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Stigmate

Définitions de « stigmate »

Trésor de la Langue Française informatisé

STIGMATE, subst. masc.

I.
A. − Marque durable sur la peau. Synon. cicatrice, marque1.Stigmate d'un vaccin; stigmates de la petite vérole. Quoique la plaie large et profonde fût fermée, Bénédict en porterait toute sa vie le stigmate indélébile (Sand, Valentine, 1832, p. 227).[Ce long doigt] suivait complaisamment la ligne rouge, le stigmate éloquent qui me ceinturait encore (H. Bazin, Vipère, 1948, p. 24).
P. métaph. Raynal: A écrit avec un fer rouge: il laisse des stygmates sur tous les esprits qui le lisent (Chênedollé, Journal, 1833, p. 177).
1. HISTOIRE
a) ANTIQ. ROMAINE. Marque qu'on faisait au bras des soldats. (Dict. xixeet xxes.). Marque faite au fer rouge sur un esclave. Stigmates, d'un mot grec qui signifie marque profonde. Les Romains (...) imprimaient au front des esclaves fugitifs: la plus commune était la lettre F dont l'empreinte se pratiquait au moyen d'un fer chaud (St-Edmet. 51828).
b) ANC. RÉGIME. Marque faite au fer rouge sur l'épaule des galériens, des voleurs. Les stigmates de la justice (Ac.1835-1935).
2. RELIG., au plur. Les cinq plaies de Jésus crucifié; les mêmes plaies portées par certains mystiques. Les stigmates de saint François d'Assise. Il montra de merveilleuses marques sur son corps. De même que saint François, il avait reçu les stigmates et portait aux pieds, aux mains, au côté, des plaies sanglantes (A. France, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 189).L'impression des stigmates fut donc l'épisode de la vie de saint François que les couvents franciscains demandèrent le plus souvent aux artistes (Mâle, Art relig., 1932, p. 176).
B. − P. anal. ou au fig., littér., gén. au plur. Marque visible, signe apparent de quelque chose de pénible, d'accablant ou d'avilissant. Synon. trace.Les stigmates de l'alcoolisme, de la douleur, du vice. Sa respiration saccadée, ses jambes coupées, sa gorge desséchée, ses mains, son front brûlants, étaient les stigmates de ses souffrances intérieures (Duranty, Malh. H. Gérard, 1860, p. 288).Vieux ou jeunes, ils étaient tous du même grain, et leurs mains, enfouies au fond des poches des knickers, ou nouées derrière le dos, à la façon paysanne, portaient le cal du piolet, du rocher, de la corde, les stigmates de leur métier: la charge d'âmes à assurer vers les sommets (Peyré, Matterhorn, 1939, p. 16).
Être sans stigmates. Ces enfants étaient encore frais, presque sans stigmates (Frapié, Maternelle, 1904, p. 293).
− Dans le domaine de la psychol.Active, cette agressivité de base s'entretient en critique incessante, envie, jalousie. Ici, encore et toujours, nous trouvons à l'origine de la psychogenèse les stigmates de l'enfance (Mounier, Traité caract., 1946, p. 513).
[A propos d'une chose concr.] Hippolyte (...) ne s'étonna pas des tons noirs et gras (...) qui décoraient les boiseries. Ces stigmates de misère ne sont point d'ailleurs sans poësie aux yeux d'un artiste (Balzac, Bourse, 1832, p. 399).Dans cette Chine où le déboisement a partout marqué ses stigmates (...) il ne reste à l'arbre partout pourchassé que quelques refuges (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p. 192).
C. − MÉD, PATHOL.
1. ,,Signe clinique de caractère permanent ayant une certaine valeur diagnostique`` (Méd. Biol. t. 3 1972). Stigmates de l'hystérie, du saturnisme, du zona. La lèpre se manifestait dans toute sa hideur. Avec ses stigmates, le caractère de l'héroïque jeune homme s'assombrissait (Grousset, Croisades, 1939, p. 219).
2. Stigmates de dégénérescence. Anomalies physiques souvent associées à la dégénérescence mentale: malformation des oreilles, de la voûte palatine, mauvaise implantation des dents, etc... (d'apr. Méd. Biol. t. 3 1972). Cette enfance pèche par mille stigmates de dégénérescence. Voici la petite Doré atteinte de strabisme et vingt autres, victimes de la même hérédité alcoolique (Frapié, Maternelle, 1904, p. 141).
II. − Spécialement
A. − ANAT., HISTOL. ,,Interstice qui, dans un endothélium, permet la diapédèse`` (Méd. Flamm. 1975).
B. − BOT. ,,Orifice du pistil; partie terminale d'un carpelle`` (Bén.-Vaesk. Jard. 1981). Les stigmates de la fleur. La partie supérieure du pistil, c'est à dire le stigmate, s'ouvre lors de la floraison ou de la fécondation (Baudrillart, Nouv. manuel forest., t. 1, 1808, p. 59).
C. − ZOOL. Pore respiratoire; chacune des ouvertures latérales situées sur les segments du corps de l'insecte et par lesquelles l'air pénètre dans les trachées (d'apr. Séguy 1967). Stigmate prothoracique, tympanique. Les arachnides ne respirent que par des stigmates et des trachées aérifères, qui sont des organes respiratoires analogues à ceux des insectes (Lamarck, Philos. zool., t. 1, 1809, p. 180).
Prononc. et Orth.: [stigmat]. Ac. 1694-1762: stigmates, subst. masc. plur.; 1798: stygmates, subst. masc. plur.; dep. 1835: stigmate. Étymol. et Hist. A. 1. a) Mil. xves. masc. plur. « les marques des cinq plaies faites par la crucifixion sur le corps de Jésus » (Internele consolacion, éd. A. Pereire, p 6); b) fin xve-déb. xvies. « marques semblables à celles des plaies de Jésus, portées par des saints » (J. D'Auton, Chroniques, éd. R. de Maulde La Clavière, t. 2, p. 102); 2. a) 1495 stigmac « trace honteuse que laisse dans le coupable une faute morale » (J. Locher, Nef des felz, prélude, sign. A 5 vods Gdf. Compl.); b) 1530 « cicatrice, trace indélébile » (Le Fevre D'Est., Bible, Lév. XIX, ibid.); c) 1580 « marque imprimée au fer rouge » (Celthellenisme de Léon Trippault ds Littré); d) 1754 (Buffon, Hist. nat., t. 11, p. 327: cette bosse du bison, comme celle du chameau, est moins un produit de la Nature qu'un effet du travail, un stigmate d'esclavage). B. 1. 1690 entomol. « orifices des trachées » (Fur.); 2. 1747 bot. « partie supérieure du pistil » (Guettard, Observations sur les plantes, t. 1, p. 260); 3. 1791 « sorte de poisson » (Valm.). Empr. au lat.stigmata, plur. neutre de stigma, -atis « marque au fer rouge, marque d'infamie », du gr. σ τ ι ́ γ μ α « piqûre » et spéc. « piqûre au fer rouge »; le sens de « piqûre » d'où « ouverture minuscule comme celle qui est faite par une piqûre » explique le sens techn. du mot. Fréq. abs. littér.: 177.

