre monde ; Un autre chemin, motion pour le congrès socialiste de Dijon du 16 au 18 mai 2003)
    • Un domestique ne saurait suffire à servir tant de personnes.
    • Il ne suffit pas à la tâche.
    • La dépense est trop grande, il n’y peut pas suffire.
    • S’il perd ce procès, tout son bien n’y suffira pas.
  2. Pouvoir subvenir, pouvoir satisfaire aux exigences de quelqu’un.
    • La baguette magique agitée opportunément pour chercher à se faire élire ne suffit plus, ne convainc plus. — (André Guillemaut, Elections présidentielles 2012, Éditions Publibook, 2011, page 14)
  3. Fournir assez, faire ce qui est nécessaire pour qu’une chose se réalise.
    • Il leur suffisait de tremper le bout des doigts dans une pipe de cidre ou une cuvée de vin pour changer cidre et vin en bouse liquide. — (Octave Mirbeau, Rabalan,)
    • Existe-t-il un type de preuves incontournables qu’il suffirait d’évoquer pour persuader de la justesse de sa position ses opposants les plus tenaces ? — (Louis Dubé, L’argument déterminant et les théories du complot, dans Le Québec sceptique, n° 67, p.5, automne 2008)
    • À l'heure actuelle, en Indo-Chine, tout le monde peut se compromettre sans danger. Il suffit de savoir avec qui. — (R.-A. Lortat-Jacob, Sauvons l'Indo-Chine ! Politique & Vérité, Paris : Éditions de La Griffe, sans date (fin 1926-début 1927), chap.2, page 26)
  4. Être à la cause de quelque chose ; déclencher ou conditionner un évènement.
    • Comme toutes les réformes monétaires, la stabilisation de la monnaie allemande a provoqué une crise économique, ou plus exactement, elle n’a pas suffi à en préserver le Reich. — (Wilfrid Baumgartner, Le Rentenmark (15 Octobre 1923 - 11 octobre 1924), Les Presses Universitaires de France, 1925 (réimpr. 2e éd. revue), p.117)
  5. (Familier) Ne plus être nécessaire de fournir ou de faire quelque chose ; dans une requête signalant à quelqu'un que les conditions nécessaires à une fin ont été atteintes ou que les exigences sont remplies.
    • Cela me suffit.
    • Cela suffit.
    1. (Familier) (Impersonnel) Voilà qui est bien, c’est assez, n’en parlons plus. Note : Il marque souvent l’agacement. Il est souvent à l'impératif.
      • Suffit !
  6. (Impersonnel) Être en suffisante quantité. Note : Il est suivi de de, de que, de à ou de pour.
    • Il suffit de tant de blé pour tant d’hommes. Tant de blé suffit pour tant d’hommes.
    • Il suffit de lui dire une chose pour qu’il la fasse aussitôt. Lui dire une chose suffit pour qu’il la fasse aussitôt.
    • Qu’il vous suffise que je l’aie voulu. Vous vous suffisez du fait que je l’aie voulu.
  7. (Pronominal) Suffire à ses propres besoins, avoir ou gagner assez pour pourvoir à ses besoins.
    • Ce jeune homme se suffit.
    • Il ne se suffit pas encore.
  8. (Pronominal) Trouver en soi le moyen de se passer des autres.
    • Se suffire à soi-même.
    • Il faut savoir se suffire à soi-même.

Forme de verbe

suffire \Prononciation ?\

  1. Infinitif présent de suffio.

Note : Par convention, les verbes latins sont désignés par la 1re personne du singulier du présent de l’indicatif.

