La langue française

Accueil > Dictionnaire > Définitions du mot « signal »

Signal

Définitions de « signal »

Trésor de la Langue Française informatisé

SIGNAL, -AUX, subst. masc.

A. −
1. Signe convenu par lequel quelqu'un donne une information, un avertissement à quelqu'un, indique à quelqu'un le moment de faire quelque chose. Donner, entendre le signal; obéir à un signal/au signal. Ils étaient convenus, elle et Rodolphe, qu'en cas d'événement extraordinaire, elle attacherait à la persienne un petit chiffon de papier blanc, afin que, si par hasard il se trouvait à Yonville, il accourût dans la ruelle, derrière la maison. Emma fit le signal (Flaub.,MmeBovary, t. 2, 1857, p. 32).Ce matin comme chaque matin, à cette heure-ci, quelque part dans les tranchées, des milliers de malheureux attendent le signal de l'assaut (Martin du G.,Thib., Épil., 1940, p. 931).
P. ext. Donner le signal de qqc. Déclencher, provoquer. Les premiers accords sombres de l'opéra donnèrent le signal du commencement du spectacle (Delécluze,Journal, 1825, p. 121).Mer-veilleux! Claudie avait donné le signal des applaudissements, ils tapaient dans leurs mains, ils déchaînaient leurs voix, ils se précipitaient vers l'estrade (Beauvoir,Mandarins, 1954, p. 265).
2. Fait, événement qui annonce quelque chose, par lequel une action, un processus commence. C'était sur notre décadence que l'Allemagne avait compté. Elle avait cru que la guerre serait chez nous le signal d'une révolution (Bainville,Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 260).Un coup dans le ventre le jeta à terre. Et ce fut le signal d'une scène terrible. Les six gendarmes s'étaient lancés sur lui, le piétinaient, le martelaient de coups de bottes (Van der Meersch,Invas. 14, 1935, p. 91).
3. Spécialement
a) PSYCHOL. Signal (sensoriel). Stimulus déclenchant un réflexe conditionné. S'il est possible de dresser les animaux et de faire leur apprentissage, c'est que l'emploi d'un signal au lieu du stimulus naturel pour déclencher la réaction a d'ores et déjà libéré dans une certaine mesure la « forme » de son environnement empirique (J. Vuillemin,Essai signif. mort, 1949, p. 8).
b) PSYCHANAL. [Dans la théorie freudienne] Signal d'angoisse. Dispositif mis en action par le moi devant une situation de danger, de façon à éviter d'être débordé par l'afflux des excitations, reproduisant sous une forme atténuée la réaction d'angoisse vécue primitivement dans une situation traumatique et déclenchant ainsi des opérations de défense (d'apr. Lapl.-Pont. 1967). Le terme de signal d'angoisse met en évidence une nouvelle fonction de l'angoisse qui en fait un motif de défense du moi. (...) le signal d'angoisse peut (...) fonctionner comme « symbole mnésique » ou « symbole affectif » d'une situation qui n'est pas encore présente et qu'il s'agit d'éviter (Lapl.-Pont.1967).
B. −
1. Signe conventionnel ou système de signes conventionnels destiné à informer ou à prévenir quelqu'un de quelque chose. Signal acoustique, lumineux, optique, phonique, sonore; signaux visuels; signal d'alarme (v. ce mot II A); signal d'alerte. Un ordre partait du porte-voix, un beuglement sourd et indistinct, pendant qu'on tirait quatre fois la corde du signal d'en bas, « sonnant à la viande », pour prévenir de ce chargement de chair humaine (Zola,Germinal, 1885, p. 1153).Ce ne sont pas des feux de bergers, ce sont des signaux. Ne va-t-il pas, comme les miliciens, voir des signaux partout? Il a l'habitude des signaux par le feu; d'ailleurs (il compte), ces abrutis sont en train de transmettre en morse, − mais pas en langage clair. L'autre feu est aussi un feu de signaux. Les fascistes ont bien préparé leur travail (Malraux,Espoir, 1937, p. 508).
Signal de détresse. « Le pavillon en berne », dit MrFogg. Le pavillon fut amené à mi-mât. C'était un signal de détresse, et l'on pouvait espérer que le paquebot américain, l'apercevant, modifierait un instant sa route pour rallier l'embarcation (Verne,Tour monde, 1873, p. 122).
2. Dans le domaine de la circulation routière ou ferroviaire.Appareil, panneau, avertisseur sonore ou lumineux donnant au conducteur des instructions ou des renseignements. Signal de danger, d'interdiction; signaux de route; respecter les signaux. On avait écarté les rideaux devant les fenêtres pour laisser passer l'air. Les feux rouges des signaux du chemin de fer brillaient dans la vitre. La sonnerie d'alarme résonnait, grêle, soutenue (Roy,Bonheur occas., 1945, p. 451):