Wiktionnaire

Nom commun - français

stigmate \stiɡ.mat\ masculin

  1. (Botanique) Extrémité supérieure d’un style d’un pistil d’une fleur.
    • Le style est long car il est nécessaire de tenir haut le stigmate de façon à ce que les abeilles puissent s'y cogner. Cela oblige le tube pollinique à se lancer dans une odyssée difficile et cette épreuve permet à la plante de jauger ses prétendants. — (David George Haskell, 2 avril : L'empire des fleurs, dans Un an dans la vie d'une forêt, traduit de l'anglais (États-Unis) par Thierry Piélat, éd. Flammarion, 2018)
  2. Marque, cicatrice que laisse une plaie.
    • Il vient d’avoir la petite vérole, il en a encore les stigmates.
  3. (Catholicisme) (Au pluriel) Les cinq plaies de Jésus-Christ, que, par mimétisme, certains saints auraient eues aux pieds, aux mains et au côté.
    • Elle finit par avouer, que, depuis bien des années, le Christ l’a marquée des stigmates de la Passion et elle confesse que ces plaies la brûlent, jours et nuits, ainsi que des fers rouges. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
  4. (Figuré) Marque d’infamie.
    • Les bouches naguère délicieuses et rouges, maintenant sèches et blanches, portaient les honteux stigmates de l’ivresse. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831)
    • Mais, terrible question ! les stigmates de « l’aventurier » ne resteront-ils pas empreints dans la chair de l’homme de gouvernement ? — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
  5. (Entomologie) Orifice des trachées, organe respiratoire placé sur les côtés du corps des insectes.
    • Des ostioles uniquement respiratoires, ou, suivant l’expression consacrée, des stigmates placés symétriquement le long des côtes du corps, inhalent l’air atmosphérique et le transmettent dans des canaux […] — (Lettre de M. Léon Dufour, correspondant de l’Académie, sur le mouvement observé par M. Behn dans les pattes des hydrocorises, dans Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, vol. 1, 1835, p. 335)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