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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUFFIRE. (Je suffis, tu suffis, il suffit; nous suffisons, vous suffisez, ils suffisent. Je suffisais. Je suffis. Je suffirai. Je suffirais. Suffis, suffisons. Que je suffise. Que je suffisse. Suffisant. Suffi.) v. intr.
Pouvoir subvenir, pouvoir satisfaire à quelque chose, fournir assez, faire ce qui est nécessaire. Cette somme ne suffit pas pour payer vos dettes. S'il perd ce procès, tout son bien n'y suffira pas. Peu de bien suffit au sage. Cinq cents francs ne peuvent suffire pour toutes ces emplettes. La dépense est trop grande, il n'y peut pas suffire. Il ne suffit pas à la tâche. Un domestique ne saurait suffire à servir tant de personnes. La plus légère contrariété suffit pour l'irriter. Se suffire à soi-même, Trouver en soi le moyen de se passer des autres. Il faut savoir se suffire à soi-même. On dit aussi, simplement Se suffire, Avoir ou gagner assez pour pourvoir à ses besoins. Ce jeune homme se suffit, il ne se suffit pas encore. Fam., Cela me suffit, cela suffit et, simplement, Suffit, Voilà qui est bien, c'est assez, n'en parlons plus. Prov., À chaque jour suffit sa peine, Il ne faut pas se tourmenter inutilement sur l'avenir, se faire des chagrins d'avance.

SUFFIRE s'emploie impersonnellement. Il suffit de tant de blé pour tant d'hommes. Il suffit de lui dire une chose pour qu'il la fasse aussitôt. Qu'il vous suffise que je l'aie voulu.

Littré (1872-1877)

SUFFIRE (su-fi-r'), je suffis, tu suffis, il suffit, nous suffisons, vous suffisez, ils suffisent ; je suffisais ; je suffis ; je suffirai ; je suffirais ; suffis, suffisons ; que je suffise, que nous suffisions ; que je suffisse ; suffisant, suffi (invariable) v. n.
  • 1Pouvoir fournir, pouvoir satisfaire, en parlant des choses. Il fallait que cette modique somme suffît pour élever trois orphelins. Attendons-nous que Dieu ressuscite les morts pour nous instruire ? ce qui entre aujourd'hui dans le tombeau doit suffire pour nous convertir, Bossuet, Duch. d'Orl. Le moindre rayon de beauté qu'elle [l'âme] y aperçoit [dans le corps] suffit pour l'arrêter ; elle se mire, pour ainsi parler, et se considère dans ce corps, Bossuet, la Vallière. C'est trop pour un mortel de tenter un effort Où les forces d'un dieu ne suffisent qu'à peine, Quinault, Phaéton, IV, 11. Un père, en punissant, madame, est toujours père ; Un supplice léger suffit à sa colère, Racine, Phèdre, III, 3. La France seule pouvait à peine suffire à réparer des pertes si énormes, Racine, Louis XV, 35. Ces bruits publics qui ont éclaté dans tous les temps et dans tous les États à la mort des princes enlevés par une mort prématurée, comme si la nature ne suffisait pas à nous détruire, Voltaire, Russie, II, 17. Une seule partie de l'histoire naturelle, comme l'histoire des insectes ou l'histoire des plantes, suffit pour occuper plusieurs hommes, Buffon, Hist. nat. 1er disc. Ce qu'il faut pour le bonheur physique d'un seigneur, suffirait souvent pour faire celui de tout son village, Duclos, Consid. mœurs, 15. Quand on juge d'après ses craintes, ce qui ne suffirait qu'à la rigueur ne suffit pas ; et on croit ne trouver ce qui suffit que dans ce qui abonde jusqu'à un certain point, Condillac, Comm. gouv. I, 4.

    Cela me suffit, cela suffit, ou, simplement, suffit, voilà qui est bien, c'est assez. Suffit, je t'entends bien, Hauteroche, App. tromp. I, 2. Le comte de Bussy ne laissa pas d'adresser ce qu'il avait fait [traduction des Amours d'Hélène], si ce fut à Mme de Sévigné ou bien à Mme de la Fayette, je ne sais ; suffit que ce fut à une femme de beaucoup d'esprit, Courier, Éloge d'Hélène.