Jadis je guettais dès l'orée de la journée des signes auguraux: au carrefour le plus proche du garage, si j'étais brusquement bloqué par le signal passant à mon approche du vert au rouge, la journée s'annonçait néfaste; à l'inverse, le signal rouge passant au vert au moment précis où j'allais devoir freiner, mais avant que j'aie porté la main au frein, présageait que je serais en accord avec le monde, que je danserais en mesure. Vailland,Drôle de jeu, 1945, p. 203.
Spécialement
GÉOD. Construction de charpente destinée soit à servir de mire, soit à supporter un appareil de visée. En flânant, en rêvant, on gagne le signal, le mamelon herbu qui marque le plus haut point de la colline (Barrès,Colline insp., 1913, p. 245).
MAR. Signe, ensemble des signes sonores ou visuels; p. méton., appareil qui émet ces signaux sonores. Il jetait un coup d'œil aux compas, disait deux mots au timonier, deux mots aussi au matelot chargé d'actionner le signal de brume (Peisson,Parti Liverpool, 1932, p. 182).Code international de signaux. Ensemble des signes effectués au moyen de pavillons spéciaux.
Signaux à bras. Signaux alphabétiques indiqués par les différentes positions des bras correspondant à une lettre de l'alphabet morse (d'apr. Le Clère 1960).
Signaux de port. Ensemble de signaux (boules, pavillons, balises) permettant la navigation près des ports et dans les bassins (d'apr. Le Clère 1960).
3. Phénomène physique (tension, courant, champ électromagnétique, onde sonore ou lumineuse) transmettant une information. Signal radio-électrique; signal vidéo; signal de référence; signal d'espacement, d'interruption; composante, onde, vitesse de signal. Impression d'une bande magnétique qui reçoit les signaux électroniques produits par les sons (Samuel,Art mus. contemp., 1962, p. 629).Réception des signaux de télévision émis par la station d'Andover dès le premier passage en visibilité mutuelle de France et des États-Unis (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 281).
Rapport signal-bruit ou signal sur bruit. Rapport des valeurs respectives du signal et du bruit. Les bruits se traduisent par l'apparition de points lumineux, de voiles, de moirures qui se superposent à l'image. Le rapport signal-bruit joue le même rôle qu'en radiodiffusion sonore (Matras,Radiodiff. et télév., 1958, p. 86).Une difficulté est naturellement le bruit de fond du récepteur. On donne d'ordinaire la valeur du rapport signal sur bruit au-dessus de laquelle la mesure est possible (Schatzman,Astrophys., 1963, p. 47).
C. −
1. LING. [P. oppos. à fonction de symbole*, fonction de symptôme*] Fonction de signal. Fonction du message agissant sur le récepteur. Synon. fonction conative. (Ds Rey Sémiot. 1979).
2. SÉMIOL., SÉMIOT. ,,Dans la théorie de l'information, on entend par signal toute unité qui, obéissant aux règles d'un code, entre dans la composition de messages`` (Greimas-Courtés 1979). Le signal a valeur de phrase. Pour Prieto, Martinet, la phrase est un signal formé de signes et il n'y a de sémiologie que des signaux (ReySémiot.1979).
Prononc. et Orth.: [siɳal], plur. [-o]. Martinet-Walter 1973 [-ɳ-], [-nj-] (8, 9). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Déb. xives. signiau « marque distinctive » ([Gérard de Monréal], Le Templier de Tyr ds Chiprois, éd. G. Raynaud, p. 185); 1355 signeau « tige de métal, souvent précieux, aussi longue que l'épaisseur du parchemin, à laquelle s'attache le signet » (Comptes royaux ds Laborde); 1412 sinal « estampille » (Un partage mobilier en 1412, p. 30, S. Germain ds Gdf., s.v. segnal); 2. 1540 signail « signe matériel par lequel on indique quelque chose à quelqu'un » (N. Herberay des Essars, Le Premier Livre de Amadis de Gaule, éd. H. Vaganay, p. 193: il commanda (pour faire signail) allumer f[e]uz de toutes pars); au fig. 1563-72 signal « marque d'un sentiment envers quelqu'un » (Montaigne, lettre à son père ds Essais, éd. E. Courbet et Ch. Royer, t. 4, p. 314: pour signal de mon affection envers vous); spéc. a) 1718 « ce qui annonce une action » (Ac.: le signal de la révolte); b) 1813 « point de repère dans les mesures trigonométriques » (Delambre, Abr. astron. 3eleçon ds Littré); c) 1856 « appareil manœuvré par quelqu'un ou fonctionnant automatiquement pour assurer la sécurité » ici, chemin de fer signal d'alarme, signal d'avertissement (C.r. de l'Ac. des sc., t. 43, p. 809); d) 1902 télécomm. (Turpain, Applic. prat. ondes électr., p. 191: signaux télégraphiques). Réfection, d'apr. signe*, de l'a. et m. fr. seignal, seignau (dep. ca 1209 « quillon de l'épée » Guiot de Provins, Bible ds T.-L.; dep. 1265-66 « seing, cachet » Assises de Jérusalem, Livre de J. d'Ibelin ds Gdf.), du lat. tardif signale, neutre subst. de signalis « qui sert de signe », dér. de signum « signe ». Fréq. abs. littér.: 1 464. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 471, b) 1 889; xxes.: a) 1 993, b) 1 905. Bbg. Quem. DDL t. 28.