STIGMATE. n. m.
Il se disait de la Marque, de la cicatrice que laisse une plaie. Il vient d'avoir la petite vérole, il en a encore les stigmates. Les stigmates de la justice se disait des Marques du fer rouge sur l'épaule des galériens.

STIGMATES, au pluriel, se dit absolument des Marques semblables à celles des cinq plaies de JÉSUS-CHRIST, que saint François d'Assise et d'autres saints eurent aux pieds, aux mains et au côté.

STIGMATE s'emploie figurément et signifie Marque. Il porte sur son visage les stigmates du vice. Un stigmate flétrissant, honteux, Une note d'infamie.

STIGMATE, en termes de Botanique, désigne la Partie supérieure du pistil, dans les fleurs. Stigmate simple. Stigmate bifide. Stigmate sessile. Stigmates de maïs. En termes d'Entomologie, il se dit de l'Orifice des trachées, organes respiratoires placés sur les côtés du corps des insectes.

Littré (1872-1877)

STIGMATE (stigh-ma-t') s. m.
  • 1Marque que laisse une plaie. Il porte encore les stigmates de la petite vérole. La chair du martyr portera à jamais dans le ciel les stigmates de Jésus-Christ, Fénelon, t. XVII, p. 285. On trouvera sur tous les animaux esclaves les stigmates de leur captivité et l'empreinte de leurs fers, Buffon, Quadrup. t. VII, p. 201.
  • 2Marque infligée comme punition. L'empereur Théophile ne rougit pas de faire revivre l'affreuse peine des stigmates dans la persécution qu'il suscita contre ceux des chrétiens qui défendaient la sainteté des images, Mongez, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. I, p. 506.

    Les stigmates de la justice, les marques du fer rouge qu'on imprimait autrefois sur les épaules des voleurs.

    Fig. et familièrement. Il en porte encore les stigmates, se dit d'un homme qui vient d'essuyer en public quelque déshonneur.

    Fig. Un stigmate flétrissant, une note d'infamie.

  • 3 Particulièrement. Les marques des cinq plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ qu'on prétend avoir été imprimées, par faveur du ciel, sur le corps de saint François d'Assise.
  • 4Chez les anciens, marque faite aux bras des recrues.
  • 5 Terme de botanique. Partie du pistil destinée à recevoir le principe fécondant, et à le transmettre à l'ovaire, soit immédiatement si le stigmate est sessile, soit par l'intermédiaire d'un support plus ou moins long appelé style. Le stigmate est souvent séparé du germe par un long stylet, creux à la vérité, mais à travers lequel les poussières de l'étamine, toutes petites qu'elles sont, ne pourraient pénétrer, Condorcet, Linné.
  • 6Chez les insectes, nom donné à des ouvertures placées sur les côtés du corps, qui sont les orifices des trachées. Mes expériences sur la respiration des chenilles m'ont paru prouver que les deux stigmates antérieurs et les deux postérieurs sont les plus importants, Bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. VIII, p. 113, dans POUGENS. Malpighi, après avoir découvert les stigmates des insectes, décida qu'ils étaient les organes de leur respiration, parce que ces insectes périssaient lorsqu'il couvrait d'huile ou de suif ces ouvertures ; mais il ne fit pas attention que ces animaux vivaient longtemps sous l'eau et dans le vide, Sennebier, Art d'observer, t. I, p. 92, dans POUGENS.

    Partie du bord externe de l'aile des hyménoptères qui est plus épaisse que le reste.

HISTORIQUE

XVIe s. Stigmates, marques qu'on empraint sur aucun soit de fer chaut, cautere ou autrement, Celthellenisme de Léon Trippault.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

STIGMATE, voyez Fleur.