  • 2Il se dit des personnes en un sens analogue. Les nomades n'ont bergerie Qu'il [le lion] ne suffise à désoler, Malherbe, III, 3. Le roi leur montra bien qu'il suffit à tout, Pellisson, Lett. hist. t. III, p. 115. Jérémie lui-même, qui seul semble être capable d'égaler les lamentations aux calamités, ne suffirait pas à de tels regrets, Bossuet, Reine d'Anglet. Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices, Racine, Athal. I, 1. Tant de Romains sans vie, en cent lieux dispersés, Suffisent à ma cendre et l'honorent assez, Racine, Mithr. v, 5. Si vous m'aimez, je dois vous suffire, Duclos, Œuv. t. VIII, p. 87. Ah ! si j'avais suffi à son cœur, comme elle suffisait au mien, quels paisibles et délicieux jours nous eussions coulés ensemble ! Rousseau, 9e prom. La surprise, la joie, trop de mouvements agitent mon âme, elle ne peut y suffire, Genlis, Théât. d'éd. Zélie, v, 10.
  • 3Il s'emploie impersonnellement. Tout beau, que votre haine, en son sang [celui de Pompée] assouvie, N'aille point à sa gloire ; il suffit de sa vie, Corneille, Pomp. II, 2. On recherche les honneurs ; elle a jugé qu'il suffisait de s'en rendre digne, Fléchier, Duch. de Mont. Dans le crime il suffit qu'une fois on débute ; Une chute toujours attire une autre chute, Boileau, Sat. X. Il suffit de tes yeux pour t'en persuader, Racine, Phèdre, II, 5. Que de choses depuis Varron, que Varron a ignorées ! ne nous suffirait-il pas même de n'être savants que comme Platon ou comme Socrate ? La Bruyère, XII. Il me suffit d'avoir mené votre esprit aussi loin que vont vos yeux, Fontenelle, Mond. 5e soir. Il suffit que M. le marquis ait du goût ; c'est aux artistes à travailler pour lui, Voltaire, Jeannot et Colin. Je sais qu'aux Castillans il suffit de l'honneur, Voltaire, Alz. I, 1.

    Absolument. L'honneur parle, il suffit, ce sont là nos oracles, Racine, Iphig. I, 2. Il suffit ; comme vous je ressens vos injures, Racine, Brit. I, 3. Il a mordu le sein de sa nourrice : elle en est morte la pauvre femme, je m'entends, il suffit, La Bruyère, XII.

    Elliptiquement. Vous croiriez que Pison est plus digne de Rome ; Pour ne plus en douter, suffit que je le nomme, Corneille, Othon, III, 3. Suffit qu'en bel esprit on vous ait érigé, Pour ne pouvoir prétendre à la moindre fortune, Deshoulières, Poés. t. I, p. 37.

  • 4Se suffire, n'avoir pas besoin du secours des autres. Elles se sont toujours suffi. N'attendez rien de grand de qui croit se suffire, Lamotte, Fabl. III, 7. Malgré ses talents et les ressources de son esprit, il [le régent] ne pouvait longtemps se suffire à lui-même ; la dissipation, le bruit, la débauche lui étaient nécessaires, Duclos, Œuv. t. v, p. 201. Quand on se suffit l'un à l'autre, s'avise-t-on de songer à un tiers ? Rousseau, Hél. I, 45. Ah ! ma fille, la triste et pénible résolution que celle de vivre seul, et de suffire à soi-même ! l'homme est trop faible pour se soutenir, Marmontel, Cont. mor. Misanth. corr.

    PROVERBE

    À chaque jour suffit sa peine, il ne faut pas se faire de chagrins d'avance.

    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

REMARQUE

1. Suffire veut à ou pour devant les noms et les verbes. Peu de bien suffit au sage. La vie, qui est courte et qui ne suffit presque pour aucun art, suffit pour être bon chrétien, NICOLE.

Impersonnellement, il régit de devant un nom et devant un infinitif. Il lui suffira de l'honneur. Il suffit d'être malheureux pour être à plaindre.