Wiktionnaire

Nom commun - français

signal \si.ɲal\ masculin

  1. Signe servant d’avertissement.
    • Deux petites cabanes apparurent sur le Cap Tobin, et le soleil, frappant dans les carreaux d’une fenêtre, nous fit croire un instant à des signaux lumineux […] — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Enfin, vers midi, une balancelle, montée par des corailleurs espagnols, aperçut nos signaux et la fumée de nos feux ; elle s’approcha et nous jeta un sac de biscuits de mer, du pain et du tabac, puis cingla vers Oran pour annoncer notre naufrage. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, page 252)
    • Les recherches portant sur l'apparition des premiers indices d’anthropisation et l’évolution du signal anthropique sur le territoire français se sont particulièrement multipliées au cours de ces dernières années […]. — (Émilie Gauthier, Forêts et agriculteurs du Jura: les quatre derniers millénaires, Presses universitaires franc-comtoises, 2004, page 31)
    • Je suis réveillé par les clairons sonnant le signal du décampement. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 115)
  2. (Figuré) Ce qui annonce et provoque une chose.
    • Cette émeute fut le signal de la révolution.
  3. (Figuré) Information.
    • Les syndicats s’inquiètent du signal envoyé aux troupes, même si dans un premier temps la nomination d’Edouard Philippe pour l’intérim avait été appréciée comme une marque protocolaire de l’importance de la mission. — (Nicolas Chapuis, Au ministère de l’intérieur, la chaise vide occupe tous les esprits, Le Monde. Mis en ligne le 10 octobre 2018)
  4. (Chemin de fer) Appareils destinés à commander ou à annoncer certaines manœuvres.
    • Signal d’arrêt, d’alarme.
    • Les signaux n’ont pas fonctionné.
  5. (Électronique) Phénomène physique qui véhicule une information.
    • Le signal d’un microphone doit être fortement amplifié, avant d’être transmis aux haut-parleurs.
  6. (Informatique) Moyen de communication entre les processus.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SIGNAL. n. m.
Signe servant d'avertissement. Faire un signal. Donner le signal. À ce signal tout le monde se rangea autour de lui. Ils tirèrent trois coups de canon pour signal. On leur fit plusieurs signaux. Au premier signal l'armée se mit en marche. Ils firent les signaux dont ils étaient convenus. On emploie diverses sortes de signaux dans la marine. Changer les signaux. Signaux de jour. Signaux de nuit. Signal de détresse. Signal de départ, de ralliement. Signal du combat. Fig., Donner le signal se dit de Celui qui donne le premier l'exemple de quelque chose. Il a donné le signal des applaudissements.

SIGNAL se dit figurément de Ce qui annonce et provoque une chose. Cette émeute fut le signal de la révolution. En termes de Chemins de fer, il se dit d'Appareils destinés à commander ou à annoncer certaines manœuvres. Signal d'arrêt. Signal d'alarme. Les signaux n'ont pas fonctionné.

Littré (1872-1877)

SIGNAL (si-gnal) s. m.
  • 1Tout ce qui sert d'avertissement entre personnes qui sont d'intelligence. Tu veux m'assassiner, demain, au Capitole, Pendant le sacrifice, et ta main pour signal Me doit, au lieu d'encens, donner le coup fatal, Corneille, Cinna, V, 1. C'était alors qu'il fallait sortir [de Jérusalem menacée] ; c'était le signal que le Fils de Dieu donnait aux siens, Bossuet, Hist. II, 9. Déployez en son nom cet étendard fatal, Des extrêmes périls l'ordinaire signal, Racine, Baj. I, 2. Et criez pour signal : Vive le roi Joas ! Racine, Ath. V, 1. Déjà de tout le camp la discorde maîtresse Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal, Et donné du combat le funeste signal, Racine, Iph. V, 6. La trompette a jeté le signal des alarmes, Lamartine, Nouv. médit. les Prélud.

    Fig. À la vue du sacré signal [la croix] où se renferme l'idée et la représentation de toutes ses merveilles [du Sauveur], Bossuet, Lett. sur l'ador. de la croix.

    Fig. Donner le signal, donner le premier l'exemple de quelque chose. Donner le signal de la révolte.

  • 2Nom de moyens de diverse nature employés pour porter au loin et rapidement des nouvelles, des ordres, etc. Dans tous les temps et dans tous les pays, on a été fort curieux de trouver et d'employer des moyens de recevoir et de donner aux autres de promptes nouvelles ; et les signaux par le feu en sont un des principaux, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. VIII, p. 159, dans POUGENS. Cet artifice des signaux qui fait une partie de l'art militaire, appartient proprement à l'histoire des Grecs, et montre jusqu'à quel point de perfection ils avaient porté toutes les parties de ce grand art, Rollin, ib. t. VIII, p. 149. Il [Mardonius] fut si flatté de s'être emparé d'un pays désert, que, par des signaux placés de distance en distance, soit dans les îles, soit dans le continent, il en avertit Xercès, qui était encore à Sardes en Lydie, Barthélemy, Anach. Introd. part. II, sect. 2.

    Terme de marine. Signe indicatif de certains ordres ou de certains avertissements. Les signaux sont faits, pendant le jour, avec des pavillons, des flammes, des guidons, avec des vergues mises dans des positions diverses, avec des voiles flottant au vent, carguées, serrées à demi ou tout à fait ferlées, avec des coups de canon ; pendant la nuit, avec des fanaux, des amorces ou des fusées, Jal Signaux de jour. Signaux de nuit. Signal de détresse. Je dois dire que les Anglais, qui ont été nos maîtres, nous ont avoué que le vieux Tromp avait été le leur ; que c'est lui qui a mis en règle tous les signaux dont nous nous servons, et qu'avant lui tous les combats de mer se décidaient uniquement ou par la valeur ou par la fortune, Mém. de Villette, 1672, dans JAL. … Que le Brésil avait adhéré aux propositions du gouvernement impérial pour l'adoption d'un code international de signaux maritimes, Moniteur universel, 22 juill. 1868, p. 1092, 1re col.

    Fig. Boissy m'écrivit une lettre qui était un vrai signal de détresse, Marmontel, Mém. V.

    Qualité, appropriation. Quilles d'un même signal, quilles pouvant servir à des bâtiments de même échantillon.

    Terme de pêche. Se dit d'une bouée de liége, d'un morceau de bois sec ou d'un faisceau de roseaux, flottant sur l'eau, pour désigner l'endroit où ont été placés des filets et des cordes.