Stigmates, organes extérieurs de la respiration de plusieurs insectes, & principalement des chenilles. C’est M. Malpighi qui a reconnu le premier cette organisation. Les chenilles ont sur chacun des douze anneaux du corps, à l’exception du second, du troisieme & du dernier, deux taches ovales, une de chaque côté, placées plus près du ventre que du dos : ces taches sont imprimées en creux dans la peau, & bordées par un petit cordon le plus souvent noir. Ces taches sont jaunes dans certaines chenilles, & dans d’autres elles ont une couleur blanche. La petite ouverture, qui est au milieu de chacune de ces taches, communique à un poumon particulier, de sorte que les chenilles ont neuf poumons de chaque côté, ou plutôt neuf paquets de trachées qui composent le poumon, & qui s’étendent chacun tout le long du corps.

M. Malpighi a découvert que ces organes servoient à la respiration des chenilles, en les couvrant d’huile ou d’une matiere graisseuse quelconque, alors l’insecte tombe en convulsions sur le champ. Mais si on ne met de l’huile que sur un certain nombre de stigmates, les parties voisines de celles qui sont huilées deviennent paralytiques par la privation d’air, & souvent l’insecte meurt quelque tems après. On tient cependant sous l’eau un ver à soie pendant des heures entieres, sans le faire mourir ; il reprend ses forces & sa vigueur en le remettant à l’air & en l’exposant au soleil. M. de Reaumur croit que c’est parce que l’eau ne peut pas pénétrer dans les stigmates, comme l’huile, & que l’air qui se trouve renfermé dans le creux de chaque stigmate empêche que l’insecte ne soit suffoqué. M. Malpighi croyoit que l’air entroit & sortoit par les stigmates ; mais M. de Reaumur a découvert depuis par des expériences réïtérées en plongeant une chenille dans l’eau, que l’air avoit son issue par de très-petites ouvertures répandues sur tout le corps, qui communiquent à de petits canaux, & que ces canaux ont communication avec les trachées dont il a été fait mention. Mém. pour servir à l’hist. des insectes, par M. de Reaumur, tome I. n°. 3. Voyez Insecte.

Stigmates, (Hist. anc.) signes ou caracteres dont on marquoit ordinairement les esclaves qui avoient été fugitifs. La marque la plus commune étoit la lettre F, qu’on leur imprimoit au front avec un fer chaud. On se contentoit quelquefois de leur mettre un collier ou un bracelet, sur lequel on gravoit le nom du maître. Quelques-uns ont cru qu’on imprimoit aussi des caracteres sur les mains, les bras ou les épaules des nouveaux soldats chez les Romains ; mais cet usage n’a pas été général, & l’on n’en trouve pas des témoignages assez précis chez les anciens, pour affirmer que cette coutume fût constamment établie dans les troupes romaines.

Stigmates, (Théolog.) marques ou incisions que les payens se faisoient sur la chair en l’honneur de quelque fausse divinité.

Ces stigmates s’imprimoient ou par un fer chaud, ou par une aiguille avec laquelle on faisoit plusieurs piquures, que l’on emplissoit ensuite d’une poudre noire, violette, ou d’une autre couleur, qui s’incorporoit avec la chair, & demeuroit imprimée pendant toute la vie. La plûpart des femmes arabes ont les bras & les joues chargés de ces sortes de stigmates : Lucien dans son livre de la déesse de Syrie, dit que tous les syriens portoient de ces caracteres imprimés les uns sur les mains, & les autres sur le col. Moïse, Lévitiq. x. xix. vers. 28. défend aux Israélites de se faire aucune figure, ni aucune stigmate sur le corps. L’hébreu porte, vous ne vous ferez aucune écriture de pointe, c’est-à-dire, aucune stigmate imprimée avec des pointes.

Ptolemée Philopator ordonna qu’on imprimât une feuille de lierre, qui est un arbre consacré à Bacchus sur les juifs qui avoient quitté leur religion pour embrasser celle des payens. S. Jean, dans l’Apocalypse, fait allusion à cette coutume, quand il dit, c. xiij. vers. 16. & 17. que la bête a imprimé son caractere dans la main droite, & sur le front de ceux qui sont à elle ; qu’elle ne permet de vendre ou d’acheter qu’à ceux qui portent le caractere de la bête ou son nom, & S. Paul, dans son épitre aux Galates. dit qu’il porte les stigmates de J. C. sur son corps en parlant des coups de fouet qu’il a reçus pour la prédication de l’évangile.