2. Avec que, il suffit veut le subjonctif. Il suffit que vous le disiez pour que je le croie. Cependant de bons auteurs ont employé aussi l'indicatif. Il suffit que nous savons ce que nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver, Molière, Méd. m. lui, I, 1. Ne vous suffit-il pas que je l'ai condamné ? Ne vous suffit-il pas que ma gloire offensée Demande une victime à moi seule adressée ; Qu'Hermione est le prix d'un tyran opprimé ; Que je le hais ; enfin, seigneur, que je l'aimai ? Racine, Andr. IV, 3. Qu'il te suffise donc, pour me justifier, Que je vis, que j'aimai la reine le premier, Racine, Mithr. I, 1. N'allons pas plus loin quant à présent ; il suffit que votre principale question est résolue, Rousseau, Lett. à Mlle D. M. 7 mai 1764.

HISTORIQUE

XIIIe s. Raisons dit qu'il me souffisse, Quant onc j'i osai penser ; Mais amors pas ce ne prise, Couci, p. 119. Fille, dist Blanchefleurs, pas ne me doit soufire, De ce que [je] ne vous voi, Berte, LXXXVIII.

XIVe s. Et soufise ce que nous avons dit de ces choses, Oresme, Éth. 26. Droit naturel, qui souffist estre escrit es cueurs des hommes, Oresme, ib. 167.

XVe s. Avecques tout ce, il lui convenoit [il lui fallait] payer cent mille francs… et tant faire qu'il souffisist au duc, Froissart, II, III, 65.

XVIe s. Lorsqu'on ne peut à bon souhait suffire, Le desir croist toujours en attendant, Saint-Gelais, p. 248, dans LACURNE. Voyans les Genevois [Génois] que breche à suffire avoient pour devoir donner l'assault, Jean D'Auton, Ann. de Louis XII, 1506, 1507. Suffit à un chrestien croire toutes choses venir de Dieu, Montaigne, I, 248. Si ce qu'on a suffit à maintenir sa condition, Montaigne, III, 49. Se sentans incommodez de loger si serré comme ils avoyent fait jusques-là, ils voulurent s'escarter, estimans qu'ayans deux mille harquebusiers, il ne suffisoit qu'à une armée de les deffaire, Lanoue, 646. Jean Buron du bas Poictou, qui, adverti d'appeller, respondit : Ne vous suffit-il pas d'avoir les mains teintes de mon sang sans en souiller d'autres ? D'Aubigné, Hist. I, 79.

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Étymologie de « suffire »

Lat. sufficere, de sub, sous, et facere, faire.

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Du latin sufficere, « mettre au-dessus ou à la place », « suppléer » puis « fournir », intransitivement « se placer dessous », c'est-à-dire « être capable de supporter » d'où « suffire à ». La forme soufire, qui repose sur un latin populaire *suffīcere, due à l'allongement de ĭ en ī sous l'influence de verbes comme dicere (« dire »), a été relatinisée en suffire, de façon isolée au quatorzième siècle, puis régulièrement à partir du seizième siècle.
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Phonétique du mot « suffire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
suffire syfir

Citations contenant le mot « suffire »