  • 3Nom donné aux points de repère dans des mesures trigonométriques. Il nous reste un problème intéressant à résoudre, c'est de déterminer les longitudes, les latitudes de tous nos signaux, et leurs distances à la méridienne de Dunkerque, ainsi que leurs distances à Dunkerque comptées sur la méridienne, Delambre, Abr. astron. 3e leçon.
  • 4 Au plur. Signaux, mesure de police sanitaire ayant pour but de faire connaître l'existence d'une maladie contagieuse dans une étable ou dans une commune. L'article 6 de l'arrêt du 31 janvier 1771, particulier aux cas de typhus contagieux des bêtes bovines, ordonnait de placer ces signaux à la porte des étables infectées et à l'entrée des chemins et avenues.
  • 5 Fig. Ce qui annonce et provoque une chose. La prison du roi [Jean] fut dans Paris le signal d'une guerre civile ; chacun pense alors à se faire un parti, Voltaire, Mœurs, 76.
  • 6 Signaux, les gros grains qui forment les séparations entre les grains de chapelet, De Laborde, Émaux, p. 499.

HISTORIQUE

XIIIe s. Sept signaulx [sceaux, cachets] y a en un livre, Que Dieu, qui siet ou trosne, livre à l'aignel qui sept cornes a Et sept yeulx…, J. de Meung, Tr. 123. Et en chascune chartre avoit le sceau et le seigneau dou rei et dou patriarche, Ass. de Jérus. I, 26. Maintenant qu'il voient aucuns voilles [de navires], si font feu ou fumées pour seignal, Marc Pol, p. 652.

XVe s. Treize signaulx d'or, faiz à CC et à fusilz, pour mectre à patenostres, De Laborde, Émaux, p. 499.

XVIe s. On entendit les canonnades redoublées qui se tiroyent dudit camp, pour signal à leur cavallerie de s'y venir joindre, Lanoue, 568. Je vous supplie, pour signal de mon affection envers vous, vouloir estre successeur de ma bibliotheque, Paroles de la Boétie à Montaigne, dans MONT. Lettre V.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SIGNAL. Ajoutez :
7 Terme de construction navale. Nom donné aux diverses pièces de chaque groupe dont la forme est déterminée d'une manière précise pour l'emploi auquel elles sont propres, Nanquette, Exploitation, débit et estimation des bois, Nancy, 1868, p. 109.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

SIGNAL, SIGNE, (Gram. synon.) le signe fait connoître ; il est quelquefois naturel. Le signal avertit, il est toujours arbitraire.

Les mouvemens qui paroissent dans le visage sont ordinairement les signes de ce qui se passe dans le cœur. Le coup de cloche est le signal qui appelle le chanoine à l’église.

On s’explique par signes avec les muets ou les sourds ; & l’on convient d’un signal pour se faire entendre des gens éloignés. Girard. (D. J.)

Signal par le feu, (Littérature.) les signaux par le feu se nommoient πυρσοὶ & φρυκτοὶ, & l’art de les donner s’appelloit πυρσοφορία, φρυκτωρία.

Homere est le premier qui en ait fait mention. L’usage en étoit déja si établi de son tems, qu’il en a employé la comparaison comme d’une chose connue & propre à peindre dans l’esprit de ses lecteurs l’image de ce qu’il vouloit faire concevoir.

« Comme lorsqu’une ville assise au milieu de la mer vient à être assiégée, on voit de loin durant le jour, dit le poëte, des tourbillons de fumée s’élever au milieu de la ville dans les airs, & pendant la nuit on apperçoit d’épaisses colonnes de feu s’élancer jusque dans les nues, & appeller de chez les peuples voisins un secours puissant contre les efforts de l’ennemi, telle paroissoit la flamme qui voltigeant autour de la tête d’Achille répandoit au loin son éclat..... »

Ce qu’Homere n’a fait qu’indiquer assez légerement, Eschyle l’a marqué fort-au-long en plusieurs endroits de sa tragédie.

« Puissent enfin les dieux, s’écrie l’esclave qui fait le prologue de la piece, me délivrer de la pénible fonction qui m’attache depuis si long-tems à observer le moment du signal dont on est convenu. J’ai vu par plusieurs révolutions se montrer & disparoître ces astres brillans qui amenent à la terre les différentes saisons ; j’ai toujours attendu le flambeau qui doit parler à nos yeux, & nous apprendre la destruction de Troie..... que ces feux si long-tems espérés viennent enfin me dégager. Je vous salue, flambeau de la nuit, votre lumiere est agréable comme celle du plus beau jour ; quelles fêtes vont éclater à l’occasion de l’évenement que vous annoncez » !