Philon le juif, de monarch. l. I. dit qu’il y a des hommes qui pour s’attacher au culte des idoles d’une maniere plus solemnelle & plus déclarée, se font sur la chair avec des fers chauds, des caracteres qui prouvent leur engagement & leur servitude. Procope, in Isaï. xliv. remarque l’ancien usage des chrétiens, qui se faisoient sur le poignet & sur les bras des stigmates, qui représentoient la croix ou le monogramme de J. C. usage qui subsiste encore aujourd’hui parmi les chrétiens d’Orient, & parmi ceux qui ont fait le voyage de Jérusalem. Prudence, hymn. x. décrit en ces termes la maniere dont les payens se faisoient des stigmates en l’honneur de leurs dieux.

Quid cum sacrandus accipit sphragitidas ?
Acus minutas ingerunt fornacibus,
His membra pergunt urere : utque igniverint
Quamcumque partem corporis fervens nota
Stigmavit, hanc sic consecratam proedicant.

Calmet, dictionn. de la Bibl.

Stigmates, (Théolog.) terme que les Franciscains ont introduit pour exprimer les marques ou empreintes des plaies de Notre Seigneur, qu’il imprima lui-même sur le corps de S. François d’Assise.

Voici ce qu’en dit M. l’abbé Fleury, dans son histoire ecclésiastique, tom. XVI. l. LXXIX. n°. 5. d’après Vading & S. Bonaventure. « En 1224, saint François se retira sur le mont Alverne pour y passer son carême de saint Michel, c’est-à-dire, les quarante jours qu’il avoit coutume de jeûner, depuis l’assomption de Notre Dame, jusqu’à la fin de Septembre… Un matin, vers la fête de l’exaltation de la sainte Croix, qui est le 14 Septembre, comme il prioit au côté de la montagne, il vit un séraphin, ayant six aîles ardentes & lumineuses, qui descendoit du haut du ciel d’un vol très-rapide. Quand il fut proche, saint François vit entre ses aîles la figure d’un homme, ayant les mains & les piés étendus & attachés à une croix. Deux aîles s’élevoient au-dessus de sa tête, deux étoient étendues pour voler, & deux couvroient tout son corps… La vision disparoissant, le saint apperçut à ses mains & à ses piés les marques des clous comme il les avoit vus à l’image du crucifix. Ses mains & ses piés paroissoient percés de clous, dans le milieu, les têtes des clous se voyoient au-dedans des mains & au-dessus des piés, & les pointes repliées de l’autre côté, & enfoncées dans la chair. A son côté droit paroissoit une cicatrice rouge, comme si elle venoit d’un coup de lance, & souvent elle jettoit du sang, dont sa tunique & ses fémoraux étoient arrosés. »

L’impression de ces stigmates fut confirmée par plusieurs miracles que rapporte le même auteur, qui continue ainsi : « Quelque soin que prît François de cacher ses stigmates, il ne put empêcher que l’on ne vît ceux des mains & des piés, quoique depuis ce tems-là il marchât chaussé, & tînt presque toujours ses mains couvertes. Les stigmates furent vus par plusieurs de ses confreres, qui bien que très dignes de foi par leur sainteté, l’assurerent depuis par serment, pour ôter tout prétexte d’en douter. Quelques cardinaux les virent par la familiarité qu’ils avoient avec le saint homme ; ils ont relevé les stimagtes, dit saint Bonaventure, dans les proses, les hymnes & les antiennes qu’ils ont composées en son honneur, & ont rendu témoignage à cette vérité de vive voix, & par écrit. Enfin le pape Alexandre IV. prêchant au peuple, en présence de plusieurs freres & de moi-même (ce sont les propres paroles de saint Bonaventure), assura que pendant la vie du saint il avoit vu ces sacrés stigmates de ses propres yeux. Il ajoute qu’à la mort de saint François plus de cinquante freres les virent, & la pieuse vierge Claire avec ses sœurs, & une multitude innombrable de séculiers, dont plusieurs les baiserent & les toucherent de leurs mains pour plus grande certitude.

» Quant à la plaie du côté, il la cacha si bien, que de son vivant personne ne put la voir qu’à la dérobée, mais après sa mort elle parut évidemment comme les autres ».

On a institué en mémoire de ce miracle une fête appellée la fête des stigmates de saint François, avec une messe & un office particulier, mais qui n’est obligatoire que pour les Franciscains. Il y eut aussi à la même occasion une archi confrérie érigée en 1594, par François Pizi, chirurgien de la ville de Rome.