  • Une communauté ne peut longtemps se suffire à elle-même ; elle ne peut se développer qu’avec des personnes provenants d’horizons différents et des frères encore inconnus. De Howard Thurman
  • Pour convaincre, la vérité ne peut suffire. De Isaac Asimov
  • Se suffire, c'est être puissant. De Victor Hugo / L'Homme qui rit
  • Si la connaissance est le but, te connaître doit suffire. De William Shakespeare / Peines d’amour perdues
  • Parfois, même tout donner n'est pas forcément suffire. De Jean-Jacques Goldman / Puisque tu pars
  • Elles nous abandonnent leurs corps - convaincues que cela devrait nous suffire - alors que, précisément, cela pourrait nous suffire. De Sacha Guitry
  • La plus belle Muse du monde ne peut suffire à nourrir son homme. De Alfred de Vigny / Stello
  • Une religion qui serait à la mesure de notre compréhension ne saurait suffire à nos besoins. De Arthur Balfour
  • La science, comme la philosophie, ne peut suffire à contenter le coeur de l'homme. De Auguste Valensin
  • Nous avons neuf mois de vie privée avant de naître, ça devrait nous suffire. De Heathcote Williams / Actuel - Novembre 74
  • Rien ne peut suffire à celui qui considère comme étant peu de chose ce qui est suffisant. De Epicure
  • Bien écrire sans personnalité peut suffire pour le journalisme. A la rigueur pour la science. Jamais pour la littérature. De Karl Kraus
  • Quelles fibres me lient donc à toi, que toutes mes énergies d'homme ne puissent suffire à les briser ? De Georges Courteline / Bourbouroche
  • Le simple fait, pour une femme, d'avoir la certitude que vous vous intéressez à elle peut suffire à la détourner de vous. De Marc-André Poissant / Journal de nuit
  • La solitude ! L'orgueil, oui. L'orgueil de se suffire à soi-même, et l'illusion de se posséder totalement. De Jean-Yves Soucy / Parc La Fontaine
  • Pour certains, même un recul ou une disparition de la pandémie pourrait ne pas suffire à sauver les Jeux de 2021. Ceux de 2024, à Paris, pourraient, quant à eux, changer de format. LaLibre.be, La pandémie va-t-elle mettre fin au gigantisme des Jeux olympiques ? - La Libre
  • En ce qui concerne l'argent et le travail, aujourd'hui, vous ne pourrez agir qu'en fonction d'un collègue ou associé et attendre son bon vouloir ne sera pas vraiment de votre goût. Nul besoin de devenir tyrannique cependant, un simple rappel à l'ordre devrait suffire à rétablir une certaine efficacité. Concernant l'humeur, il y a des jours où rien ne va ! En Amour, votre partenaire pourrait vous montrer une facette de sa personnalité que vous ne connaissiez pas encore. Pour autant, ce n'est pas sûr que vous l'aimiez davantage. Si vous espérez trouver le grand amour, cette journée sera probablement décevante même si elle est agréable. Concernant la santé, votre tonus sera en dents de scie. N'abusez pas du café dans l'espoir de retrouver de l'énergie. Prenez plutôt un encas en milieu de matinée ou dans l'après-midi. Vous avez surtout besoin d'une bonne nuit de sommeil. , Horoscope chinois du Dimanche 2 août 2020
  • « Heureusement qu’il y a eu cet orage, il a fait beaucoup de bien après des journées très chaudes, à 39°C. Cette pluie va permettre d’accélérer la véraison (*), même si cela ne va pas suffire, explique le viticulteur. Les baies sont encore petites, contiennent donc peu de jus et feront donc peu de volumes ». www.lamontagne.fr, L'orage de vendredi a fait « beaucoup de bien » au vignoble de Saint-Pourçain (Allier) - Saint-Pourçain-sur-Sioule (03500)
  • "Les quelque 40 milliards de dollars de liquidités dont dispose actuellement la société devraient suffire à maintenir ou à dépasser un solde de trésorerie cible de 20 milliards de dollars au cours du second semestre de cette année, même si la demande mondiale diminue ou s'il y a une autre vague majeure de fermetures d'usines liée à la pandémie", a déclaré le groupe dans un communiqué. Capital.fr, FORD: plus fort que le consensus au second trimestre - Capital.fr
  • Cet Etat, dont Melbourne est la capitale, est le cœur de la résurgence de la maladie en Australie, dont la réponse initiale à l’épidémie avait été saluée. Voilà trois semaines que plusieurs quartiers de Melbourne et de ses environs sont soumis à un confinement. Mais cela ne semble pas suffire, dans l’Etat 13 décès liés au coronavirus ont été constatés jeudi. Le Premier ministre du Victoria Daniel Andrews a imputé en partie cette forte augmentation à un regain de cas dans les établissements pour personnes âgées. La plupart des personnes décédées avaient plus de 70 ans. , Coronavirus : L’Australie enregistre un nouveau record quotidien des contaminations

Traductions du mot « suffire »

Langue Traduction
Anglais suffice
Espagnol bastar
Italien sufficienti
Allemand genügen
Chinois 足够
Arabe كفى
Portugais satisfazer
Russe хватай
Japonais 十分
Basque aski
Corse basta
Source : Google Translate API

Synonymes de « suffire »

Source : synonymes de suffire sur lebonsynonyme.fr

Suffire

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