A peine l’esclave de Clytemnestre a-t-il porté la nouvelle au palais, que la reine sort pour en informer le peuple ; & quand les vieillards qui composent le chœur demandent, quel est le messager assez vîte à la course pour avoir apporté sitôt la premiere nouvelle de la prise de Troie, Clytemnestre leur répond en ces termes : « Nous en sommes redevables à Vulcain, l’éclat de ses feux est parvenu jusqu’à nous, un signal a fait allumer un autre signal. Aux premiers feux apperçus sur le mont Ida, les seconds ont répondu de dessus le sommet de la montagne consacrée dans l’île de Lemnos à Mercure. L’étendue des eaux qui séparent cette île du mont Athos, a été bientôt éclairée par les flammes, & la montagne de Jupiter aussi-tôt après a été toute couverte de feu : semblables aux rayons du soleil qui se répandent sur la terre, ces feux ont annoncé la hauteur du mont Maciste, ce que le Maciste devoit publier, pour ainsi dire, jusque sur les bords de l’Euripe. Des gardes placées sur le Mésape inaccessible au sommeil, fideles à des ordres rigoureux, ont fait paroître à leur tour des feux qui, tels qu’une lune brillante, franchissant rapidement les campagnes de l’Asope, ont réveillé sur le mont Cythéron les signaux qui devoient en faire naître d’autres encore plus loin. La garde chargée d’observer de dessus cette derniere montagne n’a pas tardé, malgré la distance, à reconnoître ces feux. Elle a augmenté ceux qui devoient servir de réponse. Les ténebres du lac Gorgopis ont été dissipées par ce nouvel éclat, & le mont Egiplanete, frappé de cette lumiere, nous a avertis de ce qu’il venoit d’apprendre. Mes ordres ont été ponctuellement suivis ; les gardes que j’avois disposés sur l’Egiplanete ont à l’envi redoublé les feux, le golfe & le promontoire Saronique ont vu se produire le jour que ma volonté faisoit naître, & de grandes traces de lumiere sont arrivées jusque sur le mont Arachnéen : c’étoit le lieu le plus proche d’Argos & du palais des Atrides. Ainsi a été apportée l’importante nouvelle que je vous apprends. Telles ont été les lois que j’avois établies pour une juste correspondance entre ceux qui devoient se succéder dans la fonction de donner & de recevoir les signaux.... Les Grecs à cette heure sont maîtres de Troie ».

L’usage des signaux, dont l’invention toute entiere étoit dûe aux Grecs, se perfectionna à mesure que ce peuple réfléchit sur l’art de la guerre. Ces signaux y étoient souvent employés. De tout ce qui s’est inventé, dit Polybe, pour mettre à profit certaines occasions qu’il est important de ne point laisser échapper, rien n’est plus utile que les signaux par le feu. Dès-lors ils ne furent plus un simple signe d’institution pour apprendre seulement le gros d’un fait, on s’étudia à trouver comment on pourroit faire comprendre les différentes circonstances de ce qui se passoit à un éloignement de trois ou quatre journées de ceux avec lesquels il auroit été à desirer que l’on pût s’expliquer ; en un mot, on parvint, comme Polybe l’assûre, à faire connoître des événemens que l’on n’avoit pas pu prévoir & qu’on pouvoit deviner.

Le même Polybe rend compte, d’une excellente méthode pour les signaux par le feu, qui avoit pour auteur Cléoxene, ou Démoclite, suivant quelques écrivains, & qu’il avoit perfectionnée lui-même. Elle consistoit à faire lire peu-à-peu à un observateur ce qu’il étoit important d’apprendre. On ne montroit pas des mots ni des phrases dont le bon sens demeurât équivoque, ou sujet à des difficultés, comme il arrivoit souvent dans la pratique d’Enée ; mais après que toutes les lettres de l’alphabet avoient été rangées en quatre ou cinq colonnes, perpendiculairement les unes au-dessus des autres.

1°. Celui qui devoit donner le signal, commençoit par désigner le rang de la colonne où se devoit chercher la lettre que l’on vouloit indiquer. Il marquoit cette colonne par un, deux, trois flambeaux qui levoit toujours à gauche, suivant que la colonne étoit la premiere, la seconde ou la troisieme, & ainsi du reste.

2°. Aprés avoir fait connoître le rang de la colonne, & fixé l’attention de l’observateur à chercher où étoit la lettre ; celui qui étoit chargé du signal, indiquoit la premiere lettre de la colonne par un flambeau, la seconde par deux, la troisieme par trois, de sorte que le nombre des flambeaux répondoit exactement au quantieme de la lettre d’une colonne, alors on écrivoit la lettre qui avoit été indiquée ; & par ces opérations répétées plusieurs fois, on parvenoit à former des syllables, des mots, & des phrases qui présentoient un sens déterminé.

Celui qui donnoit le signal avoit encore un instrument géométrique garni de deux tuyaux, afin qu’il pût connoître par l’un la droite, & par l’autre la gauche de celui qui devoit lui répondre.

Le témoignage de Polybe, historien judicieux & exemt de soupçon de mensonge, ne nous laisse pas douter qu’on ne se servît avec succès de la méthode qu’il a expliquée & perfectionnée ; mais s’il étoit besoin de fortifier son témoignage, la pratique des siecles qui ont suivi celui de Polybe, seroit une nouvelle preuve de la vérité de récit de cet historien.

Voici ce que dit Jules Africain des signaux par le feu, dans son livre intitulé Κεστοί. Cet auteur en traite dans un chapitre particulier. Il est vrai qu’il est assez difficile, par l’altération du texte de trouver un sens net & suivi dans ce qu’il dit à ce sujet, & les différentes leçons que l’on a tirées des manuscrits, ne suffisent pas encore pour le faire entendre. On va tâcher cependant de traduire la fin du chapitre, & l’on n’hésitera pas à y faire un ou deux changemens, qui seront assez justifiés par la clarté qu’ils feront naître dans l’explication de Jules Africain.