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Étymologie de « stigmate »

Στίγμα, point, de στίζειν, piquer ; comparez l'anc. haut-allem. stechan, le goth. stikan, sanscr. tij, pour stig, être pointu, et, dans le latin, di-stinguere, in-stigare et stimulus.

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(Date à préciser) Emprunté au latin stigma, stigmatis (« stigmate »), lui-même emprunté au grec ancien στίγμα stigma (« piqûre, marque au fer rouge, stigmate »).
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Phonétique du mot « stigmate »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
stigmate stigmat
stigmates stigmat

Citations contenant le mot « stigmate »

  • "En plus de traiter le virus, nous devons répondre aux préoccupations des patients, traiter leur stigmate", un problème aggravé par "l'illétrisme" et "la superstition", remarque le professeur Javed Akram, vice-recteur de la faculté de médecine de Lahore. Le Point, Le Covid-19 au Pakistan, entre stigmatisation et conspirations - Le Point
  • On nous veut avec les stigmates des grandes écoles, je le veux avec les stigmates de la vie. Savoir s'il est agrégé en soleil. S'il a ses grades en désespoir. Jean Giono, Virgile, Corrêa
  • Les villes portent les stigmates des passages du temps, occasionnellement les promesses d’époques futures. De Marguerite Yourcenar
  • Je viens d'une famille où l'on ne vit pas à découvert. J'en ai gardé des stigmates: je ne sais pas «claquer» ni flamber De Valérie Trierweiler / Merci pour ce moment
  • Visite libre du hall et de la fresque « San Francesco che riceve le stigmate e San Cristoforo », un chef d’oeuvre du XIV siècle. du samedi 19 septembre au dimanche 20 septembre à Cité internationale universitaire de Paris – Maison de l’Italie Unidivers, Visite libre du hall et de la fresque « San Francesco che riceve le stigmate e San Cristoforo », un chef d’oeuvre du XIV siècle. Cité internationale universitaire de Paris – Maison de l’Italie Paris samedi 19 septembre 2020
  • Le gouvernement a raison d’aider les jeunes de la génération coronavirus. Le fait est bien connu des économistes du travail, les jeunes appartenant à des cohortes touchées par des crises économiques souffrent d’un stigmate qui les suit tout au long de leur carrière professionnelle : ils sont moins payés, accumulent moins de patrimoine et ont globalement une trajectoire plus chaotique sur le marché du travail. Le Monde.fr, « Créer une prime de déménagement pour redonner de l’élan à l’emploi des jeunes »
  • « Comment favoriser, développer en classe des pratiques de l’oral capables de répondre à cette demande, mais aussi de réduire les inégalités et améliorer les conditions de réussite en éducation prioritaire ? » L’Observatoire des pratiques en éducation prioritaire de l’académie de Créteil publie un important rapport. Il analyse les pratiques de 10 réseaux d’éducation prioritaire, interrogeant les enseignants mais aussi des élèves. « L’oral, apparemment partagé, est ainsi plus discriminant et clivant que l’écrit. Mal maîtrisé, il fait stigmate », écrit l’Observatoire. « De cet objet complexe, il appartient à l’École de se saisir, comme outil de socialisation notamment scolaire, comme outil d’enseignement et d’évaluation, comme vecteur mais aussi objet d’apprentissage ». Le rapport analyse la place et le rôle de l’oral en classe et les pratiques de l’oral au coeur de la classe. , L’oral en éducation prioritaire
  • Les « stigmates » ne sont jamais des stigmates éternellement, en tout temps, en toutes situations. Ils peuvent être aussi utilisés en « positif », comme nous le montrions dans un livre coécrit avec Mathilde Larrère. C’est ce qu’on appelle le « retournement du stigmate », qu’a expliqué le sociologue Erwing Goffman. Moquée sur son accent, la candidate Eva Joly avait fait tourner une vidéo vantant les accents du monde, mettant en valeur la richesse apportée par les différences. , L’accent de Jean Castex, entre stratégie politique et discrimination

Images d'illustration du mot « stigmate »

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Traductions du mot « stigmate »

Langue Traduction
Anglais stigma
Espagnol estigma
Italien stigma
Allemand stigma
Chinois 柱头
Arabe وصمه عار
Portugais estigma
Russe стигма
Japonais 汚名
Basque estigma
Corse stigma
Source : Google Translate API

Synonymes de « stigmate »

Source : synonymes de stigmate sur lebonsynonyme.fr

Stigmate

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