« Je m’étonne assez souvent, dit-il, de la facilité que les signaux nous procurent d’écrire tout ce que nous voulons ; voici ce qui se pratique. On choisit d’abord des lieux propres à donner & à recevoir les signaux. On y détermine le côté gauche, le côté droit, & l’entre-deux de ces côtés ; ensuite on distribue les lettres de l’alphabet, & on en fait passer du côté gauche un certain nombre, par exemple, celles qui sont depuis l’alpha jusqu’au theta ; les suivantes, depuis l’iota jusqu’au pi demeureront dans le milieu, & le reste de l’alphabet sera tout entier du côté droit. Lorsqu’on veut désigner l’alpha, on n’allume qu’un signal du côté gauche, deux si c’est le beta, trois si c’est le gamma. Lorsque c’est l’iota qui doit être indiqué, on leve un signal entre le côté gauche & le côté droit ; dans l’entre-deux du terrein où doivent s’exécuter les opérations, on en leve trois si c’est le lambda, & on fera la même chose pour marquer les lettres comprises dans la troisieme distribution, sans avoir aucun égard à la valeur numérale des lettres ; car par exemple, on n’ira point lever cent signaux pour désigner la lettre rho, parce que dans les nombres le rho vaut cent. Il faudra qu’il y ait un concert bien établi entre ceux qui donnent, ou ceux qui reçoivent le signal, & qu’il y ait des gens chargés d’écrire. Tel est le discours de Jules Africain ».

Il ne nous apprend rien de plus particulier, si ce n’est quelle étoit la matiere de ces signaux. « Il faut avoir fait provision, dit-il, de bois sec, de chaume, de branches d’arbres & de paille ; si l’on enduit ces matieres de graisse, elles rendront beaucoup de flamme, & une fumée épaisse que l’on verra monter au ciel par tourbillon ».

Jules Africain nous assure que les Romains usoient de signaux, tels qu’il les a expliqués ; aussi remarque-t-on dans Tite-Live, dans Vegece, & dans la vie de Sertorius par Plutarque, quelques occasions où les généraux romains avoient eû recours à ce moyen de se parler de fort loin les uns aux autres ; mais il suffit de citer ces auteurs, sans rapporter les faits dans un plus grand détail. Mém. de littér. tome XIII. (D. J.)

Signaux, c’est dans l’Art militaire différentes manieres de faire connoître à une troupe ou une armée, les mouvemens qu’on veut lui faire exécuter, & à ceux qui sont du même parti, ou de la même armée, le moyen de se reconnoîre les uns & les autres.

Ces signaux sont de trois sortes. Les vocaux ainsi appellés de la voix humaine qui les forme ; les demi-vocaux qui se font par le tambour, la trompette, le canon, &c. & les muets qui se font par les différens mouvemens des drapeaux & des étendars.

Il y a d’autres signaux muets qu’on fait mettre sur les habits des soldats, pour qu’ils se reconnoissent dans la mêlée ; par exemple, de la paille ou du papier au chapeau, la chemise par-dessus l’habit dans les camisades. Voyez Camisade.

Des corps séparés peuvent aussi se reconnoître par la fumée pendant le jour, & par le feu pendant la nuit. Une armée, par exemple, qui s’avance au secours d’une place assiégée, peut annoncer son arrivée par des feux allumés, lorsqu’elle occupe quelques endroits de la campagne, d’où ces feux peuvent être vus de la place.

« Toutes les évolutions & les mouvemens qui se pratiquent parmi le fracas des armes, dit le savant commentateur de Polybe, ne sauroient être commandées par la voix ; on devroit les faire au son du tambour, pourvu que les évolutions fussent distinguées par les différens roulemens. Qu’on ne me parle pas de l’exercice au son du tambour, tel qu’on le fait aujourd’hui, il est trop ridicule, puisque les évolutions ne sont pas distinguées. Je dis donc que dans une affaire générale ou dans un combat, le bruit des autres tambours, celui du canon, les décharges continuelles de l’infanterie, & les cris militaires, empêchent de distinguer les commandemens qui ne sont pas les mêmes par-tout, à cause des différens cas qui arrivent. Il me paroît qu’il seroit mieux d’introduire deux corps de chasse par régiment, dont les différens sons distingueroient les diverses évolutions & les manœuvres qu’il faudroit faire, & auxquels il seroit bon d’accoutumer les soldats à la maniere des anciens. Cet instrument est de tous, celui qui fait un plus beau bruit de guerre, & qui me semble digne d’être mis à un autre usage, qu’à servir à animer les chiens ». Traité de la colonne, par M. le chevalier de Folard.

Les ennemis se servoient des signaux par le feu, pour s’avertir réciproquement des différens événemens qui arrivoient pendant la guerre, & même pour commencer le combat. « Ce signal de guerre avoit précédé l’usage des trompettes. Un prêtre couronné de lauriers précédoit l’armée avec une torche allumée à la main. Les ennemis l’épargnoient presque toujours dans la chaleur de la bataille. De-là est venue l’ancienne façon proverbiale d’exprimer une défaite complette. Le porte-flambeau même n’a pas été épargné. De-là vient encore, avec assez de vraissemblance, l’usage de représenter la discorde avec des torches ardentes. » Théatre des Grecs, par le P. Brumoi, l. IV. in-12, p. 238.

Polybe nous a laissé une digression fort curieuse sur les signaux par le feu. On la trouve dans le sixieme vol. du commentaire sur cet auteur, par M. le chevalier de Folard, p. 139. M. Rollini a aussi donné cette même digression dans son histoire ancienne, p. 162, du huitieme vol. de l’édition in-12 de cet ouvrage. (Q)

Signaux, (Marine.) ce sont des instructions qu’on donne sur mer par quelque marque distinctive. Il y a deux sortes de signaux ; des signaux généraux, & des signaux particuliers. Les premiers concernent les ordres de batailles, de marches, de mouillage & de route ; les seconds les volontés du commandant pour tous les capitaines de chaque vaisseau en particulier, & réciproquement les avis que donnent au commandant les capitaines des vaisseaux. On se sert pour cela le jour, de pavillons de diverses couleurs, de flammes & de gaillardets ; & la nuit de canons, de pierriers, de fusées, & de fanaux ou feux. Dans un tems de brume, on fait usage de trompettes, de la mousqueterie, des pierriers & du canon, & on employe ces signaux, selon qu’on est convenu réciproquement ; & de quelque maniere qu’on les fasse, pourvu qu’ils soient clairs, faciles à distinguer & à exécuter, ils sont toujours bons. Pour avoir cependant une idée de la maniere dont on se parle sur mer, par signes, je vais rapporter un projet universel de signaux, que le P. Hôte a donné dans son art des armées navales, p. 421, & dont la plûpart sont pratiqués sur les vaisseaux. Je dois dire auparavant, que les signaux qui sont reçus par-tout, c’est un baril d’eau pendu à l’extrémité de la vergue d’un vaisseau, lorsqu’on a besoin de faire aiguade ; & une hache attachée au même endroit, quand on veut faire du bois.

Pour revenir aux autres signaux, le P. Hôte les prescrit dans l’ordre suivant.

Signaux de commandement pour le jour, (Marine.) pour toute l’armée, on mettra un jacq sur le bâton du grand mât. Pour chaque escadre, on mettra le pavillon de l’escadre. Pour chaque division, on mettra une cornette de la couleur de l’escadre, au mât propre de la division. Pour chaque vaisseau, on mettra une des cinq flammes les plus remarquables, à un des trois endroits les plus en vue du mât, où l’on aura mis le signal de la division du vaisseau.

Signaux de commandement pour la nuit ou pour la brune, (Marine.) pour toute l’armée, trois coups de canon précipités. Pour la premiere escadre, trois coups posés ; pour la seconde, deux ; pour la troisieme, un.

Signaux de partance. Pour se disposer à partir, le petit hunier désbelé. Pour désaffourcher, deux coups de canon précipités. Pour mettre à pic, deux coups de canon précipités en bordant l’artimon, avec un feu sur le beaupré, si c’est la nuit.

Pour appareiller, le petit hunier hissé pendant le jour, & un feu au bâton d’enseigne pendant la nuit.

Signaux pour les ordres, (Marine.) Pavillon à la vergue d’artimon. Ordre de bataille. Stribort, blanc. Bas-bord, rouge.

Premier ordre de marche. Stribord, blanc & rouge. Bas-bord, blanc & bleu. Second ordre de marche, bleu. Troisieme ordre de marche, blanc sacié de rouge. Quatrieme ordre de marche, blanc sacié de bleu. Cinquieme ordre de marche, rouge sacié de blanc. Ordre de retraite, bleu sacié de blanc.

Signaux pour les mouvemens de l’armée, (Marine.) Pavillon sous le bâton du mât. Forcer de voiles, blanc & rouge. Carguer des voiles, rouge & bleu. Arriver, écartelé, blanc & rouge Venir au vent, écartelé, blanc & bleu. Courir vent arriere, écartelé, rouge & bleu ; la nuit, deux feux au bâton d’enseigne. Courir au plus près stribord, rayé, blanc & rouge ; la nuit, deux feux à la vergue d’artimon. Bas-bord, rayé, blanc & bleu ; la nuit, trois feux à la vergue d’artimon.

Courir vent large de deux rumbs. Stribord, blanc sacié de rouge. Bas-bord, blanc sacié de bleu.

De quatre rumbs. Stribord, rouge sacié de blanc. Bas bord, rouge sacié de bleu.

De six rumbs. Stribord, bleu sacié de blanc. Basbord, bleu sacié de rouge.

De huit rumbs. Stribord, blanc bordé de rouge. Bas-bord, blanc bordé de bleu. Revirer par la contre-marche, rouge bordé de blanc ; la nuit deux coups de canon précipités. & un posé. Revirer tous ensemble, rouge bordé de bleu ; la nuit un coup de canon, & deux précipités. Revirer vent arriere, blanc bordé de rouge ; la nuit quatre coups de canon posés.

Signaux de chasse & de combat, (Marine.) Pavillon de sous le mât de missatne. Se rallier, blanc & rouge. Donner chasse à une armée qui suit, blanc & bleu. Donner chasse à des vaisseaux qu’on veut reconnoître, rouge & bleu. Aller à l’abordage, blanc sacié de rouge. Doubler les ennemis, blanc sacié de bleu. Apprêter les brûlots, rouge sacié de blanc. Envoyer les brûlots aux ennemis, rouge sacié de bleu. Commencer le combat, trois coups précipités. Finir le combat, le général amene son pavillon & son enseigne. Finir la chasse, le général amene son pavillon, avec un coup de canon.

Signaux de conseils. Pavillon au bâton d’enseigne. Conseil des généraux, blanc & rouge. Conseil des capitaines, blanc & bleu. Conseil des commissaires, rouge & bleu.

Signaux de consultation. Pavillon au bâton d’enseigne. Demande. Pour combattre, blanc sacié de rouge. Pour relâcher, blanc sacié de bleu. Pour poursuivre l’ennemi, rouge sacié de blanc. Pour faire retraite, rouge sacié de bleu. Réponse, flamme blanche au même endroit, pour l’affirmative ; & flamme rouge pour la négative.

Signaux pour faire venir à l’amiral. Flamme au bout de la vergue d’artimon. (Marine.) à l’ordre, blanche ; les chaloupes armées, rouge ; les vaisseaux, bleu ; le commandant du vaisseau, blanche & rouge.

Signaux de mouillage. Pour mouiller, deux coups de canon précipités, & deux posés ou une enseigne bleue.

Pour affourcher, une petite ancre, & une enseigne blanche & bleue.

Pour désassourcher, une grosse ancre & une enseigne rouge & bleue.

Signaux des particuliers pour avertir le général : pavillon au beaupré & au bâton d’enseigne. Quand on voit la terre, rayé blanc & rouge.

Quand on voit des vaisseaux étrangers, rouge.

Quand on voit une flotte, rayé blanc & bleu.

Quand on voit les ennemis, rayé rouge & bleu.

Quand on est près du danger, écartelé blanc & rouge, avec un coup de canon.

Quand on veut parler au général, écartelé rouge & bleu ; & si la chose presse, un coup de canon.

Flamme au bâton d’enseigne. Quand on a des malades, blanche.

Quand on fait eau, rouge.

Quand on n’a d’eau que pour peu de jours, bleue.

Quand on manque de bois, blanche & rouge.

Quand on manque de pain, blanche & bleue.

A tous ces signaux, le général répond de même, & alors les particuliers amenent & hissent leur signal autant de fois qu’il est nécessaire pour exprimer le nombre des choses dont il s’agit.

Tout ceci est fort bien imaginé ; il y a cependant une petite difficulté, c’est que le mélange des couleurs est très-difficile à distinguer lorsque les vaisseaux sont un peu éloignés. Pour remédier à cela, j’ai propose, dans l’idée de l’état d’armement des vaisseaux de France, de se fixer au rouge & au blanc ; & j’ai avancé que de quarante pavillons seuls ou joints avec autant de flammes semblables, & mis en divers lieux, seroient plus de dix mille signaux, & serviroient par conséquent à donner autant d’ordres différens, sans compter quarante gaillardets, qui se multiplieroient tous seuls à plus de 120, en les changeant de place.

On peut employer sur les galeres les mêmes signaux ; & pour les placer, on doit choisir la poupe & le dessus du calut des arbres, qui sont les endroits les plus visibles.

Signaux, (Marine.) ce sont les noms & souscriptions de ceux qu’on enrôle qui savent signer, ou leurs marques & traits informes qu’ils font avec la plume, quand ils ne savent pas écrire leur nom.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « signal »

Provenç. segnal, senhal, seynal ; catal. senyal ; espagn. señal ; portug. sinal ; ital. segnale ; bas-lat. signale ; du lat. signalis, mis en forme de signe, de signum, signe. L'ancienne langue avait signacle, qui venait de signaculum.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Du latin signalis.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « signal »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
signal signœl
signaux siɲo

Citations contenant le mot « signal »

  • La tombée de la nuit a toujours été pour moi le signal d'une fête intérieure et comme la délivrance d'une angoisse. De Charles Baudelaire / Le spleen de Paris
  • Puisse l'histoire des camps d'extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d'alarme. De Primo Levi / Si c'est un homme
  • Anonyme : individu qui se signale par un manque de signalement. De Trébia
  • La façon dont un homme fait l'amour est un des traits les plus caractéristiques de son signalement. De Jules Romains / Les hommes de bonne volonté
  • Ne pas pouvoir être imité : c'est le meilleur signalement négatif que je connaisse du bon écrivain. De Erik Gustaf Geijer / Souvenirs
  • Je te signale que les flics ont une fâcheuse tendance à remarquer les véhicules pleins de sang ! De Samuel L. Jackson / Pulp Fiction
  • Les voyageurs sont toujours des découvreurs, particulièrement ceux qui voyagent en avion. Dans le ciel on ne trouve pas de panneaux indicateurs signalant les passages précédents. De Anne Morrow Lindbergh / North to the Orient
  • En parcourant un livre de médecine, on s'imagine avoir toutes les maladies qu'il décrit, de même, en lisant l'ouvrage d'un moraliste, on découvre tous les travers qu'il signale... mais chez les autres ! De Otto von Bismarck
  • Comble de l’inattention : se perdre dans la foule et aller chez le commissaire de police donner son signalement. De Alphonse Allais / Le Tintamarre
  • Marché mondial Ligne de signal automobile qui permet au consommateur d’évaluer la demande à long terme et d’estimer des implémentations particulières. La croissance croissante qui est vraiment attendue en fonction de l’analyse donne des informations complètes sur le marché mondial Ligne de signal automobile. Les moteurs et les contraintes se préparent après toute la prise de conscience de la croissance de l’industrie mondiale Ligne de signal automobile. boursomaniac, Aperçu de la croissance de Mondial Ligne de signal automobile Marche (2020-2029) || Yazaki, Sumitomo, Delphi - boursomaniac
  • Le rapport sur le marché, intitulé «Marché Générateur de signal», est une vaste étude qui dépend du marché Générateur de signal, qui examine la structure accrue du marché actuel dans le monde entier. Prévu par un système ordonné suffisant, par exemple une enquête SWOT, le rapport sur le marché Générateur de signal démontre une évaluation globale du marché Générateur de signal global Thesneaklife, Opportunités de croissance Générateur de signal, part, taille, offre, demande et applications jusqu’en 2027 – Thesneaklife

Images d'illustration du mot « signal »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « signal »

Langue Traduction
Anglais signal
Espagnol señal
Italien segnale
Allemand signal
Chinois 信号
Arabe الإشارة
Portugais sinal
Russe сигнал
Japonais 信号
Basque seinalea
Corse segnu
Source : Google Translate API

Synonymes de « signal »

Source : synonymes de signal sur lebonsynonyme.fr

Signal

Retour au sommaire ➦

Partager